Dialogue avec Moïse le prophète jeûnant
Une méditation de carême d’après saint Jacques de Saroug
- 01 — Un dialogue de carême avec Moïse
- 02 — Moïse et l’illumination de son esprit par le jeûne
- 03 — Moïse jeûna quarante jours et s’illumina, Adam mangea puis chuta

Dialogue avec Moïse le prophète jeûnant
Une méditation de carême d’après saint Jacques de Saroug
Père Tadros Y. Malaty · 27 août 2026 · 11 min de lecture · 8 vues
En s’inspirant des explications de Saint Jacques de Saroug, je nous imagine, avec le début du carême, invités à un dialogue avec le grand parmi les prophètes Moïse, nous disant : « Allons rencontrer Moïse le prophète pour le questionner sur le Carême. Est-il nécessaire ? Comment s’y préparer ? Comment le pratiquer ? »
Demandons-lui : « Que doit-t-on faire le dimanche de la préparation ? » Il nous répond en disant : « Comme je suis triste de la mauvaise interprétation du concept de la préparation. Il ne s’agit pas de se préparer au Carême en organisant des tables appétissantes. Cependant, la véritable préparation pour le croyant consiste à englober l’humanité entière par l’amour réel, tout en s’élevant avec elle à travers la croix, et la pâque, afin qu’on puisse tous ensemble voir ce Dieu ressuscité d’entre les morts… le Sauveur du monde. »
Que voulez-vous dire, ô Père Moïse ?
Lorsque le Seigneur m’invita à monter sur le mont Sinaï, il ne me demanda pas de jeûner, aussi ma pensée ne fut point troublée par ce que j’allais manger sur cette montagne. Je ne me demandais pas non plus, si j’allais trouver un puits ou une source d’eau pour boire tout au long de ces quarante jours ? Je me sentais porté par les bras éternels, je mis le peuple de Dieu dans mon cœur. Je désirais même porter toute l’humanité, afin que nous puissions profiter ensemble de cette rencontre avec Dieu, et cet échange avec Lui. En effet, ma nature est comme celle de tous mes frères, mon corps a besoin de se nourrir et de boire. Cependant, je ne ressentis aucune faim, aucune soif, aucun besoin de sommeil, parce que je ne cherchais que le Salut de mes frères, et je ne désirais que Dieu. Les quarante jours passèrent tel un battement de cils. Je discutais avec Dieu comme un homme qui parle à son ami (Exode 33 : 11). Est-ce que j’étais sur terre ou au ciel ? Même ceci ne me préoccupait point.
Tu es le Grand parmi les prophètes, quant à nous, nous sommes faibles, et les tentations nous entourent de tout côté, car Satan veut nous séparer de Dieu. Alors, comment devrions-nous jeûner comme toi ? Ne dites pas cela ! Dieu est très proche de vous. Il est même plus proche que vos familles et vos amis, car il est dans vos cœurs. Vous n’avez pas besoin de gravir la montagne comme moi pour exercer le jeûne, mais vous pouvez le pratiquer dans vos églises, vos demeures, votre travail, durant votre sommeil, et voire même lorsque vous mangez, buvez ou même quand vous parlez avec les gens. Comment exercer le jeûne ainsi de manière pratique ? Écoutez-moi mes enfants, la période du Carême est la dynamo qui pousse votre vie à s’élever tout au long de l’année de gloire en gloire (2 Corinthiens 3 :18), à travers votre rencontre avec votre Sauveur, le désir de tous les peuples !
Lorsque vous vous réveillez et avant de vous lever de votre lit, que vos cœurs clament vers votre Messie : « Que ton Saint-Esprit œuvre en nous, que ce jour soit le jour du Seigneur. Fais que nous puissions nous rappeler de Toi avec chaque souffle. Purifie nos cœurs, nos pensées, nos sens et tout notre être par l’esprit de consécration, afin que nous devenions tes ambassadeurs devant les hommes et les anges » (2 Corinthiens 5 : 20). Demandez une garde renforcée pour votre bouche (Psaumes 141 : 3) et qu’elle se taise, afin que Dieu parle en vous, même pendant votre travail. Il est bon que vous ayez une organisation dans votre adoration quotidienne, non par la lettre qui tue mais par l’Esprit vivifiant. Que les prières de l’Agpeya, pénètrent et se mélangent aux cris de votre cœur, afin qu’elles demandent au Christ de vous accompagner, et pour que vous le rencontriez, que vous vous entreteniez avec Lui et qu’il vous révèle ses mystères.
Mes bien-aimés, prenez garde à l’égoïsme ! Priez pour le monde entier, pour les non-croyants, les pécheurs, l’Église, l’assemblée, vos familles et dernièrement pour vous-mêmes ! Priez avec un esprit d’amour et de modestie. Dieu vous demande que le jeûne et la prière soient accompagnés de l’aumône (Matthieu 6). En effet, lors de la visite de la Sainte Vierge Marie à Élisabeth, elle ne lui offrit pas de nourritures, ni d’habits pour l’enfant, mais elle offrit le Christ incarné dans ses entrailles. Il s’agit de la plus grande offrande, nécessaire au monde entier. Mes enfants, souvenez-vous qu’Élie, ainsi que moi-même, n’avions vu le Christ transfiguré sur le mont Thabor, que lorsque nous avions jeûné quarante jours. Tout cela nous fit ressentir que Moïse le prophète était attiré vers les cieux avec son cœur tout entier.
Nous aurions aimé échanger plus longtemps avec lui, pour profiter de ses expériences avec Dieu, néanmoins nous l’avons remercié pour les minutes pendant lesquelles il discuta avec nous, en espérant le rencontrer encore une ou plusieurs fois dans le Seigneur.
