Le calendrier Copte
- 01 — 2. Le calendrier julien
- 02 — 3. Le calendrier grégorien
- 03 — 4. Les ères
- 04 — 5. L’année copte et ses correspondances avec les mois juliens et grégoriens

Le calendrier Copte
Ashraf et Bernadette Sadek · 13 octobre 2024 · 12 min de lecture · 1 204 vues
Extrait du livre : « L’incarnation de la lumière »
1. À l’origine du calendrier copte : le calendrier égyptien ancien Tout au début de l’époque archaïque, avant le IVe millénaire, les Égyptiens utilisaient, pour leurs datations, le cycle lunaire, qui compte 354 jours. Les douze mois lunaires comportaient alternativement 29 et 30 jours. Ce calendrier, toujours en usage comme calendrier religieux chez les musulmans, aboutit à un décalage annuel de 11 jours par rapport à l’année solaire : ceci explique que les fêtes musulmanes ou le mois du Ramadan tombent successivement à toutes les saisons. Tous les 32 ou 33 ans, le début de l’année lunaire peut coïncider avec le début de l’année solaire. C’est probablement au XXVIIIᵉ siècle av. Jésus-Christ, durant la IIIe dynastie de l’Ancien Empire pharaonique, que l’Égypte s’est dotée d’un calendrier beaucoup plus fixe, fondé sur l’apparition annuelle d’une étoile très brillante, Sirius (Soped et, spdt, en Égypte ancienne, Sotis à l’époque hellénistique, Sirius par la suite) ; le lever héliaque (en même temps que le soleil) de Sirius en Égypte coïncidait avec la crue du Nil, pendant l’actuel mois de juin.
Ce lever héliaque n’est visible en Égypte qu’une fois par an, aussi l’année égyptienne comprit-elle à partir de ce moment 365 jours, répartis en 12 mois de 30 jours, et un 13e mois rajouté de 5 jours, « épagomène ». Chaque mois comportait trois semaines de dix jours chacune. Ce système ne tenait pas compte du quart de journée supplémentaire par année que comprend le cycle solaire, sur lequel était pourtant fondée toute l’année agricole des anciens Égyptiens, qui comportait 3 saisons correspondant à la période de l’inondation, Akhet, de la germination, Peret, et de la moisson, Shemou. Tous les 1460 ans, le début de l’année de Sirius tombe avec le début de l’année du cycle solaire. À ce moment-là, on peut considérer cette année comme l’an 1460 de l’année solaire et 1461 de l’année de Sirius.
Lorsque les Égyptiens se rendirent compte qu’il manquait un jour tous les quatre ans, vers la fin de l’époque pharaonique, sous Ptolémée III, le décalage fut partiellement corrigé, en 238 av. J.-C. à Canope (ville qui se trouvait près d’Alexandrie) par les prêtres égyptiens astronomes : on ajouta 1/4 de jour, soit 6 heures, c’est-à-dire concrètement un jour tous les quatre ans, à chaque année du cycle de Sirius ; c’est le « décret de Canope », dont on possède quatre exemplaires (trois au musée du Caire, un au musée du Louvre). Les Égyptiens ont ainsi corrigé leur calendrier en gardant leurs mois de 30 jours et en ajoutant tous les 4 ans 1 jour au mois épagomène.
Le calendrier égyptien fut à nouveau révisé et corrigé à l’aube de l’occupation romaine de l’Égypte, vers l’an 40 av. J-C., à l’initiative de Jules César, d’où le nom de « Julien » attribué à ce calendrier ; il compte 12 mois de 30 ou 31 jours, avec en février 28 jours pendant 3 ans, et 29 jours tous les 4 ans (années bissextiles) ; le calendrier julien attribua des noms d’origine latine aux 12 mois de l’année. Le calendrier julien est donc une adaptation du calendrier égyptien corrigeant les calculs à la façon romaine ; pour cette raison, on peut établir une concordance fixe entre le calendrier copte et le calendrier julien,
