
Le Livre des Conciles — Réfutation d’Eutychius
Texte arabe édité et traduit par P. Chébli
Sources liturgiques et manuscrites · 1906 · 101 min de lecture · 1 vue
Avant-propos de l’éditeur
Cet écrit de Sévère, évêque d’Aschmounaïn, est une apologie des auteurs de l’hérésie et duschisme Jacobite, particulièrement de Dioscore. Malgré le parti pris, que nous lui reprocherons avec modération parce qu’on n’attend pas de lui qu’il parle d’un autre ton, Sévère se révèle un bon écrivain et un historien informé. L’histoire des Patriarches d’Alexandrie publiée et traduite par M. Evetts’, l’ouvrage que nous présentons aujourd’hui 2, et ses autres écrits que les éditeurs de la Patrologie Orientale se proposent de faire connaître au monde savant, lui font une place de choix parmi les écrivains chrétiens de l’Orient au dixième siècle.
La langue de Sévère est claire et classique; mais son style est loin d’avoir les qualités de celui des auteurs musulmans, ou même des chrétiens tels que Théodore Abi-Qarrah, Elia Abi-Halim, El-Kindi, etc.
mais c’est un grand mérite d’avoir su manier une langue étrangère, en somme, aux chrétiens, quoiqu’ils la parlent, et dont les Arabes à cette époque révélaient difficilement les secrets aux infidèles3.
Malheureusement, les copistes, plus préoccupés de bien aligner les mots et de bien dessiner les caractères que d’observer les règles de la grammaire, ont en tout temps et en tout pays donné libre cours à leur caprice et déformé les meilleurs ouvrages quand on a l’occasion de pagesdansla Revuedel’OrientChrétien,1905,p. 117-123d,’aprësunevieilletraductionlatineinéditedeRenaudot. 3.Pourbiendesécrivainschrétiensde racecopte, grecqueou syrienne,l’araben’étaitqu’unelangue« parlée »,ce quinousexpliquele grand nombrede motset de tournuresvulgairescontenusdans leurs ouvrages.De entre les SultansMamloucksd’Egypteet les puissanceschrétiennes.Cf.Revuede collationner les manuscrits et de noter les variantes, on est frappé de voir combien ils commettent d’omissions, et de constater avec quelle facilité ils changent la place des mots. Et ce qui est plus étrange, c’est de trouver pour un même terme plusieurs lectures différentes, sans qu’aucune soit grammaticalement correcte.
Inutile d’en dire davantage; un coup d’œil jeté sur l’ouvrage instruit plus qu’un long Il est bon cependant d’avertir que nous avons reproduit intégralement le manuscrit 173 de Paris qui nous a semblé le meilleur. Nous y avons fait quelques corrections sans importance. Nous avons emprunté au manuscrit 172 ce qui manque au premier, c’est-à-dire le commencement et un feuillet du milieu de l’ouvrage. Le manuscrit 2 nous a servi pour relever les variantes.
Nous nous sommes procuré une collation du Ms. du Vatican [Cod. Arab. 155), que le R. P. Tobie Anaïsé, religieux Alépin Maronite résidant à Rome, a eu l’obligeance de faire à notre intention. Nous lui adressons ici nos plus vifs remerciements pour le soin et l’empressement avec lesquels il nous a rendu ce service. Nous avons reproduit, à la fin de l’ouvrage, une liste des principales variantes, nous attachant surtout à noter les additions et les omissions.
Enfin nous avons désigné le manuscrit 172 de Paris par A; le ma
Le Livre des Conciles — 1re section
LE LIVRE DES CONCILES 1.Cequiestentre crochetssetrouveajoutéenmarge; et lesmots mis entre desparenthèses coupentle sens. 2.Ccommenceici ôJbiJî vofJJJ3t-3 J-Ut dM Aunom du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint, un seul Dieu. Aj « .
Avec l’aide de Dieu et sa bonne providence, nous commençons l’exposition du Livre des Conciles’ composé par le vertueux Père Anba2Sévère (Saouiros) évêque d’Aschmounaïn, connu sous le nom d’ Ibn-el-Moqaffa’Dieu donne la paix à son âme, et nous fasse miséricorde par sa puissante interCette exposition fut rédigée sur la demande que lui avait faite quelqu’un qui avait lu l’Histoire du Melkite Saïd ibn-Batriq, surnommé Ibn-el-farrasch, et qui y avait trouvé force injures à l’adresse des Jacobites3.
1.DePlane,Catalogue. p.42,dit quece titre est erronéet dûau copiste ilsemble pris de la.troisième Partie, quia pour titre « Les Conciles ». 2. Du syriaque Abba; nomqui désigne les Pères du Désertet quis’appliquaitàtous ceuxquerecommandelà scienceoula vertu.Les Jacobites Syriens et Coptes le mettent devantlenomdeleurs J’ai reçu ta lettre, frère fidèle et bienheureux, que Dieu te donne la félicité de vivre dans son obéissance, t’aide à faire son bon plaisir, et te protège Tu dis avoir pris connaissance d’un livre intitulé « Livre d’Histoire »
•dû à Saïd ibn-Batriq, surnommé Ibn-el-farrasch; et tu me fais part de la peine que t’ont causée les injures qu’il y a mises à l’adresse des Jacobites, et les erreurs qu’il leur attribue en les accusant d’avoir changé la foi orthodoxe, et d’avoir inventé une doctrine nouvelle. Tu me demandes ensuite, Dieu te conserve par sa providence! de composer une histoire abrégée, qui contienne l’exposition de la foi prêchée par les Disciples, colonnes de la foi, premiers vrais adorateurs de Dieu, et ses apôtres envoyés, par condescendance, pour le bien de l’humanité, et qui renferme en même temps la doctrine des Saints Pères qui ont gouverné l’Église avant les innovations; afin que tu voies, toi et tous ceux qui liront cet écrit, d’où est sorti le dissentiment et quelle en a été la cause; afin aussi que tombent les arguments de ceux qui soutiennent opiniâtrement l’erreur.
Tu dis que Saïd ibn-Batriq était Melkite, et que pour cela tu penses qu’il a attaqué les Jacobites pour défendre la doctrine Melkite, sans présenter d’arguments, et sans faire valoir de preuves pour établir ses accusations • contre les Jacobites; et qu’ayant à parler d’histoire et à raconter la vie des rois et des Patriarches, il a traité des Jacobites en passant. Tu redoutes aussi que les discours de cet auteur et ceux des autres hétérodoxes n’aient sur les Jacobites sans instruction un fâcheux effet et n’altèrent leur foi. C’est pourquoi, à ton avis, l’ouvrage que tu me demandes sera un soutien pour les ignorants; ils y trouveront la lumière, la confirmation de leur croyance, les preuves sur lesquelles elle est établie, et la réponse aux attaques des adversaires. Aussi me presses-tu instamment de le composer. Mais ce que tu me demandes est au-dessus de mes forces et de mon savoir; d’aussi humbles que moi ne sauraient l’entreprendre je n’ai ni la science nécessaire, ni l’éloquence désirable, ni les moyens d’atteindre une fin aussi élevée. Pour une œuvre pareille, il faudrait être soutenu du Seigneur, et de la grâce de l’Es- kfol. ôr ».
prit-Saint, à l’exemple des anciens Saints Pères, qui furent dans le monde, grâce à leurs œuvres et à leurs actes prodigieux, comme des astres brillants.
Un misérable comme moi, plongé dans la fange du péché, chargé du lourd fardeau de ses fautés nombreuses, absorbé de soucis terrestres, distrait par le commerce des hommes et préoccupé des biens éphémères de cette vie, ne peut oser une semblable entreprise. Toutefois, pour te montrer ma grande estime et par considération du zèle que tu mets à défendre la foiorthodoxe, j’ai recueilli dans les écrits des anciens Pères, selon la mesure de mes moyens, ce qui pourra servir tes intentions reçois-le donc avec charité et religion, et ne me demande point des phrases éloquentes et des expressions sonores.
J’ai divisé ce recueil, fait pour toi, en quatre parties. Mais il ne faudrait ppas le lire pour le simple plaisir de la lecture, .et être pressé d’en finir au Pplus tôt au contraire, tu réfléchiras sur chaque partie, et tu en retiendras ce que tu pourras, afin d’avoir une réponse prête pour quiconque t’interrogera et afin que tes raisons soient claires, et ta croyance en Dieu forte et ferme. Ne montre. point ce que j’ai composé pour toi aux ennemis de ta foi; mais observe la prescription du saint Évangile, où il est dit « Ne donnez point les choses saintes aux chiens, et ne jetez point vos perles devant les pourceaux, qui les fouleront et se retourneront contre vous.? Le Seigneur miséricordieux conduit vers la vérité, inspire le bien, et aide à lui obéir et à faire son bon plaisir dans sa puissance et sa bonté que par sa miséricorde très grande, il fasse qu’il en soit ainsi. Amen.
PREMIÈREPARTIE. Considérations prises dans l’Ancien Testament jusqu’à l’avènement deNotre-Seigneur Jésus-Christ et soniccarnationdans le sein deMarie la vierge pure, lumière du monde et splendeur de l’éternité.
DEUXIÈMEPARTIE. Exposition de la foi prêchée dans l’univers par les Apôtres,et desprédictions desprophètes. TROISIÈMEPARTIE. Des conciles, et de ceux qui en ont nécessité la célébration; de l’origine du mal dans l’Église, et des dissentiments dans là croyance.
QUATRIÈMPEARTIE-.Enseignement des anciens Pèresquiontgouverné l’Église; et récit abrégé de ce qui s’est passé en certains pays au moment de la scission.
Sache, frère bienheureux (Dieu te garde et te fasse prospérer!), que Dieu (son nom soit exalté!) n’a point créé l’univers parce qu’il en avait besoin il l’a fait par pure condescendance, pour manifester sa puissance et faire connaître sa souveraineté. Tout ce qu’il a créé, depuis le commencement jusqu’à ce jour, demeuré tel qu’il a été fait, sans disparition, sans transformation et sans changement. L’homme seul attriste le spectacle de la création Dieu (sa ¥ v°.
puissance soit magnifiée!) l’avait créé pour persister dans l’existence, et l’avait préféré à toutes ses œuvres; car alors que, pour tous les êtres, il s’était contenté de dire sois! il a voulu façonner l’homme de ses propres mains en employant quatre éléments divers; et il lui insuffla au visage un souffle de vie. Il en sortit un homme parfait, vivant, parlant, doué d’une âme raisonnable Dieu l’appela Adam et l’établit dans le paradis, lui soumettant toutes ses autres créatures terrestres, et livrant à son usage tous les biens du paradis.
11en excepta un seul arbre l’arbre de la science du bien et du mal, dont il lui défendit de manger, joignant la menace à l’avertissement; car, lui dit-il, « le jour où tu en mangeras, tu mourras ». Ensuite Dieu envoya à Adam, dans le paradis, un profond sommeil, durant lequel il prit, de son flanc droit, » . .une côte qu’il revêtit de chair et dont il fit une femme Adam l’appela Eve (Haoua). Dieu les couvrit de lumière et de gloire, et les éleva au-dessus de toute la création Or Dieu, avant de créer Adam, avait donné l’existence à des troupes d’anges, aux hiérarchies célestes. Parmi ces anges, il en était un, supérieur aux autres et Dieu l’avait mis à la tête de tous il s’appelait Satanayël, et avait sous ses ordres des milliers d’anges, et des centaines de mille. Un sentiment d’orgueil et de fierté l’envahit; il conçut une idée de grandeur et il voulut ressembler à son Créateur. Dieu s’irrita contre lui, le fit déchoir de son rang, lui enleva sa prééminence, le priva de sa dignité, et l’exila en cette terre, proscrivant avec lui ceux des anges qui lui avaient obéi et qui avaient donné leur assentiment à son dessein. Il devint un démon redoutable; et prit le nom à’Iblis; et les anges condamnés avec lui furent appelés des démons. D’aucuns dit que la cause de la chute de Satan était son refus d’adorer Adam mais cela n’est pas fondé, car Isaïe dit dans sa prophétie « L’astre du matin (Lucifer) n’est tombé que pour s’être dit J’établirai mon trône au-dessus des étoiles du ciel je m’assoirai sur les nues, et je serai semblable au TrèsHaut M » Sa chute donc eut lieu avant la création d’Adam. Puis quand il vit l’honneur que Dieu avait fait à Adam, il en devint jaloux, et résolut dans sa perversité de Yj arracher. Il se cacha, à cette fin, dans le corps du serpent; il alla trouver Eve (Haoua), et lui dit « Pourquoi Dieu vous a-t-il fait défense de manger des fruits du paradis? » Elle répondit « II ne nous a défendu que les fruits de cet arbre seulement. Mais pourquoi, insista Satan, vous les a-t-il défendus? Je ne sais, lui dit Ève. II vous les a défendus, expliqua Satan, pour vous empêcher de devenir des dieux comme lui, connaissant le bien et le mal. » Eve prit plaisir à la vue de l’arbre, et sentit l’envie d’en goûter elle tendit la main, cueillit un fruit et mangea; puis elle en donna à manger r ».
à Adam. Aussitôt, ils furent dépouillés de la lumière, et perdirent leur gloire et leur honneur; leurs parties honteuses apparurent, et ils virent leur nudité.
Ils fabriquèrent alors des voiles de feuilles de figuier; et Dieu leur donna deux vêtements de peaux. Puis il les fit sortir du paradis, à cause de leur désobéissance, et il en ferma l’entrée. Adam et Eve s’établirent sur une montagne située au-dessous du paradis là, ils se connurent et engendrèrent des enfants.
Plusieurs générations s’écoulèrent, qui adoraient Dieu d’après la raison, sans doctrine et sans loi. Et Satan et ses amis s’efforçaient à séduire les hommes, et à les détourner de l’obéissance de Dieu; si bien qu’à force de commettre les choses défendues, et de s’adonner au péché et aux crimes, tous subirent le joug de Satan; et ilne resta à connaître Dieu et à croire en lui, sur la terre, qque huit personnes Noé(Nouh), son épouse, ses trois enfants et leurs tfemmes. Alors Dieu avertit Noé qu’il allait envoyer sur la terre le déluge pour anéantir toute la création à cause des péchés des hommes; et illui ordonna de construire un navire, où il se réfugierait avec sa femme, ses enfants et leurs épouses, et un certain nombre de fauves, d’animaux et d’oiseaux.
L’année 2242e après Adam, Dieu envoya le déluge sur la terre, et y détruisit toutes les créatures, à l’exception de celles qui étaient dans l’arche. Puis Dieu renouvela la création par Noé (Nouh) et ses enfants, et tout ce qui se trouvait avec eux dans le vaisseau. Ils procréèrent des enfants et se multiplièrent dans le monde; et ils adoraient Dieu eux aussi sans loi ni doctrine.
Ensuite, à cette époque, soixante-douze hommes formèrent ensemble le projet de construire une tour élevée ils disaient qu’ils appréhendaient un nouveau déluge, qui les ferait périr eux et leur progéniture. Dieu leur suggéra des langues diverses qu’ils se mirent à parler, de sorte que chacun s’exprimait dans un idiome, sans être entendu de son voisin ils se dispersèrent alors à travers le monde; et par eux commença la diversité des langues. Or depuis le déluge jusqu’à la construction de la tour, il s’écoula 558 années, ce qui correspond à la 2800e année de la création du monde Satan, durant ce temps, ne négligeait rien pour perdre les hommes. Après cela, c’est-à-dire après 640 ans, le Seigneur se montra à Abraham. Et quand les crimes des habitants de Sodome (Sadoum) et de Gomorrhe (Ghamoura) se multiplièrent, Dieu envoya sur ces villes le feu et le soufre, et fit périr tout ce qui s’y trouvait et tout ce qui était dans les lieux environnants, car Dieu avait promis à son serviteur Noé (Nouh) qu’il ne submergerait plus la terre sous un nouveau Les hommes se multipliaient toujours; et la connaissance de Dieu fut reDieu donna à ce dernier le nom d’Israël (hrayil). De son temps, il y eut famine et son fils Joseph (Youssuf) régnait sur l’ancien Misr2, connu sous le nom de Memphis (Ménef), au temps de Pharaon, après avoir eu avec ses frères, les enfants de Jacob, les aventures relatées (dans l’Écriture) et que chacun sait. Jacob se rendit en Egypte du vivant de Joseph, avec ses fils, ses petitsfils et toute sa suite, au nombre de soixante-quinze hommes Ils s’y multi1. On lit en marge Avant le Déluge 22 2. Misr aujourd’hui désigne tout aussi bien l’Égypte et le Caire.
plièrent beaucoup, sous la bénédiction divine, et arrivèrent au chiffre de plusieurs milliers; au point que les Pharaons en eurent peur, et qu’ils les asservirent, un roi après l’autre, les condamnant à fabriquer des briques, à construire (leurs palais) et à mille autres corvées, pour ne leur laisser aucun rJépit et ne leur point permettre de se ressaisir. De plus, on donna aux accou h . euses l’ordre de tuer tout enfant mâle qui naîtrait aux Hébreux, c’està-dire aux fils d’Israël, pour ne point les laisser augmenter outre mesure.
Bien d’autres vexations, bien d’autres douleurs et d’autres injures leur furent infligées. A la fin, ils crièrent vers le Seigneur; ils pleurèrent et demandèrent secours; le Seigneur entendit leurs pleurs et leurs cris; il en eut pitié et leurfit miséricorde. Il envoya son serviteur le prophète Moïse (Mousa)pour les faire sortir du pays d’Égypte, de ce royaume sans pitié, et de l’amertume de la servitude. Et ce Moïse (Mousa)fut le premier prophète envoyé par Dieu au monde avec une législation et des préceptes, et avec le rite des offrandes; et il promulgua une doctrine et une religion. (Depuis donc l’apparition de Dieu à Abraham, ils’écoula 440 années, ce qui fait 3880années’). Et Dieu fit sortir les f v° i . ls j d’Israël d’Égypte d’une main puissante, et avec un bras irrésistible ils comptaient six cent mille âmes Pharaon s’était opposé à leur départ mais Dieu opéra, par l’entremise de son serviteur Moïse (Mousa), des signes extraordinaires et des prodiges étonnants. Ensuite il submergea Pharaon et son armée dans la mer Rouge. Les Israélites s’emparèrent d’un grand nombre de royaumes, dont ils battirent les princes infidèles; et sous les ordres de Josué, fils de Nun (Toucha’ ibn-Nun), successeur de Moïse, ils occupèrent la terre que Dieu avait promis de donner aux descendants d’Abraham; ils la partagèrent entre eux, et jouirent des bienfaits de leur Seigneur.
Cependant Satan ne fit point trêve à son hostilité avec les humains il séduisait tous ceux qu’il pouvait parmi eux, les gagnant au culte des idoles, et à la transgression de la Loi. Alors les prophètes vinrent leur rappeler les préceptes du Seigneur, et l’observation de sa Loi; et chaque fois qu’ils ’f désobéissaient, il leslivrait aux rois infidèles, qui les emmenaient en captivité, pillaient leurs biens et saccageaient leurs habitations. Mais dès qu’ils prenaient conscience de leurs crimes et de leurs désordres et revenaient à Dieu par la pénitence et le repentir, il se laissait toucher, les ramenait à leurs foyers et leur soumettait leurs ennemis. Ainsi fit-il plus d’une fois pendant une période de 1620 années, qui complète les 5500 ans depuis la création du 1.Onlit au haut de la page Tous moururentdansle désert; et iln’entra dansla Terre PromisequeJosuéibn-Nun Moïse,et leursenfouis.
SÉVÈRE IBN-AL-MOQAFFA. OT monde Lorsque, après cela, leurs péchés se multiplièrent au delà de toute mesure et que leurs crimes et leurs transgressibns augmentèrent, Dieu (dont le nom soit loué) vit que le premier Adam, qu’il avait façonné de sa main, avait préri et avec lui toutes les antiques générations des hommes, des prophètes loi. Jl v.etC des justes, et que les innocents et les impies se trouvaient plongés dans l1e« s enfers pour leurs péchés et leur impiété; il vit aussi que les fils d’Israël, vivaient sur la terre, n’observaient point la Loi et les préceptes que leur avait donnés Moïse (Mousa) il vit enfin que les autres nations s’adonnaient avec fureur au culte des idoles et au service de Satan alors il envoya son Fils unique, lumière issue de sa lumière, substance issue de sa substance, l’image et la figure de son éternité, engendré par lui sans partage et sans distinction dans l’essence. Il l’envoya au monde pour sauver, par sa mansuétude et par ses œuvres, son serviteur et sa création. Le Fils descendit dans le sein d’une femme vierge de la tribu de David (Daoud), de la race d’Abraham loi. 12r. (Ibrahim); et il sortit d’elle incarné sous une forme humaine afin de se manifester au monde car lorsque le prophète Moïse (Mousa) exprima au Seigneur le désir de le voir, il lui répondit Nul mortel ne peut me voir et rester vivant; mais pour t’exprimer les bonnes dispositions dont je suis animé envers toi, je te manifesterai autant que tu pourras soutenir. Et il lit briller î. 6. Lems. Bque nous reprenonsici porteen tête dece premierfeuillet J,i31x »
à ses yeux une lumière semblable à l’éclair; et Moïse (Mousa)tomba sans connaissance la face contre terre comme un homme sans vie. Mais à la voix du Seigneur qui lui parlait, il reprit ses sens, et la vie revint dans son corps.
Il se rendit ensuite parmi les Israélites, qui ne pouvaient fixer le regard sur son visage à cause de la lumière qui l’inondait; et il dut se couvrir d’un voile lorsqu’il se rendait parmi eux, le quittant quand il allait sur la montagne. Si donc aucun regard humain ne pouvait se fixer sur le visage du prophète Moïse (Mousa)à cause de la lumière qu’il n’avait pu lui-même contempler, mais qui s’était simplement répandue sur lui et l’avait illuminé de gloire au point d’être obligé de se couvrir d’un voile qui jamais, à bien plus ’’ forte raison, aurait pu soutenir la lumière divine, s’il lui avait plu de se manifester au monde, et demeurer vivant! Aussi Dieu a-t-il voulu, dans ]B « .
sa suprême sagesse et dans sa toute-puissance, s’unir à ce corps, et paraître dans ce monde sous la forme et la figure des hommes, afin qu’ils pussent le contempler, et l’entendre, et obtenir par là le salut concédé à Adam et à Sa naissance admirable eut lieu, par un mystère ineffable, le mardi 29 jour de Kihak1, l’an 5501 du monde, de Marie la Vierge toute pure, à Betléhem en Judée, au temps d’Hérode, gouverneur de Jérusalem, et sous le règne d’AuiÇiiste-César. empereur des Romains. Deux années après sa naissance eut lieu la venue des Mages chargés de présents; car ils avaient vu son étoile briller lors de sa nativité, et cette étoile leur servit de guide jusqu’à Betléhem.
Puis il s’enfuit en Egypte, quand Hérode le fit rechercher. Et, deux années Hérode étant mort, il revint et habita une ville appelée Nazareth c’est pourquoi il s’appela le Nazaréen’, lui et tous ceux qui ont cru en lui. Dans la trentième année de sa vie terrestre, il fut baptisé par Jean dans le Jourdain, le mardi, onzième jour du mois deTobeh2, la quinzième année du règne de Tibère3, empereur des Romains. (En réponse à ceux qui nous demanderaient d’où nous savons que sa naissance et son baptême eurent lieu le mardi, nous avons discuté cette double question à la fin de ce livre.) Après son baptême, il commença à opérer les œuvres divines et les prodiges sublimes, changeant l’eau en vin, rendant la santé aux infirmes, les malades, chassant les démons, nourrissant les multitudes avec un peu de pain, se faisant obéir des vents et des flots, marchant sur les eaux, comme sur la terre ferme, dévoilant les pensées secrètes et les mouve1. Naseri, plur. Nasara, Nazaréens, est le nom donné aux chrétiens en Orient.
ments intimes du cœur des hommes, ressuscitant les morts, purifiant les lépreux, rendant le mouvement aux estropiés et aux paralytiques, ouvrant les yeux aux aveugles, rendant la parole aux muets, et faisant d’autres miracles en nombre incalculable. Tout cela s’accomplissait sur un simple ordre de lui, sans prière et sans supplication, comme il convient à la divinité, et non point comme faisaient les prophètes. Les Juifs, au spectacle de toutes ces merveilles, lui portèrent envie Si nous laissons cet homme poursuivre ces œuvres, dirent-ils, tout le peuple croira en lui et le suivra; et alors les Romains viendront et s’empareront de notre temple, et emmèneront nos enfants esclaves’. Ils complotèrent donc contre sa vie sous l’impulsion d’une injuste jalousie. Celui qui leur servait alors dechef, Caïphe, prononça cette prophétie « II vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, plutôt que d’exposer toute la nation à une perte certaine 2. » Et ils ajoutaient cet homme accomplit ses miracles le samedi; il manque donc à l’observance du sabbat, et of r.
transgresse la loi. Bien plus, il va jusqu’à se dire le fils de Dieu il mérite donc la mort! Satan, l’ennemi des hommes, s’efforçait à les perdre et à leur persuader sa mort. Il les remplit d’envie, de colère et de fureur; et il leur mit dans l’esprit que par là ils défendaient la Loi, sans sortir de la voie de l’équité. Ils convinrent donc, grands et petits, de le crucifier et de le mettre à mort. Ils s’imaginaient, les insensés, qu’il s’agissait d’un homme comme eux, et qu’en assouvissant leur folie et en le faisant mourir, ils le perdaient et effaçaient sa mémoire sur la terre, tout comme il arrive aux hommes qui subissent un pareil sort. Il les laissa faire, en vue de l’accomplissement du plan qu’il avait tracé pour le salut d’Adam et de sa postérité, et pour la réalisation des prédictions des Prophètes qui avaient parlé de lui.
Il souffrit donc avec patience toutes leurs entreprises, montrant en tout sa sagesse et sa longanimité; et enfin il fut crucifié c’était la sixième heure du jour du vendredi, à l’endroit nommé Golgotha. Ensuite ils le firent mettre au tombeau, contents d’en être venus à leur fin. Mais il ressuscita dans la gloire de sa divinité, le troisième jour, qui était le dimanche, vingt-neuvième jour du mois de Barmahat’, dans la trente-quatrième année de son âge humain et la 5534e du monde. Certains Pères ont dit que la. résurrection eut au mois de Barmoudeh 2 Dieu sait ce qui en est. Il ouvrit la porte du paradis fermée depuis le péché et la sortie d’Adam il l’y ramena en compagnie des prophètes et des justes; il rendit plus facile aux hommes le chemin du salut; et il leur ouvrit la porte du pardon par la pénitence.
Il demeura encore sur cette terre quarante jours après sa résurrection, se manifestant aux siens et puis, ayant terminé sa carrière et atteint son but, qui est le salut de ses serviteurs, il remonta au ciel au milieu des louanges des chœurs Angéliques Gloire lui soit rendue! .Amen.
EXPOSITION DE LA FOI QUE LES APÔTRES PRÊCHÈRENT AU MONDE, ET PRÉDICTION DES PROPHÈTES SUR L’INCARNATION. Quand il se montra aux siens avant de s’élever au ciel dans la splendeur de sa divinité et dans la majesté de sa toute-puissance, Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ annonça à ses disciples l’envoi de son EspritSaint, le Paraclet (Pharaqlit), pour les confirmer et pour les aider à prêcher l’Evangile à toutes les parties de la terre habitée. Il leur donna le pouvoir de chasser les démons, de guérir les maladies de tout genre, et toutes les infirmités, de faire les prodiges et les miracles les plus éclatants. Aussi, grâce à leur ministère, tous les rois, nonobstant la diversité de leurs lJangues, leurs divisions et leur puissance, tous les peuples se converet furent baptisés, conformément au précepte du Maître, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint. Ils apprirent que cette auguste Trinité, formée de personnes divines, était un seul Dieu, et non point trois dieux; et que le. Fils, l’une des personnes de la Trinité, le Seigneur JésusChrist, descendit des cieux sans s’en absenter et sans quitter le trône de sa gloire, parce que rien ne le circonscrit et qu’il contient toute chose; qu’il prit par l’opération de l’Esprit-Saint un corps de la Vierge Marie et naquit d’elle sans altérer sa virginité et sans en rompre le sceau, afin que le monde sache que celui qui reçut le jour d’elle est un Dieu fait homme, comme l’a prédit Ézéchiel (Nc/e quand il dit J’ai vu à l’Orient une porte fermée, scellée d’un sceau merveilleux et incompréhensible par laquelle le seul Seigneur des vertus est entré il est entré, et il est sorti; et la porte n’a point été ouverte, et le sceau n’a point été altérée et comme l’a aussi prédit Isaïe (Echa’yah) en ces mots « Voici que la vierge conçoit et met au jour un enfant, qui s’appellera Emmanuel (’Amanottel), c’est-à-dire Dieu avec nous1. » II dit encore « Un enfant nous est né, un enfant nous a été donné; son pouvoir est inscrit sur ses épaules c’est Dieu, à qui appartient tout pouvoir, l’ange du grand conseil, le père du siècle futur2. »
Isaïe a dit encore ailleurs « Voici mon enfant bien-aimé, celui qui a fait mon bon plaisir, et en qui s’est complu mon âme en lui j’ai répandu mon esprit, et toutes les nations ont mis en lui leurs espérances3. » Il a prédit aussi ce qui suit « Beaucoup te suivront les reins ceints; ils t’adresseront leurs prières et t’adoreront; parce que le Seigneur habite en toi, et nous ne le savions pointa » Et ailleurs « Dieu va venir que les nations le sachent. »Et encore « Fortifiez-vous, ô mains tremblantes, genoux brisés, gens. pusillanimes consolez-vous et soyez sans crainte car le Seigneur, qui récompense avec mansuétude, viendra, et il nous sauvera alors les yeux aveugles s’ouvriront, les oreilles sourdes entendront, les boiteux sauteront comme les cerfs, et les langues muettes parleront5. »
Jérémie (Eremyah) à son tour a dit « Dieu descendra sur la terre et marchera parmi les hommes. » Et Ézéchiel (Hazqyel) Vous saurez, dit-il, que je suis le Seigneur leur Dieu, quand j’apparaîtrai parmi les hommes, et que je converserai avec eux Et David (Daoud)a dit « Le Dieu des dieux se manifestera dans Sion »
Et ailleurs « Le Seigneur viendra publiquement, et notre Dieu ne se taira point2. » Et encore « On dit qu’un homme est descendu dans Sion c’est le Très-Haut qui l’a fondé pour lui-même3. »
Et voici ce que dit Salomon (Soleyman) « Vraiment Dieu sera avec les hommes sur la terre4. » Et David (Daoud)dit encore « 11descendra comme la pluie sur latoison, comme la rosée sur la terre5. » Il ajoute ailleurs « Tous les rois se prosterneront devant lui, et toutes les nations l’adoreront6. »
Et le prophète Osée (Ouchya) dit « Le Seigneur viendra assurément et se manifestera sur terre7. » r°. Et le prophète Michée (Mikha)dit « La parole de Dieu se manifestera dans Jérusalem; et de Sion sortira la loi8. »
Le Livre des Conciles — 2e section
Et le prophète Nahum (Nahoum) dit « Je viendrai habiter en toi, dit le Seigneur tout-puissant9. » Et Sophonias (Sephonya)a prédit « Console-toi, ô Sion, et que tes mains ne tombent point (de découragement) le Seigneur notre Dieu viendra s’établir en toi et te sauver »
Et Zacharie (Zakharya) le prophète dit « Réjouis-toi, fille de Sion; je viens habiter en toi, dit le Seigneur2. » Et le prophète Malachie (Malakhya) dit « Voici que le Seigneur viendra, et se montrera à ceux qui le craignent Soleil de fustice est son nom3. »
Et le prophète Amos (’.4mous) dit Le Seigneur viendra à toi, ô Jérusalem, et se manifestera en toi. Dieu, dit le juste Job, apparaîtra sur la terre, et marchera sur les mers, comme sur une terre ferme.
Les Apôtres, nos pères, ont attesté à tous ceux qui crurent à leur prédication, que le Dieu incarné dans le sein de la Vierge Marie et devenu réellement homme a été crucifié, qu’il est mort, et qu’il est ressuscité d’entre les morts le troisième jour; qu’il est monté aux cieux, dont il ne s’était point éloigné par son essence divine. Et du reste le prophète Moïse (Mousa)avait prédit son crucifiement aux enfants d’Israël, lorsque les serpents les attaquèrent de leurs morsures dans le désert Dieu lui ordonna de faire un ser d’airain, et de l’attacher à un bois élevé figurant une croix, afin que ceux qui seraient mordus par un reptile pussent lever les yeux vers le serpent d’airain et guérir. Moïse leur dit alors qu’un jour ils verront leur Sauveur crucifié à un gibet, et qu’ils ne croiront point en lui. Et Isaïe, parlant de sa mort, a dit « Celui dans la bouche duquel aucun mensonge ne fut trouvé, subit la mort pour expier les fautes du peuple’. » Il dit ailleurs « C’est lui qui porte nos douleurs et nos souffrances 2. » Et encore « Il reçut des blessures à cause de nos crimes; il a souffert pour nous; et ses souffrances nous ont sauvés3. » Et de nouveau « Comme un mouton, dit-il, ilfut mené à la mort. » Et « Ils l’ont compté au nombre des pécheurs, et ils l’ont livré à la mort\ »
De son côté le prophète David (Daoud) s’exprime ainsi au sujet de son crucifiement « La foule des méchants m’a environné. Ils ont percé mes mains et mes pieds, et ils ont compté tous mes os. Ils se sont partagé mes vêtements; et ma tunique, ils l’ont tirée au sort’. [Ils se sont multipliés, dit-il ailleurs, ceux qui me haïssent injustement. Ils m’ont récompensé en mal du bien que j’avais fait 6;Jils m’ont rejeté, moi le bien-aimé, comme un cadavre repoussant; et ils ont fixédes clous dans ma chaire »
Le prophète Zacharie (Zakharya) dit « Ils verront celui qu’ils auront Le prophète David (Daoud) a encore prédit sa résurrection en ces mots Je vais me lever, dit le Seigneur, et me manifester aux hommes en sauveur. Et ailleurs « Le Seigneur se lèvera, dit-il, et anéantira tous ses ennemis; et ceux qui le haïssent s’enfuiront devant sa face’. » Et encore: « Dieu s’est éveillé, comme s’éveille un homme endormi, comme s’éveille un homme appesanti par le vin3. »
Il a aussi prédit son ascension au ciel dans les termes suivants. « Élevez vos portes, ô princes; élevez-vous, portes éternelles, afin qu’entre le roi de gloire. Qui est ce roi de gloire? C’est le Seigneur puissant et fort dans les combats. 0 princes, élevez vos portes; portes éternelles, élevezvous, pour livrer passage au roi de gloire. Qui est ce roi de gloire? Le Seigneur puissant et fort est le roi de gloire’. » Et ailleurs « Le Seigneur, dit-il, est monté au milieu des cris de victoire; le Seigeur est monté au son de la trompette. Confessez notre Dieu, confessez; louez notre roi, chantez le Seigneur s’est assis sur son trône de gloire’. » Et dans un autre endroit « Le Seigneur, écrit-il, a dit à mon Seigneur assieds-toi à ma droite, et je mettrai tes ennemis sous tes pieds’. »
Pierre {Boutros), chef des Apôtres, a rendu au Seigneur Jésus-Christ ce « Vous êtes le Fils du Dieu vivant. Et il lui répondit bienheureux es-tu, Simon fils de Jona (Sim’ân ibn Youna)\ ce n’est pas un être de chair et de sang qui t’a instruit de cela, mais mon Père qui est aux cieux’2. »
Jean (Youhanmi) l’évangéliste a rendu ce témoignage « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et Dieu est le Verbe. » Et loin « Le Verbe est devenu chair, et il habita avec nous; et nous avons contemplé sa gloire semblable à la gloire d’un fils unique à son père3. »
Jean-Baptiste fils de Zacharie (Youhanna ibn Zakarya) a rendu ce témoignage « Moi, dit-il, j’ai vu et attesté que celui-là est le Fils de Dieu. » Et il entendit du ciel le témoignage de Dieu quand Jésus fut baptisé au Jourdain « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances s. »
Pierre, Jean et Jacques {Boutros, Youhanna, Ya’qoub) entendirent la voix de Dieu venant du ciel, et le témoignage du Père, sur le mont Thabor (Tabour) « Celui-ci, disait-il, est mon Fils bien-aimé écoutez-le0 et obéissez-lui. »
Le Disciple Nathanaël (Nathanayel) a rendu ce témoignage à Notre-Seigneur même « Maître, lui dit-il, vous êtes le Fils de Dieu; vous êtes le roi Et lorsque le Seigneur marchait sur le lac de Tibériade (faba7vyah) à la quatrième veille de la nuit, et qu’il fut reçu dans la barque de ses disciples, ceux-ci l’adorèrent et rendirent ce témoignage « Vraiment vous êtes le Fils Et le médecin Luc (Louqa) l’évangéliste a rendu ce témoignage; lorsque l’ange Gabriel (Gébriel) annonça (l’incarnation du Verbe) à notre Dame la Vierge, il lui dit « L’Esprit-Saint descendra sur toi, et la force du TrèsHaut étendra sur toi son ombre c’est pourquoi celui qui naîtra de toi est saint, et sera appelé Fils de Dieu 3. »
Voici maintenant le témoignage de l’Apôtre Paul dans son épître aux Romains (.Ioum) « [Paulj, écrit-il, esclave de Jésus-Christ, élu pour prêcher l’Évangile de Dieu en son Fils, qui est né, selon la chair, de la race de David (Da.occl et qui est reconnu pour être le Fils de Dieu .¡, » Il dit ailleurs « Dieu a envoyé son Fils dans la forme du corps de péché, pour ¥ l’ol. Gr°. ddétruire le péché par son corps’. » Et encore « Nous annonçons, dit-il, la Ssagesse de Dieu, qui était cachée et existait dans l’intelligence de Dieu avant 1le.s siècles; celle que nul ne connaissait des princes de ce monde et des nmaîtres de cette terre car s’ils l’avaient connue ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire 2. » Le même Paul, dans sa lettre aux Colossiens (Qolasios) [lire Philippiens], écrit « Songez en vous-mêmes, et considérez ce qu’il en a été de Jésus-Christ, qui est l’image de Dieu en toute chose; il s’humilia, prit la forme d’esclave, et se manifesta en la forme humaine. Il obéit jusqu’à la mort, la mort sur la croix c’est pourquoi Dieu lui multiplia la gloire, et lui donna un nom supérieur à tout ce qui existe, afin qu’au nom de JésusChrist tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur dans la gloire de Dieu son Père 3. »Et dans sa lettre aux Colossiens’ il dit « Nous rendons grâces à Dieu il nous a délivrés de l’empire des ténèbres, et nous a conduits au royaume de son Fils bien-aimé, par qui nous avons obtenu le salut et le pardon des péchés, qui est l’image de Dieu invisible, et par qui tout a été créé au ciel et sur la terre, les choses visibles et les invisibles les anges, les archanges, les trônes, les dominations et les principautés; en qui et par qui toutes choses ont été créées, qui existait avant toute chose, en qui tout t v.
subsiste. Il est le chef de l’Eglise, le chef et le premier-né de ceux qui sont t rappelés du royaume de la mort, afin qu’il ait la primauté en tout, et que toute perfection soit en lui. Par lui Dieu a daigné pardonner à sa créature; et par le sang de sa croix il réconcilia tout ce qui se trouve au ciel et sur la terre »
Le même Apôtre écrit dans sa lettre aux Thessaloniciens (Tessaloniqyah) « Servez le Dieu vivant et véritable, et attendez son Fils Jésus-Christ (et sa venue) du ciel, celui qu’il ressuscita d’entre les morts, qui nous ressuscitera nous aussi et qui nous délivrera de la colère à venir2. » Et encore « Nous étions, dit-il, les ennemis de Dieu; mais maintenant il nous a rapprochés de lui par la mort de son Fils3. »
Et dans son Epître aux Hébreux, voici ce qu’il dit « En toutes manières et en toute façon Dieu parla autrefois à nos pères par l’intermédiaire des Prophètes mais en ces (derniers) temps il nous a parlé par son Fils, qu’il a constitué héritier de l’univers, par qui il créa toute chose, et qui est la splendeur de sa gloire et l’image de sa pérennité4. » Et ailleurs « Nous avons, écrit-il, un souverain Pontife très grand, Jésus-Christ Fils de Dieu, qui est monté aux cieux soyons fermes dans notre foi en Lui’ » Il dit aussi « Il n’est point permis à ceux qui ont reçu le baptême et la grâce de l’Esprit-Saint, qui se sont nourris de la parole de Dieu et ont cru à la vie future, de retourner au péché t et par là de crucifier une seconde fois et de mépriser le Fils de Dieu2. »
fo).7r. Et dans sa première Épftre à Timothée (Timatéos)il dit « Je t’adjure en présence de Dieu qui vivifie tout, et de Jésus-Christ qui rendit devant Pilate (Bilatos) un bon témoignage, de conserver ce précepte sans tache et sans reproche jusqu’à la manifestation de N.-S. Jésus-Christ, que Dieu montrera en son temps, qui est béni et seul puissant, Roi des rois et Seigneur des seigneurs, l’immuable, qui habite la lumière, et dont personne ne saurait approcher, que nul homme ne peut voir, à qui appartient tout honneur et tout pouvoir au siècle des siècles, amen3. »
Pierre (Boutros), le chef des disciples, dans son épître à l’univers (au Qathaliqon), s’exprime ainsi « Béni soit Dieu le Père de N.-S. Jésus-Christ, qui nous a spécialement adoptés par la résurrection de son Fils Jésus-Christ4 »
.11dit ailleurs « Vous avez mis à mort l’auteur même de la vie5. » Et encore « Le Christ, écrit-il, est mort une fois à cause de nos péchés il est mort dans sa chair, et il vit par l’esprit’ »
Et Jean (Youhanna) l’évangéliste rend ce témoignage dans son épître à l’univers (au Qathaliqon) « Celui qui est éternel et antérieur à tous les siècles, que nous avons vu et entendu de nos oreilles, que nous avons touché de nos mains, qui est le Verbe de vie, et par qui s’est manifestée la vie2. » Et ailleurs « Le Fils de Dieu, dit-il, s’est manifesté pour détruire les œuvres de Satan3. » Et aussi « C’est un commandement pour nous de croire en JésusChrist le Fils de Dieu\ » II dit ailleurs « Par cela l’on connaît l’amour de « Dieu pour nous, qu’il a envoyé son Fils unique au monde pour lui communiquer la vie. Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est Dieuqui nous a aimés et qui a envoyé son Fils pour la rémission des péchés5. »Et encore « Nous attestons, écrit-il, que Dieu a envoyé au monde son Fils, le Sauveur celui donc qui confesse que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, Dieu sera en lui, et il sera en Dieu6. » Il a écrit aussi « Qui peut vaincre le monde, sinon celui qui croit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu7? » Et aussi « Quiconque croit au Fils de Dieu a la vie; et quiconque ne croit pas au Fils de Dieu n’aura point la vieK »
Et Marc (Marqos)l’évangéliste a rendu le témoignage suivant « Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu2. » Et Jean (Yotthanna) l’évangéliste atteste encore que le Christ Seigneur s’est affirmé le Fils de Dieu, quand il dit « Une heure viendra où ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu et ressusciteront 3. »
Et quand il dit à Philippe (Philippos) « Celui qui m’a vu, a vu mon Père comment dis-tu alors montre-nous le Père? Ne crois-tu donc pas que je suis en mon Père et que mon Père est en moi? » Et quand il dit ailleurs « Je suis un avec mon Père5. » Et quand il dit à l’aveugle-né « Crois-tu au Fils de Dieu? Et il lui répondit Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?a Et Jésus lui dit c’est celui qui te parle, et que tu vois » Et quand il dit aux Juifs « Vous prétendez que j’ai blasphémé quand je vous ai dit que je suis le r°. Fils de Dieu or si je ne faisais point les œuvres de mon Père, vous ne croiriez pas en moi; mais puisque je les fais et que vous ne croyez point, du moins aux œuvres, et sachez et comprenez que je suis en mon Père et que mon Père est en moi7. »Et quand il dit « Le Père m’aime parce que je donne ma vie pour mes brebis et je reprends cette vie personne ne peut me la ravir; mais j’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre’ » Et quand il dit « Mon Père, glorifiez votre Fils! Et la voix du Père dit du ciel J’ai glorifié et glorifierai encore2. » Et quand il dit à ses disciples « Une heure viendra, et la voici toute proche, où vous vous en irez chacun de son côté, m’abandonnant seul mais je ne suis pas seul, et mon Père est avec moi3. »
Et, d’après l’évangéliste Marc (Marqos), quand le grand prêtre lui demanda s’il était le Fils de Dieu, il répondit Oui, je le suis; et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance,- venant sur les nuées du ciel avec majesté et grande gloire. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements et dit à la foule Vous venez d’entendre le blasphème de sa propre bouche; quel autre témoignage vous faut-il encore? Et ils lui répondirent Il est digne de mort\ Ils décidèrent sa mort, et demandèrent à Pilate (Bilatos) de le faire mettre en croix. Et Pilate leur demanda Quelle faute a-t-il commise, quel crime a-t-il fait pour être crucifié?a Puis en voyant leur tumulte, il prit de l’eau et se lava les mains en disant Je suis innocent du V.<sang de cet homme saint. Ils répondirent Que son sang soit sur nous et sur nos enfants. Pilate (Bilatos) eut le désir de le relâcher; ils s’y opposèrent en disant si tu le mets en liberté, tu n’es point ami du roi, mais son ennemi; car cet homme prétend être le roi des Juifs or quiconque a des prétentions à la royauté est, par le fait, ennemi du roi. Alors il le leur livra pour être crucifié, selon leur gré. Et quand ils le crucifièrent, le soleil s’obscurcit dès la sixième heure du jour, le vendredi, au jour et à l’heure où Adam mangea de l’arbre, jusqu’à la neuvième, heure à laquelle il fut chassé du paradis.
Alors il dit à haute voix et en hébreu Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné pour rappeler aux Juifs la prophétie que leur avait faite David (Daoud)au psaume xxi, qui commence par ces paroles Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné; et dans lequel il dit « La multitude des méchants m’a environné ils ont percé mes mains et mes pieds, et ils ont compté tous mes os. Ils se sont partagé mes vêtements, et tirèrent ma tunique au sort’. » Ils ne comprirent point, les insensés, ses paroles, ne tinrent point compte de son discours, et ne firent point-attention à lui, appliqués qu’ils étaient à leur œuvre. Et quand le soleil fut près de son couiclhcerri,a « Tout- ce qui est écrit est consommé. » Et après cela « Mon Père, en vos mains je livre mon âme » Et il expira. Aussitôt le voile du temple se déchira en deux parties de haut en bas la terre trembla lesi f i o v l. 9 r ».
rochers sefendirent; les tombeaux s’ouvrirent, et les corps de plusieurs justes ressuscitèrent d’entre les morts. Le troisième jour, il sortit du tombeau et apparut à ses disciples et comme Thomas n’était pas avec eux, on lui raconta la résurrection du Seigneur; il répondit Je ne croirai qu’après avoir vu la trace des clous dans ses mains et ses pieds, et qu’après avoir mis nia main dans son côté sans cela je n’y croirai point. Huit jours plus tard, NotreSeigneur leur apparut, et il dit à Thomas Donne le doigt et vois la trace des clous; introduis la main dans mon côté et ne sois point incrédule, mais croyant. Et Thomas lui répondit Vous êtes vraiment mon Seigneur et mon Dieu. Et le Seigneur lui dit Tu crois pour avoir vu; heureux celui qui croit sans voir1! Et Jean (Youhanna)l’évangéliste ajoute « Le Seigneur JésusChrist fit devant ses disciples beaucoup d’autres miracles qui n’ont point été relatés dans ce livre et ceci en a été rapporté afin que vous croyiez que JésusChrist est le Fils de Dieu, et que, en croyant, vous ayez la vie en son nom Voilà le témoignage de nos pères les Apôtres, et leur croyance au Christ Fils de Dieu, ainsi que l’Esprit-Saint le leur a enseigné et le leur fit comprendre des prédictions des Prophètes, et ainsi qu’il le prêcha par leur bouche. Voilà llia doctrine qu’ils ont annoncée au monde, qu’il est vraiment le Fils de Dieu aavant et après son incarnation, comme l’ange Gabriel (Gébriel) l’avait annoncé à la Vierge quand il lui dit « Celui qui naîtra de toi est saint, et il sera appelé le Fils de Dieu »; et comme l’a affirmé l’Évangéliste Jean (You/ianna) quand il dit Le Verbe est devenu chair, c’est-à-dire que la personne du Fils de Dieu, et non un autre, s’est faite chair; et comme il a été dit ailleurs 11n’est monté au ciel que celui qui en était descendu; c’est-à-dire que la personne qui était descendue du ciel sans avoir de corps, est la même qui monta au ciel avec la chair, et non une autre; et comme Dieu l’a déclaré au Jourdain (Ourdon) et au Tabor (labour) par ces paroles C’est mon Fils bien-aimé et comme le Christ Seigneur a affirmé de lui-même qu’il est le Fils de Dieu.
Voilà enfin ce que les Apôtres ont prêché à l’univers entier devant les rois, les empereurs et les peuples, et ce qu’ils ont transmis dans les Livres sacrés pour l’enseignement de tous ceux qui croient en Notre-Seigneur Jésus-Christ Gloire lui soit rendue au siècle des siècles. Amen.
DES CONCILES, DE CEUX QUI EN ONT MOTIVÉ LA CÉLÉBRATION, ET DE L’ORIGINE Les hommes restèrent fidèles à la doctrine de nos pères les Apôtres durant 276 années, jusqu’au règne de Dioclétien (Dikladianos) et de Maximien (Maximianos), empereurs infidèles, qui adorèrent les idoles, détruisirent les églises, et firent mettre à mort un grand nombre de Chrétiens (Nasara) pendant ans une foule considérable de martyrs rendirent témoignage au [Christ] au fils d’Hélène (Hilané), monta sur le trône il avait d’abord pratiqué le paganisme jusqu’à l’événement. célèbre de l’apparition de la Croix il se convertit alors au christianisme; et lorsqu’il se fut a.ffermidans la foi au Christ, il brisa les idoles, détruisit les temples, et édifia les églises. La foi fut renouvelée, et la religion jouit de la paix pour un temps, c’est-à-dire jusqu’à l’apparition de la doctrine d’Arius (Arios)l’apostat, qui renia le Fils de Dieu. Arius était prêtre d’Alexandrie (Aleskazderyah) il prétendit que le Seigneur Jésus-Christ avait été créé. Un certain nombre de personnes se joignirent à lui, et embrassèrent sa croyance perverse et sa grossière erreur. C’est pourquoi fut convoquée la réunion des 318 Pères à Nicée (Niqiah)l’an 59 de Dioclétien (Diqladianos), sous le règne de Constantin (Qostantiaa) ils anathématisèrent Arius (Arios),et tous ceux qui avaient défendu son opinion et adhéré à sa doctrine; et ils firent une formule de foi universelle, pour éclairer tous les hommes et leur faciliter la connaissance de Dieu et l’intelligence de l’unité de son essence et de la Tride ses Personnes. Cette formule dérive de celle des Apôtres, contenant, sous une forme concise, tout l’ensemble de la doctrine; et ils dirent « Nous croyons en un Dieu unique, Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, des choses visibles et des invisibles; et en un seul Seigneur JésusChrist, Fils unique de Dieu, engendré par le Père avant tous les siècles lumière de lumière, Dieu vrai de Dieu vrai; engendré et non créé, consubstantiel’ auPère, par qui tout a eu l’être qui, à cause de nous autres humains et pour notre salut, descendit du ciel, et s’incarna de l’Esprit-Saint et de la vierge Marie, et devint homme; fut crucifié pour nous, sous Ponce-Pilate (Bilatos el-Bonti), a souffert, a été enseveli, est ressuscité d’entre les morts le troisième jour, selon les Écritures est monté au ciel, et s’est assis à la droite du Père, [d’où] ilviendra une seconde fois, en sa gloire, juger les vivants et les morts, lui dont le règne n’aura point de fin. »
Les 318 Pères prescrivirent de réciter cette formule à toutes les messes et dans toutes les prières, et de l’enseigner à tous les fidèles, hommes et femmes, jeunes gens et jeunes filles, esclaves et servantes, qui doivent l’apprendre de mémoire, y adhérer, la redire dans leurs oraisons du jour et de la nuit. Ensuite ils décrétèrent des lois, portèrent des canons et organisèrent les églises, comme l’Esprit-Saint le leur inspira; et puis ils se séparèrent et regagnèrent leurs résidences dans la paix du Seigneur. Et l’Église goûta alors une paix tranquille, et marcha d’un pas assuré dans l’ordre, jusqu’à l’apparition de la doctrine de Macédonius (Maqdonios),l’insulteur du 1. Il n’existe point en arabe de termesusceptibled’un sens adéquatà celui de conscbstantialis;la traduction reçue est égal par la substance(auPère). Unepartie des Syriens emploie ces mots o,Q.>pl! au lieu de ceci 4mo4 Jeuqui est moins exact, et cependantplus répandu.
Saint-Esprit. Macédonius était patriarche de Constantinople (Qostantinyah) il enseigna que l’Esprit-Saint était créé, le Père et le Fils étant [seuls] consubstantiels. Le bruit de la foi qu’il inventa et de sa doctrine perverse se répandit vite à Constantinople [Qostantinyah), et parvint aussitôt à la connaissance des Patriarches de cette époque illustre ils lui en écrivirent, pour l’avertir et lui demander de revenir de son erreur. 11n’en fit rien. Alors un concile fut convoqué à Constantinople (Qostantinyah); 150 Pères y assistèrent (d’aucuns disent cent onze) c’était en l’année 117ede Dioclétien [Diqladianos), au temps de Théodose (Téodosios)le grand. Macédonius (Maqdonios)patriarche de Constantinople (Qostantinyah) et tous ceux qui avaient accepté son enseignement et adhéré à sa doctrine, furent frappés d’anathème; il fut déposé, privé de sa dignité et chassé de son église; et l’on nomma à sa place Grégoire (Grigorios)le Théologien (Theologos).Ces cent cinquante Pères ajoutèrent à la formule des trois cent dix-huit Pères ces mots « Nous croyons au SaintEsprit, le Seigneur vivifiant, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils; qui a parlé par les Prophètes; et en l’Église une, » ». . ccaatholique, sainte, apostolique. Nous confessons un seul Êaptème pour la rémission des péchés; et nous espérons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen. »
Les cent cinquante pieux Pères anathématisèrent quiconque oserait, dans la suite, faire quelque addition au symbole formulé par les trois cent dix-huit Pères, ou en rien retrancher, ou donner une définition étrangère ou contraire à ce qu’ils ont défini et constitué.
Les mêmes cent cinquante Pères anathématisèrent dans ce concile linaire (Apollinarios)qui niait l’âme et la raison à l’humanité de Jésus-Christ, prétendant que la Divinité lui tenait lieu d’âme et de raison, et qui, pour établir cette innovation, invoquait la parole de l’Évangile « Le Verbe est devenu chair » et non « est devenu homme » Il avait aussi posé dans la nature divine des modalités et des mesures, et se servait de ces termes grand, plus grand, très grand. L’Esprit-Saint, disait-il, s’appelle le Grand; le Fils, le plus Grand; et le Père, le très Grand. Il ajoutait que le Père n’avait pas de limites quant à la puissance et quant à l’essence, que le Fils était fini quant à la puissance, mais non quant à l’essence, et que le Saint-Esprit l’était dans ces deux choses à la fois. On l’anathématisa, lui et tous ses adhérents. Le même concile anathématisa Basile de Lybie (Loubiah) qui disait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit n’étaient qu’une même face, selon l’enseignement de Sabellius (Sabelios). Sa célébration eut lieu cinquante-huit ans après celui de Nicée (Niqiah).
Après la séparation des Pères du concile et leur retour dans leurs diocèses respectifs, l’Église jouit pendant quelque temps de la paix, jusqu’à l’apparition d’une nouvelle erreur due à deux évêques, Diodore (Diodoros) et Théodore (Tidros) ils enseignaient que celui qui naquit de Marie était le Christ, et que celui-ci était tout autre que le Fils engendré par le Père; que ce dernier a habité dans le Christ, et de là vient que le Christ fut appelé Fils de Dieu par don spécial et honorifiquement; que l’union s’est faite par la volonté; et qu’ainsi Dieu eut deux fils, l’un par l’essence; l’autre par la grâce. La doctrine de ces deux évêques ne fut point connue de leur vivant ils écrivaient et cachaient leurs ouvrages jusqu’à la fin de leur vie.
Mais après leur mort, leur opinion fut connue par leurs livres, sans toutefois que personne en ait pris la défense. Enfin quand apparut l’erreur de Nestorius (N<Mr),qui ressemblait de tout point à la leur, et que celui-ci, devenu patriarche de Constantinople (Qostantinyah) la proclama et l’enseigna du haut de la chaire aux jours de fêtes, la ville de Constantinople (Qostantinyah) en fut troublée car il disait qu’au Christ s’était uni le Fils éternel; que lui, Nestorius, l’adorait à cause de la présence de Dieu en lui; et que dans le Christ il y avait deux essences et deux personnes. La nouvelle de cette innovation parvint aux oreilles de Cyrille (Kyrillos) patriarche d’Alexandrie évêque de Jérusalem (Ourachlim). Ils s’écrivirent au sujet des bruits qui leur étaient parvenus, sur Nestorius (Ilastorios)et se mirent en devoir de le ramener il ne tint point compte de leurs avertissements, ni de leurs discours. Ils adressèrent alors des requêtes à l’empereur Théodose (Téodosios), et le prièrent de faire examiner la doctrine de Nestorius (Nastor). Il convoqua alors un Concile de deux cents évêques (c’était ainsi sous le règne de Théodose’(Téodasios) le Jeune), dans la ville d’Éphèse, l’an 172 de Dioclétien (Dikladianos), cinquante-cinq ans après celui de Constantinople (Qostantinyah) Les Pères examinèrent la nouvelle doctrine et en virent l’erreur et la perversité puis ils demandèrent à Nestorius de se rétracter; il refusa. Alors ils le déclarèrent déchu du sacerdoce, le déposèrent et lé condamnèrent à quitter la Capitale et à aller en exil à Akhnim,dans la Haute-Égypte (5aïd); et l’on nomma à sa place Maximien (Maksimianos).En même temps on anathématisa. les évêques qui avaient adhéré à ses opinions et tous ses partisans.
Le Livre des Conciles — 3e section
Les choses allèrent ainsi dans l’Église pendant quelque temps, c’est-à. dire jusqu’à l’apparition de la doctrine d’Eutychès (Eutakhi). C’était un prêtre de Constantinople (Qostaninyah) il enseigna que le corps de Notre-Seigneur était subtil et dissemblable du nôtre; et qu’il n’a point été sujet à la souffrance.
Le patriarche Flavien (Eblabianos) l’excommunia. Eutychès s’adressa à l’emThéodose (Téodasios) et se plaignit à lui de l’injustice du patriarche, l’av ait excommunié sans raison. L’empereur ordonna la tenue d’un concile examiner son cas; l’assemblée se réunit à Éphèse (4fésos) Cent trente pontifes y assistèrent, au nombre desquels se trouvait Dioscore (Disqoros) patriarche d’Alexandrie (Aleskanderyah) Flavien (Abolinas!) patriarche de (Eutakhzn’avait pas tant d’importance qu’il fallût convoquer aussi le patriarche de Rome (Romiah), ni le consulter par écrit, et cela à cause de la distance, et non point par manque de considération pour son rang. Le de Constantinople, leur exposa ce qui avait nécessité son excommunication on approuva sa décision, et la peine qu’il avait portée. Eutychès (Eulakhi) s’excusa et demanda pardon; et il déclara qu’il avait émis cette opinion par il confessa sa faute et souscrivit la formule de foi des Pères, de ne s’en écarter jamais, il s’anathématisa lui-même pour le cas où il agirait autrement, et demanda d’être mis en liberté mais ce n’était de sa part qu’hypocrisie et perfidie. Les Pères le reçurent dans leur communion, et le rendirent à son poste. Mais peu après, il recommença ses blasphèmes, anathématisant et maudissant ce concile.
L’on parla aussi dans ce concile de Nestorius (Nastor), des deux natures et des deux personnes Flavien (Abilanios) déclara qu’il croyait que c’était là la vérité. Basilidis évêque de Oualis (Séleucie?), Ibas évêque d’Édesse (Alavis. Ils anathématisèrent les innovateurs; et l’on se sépara.
Sur ces entrefaites, l’Empereur Théodose (Téodosios) mourût sans laisser d’enfant. Il avait une sœur, appelée Pulchérie (Belkharia), mariée à un patricien (batriq) du nom de Marcien (Marqian), qu’elle éleva à l’empire en place de son frère. Marcien avait adhéré à l’enseignement de Nestorius (Nastoris).
Le patriarche de Rome (Romiah), Célestin (Kelestinos), mourut aussi, et eut pour successeur Léon (Léoun) Plusieurs de ceux qui avaient été excommuniés allèrent trouver Léon et lui adressèrent des plaintes sur la situation qu’on leur avait faite, et les injustices qu’on leur avait infligées. Ils accuconvoqué un synode « sans te réserver une place, [disaient-ils], sans te demander de venir, sans te consulter sur ce qu’il convenait de faire et d’avoir excommunié le patriarche de Constantinople (Qostantinyah) et eux-mêmes, et cela de sa seule autorité tandis que c’est toi le Père suprême, patriarche actions de ton vivant! » Ces paroles l’irritèrent fort et le remplirent d’une Hmais il dissimula son ressentiment, et adressa avec ceux qui étaient venus.
auprès de lui, une lettre à l’empereur Marcien (Margian), dans laquelle il maintenait la doctrine des deux natures, et faisait entendre qu’il désapprouvait la conduite de Dioscore (Disqoros). De plus il conseilla la convocation d’un nouveau concile, où l’on examinerait le cas des prélats excommuniés.
A la réception de cette lettre, Marcien ()larqian) vit venir auprès de lui une foule d’excommuniés, qui lui parlèrent de Nestorius (Nastor) et demandèrent son rappel de1’exil, un nouvel examen de son cas, et un peu d’indulgence pour son opinion (:’).Marcien dépêcha un exprès à Akhmim’, pour le rechercher et le ramener. Mais cet envoyé le trouva malade; et cependant il demeura longtemps auprès de lui, attendant une amélioration pour l’amener devant l’empereur. La mort le surprit, dans ces conjonctures, et Dieu ne leur permit pas d’arriver à leurs fins. Alors ils prièrent l’Empereur de convoquer un concile, où se réunirait un plus grand nombre de Pères qu’il n’y en avait eu au concile des Trois cent dix-huit; car l’on vantait et l’on exaltait ’trop ce concile, parce qu’il ne s’en était pas tenu d’autre plus important. Il accéda à leur désir, et leur promit de tenir une réunion où il y aurait deux fois trois cent dix-huit il convoqua donc six cent trente-six évêques à Cond’Alexandrie (Aleskanderyah), Anatolius (Analmolos)patriarche de Constantid’y venir assister; mais comme il ne le pouvait, il s’en excusa; et il écrivit une lettre qu’il appela Tomus(Tomos),contenant sa profession de foi au Christ 1.L’Histoire de Dioscore,p. 126,suppose aussi que le concilese réunit d’abord à Constantinople;cette erreur semblecaractériser latradition égyptienne.
qu’il déclare être Homme et Dieu en deux natures distinctes, après l’union, attribuant à chacune d’elles les actes qui lui conviennent. Il fit porter cette lettre par deux de ses prêtres.
Les évêques excommuniés travaillèrent à faire revivre l’opinion de Nestorius (Nastoriôs) ils n’y purent réussir, car le concile-avait lieu la première année du règne de Marcien (Marqian), et un grand nombre des évêques qui avaient condamné Nestorius (Nastorios) y assistaient; c’était en 193 de DioDioscore (D?-[) ouvrit les débats par ces paroles « JJee vvoouuddrraaiiss ssaavvooiirr la cause de ia convocation de ce concile, que n’égale aucun autre concile tenu jusqu’à ce jour manque-t-il quelque chose à la foi pour qu’il soit nécessaire d’appeler tant de monde? On apporta la lettre (’lowos = tomus) de Léon (LMM),et l’on en fit la lecture au milieu de l’assemblée [ily était affirn1é que le Christ était] Dieu et homme, en deux natures distinctes, après l’union: et il attribuait à chacune ce qui lui convenait, c’est-à-dire à la nature divine ce qui convient à la divinité, et à la nature humaine ce qui convient à l’humanité. Ensuite l’Empereur dit « Voilà la lettre et la croyance de Léon (Léoun), qui est le premier Père parmi vous. » A quoi Dioscore .
dès qu’il désobéit à Dieu, il tomba et devint un démon. De même si Léon (Léoun) se maintient dans la foi orthodoxe, il demeure grand et honoré; mais s’il en dévie, il tombe comme Satanaël ôtez donc cet écrit du milieu de l’assemblée, ou bien je prononcerai l’anathème contre cette ville et m’en irai! » Quelqu’un riposta du sein de rassemblée « Laissons là ces discours il faut se plier aux circonstances, et ne point s’arrêter ici. » Dioscore (Disq[o] r[o]s) répondit « Dites-moi lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ fut invité aux noces de Cana (Qâna), en Galilée (Galil), le fut-il en tant que Dieu, ou bien en tant qu’homme? » II fut invité comme homme, lui fut-il répondu.
« Et quand il changea l’eau en vin, ajouta-t-il, Ta-t-il fait en tant qu’homme, ou bien en tant que Dieu? » On lui répondit En tant que Dieu. « Ne voyez-vous donc pas, reprit-il, qu’il est un dans sa divinité et son humanité, opérant les miracles, et recevant les souffrances, selon son bon plaisir; et non deux après l’union [des natures]? » Un autre évêque s’écria « Leur1 père 1. Le Père des dissidents, tournure ironique.
Léon (I,couu.) dit qu’il a deux natures, l’une faisant les miracles, l’autre sentant la douleur à Dieu ne plaise que la souffrance lui soit attribué » Dios »e. la divinité avec l’humanité ressemble à celle du feu avec le fer battez le fer; le feu n’en éprouve aucune douleur, mais c’est le fer qui reçoit les vraie! » L’Empereur dit à Dioscore (Disqoos) « Es-tu seul arbitre de notre foi; et faut-il que tu sois seul à parler dans cette assemblée » Une partie des évoques répondirent « Nous sommes du même avis que Dioscore (DUcqorul.s)v. L’empereur irrité se leva, et l’on se sépara ce jour-là.
Après cela, les évêques excommuniés se rendirent chez l’Empereur et lui dirent « Personne, dans cette grande assemblée, ne te désobéira, personne ne songe à te résister, à l’exception du seul Dioscore (Disqor[oÎs) il faut donc le réduire et lui en imposer; autrement il rendrait inutiles toutes les réunions, sans qu’on puisse aboutir à rien. » D’autres donnèrent des conseils différents « S’il plaît à l’Empereur, dirent-ils, il vaut’mieux user à son égard de condescendance et le gagner par de bons procédés. On pourrait, par Pères pris parmi les principaux et les plus anciens membres du synode il leur ferait entendre de bonnes paroles, et leur dirait ses volontés. S’ils se laissent persuader et s’ils se rendent, le but est atteint; dans le cas contraire, l’Empereur ordonnera ce qu’il lui plaira, et nul ne pourra refuser de se soumettre. » Ce conseil agréa à l’Empereur; et il fit amener Dioscore (Disqor[o]s) patriarche d’Alexandrie (Aleskanderyah), Anatolius (Anadolios)patriarche de évêque d’Éphèse (Efsos) et trois autres des principaux évêques. Il ordonna de placer huit sièges, dans le palais, devant le trône impérial et celui de l’impératrice Pulchérie (B[ou]lkharyah) qui vint s’y asseoir séparée d’eux par un rideau, de façon à entendre leurs discours.
Un des patriarches présents, partisan de l’Empereur, se leva et dit « L’Empereur vous aime et ne.désire que vos prières ne lui désobéissez donc point et ne l’irritez point. » À ces mots, Dioscore (Disqor[o]s)répondit « Nous aussi portons à l’Empereur une affection plus vive encore, et lui souhaitons toujours le bien, le bonheur et une longue vie; et nous prions pour qu’il n’ait à répondre d’aucune faute.devant le tribunal divin, et aucune condamnation à entendre au jour des comptes suprêmes. Dieu lui a donné des honneurs et du travail dans le gouvernement de l’empire ces soins lui suffisent, qu’il ne se charge pas d’autres soucis. » On parla de la croyance à plusieurs reprises; il leur dit « L’Empereur ne doit point faire cas des paroles de Léon (Léoun) la formule des Pères est orthodoxe’, et n’a besoin d’aucune addition. » L’entretien dura longtemps, sans que Dioscore (Disqor[o]s) consentît à rien rétracter, ni à admettre aucune addition, ou suppression dans le symbole. L’impératrice, prise d’un mouvement de colère, s’écria « II y avait au temps de ma mère Eudoxie (Eud[o]xiah) un homme emporté et superbe comme toi, je veux parler du vertueux père Jean (Youhanna) à la langue d’or mal lui prit de lui désobéir! Je vois que tu subiras un sort semblable au sien. » Dioscore (Disqor[o]s) lui répondit « Vous savez ce que N.-S. Jésus-Christ fit à votre mère en punition de la haine qu’elle eut pour cet homme vertueux et saint, et de l’injustice qu’elle fit peser sur lui.
Le Seigneur la frappa d’un mal cruel à l’endroit que vous savez et elle ne put recevoir de soulagement d’aucun remède, de sorte qu’elle fut obligée d’aller à son tombeau, d’y pleurer, d’implorer le pardon, et d’apporter son corps à cette capitale au milieu des plus grands honneurs et d’abondantes larmes alors seulement le Seigneur lui rendit la santé. Me voici, à mon tour, entre vos mains faites ce qu’il vous plaira; vous y gagnerez autant que votre mère. » Ce discours, et surtout ce qu’il rapporta sur sa mère, irrita la reine. Elle sortit la main par-dessous le rideau et le souffleta si violemment qu’elle lui fit tomber deux dents. Puis quelqu’un se précipita sur lui et lui arracha une grande partie de la barbe; et on lui infligea les plus graves injures. Il prit les touffes arrachées de sa barbe et les envoya, ainsi que les deux dents, à Alexandrie (Aleskanderyah) et il écrivit au peuple de cette ville ces mots « Voici le fruit de la peine que je mesuis donnée pour la foi gardez-le! »
L’Empereur demeura irrité tout ce jour-là contre Dioscore (Disqoros)à cause des paroles qu’il avait adressées à la reine. Il donna l’ordre aux évêques de quitter Constantinople (Qostantinyah) et de se rendre à Chalcédoine (Khalq[i]donyah) pour y tenir le concile. Puis il fit rédiger une nouvelle formule de la foi, reproduisant celle des trois cent dix-huit Pères avec la mention d’une seule personne, et empruntant à Nestorius (Nastor) la croyance à un Dieu-Homme en deux natures et en deux volontés ainsi qu’il était dit dans la lettre de Léon (Léoun), et conformément à ce qu’il admettait lui-même.
Les Pères. se réunirent dans l’église de Sainte-Euphémie (Agia Euphémiah); le roi fit lire à l’assemblée l’écrit qu’il avait composé et le symbole qu’il avait inventé et il ordonna que ceux qui les accepteraient avec soumission et y adhéreraient, seraient maintenus à leur poste, et comblés d’égards; et que, au contraire, ceux qui les repousseraient, seraient déposés et remplacés par d’autres. Quand tous les évêques furent réunis et que chacun occupa son siège, Dioscore {Disqor[o]s)entra, et jeta les yeux de droite et de gauche il vit les évêques excommuniés assis au sein de l’assemblée « Qui donc, s’écria-t-il, a permis à ces excommuniés de prendre place dans une pareille réunion? » Aucune réponse ne se fit entendre. Il reprit « 0 Juvénal (Anba • Jounalias) n’avez-vous pas souscrit avec moi l’anathème porté contre ces gens? Et vous un tel. » et il apostrophait chacun des évêques qui avaient assisté avec lui au concile, et souscrit à l’anathème. On lui répondit que l’Emainsi « Si ce concile, dit-il, s’est réuni par la volonté de Jésus-Christ, je consens à y siéger et à parler; mais s’il s’est assemblé par la volonté de l’Empereur, que l’Empereur le gouverne à son gré, et qu’il dirige son concile! » Et il sortit et se retira. Puis il envoya quelques-uns de ses disciples pour voir ce qui se passait et lui en rendre compte.
On commença par donner lecture de la nouvelle profession de foi et cela fut suivi d’un échange d’idées d’aucuns refusèrent d’accepter la nouvelle formule; on les menaça de l’exil et de la déposition. Et après de longues délibérations, on décida de souscrire la formule en question, et d’accepter tout ce qui plaisait à l’Empereur; et de fait la plupart apposèrent leurs signatures, et il n’y eut à s’en abstenir que quelques prélats. Quand la nouvelle en fut apportée à Dioscore (Disqor[o)s), il s’attrista grandement et se sentit envahi d’une vive anxiété pour tout ce qui s’était fait dans ce conciliabule, pour l’innovation introduite dans la croyance, pour la conduite des évéques qui, audacieux contre le roi du ciel, se montraient si timides avec un roi terrestre!
Alors il envoya dire aux Pères du concile que, puisqu’ils avaient tous jugé opportun de signer, et de faire le bon plaisir de l’Empereur, il ne s’estimait point au-dessus d’eux et ne voulait point être d’un avis contraire aussi les priait-il qu’ils voulussent bien lui envoyer la formule pour y apposer sa signature à côté des leurs, afin qu’il ne restât entre eux aucun dissentiment Cette réponse leur causa une grande joie et leur plut beaucoup et immédiatement ils lui adressèrent l’écrit en question. Dès qu’il l’eut en mains, il le souscrivit, et anathématisa le concile, tous ceux qui avaient ajouté de nou,velles expressions à l’ancien symbole et changé par là la doctrine des anciens Pères, ceux qui les avaient aidés et ceux qui avaient adhéré à leur sentiment.
Cela fait, il le leur rendit avec l’anathème qu’il y avait’ mis. Ce fut un coup terrible l’assemblée en fut agitée, et les Pères se divisèrent. Les uns, prenant tude, n’a lutté pour la foi, à l’exception de cet homme seul. Les autres manifestèrent leur opposition, et s’efforçaient de grossir son audace. Alors Nicétas (oA’?) chef des Patriciens, dit à ses collègues « Si mon Seigneur l’Empereur me le commandait, je ramènerais toute cette multitude au culte des idoles par le prestige de cette baguette qui est en ma main, sans m’en servir De Chalcédoine (Khalqidonyah) on envoya à l’Empereur quelques évêques avec un exposé de tout ce qui s’était passé. Au reçu de ces nouvelles, l’Em1. Renaudot lit Victor.
pereur entra en colère; et il s’écria De quel genre de mort dois-je faire fo ` l. 18v. périr cet homme? Les uns répondirent qu’il fallait le livrer au glaive; d’autres, qu’il fallait le faire mettre en croix; d’autres enfin, qu’il fallait le brûler. Les évêques députés dirent « De pareils débordements ne se sont point vus dans d’autres conciles; et aucun empereur n’a eu recours à de pareils supplices on exilait les gens d’opposition on les déposait, et on nommait d’autres à leurs places. » L’Empereur alors donna des ordres dans ce sens, et il fit enOn exila aussi avec lui Anba Macaire (Maqqarah) évêque de Tkoou (Adkoua).
Quatre autres évêques orientaux prirent en même temps la fuite. Ainsi donc ceux qui acceptèrent la foi de Chalcédoine (Khalqidonyah) restèrent au nombre de six cent trente, et promulguèrent que le Christ NotreSeigneur est Dieu et Homme en deux natures distinctes et pour en expliquer l’union, ils ajoutent « en une seule personne », faisant cette addition de bouche sans y croire car Nestorius (Nastoris), interrogé, lorsqu’il se rendait au concile’, par un de ses amis sur la formule qu’on devait admettre, répondit Nous croyons au Père, au Fils, au Saint-Esprit et au Christ; et les 1.Nestorius n’a point été convoquéà Chalcédoine.
Pères de Chalcédoine (Khalqidonyah) émirent leur profession de foi ainsi Nous croyons au Père, au Fils, au Saint-Esprit, et à l’Humanité du Seigneur. Nestorius (al-Nastor) dit que Dieu en s’incarnant habita dans l’homme, et en fit un avec lui-même; et le concile de Chalcédoine (Khalqidonyah) ensei’r°.• o-na que le Verbe prit un corps, habita dans ce corps pris à un être humain, et lui communiqua âme, [vie et raison]1. Nestorius dit Jésus, après s’être incarné, n’a point laissé absorber son corps par la nature divine; mais il habita dans un homme. JIajoute qu’il ne s’est point séparé de ce qu’il habitait, et que, pour cela, il l’a revêtu d’honneur et de la gloire qui ne l’a point quitté.
11dit enfin Je distingue les deux natures et j’adore celui qui ne s’est point séparé du corps. Et le concile de Chalcédoine, à son tour, déclare qu’il.
a conservé l’une et l’autre nature, car la forme divine ne s’est point abaissée jusqu’à celle de l’esclave. 11dit aussi que le Verbe accomplit les actions qui lui conviennent, et le corps de même; que l’un opère les miracles, et l’autre souffre les douleurs. Quelle différence donc y a-t-il entre la doctrine expressions n’atteint point le sens, qui demeure absolument identique. La seule différence consiste en ce que Nestorius (Nastor) avait dit qu’il croyait à deux personnes, en deux natures, deux volontés, deux opérations; et il a rédigé sa profession de foi en conséquence, sans rien taire, sans rien dissimuler de ses blasphèmes, et que le concile de Chalcédoine après lui, a dit « une seule personne », sans faire mention de l’unité de personne dans sa formule; car il admit qu’il était Dieu parfait, et homme parfait, en deux natures distinctes après l’union; et il a ajouté les deux volontés et les deux opérations. D’après les Pères de ce concile, le Dieu fait les miracles, tandis que l’homme reçoit les souffrances; le Dieu est créateur, et fo l’homme est créé. Ainsi c’est croire en deux, et non en un seul car un être ne peut avoir une nature, une volonté et une opération, sans avoir l’unité de personne. Ils ont fait semblant d’admettre l’unité de personne, pour échapper aux anathèmes fulminés auparavant, dans le concile d’Éphèse (Efsos), contre Nestorius (Nastor) et ses partisans; et ils ont cru réussir par ces subterfuges.
Mais Dieu sait leur innocence ou leur culpabilité, et s’ils sont ou non sables des dissensions doctrinales et de la division de l’Église à lui appar184 SÉVÈRE IBN-AL-MOQAFFA’.
tient l’autorité et le jugement, et lui seul fait ce qu’il lui plaît gloire lui soit rendue au siècle des siècles. Amen. DOCTRINEDES ANCIENSP:HESQUI ONT GOUVERNÉL’ÉGLISE AVANTLASCISSION DANSLAFOI, ET ABRÉGÉDES ÉVÉNEMENTSQUI A LA SUITEDES DISSENTIMENTSSURVENUS.
en N.-S. Jésus-Christ, qui, descendant de « Vous aussi, soyez accomplis loi. 20rM°.arie reçut le baptême de la main de Jean, et fut crucifié pour nous sous Ponce Pilate (Bilatos el-Bonti)’. » Et dans sa lettre au peuple d Antioche (Antakiah) il dit « Celui qui confesse le Christ et ne croit pas qu’il est le Fils du Dieu créateur du monde, et qui dit qu’il y a un autre Fils, gnant ainsi des prédictions des prophètes et de la prédication des Apôtres, celui-là est le temple du démon (Ibdis) ».
Et Athanase (Athaoasios) patriarche d’Alexandrie (Aleskandéryah) dit « Celui qui est né du Père dans les cieux. par génération éternelle et incompréhensible, est le même que celui qui naquit de la Vierge et quiconque adore la divinité du Christ à l’exclusion de son humanité, ou son humanité sans sa divinité, ou adore deux choses distinctes, soit diversement, soit également, celui-là ne saurait être agréable à N.-S. Jésus-Christ, ni être compté au nombre des fidèles car le croyant ne doit point partager le Christ en deux parties, après la réalisation de l’union indissoluble, pour adorer l’une à l’exclusion de l’autre cela n’est point licite et Dieu ne saurait agréer le culte de celui qui adore la divinité du Christ, abstraction faite de son humanité, parce qu’il est un par sa divinité et son humanité, et non point deux pour qu’il puisse adorer l’un sans l’autre. Que s’il honore également les deux [mais en les distinguant], il rend alors le même culte à deux Seigneurs ou bien il devra les honorer inégalement, ou encore honorer le Seigneur et la créature. Or quoi qu’il fasse de tout cela, il devient étranger au Christianisme »
Le même Père dit encore « Le Verbe est devenu chair; or cette chair v°. kest le Verbe; ce n’est point un homme quelconque, mais Dieu véritablement devenu homme. La douleur est attribuée au Verbe à cause de son union avec l’humanité]; mais le Verbe ne peut être changé, ni altéré. Il a souffert volontairement dans sa chair, lui qui n’est point sujet à la souffrance ».
Il dit ailleurs Cet enfant, qui est le Dieu très-haut, fut sujet à la douleur, et opéra les miracles. Il n’est pas de prodige, écrit-il encore, semblable à celui que fit Dieu en unissant son essence divine, qu’aucune intelligence ne peut atteindre, à la substance de son corps mortel l’Être supérieur par essence à toute douleur s’est uni au corps susceptible de souffrance, pour se charger de nos soufEt Cyrille (Kyrillos) patriarche d’Alexandrie {Aleskandéryah) dit « Nous nous faire une idée de l’union de la Divinité avec l’humanité, par l’union du feu avec le fer ce sont deux natures distinctes;. mais par leur union elles deviennent une seule nature non que la nature du feu se change en celle du fer, ni que la nature du fer se change en celle du feu le feu s’est incarné dans le fer c’est du feu, et c’est du fer. Battez le fer avec le marteau le feu est frappé, et le fer reçoit les coups; le fer souffre, mais le feu n’en ressent rien. »
Et ailleurs « Celui, dit-il, qui divise les paroles de l’Évangile et distingue les paroles et les actions de Notre-Seigneur, attribuant les unes à la Divinité, les autres à l’Humanité, après l’union [des natures], qu’il soit Et encore « Celui, écrit-il, qui ne croit pas que le Verbe de Dieu s’est uni à la chair, en une seule et unique personne; et qu’il forme avec son humanité un seul Christ, un seul Dieu fait homme, qu’il soit anathème. »
11écrivit encore dans sa lettre à Succensus {Sarlisin?) évêque de Diocésarée (Qisaryah) d’isaurie (Hisauria) ce qui suit « Nous devons prendre un exemple de notre propre nature humaine. Or, nous sommes composés d’une âme et d’un corps différents avant leur union, qui, par l’union, deviennent un seul homme, en.une seule nature l’âme n’a point été changée, au moment de son union du corps, jet elle n’est point devenue chair; de même que le corps n’est point devenu âme; mais de l’âme et du corps il résulta un seul homme, une seule nature »
Et voici ce que dit Alexandre (Alexandros) patriarche de Rome (Romiah) « La main qui créa Adam est la même qui fut clouée sur la croix; la bouche qui insuffla à Adam le souffle de vie, est la même qui but le vinaigre; et le fut fixé à la croix avec les clous, est le même qui a établi les fondements de la terre. y> Et Jules (Youlios) patriarche de Rome (Romiah), dans sa cinquième lettre, au sujet de l’union de la divinité du Christ avec son humanité, s’exprime ainsi « Si on l’appelle [homme], nul ne nie sa divinité, qui est unie à son humanité; et si on l’appelle homme, en considération du corps qu’il s’est uni, nul ne nie sa souveraineté; et il ne peut être partagé en deux natures, après l’union loi.-21v« .aaccomplie; de même que l’homme qui est formé de deux éléments, parfaits chacun en lui-même, c’est-à-dire du corps et de l’âme aux natures différentes, n’est plus après l’union qu’une seule nature, et est désigné par un seul nom appelez-le corporel, l’âme n’est point supprimée pour cela; appelez-le spirituel, le corps n’est point exclu1. »
Jean (Youhanna) à la langue d’or, patriarche de Constantinople, dit dans son discours sur la Nativité2 « La Vierge reçut le soleil de justice, que rien ne peut contenir et que les intelligences ne peuvent comprendre; et il se manifesta d’elle pour le salut. »
Il dit encore « Le Fils éternel est né et est devenu homme avec les mortels, sans se séparer toutefois de sa divinité. » Et encore « L’invisible, l’ineffable, dont la lumière est inaccessible, fut puni et crucifié et il souffrit pour le monde. Le riche pour nous s’est fait pauvre,afin, ajoute-t-il, qu’il soit manifesté à tous que le Christ est le Seigneur de toute la création. »
sermon sur la Nativité, dit « Le Fils est dans le sein de son Père et dans celui de la Vierge Marie. Celui que les anges adorent est dans les bras de la Vierge. Celui sur qui les Séraphins ne peuvent fixer leurs regards, se tient debout devant Pilate (Bilatos). L’esclave a. souffleté son créateur; et toute la nature [tressaillit]. Celui qui est porté sur le trône, et qui porte tout fut élevé sur la croix. »
Et Grégoire (Grigorios) le Théologien déclare « Quiconque dit que le Fils du Dieu éternel ne s’est pas lui-même incarné de la Vierge, comme il estt ».
écrit, qu’il soit anathème » Il dit encore « Le ciel exulte et la terre se réjouit parce que le Céleste s’est fait terrestre. » .Et encore « J’admire, dit-il, ces hommes qui font un partage des actions du Christ Notre-Seig’ncur, attribuant les unes a la divinité, les autres à l’humanité ces hérétiques y voient deux [personnes], la divine et l’humaine. »
Le Livre des Conciles — 4e section
Ailleurs il dit « Quiconque n’adore pas le Crucifié, qu’il soit anathème, et qu’il soit compté au nombre de ceux qui l’ont crucifié. » Et encore il écrit « Celui qui dit que Marie (111a.yocnt)n’a pas engendré un Dieu, est étranger à »
Le même Père dit « Quiconque dit, que c’est un homme qui naquit, et que le Fils de Dieu y vint habiter, qu’il soit anathème » Et « Quiconque y reconnait deux, l’un engendré par le Père, l’autre né de la Vierge, qu’il soit Et Grégoire f.G’igurins)le Thaumaturge s’exprime ainsi « Nous ne séparons point la divinité de’’humanité, qui sont une seule et même chose; nous anathématisons ceux qui adorent le Verbe de Dieu sans son humanité’ »
Et dans son sermon sur la Nativi té2: « Véritablement le Dieu incorporel, dit-il, est apparu dans la chair avec sa divinité, non point en deux personnes (irpoTTx), ni en deux natures: et nous n’adorons pas quatre, à savoir, le Père, le Fils. l’Esprit-Saint et l’Humanité c’est pourquoi nous anathématisons ceux qui disent deux personnes, ou deux natures la divine et l’humaine, ] Et dans le VIIe anathème qu’il fulmine, il écrit « Quiconque dit qu’autre est celui qui est sujet à la souffrance, et autre celui qui en est exempt, ne croyant pas et ne confessant pas que le Verbe-Dieu, qui n’est point accessible à la douleur, a souffert dans la chair, ainsi qu’il est écrit, qu’il soit anaEt Basile (Basilios) s’exprime ainsi « Nous sommes devenus étrangers à Dieu par le péché; mais il nous a délivrés des amertumes de l’esclavage par le sang de son Fils unique, et il nous a rappelés à la liberté. »
Voilà quelques brèves citations qui résument l’enseignement des anciens Pères. Lors donc que les Chalcédoniens allèrent contre les prédictions où les Prophètes disent de N.-S. Jésus-Christ qu’il est un Dieu fait homme; contre l’enseignement de nos Pères les Apôtres qui disent qu’il est un Dieu fait homme; contre la doctrine des trois cent dix-huit Pères de Nicée (Niqia/i), qui disent qu’il est un Dieu fait homme, et contre celle des Anciens Pères qui enseignent qu’il est un Dieu fait homme; lorsqu’ils acceptèrent pour eux-mêmes les anathèmes portes en tant d’endroits contre ceux qui pensent autrement, et qu’ils le firent Dieu et homme, créateur et créature, Seigneur et serviteur, en deux natures distinctes après l’union, au lieu d’un seul; lorsque, librement, ils changèrent l’antique symbole, sans être retenus par 1-. les anathèmes des Pères anciens que nous avons cités et de ceux que nous avons omis pour éviter les longueurs; lorsqu’ils sacrifièrent tout à la vaine gloire de ce monde, et qu’ils se séparèrent, emportant des copies de l’écrit où ils avaient souscrit leur adhésion à la formule nouvelle alors la sainte Eglise sentit une violente seconsse, et toute la terre fut agitée en apprenant ces innovations doctrinales, et le nouveau symbole rédigée à Chalcédoine [Khalqldunyah). Beaucoup refusèrent de l’accepter; et des foules furent livrées à la mort à travers les pays soumis à l’empereur Marcien (Marqian). Le sang coula à ilols; les biens furent pillés; les habitations furent détruites; les enfants devinrent orphelins et les femmes furent condamnées au veuvage en un mot les fidèles dé ces temps traversèrent une crise, qui n’avait, eu de semblable qu à Tapogée du paganisme. Puis les jours de Marcien {Marqian) déclinèrent, et il mourut après un règne de six ans.
Son successeur Léon (Léazcn)le Grand partageait la même foi. Il resta sur le trône seize ans et mourut. Son fils Zénon (%einoicn)°’ lui succéda c’était un homme orthodoxe, attaché à la foi des Apôtres et à celle du Concile des trois cent dix-huit.
JI donna ordre de,jeter au feu tout ce qui avait été fait à Chalcédoine été promulguée. Il rétablit le symbole des trois cent dix-huit Pères, et f f ol. 23v.
envoya des ordres dans ce sens à toutes les provinces 3.. L’innovation doctrinale, faite par les évêques du Concile de Chalcédoine (Khalqidonyah), avait leur fut une grande consolation et la délivrance des maux qui les avaient accablés. L’Église recouvra la paix, et la tranquillité s’étendit à toute la terre et un bon nombre des évêques qui s’étaient trouvés à Chalcédoine ikhaiffùhmyah) vinrent se disculper et dirent « Nous n’avons donné notre consentement et n’avons souscrit que par la force de la nécessité et sous la pression de la crainte et les menaces de mort. Dieu est témoin que nos cœurs ne se sont point soumis notre foi resta orthodoxe, pure de tout blasphème. »
A ce moment l’empereur mourut après un règne de dix-sept années. Son fils Léon [Lémin) le Jeune lui succéda lui aussi était du côté de l’orthodoxie mais il ne resta sur le trône qu’une seule année.
Son successeur Anastase {b’esiasws) était pareillement orthodoxe. Sous son règne Sévère (Souiros) devint patriarche d’Aiitioche (Antakiah). La paix s’étendit partout; la saine doctrine spirituelle s’affermit, et l’Eglise sainte r. jjiouit de la tranquillité et de l’ordre et vit la réalisation de ses fins car la grâce et la prospérité remplirent ce règne, jusqu’à la mort d’Anastase (JSastasins), qui fut le dernier des empereurs orthodoxes à Constantinople (Qostantini/ah) il Hait resté sur le trône vingt-neuf années. Et ainsi le pouvoir demeura durant une période de quarante- sept ans aux mains des empereurs Après Anastase, Justin [\astian)- fut placé à la tète de l’empire c’était un hérétique, et il admettait l’enseignement de Chalcédoine (Khalqidonyah) Les chefs du parti chalcédomen accoururent auprès de lui, et le prièrent de protéger leur doctrine et de les appuyer. Cette démarche lui causa une grande joie il exauça leur demande, qui répondait bien à ses vues personnelles. Il demanda donc à Anthime (:Tatlzimiia)patriarche de Constantinople vigueur les canons qui y furent élaborés et, en même temps, de supprimer le symbole des trois cent dix-huit et leurs décrets, Tl lui enjoignit pareillement de ne sacrer aucun évêque sur le siège de n’importe quelle ville ou localité, que sous la condition qu’il souscrirait et accepterait le Concile de Chalcédoine sance, d’être déposé et remplacé par un autre. Il ordonna également de ne point souffrir sur le trône, après la mort de l’emperenr, que celui qui serait partisan de cette doctrine et remplirait cette condition; et de considérer ce statut comme une loi immuable dans l’Église. Le Patriarche Anthime reftisa d’accepter ces prescriptions l’empereur le pria de ne lui JI f . ol. 2’i v\point faire d’opposition, promettant de le combler de bienfaits et d’honneurs.
Il resta inflexible, malgré toutes ces promesses, et ne voulut consentir à quoi que ce fût. Alors l’empereur le condamna à l’exil, et nomma à sa place Menna Patriarche promit d’observer toutes ses volontés et de remplir les conditions qu’il lui avait signifiées par rapport à la nomination des évêques et des L’empereur fit, par une lettre, les mêmes promesses à Anba Théodose (Téodosios) patriarche d’Alexandrie (Aleskandéryah), qui se montra intransigeant et refusa de faire la moindre concession, et d’admettre aucune modification dans la formule de la croyance il l’envoya lui aussi en exil et lui donna pour successeur Agape (Ayabios). Ensuite il fit mander Sévère (Saouiros) patriarche d’Antioche (Antakiah) mais celui-ci s’enfuit en Egypte, et mourut dans la ville de Sakha1. On le remplaça immédiatement par Paul (Boulos).
A la suite de ces événements Justin (Nastian) mourut, après un règne de neuf ans. Alors le peuple d’Alexandrie (Aleskandéryah) se souleva contre Agape (Ayabios), que Justin (Anastian) avait placé sur le siège patriarcal; ils le chassèrent de la ville, et ramenèrent Théodose (Téodosios) qu’ils rétablirent dans son ancienne dignité.
A ce moment Justinien (Ioustianos) monta sur le trône d’après les conditions que nous avons dites plus haut, et y resta trente-neuf années’. La première année de son règne, il manda à Constantinople (Qostantinyah) le patriarche sauf-conduit perfide pour lui persuader de venir. Il lui enjoignit ensuite d’abjurer sa croyance et d’adhérer à celle du Concile de Chalcédoine donyah), lui promettant toute sorte de bien s’il consentait à le faire. Il refusa avec fermeté, après lui avoir dit ses raisons, qui ne furent point écoutées. Sa mort fut résolue; mais l’impératrice Théodora (Téono.siccs)e fit accorder sa grâce et le laissa aller. L’empereur nomma patriarche à sa place Paul (Boulos) et l’envoya à Alexandrie (ALesIcanclérya,la) il n’y fut point reçu.
Sur ces entrefaites, le patriarche Théodose (Téodosios) mourut en exil; puis Paul (Boulos) le suivit de près. L’empereur ordonna la nomination d’un nouveau titulaire de ce siège Zoïle (ZoiL(o).s)fut désigné et envoyé immévoulut le mettre à mort. Il s’enfuit, retourna à et informa l’empereur de ce qui lui était arrivé. Furieux, celui-ci renouvela contre les fidèles les persécutions d’autrefois, et déchaîna contre eux une tempête de maux indescriptibles.
Qu’ou nous permette ici de relater quelque chose de ce qui se passa après la scission doctrinale de Chalcédoine {Khalqidonijali) et jusqu’au temps de Lorsque Juvénal {Younalios), évêque de Jérusalem (Ourachlim), y fut de retour, les notables de la ville vinrent le complimenter sur son heureuse arrivée.
Ensuite ils le questionnèrent sur le Concile [auquel il venait d’assister] et sur ce qui avait été arrêté touchant la foi, à Chalcédoine {Khal(tidomjah). Il leur l’on avait conservé la formule orthodoxe. On lui dit « Nous 11fol. • »:• .yi,aété exilé qu’est-ce qui a motivé cette peine? » Et l’évoque de répondre « Parce qu’il a désobéi à l’empereur. » Ils le prièrent alors de leur donner connaissance de la formule nouvelle arrêtée au Concile. 11sortit la copie de l’écrit dans lequel l’empereur avait rédigé l’exposition de la foi et que les évoques avaient signé et accepté comme contenant la véritable croyance. Dès connaissance de l’écrit ils lui dirent « Mais, Père, vous avez altéré et changé le symbole! Du reste, aussitôt que nous avons appris quAnba tion. » Puis ils se mirent à crier, et ils déclarèrent, au milieu d’un grand tumulte « Nous repoussons ce symbole et nous refusons de vous recevoir, vous aussi, si telle est votre foi! » L’agitation trouva un puissant appui chez Paul (Boulos) préfet de la ville. Ces manifestations irritèrent Juvénal (Younalios), qui retourna sur le cbamp vers l’empereur et le mit au courant de la situation. L’empereur lui donna des troupes pour l’accompagner, et leur commanda de lui prêter main-forte et d’être à ses ordres pour tout ce qu’il voudrait. De retour à Jérusalem (Ou,raclclim), il fit d’abord arrêter le préfet de la ville, Paul (Botclos), qui avait soutenu le peuple contre lui, et lui fit subir des tortures cruelles comme celles des martyrs. C’était au jour d’une grande fête de la Vierge toute pure, la mère de Dieu une grande multitude d’hommes, de femmes et d’enfants se trouvait réunie dans l’église. Un saint prêtre appelé Silas, homme pieux et honoré d’une grâce spéciale du Seigneur, se leva et . ’ I fo f l. 26r dit à l’assemblée présente « Ce jour est un grand jour; je crains que cet évêque, après en avoir fini avec le préfet qu’il torture, ne se tourne contre nous et ne nous perde tous, pour ce que nous lui avons dit naguère. Je suis d’avis qu’il faut célébrer la messe, et recevoir les divins mystères si la mort vient ensuite, nous aurons en nous un secours surnaturel et la rémission de nos péchés. » La foule répondit « Toutes tes paroles sont justes qu’il te plaise donc d’offrir le sacrifice. Mais fais cela en toute hâte, car le prélat homicide n’est pas éloigné. » Silas, en sa qualité d’archiprêtre, offrit le sacrifice, aidé de Sousannah l’archidiacre; et une grande partie des assistants communièrent. Dès que l’évêque Juvénal (Younalios) sut que la messe était terminée, il ordonna de mettre à mort le prêtre Silas et le diacre Sousannah car c’est ce diacre qui avait disputé avec lui et refusé de le recevoir lors de son premier retour. Les prêtres et le peuple s’attristèrent fort de cette double exécution, et ils dirent à l’cwêque « De telles actions ne plaisent ni à Dieu ni aux hommes! » Il donna l’ordre de les faire périr tous. Et lorsque les femmes vinrent prendre les cadavres de leurs époux, de leurs enfants ou de leurs frères pour les ensevelir, il commanda aux soldats -de se saisir des femmes et de dormir avec elles dans l’église même. Une immense tristesse et une honte s . a i ns pareille planèrent ce jour-là sur la cité sainte, à cause des forfaits perpétrés par ordre de l’évêque Juvénal (Fo), sans parler de ce qui se fit fets c’était bien pis encore.
la formule de Ainsi, à Alexandrie (.4lesa.ndényah.), l’envoyé qui y apportait la nouvelle croyance, devait, de par l’or dre de l’empereur Marcien (m?), désigner pour le siège patriarcal de cette ville un des prêtres qui accepterait la formule en question et la souscrirait.
Or, sur ces entrefaites Dioscore (Ilisclonos) avait dit à son compagnon d’exil, Macaire (Maqqarah) évêque de Qawa, ou Tkoou (Atkoa) « J’ai vu une couronne réservée pour toi à Alexandrie (Aleskandéryah) il faut t’y rendre pour la recevoir. » Macaire l’interrogea « Comment y arriver? Le Seigneur Jésus, qui te l’a préparée, t’y fera parvenir par sa miséricorde. »En ce temps des négociants débarquèrent dans l’île; ils avaient entendu parler de Dioscore (Disqoros)et ils résolurent d’aller lui demander sa bénédiction. Il les pria de prendre avec eux Anba Macaire (Maqqarah) et de le conduire à Alexandrie (Aleskandéryah) ils acceptèrent avec joie, et le ramenèrent dans cette ville.
Mais il advint que l’arrivée d’Anba Macaire (Maqqarah)à l’église d’Alexandrie (Aleskandéryah)coïncida avec celle du messager impérial chargé d’y apporter le nouveau symbole. Le prêtre Protérius (Abrotarios)se disposait allègrement à le souscrire. Macaire (Maqqarah) lui dit alors « Souviens-toi, ô Protérius (Abrotarios),de ceque t’a dit Dioscore (Disqoros)quand tu lui faisais tes adieux, au moment de notre départ de cette ville pour nous rendre au Concile. Il t’a dit « Un jour viendra où tu t’empareras de mon peuple, de mon siège e v t « de mon église. »Et tu lui répondis alors que tu souhaiterais être anathème, si jamais tu en venais à léser ses droits. »A l’évocation de ce souvenir il posa l’écrit et la plume qu’il tenait à la main. Le messager lui dit « Eh bien! que n’écrivez-vous? »Il répondit « Ce père, que vous voyez, m’a dit une chose qui m’empêche de le faire. Mais ce Père, reprit le messager, ne partagerait-il pas la croyance de l’empereur? Je l’ignore, » répondit-il. Alors le messager s’adressa à Anba Macaire (Maqqa.ra.h.) « Ne croyez-vous pas ce que croit l’empereur? -Non, » répondit-il. L’autre se jeta sur lui à cette réponse et lui donna dans l’aine un coupviolent, dont il mourut sur l’heure. Protérius (Abrota.rios)accepta la formule de foi et souscrivit l’édit impérial et immémême d’Anba Dioscore (Disqoros)en exil.
Le peuple toutefois était loin d’être satisfait, et n’acceptait point le nouveau symbole de bon coeur. A la mort de Marcien (M), la population à mort; et ils élevèrent à sa place Timothée (Timcr.taos),fils d’Anba Dioscore (Disyoros). Ainsi ils restèrent attachés à la foi antique, créant eux-mêmes successivement leurs patriarches durant une période de plus de quatre-vingts siège patriarcal d’Alexandrie (Aleskandéryah) un de ses amis appelé Apollinaire (Bolnarios), et lui donna une escorte armée. Il fut convenu que le nouveau patriarche s’installerait en arrivant au palais du gouverneur militaire, et ferait semblant d’être un Patricien (Batrig) chargé d’administrer la ville; et qu’au jour de la première grande fête, lorsque la population s’assemblerait à l’église, l’escorte du patriarche s’entendrait avec la garnison établie dans la ville, et tous ensemble se partageraient en trois groupes, dont l’un garderait les portes du temple, le second entourerait le patriarche, et le troisième se tiendrait prêt à massacrer quiconque manifesterait de l’opposition à la lecture de l’édit impérial. En arrivant à Alexandrie (Aleskandéryah), Apollinaire (Bolnarios)se comporta comme il avait été convenu avec l’empereur. Puis, un jour, comme tout le peuple se trouvait réuni à l’église sans épées ni bâtons, selon la coutume des jours de fêtes, Apollinaire (Bolnarios) fit son entrée il déboutonna l’ample manteau qu’il portait à la manière des Patriciens, et laissa voir les vêtements patriarcaux qu-’ilportait en dessous. Il tira ensuite lé livre de la croyance de Chalcédoine (Khalqidonyah) et leur en donna lecture. Ils s’écrièrent tous d’une voix « Non, non, nous n’acceptons point cette doctrine! » Le glaive les faucha; l’église se remplit de cadavres, et les soldats eurent du sang jusqu’aux genoux. Ce qui se passa alors dans la ville est sans exemple même au temps du paganisme.
Ainsi les fidèles demeurèrent en tout lieu humiliés, persécutés et soumis Afol. aux pires traitements durant cinquante années environ, c’est-à-dire jusqu’à la conquête musulmane, sous le règne d’Héraclius (Héraqle), le sixième jour en les détachant des Grecs (Roum), et en les soumettant à la domination de Cependant la foi orthodoxe fut conservée par les rois d’Abyssinie (Habaaucun moment, sous le sceptre des Grecs (OM?)e,t dont personne n’a altéré la croyance depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. De même les Coptes (Qobt), doxie. Quant aux Grecs (Roum), quelle que soit leur langue, ils adhérèrent à Afol. Qui donc mérite l’injure et le blâme, des Jacobites (tagt6a<) qui ont souffert avec constance les maux et les persécutions, qui ont versé leur sang pour la défense de leur foi, qui ont vu leurs demeures ruinées et leurs corps 1.Unfeuilletmanqueici dans le Ms. B les auteurs de la paginationn’en ont pas livrés aux tourments pour la conservation de cette même foi; ou de ceux qui, pour la vaine gloire du monde et pour le bon plaisir d’un roi terrestre, ont désobéi au roi du ciel, et se sont fait gloire d’être appelés Melkites (Melkyiri) pour marquer leur dépendance de l’empereur? Dieu seul le sait, lui qui rend à chacun selon ses œuvres.
On pourrait nous objecter ceci au nombre de ces six cent trente Pères, ne se trouvait-il personne instruit de la vraie foi et des prédictions des prophètes, et admettant la doctrine des Apôtres; surtout lorsqu’on sait qu’un certain nombre d’entre eux avaient assisté aux conciles précédents Voici notre réponse Certes, il y en avait qui étaient instruits de ces choses Afol.
et les connaissaient fort bien. Mais. Satan (Chaïtan), cet antique et éternel 61r°. ennemi du genre humain, avait tout mis en œuvre pour perdre les générations passées; et, quand apparut Notre-Seigneur et Dieu Jésus-Christ gloire à lui 1 et que les hommes crurent en lui et sortirent de l’obéissance de Satan en apprenant à connaître Dieu, le démon vit échapper de ses mains tous ses sujets, tous ceux qui étaient enchaînés sous son joug; et la vue de son royaume détruit le porta à travailler avec plus d’acharnement à la perte de ceux qui croient au Christ Notre-Seigneur. Tout d’abord il suscita contre eux les persécutions des rois païens mais il compta sans leur patience à souffrir tous les tourments. Ils s’offrirent donc envictimes pures au Seigneur, Afol. versant leur sang, livrant leurs corps aux tortures les plus variées pour « 1v ». demeurer soumis à leur Seigneur, et conserver leur foi. Et ainsi ils remportèrent la couronne et la récompense de leurs souffrances dans le royaume céleste, dans le paradis de délices, chacun selon son degré de mérite.
Dans la suite quand les empereurs infidèles se convertirent à la foi du Christ Notre-Seigneur, Satan le maudit setourna contre les chefs de l’Église et leur déclara la guerre; car chaque fois qu’il semait une impiété dans le cœur des peuples, des conciles s’assemblaient et faisaient disparaître l’impiété Bfol. et s’évanouir tout ce qui est contraire à la foi orthodoxe. Enfin quand se réunit r°. ce Concile des six cent trente, il sema dans leurs coeurs la peur, la terreur et une crainte démesurée de l’empereur, surtout après ce qui advint à Anba Dioscore (DUsoros)q,uand il eut les dents brisées et la barbe arrachée, quand il fut livré aux mauvais traitements, déposé de sa haute dignité, et exilé dans un pays barbare pour y être encore torturé. Tout cela les porta à condescendre à tous les désirs de l’empereur, persuadés qu’un sort semblable était réservé à toute désobéissance de leur part, et qu’ils s’exposeraient, en agissant autrement, à être traités comme Dioscore (D-isyoros).Ils s’imaginèrent aussi que Dieu connaissait leurs pensées intimes et que, de retour dans leurs diocèses, ils seraient libres de rester dans leur antique croyance, et de s’y soustraire à l’œil des inquisiteurs. De la sorte Satan arriva à ses fins de scission dans la foi, et de division dans l’Église. Il répandit dans lo peuple chrétien la haine, l’inimitié, et cet esprit de vanité qui porte les uns à se glorifier, pour humilier les autres, d’être dans la vraie foi. 11jeta aussi parmi les pasteurs la division et usa de tous les moyens pour arriver à perdre le plus d’âmes possible.
Ici l’on peut nous adresser cette question l’on voit comment les partisans de la doctrine de Ghalcédoine (Khalqidonyah) furent appelés Melkites pour avoir été entraînés par crainte de l’empereur Marcien (Marqian) à accepter sa confession d’où leur nom de Melkites, ou royaux. Mais pourquoi les S fof. 28V\ fidèles orthodoxes, c’est-à-dire ceux qui repoussèrent cette confession, ontils été appelés Jacobites (Ya’aqibat)? Voici la réponse Ce nom n’existait pas au temps dé Marcien (Marqian) on les appelait alors Théodosiens, c’est-à-dire partisans de l’empereur Théodoso (Théodasios), prédécesseur de Marcien (Marqian). Cette appellation fut conservée jusqu’au temps où plusieurs empereurs orthodoxes se succédèrent sur le trône; alors elle tomba de l’usage. Plus tard, à l’avènement de Justinien ( Yoitstinianos),qui déploya tout son pouvoir pour affermir l’enseignement de Chalcédoine (Khalqidonyah), cet empereur écrivit à Théodose (Théodosios)patriarche d’Alexandrie (Aleskandéryah) d’avoir à abolir le symbole des trois cent dix-huit et leurs canons, et à faire observer ceux de Chalcédoine {Khalqidonyah). Le patriarche refusa d’exécuter cet ordre il fut exilé, et un autre patriarche fut nommé à sa place. Ces faits attirèrent le mépris sur ceux qui partageaient la foi du pontifeexilé et onles désigna de nouveau par Théodosiens, ou partisans du patriarche Théodose (’léodosios) et ainsi la même appellation leur fut une seconde fois appliquée par allusion, cette fois, au patriarche Théodose (Téodosios);comme elle l’avait été auparavant par allusion à l’empereur Théodose niccn.as)infligea aux fidèles qui continuaient à rejeter la doctrine de Chalcédoine (hlaa.lqidoayalato)ute sorte dé persécutions et les accabla de toute espèce de maux; et il réduisit par la force tout le monde à son parti. Il ne resta d’orthodoxes fidèles qu’un nombre fort restreint; et ils vivaient sous l’empire de la crainte et de la terreur; et il n’y eut à oser se montrer attaché à la doctrine des deux Théodose, l’Empereur et le patriarche, que ceux qui se trouvaient dans les prisons et les cachots.
Les Pères incarcérés apprirent avec une vive tristesse et une profonde douleur qu’il n’avait persévéré dans l’antique croyance qu’un très petit nombre. Ils demandèrent aux fidèles quivenaient en secret leur rendre visite « Ne pouvez-vous trouver un orthodoxe, honoré du sacerdoce et clairvoyant, afin que nous l’élevions à la dignité épiscopale et que nous lui donnions les pouvoirs nécessaires pour créer des évêques et des prêtres partout où il en serait besoin? Par là les fidèles recevraient du réconfort, du courage et de la consolation, et comprendraient l’immense mérite que leur vaut leur vertueuse patience; car le Seigneur mettra fin à ces jours mauvais, et prendra son peuple en pitié. » On leur amena un prêtre appelé Jacques (F), et surnommé (Baradé’.i); il accepta de se dévouer à Dieu; et s’engagea à remplir l’office proposé. Les Pères lui imposèrent les mains dans la prison même; et l’un d’eux quitta son habit et l’en revêtit, et son sc%en2a’ (esim)et le luiL mit sur la tête. Devenu évêque, il se retira secrètement. Il allait dans les villes; et là où le siège épiscopal était vacant par suite de la mort du titulaire, il convoquait les fidèles à une réunion nocturne ceux-ci lui présentaient l’un d’entre eux et il l’élevait à l’épiscopat. De même faisait-il pour les prêtres et les diacres partout où il allait. Il consolait tout le monde, les encourageait 1. C’était, et c’est encore, en Orient, l’insigne de ceux qui se vouen à la continence.
c’est-à-dire les moines et les évêques. Voir sur ce sujet Michaël Glycas, ép. XXV, et fortifiait les coeurs. Et ainsi il parcourait les villes et les bourgades tantôt en habit d’évêque, tantôt sous un vêtement monacal, parfois sous celui des laïques, ou sous les haillons des pauvres et des mendiants.
Il advint cependant que les Melkites, quand arrivaient dans les cités ou dans les villages des personnes qu’ils n’avaient point connues dans les ordres sacrés, en étaient aussitôt avertis; et ils s’informaient du nom de celui qui les avait promues à l’épiscopat, à la prêtrise, ou au diaconat. On leur réponet ses partisans en même temps, dans les villes et dans les petites localités l’on cessa d’employer, pour les désigner, l’ancien nom de Théodosiens, et l’on Jacques; et cela à partir du règne de Justinien (-c2St2122c1.E7ttOdSep.uis ce temps, ils demeurèrent opprimés et méprisés, supportant tout avec patience loi. 3< »r-.et ec soutenus par le Seigneur, jusqu’à l’arrivée des musulmans. Ce nom cont tinua a leur être appliqué jusqu’à nos jours. Voilà l’origine du nom de Si l’on demande maintenant comment les Jacobites (Ya’aqibat) répondent aux Melkites pour expliquer les textes de la Sainte Écriture où il est question de l’humanité [de N.-S.], et où ceux-ci prétendent trouver un argument évident en faveur de leur doctrine d’un Christ Dieu et homme tout ensemble comme ce passage du saint Evangile où Jésus-Christ dit à ses Disciples « Je monte vers mon Père et le vôtre, vers mon Dieu et votre Dieu » Notre réponse, conforme à l’enseignement de certains Pères, est que ni le Père ni l’Esprit-Saint ne se sont abaissés; mais que le Fils seul s’est humilié volontairement, prit un corps humain, se revêtit de la forme de serviteur pour sauver Adam et sa postérité, se chargea des péchés du monde, se donna pour leur rançon et versa tout son sang pour eux; et que c’est dans cet état d’anéantissement qu’il a dit « Mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. » Comme le fils du roi dirait à ses serviteurs Je vais monter vers mon Seigneur et le vôtre. En donnant à son Père le nom de Seigneur, il ne saurait déchoir du rang de la filiation, ni être astreint au joug de la servitude, car il est leur seigneur en réalité, et son seigneur à lui en vertu de ses abaissements. Et Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit lui-même ces mots « Apprenez de moi que je suis doux et humble2. » Et ailleurs « Je ne suis point venu, dit-il, pour être servi, mais pour servir et pour donner ma vie pour le salut d’un grand nombre’. Et lorsqu’il lava les pieds de ses disciples, il leur dit « Vous m’appelez votre Seigneur et votre maître, et vous avez raison de le faire mais puisque moi, votre seigneur et votre maître, vous ai lavé les pieds, ainsi devez-vous faire les uns pour les autres 2. » Et il ajoute « Je vous ai donné l’exemple afin que vous agissiez de même avec vos amis. »
Le Livre des Conciles — 5e section
C’est donc dans les sentiments de cet abaissement [volontaire] qu’il a dit à ses disciples « mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. » En l’appelant leur Père, il ne signifie point qu’il le soit réellement, mais par sa condescendance et par sa charité. De plus il leur inculque la vertu de l’humilité, en s’associant à eux dans ces paroles, alors qu’ils savaient et croyaient qu’il était le Fils de Dieu. Et il faut remarquer qu’il ne dit pas notre Père, notre Dieu; m-ais mon Père, qui est votre Père, mon Dieu, qui est votre Dieu ce qui signifie au fond qu’il est son Père en vérité, parce qu’il a été engendré par lui avant tous les siècles et leur père par une bienveillante bonté. Et en effet, ils,n’ont pas été engendrés par le, Père comme lui qui est une lzcmièoenée de sa lumière, un Dieu véritable issu d’un Dieu véritable; tandis que les Disciples sont des hommes, nés de parents mortels, comme tous les humains. Il est donc entendu qu’en disant « leur Père », il signifie leur Père par condescendance, non leur père réel; et qu’en l’appelant « son Dieu », il lui donne ce nom de son état d’abaissement sans que la chose soit ainsi, car il n’est point serviteur comme eux, mais il est fils consubstantiel au Père. C’est comme s’il leur disait j’ai pris ce qui est à vous, et je vous ai donné ce qui m’appartient; je vous ai appelés mes frères, afin que vous puissiez dire à mon Père « Notre Père qui êtes aux cieux » et je nie suis nommé fils de l’homme. J’ai dit mon Dieu et votre Dieu, quoique, en réalité, il ne le soit pas de la même manière. Si cette réponse ne convainc pas les adversaires, et s’ils tiennent à le considérer comme étant réellement son Dieu, pour tirer de là qu’il est Dieu et homme; nous exigerons d’eux alors qu’ils considèrent les Disciples comme étant réellement fils de Dieu, issus de la substance du Père, tout aussi bien que N.-S. Jésus-Christ, et partant comme étant dieux et consubstantiels au Père. S’ils admettent cette seconde hypothèse, rien ne s’oppose à ce qu’ils disent aussi que le Christ est serviteur de Dieu et que le Père est véritablement son Dieu. Au contraire s’ils la repoussent, et qu’elle soit inadmissible dans la forme et dans le fond, ils devront nier aussi qu’il soit son Dieu réellement, se ranger à l’enseignement des orthodoxes surnommés Jacobites (Ya’aqibat) et confesser que notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ est Dieu incarné et non un homme divinisé, ni Dieu et homme, et qu’il est un et non point double gloire lui soit rendue Les Melkites partisans de Chalcédoine (Khalqidonyah) font une autre Mol. 31v.objection tirée de saint Paul qui dit que le Fils servira celui que sert toute créature lorsque. à Dieu le Père et alors le Fils se soumettra à celui qui a tout mis sous ses pieds’. Or voici l’explication que saint Cyrille (Kirillos) donne de ce texte « Dieu a pouvoir sur tous les hommes; cependant par la désobéissance d’Adam, les humains sont devenus les serviteurs de Satan et ses sujets. Mais Notre-Seigneur Jésus-Christ, en s’abaissant et en s’incarnant, a pris sur lui les péchés du monde il s’est offert pour les racheter et pour les délivrer de l’esclavage du démon; c’est pourquoi, au jour de la répartition des récompenses, il les offrira à son Père; et ils se présenteront pleurant et contrits et se soumettront au Père purifiés de leurs fautes avec eux il se soumettra, lui aussi, à celui qui a tout plaéé sous ses pieds, et il leur restituera sa grâce, et il répandra sur eux les bienfaits de son royaume, lui dont le 1. 1Cor., xv, 28. Une partie de cette citation est illisible en arabe nous avons préféré la traduire avec ses défauts, plutôt que de reproduire la lecture correcte d’un règne est éternel et qui participe à la gloire du Père et à sa puissance, lui qui demeure en son Père et en qui le Père habite. »
Le même saint Cyrille (Kirillos) dit encore ceci des paroles qu’on rapporte à l’humanité « Quiconque sépare les paroles de l’Évangile, et fait un partage des actions du Seigneur pour attribuer les unes à la divinité, les autres à l’humanité, après l’union [de ces deux natures], qu’il soit anathème! »
Il dit ailleurs « Quiconque ne croit pas que le Verbe du Père s’est uni à la chair formant avec elle une seule personne, et qu’il est avec le corps un seul Christ, un seul Dieu fait homme, qu’il soit anathème!
Tout cela a été rapporté quand nous avons cité, plus haut, le témoignage des Pères qui ont été revêtus du Pontificat suprême avant la scission mais la marche du discours a nécessité ici ces redites.
Les Melkites nous diront encore Le Seigneur a mangé et bu par la nature divine, ou bien par l’humaine? Nous leur répondons que, de même qu’il n’y a pas deux personnes, ainsi il n’y a pas deux natures après l’union, mais bien une seule en une seule nature, selon la parole de l’Évangile « Le Verbe est devenu chair. » II a mangé, c’est vrai; mais c’était pour affirmer la réalité de son corps et de son incarnation, et montrer qu’il a ressemblé aux hommes en toute chose, hormis le péché.
S’ils poussent plus loin et disent, pour prouver leur opinion, qu’il a mangé parce qu’il est homme, vu que la divinité ne peut faire une pareille action nous leur répondons Sil’action de manger lui impose nécessairement l’état de servitude, et que [pour l’expliquer, il faille dire] qu’il est homme, parce que la divinité ne mange pas, [comment aurait-il] pris de la nourriture longtemps avant l’incarnation, dans la tente d’Abraham? Or, de même qu’on ne conclut pas de ce dernier fait qu’il fût homme, ainsi l’acte qu’on objecte ne l’empêche pas d’être Dieu, ni n’empêche d’attribuer à la même personne toutes les actions divines et toutes les actions humaines, en remarquant toutefois que ces dernières ont été dites ou faites par lui dans son état d baissement. 11est dit qu’il a senti la faim, et c’est lui qui a rassasié avec qfiuelques pains plusieurs milliers d’hommes qu’il a eu soif, et c’est lui qui a donné l’eau de la vie non seulement à la Samaritaine, mais encore à la multitude des fidèles; qu’il a ressenti la fatigue des chemins, et c’est lui qui pénétra auprès de ses disciples tandis que les portes étaient closes; qu’il a pleuré Lazare lorsqu’il demanda où on l’avait déposé, et c’est lui qui le rappela d’entre les morts, et il sortit couvert de bandelettes qu’il a dormi dans la barque, et c’est lui qui gourmanda les vents et les flots, et rétablit le calme. Tous ces actes démontrent la vérité de son incarnation et de son humanité, et prouvent qu’il n’était point un fantôme, commecertains l’ont pensé. Quant à la crainte qu’il a manifestée à la vue de la mort et à la faiblesse physique qu’il trahit dans ces paroles « L’esprit est dispos, mais la chair est faible’ », elles tendaient à voiler son plan au démon la preuve en est qu’il avertit plusieurs de ceux qu’il avait guéris de n’en rien dire à qui qccce f ût;c’est pourquoi aussi, quand il chassait les démons des possédés, ils élevaient une tempête de cris et disaient « Nous te connaissons bien, ô saint de Dieu »; ou bien « Tu es le Fils de Dieu. » Et alors il les apostrophait, il leur défendait de tenir ces discours et les réduisait au silence. Et puis, quand il manifesta du trouble devant la mort, il dit « Mon Père, s’il est ’f possible, que ce calice s’éloigne de moi. » Il dit lion Père, et non point MonDieu. Et quand Pierre (Boutros)dégaina son glaive et frappa le serviteur du grand prêtre, Malchus (Malkhos), auquel il coupa l’oreille droite, NotreSeigneur lui dit « Remets ton glaive dans son fourreau quiconque tue par le glaive, périt de môme. Penses-tu qu’il me serait difficile de demander à mon Père douze légions d’Anges? Mais alors comment s’accompliraient les Ecritures et les prédictions des Prophètes’? » Puis il prit l’oreille, et, la remettant en sa place, il la rendit commeelle était auparavant. De plus, sur la croix même, il pardonna au larron qui était à sa droite; et sur la croix aussi, il s’écria « Mon Père, je remets mon âme en tes mains?. »Toutes ses actions étaient faites avec une sagesse inaccessible à l’intelligence humaine et ainsi il réalisa son plan. divin et sauva sa créature, l’œuvre de ses mains, du pouvoir de Satan; il la délivra de la servitude et de l’empire du démon, et la ramena à sa connaissance, lui, Dieu véritable, devenu homme pour le salut d’Adam et de sa postérité fidèle, lui véritable Fils de Dieu, annoncé par les prophètes précurseurs et par les Apôtres ses témoins Gloire lui soit Et à notre tour, nous leur posons une question ils disent que Notre<Seigneur, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ est Dieu et Homme nous leur demandons donc lequel des deux est le Christ, le Dieu ou l’Homme? S’ils répondent que le Dieu est le Christ, alors l’Homme ne le serait point; s’ils disent, au contraire, que c’est l’Homme, le Dieu, à son tour, ne le serait point. S’ils répondent que le Dieu et l’Homme sont ensemble le Christ, l’Apôtre Paul à la langue embaumée détruit leur opinion sur cette duplicité, et réfute leurs arguments par ces paroles de son épître aux Romains (Roum) « Ne dis point en ton cœur qui est monté au ciel et en fit descendre le Christ? ou qui est descendu aux enfers, et en fit monter le Christ? »Que ce texte est fort et qu’il est à propos! En effet, quand le Christ Notre-Seigneur descendit du ciel, il n’y avait pas d’humanité avec lui, et il n’est point venu revêtu de la chair; mais il a pris la chair de la Vierge toute pure après être descendu du ciel; et il demeura un après son incarnation et ne devint pas deux.
Un argument semblable nous est fourni par Jean {Youhanna)à la langue d’or, qui dit dans son sermon sur la Nativité « C’est pourquoi le Christ est descendu du ciel pour notre salut. »
Et dans le saint Évangile nous lisons Il n’est monté au ciel que celui qui est descendu du ciel, c’est-à-dire le Fils de l’Homme, qui est dans les S’ils objectent que celui qui remonta au ciel est Dieu et Homme; [nous . rr<épondons] que celui qui descendit du ciel était Dieu seulement et sans humaTnlité et Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit ’à l’apôtre Philippe « Je suis en mon Père, et mon Père est en moi; celui qui me voit, voit aussi le Père1. »
Et encore t Je suis un avec le Père 2. » Et qu’on ne dise pas qu’en déclarant qu’il est un avec le Père il désigne son Père par la divinité et l’humanité cela est absurde; et il faudrait qu’ils ne fussent point un, mais deux, selon l’opinion des adversaires, et contrairement à l’enseignement de l’Évangile.
D’autre part, s’ils veulent. que ces mots « Qui m’a vu, a vu le Père », signifient qu’il a vu la divinité ce serait aussi absurde, car nul n’a jamais vu Dieu et s’ils veulent qu’ils signifient la vision de la divinité et de l’humanité, ce ne serait pas moins absurde, parce que le Père ne s’est point incarné.
S’ils prétendent maintenant que, par ces paroles « Je suis en mon Père, et mon Père est en moi », il désigne la divinité seule, à l’exclusion de l’humanité, l’apôtre Paul (Boulos)leur répond encore dans son épître aux Ephésiens (E’fsos)par ce mot « Un seul Dieu, une seule foi, un seul baptême3. »
D’où les gens savants et clairvoyants concluent que le Christ Notre-Seigneur est un Dieu incarné, et non point Dieu et Homme, et qu’il est avec sa chair tin seul Seigneur.
Dans cette croyance, la foi en la Trinité, sans addition aucune, demeure sauve; tandis que ceux qui croient à un Dieu-Homme ajoutent l’homme à la Trinité, et en font une quaternité. Mais à Dieu ne plaise que ce qu’il fit pour le salut de ses serviteurs porte la moindre atteinte à sa sagesse La Trinité éternelle, qui n’a point eu de commencement, demeure la même toujours eth jusqu’à la consommation des siècles. Et le Christ Notre-Seigneur, Sagesse J de Dieu, qui a procuré, pardon incarnation, le salut de ses créatures, est unl et non point deux il est un seul Dieu, selon le témoignage de l’Évangile « Le Verbe est devenu chair. »
Elle est immuable aussi la foi en la- sainte Trinité, Père, Fils et EspritSaint, et n’est susceptible d’aucune addition. Il est remonté au ciel dans la majesté de sa royauté et s’est assis sur son trône glorieux, qu’il n’a point quitté.
A Lui la gloire, les louanges, et la grandeur toujours et dans le siècle des
Appendice
L’auteur de ce calcul ajoute Si vous voulez savoir à quel jour de la semaine correspond un quantième donné de n’importe quel mois, prenez l’épacte du soleil pour l’année qui vous occupe, et ajoutez-y 2 en règle absolue, plus deux autres unités pour chaque mois entier à partir de Tout, plus encore le nombre des jours du mois dont vous cherchez le quantième.
Ensuite vous divisez le total par 7 si le reste est i, il désigne le dimanche, si c’est 2, ilindique le lundi, et ainsi de suite jusqu’à la fin de la semaine.
Or nous avons vu que l’épacte du soleil en l’année de la naissance de Notre-Seigneur est 1. Ajoutons-y [2 suivant la règle], puis, pour les mois de Tout, Babeh et Hator, 6, plus 20 de Kihak cela fait 38. Divisons par 7, il reste 3. Donc la naissance de Notre-Seigneur eut lieu le mardi.
L’auteur ajoute Si vous voulez connaître l’épacte de la lune pour) n’importe quelle année, vous prenez le nombre de l’année que vous voulez et b après en avoir retranché 1en règle absolue, vous divisez par 19. Puis multipliez le reste par 11 et divisez le résultat par 30 ce qui reste enfin au-dessous de 30 est l’épacte de la lune pour l’année quivous occupe.
Or la naissance de Notre-Seigneur eut lieu en l’an 5501 du monde. Retranchons 1; et divisons 5500 par i9; puis multiplions les 9 qui restent par cela nous donne 99, que nous divisons de nouveau par 30; il nous reste encore 9, quiindique l’épacte de la lune pour cette année-là.
D’autre part, le baptême de Notre-Seigneur eut lieu en l’an 5531. Otonsen i, et ajoutons au reste la valeur de son quart, c’est-à-dire 1382 H-4; cela fait 6912 + 4-Divisons par 7 il reste 3 H- L’auteur avertit qu’il faut remplacer la fraction, quand elle est de{ou 4, par une unité entière; et la supp}Jrimer quand elle est inférieure cela fait, on a l’épacte du soleil qu’on Dans le cas particulier, nous avons 3 (?) ajoutons-y pour cinq mois (0de Tout à Toubeh) 10, plus 11, nombre indiquant le jour de l’Epiphanie’, cela fait 24. Divisons par 7; le reste 3 démontre que le baptême eut lieu aussi le mardi.
De la même manière, on calcule l’épacte de la lune pour l’année 55 On retranche 1, et l’on divise par 19, et l’on multiplie le reste 14par 11 on obtient 11pour l’épacte cherchée (?).
L’auteur, Dieu nous fasse profiter de son intercession, fait, pour la semaine du crucifiement, qui eut lieu l’an 5534, un calcul semblable; et il arrive à établir que le crucifiement eut lieu le vendredi 27 Barmahat2, et que l’épacte du soleil, pour cette année, était 7, et celle de la lune 14. 11raisonne de même pour le carême, et montre que la pâque juive, en cette annéelà, eut lieu le jeudi 26 Barmahat. Il retranche l’épacte 14 de la colonne du 1. Onsaitquedansl’Égliseorientale,l’Épiphanie est la fête du Baptêmede NotreSeigneurJésus-Christ. 2.23mars.
carême en règle absolue et il ajoute l’épacte du soleil 7 à la pâque juive, c’est-à-dire à 26; plus 14 pour les 7 mois de Tout à Barmahat cela fait enLJ .1.
tout 47, qu’il divise par 7. Le reste 5 indique le jeudi. Il dit aussi que la résurrection eut lieu le dimanche vingt et [neuf] de Barmahat’, et l’Ascension le 8 [Bachones] l’an 5534 du monde 1. 26 mars. 2. 3 mai. 3. Dans B et C on lit ici une longue exhortation spirituelle, que nous ne reproduisons point, parce qu’elle n’offre pas d’intérêt spécial.
Bibliographie
P. Chébli (éd. et trad.), « Réfutation de Saïd ibn-Batriq (Eutychius) — Le Livre des Conciles, par Sévère ibn al-Moqaffa‘, évêque d’Aschmounaïn », Patrologia Orientalis, t. III, fasc. 2, n° 12, Paris, 1906. Traduction française du domaine public.
