Des avantages du veuvage, lettre à Julienne
- 01 — Chapitre premier — But de l’auteur
- 02 — Chapitre II — Les veuves, dans le langage de l’apôtre
- 03 — Chapitre III — La viduité, supérieure au mariage
- 04 — Chapitre IV — Des secondes noces permises
- 05 — Chapitre V — La viduité et le mariage
- 06 — Chapitre VI — Si les femmes peuvent être saintes de corps
- 07 — Chapitre VII — Les saintes femmes de la loi ancienne se mariaient par obéissance
- 08 — Chapitre VIII — Le mariage avant et après Jésus-Christ
- 09 — Chapitre IX — Se marier après le voeu de continence est un crime
- 10 — Chapitre X — Un tel mariage est-il un adultère
- 11 — Chapitre XI — Le mariage des vierges relapses est plus qu’un adultère
- 12 — Chapitre XII — Des troisièmes et quatrièmes noces
- 13 — Chapitre XIII — Parmi les veuves a laquelle donner la préférence
- 14 — Chapitre XIV — Comparaison entre trois veuves
- 15 — Chapitre XV — Résumé de ce qui précède
- 16 — Chapitre XVI — Seconde partie de cet ouvrage. Premier devoir, rendre graces a Dieu
- 17 — Chapitre XVII — Erreur des pélagiens
- 18 — Chapitre XVIII — L’efficacité de l’exhortation vient de la grace
- 19 — Chapitre XIX — La veuve doit travailler a plaire a Dieu
- 20 — Chapitre XX — Mépris des séductions du monde
- 21 — Chapitre XXI — Délices spirituelles du veuvage
- 22 — Chapitre XXII — Prendre soin de sa réputation
- 23 — Chapitre XXIII — Attirer a la chasteté. Conclusion

Des avantages du veuvage, lettre à Julienne
Saint Augustin · 54 min de lecture · 6 vues
Inférieure en mérite à la chasteté virginale, la chasteté des veuves l’emporte sur l’état conjugal. C’est Dieu qui accorde la grâce de cette chasteté. La conserver avec soin et veiller sur sa réputation.
Augustin, évêque, serviteur du Christ et des serviteurs du Christ, à Julienne, servante dévouée de Dieu, salut en Jésus-Christ, le Seigneur des seigneurs.
1. Désireux de répondre, le plus tôt possible, à votre demande, à ma-promesse et à votre affection chrétienne, je fais trêve, un instant, à mes plus pressantes occupations, pour vous adresser quelques mots. sur la profession de la sainte Viduité. Vous m’aviez fait de vive voix cette demande, et je n’avais pu vous refuser : mais bien souvent, par lettres, vous avez insisté sur la réalisation d’un engagement qui me liait réellement envers vous. Lorsque vous rencontrerez dans ce travail des choses qui vous paraîtront étrangères au genre de vie que vous menez vous et les vôtres ; il vous semblera peut-être sans utilité réelle pour vous, mais ne le jugez pas, si promptement, superflu. C’est à vous que je l’adresse, mais ce n’est pas pour vous uniquement qu’il a été écrit ; j’ai du ne pas oublier que par vous il serait utile à d’autres. Si donc vous croyez, de certaines idées, qu’elles ne vous ont jamais été nécessaires, ou qu’elles ne vous le sont plus, tandis qu’elles le sont à d’autres, ne craignez pas de les conserver et de les donner à lire ; de cette manière votre charité sera l’utilité d’autrui.
2. Dans tout ce qui regarde la vie et les moeurs, la conviction ne suffit pas, il faut aussi la persuasion. L’enseignement nous montre ce que nous devons faire, l’exhortation nous pousse à agir conformément à notre conviction. Quant à la doctrine, je ne puis que vous répéter celle de l’Apôtre. En effet, c’est dans la sainte Écriture que notre enseignement trouve sa règle immuable : gardons-nous donc « de vouloir être plus sages qu’il ne faut » ; nous devons, dit l’Apôtre, « nous tenir dans les bornes de la modération selon la mesure du don de la foi que Dieu a départie à chacun ». Il me suffira donc de vous exposer les paroles du saint Docteur, que je développerai selon l’inspiration que Dieu voudra bien m’accorder.
