Antirrhétique et Lettres
Les huit livres de l’Antirrhétique, les soixante-deux lettres et la Lettre à Mélanie
- 01 — Tome I. Antirrhétique
- 1.1 — Prologue
- 1.I — Contre les pensées de gourmandise
- 1.II — Contre les pensées de fornication
- 1.III — De l’amour de l’argent
- 1.IV — Des pensées du démon de la tristesse
- 1.V — De la colère
- 1.VI — De l’acédie
- 1.VII — De la vaine gloire
- 1.VIII — De l’orgueil
- 02 — Tome II. Lettres
- 2.1 — Lettre 1. La patience dans l’épreuve
- 2.2 — Lettre 2. Le champ et l’argent
- 2.3 — Lettre 3. L’accueil et la fidélité
- 2.4 — Lettre 4. Le discernement des pensées
- 2.5 — Lettre 5. Les fruits de ta lettre
- 2.6 — Lettre 6. Au milieu des tempêtes
- 2.7 — Lettre 7. L’âme dispersée dans le monde
- 2.8 — Lettre 8. Entre louange et blâme
- 2.9 — Lettre 9. La brebis livrée aux loups
- 2.10 — Lettre 10. Le pain sec de l’accueil
- 2.11 — Lettre 11. Garder les portes du cœur
- 2.12 — Lettre 12. Une lettre douce comme miel
- 2.13 — Lettre 13. Le désir de solitude
- 2.14 — Lettre 14. La parenté des incorporels
- 2.15 — Lettre 15. La lumière de l’ascèse
- 2.16 — Lettre 16. Les embuscades des démons
- 2.17 — Lettre 17. Les pièges du chemin
- 2.18 — Lettre 18. Le conflit des pensées
- 2.19 — Lettre 19. La prière et la douceur
- 2.20 — Lettre 20. Chercher le Seigneur en actes
- 2.21 — Lettre 21. Consolation dans le deuil commun
- 2.22 — Lettre 22. Reconnaissance envers un père spirituel
- 2.23 — Lettre 23. Visiter les enfants de tes enfants
- 2.24 — Lettre 24. La douceur rassemble le troupeau
- 2.25 — Lettre 25. La vigilance du cœur
- 2.26 — Lettre 26. Demeurer dans le désert
- 2.27 — Lettre 27. La douceur ouvre la connaissance
- 2.28 — Lettre 28. Tenir ferme devant le dragon
- 2.29 — Lettre 29. La coupe de la sagesse
- 2.30 — Lettre 30. Veiller sur la liberté intérieure
- 2.31 — Lettre 31. Bénédictions pour ton hospitalité
- 2.32 — Lettre 32. Patience et miséricorde
- 2.33 — Lettre 33. Avarice et véritable sagesse
- 2.34 — Lettre 34. S’entretenir par l’âme
- 2.35 — Lettre 35. Reconnaissance depuis notre cellule
- 2.36 — Lettre 36. Une source d’amour
- 2.37 — Lettre 37. La récompense de l’amour
- 2.38 — Lettre 38. Les brûlures du désert
- 2.39 — Lettre 39. L’intellect et la vision de paix
- 2.40 — Lettre 40. Les douces réprimandes de l’amour
- 2.41 — Lettre 41. Les conditions de la moisson
- 2.42 — Lettre 42. Les remèdes du Seigneur
- 2.43 — Lettre 43. Les semences indélébiles de vertu
- 2.44 — Lettre 44. Les fleurs de nos lettres
- 2.45 — Lettre 45. Fuir le monde sans tarder
- 2.46 — Lettre 46. La vigne et le repentir
- 2.47 — Lettre 47. Partager le pain de connaissance
- 2.48 — Lettre 48. Garder intacte l’image de Dieu
- 2.49 — Lettre 49. Le véritable presbytérat spirituel
- 2.50 — Lettre 50. Consolation au fond du désert
- 2.51 — Lettre 51. Les pièges de la vaine gloire
- 2.52 — Lettre 52. Contre les louanges aux moines
- 2.53 — Lettre 53. Les désirs de l’âme incorporelle
- 2.54 — Lettre 54. L’arbre de vie dans les cœurs
- 2.55 — Lettre 55. Réprimande et combat des pensées
- 2.56 — Lettre 56. La douceur qui voit Dieu
- 2.57 — Lettre 57. Consolation après la mort paternelle
- 2.58 — Lettre 58. Demeurer dans la cellule
- 2.59 — Lettre 59. Une communion sans distance
- 2.60 — Lettre 60. L’amour libéré du monde
- 2.61 — Lettre 61. Les fruits de l’amour divin
- 2.62 — Lettre 62. La pureté qui rend voyant
- 03 — Tome III. Lettre à Mélanie

Antirrhétique et Lettres
Les huit livres de l’Antirrhétique, les soixante-deux lettres et la Lettre à Mélanie
Évagre le Pontique · 12 octobre 2026 · 224 min de lecture · 1 vue
Prologue§
Discours d’Évagre sur les huit pensées.
De la nature raisonnable qui est sous le ciel, une part combat, une autre vient en aide à celle qui combat, une autre encore combat celle qui combat, engage avec vigueur et soutient la lutte contre elle. Ceux qui combattent, ce sont les hommes ; ceux qui leur viennent en aide, ce sont les anges de Dieu ; leurs adversaires, ce sont les démons mauvais. Et ce n’est ni par la force et la fermeté des ennemis, ni par la nonchalance de ceux qui viennent en aide, mais par la faiblesse de ceux qui combattent, que la connaissance de Dieu s’efface et fait défaut.
Notre Seigneur Jésus-Christ, qui a tout transmis pour notre salut, nous a lui-même donné de marcher sur les serpents et les scorpions et sur toute la puissance du Mauvais ; et avec tout son enseignement, il nous a transmis ce qu’il a fait lui-même lorsqu’il fut tenté par Satan, afin qu’au temps du combat, quand les démons nous font la guerre et lancent sur nous leurs traits, nous leur répliquions par les saintes Écritures, de peur que les pensées impures ne demeurent en nous, n’asservissent l’âme au péché accompli en acte, ne la souillent et ne la plongent dans la mort du péché ; car « l’âme, dit-il, qui pèche mourra » (Ez 18, 4).
Lorsqu’en effet il n’y a pas dans l’intelligence de pensée droite capable de répliquer au Mauvais aisément et promptement, le péché s’accomplit. Et cela, l’Ecclésiaste nous l’a sagement montré en disant : « Il n’y a pas de prompte réplique de la part de ceux qui font le mal » (Qo 8, 11). Et Salomon dit encore dans ses Proverbes : « Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie, de peur de lui devenir semblable ; mais réponds-lui selon ta sagesse, de peur qu’il ne paraisse sage à ses propres yeux » (Pr 26, 4-5). Car celui qui accomplit une œuvre de folie et s’irrite contre son frère a répondu en acte à l’insensé selon sa folie, et il est devenu semblable aux démons, dont la fureur est la fureur des aspics (cf. Dt 32, 33). Mais celui qui use de longanimité et dit : « Il est écrit : Cesse ta colère et abandonne la fureur » (Ps 36, 8), celui-là a répondu à l’insensé contre sa folie, il a confondu la folie du démon et lui a montré qu’il machine quelque chose de contraire aux Écritures.
Et parce que les paroles qu’il faut dire contre nos ennemis, les démons amers, nous ne les trouvons pas promptement à l’heure du combat, étant dispersées dans les Écritures et difficiles à saisir, nous avons pour cette raison choisi avec soin les paroles des Écritures, afin que, armés de celles-ci, nous poursuivions vigoureusement les Philistins, nous tenant dans le combat comme des hommes puissants et des soldats de notre Roi victorieux, Jésus-Christ.
Et sachons ceci, bien-aimés : plus nous nous dressons contre eux dans le combat et répondons aux démons, plus ils s’aigrissent contre nous. Cela, nous l’apprenons de Job, qui dit : « Quand je commence à parler, ils me blessent » ; et encore de David, qui dit : « Quand je leur parlais de paix, ils me faisaient la guerre sans motif » (Ps 119, 7). Mais il ne nous convient pas de nous détourner d’eux ; il faut leur résister avec assurance dans la puissance de notre Sauveur. Si en effet nous croyons dans le Christ et gardons ses commandements, nous traverserons le Jourdain et nous prendrons la ville des palmiers.
Or dans ce combat nous est requise une armure spirituelle, c’est-à-dire une foi ferme et un enseignement, c’est-à-dire un jeûne parfait, des actions droites et vigoureuses, l’humilité, une tranquillité (sérénité) à peine mue ou tout à fait immobile, et une prière incessante. Je m’étonne qu’un homme puisse combattre celui qui est dans l’intelligence et être couronné de la couronne de justice, lui qui emplit son âme de pain et d’eau, éveille promptement sa colère, méprise et néglige la prière et se joint aux hérétiques. Voici en effet ce que dit Paul : « Quiconque lutte s’impose toute sorte d’abstinence » (1 Co 9, 25) ; et à tous les hommes il montre l’humilité en tendant en tout temps les mains sans colère ni mauvaises pensées (cf. 1 Tm 2, 8).
C’est pourquoi il convient que nous, qui menons cette campagne, revêtions l’armure spirituelle et montrions aux étrangers que nous combattons jusqu’au sang contre le péché, renversant les mauvaises pensées et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu (2 Co 10, 5), et nous efforçant d’établir devant le tribunal du Christ non pas l’homme qui vit en moine, mais l’intelligence. Car l’homme moine est celui qui se détourne du péché commis en acte ; mais l’intelligence moine est celle qui se détourne du péché qui se forme à partir des représentations présentes dans notre intelligence, et qui, au temps de la prière, voit la lumière de la sainte Trinité.
Mais voici le temps, dans la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ, de combattre d’abord les pensées du démon de la gourmandise, et ensuite celles des sept autres démons que j’ai décrits dans l’ordre au commencement de cet écrit sur la vie monastique, luttant pour ouvrir ma bouche et parler à Dieu, à ses saints anges et à mon âme tentée ; et je montrerai clairement tout le combat de la vie monastique, celui que l’Esprit Saint a enseigné à David par les psaumes et que les bienheureux pères nous ont transmis. Ce combat, que j’ai nommé dans l’écrit, sera tout entier pour nous, après cela, dans les pensées qui nous sont suscitées par chacun de ces huit démons. J’ai écrit et composé contre chacune des pensées une réplique tirée des saintes Écritures, qui la réduit à néant.
I. Contre les pensées de gourmandise§
Genèse.
1. Contre les pensées qui cherchent à cultiver la terre raisonnable sans la peine du jeûne : « Issachar, homme de guerre, se reposant au milieu des sentiers ; et voyant que son lieu de repos était bon et sa terre grasse, il a soumis son épaule à la servitude et il est devenu tributaire » (Gn 49, 14-15).
Exode.
2. Contre la pensée qui me dit : « Ne donne pas de peine à ton âme par un long jeûne, qui ne te sert à rien et ne purifie pas ton intelligence » : « Et il fit la cuve d’airain et son pied d’airain, pour que s’y lavent les femmes qui jeûnaient et qui venaient prier à la porte de la tente » (Ex 38, 8 ; cf. 30, 18).
3. Contre les pensées qui éveillent en nous le désir de manger de la viande au jour de fête et qui nous conseillent de manger à nouveau à cause de la faiblesse du corps : « Tu diras au peuple : Sanctifiez-vous pour demain et vous mangerez de la viande. Vous n’en mangerez pas un jour, ni deux, ni cinq jours, ni dix jours, ni vingt jours ; vous en mangerez un mois entier, jusqu’à ce qu’elle vous sorte par les narines et qu’elle vous devienne une nausée, parce que vous avez désobéi au Seigneur qui est au milieu de vous » (Nb 11, 18-20).
Deutéronome.
4. Contre la pensée qui cherche à se rassasier de nourriture et de boisson et qui ne considère pas la corruption qui naît de la satiété du ventre : « Et tu mangeras et tu te rassasieras ; mais prends garde à toi, de peur d’oublier le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir de la terre d’Égypte, de la maison de servitude » (Dt 6, 11-12).
5. Contre la pensée qui me dit que le commandement du jeûne est pesant : « Ce commandement que je te prescris aujourd’hui n’est pas au-dessus de tes forces, ni loin de toi » (Dt 30, 11).
6. Contre la pensée qui désire se rassasier de nourriture et de boisson et qui pense qu’il n’en adviendra aucun mal à l’âme : « Et Israël s’est engraissé, il a regimbé, il a abandonné le Dieu qui l’a fait et il a blasphémé le Fort qui l’a sauvé » (Dt 32, 15).
Samuel.
7. Contre la pensée de gourmandise qui me presse de manger à la neuvième heure : « Que Dieu me fasse ceci et qu’il y ajoute cela, si je mange et si je bois avant que le soleil soit couché » (2 S 3, 35).
Règnes.
8. Contre la pensée qui me fait m’inquiéter dans la disette de pain et d’huile et des choses qui nous sont nécessaires : « Ainsi parle le Seigneur : La jarre de farine ne s’épuisera pas et la cruche d’huile ne diminuera pas, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie sur la terre » (1 R 17, 14).
9. Contre l’âme qui cherche à marcher dans la voie des saints en se rassasiant de pain et d’eau : « Et le roi d’Israël dit : Prenez Michée et ramenez-le à Ammon, le chef de la ville, et à Joas, fils du roi ; qu’il soit en prison, et nourrissez-le du pain de la grande affliction jusqu’à ce que je revienne en paix » (1 R 22, 26-27).
10. Contre la pensée qui me dit que ce que nous avons amassé ne suffit pas pour nous et pour les frères qui viennent chez nous : « Ainsi parle le Seigneur : Ils mangeront et il en restera. Et ils mangèrent et il en resta, selon la parole du Seigneur » (2 R 4, 43-44).
David.
11. Contre la pensée qui m’aigrit au sujet d’une vie de pauvreté amère : « Le Seigneur est mon berger, rien ne me manquera » (Ps 22, 1).
12. Contre la pensée qui, alors qu’il n’y a pas de famine, amasse du pain au-delà du besoin sous prétexte d’hospitalité : « J’ai été jeune et j’ai vieilli, et je n’ai pas vu le juste abandonné, ni sa descendance cherchant du pain » (Ps 36, 25).
13. Contre la pensée qui s’inquiète des aliments et des vêtements, mais néglige le souci de la vérité : « Car je te déclarerai mes fautes et je serai purifié de mes péchés » (Ps 37, 19).
14. Contre les pensées qui me conseillent et me disent : « Ne vis pas si durement et ne brise pas ton corps débile par le jeûne et des peines continuelles » : « Peine pour l’éternité, et tu vivras jusqu’à la fin, et tu ne verras pas la corruption quand tu verras mourir les sages » (Ps 48, 9-11).
15. Contre la pensée qui me dit : « Ne brise pas et n’humilie pas ainsi ouvertement ton âme par la veille » : « Un cœur brisé, Dieu ne le méprisera pas » (Ps 50, 19).
16. Contre la pensée qui se soucie des aliments et de la boisson et qui s’efforce de savoir d’où les amasser : « Jette ton souci sur le Seigneur, et lui te nourrira » (Ps 54, 23).
17. Contre la pensée qui me suggère que la veille ne te sert à rien, mais amasse contre toi beaucoup de pensées : « J’ai veillé et je suis devenu comme un passereau solitaire sur un toit » (Ps 101, 8).
18. Contre la pensée qui nous reproche de nous abstenir d’huile et qui ne se souvient pas que David faisait cela même et disait : « Mes genoux ont fléchi à force de jeûne et ma chair s’est changée faute d’huile » (Ps 108, 24).
19. Contre les pensées qui nous détournent de notre manière de vivre en nous effrayant et en disant qu’une mort pitoyable viendra du dur jeûne : « Je ne mourrai pas, mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur » (Ps 117, 17).
20. Contre les pensées qui me persuadent de m’écarter un peu du long jeûne et de donner un peu de repos à mon corps faible et misérable : « Si j’entre sous la tente de ma maison, si je monte sur le lit de ma couche, si je donne du sommeil à mes yeux et de l’assoupissement à mes paupières, avant d’avoir trouvé un lieu pour le Seigneur, une demeure pour le Dieu de Jacob ! » (Ps 131, 3-5).
Proverbes de Salomon.
21. Contre la pensée qui m’annonce une famine ou une grande affliction qui doit bientôt survenir : « Le Seigneur ne fera pas mourir de faim les âmes de ses serviteurs, mais il renversera la vie des impies » (Pr 10, 3).
22. Contre la pensée qui m’inspire le désir du vin, comme si le foie et les reins étaient incommodés par l’eau : « Celui qui se plaît à passer le temps parmi les vins laissera le déshonneur dans ses forteresses » (Pr 12, 11a).
23. Contre la pensée attachée au souci des aliments et qui fait peu de cas du soin des bonnes actions : « En toute chose, celui qui s’en soucie a quelque profit ; mais celui qui est sans souci et sans chagrin vivra dans le dénuement » (Pr 14, 23).
24. Contre la pensée qui pleure sur des aliments médiocres et sur du pain sec : « Mieux vaut une bouchée sèche dans la paix qu’une maison pleine de victimes avec des querelles » (Pr 17, 1).
25. Contre les pensées qui nous persuadent, au jour de fête, d’avoir un peu pitié du corps en lui offrant une petite douceur : « La douceur ne convient pas à l’insensé, ni à l’esclave de commander aux princes » (Pr 19, 7).
26. Contre la pensée qui nous pousse à boire du vin sans grave maladie et nous prédit une douleur de l’estomac et de toutes les entrailles : « Le vin est intempérant et l’ivresse insolente ; quiconque s’y abandonne ne sera pas sage » (Pr 20, 1).
27. Contre la pensée qui ravit notre intelligence pour lier par des serments notre jeûne et notre manière de vivre, ce qui est entièrement étranger à la conduite de ceux qui vivent en moines : « C’est un piège pour l’homme de faire un vœu au saint, et de se repentir après l’avoir fait » (Pr 20, 25).
28. Contre la pensée qui nous empêche, par souci, de donner de notre pain aux indigents et qui dit : « Celui-là trouve partout, tandis que nous, nous n’avons pas de porte étrangère où frapper » : « Celui qui a pitié sera béni, car il a donné de son pain au pauvre » (Pr 22, 9).
29. Contre les pensées qui, au jour de fête, nous suggèrent doucement de goûter une fois, après un long temps, à la viande et au vin : « Ne sois pas buveur de vin ni débauché, car tout ivrogne et tout débauché périra, et le dormeur se vêtira de haillons » (Pr 23, 20-21).
30. Contre la pensée qui se souvient des délices passées, des vins agréables et des coupes en nos mains, lorsque nous étions couchés et buvions : « Ne fixe pas ton œil sur le vin, quand l’œil étincelle dans la coupe ; mais marche dans la droiture, car à la fin il est comme la morsure d’un serpent et comme la piqûre d’un céraste » (Pr 23, 31-32).
31. Contre les pensées qui nous excitent à remplir notre ventre de pain et d’eau : « Ne donne pas la couche du juste au pécheur, et ne t’égare pas dans la satiété du ventre » (cf. Pr 24, 15).
32. Contre la honte (la pudeur) de nous, qui avons honte devant nos pères, lorsqu’on nous persuade de rompre le jeûne et de manger un peu de légumes à la fête : « Il y a une honte qui amène le péché, et il y a une honte qui est gloire et grâce » (Si 4, 21).
33. Contre le démon qui me flatte et me persuade, même par des serments, en me disant : « Désormais tu ne manqueras plus d’aliments ni de boisson, parce que ton corps est si faible et desséché par un jeûne prolongé » : « L’ennemi dit des paroles douces avec ses lèvres, mais dans son cœur il machine le mal » (cf. Pr 26, 24).
34. Contre la pensée qui me montre combien les commandements de Dieu sont durs et qui me dit qu’ils attirent beaucoup de peines et de douleurs sur le corps et sur l’âme : « Mieux valent les blessures d’un ami que les baisers d’un ennemi » (Pr 27, 6).
Ecclésiaste.
35. Contre la pensée qui recherche un peu de vin sans maladie et qui me dit que le vin a été créé pour les hommes : « Il a fait toutes choses bonnes en leur temps » (Qo 3, 11).
36. Contre la pensée qui me fait méditer les délices d’autrefois et les banquets, et qui recherche cette habitude : « Mieux vaut aller dans la maison du deuil que d’aller dans la maison du festin » (Qo 7, 2).
37. Contre la pensée vaine qui nous persuade de dépasser dans notre conduite ce qu’il faut, au point de nous ceindre les reins d’un sac, de sortir dans le désert sans eau, de demeurer sans cesse sous le ciel en nous nourrissant des racines du désert, et qui nous conseille encore de fuir la vue des hommes, de ceux qui nous consolent et de ceux que nous consolons : « Ne sois pas juste à l’excès et ne te fais pas sage outre mesure, de peur d’être frappé de stupeur » (Qo 7, 16).
Job.
38. Contre les pensées qui nous rappellent les plaisirs d’autrefois et nous montrent l’affliction qui survient : « Nous avons reçu les biens du Seigneur ; ne recevrons-nous pas les maux ? » (Jb 2, 10).
39. Contre la pensée de l’âme qui s’en est allée chez ses parents selon la chair et qui a trouvé une table pleine de mets de toute sorte : « Lève-toi et va-t’en, car ce n’est pas ici ton repos » (Mi 2, 10).
Habacuc.
40. Contre la pensée de gourmandise qui, aux jours de fête, nous dépeint une foule de gens couchés près de tables splendides, se délectant et se réjouissant : « Mais moi, je tressaillirai dans le Seigneur, je me réjouirai en Dieu mon Sauveur » (Ha 3, 18).
Isaïe.
41. Contre les pensées qui nous rappellent les plaisirs et la table pleine de tous les biens, et qui les glorifient au-dessus des vertus monastiques : « Malheur à ceux qui disent que le mal est bien et que le bien est mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui font du doux l’amer et de l’amer le doux » (Is 5, 20).
42. Contre la pensée de l’âme qui se lasse et perd courage dans la disette d’un peu de pain et d’une eau parcimonieuse : « Le Seigneur vous donnera un pain d’angoisse et une eau d’affliction ; et ceux qui t’égarent ne s’approcheront plus de toi, car tes yeux verront ceux qui t’égarent, et tes oreilles entendront la voix de ceux qui t’égarent par-derrière » (Is 30, 20-21).
Jérémie.
43. Au Seigneur, au sujet de la faiblesse de mon corps, qui s’est affaibli par un long jeûne et s’est amaigri par une dure manière de vivre, et de mon âme, qui s’est remplie de mauvaises pensées de fornication : « Souviens-toi de moi, Seigneur, visite-moi et délivre-moi de ceux qui me persécutent ; ne me rejette pas dans ta longanimité ; sache que j’ai souffert l’opprobre à cause de toi de la part de ceux qui méprisent ta parole » (Jr 15, 15-16).
44. Au Seigneur, au sujet du démon qui refroidit l’estomac et toutes les articulations du corps et qui jette dans notre corps une grande faiblesse, comme à la suite d’une famine et d’une longue maladie : « Vois, Seigneur, que je suis dans l’angoisse : mes entrailles sont bouleversées et mon cœur s’est retourné en moi » (Lm 1, 20).
Daniel.
45. Contre l’âme qui ne se contente pas d’une nourriture de pain et d’une boisson d’eau, mais recherche en outre des légumes, et qui ne se souvient pas de l’affliction des graines que mangèrent Daniel et ses compagnons : « Et Daniel dit à Amelsad, que le chef des eunuques avait préposé à Daniel, Ananias, Azarias et Misaël : Mets donc tes serviteurs à l’épreuve pendant dix jours ; qu’on nous donne des graines à manger et de l’eau à boire ; et que l’on voie nos visages et les visages des jeunes gens qui mangent à la table du roi, et selon ce que tu verras, agis avec tes serviteurs. Il les écouta et les mit à l’épreuve pendant dix jours. Et au bout des dix jours, voici que leurs visages étaient beaux, et leur chair forte et grasse plus que tous les jeunes gens qui mangeaient à la table du roi. Et Amelsad enlevait leur repas et leur donnait des graines » (Dn 1, 11-16).
Matthieu.
46. Contre l’âme qui cherche à trouver une arme puissante au temps du combat : « Alors l’Esprit pousse Jésus au désert pour être tenté par le diable ; et après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim » (Mt 4, 1-2).
47. Contre les pensées qui s’inquiètent de la nourriture et du vêtement sous prétexte d’hospitalité et à cause de maladies et de longues douleurs du corps : « Ne vous inquiétez pas pour votre âme de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de ce dont vous vous vêtirez ; car l’âme est plus que la nourriture » (Mt 6, 25).
48. Contre l’âme attachée à la gourmandise et qui pense que le chemin de la vie court à travers le repos (les délices) du corps et les plaisirs : « Étroit et resserré est le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent » (Mt 7, 14).
Luc.
49. Contre la pensée qui nous empêche de partager notre nourriture et nos vêtements avec les pauvres, comme si ce que nous avons ne suffisait pas pour nous et pour eux, et comme s’il y en avait un autre plus faible et plus indigent que celui-ci, à qui il conviendrait de donner plutôt qu’à celui-ci ; car celui-ci est paresseux et cherche à manger et à se vêtir sans peine : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même » (Lc 3, 11).
Actes.
50. Contre l’âme qui aime ce qui la flatte et qui amasse pour elle seule nourriture et vêtements : « Tous ceux qui avaient cru étaient ensemble et avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et les partageaient entre tous, selon les besoins de chacun » (Ac 2, 44-45).
51. Contre l’âme qui perd courage dans l’affliction qui lui survient par l’abstinence de pain et d’eau : « C’est par beaucoup d’afflictions qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Ac 14, 22).
L’Apôtre, aux Romains.
52. Contre les pensées qui nous persuadent de prendre un peu soin du corps par la nourriture et la boisson : « Ne prenez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises » (Rm 13, 14).
53. Contre les pensées qui nous poussent à nous laisser consoler par le petit appât des légumes : « Le faible mange des légumes » (Rm 14, 2).
Aux Corinthiens, I.
54. Contre la pensée qui, au temps des fruits, jette en nous le désir des aliments nouveaux : « Quiconque lutte s’impose toute sorte d’abstinence, afin de recevoir une couronne corruptible ; mais nous, nous courons pour recevoir une couronne incorruptible » (1 Co 9, 25).
Aux Corinthiens, II.
55. Contre les pensées qui naissent en nous à cause d’un grand dénuement et qui détruisent peu à peu la force de l’âme : « Pressés de toutes parts, mais non écrasés ; dans l’embarras, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non anéantis » (2 Co 4, 8-9).
56. Contre la pensée qui dépeint devant nos yeux une douleur de l’estomac, du foie et des reins, et une enflure du nombril qui va nous saisir : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage ; mais même si notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Co 4, 16).
57. Contre les pensées qui naissent en nous lorsque tout notre corps se détruit peu à peu : « Nous savons en effet que si notre demeure terrestre, cette tente, est détruite, nous avons de Dieu un édifice, une maison éternelle qui n’est pas faite de main d’homme, dans les cieux » (2 Co 5, 1).
58. Contre la pensée qui éveille en nous la miséricorde et nous persuade de donner aux pauvres, mais qui ensuite nous attriste et nous afflige au sujet de ce que nous donnons : « Non avec tristesse ni par contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Co 9, 7) ; « et celui qui a pitié du pauvre sera béni » (doublet de Pr 22, 9).
59. Contre la pensée qui dépeint en nous une terrible faiblesse venue des maladies que le jeûne a fait naître en nous, et qui nous persuade de manger un peu d’aliment cuit : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12, 10).
Aux Éphésiens.
60. Contre la pensée qui cherche à se rassasier de vin au jour de fête : « Ne vous enivrez pas de vin, où est la débauche, mais soyez remplis de l’Esprit » (Ep 5, 18).
Aux Philippiens.
61. Contre les pensées qui portent l’âme à ne pas chercher à se procurer sa nourriture par le travail des mains, ni à se laisser persuader d’en recevoir quelque chose de ses parents, puisqu’ils sont pauvres ou loin d’elle, mais qui lui conseillent de combler son indigence auprès d’autres : « Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien » (Ph 4, 5-6).
62. Contre la pensée qui m’annonce une famine et une disette de pain et qui me fait m’inquiéter de la honte, comme si je devais recevoir une grâce des autres : « En tout et en toutes choses, j’ai été initié à être rassasié et à avoir faim ; je peux tout en Celui qui me fortifie, le Christ » (Ph 4, 12-13).
Aux Thessaloniciens, I.
63. Contre la pensée qui nous détourne du travail des mains et nous persuade d’attendre des autres ce qui est nécessaire : « Nous vous exhortons, frères, à progresser davantage, à mettre votre honneur à vivre en paix et à vous occuper de vos propres affaires » (1 Th 4, 10-11).
Aux Thessaloniciens, II.
64. Contre l’intelligence qui nous empêche de travailler de nos mains et qui nous presse de manger du pain jusqu’à satiété : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3, 10).
Aux Hébreux.
65. Contre la pensée qui dit que la vie monastique est dure et au-dessus des forces, qu’elle détruit misérablement notre corps par l’affliction et ne sert de rien à l’âme : « Toute correction, sur le moment, ne paraît pas un sujet de joie, mais de tristesse ; mais ensuite elle rend à ceux qu’elle a exercés un fruit paisible de justice » (He 12, 11).
66. Contre la pensée qui reste bouche bée devant la nourriture et néglige l’aumône aux pauvres : « N’oubliez pas la bienfaisance et la mise en commun, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir » (He 13, 16).
À Timothée, I.
67. Contre la pensée qui nous conseille de boire du vin sans douleur d’estomac ni maladie grave, et qui nous rappelle le commandement du bienheureux Apôtre à Timothée dans l’épître à ce sujet : « Garde-toi pur. Ne bois plus seulement de l’eau, mais use d’un peu de vin à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions » (1 Tm 5, 22-23).
Jacques.
68. Contre les pensées qui nous ramènent au monde et à ses commandements : « Ne savez-vous pas que l’amitié du monde est inimitié contre Dieu ? » (Jc 4, 4).
Jean.
69. Contre la pensée qui pense que le commandement du jeûne est pesant : « Et ses commandements ne sont pas pesants, car tout ce qui est né de Dieu est vainqueur du monde » (1 Jn 5, 3-4).
Béni soit notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a donné la victoire sur les pensées du démon de la gourmandise.
II. Contre les pensées de fornication§
Exode.
1. Contre la pensée de fornication qui représente dans mon intelligence une femme mariée : « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain » (Ex 20, 17).
2. Contre la pensée de tristesse qui naît en nous des nombreuses tentations de fornication qui nous atteignent et qui détruit notre espérance en nous disant : « Quel bien attendez-vous donc après toute cette peine ? » : « Si vous écoutez attentivement ma voix et faites tout ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ; car mon ange marchera devant toi et te conduira chez l’Amorrhéen, le Hittite, le Phérézéen, le Cananéen, le Gergéséen, l’Évéen et le Jébuséen, et tu les extermineras » (Ex 23, 22-23).
3. Contre la pensée qui pense que les mauvaises pensées de fornication s’enfuient d’elle en une seule heure : « Je ne les chasserai pas en une seule année, de peur que la terre ne devienne déserte et que les bêtes de la terre ne se multiplient contre toi ; je les chasserai peu à peu devant toi » (Ex 23, 29-30).
4. Contre la pensée de fornication, comme si la jeunesse ne pouvait en aucune manière faire cesser les désirs de fornication et présenter à Dieu des pensées pures : « Quiconque passe au recensement, de vingt ans et au-dessus, donnera l’offrande au Seigneur » (Ex 30, 14).
5. Contre la pensée de fornication qui dit que la jeunesse n’est pas coupable ni répréhensible si elle fornique, ou si elle accueille de nouveau avec joie les pensées impures : « Et le Seigneur dit : Celui qui a péché contre moi, je l’effacerai de mon livre » (Ex 32, 33).
Deutéronome.
6. Contre la pensée qui ne met pas son honneur à garder l’âme de la fornication qui s’est formée en elle, mais qui dit et fait des choses iniques avec une femme qui se représente devant ses yeux : « Écoute, Israël, et veille à mettre en pratique » (Dt 6, 3).
7. Contre la pensée qui cherche, par un désir impur, à s’approcher du démon de la fornication : « Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu le serviras lui seul et tu jureras par son nom » (Dt 6, 13).
8. Contre l’âme brisée jour et nuit par les pensées de fornication et qui rejette l’espérance de la victoire sur elles : « Ne dis pas dans ton intelligence : Cette nation est dure, comment pourrai-je l’exterminer ? Ne la crains pas ; souviens-toi de tout ce que le Seigneur ton Dieu a fait à Pharaon et à toute l’Égypte » (Dt 7, 17-18).
9. Contre la pensée de l’âme affligée par les représentations de fornication, que la mauvaise passion de fornication rassemble en pensées impures partagées sous diverses images, et qui, se tournant vers l’une de ces pensées qui l’asservissent, s’y attache et la fait séjourner dans la malheureuse âme : « Et tu sauras aujourd’hui que le Seigneur ton Dieu, c’est lui qui marche devant ta face ; car il est un feu dévorant ; c’est lui qui les exterminera, c’est lui qui les repoussera de devant ta face, et tu les feras périr promptement, comme le Seigneur te l’a dit » (Dt 9, 3).
10. Contre les pensées qui retournent promptement aux aliments lorsque l’esprit de fornication cesse un peu de les outrager, et qui pensent pour cela avoir atteint la mesure de la chasteté : « Vous ne ferez pas comme vous faites ici, chacun ce qui lui plaît à ses yeux ; car vous n’êtes pas encore parvenus jusqu’à présent au repos » (Dt 12, 8-9).
11. Contre l’âme ébranlée et tremblante parce que les démons palpent ses membres : qu’elle se rappelle ce qui a été dit, ceux qui ont été tentés par ce démon : « Ton bouclier et ton aide, c’est Dieu, et le glaive est ta gloire ; tes ennemis te mentiront, et toi, tu marcheras sur leur nuque » (Dt 33, 29).
Juges.
12. Contre l’âme qui, à cause de la tristesse, est tombée dans l’acédie et ne peut plus supporter les pensées qui souillent la prière : « Lève-toi, car voici le jour où le Seigneur a livré Sisara entre tes mains » (Jg 4, 14).
13. Contre la pensée excitée par les représentations de fornication, qui ne veut nullement les secouer loin d’elle et ne perçoit ni les liens du péché ni l’artifice des méchants : « Et Dalila dit : Les Philistins sont sur toi, Samson ! Et il s’éveilla de son sommeil et dit : Je sortirai comme toujours et je me dégagerai ; et il ne savait pas que le Seigneur s’était retiré de lui. Les Philistins le saisirent, lui crevèrent les yeux, le lièrent d’entraves d’airain et le firent descendre à Gaza ; et il tournait la meule dans la maison de la prison » (Jg 16, 20-21).
Samuel.
14. Sur l’ange du Seigneur qui est apparu soudain à mon intelligence, a refroidi la pensée de fornication et a chassé loin de lui toutes les pensées qui l’entouraient : « Mon cœur s’est affermi dans le Seigneur, ma corne s’est élevée en mon Dieu, ma bouche s’est élargie contre mes ennemis, car je me suis réjoui de ton salut » (1 S 2, 1).
15. Contre le démon impur de fornication qui m’est apparu la nuit dans une vision abominable sous la ressemblance d’une femme, et qui a soumis mon âme à ses volontés impures : « L’arc des puissants a été brisé, et les faibles ont été affermis par la force ; ceux qui étaient rassasiés de pain se sont loués, et ceux qui avaient faim ont été dans l’abondance » (1 S 2, 4-5).
16. Contre l’âme qui ne veut pas fuir le désir impur et qui demeure dans la pensée de Naas l’Ammonite, dont le nom se traduit « serpent » : « Et tous les hommes de Jabès dirent à Naas : Fais alliance avec nous et nous te servirons. Et Naas l’Ammonite leur dit : Voici à quelle condition je ferai alliance avec vous : je vous crèverai à tous l’œil droit et je ferai de vous un opprobre pour tout Israël » (1 S 11, 1-2).
Règnes.
17. Contre le démon de fornication qui veut, par les pensées, corrompre ma chasteté et me souiller : « Loin de moi ! » (1 R 20, 3).
Paralipomènes.
18. Contre l’âme qui pense être tentée par le démon de fornication au-dessus de ses forces : (cf. 2 S 23, 35).
19. Au Seigneur, au sujet des pensées de fornication qui nous montrent la nuit des images abominables : « Seigneur, j’ai dit : Seigneur, j’ai honte et je suis confus devant toi, car nos iniquités se sont multipliées au-dessus de notre tête et nos fautes se sont élevées jusqu’au ciel ; depuis les jours de nos pères, nous sommes dans un grand péché jusqu’à ce jour » (Esd 9, 6-7).
Esdras.
20. Contre l’âme qui, après des combats violents contre les pensées de fornication, a acquis la chasteté et la pureté : « La terre dans laquelle vous entrez pour en hériter est une terre souillée par la souillure des peuples et des nations, qu’ils ont remplie de leur impureté d’un bout à l’autre » (Esd 9, 11).
David.
21. Au Seigneur, au sujet de la multitude des pensées impures qui nous brisent, nous contraignent et tiraillent notre intelligence vers des visages divers : « Seigneur, comme ils se sont multipliés ceux qui m’oppriment ! Beaucoup se lèvent contre moi ; beaucoup disent à mon âme : Il n’y a pas de salut pour toi en ton Dieu. Mais toi, Seigneur, tu es mon soutien, ma gloire, et tu relèves ma tête » (Ps 3, 2-4).
22. Contre l’âme qui ne sait pas que la force de la colère est l’adversaire de la pensée de fornication, parce que la colère est née du feu, tandis que les pensées impures naissent de l’eau : « Irritez-vous et ne péchez pas ; ce que vous dites dans vos cœurs, méditez-le sur vos couches » (Ps 4, 5).
23. Contre les pensées impures qui s’attardent en nous, qui nous représentent souvent des images abominables et qui lient l’intellect par des désirs passionnés de membres honteux : « Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’iniquité, car le Seigneur a entendu la voix de mes pleurs » (Ps 6, 9).
24. Au Seigneur, au sujet du démon de fornication qui, ne pouvant nous nuire par le désir du corps, nous montre alors un moine accomplissant ce péché impur dans notre intelligence : « Les épées de l’ennemi ont défailli pour toujours ; tu as détruit des villes, et leur souvenir a péri ; mais le Seigneur demeure pour l’éternité » (Ps 9, 7-8).
25. Au Seigneur, au sujet du démon impur de fornication qui s’approche ouvertement des cuisses de ceux qui s’efforcent de s’écarter de lui, et qui ravit soudain l’intellect par la folie et l’âme par la multitude de pensées de fornication puissantes et diverses ; et lorsque nous sommes tentés par ce démon, il nous frappe aussitôt de stupeur, souvent et vivement, en sorte que marcher dans notre cellule nous est très utile — que celui qui peut comprendre comprenne : « Illumine mes yeux, de peur que je ne m’endorme dans la mort » (Ps 12, 4).
26. Contre l’âme qui pense que les pensées de fornication sont plus fortes que les commandements de Dieu qui nous ont été donnés pour abolir cette passion : « Je les broierai comme la poussière devant le vent » (Ps 17, 43).
27. Au Seigneur, au sujet du démon qui tombe soudain sur le corps, et de la sagesse qui ne peut vaincre les pensées impures qu’il apporte : « Tu as changé mon deuil en joie, tu as défait mon sac et tu m’as ceint d’allégresse, afin que ma gloire te chante et que je ne sois plus abattu » (Ps 29, 12-13).
28. Contre la pensée qui me dit que le démon de fornication te confondra si tu lui résistes : « Qu’ils soient confondus et couverts de honte, ceux qui cherchent mon âme » (Ps 34, 4).
29. Contre la pensée qui me menace qu’un autre démon de fornication, plus terrible, plus vif et plus fort que le premier, sera envoyé contre toi, qui fera aisément violence et entraînera ton âme vers le péché accompli en acte : « Qu’ils soient comme la poussière devant le vent, et que l’ange du Seigneur les presse ; que leur chemin soit ténèbres et glissant, et que l’ange du Seigneur les poursuive » (Ps 34, 5-6).
30. Contre l’âme qui, au temps de l’affliction causée par les pensées de fornication, méprise les sacs et ne se souvient pas que David a fait cela même pour notre instruction, lorsqu’il dit : « Mais moi, dans leur faiblesse, je revêtais le sac » (Ps 34, 13).
31. Contre l’âme qui s’attriste parce que les pensées impures demeurent en elle et qui n’attend plus la victoire sur elles, parce qu’elle voit comment les images impures sont fixées dans son intelligence et la broient sans cesse : « Encore un peu, et le pécheur ne sera plus ; tu chercheras sa place et tu ne la trouveras pas » (Ps 36, 10).
32. Contre le démon de fornication qui prend la forme de la beauté d’une femme nue, lascive dans sa démarche et dont tout le corps se pavane d’une manière impure, qui ravit la sagesse de beaucoup et leur fait oublier les choses meilleures : « C’est pourquoi Dieu te détruira pour toujours, il t’arrachera et t’expulsera de ta tente, et ta racine de la terre des vivants » (Ps 51, 7).
33. Contre la pensée qui me prédit que je déchoirai de la chasteté (de la continence) et que je serai couvert de honte devant les hommes : « Qu’ils soient tous confondus et repoussés en arrière, ceux qui haïssent Sion ; qu’ils deviennent comme l’herbe des toits qui, lorsque le vent souffle sur elle, n’est plus, et dont on ne connaît plus la place » (Ps 128, 5-6).
Proverbes de Salomon.
34. Contre le démon de fornication qui, la nuit, m’a entraîné (provoqué) vers une chose impure par un songe, et qui, le jour, nous outrage de nouveau et nous insulte par des pensées : « Moi aussi je rirai de votre perte et je me moquerai de vous, lorsque viendra sur vous le trouble, que la ruine fondra soudain et que votre renversement arrivera comme une tempête » (Pr 1, 26-27).
35. Contre les pensées qui nous contraignent à nous attarder dans un entretien (une conversation) avec une femme mariée, comme si elle nous visitait souvent ou comme si elle devait tirer de nous un profit spirituel : « Ne fréquente pas beaucoup l’étrangère » (Pr 5, 20).
36. Contre la pensée qui représente en elle l’image de la beauté d’une femme et qui veut s’entretenir avec elle avec empressement ou faire quelque mal qui ne convient nullement, comme nous l’a raconté saint Jean, le prophète de la Thébaïde : « Ne te laisse pas vaincre par le désir de la beauté d’une femme dans ton cœur ; ne te laisse pas prendre par ses yeux ni captiver par ses paupières ; car le prix d’une prostituée est à peine celui d’un pain » (Pr 6, 25-26).
37. Contre la pensée qui me persuade que nous ne perdons rien (ne subissons aucun dommage) à la vue d’une prostituée : « Quelqu’un mettra-t-il du feu dans son sein sans que ses vêtements brûlent ? Ou quelqu’un marchera-t-il sur des charbons ardents sans que ses pieds soient brûlés ? Ainsi celui qui va vers une femme mariée et s’approche d’elle ne restera pas impuni » (Pr 6, 27-29).
38. Contre l’âme qui ne connaît pas la cause des tentations et ne comprend pas non plus que le démon de fornication, lorsqu’il s’éloigne vaincu par nous, laisse en nous une chasteté parfaite : « La fournaise éprouve l’argent et le creuset l’or, et le Seigneur éprouve les cœurs » (Pr 17, 3).
39. Contre la pensée impure qui nous appâte et nous ramène au péché dont nous nous sommes souvent repentis devant le Seigneur : « Comme le chien qui retourne à son vomissement, ainsi est l’insensé dans sa folie » (Pr 26, 11).
Ecclésiaste.
40. Contre la pensée qui nous rappelle la maison dans laquelle nous avons donné beaucoup de fruits à Satan : « Le cœur des sages est dans la maison du deuil, et le cœur des insensés dans la maison de la joie » (Qo 7, 4).
41. Contre l’âme qui a rencontré les tentations des pensées impures et qui n’a pas cherché à les repousser par la faim, la soif, la veille et la prière : « Si l’esprit de celui qui domine monte contre toi, ne quitte pas ta place, car la guérison fera cesser de grands péchés » (Qo 10, 4).
Cantique.
42. Aux saints anges, au sujet des pensées impures qui demeurent dans l’âme : « Ne me regardez pas parce que je suis noircie, parce que le soleil m’a brûlée » (Ct 1, 6).
Job.
43. Contre l’âme qui pense qu’il est contre sa nature de garder la représentation subtile, afin de ne pas forniquer dans sa pensée : « Car Job disait : Peut-être mes fils ont-ils péché et ont-ils outragé Dieu dans leur cœur » (Jb 1, 5).
44. Contre l’âme terriblement et indiciblement tentée par le démon de fornication, qui est devenue stupéfaite dans cette tentation et s’étonne que ce démon n’ait ni honte ni crainte : « Car voici : la vie de l’homme sur la terre est une épreuve, et sa vie est comme celle d’un mercenaire à la journée » (Jb 7, 1).
45. Contre la pensée qui me prédit, au sujet des démons de fornication, qu’ils viendront palper nos membres et les enflammer : « Ils tâtonnent en plein midi comme dans la nuit ; ils palpent les ténèbres et non la lumière, et il les égare comme des gens ivres » (Jb 5, 14).
46. Contre le démon de fornication qui presse Israël d’amasser de la paille et des roseaux au lieu de blé : « Loin de moi d’agir avec impiété devant le Seigneur, et loin de moi de commettre le péché ; car il rend à l’homme selon ses œuvres » (Jb 34, 10-11).
47. Contre l’âme qui ne sait pas d’où sont lancées contre nous ces pensées brûlantes : « De sa bouche sortent des flambeaux, comme des charbons de feu » (Jb 41, 10).
Isaïe.
48. Contre la pensée de fornication qui dit que je ne subis aucun dommage et que je ne me corromps pas par la faim, la soif et un long jeûne : « Il fera périr ta racine par la faim, et ton reste sera exterminé » (Is 14, 30).
49. Contre le démon qui, dans l’intelligence, me conseille de m’unir à une femme, de devenir père d’enfants et de ne plus lutter ainsi, dans la faim, contre les pensées de fornication : « L’insensé dit des folies, et son cœur médite des choses vaines pour accomplir l’iniquité, pour dire l’égarement, pour faire périr l’âme affamée et ôter la boisson à ceux qui ont soif » (Is 32, 6).
Jérémie.
50. Au Seigneur, au sujet des démons de fornication qui prennent prétexte des Écritures et des intentions qui y sont écrites : « Seigneur puissant, qui éprouves les justes et discernes les reins et les cœurs, que je voie ta vengeance sur eux, car c’est à toi que j’ai révélé ma cause » (Jr 20, 12).
Lamentations.
51. Au Seigneur, au sujet des pensées de fornication qui demeurent en moi : « Vois, Seigneur, mon humiliation, car l’ennemi s’est élevé » (Lm 1, 9).
52. Au Seigneur, au sujet du démon qui, la nuit, a éveillé la pensée maudite contre mon âme et a troublé toute la forme de mon visage : « Vois, Seigneur, et regarde, car je suis devenue méprisable » (Lm 1, 11).
53. Contre l’âme tombée dans des visions abominables pendant la nuit : « Lève-toi, crie de joie dans la nuit, au commencement de tes veilles ; répands ton cœur comme de l’eau devant la face du Seigneur » (Lm 2, 19).
54. Au Seigneur, au sujet du démon de fornication qui, par la passion du désir, fixe dans l’intelligence la vue d’une forme impure : « J’ai invoqué ton nom, Seigneur, du fond de la fosse ; tu as entendu ma voix ; ne détourne pas ton oreille de ma supplication, mais prête l’oreille et sauve-moi ; tu t’es approché au jour où je t’ai invoqué, et tu m’as dit : Ne crains pas » (Lm 3, 55-57).
Daniel.
55. Contre le démon de fornication qui, lorsque les pensées cessent, commence à scruter et à palper les membres du corps. Ceux qui ont été tentés par ce démon savent ce que je dis. Il est utile à ceux qui luttent contre lui, au temps du combat, de marcher dans la cellule la plus grande partie de la nuit et du jour, de prier, de s’asseoir pour dérober un peu de sommeil, de revêtir des sacs rudes et de fuir la satiété de pain et d’eau. Que ceux qui mènent ce combat sachent que, s’ils triomphent de ce démon dans la puissance de notre Seigneur, ils acquièrent une chasteté qui ne leur sera pas enlevée : « La royauté t’a été retirée, et on te chassera d’entre les hommes, et ta demeure sera avec les bêtes sauvages ; on te nourrira d’herbe comme un bœuf, et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu saches que le Très-Haut domine sur le royaume des hommes » (Dn 4, 28-29 ; Théodotion).
Matthieu.
56. Contre la pensée qui s’empresse de commettre le péché par les images d’hommes ou de femmes établies en elle : « Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » (Mt 5, 28).
57. Contre l’âme tentée par les pensées impures de fornication et qui ne veut ni veiller ni prier : « Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible » (Mt 26, 41).
L’Apôtre, aux Corinthiens.
58. Contre les pensées qui tantôt nous poussent vers les places publiques, tantôt nous obligent à rôder hors des places publiques : « Ne vous y trompez pas : ni les fornicateurs, ni les adultères, ni les efféminés, ni les sodomites n’hériteront du royaume de Dieu » (1 Co 6, 9-10).
59. Contre les pensées qui établissent dans notre cœur la fornication que le Seigneur a montrée accomplie : « Ne forniquons pas, comme quelques-uns d’entre eux ont forniqué, et il en tomba vingt-quatre mille en un seul jour » (1 Co 10, 8).
Aux Éphésiens.
60. Contre les pensées impures qui tantôt nous livrent à des songes, tantôt commencent, le jour, à représenter dans notre intelligence une vision d’images : « Sachez-le bien : aucun fornicateur, ni impur, ni cupide — c’est-à-dire idolâtre — n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu » (Ep 5, 5).
Jacques.
61. Contre la pensée qui pense que les tentations viennent de Dieu : « Que nul, lorsqu’il est tenté, ne dise : C’est Dieu qui me tente ; car Dieu ne peut être tenté par le mal, et lui-même ne tente personne ; mais chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l’attire et le séduit » (Jc 1, 13-14).
62. Contre l’âme qui ne sait pas que c’est de ses désirs que lui viennent, de la part des démons, des tentations de toute sorte : « D’où viennent les guerres et les combats parmi vous ? N’est-ce pas de vos plaisirs qui combattent dans vos membres ? » (Jc 4, 1).
Pierre.
63. Contre la pensée de l’âme, au sujet de l’attouchement du démon qui tombe soudain entre les reins, se meut en bas parmi eux et y apporte le feu : « Bien-aimés, si un désir pressant vous survient, ne vous en étonnez pas comme s’il vous arrivait quelque chose d’étrange » (1 P 4, 12).
64. Contre la pensée de l’âme tombée par l’affliction et la tristesse, et qui pense être seule à être ainsi durement tentée : « Soyez sobres, veillez, et souvenez-vous que votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer ; résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde » (1 P 5, 8-9).
65. Contre la pensée qui me menace et me dit : « Tu vas avoir à supporter de la part des démons des maux indicibles » — ce que je n’ai pas voulu exposer clairement dans cet écrit, afin de ne pas refroidir le zèle de ceux qui luttent, de ne pas jeter le trouble chez ceux qui se sont déjà séparés du monde et de ne pas scandaliser les simples qui sont dans le monde. Car en vérité j’ai vu les démons faire beaucoup de choses indescriptibles, dont la plupart des hommes ne peuvent parler. Une grande stupeur m’a saisi devant la longanimité des saints anges : comment ne les ont-ils pas consumés et anéantis par la flamme d’un feu qui ne s’éteint pas ? « Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux » (2 P 2, 9).
Béni soit notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a donné la victoire sur le démon de la fornication.
III. De l’amour de l’argent§
Genèse.
1. Contre le démon qui m’annonce dans mon intelligence qu’un de tes parents ou des riches t’enverra de l’or en songe : « J’étends ma main vers le Dieu Très-Haut, qui a créé le ciel et la terre : je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, depuis un fil jusqu’à une courroie de sandale » (Gn 14, 22-23).
2. Contre la pensée qui me montre la pauvreté amère et les maux qui en naissent, et qui me fait m’inquiéter de ce qu’au jour de mon indigence je ne trouverai pas de secours : « Si le Seigneur Dieu est avec moi, qu’il me garde sur le chemin où je marche, qu’il me donne du pain à manger et un vêtement pour me vêtir » (Gn 28, 20).
Exode.
3. Contre la pensée d’amour de l’argent qui nous fait injurier nos pères parce qu’ils ne nous ont pas donné part à leurs biens : « Celui qui maudit son père ou sa mère mourra de mort » (Ex 21, 16).
4. Contre la pensée qui, par amour de l’argent, nous pousse à accabler de lourds (pénibles) travaux celui qui vient de devenir disciple : « Et vous n’opprimerez pas l’étranger, car vous connaissez l’âme de l’étranger, puisque vous-mêmes avez été étrangers au pays d’Égypte » (Ex 23, 9).
Lévitique.
5. Contre la pensée d’amour de l’argent qui ferme les entrailles à celui qui demande à cause de son indigence, et qui nous conseille de mettre en réserve pour nous seuls : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ; je suis le Seigneur ton Dieu » (Lv 19, 18).
6. Contre la pensée d’amour de l’argent qui nous fait empêcher le frère de lire les Écritures ou d’apprendre l’enseignement, et qui nous pousse, pour un gain passager, à le jeter dans la peine et la fatigue : « Que l’homme n’opprime pas son prochain, mais tu craindras le Seigneur ton Dieu » (Lv 25, 17).
7. Contre la pensée d’amour de l’argent qui se détourne de celui qui est retenu par une longue maladie et cruellement affligé par la pauvreté : « Si ton frère devient pauvre et que sa main défaille auprès de toi, tu le soutiendras comme un étranger et un hôte, et il vivra avec toi » (Lv 25, 35).
8. Contre la pensée qui exige du frère un travail des mains au-dessus de ses forces : « Chacun ne traitera pas son frère avec dureté dans les travaux » (Lv 25, 46).
Deutéronome.
9. Contre la pensée qui ne permet pas de donner quelque chose au frère indigent ni de prêter à celui qui nous le demande : « Tu ne fermeras pas ta main au frère indigent, mais tu lui ouvriras ta main et tu lui prêteras autant qu’il lui manque » (Dt 15, 7-8).
10. Contre la pensée qui cherche à garder pour elle des réserves et ne veut faire reposer aucun des frères avec elles : « Maudits seront ta corbeille et ta huche, maudits les produits de ta terre » (Dt 28, 17-18).
Juges.
11. Contre la pensée qui préfère la richesse à la pauvreté : « Le grappillage d’Éphraïm ne vaut-il pas mieux que la vendange d’Abiézer ? » (Jg 8, 2).
Règnes.
12. Contre la pensée de l’âme qui a pitié des pauvres, mais ensuite, au sujet des biens qu’elle dépense pour eux, change de conduite et se repent aussitôt : « Que nos cœurs soient entièrement au Seigneur notre Dieu, pour marcher selon ses ordonnances et garder ses commandements, comme en ce jour » (1 R 8, 61).
13. Contre l’âme qui cherche à trouver la mortification du Christ et qui retient jusqu’à présent quelque chose de ses biens, et qui oublie comment le prophète Élisée, renonçant au monde, s’est dépouillé de tout ce qu’il avait (cf. 1 R 19, 19-21).
14. Contre l’âme qui épargne l’argent et tout ce qui est mis en réserve pour elle, et qui ne veut pas en faire de dépense pour les frères qui arrivent : « Et Élisée dit à son serviteur : Mets la grande marmite et fais cuire un potage pour les fils des prophètes » (2 R 4, 38).
15. Contre l’âme qui a reçu de l’or comme pour les besoins des frères et qui désire le dépenser selon ses propres désirs, oubliant la lèpre de Giézi. Ceux qui lisent comprennent comment le prophète Élisée a exposé la pensée d’amour de l’argent, posant d’abord les passions mauvaises, et ensuite les autres pensées qui l’entourent, d’où naît l’attardement des pensées qui retiennent l’intellect dans des occupations mauvaises et le rendent lépreux : « Et Élisée lui dit : D’où viens-tu, Giézi ? Il dit : Ton serviteur n’est allé ni ici ni là. Il lui dit : Mon cœur ne m’a-t-il pas montré quand… ? » (2 R 5, 25-27).
David.
16. Au Seigneur, au sujet de la pensée d’amour de l’argent qui, par l’inquiétude, me rappelle que tu es sorti de l’héritage de tes pères : « Le Seigneur est la part de mon héritage et de ma coupe ; c’est toi qui me rétabliras mon héritage » (Ps 15, 5).
17. Contre les pensées qui nous reprochent que nos pères nous ont abandonnés et ne nous envoient pas d’or pour combler notre indigence : « Mon père et ma mère m’ont abandonné, mais le Seigneur m’a recueilli » (Ps 26, 10).
18. Contre les pensées qui nous troublent parce que nos frères dans le monde sont riches et honorés de tous à cause de leur richesse : « Mon âme se glorifiera dans le Seigneur ; que les doux l’entendent et se réjouissent » (Ps 33, 3).
19. Contre l’âme qui ne sait pas que nous aurons à être jugés avec le diable si nous n’administrons pas comme il convient les biens qui nous sont donnés par Dieu : « Le pécheur observe le juste et cherche à le faire mourir ; mais le Seigneur ne l’abandonnera pas entre ses mains et ne le condamnera pas quand il sera jugé » (Ps 36, 32-33).
21. Contre l’âme retenue dans le monde, qui recherche l’amour des choses passagères, la maison, les biens et ses pères : « Écoute, ma fille, et vois, et incline ton oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père, et le roi désirera ta beauté » (Ps 44, 11-12).
22. Contre les pensées qui méditent sur les biens et ne fixent pas les yeux sur la douleur pénible de la richesse : « Si la richesse afflue, n’y attachez pas votre cœur » (Ps 61, 11).
23. Contre la pensée qui nous montre la maison illustre de nos pères et rapetisse à nos yeux la petite cellule : « J’ai choisi d’être rejeté dans la maison de mon Dieu plutôt que d’habiter dans les tentes des pécheurs » (Ps 83, 11).
24. Contre la pensée qui a besoin d’argent comme par nécessité et désespère de la grâce de Dieu : « Le Seigneur ne privera pas de biens ceux qui marchent dans l’innocence » (Ps 83, 12).
24 bis. Au Seigneur, au sujet de la pensée d’amour de l’argent qui s’attarde en nous et trouble notre intelligence, soit par le souvenir des biens que nous avons dépensés, soit par le zèle à acquérir des choses que nous ne voyons pas encore, soit par la garde et la conservation de celles qui sont maintenant : « Incline mon cœur vers tes témoignages et non vers la cupidité » (Ps 118, 36).
26. Contre les pensées d’amour de l’argent qui me dépeignent l’hospitalité et font violence à mon âme pour priver les autres, et qui la poussent à plaider pour un gain passager : « Sur le chemin où je passais, les orgueilleux m’ont caché des pièges ; ils ont tendu des cordes en filets pour mes pieds, près du sentier ils ont mis des pièges pour moi » (Ps 139, 6).
27. Contre la pensée d’amour de l’argent qui nous prophétise que nous allons vivre longtemps dans une amère pauvreté : « L’homme est devenu semblable à la vanité ; ses jours passent comme l’ombre » (Ps 143, 4).
Proverbes de Salomon.
27 bis. Contre l’âme en qui, à cause de la passion d’amour de l’argent, l’aumône grandit à peine : « Que l’aumône et la fidélité ne te quittent pas ; attache-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur, et tu trouveras miséricorde et grâce devant Dieu et devant les hommes » (Pr 3, 3-4).
28. Contre la pensée d’amour de l’argent qui nous empêche de faire du bien et nous trouble par l’inquiétude de la pauvreté et de la faiblesse du corps : « Ne t’abstiens pas de faire le bien quand ta main peut le faire ; et si tu as, ne dis pas à ton prochain : Va-t’en, reviens demain et je te donnerai » (Pr 3, 27-28).
29. Contre la pensée d’amour de l’argent qui, par cupidité, nuit et jour nous pousse au travail des mains, nous arrache à la lecture des saintes Écritures et nous empêche de visiter les malades et de servir : « Les richesses ne serviront de rien au jour de la colère, mais la justice délivre de la mort » (Pr 11, 4, selon le codex A).
30. Contre la pensée qui nous tourmente parce que nous dissipons nos biens sans épargne : « La rançon de la vie d’un homme, c’est sa propre richesse ; mais le pauvre ne subit pas de menace » (Pr 13, 8).
31. Contre la pensée qui, par manque d’entrailles, préfère l’argent à la sagesse de Dieu : « Acquérir la sagesse est préférable à l’or, et acquérir l’intelligence est préférable à l’argent » (Pr 16, 16).
32. Contre la pensée d’amour de l’argent qui cherche le repos et la gloire dans la richesse : « Une bonne réputation vaut mieux que de grandes richesses, et la faveur vaut mieux que l’argent et l’or » (Pr 22, 1).
33. Contre l’intelligence qui, par l’aumône, est déliée des pensées d’amour de l’argent, mais qui, par la tristesse et le murmure, s’y trouve de nouveau liée. Ces choses font connaître, au sujet de l’âme, qu’elle ne comprend pas les passions des pensées, ni les liens de la nature raisonnable qui met son honneur à la connaissance de Dieu, et qu’elle ne les connaît pas : « Dieu aime celui qui donne avec joie, et il accomplira les fruits de ses œuvres » (Pr 22, 8).
Ecclésiaste.
34. Contre les pensées qui nous rappellent la maison, les biens et la vie qu’on y menait : « Vanité des vanités, tout est vanité » (Qo 1, 2).
35. Contre la pensée d’amour de l’argent qui cherche à garder ce qui est mis en réserve pour la communauté et veut en amasser d’autres au-dehors, comme pour le repos des frères et pour l’acquisition des saintes Écritures : « Celui qui aime l’argent ne sera pas rassasié d’argent, et celui qui aime l’abondance n’en jouira pas ; cela aussi est vanité » (Qo 5, 9).
Job.
36. Contre la pensée qui dépeint devant nos yeux la perte (le dommage) des biens et des possessions qui étaient pour Job un grand repos corporel : « Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté ; que le nom du Seigneur soit béni » (Jb 1, 21).
Isaïe.
37. Contre la pensée d’amour de l’argent qui nous conseille de mettre en réserve aliments et vêtements et de ne pas en donner part aux pauvres : « Partage ton pain avec celui qui a faim, fais entrer dans ta maison les pauvres sans abri ; si tu vois un homme nu, couvre-le » (Is 58, 7).
Matthieu.
38. Contre l’âme qui ne s’incline pas à la miséricorde lorsqu’elle voit la pauvreté des frères : « Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7).
39. Contre l’âme qui veut plaider au sujet des biens et des possessions qui lui ont été ravis et qui ne sait pas qu’elle ne sera pas déliée des liens des pensées qui naissent en elle à cause de ce qui lui a été enlevé, si elle n’abandonne pas aussi sa tunique avec amour : « Et à celui qui veut plaider contre toi et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau » (Mt 5, 40).
40. Contre la pensée qui nous empêche de prêter au frère parce qu’il n’a pas de quoi rendre : « Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi » (Mt 5, 42).
41. Contre les pensées qui veulent prendre de l’argent pour la communauté et qui, par leur inquiétude (leur souci), abolissent la sagesse : « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent et où les voleurs percent et dérobent » (Mt 6, 19).
42. Contre le démon qui nous dit qu’il est possible à celui qui possède des biens de servir Dieu : « Nul ne peut servir deux maîtres… Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Mt 6, 24).
43. Contre l’âme qui, au temps de l’indigence, veut que d’autres comblent son besoin, mais ne veut pas soulager les autres qui sont affligés et dans le besoin : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux » (Mt 7, 12).
Marc.
44. Contre la pensée qui ne nous laisse pas disperser nos biens et façonne devant nos yeux de belles raisons : « Qu’il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » (Mt 19, 23 ; Mc 10, 23).
L’Apôtre, aux Romains.
45. Contre l’intelligence qui fait l’aumône comme par justice et qui affecte une forme de peine, de murmure et de mine renfrognée, choses étrangères aux commandements de l’amour, et qui ne veut pas être brisée par de telles passions afin d’obtenir la sainte connaissance qui naît dans l’intelligence dépouillée des passions abominables : « Que celui qui exerce la miséricorde le fasse avec joie. Que l’amour soit sans hypocrisie » (Rm 12, 8-9).
Aux Corinthiens, II.
46. Contre la pensée d’amour de l’argent qui estime bienheureux nos frères selon la chair et nos parents dans le monde, parce qu’ils possèdent l’argent qui se voit : « Nous ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles éternelles » (2 Co 4, 18).
47. Contre la pensée qui épargne ce qu’elle donne aux indigents : elle délie, par l’aumône, l’intelligence des pensées ; mais, en se retournant pour se repentir de ce qu’elle a donné, elle lie de nouveau l’intelligence aux pensées qui l’entravent et la font déchoir dans la réception de la connaissance de Dieu : « Celui qui sème avec parcimonie moissonnera avec parcimonie, et celui qui sème avec largesse moissonnera avec largesse » (2 Co 9, 6).
Aux Éphésiens.
48. Contre les pensées d’amour de l’argent qui corrompent la bonté envers les frères : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Ep 4, 32).
Aux Philippiens.
49. Contre la pensée qui cherche à mettre en réserve pour elle seule : « Que chacun ne regarde pas à ses propres intérêts, mais aussi à ceux des autres » (Ph 2, 4).
50. Contre la pensée qui nous suggère le gain des biens et nous montre la richesse d’autrefois, comme si elle avait pu suffire à beaucoup de frères : « Mais ce qui était pour moi un gain, je l’ai considéré comme une perte à cause du Christ ; et même je considère tout comme une perte, à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur » (Ph 3, 7-8).
Aux Colossiens.
51. Contre les pensées qui nous troublent par le souci de la cupidité et ne voient pas l’idolâtrie qui en naît : « Faites donc mourir vos membres qui sont sur la terre : la fornication, l’impureté, la cupidité, qui est une idolâtrie » (Col 3, 5 ; « la passion, le mauvais désir » manque ici).
Aux Hébreux.
52. Contre les pensées qui cherchent à amasser au-delà de notre besoin et qui aiment l’argent : « Que votre conduite soit exempte d’amour de l’argent ; contentez-vous de ce que vous avez, car lui-même a dit : Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas » (He 13, 5).
À Timothée, I.
53. Contre l’âme qui cherche quelque chose au-delà de la nourriture et du vêtement et ne se souvient pas que son entrée dans le monde fut nue et que sa sortie sera de nouveau nue : « Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira » (1 Tm 6, 7-8).
54. Contre la pensée d’amour de l’argent qui dit qu’aucun mal n’est attaché à l’amour de l’argent, mais qu’il y aura un grand repos pour les frères et pour les étrangers : « Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs » (1 Tm 6, 10).
À Timothée, II.
55. Contre la pensée qui cherche, à cause de son indigence, à s’embarrasser des affaires du monde : « Nul qui sert comme soldat ne s’embarrasse des affaires de la vie, afin de plaire à celui qui l’a enrôlé » (2 Tm 2, 4).
Pierre.
56. Contre la pensée qui, dans la gêne, s’agite en vain, comme si les biens s’en allaient, qu’ils n’existaient plus maintenant et ne pouvaient plus exister : « Si quelqu’un sert, qu’il serve selon la force que Dieu lui accorde, et il plaira à Dieu » (1 P 4, 11).
Jean.
57. Contre la pensée d’amour de l’argent qui ne veut pas faire l’aumône aux frères, comme s’ils n’étaient pas indigents, et qui renie en acte l’amour de Dieu : « Si quelqu’un possède les biens du monde, voit son frère dans le besoin et lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? » (1 Jn 3, 17).
58. Contre les pensées qui nous font confesser en parole que nous aimons les frères, mais le renier en acte par amour de l’argent : « Petits enfants, n’aimons pas en parole ni de la langue, mais en acte et en vérité » (1 Jn 3, 18).
Béni soit notre Seigneur, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui nous a donné la victoire sur le démon de l’amour de l’argent.
IV. Des pensées du démon de la tristesse§
Exode.
1. Contre l’âme qui, à cause de la tristesse qui l’a atteinte, pense que le Seigneur n’entend pas son gémissement : « Et les fils d’Israël gémirent à cause de la dure servitude, et ils prièrent, et leur cri monta vers Dieu » (Ex 2, 23).
2. Contre les pensées qui pensent que Dieu ne voit pas notre brisement par les démons : « Et le Seigneur dit : J’ai vu, j’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte » (Ex 3, 7).
3. Contre l’âme qui ne sait pas que les tentations se multiplient plus vite quand celui qui vit pour Dieu commence à scruter spirituellement les paroles et s’applique aux commandements de Dieu : « Seigneur, pourquoi as-tu affligé ce peuple ? Pourquoi m’as-tu envoyé ? » (Ex 5, 22-23).
4. Contre les pensées qui n’attendent pas de secours de Dieu et abattent l’âme par la tristesse : « C’est pourquoi dis aux fils d’Israël : Je suis le Seigneur ; je vous ferai sortir de la domination des Égyptiens » (Ex 6, 6).
5. Contre l’âme qui ne croit pas que ceux qui viennent de renoncer au monde ne tombent pas entre les mains des démons amers et que ceux-ci ne livrent pas des combats visibles par des apparitions et des attouchements, de peur qu’effrayés par la crainte qu’ils inspirent ils ne retournent au monde : « Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui était proche, car Dieu dit : De peur que le peuple ne se repente quand il verra la guerre, et qu’il ne retourne en Égypte » (Ex 13, 17).
6. Contre les pensées qui nous disent que les démons ne savent pas que le Seigneur combat pour nous : « Fuyons devant Israël, car le Seigneur combat pour eux contre les Égyptiens » (Ex 14, 25).
7. Contre l’âme qui ne sait pas ce que les démons pensent à notre sujet : « L’ennemi a dit : Je poursuivrai, j’atteindrai, je partagerai le butin, mon âme s’en rassasiera ; je tirerai mon épée, ma main les fera périr » (Ex 15, 9).
8. Au Seigneur, au sujet des pensées qui nous ébranlent et disent que, dans la nuit, des démons viendront et sauteront sur nous : « Que la crainte et le tremblement tombent sur eux ; par la grandeur de ton bras, qu’ils deviennent comme des pierres » (Ex 15, 16).
9. Contre les pensées de tremblement qui naissent en nous parce que l’ange qui combat avec nous ne se voit pas : « Avec une main secrète le Seigneur combat contre Amalec de génération en génération » (Ex 17, 16).
10. Contre l’âme troublée, comme si les anges de Dieu ne la gardaient pas : « Voici, j’envoie mon ange devant ta face pour te garder en chemin » (Ex 23, 20).
11. Contre l’âme qui s’attriste au sujet du trouble de la nuit et qui pense, à cause de son effroi, qu’elle demeurera toujours dans son trouble : « Je donnerai la paix dans votre terre ; vous dormirez et personne ne vous effraiera ; je ferai disparaître de votre terre les bêtes mauvaises ; vous poursuivrez vos ennemis, et ils tomberont devant vous » (Lv 26, 6-7).
Deutéronome.
12. Contre les pensées humaines qui se lèvent en nous et disent qu’il ne nous réussit pas de lutter contre les démons : « Ne vous effrayez pas et ne les craignez pas ; le Seigneur votre Dieu, qui marche devant vous, combattra lui-même pour vous » (Dt 1, 29-30).
13. Contre l’âme troublée par la voix d’un démon qui a soudain sifflé dans l’air au-dessus d’elle : « Commence à le détruire et engage contre lui le combat ; en ce jour je commencerai à répandre ta terreur et ta crainte sur la face de tous les peuples » (Dt 2, 24-25).
14. Contre les pensées humaines troublées par la vue d’un démon dont les yeux étincellent comme le feu : « Ne vous effrayez pas et ne les craignez pas » (Dt 1, 29).
15. Au Seigneur, parce que l’âme est restée sans trembler, soudain, au milieu de la voix et du trouble des démons tombés sur le corps : « Et je dis : Seigneur Dieu, tu as commencé à montrer à ton serviteur ta force et ta puissance » (Dt 3, 24).
16. Contre l’âme effrayée et tremblante devant les démons qui lui sont apparus et qui pense que le Seigneur l’a abandonnée : « Le Seigneur ton Dieu est un Dieu miséricordieux ; il ne t’abandonnera pas et ne te détruira pas, et il n’oubliera pas l’alliance de tes pères » (Dt 4, 31).
17. Contre l’âme qui veut connaître la cause de ces tentations : « Afin de t’affliger et de t’éprouver, et de te faire du bien à la fin » (Dt 8, 16).
18. Contre les pensées humaines effrayées par la vue des démons venant sur nous la nuit et se roulant sur notre dos sous la forme de bêtes : « Que votre cœur ne défaille pas ; ne craignez pas, ne vous effrayez pas et ne fléchissez pas devant eux ; car le Seigneur ton Dieu, qui marche devant toi, qui t’a fait monter de la terre d’Égypte, combattra lui-même pour vous contre vos ennemis mauvais et vous sauvera » (Dt 20, 3-4).
19. Contre l’âme triste et ébranlée par les démons qui, dans les nuits, brillent au-dessus d’elle : « Soyez virils et forts ; ne crains pas et ne t’effraie pas devant eux, car le Seigneur ton Dieu marche avec vous » (Dt 31, 6).
Josué.
19 bis. Contre l’âme qui veut, par l’éloignement du monde, devenir forte dans la crainte de Dieu, mais qui en est empêchée par le tremblement que causent les démons : « Sois fort et viril ; ne crains pas et ne t’effraie pas, car le Seigneur ton Dieu est avec toi partout où tu iras » (Jos 1, 9).
20. Contre les pensées qui hésitent à s’adonner aux œuvres de la piété à cause du tremblement causé par de terribles visions et par des flambeaux de feu volant dans l’air : « Ne les craignez pas et ne vous effrayez pas ; car c’est ainsi que le Seigneur traitera tous vos ennemis contre lesquels vous combattez » (Jos 10, 25 ; « soyez virils et forts » manque chez Évagre).
Juges.
21. Contre l’âme qui tombe par la tristesse et qui, pour cela, est troublée par les visions nocturnes : « Éveille-toi, éveille-toi, Débora ; éveille-toi, éveille-toi, dis un cantique ; lève-toi, Barac » (Jg 5, 12).
Samuel.
22. Contre la pensée qui ne considère pas qu’un chant uni aux psaumes change la disposition (l’état) du corps et chasse le démon qui palpe le dos, refroidit les nerfs et trouble tous les membres : « Et lorsque l’esprit mauvais était sur Saül, David prenait la cithare et jouait de sa main ; Saül était soulagé et se trouvait bien, et l’esprit mauvais se retirait de lui » (1 S 16, 23).
23. Contre le démon qui apparaît portant une épée, il nous convient de répondre comme à la guerre, comme notre père le bienheureux Macaire lui a répondu, lorsqu’il le vit, portant une épée, venir à sa rencontre, quand il s’en allait voir le jardin qu’avaient fait Jannès et Jambrès : « Tu viens à moi avec l’épée, la lance et le bouclier ; et moi je viens à toi au nom du Seigneur des armées » (1 S 17, 45).
24. Contre les démons qui produisent un bruit dans l’air et ensuite nous font entendre leurs voix : « Et toute cette assemblée saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que le Seigneur sauve, car la guerre est au Seigneur » (1 S 17, 47).
25. Contre le démon qui me menace avec des serments : « Je te couvrirai d’opprobre et de moquerie au milieu de tous les moines, parce que tu as scruté et dévoilé la nature de toutes les pensées impures » : « Il suffit ! Que celui qui est courbé ne se glorifie pas comme celui qui est droit ! » (1 R 21, 11).
Règnes.
26. Contre l’âme troublée par des démons apparus à l’improviste dans l’air : « Ne crains pas, car ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont avec eux » (2 R 6, 16).
27. Contre l’âme qui ne croit pas que l’air est plein de saints anges qui combattent avec nous et ne sont pas vus par les démons : « Et Élisée pria et dit : Seigneur, ouvre les yeux du serviteur, afin qu’il voie. Et le Seigneur ouvrit ses yeux, et il vit : et voici, la montagne était pleine de chevaux, et un char de feu autour d’Élisée » (2 R 6, 17).
David.
28. Contre la pensée qui me jette dans le tremblement et l’effroi, comme si les démons venaient et combattaient contre moi : « Celui qui habite dans les cieux se rira d’eux, et le Seigneur se moquera d’eux ; alors il leur parlera dans sa colère » (Ps 2, 4-5).
29. Au Seigneur, au sujet des visions qui nous troublent et des abominations qui nous apparaissent la nuit : « Aie pitié de moi, Seigneur, car je suis faible ; guéris-moi, Seigneur, car mes os sont troublés, et mon âme est très troublée ; et toi, Seigneur, jusques à quand ? Reviens, Seigneur, délivre mon âme » (Ps 6, 3-5).
30. Contre les pensées qui nous conseillent de fuir devant la méchanceté des démons et de ne pas leur résister virilement dans le combat : « Je me suis confié dans le Seigneur ; comment dites-vous à mon âme : Fuis vers les montagnes comme un passereau ? » (Ps 10, 1).
31. Au Seigneur, au sujet de la pensée que les démons viendront contre nous dans la nuit : « Lève-toi, Seigneur, devance-les et renverse-les ; délivre mon âme de l’impie et de l’épée » (Ps 16, 13).
32. Contre l’âme effrayée par des voix (des bruits) terribles et par le trouble des démons : « Ceux-ci se confient dans les chars, ceux-là dans les chevaux ; mais nous, nous invoquerons le nom du Seigneur notre Dieu ; eux ont été entravés et sont tombés, mais nous nous sommes relevés et redressés » (Ps 19, 8-9).
33. Contre les démons qui, la nuit, s’attachent à nos corps et frappent nos membres sous la ressemblance de scorpions : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut : qui craindrai-je ? Le Seigneur est le protecteur de ma vie : de qui aurai-je peur ? » (Ps 26, 1-2).
34. Contre les démons qui se penchent soudain au-dessus de nous depuis l’air, comme des Indiens (des Éthiopiens) : « Si une armée se range contre moi, mon cœur ne craindra pas ; si une guerre s’élève contre moi, même alors j’aurai confiance » (Ps 26, 3).
35. Au Seigneur, au sujet du démon de la tristesse qui s’approche de moi, qui seul ne produit pas de désir, mais agit tout entier dans la tête et dans le dos ; tantôt il apporte la tristesse avec les pensées, tantôt, sans pensées, il établit l’âme dans une grande affliction inutile : « Toi, couvre-moi et garde-moi de mes ennemis ; entoure-moi de gloire et de délivrance, afin que je te comprenne » (cf. Ps 31, 7-8).
36. Au Seigneur, au sujet des démons qui tombent sur la peau du corps, y posent comme des cautères de feu et y impriment des marques circulaires comme celles des ventouses, ce que j’ai souvent vu de mes yeux et dont je me suis étonné : « Juge, Seigneur, ceux qui me font tort ; combats ceux qui me combattent ; saisis l’arme et le bouclier, et lève-toi à mon secours » (Ps 34, 1-2).
37. Au Seigneur, au sujet du démon de la tristesse qui altère l’intellect et le fixe dans une seule pensée pleine d’une dure affliction ; c’est là le signe d’une grande folie : « Rétablis mon âme loin de leurs méfaits, et mon unique loin des lions » (Ps 34, 17).
38. Contre la pensée qui me dit avec menaces que, dans la nuit, des démons portant l’épée viendront : « Que leur épée entre dans leur cœur et que leurs arcs soient brisés » (Ps 36, 15).
39. Contre la pensée qui me prophétise une plaie qui me viendra des démons : « Car moi, je suis prêt pour les coups, et ma douleur est toujours devant moi » (Ps 37, 18).
40. Contre l’âme qui cherche, au temps de la tristesse, à trouver dans la prière des paroles spirituelles : « Ne m’abandonne pas, Seigneur mon Dieu, ne t’éloigne pas de moi ; viens à mon aide, Seigneur de mon salut » (Ps 37, 22-23).
41. Au Seigneur, au sujet des démons qui ont brûlé les nerfs du corps : « Éloigne de moi tes coups ; sous la force de ta main j’ai défailli » (Ps 38, 11).
42. Contre l’âme, au sujet de la pensée de tristesse qui dépeint devant nos yeux la vieillesse du père, la faiblesse de la mère et le deuil des parents qui ne sont pas consolés : « Ses paroles sont plus douces que l’huile, et ce sont des traits » (Ps 54, 22).
43. Au Seigneur, au sujet du démon qui, dans l’intelligence, me menace de démence et de folie, à ma honte et à celle de ceux qui cherchent le Seigneur par la vie monastique : « Que ceux qui t’attendent, Seigneur des puissances, ne soient pas confondus à cause de moi ; que ceux qui te cherchent ne soient pas couverts de honte à cause de moi, Dieu d’Israël » (Ps 68, 7).
44. Contre l’âme qui ne comprend pas ce que disent les chefs des démons au sujet de ceux qui sont abandonnés par le Seigneur : « Ceux qui épiaient mon âme ont tenu conseil ensemble, disant : Dieu l’a abandonné ; poursuivez-le et saisissez-le, car il n’y a personne pour le délivrer » (Ps 70, 10-11).
45. Au Seigneur, au sujet des bêtes qui apparaissent comme volant dans l’air et qui nous font sortir des murs ; il faut dire ce que disait aussi le vieillard égyptien, le bienheureux Macaire, lorsqu’il ouvrait la bouche : « Ne livre pas aux bêtes l’âme qui te confesse » (Ps 73, 19).
46. Contre l’âme qui n’est pas persuadée que les démons impurs parlent entre eux à notre sujet : « Ils ont dit : Venez, exterminons-les du milieu des nations, et qu’on ne se souvienne plus du nom d’Israël » (Ps 82, 5).
47. Contre les démons qui commencent peu à peu à prendre la ressemblance d’images abominables et se penchent depuis l’air, il faut répondre ce que répondait aussi le juste, le bienheureux Antoine, en disant : « Le Seigneur est mon secours, et moi je regarderai mes ennemis » (Ps 117, 7).
48. Contre le démon qui s’est enflammé comme un feu et qui, se transformant aussitôt, s’est dissipé en fumée : « Notre âme, comme un passereau, a été délivrée du filet des chasseurs ; le filet a été brisé, et nous avons été délivrés ; notre secours est dans le nom du Seigneur » (Ps 123, 7-8).
49. Au Seigneur, au sujet du démon qui m’a menacé de me brûler dans un feu enflammé : « Des charbons descendront sur eux ; ils tomberont dans le feu et ne pourront se tenir debout » (Ps 139, 11).
Proverbes.
50. Contre la pensée qui me dit que le chemin qui mène à la connaissance de Jésus-Christ est plein de grand danger et d’affliction : « Le paresseux allègue et dit : Il y a un lion sur les chemins, et des meurtriers sur les places » (Pr 22, 13).
Job.
51. Contre l’âme qui ne sait pas que le diable ne peut s’approcher même d’une bête sans le commandement de Dieu : « Tu as béni les œuvres de ses mains et tu as multiplié ses troupeaux sur la terre ; mais étends ta main et touche à tout ce qui est à lui » (Jb 1, 10-11).
52. Contre l’âme qui ne sait pas qu’après les tentations qui lui sont survenues par les pensées, Satan s’empresse de demander à Dieu qu’il lui donne pouvoir sur le corps : « Peau pour peau ; tout ce que l’homme possède, il le donnera pour sa vie. Mais étends ta main et touche ses os et sa chair » (Jb 2, 4-5).
53. Contre les pensées qui nous ébranlent par des prophéties en nous disant que, dans la nuit, des démons viendront sous la forme d’étoiles, qu’ils apparaîtront dans la cellule et brûleront vos yeux et vos visages. Il nous est utile, en ce temps de tentation, de demeurer à genoux dans la prière, de détourner notre visage et de ne pas regarder ceux qui s’efforcent de nous troubler : « Cette nuit-là, que l’obscurité la couvre ; que les étoiles de cette nuit s’obscurcissent ; qu’elle attende la lumière et qu’elle ne vienne pas, et qu’elle ne voie pas se lever l’étoile du matin » (Jb 3, 8-9).
54. Contre la pensée qui me prophétise que la mort me viendra des démons : « Car si l’homme meurt, il vivra, après avoir achevé les jours de sa vie ; j’attendrai jusqu’à ce que je renaisse » (Jb 14, 14).
Michée.
55. Contre l’esprit mauvais qui se dresse contre mon âme, qui me montre ses péchés passés et s’efforce de jeter en elle la tristesse : « Ne te réjouis pas à mon sujet, mon ennemie, parce que je suis tombé ; je me relèverai ; car si je m’assieds dans les ténèbres, le Seigneur sera ma lumière » (Mi 7, 8).
Nahum.
56. Contre l’âme qui ne supporte pas virilement le démon qui, au temps de la prière, vient soudain se poser entre les épaules13 et sur le cou, qui démange les oreilles et chatouille les narines : « Le Seigneur est bon pour ceux qui l’attendent au jour de l’affliction, et il connaît ceux qui le craignent » (Na 1, 7).
57. Contre l’âme qui désire apprendre ce qu’il en sera des démons au jour du jugement et à quel genre de tourment ils seront livrés ; de ce tourment le prophète parle d’une manière mystique en disant : « Et voici la plaie dont le Seigneur frappera tous les peuples qui ont combattu contre Jérusalem : leurs chairs se dissoudront tandis qu’ils seront debout sur leurs pieds, leurs yeux couleront hors de leurs orbites, et leur langue se dissoudra dans leur bouche » (Za 14, 12).
Isaïe.
58. Contre les démons qui ont soudain allumé un feu et causé un trouble par des voix confuses ; comme ils ont jeté l’âme dans l’effroi, ils ne lui ont pas permis de tomber dans le tremblement causé par eux. Il convient que nous disions ce que notre saint père Macaire aussi leur répondait en disant : « Soyez effrayées, nations, et soyez vaincues ; écoutez, vous tous jusqu’aux extrémités de la terre ; fortifiez-vous et soyez vaincus ; formez un dessein et il sera réduit à néant ; dites une parole et elle ne tiendra pas, car Dieu est avec nous » (Is 8, 9-10).
Jérémie.
59. Contre les pensées qui nous atteignent à cause de la faiblesse que les démons font naître en nous : « Et moi, je ne me suis pas retourné en arrière et je n’ai pas contredit ; j’ai livré mon dos aux coups et mes joues aux soufflets » (Is 50, 5-6).
60. Contre la pensée de l’âme qui s’attriste parce que ses amis et ses parents lui font des reproches, de ce qu’elle ne leur a pas distribué de ses biens, et qui ne reçoit d’eux aucune consolation : « Ne craignez pas l’opprobre des hommes et ne vous laissez pas vaincre par leurs outrages » (Is 51, 7).
61. Contre l’âme qui ne comprend pas que les pensées vaines font naître en elle la crainte et le tremblement, et obscurcissent la sainte lumière qui produit l’assurance dans l’intelligence : « Éloigne-toi de l’injuste, et tu ne craindras pas, et le tremblement ne s’approchera pas de toi » (Is 54, 14).
62. Contre l’âme qui tremble devant les éclairs qui se produisent sur les murs : « Ne crains pas devant eux, car je suis avec toi pour te délivrer, dit le Seigneur » (Jr 1, 8).
63. Au Seigneur, au sujet des pensées de tristesse qui entraînent l’intelligence dans l’abîme plein de morts et impriment dans le cœur des visions abominables ; c’est là le signe d’une âme jetée dans les dangers : « Pourquoi ceux qui me chagrinent ont-ils le dessus sur moi ? Ma plaie est dure ; d’où serai-je guéri ? Elle est devenue pour moi comme une eau trompeuse » (Jr 15, 18).
64. Au Seigneur, au sujet des démons qui nous disent dans l’intelligence que bientôt, dans vos conduites, vous allez être couverts de honte : « Que ceux qui me persécutent soient confondus, et que moi je ne sois pas confondu » (Jr 17, 18).
Ézéchiel.
65. Contre l’âme qui a pris peur des combats des démons qui se font par l’attouchement : « Ne les crains pas et ne t’effraie pas devant leur face, car c’est une maison rebelle » (Ez 3, 9).
Matthieu.
66. Contre l’âme qui n’est pas persuadée que les démons n’ont pas même pouvoir sur les porcs, eux qui s’enorgueillissent de ce que nous avons pouvoir sur les hommes et les asservissons selon notre volonté : « Les démons le suppliaient, disant : Si tu nous chasses, envoie-nous dans le troupeau de porcs. Il leur dit : Allez » (Mt 8, 30-32).
Jean.
67. Contre l’âme qui ne comprend pas que la faiblesse de la foi produit dans le cœur le trouble et la lâcheté : « Que votre cœur ne se trouble pas ; croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jn 14, 1).
Actes.
68. Contre l’âme qui s’attriste d’avoir été insultée à cause du nom du Seigneur : « Ils s’en allaient joyeux de devant le Sanhédrin, parce qu’ils avaient été jugés dignes de subir l’outrage pour le Nom » (Ac 5, 41).
Romains.
69. Au sujet de l’affliction qui vient des tentations : « Nous nous glorifions même dans les afflictions, sachant que l’affliction produit la patience, la patience la vertu éprouvée, la vertu éprouvée l’espérance ; et l’espérance ne confond pas » (Rm 5, 3-5).
70. Contre la pensée qui me prophétise de rudes afflictions devant me venir des tentations : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui doit être révélée en nous » (Rm 8, 18).
Première aux Corinthiens.
71. Contre la pensée de l’âme qui croit être tentée au-delà de ce qu’elle peut : « Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces, mais avec la tentation il donnera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1 Co 10, 13).
Deuxième aux Corinthiens.
72. Contre l’âme, au sujet d’une tentation étrange et indicible, que je ne veux pas révéler par des paroles à cause des hommes qui, à la fois par méchanceté et par ignorance, se moquent des paroles sérieuses et non sérieuses, et qui ne croient pas que les démons brisent manifestement ceux qui mènent la vie monastique. Ces hommes n’ont absolument aucune expérience de la guerre des démons, lesquels reçoivent, par une demande adressée à Dieu, le pouvoir de nous tenter : « Nous avions reçu en nous-mêmes la sentence de mort, afin de ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes, mais en Dieu qui ressuscite les morts » (2 Co 1, 9-10).
73. Contre le démon qui me présente les péchés de ma jeunesse : « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une nouvelle créature ; les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Co 5, 17).
74. Contre les pensées de tristesse qui nous ont assaillis au sujet des choses passagères, qui plongent l’intelligence dans une grande affliction et la tuent : « La tristesse selon Dieu produit une repentance pour le salut dont on ne se repent pas ; mais la tristesse du monde produit la mort » (2 Co 7, 10).
Jacques.
75. Contre les pensées de l’âme qui se lasse dans la guerre déclarée contre les démons : « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous » (Jc 4, 7).
Pierre.
76. Contre les pensées qui s’attendent à ce que l’âme soit frappée de stupeur par les démons et que le corps tombe dans une maladie incurable : « Et qui vous fera du mal si vous êtes zélés pour le bien ? Mais même si vous souffrez pour la justice, bienheureux êtes-vous. Ne craignez pas leur crainte et ne soyez pas troublés, mais sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ » (1 P 3, 13-15).
Béni soit notre Seigneur et notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui nous a donné la victoire sur le démon de la tristesse.
V. De la colère§
Genèse.
1. Contre l’âme qui ne sait pas que les présents éteignent facilement la rancune prolongée d’un frère : « Si j’ai trouvé grâce devant toi, reçois de mes mains ces présents… Accepte les bénédictions que je t’ai apportées » (Gn 33, 10-11).
2. Contre les pensées de colère qui surviennent sur le chemin des bonnes œuvres : « Ne vous irritez pas en chemin » (Gn 45, 24).
Exode.
3. Contre la pensée de faux témoignage née de la colère : « Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain » (Ex 20, 16).
4. Contre la pensée née de la calomnie, qui réveille et excite la colère contre le frère : « Tu n’accueilleras pas une rumeur vaine » (Ex 23, 1).
5. Contre la pensée excitée par la colère, qui veut injurier les frères : « Tu t’éloigneras de toute parole injuste » (Ex 23, 7).
Lévitique.
6. Contre la pensée qui dépeint dans l’intelligence un frère disant par haine quelque chose de mal et entendant quelque chose de haineux. Comme l’a raconté Jean, le prophète de la Thébaïde, il est possible que cela arrive si cette haine porte sur des richesses et des aliments ; mais la haine qui vient de la gloire que donnent les hommes se déracine à peine : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur » (Lv 19, 17).
Nombres.
7. Contre l’âme qui croit que la douceur parfaite est contre nature : « L’homme Moïse était très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la terre » (Nb 12, 3).
Samuel.
8. Contre l’âme qui ne sait pas que les injures des hommes surviennent lorsque Dieu la laisse être tentée : « Laissez-le maudire, car le Seigneur le lui a dit ; peut-être le Seigneur regardera-t-il mon humiliation » (2 S 16, 11-12).
David.
9. Contre l’âme qui se détourne de l’humilité et veut pourtant apprendre les voies du Seigneur : « Il guidera les doux dans le jugement, il enseignera aux doux ses voies » (Ps 24, 9).
10. Contre l’âme qui accueille les pensées de colère et recueille contre les frères des griefs mauvais et des soupçons mensongers : « Cesse la colère et abandonne la fureur ; ne t’irrite pas au point de faire le mal ; car les méchants seront exterminés » (Ps 36, 8-9).
11. Contre la pensée mue par la calomnie des frères, qui enveloppe l’âme d’une nuée par la colère : « Assis, tu parlais contre ton frère, et contre le fils de ta mère tu dressais un piège » (Ps 49, 20).
12. Au Seigneur, parce que l’intelligence sait que de l’agitation de la colère naissent, dans la nuit, des visions effrayantes, et parce qu’elle a compris de nouveau qu’elles s’éteignent par la miséricorde et la longanimité : « Plus que mes ennemis tu m’as rendu sage, parce que j’ai gardé tes commandements… » (Ps 118, 98-99).
13. Contre le démon qui excite la colère contre les frères, et qui nous persuade de nouveau de confesser cette doxologie dans laquelle il est écrit — alors que le commandement de longanimité n’est pas gardé par nous ; il fait cela afin de se moquer de nous qui chantons ce commandement que nous ne gardons pas en œuvre : « Comment chanterions-nous le cantique du Seigneur sur une terre étrangère ? » (Ps 136, 4).
Proverbes.
14. Contre la pensée qui rassemble de mauvaises idées contre le frère, comme s’il était négligent, blasphémateur et ne faisant pas ce qui convient : « Ne médite pas le mal contre ton ami qui habite près de toi et se confie en toi » (Pr 3, 29).
15. Contre la pensée née de la haine, qui veut quereller un frère au sujet de choses passagères : « La haine excite la querelle, et l’amour couvre toutes les fautes » (Pr 10, 12).
16. Contre la pensée qui nous pousse à proférer des malédictions contre le frère : « Les lèvres justes couvrent l’inimitié, mais ceux qui profèrent des injures sont très insensés » (Pr 10, 18).
17. Contre la colère qui s’élève contre le frère et qui, au temps de la prière, rend l’intelligence inconvenante : « Toute âme simple est bénie, mais l’homme colérique n’est pas honorable » (Pr 11, 25).
18. Contre la pensée qui excite notre colère contre une bête de somme qui ne marche pas droit sur la route : « Le juste a pitié des âmes de ses bêtes, mais les entrailles des impies sont sans pitié » (Pr 12, 10).
19. Contre la pensée qui s’excite promptement sous l’effet de la colère et qui, pour un motif de peu de prix, trouble l’intelligence : « L’insensé fait connaître sa colère le jour même, mais l’homme avisé cache son déshonneur » (Pr 12, 16).
20. Contre la pensée qui ourdit une ruse contre le frère : « Le rusé ne trouvera pas de gibier ; mais l’homme pur est un bien précieux » (Pr 12, 27).
21. Contre l’âme qui marche dans la voie du ressentiment et qui, par les pensées, excite l’intelligence à la colère ; après la pensée vient le passage à l’acte14 : « Dans les voies de la justice est la vie, mais les voies des rancuniers mènent à la mort » (Pr 12, 28).
22. Contre la pensée de colère qui ébranle et déracine la longanimité et qui nous fait penser des œuvres de folie ; sa force vient des choses du désir, alors que c’est la douceur qui aurait dû être éveillée : « L’homme longanime est riche en intelligence, mais l’homme pusillanime est très insensé » (Pr 14, 29).
23. Contre la pensée de colère qui nous empêche de répondre avec douceur à ceux qui nous reprennent à bon droit : « La colère perd même les sages ; une réponse soumise détourne la fureur, mais une parole blessante excite les colères » (Pr 15, 1).
24. Contre la pensée qui nous soulève contre les frères dans un esprit de querelle et nous empêche d’en supprimer les causes.
Proverbes 15, 18.
25. À l’âme qui estime que la pensée de colère n’est pas abominable devant le Seigneur, mais seulement le péché qui en résulte.
Proverbes 15, 26.
26. Contre la pensée qui nous conseille d’aimer les hommes emportés et colériques.
Proverbes 22, 24-25.
27. À l’âme qui subit l’injustice et veut commettre l’injustice à son tour ; c’est là le signe d’une passion mauvaise dans une âme qui aime les vanités.
Proverbes 24, 44.1
28. À l’esprit impitoyable qui ne prend pas son ennemi en pitié lorsqu’il le voit dans une cruelle pauvreté, et qui ne veut pas non plus mettre fin à l’inimitié en partageant sa table.
Proverbes 25, 21-22.
Ecclésiaste
29. Contre la pensée d’une âme qui s’enflamme promptement de fureur et s’aigrit violemment contre les frères.
Ecclésiaste 7, 10.
30. À l’âme qui ne veut pas supprimer les causes de la fureur, mais désire les mets, les vêtements, les richesses et la gloire passagère : ces choses excitent la fureur, qui ne quitte plus le cœur, mais plonge l’esprit dans l’abîme de la perdition.
Ecclésiaste 11, 10.
Cantique des cantiques
31. Contre le démon qui cherche, par de nombreuses tentations, à éteindre notre amour pour les frères.
Cantique des cantiques 8, 7.
Isaïe
32. Contre la pensée qui m’incite à écrire à celui qui nous a affligés des paroles accablantes, qui lui mordent le cœur.
« Malheur à ceux qui recherchent les vanités et écrivent la méchanceté. » — Isaïe 10, 1.
Lamentations
33. Au Seigneur, au sujet des pensées de colère, afin qu’elles ne demeurent plus désormais en nous.
Lamentations 3, 58.
Matthieu
34. Contre les pensées de colère que nos pères et nos frères suscitent en nous lorsqu’ils nous chassent à cause du nom du Seigneur.
Matthieu 5, 10.
35. Contre la pensée qui s’élève contre le frère par défiance.2
Matthieu 5, 22.
36. Contre la pensée qui s’emporte contre celui qui l’a frappé et ne veut pas, en recevant un second coup, dissiper la pensée née du premier.
Matthieu 5, 39.
37. Contre les pensées qui nous incitent à haïr nos ennemis et à les maudire.
Matthieu 5, 44-45.
Luc
38. Contre la pensée de colère à laquelle le repentir du frère ne suffit pas, mais qui revient encore s’irriter contre lui.
Luc 17, 3-4.
Jean
39. À l’esprit qui accueille des pensées de colère contre les frères et abolit le commandement de l’amour, appelé commandement nouveau.
Jean 13, 34.
L’Apôtre — Romains
40. Contre les pensées de colère qui s’exaspèrent contre l’amour.
Romains 8, 35.
41. Contre les pensées de jalousie qui se réjouissent de la chute de nos ennemis.
Romains 12, 15.
42. Contre la pensée de rancune qui s’empresse de rendre le mal à celui qui l’a affligée.
Romains 12, 17.
Première épître aux Corinthiens
43. Contre les pensées de colère qui nous conseillent de commettre l’injustice et de dépouiller autrui.
Corinthiens 6, 7-8.
44. Contre la pensée de colère qui s’emporte contre celui qui nous a insultés en nous reprochant notre condition d’esclave.
Corinthiens 7, 21-22.
45. À l’âme qui n’a pas confiance dans l’assurance que donne l’amour et qui en est privée par les pensées de colère.
Corinthiens 13, 1-8a.
Galates
46. À l’âme qui s’irrite violemment et cherche à trouver en elle-même la mesure de la connaissance de la vérité.
Galates 5, 22-23.
47. Contre les pensées qui nous jettent dans l’affliction à cause des manquements des frères.
Galates 6, 2.
48. Contre les pensées d’une âme qui songe avec colère à ceux qui ont reçu d’elle de nombreux bienfaits et se sont retournés contre elle en murmurant.3
Galates 6, 9.
Éphésiens
49. Contre les pensées de colère qui ne nous laissent pas nous réconcilier avec les frères, en dessinant sous nos yeux des prétextes convenables : la honte, la crainte et la louange, afin, prétendent-elles, que celui qui a commis cette faute ne retombe pas dans les mêmes transgressions qu’auparavant. C’est là le signe de la ruse malfaisante du démon, qui ne veut pas laisser l’esprit libre de rancune.
Éphésiens 4, 26-27.
50. Contre toutes les sortes de pensées qui naissent de la colère au sujet d’affaires de toute nature.
Éphésiens 4, 31.
Philippiens
51. Contre les pensées de colère qui osent murmurer au sujet du service des frères.
Philippiens 2, 14-15.
Colossiens
52. Contre les pensées nées de la flamme de la fureur et dont la brûlure engendre le blasphème et le mensonge.
Colossiens 3, 8-9.
Première épître aux Thessaloniciens
53. Contre les pensées qui veulent rendre le mal pour le mal.
Thessaloniciens 5, 15.
Première épître à Timothée
54. À l’âme qui ne connaît pas la fin du commandement de Dieu et qui la détruit par les pensées de colère.
Timothée 1, 5.
Deuxième épître à Timothée
55. À l’esprit qui, par les pensées, fait surgir des combats dans l’intellect.
Timothée 2, 24.
56. Contre la pensée de colère qui m’atteint à cause de la persécution que j’ai subie de la part de mes pères et de mes proches pour le nom du Seigneur.
Timothée 3, 12.
Philémon
57. Contre la pensée qui éveille en nous la colère au sujet d’un frère qui a reçu de l’argent ou quelque autre chose pour ses besoins, mais ne s’empresse pas de le rendre.
Philémon 18.
Jacques
58. À l’âme qui se met promptement en colère et recherche la justice de Dieu.
Jacques 1, 19-20.
59. Contre la pensée qui remplit l’esprit de colère, mais cherche à voir sa propre âme dans la sagesse de Dieu.
Jacques 3, 17-18.
60. Contre la pensée portée à calomnier les frères et qui méprise le législateur, comme s’il n’avait pas été juste d’établir cette loi en disant : « Tu ne calomnieras pas ton frère. »
Jacques 4, 11-12.
Pierre
61. Contre la pensée qui veut rendre le mal pour le mal et l’injure pour l’injure, sans chercher à anéantir par des bénédictions les pensées injurieuses et calomnieuses.
Pierre 3, 9.
Jean
62. À l’esprit qui dit que la crainte de Dieu demeure en lui, mais qui hait son frère.
Jean 2, 9.
63. Contre les pensées qui naissent de la haine et rendent l’esprit fratricide.
Jean 3, 15.
64. À l’esprit qui confesse aimer Dieu, mais qui, par sa haine envers son frère, renie ce premier amour.
Jean 4, 20.
Béni soit notre Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, qui nous a donné la victoire sur le démon de la colère.
VI. De l’acédie§
Sixième discours. Contre les pensées du démon de l’acédie.
Genèse
1. Contre la pensée du démon de l’acédie qui déteste le travail manuel qu’elle connaît et veut apprendre un autre métier, plus profitable et moins pénible.
Genèse 3, 19.
Exode
2. Contre la pensée qui, sous l’effet de l’acédie, se porte à calomnier l’abbé, sous prétexte qu’il ne console pas les frères, qu’il est dur envers eux et n’a pas compassion d’eux dans leurs tribulations.
« Tu ne diras pas de mal d’un prêtre de Dieu », etc. — Exode 22, 28.
Nombres
3. À l’âme qui cède à une pensée d’acédie et s’attend à être rassasiée des fruits de la connaissance de la vérité sans persévérance.
Nombres 13, 21.
Deutéronome
4. À l’esprit que les pensées d’acédie inclinent de nouveau vers le monde et qui aime celui-ci et ses affaires.
« Écoute, Israël », etc. — Deutéronome 6, 4 et suiv.
5. Contre la pensée d’acédie qui nous détourne de la lecture et de l’enseignement des paroles spirituelles, en disant : « Tel saint vieillard ne connaissait que douze psaumes et plaisait à Dieu. »
Deutéronome 6, 6 et suiv.
6. À l’âme qui accueille les pensées d’acédie lorsqu’une légère maladie atteint le corps. — Deutéronome 7, 15.
7. Contre la pensée qui, sous l’effet de l’acédie, recherche sa parenté et les membres de sa maison, et se dit : « Le démon de l’acédie est très puissant, et je suis incapable de vaincre les pensées qui sortent de lui et s’opposent à moi. »
Deutéronome 28, 7.
Josué
8. Contre la pensée d’acédie qui fuit la lecture et la méditation des paroles spirituelles, mais me conseille de supplier le Seigneur de nous enseigner les Écritures par son Esprit.
Josué 1, 8.
Juges
9. À l’âme qui, au temps de l’acédie, réfléchit et dit : « Pourquoi le Seigneur me laisse-t-il ainsi être tenté par les démons ? Tantôt ils soulèvent notre colère contre les frères qui sont près de nous, tantôt ils nous jettent dans la tristesse en nous poussant avec violence même contre les frères qui sont loin de nous. » Ce sont là les ruses des pensées d’acédie.
Juges 2, 20–3, 2.
David
10. À l’âme endurcie qui ne veut pas verser de larmes pendant la nuit à cause des pensées d’acédie. Car l’effusion des larmes est un puissant remède contre les visions nocturnes engendrées par l’acédie. Ce remède, le prophète David l’a lui aussi appliqué avec sagesse à ses propres passions, en disant :
Psaume 6, 1 (LXX).
11. Au Seigneur, au sujet des pensées d’acédie qui ont persisté en moi.
Psaume 24, 18 (LXX).
12. Contre les pensées d’acédie qui abattent mon espérance.
« Mais moi, je crois », etc. — Psaume 26, 13 (LXX).
13. Contre la pensée de murmure née de l’acédie, qui ose même faire taire la louange.
Psaume 33, 2 (LXX).
14. À l’âme qui, dans l’acédie, accueille des pensées destructrices de son espérance, lui représentant que la vie monastique est trop difficile et que l’on en supporte à peine la discipline.
« Espère… la terre et recherche la fidélité. » — Psaume 36, 3 (LXX).
15. À l’âme malheureuse qui souffre de l’acédie et se choisit d’autres lieux pour y habiter.
Psaume 36, 34 (LXX).
16. À l’esprit qui ne sait pas que les pensées d’acédie, en s’attardant en lui, troublent son état et obscurcissent à ses yeux la sainte lumière au moment de la prière. Au sujet de cette lumière même, nous voulions apprendre d’où elle vient, moi et Ammonios, serviteur de Dieu ; nous avons donc demandé au saint Jean de Thébaïde si la nature de l’intellect est lumineuse et émet d’elle-même la lumière, ou si quelque chose d’autre apparaît du dehors pour l’éclairer. Il nous répondit : « Aucun homme n’est capable de le discerner ; et, sans la grâce de Dieu, l’intellect ne peut pas non plus être illuminé dans la prière, après avoir été délivré des nombreux et redoutables ennemis qui s’empressent de le perdre. »
Psaume 37, 11 (LXX).
17. À l’âme qui veut apprendre s’il est vrai qu’elle est livrée aux tentations des démons lorsqu’elle est quelque peu abandonnée par les saints anges.
« Mes amis et mes proches se sont tenus en face de ma douleur », etc. — Psaume 37, 12 (LXX).
18. Contre la pensée d’acédie qui détruit l’espérance attachée à notre persévérance, comme si celle-ci ne pouvait, au cours de son cheminement, fléchir le Seigneur pour qu’il nous fasse miséricorde.
Psaume 39, 2 (LXX).
19. À l’âme qui croit que les larmes ne servent à rien au temps du combat contre l’acédie et qui ne se souvient pas que David faisait précisément cela et disait :
Psaume 41, 4 (LXX).
20. À l’âme abattue par l’acédie et remplie de pensées de tristesse.
Psaume 41, 6 (LXX).
21. Au Seigneur, au sujet du démon de l’acédie qui m’a combattu tout le jour.
Psaume 55, 2 (LXX).
22. Au Seigneur, parce que les pensées de colère et de convoitise se sont éloignées de moi.
Psaume 55, 12 (LXX).
23. Au Seigneur, au sujet des pensées d’acédie qui naissent en nous lorsque tel de nos frères ou de nos parents a été élevé à un rang d’honneur et d’autorité.
Seigneur, secours-moi dans cette épreuve4.
24. Contre la pensée qui nous pousse, au temps de l’acédie, à aller trouver des frères, dans l’idée qu’ils nous consoleront.
« Il n’est personne qui console mon âme ; je me suis souvenu de Dieu et j’ai été troublé », etc. — Psaume 76, 3 et suiv. (LXX).
25. Contre la pensée d’acédie qui nous dépeint une longue durée et d’amères années de vie.
Psaume 102, 15 (LXX).
26. Contre la pensée d’acédie qui s’empresse de trouver une autre cellule pour y habiter, sous prétexte que la première qu’elle occupait est tout à fait détestable et pleine d’une humidité d’où proviennent toutes sortes de maladies.
Psaume 131, 14 (LXX).
27. Au Seigneur, au sujet des pensées qui ont poursuivi et terrifié mon esprit.
« Car l’ennemi a poursuivi mon âme », etc. — Psaume 142, 2 et suiv. (LXX).
Proverbes
28. Contre la pensée d’acédie qui délaisse le travail des mains et fait pencher le corps contre le mur dans la somnolence.
Proverbes 6, 9 et suiv.
29. Contre la pensée qui détourne des labeurs et des commandements de la piété.
Il faut persévérer dans ces labeurs5.
30. Contre la pensée d’acédie qui reproche aux frères de manquer d’amour et de ne pas vouloir réconforter ceux qui soignent les malades et ceux qui souffrent.
Proverbes 18, 1.
Job
31. À l’âme attristée par une pensée d’acédie.
Job 5, 17–19.
32. Contre la pensée d’acédie qui nous dépeint une longue vieillesse, l’amère pauvreté d’un homme privé de consolation et des maladies capables de faire périr le corps.
Job 8, 8 et suiv.
33. Contre la pensée d’acédie qui nous montre d’autres lieux et nous conseille d’y acquérir une cellule, sous prétexte que nous y trouverons avec moins de peine de quoi subvenir à nos besoins, ainsi que le repos et la consolation des frères qui viendront nous voir.
Job 10, 20 et suiv.
34. À l’âme qui, dans l’acédie, se dit que personne ne voit ses tribulations.
« Ne dis pas qu’un homme ne sera pas reconnu innocent lorsqu’il craint le Seigneur, car sa justice vient du Seigneur qui veille sur lui. » — Job 34, 9.
Michée
35. Contre les pensées d’acédie qui déclarent heureux ceux qui vivent dans le monde.
Michée 4, 5.
36. À l’âme qui accueille les pensées d’acédie à cause d’une maladie du corps.
Michée 7, 9.
Isaïe
37. À l’âme sur laquelle s’est abattu le poids de l’acédie et qui crie sous la malfaisance des pensées de découragement.
Isaïe 41, 11.
Jérémie
38. À l’âme amollie et affaiblie par les pensées de lassitude et d’acédie qui s’attardent en elle, et qui défaille dans son amertume ; sa force a été dévorée par sa grande détresse et sa persévérance est près de se relâcher ; bouleversée par la violence de ce démon6, elle se comporte comme un petit enfant, dans des larmes passionnées et des gémissements, sans trouver de consolation.
Jérémie 38, 16.
39. Contre les pensées d’acédie qui ébranlent notre persévérance et nous poussent à prendre un peu de repos et à revoir, après une longue absence, notre maison et notre parenté.
« Seigneur, épargne-nous à cause de ton nom, car ta bonté est grande et nous avons péché contre toi, espérance d’Israël et son sauveur au temps de la tribulation. » — Jérémie 14, 7.
Lamentations
40. Contre les pensées qui nous représentent la vie monastique en montrant combien sa pratique comporte de tribulations et de grandes peines.
« Le Seigneur est bon pour ceux qui l’attendent et pour l’âme qui le cherche ; il est bon pour celui qui espère véritablement dans le salut du Seigneur. » — Lamentations 3, 25 et suiv.
41. Contre la pensée qui dit que l’homme peut acquérir la pureté et une bonne disposition même sans la vie monastique.
Lamentations 3, 27–31.
Daniel
42. Au Seigneur, au sujet de la pensée d’acédie qui a pris le dessus sur moi.
Seigneur, viens à mon secours7.
Matthieu
43. Contre la pensée d’acédie qui nous conseille de rendre visite à notre père selon la chair.
Matthieu 8, 22 ; cf. Luc 9, 60.
44. À l’âme qui tombe sous l’effet de l’acédie et recherche de nouveau ses parents selon la chair.
Matthieu 19, 29.
Luc
45. À l’âme qui n’est pas convaincue que le Christ appelle haine l’amour des parents, lorsqu’il parle ainsi aux âmes retenues par les passions pour les objets de leurs désirs et qui aiment le monde.
Luc 14, 26.
Actes
46. Contre les pensées d’acédie qui naissent en nous lorsque nos parents disent à notre sujet que ce n’est pas pour Dieu que nous avons quitté le monde et choisi la vie monastique, mais à cause de nos péchés ou de notre faiblesse, parce que nous n’avons pas eu la force de nous montrer courageux dans les affaires du monde.
Actes 5, 29.
Romains
47. Contre les pensées d’acédie qui nous viennent à la suite des tribulations.
Romains 12, 12.
Première épître aux Corinthiens
48. Contre les pensées qui, sous l’effet de l’acédie, osent murmurer.
Corinthiens 10, 10.
Deuxième épître aux Corinthiens
49. Contre la pensée qui s’attriste à cause des pensées d’acédie et ne se souvient pas des épreuves que l’Apôtre énumère.
Corinthiens 11, 23 et suiv.
Éphésiens
50. Contre les pensées d’acédie qui n’ont de reconnaissance ni envers les pères ni envers les frères.
Éphésiens 5, 20 et suiv.
Philippiens
51. À l’âme qui ne sait pas que souffrir pour le Christ est aussi l’un des dons de l’Esprit.
Philippiens 1, 29.
Hébreux
52. Contre les pensées de l’âme suscitées par l’acédie, qui veulent abandonner la sainte voie des actions vertueuses et le lieu où l’on demeure.
Hébreux 10, 36–38.
53. Contre la pensée qui me pousse à visiter la ville ainsi que mes parents et mes amis qui s’y trouvent.
Hébreux 13, 14.
54. À l’âme abattue par l’acédie et la tristesse, et qui se dit en son cœur qu’elle a été livrée aux tourments des démons.
Hébreux 11, 36–38.
55. Contre les pensées d’acédie qui s’irritent contre les saints pères, les tenant pour impitoyables et peu disposés à consoler les frères ; c’est pourquoi ces pensées elles-mêmes s’endurcissent à leur égard8 et ne veulent pas se soumettre à eux.
Hébreux 13, 17.
Jacques
56. Contre la pensée attristée de l’âme, parce que l’esprit d’acédie demeure en elle et transforme son état.
Jacques 1, 2 et suiv.
57. À l’esprit frappé de toutes parts par la pensée d’acédie : tantôt la colère le chasse des lieux où il demeure, tantôt la gourmandise l’attire vers d’autres lieux, auprès des frères, ou vers sa parenté, ou vers le monde qui l’a souvent déshonoré et humilié.
Jacques 1, 12.
Béni soit notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a donné la victoire sur les pensées du démon de l’acédie.
VII. De la vaine gloire§
Septième discours : contre les pensées qui viennent du démon de la vaine gloire.
Genèse.
1. Contre la pensée de vaine gloire qui nous conseille de sortir dans le monde à un moment inopportun, sous prétexte de faire des disciples parmi les frères et les sœurs et de les exhorter à la vie monastique.
Genèse 19, 17.
Nombres.
2. Contre la pensée de vaine gloire qui éveille en moi de l’envie envers les frères qui ont reçu de Dieu le don de connaissance.
Nombres 11, 29.
3. À l’âme qui a accueilli des pensées impures et qui désire le sacerdoce sous l’effet de la vaine gloire qui la possède, sans considérer le danger qui vient à sa suite.
Nombres 16, 39-40.
Deutéronome.
4. Contre la pensée de vaine gloire qui accomplit la justice pour plaire aux hommes.
Deutéronome 16, 20.
5. Contre la pensée de vaine gloire qui s’attelle au discours sur les bonnes œuvres accomplies et qui trace un sillon de vaine gloire.
Deutéronome 22, 10.
Samuel.
6. Contre la pensée de vaine gloire qui dit : « Tu es glorieux parmi tous les frères. »
Samuel 18, 23.
Rois.
7. À l’âme qui, par vaine gloire, ne veut pas quitter un lieu qui ne convient pas à l’habitation.
Rois 6, 1-2.
David.
8. À l’âme qui, sous l’effet de la vaine gloire qui la possède, croit que les démons disent vrai lorsqu’ils lui promettent le sacerdoce.
Psaume 5, 10 (LXX).
9. Contre la pensée de vaine gloire qui nous pousse à instruire des frères ou des gens du monde, alors que nous ne possédons plus la santé de l’âme.
Psaume 83, 4 (LXX).
10. Contre les pensées de vaine gloire qui distraient l’intellect par toutes sortes de représentations, tantôt faisant de lui l’intendant des biens de Dieu, tantôt l’établissant surveillant des frères.
Psaume 118, 115 (LXX).
11. Contre la pensée de vaine gloire qui me suggère le dur dessein de quitter la fraternité, c’est-à-dire la communauté, et de me claustrer à cause des frères, et qui s’imagine ainsi m’égarer.
Psaume 139, 6 (LXX).
Proverbes.
12. Contre la pensée de vaine gloire qui nous contraint à parler beaucoup et à dire des choses superflues. Cela se rencontre surtout chez les moines reclus par vaine gloire, qui se jettent dans les affaires de cette vie et accueillent volontiers ceux qui viennent plaider les uns contre les autres devant eux.
Proverbes 10, 19.
13. Contre la pensée qui nous conseille de prendre la direction des frères et de guider les âmes dans la connaissance du Christ avant d’avoir nous-mêmes progressé dans la vertu.
Proverbes 14, 12.
14. Contre la pensée de vaine gloire qui nous pousse à abandonner dès maintenant les Écritures, parce que nous n’en avons pas saisi la force.
Proverbes 18, 13.
15. Contre la pensée de vaine gloire qui pousse les très jeunes à demeurer seuls.
« C’est aussi à ses occupations que l’on reconnaît le jeune homme, pour savoir s’il est pur et si ses actions sont droites. » Proverbes 20, 14.
16. Contre la pensée de vaine gloire qui nous conseille de nous porter garants des gens du monde qui nous aiment, lorsque leur créancier les presse.
Proverbes 22, 26-27.
17. À l’âme qui, par vaine gloire, révèle aux gens du monde quelque chose des mystères de la vie monastique.
Proverbes 23, 9.
18. Contre les pensées qui nous poussent à sortir dans le monde pour le profit de ceux qui nous voient.
Proverbes 26, 22.
19. Contre le démon qui, revenant sur les grandes épreuves qu’il nous a ouvertement infligées, cherche ensuite à nous persuader de lui pardonner. Il agit ainsi pour susciter la vaine gloire, comme nous l’a révélé le saint prophète Jean. Il convient de lui répondre ce que le bienheureux lui répondit en disant :
« À ses lèvres se reconnaît celui qui hait, et dans son cœur il prépare une embuscade ; même s’il adoucit sa voix, etc. » Proverbes 26, 24-25.
20. Contre les pensées qui nous contraignent à faire connaître l’éclat de notre conduite pour une gloire passagère.
Proverbes 27, 2.
Ecclésiaste.
21. Contre la pensée de vaine gloire qui nous contraint à parler quand il ne le faut pas et qui nous conseille de nous taire quand il convient de parler.
Ecclésiaste 3, 7.
Job.
22. À l’âme qui n’est pas persuadée que le diable, lui aussi, connaît ceux qui servent Dieu.
Job 1, 9-10.
Isaïe.
23. Contre le démon qui nous fait cette promesse : « Je vous rendrai glorieux partout, devant tous les hommes », et qui feint de vouloir nous aider.
Isaïe 10, 16.
24. À l’âme qui aime la gloire venant des hommes plus que la connaissance du Christ.
Isaïe 40, 6-8.
Jérémie.
25. Au Seigneur, au sujet des pensées de vaine gloire qui persistent en nous et qui engloutissent notre malheureux esprit face aux démons de la colère, de la tristesse et de l’orgueil9.
Jérémie 17, 14.
Lamentations.
26. Contre le démon qui, dans un songe nocturne, a fait de moi le pasteur d’un troupeau et qui, pendant le jour, m’a expliqué ce songe en disant : « Tu seras prêtre, et voici que ceux qui te recherchent viendront bientôt te chercher. »
Lamentations 3, 53.
Daniel.
27. Contre le démon qui tourmente notre intellect et dit : « Voici que vous serez bientôt ravis au ciel. » Certains frères, pour avoir entretenu cette pensée, sont tombés dans une violente tempête et ont fait naufrage.
Suzanne 55.
28. Contre le démon qui nous a promis, dans notre cœur, de nous rendre célèbres par la sagesse devant les rois et les chefs.
Suzanne 59.
Matthieu.
29. Contre la pensée de vaine gloire qui choisit d’enseigner aux frères les commandements de Dieu avant de les pratiquer.
Matthieu 5, 19.
30. Contre la pensée de vaine gloire qui s’attache aux œuvres de justice, mais pervertit l’esprit.
Matthieu 6, 1-2.
31. Contre la pensée de vaine gloire qui nous apparaît dans l’état de prière pure, qui donne à l’intellect la forme qu’elle veut10, alors que l’intellect est invisible et sans forme, et qui le représente en train de prier la divinité. Voilà ce qui arrivera à l’intellect accablé par la passion de vaine gloire : à l’heure de la prière, ce démon le conduit là où il lui fait voir qu’il est regardé par des enfants et par une foule de gens. Que celui qui peut comprendre comprenne.
Matthieu 6, 5-6.
32. Contre les pensées de vaine gloire qui s’empressent de faire connaître notre jeûne par un air sombre, afin que l’intellect, délivré et libéré des pensées de gourmandise, soit lié et tenu captif par la pensée de vaine gloire. Les démons impurs machinent cela pour que l’intellect ne puisse se tenir debout et lever son regard vers Dieu, en s’élevant au-dessus des pensées.
Matthieu 6, 16.
33. Contre les pensées de vaine gloire qui contraignent l’âme à méditer des paroles vaines et s’empressent d’attacher l’intellect aux affaires passagères : elles éveillent en nous soit le désir, soit la colère, ou dessinent dans l’intellect des visions abominables qui détruisent l’état de pureté dont notre prière est ornée et couronnée.
Matthieu 12, 36-37.
Luc.
34. Contre les pensées qui se réjouissent de ce que les esprits impurs fuient nos âmes.
Luc 10, 20.
Jean.
35. Contre le démon qui dit dans mon cœur : « Voici que tu es reconnu digne, par le don de guérison que tu as reçu. »
Jean 8, 44.
Actes.
36. Contre le démon qui nous conseille d’acquérir le sacerdoce à prix d’argent.
Actes 8, 20.
Première épître aux Corinthiens.
37. À l’âme opprimée par la vaine gloire et qui désire apprendre la sagesse des Grecs.
Corinthiens 3, 19.
38. Deuxième épître aux Corinthiens. 38. Contre la pensée de vaine gloire qui veut se glorifier du labeur consacré aux bonnes œuvres.
Corinthiens 10, 17.
Galates.
39. Contre la pensée de vaine gloire qui nous pousse à persuader nos proches que, si nous vivons avec justice dans la vie monastique, nous serons jugés dignes de la santé de l’âme et de la connaissance de la vérité.
Galates 1, 10.
Hébreux.
40. Contre la pensée de vaine gloire qui me conseille d’entreprendre quelque chose afin d’être honoré du sacerdoce.
Hébreux 5, 4.
Jacques.
41. Contre la pensée de vaine gloire qui nous pousse à enseigner sans posséder la santé de l’âme ni la connaissance de la vérité.
Jacques 3, 1 et suivants.
42. Contre les pensées de vaine gloire qui recherchent les dons de guérison ou de connaissance de Dieu.
Jacques 4, 3.
Jean.
43. Contre les pensées de vaine gloire qui recherchent le monde et en dessinent la gloire devant nos yeux.
Jean 2, 15.
Béni soit notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a donné la victoire sur les pensées du démon de la vaine gloire.
VIII. De l’orgueil§
Huitième discours : contre les maudites pensées de l’orgueil.
Genèse
1. Contre la pensée d’orgueil qui me dit que je suis le saint du Seigneur.
Genèse 3, 14.
2. Contre la pensée d’orgueil qui me glorifie et m’exalte comme un être pur qui n’accueille plus de pensées impures.
Genèse 18, 27.
3. Contre la pensée blasphématoire qui nie que Dieu me nourrisse et calomnie l’ange qui me vient en aide.
Genèse 48, 15-16.
Exode
4. À l’âme qui veut apprendre ce que disent les démons orgueilleux lorsqu’ils nous voient examiner des questions spirituelles.
Exode 5, 9.
5. Contre la pensée orgueilleuse qui nie le salut de Dieu, grâce au secours duquel nous avons vaincu les sept autres démons, compagnons de celui de l’orgueil.
Exode 15, 1-2.
6. Au Seigneur, au sujet de la pensée d’orgueil qui me glorifie comme si j’avais abattu les démons de la tristesse par ma grande force.
Exode 15, 6-7.
7. Contre les pensées d’orgueil qui oppriment l’âme pour l’amener à mépriser les saints anges, comme s’ils ne pouvaient la corriger de ses fautes, afin que, les anges l’abandonnant parce qu’elle pense ainsi, elle retombe aux mains des démons impurs, c’est-à-dire dans les pensées d’orgueil.
Exode 23, 20-21.
Lévitique
8. Contre la pensée d’orgueil qui nous conseille de mépriser nos saints pères, comme s’ils n’avaient pas peiné davantage que nous dans leur conduite.
Lévitique 19, 32.
9. Contre la pensée blasphématoire qui ébranle l’esprit pour le mener à la ruine et à la perdition.
Lévitique 24, 15-16.
10. Au Seigneur, parce que des pensées blasphématoires, demeurant en moi, détruisent l’assurance de notre prière.
Nombres 10, 35.
11. À l’âme qui ignore la beauté de la connaissance et obéit au démon qui lui conseille de fuir la connaissance du Christ et de ses saints commandements, qu’il rabaisse à ses yeux.
Nombres 14, 6 et suiv.
Deutéronome
12. Contre la pensée blasphématoire qui nous fait nous demander si Dieu est en nous ou non.
Deutéronome 6, 16.
13. À l’âme qui, dans son orgueil, pense avoir surmonté par sa propre puissance les démons qui s’opposent à l’observance des commandements.
Deutéronome 8, 17-18.
14. À l’intellect qui croit avoir vaincu ses ennemis par sa justice et sa sainteté, et être parvenu à recevoir en héritage la connaissance du Christ.
Deutéronome 9, 4-5.
15. Contre le démon qui me dit que tous les hommes me bénissent et que je suis le père de sages.
Deutéronome 28, 16-17.
16. Contre la pensée blasphématoire qui nie notre libre arbitre et dit que ce n’est pas par notre choix que nous péchons ou sommes justifiés, et que, pour cette raison, la condamnation ne sera pas juste.
Deutéronome 30, 15.
Josué
17. Contre les pensées de l’âme qui ne sait pas qu’il ne convient pas de tenir pour un ange du Seigneur tout ange qui lui apparaît soudainement, mais seulement celui dont la parole donne joie et paix parfaite à l’âme que sa vision intimide et effraie. Les démons, lorsqu’ils lui apparaissent, ne lui procurent pas cette sérénité : ils jettent au contraire une grande peur et un grand tremblement dans l’âme et dans le corps, et, par leur voix ténue, suscitent dans le cœur trouble et tumulte.
Josué 5, 13-14.
Samuel
18. Contre la pensée orgueilleuse qui nie la bonté de Dieu.
Samuel 2, 25.
Rois
19. À l’âme qui veut et désire ardemment fléchir les genoux, mais qui peine à humilier le démon blasphémateur qui s’oppose à nos prières incessantes.
Rois 18, 42.
20. À l’âme qui s’effraie des terribles pensées de blasphème et a perdu son assurance dans la prière.
Rois 19, 6-7.
21. Au Seigneur, au sujet des paroles du démon qui suscite en nous contre le Seigneur des blasphèmes indicibles, que je n’ai pu mettre par écrit, de peur d’ébranler le ciel et la terre. Car ce démon se dresse contre nous avec fureur, sans retenue, proférant de grands blasphèmes contre Dieu et ses saints anges. Ceux qui ont été tentés par lui savent ce que je veux dire. Au temps de cette tentation, il est bon de jeûner, de lire les Écritures et d’offrir dans les larmes des prières incessantes.
Rois 19, 15-16.
Esdras
22. Au Seigneur, au sujet de la pensée d’orgueil qui nie que la victoire vienne de Dieu.
Esdras 4, 59-60.
David
23. Au Seigneur, au sujet des pensées blasphématoires qui demeurent en nous.
Psaume 7, 2-3 (LXX).
24. Au Seigneur, au sujet du démon de l’orgueil qui s’est approché de nous : il apparaît souvent sous la forme d’un ange de lumière, ayant avec lui une puissante armée de démons.
Psaume 35, 12 (LXX).
25. Au Seigneur, au sujet de la pensée d’orgueil qui renie le secours de Dieu et attribue la victoire à sa propre puissance.
« Car nous ne mettons pas notre espérance dans nos arcs, ni dans notre arme, comme si elle devait nous sauver. C’est toi qui nous as délivrés de ceux qui nous haïssent et qui as couvert de honte nos ennemis. » Psaume 43, 7 (LXX).
26. Contre le démon qui promet de nous expliquer les Écritures, il nous faut dire, comme le fit aussi notre père, le bienheureux Macaire :
Psaume 49, 16-17 (LXX).
27. Contre les pensées orgueilleuses qui assiègent notre esprit et le précipitent dans une grande ruine.
« Jusqu’à quand vous jetterez-vous sur un homme pour le tuer, comme sur un mur incliné et une clôture ébranlée ? » Psaume 61, 4 (LXX).
28. Au Seigneur, au sujet des pensées orgueilleuses qui demeurent en nous et font que notre intellect se présente sans assurance au temps de la prière.
Psaume 64, 4 (LXX).
29. Contre les pensées de blasphème qui disent de Dieu ce qu’il ne convient pas de dire.
Psaume 74, 6 (LXX).
30. Contre la pensée d’orgueil qui me loue comme si j’édifiais bien les âmes par les œuvres de vertu et par la connaissance de Dieu.
Psaume 126, 1 (LXX).
Proverbes
31. Contre la pensée d’orgueil qui raille les frères comme s’ils étaient paresseux dans l’observance des commandements.
Proverbes 3, 34.
32. À l’âme qui veut apprendre quelle est la nourriture des démons cruels.
Proverbes 4, 17.
33. Contre la pensée orgueilleuse qui m’empêche de rendre visite aux frères, sous prétexte qu’ils ne me sont pas supérieurs en connaissance.
Proverbes 13, 20.
34. Contre la pensée orgueilleuse qui m’empêche, au temps d’une tentation terrible et prolongée, de fléchir le Seigneur par l’intermédiaire des frères.
Proverbes 18, 19.
35. Contre la pensée d’orgueil qui me tient pour pur et innocent.
Proverbes 20, 9.
36. Contre la pensée d’orgueil qui appelle peur la révérence11.
Proverbes 28, 14.
Ecclésiaste
37. Contre les pensées orgueilleuses qui s’enflent contre les frères à cause de notre ascendance selon la chair, qu’elles tiennent pour illustre.
Ecclésiaste 3, 20.
38. Contre la pensée orgueilleuse qui me révèle les péchés des frères.
Ecclésiaste 7, 21.
39. Contre le démon qui me dit : « Voici que tu es devenu un moine parfait. »
Ecclésiaste 9, 4512.
Job
40. Contre les démons qui guérissent l’homme parfait de son humilité pour le mener à l’orgueil des malades.
Job 13, 4.
41. Contre les démons qui entraînent l’intellect à blasphémer contre Dieu.
Job 13, 7.
42. Contre la pensée orgueilleuse qui me dépeint les péchés des frères.
Job 14, 4.
43. À l’âme qui, sous l’emprise de l’orgueil, croit que sa conduite est agréée devant Dieu comme une offrande. Job 22, 3.
Zacharie
44. Contre la pensée du démon qui force l’esprit à pécher contre le ciel.
Zacharie 3, 2.
Isaïe
45. Contre la pensée orgueilleuse qui m’exalte comme un homme sage.
Isaïe 5, 21.
46. À l’âme qui n’est pas convaincue que rien d’autre ne met les démons en fuite et ne les effraie, sinon la connaissance du Christ, qui démasque toutes leurs ruses et dévoile la malice de leurs pensées cachées.
Isaïe 19, 17.
Jérémie
47. Contre les pensées orgueilleuses et blasphématoires qui font des démons des dieux.
Jérémie 10, 11.
48. Au Seigneur, au sujet de la pensée d’orgueil qui me glorifie et me dit : « Voici que tu as vaincu tes ennemis. »
Jérémie 10, 23.
Lamentations
49a. À l’âme attristée par une pensée blasphématoire.
« Car le Seigneur n’oubliera pas pour toujours, mais il abaisse et relève selon l’abondance de sa miséricorde ; car il n’oublie pas du fond de son cœur, et il abaisse les fils des hommes. » Lamentations 3, 31 et suiv.
49b. Au Seigneur, au sujet des pensées blasphématoires qui submergent l’esprit au temps de la prière.
Voir Lamentations 3, 43 et suiv.
Ézéchiel
49c. Contre le démon orgueilleux qui se nomme lui-même Dieu.
Ézéchiel 28, 9-10.
Matthieu
49d. À l’âme qui méprise son frère comme paresseux et sans zèle, mais qui, enchaînée par les liens de l’orgueil, ne comprend pas la grandeur de ce péché.
Matthieu 7, 3.
49e. Contre le démon blasphémateur qui affirme mensongèrement que les pensées impures sont des aliments.
Matthieu 15, 11.
Marc
49f. À l’âme opprimée par les pensées d’orgueil et qui ne sait comment les chasser.
Marc 9, 29.
50.15 À l’intellect orgueilleux qui désire devenir le premier parmi les frères.
Marc 9, 35.
Luc
51. Contre la pensée orgueilleuse qui croit accomplir quelque chose au-delà des commandements de Dieu.
Luc 17, 10.
52. Contre la pensée orgueilleuse qui se justifie elle-même, mais désapprouve ce que les frères ont fait par faiblesse.
Luc 14, 11.
Romains
53. Contre la pensée orgueilleuse qui méprise le frère qui ne mange pas et le tient pour faible, sous prétexte qu’il serait incapable de résister dans le combat tout en mangeant et que, pour cette raison, il se serait adonné au jeûne.
Romains 14, 3.
54. Contre la pensée orgueilleuse qui juge celui qui mange, comme s’il était incapable de maîtriser son âme.
Romains 14, 3.
Première épître aux Corinthiens
55. Contre la pensée orgueilleuse qui me glorifie parce que, grâce à la prière, non seulement je ne suis pas asservi au ventre, mais je triomphe aussi de la colère.
Corinthiens 15, 10.
Deuxième épître aux Corinthiens
56. À l’âme qui n’est pas convaincue que le diable, lui aussi, prend l’apparence d’un ange de vérité et devient le maître d’une connaissance faussement ainsi nommée.
Corinthiens 11, 14-15.
Galates
57. Contre les pensées orgueilleuses qui méprisent les frères fautifs à cause de leurs fautes.
Galates 6, 1.
Philippiens
58. Contre la pensée orgueilleuse qui m’exalte comme si j’avais atteint la perfection dans l’observance des commandements.
Philippiens 3, 12.
Jean
59. Contre la pensée orgueilleuse qui m’exalte comme si je n’avais dans mon esprit aucune forme de péché.
Jean 1, 8-9.
Jude
60. Pour les pensées de l’âme qui demandent au Seigneur la santé de l’âme jusqu’à la fin.
Jude 24-25.
Béni soit notre Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu, qui nous a donné la victoire sur le démon de l’orgueil.
