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France Soir - 7 Mai 2009
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La décision des autorités égyptiennes d’abattre tous les porcs du pays provoque la colère de la communauté copte.
Votée à la va-vite par l’Assemblée du peuple, entérinée par le président Hosni Moubarak, la mesure est stupide et inefficace.
Dans son entêtement à vouloir abattre les 250.000 porcs du pays, le gouvernement égyptien balaie les conseils de prudence de l’OMS (Organisation mondiale de la santé), selon laquelle le virus H1N1 de la grippe porcine, ou grippe A, ne se transmet que par les humains.
Pas plus qu’il ne tient compte de cette précision de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) : « L’abattage des porcs n’aidera en rien à se protéger contre les risques pour la santé publique et animale. » En fait, et une fois de plus, les coptes, la minorité chrétienne du pays, qui représentent de 5 à 10 % de la population, sont frappés de discrimination.
Evangélisés par saint Marc
Car dans ce pays musulman, où la Constitution s’appuie sur la charia, et où l’extrémisme islamiste et l’emprise des Frères musulmans ne cessent de gagner du terrain, cette communauté est la seule à élever des porcs.
D’où ce commentaire d’Amina Abaza, militante égyptienne du droit des animaux : « Je me demande si cette mesure n’est pas prise parce que les porcs appartiennent aux chrétiens coptes. » Ces derniers ne posent même pas la question. Aux abords des élevages, les affrontements avec la police se multiplient.
Ecartés des postes d’encadrement dans l’armée et l’administration ainsi que de certaines hautes fonctions, régulièrement victimes de brimades et de pogroms meurtriers, en proie à une foule d’obstacles lorsqu’ils désirent construire de nouveaux lieux de culte, les coptes se sentent de plus en plus rejetés par l’Egypte, où leur présence est pourtant bien antérieure à l’invasion arabo-musulmane. Evangélisés par saint Marc, ils se considèrent comme les descendants des pharaons.
Mais aujourd’hui les membres de cette communauté sont de plus en plus nombreux à vouloir émigrer. L’affaire des porcs ne va certainement pas les inciter à rester. Ils seraient déjà près de 500.000 à vivre aux Etats-Unis, au Canada ainsi qu’en Australie.
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