Les Lettres de saint Denys l’Aréopagite
Traduction de l’abbé Darboy — Paris, Sagnier et Bray, 1845
- 01 — Lettre première — À Caïus, thérapeute
- 02 — Lettre deuxième — Au même Caïus
- 03 — Lettre troisième — Au même Caïus
- 04 — Lettre quatrième — Au même Caïus
- 05 — Lettre cinquième — À Dorothée, diacre
- 06 — Lettre sixième — À Sosipatre, prêtre
- 07 — Lettre septième — À Polycarpe, évêque
- 08 — Lettre huitième — Au moine Démophile
- 09 — Lettre neuvième — À l’évêque Titus
- 10 — Lettre dixième — À Jean, théologien

Les Lettres de saint Denys l’Aréopagite
Traduction de l’abbé Darboy — Paris, Sagnier et Bray, 1845
Saint Denis l'Aréopagite · 27 juin 2016 · 46 min de lecture · 6 vues
Argument. — L’ignorance dont il est question dans le Traité de la Théologie mystique, n’est point la privation, mais bien plutôt l’excès, la sublimité de la connaissance, qui n’est jamais qu’imparfaite quand elle nous vient par les créatures.
Les ténèbres se dissipent devant la lumière, surtout devant une abondante lumière ; l’ignorance se corrige par les connaissances, surtout par des connaissances variées. Il n’en est pas ainsi de l’ignorance mystique, qui n’est point une privation, mais une supériorité de science. Dites donc, et c’est vrai, que la lumière réelle n’est point aperçue de ceux qui en jouissent, et que l’ignorance qui est selon Dieu ne va pas avec la connaissance des créatures. Ainsi ces sublimes ténèbres sont inaccessibles à toute lumière, et elles éclipsent toute science. Et si, en voyant Dieu, on comprend ce que l’on voit, ce n’est pas Dieu qu’on a contemplé, mais bien quelqu’une des choses qui sont de lui, et que nous pouvons connaître. Pour lui, supérieur à tout entendement, à toute existence, il subsiste suréminemment, et il est connu d’une manière transcendante, par cela même qu’il ne subsiste pas, et qu’on ne le connaît pas. Et cette absolue et heureuse ignorance constitue précisément la science de celui qui surpasse tous les objets de la science humaine.
