Les Coptes, histoire et religion - Saint Marc et la Bonne Nouvelle
- 01 — Philon d’Alexandrie
- 02 — Saint Stéphane le premier des martyrs
- 03 — Apollos d’Alexandrie
- 04 — Le christianisme précoce de l’Égypte
- 05 — L’importance de Saint Marc
- 06 — Évangéliste et Martyr

Les Coptes, histoire et religion - Saint Marc et la Bonne Nouvelle
Samuel Metias · 15 juin 2016 · 14 min de lecture · 4 325 vues
L’indifférence de Tibère
L’arrestation, la crucifixion et la résurrection du Christ créa une certaine agitation à Jérusalem et dans toute la Palestine où Il avait de nombreux disciples
Or à cette époque, dans tout l’empire romain, le gouverneur devait tenir informé le chef suprême de l’armée romaine de tout trouble dans les provinces de l’Empire. Ponce Pilate, gouverneur de Judée, responsable des garnisons en place et juge du Christ, informa donc l’empereur Tibère à Rome de l’existence de Jésus, roi des Juifs et Fils de Dieu.
Tibère ne comprit l’œuvre de Jésus que comme l’avènement d’une nouvelle divinité locale, or une loi antique ne permettait de déclarer aucun nouveau dieu sans l’approbation du Sénat. Tibère tenta bien de consulter l’assemblée mais elle ne se prononça pas favorablement et il resta sur son opinion première : une bienveillante indifférence.
Pour traiter de l’origine de telles lois, c’était un décret ancien qu’aucune divinité ne serait consacrée par l’empereur avant d’avoir été examinée par le Sénat. (…) Que chez vous la divinité soit accordée par une décision humaine, voilà qui est en faveur de notre cause. Si un dieu ne plaît pas à l’homme, il ne devient pas dieu : ainsi, du moins selon cette méthode, il convenait que l’homme fût favorable à Dieu. Tibère donc, sous lequel le nom des chrétiens entra dans le monde, ayant reçu, de Palestine où elle avait commencé, des informations sur cette doctrine, les communiqua au Sénat, en laissant entendre aux sénateurs que la doctrine lui plaisait. Mais le Sénat, parce qu’il n’avait pas lui-même vérifié ces faits, la repoussa : Tibère lui, demeura dans son opinion, menaçant de mort les accusateurs des chrétiens.1
Tibère fut un empereur intelligent, et si la Providence divine le fit fermer les yeux pour que le christianisme naissant ne rencontre pas de difficultés lors de son expansion, il fut cependant apprécié par ses sujets égyptiens.
Sous Tibère, l’administration romaine en Égypte fut exacte, et Philon en fait l’éloge.2
Les nombreux écrits de Philon nous ont fait parvenir les mesures prises par Tibère pour l’Égypte et qui furent si populaires. Il allégea les charges militaires, en réduisant la garnison à deux Légions et il simplifia les formalités de déclarations fiscales, instaurant un cycle administratif de quatorze ans.
Parmi les illustres contemporains de Tibère, Philon vivait à Alexandrie. Théologien juif de renom, il opta pour une lecture allégorique des Saintes Écritures et écrivit de nombreux textes dont beaucoup nous sont connus. Né entre 15 et 20 av. J.C., Philon connut la Bible des Septante dont de nombreux termes grecs sont communs aux épîtres de Saint Paul. Son œuvre théologique met en évidence le Logos dans le Torah, l’Ancien Testament actuel, qui n’est autre que le Verbe, le Messie, le Christ dans les lettres de Saint Paul.
Tous les passages possibles de l’Écriture sont ramenés à une figure principale : chez Philon, le Logos, chez Saint Paul dans sa lettre aux Hébreux, le Christ.3
Au cours du premier siècle, vers l’an 50, Philon va rencontrer une communauté d’hommes pieux vivant dans le désert. Il les nommera les ‘Thérapeutes’. Eusèbe de Césarée les identifiera comme chrétiens. Philon fera l’éloge de cette communauté dans plusieurs de ses écrits.
Le Juif Philon d’Alexandrie décrit vers 50 apr. J.C., une communauté d’ascètes, les « thérapeutes », qui vivaient à quelque distance de la métropole, dans le semi désert de Maréoti de et qui font déjà penser à ce que seront les moines chrétiens. 4
