Chronique — chapitres CXI à la fin
- 01 — Chapitre CXI — Or Théodore, qui était commandant en chef en Égypte, après avoir été informé par les…
- 02 — Chapitre CXII — Or il régnait, à cause du mécontentement manifesté par l’empereur, une grande hostilité…
- 03 — Chapitre CXIII — Après la prise de Faiyoûm et de son territoire par les musulmans, Amr fit demander à…
- 04 — Chapitre CXIV — Lorsque les musulmans, accompagnés des Égyptiens, qui avaient renié le christianisme et…
- 05 — Chapitre CXV — Amr, le chef des musulmans, lutta pendant douze ans contre les chrétiens du nord de…
- 06 — Chapitre CXVI — Heraclius était très affligé de la mort de Jean, chef des milices, et de Jean le…
- 07 — Chapitre CXVII — Amr, chef de l’armée musulmane, ayant établi son camp devant la citadelle de Babylone…
- 08 — Chapitre CXVIII — La prise de la citadelle de Babylone et de la ville de Nikious par les musulmans…
- 09 — Chapitre CXIX — L’Égypte, de son côté, était en proie à Satan
- 10 — Chapitre CXX — Cyrus, le patriarche chalcédonien, n’était pas seul à désirer la paix : les habitants…
- 11 — Chapitre CXXI — Abbâ Benjamin, patriarche des Égyptiens, revint à Alexandrie, treize ans après qu’il…
- 12 — Chapitre CXXII — Maintenant glorifions Notre-Seigneur Jésus-Christ, et célébrons son saint nom en tout…

Chronique — chapitres CXI à la fin
Jean de Nikiou · 1883 · 41 min de lecture · 8 vues
319 Or Théodore, qui était commandant en chef en Égypte, après avoir été informé par les messagers de Théodose, préfet d’Arcadie, de la mort de Jean, général des milices,320 ramena toutes les troupes d’Égypte et les troupes auxiliaires, et se rendit à Lôqyôn, qui est une île. Car il craignait qu’à la suite du soulèvement des habitants de ce canton, les musulmans ne vinssent s’emparer du littoral de Lôkyôn321 et chasser la communauté de serviteurs de Dieu qui étaient (des fidèles) sujets de l’empire romain. Ses plaintes étaient plus tristes que l’élégie de David sur la mort de Saül, qui disait : « Comment les héros sont-ils tombés ? Comment les armes de guerre ont-elles été détruites ! » Car Jean, général des milices, n’était pas le seul qui eût été tué. Jean, de la ville de Mârôs, le général, avait également trouvé la mort dans le combat, ainsi que cinquante soldats qui l’accompagnaient à cheval. Mais je vais vous faire connaître brièvement ce qui arriva d’abord aux habitants du Faiyoûm.
Jean322 et ses compagnons, les guerriers que nous venons de mentionner, auxquels les Romains avaient confié la garde du canton, avaient placé d’autres gardiens près de la pierre de la ville de Lâhoûn, pour y rester constamment en observation et pour avertir le commandant des milices des mouvements des ennemis ; ils avaient ensuite pris quelques chevaux et une troupe de soldats et de tireurs d’arc, et avaient marché contre les musulmans, se proposant de les arrêter. Les musulmans s’étant dirigés vers le désert, enlevèrent un grand nombre de moutons et de chèvres de la montagne, sans que les Égyptiens en eussent connaissance. Puis, lorsqu’ils parurent devant Behnesâ, toutes les troupes qui se trouvaient avec Jean au bord du fleuve accoururent, et ils furent empêchés, pour cette fois, de pénétrer dans le Faiyoûm.
Le général Théodose, en apprenant l’arrivée des Ismaélites, se transportait d’un lieu à l’autre, afin d’observer les mouvements de ces ennemis. Les Ismaélites vinrent, massacrèrent le chef de l’armée et tous ses compagnons et se rendirent maîtres de la ville.323 Quiconque se rendait auprès d’eux, fut massacré ; ils n’épargnèrent personne, ni vieillards, ni femmes, ni enfants. Ils se tournèrent ensuite contre le général Jean. Celui-ci et ses compagnons prirent leurs chevaux et se cachèrent dans les clos et les plantations, pour se dérober aux ennemis ; puis ils marchèrent, pendant la nuit, vers le grand fleuve d’Égypte, vers Abôït,324 où ils espéraient être en sûreté. Or tout cela venait de Dieu. Le chef de partisans qui était avec Jérémie, renseigna l’armée musulmane sur les Romains qui étaient cachés ; les musulmans les atteignirent et les massacrèrent.
Lorsque cette nouvelle parvint au général Théodose, et à Anastase, qui alors se trouvaient à une distance de 12 milles de la ville de Nikious, ils se rendirent immédiatement à la citadelle de Babylone et y demeurèrent, envoyant à Abôït le général Léonce. Celui-ci était un homme obèse, sans vigueur, ignorant la pratique de la guerre. Voyant que l’armée égyptienne et Théodore combattaient les musulmans et qu’ils sortaient fréquemment de la ville de Faiyoûm, pour prendre la ville,325 il retourna avec la moitié des troupes à Babylone, pour rendre compte de la situation aux gouverneurs,326 tandis que l’autre moitié resta avec Théodore.
Théodore ayant, après de longues recherches, retrouvé le corps de Jean qui avait été jeté dans le fleuve, l’en fit retirer au moyen d’un filet, en manifestant une grande douleur, le fit placer dans une bière, et le fit conduire auprès des gouverneurs, qui l’envoyèrent à Heraclius,
Ceux (d’entre les Romains) qui se trouvaient en Égypte cherchaient un refuge dans la citadelle de Babylone. Ils attendaient Théodore le général, afin d’attaquer les Ismaélites avec leurs forces réunies, avant la crue du fleuve et la période des semailles, alors que l’on ne pourrait pas faire la guerre, de crainte que les semailles ne fussent détruites, et les habitants exposés à mourir de faim avec leurs enfants et leur bétail.327
