Chronique — chapitres LXXXI à LXXXIX
- 01 — Chapitre LXXXI — Lorsque la guerre fut terminée, Jovien, l’empereur chrétien, quitta la Perse et ramena…
- 02 — Chapitre LXXXII — Après la mort de Jovien, l’ami de Dieu, régna Valentini en
- 03 — Chapitre LXXXIII — Mais voici les illustres empereurs, Grati en et Théodose, les serviteurs de Dieu, qui…
- 04 — Chapitre LXXXIV — Après la mort de l’empereur Théodose, l’ami de Dieu, son empire passa à ses deux fils…
- 05 — Chapitre LXXXV — Peu de temps après cet événement, les juifs d’un endroit nommé Cimétéria, situé entre…
- 06 — Chapitre LXXXVI — Un juif, nommé Phîskis, s’attribua par imposture le rôle suivant
- 07 — Chapitre LXXXVII — L’empereur Théodose, lorsque, dans son enfance, il apprenait les saintes Écritures…
- 08 — Chapitre LXXXVIII
- 09 — Chapitre LXXXIX — Le pieux empereur Zénon étant mort, Anastase, l’empereur chrétien, qui vivait dans la…

Chronique — chapitres LXXXI à LXXXIX
Jean de Nikiou · 1883 · 87 min de lecture · 7 vues
Lorsque la guerre fut terminée, Jovien, l’empereur chrétien, quitta la Perse et ramena sains et saufs les soldats qui avaient échappé à la mort. Mais tous ceux qu’il voyait dans les mauvais sentiments de Julien, le tyran, il les extermina et les fit disparaître. Il ouvrit, sans retard, les églises de Constantinople et ferma les temples. Il restitua aux chrétiens les villes que Julien leur avait enlevées et établit dans toutes ses provinces des gouverneurs chrétiens ; il détruisit les temples jusqu’à leurs fondements, et le nombre des païens diminua. Il prohiba aussi la religion des Ariens, qui étaient hostiles au Christ ; car il était orthodoxe, sans fléchir, et adorait sincèrement la sainte Trinité, qui donne la vie à tous. L’éclat qu’il répandait par ses actions, ainsi que par sa foi orthodoxe et ferme, était comme la lumière du soleil ; il était plein de vertus et il prodiguait ses bienfaits à tous les hommes de son temps.
Il adressa à toutes les provinces de l’empire romain une ordonnance ainsi conçue : Jovien, Pieux, Auguste, souverain empereur, maître de l’univers, à tous les chrétiens de mon empire. Je vous recommande à Dieu et me réjouis avec vous au sujet de la sainte église qui est au milieu de la cité comme le nombril au milieu du ventre. Elle a triomphé d’une manière éclatante de tous ceux qui l’avaient combattue. Elle a été l’objet du ressentiment de l’empereur Julien, qui l’a fait fermer. J’en ordonne la réouverture ; qu’elle soit rendue à sa paisible existence, afin que le pur et saint sacerdoce y puisse être conféré et que l’on y fasse monter au ciel des prières, que Dieu voudra exaucer avec faveur. Empressons-nous donc de l’ouvrir, accomplissons ses offices, honorons ses ministres, afin que tout le peuple et l’armée de Rome y accourent ; car elle leur a été donnée par le Seigneur clément et miséricordieux, pour qu’ils s’y livrassent à la prière et à des supplications avec une ferveur parfaite.
Jovien adressa aussi une lettre à saint Athanase l’apostolique, patriarche d’Alexandrie, pour qu’il revînt dans sa ville avec honneur. Cette lettre était conçue en ces termes : De la part de Jovien, empereur, à saint Athanase, l’ami de Dieu. Nous admirons ta personne, ta sage conduite, tes relations avec les empereurs, tes vertus chrétiennes et tes nobles efforts pour la cause de Notre-Seigneur Jésus-Christ (qu’il soit loué !). Nous te demandons, ô maître vénérable, qui as supporté tant de peines ; qui n’as pas cédé à ceux qui t’ont persécuté, ni reculé devant les périls qui ont fondu sur toi ; qui as réduit à néant la haine et la colère et qui ne t’en es pas plus soucié que d’un fétu de paille, en suivant les traces de la foi orthodoxe jusqu’au bout, laissant l’exemple de ta vie héroïque à tes successeurs que tu as liés par une foi parfaite et par la vertu ; nous te demandons de revenir à présent, dans nos États, de reprendre ton enseignement salutaire, de garder l’Église, de gouverner le peuple du Christ et d’adresser tes ferventes prières à Dieu, pour nous et notre empire, afin que par ta prière nous trouvions le salut.
Car nous croyons que nous obtiendrons l’assistance de Dieu Très-Haut, lorsqu’elle sera demandée par ta pure et sainte bouche, dont les paroles sont inspirées par le Saint-Esprit. Nous t’adressons cette lettre, pour Rengager à éclairer le peuple de la lumière du Christ, à abolir les idoles que Dieu déteste, et à abolir aussi l’hérésie des Ariens, que nous avons chassés, pour que nous obtenions notre salut par ta prière.112 « Saint Athanase, l’apostolique, lumière du monde, après avoir lu cette lettre, convoqua les saints évêques et les vénérables docteurs, et composa deux traités : l’un sur le Verbe de Dieu qui est l’une des trois personnes de la sainte Trinité ; l’autre sur les préceptes du Christ. Puis il adressa à saint Basile, qui méditait constamment sur les œuvres de Dieu et cherchait à les comprendre, une lettre ainsi conçue : Le pieux empereur Jovien, adhère complètement et avec empressement à la foi orthodoxe du concile de Nicée. Réjouis-toi donc : il est orthodoxe et il a rétabli la foi véritable de la sainte Trinité.
L’empereur Jovien acheva sa carrière paisiblement et pieusement, faisant ce qui est agréable à Dieu. Alors, s’étant mis en route pour se rendre à Byzance, il contracta une maladie ; il traversa la Cilicie et la Galatie et vint dans une ville nommée Didastana, où il mourut. Le monde ne méritait pas de posséder un empereur tel que lui, qui était bon, pieux, clément, modeste, chrétien et orthodoxe.
