Décès d’Abba Pœmen, l’ermite.

Décès d’Abba Pœmen, l’ermite.

En ce jour de l’an 176 des martyrs (460 après Jésus Christ) décéda saint Pœmen (أنبا بيمن), l’ermite. Ce saint naquit en 350 d’une famille pieuse et il avait six frères : Jean (يوحنا), Job (أيوب), Joseph (يوسف), Baïsôs (بائيسوس)[1], Jacques (يعقوب), et Abraham (إبراهيم). En l’an 390 environ après Jésus Christ ils se mirent d’accord pour quitter le monde et mener une vie d’ermite à Scété en jeûnant, en priant et en se privant. Lorsque les berbères envahirent la vallée en 407, ces moines la quittèrent pour se réfugier à Térénuthin (Tarnout ترنوط)[2] où ils demeurèrent dans un ancien temple païen (بربا للأوثان). Plus tard, ils revinrent à Scété. Lors de la seconde invasion des berbères en 434, il se rendit à Memphis (منف) puis revint à Scété. Lorsqu’eut lieu la troisième invasion en 444, il s’exila en haute Egypte pendant une longue durée puis revint à Scété lorsque la situation le permit.

Saint Pœmen fut le disciple de saint Macaire le grand ainsi que d’autres pères du désert. Il aimait le calme et l’isolement et esquivait les vaines gloires. Il travaillait de ses mains pour se nourrir. Sa conduite vertueuse fut réputée dans tout le pays et Dieu lui accorda le don de faire des miracles. Il nous légua de nombreux enseignements utiles. Il dit par exemple :

X Apprend à ton cœur à faire ce que dit ta langue.

X Si tu trouves un frère qui est tombé dans le péché, ne lui ôtes pas son espérance mais relève-le, console-le et soulage-le afin qu’il puisse se redresser.

X Un frère demanda à abba Pœmen : Est-il mieux de parler ou de se taire ? L’ancien lui répondit : Qui parle pour Dieu, fait bien, et qui se tait pour Dieu, fait de même.[3]

X Un frère vint le trouver pendant le carême et il craignait de trouver sa porte close. Abba Pœmen lui dit : Nous n’avons pas appris à fermer la porte faite en bois mais plutôt la porte de la langue.[4]

X Un frère interrogea l’abbé Poemen disant : Quand je vois un frère qui a mauvaise réputation, je ne veux pas l’introduire dans ma cellule ; mais si j’en vois un bon, je prends plaisir avec lui. L’ancien lui dit : Si tu fais un peu de bien au bon frère, fais le double pour l’autre.[5]

Il dit à un autre frère :

X A l’heure même où nous cachons la faute de notre frère, Dieu cache la nôtre ; et à l’heure où nous manifestons la faute du frère, Dieu manifeste aussi la nôtre.[6]

Et lorsqu’il accomplit son bon combat, ce grand ermite décéda en paix à un âge très avancé.

Que la bénédiction de ses prières soit avec nous et gloire soit à notre Seigneur, éternellement. Amen !



[1] Nom repris phonétiquement de l’arabe. Dans l’ancienne version il était orthographié سنوسيس (Sénoussis) et dans la version utilisée par René Basset سنويس (Sinouïs).

[2] Actuellement le village d’el-Tarnah (الطرنة) du district el-Khatatbah (مركز الخطاطبة) dans le gouvernorat d’el-Béhéyra.

[3] Traduction reprise de Abba, dis-moi une parole, Solesmes, 2005, p.79, Apophtegme n° 174.

[4] Traduction reprise de Abba, dis-moi une parole, Solesmes, 2005, p.81, Apophtegme n° 185.

[5] Traduction reprise de Dom Lucien Regnault, LES SENTENCES DES PERES DU DESERT, Solesmes, 1981, collection alphabétique p. 237, Apophtegme n° 644.

[6] Traduction reprise de Abba, dis-moi une parole, Solesmes, 2005, p.131, Apophtegme n° 329.