Dieu a-t-il formé des créatures pour apparaître ainsi aux hommes, ou ces apparitions ont-elles eu lieu par le ministère des anges? Dans ce cas, ces esprits célestes, usant de la puissance que le Créateur leur a accordée, employaient les créatures de la manière qui leur paraissait la plus propre à former ces apparitions. Mais quant à l’essence divine, considérée en elle-même, jamais elle n’a été vue sur la terre.

Nous vous avons donné chaque jour des instructions morales, tandis qu'on lisait soit l'histoire des patriarches, soit les maximes des Proverbes, afin que formés et instruits par là, vous vous accoutumiez à entrer dans la voie de nos ancêtres, à suivre leur chemin et à obéir aux oracles de Dieu et qu'ainsi, une fois renouvelés par le baptême, vous meniez le genre de vie qui convient à ceux qui ont été purifiés.

PREFACE

Il était sept heures du soir et le silence planait sur les lieux, quand je commençai à piétiner le sable du désert avec mon père le moine. Tantôt nous marchions, et tantôt nous nous arrêtions, en méditant sur des sujets trop élevés pour être écrits par une plume humaine.

L’image de Dieu ne se trouve pas dans la mémoire, l’intelligence et l’amour, quand ces facultés ont pour objet la foi aux choses du temps, ou les opérations de l’âme sur elle-même , mais quand elles s’appliquent aux choses immuables. Elle est parfaite quand l’âme est renouvelée à la connaissance de Celui qui a créé l’homme à son image, et qu’elle reçoit ainsi la Sagesse où se trouve la contemplation des choses éternelles.

La femme est liée à la loi aussi longtemps que vit son mari ; que si son mari s'endort, elle est libre de se marier à qui elle voudra, mais souvent dans le Seigneur, Cependant elle sera plus heureuse si elle demeure comme elle est. (I Cor. VII, 39, 40).

En écrivant cet ouvrage dont vous m’avez suggéré la première pensée, Marcellinus, mon très-cher fils, et que je vous ai promis d’exécuter, je viens défendre la Cité de Dieu contre ceux qui préfèrent à son fondateur leurs fausses divinités; je viens montrer cette cité toujours glorieuse, soit qu’on la considère dans son pèlerinage à travers le temps, vivant de foi au milieu des incrédules, soit qu’on la contemple dans la stabilité du séjour éternel, qu’elle attend présentement avec patience a, jusqu’à ce que la patience se change en force au jour de la victoire suprême et de la parfaite paix.

Argument. — Après avoir parlé, dans le livre précédent, des maux qui regardent l’âme et les moeurs, saint Augustin considère ici les maux qui regardent le corps et les choses extérieures ; il fait voir que les Romains, dès l’origine, ont eu à endurer cette dernière sorte de maux, sans que les faux dieux, qu’ils rien adoraient librement avant l’avènement du Christ, aient été en capables de les en préserver.

Argument. — Il est prouvé dans ce livre que la grandeur et la durée de l’empire romain ne sont point l’ouvrage de Jupiter, ni des autres dieux du paganisme, dont la puissance est restreinte à des objets particuliers et à des fonctions secondaires, mais qu’il en faut faire honneur au seul vrai Dieu, principe de toute félicité, qui forme et maintient les royaumes de la terre par les décrets souverains de sa sagesse.

Argument. — Après avoir établi dans le livre précédent qu’il ne faut point adorer les démons, cent fois convaincus par leurs propres aveux d’être des esprits pervers, saint Augustin prend à partie ceux d’entre ses adversaires qui font une différence entre deux sortes de démons, les uns bons, les autres mauvais ; il démontre que cette différence n’existe pas et qu’il n’appartient à aucun démon, mais au seul Jésus-Christ, d’être le médiateur des hommes en ce qui regarde l’éternelle félicité.

Saint Augustin discute d’abord la question du fatalisme, pour confondre ceux qui expliquaient la prospérité de l’empire romain par le fatum, comme il a fait précédemment pour ceux qui l’attribuaient à la protection des faux dieux. Amené de la sorte à traiter de la prescience divine, il prouve qu’elle n’ôte point le libre arbitre de notre volonté. Il parle ensuite des anciennes moeurs des Romains, et fait comprendre par quel mérite ou par quel arrêt de la divine justice ils ont obtenu, pour l’accroissement de leur empire, l’assistance du vrai Dieu qu’ils n’adoraient pas. Enfin il enseigne en quoi des empereurs chrétiens doivent faire consister la félicité.

Saint Augustin en vient à la troisième espèce de théologie, dite naturelle, et la question étant toujours de savoir si le culte de cette sorte de dieux est de quelque usage pour acquérir la vie éternelle, il entre en discussion à ce sujet avec les platoniciens, les plus éminents entre les philosophes et les plus proches de la foi chrétienne. Il réfute en ce livre Apulée et tous ceux qui veulent qu’on rende un culte aux démons à titre de messagers et d’intermédiaires entre les dieux et les hommes, faisant voir que les hommes ne peuvent en aucune façon avoir pour intercesseurs utiles auprès de bonnes divinités, des démons convaincus de tous les vices et qui inspirent et favorisent les fictions des poètes, les scandales de la scène, les maléfices coupables de la magie, toutes choses odieuses aux gens de bien.

Ici commence la seconde partie de l’ouvrage, celle qui a pour objet propre d’exposer l’origine, le progrès et le terme des deux Cités. Saint Augustin montre en premier lieu la lutte de la Cité céleste et de la Cité terrestre préexistant déjà dans la séparation des bons anges et des mauvais anges, et à cette occasion, il traite de la formation du monde, telle qu’elle est décrite par les saintes Ecritures au commencement de la Genèse.

Saint Augustin discute premièrement deux questions sur les anges : d’où est venue aux bons anges la bonne volonté et aux mauvais anges la mauvaise? quelle est la cause de la béatitude des uns et de la misère des autres? Il traite ensuite de la création de l’homme et prouve que l’homme n’existe pas de toute éternité, mais qu’il a été formé dans le temps, et sans autre cause que Dieu.

Saint Augustin traite encore du péché originel, source de la vie charnelle de l’homme et de ses affections vicieuses. Il s’attache surtout à faire voir que la honte qui accompagne en nous la volupté est le juste châtiment de la désobéissance primitive, et cherche comment l’homme, s’il n’eût pas péché, eût engendré des enfants sans aucun mouvement de concupiscence.

Ce livre traite de la fin de chacune des deux cités. On y examine les théories des philosophes sur le souverain bien, et leurs vains efforts pour se faire à eux-mêmes en cette vie une félicité parfaite. Tout en réfutant soigneusement ces doctrines, saint Augustin montre en quoi consiste la félicité du chrétien, ce qu’elle peut être dans la vie présente, ce qu’on a droit d’espérer qu’elle sera dans la vie future.

Ayant traité, dans les quatre livres qui précèdent, de l’origine des deux cités, saint Augustin en expose le progrès dans les quatre livres qui suivent, et, pour cela, il s’attache aux principaux passages de l’Histoire sainte où ce progrès est indiqué. Dans le présent livre, en particulier, il commente le récit de la Genèse depuis Caïn et Abel jusqu’au déluge.

Lorsque Jésus apparaissait à ses disciples après Sa résurrection, Il leur disait: « La paix soit avec vous » (Jean 20:19,20), (Luc 24:36), (Mt 28:9). Ce sont les mêmes paroles que répètent l’évêque ou le prêtre dans les prières liturgiques, et spécialement dans les prières de la divine messe.

Différence entre la vraie patience et la fausse. — Exhortation à pratiquer la vraie patience, par laquelle nous supportons les maux en vue de la vie éternelle et par le motif de l'amour de Dieu. — Cette vertu n'est pas l'oeuvre des forces de notre libre arbitre, mais bien de la grâce de Dieu.

Saint Irénée a connu personnellement saint Polycarpe qui avait, personnellement, connu saint Jean ; saint Irénée a recueilli l'écho de la prédication des derniers Apôtres et des derniers contemporains de Jésus ; et l'étendue de son esprit égale la profondeur de sa foi. De là l'exceptionnelle importance que présente l'étude de sa pensée.

Il y a dans l’homme, qui est l’image de Dieu, une espèce de trinité , à savoir : l’âme, la connaissance que l’âme a d’elle-même et l‘amour qu’elle a pour elle-même et pour sa propre connaissance ; et ces trois choses sont égales entre elles et de la même essence.

On retrouve une image de la Trinité même dans l’homme extérieur; d’abord dans ce qui se voit au dehors, à savoir : dans le corps qui est vu, dans l’image qu’il imprime dans l’œil, et dans la volonté qui les relie l’un à l’autre. Toutefois ces trois choses ne sont point égales entre elles, ni d’une même substance. De plus dans l’âme elle-même , d’après les sensations qui lui viennent du dehors, on trouve une autre trinité qui s’est comme introduite chez elle, pu, si l’on veut, trois choses d’une même substance: l’imagination du corps qui est dans la mémoire, puis l’information quand la pensée tourne là son attention, et enfin la volonté qui les unit : trinité que nous rattachons à l’homme extérieur, parce qu’elle provient des corps extérieurs et sensibles.

CHAPITRE PREMIER. Le souffle du malheur pousse la plupart des hommes vers le port de la vie bienheureuse. Trois espèces de navigateurs sur la mer de ce monde. La montagne de l'orgueil. Saint Augustin, longtemps égaré, s'est enfin dirigé vers le port. A quelle occasion eut lieu la discussion qui fait l'objet de ce livre?

L'auteur pose d'abord la question de l'Origine du Mal; puis il explique en quoi consiste la Malice d'un acte coupable ; il montre ensuite que les actes mauvais procèdent du Libre Arbitre ou de la libre détermination de la volonté humaine , parce que la raison n'est contrainte par personne à se soumettre à la passion, qui domine dans tout acte mauvais.

En quoi consiste le mensonge ? Peut-on quelquefois mentir? Telles sont les questions que le saint Docteur se propose de discuter. —Exemples à l'appui ; raisons pour et contre. — Huit espèces de mensonges. — Elles sont examinées tour à tour et rejetées. — Conclusion : Il ne faut jamais mentir.

1. Le sexe est le saint des saints du corps humain. C’est pour cela qu’il convient d’aborder les sujets relatifs au sexe avec beaucoup d’humilité et une parfaite sérénité. Il est préférable de ne pas traiter ces sujets dans des réunions d’une manière simpliste ou trop libre qui pourrai susciter des commentaires déplacés ou des plaisanteries de la part des jeunes.

Je me souviens que quand j'étais encore à Rome, il y a environ cinq ans, je lisais à sainte Blesille le livre de l'Ecclésiaste, pour la porter au mépris du monde en lui faisant connaître la fragilité et la vanité des créatures, qui portent tant de marques du néant d'où elles ont été tirées.