Série des guerres spirituelles

L'Histoire de ce Livre

 


Au commencement de ma vie comme évêque, quand j'avais commencé à enseigner les paroles des pères sur l'ascétisme aux étudiants de la Faculté Ecclésiastique en 1962, j'avais traité deux sujets importants: l'un "vie de quiétude", et le second "la colère et le tolérantisme". Je présentais aux étudiants des mémoires imprimés sur ces deux sujets au début de l'année 1963, soit depuis 24 années environ.

J'avais recherché les paroles des pères sur "la colère" et je les avais traduites:

J'avais traduit les écrits de Jean Cassien dans ses deux livres: "Les Instituts", et "Les Conférences", avec ce qu'il avait mentionné dans ses rencontres avec des saints pères, comme l'Amba Piamon (dans sa conférence numéro 18), et l'Amba Youssef (dans sa conférence numéro 16); de même que les paroles de saint Dorothéus telles qu'elles furent citées dans la collection "Philokalia", et les paroles de saint Isaac telles qu'elles furent mentionnées dans ses mémoires, et les paroles de saint Evagrius telles qu'elles furent mentionnées dans ses mémoires sur "les combats des pensées". Ajoutons à cela des contes et des paroles des saints du désert sur la colère qui sont cités dans "le jardin des moines", le livre de saint Palladius "Historia Lausiaca" traduit en Anglais sous le nom de "the Paradise of the Fathers".

Tout ceci avait été distribué aux étudiants, et ils avaient été examinés sur cela dans la matière "Patrologie"….

Ensuite il a été ajouté à cela ce que j'avais traduit des œuvres de plusieurs pères comme saint Augustin et saint Jean Chrysostome.

Puis j'avais donné quelques conférences dans l'église de l'archange Mikhail à Damanhour, que notre enfant (el kommos) "père Mikhail Salib" imprima et édita, puis les réimprima plus d'une fois.

J'avais encore donné quelques conférences sur la colère dans "la Grande Cathédrale Saint Marc" au Caire en Décembre 1971 qui furent publiées au journal "Watani" le 19/12/1971, et le 26/12/1971.

J'avais donné d'autres conférences sur la colère dans "La Grande Cathédrale" en Août et Septembre 1986 qui étaient comprises dans une série de conférences sur la "Vie de douceur".

Finalement, j'ai décidé de grouper dans un seul livre sur "la colère et le tolérantisme" tout ce qu'il y avait dans ces conférences qui avaient été données au courant de 25 années. Voilà ce livre qui est entre vos mains.

Un autre livre sur "la tranquillité" avait précédé ce livre. Ces deux livres se complètent l'un l'autre, et entrent tous les deux sous la rubrique de "Vie de douceur"….

Ces deux livres ne traitent pas de la colère seulement comme une guerre, mais aussi de son traitement, au moyen du tolérantisme et de plusieurs autres moyens.

Si le livre "La colère" entre dans la série "Vie de douceur et d'humilité", cela c'est parce que celui qui est doux et humble n'irrite personne, et ne s'irrite de personne….Cependant la colère est aussi une guerre spirituelle et entre dans la série: "Les guerres spirituelles", dont nous avons publié deux livres: le premier "Les guerres sataniques", et le second "Les guerres spirituelles" qui comprennent quatorze guerres spirituelles.

Que la colère soit la douzième guerre, et qu'elle soit le troisième volume de cette série.

Chapitre 1 : LA COLERE SAINTE - Deux espèces de colère

 

  • La colère sainte
  • La colère de Dieu
  • La colère des saints

La fermeté et non la nervosité

"Si vous vous mettez en colère, ne péchez point;" "que le soleil ne se couche pas sur votre colère." (Eph. 4:26)

Deux espèces de colère

Il existe deux espèces de colère: l'une d'elles c'est la colère coupable que nous considérons comme un péché apparent, ou un groupe de péchés. Elle s'exprime généralement par la nervosité ou la violence. Cette espèce de colère sera notre sujet principal.

Mais il existe une autre espèce de colère qui est juste et sans défaut. Plutôt elle pourrait être une colère sainte ou une colère qui est un devoir. Nous en parlerons maintenant avant de parler du péché de colère.

La colère sainte

La colère sainte est la colère pour des raisons saintes en vue de la vérité. Le "soi" n'y entre pas. Sa manière est saine, et non accompagnée de nervosité. Elle n'est pas par ignorance. Elle n'est pas rapide….

La Sainte Bible nous donne des exemples de la colère de Dieu, de la colère des apôtres et des prophètes. De même l'histoire nous donne des exemples de la colère des saints.

La colère de Dieu

Que de fois Dieu s'irrita contre les hommes et contre les pécheurs…. La colère signifie ici le manque de satisfaction.

Certaines fois, Dieu avertissait dans sa colère; et certaines autres fois, Il châtiait ou réprimandait et reprenait.

Dieu fut en colère contre les habitants de Ninive, quand leur méchanceté était monté jusqu'à Lui (Jonas 1:2). Il leur envoya le prophète Jonas pour leur proclamer leur perte. Mais lorsqu'ils firent pénitence, Dieu ne leur infligea pas le mal qu'il avait résolu de leur faire. (Jonas 3:10)

Dieu fut en colère contre les enfants d'Israël quand ils avaient adoré le veau d'or, et il voulut les exterminer. Mais Il n'exécuta pas ce châtiment à cause de l'intercession du prophète Moïse en leur faveur (Ex. 32: 7-14).

Ici la colère signifie la dissatisfaction du Seigneur à cause du mal. Son expression prenait la forme du châtiment ou de la menace de châtier.

Dieu fut en colère contre Dathan et Abiram, et "la terre ouvrit sa bouche, et les engloutit, eux et leurs maisons, …… et tous leurs biens" (Nombres 16:32).

Il fut en colère contre le peuple qui murmura à cause d'eux, et Il les frappa de la plaie. "Il y eut quatorze mille sept cent personnes qui moururent de cette plaie"…. "car la colère de l'Eternel a éclaté, la plaie a commencé" (Nombres 16: 46,49).

Les exemples sont nombreux dans L'Ecriture. Voilà pourquoi nous demandons dans nos prières à Dieu de ne pas se courroucer contre nous.

Et nous disons au Seigneur: "Levez votre courroux de pardessus nous." (chant: "Efnouti naï nane").

Voici ce que dit Moïse au Seigneur, quand il voulut les exterminer: "Pourquoi, ô Eternel! ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple….?" (Ex. 33:11); er voici ce que dit le prophète David dans le psaume: "Eternel! ne me punis pas dans ta colère, et ne me châtie pas dans ta fureur." (Ps. 6:2); et le prophète Jérémie dit au Seigneur dans ses Lamentations: "Fais-nous revenir vers toi, ô Eternel, et nous reviendrons! Donne-nous encore des jours comme ceux d'autrefois! Nous aurais-tu entièrement rejetés, et t'irriterais-tu contre nous jusqu'à l'excès? (Lamentations 5: 21-22).

Parmi les exemples de la colère de Dieu contre le mal et les malfaiteurs, il y a la parole de l'apôtre:

La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes" (Rom. 1:18)

Il a aussi été dit: "Celui qui croit au Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure en lui" (Jean 3:36).

C'est pourquoi, parmi les exemples de la colère de Dieu, il y a : le jour du jugement:

Saint Jean le visionnaire a vu les pécheurs terrifiés en ce jour, même les rois, les grands, les riches, les princes, et les forts….: "Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes; et ils disaient aux montagnes et aux rochers: Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'agneau; car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut résister?" (Apoc.: 6: 15-17). Les tourments éternels ont été appelés par l'expression: "la coupe de la colère de Dieu". (Apoc.: 14:10).

La sainteté de Dieu rejette le mal et lui est hostile, ou s'en dégoûte et le condamne. Ce rejet et cette condamnatin ont été appelés "colère de Dieu."

Un exemple de ceci se trouve dans le récit du miracle de la guérison de celui qui avait la main sèche, lorsque les juifs le guettaient pour voir s'Il guérirait le jour du sabbat: "…..Alors, promenant son regard sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l'endurcissement de leur cœur, il dit à l'homme: Etends ta main….." (Marc 3: 1-5). Ici l'expression "indignation" signifie la répugnance qu'a le Seigneur pour le mal. Dans cet exemple, sa colère était sans punition.

En parlant de la colère de Dieu, …. nous remarquons qu'Il est patient, lent à la colère.

Le prophète Nahum avait proclamé cela en disant: "L'Eternel est lent à la colère…." (Nahun 1:3).

Le prophète Jonas l'avait déclaré quand il reprenait Dieu disant: "Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal." (Jonas 4:2).

Il a aussi été dit: "L'Eternel, l'Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité" (Ex. 34:6)

Dieu est lent à la colère; et aussi sa colère ne demeure pas.

Ayant éprouvé cette vérité, le prophète David dit: "L'Eternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté; Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours" (Psaume 103: 8-9).

Et il dit succinctement: "Car sa colère dure un instant" (Ps. 30:5).

Le but de la colère de Dieu c'est que nous nous réveillions spirituellement, et que nous n'exploitions pas sa miséricorde et que nous ne méprisions pas "les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité" (Rom. 2:4), ce qui nous mènerait à l'insouciance et à l'impertinence…..

La colère des saints

Les saints étaient doux, mais leur douceur ne signifie pas un négativisme absolu par rapport au mal, ou un manque absolu d'émotion, car ils s'irritaient parfois d'une colère sainte, par laquelle ils déclaraient leur indignation contre le péché. Nous donnerons quelques exemples de ceci:

1- La colère du prophète Moïse:

Oui, le prophète Moïse dont l'Ecriture dit: "Or, Moïse était un homme fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre" (Nom. 12:3); ce Moïse, quand il vit les enfants d'Israël danser et adorer le veau d'or, l'Ecriture dit: "La colère de Moïse s'enflamma; il jeta de ses mains les tables, et les brisa au pied de la montagne. Il prit le veau qu'ils avaient fait, et le brûla au feu; il le réduisit en poudre, répandit cette poudre à la surface de l'eau…..", et il réprimanda Aaron……(Ex. 32: 19-21).

La douceur ne signifie pas la froideur du tempérament, quand l'homme ne s'emeut absolument pas, et n'est pas transporté par la colère!!

La personne douce se met parfois en colère, exprimant son indignation contre le mal, mais il se met en colère dans un style compatible avec sa douceur, il ne pèche point. (Eph. 4:26).

Ici nous voyons le prophète Moïse réprimander son frère Aaron avec fermeté, à tel point qu'Aaron fut déconcerté en face de lui….; et malgré tout cela Moïse intercéda pour le peuple afin que Dieu ne l'extermine pas.

2- La colère d'Elihu :

Il était le quatrième parmi les amis de Job. Il avait demeuré silencieux pendant toute leur discussion avec Job dont le récit prit vingt-huit chapitres. L'Ecriture dit finalement:

"Alors s'enflamma de colère Elihu, fils de Barakeel de Buz, de la famille de Ram. Sa colère s'enflamma contre Job, parce qu'il se disait juste devant Dieu. Et sa colère s'enflamma contre ses trois amis, parce qu'ils ne trouvaient rien à répondre et que néanmoins ils condamnaient Job." (Job 32: 2-3)

Elihu parla, et blâma Job; et Job ne put pas répondre par un seul mot comme il avait répondu à ses trois amis. Elihu fut le seul parmi les amis de Job, que Dieu ne blâma pas. Dans sa fureur, il parlait avec sagesse par les paroles de Dieu, malgré qu'il était le plus jeune parmi ceux qui étaient présents….et il ne pécha absolument pas dans sa colère. Mais il expliquait la parole de vérité avec droiture.

Ici l'expression Elihu "s'enflamma de colère" ne signifie pas la nervosité, mais elle signifie que sa conscience n'approuvait pas ce qui s'était passé devant lui .

C'est pourquoi il se tint défendant, pour faire paraître la vérité. Car il était "plein de paroles" et l'esprit le pressait au dedans de lui (Job 32:18). Il était un homme qui n'aimait ni avoir égard à l'apparence ni flatter personne…..

Nous citerons un autre exemple de la colère sainte:

3- La colère de Néhémie

Le grand Néhémie qui fut enthousiasmé pour Dieu, et qui reconstruisit les murailles de Jérusalem, et qui rebâtit aussi la construction spirituelle du peuple de son temps, avec son compagnon le scribe Ezra.

Il fut très irrité parce que les grands prêtaient au peuple avec intérêt.

Les pauvres avaient crié en se plaignant de ce joug qu'ils supportaient, et de ce que dans leur faim, ils avaient mis en gage leurs maisons, leurs vignes et leurs champs. Là, Néhémie dit: "……Je fus très irrité lorsque j'entendis leurs plaintes et ces paroles là. Je résolus de faire des réprimandes aux grands et aux magistrats, et je leur dis: Quoi! Vous prêtez avec intérêt à vos frères! Et je rassemblai autour d'eux une grande foule…….." (Néh. 5: 1-7). Il était en colère, et il traita le problème avec fermeté, et non pas avec nervosité. Il ordonna les grands de rendre l'intérêt qu'ils avaient pris des pauvres. Il réalisa la justice entre les hommes, et dans tout cela il n'avait point péché.

4- Le châtiment du prêtre Eli

Les fils du prêtre Eli avaient commis un péché affreux dans l'intérieur de la tente d'assignation. Le droit de Dieu devait être indispensablement repris d'eux. Mais il avait négligé cela, et les avait réprimandés d'une manière qui n'était pas ferme. (1 Sam. 22:25).

Le résultat fut que Dieu infligea à Eli un châtiment très terrible, parce qu'il ne s'était pas irrité d'une colère sainte contre ses fils pour les réprimer de leur péché.

C'est ainsi que Dieu parla au prophète Samuel, quand il était encore un enfant, et lui fit porter un message au prêtre Eli, et "Alors l'Eternel dit à Samuel: Voici, je fais faire en Israël une chose qui étourdira les oreilles de quiconque l'entendra. En ce jour j'accomplirai sur Eli tout ce que j'ai prononcé contre sa maison; je commencerai et j'achèverai. Je lui ai déclaré que je veux punir sa maison à perpétuité, à cause du crime dont il a connaissance, et par lequel ses fils se sont rendus méprisables, sans qu'il les ait réprimés. C'est pourquoi je jure à la maison d'Eli que jamais le crime de la maison d'Eli ne sera expié, ni par des sacrifices ni par des offrandes" (1 Sam. 3: 11-14).

"Eli tomba de son siège à la renverse…..il se rompit la nuque et mourut" (1 Sam. 4:18). Ses deux fils moururent aussi; et sa belle-fille qui "était enceinte et sur le point d'accoucher" mourut. (1 Sam. 4: 17-20). Cela fut la punition divine d'Eli parce qu'il ne s'était pas irrité pour Dieu.

Il y a des situations qui nécessitent la fermeté. La fermeté dans ces cas, entre dans le domaine de la colère sainte, et elle n'est ni une colère coupable, ni une colère vaine.

Si la personne responsable ne se mettait jamais en colère, et n'agissait point avec fermeté quelles que soient les fautes, et n'établissait le droit qui est dû, elle serait indubitablement coupable, et elle serait négligente quant à sa responsabilité. Mais il y a une différence entre la fermeté et la nervosité.

La fermeté et la nervosité

Prenons des exemples dans la vie pratique:

1. Une jeune fille se présente pour communier du saint mystère de l'Eucharistie, en étant excessivement parée d'une manière inconvenable. Alors le prêtre s'irrite nerveusement contre elle; il la reprend avec violence, en utilisant des expressions dures devant le reste des femmes. Alors elle quitte l'église en étant peinée et révoltée, et ne reviendra peut-être plus à l'église une autre fois. Tandis qu'un autre prêtre dans la même situation, dirait calmement à la jeune fille une parole ferme en secret, et d'une manière persuasive et non pas blessante; alors la jeune fille s'éveillerait, elle serait convaincue de son erreur, et ne la répèterait plus.

2. Un autre exemple: Un maître dans une école: Ses élèves troublent l'ordre, il s'énerve, et reste à crier, à réprimander, et peut-être à insulter et frapper. Les élèves remarquent qu'il est facilement disposé à être excité, ils le prennent comme leur jouet, et ils trouvent du plaisir à le provoquer. Tandis que l'autre maître qui fermement et sans nervosité, contrôle l'ordre en classe, deviendra le sujet du respect et de l'obéissance des élèves.

3. Nous parlerons de la même manière à propos d'un père corporel, ou de quelque personne dans une situation de primauté ou dans une fonction éducatrice, qui agirait fermement d'une manière tranchante: Cela étant son droit et plutôt son devoir d'agir de la sorte; il ne commet pas de faute dans sa colère.

4. Un autre exemple: La sainte Eglise s'irrite contre les innovations et les hérésies, et les traite avec une fermeté absolue.

L'attitude de l'Eglise fut très claire dans les conseils œcuméniques et locaux, et dans les jugements des pères patriarches et des évêques défenseurs de la foi. Plutôt un grand apôtre très renommé pour sa charité, à tel point qu'il fut surnommé "Jean le bien-aimé", nous le voyons dire fermement à la fin de sa deuxième épître: "Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas: Salut! car celui qui lui dit: Salut! participe à ses mauvaises œuvres." (2 Jean: 10-11). Voilà la fermeté et la colère pour la vérité, sans nervosité.

5. Saint Diarachus dit: "La colère modeste est celle que si Eve l'avait utilisée avec le serpent, elle n'aurait pas été influencée par le plaisir affligeant.

C'est-à-dire que si notre mère Eve s'était mise en colère parce que le serpent lui disait ce qui était contraire au commandement de Dieu, et que, dans cette colère, elle avait refusé le conseil du serpent, elle n'aurait pas péché. Ici, nous signifions par la colère, la fermeté dans le refus de toute intention fautive. Nous invitons à cette fermeté toute personne qui rencontre une séduction inique. Ne dites pas: "la douceur", puis vous vous rendez et péchez!!

6. Un autre exemple c'est l'attitude de l'apôtre Paul envers le pécheur de Corinthe.

Ici dans la même épître, le grand apôtre qui avait parlé de la charité comme étant la plus grande des vertus (1 Cor. 13:13), nous le voyons très irrité à cause de ce pécheur adultère, et proclamer contre lui un jugement sévère ordonnant au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ: "qu'un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus" (1 Cor. 5:5). En même temps, il blâme les habitants de Corinthe très sévèrement, à tel point qu'il leur mentionne dans sa deuxième épître qu'ils les avait chagrinés, en disant: "Car si je vous attriste, qui peut me réjouir, sinon celui qui est attristé par moi? " (2 Cor. 2:2). Puis quand ce pécheur fut contrit et fit pénitence, il lui pardonna. (2 Cor. 2: 6-7).

A cause de tout cela, il est possible de s'irriter sans pécher, si c'est une colère sainte. Néanmoins, il y a une autre signification à la parole de l'Ecriture:

"Si vous vous mettez en colère, ne péchez point". (Eph. 4:26).

"Si vous vous mettez en colère, ne péchez point"

Saint Jean Cassien a répondu à une question importante, qui est:

"Quand est-ce que la colère est utile et bonne?"

Il dit: "Que l'unique exception où la colère est bonne, c'est notre colère contre nos péchés, nos convoitises et nos défauts." (Jean Cassien; dans son livre intitulé "Les Instituts"; chapitre sur la guerre de la colère).

Il voit que ceci est en nous l'utilisation naturelle de la colère. Il dit: "Nous possédons une utilisation de la colère qui est excellemment implantée en nous. C'est à cause de cela seulement qu'il est utile et profitable que nous permettions la colère. Je veux dire que nous soyons troublés, en colère contre les sentiments de convoitise du cœur, et que nous les détestions, parce que les choses que nous avons honte de faire ou de dire devant les gens, se sont tenues dans le secret de nos cœurs….et que nous soyons excédemment terrifiés de l'œil de Dieu duquel les secrets des cœurs ne peuvent jamais être cachés."

Cassien donna l'exemple du roi David quand il désira boire de l'eau du puits de Bethléem. Alors trois de ses hommes passèrent au travers du camp de l'ennemi et lui apportèrent l'eau. Mais David sentit son cœur battre. Il fut irrité contre lui-même parce qu'il avait exposé ses hommes au danger pour qu'il puisse boire. Immédiatement il répandit l'eau à terre sans satisfaire son désir de boire, exprimant ainsi son action: "Loin de moi, ô Eternel, la pensée de faire cela! Boirais-je le sang de ces hommes qui sont allés au péril de leur vie?" (2 Sam.23: 15-17).

Puis Cassien exposa la parole de l'Ecriture: "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point" (Eph. 4:26). L'apôtre saint Paul avait quotté cette expression des psaumes de David (Ps.4:4). Puis Cassien expliqua qu'elle s'applique à son sens que nous devons restreindre notre colère à une colère contre nous-mêmes. Il dit: "Certains ont ordonné d'être en colère d'une manière saine, mais contre nous-mêmes et contre les mauvaises pensées qui se lèvent en nous.

Il montra que lorsque nous nous mettons en colère contre nous-mêmes, nous ne sommes pas fautifs; c'est à dire que notre colère n'est pas un péché; et que le résultat de notre colère contre ces pensées, serait que nous ne pécherions point.

Il dit que la suite du verset (Ps. 4:4) explique que ceci est la plus claire signification. Car tout de suite après, il dit: "Parlez en vos cœurs sur votre couche, puis taisez-vous" (Ps. 4:5). C'est-à-dire: reprenez et corrigez par un repentir sain, tout ce que vous penserez dans vos cœurs, lorsque vous êtes attaqués par des choses excitantes......

Cassien a voulu prouver son explication, d'après ce qui a été dit dans le verset de l'épître de saint Paul. Il dit:

[Le bienheureux apôtre saint Paul, après avoir cité ce verset disant: "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point", ajouta: "que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable" (Eph. 4:26-27).]

Que le soleil ne se couche pas sur votre colère

Ici, Cassien explique le mot "soleil" d'une manière symbolique, que c'est "le soleil de la justice" (Malachie 4:2). Cassien ne permit pas que le verset soit expliqué d'une façon littérale, sinon il aurait permis que notre colère demeure jusqu'au coucher du soleil.......!

En cela, il dit:

"S'il était légal que nous nous mettions en colère jusqu'au coucher du soleil, alors le superflu de notre indignation, ou la vengeance de notre colère, pourrait jouer un rôle complet pour l'affliction et pour l'incitation dangereuse, avant que le soleil ne se couche."

Cassien voyait que l'explication littérale de ce verset, est incompatible avec les enseignements qu'il avait reçus des anciens qui "n'avaient pas permis la colère, pas même pour un seul instant, dans lequel elle trouverait une place dans nos cœurs."

C'est ainsi qu'il se tourna vers l'explication symbolique. Il dit:

Quant à ce soleil, Dieu mentionne cela clairement par la langue du prophète, lorsqu'il dit: "Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera le soleil de la justice, et la guérison sera sous ses ailes" (Mal. 4:2).

Puis il continue en disant:

"[S'il est dangereux que le soleil de la justice se couche pendant que nous sommes indignés, et si lorsque nous nous mettons en colère, nous donnons tout de suite au diable une place dans nos cœurs, comment donc l'apôtre nous recommande-t-il d'abord de nous mettre en colère, en disant: "Si vous vous mettez en colère, ne péchez point"?! Est-ce qu'il n'entend pas clairement ce qui suit:

Mettez-vous en colère contre vos fautes et contre votre tempérament; de crainte que si vous les acceptiez, le Christ, le soleil de la justice, commencerait à disparaître de vos esprits ténébreux, à cause de votre colère. Et s'Il vous quitte, vous préparerez une place pour le diable dans vos cœurs.]

Commentaire:

Nous n'avons absolument aucune objection à ce qu'une explication de ce verset "si vous vous mettez en colère, ne péchez point", soit que la colère s'entend par la colère contre nos péchés et nos défauts. Car toute colère n'est pas une colère contre les autres seulement, tandis qu'il se trouve dans l'âme personnelle des défauts qui nécessitent la colère contre eux aussi......

C'est pourquoi, mettez-vous en colère contre la poutre qui est dans votre œil, avant de vous mettre en colère contre la paille qui est dans l'œil de votre frère (Matt. 7:5). Ne passez pas la nuit sans vous mettre en colère contre vos péchés.

Si vous vous mettez en colère contre votre âme pécheresse, vous n'êtes pas fautif, parce que c'est une colère qui contient le remède de vos défauts. Votre colère contre vos péchés vous conduira à la repentance.

Nous ne voulons pas exagérer l'explication symbolique, car il y a des cas de colère sainte qui sont autres que notre colère contre nous-mêmes. Nous en avons donné quelques exemples. Et aussi, ne jugeons pas les saints qui se mettent en colère pour la justice. Mais en ce qui concerne la colère sainte, nous distinguons entre la colère et la nervosité. Car la nervosité est une faute........et les saints furent en colère pour la justice, sans nervosité. Car la nervosité est un manque de contrôle des nerfs........

Chapitre 2 : LA COLERE COUPABLE VAINE

 

  • Qu'est-ce que la colère coupable?
  • Paroles de l'Ecriture sur la colère coupable
  • Blâme des pères de la colère coupable
  • Un péché repoussant et composé
  • Exemples de la colère coupable
  • Mauvaises conséquences de la colère

 

QU'EST-CE QUE  LA COLERE COUPABLE?

Il existe une colère vaine, dont le Seigneur, à Lui soit la gloire, dit: "Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d'être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges" (Matt. 5:21:22). Ici, la gravité consiste dans ce que le Seigneur a renfermé la colère vaine, en sa parole sur le meurtre .....

La colère vaine est la colère pour des raisons personnelles, ou pour des questions matérielles ou mondaines, et non pas pour une raison sainte.

Un frère posa une question à saint Abba Poemen sur la signification de la colère vaine qui a été mentionnée dans le sermon sur la montagne dans le verset (Matt. 5:22). Il répondit:

"Si votre frère vous maltraitait injustement, vous injuriait, et vous trompait, et si à cause de cela vous vous mettiez en colère, votre colère serait une colère vaine, parce que vous vous seriez mis en colère pour des raisons vaines....."

Le saint complète sa parole en disant:

"Mais si quelqu'un voulait vous éloigner de Dieu, alors si vous vous mettiez en colère, cela serait une bonne chose."

La colère vaine a deux aspects: Le premier c'est qu'elle est pour des questions vaines, éphémères, mondaines, ou pour des raisons personnelles.

Le second aspect de la colère vaine c'est qu'elle est réalisée d'une manière vaine, dans laquelle la personne perd le contrôle de ses nerfs et pèche........

Ainsi on pourrait dire que la colère vaine est aussi une colère coupable qui comprend la nervosité, et la tension des nerfs, avec tout ce qui accompagne cela de fautes que nous citerons, si Dieu veut......

PAROLES DE L'ECRITURE SUR LA COLERE COUPABLE

En ce qui concerne la réprobation de la colère, il suffit ce qui a été mentionné dans l'épître de l'apôtre saint Jacques qui dit:

"Car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu" (Jacques 1:20).

La colère qu'il entend est la colère humaine, qui est pour des raisons humaines.......elle ne s'accorde pas avec la justice que Dieu veut.......et c'est pourquoi la Sainte Ecriture met une condition pour les pasteurs, c'est qu'ils ne soient pas colèrique. Il a été mentionné dans l'épître à Tite à propos des conditions de l'évêque: "Car il faut que l'évêque soit irréprochable.........qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ......ni violent......mais qu'il soit........juste, saint, tempérant" (Tite 1:7-8).

Plusieurs versets du livre des Proverbes parlent contre la colère. Nous en citerons:

"Un homme colérique excite des querelles, et un furieux commet beaucoup de péchés" (Prov. 29:22).

Nous citerons, si Dieu veut, ces péchés nombreux qui sont causés par la colère, lorsque nous parlerons de la colère comme un péché composé. Il a aussi été dit dans le livre des Proverbes : "La pierre est pesante et le sable est lourd, mais l'humeur de l'insensé pèse plus que l'un et l'autre" (Prov. 27:3). Il a été mentionné dans le livre de l'Ecclésiaste à propos de cette insensibilité:

"Ne te hâte pas en ton esprit de t'irriter, car l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl. 7:9).

De là, il paraît que la colère est loin de la sagesse. Le sage s'éloigne de la colère insensée.

Nous voyons que le patriarche Jacob dans sa bénédiction de ses enfants avant sa mort, parla sévèrement de la colère de ses deux fils Siméon et Lévi. Il dit:

"Maudite soit leur colère, car elle est violente, et leur fureur, car elle est cruelle" (Gen 49:7).

Pour cette même raison, il dit: "Que mon âme n'entre point dans leur conciliabule, que mon esprit ne s'unisse point à leur assemblée" (Genèse 49:6). Par ce décret, il nous rappelle de la parole de l'Ecriture Sainte:

"Ne fréquente pas l'homme colérique, ne vas pas avec l'homme violent" (Prov. 22:24).

N'oublions pas le conseil de sainte Rébecca à son fils Jacob, lorsque la colère de son frère Esaü devint violente. Elle lui dit: "Lève-toi, fuis chez Laban, mon frère, à Charan; et reste auprès de lui quelque temps, jusqu'à ce que la fureur de ton frère s'apaise, jusqu'à ce que la colère de ton frère se détourne de toi" (Gen. 27:43-45). Car Esaü dans sa haine contre Jacob "à cause de la bénédiction dont son père l'avait béni, .....disait en son cœur.......je tuerai Jacob, mon frère" (Gen. 27:41).

L'Ecriture Sainte nous défend la colère sous toutes ses formes. L'apôtre dit:

"Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ." (Eph. 4: 31-32).

PAROLES DES PERES CONTRE LA COLERE

La colère est naturellement dirigée à l'excitation de la guerre avec les démons, et à la lutte contre tous les genres de plaisirs coupables. Mais les démons nous font utiliser la colère pour combattre les gens, ce qui est contre la nature. (Saint Evagrius)

Comme l'eau est troublée par la force du vent, ainsi la personne colère est troublée par les pensées impures.

L'homme doux est comme une source claire qui abreuve toute personne avec sa bonté. Tandis que la personne colère est toujours troublée, et ne donne pas de l'eau à celui qui a soif. L'âme qui n'est pas colère devient une demeure du Saint-Esprit, et le Christ se repose dans le cœur de la personne douce remplie de paix.

Les yeux de la personne colère qui demande avec un cœur inquiet, sont méchantes et pleines de sang. Tandis que la face de la personne douce est resplendissante, et ses yeux regardent avec modestie. La prière de la personne colère est un encens impur rejeté. L'offrande de la personne colère est un sacrifice désagréable.

(Saint Evagrius)

Un ancien dit: Celui dont le cœur n'est pas attristé lorsque son frère se dispute avec lui, ressemble aux anges. S'il conteste lui aussi, ensuite retourne tout de suite pour se réconcilier avec lui, cela sera l'œuvre des combattants. Tandis que celui qui attriste ses frères, et qui est attristé par eux, et qui retient la haine dans son cœur, celui-là obéit au démon et désobéit à Dieu. Dieu ne lui pardonnera pas ses iniquités, si lui-même ne pardonne pas à ses frères.

(Histoire Lausiaque).

Si l'homme devient parfait dans toutes les bonnes œuvres, tandis que dans son cœur, il demeure passionné contre son frère, cet homme est étranger à Dieu.

(Saint Abba Pacôme)

Même si la personne colère ressuscitait des morts, il ne serait pas agréable à Dieu, et aucune personne n'irait vers lui.

(Saint Abba Agathon)

Celui qui fait jeûner sa bouche de la nourriture, et ne fait pas jeûner son cœur de la colère et de la haine, et ne fait pas jeûner sa langue des choses vaines, celui-là jeûne en vain.

La prière de la personne haineuse est comme la semence qui tombe sur le roc..........La personne haineuse recueille de sa prière, ce que recueille au jour de la moisson, celui qui sème dans la mer.

L'âme stérile est celle qui s'est vêtue de la haine, de la fureur, de l'intempérance, de la tristesse, de l'impatience, et du trouble, et qui juge son prochain tant bien que mal.

(Saint Isaac)

Le cœur enflammé par la colère est un cœur vide de la consolation cachée, et qui manque de même de consolateurs de l'extérieur. Car la consolation intérieure est celle qui reçoit la consolation extérieure et qui s'en occupe.......

Là où se trouve le mouvement de la colère et de l'envie, il est impossible que les vertus s'y établissent ou y demeurent. Et si elles s'y trouvaient, elles seraient cachées par l'obscurité de la colère, de l'envie, et du trouble.

Si vous voyez que les blâmes vous sont douloureux, sachez que la vaine gloire vous vole.

(Saint Isaac)

La douceur de l'amour et de la miséricorde déborde de l'homme voluptueux, quoiqu'il ne soit ni sobre ni calme. Mais le trouble du sang noir des ténèbres agit dans l'homme colère, quoiqu'il soit bien établi et compréhensif. Son âme est amère et remplie de tristesse et de fureur. Sa couleur est changée, et son aspect est mauvais.

L'arme de la colère nuit à celui qui la possède. L'arme de l'humilité fait honneur à ceux qui la portent.

La patience est le médecin de celui qui la possède........et la colère dans le cœur est comme la teigne dans le bois.

La colère est un chien qui aboie contre tout le monde; car la personne colère n'est pas capable de parler pour la paix.

La colère mène à la déssatisfaction. Lorsqu'une personne devient folle, et la déssatisfaction s'empare d'elle, sa conscience se remplit de haine. La haine fait mouvoir la colère et l'impureté; et sa déssatisfaction apparaît lorsque l'occasion se présente selon sa volonté.

(Saint Jean d'Assiout)

La colère est une douleur qui ne contient ni modestie ni honte. La douceur de l'homme consiste à subjuguer la colère.

(Saint Ephrem)

Le démon de la mauvaise humeur est ténébreux, et son œuvre est amère. Il rappelle au souvenir de l'âme des actions passées, ou bien des actions qui vont se passer. Il réveille la colère.......et peut-être que les démons enlèvent la raison, et la font débaucher, et la transportent de village en village, et d'une maison à l'autre, et lui rappellent des paroles et des actions qui se rapportent à la conscience.

Le cœur de la personne colère est éloignée des mystères de Dieu.....Gardez-vous de la mauvaise humeur, car elle est un démon incarné.......

Malheur à la personne colère. Son cœur est la demeure des vipères.......Avec qui l'homme colère se réconciliera-t-il ?! Car il attriste toujours son cœur, et il éloigne de lui l'Esprit de Dieu.

("Le vieillard spirituel", saint Jean Saba)

Le père Irayus dit: Celui qui ne peut pas contrôler sa langue pendant la colère, ne pourra jamais vaincre aucune des petites choses douloureuses.

Un ancien dit: Gardez-vous de la colère, car elle obscurcit l'intelligence, et retire de l'âme la crainte de Dieu. La colère engendre la folie. Celui qui l'accepte n'est pas doux devant Dieu.

(Histoire Lausiaque)

La colère est un mouvement de la folie. Elle rend perplexe celui qui en fait sa possession. Elle rend l'âme comme les bêtes sauvages..... Le cœur de l'homme colère est petit. Il pense à rendre le mal par le mal. Il a de la dureté dans ses paroles et dans ses actes. Il ne veut pas être miséricordieux. Il est furieux même contre les animaux.

La colère le fait mouvoir. Il hait son frère dans son cœur. Il parle mal de lui. Il résiste, conteste, injurie, et juge.

Le démon jette en moi de la colère contre mon frère. Il m'empêche de répondre avec humilité. Il arrache mon amour pour les frères. Il me rappelle du mal contre mon frère; comme s'il m'avait délaissé, ou comme s'il m'avait causé une perte, ou comme s'il m'avait traité d'une façon inconvenable. Il rend mon cœur rempli de mal pendant la prière.

(Saint Evagrius)

La colère est la plus rapide de toutes les afflictions. Elle est excitée et enflammée contre une personne qui a fait, ou qui semble avoir fait, une action nuisible à la personne colère. Elle endurcit l'âme de plus en plus. Elle captive la raison pendant la prière, et représente la face de celui qui avait causé du mal. Si elle persiste dans l'âme, elle devient une inimitié.

(Saint Evagrius)

Qui peut expliquer d'une manière complète, les mauvaises conséquences de la colère? Quel sermon peut décrire comment cette maladie est honteuse?!

Vous voyez que les douleurs de la personne possédée d'un démon, apparaissent en ceux qui sont maîtrisés par la colère........!

Considérez côte à côte les signes du démon et les signes de la colère, et quelle est la différence entre les deux! L'œil de celui qui est possédé par un démon est rouge comme le sang, et il est évasif. Sa langue ne s'arrête pas. Ses paroles sont rudes. Sa voix est stridente comme un aboiement........il respire violemment......

Ces signes sont communs.........sa tête s'avance impulsivement d'une manière sauvage. Ses mains font des mouvements qu'il ne ressent pas. Tout son corps s'ébranle. Ses pieds chancellent. Cette description est commune aux deux cas de maladie.

Les deux cas diffèrent en une seule chose. C'est que l'un est facultatif, tandis que l'autre arrive à ses victimes contre leur volonté.

(Saint Grégoire, évêque de Nice)

La personne colère se tue elle-même......Elle est éloignée de la paix, elle n'est pas saine. Son corps se désintègre tout le temps. Son âme est triste, sa peau est flétrie, sa couleur n'a pas de fraîcheur. Sa raison est changeante. Ses pensées sont comme un fleuve qui déborde. Il est détesté par tout le monde, et rejeté par Dieu et par les hommes.

Il n'a ni patience, ni charité. Il soulève des contestations à cause d'une chose méprisable. Il attire à lui l'exécration.

(Saint Ephrem)

UN PECHE REPOUSSANT ET COMPOSE

La colère n'est pas seulement un péché simple, mais c'est un groupe de péchés composés ensemble dans leurs causes, leurs embranchements et leurs résultats.

1. Un péché qui comprend la violence et la nervosité:

Soit du point de vue de la violence ou de la hauteur ou de l'émotion de la voix, celle-ci participe avec les nerfs et aussi avec les traits du visage. L'homme entier est dans un état de colère, ou de révolte........

2. L'homme en état de colère ne pardonne pas:

Car s'il pardonnait à celui qui l'avait offensé, il ne serait pas en colère contre lui, ne serait pas agité, et ne serait pas révolté........et quand une personne ne pardonne pas à autrui en état de colère, il s'expose à la perte du pardon de Dieu, car il a été dit: "mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses" (Matt. 6:15).

3. La colère comprend en elle la cruauté du cœur:

La force de cette cruauté augmente avec l'accroissement de la violence de la colère. Elle pourrait arriver dans certains cas à l'agression et aux coups. Parfois elle pourrait arriver au meurtre, comme lorsque Esaü pensa à se lever et tuer son frère Jacob (Gen. 27:45). Il a été dit dans la Sainte Ecriture: "La fureur est cruelle et la colère impétueuse" (Prov.27:4).

4. Par suite, la violence comporte un genre de répulsion:

Car "la charité.........supporte tout" (1Cor. 13:7). Mais quand on est en colère, spécialement dans une colère violente, les sentiments de charité disparaissent. Si la force et la durée de la colère augmentent, elle se transformera en haine........

5. Le péché de colère est incompatible avec la douceur et la bonté:

Celui qui est en colère perd sa douceur, sa patience et son calme. Il perd sa bonté, sa bonne humeur et sa tendresse, et il se transforme en un être humain révolté dont le tempérament ressemble à celui des monstres.........

6. Celui qui est en colère perd aussi la vertu de l'humilité:

Parce que comme dit saint Dorothéus: "La personne humble n'irrite personne et ne s'irrite de personne."

La personne humble porte le blâme toujours sur elle-même, et ainsi elle ne se met pas en colère. De même elle sollicite la bénédiction, les prières et la satisfaction de tout le monde, et par suite elle ne se permet point d'irriter personne. Tandis que la personne colère est le contraire de cela. C'est pourquoi..........

7. Le péché de colère est toujours lié au péché de condamnation des autres:

Car si la personne colère ne condamnait pas les autres, elle ne se révolterait pas contre eux. Cette condamnation pourrait arriver à des niveaux difficiles. Il se pourrait que la personne colère soit fautive, et là......

8. la personne colérique tomberait parfois dans le péché d'injustice:

Elle porterait sur les autres des jugements dont ils sont innocents, ou au moins, au niveau desquels ils ne sont pas arrivés. Elle pourrait être portée à la condamnation par des pensées fondées sur la méfiance. Dans sa méfiance, elle s'imaginerait des choses qui ne sont pas arrivées. Mais dans son injustice, elle assure que ce qu'elle pense est effectivement une réalité.

9. Dans sa colère, elle tombe dans les insultes et les offenses:

Elle prononce des expressions blessantes, et perd son respect pour les autres. Elle agit d'une manière inconvenable dont les gens la blâment, et qu'elle regrette lorsque ses nerfs excités se calment.

Elle serait coupable dans tout cela. Car le Seigneur dit dans le sermon sur la montagne: "celui qui dira à son frère: Raca! (c'est-à-dire la moindre expression du manque de respect), mérite d'être puni par le sanhédrin" (Matt. 5:22).

10. Elle pourrait tomber dans plusieurs des péchés de la langue:

Nous ne pouvons pas compter ces péchés, parce qu'ils dépendent de la violence de la colère, et de l'étendue de l'impuissance de la personne colère à contrôler ses nerfs, à contrôler ses sentiments, et à contrôler sa langue.

11. Si la colère réside dans le cœur, elle engendre la haine:

Les sentiments pourraient passer par des stages, de la fureur à la déssatisfaction,..... jusqu'à ce qu'ils arrivent à la haine. Ensuite ils s'échangeraient les positions: la haine aussi engendrerait la colère, la fureur et la déssatisfaction........et ainsi le cœur deviendrait un dépôt de nombreux sentiments coupables, qui s'encouragent mutuellement.

12. La colère est une révolte dont le but est la vengeance:

La personne colère veut se venger pour lui-même, ou pour sa dignité, ou pour ses droits. Elle veut reprendre sa considération, et rétribuer le mal par le mal. Ainsi elle entre dans la vengeance. C'est pourquoi l'apôtre saint Paul dit: "Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère: (Rom. 12:19). C'est-à-dire laissez-lui un échappatoire, ou le moyen d'en sortir. Ouvrez-lui une ouverture dans le cœur par laquelle elle pourrait sortir, et ne la déposez pas en votre intérieur.

13. La colère comporte en elle-même un autre péché qui est le manque de tolérance:

Car si la personne colère pouvait supporter l'offense de l'offenseur, il ne s'irriterait point. Mais elle indique par sa colère, son impatience, l'étroitesse de son cœur, et son impuissance à tolérer.

14. La colère pourrait se transformer en contestations et en querelles:

Car peut-être qu'un être humain ne pourrait pas corriger les conséquences des fautes qu'il commettrait pendant sa colère. Tout ce qu'il aurait prononcé d'insultes, d'offenses, d'expressions qui blessent les sentiments, ou d'accusations injustes......tout cela pourrait laisser dans l'âme de l'autre parti, des influences qui le pousseraient lui aussi à l'inimitié ou à la vengeance. Ainsi, même si la personne colère se repent de sa colère, peut-être que les conséquences de sa colère demeureraient.

15. Le péché de colère comporte aussi le péché de scandale des autres:

La personne colère scandalise l'autre parti contre lequel elle se met en colère, et elle scandalise aussi tous ceux qui voient la révolte de la colère, et qui entendent ce qu'il y a d'expressions inconvenables, et d'excitation et de cris..........

16. Le péché de l'emportement impulsif pourrait être caché dans le péché de la colère:

Souvent la colère est accompagnée de la hâte, ou du résultat de la hâte et de l'emportement impulsif, quand l'homme dans un état émotif, prend des décisions graves contre lui-même ou contre les autres. Par exemple lorsque David s'irrita contre Nabal le Carmélite, il dit: "Que Dieu traite son serviteur David dans toute sa rigueur, si je laisse subsister jusqu'à la lueur du matin qui que ce soit de tout ce qui appartient à Nabal" (1 Sam. 25:22, 34). Dans sa fureur, il était sur le point de tuer Nabal et tous ceux qui lui appartenaient.........si Abigail ne l'avait pas calmé.

17. On perd l'image de Dieu, dans la colère:

L'homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu (Gen. 1). Mais quand il est en état de colère, il n'est pas ainsi; plutôt il paraît dans un aspect repoussant et scandaleux qui n'est pas compatible avec le niveau spirituel qui lui convient.

18. L'homme colère pourrait perdre plusieurs de ses relations:

Il perd sa relation avec celui contre lequel il s'était mis en colère. Beaucoup de procès de divorce, et de problèmes matrimoniaux, ont pour cause la colère. L'homme colère pourrait perdre sa relation avec Dieu et avec l'Eglise au temps de sa colère, quand il prononce des paroles blasphématoires, et qu'il menace de quitter Dieu et l'Eglise.

19. Le péché de la colère est aussi contraire à la vertu de la paix.

Car l'homme perd sa paix intérieure, la paix du cœur et de la pensée, de même qu'il perd sa paix avec les gens, en même temps.

20. Le péché de la colère est contraire à la vertu de la joie qui est l'un des fruits du Saint-Esprit..

Car le temps de la colère est un temps misérable et triste pour lui et probablement pour les autres aussi......

21. La colère est aussi accompagnée par l'ignorance:

L'ignorance de l'homme de ce qui lui est utile et ce qui lui est nuisible; son ignorance des mauvaises conséquences de sa colère; car il perd sa relation avec les gens, et peut-être il briserait la paix de sa maison et de sa famille, et perdrait sa réputation et l'idée que les gens ont de lui, et pendant tout cela, il perd ses spiritualités et son éternité. Il pourrait perdre son emploi ou sa promotion, si sa colère est violente contre ses chefs au travail.......et peut-être en un seul instant il perd ce qu'il avait bâti pendant des années......!

C'est vraiment un péché destructif.........c'est pourquoi l'Ecriture Sainte dit:

"Ne te hâte pas en ton esprit de t'irriter, car l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl. 7:9).

Un homme qui détruit tout ce qu'il possède, qui détruit les fruits de l'Esprit en son cœur, qui perd l'image divine, et qui démolit toutes ses de relations avec les gens.........et qui essaye de justifier tout cela en disant: "c'est un moment de colère".........!

Est-ce que dans un moment de colère tout cela arrive?!

Vraiment, combien est-elle véridique la parole du sage: "La pierre est pesante et le sable est lourd, mais l'humeur de l'insensé pèse plus que l'un et l'autre" (Prov. 27:3). Notre père Jacob dit vrai de ses deux fils: "Maudite soit leur colère, car elle est violente, et leur fureur, car elle est cruelle! (Gen. 49:7).

C'est donc un péché composé...........Ce qui est étrange, c'est que celui qui pèche dans tout cela, le rassemble dans une seule expression dans sa confession devant le père prêtre. Il dit un simple mot: "je me suis irrité" ou bien "je suis tombé dans le péché de colère".

Il le dit sans les détails horribles..........le père prêtre lui répond: "cela ne fait rien, mon fils. Ne te mets pas en colère une autre fois".......Puis le confessant s'en va calmement, comme s'il n'avait rien fait!! "avec l'innocence des enfants dans les yeux" !!......

EXEMPLES DE LA COLERE COUPABLE

1. Le premier exemple au monde, c'est l'exemple de Caïn:

Il fut irrité parce que Dieu avait accepté l'offrand de son frère Abel, tandis qu'Il n'avait pas accepté son offrande. L'Ecriture dit en cela: "Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu" (Gen. 4:5).

Ici nous voyons une colère accompagnée de jalousie ou d'envie.

Les sentiments de colère restèrent à tuer tout bien dans le cœur de Caïn. Plutôt la colère demeura enflammée à tel point que l'Ecriture dit: "comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua" (Gen. 4:8).

Nous remarquons que la colère ici, était accompagnée de l'injustice et de la cruauté.

Quelle était la faute d'Abel d'être juste, et que Dieu avait acceptée son offrande?! Et qu'est-ce qu'il pouvait faire pour détourner la colère de son frère?! La colère de Caïn était indubitablement injuste. Il était cruel en commettant le premier péché de meurtre dans l'histoire de l'humanité. Notre Seigneur Jésus-Christ a bien fait de parler de la punition de la colère en parlant du crime de meurtre. (Matt. 5: 21-22).

2. L'exemple de Siméon et Lévi:

Notre père Jacob dit d'eux; "Leurs glaives sont des instruments de violence......." (Gen. 49:5).

C'est la même colère accompagnée de la cruauté et de l'injustice. Cela nous rappelle de la parole de l'Ecriture: "quiconque se met en colère contre son frère......." (Matt. 5:22).

3. L'exemple d'Esaü, et l'exemple de David:

Esaü fut irrité contre Jacob et voulut le tuer. Peut-être dirait-il que cela était pour des raisons spirituelles!! parce qu'il tenait au droit d'aînesse et à la bénédiction. Mais la demande des choses spirituelles ne doit pas être par des moyens coupables. Ce n'était pas la bénédiction qui était la cause, mais le soi-même...... David fut irrité contre Nabal et voulut le tuer, pour des raisons matérielles, parce qu'il n'avait pas présenté de la nourriture à lui et à ses hommes.

Ainsi "le soi" était derrière la colère de David, comme "le soi" était derrière la colère d'Esaü.

Soit que la demande est une chose spirituelle ou une chose matérielle, sans aucun doute, toute colère au monde a derrière elle "le soi". Et "le soi" nous présente un autre exemple de la colère, qui est:

4. La colère du roi Saül contre David:

Elle aussi était causée par "le soi". Saül se voyait inférieur à David en toutes choses, et il voyait que David réussissait en toutes choses, et qu'il était aimé par tout le monde. La jalousie dans son cœur se changea en crainte de David et de sa popularité, "Saül craignit de plus en plus David, et il fut toute sa vie son ennemi" (1 Sam. 18:29).

Il était irrité par toute parole de louange qui était dite de David. (1Sam. 18:8). "Saül, voyant qu'il réussissait toujours, avait peur de lui" (1Sam. 18:15). C'est ainsi qu'il essaya de le tuer plus d'une fois, et qu'il le poursuivit de désert en désert; et même il se mit en colère contre son fils Jonathan et l'insulta lorsqu'il défendait David. (1 Sam. 20:30).

MAUVAISES CONSEQUENCES DE LA COLERE

1. Cassien a exposé les mauvaises conséquences de la colère. Il dit:

"Il faut extirper complètement des profondeurs de l'âme, le poison mortel de la colère." Et il dit que tant qu'il demeure dans nos cœurs, il aveugle par ses ténèbres, l'œil de l'âme, et comme résultat:

(a) Nous ne pouvons acquérir ni la distinction ni la sagesse ni la vision intérieure, "car l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl.7:9).

(b) Nous ne pouvons pas acquérir la force qui saisit la justice, "car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu" (Jacq. 1:20).

(c) L'homme perd la considération et le respect des gens, même en ce qui se rapporte aux choses mondaines.......car l'homme colère est méprisé.

2. Parmi les conséquences de la colère, c'est qu'elle nous expose à de nombreux péchés:

C'est pourquoi l'Ecriture dit: "un furieux commet beaucoup de péchés" (Prov. 29:22). (Voir le chapitre qui traite de la colère comme péché composé).

3. La colère est du point de vue médical, nuisible à la santé.

Selon l'opinion d'un savant: "Le corps de l'homme excrète des poisons pendant la colère." Une expression ordinaire que nous disons à propos de l'homme colère, c'est que son sang s'est troublé.

La colère pourrait apporter beaucoup de maladies, dont l'hypertension artérielle, les maladies des nerfs, le diabète, et certaines maladies du cœur et de l'estomac. Vous trouvez l'être humain pendant sa colère, trembler, ou s'ébranler, et de même sa voix et ses expressions.

C'est pourquoi Notre Seigneur Jésus-Christ a bien dit: "Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre" (Matt. 5:5). En plus de ce qu'ils hériteront "la terre des vivants" (Ps. 27:13), aussi ils ne seront pas exposés à avoir la vie courte à cause de la colère, car les débonnaires ne s'irritent pas.

4. Parmi les mauvaises conséquences de la colère, il y a le scandale, et la perte de la réputation.

Puisque la colère est un péché découvert et disgracieux, elle est toujours un sujet de scandale pour les autres, et ne rend pas une belle image de celui qui s'irrite, se révolte, et s'énerve. Celui-ci paraît devant les gens comme ayant perdu le contrôle de ses nerfs, ne se dominant pas, et incapable de se contrôler.........

C'est ainsi qu'il tombe dans le péché de condamnation des autres pendant sa colère, et aussi il rend les autres le condamner.

Celui qui se met en colère apparaît comme ayant un caractère pareil au caractère de celui contre lequel il se met en colère.

L'autre personne avait péché et causé cette colère; et la personne colère a répondu à la faute par une faute qui est la colère et la perte du contrôle des nerfs. Les deux apparaissent dans un niveau de faiblesse semblable. Tous les deux n'agissent pas d'une manière spirituelle.

La personne colérique paraît faible, parce qu'elle est incapable de tolérer.

Celui qui supporte, qui contrôle ses nerfs, et qui n'est pas provoqué par les fautes des autres, est indubitablement une personne forte. C'est pourquoi l'apôtre dit: "Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous-mêmes" (Rom. 15:1). Donc, ceux qui supportent sont forts. Mais les faibles sont: ceux-là qui commettent des fautes, et nous aussi au cas où nous ne les supportons pas......

5. Parmi les conséquences de la colère, il y a la détérioration des relations avec les autres:

Il existe des péchés qui sont limités à la personne même, comme ses pensées et ses désirs intérieurs. Tandis que le péché de la colère (la nervosité), s'étend à sa relation avec les autres. Peut-être que dans un moment de colère, l'être humain perd des relations qui étaient bonnes avec les autres, et qui étaient restées bonnes pendant des années. Cet être humain pourrait se calmer après sa colère. Mais ceux qu'il avait maltraités dans sa colère contre eux, pourraient ne pas se calmer. L'émotion et la détresse demeureraient avec eux. Peut-être qu'il essayerait de se réconcilier avec eux, sans le pouvoir. Voilà une des mauvaises conséquences de la colère.

Nous perdons les amis, et nous augmentons et raffermissons l'inimitié des ennemis, par la colère:

Ainsi nous ne gardons pas les amis, et nous ne nous réconcilions pas avec les ennemis. Nous serions perdants sur toute la ligne. Si l'homme pensait à ces conséquences avant de se mettre en colère, il ne se mettrait pas en colère. Ou au moins il ne serait pas rapide à se mettre en colère, selon le commandement de la Sainte Bible. (Jacques. 1:19).

6. Parmi les conséquences de la colère, c'est qu'elle constitue un embrouillement de la prière et de la communion:

Il a été dit dans l'Histoire Lausiaque: Un frère avait été irrité par son frère. Lorsqu'il entra dans sa cellule, il eut honte de prier Dieu à cause de la douleur qui était enflammée dans son cœur. Mais quand il se prosterna devant Dieu et dit: "Seigneur, j'ai pardonné mon frère de tout mon cœur", il entendit immédiatement une voix qui lui disait: "Tu as pris ma ressemblance, prie donc avec familiarité".

En cela, saint Evagrius dit: Chaque fois que vous voulez vous venger de ceux qui ont été injustes envers vous, cela vous sera un sujet de scandale au temps de la prière, si vous voulez prier comme il le faut.......Et chaque fois que vous vous souvenez du mal de votre frère, vous prierez en ayant l'esprit ténébreux.

C'est pourquoi éloignez de vous les pensées de colère, et ne laissez pas l'irritation demeurer en vous. Alors vous ne serez pas troublé au temps de la prière.

Les pères avaient dit tout ceci en ce qui concerne simplement la colère intérieure. Quant à la colère où vous vous soulevez contre votre frère et par laquelle vous lui causez de la peine, le Seigneur vous dit dans le sermon sur la montagne: "

"Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis, viens présenter ton offrande" (Matt. 5 :23-24).

Naturellement, blesser les sentiments des autres, les blâmer violemment avec nervosité et des expressions dures, et leur causer du tort.....tout ceci empêche la communion des saints sacrements. C'est pourquoi nous commençons la messe par la prière de la réconciliation. Le père prêtre dit: "Rendez-nous tous méritant, Seigneur, de nous donner mutuellement un saint baiser, afin que nous obtenions sans être jeté dans la condamnation, de votre don céleste et immortel." Donc, celui qui communie sans se réconcilier avec ceux auxquels il a causé du tort, tombe dans la condamnation........

Plusieurs des pères voient que le mot "offrande" dans la parole du Seigneur (Matt. 5:23), ne signifie pas seulement la communion, mais la prière en général.

L'OPINION DE JEAN CASSIEN

Dans son commentaire sur la parole de l'Ecriture Sainte: "que le soleil ne se couche pas sur votre colère" (Eph. 4:26), il prouve que ce qui est entendu est : "le soleil de la justice" (Mal. 4:2). Il dit:

Comment pouvons-nous croire que le Seigneur permet que notre colère demeure même un seul instant?! tandis qu'il ne nous permet pas de présenter l'offrande de nos prières spirituelles, en sachant qu'une autre personne a de l'amertume contre nous, disant: "va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande" (Matt. 5:24). Comment donc pouvons-nous garder la déssatisfaction contre notre frère, je ne dis pas pour de nombreux jours, mais pas même jusqu'au coucher du soleil, s'il n'est pas permis de présenter des prières à Dieu tant que ce frère a quelque chose contre nous?!

Cependant l'apôtre nous a ordonné de : "prier sans cesse" (1Thess. 5:17). "que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées" (1 Tim. 2:8).

Il reste donc: ou bien que nous ne priions pas du tout, en gardant ce poison dans nos cœurs, et que nous devenions coupables envers ce commandement apostolique ou évangélique qui nous ordonne de prier continuellement en tout lieu.......ou bien, que nous nous décevions nous-mêmes, en ayant l'audace de prier contre le commandement divin.

Alors, nous devrions savoir qu'en ce cas, nous ne présenterions au Seigneur aucune prière, mais plutôt un tempérament opiniâtre et une âme révoltée!........Car nos prières perdraient leur efficacité si quelqu'un des frères avait quelque chose contre nous..........

Dieu n'accepte pas la prière de quelqu'un qui garde de la haine contre autrui.

La personne colère pourrait essayer de prier. Mais sa pensée est distraite durant la prière, et elle rôde autour des causes pour lesquelles il s'était mis en colère, ou bien autour des moyens par lesquels il voudrait exprimer sa colère, ou se venger de celui qui l'avait irrité. Il s'imagine beaucoup de choses. Il serait comme quelqu'un qui se parle à lui-même ou qui parle à un autre. Il sait que sa prière n'a pas été une prière; mais le volcan qui se trouve dans son intérieur ne cesse de projeter des tourbillons de feu..........!

Chapitre 3 : DES ESPECES ET DES DEGRES DE COLERE


1. Colère sainte et colère vaine

2. La colère cachée (dans le cœur et la pensée)

3. Le mécontentement et la haine

4. La colère par la langue

5. La vengeance

6. La colère indirecte

7. La colère indignée et agressive

8. Degrés de colère

9. L'évolution de la colère

10. Degrés de rétribution du mal pour le mal



COLERE SAINTE ET COLERE VAINE

1. Nous avions mentionné auparavant qu'il existe deux espèces de colère: la colère sainte et la colère vaine; que la colère sainte est celle qui est pour des raisons saintes, et d'une manière sainte, loin de la nervosité, des cris, et du bruit; de même qu'elle n'est ni pour des raisons personnelles ni pour des raisons matérielles; et qu'elle n'est pas à cause de la dignité mondaine.

La colère sainte est celle qui est pour Dieu, et pour la sainteté et la justice, et dans laquelle la personne ne perd pas le contrôle de ses nerfs; mais elle se distingue par la fermeté; et il y a une différence entre la fermeté et la nervosité........

Mais notre entretien dans ce chapitre sera sur la colère coupable.

LA COLERE CACHEE (DANS LE CŒUR ET LA PENSEE)

2. Il existe aussi deux espèces de colère vaine: la colère intérieure cachée, et la colère évidente extérieure. La colère intérieure est la colère dans la pensée et dans le cœur.

Peut-être que vous ne faites pas de tort à votre frère par la langue, et peut-être que vous ne le blessez par aucun mot. Probablement vous semblez silencieux, et vous ne rendez pas l'injure par une autre injure. Mais avec tout cela, peut-être que la colère est dans votre pensée et dans les sentiments de votre cœur. Peut-être qu'il y a une révolte dans votre intérieur, mais elle est étouffée. Ici, vous ne pouvez pas dire que vous vous n'êtes pas irrité, car en fait vous vous êtes irrité, mais vous avez caché votre colère.

Il se peut que vous cachiez votre colère pour des raisons spirituelles ou pour des raisons qui ne sont pas spirituelles.

La raison spirituelle est de vous contrôler, de vous empêcher de commettre une faute, et de vous calmer jusqu'à ce que vous trouviez une solution spirituelle pour faire passer la colère de votre intérieur. Dans ce cas, nous disons que vous n'avez pas pu supporter, et en même temps vous ne vous êtes pas emporté. Vous avez été affecté de l'intérieur, mais vous vous êtes arrêté à cette limite, afin de ne pas pécher par votre langue, de ne pas pécher par votre agissement, et de ne pas vous venger pour vous-même. Ceci est naturellement meilleur que la nervosité et la violence.

Il se peut que la répression de la colère soit par suite de la peur.......

La peur de la personne qui vous cause du tort, parce qu'elle est plus forte que vous, ou dans une situation supérieure, et vous craignez les conséquences de la colère, qui pourraient conduire à un état pire. Il se peut que la peur soit à cause de la crainte que les gens ne forment une mauvaise idée de vous; et ainsi vous auriez traité la peur par la vaine gloire!

Il se peut que votre silence soit parce que vous préparez une vengeance future:

Vous gardez le silence, non pas parce que vous avez pardonné, et non pas parce que vous avez supporté. Mais parce que l'occasion actuelle n'est pas favorable pour répondre. La colère évidente pourrait découvrir vos intentions, et il est sage que ces intentions restent cachées, jusqu'à ce que le temps vienne quand vous vous vengerez pour vous-même, avec force, et sans tomber sous des responsabilités........! Tous ces péchés sont cachés dans la colère réprimée.

Dans tout cela, la pensée, de même que le cœur sont préoccupés par le péché:

La colère de l'homme domine tous les sentiments du cœur, et domine la pensée. L'esprit de l'homme continue à satisfaire ses intentions par les pensées de réponse et de vengeance, par les essais d'acquérir son droit par divers moyens, par la rétribution de celui qui l'avait irrité, de diverses manières, par des images qu'il désirerait voir arriver, et qu'il s'imaginerait qu'elles soient arrivées, comme si cela était un fait accompli. Dans tout cela, il pèche par son cœur.

Les pères parlèrent de cette espèce de colère.

Saint Evagre dit:

"N'abandonnez pas votre âme aux pensées de la colère, et ne vous entretenez pas dans votre cœur au sujet de celui qui vous avait causé de la peine.

Si les démons voient que nous n'avons pas pu supporter les injures, ils viendront en secret et combattront notre intelligence, afin que ceux avec lesquels nous avions fait la paix (ceux que nous avions pardonné), soient comme s'ils étaient présents, et que nous soyons en état de colère contre eux, tandis qu'ils ne sont pas avec nous."

Saint Isaïe dit:

"Si quelqu'un vous cause du tort, et si quelqu'un d'autre vient et vous parle mal de lui, gardez votre cœur, de crainte que la mémoire du mal que cette personne vous avait fait, ne se renouvelle.

Si vous êtes dans votre cellule, et vous vous rappelez que quelqu'un vous avait causé du tort et de la peine, levez-vous tout de suite, et priez Dieu pour lui de tout votre cœur de lui pardonner et de vous pardonner. Par cela, l'amour de la rétribution du mal par le mal, sera éteint en vous.

Si vous allez pour communier du corps et du sang saints du Seigneur, gardez-vous de ce qu'aucune haine ou aucune irritation ne soit dans votre cœur contre quiconque. Si vous apprenez qu'il y a dans le cœur d'une personne quelque chose contre vous, allez et demandez son pardon, afin que vous ne soyez pas condamné et perdu.

Toutes les œuvres de l'être humain dans le cœur duquel il existe du mal contre son frère, sont vaines."

L'IRRITATION ET LA HAINE

Jean Cassien dit:

"Que dirai-je à propos de ceux-là qui ne mettent pas un terme à leur rancune jusqu'au coucher du soleil, mais qui la prolongent pour plusieurs jours; et qui nourrissent le sentiment de méchanceté envers ceux contre lesquels ils s'étaient irrités, et qui disent en paroles qu'ils ne sont pas en colère! mais qui sont en effet et en actes, excessivement troublés. Ils ne sont pas heureux en parlant, et ils ne s'adressent pas à eux, avec la douceur habituelle.

Ils croient qu'ils ne pèchent pas en cela, parce qu'ils ne demandent pas vengeance pour eux-mêmes de ce qui leur était arrivé! Mais parce qu'ils en ont pas le courage, ou parce qu'ils sont incapables en tous cas de montrer ouvertement leur colère, ils répriment dans leur intérieur le poison de la colère, et ils le ménagent en secret dans leurs cœurs, pour leur perte.

Mais il semble que cela ne constitue pas la fin chez tout le monde. Car certains ne peuvent pas satisfaire complètement leur mécontentement et leur haine, à moins qu'ils n'exécutent le mobile de leur colère jusqu'à l'extrême limite. Nous savons que ceci est le cas de ceux qui contrôlent leurs sentiments, non pas en vue de les calmer, mais parce qu'il leur manque l'occasion de se venger, car ils ne peuvent rien contre ceux qui les avaient irrités, sinon que de leur parler sans la douceur habituelle.

La déssatisfaction que l'on fait croître dans le cœur, ne cause pas de mal à ceux de l'entourage, mais malgré cela, elle renvoie la splendeur de la lumière de l'Esprit Saint, du cœur de celui qui est irrité. Ainsi elle égale l'irritation qui paraît ouvertement."

Saint Ephrem dit:

"Celui qui cache de la haine dans son cœur, ressemble à celui qui nourrit une vipère dans son sein.

La fumée chasse les abeilles, et la haine chasse la connaissance, du cœur."

Un ancien (de l'Histoire Lausiaque) dit:

"Celui qui garde de la rancune contre son frère, garde ses péchés en lui-même, et met un sceau sur eux."

LA COLERE PAR LA LANGUE

4. La colère pourrait ne pas se borner aux sentiments du cœur, ou aux pensées de la raison, mais l'être humain colère pourrait essayer d'exprimer sa colère par la langue, et il insulterait, ou maudirait, ou jugerait, ou menacerait, et promettrait de se venger...........et il tomberait dans beaucoup de péchés de la langue et dans ce qui leur ressemble.

Saint Augustin dit;

[Il menace comme s'il vivrait perpétuellement. Il ne pense pas à lui-même qu'il pourrait subitement mourir pendant qu'il parle. Il ne se souvient pas de ce qui est écrit: "Leur souffle s'en va, ils rentrent dans la terre, et ce même jour leurs desseins périssent" (Ps. 146:4). Mais celui qui ne pense pas au dernier jour, parle avec orgueil:......."Je ferai ceci, je te montrerai. Tu sauras avec qui tu auras à agir. Je ne te ferai pas vivre.......!"]

Et vous, peut-être que vous n'avez pas prononcé de pareilles paroles, mais vous y aviez pensé dans les profondeurs des lieux intérieurs de la pensée, ou au moins, vous aviez été pressé par la méchante convoitise de la vengeance. Vous devez au moins la réprimer à l'intérieur de votre pensée.

LA VENGEANCE

La colère est par sa nature un mouvement vindicatif, par lequel l'homme veut se venger pour lui-même et rendre le mal par le mal.

Mais parfois il exécute ce désir de vengeance, et parfois il s'arrête à une limite. La vengeance a des degrés.........

Saint Augustin dit:

"Qu'est-ce que la colère? C'est le désir de vengeance. L'être humain désire se venger pour lui-même, tandis que Dieu ne s'est pas encore vengé; et Il ne cesse de patienter en attendant que les pécheurs reviennent..........

Qui sommes-nous pour que nous demandions la vengeance; si Dieu demandait de se venger de nous, où serions-nous? Nous péchons chaque jour contre Dieu qui ne nous a fait aucun tort en quoique ce soit. Mais Dieu ne veut pas se venger contre nous pour Lui-même. Est-ce que nous demanderions de nous venger pour nous-mêmes? Pardonnez donc, pardonnez de tous vos cœurs........."

Saint Jean Chrysostome parle des dommages de la vengeance, disant:

"La vengeance est un grand mal, à tel point qu'elle retire vraiment la miséricorde de Dieu, et qu'elle abolit le pardon qui nous avait été accordé pour d'innombrables péchés. Car celui qui avait été pardonné d'une dette de dix milles talents, après avoir obtenu une si grande grâce, parce que simplement il avait demandé.......... lorsqu'il devint cruel contre son camarade en exigeant de lui cent dinars, il arriva qu'il fut remis aux mains des bourreaux; et on exigea de lui de rendre dix mille talents, et on ne lui permit pas de présenter quelque excuse ou quelque défense, mais il subit le châtiment extrême. On exigea de lui de rendre toute la dette que le Dieu compatissant et aimant lui avait pardonnée auparavant (Matt. 18: 23-35)."

LA COLERE INDIRECTE

6. Parmi les exemples évidents, il y a ce que nous pourrions appeler le silence provoquant:

Il se peut qu'une personne ayant les nerfs très forts, se tienne extrêmement froide, sans s'irriter, tandis que l'atmosphère est bouillante. Elle peut par son sang-froid et son silence provoquer l'autre parti, et le mettre en colère et le faire pécher. Cette personne penserait qu'elle est innocente et qu'elle n'a pas commis de faute, tandis que c'est elle qui est la cause de la faute de son frère; et qu'elle aurait pu calmer son interlocuteur par un mot gentil ou par une expression calme.

Elle est responsable de la faute de son camarade, parce qu'elle l'a scandalisé, provoqué, et fait tomber:

Vous êtes supposé, non pas seulement ne pas vous mettre en colère, mais aussi de ne pas être la cause de la colère des autres. Le saint Amba Youssef dans son entretien avec Jean Cassien, a expliqué cette question.

Amba Youssef dit:

"C'est ainsi que nous nous moquons de nos frères en colère, quand par nos regards silencieux nous les incitons à la colère plus que si nous les provoquions en les blâmant dans un êtat de colère. Et en même temps, nous pensons que nous ne sommes coupables de rien devant Dieu, parce que nous n'avons pas permis qu'il sorte de nos lèvres quoique ce soit qui nous disqualifie ou qui nous condamne aux yeux des gens! Comme si au regard de Dieu, c'étaient seulement les paroles qui étaient nommées des fautes.

Notre Juge nous demandera en regardant profondément, non seulement comment la dispute avait-elle été levée, mais par suite de la faute de qui, la dispute avait-elle été levée?........La responsabilité n'est pas seulement qu'un homme pousse de sa main un homme aveugle vers le bas, quand il est au bord d'un précipice. Mais peut-être qu'il égalerait dans sa culpabilité, celui-là qui se retient de relever cet aveugle, tandis qu'il lui aurait été possible de le faire au temps de sa chute.

C'est pourquoi ce n'est pas une vertu qu'un homme retienne sa langue, tandis qu'il fait semblant d'avoir certains traits qui augmentent la colère d'une personne qu'il aurait dû corriger. Car ainsi il serait devenu responsable de sa perte et de sa corruption.

L'être humain n'est-il pas considéré pour cette raison, comme étant plus coupable?! Parce qu'il a essayé d'acquérir un honneur pour lui-même, (en se taisant), par la voie de la chute de son frère!"

Il y a une espèce de colère qui est juste le contraire de celle-ci.

LA COLERE INDIGNEE ET AGRESSIVE

7. C'est la colère dans laquelle la voix est haute et aigue. Elle pourrait évoluer à l'agression et à frapper, ou au moins à offenser, injurier, et blesser les sentiments.

Cette colère pourrait être une manière de porter préjudice, par laquelle on nuirait à quelqu'un dans sa vie, ou dans sa réputation, ou on l'accuserait de fautes qui pourraient lui causer des dommages considérables, ou par laquelle on soulèverait contre lui celui qui l'offenserait ou l'attaquerait...... Le sommet de cette colère pourrait arriver jusqu'au meurtre.

DEGRES DE COLERE

Saint Sérapion dit:

"Il y a trois genres de colère:

(a) Un genre de colère s'agite à l'intérieur.

(b) Un autre genre explose dans les paroles, les actions et les agissements......C'est celui dont l'apôtre dit: "renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l'animosité......." (Col. 3:8).

(c) Le troisième genre n'est pas comme ces deux qui sont bouillantes et travaillent pendant une heure, mais il persiste pendant des jours et de longues périodes.

Ces trois genres doivent être condamnés par nous avec dégoût."

Saint Augustin dit dans son explication des deux expressions: "Raca", et "insensé" dans (Matt. 5:22):

"Il existe une gradation dans les péchés signalés:

(a) Le premier est en colère, et garde son sentiment caché dans son cœur.

(b) Mais s'il résulte de ce sentiment une expression de colère qui n'a pas un sens défini, et qui cependant montre la sensation de l'intelligence par le moyen de l'excitation.......ceci serait assurément plus que le cas d'une colère réprimée par le moyen du silence.

(c) Mais si la question ne se borne pas à une simple expression de colère, et qu'une parole généralement employée pour critiquer, soit entendue contre la personne à laquelle elle est adressée, qui douterait que cela serait encore davantage........?!

S'il n'est pas permis de se mettre vainement en colère contre un frère, ni de dire: "raca", ni de dire: "insensé", à plus forte raison il n'est absolument pas permis de garder quelque mépris dans l'esprit.

Car ce mépris pourrait se changer en haine.

Il a été dit de cela dans un autre endroit: "que le soleil ne se couche pas sur votre colère" (Eph. 4:26)."

Saint Augustin dit qu'il ne sera délivré de tout cela, que celui qui ne se gonfle pas par l'esprit de la vaine gloire.

Ensuite le saint parla longuement de la colère et de la haine:

Il dit: "Car qu'est-ce que la colère? C'est le désir de vengeance. Et qu'est-ce que la haine? C'est une colère chronique. Car si la colère devient enracinée, elle est appelée haine.........Elle aurait changé parce qu'elle avait demeuré longtemps.

La colère est comme une paille, et la haine est comme une poutre.

Nous pourrions parfois trouver une faute chez une personne en colère, cependant nous gardons la haine dans nos cœurs envers elle. Notre Seigneur Jésus-Christ dit: "Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil?!" (Matt. 7:3). Comment la paille a-t-elle grandi et s'est-elle transformée en poutre? Parce qu'elle n'avait pas été déracinée tout de suite. Parce que vous ne vous êtes pas préoccupé de ce que le soleil s'était levé et s'était couché plusieurs fois sur votre colère, et vous l'avez laissée s'enraciner.

Tremblez au moins donc, de celui qui a dit:

"Quiconque hait son frère est un meurtrier" (1 Jean 3:15).

Vous n'avez pas dégainé une épée, vous n'avez blessé ni tué personne avec elle. Mais c'est une simple idée de haine dans votre cœur, par laquelle vous avez été considéré un meurtrier coupable devant Dieu. L'autre homme est vivant, mais vous l'avez tué dans votre cœur.

Corrigez et redressez vos âmes donc. S'il y avait dans vos maisons des vipères et des scorpions, est-ce que vous ne vous fatigueriez pas pour nettoyer vos maisons d'eux, afin de pouvoir y vivre tranquilles?!

Vous gardez la colère longtemps dans vos cœurs. Là grandissent beaucoup de sortes de haine, de poutres, de scorpions et de vipères. Ne nettoyez-vous donc pas la maison de Dieu qui est dans vos cœurs? Puissiez-vous réaliser ce que vous dites dans vos prières: "comme nous pardonnons ......." et ainsi vous diriez avec certitude: "pardonnez-nous...."

L'EVOLUTION DE LA COLERE

9. Saint Dorothéus dit:

Celui qui a vaincu l'emportement, a vaincu les démons.......Mais que dirons-nous de nous-mêmes, quand, non seulement nous nous rendons à l'emportement et à la colère, mais encore nous demeurons haineux?!

Souvent il arrive des vicissitudes et des tribulations parmi les frères. Mais, comme règle générale, ils se hâtent d'arranger ces différents, et ils se calment. Mais il arrive parfois qu'un frère, après s'être incliné devant son frère pour faire la paix, continue de nourrir dans son cœur, un sentiment contre son frère, et il entretient des pensées contre lui.

Ceci est la fureur ou la haine. Il faut faire très attention, afin que la personne n'y devienne pas cruelle et qu'elle ne tombe pas en décadence. Celui qui a immédiatement fait la paix avec un autre, après avoir été irrité contre lui, celui-là a traité la colère. Mais s'il continuait à nourrir dans son cœur un sentiment contre lui, il garderait la fureur, parce qu'il continuerait à être déssatisfait de son frère.

Car la fureur est une chose, et la colère est une autre chose, et l'excitation ou l'émotion est une troisième, et le trouble est une autre chose. Nous vous présenterons un exemple, afin de comprendre la chose plus clairement.

L'EXEMPLE DU CHARBON ARDENT

(a) Pour allumer du feu, on prend un petit morceau de charbon et on l'allume. Ceci est la parole du frère qui vous a offensé. Si vous pouvez la supporter, vous étendrez le charbon ardent.

(b) Mais si vous pensez: [Pourquoi a-t-il dit cela? S'il en est ainsi, moi aussi je lui dirai ceci et cela. Et s'il n'avait pas l'intention de m'offenser, il n'aurait pas dit cette parole. Je dois certainement l'offenser de même].

Voici que vous auriez mis quelque combustible, ou ce qui lui ressemble, afin que le feu commence. Et vous auriez produit de la fumée, qui est le trouble.

(c) Le trouble est un mouvement et un remuement des pensées qui se lèvent et agitent le cœur.

L'agitation est un soulèvement vindicatif contre celui qui vous a offensé. L'agitation incite à l'intrépidité. Saint Marc dit: "Quand la mauvaise intention est nourrie par les pensées, elle excite le cœur. Mais la prière la tue."

Si vous aviez toléré ce petit mot que votre frère avait dit, vous auriez éteint ce petit charbon avant qu'il ne produise du trouble. Vous pouvez toujours, si vous le voulez, éteindre ce trouble, à son commencement, par le silence et la prière, et même par une simple prosternation du cœur.

(d) Mais si vous continuez à faire de la fumée. C’est-à-dire d'agiter et d'exciter le cœur par les pensées: [Pourquoi a-t-il fait .......? moi aussi je ferai de même........], ceci enveloppera le cœur, et engendrera l'inflammation et l'excitation. Si vous le voulez, vous pouvez éteindre même l'agitation, avant qu'elle ne conduise à la colère (la nervosité).

(e) Mais si vous continuiez à provoquer et à exciter votre âme, vous seriez comme celui qui ajoute du combustible au feu. Ainsi vous auriez produit des flammes, qui sont la colère.

Si la colère persiste, elle se transforme en haine, dont la personne ne peut se débarrasser qu'après avoir versé son sang, c'est-à-dire sa sueur, son effort, et la peine de son âme!!

Ainsi vous avez entendu la signification du trouble, de l'agitation, de la colère, et de la haine.

Avez-vous donc vu, comment un seul mot amène ce mal?! Car si vous vous étiez blâmé vous-même dès le commencement, et que vous aviez toléré avec patience le mot de votre frère, au lieu de vous venger pour vous-même par deux mots ou par cinq mots, et ainsi de rendre le mal pour le mal, oui si vous aviez supporté, vous vous seriez débarrassé de tous ces maux. C'est pourquoi, je vous dis:

Débarrassez-vous toujours des douleurs, tant qu'elles sont petites, avant qu'elles ne soient enracinées et raffermies en vous, et qu'elles ne commencent à vous faire faiblir, et à vous faire beaucoup souffrir à cause d'elles.

Une chose est que vous coupiez une petite feuille de vigne, et une autre chose est que vous l'arrachiez avec ses racines, après qu'elle soit devenue un arbre.

DEGRES DE RETRIBUTION DU MAL POUR LE MAL

10. Saint Dorothée traita aussi ce sujet. Il dit:

1. Quelqu'un pourrait rendre le mal pour le mal, seulement par les mots et par l'expression. Il pourrait penser qu'il ne récompense effectivement pas le mal pour le mal. Mais en vérité il pourrait le faire par un mot ou une expression ou un signe ou un regard, car tout ceci peut nuire à son frère, et ceci est aussi la rétribution du mal pour le mal.

2. Un autre n'essaye pas de se venger, ni par l'action, ni par un mot ou une expression ou un signe. Mais la rancune et l'amertume contre son frère demeurent dans son cœur.

3. Un autre n'a pas d'amertume contre son frère, mais lorsqu'il entend quelqu'un qui l'insulte ou le critique ou le dénigre, il se réjouit. Et ainsi il rétribue le mal pour le mal dans son cœur.

4. Un autre ne nourrit pas de rancune dans son cœur, et ne se réjouit pas du dénigrement de celui qui l'avait offensé, et peut-être qu'il serait attristé de son insulte, mais il ne se réjouit pas de son succès. Par exemple il pourrait être ennuyé s'il entendait quelqu'un le louer ou l'honorer. Ceci aussi est une espèce de rancune.

5. Il arrive parfois lorsque quelqu'un offense un autre, les deux s'inclinent l'un devant l'autre, et ils se réconcilient. Et ainsi ils vivent en paix avec ceux qui les offensent; et les pensées contre les autres n'existent pas dans leur cœur. Mais il pourrait arriver qu'après un certain temps, celui qui avait offensé pourrait dire quelque chose contre l'autre, et alors il commence à se rappeler l'offense précédente, et il se trouble, non seulement par suite de la seconde offense, mais aussi par suite de la première.

Un pareil homme ressemble à celui qui a couvert sa blessure par un pansement. La blessure a été guérie, mais son endroit demeure sensible. C'est pourquoi s'il est choqué par quelque chose de solide, il en sortira tout de suite du sang. Ceci signifie que la blessure avait été couverte, mais elle n'était pas complètement guérie. Il reste là encore les traces de la rancune, à cause desquelles la blessure s'ouvre facilement au moindre choc.

Chapitre 4 : LA TOLERANCE

  1. Paroles des pères sur la tolérance.
  2. Paroles dispersées de quelques pères.
  3. Exemples de saints qui avaient toléré.
  4. La véritable tolérance.
  5. La tolérance apparaît dans l'épreuve.
  6. La forme extérieure de présenter l'autre joue.



PAROLES DES PERES SUR LA TOLERANCE

Saint Antoine voit que la tolérance consiste à ne pas répondre, à garder le cœur, à se contrôler, et à imiter le Christ, notre Seigneur. Il dit:

"Refusez de répondre à celui qui vous déteste. Ne pensez pas au mal dans votre cœur. Ne combattez personne. Si quelqu'un vous provoque vainement, ne vous mettez pas en colère."

Et il dit: "Imitez le Christ notre Seigneur, Lui, qui injurié, ne rendait point d'injures" (1 Pierre 2:23).

Saint Antoine

Il dit aussi: "Ne vous attristez pas et ne vous affligez pas, même un peu, pour quoique ce soit de ce monde, et ne vous inquiétez pas si tout le monde vous insulte...........Mais attristez-vous plutôt, si vous faites ce qui mérite l'insulte.

Saint Antoine

Saint Pacôme aussi invite à l'imitation du Christ, et à ne pas vous attrister si l'on vous calomnie. Il dit:

"Si quelqu'un vous calomnie, ne le calomniez pas. Mais réjouissez-vous et remerciez Dieu". Et il dit: "Ne vous attristez pas si les gens vous calomnient, mais plutôt attristez-vous si vous péchez contre Dieu." Il dit aussi: "Si les gens vous rejettent et vous calomnient, ne vous attristez pas, car votre Seigneur avait été appelé imposteur, et Béelzébub, et possédé du démon, et il ne murmurait point (Jean 7:20). Acquérez la douceur du cœur, et souvenez-vous que votre Seigneur et votre Dieu avait été "semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie.........Il n'a point ouvert la bouche"...... (Isaïe 53:7).

Saint Pacôme

Saint Barsénophius voit que le manque de tolérantisme prouve que l'homme ancien demeure, de même que par lui, nous attristons et nous scandalisons les frères, et nous perdons la douceur de la vie spirituelle, de l'humilité, et du calme.........Il dit:

"L'homme ancien demeure encore vivant en celui qui ne supporte pas la réprimande et l'injure......."

Il dit aussi: "S'il arrive que quelqu'un vous insulte, et que vous pensez à lui répondre, dites-vous: Si je lui réponds, je l'attristerai et je le scandaliserai. Je patienterai un peu, afin que l'affaire se termine en paix.........."

Il dit aussi: "Soyez doux de cœur. Souvenez-vous de l'agneau doux et combien il avait patienté, malgré qu'il n’ait aucun péché. Mais il a supporté les insultes, les coups, et toutes les souffrances jusqu'à la mort.......C'est pourquoi fatiguez-vous, et combattez afin d'éloigner de vous la colère, et l'irritation, avec le soutien du Dieu de vérité, avec le soutien du Messie qui vous a aimé."

Il dit aussi: [Si l'être humain n'est pas patient et longanime, il ne pourra pas vivre tranquillement en paix avec les gens. L'apôtre dit: "Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns" (1Cor. 9:22). Voilà le chemin du Christ, car Il est venu sauver le monde en toute douceur et toute tranquillité........]

Et il dit: "Tous ceux qui ne supportent pas l'injure, ne verront pas la louange.......et tous ceux qui n'abandonnent pas la colère, ne goûteront pas la douceur de la vie. Soyez prudents de toute votre force pour être étranger à la colère. Soyez un exemple et un modèle dans l'intérêt de tout le monde. Ne jugez personne et ne condamnez personne."

Saint Barsénophius dit aussi: [Si vous voulez marcher dans la voie de Dieu: que ceux qui vous frappent soient pour vous comme ceux qui vous honorent; que ceux qui vous offensent soient pour vous comme ceux qui vous louent, ceux qui vous calomnient comme ceux qui vous bénissent, ceux qui vous attristent comme ceux qui vous réjouissent. C'est ainsi que notre père Macarius disait: "Si vous considérez l'injure comme l'honneur, le blâme comme la louange, la pauvreté comme la richesse, vous ne mourrez point"].........

Saint Barsénophius

Amba Paphnutius parlait à peu près avec le même style:

Il arriva que trois frères allèrent vers lui pour lui demander une parole, et il leur dit: "Allez, et que la tristesse soit pour vous comme la joie, que la fatigue soit pour vous meilleure que le repos, et l'injure meilleure que la dignité. Que ce que vous donnez soit d'avantage que ce que vous prenez."

Saint Paphnutius

Saint Jean d'Assiout (de Lycopolis) dit: "Celui qui acquiert la patience est reposé dans ses tribulations; et celui qui n'a pas la longanimité est affligé."

Saint d'Assiout

Saint Evagrius voit que la tolérance vient par la voie du silence, avec la purification du cœur de la satisfaction de soi-même, et de l'amour de la gloire des hommes. Il dit:

"Celui qui supporte courageusement l'injure, s'élève au-dessus du jugement. Car David ne répondit pas à celui qui l'avait insulté, mais il patienta vis-à-vis de sa calomnie (1 Sam. 16:10). De même vous, n'insultez pas celui qui vous insulte.........

Supportez l'insulte, car le tolérantisme vous fera grandir et croître dans la vertu. Fermez la porte de vos lèvres, qui est la porte de la colère. Ne répondez pas du tout à ceux qui se mettent en colère, afin que les lèvres de celui qui vous insulte soient calmées par votre silence. Si vous contrôlez votre bouche, vous vaincrez ceux qui vous insultent et qui sont en colère contre vous; et si vous gardez le silence, l'insulte ne vous causera aucun tort, et ceux-là se repentiront à cause de votre silence.

Lorsque vous aurez supporté l'insulteur avec longanimité, arrachez de votre cœur la gloire du monde, afin de rejeter loin de vous la pensée qui vous fait apparaître vertueux. Gardez-vous de prendre soin de vous satisfaire vous-même, surtout lorsque vous êtes seul, de crainte que les pensées ne vous élèvent davantage, et que vous méprisiez celui qui avait endurci son cœur contre vous.

Je connais un frère qui avait supporté l'insulte d'un homme qui craignait Dieu. Lorsqu'il s'en alla à sa cellule, il était joyeux et triste. Sa joie était parce qu'il avait été insulté injustement sans s'inquiéter; et sa tristesse était à cause du frère qui craignait Dieu et que les démons avaient égaré. Le démon qui avait fait perdre le chemin à ce frère, lui aussi s'était réjoui et attristé. Il s'était réjoui à cause de la perte du frère qu'il avait égaré; et il s'était attristé parce qu'il n'avait pas pu troubler le frère qui avait été insulté."

Saint Evagrius

Saint Isaac voit que le tolérantisme est la preuve de la miséricorde, et qu'elle purifie le cœur, et donne à l'homme une familiarité chez Dieu, de même que les anges se réjouissent de lui; et il acquiert une consolation ici sur terre, malgré la peine qu'il endure; de même qu'il sera couronné d'une couronne incorruptible dans le royaume.

En cela, il dit:

"La réalité de la miséricorde apparaît dans la patience vis-à-vis de l'injustice.

La patience volontaire vis-à-vis de l'injustice purifie le cœur.

Patientez humblement vis-à-vis du mépris, avec la pensée et dans le but de la vertu, afin de gagner la familiarité du cœur devant Dieu.

Celui qui patiente humblement vis-à-vis des insultes qui lui arrivent, est celui qui est arrivé à la perfection. Les anges sont charmés en l'admirant. Car il n'existe pas de vertu plus honorable ni plus grande que celle-ci, et elle est difficile à atteindre.

Celui qui a pu supporter l'injustice avec joie........celui-là aura sensiblement accepté la consolation du Dieu Eminent, toujours par l'intermédiaire de sa foi .

L'être humain qui a supporté avec distinction toute parole cruelle et difficile, sans l'avoir causée par sa faute, aura accepté pour le Christ, en ce moment, une couronne d'épines. Il est bienheureux, car il sera couronné, d'une couronne incorruptible, au moment qu'il ne sentira pas."

Saint Isaac

Le saint Amba Youssef voit que la personne qui tolère est celle qui est la plus forte. Il dit:

[L'homme le plus fort est celui qui peut se soumettre à la volonté d'autrui.

Celui qui soumet sa propre volonté à celle de son frère, serait plus fort que celui qui s'attache à sa volonté. Car le premier, par son tolérantisme et sa patience vis-à-vis de son frère, développe une personnalité forte et puissante; tandis que l'autre aurait une personnalité faible et malade qui voudrait être dorlotée et divertie.

Que celui qui supporte ne pense pas avoir perdu quelque chose de sa perfection, malgré qu'il ait cédé quelque chose de sa fermeté. Mais d'un autre côté, il a gagné beaucoup de la vertu du tolérantisme et de la longanimité, car l'apôtre dit ainsi: "Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas" (Rom. 15:1). Et il dit aussi: "Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ" (Gal. 6:2). Car celui qui est faible ne peut pas soutenir un faible."

Nous remarquons que la nature des faibles est toujours ainsi: ils sont rapides dans leurs agissements, et prêts à réprimander les autres, et à semer la semence des querelles, tandis qu'ils ne peuvent pas supporter la moindre injure.]

Saint Amba Youssef

Saint Ephrem le Syrien voit que le faible a besoin de celui qui le tolère, et que le tolérantisme des petites choses est un entraînement pour tolérer les grandes choses et pour porter la croix. Il dit:

[Si vous ne supportez pas une légère affliction, comment supporterez-vous une grande?! Et si vous ne supportez pas une injure, comment porterez-vous votre croix?! Et si vous ne supportez pas votre croix, comment hériterez-vous de la gloire dans les cieux avec ceux qui disent: "C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie" (Rom. 8:36). Je voudrais me taire, ô mon bien-aimé, à cause de la honte de mon visage, mais la douleur de mon cœur me force à parler:

Mon bien-aimé, supportez le faible, car celui qui est fort n'a pas besoin de vous.

Il a été écrit que ceux qui sont forts n'ont pas besoin de médecin, mais ceux dont l'état est mauvais. Vous, donc, qui êtes forts, portez la faiblesse de ceux qui n'ont pas de force.]

Saint Ephrem

Saint Ephrem dit aussi: "Celui qui voudrait vivre en tout lieu une vie paisible, qu'il ne demande pas son repos, mais le repos de son camarade dans le Seigneur."

Saint Timothée voit que le tolérantisme est une force, et que la voie de l'amitié de Dieu c'est de n'attrister personne. Il dit:

"Celui qui tolère son ennemi lorsqu'il l'insulte, est fort et sage. Mais celui qui ne supporte pas l'injure, ne peut pas supporter la dignité non plus, car l'injure est moins nuisible que la dignité."

Il dit aussi: "Si vous voulez être l'ami de Dieu, n'attristez personne, même si ses injures sont nombreuses; mais laissez l'affaire à Dieu. Mais si vous êtes l'ami de Dieu, tout le monde se lèvera contre vous, et ils mettront leur talon sur votre tête. Mais finalement, ils mettront sur votre tête une couronne royale de saphir."

Saint Timothée

Saint Isaïe voit que l'homme doit supporter les injures des autres, et leur demander pardon, et ne pas les blâmer dans son cœur. C'est pourquoi il dit:

[Si un homme vous adresse une parole cruelle, ne vous dégoûtez pas, et que votre cœur ne s'enorgueillisse pas. Mais commencez par vous incliner devant lui; ne le blâmez pas dans votre cœur, sinon la colère s'éveillera en vous.........

Si quelqu'un vous calomnie, ne vous troublez pas et ne vous mettez pas en colère, mais plutôt humiliez-vous, et inclinez-vous devant lui. Soit que vous ayez fait ou que n'ayez pas fait, dites dans les deux cas: "Pardonnez-moi".]

Il dit aussi: "Supportons les reproches de nos frères quand ils nous repoussent, afin de nous débarrasser de l'orgueil."

Saint Amba Isaïe

Saint Amba Nilus du Sinaï voit qu'il est possible de traiter toutes les questions sans colère, et que nous devons pardonner aux autres afin que Dieu nous pardonne. Il dit:

"Absolument aucune colère contre votre frère ne peut être justifiée. Si vous réfléchissez, vous trouverez que la question peut être complètement résolue sans irritation. C'est pourquoi efforcez-vous afin que la colère ne s'éveille pas en vous."

Il dit aussi: [Laissez le débiteur qui devait dix mille talents vous apprendre que si vous ne pardonnez pas à votre débiteur, Dieu ne vous pardonnera pas. Car il a été dit: "Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux" (Matt. 18:34).]

Amba Nilus de Sinaï

Saint Barsénophius dit: "Tant que votre cœur se meut par la colère, la rancune, et par les anciennes afflictions, la sagesse n'y entrera pas........"

Et il dit: [L'apôtre dit: "c'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu" (Actes 14:22). Que celui qui demande le repos en toutes choses, entende "tu as reçu tes biens pendant ta vie" (Luc 16:25).]

Saint Barsénophius

PAROLES DISPERSEES DE QUELQUES PERES


Saint Augustin dit: "Celui qui désire obtenir un secours divin à cause de sa faiblesse, doit supporter la faiblesse des autres, et les secourir autant que cela lui est possible."

Un ancien dit: "Le porteur des morts prend un salaire des hommes, et le porteur des vivants (celui qui supporte) prend son salaire de Dieu."

Saint Marc l'ascète dit: "Le signe de la charité qui n'est pas factice, c'est le pardon des offenses."

Saint Grégoire dit: "Si vous n'êtes pas coupable envers Dieu, ne pardonnez pas à ceux qui vous offensent. Et si vous savez que vous êtes coupable, prêtez la miséricorde, et présentez-la devant vous. Car Dieu doublera la miséricorde aux miséricordieux."

Un frère demanda à un ancien: "Je veux être martyrisé pour Dieu". Il lui répondit: "Celui qui supporte son camarade pendant le temps de détresse, celui-là est devenu à l'intérieur de la fournaise des trois jeunes hommes"

Saint Jean le Nain dit: "Habitez parmi vos frères comme un mort qui n'a aucune colère, car le péché vient de la colère."

Un ancien dit: "Si un homme supportait un peu son frère au temps de sa colère, et si celui-ci revenait à lui-même après un moment et reconnaissait comment son frère l'avait supporté, il se livrerait pour lui."

Amba Hour dit: [S'il arrive quelque chose d'attristant entre vous et votre frère, et que votre frère nie ce qu'il avait dit, n'insistez pas; sinon il deviendra audacieux et dira: "oui, j'ai dit" ].....

Un ancien dit: [Soyez à tout moment prêt à recevoir les peines et les afflictions dans les tribulations qui vous arrivent. Que votre âme ne soit pas petite à vos yeux, mais plutôt acquérez la patience pour vous, et raffermissez vos pensées en disant: "Ceci m'est arrivé à cause de mes péchés". Si vous faites cela, le secours et la grâce de Dieu vous viendront rapidement.]

Amba Zénon dit: "Rien ne nous rend semblable à Dieu, sauf le manque de rancune; et que nous soyons sans malice envers ceux qui nous offensent."

Saint Jean Chrysostome dit: "Si vous voulez que rien d'attristant ne vous arrive, n'attristez personne."

Extraits des paroles de saint Amba Isaïe, disciple de saint Isaac.

Il dit qu'il existe trois vertus qui donnent l'illumination continuelle à l'intelligence. Ce sont: Que nous ne connaissions aucune iniquité de la part de quelqu'un. Que nous fassions du bien à ceux qui nous causent du tort. Que nous supportions et que soyons patients envers ce qui nous arrive de la part des ennemis.

Après avoir mis en garde contre l'obstination et le soulèvement des passions qui sont le fruit de l'orgueil, il incita à l'humilité, en disant: "Préparez-vous à supporter l'injure, et à calmer les cœurs de ceux qui vous attaquent, et humiliez-vous devant ceux qui veulent être hautains envers vous. Acquérez un silence avec distinction, et une paix fortifiée qui est l'humilité.

Si quelqu'un vous offense, forcez-vous vous-même pour ne pas lui résister, ou pour ne pas lui rendre la pareille, même si vous aviez souffert plusieurs fois de ces malices. Si vous faites cela, le démon de l'orgueil et de la colère fuiront devant vous, et vous serez rempli de la lumière de la grâce et de l'humilité."

EXEMPLES DE SAINTS QUI AVAIENT TOLERE


La vie des saints contient beaucoup d'histoires d'exemples de tolérantisme. Puisque les saints ont supporté, nous voudrions ici choisir quelques exemples pour les présenter comme exemples de tolérantisme. Le premier de ces exemples donne une image du désir d'acquérir la vertu du tolérantisme...........

1. Un exemple de tolérantisme d'une femme juste:

Amba Piamon raconta cette histoire sur le profit que nous récoltons des pécheurs. Nous la raconterons succinctement ici, comme l'a publiée saint Jean Cassien:

Une femme d'une famille riche alla vers saint Athanase, et lui demanda une femme pour l'aider. Il recommanda de lui présenter la meilleure veuve en ce qui regarde la tranquillité, l'obéissance et le service, etc....... La veuve alla dans sa maison et la servit effectivement du meilleur service. La femme juste retourna vers saint Athanase et lui dit: "J'avais voulu une veuve pour m'aider". Quand il fut certain qu'on lui avait présenté la meilleure veuve, alors il pensa secrètement à la question et dit: "Donnez-lui la pire veuve".

Ils lui présentèrent une veuve qui était renommée pour ses querelles, ses insultes, qui parlait beaucoup, et créait des problèmes. Elle la prit dans sa maison, et la servait et patientait envers son traitement. L'autre se révoltait et l'insultait et se soulevait contre elle et lui disait: "Vous m'avez pris du repos vers la fatigue, au lieu de me reposer". Elle se soulevait contre elle, et l'affaire évolua jusqu'à ce qu'elle la frappe.......!

Elle patientait allègrement dans tout cela, et elle apprit comment triompher de la colère, non en lui résistant, mais en se soumettant à elle avec plus d'humilité.

Ainsi quand elle eut acquis la vertu de tolérantisme qu'elle avait désirée, elle alla vers l'évêque pour le remercier. Elle lui dit: "Vous m'avez vraiment donné une femme pour m'aider et m'encourager. Quant à la première, elle m'honorait et me gâtait davantage par ses services."

Saint Piamon termina son histoire en disant: "Cet exemple sur le genre féminin, est suffisant, afin que par cette histoire, non seulement nous nous éduquions, mais plutôt nous ayons honte parce que nous ne pouvons pas garder la patience, à moins de nous réfugier dans les grottes et les cellules........! Par cette expression, il entend le genre coupable d'anachorétisme......Quant au vrai anachorétisme, il est recherché par un homme qui a réussi dans le domaine de la patience et du tolérantisme, mais qui désire s'adonner entièrement à l'adoration et à la contemplation.

2. L'exemple de saint Paphnutius:

Saint Paphnutius était un grand saint qui avait marché avec une rapidité étonnante dans la voie du monachisme, et qui était devenu le sujet de la confiance et de l'admiration de tout le monde. Les anciens le considéraient comme étant l'un d'eux, malgré qu'il était encore jeune.

Un moine qui l'enviait pour cela, forma un stratagème contre lui:

Il profita de l'occasion de ce qu'il était à l'église un jour de dimanche, et il entra dans sa cellule et y cacha un manuscrit sous les feuilles de palmiers. Puis ce moine alla à l'église, et après la fin des prières, il se plaint à saint Isidore, devant toute l'assemblée des moines, que son manuscrit lui avait été volé, et qu'il ne savait pas qui l'avait pris. Tous les moines furent surpris, et s’étonna comment une pareille chose horrible pouvait arriver à Scéthé, qu'un moine soit volé de son manuscrit?!

Le saint Amba Isidore chargea trois des anciens d'inspecter les cellules, tandis que les moines restaient à l'église. Finalement, à l'étonnement de tout le monde, on trouva le manuscrit dans la cellule d'Amba Paphnutius.

Amba Paphnutius ne se défendit pas, mais il demanda aux moines, avec beaucoup de larmes, de prier pour lui.

Il demanda de même qu'on lui imposa une punition, et qu'on lui donna un canon pour la pénitence. Deux semaines se passèrent pendant qu'Amba Paphnutius était dans son humiliation; il venait à l'église, et n'y entrait pas, mais il demandait avec larmes à ceux qui y entraient de prier pour lui...........

Quant au frère qui avait intrigué contre lui, il fut saisi par un esprit impur.

La vérité fut découverte pendant qu'il était tourmenté. Saint Isidore qui avait reçu un don divin merveilleux d'exorciser les démons, pria pour lui. Mais le démon qui le tourmentait ne le quitta pas. C'était le seul cas où saint Isidore n'avait pas pu faire sortir un démon!

C'était parce que Dieu avait préparé cette circonstance afin de relever la face de son saint serviteur Paphnutius qui avait humblement et calmement supporté l'accusation, tout en étant innocent. Saint Paphnutius pria pour le jeune homme, et le démon en sortit.

3. Tolérantisme de saint Jean le Nain:

Une fois Amba Jean était invité à l'église. Les frères se rassemblèrent autour de lui et lui demandèrent des questions au sujet de leurs pensées. Un ancien lui dit: "Jean, vous ressemblez à une femme adultère qui se pare pour que ses amants soient nombreux. C'est ainsi que vous êtes." Saint Jean soupira et dit: "Cela est vrai, mon père". Après cela un ancien qui l'aimait lui demanda: "Est-ce que vous ne vous êtes pas agité de l'intérieur?" Il lui répondit: "Non, mais j'étais de l'intérieur comme je l'étais de l'extérieur."

Saint Jean le Nain dit: "Une fois que je marchais dans le chemin de Scété avec quelques fibres, j'entendis le conducteur du chameau qui me disait quelques mots qui m'avaient rendu sur le point de me mettre en colère, mais immédiatement je quittai les fibres et je fuis.......

Il arriva une fois qu'il était assis avec les frères devant l'église, et chacun d'eux lui dévoilait ses pensées. Un des anciens regarda et fut rempli d'envie envers lui, et il lui dit; "Jean, vous êtes rempli de sorcellerie". Il lui répondit: "Il en est ainsi comme vous dites, mon père, mais si vous m'avez jugé ainsi simplement à cause de ce que vous avez vu de l'extérieur, que diriez-vous si vous connaissiez aussi ce qui est caché en moi?!"

4. Tolérantisme de saint Moïse le Noir:

Le pape Théophilus voulut examiner saint Moïse le Noir lors de son ordination comme prêtre. Il dit aux prêtres: "Lorsque Amba Moïse viendra au sanctuaire, chassez-le pour entendre ce qu'il dira". Quand il entra, ils le réprimandèrent et le chassèrent en disant: "Sortez hors de l'église, nubien". Amba sortit en disant; "Ils t'ont bien fait, gris de couleur, à la peau noire. Puisque tu n'es pas un être humain, pourquoi viens-tu avec les gens?!"

Quand ils virent son tolérantisme, ils le retournèrent à l'église, et il retourna calmement sans murmurer.

5. L'histoire d'un moine actif:

Un moine qui habitait le désert chercha à se trouver une place. Il vint à un monastère de la Haute-Egypte. Les habitants de ce monastère étaient tous des saints. Après avoir demeuré chez eux quelques jours, il dit au chef du monastère: "Priez pour moi, mon père, et laissez-moi aller, car je ne veux pas rester ici". Le chef lui demanda: "Pourquoi, mon fils?"

Il lui répondit disant: "Ici, il n'y a pas de peine, et les pères sont tous des saints. Mais moi, je suis un pécheur, je veux aller vers un endroit où je serai injurié et insulté. Car c'est par le mépris et l'injure que les pécheurs seront sauvés." Le père s'étonna de lui, et il apprit qu'il était un moine actif. Il le laissa aller en disant: "Allez et fortifiez-vous"........

6. Histoires dispersées dans les vies des pères:

Quand saint Amounios visita saint Antoine, il le fit sortir hors de la cellule, lui montra un grand rocher, et lui dit:

"Insultez ce rocher et frappez-le". Il fit comme il avait été ordonné. Alors saint Antoine lui dit:

"Est-ce que le rocher a parlé?" Il dit: "Non".

Il lui dit: "Vous pouvez être ainsi afin d'être sauvé".

On raconte sur le père saint Isidore le grand, le prêtre de Scéthé: que chacun qui avait un frère à l'âme petite, ou insulteur, ou malade, et qui le chassait de chez lui, saint Isidore prenait celui-ci chez lui, patientait envers lui , et sauvait son âme.

Un frère demanda à saint Isidore: "Pourquoi les démons vous craignent-ils tellement?"

Le vieillard dit: "Parce que depuis que je suis devenu moine, je me suis beaucoup efforcé pour ne pas permettre à la colère d'entrer en moi".

Quelques méchants et malins allèrent vers saint Jean le Syrien. Il prit de l'eau dans une cuve et leur lava les pieds. Ils ne purent rien que d'avoir honte de lui parce qu'il les avait honorés, et ils se repentirent.

Un ancien habitait avec des frères. Il avait l'habitude de leur parler une seule fois à propos du travail. S'ils ne le faisait pas, il se levait et le faisait lui-même sans irritation.

Des frères demandèrent à Amba Armanious disant: "Qu'est-ce que nous devons faire?"

Il leur répondit: "Je ne me rappelle pas que jamais une fois j'avais demandé à quelqu'un de faire une chose, si je ne m'étais pas auparavant mis en tête que je ne me mettrais pas en colère s'il me désobéissait et ne faisait pas ce que je lui avait dit. C'est ainsi que nous avons passé tranquillement toute notre vie en paix.

Un frère avait été irrité par son frère. Quand il entra dans sa cellule, il eut honte de prier Dieu à cause de l'affliction qui était ardente dans son cœur. Mais lorsqu'il se jeta devant Dieu en disant: "Monseigneur, j'ai pardonné à mon frère de tout mon cœur", immédiatement une voix vint à lui qui lui disait: "Tu as pris ma ressemblance, prie donc avec familiarité".

Un homme qui aimait faire des efforts en vue de l'ascétisme, vit un homme portant un mort dans un cercueil, alors il lui dit: "Est-ce que vous portez un mort? Allez porter les vivants".

Quelques anciens allèrent vers un ancien qui habitait le désert, afin de lui découvrir leurs pensées, et recueillir du profit de sa connaissance. Ils trouvèrent des jeunes gens qui faisaient paître des brebis au dehors de sa cellule, et qui s'entretenaient ensemble de paroles inconvenables. Les anciens dirent à cet ancien anachorète: "Notre père, comment n'avez-vous pas ordonné à ces jeunes gens de cesser d'insulter?" L'ancien leur dit: "Croyez-moi, mes frères, j'avais voulu plusieurs fois leur ordonner. Mais je me suis blâmé disant: "Si tu ne peux pas supporter cette petite chose, comment pourrais-tu supporter une plus forte épreuve si elle t'arrivait?!" C'est pourquoi je ne leur disais pas un seul mot, afin que cela me rappelle que je dois supporter les choses que je rencontre......

LA VERITABLE TOLERANCE


La tolérance n'est pas simplement le de garder le silence quand on est offensé, ou la patience dans les tribulations. Ceci n'est que la tolérance extérieure qui doit être accompagnée de la tolérance intérieure.

Il y en a plusieurs qui disent des paroles de tolérance, ou des paroles d'humilité, tandis que leur intérieur est un volcan enflammé en éruption. Leurs cœurs n'aurraient pas supporté, et leurs pensées ne seraient pas calmes.

Quelqu'un s'agiterait et dirait: "Je suis franc et je ne cache pas mes sentiments."

Il dirait: "Ce qu'il y a dans mon cœur, sort de ma langue". C'est très bien qu'il soit franc. Mais ce n'est pas bien qu'il s'agite. Il doit tranquiliser son intérieur, pour qu'il soit convenable à son calme extérieur. Il doit s'exercer à supporter, afin qu'il soit tolérant de l'intérieur et de l'extérieur ensemble.

La véritable tolérance, c'est que l'homme tolère sans mécontentement , sans agitation, sans colère, et sans tristesse.

Ceci nécessite beaucoup d'entraînements, et plusieurs exercices que nous citerons si Dieu veut dans le dernier chapitre de ce livre, et qui concerne le traitement de la colère. De même que cela nécessite des vertus chez l'être humain qui l'aideraient à la tolérance véritable et non factice.

La tolérance doit être avec charité.

Comme dit l'Ecriture Sainte: "La charité.........ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal..........elle supporte tout" (1 Cor. 13: 5-7)

Il a aussi été dit: "la charité couvre une multitude de péchés" (1Pierre 4:8); " l'amour couvre toutes les fautes" (Prov. 10:12). La tolérance qui provient de la charité est la tolérance raffermie qui n'est pas en apparence, comme la tolérance de la mère pour son enfant, et comme le tolérantisme du père spirituel pour les fautes de ses enfants.

La tolérance doit être avec humilité et avec joie:

Saint Evagrius dit en cela: "Celui qui aime la vaine gloire est triste quand on l'insulte, tandis que celui qui est humble supporte avec joie."

Il n'y a ni mécontentement ni sentiment d'injustice, avec l'humilité; mais plutôt le sentiment de mériter l'affliction. L'homme humble se réjouit car il compte l'injure qui lui arrive comme étant une sorte de rétribution, comme le fit David quand Schémeï fils de Guéra l'avait offensé, insulté, et s'était réjoui de son malheur. (2 Sam. 16:10).

La véritable tolérance n'est pas d'une manière ostensible, mais de la profondeur du cœur.

Saint Ephrem le Syrien dit en cela: "Celui qui est réprimandé et se tait malignement, cache en lui de la haine. Mais celui qui répond doucement et paisiblement, n'est pas rancunier.

Saint Amba Youssef dit: "Faire semblant de tolérer, excite souvent avec plus d'adresse que les mots. Le silence provoquant dépasse de beaucoup les insultes quant à l'horreur de son influence."

Le prophète en a bien dit: "Ses paroles sont plus onctueuses que l'huile, mais ce sont des épées nues" (Ps. 55:21).

De ceci on pourrait dire aussi: "De la bouche ils parlent de paix à leur prochain, et au fond du cœur ils lui dressent des pièges" (Jer. 9:8).

Là le silence n'est pas tolérance et les paroles calmes ne sont pas charité, mais ils cachent l'attente d'une occasion de vengeance.

LA TOLERANCE APPARAIT DANS L'EPREUVE


Un être humain ne peut être qualifié de tolérance, s'il n'a pas été exposé à des raisons qui portent à la colère, ou à l'agitation et au murmure, et qu'il ait passé cette épreuve avec calme et paix dans le cœur, sans faire de faute.

Saint Piamon a expliqué cela (dans la rencontre 18) disant:

"La patience ne sera pas comptée comme méritant la louange et l'admiration, si le calme est gardé au cas de non exposition aux flèches de l'ennemi. Mais elle serait magnifique et glorieuse, si les tempêtes des épreuves se levaient contre lui, tandis qu'il demeure inébranlable. En cela, il serait encore plus raffermi. Il est clair que personne ne peut être appelé patient, à moins qu'il ne supporte toutes les injures qui lui sont adressées. C'est pourquoi ce n'est pas en vain que le sage Salomon le loue disant:

"Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes" (Prov. 16:32). Et aussi: "Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence, mais celui qui est prompt à s'emporter proclame sa folie" (Prov. 14:29).

Car la force d'un homme ne serait pas digne de louange, s'il possèdait une bonne qualité parce qu'il n'avait pas encore été éprouvé.

Il est pareillement certain qu'il n'y a pas lieu de victoire, là où il n'y avait ni lutte ni guerre. Car: "Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment" (Jac. 1:12).

La présentation de l'autre joue n'indiquerait pas la tolération, si elle était faite en apparence et ne provenait pas d'un sentiment cordial véritable. Mais elle serait plutôt une manifestation de garder les commandements d'une manière littérale.

LA FORME EXTERIEURE DE PRESENTER L'AUTRE JOUE


Saint Amba Youssef explique cette question dans "La rencontre 16 avec Cassien", et il nous expose deux genres de cette forme extérieure, qui sont:

(a) Un homme provoque un autre par des paroles, afin de le mettre en colère et de l'inciter à le frapper. S'il est touché par le moindre coup, il s'empresse immédiatement de présenter l'autre joue pour qu'elle soit frappée, en vue de prendre l'aspect du chrétien tolérant qui exécute complètement le commandement du Seigneur qui dit: "présente-lui aussi l'autre" (Matt. 5:39).

Il pense ainsi qu'il exécute le commandement au moyen de la perte et du scandale de son frère!

Ceci nous rappelle de fait la parole de l'apôtre saint Pierre:"En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c'est une grâce devant Dieu." (1 Pierre 2:20). L'apôtre dit aussi de même: "Que nul de vous, en effet, ne souffre comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme s'ingérant dans les affaires d'autrui" (1 Pierre 4:15).

Par suite, cet homme qui provoque l'autre pour le frapper et qui supporte, est un homme qui ne souffre pas pour la justice, mais il souffre comme malfaiteur qui mérite le châtiment.

Il est aussi un sujet de scandale pour son frère, et Dieu lui demandera compte de la chute de son frère dans le péché de colère et le péché de battre. Il y a aussi un autre point, qui est:

(b) La présentation de l'autre joie doit être faite humblement et non pas avec orgueil.

Un exemple de cet orgueil est celui qui présente l'autre joue dans un état de colère et de nervosité en disant à celui qui l'avait frappé: "Allez-y, frappez comme vous voulez, faites à votre aise.......je le mérite, c'est moi qui est fautif, frappez, frappez......."!! Il le dit d'une manière dans laquelle il semble enregistrer ses fautes. Il le provoque plutôt, et lui donne l'occasion de multiplier ces fautes. En cela, il ne manifeste aucune trace de tolérance, ou d'humilité, ou de tentative de calmer la situation, en ne résistant pas au mal, et en le défiant et le provoquant.

Saint Youssef explique la présentation de l'autre joue, qu'elle est la joue intérieure.

Il dit: "L'autre joue ne peut exister que dans la personne intérieure..........c'est-à-dire que si votre joue extérieure droite reçoit un soufflet de celui qui frappe, l'homme intérieur aussi, dams son humble acceptation, présente sa joue à celui qui frappe, en signe de participation avec l'homme extérieur dans sa tolération, en se soumettant à l'injure de celui qui frappe. C'est-à-dire que l'homme intérieur ne s'agite pas à cause des coups que reçoit l'homme extérieur. Par ceci, notre Seigneur veut que nous nous débarrassions complètement des mobiles de la colère dans les profondeurs de l'âme à l'intérieur."

Ceci nous rappellerait des paroles de saint Antoine:

"Si quelqu'un vous réprimande de l'extérieur, réprimandez-vous vous-même de l'intérieur comme étant méritant de ce qui vous arrive."

Ainsi il y aura une harmonie entre votre état de l'extérieur et de l'intérieur. Il n'y aura pas un coup de l'extérieur, et un murmure de l'intérieur, mais vous présenterez l'intérieur pour un autre coup, au moyen du blâme de vous-même, en vous faisant sentir vos fautes et votre mérite de l'offense qui vous était arrivé. Nous expliquerons cela, si Dieu veut, dans le chapitre sur le remède de la colère au moyen du blâme de soi-même.

La forme extérieure de la présentation de l'autre joue, ne calme pas la situation, quelque impeccables que soient les expressions que vous employez avec elle, tandis que vous la dites avec un esprit de colère et de provocation. Saint Youssef dit à propos de pareilles personnes:

Non seulement ils échouent à adoucir le feu de la colère qui s'était enflammé, mais plutôt ils le rendent violemment plus ardent, soit dans leurs sentiments personnels, ou dans le sentiment du frère qui est en colère.

Même si ceux-là réussissaient à se calmer et à se tranquilliser, ils ne moissonneraient pas les fruits de la justice, pendant qu'ils prétendaient posséder la gloire de la tolérance au moyen de la perte de leur prochain! Par suite ils seraient éloignés de cette charité dont l'apôtre dit: "elle ne cherche point son intérêt" (1 Cor. 13:5).

Ce qui est requis de vous, n'est pas seulement que vous soyez calme et loin de la colère, mais que vous fassiez votre possible pour calmer l'autre parti.

Ne prenez pas l'apparence de celui qui est calme et patient, tandis que vous le montrez dans l'image d'un révolté agressif.

NE PAS SE DEFENDRE

Parmi les démonstrations de la tolérance chez les saints, c'est qu'ils ne se défendent pas, et qu'ils acceptent certaines méchantes accusations en silence, comme s'ils étaient coupables; et ceci à cause de l'humilité qui est un puissant appui de la tolérance.

Saint Isaac a expliqué en détail cette question. Il dit:

"Si vous êtes vraiment humble, vous ne vous troublerez point lorsque vous êtes traité injustement, et vous ne vous justifierez point. Mais plutôt vous accepterez la diffamation et les paroles injustes comme si elles étaient vraies, et vous ne vous préoccuperez pas de convaincre les gens que vous avez été accusé injustement..........

Car il y a des gens qui s'étaient volontairement appelés eux-mêmes des débauchés, tandis qu'ils ne l'étaient pas. D'autres avaient toléré le nom d'adultère, tandis qu'ils en étaient éloignés, et ils élevaient le fruit (le fils du péché) qui ne provenait pas d'eux, comme s'il était le leur, et ils demandaient pardon à ceux qui les traitaient injustement et à ceux qui les diffamaient, en se lamentant et en versant des larmes pour le mal qu'ils avaient fait, tandis que leurs âmes étaient couronnées de toute pureté et de toute chasteté (Probablement il veut indiquer sainte Marina par exemple).

D'autres agissaient comme des ignorants, de crainte qu'ils ne soient honorés et qu'ils ne soient glorifiés pour leur vie vertueuse cachée. Ils s'étaient assaisonnés avec le sel divin, ils étaient raffermis en toute tranquillité dans la sagesse de l'intelligence. A cause de l'excellence de leurs actions vertueuses, ils ont été favorisés par les saints anges qui proclamaient la magnificence de leur honneur. (Probablement il veut indiquer comme exemple: la sainte idiote).

Quant à vous, ô celui-là, vous pensez que vous possédez l'humilité, tandis que vous ne pouvez pas vous abstenir d'insulter, et vous ne pouvez pas supporter en silence.

Si vous voulez connaître si vous êtes humble ou non, éprouvez-vous par ce que nous avons mentionné, est-ce que vous vous troublez et vous vous attristez pour de pareilles raisons."

Saint Isaac le Syrien.

COMMENTAIRE

La défense de soi-même n'est pas un péché qui accable la conscience.

L'être humain a le droit de se défendre. Le Seigneur a dit: "Si ton frère a péché, reprends-le; et s'il se repent, pardonne-lui" (Luc 17:3). Il dit aussi: "Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise; et s'il refuse aussi d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain." (Matt. 18: 15-17).

Par suite, reprendre un frère n'est pas un péché; de même se plaindre de lui à l'Eglise.

Plutôt même se plaindre de lui à l'Etat, n'est aussi pas un péché.

Nous savons que l'apôtre saint Paul refusa d'être livré aux juifs par le gouverneur, et il lui dit: "C'est devant le tribunal de César que je comparais, c'est là que je dois être jugé. Je n'ai fait aucun tort aux juifs........J'en appelle à César". Alors Festus,..........répondit: "Tu en as appelé à César, tu iras devant César" (Actes 25:10,12).

Paul protesta quand ils voulurent le flageller tandis qu'il avait la nationalité romaine.

"Lorsqu'on l'eut exposé au fouet, Paul dit au centenier qui était présent: Vous est-il permis de battre de verges un citoyen romain, qui n'est pas même condamné?...........et le tribun, voyant que Paul était romain, fut dans la crainte parce qu'il l'avait fait lier" (Actes 22: 25:29).

Intenter un procès devant le tribunal, n'entre pas sous la rubrique de la colère, car il pourrait être réalisé dans le calme. Mais cela est discutable du point de vue du tolérantisme.

Si quelqu'un voulait supporter et patienter en silence, cela serait pour lui une vertu. S'il voulait reprendre ou se plaindre à l'Eglise ou à César, il n'aurait péché en rien. C'est son droit. Du point de vue de la religion il n'est pas obligé de se désister de son droit.

Les pères ascètes dont saint Isaac a parlé, avaient préféré acquérir la bénédiction de la tolérance, et la bénédiction de la vertu de l'humilité, et les vertus du pardon des offenseurs, de la charité envers eux, et de la patience pour les offenses; tout ceci dans un merveilleux reniement d'eux-mêmes. S'ils s'étaient défendus eux-mêmes, ils n'auraient pas péché, mais ils avaient préféré porter la croix plutôt que de se protéger contre l'injustice.

Quant à l'apôtre Paul, il n'avait pas refusé la vertu de la tolérance, et il n'avait refusé ni la flagellation ni la mort......

En ce qui concerne la flagellation, il dit de lui-même: "......par les coups, bien plus.........cinq fois j'ai reçu des juifs quarante coups moins un, trois fois j'ai été battu de verges, une fois j'ai été lapidé......" (2 Cor. 11: 23-25). Mais peut-être qu'il avait déposé plainte à César, parce qu'il voulait aller à Rome pour l'évangéliser. C'est pourquoi lorsqu'il rencontra les juifs de Rome, il leur dit à ce propos: ".....ils voulaient me relâcher, parce qu'il n'y avait en moi rien qui méritât la mort. Mais les juifs s'y opposèrent, et j'ai été forcé d'en appeler à César,, n'ayant du reste aucun dessein d'accuser ma nation. Voilà pourquoi j'ai demandé à vous voir et à vous parler......." (Actes 28: 18-20).

En tout cas, la question nécessite de la sagesse: quand l'homme doit-il se défendre, et quand doit-il se taire?

Les ascètes qui sont morts pour le monde, ont aussi un niveau spirituel déterminé, dont ceux qui vivent dans le monde ne sont pas capables.

LA SOLITUDE EST-ELLE LA FUITE DE LA COLERE?


La fuite des gens n'est pas une fuite de la colère, car le fondement de la colère et le fondement de la tolérance existent dans le cœur. La tolérance en purifiant le cœur de la colère, par la charité, l'humilité, et le pardon, et non pas par la fuite des causes de la colère. Cette fuite n'est pas la tolérance........

Votre victoire dans la guerre de la colère, n'arrive pas par la voie de la solitude, là où il n'y a personne pour vous mettre en colère. L'homme est parfois exposé à la guerre de la colère, tandis qu'il est dans la solitude, et il succombe. Il se peut qu'un insecte le fatigue et l'accable, ou du sable remplit ses oreilles, son nez, et ses yeux, et lui couvre sa cellule. Ou bien il se peut qu'un vent violent se lève et disperse ses papiers. Il y a aussi les guerres sataniques.

Mais si le moine s'entraîne à la vertu de la tolérance, pendant qu'il vit dans l'assemblée des moines, et qu'il atteigne un degré de perfection en elle et dans les vertus qui s'acquièrent au milieu des gens, et qu'on appelle "les vertus de l'assemblée", c'est alors qu'on lui permet de vivre dans la solitude. Les pères ont dit:

"Celui qui ne peut pas supporter l'oppression des frères dans l'assemblée, comment pourra-t-il supporter l'oppression des démons dans la solitude?!"

L'Avis de Jean Cassien:

Il traita ce sujet dans son livre intitulé: "Les Instituts". Il dit:

"Parfois lorsque nous sommes vaincus par l'orgueil ou par le manque de tolérance, et que nous voulons améliorer notre tempérament rude et grossier, nous nous plaignons de ce que nous avons besoin de solitude, comme si nous trouverons la vertu de la tolérance là-bas où il n'y a personne pour nous provoquer!

Nous justifions notre agitation en impliquant la cause aux fautes de nos frères, et non pas à notre manque de tolérance!! Tant que nous blâmons les autres, il ne nous sera pas possible d'arriver ni à la vertu de la tolérance, ni à la perfection.

En ce qui concerne les fautes d'autrui, nous n'avons pas de pouvoir sur la volonté des autres, mais la part essentielle dans notre droiture et dans la paix de nos esprits se rapporte à notre volonté nous-mêmes.

Nous devons ne pas nous mettre en colère, non pas comme un résultat de la perfection des autres, mais par suite de notre vertu et de notre longanimité.

Ajoutez à cela, que ce sont les parfaits qui s'étaient purifiés de toutes les fautes, qui devraient demander d'habiter le désert. Ceux-ci s'étant d'abord minutieusement débarrassés de toutes leurs erreurs au milieu de la congrégation, ils entrent alors dans le désert, non pas en fuyant lâchement, mais dans le but de la méditation divine, et dans le désir de comprendre les choses célestes d'une manière plus profonde. Cela ne peut être acquis que dans la solitude.

Car si nous portons avec nous quelques fautes qui n'ont pas été remédiées, nous les trouverons inextirpées et cachées en nous.

Plutôt la solitude renforcerait davantage ses fautes, car l'homme se regarderait comme étant patient et humble, tant qu'il ne se heurte avec personne dans un entretien. Mais s'il arrive quelque occasion affligeante, il retourne à sa nature primitive; et voilà que ces fautes qui étaient cachées paraissent à la surface, et comme des chevaux débridés qui avaient été longtemps nourris dans la paresse, elles s'élancent férocement de leurs barrières et se jettent sur leurs cavaliers pour les faire périr.

Ou bien elles ressemblent à tous les animaux féroces, et à toutes les espèces de vipères venimeuses qui semblent inoffensives pendant qu'elles sont seules dans leurs enclos, car en effet elles ne nuisent à personne.........mais si elles trouvent l'occasion de nuire à quiconque, elles font immédiatement sortir le poison amassé en elles, et manifestent la sauvagerie de leur nature.

Nous nous rappelons quand nous étions dans la solitude, comment le sentiment de provocation se glissait vers nous, contre notre crayon parce qu'il était plus petit ou plus grand qu'il ne le fallait! Ou contre le taille-crayon quand il taille mal ou quand il taille le crayon d'une manière qui rend le crayon différemment pointu de ce que nous le voulions! à tel point que nous ne pouvions pas nous débarrasser du trouble de notre esprit, sauf en insultant la matière qui ne sent pas, ou au moins en insultant le démon......!

Par suite, le manque de gens contre lesquels notre colère pourrait éclater, n'est pour nous d'aucun profit comme un moyen de parvenir à la perfection. Car, si la tolérance n'existait pas en nous, les sentiments d'affliction qui demeurent en nous, pourraient de même se porter sur les choses inanimées, et ne permettraient pas de nous laisser vivre continuellement en état de paix.

Pour toutes ces raisons, il existe une règle dans les monastères, qui est:

Un novice dans le monachisme n'est pas permis d'entrer directement dans la vie de solitude.

Mais il s'entraîne d'abord dans la vie de congrégation, jusqu'à ce qu'il ait acquis ce qu'on appelle "les vertus de la congrégation", c'est-à-dire la charité, la tolérance, la douceur, le service des autres, être en paix avec les gens, etc...... Alors on lui permet de vivre dans la solitude, et de s'emprisonner dans sa cellule.

De crainte que s'il entre dans la solitude avec ses fautes, celles-ci vivront avec lui dans la solitude, et elles grandiront parce qu'elles ne paraissent pas.......

La solitude ne serait pas un signe de sa pureté, mais une couverture de ses défauts qui les empêcheraient de paraître. Et comme ils ne paraissent pas, il pense en lui-même qu'il est juste, et ainsi il est combattu par la vaine gloire, tandis qu'il a des fautes qui ont besoin de remède.

Par exemple: Un anachorète expliqua à l'un des anciens pères comment il avait acquis un pouvoir sur les démons dans de nombreuses guerres spirituelles! Le père ancien lui répondit; "Va et soumets-toi à la congrégation, et alors tu trouveras que tu n'as de pouvoir que sur ton bâton!"

Tout ceci concerne les moines. Quant aux laïques, ils pourraient se réfugier dans la démission, ou ils pourraient mettre leur ressource dans la vie de retraite et d'éloignement........

Il n'y a en cela rien de victorieux, mais c'est une fuite.....

En tout cas, il vaut mieux s'enfuir du mal, que de tomber dans le mal.......

Un homme pourrait être incapable de tolérer un autre, et se retirerait de lui.

Dans ce comportement, il se serait éloigné de se heurter contre ses fautes. Mais s'il veut s'entraîner à la vertu de tolérance, il pourrait fréquenter ce genre de personnes, comme dans l'histoire de la femme juste. Mais tout le monde n'est pas de ce niveau, et chaque personne agit selon son niveau......


Chapitre 5 : LES RAISONS DE LA COLERE RAISONS INTERIEURES


1. Le tempérament

2. Le soi-même, la dignité

3. Vouloir selon ce que l'on aime

4. L'amour de la domination

5. Manque de charité et manque de respect

6. Exténuation corporelle et exténuation des nerfs

7. L'insistance

8. La préoccupation

9. Peines intellectuelles

10. Colère des tribus

11. Raisons psychologiques

12. Manque de sagesse

13. Guerre satanique

14. Manque d'humilité

RAISONS EXTERIEURES

15. Fautes d'autrui

16. Manque d'obéissance

17. Raisons pécuniaires et matérielles

18. Prétention de défendre la vérité

19. Colère en prétendant corriger les autres

20. Faiblesses extérieures



Les causes de la colère sont très nombreuses, et diffèrent d'une personne à l'autre. Ces causes sont, ou bien des causes intérieures qui se rapportent à la mentalité de la personne colère, à son intelligence, son cœur, son style dans ses relations avec les gens, ou bien ce sont des causes extérieures relatives aux circonstances environnantes, ou le milieu, ou les agissements et les fautes des autres.

Nous traiterons les deux sortes, et nous commencerons par les causes intérieures, parce qu'elles sont les plus effectives.

LES CAUSES INTERIEURES DE LA COLERE

Elles se rapportent au tempérament et à la sensibilité de l'individu, comment intervient son "ego", son soi-même, dans ses agissements, et sa sensibilité envers les agissements des autres, et envers sa dignité et ses droits. Elle comprend aussi l'étendue de sa longanimité, la qualité de ses nerfs, ses sentiments envers les autres, et s'ils comportent quelque inimitié, ou quelque rancune ou quelque manque de respect. Parmi ce qui intervient aussi dans sa colère, ce sont ses défauts spirituels et psychologiques, et aussi son état corporel et les maladies ou l'exténuation dont il souffre ......etc. Nous traiterons toutes ces choses en détail, et nous les discuterons avec la grâce de Dieu:

1. LE TEMPERAMENT

Il existe une personne dont le tempérament est ardent, violent, rapidement inflammable......

Ce genre se soulève rapidement, s'émeut rapidement, et peut-être pour des raisons des plus insignifiantes. Il pourrait avoir acquis ce tempérament par voie d'hérédité, ou elle serait une qualité de sa famille. Ou bien il se peut que cela soit le résultat de sa négligence envers des fautes spirituelles, qui se seraient transformées en habitude par suite de la répétition, puis elles se seraient développées jusqu'à devenir un caractère inséparable par lequel il agit spontanément.

Ceci me rappelle de certaines matières qui sont rapidement inflammables.

Le bois pourrait être enflammé. Mais il est moins inflammable que la paille qui s'enflamme rapidement. Les deux sont moins inflammables que l'alcool ou la benzine ou le magnésium, qui sont des matières très rapidement inflammables. Ce qui est plus dangereux, ce sont la dynamite ou la poudre par exemple, qui s'enflamment et éclatent. Chacune de ces matières a sa nature propre, et elle a ses propres caractéristiques.

De même les gens ont leurs tempéraments, les uns s'enflamment lentement, les autres s'enflamment rapidement, mais sont vaporeux comme l'alcool. D'autres s'enflamment et éclatent.

Certains s'enflamment et enflamment les autres avec eux, et leurs flammes se propagent à tous ceux qui les entourent. Le rocher par exemple au contraire, le feu s'en approche mais ne peut pas l'enflammer. Quand à l'eau, elle éteint naturellement le feu. Mais si le feu s'empare d'elle tandis qu'elle est contenue dans un récipient, il la chauffera, et peut-être l'évaporera aussi........De quelle nature êtes-vous donc? Est-ce que votre nature intervient dans votre colère, ou bien votre colère a des raisons passagères, et elle passe à mesure que les raisons passent?!

Il se trouve un être humain très sensible. Le moindre mot le blesse, le moindre agissement lui cause du tort, le fait pleurer, et le rend inquiet.

Il est du genre du tempérament affilé. Ses sentiments sont comme de la soie où la moindre escarbouche laisse une trace dans son tissu. Nous craignons le vent faible, car il pourrait le faire envoler ou l'ébranler!! Ce genre explique tout agissement d'une manière fausse, pour justifier sa colère!

Il y a un autre genre qui comporte de la dureté et de la rudesse.

Pareille personne est plus disposée à la colère, à nuire aux autres, et à blesser leurs sentiments. Peut-être qu'un exemple de ce genre serait Siméon et Lévi dont leur père Jacob dit: " Maudite soit leur colère, car elle est violente, et leur fureur, car elle est cruelle" (Gen. 49:7).

Cependant le tempérament peut être remédié:

Il est possible de changer complètement le tempérament, ou de l'éduquer, ou de l'alléger, ou de le transformer. Ceci en l'éduquant au moyen d'un conducteur et d'un père spirituel; ou de la part de la personne elle-même, par le combat, l'entraînement, et la prière; de même que de la part de l'intervention et du secours de Dieu, par l'aide de la grâce et l'œuvre de l'Esprit

L'histoire nous présente le cas de saint Moïse le Noir, qui était, avant sa repentance, qualifié de forte cruauté, de violence, et de nuisance, mais il fut transformé en un être humain doux, bon, serviable, et aimable aux frères. Que personne n'excuse sa colère parce que son tempérament est tel. Il est supposé conquérir son tempérament.

2. LE SOI-MEME ET LA DIGNITE

Il est rare qu'il existe une colère derrière laquelle il n'y a pas le soi-même et la dignité.......

L'homme se met en colère à cause de sa dignité et de ses droits.

On sait que l'homme lorsqu'il est en état de colère, concentre sa préoccupation sur lui-même, et ne se préoccupe absolument pas des sentiments de la personne contre laquelle il est irrité. Tout ce à quoi il pense, c'est sa dignité. Il est très sensible à tout ce qui la touche. Quant à la dignité des autres, il n'y pense guère pendant sa colère. Le soi-même, "ego", constitue ce qui commande complètement la situation.

"Ma dignité qui a été insultée ou qui a été blessée........mes droits qui sont perdus ou qui sont injustement violés. Il est impossible que je sois traité de cette manière. Je répondrai par la pareille, ou par davantage. Je dois nécessairement donner à celui qui est devant moi une leçon qu'il n'oubliera jamais........!"

C'est ainsi que le mot "moi" se répète plusieurs fois au temps de la colère.

Ce "soi-même" est ce qui corrompt les relations familiales, et sociales:

Il est derrière toute discorde entre époux. Si chaque époux pensait au repos de son épouse, et non pas à son repos à lui, et pensait à la rendre heureuse, et non pas à se rendre heureux à son compte; s'il pensait à sauvegarder sa dignité et ses sentiments, exactement comme il pense à sa propre dignité et à ses sentiments.......s'il vivait avec elle de cette manière, dans laquelle "le soi-même" disparaît, absolument aucune mésentente n'arriverait. Cela serait pareillement si la femme agissait de la même manière, et si chacun des deux se mettait dans son esprit et dans son cœur, que sa mission dans le mariage est de rendre heureux son partenaire dans la vie........

L'amour de la louange entre de même dans le sujet du "soi-même".

Car la cause de la colère pourrait ne pas être une injure qui est arrivée, mais la cause de la colère pourrait aussi être que l'être humain qui aime la vaine gloire, n'avait pas été reçu avec la louange à laquelle il s'attendait, ou avec le respect qu'il prévoyait, comme lorsque Haman s'irrita contre Mardochée (Esther 3:5).

Celui qui aime la dignité exige un traitement spécial. S'il ne la trouve pas, il s'irritera. Il ne tolère ni la critique, ni l'opposition, ni même le conseil.

S'il trouvait dans le conseil, ou dans le commentaire sur ses agissements, quoique ce soit qui touche sa dignité, ou qui diminue la grandeur qu'il s'imagine être la sienne, alors il se révolterait, se mettrait en colère et se vengerait pour sa dignité! Pareille personne ne peut vivre que dans une atmosphère de louange, ou dans une atmosphère de flatterie et d'hypocrisie, de la part de personnes qui le suivent dans tout ce qu'il fait ou ce qu'il pense.......

Celui-là n'accepte aucune reproche, et aucune directive, mais il se met en colère.

Le reproche lui fait sentir qu'il est fautif, et il s'irrite. La directive lui fait sentir qu'il lui manque quelque chose qu'il doit savoir, et il voit que cela est contraire à sa dignité; au contraire des humbles et des doux qui rencontrent la directive par le remerciement.

C'est ainsi que ceux qui le connaissent s'abstiennent de s'entretenir franchement avec lui, et par suite il perd l'amitié fidèle et conseillère.

La confiance exagérée en soi-même produit dans le cœur une suffisance répugnante qui repousse les gens. La suffisance fait que celui qui la possède accueille toute discussion par un soulèvement, soit parce qu'il voit que discuter avec lui est une chose contraire au respect que l'on doit lui rendre, car ses pensées sont au-dessus du niveau de la discussion; ou bien il voit que celui qui discute avec lui est d'un niveau inférieur au sien. C'est ainsi qu'il arrive à être hautain dans sa pensée, et cela harasse sa mentalité et ses nerfs.

La discussion avec lui se transforme en dispute, dans laquelle il pourrait offenser celui qui discute avec lui.

Eloignez-vous tout à fait d'un pareil être humain, comme dit la Sainte Ecriture: "Ne fréquentez pas une personne colère"....... De même que la discussion avec lui ne porte aucun résultat, sauf les cris, la haute voix, et la détermination de ne pas être convaincu. Il justifie sa colère en disant que son opinion est l'opinion saine, et les opinions des autres sont erronées, et qu'il doit défendre son opinion...... Tant qu'il ne possède pas la preuve, il recourt à la colère et au bruit........

Comme s'il gagnerait la discussion par la hauteur de la voix, ou qu'il forcerait l'autre parti en se mettant en colère contre lui, et en l'offensant.

Par conséquent, pareille suffisance pousse cette personne colère à mépriser les autres, et à mépriser tout ce que les autres possèdent d'opinions ou d'idées........La cause de sa colère est l'orgueil, et le résultat de sa colère est l'orgueil........!

Il y a une autre raison à la colère, c'est de vouloir que toute chose soit accomplie comme ce que l'on aime.

3. VOULOIR SELON CE QUE L'ON AIME

(a) Celui qui veut toutes choses selon ce qu'il aime, devra nécessairement se heurter contre les autres, et il se mettra en colère. Il est contrarié par ceux qui s'opposent à sa volonté, ou qui ne marchent pas selon ce qu'il aime.

Il est naturel que les gens diffèrent dans leur pensée, leur direction, leur sentiment, et leur volonté; et il est impossible à pareille personne de trouver tout le monde accepter ses idées, ou suivre dans son courant. S'il s'obstine dans sa direction, et refuse de se désister de cette passion, il se heurtera nécessairement contre les gens et s'irritera........! Soit à l'intérieur de sa maison, ou à l'endroit de son travail, ou dans le cercle de ses activités.

(b) Une personne pourrait s'irriter parce qu'elle a un désir qui n'a pas été réalisé.

Un exemple de cela est l'enfant gâté, qui insiste sur la réalisation de ses désirs quels qu'ils soient.

Ceci pourrait être impossible, ou ne pas être dans son intérêt, ou inconvenable par rapport au temps. Mais il s'irrite, et peut-être il se révolte parce que son désir ne s'est pas réalisé.

Une épouse aussi pourrait pareillement se mettre en colère parce que ce qu'elle avait désiré et demandait n'a pas été réalisé. Un subordonné pourrait s'irriter contre son chef pour la même raison.

Plutôt l'être humain pourrait parfois même s'irriter contre Dieu, béni soit son Nom, à cause des prières qui n'ont pas été exaucées....!

Quelqu'un pourrait s'irriter contre son père confesseur, parce qu'il n'a pas consenti à un désir déterminé, voyant qu'il n'est pas dans son intérêt, ou qu'il n'est pas de son niveau........comme si le père confesseur était simplement un organe exécutif, qui s'exposerait à la colère de ses fils, s'il n'acceptait pas; et ainsi il perdrait sa situation comme guide et directeur spirituel......!

4. L'AMOUR DE LA DOMINATION

L'amour de la domination est une maladie psychologique et spirituelle dans laquelle plusieurs succombent, et qui doit nécessairement conduire à la colère, tant que ce dominateur veut imposer sa volonté à autrui, qu'il ait raison ou non.

Ce dominateur s'ingère dans les affaires d'un autre, et se pose en régent ou en surveillant, ce qui mène à la colère de cet autre, et à la colère du dominateur qui veut que l'autre lui soit soumis.

Il veut imposer son opinion dans la maison, dans le travail, et dans l'Eglise, et peut-être dans tout endroit où il se trouve. Si on ne suit pas son opinion, ou ses ordres, il se mettra en colère! Peut-être qu'il s'obstine, se dispute, élève la voix, ou impose son opinion par la force! et par l'obstination et l'intransigeance!

Comme l'époux dans la maison, qui n'agit pas comme un époux, mais comme un gouverneur et comme un sultan qui donne des ordres tranchants, quelque possibles ou impossibles que soient ses ordres. Et malheur à celle qui n'obéit pas......! Et comme le frère qui veut faire marcher sa sœur comme il veut, son entrée, sa sortie, ses habits, ses parements, sa manière de parler, ses relations........non pas en la convaincant et en l'avisant. Mais en la contraignant, simplement pour imposer son pouvoir. Sinon, il réprimandera, frappera, et se posera en arbitre.....par force.......

Il pourrait aussi imposer sa volonté à ses parents et à ses frères, et peut-être à ses camarades d'études et de travail, sinon......ce serait la colère, les cris, les disputes et la violence!!

5. MANQUE DE CHARITE ET MANQUE DE RESPECT


(a) On sait que la charité supporte tout (1 Cor. 13:7).

Si quelqu'un hait un autre, il pourra rapidement se mettre en colère contre lui, et ne pas le tolérer en quoique ce soit, quelque minime que soit que la faute, au contraire des fautes de ses amis qu'il pourra tolérer en toute tranquillité, quelque graves qu'elles soient plus que les autres! C'est ainsi qu'une mère tolère les fautes de son fils et ne se met pas en colère contre lui; et l'époux tolère sa femme tant qu'il l'aime. S'il commence à s'irriter contre elle, ou à la traiter durement, indubitablement l'amour aura diminué. Si la colère arrivait au divorce, l'amour aurait disparu......

(b) Entrent aussi sous cette rubrique, la rancune passée, et le désir de vengeance ou de causer du tort.

Ceux-ci qui résideraient dans le cœur, et qui attendraient une occasion pour paraître, afin d'exprimer les sentiments réprimés et la révolte, par suite de raisons qui n'ont pas encore été pardonnées.

Celui qui garde une rancune précédente, n'a pas besoin d'une raison présente, mais il s'irrite sans raison. Son solde lui suffit. Peut-être qu'il inventerait une raison qui ne tient pas, comme dans la fable du loup et de l'agneau.

(c) Le manque de respect envers une personne, aide à la colère contre elle. Car ordinairement l'homme ne s'irrite pas contre ceux qu'ils respectent, qu'ils soient grands quant à leur position ou quant à leur degré de parenté.

S'il se mettait en colère contre ces grands, et s'il élevait la voix en leur parlant, il aurait perdu son respect pour eux.

En général, la colère indique un manque de respect et un manque de considération pour les grands et pour n'importe qui. L'être humain qui s'habitue à respecter tout le monde, et à parler gentiment, poliment, et respectueusement à tout le monde, ne parle à personne en étant enflammé par la colère, à moins que le bien ne nécessite une certaine rigueur...

6. EXTENUATION CORPORELLE ET EXTENUATION DES NERFS

Lorsque quelqu'un est épuisé corporellement, de fatigue, ou de manque de sommeil, ou de travail qui surpasse la capacité, ses nerfs pourraient ne pas supporter. S'il lui arrive une pression de l'extérieur, il pourrait se mettre en colère, et agir sans tolérance, malgré que son caractère n'est pas ainsi.

L'homme en état d'exténuation et de fatigue des nerfs, ne peut pas supporter la discussion. Si quelqu'un discutait avec lui, en sachant qu'il est épuisé de fatigue, et que celui-ci se mettrait en colère, il participerait avec lui dans la responsabilité de la colère.

C'est pourquoi on doit choisir le temps convenable à la discussion, et ne pas faire pression sur un homme exténué qui est incapable de supporter. On doit de même ne pas fatiguer un malade par une discussion, tandis qu'il est dans un état de fatigue ou de douleur, et que ni sa santé, ni ses nerfs, ni ses forces ne peuvent l'aider à penser et à se concentrer.

Celui qui est reposé corporellement, qui a les nerfs reposés, trouve une occasion favorable pour examiner délibérément et calmement les questions. Il est plus capable pour entendre et résoudre les problèmes. Tandis que celui qui est exténué ne possède pas les mêmes capacités. S'il arrive une pression sur lui, ses nerfs pourraient ne pas supporter, et il pourrait être exposé à la colère et à la tension.

7. L'INSISTANCE

(a) Il se peut que beaucoup d'insistance soit une cause de l'exténuation des nerfs.

Quelqu’un d'une certaine espèce ferait une demande à un autre, en sachant que celui-ci n'y contentera pas, ou bien qu'il n'aura pas le temps. Mais il répète sa demande, il insiste, et il insiste, et il persiste dans ce qu'il veut, d'une manière consécutive qui fatigue l'esprit et épuise les nerfs, jusqu' à ce que celui à qui il fait sa demande, se mette en colère.

Celui-là qui avait insisté, pourrait penser qu'il n'est pas tombé dans le péché de colère, mais il est responsable parce qu'il a été la cause de la colère d'autrui, il l'a épuisé, provoqué, et scandalisé.

Il a fait pression sur lui plus qu'il ne pouvait supporter. Et là s'applique la parole: "une âme est prise au lieu d'une autre", et aussi: "malheur à l'homme par qui le scandale arrive" (Matt. 18:7)

Il ne suffit pas que l'homme ne se mette pas en colère, mais aussi qu'il ne soit pas la cause de la colère d'autrui.

(b) Celui qui continue à parler à quelqu'un qui est occupé et qui n'a pas le temps pour lui, celui-là tombe dans la même faute.

Lui aussi, l'épuise, le provoque, le scandalise, et le met en colère. Parce que l'autre ne peut pas quitter ses occupations, pour lui consacrer son temps, tandis qu'il persiste dans son entretien........et peut-être qu'il prolongerait l'entretien jusqu'à le fatiguer.

Par exemple un homme demande un autre au téléphone, sans savoir s'il est occupé ou non. Il se peut en même temps, qu'il ait des hôtes, et qu'il ait levé le récepteur de l'appareil téléphonique, croyant que ce serait une parole qui finirait. Mais l'homme continue à parler, et chaque fois que l'autre lui fait signe qu'il est occupé, il ne s'en préoccupe pas et continue à parler, jusqu'à ce qu'il le provoque et le mette en colère.

8. LA PREOCCUPATION

Il y a une très grande différence entre deux: L'un a du temps pour les gens, pour leurs entretiens, leurs problèmes, et leurs discussions. L'autre est préoccupé au plus haut degré, il n'a absolument pas de temps pour prolonger l'entretien, ou pour s'occuper des problèmes et des discussions. Il n'a pas de temps pour les rencontres et les visites. S'il rencontre quelqu'un, il termine rapidement le sujet de l'entretien, parce qu'il a d'autres préoccupations.

C'est pourquoi ceux qui sont occupés, sont exposés à tomber dans la colère plus que ceux qui n'ont rien à faire.

Par exemple, un élève au temps des examens, n'a pas le temps pour les rencontres et les entretiens. Si quelqu'un voulait le préoccuper par une question, il provoquerait sa colère. Si une famille amie venait pour une visite au temps des examens, et prolongeait l'entretien, les gens de la maison feraient pression sur leurs nerfs à cause de la perte de temps, quelque chère à eux que soit la famille amie

C'est pareillement le cas de toute visite ou tout entretien dans un temps qui n'est pas convenable.

9. LES PEINES INTELLECTUELLES

L'être humain intelligent a parfois besoin d'un niveau déterminé pour traiter avec lui. Car le commerce avec un niveau qui est de beaucoup inférieur, pourrait le fatiguer et le faire tomber dans la colère.

Par exemple: Un homme lui expose une question, et il comprend son intention dès la première expression. Mais cet homme continue à expliquer, et prolonge son discours dont cet homme intelligent n'a absolument pas besoin.

Ce prolongement et cette explication sont une charge sur ses nerfs et ils le fatiguent. Surtout s'il a montré à cet homme qu'il a compris ce qu'il veut dire, et malgré cela cet homme continue à expliquer et à prolonger son discours, comme s'il était quelqu'un qui a besoin de compréhension........

Ou bien le contraire pourrait arriver. Celui-ci commencerait l'entretien, et il expliquerait. Son interlocuteur ne comprend pas, et demande des questions insignifiantes, qui causent de la lassitude.

Ceux qui traitent avec les intelligents admirent beaucoup leur intelligence et leur raison. Mais parfois ils se plaignent de leur colère à cause de ce que nous avons cité, et de pareilles choses.

C'est pourquoi les intelligents qui ont les qualités de tolérance et de longanimité, sont une grande bénédiction. Probablement ils se mettent à l'esprit la différence entre eux et les personnes avec lesquels ils s'entretiennent, et ils les tolèrent sur cette base.

10. COLERE DES TRIBUS

Ou celle qui se rapporte aux coutumes de la tribu, là où tout le monde s'irrite quand l'un d'eux s'irrite. Probablement c'est cela que la parole du poète décrit:

[Si "les fils de Tamim" se mettent en colère contre vous,

vous trouverez toute la tribu en colère.]

Ainsi, si vous étudiez le cas de chacun, vous ne trouverez aucune raison personnelle qui l'ait irrité, mais il s'est mis en colère en signe de solidarité avec les autres, dans l'esprit de communauté, selon l'habitude qu'il avait acquise.

Ceci arrive souvent dans les familles, et les petites communautés, comme ceci arrive aussi entre les nations qui ont certaines relations, ou qui sont liés par des traités ou des conventions, ou qui sont d'une seule race ou d'une seule secte.........etc.

11. RAISONS PSYCHOLOGIQUES

L'homme pourrait se mettre en colère, par exemple, à cause de ses soupçons.

S'il soupçonnait quelqu'un, il pourrait être fatigué de lui, et il se mettrait en colère contre lui, tandis que l'autre est innocent. Car par ses soupçons, il lui attacherait beaucoup d'afflictions et ferait incomber leur responsabilité à lui.

Il entre dans ce domaine: si quelqu'un avait pris une mauvaise idée d'une personne, et que cette idée s'était profondément établie dans son cœur et son esprit, à tel point qu'il serait devenu incapable de la changer. C'est par cette idée qu'il se met en colère contre cette personne.

Un homme pourrait se mettre en colère par suite d'un malheureux présage.

Comme un homme qui hait le nombre 13, alors il est prêt à être affligé à cause de quoique ce soit qui arrive, faisant incomber la responsabilité sur ce nombre, si c'est la date du jour par exemple, ou le numéro secret de l'examen pour un étudiant, ou pareille chose. Il se met en colère parce que ce nombre est tombé de son sort?! Ou parce qu'il n'a pas trouvé d'appartement pour y habiter, sauf dans une maison numéro 13 ou les multiples de ce numéro?! Ou bien il se met en colère parce que le numéro de téléphone qu'on lui a donné, ou le numéro de la voiture qu'il a achetée, commence par le nombre 13......!

L'homme pourrait se mettre en colère si sa mentalité manque de simplicité.

Parce qu'il a perdu la simplicité, il tombe dans de nombreuses complications qui le poussent vers la colère, et qui le font s'imaginer des choses inquiétantes! Tandis que s'il prenait la question d'une façon simple, cela pourrait passer paisiblement.

L'homme pourrait se mettre en colère si parmi ses défauts psychologiques, il y a l'impatience, ou s'il est inquiet et s'attend au mal, ou quoique ce soit de pareil.........Il explique tout ce qui arrive d'une façon qui le pousse vers la colère, la plainte, et le murmure.

12. LE MANQUE DE SAGESSE

L'homme qui manque de sagesse ne sait pas comment agir. C'est pourquoi il traite tous ses problèmes par la nervosité et les imprécations contre toutes choses.

Tandis que le sage, comme il trouve la solution, il ne tombe pas dans la mélancholie et le murmure, et ne trouve nulle raison pour se mettre en colère, car toutes choses marchent facilement......

L'Ecriture dit vrai: "l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl. 7:9). Ils sont aussi ignorants, puisqu'ils ne connaissent pas les mauvais résultats de leur colère.

13. UNE GUERRE SATANIQUE

Il se peut que la colère soit une guerre de Satan par laquelle il combat l'homme, et remplit son cœur de haine contre son frère, et l'incite à le combattre. C'est une des guerres connues que les pères ont mentionnée dans leur entretien, parmi "les huit pensées qui combattent l'âme". Le démon sait comment pourvoir des raisons bien préparées, et comment remplir le cœur de l'homme de haine, de colère, et du désir de combattre.

14. MANQUE D'HUMILITE

La cause de la colère pourrait être une offense venant de l'extérieur. Mais si le cœur était fort de l'intérieur, il la repousserait et ne se troublerait pas,. Cette force intérieure provient de l'humilité du cœur. C'est pourquoi les pères voient que celui qui se met en colère à cause d'une injure, montre qu'il manque d'humilité; et que cela est la cause de sa colère.

C'est pourquoi saint Piamon dit dans sa rencontre avec Jean Cassien:

"La véritable patience et la tranquillité ne peuvent être acquis et ne peuvent être gardés, sans l'humilité profonde du cœur. Mais si nous sommes troublés lorsque quelqu'un nous attaque, il sera clair que la fondation de l'humilité n'avait pas été bien posée en nous. Par suite, si une tempête se levait, même si elle était une petite tempête, toute la construction s'ébranlerait et se troublerait."

Par suite, lorsque quelqu'un est vaincu par une faute, et qu'il est enflammé par le feu de la colère, il ne doit pas considérer que l'amertume de l'injure qui lui avait été adressée, est la cause du péché, mais plutôt la manifestation de sa faiblesse cachée.

Selon la parabole de notre Seigneur et Sauveur qu'il avait dite au sujet des deux maisons: l'une des deux était fondée sur le roc, et l'autre sur le sable.

Il dit des deux maisons, que les tempêtes, la pluie, les torrents et les vents les avaient pareillement frappées. Mais celle qui était fondée sur le roc solide, ne fut pas du tout endommagée par suite de la force du choc. Tandis que celle qui était fondée sur le sable mouvable et transportable, fut immédiatement détruite. Il apparaît indubitablement que sa chute n'était pas dûe à la violence des tempêtes et des torrents qui l'avaient frappée, mais parce qu'elle était fondée sur le sable.

Le saint ne diffère pas du pécheur en ce qui concerne son exposition aux épreuves, mais il diffère de lui en ce qu'il n'est pas vaincu, même lorsqu'il est fortement attaqué, tandis que l'autre est vaicu, même par la moindre tentation.

A moins que notre intelligence ne soit soutenue par la force de la protection de Dieu qui a dit dans l'Evangile: "le royaume de Dieu est au milieu de vous" (Luc 17:21), c'est en vain que nous nous imaginerions pouvoir vaincre les coups de l'ennemi, avec l'aide de personnes qui vivent avec nous, ou que nous les éviterions par suite de l'éloignement de l'endroit, ou que nous éloignerions ces coups parce que nous sommes protégés par des murs.

C'est pourquoi nous ne devons pas chercher notre paix dans ce qui est hors de nous.

Car comme "le royaume de Dieu est au milieu de vous", de même "l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison" (Matt. 10:36).

Je n'ai de plus ennemi que mon propre cœur, qui est vraiment "les gens de ma maison", qui est proche à moi. Quand les gens de notre maison (c'est-à-dire nos sentiments et nos pensées) ne sont pas contre nous, nous pourrons préserver le royaume de Dieu dans le cœur en paix,.

Si j'examinais minutieusement la question, je trouverais que personne ne peut me nuire, quelque nuisible qu'il soit, tant que je ne me combats pas moi-même par un cœur troublant!

S'il m'arrive du mal, la faute ne revient pas aux autres, mais personnellement à mon manque de tolérance.

Car comme la nourriture grasse et forte, est bonne pour une personne en bonne santé; de même cette nourriture est nuisible pour une personne malade. Mais elle ne peut nuire à celui qui la prend, tant que la faiblesse de celui-ci ne l'aide à nuire.

15. LES FAUTES D'AUTRUI

Sans doute les fautes d'autrui sont à la tête des raisons extérieures de la colère, qu'elles soient contre la personne qui se met en colère, ou contre la communauté, ou qu'elles soient des fautes contres les principes et les valeurs.

Ce sont des fautes qui provoquent la conscience, mais pour certaines personnes, elles sont des fautes qui provoquent les nerfs.

La conscience a le droit de s'irriter contre les fautes, cela est un signe sanitaire. Mais l'excitation des nerfs n'est pas la saine solution. Si l'action de la conscience est attachée à la sagesse et au calme, alors nous traiterons la question sans nervosité, en gardant nos nerfs sains.

La première chose dans les fautes d'autrui, qui provoque la colère, c'est l'offense et le mauvais traitement.

Que cela soit adressé à nous personnellement, ou à ceux qui nous sont chers, ou à nos croyances et à nos valeurs, et à tout ce qui est sanctifié et respecté à nos yeux. Non seulement les injures évidentes, mais ce que pense la personne comme une injure, d'après ses mesures spéciales, et d'après sa compréhension des choses.

Il se peut qu'aucune injure ne soit arrivée de personne. Mais que ce soit la transmission des paroles qui l'avait décrite, qui avait excité celui qui entendait et l'avait mis en colère.

Que de choses qui étaient arrivées avec une bonne intention, furent mal comprises, et considérées comme des injures. Ensuite elles furent expliquées par l'entendement; et la vérité fut découverte par suite d'un calme reproche, et la colère disparut.....

Il se peut que la cause de la colère soit les fautes des autres dans le travail.

Comme un travailleur qui néglige son travail, ou qui devient paresseux, ou qui ne porte pas sérieusement sa responsabilité, ou qui s'absente fréquemment sans raison acceptable, ou qui n'exécute pas bien son travail, ou qui n'est pas fidèle et sincère dans le travail, ou qui n'est pas productif, ou dont les promesses ne sont pas vraies........et toutes les raisons qui causent la colère du propriétaire de l'entreprise, ou du directeur du travail.

La tricherie et la tromperie dans les transactions, sont aussi parmi les raisons révoltantes.

L'homme ne serait pas tranquille quant aux transactions avec des gens maladroits, ou qui ne disent pas la vérité. Il se mettrait en colère à cause de leurs mensonges et de leur tromperie, et parce qu'ils essayent de couvrir le mensonge par une autre tromperie, et par des moyens sinueux qui ne finissent pas.....

16. LE MANQUE D'OBEISSANCE

Le manque d'obéissance est l'une des principales causes de la colère, en ce qui concerne tous ceux qui sont responsables ou qui sont dans une position. Le père se met en colère à cause du manque d'obéissance de ses enfants, le chef se met en colère à cause du manque d'obéissance de ses subordonnés, le professeur se met en colère à cause du manque d'obéissance de ses élèves.

Le manque d'obéissance fait sentir à la personne, que les autres ne la respectent pas, et qu'ils n'apprécient pas ses paroles ou ses ordres ou ses conseils. Ou bien elle lui fait sentir leur obstination et leur insouciance, et alors elle se met en colère et se révolte.

Celui qui donne des ordres, pourrait ne pas se mettre en esprit l'espèce des ordres qu'il a donnés, et l'étendue de la possibilité de leur exécution, et les circonstances des gens auxquels il a donné les ordres, et les obstacles qui s'élèvent devant eux. Au lieu de s'entendre, il se met en colère. Ou bien ceux qui ont reçu les ordres pourraient avoir des défauts, et être effectivement fautifs.

17. RAISONS PECUNIAIRES ET MATERIELLES

La colère pourrait aussi provenir d'une raison financière ou à cause de quelque autre perte matérielle. Plusieurs problèmes familiaux arrivent à cause de l'argent.

L'avarice entre dans ce domaine comme une raison de la colère. Une autre raison serait la prodigalité ou la dissipation des biens, de même que les différents en ce qui concerne l'héritage et le testament, et tout ce qui entre dans le domaine des relations commerciales, des impôts, des douanes, de l'achat et de la vente, de la fraude dans les prix, de la monopolisation des marchés, de la fraude dans les articles, et des stratagèmes de la concurrence........et d'autres pareilles raisons de la colère à cause des biens.

Dans le domaine des emplois, parmi les causes de la colère, il y a: le salaire insuffisant, le retard de la gratification ou de l'augmentation ou de la promotion ou de l'indemnisation, les gratifications d'encouragement, le sentiment d'injustice quand il compare son traitement financier avec le traitement des autres.

Ce que l'on dit à propos des biens, peut être dit aussi à propos de toutes les possessions.

Une discorde pourrait arriver entre un mari et sa femme au sujet de la maison et tout ce qu'elle contient de meubles, d'appareils, d'objets, et tout ce qui se rapportent au boire et au manger et à l'habillement, au sujet des amusements, des frais divers, des besoins des enfants. Tout ceci peut être remédié sans colère, si l'amour existe......

18. PRETENTION DE DEFENDRE LA VERITE

1. Combien de gens se mettent en colère et se révoltent, en prétendant défendre la vérité!

La défense de la vérité est une vertu. Mais la nervosité n'est pas un moyen vertueux pour défendre la vérité. Certains se disputent, s'insultent les uns les autres, et utilisent la cruauté, la violence, et l'offense des autres, tout cela au nom de la vérité, et au nom de la défense de la vérité.

Ce qui est étonnant en cela, c'est que leur conscience ne les blâme pas pour leur colère.

Ils pensent que c'est un genre de colère sacrée! Quant à la colère sacrée, ou sainte, elle doit être sainte dans ses moyens, et sainte dans son but. La personne qui ne s'est pas encore purifiée des péchés de violence, d'insultes, de nervosité, et de cruauté, cette personne n'est pas encore arrivée au degré dans lequel on puisse lui confier la défense de la vérité. Puisse-elle entendre l'expression:

"Médecin, guéris-toi toi-même" (Luc 4:23).

2. Saint Isaac dit en cela: "Si vous voulez reconnaître l'homme dont le cœur est sans contrôle, c'est ainsi qu'il vous sera indiqué: Il parle beaucoup, ces sens sont choquants, il résiste à toute chose. Il parle et veut vaincre. Car celui qui a goûté la vérité, ne résiste pas, ne dispute pas, ne discute pas, et ne devient pas violent. Car celui qui pense être jaloux pour la vérité par son opposition aux gens, celui-là n'a pas encore connu la vérité et comment elle est!.......Car là où l'Esprit se repose, là aussi l'amour et l'humilité existent. Voilà le signe de l'Esprit.

3. Saint Isaac s'entretient sous la rubrique:"La colère et l'école de la connaissance du bien et du mal", et il voit que parmi les causes de la colère, c'est que nous examinions les actions des gens, est-ce qu'elles bonnes ou mauvaises; que nous les jugions par la justice, et qu'en cela nous nous éloignions de la charité, de la paix, et de l'humilité.

Il dit: ["Il existe en nous deux écoles: L'une est pour la connaissance du bien et du mal, et l'autre pour l'entraînement pour la connaissance de la vérité qui se rapporte à la vie et à la lumière.

Quant à l'école de la connaissance du bien et du mal, c'est celle qui se rapporte aux principes de la justice et de l'examen. Elle engendre la jalousie, le trouble, la violence, la déssatisfaction, l'envie, la colère, l'amour des possessions, et le reste des afflictions.

Quant à l'école de la vérité, qui est l'office de la grâce, c'est celle qui comprend en elle, l'amour, la paix, la tranquillité, l'humilité, la patience, et le reste des fruits de l'Esprit dont l'apôtre saint Paul avait écrit dans son épître: (Gal. 5: 22-23). L'arbre est reconnu à ses fruits. Maintenant, vous devez distinguer l'école dans laquelle vous recevez l'éducation......

Si l'esprit entre dans l'office de la connaissance du bien et du mal, il y apprendra la justice, et il s'y entraînera à la jalousie, à l'emportement, à l'envie, et à la tristesse.......

Si l'esprit entre dans l'office de la connaissance de la vérité, là se trouvent la grâce qui fait apprendre la miséricorde et la compassion pareillement envers les bons et les mauvais, et qui entraîne le cœur à l'amour, la paix, la joie, le calme, avec l'humilité et la patience pour supporter les faibles et leur impotence, et le reste des fruits du Saint-Esprit.

La plupart des gens complètent leurs vies dans l'école de la justice. Ils se posent en juges et en gouverneurs vis-à-vis de tout le monde, et ils pèsent les bonnes et les mauvaises actions des autres, par la justice.

Ils ne connaissent nullement qu'il existe un autre office qui fait apprendre la grâce et la miséricorde, là où se trouve la charité qui déborde indifféremment sur tout le monde, également sur les bons et sur les mauvais; parce qu'ils vivent dans l'atmosphère du prochain.

Après beaucoup d'effort, il y en a qui s'échappent de l'école de la justice, et qui entrent à l'école de la grâce que notre Seigneur a manifesté par son Evangile, là où l'homme admire la magnificence des dons de Dieu.

19. COLERE EN PRETENDANT CORRIGER LES AUTRES

Beaucoup de gens sont volontaires pour corriger les autres. Mais ils font cela en colère, et non pas par charité. Ainsi ils tombent dans de nombreux péchés, car ils pensent que la correction viendrait en les injuriant et en les méprisant, et en se mettant en colère contre eux. Ceci serait d'une manière répugnante qui ne rend pas le bien aimable à leurs yeux.

Saint Isaac dit: "Celui qui se met en colère pour redresser (ou corriger) les autres, celui-là n'est pas humble."

Il ajoute: "Car la véritable humilité est éloignée de toute colère, et pure de tous les mouvements de la jalousie. Celui qui est humble demande avec charité, il n'est pas troublé, et il ne ressent aucune douleur, car la force de la tolérance et de la patience suivent premièrement celui qui est humble.

3. Jean Cassien aussi condamne "la colère en prétendant corriger les autres":

Car lorsqu'il citait la parole de l'apôtre saint Paul: "Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous" (Eph. 4:31), il commenta en disant:

[Quand l'apôtre dit: Que toute colère (ou toute nervosité) disparaisse de vous, il ne fait exception de rien, quelque nécessaire ou utile qu'il soit pour nous, même pour la correction des autres, de crainte que la parole: "Médecin, guéris-toi toi-même" (Luc 4:23), ne s'applique à lui; ou de crainte que voyant la paille dans l'œil de son frère, il ne voit pas la poutre qui est dans son œil! Car comment pourra-t-il voir la paille qui est dans l'œil de son frère, lui qui a la poutre de la colère dans son œil?! (Matt. 7: 3-5).]

Saint Evagrius a la même opinion. Il dit:

"Cette chose sera la vôtre, et vous parviendra de la part de l'ennemi, je veux dire que vous pensiez redresser votre frère paresseux, en étant en colère. Quant au redressement de votre frère paresseux, c'est une bonne chose, et si vous la cherchez, vous la trouverez. Mais que cela ne soit pas en colère, car tout pourrait se faire sans colère.

Prenez garde, de crainte que lorsque vous voulez guérir un autre de ses maladies de l'âme, vous ne deveniez vous-même malade de maladies inguérissables.......

Ayez bien soin de ne causer de la douleur à aucun frère, pendant que vous le corrigez, sinon toute votre vie, vous ne pourriez pas vous débarrasser du démon de la mélancolie, et cela serait toujours un sujet de scandale pour vous, et pour celui pour lequel vous priez."

PAROLES DES PERES

Saint Evagrius dit:

"La vaine gloire, et l'amour de l'argent, mobilisent la colère......" Il dit aussi: "Le cœur de celui qui demande la dignité, s'enorgueillit, jusqu'à ce qu'il ne puisse pas supporter une seule parole injurieuse. Celui qui aime la vaine gloire deviendra triste, s'il est insulté, tandis que l'humble supportera et sera joyeux."

Saint Arsène dit:

"La colère provient de quatre choses: avoir des affaires avec les autres, transiger avec les autres, penser seulement à ce que l'on aime en se passant de la consultation des autres, suivre ses propres désirs.

Amba Moussa dit:

"Quatre choses portent à la colère: prendre et donner, la réalisation des passions, l'amour de donner des leçons aux autres, penser en soi-même être raisonnable."

Saint Ephrem dit:

"Le combustible nourrit le feu, et l'exaltation de l'opinion nourrit la colère."

Saint Jean d'Assiout (de Lycopolis) dit:

"Celui qui veut réaliser ses passions en toutes choses, endommage les sentiments d'amitié par sa résistance. Gardez-vous de vouloir réaliser vos passions en toutes choses, de crainte que vous ne soyez haï des gens."

Un moine dit:

"Voici pourquoi j'ai renoncé à ma volonté: afin de déraciner avec elle ce qui cause la colère qui combat la volonté en tout temps, qui trouble l'intelligence, et chasse la connaissance."

Saint Isaïe dit:

"La colère est de vouloir réaliser ce que vous aimez et vaincre par la résistance, de ne pas abandonner vos désirs par l'humilité, que la colère et la fureur vous emportent contre celui qui vous empêche de réaliser vos passions, de demander à donner des leçons, de vous mettre en colère contre ceux qui vous méprisent, que vous aimiez utiliser le monde, je veux dire la richesse et les possessions, de vous irriter contre ceux qui sont plus riches que vous, d'aimer à prendre et donner. Car en réalité c'est par (prendre et donner) les transactions dans le commerce mondain, que la colère devient violente, et que la fureur s'enflamme."

Amba Isaïe dit aussi: "Quant à la colère, elle provient de la cruauté du cœur".

Amba Diarachos dit:

"La colère vient de l'amour de la dignité. C'est comme si j'aimais ma dignité plus que mon éternité".

Saint Ephrem dit:

"Celui qui se moque de son prochain provoque sa colère. Celui qui corrige est heureux parce qu'il est nommé fils de Dieu."

Chapitre 6 : LE TRAITEMENT DE LA COLERE


1. Par l'humilité

2. Par le blâme de soi-même

3. La considération du maltraiteur comme étant un médecin

4. Répondre par des versets

5. Etre lent à la colère

6. La réponse douce

7. La sagesse

8. Le rappel des mauvaises conséquences de la colère

9. Ne pas devenir graduellement pire

10. La pureté du cœur et non pas la retraite en soi-même

11. La charité, le bon traitement, les cadeaux

12. L'entendement et la réprimande

13. La révocation et non pas la sédimentation

14. Le traitement de la colère par six vertus

15. Le rappel de l'exemple de Dieu

16. La tranquillité de la voix et des apparences

17. Entraînements divers



Il y a plusieurs moyen d'éviter la colère, de lui résister, et de la guérir complètement. Nous citons parmi ces moyens:

1. L'HUMILITE DU CŒUR

Saint Dorotheus dit une belle expression, qui est:

"L'être humain humble n'irrite personne, et n'est irrité de personne. Car il jette toujours le blâme sur lui-même en toute chose." Il considère que personne ne l'a maltraité, et même il voit que tout ce qui lui arrive, est à cause de ses péchés..........et comme il ne se permet pas de blâmer aucune personne, pas même dans ses pensées, par conséquent il ne s'irrite de personne....."

L'homme humble demande la bénédiction de tout le monde, et la prière de tout le monde. C'est pourquoi il n'irrite personne, mais plutôt il demande ses prières.

Celui qui se met en colère, croit qu'il a raison, et c'est pourquoi il s'irrite car il voit qu'il a été injustement injurié. Ainsi nous le voyons se concentrer sur les fautes des autres, et s'emporter à cause des fautes des autres. Tandis que l'humble ne pense qu'à ses propres péchés. Il voit qu'il mérite le mauvais traitement des gens, et qu'il mérite même plus que leur mauvais traitement. Par suite, il n'y a pas lieu de se mettre en colère contre eux. La meilleure réponse, c'est de dire avec le larron de droite:

"Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes" (Luc 23:41).

Conséquemment, ce qui emporterait l'humble contre celui qui l'a injurié, ne se trouve pas dans son cœur. Mais bien plus que cela, il ne sent absolument pas qu'une insulte lui avait été adressée. Peut-être que le défaut qui lui avait été attribué, existerait vraiment en lui. C'est ainsi qu'est la personne humble.

Tandis que celui qui se met en colère, c'est celui qui se justifie. C'est pourquoi il se révolte contre le défaut qui lui avait été attribué.

Pendant qu'il est emporté, il proteste contre les fautes dont on l'avait qualifié, et il voit que ce sont des injures et des insultes qu'il ne convient pas de lui adresser. Il défend très fortement sa cause, et attribue à celui qui l'avait maltraité, l'injustice, le mensonge, la calomnie, et l'agression contre la dignité des innocents.......etc......La personne humble est le contraire de cela:

Par conséquent, lorsque nous nous mettons en colère contre les autres, nous aurions oublié nos péchés personnels, et nous nous les en rappelons plus, et nous nous blâmons plus pour eux!

Car celui qui se préoccupe de ses péchés, et les met toujours devant lui, ne pense jamais aux péchés des autres, qu'ils soient dirigés contre lui ou contre des autres. Tandis que celui qui se préoccupe des péchés des autres, c'est clair qu'il ne pense guère à ses péchés.........et qu'il s'est éloigné de l'humilité du cœur."

Saint Isaac dit:

"Si les pensées d'humilité qui sont fondées sur la miséricorde de Dieu, commencent à se remuer en vous, ce qui vous sera avant toutes choses enlevé, c'est l'agitation. Il vous sera donné la reconnaissance et le remerciement perpétuels........Vous vous trouverez toujours fautif contre toute personne en tout moment. Il ne paraîtra jamais que personne vous aurait injurié. Mais dans tous les maux qui vous arrivent, vous trouverez que c'est vous-même la cause de leur arrivée, et pareillement dans tout ce qui vous arrive de vicissitudes et de tristesse.

Je vous dirai succinctement: Tant que vous n'avez pas encore trouvé l'humilité, ce qui vous tentera le plus, c'est l'agitation. L'agitation vous produira les blâmes; et vous trouverez toujours que beaucoup de gens vous avaient maltraité."

Il dit: "La perfection de l'humilité c'est la tolérance des faits mensongers, avec joie."

Un ancien dit:

"Si vous voulez réussir à éteindre la colère et la fureur, acquérez l'humilité.........parce que l'humilité brûle les démons."

Saint Siméon le Styliste dit:

"Les méchancetés sont reliées les unes aux autres, car la haine vient de la colère, la colère vient de l'orgueil, l'orgueil vient de la vaine gloire, la vaine gloire vient du manque de foi......."

Vraiment, si le démon de la vaine gloire marche dans un chemin, le démon de la colère lui dit: Prends-moi avec toi.

Nous disons conséquemment: " Si quelqu'un veut résister à la colère, il doit résister à l'amour de la louange et de la dignité, et de toutes les apparences de l'orgueil, de la vaine gloire, et à l'amour de la grandeur. Car s'il tient à de pareilles choses, il ne pourra pas résister à la colère, et il devra indubitablement s'emporter pour sa dignité. Le démon de la vaine gloire lui dira: Comment est-ce qu'ils vous traitent ainsi?! Et comment acceptez-vous cette situation et ces paroles contre vous?! Et comment vous taisez-vous et n'effacez-vous pas l'injure qui vous est parvenue?!....."

Un frère demanda à Amba Paphnutius disant:

Mon père, quelques frères sont venus à mon père, et je ne puis pas habiter avec eux". Le saint lui répondit: "Si vous aviez de l'humilité, vous pourriez vivre avec des bêtes féroces, à plus forte raison des frères".

Saint Augustin dit:

"Lorsque quelque chose de nuisible atteint quelqu'un, l'orgueil le rend désireux de se venger........comme si la punition des autres pourrait lui être utile à quoique ce soit........! Et c'est comme s'il cherchait son remède dans la punition des autres"!

Saint Basile dit:

"L'habitude de l'humilité fait disparaître la colère de l'âme......tandis que l'orgueil soulève la colère......."

Un ancien dit:

"Prenez garde de la cruauté, car un démon ne peut pas faire sortir un autre démon."

Les pères voient que celui qui est humble, pense à son éternité, et ainsi il ne se met pas en colère, en se rappelant qu'il se tiendra devant Dieu au jour du jugement pour rendre compte de ses péchés, c'est pourquoi il ne les augmente pas par la colère........

Saint Dorothéus dit:

"Celui qui s'agite à cause des vicissitudes de ce siècle, ignore les vicissitudes du siècle à venir, la séparation de l'âme du corps, les difficultés qu'elle aura, et comment elle oubliera les actions de cette vie.

Nous devons donc nous rappeler sans oubli, les actions pour lesquelles nous serons jugés."

Ceci nous rappelle la parole de saint Diarachos:

"Pendant la colère, je me préoccupe de mon éternité plus que de ma dignité."

Le sujet du traitement de la colère par l'humilité est un sujet vaste qui comporte beaucoup de détails. Pour le comprendre plus clairement, nous passerons à un autre point qui qualifie les gens humbles, et qui les aide à ne pas se mettre en colère. C'est: le blâme de soi-même..........

2. LE BLAME DE SOI-MEME

Celui qui se blâme soi-même en tout ce qui lui arrive, ne blâme les autres. C'est ainsi qu'il ne trouve pas de raison pour la colère.

Vous vous mettez en colère parce que vous portez le blâme sur les autres et vous voyez qu'ils méritent votre colère.

Mais lorsque vous arriverez à la vertu du "blâme de soi-même", la colère s'éloignera spontanément de vous, je veux dire votre colère contre les autres. Ceci serait parce que vous auriez dirigé votre capacité colérique, pour vous mettre en colère contre vous-même.

Car si vous êtes juste à vos propres yeux, tous ceux qui se heurtent à vous, paraîtront fautifs. Mais si vous êtes un pécheur à vos propres yeux, vous sentirez que tous sont plus justes que vous, et vous ne verrez pas que personne vous ait maltraité.

Le pape Théophilus visitait une fois la montagne de Nitrie qui est renommée pour les anachorètes. Il dit au père spirituel des moines de cette montagne: "Qu'est-ce vous avez acquis de vertus durant tout ce temps, père?" Le vieil anachorète répondit:

"Croyez-moi, mon père, il n'y rien de mieux pour l'homme que de jeter le blâme sur soi-même en toutes choses."

Mais comment est-il possible à quelqu'un de pratiquer cette vertu, d'une façon à être fidèle à sa pensée et à sa conscience, lorsqu'il se heurte contre un autre, afin que son blâme de lui-même ne soit pas simplement un blâme factice ou feignant, qu'il ne croit pas profondément?

Saint Dorothéus explique cette question en disant:

"Pourquoi parfois un homme entend des insultes et ne s'en occupe pas, mais il les tolère sans être troublé, comme s'il ne les avaient pas entendues! Tandis que dans d'autres moments, il est immédiatement troublé lorsqu'il les entend?"

Les gens s'agitent.......ou bien parce qu'ils ne sont pas dans un bon état intérieur, ou bien parce qu'ils détestent ceux qui les insultent, ou pour d'autres raisons. Mais la principale raison de l'agitation, c'est que nous ne nous blâmons pas nous-mêmes.

Saint Dorothéus expliqua la question dans les points suivants:

1. Si des tribulations atteignent quelqu'un qui est humble, il se blâme rapidement lui-même, en se disant qu'il les mérite.

Il ne blâme ni ne réprimande personne. C'est ainsi qu'il supporte rapidement, sans agitation, sans tristesse, et en toute tranquillité, tout ce qu'il lui arrive. C'est ainsi qu'il ne s'irrite contre personne, et qu'il n'est pas irrité de personne.

2. D'aucun dirait: "Si quelqu'un m'offense, et que m'examine moi-même, et que je trouve que je n'ai rien fait qui puisse être une raison pour lui de me traiter de la sorte, comment donc pourrai-je me blâmer moi-même?!

En réalité, si l'homme s'examine dans la crainte de Dieu, il trouvera qu'il avait été la cause, soit par un mot, ou par une action, ou par un regard......

3. En tous cas, s'il est prouvé qu'il ne lui avait pas, cette fois, donné une raison, il se peut qu'il l'avait offensé dans un autre temps, d'une certaine manière, ou peut-être qu'il avait offensé un autre frère qu'il aime.

4. Ou bien il se peut qu'il ait offensé une autre personne, et qu'il doit supporter à cause de cela.

5. Ou bien peut-être que la raison serait un autre péché qu'il avait commis.

C'est pour cela que je dis que si l'homme s'examine dans la crainte de Dieu, et qu'il demande avec fermeté à sa conscience, il ne manquera pas de se trouver coupable, et ainsi il jettera le blâme sur lui-même.

Saint Dorothéus dit aussi:

"Nous devons regarder en haut en toute circonstance, soit que certains nous fassent du bien, ou que nous supportions le mal que certains nous fassent. Nous devons regarder vers le haut et remercier Dieu pour tout ce qui nous arrive......en considérant tout le bien qui nous arrive, comme étant arrivé par suite de l'œuvre du Dieu miséricordieux, et le mal qui nous arrive, comme étant le résultat de nos propres péchés."

Saint Poémon dit:

"Quand l'homme qui se blâme lui-même marche, dans tout dommage ou toute offense ou toute autre tribulation qui lui arrive, il se considère d'avance qu'il mérite tout ce qui est fâcheux. C'est pourquoi il ne s'agite jamais.......Y a-t-il autre une condition qui nous débarrasserait davantage de la tristesse?!"

L'ascète Saint Marc dit:

"Il existe trois contrées dans l'intelligence: la contrée naturelle, la contrée surnaturelle, et la contrée contraire à la nature:

Quand l'intelligence entre dans sa contrée naturelle, il trouve qu'il est la cause des mauvaises pensées et des afflictions, et il confesse à Dieu ses péchés.

Mais quand l'intelligence entre dans la contrée qui est contraire à la nature, il oublie la justice de Dieu, et il combat les gens en pensant que leur traitement pour lui, n'est pas convenable.

Mais quand l'intelligence entre dans la contrée surnaturelle, il trouve en lui-même les fruits du Saint-Esprit que l'apôtre a manifestés: "l'amour, la joie, la paix....." (Gal. 5: 22-23) et pareilles choses.

Il dit aussi: "Il vous est impossible de pardonner de tout cœur, les offenses des gens, sans la véritable connaissance. Car cette connaissance montre à toute personne, qu'elle mérite ce qui lui arrive."

Saint Barsénophius dit:

S'il arrive aux frères qu'il ne vous traitent pas bien comme ils auraient dû vous traiter, soit par suite de l'oubli, ou sans s'en apercevoir, dites: "Si Dieu l'avait voulu, ils me l'auraient fait". S'ils viennent à vous, recevez-les avec joie, et dites: "Je ne suis pas digne". Eloignez de vous-même, la justification de vous-même. Mais si vous dites; "J'ai bien dit, et j'ai bien compris, vous n'auriez ni bien dit, ni bien compris".

Saint Antoine dit:

"Celui qui est insulté doit croire en lui-même qu'il est la cause de son insulte par suite de ses mauvaises actions. Alors celui qui insulte deviendrait humilié devant lui de l'extérieur, et pendant le même temps. Il serait humilié devant lui-même de l'intérieur. Il serait pareil au prophète David qui avait empêché ses amis de tuer celui qui l'avait insulté, quand il leur dit: "Laissez-le, et qu'il maudisse, car l'Eternel le lui a dit. Peut-être l'Eternel regardera-t-il mon affliction, et me fera-t-il du bien en retour des malédictions d'aujourd'hui." (2 Sam. 16: 11:12).

Saint Isaac dit:

Les démons tremblent devant celui qui se blâme continuellement lui-même, et qui se condamne au-dessous de toute personne. Le démon de la colère, de l'envie, et de la tristesse, ne s'approchera pas de lui. Son âme sera remplie de sécurité, de paix, d'amour, et de joie. Et il deviendra bien-aimé de Dieu, des anges, et des gens.

Tandis que celui qui se justifie, et qui blâme, et condamne son prochain dans son cœur, ... le démon de la colère le remettra au démon de la tristesse; et le démon de la tristesse le remettra au démon de la violence; et il sera en tout temps, malheureux, et attristé par ceux qui ne le louent pas."

Il dit aussi: "Si on dit du mal de vous, et que votre conscience soit séduite, ... même si vous restez à jeun, pendant deux jours consécutifs, puis deux autres, revêtu de sacs, en faisant pénitence, et en tous genres de prières et de larmes, ... vous ne serez pas délivrés de l'affliction de la conscience, et le Seigneur ne vous donnera pas de repos, jusqu'à ce vous soyez convaincu que vous êtes réellement fautif, et que vraiment, avec une cordiale conviction, vous aviez mal fait."

Il y a une chose utile dans le tolérantisme du mauvais traitement, qui empêche la colère, c'est:

3. LA CONSIDERATION DU MALTRAITEUR COMME ETANT UN MEDECIN

Les pères voient que celui qui dit du mal de nous, avait probablement vu en nous des défauts que nous ne voyons pas, et il en a parlé, pour nous découvrir nos fautes afin que nous nous les évitions. Nous devrions plutôt le remercier, au lieu de nous mettre en colère contre lui. Il est comme un miroir spirituel, ou comme un médecin. Il nous guérit aussi de la justice personnelle."

Saint Amba Antonius dit:

"Si vous avez toléré avec connaissance celui qui vous insulte, pensez de lui qu'il vous a délivré de la vaine gloire, et que le remède utile vous a été envoyé par sa langue."

Saint Pacôme dit:

"Si quelqu'un de nous avait été réprimandé par un frère, et qu'il n'aurait pas accepté, mais aurait gardé rancune, les démons auraient tué son âme. Je ne dis pas seulement cela, mais plutôt, si vous ne l'auriez pas considéré comme un médecin traitant, vous auriez été injuste envers vous-même...Vous devez donc reconnaître qu'il est comme un médecin que le Christ vous a envoyé.

Si vous aimez la maladie, ne protestez pas contre la guérison....

Quant à cette affliction qui s'est manifestée, elle est la preuve de la faiblesse de votre âme. Sinon, vous n'auriez pas été attristé par le remède.

C'est pourquoi vous devez reconnaître le bienfait du frère, car c'est par lui que vous avez connu votre maladie fatale. Vous devez donc l'accepter comme un remède guérissant qui vous est envoyé de la part de Jésus-Christ.

Si, non seulement vous ne l'avez pas remercié, mais vous avez créé des doutes autour de lui, vous auriez mieux fait de dire à Jésus-Christ: "Je ne veux pas que vous me guérissiez, et je ne veux rien accepter de vos médicaments."

Il dit aussi: "Les afflictions sont les cautérisateurs de Jésus.........Le cautérisateur de Jésus est celui qui vous offense. Car s'il vous offense, aussi il vous repose et vous délivre de la vaine gloire......Si donc vous ne supportiez pas de boire les médicaments, vous seriez injuste envers vous-même seul. Quant au frère, il ne vous a causé aucun dommage."

Saint Athanassius dit:

"Celui qui vous reproche et vous réprimande pour vos fautes, aimez-le, et prenez-le comme votre ami."

Un ancien dit:

"L'homme doit remercier et non pas enquêter. Il doit croire que ceux qui parlent de ses défauts, qu'ils sont des médecins qui traitent les blessures de son âme, ceci s'il ressent de la peine et de l'agitation. Mais s'il ne ressent ni de la peine ni de l'agitation: il verra qu'ils sont des bienfaiteurs qui lui causent l'entrée dans le royaume des cieux."

La maladie de la colère est à l'intérieur de votre âme. Celui qui vous a offensé ne l'a pas amenée, mais il vous l'a découverte. Remerciez-le donc, et remédiez-vous de l'intérieur. Car l'offense qui vous est arrivée de l'extérieur, ne vous nuit en rien, et n'influe pas sur votre éternité.

Est-ce que vous pensez que vous vous remédierez vous-même, ou que vous purifierez votre cœur, par la voie de ceux qui vous rencontrent avec les louanges, la bienvenue, et les bonnes paroles, en demandant vos prières, vos bons souhaits et vos bénédictions....?! Est-ce que ceux-là vous aideront à vous débarrasser de vos fautes?!

Est-ce que vous obtiendrez la vertu de la tolérance par la voie de ceux-là, ou est-ce que vous obtiendrez la vertu du pardon de ceux qui vous offensent par la voie de ceux-là, et les vertus de la douceur, de la tranquilité et de l'humilité? Ou bien est-ce que tout cela serait par l'intermédiaire d'une personne que Dieu permettra de vous provoquer, et de vous emporter. Il reste après cela, que vous profitiez spirituellement de cette provocation en vue de votre bien, au lieu de vous nuire à vous-même, et d'augmenter vos fautes, par la voie de la colère, des cris, et de la nervosité.........!

Plutôt même, d'où sauriez-vous que vous êtes malade de la maladie de la nervosité et de la colère, si personne ne vous disait quelque mot qui vous provoque et vous fatigue?

Il est comme un thermomètre véridique qui vous montre que votre température est très élevée, et que vous avez besoin de traitement. Est-ce que vous jetteriez le thermomètre vers celui-là, et le casseriez, parce qu'il a été franc avec vous. Ou bien rendriez-vous grâces à Dieu parce qu'Il vous a découvert votre maladie par sa voie?........

Si un médecin vous disait: "Il y a de la saleté dans votre estomac", est-ce vous l'attraperiez par le cou. Et vous crieriez en colère disant: "Ce médecin m'a insulté", ou bien vous le remercieriez de son bon diagnostic, et vous suivriez votre traitement?!

Un saint avait comparé celui-là qui vous a offensé d'une comparaison minutieuse.

Il dit: "Si vous apportez un récipient dans lequel il y a un liquide d'une très mauvaise odeur, et recouvert hermétiquement par un couvercle. Puis quelqu'un lève le couvercle, et l'odeur pourrie se répand.........est-ce que celui qui a découvert le récipient, est celui qui avait mis la pourriture dans le liquide? Ou bien c'est le liquide qui est pourri, et vous avez maintenant découvert qu'il était pourri; et il y a maintenant une opportunité de laver et de nettoyer le récipient de ce qu'il contient.......

Réjouissez-vous donc du miroir spirituel qui vous découvre votre âme.

Vous ne trouverez pas ce miroir chez ceux qui sont courtois envers vous, et ceux qui vous flattent. Vous ne le trouverez pas chez toute personne amie qui a de la considération pour vos sentiments, et qui craindrait de vous parler franchement, s'il savait préalablement que la franchise vous irrite. Mais vous trouverez ce miroir chez ceux-là qui vous diraient leur opinion de vous, sans ménager vos sentiments, soit que vous vous mettiez en colère ou non.........Ne brisez donc pas ce miroir, et essayez de profiter de ce qu'il vous découvre........cela si vraiment vous aimez la sainteté et la pureté du cœur........."

Il y a un autre moyen pour résister à la colère. C'est de répondre par des versets:

4. REPONDRE PAR DES VERSETS

Etudiez les versets qui concernent le blâme de la colère, répétez-les, et qu'il soient le sujet de vos méditations, et rappelez-vous en, toutes les fois que vous serez combattu par la colère.

Nous vous citerons ici des exemples de ces versets. Ce sont:

1. "la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu" (Jacques 1:20).

2. "l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl. 7:9).

3. "Maudite soit leur colère, car elle est violente, et leur fureur, car elle est cruelle!" (Gen. 49:7).

4. "Ne fréquente pas l'homme colère, ne va pas avec l'homme violent" (Prov. 22:24).

5. "Un homme colère excite des querelles, et un furieux commet beaucoup de péchés" (Prov. 29:22).

6. "les sages calment la colère" (Prov. 29:8).

7. "Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous" (Eph. 4:31).

8. "La colère est cruelle......."(Prov.27:4).

9. "Ne vous querellez pas en chemin" (Gen. 45:24).

10. "La pierre est pesante et le sable est lourd, mais l'humeur de l'insensé pèse plus que l'un et l'autre" (Prov. 27:3).

De même, étudiez quelques versets qui concernent la douceur et la tranquillité, et répétez-les.

(Voir notre livre sur la tranquillité et la douceur, parmi les fruits de l'Esprit.)

Saint Evagrius a mentionné plusieurs versets concernant la réponse à la colère par des versets. Nous en mentionnons quelques exemples simplement pour connaître la méthode:

Il dit: [On répondra par le verset suivant, à la pensée qui ne veut pas cesser la colère lorsque le frère se repent: "s'il se repent, pardonne-lui" (Luc 17:3).

A celui qui ne veut pas se réconcilier avec son frère, et qui invente des raisons, on répondra par la parole de l'apôtre: "que le soleil ne se couche pas sur votre colère" (Eph. 4:26).

A celui qui se met en colère contre quelqu'un qui avait emprunté de lui, et qui tarde à rendre ce qu'il avait emprunté, on répondra par sa parole: "Et s'il t'a fait quelque tort, ou s'il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte" (Philémon 18).

On répondra à celui qui se réjouit de la chute de ses ennemis, par sa parole: "pleurez avec ceux qui pleurent" (Rom. 12:15).]

Selon la méthode de saint Evagrius, l'homme peut connaître les raisons qui le poussent à la colère, et savoir les versets qui répondent à ces raisons, et les utiliser.

De même, il peut connaître les versets qui concernent la paix, dont la parole de l'apôtre saint Jacques:

"Lequel d'entre vous est sage et intelligent? Qu'il montre ses œuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse. Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n'est point celle qui vient d'en haut; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dipute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions.

La sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits.........

Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix" (Jacques 3: 3:18).

Un autre moyen de résister à la colère, c'est d'être lent à la colère.

5. ETRE LENT A LA COLERE

La colère est un mouvement rapide qui s'embarque impétueusement lorsqu'elle est provoquée. La lenteur l'empêche.

La lenteur à la colère donne l'occasion de vérifier, et de calmer l'âme de l'intérieur, et de maîtriser les nerfs et la langue.

C'est pourquoi notre maître l'apôtre saint Jacques dit: "que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère; car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu." (Jac. 1: 19-20).

C'est pourquoi aussi le sage Salomon dit dans le livre des Proverbes:

"L'homme qui a de la sagesse est lent à la colère" (Prov. 19:11).

L'homme raisonnable ne se livre pas rapidement à l'emportement de la colère, mais il traite la question tout tranquillement, sérieusement, et objectivement. Il l'étudie, pense à ses résultats, et aux plus saines solutions pour y remédier, de même qu'il vérifie les paroles qu'il a entendues, et leurs conséquences, pour s'assurer si elles sont vraies ou fausses. C'est ainsi qu'il est lent à sa colère. Le sage avait dit:

"Ne te hâte pas en ton esprit de t'irriter, car l'irritation repose dans le sein des insensés" (Eccl. 7:9).

C'est ainsi qu'il voyait que la hâte de se mettre en colère, conduit à l'insensibilité. Ceci est un fait pratique. Souvent nous voyons des gens qui se mettent rapidement en colère, puis reviennent et regrettent tout ce qu'ils ont fait, et le regardent comme un emportement qui n'est pas sage, et qui manque de délibération et d'examen. L'un d'eux dirait de sa colère: "Je n'étais pas raisonnable".......!

Il est beau que Dieu a été représenté comme étant lent à la colère:

Le prophète Jonas dit de Lui: "Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté" (Jon.4:2). Il a été dit de Lui dans le livre de l'Exode: "Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité.......qui pardonne l'iniquité, la rébellion et le péché" (Ex. 34: 6-7).

Nous remarquons ici que la qualité de lenteur à la colère est accompagnée des qualités de miséricorde, de compassion, et de pardon.

Ces mêmes qualités ont été mentionnées dans le livre du prophète Joël qui dit: "revenez à l'Eternel, votre Dieu; car il est compatissant et miséricordieux, lent à la colère, et riche en bonté" (Joël 2:13).

Le sage Salomon loue la lenteur à la colère, et il voit qu'elle "apaise les disputes" (Pov. 15:18); et qu'elle est la preuve de la sagesse. Il dit:

"Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence" (Prov. 14:29).

Il comprend les préjudices et les mauvaises conséquences de la colère. Il comprend qu'elle n'accomplit pas la justice de Dieu, et ne fait pas la paix entre les hommes, mais plutôt, la personne colèrique se cause des dommages du point de vue de la santé et du point de vue psychologique, et spirituel, car elle le fait tomber dans plusieurs péchés, et le rend un scandale pour les autres. C'est pourquoi sa lenteur à la lenteur prouve son intelligence.......

On sait que la lenteur empêche la colère ou la fait passer .

C'est parce que la lenteur à la colère fait traverser l'homme la période d'emportement. Il entre dans le cercle du raisonnement, et de la patience aussi. Le mobile de la colère est ainsi dissipé. Et peut-être que l'autre parti se calmerait, et sa provocation deviendrait vaine, à cause de cette lenteur.

Le fléau de la colère, c'est la vitesse, et l'action impulsive sans réflexion.

Si vous êtes lent, et vous commencez à penser, et vous ne vous laissez pas vous-même comme proie à l'emportement, vous serez nécessairement capable de vous calmer, et de garder vos nerfs. Le sage Salomon loua cette chose en disant: "Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes" (Prov. 16:32).

C'est pourquoi, avant de prononcer un mot pendant que vous êtes en colère, pensez à ses résultats.

On sait que les paroles prononcés en état de colère, sortent sans contrôle, et c'est pourquoi que souvent elles sont très fautives, et elles causent des problèmes, de même qu'elles sont l'objet de critique. Quant à vous, ne vous empressez pas de parler, et tardez jusqu'à ce que vous compreniez bien ce que vous devez faire. Et sachez que la lenteur à la colère comporte la vertu du contrôle de soi-même.

Si vous ne savez pas comment agir: gardez le silence.

Le silence dans le cas de la colère, est une vertu. Car l'échange de paroles violentes, enflamme davantage la colère, pour les deux partis. Le mot chargé d'émotion qui est le résultat d'une offense passée, devient la justification d'une offense suivante, et augmente la tension de l'atmosphère. Mais il y a un moyen qui est plus utile que le silence, c'est la réponse douce.

6. LA REPONSE DOUCE

L'intuition divine dit dans le livre des Proverbes:

"Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère" (Prov. 15:1).

Si la colère est embrasée, elle ne peut pas être remédiée par les paroles douloureuses, car comme le disaient les saints, " le feu n'éteint pas le feu, mais c'est l'eau qui éteint le feu". C'est pourquoi la parole douce est plus capable d'éteindre le feu de la colère.

Regardez le père dans l'histoire de l'enfant prodigue, et comment il avait traité la colère de son fils aîné.........

Les paroles de ce fils étaient violentes contre son petit frère et contre son père aussi, et il avait refusé de participer à la joie pour le retour de son frère, "Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer" (Luc 15:28). Il accusa son frère d'avoir dépensé son gagne-pain avec les adultères, comme il accusa son père d'être avare, en disant: "Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis".....Et malgré toutes ces accusations et d'autres encore, son père lui parla avec toute délicatesse en lui disant: "Mon enfant.......tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi".

Saint Isaac présente la parole douce comme un remède de la colère. Il dit:

"La parole douce brise les membres. Si vous soufflez sur l'étincelle de la colère, elle provoquera la fureur; et si vous l'évitez avec amour et paix, vous l'éteindrez. Votre liberté a le pouvoir sur les deux cas. Les deux sortent de votre intérieur: je veux dire les bons mots et la paix, ou les paroles orgueilleuses et la colère."

Rappelez-vous des paroles douces et gentilles qu'Abigail avait dites à David qui était dans une violente colère, et comment elle avait pu le calmer et le guérir de son désir de se venger, lorsqu'il voulait tuer son mari. Tandis que les paroles douloureuses qu'avait dites ce mari, étaient la raison de la provocation de David (1 Sam. 25).

Peut-être parfois la plaisanterie comporte une parole douce.

Elle montrerait qu'il n'y a ni colère ni haine dans votre cœur, et elle répandrait une atmosphère joyeuse qui ferait disparaître la colère. La parole de l'Ecriture s'applique à elle: "........et un temps pour rire......" (Eccl. 3:4). Mais que cela soit par esprit de charité, de crainte que votre rire ne provoque l'autre parti.........

Ce qui est étonnant, c'est que beaucoup d'enfants de Dieu manquent parfois de bonne humeur!

Ils ne mettent devant eux rien que la parole de la Sainte Bible: "avec un visage triste le cœur peut être content" (Eccl. 7:3). C'est pourquoi vous voyez leurs visages continuellement sérieux, leurs traits graves et austères. Ceux-là s'ils rencontrent un problème de colère, ils l'augmentent par ce sérieux, et l'embrasent. Tandis que la solution résiderait dans un sourire gentil et dans une parole délicate, et dans le renoncement du renfrognement du visage, même pour un instant, afin de réparer leurs relations avec leurs frères.

Par suite, la bonne humeur est souvent le remède de la colère.

L'homme de bonne humeur peut comprendre la situation d'une manière convenable, et répondre avec des traits relâchés et reposants, avec un visage souriant. La personne colère ne peut pas demeurer dans sa colère en face de lui, même plutôt, il le contraindrait à sourire par l'esprit de jovialité et la bonne parole, et ainsi sa colère serait déliée. Là nous disons: N'est-ce pas que certains de ceux du monde réussissent mieux que les rigoureux adeptes de la religion, qui refusent de sourire dans les moments où le sourire est nécessaire!!

La réponse douce pourrait être une parole d'excuse ou d'humilité.

Elle ferait disparaître la colère de l'autre parti, qui ne trouverait rien d'autre à dire.......

Ou bien elle pourrait être une parole de louange ou d'éloge, qui manifesterait votre appréciation de lui, et qui cacherait son sentiment que vous l'aviez offensé ou blessé......

Notre Seigneur Jésus-Christ nous présente l'image idéale de la parole douce, en traitant avec les offenses, et même avec la malédiction. Il dit:

"Bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent" (Matt. 5:44).

Conformément à cette manière, l'apôtre saint Pierre dit: "Enfin, soyez tous ........... pleins d'amour fraternel, de compassion, d'humilité. Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure; bénissez au contraire, car c'est à cela que vous avez été appelés" (1 Pierre 3: 8-9).

Avec tout cela, le traitement de la colère a besoin de sagesse:

7. LA SAGESSE

Peut-être qu'une seule manière de calmer, n'est pas bonne pour toutes les espèces de gens en colère, et pour les divers cas et causes:

Le silence pourrait être bon pour quelqu'un qui est provoqué davantage par tout mot. Un autre pourrait être provoqué par votre silence, et aurait besoin d'une parole tranquillisante.

La question nécessite de la sagesse: Quand est-ce que vous parlez? Et quand est-ce que vous gardez le silence?

Ici nous voyons le sage mettre devant nous, deux façons d'agir différentes pour traiter avec des différentes espèces de gens. Il dit:

"Ne réponds pas à l'insensé selon sa folie, de peur que tu ne lui ressembles toi-même" (Prov. 26:4).

"Réponds à l'insensé selon sa folie, afin qu'il ne se regarde pas comme sage" (Prov. 26:5).


Donc, vous parlez ou vous gardez le silence, selon les circonstances de la situation, et de même selon les résultats auxquels vous vous attendez. La question dépend de la sagesse, de la distinction, et de l'appréciation des circonstances.

Regardez la personne qui est devant vous: qu'est-ce qui la reposerait et la calmerait.

Si vous trouvez que lui présenter des excuses, calmerait sa colère et le reposerait, il n'y a pas d'objection, présentez-lui des excuses. Si vous trouvez qu'il prendrait les excuses comme un preuve que vous l'avez offensé, et que sa révolte pour sa dignité, augmenterait, la sagesse serait donc dans la justification de la situation, et l'explication de votre appréciation de sa dignité.

8. LE RAPPEL DES MAUVAISES CONSEQUENCES DE LA COLERE

La plus importante de ces conséquences serait: la défaite de l'homme à l'intérieur, son scandale des gens à l'extérieur, sa perte des autres, même plutôt sa perte de sa santé aussi, et de ses spiritualités et de son éternité, avec la complication davantage des choses, comme résultat de cette colère.

Saint Isaac dit:

"Lorsque vous êtes emporté par l'irritation, regardez minutieusement aux ennemis difficiles, qui remuent en vous à l'intérieur et à l'extérieur. A l'intérieur, il y a les douleurs amères, l'emportement, la rancune, la colère, l'iniquité, qui attaquent les vertus de votre âme, et qui la ravagent, et qui lui font manquer la douceur de l'amour divin. A l'extérieur: il y a les méchants qui vous font honte, et qui reprochent vos amis à cause de vous.

Tandis que lorsque vous êtes doux, souriant, et bon, regardez en votre intérieur comment les enfants de votre maison se réjouissent de vous et vous réjouissent, je veux dire, la paix, le calme, l'amour, l'amitié, la lumière de la connaissance, l'espérance en Dieu.......(voir ce livre, de la page 33 à la page 38).

Si l'homme est convaincu que la colère lui nuirait de plusieurs façons, alors il trouvera un mobile intérieur qui l'empêchera de se mettre en colère, ou de l'accomplir.

Là, nous considérerons un autre point dans le traitement de la colère. C'est:

9. NE PAS DEVENIR GRADUELLEMENT PIRE

Dans toute étape que vous atteigniez dans votre colère, prenez garde de ne pas exagérer et arriver à ce qui est pire.

Si la colère entre dans votre pensée, prenez garde qu'elle n'arrive, à votre cœur, et embrouille vos sentiments envers les autres. Si elle arrive à votre cœur, prenez garde qu'elle n'arrive à vos traits; votre visage devient pâle, et vous paraissez d'une manière qui n'est pas honorable. Si la colère domine vos traits, prenez garde qu'elle ne domine pas votre langue, et que vous prononciez des expressions cruelles. Si elle atteint votre langue, arrêtez-là à une limite dans les fautes de la langue, car elles sont nombreuses. Si vous tombez dans les fautes de la langue, gardez-vous que la colère n'arrive pas à votre main, et vous tombez dans la nuisibilité et l'agression. Si vous arrivez à cela, gardez-vous de la cruauté sous toutes ses formes........

Mettez des limites à votre colère dans chaque étape:

Ne la laissez pas arriver à la rancune et à la haine.

Gardez-vous de noircir votre cœur envers certaines personnes, ou qu'il y ait un résidu dans les profondeurs de votre âme, et que lorsque vous vous en souvenez, vous vous irritez, et toutes les fois qu'il est mentionné, vous vous emportez.

Gardez-vous de fixer les sentiments de colère dans votre subconscient, et qu'ils deviennent une source de songes qui contiennent de la colère, de la cruauté, de la violence, de la rancune, et une continuation de votre état spirituel malade.

Gardez-vous aussi de ce que d'autres maux ne proviennent de la colère, qui deviendrait un préambule et une source de nombreux péchés, que nous avons expliqués dans notre entretien sur la colère comme un péché complexe repoussant (de la page 26 à la page 31).

10. LA PURETE DU CŒUR ET NON PAS LA RETRAITE EN SOI-MEME

Certains pensent que le remède de la colère se trouve dans la solitude et la fuite de la société. Ceci est effectivement un genre de retraite en soi-même, et non pas la solitude.

La solitude est celle vers laquelle se tourne un homme réussi dans sa vie sociale, qui aime les gens et que les gens aiment. Mais il aime davantage la solitude parce qu'elle lui donne l'occasion de méditer et de se préoccuper de Dieu par la prière et la lecture; et non pas parce qu'il est incapable de s'adapter à la société qui l'environne, et non pas parce qu'il déteste les gens, et son cœur est compliqué par rapport à eux......

Si l'homme colérique va vers la solitude, sa colère l'y accompagnera!

Un ancien dit: "Si une affliction vous combat dans un lieu déterminé, et vous quittez ce lieu en pensant qu'elle vous laissera sans la combattre, sachez que si vous ne triomphez pas d'elle dans le lieu où elle vous avait combattu, elle vous précédera en tout endroit auquel vous allez. Je sais qu'un frère habitait dans un monastère, et il était toujours silencieux. Mais chaque jour, il était agité par l'affliction de la colère. Il se dit en lui-même: "J'irai habiter seul dans une cellule. Et comme il n'y aura là-bas personne qui habite sauf moi, je serai calme et l'affliction de la colère me laissera." Il sortit et habita seul dans une grotte. Un jour, il remplit la gargoulette d'eau et la plaça par terre. Tout de suite, elle roula, et l'eau qu'elle contenait fut versée. Il la prit et la remplit une autre fois et la plaça par terre, et elle fut versée de la même manière. Il la remplit une troisième fois, et l'eau fut versée de même. Il se mit en colère, saisit la gargoulette et la jeta contre terre, et elle fut cassée. Lorsqu'il revint à son cœur, il apprit que les démons s'étaient moqués de lui. Il se dit en lui-même: "Voici que j'ai été de même vaincu tandis que je suis dans ma solitude, j'irai au monastère, car en tout lieu l'homme a besoin de combat et de patience et du secours de Dieu". Puis il se leva et revint à son endroit."

Par suite de la violence des épreuves et des vicissitudes qui se multipliaient sur un moine, il dit: "Partons d'ici vers un autre endroit". Et tandis qu'il se chaussait de ses souliers, il vit le démon sous la forme d'un homme en face de lui, qui se chaussait aussi de ses souliers. Il lui dit: "Où allez-vous comme cela?" Il lui répondit: "Je vais là où vous irez. Car j'habite ici à cause de vous. Si vous voulez partir d'ici, je partirai à mon tour. Car je vous suivrai là où vous habiterez".......!

C'est pour cela que les pères entraînaient leurs enfants spirituels, à la douceur, à l'humilité, au tolérantisme, et au manque de colère, avant de leur permettre de se retirer pour vivre dans la solitude.

L'homme doit donc tranquilliser son cœur de l'intérieur et purifier son cœur de la colère et de la fureur. Il ne lui servira à rien de se retirer en lui-même, tandis qu'il a de l'aversion, et que son cœur est révolté, et rempli de sentiments coupables.

Cette pureté de cœur est le véritable remède du problème de la colère, tant que la cause est au dedans de nous, je veux dire le manque de tolérantisme, le manque de charité, et le manque de pardon.

Prenons donc soin de ces choses, pour nous guérir de la colère.

11. LA CHARITE, LE BON TRAITEMENT, LES CADEAUX

Si nous aimons les gens, nous serons capables de les supporter, car "la charité ...... supporte tout" (1 Cor. 13:6).

Saint Evagrius dit:

"La colère et la haine augmentent l'excitation du cœur. La miséricorde et la douceur le tranquillisent.

L'homme bienveillant, même s'il est maltraité, n'abandonne pas la charité, car c'est pour elle qu'il délibère et patiente avec bonté."

Si l'action de la charité est la longanimité, elle sera étrangère à la colère. Car la colère produit la haine et la fureur. La charité les rend vaines, toutes les trois.

"Les grandes eaux ne peuvent éteindre l'amour" (Cant. 8:7).

Si vous voulez piétiner l'affliction du cœur et la colère, acquérez la longanimité et l'amour dans votre cœur, et revêtez-vous de la joie de la simplicité.

Ne rendez pas votre joie un sujet de tristesse pour votre compagnon."

Saint Evagrius dit aussi:

"Celui qui retient la colère par la délibération lente, et la tristesse par l'amour, triomphe de deux monstres mauvais, par ses deux vertus."

Il dit: "Les cadeaux abolissent la fureur. Jacob vous convaincra quand il rencontra Esaü avec des cadeaux, lors de sa sortie pour le rencontrer avec quatre cents hommes (Gen. 33:1)."

En ce qui concerne les cadeaux et leur traitement, l'Ecriture dit:

"Un don fait en secret apaise la colère, et un présent fait en cachette calme une fureur violente" (Prov. 21:14).

Mais cette question de cadeaux, a besoin de sagesse. Car elle peut signifier l'amour, et remédier à la colère, au cas où elle est acceptée. Mais si le cœur de l'homme est rempli de fureur, il y a là une probabilité qu'il refuserait ce cadeau. La situation deviendrait pire et la colère augmenterait. Il faut donc que celui qui présente un cadeau soit sage, et qu'il étudie délibérément la question. Car l'autre parti pourrait dire: "Qu'il se réconcilie avec moi d'abord, et qu'il traite ma colère, et ensuite j'accepterai de lui le cadeau".

Quant à rencontrer le mauvais traitement par le bienfait, ceci est un principe spirituel.

En cela, l'Ecriture dit: "Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien" (Rom. 12:20). Et aussi: "Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s'il a soif, donne-lui à boire" (Rom. 12:20).

Le Seigneur dit dans le sermon sur la montagne: "faites du bien à ceux qui vous haïssent" (Matt. 5:44). Un pareil bienfait est capable d'extirper la haine du cœur, et à plus forte raison la colère.

Saint Abba Poemon dit: "Le mal n'est pas vaincu par le mal. Mais si quelqu'un vous fait du mal, faites-lui du bien. Car c'est par votre bienfait que le mal sera déraciné. Car nous ne devons pas récompenser le mal par le mal.

Dans le cas de votre colère contre quelqu'un, mettez-vous à l'esprit la parole de la Saint Bible:

"le sage s'empare des âmes" (Prov. 11:30).

Dites-vous à vous-même: "Pourquoi perdrai-je les gens?! Est-ce que c'est là une sagesse que de les perdre?!" Rappelez-vous de la parole de l'apôtre: "Car, bien que je sois libre à l'égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre .......... j'ai été faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns" (1 Cor. 9: 19-22).

12. L'ENTENDEMENT ET LA REPRIMANDE

Le Seigneur Jésus-Christ lui-même a établi cette règle, et Il l'a appliquée avec les scribes et les pharisiens qui répondaient à ses agissements par la colère.

Le Seigneur utilisait avec eux la méthode de la conviction, et de la discussion des idées.

Ils se mettaient en colère contre Lui, par exemple, parce qu'Il faisait des miracles le samedi. Il répondait à leur critique, non pas par la colère, mais en les convaicant. Il leur disait: "Lequel d'entre vous, s'il n'a qu'une brebis et qu'elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne l'a saisira pour l'en retirer?" (Matt. 12:11). Et Il leur disait à propos de la circoncision de l'enfant le huitième jour de sa naissance, qui pourrait être un jour de sabbat, que: "les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables" (Matt. 12:5). Et Il leur disait que Dieu prend "plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices" (Matt. 12: 7, 33). Toutes sont des méthodes de convaincre.......

Il ne répondait pas à leurs critiques par la colère, mais en les convaicant.

C'est ainsi que lorsqu'ils se mirent en colère parce que les enfants criaient le jour de son entrée à Jérusalem, Il les convainquit en disant que la Sainte Bible dit: "Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle" (Matt. 21:16).

Il répondit pareillement à leurs critiques que ses disciples mangent avec des mains non lavées, Il répondit aussi en les convaincant en disant: "Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme; mais ce qui sort de la bouche, c'est ce qui souille l'homme" (Matt. 15:11).

L'entendement est une belle manière d'expliquer les choses, qui abolit la colère depuis ses racines, depuis ses causes, si elles ont été mal comprises.

Le Seigneur a établi les principes de la question de la réprimande comme il a été cité dans sa parole: "va et reprends-le entre toi et lui seul" (Matt. 18:15).

13. LA REVOCATION ET NON PAS LA SEDIMENTATION

Il y a deux moyens de traiter la colère, dans lesquelles l'homme paraît calme. Ce sont le moyen de la révocation, et le moyen de la sédimentation.

Quant à la révocation, elle signifie qu’il a complètement aboli la colère, dans les profondeurs du cœur, et qu'il n'y a plus rien dans son intérieur, contre son frère.

Ceci ne peut être accompli, que par la voie du pardon complet, qui oublie l'offense, et qui pourrait trouver des excuses pour celui qui a offensé ....... ou bien par la voie de l'humilité profonde, dans laquelle l'homme sent que c'est lui qui est fautif, et qu'il est la cause de tout ce qui est arrivé. Et ainsi il ne se trouve absolument aucune colère dans le cœur.

Au sujet de la révocation de la colère, l'apôtre dit: "Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère" (Romains 12:19). C'est-à-dire faites-lui de la place, par laquelle elle puisse se dissiper ....... et ne la comprimez pas ...........

La Sainte Bible dit aussi de cette révocation:

"Mais les sages calment la colère" (Prov. 29:8).

Quand la colère est révoquée, le cœur devient complètement vraiment limpide, de l'intérieur comme de l'extérieur. Rien ne serait là-bas qui puisse corrompre les relations avec celui qui avait été la cause de la colère, mais l'amitié reviendrait comme elle était.

Mais cette dissipation de la colère pourrait parfois arriver graduellement:

Comme une blessure que vous aviez complètement purifié, qui est guérie et fermée, et ne vous fait plus mal en quoique ce soit. Mais son endroit demeure sensible, de façon à ce que s'il se heurte contre n'importe quoi, la sensation sera plus forte, et plus douloureuse.......Mais, avec le temps, la douleur disparaîtra complètement, et l'endroit de la blessure deviendra comme tout autre endroit dans le corps, en ce qui concerne l'exposition à la douleur ........

Quant à la sédimentation, elle est une limpidité extérieure, avec l'existence de la colère cachée dans les profondeurs de l'âme, demeurant ferme dans la pensée!

Pareillement à une bouteille de médicament sur laquelle il est écrit: "Secouez la bouteille avant l'utilisation". Le médicament y serait limpide et transparent à la partie supérieure, avec l'existence d'un sédiment de matières au fond; de sorte que si vous secouez la bouteille, le liquide clair deviendra entièrement trouble, car il sera mélangé avec le résidu qui existe au fond.....

Il arrive que quelqu'un se tranquillise lui-même de l'agitation apparente, tandis que dans son cœur, il n'est pas convaincu de ce qui lui était arrivé. Il avait gardé le silence pour Dieu et pour le commandement. Mais des mots demeurent dans son intérieur. Il se peut qu'il ait tranquillisé son cœur pour plusieurs raisons, et qu'il ait oublié la question.......

Mais si l'offense se répète, il se met en colère, non pas à cause de cette offense nouvelle, mais aussi à cause de l'ancienne.

Ceci arrive parce que l'ancienne offense ne s'est pas encore terminée, elle demeure existante dans son cœur, comme un résidu caché pour lequel il n'avait pas donné de place pour qu'il s'en dissipe. Mais il l'a gardé, et l'a recouvert d'une limpidité apparente, et d'un oubli temporel......

Que dirons-nous donc de sa tranquillité et de sa limpidité précédentes? Comment analyserons-nous la situation? Quel est notre jugement au sujet de la manière qu'il a adoptée dans son traitement de la colère? Quelle est la cause de la sédimentation, dans ce cas? Nous disons:

Il a essayé de remédier aux résultats de sa colère, mais il n'a pas remédié à ses causes.

Il n'a pas permis à la colère qu'il en résulte de la violence ou de la discorde, ou une tentative de rendre le mal pour le mal. Quant aux causes de la colère, elles continuent à demeurer dans la profondeur de son âme, et elles ont besoin d'être révoquées.

Saint Dorothéus a traité ce point dans la dernière partie de son entretien sur la restitution du mal par le mal.

C'est pourquoi nous vous conseillons la révocation de votre colère, et non pas simplement sa sédimentation.

Car la sédimentation influe souvent sur la charité et sur la pureté du cœur. Elle pourrait éloigner les choses négatives de la colère, tandis qu'elle ne possède pas les choses positives de la charité.

Dans la sédimentation, vous ne vous vengez pas, vous ne vous emportez pas, et vous ne commettez pas de fautes par votre langue, et vous pourriez éviter de commettre des fautes par votre pensée....... et avec cela, il y a dans votre cœur une blessure qui n'est pas encore guérie...... et que vous ignorez pour un temps. Mais si vous vous en rappelez, la douleur revient, soit que vous le montriez ou que vous le cachiez.........! On est supposé révoquer complètement tous ces sédiments de sentiments. Le cœur doit arriver à son état naturel, dans lequel vous recevez l'autre parti avec amour et amitié, comme si rien ne s'était passé entre vous, qui puisse troubler cette amitié.

LE TRAITEMENT DE LA COLERE PAR SIX VERTUS

 

PAR LA VERTU DU PARDON:

Saint Augustin dit en cela:

"Que personne ne garde quelque chose contre lui, en refusant de pardonner, de crainte qu'elle ne demeure contre lui lorsqu'il prie".

Il dit dans son commentaire sur: "Et s'il a péché contre toi sept fois en un jour, et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, --- tu lui pardonneras" (Luc 17:4):

"Il entend quel qu'il pèche. De crainte que s'il pèche contre toi huit fois, vous ne voudrez pas pardonner!! Que signifie donc sept fois? Cela signifie toujours, quel qu'il pèche et revienne....... "

Le véritable pardon extirpe réellement du cœur toutes les racines de la colère.

Par quelle autre vertu déracinerons-nous la colère?

PAR LA VERTU DU RENONCEMENT:

Car celui qui renonce au monde ne trouve pas de raison pour se mettre en colère. Il s'est élevé au-dessus du niveau de la dignité et des droits, il s'est élevé au-dessus de tout ce que pour lequel les gens dans le monde se disputent entre eux.

Saint Isaac dit en cela:

"La patience volontaire face à l'injustice, purifie le cœur. La patience vient quand l'homme refuse ce monde.; car s'il regarde la vérité des choses, alors is sera ferme envers l'injustice et l'oppression".

"Car ceux pour lesquels ce monde est devenu comme mort, supportent joyeusement les tribulations, parce qu'ils sont morts dans leur pensée, pour le monde. Tandis que ceux dans la pensée desquels, se trouve l'odeur de ce monde, la vaine gloire ne les abandonne pas. Mais lorsqu'ils sont furieux par la pensée, ils tombent dans les pensées sombres qui proviennent de la colère."

"Ah cette vertu! La vertu du renoncement et du refus du monde, qu'elle est difficile à obtenir, et combien glorieuse est-elle chez Dieu"......

Vous pouvez aussi triompher de la colère par la vertu de la gentillesse et de la courtoisie.

PAR LA VERTU DE LA GENTILLESSE ET DE LA COURTOISIE:

La Sainte Bible nous invite à cette vertu. L'apôtre saint Pierre dit: "soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d'amour fraternel, de compassion, d'humilité" (1Pierre 3:8). L'apôtre saint Paul dit: "Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonnés en Christ (Eph. 4: 31:32).

Nous pouvons abolir la colère par une autre vertu:

PAR LA RECONCILIATION ET LA PAIX:

A condition que nous nous empressions de nous réconcilier; parce que plus nous y tardons, plus les choses se compliquent, et la chose évolue dans le cœur à pire.

C'est pourquoi l'Eglise nous présente un conseil important, dont nous nous rappelons au commencement de chaque jour, dans la prière de matines, et cela dans un extrait de l'épître de l'apôtre saint Paul aux Ephésiens, où il leur dit:

"Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation" (Eph. 4:1-4).

La réconciliation fait retourner les choses à leur voie, et fait disparaître la colère:

L'Esprit a béni ceux qui font ces réconciliations, dans sa parole: "Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu" (Matt. 5:9).

Nous pouvons aussi triompher de la colère par la prière et les hymnes:

PAR LA PRIERE ET LES HYMNES:

Saint Evagrius dit: "Si la colère se soulève, elle peut être calmée par les psaumes, la générosité et la miséricorde ..... "Si la colère est agitée, elle peut être apaisée par les hymnes, la longanimité et la miséricorde."

Si donc la colère s'enflamme en vous, levez votre cœur vers Dieu: demandez-Lui de vous donner la tranquilité, la douceur, la patience, et la tolérance. Priez aussi pour la cause de la colère, et pour que Dieu intervienne pour résoudre le problème. Priez pour la personne qui vous a provoqué, non seulement pour que Dieu vous fasse justice de lui, mais pour son éternité, et pour que Dieu vous pardonne et lui pardonne. Dites-Lui: "Seigneur, si j'ai scandalisé cet homme ou que je l'ai irrité ou que je l'ai affligé en quoique ce soit, pardonnez-moi, et délivrez-le de la colère, et faites la réconciliation entre moi et lui."

Alors la grâce vous atteindra, et Dieu vous accordera le calme et la paix.

Nous pouvons aussi vaincre la colère par la vertu de la longanimité et la largesse du cœur ou la patience.

PAR LA PATIENCE ET LA LARGESSE DU CŒUR"

Certaines gens n'ont pas de patience. Ils se mettent rapidement en colère, et pour des raisons qui sont des plus insignifiantes. Quant à vous, soyez longanime et patient. Souvenez-vous de la parole de la Sainte Bible à propos de Salomon le Sage "Dieu donna à Salomon de la sagesse, une très grande intelligence, et des connaissances multipliées comme le sable qui est au bord de la mer" (1 Rois 4:29). Rappelez-vous de la vérité suivante en ce qui concerne la longanimité:

Si vous jetez un morceau de boue dans un verre d'eau, il le troublera. Mais si vous jetez cette boue dans l'océan, il ne sera pas troublé.

L'océan prend ce morceau de boue, et le répand tout calmement dans ses profondeurs sans se troubler. Soyez vous-même ainsi, large de cœur, et ne vous affligez pas pour toute raison. Ici je me rappelle de la parole de l'apôtre saint Paul aux Corinthiens:

"Notre bouche s'est ouverte pour vous, Corinthiens, notre cœur s'est élargi. Vous n'êtes point à l'étroit au dedans de nous; mais vos entrailles se sont rétrécies. Rendez-nous la pareille, je vous parle comme à mes enfants, élargissez-vous aussi" (2 Cor. 6: 11-13).

A cause de tout cela, je dis de la vertu de la tolérance:

"La vertu de la tolérance ne peut pas être acquise seule, mais elle est unie à d'autres vertus.

Il y entre aussi les vertus de la charité, de la douceur, et de la bonté du cœur..........etc.

LE RAPPEL DE L'EXEMPLE DE DIEU

Si nous nous mettions en colère quand les gens nous maltraitent, l'exemple que Dieu a laissé devant nous, ne serait pas raffermi en nous: car les hommes l'offensent de toutes les manières, ils désobéissent à ses commandements, parfois même ils s'irritent contre Lui, et ils blasphèment, et malgré tout cela, Il pardonne, et ne leur répond pas par le résultat de leurs fautes......Un saint dit"

Chaque fois que je vois la colère des gens, mon amour augmente pour Dieu qui supporte toutes nos mauvaises actions sans se mettre en colère.

Vraiment, combien Dieu est merveilleux dans son tolérantisme........ Il supporte toutes les fautes, de toutes les gens, et dans tous les âges. Il reste encore dans sa poitrine divine beaucoup de place pour les fautes des gens à l'avenir aussi, malgré qu'ils sont ses créatures et ses esclaves.......tandis que les gens ne supportent pas une seule faute contre leurs droits, de la part des êtres humains qui leur sont égaux, ou peut-être qui leur sont supérieurs.

Si donc nous sommes combattus par la colère contre quelqu'un, rappelons-nous combien de fois nous avions péché contre Dieu, et Il ne s'est pas mis en colère contre nous!!

Apprenons de Dieu: la patience, le tolérantisme, le pardon, le manque de colère, de ne pas traiter les gens comme ils nous traitent, et de ne pas rétribuer toute faute......

Nous nous rappelons aussi d'une chose étrange....... c'est qu'après avoir péché contre Dieu, nous nous mettons debout pour prier à Lui, et pour nous entretenir avec Lui, et nous Lui faisons des demandes........sans Lui présenter des excuses, ou même sans nous réconcilier avec Lui.....

16. LA TRANQUILITE DE LA VOIX ET DES APPARENCES

L'homme peut s'entraîner à deux choses; ce sont: la haute voix, et la voix aigue, afin que sa colère ne se transforme pas en cri et querelle.

La voix haute est un scandale, et elle expose et annonce la colère devant les gens. Elle montre la personne en colère comme un être humain incapable de maîtriser ses nerfs, incapable de garder sa tranquillité pendant la discussion. Ceci est une chose déshonorante à tous les points de vue, et un sujet de critique, quel qu'il ait raison.

Combien beau, il serait pour pareille personne en colère, de prendre l'exemple de notre Seigneur Jésus-Christ dont il a été dit de la douceur de son entretien et de sa discussion:

"Il ne contestera point, il ne criera point, et personne n'entendra sa voix dans les rues" (Matt: 12-19).

C'est ainsi qu'il a été du Seigneur dans l'Ancien Testament, lorsqu'Il s'entretenait avec Elie: Il lui parla en "un murmure doux et léger" (1 Rois 12:19).

C'est pourquoi, essayez de contrôler la hauteur de votre voix, quand vous êtes en colère.

Avec une voix haute, vous voudriez vaincre par vos nerfs, et non pas en convaicant.

Quant à l'homme fort de son opinion, confiant dans ses preuves et ses arguments et sa conviction, il n'a absolument pas besoin de la hauteur de la voix. Il ne ressent pas à l'intérieur de lui-même, une faiblesse ou un manque qu'il essaye de compenser par la voix haute.

Souvent les voix des deux partis s'élèvent dans la discussion, à tel point que vous ne pouvez pas distinguer la voix de l'un de la voix de l'autre.

Dans la violence de la colère, l'un ne laisse pas l'occasion à l'autre, pour parler. Mais il l'interrompt pour parler lui-même. Il ne supporte pas d'entendre sa voix, et il essaye de le faire taire, afin de dire ce qu'il veut dire. Les gens regardent dans l'étonnement, et ne peuvent pas respecter ou suivre cette discussion exaspérée..........

Il se peut que la forme de la colère soit la voix aigue et violente.

Même si la voix n'est pas haute, mais son ton fort et dur, manifeste un cœur révolté et des nerfs enflammés, qui pourraient provoquer celui qui l'entend. Car elle insinue que celui qui parle, prononce ses mots avec autorité, ou avec un style défiant.

Si la voix est aigue et haute à la fois, elle ne peut pas être tolérée. De même si elle est accompagnée de traits irrités.

Regardez votre face dans un miroir, quand vous êtes en colère, et vous verrez qu'il n'est pas facile de tolérer vos traits. C'est pourquoi entraînez-vous à la tranquillité de la voix et des traits.

17. ENTRAINEMENTS DIVERS


1. Entraînez-vous à ne pas vous mettre en colère. Ne soyez pas la cause de la colère d'autrui.

2. Eloignez-vous autant que possible des causes provocantes. N'agrandissez pas l'importance des raisons, et ne prenez pas les choses comme des crises.

3. Si vous trouvez du feu, ne soufflez pas dessus, et n'y mettez pas du combustible.

4. Fréquentez les humbles, afin d'apprendre d'eux, la tranquilité et la maîtrise de soi, et le manque de colère, quelles que soient les provocations, tout en prenant simplement les choses.

5. Ne vous entendez pas avec les gens pendant que vous êtes très fatigué corporellement ou quand vous n'êtes pas disposé à tolérer, ou pendant que vous avez l'esprit ou les nerfs fatigués.

6. Choisissez le bon moment pour la discussion. Ne discutez avec personne pendant que vous êtes très fatigué, ou occupé, ou pendant que l'autre parti n'est pas disposé à s'entretenir avec vous.

7. Ne faites pas pression sur les autres, et ne fatiguez pas leurs nerfs en insistant.

8. Pensez au repos de celui qui vous irrite avec l'esprit de charité, et non pas à votre propre repos, même si vous avez raison.

9. Ne soyez pas rapide à vous mettre en colère, mais essayez de comprendre les autres. Car souvent l'homme colère est précipité et étourdi. Il juge avant de comprendre.

10. Il y a beaucoup de provocateurs, qui veulent troubler les atmosphères claires. Ne croyez pas à tout ce qu'ils disent, et ne vous emportez pas rapidement sans investigation.

11. Mettez-vous en esprit que la colère ne résout pas les problèmes, mais elle les complique.

12. Ne croyez pas que la virilité consiste à soulever et à abaisser le monde, car le tolérantisme est la preuve de la force, et la nervosité est un signe de faiblesse et de scandale.

13. Entraînez-vous à l'affabilité, à la tranquillité des traits, de la voix et des mouvements.

14. N'attendez-vous pas à des modèles de gens qui si vous ne les trouvez pas, vous vous mettez en colère. Mais plutôt vivez dans ce qui arrive effectivement, et traitez chacun selon son tempérament.

15. Ne demandez pas des comptes difficiles à toute personne pour toute expression et toute action. N'expliquez pas ses paroles en soupçonnant des significations qui pourraient être fatigantes.

16. Abandonnez la sensitivité excessive envers votre dignité et vos droits, qui vous met en colère pour la moindre raison, et vous perdre l'amitié et la fréquentation des gens.

17. Ne vous posez pas en instructeur des autres, ni en surveillant des actions des gens. Ne critiquez pas beaucoup, ne réprimandez pas beaucoup, et ne gouvernez pas beaucoup.

18. Ne soyez pas sévère dans vos reproches, afin de ne pas perdre vos amis.

19. Si vous tombez dans la colère, essayez de vous en débarrasser à son commencement, et ne la laissez pas évoluer à pire avec vous.

20. Surveillez les fautes dans lesquelles vous tombez pendant votre colère, et entraînez-vous à vous en débarrasser. Et comme vous remédiez aux résultats de votre colère, remédiez à ses causes.

22. N'essayez pas de contraindre les gens à accepter votre opinion, ou à suivre vos principes. Ne vous attendez pas à ce que toutes les choses se passent comme vous l'aimez.

23. Eloignez-vous de vous ingérer dans les affaires personnelles des gens. N'essayez pas de demander à quelqu'un de vous parler de ses secrets personnels et des secrets des autres.

24. Si quelqu'un se révolte contre vous, ne rencontrez pas sa révolte par une révolte. Mais plutôt agissez en vue de le tranquilliser autant que cela vous soit possible. Soyez pacifique dans vos transactions.

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Le Christ est venu répandre la Vie Spirituelle

Non de la lettre mais de l’Esprit, car la lettre tue et l'Esprit vivifie.

Le Pape Chenouda III

Une alliance entre Dieu et l’homme

Tu peux tout... Rien ne s'oppose à tes pensées

Vie de Pénitance et de Pureté

La Reconnaissance et la Fidélité

Méditations dans le Cantique « Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé. »

La Politique de l’Eglise Copte dans les Pays d’Emigration

Consacrez un jeûne

La généalogie à travers Joseph

Attendez le Seigneur

Le Sens de la Résurrection

Fidélité, Sérieux et Minutie

Je te Garderai partout tu iras, et je te ramenerai dans ce pays

Les Anges

Coeurs Durs et Coeurs Tendres

Accord christologique avec l'Eglise Catholique (1988)

Dieu cherche notre Salut

Le blasphème contre l’Esprit-Saint

Créateur du bien, Créateur du mal ?

Consolez ceux qui sont abattus, Supportez les faibles...

Soyez fermes, inébranlables