Contre les Vices
- 01 — Homélie sur ce sujet : qu’il ne faut pas divulguer les défauts de ses frères ni prier pour qu’il arrive du mal a ses ennemis
- 02 — 1. Je vous félicite, mes bien-aimés, du zèle qui vous fait tous accourir dans la maison de votre Père ; ce zèle que vous témoignez, est un garant de la santé de votre âme, et nous sommes rempli de confiance ; c’est qu’aussi c’est une admirable médecine, que l’enseignement de l’Église ; médecine, non du corps, mais de l’âme ; médecine spirituelle, qui ne guérit pas les blessures de la chair, mais les péchés de l’esprit
- 03 — 2. Mon intention n’est pas, en parlant ainsi, de blâmer, quels qu’ils soient, tous les riches, de vanter quels qu’ils soient, tous les pauvres ; car les richesses ne sont pas un mal, ce qui est un mal, c’est l’abus ; la pauvreté n’est pas un bien, ce qui est un bien, c’est le bon usage de la pauvreté
- 04 — 3. Donc, n’accusons pas la richesse, ne blâmons pas la pauvreté d’une manière absolue ; blâmons seulement ceux qui ne savent pas s’en servir. Quant aux choses, elles sont, d’elles-mêmes, indifférentes
- 05 — 4. Hier, assurément, vous avez entendu l’éloge que j’ai fait de la vertu de la prière, le blâme, que j’ai adressé à ceux qui la négligent, et cependant je n’ai montré du doigt personne, d’où il est arrivé, clac tous, ceux d’entre vous qui ont conscience de leur zèle pour prier, se sont appliqué l’éloge qui a été fait de la prière ; et que cet éloge a ranimé leur zèle : que ceux, au contraire, qui ont la conscience de leur négligence, se sont appliqué le reproche, et ont renoncé à leur négligence
- 06 — 5. Hier, nous vous avons entretenus de la vertu de la prière, je vous ai montré comment, lorsque nous prions, le démon, n’écoutant que sa malice, nous dresse des piéges
- 07 — 6. Hier, vous avez entendu comment les trois jeunes hommes chargés de chaînes, ont réprimé la violence du feu, ont foulé aux pieds la flamme, ont vaincu la fournaise, ont triomphé des éléments
- 08 — 7. Les réflexions présentes peuvent être utiles à nos moeurs, il nous faut toucher ici la cause de la stérilité de ces femmes. Quelle en fut donc la cause ?
- 09 — 8. Et maintenant, considérez la parfaite sagesse qui se manifeste ici ; ni cette supériorité si haute n’altère en rien la ressemblance, la parenté qui l’unit à. nous ; ni cette parenté que nous avons avec lui, n’obscurcit en rien l’éclat de cette supériorité ; ressemblance et supériorité ont parti en toutes choses ; d’une part, ressemblance parfaite, d’autre part, complète différence
- 10 — 9. J’aurais bien voulu ajouter encore d’autres réflexions, et vous donner d’autres raisons de la stérilité de Rébecca et de Rachel ; mais le temps me presse, et je me hâte de vous montrer la vertu de la prière ; car toutes nos digressions ont eu pour but de vous faire comprendre l’efficacité des prières d’Isaac pour faire cesser la stérilité de son épouse, et la longueur du temps qu’ont duré ces prières. Isaac, dit le texte, priait pour Rébecca son épouse, et Dieu l’exauça. (Gen. XXV, 21.)
- 11 — 10. Eh bien ! ne rougissons-nous pas, ne sommes-nous pas confondus, quand nous voyons ce juste, pendant vingt ans, attendre, sans perdre l’espoir, tandis que nous, trop souvent, après une ou deux demandes, nous nous décourageons, nous nous indignons ; et cependant cet homme juste était en grande faveur auprès de (273) Dieu il se résignait à voir le don différé ; il attendait avec patience ; mais nous, souillés de péchés sans nombre, nous en qui habite une conscience tourmentée, nous qui n’avons aucune affection pour le Seigneur, si nous ne sommes pas exaucés avant d’avoir parlé, nous perdons courage, nous nous indignons, nous renonçons à la prière ; ce qui fait que, nous nous en allons toujours les mains vides. Quel homme a prié Dieu pendant vingt ans, faisant toujours la même prière, comme a fait ce juste ? Disons mieux, quel homme a prié Dieu vingt mois seulement ?
- 12 — 11. Mais il convient de les entendre un peu, ces prières, ces prières puériles, vraies prières d’enfant ; j’ai honte, je l’avoue, de les réciter, mais il est absolument nécessaire de les dire, d’imiter ce langage d’un ignorant mal élevé. Quelles sont donc ces prières ?
- 13 — 12. Mais vous, voyez donc combien vous êtes plus insensés encore, et plus dépourvus de tout sentiment, quand vous priez contre vos ennemis

Contre les Vices
Saint Jean Chrysostome · 22 juin 2016 · 30 min de lecture · 3 062 vues
1° et 2° L’Église guérit les âmes ; elle. ne vend pas ses remèdes ; ceux-ci conservent une efficacité qui est toujours la même ; ils agissent sur toutes les personnes de bonne volonté, sur les pauvres mieux encore que sur les riches.
- 3°- 4° La richesse et la pauvreté, choses en soi indifférentes, deviennent bonnes ou mauvaises par l’usage que l’on en fait. *
5° Le démon redouble la vigueur de ses attaques contre nous lorsque nous prions.
6°- 9° Je vous parlais hier de la puissance de la prière et voici que la lecture d’aujourd’hui nous fournit une preuve de cette même puissance. La prière a donné un enfant à Isaac dont la femme était stérile. Isaac pria vingt ans. Sarra, Rébecca, Rachel, Elisabeth enfantèrent malgré leur stérilité naturelle afin de préparer lés hommes à la foi dans l’enfantement, beaucoup plus miraculeux, d’une vierge.
10° - 11° C’est faire outrage à Dieu que de demander la punition de nos ennemis.
