Nous ne pouvons pas traverser notre génération en spectateurs; de même que nous ne pouvons pas adopter une attitude négative, et prier en disant : « Toi, Seigneur! tu les garderas, Tu les préserveras de cette race à jamais. » (Psaumes 12:7).

Au contraire, nous devons adopter une attitude positive et être le sel de la terre et la lumière du monde (Matthieu 5:13,14), ainsi que nous l’a enseigné le Seigneur.

Si nous ne pouvons pas assumer de responsabilité globale envers cette génération, il nous faut au moins être responsables envers nos enfants, nos élèves et notre société. Oui, comment influencer et marquer cette génération ?

Avant toute chose, il nous faut étudier la nature de cette génération, ses guerres et ses problèmes, car chaque génération demande une prise de responsabilité particulière, adaptée à sa condition.

Le danger de cette génération

La prise de responsabilité envers cette génération exige un profond sérieux et de la préparation, car les dangers de cette génération sont encore plus profonds et ses problèmes nombreux.

Aucune génération n’a vu la prolifération de médias que nous vivons aujourd’hui. Ces médias sont attrayants, excitants et choquants. Ainsi, nous trouvons aujourd’hui nombre de magazines, journaux et livres, édités avec une liberté inconnue jusqu’alors, sans compter la radio, la télévision, les liaisons internationales par satellites, les paraboles, l’ordinateur, l’Internet, et tout ce que ces médias véhiculent comme films, images et influences, non seulement sur les jeunes, mais aussi sur les adultes.

Ajoutons à cela les drogues qui se sont multipliées et qui se sont introduites jusque dans les écoles: les élèves les ont connues, certains d’entre eux en ont pris, après avoir été trompés ou en suivant un mauvais exemple. Les drogues sont devenues un danger pour nos enfants, et nous devons les en protéger.

Notre génération connaît aussi l’extrémisme, les déviations et le terrorisme. La liberté est mal interprétée: elle est parfois confondue avec le laisser-aller, la remise en cause des valeurs et des principes transmis, et la tentative de les changer. Une génération qui ne respecte pas les aînés et qui s’oppose à toute autorité !

N’oublions pas aussi les sectes étranges qui se sont répandues, notamment parmi les personnes simples ou non éduquées, à l’exemple des Témoins de Jéovah et la secte du Septième Jour. Ces derniers croient que le Christ est l’Archange Michel, ils appellent à respecter le Sabbat, en disant que ceux qui ne le respecteraient pas n’entreront pas au Royaume. Ils ne croient pas à l’éternité de l’esprit et pensent que cette croyance en l’éternité a été inventée par Satan.

Surveiller les activités de ces sectes et en préserver nos enfants fait partie de nos activités dans l’église, il en va de même pour les activités des autres sectes qui combattent l’Orthodoxie et pensent que leur développement naturel passe par le détournement de nos enfants en utilisant divers moyens de séduction. Ils oeuvrent dans les banlieues et les lieux dépourvus d’églises, ainsi que dans les écoles, les clubs, les excursions et divers loisirs.

Le plus grand danger pour cette génération vient des déviations idéologiques concernant la doctrine et l’interprétation, provenant de quelques servants et dirigeants à l’intérieur de l’Eglise ! Ils diffusent leurs idées dans des livres présentant un enseignement étrange. Nous devons les surveiller sans leur laisser l’occasion d’altérer les pensées et les croyances d’une jeunesse qui écoute ou lit en toute confiance l’enseignement de ces servants. Ces derniers les éloignent de leur Eglise au nom de je ne sais quel renouveau spirituel et redressement intérieur !

Certains d’entre eux, au grand regret, se plaisent à présenter de nouveaux modes de pensée, voulant faire preuve de supériorité intellectuelle, même si par là, ils détruisent des croyances ancrées dans les pensées et les coeurs des gens. Notre génération a vu se multiplier les livres étrangers que certains lisent. Ils croient aux idées étranges qu’ils contiennent et les diffusent pour un soi-disant renouveau intellectuel. Tout cela se passe dans l’environnement paroissial et au nom de l’Orthodoxie !

Notre responsabilité est critique, à la hauteur du danger de ces agissements. Si, par le passé, ces problèmes ne demandaient pas une grande attention, ils demandent aujourd’hui une attention accrue, car ces problèmes sont complexes et multiples.

Notre responsabilité

Cette responsabilité est périlleuse. Nous devons transmettre aux gens l’enseignement correct. Nous devons leur transmettre la Parole de Dieu et les bases de la spiritualité et de la sainteté. Nous devons enseigner, mettre en garde et prêcher, afin de les prévenir de toute chute de comportement ou de pensée. Si nous ne faisons pas cela, chaque servant d’entre nous doit entendre l’avertissement divin que le Seigneur a répété deux fois dans les mêmes termes dans le livre d’Ezéchiel: « Quand je dirai au méchant: Tu mourras! si tu ne l'avertis pas, si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa mauvaise voie et pour lui sauver la vie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang. » (Ezéchiel 3:18 et 33:8).

Voici le péril de cette responsabilité: si nous ne remplissons pas notre devoir envers ces personnes, Dieu nous réclamera leur sang: le sang des pécheurs, si nous ne les avons pas mis en garde, ou le sang de ceux qui sont tombés à cause de ces pécheurs, si ne les avons pas préservés par l’enseignement, la sensibilisation, la prédication ou le service pastoral.

Nous disons régulièrement dans les prières du Psaume 50: « O Dieu, Dieu de mon salut! délivre-moi du sang versé ». De quel sang demandons-nous à Dieu de nous délivrer, alors que nous ne sommes pas des verseurs de sang ? Il s’agit sans nul doute du sang de ceux dont le Seigneur nous parle quand il dit: « De ta main, il te redemandera son sang ».

Dieu nous redemandera le sang de ceux que nous avons abandonnés dans leur chute, ou ceux que nous n’avons pas gardé, soit par la prévention, soit par la protection, soit encore par le secours. De même, Dieu demandera le sang de ceux qui ont chuté à ceux qui ont été la cause de leur chute.

Nous ne pouvons pas abandonner ceux qui ont chuté, et les laisser sur le chemin, comme l’ont fait le sacrificateur et le Lévite, dans la parabole du Bon Samaritain (Luc 10:31,32). Nous ne pouvons pas non plus dire comme l’a déjà dit Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? » (Genèse 4:9). Sinon, nous entendrons la parole du Seigneur: « La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi » (Genèse 4:10).

Vraiment, beaucoup de sang crie de la terre jusqu’à Dieu en cette génération. Qu’avons-nous fait pour eux ?

Notre devoir se résume en deux point: se sentir responsable et assumer la responsabilité. Car si nous ne sentons pas responsables, nous n’entreprendrons rien.

Il existe deux types de responsabilités: d’une part une responsabilité officielle, qui revient à l’Eglise, à travers le clergé, les diacres, les servants et les consacré(e)s, et d’autre part les parents, les écoles, les associations, tous les foyers, et les personnes sur qui l’Eglise s’appuie pour des responsabilités spécifiques.

La responsabilité du prêtre, en cette génération, est une responsabilité globale. Il a pour devise la parole du Christ: « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28). Il est responsable de la direction spirituelle de son peuple, et aussi de la résolution de tout problème « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent; pleurez avec ceux qui pleurent » (Romains 12:15). Sa devise dans le service est aussi « Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui était égarée, je panserai celle qui est blessée, et je fortifierai celle qui est malade » (Ezéchiel 34:15,16).

En ce qui concerne les problèmes de pensée et les doutes, l’Eglise doit bien les étudier et leur trouver des solutions convaincantes et satisfaisantes pour les consciences.

Les programmes d’instruction religieuse doivent aborder la réalité que vivent les gens, et tout ce que la société déverse dans leurs esprits comme pensées et sentiments. De même, les programmes doivent être variés selon qu’ils s’adressent à des étudiants, des ouvriers ou des frères du Seigneur (les pauvres), en plus des programmes globaux pour les habitants des zones rurales où tout le peuple se rassemble, toutes catégories confondues, sans distinction d’âge, de connaissance ou d’expérience.

A côté de l’enseignement, nous sommes aussi responsables des pauvres et des nécessiteux, pas seulement pour la nourriture, les vêtements ou le logement, mais aussi pour leur santé. Ceci est particulièrement vrai en ces temps où les maladies graves et complexes se sont multipliées, demandant des soins très coûteux. Face à ces maladies, même les détenteurs de revenus élevés peuvent se retrouver dans les rangs des nécessiteux.

Nous devons savoir que la maladie ou la nécessité peuvent conduire à ce qui est plus grave encore: ces situations peuvent être exploitées par des organisations pour attirer vers elles le pauvre et le nécessiteux.

Les aides mensuelles limitées que versent certaines associations ou églises ne sont plus adaptées à cette génération qui demande une aide globale répondant aux besoins de toute la famille, pour la protéger du besoin et des déviations.

Nous devons trouver des solutions décisives au problème du chômage, incluant l’apprentissage professionnel, le soutien, les petits projets et la formation des intellectuels à des compétences qui s’ajouteront à leurs diplômes scientifiques et leur permettront de trouver du travail. Cela s’inscrit dans le cadre de coopérations entre l’Eglise et les hommes d’affaires, et en profitant des opportunités offertes par l’Etat dans ce domaine.

La famille a un devoir important dans l’éducation de ses enfants, que ce soit les parents, les grands-parents, les grands frères ou soeurs, chacun d’entre eux contribue au devoir spirituel de la famille, au bon exemple et à l’oeuvre spirituelle commune. C’est la famille forte qui a préservé la foi en Russie durant les soixante-dix ans qu’a duré le pouvoir communiste athée. Ce sont les mères et les grands-mères qui ont éduqué les enfants dans les maisons, les ont entraînés spirituellement et ont planté la foi dans leurs coeurs.

Chacun de nous a une responsabilité. Gare à nous si nous la fuyons ou si nous la reportons sur d’autres, comme le ferait la famille en reportant la responsabilité sur l’Eglise ou l’Eglise en la reportant sur la famille.

Viendra un temps où Dieu dira à chacun d’entre nous: « Rends-moi des comptes ». Aussi préparons-nous à répondre à cette question, car nous ne sommes pas uniquement responsables de nous-mêmes, mais aussi de cette génération.

Il existe un autre type de responsabilité dans le cadre de la camaraderie et l’amitié: il nous arrive souvent d’avoir honte de parler à nos amis de tout sujet spirituel ou religieux, alors que c’est une de nos responsabilités. Sinon, comment réaliser le commandement du Seigneur disant: « Vous serez mes témoins » (Actes 1:8). Souvenons-nous de la parole de la Bible: « Celui donc qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché. » (Jacques 4:17).

Du même auteur

Toutes Choses concourent au Bien

Coeurs Durs et Coeurs Tendres

Accord christologique avec l'Eglise Catholique (1988)

Les jours de la création et l’opinion des géologues

Soyez fermes, inébranlables

C'est Dieu qui commence

Et cette génération est passée

Fruits de l'Esprit : La douceur, la bonté et la patience

Nos Martyrs de El Kocheh

Déclaration commune avec l'Eglise Orthodoxe byzantine (1989)

Fils de David, Fils d’Abraham

Comment se comporter avec les gens

Les sept paroles sur la Croix

La date de célébration de Noël

Consacrez un jeûne

Créateur du bien, Créateur du mal ?

Les femmes célèbres dans la Bible et l’Histoire

Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands

Le Pape Chenouda III

Préoccupation de Dieu pour les petites choses

La Sagesse et le Discernement

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos

Méditations dans le Cantique « Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé. »

L'Eglise Copte est unique dans ce qui la caractérise de toutes les Eglises du monde.

La Sainte Vierge

Le lien entre les deux Testaments

La Famille dans la Bible

Mieux vaut la fin d'une chose que son Commencement

Le Sens de la Résurrection

L’iniquité des pères et leurs enfants

Le monde qui change et la spiritualité chrétienne

Dieu cherche notre Salut

Vous ne vous appartenez point à vous-mêmes car vous avez été rachetés à un grand prix

Elisabeth ta parente

Les femmes pécheresses dans la généalogie de Jésus

Le Doute

La généalogie à travers Joseph

De la fidélité dans les petites choses

Nombre de générations

La foi des témoins de Jéhovah réfutée

Saints Pierre et Paul : leurs différences

Les trois personnes qu’Abraham reçut

La Politique de l’Eglise Copte dans les Pays d’Emigration

Spiritualité des Fêtes

Les fils de Dieu et les filles des hommes

Elan de l'Ame

Une alliance entre Dieu et l’homme

Vie de foi

Le Jeûne et le Repentir

Vie de Pénitance et de Pureté

Sans que nous le demandions

Dieu est Compatissant et Bienveillant

Satan, son Origine, sa Chute, son Travail, sa Tromperie et sa Fin

N’hésitez pas entre les deux côtés

Consolez ceux qui sont abattus, Supportez les faibles...

Le Christ avant l’âge de trente ans

Je te Garderai partout tu iras, et je te ramenerai dans ce pays

Attendez le Seigneur

La montée et la descente dans la généalogie de Jésus

L'Espérance

Le blasphème contre l’Esprit-Saint

La Colère

Une porte était ouverte dans le ciel

Les Anges

Fidélité, Sérieux et Minutie

La Reconnaissance et la Fidélité

Déclaration commune de foi christologique entre les papes Paul VI et Shénouda III (1973)

Le calme

Le Christ est venu répandre la Vie Spirituelle

Dieu agit avec nous

Les bâtisseurs du Royaume

Non de la lettre mais de l’Esprit, car la lettre tue et l'Esprit vivifie.

Tu peux tout... Rien ne s'oppose à tes pensées

Comment résoudre les problèmes

Les fautes de la parole