Discours théologiques
Les cinq discours sur la Trinité prononcés à Constantinople en 380 (Discours XXVII-XXXI)
- 01 — Discours XXVII. Premier discours théologique : contre les eunomiens, discours préliminaire
- 02 — Discours XXVIII. Deuxième discours théologique : de la théologie
- 03 — Discours XXIX. Troisième discours théologique : du Fils, premier discours
- 04 — Discours XXX. Quatrième discours théologique : du Fils, second discours
- 05 — Discours XXXI. Cinquième discours théologique : du Saint-Esprit

Discours théologiques
Les cinq discours sur la Trinité prononcés à Constantinople en 380 (Discours XXVII-XXXI)
Saint Grégoire de Nazianze · 02 novembre 2026 · 131 min de lecture · 7 vues
Λόγος ΚΖʹ, Κατὰ Εὐνομιανῶν προδιάλεξις.
1. Ce discours s’adresse aux raffinés du discours. Et, pour commencer par l’Écriture : « Me voici contre toi, l’insolente » (Jr 50, 31). Il en est, oui, il en est certains à qui nos discours font démanger l’oreille et la langue, et désormais, à ce que je vois, la main aussi, et qui se complaisent dans les vains propos profanes, les contradictions de la connaissance faussement ainsi nommée (1 Tm 6, 20), et les querelles de mots qui ne conduisent à rien d’utile (2 Tm 2, 14). C’est ainsi, en effet, que Paul appelle tout ce qui, dans le discours, est superflu et indiscret, lui, le héraut et le garant de la parole abrégée (Rm 9, 28), lui, le disciple et le maître des pêcheurs.
Quant à ceux dont il est ici question, plût au ciel que, tout comme ils ont la langue agile et habile à s’attaquer à des discours plus nobles et plus éprouvés, ils s’occupassent aussi quelque peu des actes, ne fût-ce qu’un peu ! Peut-être seraient-ils alors moins des sophistes et des acrobates du discours, extravagants et étranges, pour parler, moi aussi, plaisamment d’une chose ridicule.
2. Mais puisqu’ils ont détruit toute voie de piété et ne visent plus qu’à une seule chose : nouer ou dénouer quelque difficulté parmi les questions proposées — tels ceux qui, dans les théâtres, donnent en spectacle des prises de lutte, non pas celles qui conduisent à la victoire selon les règles du combat, mais celles qui éblouissent les yeux des ignorants en ces matières et emportent leurs applaudissements —, puisque toute place publique bourdonne de leurs discours, que tout banquet est harassé de bavardages et d’ennui, que toute fête est privée de joie et remplie d’abattement, et que tout deuil reçoit pour consolation un malheur plus grand encore, leurs questions, que tout gynécée, nourri dans la simplicité, est troublé et dépouillé de la fleur de sa pudeur par la vivacité des disputes ; puisque les choses en sont là, que le mal est irrépressible et insupportable, et que notre grand mystère (1 Tm 3, 16) risque de devenir un pauvre petit artifice, allons ! Que ces espions nous supportent du moins assez, nous qu’animent des entrailles paternelles et dont, selon la parole du divin Jérémie, les organes sensibles sont déchirés (Jr 4, 19), pour accueillir sans rudesse notre discours sur ces questions ; et qu’ils retiennent un peu leur langue, si toutefois ils en sont capables, pour nous prêter l’oreille.
De toute façon, vous n’y perdrez rien. Ou bien nous aurons parlé aux oreilles de gens qui écoutent, et notre discours aura porté quelque fruit : votre profit — car le semeur sème la parole en toute intelligence, mais c’est l’intelligence bonne et féconde qui porte du fruit (Mc 4, 14-20) — ; ou bien vous vous en irez après avoir craché aussi sur ce discours de nous, emportant une matière plus abondante à contradiction et à injures contre nous, afin de vous en régaler davantage encore. Mais ne vous étonnez pas si je tiens un propos inattendu et contraire à votre loi, vous qui promettez de tout savoir et de tout enseigner avec tant de fougue et de vaillance, pour ne pas vous affliger en disant : avec ignorance et témérité.
3. Il n’appartient pas à tous, vous qui m’écoutez, de philosopher sur Dieu, non, pas à tous ; la chose n’est pas si peu coûteuse, ni à la portée de ceux qui cheminent à ras de terre. J’ajouterai : ce n’est ni en tout temps, ni devant tous, ni sur tous les sujets, mais il est un temps, des personnes et une mesure qui conviennent. Ce n’est pas à tous qu’il appartient de le faire, mais à ceux qui ont été éprouvés et qui ont progressé dans la contemplation, et qui, auparavant, ont été purifiés dans leur âme et dans leur corps, ou qui, à tout le moins, sont en voie de purification. Car il n’est peut-être même pas sans danger, pour qui n’est pas pur, de toucher ce qui est pur, pas plus qu’il ne l’est, pour une vue malade, de rencontrer un rayon de soleil.
En quel temps donc ? Lorsque nous sommes dégagés de la fange et du tumulte du dehors, et que la partie directrice de notre âme n’est pas troublée par des empreintes mauvaises et errantes, comme si l’on mêlait de belles lettres à des lettres mal tracées, ou la bonne odeur des parfums à de la boue. Car il faut réellement se tenir en repos et connaître Dieu (Ps 45, 11), et, lorsque nous en avons saisi le moment, juger de la rectitude de la théologie (Ps 74, 3).
Devant qui donc ? Devant ceux qui prennent la chose au sérieux, et non devant ceux qui en font, comme de n’importe quelle autre, un agréable sujet de bavardage, après les courses de chevaux, les spectacles, les chants, les plaisirs du ventre et ceux du bas-ventre ; ceux pour qui cela aussi fait partie des délices : les disputes sur ces questions et la recherche d’élégance dans les oppositions.
Sur quels sujets faut-il donc philosopher, et jusqu’où ? Sur ceux qui nous sont accessibles, et dans la mesure où les dispositions et les capacités de l’auditeur lui permettent d’y atteindre ; de peur que, de même que l’excès des sons ou des aliments nuit à l’ouïe ou au corps — ou, si tu veux, que les fardeaux dépassant les forces nuisent à ceux qui les portent, ou les pluies trop violentes à la terre —, de même aussi ces auditeurs, accablés et alourdis par la dureté, si je puis dire, des discours, ne subissent un dommage jusque dans les capacités qu’ils possédaient auparavant.
4. Et je ne dis pas par là qu’il ne faille pas toujours se souvenir de Dieu. Que ceux qui sont prompts à tout prendre à la légère ne viennent pas de nouveau nous assaillir. Car il faut se souvenir de Dieu plus encore qu’il ne faut respirer ; et, si l’on peut s’exprimer ainsi, il ne faut même rien faire d’autre. Moi aussi, je suis de ceux qui louent la parole qui prescrit de méditer jour et nuit (Ps 1, 2), de raconter le soir, le matin et à midi (Ps 54, 18), et de bénir le Seigneur en tout temps (Ps 33, 2) ; et, s’il faut aussi reprendre la parole de Moïse, de le faire en se couchant, en se levant, en marchant sur le chemin (Dt 6, 7), en accomplissant quelque autre action que ce soit, et de se laisser façonner par ce souvenir en vue de la pureté. Ainsi, ce n’est pas de se souvenir continuellement de Dieu que j’empêche, mais de discourir continuellement sur Dieu ; et ce n’est pas non plus la théologie que j’interdis, comme si elle était impie, mais son intempestivité ; ni l’enseignement, mais son manque de mesure.
Ou bien l’excès et la satiété de miel provoquent-ils le vomissement, bien que ce soit du miel (Pr 25, 16), et y a-t-il un temps pour toute chose, comme le pensent Salomon et moi (Qo 3, 1), et le beau cesse-t-il d’être beau lorsqu’il ne se fait pas de belle manière, comme une fleur en hiver, tout à fait hors de saison, une parure masculine chez les femmes ou féminine chez les hommes, la géométrie dans le deuil et une larme au milieu d’une beuverie, tandis qu’ici seulement nous mépriserions le moment opportun, là où il faut par-dessus tout respecter l’opportunité ?
5. Nullement, mes amis et mes frères — car je vous appelle encore frères, quoique vos dispositions n’aient rien de fraternel. Ne pensons pas ainsi et, tels des chevaux fougueux et difficiles à contenir, n’allons pas, après avoir désarçonné la raison qui nous montait et rejeté le frein salutaire de la révérence, courir loin de la borne ; mais philosophons à l’intérieur de nos propres limites, sans nous laisser emporter en Égypte ni entraîner chez les Assyriens, et ne chantons pas le chant du Seigneur sur une terre étrangère (Ps 136, 4). J’entends par là toute oreille, étrangère ou des nôtres, ennemie ou amie, bienveillante ou malveillante, celle qui1 épie avec un soin excessif ce qui se passe chez nous et voudrait voir l’étincelle de nos maux devenir une flamme ; elle l’allume, l’attise et l’élève jusqu’au ciel par ses souffles furtifs, et la rend plus haute que la flamme de Babylone qui consumait tout alentour (Dn 3, 47-48). Car, ne trouvant pas leur force dans leurs propres doctrines, ils la recherchent dans nos points faibles ; aussi, comme les mouches s’attaquent aux plaies, s’attaquent-ils à nos malheurs ou à nos fautes, comme on voudra les appeler.
Mais nous, du moins, ne continuons pas à nous méconnaître nous-mêmes et ne méprisons pas la bienséance en ces matières. S’il n’est pas possible de mettre fin à notre inimitié, convenons du moins entre nous de parler des mystères dans le secret et des choses saintes avec sainteté, de ne pas jeter dans des oreilles profanes ce qui ne doit pas être divulgué, et de ne pas faire paraître plus respectables que nous ceux qui se prosternent devant les démons et qui servent des mythes et des pratiques honteux : ils livreraient leur sang aux non-initiés plutôt que certaines de leurs paroles. Sachons donc que, de même qu’il existe une certaine bienséance dans le vêtement, le mode de vie, le rire et la démarche, il en existe aussi dans la parole et le silence, puisque nous honorons aussi le Verbe parmi les autres appellations et puissances de Dieu. Que notre ardeur à disputer, elle aussi, respecte la règle.
6. Pourquoi l’auditeur malveillant de nos propos entend-il parler de génération et de création de Dieu, d’un Dieu issu du néant2, de coupure, de division et de dissolution ? Pourquoi faisons-nous siéger nos accusateurs comme juges ? Pourquoi remettons-nous des épées aux mains de nos ennemis ? Comment, à ton avis, accueillera-t-il un discours sur ces questions, ou dans quelles dispositions d’esprit, celui qui loue les adultères et la corruption des enfants, qui adore les passions et ne peut rien concevoir au-delà du corps, celui qui, hier et avant-hier, s’est érigé des dieux, et des dieux qui se font reconnaître aux actes les plus honteux ? Ne sera-ce pas d’une manière matérielle ? Honteuse ? Ignorante ? Conforme à ses habitudes ? Ne fera-t-il pas de ta théologie l’avocate de ses propres dieux et de ses passions ? Car, si nous-mêmes nous servons de ces expressions pour outrager, nous ne saurions guère persuader ces gens de philosopher sur ce qui nous concerne ; et s’ils inventent le mal de leur propre fonds, quand s’abstiendraient-ils de ce qu’on leur offre ?
Voilà ce que nous vaut la guerre que nous nous livrons les uns aux autres. Voilà ce que nous valent ceux qui combattent pour la parole plus qu’il ne plaît au Verbe, et qui sont atteints du même mal que les fous qui incendient leurs propres maisons, mettent en pièces leurs enfants ou repoussent leurs parents, les prenant pour des étrangers.
7. Puisque nous avons écarté de notre discours ce qui lui est étranger et renvoyé dans le troupeau des porcs la légion nombreuse, qui s’en est allée dans les profondeurs (Mc 5, 9-13), tournons, en second lieu, nos regards vers nous-mêmes et polissons le théologien, comme une statue, pour lui donner sa beauté. Considérons d’abord ceci : que signifient cette ambition et cette démangeaison de parler si grandes ? Quelle est cette maladie nouvelle, cette insatiabilité ? Pourquoi, après avoir lié nos mains, avons-nous armé nos langues ? Ne louons-nous pas l’hospitalité ? N’admirons-nous pas l’amour fraternel, l’amour pour le mari, la virginité, le soin de nourrir les pauvres ? N’admirons-nous pas la psalmodie, les veilles debout durant toute la nuit, les larmes ? Ne mortifions-nous pas notre corps par les jeûnes ? Ne quittons-nous pas notre demeure pour aller vers Dieu par la prière ? Ne soumettons-nous pas ce qui est inférieur à ce qui est supérieur, je veux dire la poussière à l’esprit, comme il convient à ceux qui jugent équitablement de ce composé ? Ne faisons-nous pas de notre vie un apprentissage de la mort ? Ne nous établissons-nous pas maîtres de nos passions, en nous souvenant de notre noblesse d’en haut ? Ne domptons-nous pas la colère qui s’enfle et s’exaspère ? Ne domptons-nous pas l’orgueil qui nous abat, la tristesse déraisonnable, le plaisir sans discipline, le rire impudique, le regard déréglé, l’oreille insatiable, la parole sans mesure, la pensée extravagante, tout ce que le Malin prend chez nous pour s’en servir contre nous, introduisant la mort par les fenêtres, comme le dit l’Écriture (Jr 9, 20), c’est-à-dire par les organes des sens ?
C’est donc tout le contraire : nous avons même accordé libre cours aux passions des autres, comme les rois accordent des amnisties pour célébrer leurs victoires, pourvu seulement qu’ils penchent de notre côté et se portent contre Dieu avec une audace accrue ; et nous donnons en retour un mal pour salaire d’une action qui n’a rien de bon : la liberté de tout dire pour prix de l’impiété.
8. Et pourtant, ô dialecticien et bavard, je te poserai une petite question ; « Et toi, réponds », dit à Job celui qui rend ses oracles à travers la tempête et les nuées (Jb 38, 1-3). Y a-t-il auprès de Dieu de nombreuses demeures, comme tu l’entends dire, ou une seule (Jn 14, 2) ? De nombreuses, accorderas-tu évidemment, et non une seule. Faut-il donc qu’elles soient toutes remplies, ou les unes seulement, et non les autres, de sorte que certaines restent vides et aient été préparées en vain ? Oui, toutes ; car rien de ce que Dieu a fait ne l’a été sans raison. Et cette demeure, pourrais-tu dire ce que tu entends par là ? Est-ce le repos de l’au-delà et la gloire réservée aux bienheureux, ou autre chose ? Rien d’autre que cela. Puisque nous en sommes convenus, examinons encore ce point. Y a-t-il quelque chose qui procure ces demeures, comme je le soutiens, ou n’y a-t-il rien ? Il y a assurément quelque chose. Quoi donc ? C’est qu’il existe diverses manières de vivre et diverses orientations de la volonté, et que chacune conduit en un lieu différent, selon la mesure de la foi (Rm 12, 6) ; c’est aussi ce que nous appelons des voies.
Faut-il donc parcourir toutes ces voies, ou quelques-unes seulement ? Si une même personne le peut, toutes ; sinon, le plus grand nombre possible ; sinon, quelques-unes ; et si cela même est impossible, c’est déjà beaucoup, à mon sens du moins, que d’en parcourir une seule avec excellence. Tu en juges correctement. Qu’en est-il donc ? Lorsque tu entends dire qu’il n’y a qu’une voie, et qu’elle est étroite, que te semble signifier cette parole (Mt 7, 14) ? Qu’elle est unique en raison de la vertu ; car celle-ci est une, même si elle se divise en de nombreuses branches ; et qu’elle est étroite en raison des sueurs qu’elle exige et du petit nombre de ceux qui peuvent la parcourir, comparé à la multitude de ceux qui suivent les voies opposées et de tous ceux qui cheminent dans le vice. Tel est aussi mon avis.
Pourquoi donc, excellent homme, s’il en est ainsi, comme si vous aviez condamné notre doctrine pour quelque indigence, délaissez-vous toutes les autres voies pour vous porter et vous presser vers cette seule voie, celle du raisonnement et de la contemplation, à ce que vous pensez, mais, à ce que je dis, du bavardage et des discours extravagants ? Que Paul vous réprimande, lui qui vous en fait un reproche amer après l’énumération des dons de la grâce, lorsqu’il dit : « Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? » et ce qui suit (1 Co 12, 29).
9. Soit donc ! Tu es élevé, au-delà même des êtres élevés et, si tu le veux, au-dessus des nuées, toi qui contemples les choses invisibles, qui entends les choses ineffables, qui, après Élie, es emporté dans les hauteurs (2 R 2, 11), qui, après Moïse, as été jugé digne d’une manifestation de Dieu (Ex 33, 18-23), qui, après Paul, es monté au ciel (2 Co 12, 2-4). Mais pourquoi façonnes-tu aussi les autres en saints en un seul jour, les institues-tu théologiens, leur insuffles-tu, pour ainsi dire, l’instruction, et as-tu constitué tant d’assemblées de savants ignorants ? Pourquoi enlaces-tu les plus faibles dans des toiles d’araignée, comme si c’était là quelque chose de sage et de grand ? Pourquoi soulèves-tu des essaims de guêpes contre la foi ? Pourquoi nous improvises-tu une éclosion de dialecticiens, comme jadis les mythes faisaient surgir les géants ? Pourquoi, après avoir rassemblé dans un même ravin, comme un amas de détritus, tout ce qu’il y a parmi les hommes de léger et de sans courage, et l’avoir encore efféminé par la flatterie, as-tu créé un nouvel atelier d’impiété, exploitant non sans habileté leur déraison ?
Contestes-tu cela aussi ? Et tout le reste n’est-il rien pour toi ? Faut-il absolument que ta langue exerce sa tyrannie, et ne peux-tu contenir les douleurs d’enfantement de ta parole ? Tu as bien d’autres sujets, nombreux et propres à satisfaire ton ambition. Tourne de ce côté ta maladie, en la rendant utile. Attaque-moi le silence de Pythagore, les fèves orphiques et cette prétention d’un genre nouveau qui s’attache au « Il l’a dit lui-même ». Attaque-moi les idées de Platon, les passages de nos âmes d’un corps à l’autre et leurs révolutions, les réminiscences et ces amours sans beauté qui, à travers les beaux corps, vont à l’âme ; l’athéisme d’Épicure, ses atomes et son plaisir si peu philosophique ; la providence mesquine d’Aristote, ses artifices, ses propos qui rendent l’âme mortelle et le caractère tout humain de ses doctrines ; la morgue du Portique, la gourmandise et la grossièreté des Cyniques. Attaque-moi ce vide plein de divagations, toutes les fables prodigieuses que l’on débite sur les dieux ou les sacrifices, sur les idoles, sur les démons bons et malfaisants, sur la divination, l’évocation des dieux, l’évocation des âmes, la puissance des astres.
Mais si tu dédaignes de parler de ces choses, les tenant pour insignifiantes et maintes fois réfutées, et si tu te tournes vers ce qui t’est propre, en y cherchant de quoi satisfaire ton ambition, je t’ouvrirai là encore de larges voies. Philosophe-moi sur le monde ou les mondes, sur la matière, sur l’âme, sur les natures raisonnables, supérieures et inférieures, sur la résurrection, le jugement, la rétribution, les souffrances du Christ. Car, en ces matières, atteindre le vrai n’est pas sans utilité, et se tromper est sans danger. Quant à Dieu, nous nous entretiendrons avec lui, maintenant dans une faible mesure, mais un peu plus tard peut-être d’une manière plus parfaite, dans le Christ Jésus lui-même, notre Seigneur, à qui soit la gloire pour les siècles. Amen.
