La reconnaissance et la fidélité sont des qualités opposées respectivement à l’ingratitude et la trahison.

La première reconnaissance, nous la devons à Dieu. Dieu qui nous a comblés de bienfaits, comme nous l’indique le psalmiste : “ Mon âme, bénis le Seigneur, et n’oublie aucun de ses bienfaits ” (Psaume 103:2). Dieu qui nous a créés alors que nous n’étions pas, qui nous a façonnés à Son image et Sa ressemblance, qui nous a donné la vie, l’intelligence, l’éternité et de nombreux dons. Enfin, Il a fait de nous des temples de Son Esprit Saint (1 Corinthiens 3:16).

Etant donné que nous devons à Dieu la reconnaissance, nier Ses faveurs envers nous serait un péché.

Les premiers à avoir commis cette ingratitude étaient Adam et Eve. Dieu les plaça dans un paradis où poussaient tous les fruits, Il leur donna le pouvoir sur tous les animaux de la terre, tous les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, et Il les bénit. Mais Adam et Eve trahirent Dieu et obéirent au serpent, enfreignant le commandement de Dieu. Ils voulurent devenir semblables à Dieu (Genèse 3 :5).

Joseph le Juste est un exemple de fidélité

Il demeura fidèle et refusa le péché avec toutes ses séductions et ses pressions : “ Comment ferais-je un aussi grand mal, et pécherais-je contre Dieu ? ” (Genèse 39 :9).

Il fut reconnaissant envers son père : il le fit venir en Egypte, il n’eut pas honte de le présenter à Pharaon, il l’établit dans la meilleure partie de l’Egypte, dans les terres de Gosen, avec ses frères qui l’avaient vendu comme esclave après avoir pensé le tuer. Joseph leur resta fidèle, même après la mort de leur père et il les nourrit eux et leurs enfants.

Un exemple de fidélité nous est donné par les amis de David qui l’entourèrent après que son fils Absalom l’eut trahi.

Ils lui restèrent fidèles et l’accompagnèrent alors qu’il montait la montagne des Oliviers nu-pieds, en pleurant et la tête couverte. Son conseiller Achitophel l’avait trahi et s’était rallié à Absalom. Parmi les fidèles, il y avait Huschaï l’Arkien qui vint au-devant de David, la tunique déchirée et la tête couverte de terre (2 Samuel 15 :32), et il donna à Absalom un conseil qui permit de sauver David d’entre ses mains (2 Samuel 16 :14).

Combien sont-ils ceux qui restent fidèles à une personne tant celle-ci est au pouvoir ! Et sitôt que le pouvoir n’est plus entre ses mains, ils s’empressent de la trahir et l’abandonner.

Les amis de David lui sont restés fidèles, alors que son propre fils l’avait trahi. Ce fils a disputé le règne de son père, il a détourné de lui des foules du peuple, il a provoqué une guerre contre lui. Il a même fauté avec ses concubines, suivant le conseil d’Achitophel, pour briser définitivement tout lien avec son père (2 Samuel 16 :20 :22).

Malgré tout cela, David resta fidèle à son fils qui l’avait trahi !

A son armée qui partait au combat contre Absalom, il recommanda: “ Doucement avec le jeune Absalom ” (2 Samuel 18 :5). Et quand son armée remporta la victoire, et que David apprit qu’Absalom avait été tué, il fut saisi d’émotion et pleura en disant : “ Mon fils, mon fils Absalom ! Que ne suis-je mort à ta place ! Absalom, mon fils, mon fils ” (2 Samuel 18 :33), si bien que la victoire, ce jour-là, fut changée en deuil.

Un exemple de fidélité admirable est celle qui liait David et Jonathan, fils du roi Saül.

Pour David, Jonathan se dressa contre son père au point de subir sa colère et son courroux. Jonathan, reprochant à son père de chercher à tuer David, lui dit: “ Que le roi ne commette pas un péché à l’égard de son serviteur David, car il n’en a point commis envers toi … Pourquoi pécherais-tu contre le sang innocent, et ferais-tu sans raison mourir David ? ” (1 Samuel 19 :4-6). Jonathan s’efforça de sauver David et y réussit (1 Samuel 20).

David fut reconnaissant envers Jonathan. A la mort de ce dernier, David eut ces mots émouvants : “ Je suis dans la douleur à cause de toi, Jonathan, mon frère ! … Ton amour pour moi était admirable … Comment des héros sont-ils tombés ? Comment leurs armes se sont-elles perdues ? ” (2 Samuel 1 :26,27).

La reconnaissance et la fidélité révèlent la noblesse du cœur et un comportement responsable.

 

Un autre exemple de reconnaissance est celle que les enfants doivent à leurs parents.

On raconte qu’un chef militaire attaqua une ville dans laquelle il avait deux amis. Le chef dit à ses amis : “ Prenez ce que vous avez de plus cher et fuyez avant que je ne détruise la ville ”. Les deux jeunes hommes prirent, l’un son père et l’autre sa mère et ils quittèrent la ville. Leurs parents étaient ce qu’ils avaient de plus cher dans la ville, et ils laissèrent derrière eux tous leurs biens …

Aujourd’hui, combien d’enfants délaissent leurs parents, les abandonnant dans des maisons pour personnes âgées, recherchant leur intérêt et leur tranquillité !

S’ils ne s’occupaient pas de leurs parents par reconnaissance, il pourraient au moins le faire par respect pour le commandement : “ Honore ton père et ta mère ” qui est le premier commandement avec une promesse (Ephésiens 6 :2), (Exode 20), (Deutéronome 5).

Un autre exemple : la fidélité des parents à leur devoir envers leur enfant

Ils lui doivent les soins : nourriture hygiène et santé ; s’ils négligeaient, même une seule fois, de le vacciner contre certaines maladies, sa santé en serait définitivement affectée. Ils sont également redevables de son enseignement, habillement et éducation. S’ils ne respectaient pas leur engagement, ils pourraient compromettre sa vie spirituelle et son avenir.

Ainsi, les parents servent leur enfant jusqu’à ce qu’il devienne adulte. Une fois adulte, nierait-il leurs bienfaits ?

Les exemples de fidélité et de reconnaissance dans le milieu familial sont nombreux …

Il y a aussi la fidélité d’un homme envers son pays.

Cette fidélité peut aller jusqu’au sacrifice pour le bien du pays, sa sécurité et le bonheur de ses citoyens.

On raconte qu’un enfant découvrit une brèche dans une digue. L’eau du fleuve s’écoulait par la brèche et risquait de submerger toute la ville. Il ne trouva rien pour combler la brèche, et il faisait nuit. Il s’introduisit alors dans la brèche et la combla avec son propre corps. Le lendemain matin on découvrit l’enfant mort. Il s’était sacrifié pour sauver sa ville.

Nous avons aussi l’exemple du soldat qui donne sa vie pour son pays.

 

La fidélité existe aussi chez les animaux, en particulier chez le chien.

Nombreuses sont les histoires qu’on raconte à ce sujet.

Comme l’histoire de cet homme qui quitta son village pour se faire soigner à la ville et dont l’absence se prolongea. Son chien, ne supportant pas l’absence de son maître, refusa de se nourrir et finit par mourir de chagrin …

Ou encore l’histoire de cette vieille femme qui avait un chien qu’elle soignait. Quand la vieille mourut, le chien se coucha près de sa tombe, refusant d’en bouger, et il finit par mourir lui aussi.

Ou encore l’histoire de Saint Andronicus qui, traversant une forêt, entendit des gémissements. S’approchant, il trouva un lion qui avait une grosse épine dans la patte. Saint Andronicus retira l’épine et soigna le lion. Quelques années plus tard, quand vint le temps des persécutions, Saint Andronicus fut arrêté et jeté aux lions pour être dévoré. Mais, à la surprise des bourreaux, le lion tournait autour du saint en le reniflant et ne lui fit aucun mal … C’était le lion que Saint Andronicus avait soigné jadis. Le lion, reconnaissant, n’avait pas oublié le bienfait du saint dont les traits et l’odeur lui étaient restés dans la mémoire.

De même qu’un homme est fidèle envers son pays, il est également fidèle envers son Eglise.

Fidèle envers l’Eglise dans sa doctrine, ses dogmes et sa théologie : en les défendant, en y restant attachés et en refusant d’en suivre d’autres, quelles que soient les séductions.

Celui qui n’est pas fidèle à son Eglise et sa doctrine ne peut être fidèle à qui que ce soit.

Parmi les exemples d’infidélité grave : Judas Iscariote.

Le Maître le choisit comme apôtre, Il lui donna les pouvoirs avec les douze (Matthieu 10), Il lui confia la bourse et le soin des pauvres (Jean 13 :29). Malgré cela, Judas trahit son Maître. Il négocia avec ceux qui Lui voulaient du mal, prit les trente deniers et leur livra Jésus. Judas devint ainsi l’exemple de la trahison et de l’infidélité.

Comme autres exemples d’infidélité, nous trouvons l’infidélité d’Absalom envers son père, et celle d’Achitophel envers David son maître. Tous deux furent perdus : Absalom mourut à la guerre, et Achitophel s’étrangla (2 Samuel 17 :23).

Comme autre exemple d’infidélité : le serpent qui mord son maître qui le nourrit, et le tue.

La reconnaissance peut aussi s’exprimer envers son maître et son guide.

L’élève reconnaissant est fidèle à son maître et en est fier. Ainsi, Saint Paul était fier d’avoir été “ instruit aux pieds de Gamaliel ” (Actes 22 :3). Un proverbe arabe dit que “ De qui m’apprend un mot, je deviens le serviteur ”. Le livre “ Le Jardin des Moines ” est riche de nombreuses et étonnantes histoires à ce sujet.

Comme exemple de reconnaissance dans l’Eglise, nous trouvons la reconnaissance envers les saints.

Cette reconnaissance s’exprime par notre amour et notre respect pour eux, par les fêtes en leur mémoire, la lecture de leurs vies dans le Synaxaire ou d’autres livres, l’aspersion de leur reliques avec des parfums et des arômates les jours de leurs fêtes, l’appellation des enfants d’après leurs noms, la construction d’églises en leurs noms, la peinture de leurs icônes, l’encensement de ces icônes et les cierges que l’on brûle devant elles, les doxologies et les cantiques que l’on chante pour leur louange, la mention de leurs noms dans nos prières et nos messes, et enfin l’importance accordée à leur enseignement et à l’apprentissage de leurs dires.

Certains pays expriment une grande reconnaissance envers leurs héros, leurs dirigeants, leurs savants et toutes leurs personnalités historiques.

Leurs noms sont donnés aux avenues, leurs statues sont sur les places les plus célèbres, leurs photos et leurs biographies sont diffusées. Leur vie fait souvent le sujet de thèses scientifiques, des poèmes sont composés en leur honneur, et leurs tombes sont visitées et fleuries.

La fidélité à la promesse est encore une autre forme de fidélité.

Que ce soit une promesse faite à un homme ou un vœu fait à Dieu. le Livre de l’Ecclésiaste : nous enseigne que “ Mieux vaut pour toi de ne point faire de vœu, que d’en faire un et de ne pas l’accomplir ” (Ecclésiaste 5 :4). Un vœu peut porter sur un bien matériel comme une donation d’argent ou un sacrifice. L’homme peut aussi faire vœu de sa personne à Dieu : comme le vœu de chasteté ou la consécration.

Comme autres formes de fidélité, citons la fidélité à l’engagement pris.

L’homme qui ne respecte pas sa promesse n’inspire aucune confiance. De même, celui qui n’honore pas son engagement n’est ni responsable ni honnête. Par contre, celui qui respecte sa promesse, même si elle est orale, celui-là est un homme de parole qui respecte autrui et qui mérite le respect.

Enfin, citons la reconnaissance de la dette.

Quiconque emprunte un objet ou une somme d’argent doit restituer ce qu’il a emprunté. Certains empruntent de l’argent puis disparaissent. Là, ce n’est pas seulement une infidélité, c’est aussi de la malhonnêteté.

Ainsi, notre fidélité doit s’exprimer non seulement dans les questions religieuses mais aussi dans nos activités matérielles et dans toutes nos relations, afin que règne la confiance.

Enfin, soyons reconnaissants envers quiconque nous a fait du bien, ne serait-ce que par un conseil ou une parole utile.

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