La consécration et l’épiclèse dans le missel copte
Les formules des trois anaphores coptes, d’après vingt et un témoins manuscrits
- 01 — Les dialectes et le nombre des anaphores
- 02 — La restauration de Gabriel ibn Tarik
- 03 — La croyance de l’Église d’Égypte
- 04 — Les manuscrits collationnés
- 05 — Les paroles sacramentelles et les synoptiques
- 5.1 — Formule de la consécration du pain
- 5.2 — Formule de la consécration du vin
- 06 — Anaphore de notre saint père Basile le Grand, archevêque de Césarée de Cappadoce
- 6.1 — Consécration
- 6.2 — Épiclèse
- 07 — Anaphore de saint Grégoire le Théologien
- 7.1 — Consécration
- 7.2 — Épiclèse
- 08 — Anaphore de notre père Marc l’évangéliste, mise en ordre par le trois fois bienheureux saint Cyrille
- 8.1 — Consécration
- 8.2 — Épiclèse

La consécration et l’épiclèse dans le missel copte
Les formules des trois anaphores coptes, d’après vingt et un témoins manuscrits
Marius Chaîne · 02 septembre 2026 · 17 min de lecture · 2 vues
Le missel copte, pour prendre une comparaison avec des livres liturgiques connus, nous offre une combinaison de deux livres de la liturgie grecque : l’Εὐχολόγιον et le Λειτουργικόν. En outre de certaines matières se rapportant au Pontifical et au Rituel, il contient différents offices, soit du matin, soit du soir, qui se font aux Matines, à Prime ou aux Vêpres, et enfin la liturgie de la messe avec les réponses propres au diacre assistant et au peuple. Cette dernière section se divise en deux parts. La première renferme la Prothèse et l’ensemble des prières dites messe des catéchumènes. La seconde contient l’ordre du sacrifice, l’action comme elle est appelée dans le missel de l’Église latine. La première partie, que nous appellerons le commun, se lit à toutes les messes indistinctement, elle est invariable. La seconde se présente sous trois formes différentes ; elle varie suivant les temps et les fêtes, c’est ce qu’on nomme l’anaphore. La première anaphore est désignée sous le nom d’anaphore de saint Basile, la seconde est dite de saint Grégoire le théologien, la troisième de saint Cyrille ou de saint Marc.
Ces trois anaphores sont lues aujourd’hui en dialecte bohaïrique dans toute l’Égypte. C’est la langue du rituel de l’Église de saint Marc, celle même du siège du patriarche fixé au Caire, bien que du titre d’Alexandrie. Le bohaïrique ne fut pas cependant toujours l’unique dialecte adopté en Égypte dans l’usage du rituel. Durant de longs siècles, les différentes régions de l’Égypte se servirent de leur dialecte respectif dans la célébration des différents offices liturgiques ; nombre de documents parvenus jusqu’à nous attestent cet antique usage1.
Pareillement, le nombre des anaphores fixé à trois, qui semble remonter aux premiers âges de l’organisation de l’église d’Égypte, ne se maintint pas toujours d’une façon uniforme au cours des temps. Nous possédons dans plusieurs bibliothèques d’Europe des fragments de certaines liturgies totalement différentes des trois anaphores reçues, ce sont des témoins irrécusables du fait que nous avançons2. Le relâchement du lien qui unissait les diverses communautés chrétiennes d’Égypte au siège patriarcal d’Alexandrie fut sans doute la source de ces innovations que nous venons de signaler. À la suite des vexations continuelles infligées aux chrétiens par les califes entravant l’action des patriarches, une sorte d’autonomie s’était établie en certaines régions, particulièrement dans la Haute-Égypte, et, soit ignorance, soit amour de la nouveauté, peu à peu on s’était écarté de l’antique observance. Mais l’autorité ecclésiastique, bien que réduite à l’impuissance, était attentive à tout ce qui se passait chez les siens. Elle ne laissa point s’établir de prescriptions contraires au rituel traditionnel et, au retour du calme et de la paix, elle s’empressa de ramener tout le monde à l’observation des premiers usages.
