Déclaration commune de foi christologique entre les papes Paul VI et Shénouda III (1973)
- 01 — La foi commune
- 02 — Les divergences théologiques
- 03 — Création d’une Commission mixte
- 04 — Le prosélytisme

Déclaration commune de foi christologique entre les papes Paul VI et Shénouda III (1973)
Sa Sainteté Chenouda III · 20 août 2016 · 5 min de lecture · 3 885 vues
Paul VI a reçu, le 5 mai 1973, S. S. Amba Shenouda III, Pape d’Alexandrie et Patriarche de l’Église de la prédication de saint Marc, qui a été son hôte du 4 au 10 mai 1973. C’était la première fois qu’un chef de cette Église venait à Rome depuis le Concile de Chalcédoine (451).
Voici le texte de la déclaration commune qui a été signée le 10 mai 1973 par Paul VI et le patriarche Shenouda, dans la tour Saint-Jean, au moment de la visite d’adieu du Pape au Patriarche,
Paul VI, évêque de Rome et Pape de l’Église catholique, et Shenouda III, Pape d’Alexandrie et Patriarche du siège de saint Marc, rendent grâce à Dieu dans le Saint-Esprit qu’après ce grand événement que fut le retour des reliques de saint Marc en Égypte, les relations se sont développées entre les Églises de Rome et d’Alexandrie, au point qu’elles ont pu maintenant se rencontrer personnellement. Au terme de leurs rencontres et de leurs conversations, elles désirent déclarer ensemble ce qui suit :
Nous nous sommes rencontrés dans le désir d’approfondir les relations entre nos églises et de trouver les moyens concrets de surmonter les obstacles existant sur la voie de notre réelle coopération au service de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous a donné le ministère de la réconciliation pour réconcilier le monde avec lui-même (2 Co 5, 18-20).
En accord avec nos traditions apostoliques transmises à nos Églises et conservées en elles, et en conformité avec les trois premiers Conciles œcuméniques, nous confessons une seule foi en l’unique Dieu un en trois Personnes, la divinité du Fils unique incarné de Dieu, deuxième Personne de la Sainte Trinité, Logos de Dieu, splendeur de sa gloire et image fidèle de sa substance, qui s’est incarné pour nous en prenant pour lui-même un corps réel avec une âme raisonnable, et qui avec nous a partagé notre humanité, à l’exclusion du péché.
Nous confessons que notre Seigneur et Dieu, Sauveur et Roi de nous tous, Jésus-Christ, est Dieu parfait pour ce qui est de sa divinité, et homme parfait pour ce qui est de son humanité. En Lui sa divinité est unie à son humanité ; cette union est réelle, parfaite, sans mélange, sans commixtion, sans confusion, sans altération, sans division, sans séparation.
Sa divinité n’a été séparée de son humanité à aucun instant, pas même pendant un clignement d’oeil. Lui, qui est Dieu éternel et invisible, est devenu visible dans la chair et a pris la forme de serviteur.
En Lui sont conservées toutes les propriétés de la divinité et toutes les propriétés de l’humanité, unies d’une façon réelle, parfaite, indivisible et inséparable.
La vie divine nous est donnée et est alimentée en nous par les sept sacrements du Christ dans son Église : le baptême, le saint chrême (la confirmation), la sainte eucharistie, la pénitence, l’onction des malades, le mariage et les saints ordres.
Nous vénérons la Vierge Marie, Mère de la vraie Lumière, et nous confessons qu’elle est la Mère de Dieu toujours vierge.
Elle intercède pour nous et, étant Theotokos (Mère de Dieu), sa dignité dépasse celle de tous les chœurs des anges.
Nous avons dans une large mesure, la même conception de l’Église, fondée sur les apôtres, et du rôle important des Conciles œcuméniques et locaux.
Notre spiritualité est bien et profondément exprimée dans les rituels et dans la liturgie de la messe qui contient le centre de notre prière publique et le sommet de notre incorporation au Christ dans son Église.
Nous observons les jeûnes et les fêtes de notre foi.
Nous vénérons les reliques des saints et nous implorons l’intercession des anges et des saints, ceux qui vivent et ceux qui sont morts.
Ils constituent une phalange de témoins dans l’Église.
Eux et nous attendons dans l’espérance la seconde venue de Notre-Seigneur lorsque sa gloire se révélera pour juger les vivants et les morts.
