Les Coptes, histoire et religion - L’Égypte de la Sainte Famille
- 01 — Le fleuve des fleuves
- 02 — L’impulsion helléniste
- 03 — « La ville Lumière »
- 04 — La diaspora juive d’Alexandrie
- 05 — La Bible des Septante
- 06 — La bénédiction du Christ à l’Égypte

Les Coptes, histoire et religion - L’Égypte de la Sainte Famille
Samuel Metias · 15 juin 2016 · 10 min de lecture · 3 515 vues
Une spiritualité millénaire
L’Égypte a été constamment visitée par les bienaimés de Dieu dans la tradition biblique. D’Abraham à Joseph et sa famille en passant par le prophète Jérémie et jusqu’au Christ, ils y ont trouvé un pays polythéiste mais déjà très fortement religieux. Hérodote qualifia d’ailleurs les Égyptiens de « Plus religieux de beaucoup que le reste des hommes… » 1 En effet, tous les historiens s’accordent autour de la profonde spiritualité de l’Égypte pharaonique. Les Égyptiens ont donc depuis des siècles et des millénaires fait naître, entretenu et arrosé la graine de l’Amour de Dieu dont l’Église Copte n’est que le fruit. Dans l’obscurcisme du polythéisme, la sensation de l’unicité de Dieu est de plus en plus perceptible. Elle atteint son paroxysme avec le pharaon « hérétique » Akhenaton (1348-1331 av. J.C.) mais déjà la pieuse relation du peuple et de son Dieu prend forme.
Je crois qu’il faut vraiment remonter aussi loin pour comprendre la force qui anime l’Église Copte et pour seulement percevoir une infime partie de l’immense grandeur de la foi de ce peuple. En effet, au-delà de la tradition biblique, Dieu a au fil du temps préparé ce peuple à accepter et surtout à conserver sa foi. Il faut trouver dans les abîmes insondables de cette spiritualité millénaire les raisons qui font que les Coptes sont actuellement la plus grande communauté chrétienne du monde arabe, et ce bien que les coptes ne fassent pas partis, par définition même, du monde arabe.
Et s’il fallait comprendre d’où est née cette si profonde sensation du divin dans le cœur des Égyptiens, il faut commencer par comprendre ce qu’est l’Égypte. Fille du Nil, cadeau des dieux. Sans le plus grand fleuve du monde, le pays ne serait plus qu’un immense désert où seuls quelques courageux oseraient vivre. Le Nil, la force vive de l’Égypte, mère de la vie, des richesses et de la force du pays, fleuve qui allaite ses enfants, fertilisant les terres arides du désert. Cette terre noire et généreuse que les Égyptiens appellent Kémi est un don des immortels, un don du Nil, « fleuve dont la nature diffère de celle de tous les autres fleuves. » 2Cade au du ciel à tout égard. Pour cet Égypte, capable de bâtir plusieurs des sept merveilles du monde antique, de former la première grande civilisation de l’Histoire, d’explorer avec beaucoup d’intelligence les premiers sentiers de la science, il parait bien naturel de devoir remercier le Tout-puissant qui leur a offert cette eau vivifiante même si les pharaons ne le connaissaient pas encore.
