Fidélité, Sérieux et Minutie
- 01 — Premier Chapitre : Importance et Limites de la Fidélité
- 1.1 — Votre Fidélité envers Dieu
- 1.2 — Votre Fidélité Envers Vous-Même
- 1.3 — Votre Fidélité Envers Les Autres
- 02 — Deuxième Chapitre : La Fidélité En Peu de Chose
- 2.1 — Comment puis-je accéder à cette fidélité ?
- 2.2 — Le service de Dieu et la consécartion de la vie au Seigneur
- 2.3 — La Volonté et la Pensée
- 2.4 — L’Amour Parfait
- 2.5 — La Chair et l’Esprit
- 2.6 — La Prière
- 2.7 — Divers Exemples
- 03 — Troisième Chapitre : Le Sérieux
- 3.1 — Importance du Sérieux
- 3.2 — Caractéristiques de l’Homme Sérieux
- 3.3 — Les Combats de Satan
- 04 — Quatrième Chapitre : La Vie de Minutie
- 4.1 — Importance de la minutie
- 4.2 — La Minutie et le Scrupule Maladif
- 4.3 — Domaines de la Minutie
- 4.4 — Les Combats de Satan

Fidélité, Sérieux et Minutie
Sa Sainteté Chenouda III · 02 juillet 2016 · 68 min de lecture · 4 641 vues
Série des Caractéristiques De La Voie Spirituelle
Avant-Propos
La fidélité parfaite dans la vie spirituelle, qu’elle soit dans tes rapports avec Dieu, avec les hommes ou avec soi-même, est une des caractéristiques de la voie spirituelle.
Quelle est-elle cette fidélité ? Comment est-elle ? Quelle est son importance ? Quels sont ses limites et ses aspects ?
Toutes ces questions ont été abordées dans ce livre. Cet ouvrage nous entretient également de la fidélité « en peu de chose » afin que sur « beaucoup » Dieu nous établisse [Mathieu 25:21 et 23] Quel est « ce peu » que nous devons observer avec fidélité ? Et quel est ce « beaucoup » sur lequel Dieu nous établira ? C’est ce qui sera élucidé dans cet entretien sur la fidélité.
Celui qui est fidèle « en peu de chose » il lui est indispensable de s’entraîner à la vie de minutie ; ce qui nous amène à discuter de la minutie, de ses divers domaines ainsi que de la différence entre la minutie et le scrupule obsessionnel, et des combats de Satan à ce propos.
L’homme qui se comporte avec fidélité et minutie est celui dont la vie est caractérisée par le sérieux.
Aussi ces trois attributs sont-ils groupés en un seul volume : la fidélité, le sérieux et la minutie. Ils font partie des Caractéristiques de la voie spirituelle et celui qui les observe, progresse dans sa spiritualité et s’achemine à la perfection.
Le Pape Chénouda III
Je n’entends pas par la fidélité tout simplement l’honnêteté en matière d’argent et la probité dans les questions matérielles, dans le sens que l’homme ne soit ni voleur ni pilleur d’autrui. Mais j’entends, par là, la fidélité en général qui doit marquer tout le comportement et toute la vie spirituelle de l’homme, à savoir :
La fidélité de l’homme dans ses relations avec Dieu, avec autrui et avec soi-même.
Notre-Seigneur Jésus-Christ nous incite à acquérir cette vertu quand il parle de la fidélité dans le service de Dieu, de « l’intendant fidèle, avisé, que le maître établira sur ses gens, pour leur donner en temps voulu leur ration de blé » (Luc 12:42). Plus encore :
Il souligne que la fidélité est le critère du jugement dernier et la condition fondamentale de l’entrée au Royaume de Dieu.
Il dira à celui qui mérite d’entrer dans Son Royaume : « C’est bien, serviteur bon et fidèle, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur. » (Mathieu, 25:21-23)
Mais à quel point devra être cette fidélité ? Notre-Seigneur le signale lui-même :
« Reste fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. » (Apocalypse, 2:10)
« Jusqu’à la mort », c’est-à-dire au point de vous sacrifier vous-même et de donner votre vie pour demeurer fidèle. Cela nous rappelle le reproche de Saint Paul aux Hébreux, par suite de leur manque de fidèlité dans leur résistance au péché ; il dit à ce propos :
« Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans la lutte contre le péché. » (Hébreux, 12:4)
« Jusqu’au sang », c’est-à-dire que l’homme doit être prêt à verser son sang dans sa lutte contre le péché. C’est ainsi qu’il fait preuve de fidélité dans sa relation avec Dieu, se gardant bien de Le trahir en s’abandonnant au péché.
La fidélité permet aux justes d’atteindre leur but.
Plusieurs ont commencé ensemble le chemin de la vertu, mais les uns sont arrivés, les autres n’ont pu atteindre le but et d’autres y sont parvenus, mais en retard. Quelle est la cause de cette différence ? La vraie cause réside dans le fait que les premiers, contrairement aux autres, ont rempli fidèlement leurs devoirs spirituels, méritant ainsi d’être couronnés.
La fidélité englobe les questions de ce monde aussi bien que les questions spirituelles :
Comme l’homme s’intéresse à sa vie spirituelle, il lui incombe aussi d’être intègreen toute oeuvre à accomplir. L’étudiant doit être honnête dans sa vie estudiantine, qu’il s’agisse d’étudier et de reviser, ou d’assurer son succès et de passer brillamment ses examens. L’ouvrier doit faire à la perfection son travail et respecter les horaires. Il en est de même du fonctinnaire et de toute personne assumant une responsabilité quelconque.
Joseph le juste était un homme spirituel et fidèle à son travail.
Il était fidèle en servant Potiphar et en assurant la prospérité des affaires de son maître. Il l’était, de même, en tant que Ministre d’approvisionnement de l’Égypte, sauvant de la famine ce pays aussi bien que les pays voisins. Plus encore, en prison, il était fidèle dans son travail, au point que « le geôlier chef » lui confia des responsabilités.
Il y a bien des questions dans la vie pratique qui met à l’épreuve la fidélité de l’homme.
Un exemple nous est donné par le fonctionnaire qui cherche à acquérir un faux certificat médical pour obtenir, sans droit, un congé de son travail. Non seulement il manque lui-même de probité, mais aussi il constitue une cause de chute pour le médecin en l’entraînant à participer à son péché. Il en est de même de celui qui s’empare, sans droit, d’un per diem, et de celui qui demande une prime pour travail supplémentaire, alors qu’il pourrait accomplir ce travail pendant les horaires ordinaires et sans indemnité.
Les exemples dans ce domaine sont nombreux.
Signalons, entre autres, le cas de celui qui transmet des nouvelles d’une façon qui manque de loyauté de celui qui divulgue un secret qui lui a été confié de celui qui ne remplit pas la mission dont il est chargé avec la fidélité requise.
1. Votre Fidélité envers Dieu§
Si Dieu a été fidèle dans Ses relations avec nous au point d’accepter l’Incarnation et d’assurer notre Rédemption, si Son amour et Son don de soi sont allés jusqu’à ce point, combien devait être notre fidélité à son égard ? !
Votre fidélité envers Dieu signifie que vous ne le trahissez jamais. Prenons comme exemple l’épouse qui reste fidèle à son mari. Quelle que soit la liberté sans contrôle qu’il lui accorde, elle ne le trompe jamais et n’établit aucune relation avec un autre.
Il en est de même de votre âme, elle est l’épouse du Christ, elle ne devra ni Le tromper avec le monde ni avec le démon, ni Le trahir par une mauvaise passion ni par une mauvaise pensée.
Votre coeur qui appartient à Dieu ne l’ouvrez jamais à Ses ennemis.
L’homme fidèle ne transige pas avec le péché, car le péché est une hostilité envers Dieu. Il ne tolère aucune mauvaise pensée, mais, en toute fidélité, il la chasse rapidement. Il n’accepte nullement toute question susceptible de le séparer de Dieu, estimant que tout péché est essentiellement adressé à Dieu, car il est contre Son amour, Sa volonté et Ses Commandements, comme il empêche l’homme de demeurer en Dieu. Joseph le Juste méprisa ainsi le péché en disant :
« Comment pourrais-je accomplir un aussi grand mal et pécher contre Dieu. » (Genèse, 39:9)
Il considérait que cette faute était essentiellement adressée non à Potiphar ou à son épouse, mais à Dieu Lui-même. Dans le même sens, le Prophète David dit à Dieu dans le psaume :
« Contre Toi, Toi seul, j’ai péché, Ce qui est coupable à Tes yeux, je l’ai fait. » (Psaumes, 51:6)
Le péché sépare l’homme de Dieu est constitue une rebéllion contre Lui.
L’homme fidèle dans sa relation avec Dieu refuse absolument tout ce qui le sépare de Lui. Comme l’a bien signalé l’apôtre Saint Paul : « Oui, dit-il, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus Notre-Seigneur. » (Romains, 8:38)
Ceux qui ont vraiment connu Dieu ne L’ont jamais abandonné.
À ce propos, les saints repentants nous en donnent un exemple. Ceux-là, une fois convertis, ont goûté l’amour divin et ne sont plus revenus aux péchés qui les avaient séparés de l’amour de Dieu. Leur croissance dans l’amour pour Dieu allait s’intensifiant, ce qui leur a permis d’atteindre certains niveaux de perfection. Nous signalons, entre autres, Saint Augustin, Saint Moïse le Noir, Sainte Marie l’Égyptienne et sainte Pélagie.
De l’ancienne vie de débauche, Saint Augustin dit à Dieu :
« J’ai beaucoup tardé à Vous aimer, ô Vous beauté indicible. »
Il considère et il confesse que dans l’état de péché, il était bien loin de l’amour de Dieu. Cela du point de vue négatif. Mais du point de vue positif, la fidélité à Dieu incite l’homme à être fidèle dans toutes ses oeuvres spirituelles : dans la prière car celle-ci n’est autre qu’un entretien avec Dieu, dans sa lecture de la Sainte Bible, car c’est à travers celle-ci qu’il entend la voix de Dieu. Il l’est aussi dans ses méditations, ses louanges à Dieu, dans sa confession, sa communion et son jeûne.
Il est de même fidèle dans le service de Dieu et dans sa vie spirituelle.
Il l’est dans l’enseignement, comme le dit le Saint Apôtre à ce propos : « Enseigne ce qui est conforme à la saine doctrine. » (Title, 2:1) Il ne présente pas ses conceptions particulières en tant que des doctrines. Il n’offre aucun enseignement aux gens que celui qui lui a été transmis par l’Église, par l’entremise de ses saints, conformément à ce qu’a signalé Saint Paul à son disciple Timothée : « Ce que tu as appris de moi sur l’attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d’en instruire d’autres. » (II Timothée, 2:2)
S’il est fidèle dans l’enseignement, il l’est aussi dans la visite de ceux qui en ont besoin et dans la recherche des égards.
Le Christ nous en donne l’exemple en partant à la recherche de la brebis égarée (Luc, 15), en oeuvrant pour assurer le salut de Zachée et de la Pécheresse et en déclarant qu’Il est venu, Lui-même, « pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Marc, 10:45)
Parlant de la fidélité dans le service de Dieu, la Sainte Bible dit :
« Maudit celui qui fait avec négligence le travail du Seigneur. » (Jérémie, 48:10)
L’homme fidèle à Dieu accomplit l’oeuvre du Seigneur avec ardeur, assiduité et dévouement, et avec un zèle sacré, il le fait de tout son coeur et de tout son amour. Il se fatigue pour Dieu et il ne donne de sommeil à ses yeux ni de répit à ses paupières, qu’il ne trouve un lieu pour le Seigneur dans tout coeur. Comme il a été dit de l’évêque dans la Didascalie : « qu’il doit prendre soin de tout fidèle pour assurer son salut. » Cette règle s’applique aussi à tous ses collaborateurs.
C’est cette fidélité qui a marqué le ministère des Apôtres.
Ils ont témoigné pour Dieu en toute fidélité. Ils ont été des témoins fidèles qui ont transmis le message divin au monde entier, comme il a été dit dans le psaume :
« Nulle voix qu’on puisse entendre, mais pour toute la terre en ressortent les lignes, et les mots jusqu’aux limites du monde. » (Psaumes, 19:4-5
C’est avec force qu’ils ont proclamé hautement leur témoignage.
Ils ont supporté la prison, la flagellation, l’expulsion et la torture, en disant leur fameuse déclaration : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » (Actes, 5:29) L’apôtre Saint Paul nous en donne un exemple lorsqu’il dit :
« J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. » (II Timothée, 4:7)
Il dit encore : « Je rends grâces à celui qui m’a donné la force, le Christ Jésus, Notre Seigneur, qui m’a jugé assez fidèle pour m’appeler à son service. » (I Timothée, 1:12) L’apôtre louait de même la fidélité de ses collaborateurs dans le service de Dieu : « Tychi que, dit-il, (est) ce frère bien aimé qui m’est un fidèle assistant dans le Seigneur. » (Ephèsiens, 4:7) « Epaphras (est) notre cher compagnon de service (qui) nous supplée fidèlement comme ministre du Christ. » (Colossiens, 1:7) « Onésime (est) le fidèle et bien-aimé frère » (Colossiens, 1:7), et « Timothée est mon enfant bien aimé et fidèle dans le Seigneur. » (I Corinthiens, 4:17)
C’est pourquoi appelle-t-on celui qui assume la responsabilité du service de Dieu dans les classes de catéchèse et les réunions de jeunesse : « le fidèle du service », c’est-à-dire le Secrétaire du Service (le mot fidèle est le terme par lequel l’on désigne le secrétaire en langue arabe) :
Qu’il s’agisse du Secrétaire général, du Secrétaire d’une branche du service ou du Secrétaire du groupe (Il s’agit ici du service de la catéchèse et des réunions spirituelles pour la jeunesse (la traductrice)). Le service est la charge qui a été confiée à chacun d’eux pour en assumer fidèlement la responsabilité. C’est pourquoi dit-on, du serviteur de Dieu, que le service lui a été confié pour en prendre fidèlement soin. C’est Dieu qui lui confie cette tâche. À ce propos, l’Apôtre Saint Paul dit : « Dieu a manifesté sa parole par une proclamation dont un ordre de Dieu notre Sauveur m’a confié la charge. » (Tite, 1:3) « L’évangélisation des incirconcis m’était confiée comme à Pierre celle des circoncis. » (Galates, 2:7) Il affirme de même : « C’est une charge qui m’est confiée. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (I Corinthiens, 9:17,16) Le ministère n’est pas donc un simple titre, mais c’est une charge dont on rend compte à Dieu et que le serviteur de Dieu doit accomplir fidèlement.
Celui qui est fidèle dans sa relation avec Dieu, l’est aussi à ses engagements et ses voeux.
Il est fidèle à tous ses engagements, en partant de celui qui a été pris par sa mère, à sa place, le jour du baptême en renonçant à Satan, pour englober ceux dont il se souvient ou ceux qu’il a oubliés. Parmi eux figurent les promesses faites chaque fois qu’il prend part au Saint Sacrement de l’Eucharistie, ou en temps de difficultés aussi bien que les voeux qu’il fait en général et dont la Sainte Bible dit :
« Mieux vaut ne pas faire de voeu que d’en faire un sans l’accomplir. » (Qohel et, 5:4)
Vous devez vous recueillir pour vous rappeler vos engagements et vos voeux et les accomplir même en retard, cela vaut mieux que de les négliger tout à fait. Ne faites jamais un voeu pour tergiverser après coup, cherchant à le discuter et à le changer ou à y renoncer. Avant de faire un voeu ou une promesse, la Sainte Bible vous conseille en disant : « Ne hâte pas tes lèvres, que ton coeur ne se presse pas de proférer une parole devant Dieu. » (Qohel et, 5:4)
Votre fidélité à l’égard de Dieu englobe votre fidélité en matière de dîmes et de prémices.
Car ceux-ci ne vous appartiennent pas, étant la part du Seigneur que vous devez verser à ceux qui en ont droit : l’Église et les pauvres sinon, cet argent serait pour vous « le malhonnête Argent ». Car, en le gardant, vous devenez injuste envers ceux qui en ont droit. De cet argent et de tout fons semblable, la Sainte Bible dit : « Faites-vous des amis avec le malhonnête Argent ». (Luc, 16:9) De même, le Seigneur dit dans le livre de Malachie : « Un homme peut-il tromper Dieu ? Or vous me trompez ! - Vous dites : en quoi t’avons-nous trompé ? Quant à la dîme et aux redevances. » (Malachie, 3:8)
2. Votre Fidélité Envers Vous-Même§
Elle englobe bien des questions : Votre fidélité envers votre vie éternelle, l’intérêt que vous devez porter à votre âme, à votre croissance spirituelle, votre fidélité quant à la résistance au péché, quant à l’emploi de votre temps et quant à ce qui concerne votre raisonnement.
L’homme fidèle envers sa vie éternelle déploie tous ses efforts pour la mériter.
Il se considère étranger sur cette terre, il ne désire rien de ce monde et toutes ses aspirations se concentrent sur la vie éternelle, comme le souligne la Sainte Bible : « Nous ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles. » (II Corinthiens, 4:18)
Il est plus soucieux de son esprit que de son corps.
Or, cela est contraire à ce que nous remarquons dans ce monde. Nombreux sont ceux qui prennent soin de leur corps en matière de manger, d’habits, de santé, de soins médicaux, même du sport et de tout ce qui assure la force physique alors qu’ils négligent complètement leur esprit, comme si leur éternité ne les inquiétait pas.
Ceux qui sont fidèles à leur vie éternelle le sont aussi à leur nourriture spirituelle.
Ils offrent à leur esprit tous ses besoins, qu’il s’agisse de la parole divine, des prières, des cantiques, des méditations ou des réunions et des relations amicales spirituelles. Ils le nourissent du Saint Sacrement de l’Eucharistie, avec tout ce qu’il comporte d’exercices de préparation à la Sainte Communion, ils le nourrissent de l’amour divin, des fruits du Saint-Esprit et des exercices spirituels bénéfiques. Etes-vous ainsi fidèle envers votre esprit ?
Ceux qui sont fidèles à leur éternité s’empressent de soigner leur esprit.
S’ils remarquent qu’une maladie spirituelle envahit leur esprit, ils recourent au Médecin de nos âmes et de nos corps, Dieu, qui leur octroie, par sont Esprit Saint, la force nécessaire. Ils recourent aux pères et aux guides spirituels, quémandant un remède délivrant leurs âmes de toute mauvaise passion et de toute mauvaise pensée.
Les hommes fidèles à leur esprit se soucient de leur croissance spirituelle.
Ils ne se contentent pas du niveau spirituel auquel ils ont eu accès, car Dieu exige d’eux la sainteté et la perfection. N’a-t-Il pas dit : « Vous serez parfaits comme votre Père Céleste est parfait » ? (Mathieu, 5:48) La Sainte Bible ajoute encore : « À l’exemple du Saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite ». (I Pierre, 1:15)
Aussi, les hommes fidèles à leur esprit ont faim et soif de la justice.
C’est ainsi qu’ils mériteront la félicité promise par le Seigneur. Leur soif de Dieu est inextinguible, et si comblés soient-ils, ils en demandent plus et, joignant leur voix à celle de David, le psalmiste et l’homme de prière, ils disent :
« Dieu mon âme a soif de Toi » (Psaumes, 63:1) « Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers Toi mon Dieu. » (Psaumes, 42:2)
Si élevé que soit le niveau de la vertu auquel ils ont accédé, ils aspirent à un niveaux supérieur, comme il est arrivé à Saint Paul qui, après avoir été ravi jusqu’au troisième ciel, (II Corinthiens, 12:2,4), dit : « Non que je sois déjà au but, mais je poursuis ma course, pour tâcher de saisir, oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but. » (Philippiens, 3:12-14)
La vie de l’homme fidèle se caractérise par une croissance continue.
Celle-ci ressemble à la croissance ininterrompue mais imperceptible de l’arbre. Le psaume dit à ce propos :
« Le juste poussera comme un palmier, il grandira comme un cèdre du Liban. » (Psaumes, 92:13)
Cette croissance incessante marque ses prières qui deviennent plus longues et plus profondes, comme elle marque sa foi, son humilité, son amour, ses sacrifices et sa générosité. Il se blâme lui-même si sa croissance spirituelle vient à s’arrêter.
Par cette croissance, il cherche non seulement à gagner la vie éternelle, mais aussi à s’assurer une place privilégiée dans cette éternité.
Puisque « chacun recevra son propre salaire selon son propre labeur » (I Corinthiens, 3:8), il déploie tous ses efforts pour acquérir un plus grand salaire. Puisque « une étoile même diffère en éclat d’une étoile » (I Corinthiens, 3:8), lui aussi oeuvre pour mériter cette gloire éternelle, il se sacrifie par amour pour Dieu et il ne cesse de croître dans cet amour afin de jouir de la gloire éternelle, estimant que la croissance de son amour pour Dieu non seulement lui assure une éternité plus heureuse, mais aussi elle le protège ici-bas de la chute. Sans compter que la fidélité l’incite à poursuive cette croissance.
Comptez-vous parmi ceux-là ? Est-ce que chaque jour est marqué par la croissance spirituelle ?
Ou demeurez-vous à la même place, car votre croissance s’est arrêtée ? Ou, ayant perdu votre amour d’antan, vous rétrogradez ? Ou bien, vous avez encore besoin d’une conversion pour vous relever ? Posez-vous la question, et si vous constatez que vous faites partie d’une de ces catégories, la fidélité vous incite à lutter de toutes vos forces pour résister au péché.
Gardez-vous de laisser une des portes de votre âme ouverte au péché.
En toute fidélité, bloquez toutes les portes par lesquelles Satan pourrait s’infiltrer dans votre âme et maîtrisez vos pensées et vos sens. Car ces derniers sont les portes de la pensée, et celle-ci est la porte par laquelle la mauvaise passion pénètre dans le coeur. Quant à vous, chantez avec David en disant :
« Fête le Seigneur, Jérusalem loue ton Dieu, à Sion Il renforça les barres de tes portes, Il a chez toi béni tes enfants. » (Psaumes, 147:12,13)
C’est à juste titre qu’il a été dit dans le Cantique des Cantiques.
« Ma soeur, ô fiancée, Tu es unjardin bien clos, une source scellée. » (Cantique, 4:11)
Elle est un jardin riche en fruits de l’Esprit, mais clos à l’Ennemi de tout bien, à ses idôes et à ses ruses, clos à cet Adversaire qui se trouve, dès lors, dans l’impossibilité de s’y introduire, car le Seigneur est à l’intérieur. Elle est un temple du Saint-Esprit (I Corinthiens, 3:16), aussi est-elle parfaitement fortifiée contre les assauts de l’Ennemi.
Cette âme fidèle ressemble à un bâteau sans trou.
Il ne s’y trouve aucun trou par où l’eau pourrait pénétrer. L’eau l’entoure de toutes parts, mais uniquement de l’extérieur, car elle ne trouve aucune faille par laquelle elle pourrait s’infiltrer à l’intérieur. C’est le cas de tout homme fidèle. S’il voit que le Diable cherche à entamer une brèche dans son âme, il y remédie incessamment. Et ainsi, Satan ne peut l’attaquer que de l’extérieur sans pouvoir y pénétrer, et son âme demeure intacte.
Quand l’homme fidèle à sa vie spirituelle commet un péché, il ne cherche point à se justifier.
Il n’allègue aucune excuse sous prétexte de faiblesse ou de la dureté du combat affronté, mais il résiste jusqu’à la mort. Joseph le juste a refusé le péché et il n’a point considéré les circonstances contraignantes comme une excuse valable. Le prophète Daniel et les trois jeunes gens ont tenu fermement à leur Dieu et ont refusé de recourir aux allégations, sous prétexte qu’ils n’étaient que des prisonniers de guerre et que les menaces envisagées étaient graves et effrayantes : la fosse aux lions et la fournaise de feu mais ils ont résisté. Tous les martyrs ont agi de même face à toutes sortes de tortures et d’intimidations.
L’homme fidèle est un résistant qui combat héroïquement les combats du Seigneur.
Il ne dit jamais : « Cela est arrivé malgré moi, c’était au-dessus de mes forces ». Mais, au contraire, comme le petit David affronta avec foi Goliath le champion Philistin, il affronte les combats spirituels les plus dures sans crainte, confiant que Dieu lui assurera la victoire.
L’homme fidèle dans ses combats se souvient des paroles concernant l’officier héroïque :
Il combat jusqu’à la dernière balle, et jusqu’au dernier homme.
C’est-à-dire, qu’il combat de toutes ses forces, recourant à toute la grâce et à toute l’aide qui lui sont octroyées. Il ne se rend jamais à l’ennemi, il ne trahit pas le Seigneur, il ne compte pas sur les excuses qu’il pourrait avancer. La Sainte Bible et l’Histoire Sainte nous fournissent bien d’exemples de ces hommes forts et fidèles qui sont demeurés fermes dans l’amour de Dieu, quelles que soient les circonstances environnantes.
Si le coeur est fidèle, la volonté l’est aussi.
Vouloir c’est pouvoir. Si la force manque à l’homme fidèle, il la demande d’en haut et elle lui est accordée. C’est pourquoi, Saint Pierre, après avoir souligné la force de Satan démontrant qu’il est semblable au lion rugissant qui rôde cherchant qui dévorer, ajoute :
« Résistez-lui, fermes, dans la foi ». (I Pierre, 5:8,9)
Certes, la résistance est une preuve de fidélité, à condition qu’elle soit un résistance sérieuse, de tout le coeur et de toute la volonté. Quelle en sera la conséquence ? L’apôtre Saint Jacques répond à cette question.
« Résistez au Diable et il fuira loin de vous ». (Jacques, 4:7)
Il est donc important d’avoir un coeur pur, fidèle et déterminé à résister, et qui incite la volonté à le faire. C’est pourquoi, Notre-Seigneur s’informait tout d’abord de l’état du coeur, et avant de guérir le malade de Bethesda, il lui demanda : « Veux-tu guérir » ? (Jean, 5:6)
L’Ennemi a l’habitude de chercher, en premier lieu, à vous sonder.
Il vous met à l’épreuve pour savoir si vous allez être conciliant avec lui pour une toute petite question. Si vous l’êtes, il exige votre complaisance pour une question plus sérieuse. Si vous lui ouvrez, dans votre coeur, une toute petite brèche comme le chas d’une aiguille, il vous assaille plus fortement, car il saisit que votre fidélité envers Dieu n’est pas totale. Votre tolérance dans une toute petite quesiton l’encourage à chercher en vous une place à occuper ou un point faible à exploiter !
Si vous êtes conciliant avec lui en matière des sens, il vous attaque par les pensées.
Si vous acceptez ses pensées, il vous assaille par les mauvaises passions.
Si vous tolérez les mauvaises passions, il vous combat par l’acte même du péché.
Aussi faut-il totalement refuser tout accommodement avec le péché. Si vous faites un faux pas, relevez-vous très vite et ne vous laissez pas entraîner à en faire d’autres. La fidélité exige de vous d’être vigilant et de ne point négliger la pureté et le salut de votre âme. Si vous remarquez que le Diable cherche à souiller votre âme par n’importe quel moyen, souvenez-vous de ce que la Sainte Bible dit à ce propos :
« Faisons toute pensée captive pour l’amener à obéir au Christ ». (II Corinthiens, 10:5)
L’homme fidèle à son éternité et à sa spiritualité est vigilant envers lui-même Il n’attend pas de faire une chute mortelle, mais s’il voit qu’une certaine tiédeur envahit son âme, il se hâte d’y remédier pour empêcher toute évolution dans ce sens. Il résiste au fautes dès le premier pas et n’attend pas de les voir s’aggraver au point d’en souffrir. Car s’il s’abandonne au relâchement, le Diable ne le lâchera point.
L’homme fidèle n’allègue pas comme excuse la faiblesse de ses moyens.
Il cherche, par contre, à développer ses moyens. Il ne présente pas ses déficiences comme excuse, car Dieu est à même de lui octroyer la force. Dieu est fidèle et Il ne permet pas qu’un homme soit à prouvé au-dessus de ses forces. L’apôtre dit à ce propos : « Dieu est fidèle, il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. » (I Corinthiens, 10:13)
L’homme spirituel est fidèle en matière du « temps ».
Son emploi du temps est consacré à tout ce qui est profitable du point de vue spirituel et intellectuel, soit pour lui, soit pour le service d’autrui. Il voit que le temps représente une portion de sa vie qu’il ne doit pas dilapider inutilement. Le temps est un talent qui lui a été confié pour s’en servir à faire le bien. Songez combien de temps perdez-vous inutilement ? Demandez-vous « Suis-je fidèle en matière du temps ? ».
Prenons, comme exemple, votre fidélité en ce qui concerne le jour du Seigneur.
C’est le jour du Seigneur, c’est-à-dire qu’il lui appartient. Si vous ne consacrez pas ce temps à une des préoccupations spirituelles, vous aurez manqué de fidélité envers le Seigneur et envers vous-même. Ce qui s’applique au dimanche, en tant que jour du Seigneur, s’applique à toutes les solennités et les fêtes du Seigneur. Ces époques appartiennent à Dieu, aussi sont-elles sacrées. Dieu dit à ce propos dans le livre du Léviti que : « Les solennités du Seigneur auxquelles vous les convoquerez, ce sont là mes saintes assemblées. Voici mes solennités » (Léviti que, 23:2) Dieu recommande de les sanctifier comme l’on sanctifie les jours du Sabbat. (Léviti que, 23:2)
Etes-vous fidèle aux jours et aux solennités du Seigneur ? Les sanctifiez-vous ?
3. Votre Fidélité Envers Les Autres§
L’homme qui, dans son for intérieur, est fidèle au Royaume de Dieu, il l’est aussi en ce qui concerne l’épanouissement du Royaume de Dieu dans le coeur des autres. Il les aime comme il s’aime lui-même, il leur porte un intérêt aussi vif qui celui qu’il porte à lui-même, il prend soin de leur salut, de leur croissance et de leur bonheur comme il le fait pour lui-même, car tel est le Commandement divin. (Mathieu, 22:39)
Lorsque Dieu créa les arbres, Il ne les créa pas infructueux, mais Il les dota d’une propriété de haute importance, celle d’être :
« des arbres fruitiers donnant sur la terre selon leur espèce des fruits contenant leur semence. » (Genèse, 1:11)
Il créa aussi « les herbes portant semence selon leur espèce. » (Genèse, 1:12) Etes-vous comme les arbres qui donnent des fruits et qui portent semence selon leur espèce ? Oeuvrez-vous pour l’épanouissement du Royaume de Dieu là où vous vous rendez ? À quel point êtes-vous fidèle au Royaume de Dieu ? C’est une question à laquelle vous devez répondre à vous-même et à votre confesseur.
Si vous entrez dans une maison, faites-vous pénétrer la parole de Dieu avec vous ?
Portez-vous des fruits spirituels dans le coeur de ceux avec qui vous vivez : qu’il s’agisse d’amis, de connaissances ou de collègues, soit par la parole, soit par l’exemple, soit par les deux ensemble ? Si vous rendez visite à des gens, se disent-ils en eux-mêmes : « Aujourd’hui, le Christ nous a rendu visite » ? Etes-vous cause de la bénédiction divine ?
Etes-vous, par votre fidélité, le sel de la terre et la lumière du monde ?
N’est-ce pas là le Commandement du Seigneur dans le Sermon sur la Montagne ! (Mathieu, 5:13,14) Sommes-nous fidèles dans l’observance du Commandement ? L’apôtre Saint Pierre dit à ce propos : « sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut des âmes » (I Pierre, 1:9) Et Saint Paul d’ajouter : « afin d’en sauver à tout prix quelques-uns. » (I Corinthiens, 9:22) Plus encore, il affirme : « Je me suis fait l’esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre. » (I Corinthiens, 9:19)
Saint Ignace d’Antioche était surnommé le « Théophorus », c’est-à-dire celui qui porte Dieu en lui-même.
Etes-vous, vous aussi, théophorus (portant Dieu dans votre coeur) ?
Portez-vous Dieu à tous les hommes de sorte qu’ils Le voient dans votre vie, édifiant ainsi Son Royaume dans toutes vos relations ?
Pensez-vous, comme je le pense, que la question de la fidélité mérite d’être traitée dans un livre ? Je regrette de ne pouvoir lui consacrer que cet article.
