Les vanités du siècle
- 01 — Préface
- 02 — Chapitre premier. Néant des travaux de l’homme et de ses connaissances
- 03 — Chapitre II. Néant des plaisirs et des richesses
- 04 — Chapitre III. Néant de l’honneur et de la gloire
- 05 — Chapitre IV — Néant ou privation du vrai et de la justice
- 06 — Chapitre V. Néant de l’homme à l’heure de la mort
- 07 — Chapitre VI. Néant d’une longue vie
- 08 — Chapitre VII. Néant des curiosités et des sciences
- 09 — Chapitre VIII — Néant et misère de l’homme dans la confusion et le mélange des justes et des impies
- 10 — Chapitre IX — Néant et vide de la vertu parmi les hommes
- 11 — Chapitre X — Néant et absence du bon ordre parmi les hommes
- 12 — Chapitre XI. Néant des plaisirs de la jeunesse
- 13 — Chapitre XII — Etre et bonheur de l’homme au milieu du néant

Les vanités du siècle
Saint Jérôme · 23 juin 2016 · 279 min de lecture · 2 825 vues
Je me souviens que quand j’étais encore à Rome, il y a environ cinq ans, je lisais à sainte Blesille le livre de l’Ecclésiaste, pour la porter au mépris du monde en lui faisant connaître la fragilité et la vanité des créatures, qui portent tant de marques du néant d’où elles ont été tirées. Ce fut dans le même temps qu’elle me pria de lui faire une espèce de petit commentaire sur les endroits obscurs de ce livre, afin qu’en mon absence et sans mon secours elle pût entendre toute seule ce qu’elle lisait. Mais comme une mort précipitée l’enleva tout d’un coup de ce monde lorsque j’étais sur le point de dicter mon commentaire, je fus alors percé d’une si vive douleur sur une si grande perte, qu’il m’eût été impossible de rien dire, n’étant occupé qu’à penser en moi-même que nous n’étions pas dignes, ô Paula et Eustochia, de jouir plus longtemps de la compagnie d’une personne d’un si rare mérite.
Maintenant donc que j’ai établi ma demeure dans Bethléem, ville infiniment plus auguste que celle de Rome, je rends à la mémoire de Blesille ce que je lui dois, et je vous accorde à vous-mêmes ce que je ne saurais vous refuser. liais je crois qu’il faut vous avertir en passant que dans ce commentaire je n’ai pas prétendu m’assujettir à l’autorité d’aucun interprète en particulier. Il est vrai néanmoins que je me suis plus approché de la version des Septante que d’aucune autre, dans les endroits où leur traduction n’était pas trop éloignée du texte hébreu que je traduisais. J’ai l’ait aussi quelquefois mention des autres traducteurs grecs, je veux dire d’Aquila, de Symma que, etc., afin d’éviter par là le reproche d’une trop grande nouveauté, qui aurait pu faire de la peine à mes lecteurs ; et ceci pourtant sans préjudice des intérêts de ma conscience, qui ne me permettait pas d’abandonner la source de la vérité pour suivre des opinions particulières et les sentiments des hommes.
