Ce livre est le fruit de plus de quinze conférences qui avaient toutes été données à la "Grande Cathédrale" au couvent de l'Amba Roueis au Caire, (sauf les trois premières conférences). L'heure est venue de les publier par suite d'une requête du conseil des Eglises du Moyen-Orient qui a décidé de consacrer sa réunion de la mi-septembre 1984 à la foi.

 

Quant à ces conférences, les sources de ce livre, elles sont d'après l'ordre chronologique comme suit:
1. Une conférence donnée au symposium sur la foi qui s'est réuni dans l'église de Mansoura le premier juin 1966.
2,3. Deux conférences sur la foi données à la "Salle saint Marc" au couvent de l'Amba Roueis les vendredis 8 juillet 1966 et 15 juillet 1966.
4 à 7. Quatre conférences données à la "Grande Cathédrale" en 1971 en méditation sur: "selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun" (Rom. 12:3).
8. Une conférence sur la foi, donnée à la "Grande Cathédrale" vers la fin de mai 1973 à l'occasion de la translation au Caire des reliques de saint Athanase l'Apostolique.
9. Une conférence sur les obstacles à la foi, donnée le vendredi 23 mai 1975.
10. Conférence du vendredi 22 février 1980 sur "regardant ce qu'on ne voit pas".
11. Conférence du vendredi 25 juillet 1980 sur "la simplicité de la foi"
12. Conférence du vendredi 26 septembre 1980 sur "ne sachant où il allait"
13. Conférence du vendredi 3 octobre 1980 sur "une démonstration des choses qu'on ne voit pas"
14. Conférence du vendredi 14 août 1981 sur l'obéissance de la foi"
15. Des conférences diverses publiées dans la revue "Al Kiraza" (La Prédication)

J'ai enregistré ici ces dates pour quiconque désirerait acquérir les enregistrements vocaux concernant la vie de foi, en espérant pour le cher lecteur une vie pleine de foi.

Le pape Chénouda III

Préface

La foi n'est pas une simple adopton d'un groupe de croyances que nous récitons dans le "credo". Mais la foi est une vie que nous vivons, ou elle est une croyance qui nous conduit à une vie.

Car, quelle sera l'utilité de croire en Dieu, si tu n'as pas de relation avec ce Dieu: tu lui obéis, tu l'aimes, et tu le fréquentes de façon à mériter de le fréquenter pour toujours dans son royaume?
Quelle sera l'utilité de croire à l'éternité et à la vie après la mort, si tu ne te prépares pas pour elle par la pénitence, par la vigilance spirituelle continue, et par l'amour de Dieu?
Quelle sera l'utilité de croire à la vertu, si tu ne la vis pas?

C'est pourquoi il y a une très grande différence entre la foi rhétorique qui ne sauve pas l'âme, et la foi pratique dont les fruits apparaissent dans ta vie. C'est ainsi que tu vis la vie de foi. Nous avons composé ce livre en vue de la vie de foi.

Nous t'expliquerons ce qu'est la foi, et quels sont ses degrés et ses genres, quelle est l'importance de la foi dans notre vie, et combien elle est grandiose. Nous avons voulu nous arrêter un peu à la parole de l'apôtre saint Paul: "Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes" (2Cor. 13:5). Car tout être humain qui dit qu'il est croyant, n'est pas de fait croyant. Mais la mesure de cela c'est la parole du Seigneur:Vous les reconnaîtrez à leurs fruits" (Matt. 7:16).

Car il y a celui qui possède le nom de croyant, mais qui n'a pas le cœur d'un croyant, ni la vie d'un croyant. Quelle est donc cette vie du croyant?

La vie de foi est reliée à la paix, à la tranquilité, et à l'absence de peur. S'il tombe dans la peur, le Seigneur lui dit: "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?" (Matt. 14:31). La vie du croyant est reliée à la pureté de la conduite, car le croyant sent toujours que Dieu est devant lui, qu'Il voit, entend et enregistre tout ce qu'il fait. C'est pourquoi il ressent de la modestie et craint de pécher devant Dieu. La vie du croyant est la vie d'abandon à la volonté divine, dans la complète confiance que Dieu est le Bienfaiteur, et que tout ce qu'Il permet est bien. C'est pourquoi les enfants de Dieu vivent par la foi, tranquilles, joyeux, et satisfaits de tout ce que le Seigneur veut pour eux. La vie de foi ne voit rien d'impossible au Seigneur, mais comme il dit: "Tout est possible à celui qui croit" (Marc 9:23).

Pour cela, le croyant n'est pas ébranlé durant n'importe quelle tribulation qui lui arrive, mais il croit pleinement que Dieu a plusieurs solutions, et qu'il interviendra nécessairement et fera sa volonté... Le croyant ne discute pas avec Dieu et il n'argumente pas sur ce qu'Il fait, mais il accepte toute chose avec une confiance complète dans la sagesse et dans l'amour de Dieu. Le croyant regarde toujours ce qu'on ne voit pas, plus qu'il ne regarde les choses visibles, "car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles" (2 Cor. 4:18). Les champions de la foi ne sont pas seulement ceux qui ont défendu les croyances, mais ce sont ceux qui ont vécu dans la foi vive et fructueuse qui agit dans la charité.

Ce livre qui est entre tes mains te donne une idée simplifiée de la vie de foi, comment elle doit être, et comment tu éprouves d'une façon pratique si tu es dans la foi.

Le pape Chénouda III

CHAPITRE 1

Combien grandiose est la foi

L'importance de la foi apparaît clairement dans la parole de l'apôtre par rapport au Seigneur: sans la foi, il est impossible de Lui être agréable" (Hébr. 11:6)

L'importance de la foi apparaît aussi en ce que l'apôtre l'a décrite comme étant l'une des trois grandes vertus: "la foi, l'espérance et la charité" (1Cor.13:13); et il a cité qu'elle est le moyen par lequel le juste vit, en disant: "Et mon juste vivra par la foi" (Hébr. 10:38).

La foi est le commencement de la route qui conduit à Dieu. Car comment pourrais-tu être fermement établi en Dieu, et comment Dieu pourrait-il être fermement établi en toi, et comment pourrais-tu marcher avec Dieu et garder ses commandements, si, d'abord, tu ne croyais pas en son existence et en ses attributs divins, et si tu ne croyais pas en son Livre et en tout ce qui y a été mentionné..?

La foi est donc, le commencement de la route vers Dieu, et la première des conditions qui sont nécessaires au salut; selon la parole du Seigneur lui-même: "Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé" (Marc 16:16); "afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle" (Jean 3:16); "Celui qui croit en lui n'est point jugé; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé" (Jean 3:18). De même il a réprimandé les juifs en disant: "si vous ne croyez pas ce que suis, vous mourrez dans vos péchés" (Jean 8:24).

Le sang du Christ existe, il peut sauver toute personne. Mais il ne sauve pas sans la foi. C'est pourquoi les saints Paul et Sila dirent au gardien de la prison à Philippe: "Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille" (Actes 16:31).

C'est pour cette foi que les évangiles furent écrits, et que les apôtres prêchèrent.

Ainsi dit saint Jean l'évangéliste en écrivant par l'intuition du Saint-Esprit: "...Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom" (Jean 20:31). La foi est le commencement de la vie avec Dieu, et elle est le compagnon de la route durant toute cette vie; c'est pourquoi l'importance de la foi consiste dans son rapport avec la justice. Ainsi l'apôtre parle de "la justice qui s'obtient par la foi" (Hébr. 11:7), et de la foi qui "fut imputé à justice" (Jacques 2:23). L'Ecriture Sainte parle de la justification par la foi (Rom. 5:1). La foi est l'élément fondamental nécessaire à l'exécution des miracles et à leur acceptation.

Pour cela combien grandiose est la parole du Seigneur à l'aveugle de Jéricho Bartimas: "ta foi t'a sauvé" (Luc 18:42 ; Marc 10:52). Combien belle est sa parole à ce lépreux qui fut purifié: "ta foi t'a sauvé" (Luc 17:17). De même il dit à la femme atteinte d'une perte de sang: "Prend courage, ma fille, ta foi t'a guérie" (Matt. 9:22). De même, quand il entendit les deux aveugles qui criaient: "Aie pitié de nous, Fils de David!" (Matt. 9:27), il leur dit: "Qu'il vous soit fait selon votre foi. Et leurs yeux s'ouvrirent" (Matt.9:29). D'un autre point de vue, nous voyons que le Seigneur quand il vint à sa patrie, "il ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité" (Matt. 13:58).

La force de Dieu est capable de faire des merveilles avec toi. Mais elle attend ta foi. Il te donne selon ta foi. C'est pourquoi les miracles s'opèrent avec certaines gens, et ne s'opèrent pas avec d'autres, tandis que la force de Dieu est la méme.

Mais que dire à propos de la personne faible de foi? Celle-ci doit prier avec le père de l'enfant possédé d'un esprit muet: "Je crois! Viens au secours de mon incrédulité" (Marc 9:24). Là, nous disons que Dieu opère le miracle dans la plupart des cas selon la foi, mais....dans d'autres cas il opère le miracle afin que nous croyions.

Ainsi, dans les deux cas, la foi est liée au miracle, ou bien elle lui est antérieure, ou bien elle est le résultat du miracle Quelque soit son genre, la foi est une force. Il suffit qu'un homme croit en une idée; vous le voyez agir avec la force du Christ pour la réaliser. La foi lui donne une détermination, une volonté et un courage qu'il n'avait pas auparavant.

Vraiment, partout où se trouve la foi, la force se trouve avec elle. La prière pleine de foi, c'est la prière forte. Celui qui croit à la prière et à son efficacité, vous le voyez prier avec chaleur, foi et force. Le sermon d'un homme qui croit à chaque mot qu'il prononce, est un sermon fort par lequel sa foi est transférée aux cœurs des gens.

Il est aussi de l'importance de la foi, qu'elle est reliée avec plusieurs vertus qui en découlent. Car, parmi les résultats de la foi, il y a la force, la tranquilité, le courage, la paix cordiale, l'absence de peur, le manque d'inquiétude.

Parmi ses fruits aussi, il y a la vie de pureté et de justice, la vie d'abandon complet à Dieu, la vie de dépouillement et d'ascèse, la vie de prière, et de nombreuses autres vertus. Nous te promettons, cher lecteur que nous ne finirons pas ce livre avant de te parler de tout cela, par la volonté de Dieu.

Mais maintenant, nous voulons poser une question: quelle est cette foi?
Quelle est cette foi dont parmi ses résultats, il y a le salut et la justification?
Quelle est cette foi dont parmi ses résultats, il y a toutes ces vertus?
Quelle est cette foi qui peut opérer des prodiges et des miracles, et dont le Seigneur a dit: "Tout est possible à celui qui croit"? (Marc 9:23)

CHAPITRE 2

Qu'est-ce que la foi?

 

"Une démonstration des choses qu'on ne voit pas"

" Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes" (2 Cor. 12:15).

QU'EST-CE QUE LA FOI?

Tout être humain qui adore Dieu pourrait prétendre le mot foi Peut-être qu'il ne serait pas vraiment croyant. Il pourrait avoir le nom de croyant, mais ne pas avoir le cœur d'un croyant. La foi n'est pas que l'être humain soit né d'une famille religieuse qui croit à l'existence de Dieu, et qu'il devienne spontanément croyant à l'existence de Dieu. Mais la foi a une signification, ou des significations qui sont beaucoup plus profondes. Oui, elle a un sens qui pourrait comporter la vie spirituelle toute entière, et elle a un sens qui pourrait opérer des prodiges.

Une fois, les disciples du Seigneur ne purent pas exorciser un démon d'une personne épileptique, alors ils demandèrent au Seigneur le secret de cela, et il leur dit: "C'est à cause de votre incrédulité" (Matt. 17:20) et il blâma la foule disant: "Race incrédule et perverse" (Matt. 17:17). Que cette race soit incrédule. Mais les apôtres du Seigneur lui-même, qu'ils soient désignés en ce temps par l'expression "votre incrédulité"!?Quelle terreur ! Là, le Christ continua disant à ses apôtres: "Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait" (Matt. 17:20).

En vérité, quelle est cette foi dont un grain de sénevé peut transporter la montagne?! C'est pourquoi l'apôtre a bien dit: "Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes" (2 Cor. 13:5). L'Ecriture nous raconte une chose étrange beaucoup plus grave que celaqu'est-ce que c'est? C'est la condition de l'homme qui semble croire au Seigneur, et qui prie et qui opère des miracles, mais qui n'est pas réellement croyant! Plutôt, il n'est pas agréable à Dieu! Voici le Seigneur lui-même qui dit: "

"Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux" (Matt. 7:21). Le Seigneur continue ses paroles en disant: "Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? N'avons-nous pas chassé des démons par ton nom? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement: "Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité" (Matt. 7: 22-23). Comment appellerons-nous ceux-là qui diront: Seigneur, Seigneurpar ton nom nous avons fait ceci et cela?Est-ce qu'ils sont des véritables croyants?

Peut-être que cette foi est une foi spécieuse, ou une foi par la forme, ou une foi nominale, ou une foi qui est simplement par l'intelligence; mais elle n'est pas la foi réelle qui est agréable à Dieu!

Quelle est donc la foi réelle qui est acceptable devant Dieu? Nous demandons au Seigneur et il répond: "Ceux qui me disent: "Seigneur, Seigneur! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux" (Matt. 7:21). Ceci nous rappelle aussi l'histoire des vierges folles qui employèrent l'expression: Seigneur, Seigneur, et qui se tinrent derrière la porte fermée disant: "Seigneur, Seigneur, ouvre-nous". Alors elles entendirent sa réponse franche et terrifiante: "Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas" (Matt. 25:12).

L'expression: "Seigneur", ne te profitera absolument pas si tu attends l'époux avec une lampe où il n'y a pas d'huile, ou si tu viens après que la porte soit fermée...

Qu'est-ce que donc la foi? Et quelle est sa relation avec l'huile qui symbolise le Saint-Esprit et l'Onction sacrée? Et quelle est sa relation avec la volonté du Père qui est aux cieux? C'est la foi vive, agréable à Dieu, comme nous l'expliquerons en détail ci-après. Donc, la foi n'est pas simplement une croyance, mais elle est aussi une vie.

Tu peux l'examiner par ses fruits dans ta vie....Car ainsi dit le Seigneur: "Vous les reconnaîtrez à leurs fruits Tout bon arbre porte de bons fruits Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez" (Matt. 7: 16-20). Par ceci tu éprouves ton âme: est-ce que ta foi a des fruits? Car c'est "à leurs fruits que vous les reconnaîtrez". C'est ainsi que nous enseigne saint Jean le bien-aimé: "par là nous savons que nous l'avons connu"Comment?...."Si nous gardons ses commandemants." "Celui qui dit: Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandemants, est un menteur, et la vérité n'est point en lui" (1 Jean 2: 3-4). Donc, l'épreuve de la foi, c'est la vie d'obéissance aux commandemants de Dieu. Celui qui n'a pas cette obéissance n'est pas réellement croyant. Même nous ne disons pas qu'il a connu Dieu.

Il y a plusieurs autres moyens d'éprouver la foi, dont nous parlerons dans un chapitre spécial. L'apôtre saint Paul nous présente une liste merveilleuse des hommes de la foi, dans son épître aux Hébreux (Hébr. 11). Ils sont tous du genre de ceux-là chez qui la foi apparaissait dans leurs vies privées. Par exemple, notre père Enoch dont l'Ecriture ne dit pas qu'il avait défendu une croyance déterminée comme saint Athanase l'apostolique qui avait défendu la foi contre l'arianisme, ou comme le grand saint Cyrille qui avait défendu la foi contre le nestorianisme, et comme le reste des champions de la foi dans les croyances Mais Enoch était parmi les champions de la foi parce qu'il "était agréable à Dieu" (Héb. 11:5); ou comme dit le livre de la Genèse: il "marcha avec Dieu (Gen. 5:22).

Il se peut que tu ne sois pas un théologien profond dans la connaissance comme saint Athanase ou comme saint Cyrille. Mais, sans doute, tu peux vivre dans le style de notre père Enoch qui marcha avec Dieu; tu peux vivre comme le reste des hommes de la foi que l'apôtre saint Paul a cités, ceux-là qui: ".reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre..Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c'est-à-dire une (patrie) céleste" (Héb. 11: 13,16).

Notre père Abraham était un homme de la foi, parce qu'il obéit "lors de sa vocation" (Héb. 11:8), et il partit derrière Dieu "sans savoir où il allait." Il fut compté parmi les hommes de la foi parce qu'il crut aux promesses de Dieu, même pendant qu'il offrait son fils unique, confiant "que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts" (Héb. 11: 17-19).

Sa femme Sara fut mise sur la liste des champions de la foi "parce qu'elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse" (Héb. 11:11). Donc, les champions de la foi ne sont pas seulement les champions de la défense de la croyance, mais aussi ceux-là qui ont cru au Seigneur, lui ont été agréables, ont marché avec lui, et ont exercé la justice (Héb.11:33).

De même, ceux-là qui "furent livrés aux tourments, et n'acceptèrent point de délivrance, afin d'obtenir une meilleure résurrection", et ceux-là qui "allèrent ça et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, eux dont le monde n'était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre" (Hébreux 11: 35-38). "Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage" (Héb. 11:39). Dans tout cela, l'Ecriture nous donne une signification large du mot foi.

Notre instructeur saint Paul nous dit en ce qui concerne cette signification de la foi: "Or la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas" (Heb. 11:1). L'expression: "choses qu'on ne voit pas" est très large. Nous entrerons bientôt dans ses détails, si Dieu veut. Mais nous disons comme exemple: tu espères beaucoup de choses après la mort, tu espères une autre vie qui demeure, et la compagnie des anges et des saints. Tu espères voir le Seigneur dans le paradis. Tu espères être ressuscité de la mort avec un corps spirituel incorruptible (1 Cor. 15). Tu espères le bonheur éternel après la résurrection générale. Tu es confiant que toutes ces choses existent, avec une confiance sûre et complète dans laquelle il n'y a pas de doute; sans avoir rien vu de tout cela voilà la foi.

LA FOI EST AU-DESSUS DU NIVEAU DES SENS.

Là, nous voyons que la foi s'élève au-dessus du niveau des sens:

Elle n'est pas en contradiction avec les sens. Mais c'est un niveau qui est plus élevé que le niveau des sens. C'est une puissance supérieure à la puissance des sens qui ont un domaine déterminé dont ils ne peuvent pas dépasser la limite. Car les sens matériels peuvent saisir les choses matérielles; mais il y a des choses immatérielles qui sont en dehors du domaine des sens matériels. Même la puissance des sens par rapport aux choses matérielles est aussi une puissance limitée. Souvent les sens utilisent de nombreux instruments pour les aider à connaître des choses matérielles plus minutieuses que ne peuvent connaître nos faibles sens. A plus forte raison donc, les choses immatérielles dont l'apôtre a dit: "des choses qu'on ne voit pas"

Souvent ce que l'on voit avec l'œil matériel, entre dans la sphère de la vue, et non pas dans la sphère de la foi (2 Cor. 5:7). Par exemple, l'âme est invisible, elle est insaisissable par les sens matériels, qu'elle soit une âme humaine ou une âme angélique. Le fait que les sens ne la saisissent pas ne signifie pas qu'elle n'existe pas, mais cela signifie que la puissance des sens est limitée. Le domaine déterminé dans lequel les sens opèrent, n'atteint pas le niveau de l'âme.

"Dieu est esprit" (Jean 4:24). C'est pourquoi il est insaisissable avec les sens matériels.

C'est pourquoi je me suis étonné du voyageur dans l'espace qui avait dit qu'il était monté au ciel et qu'il n'avait pas vu Dieu! Dans sa moquerie, il pensait qu'il lui était possible de voir Dieu avec cet œil corporel impuissant qui ne voit pas beaucoup de choses matérielles! Dieu est partout, sur la terre et dans le ciel et entre les deux, et aucun endroit ne le limite. S'il n'avait pas vu Dieu sur la terre, il ne le verrait ni dans le ciel, ni dans aucun autre endroit. Car Dieu ne peut être vu que par la foi Vous le voyez par l'Esprit (1 Cor. 2:10).

Le fait que tu ne vois pas Dieu avec ton œil, ne signifie pas que Dieu n'existe pas. Mais l'explication de ce fait, c'est que ton œil est impuissant. Quelle que soit sa force, il a un domaine limité dans lequel il opère, c'est le domaine des choses matérielles. C'est pourquoi nous avons dit que la foi est plus élevée que le niveau des sens.

Dans l'Ancien Testament, le niveau des gens était faible, et l'influence des sens était au premier degré d'importance; c'est pourquoi Dieu leur apparaissait dans les nuages, dans le brouillard et dans le feu.

Il leur parla du haut de la montagne au milieu des éclairs et des tonnerres. Toute la montagne tremblait beaucoup. Il y avait "une épaisse nuée sur la montagne; le son de la trompette retentit fortement; et tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d'épouvante" (Gen. 19: 16-18). "Et ce spectacle était si terrible que Moïse dit: Je suis épouvanté et tout tremblant" (Heb. 12:21).

De cette manière, ils comprenaient la puissance de Dieu et l'importance du commandement qui leur était donné. Tandis que dans la vie de foi, le cœur comprend la puissance de Dieu, sans avoir du tout besoin de compter beaucoup sur les sens. La foi est un niveau supérieur aux sens, elle ne compte pas sur eux, et elle n'en a pas besoin.

LA FOI EST UN NIVEAU PLUS ELEVE QUE L'INTELLGENCE

L'intelligence pourrait te faire atteindre le commencement du chemin; tandis que la foi complète le chemin jusqu'au bout avec toi. La foi n'est pas en contradiction avec l'intelligence. Mais elle la dépasse vers des étapes incommensurablement plus lointaines, que l'intelligence seule ne peut pas atteindre.

Ce que l'intelligence ne peut pas concevoir, nous l'appelons inconcevable. Nous décrivons Dieu comme "l'Inconcevable". Car Il est aussi illimité. Tandis que l'intelligence humaine est bornée, et ne peut concevoir que les choses limitées qui entrent dns son domaine. L'intelligence peut te faire atteindre à la simple connaissance de Dieu et de quelques-uns de ses attributs. Tandis que par la foi, l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu" (1 Cor. 2:10). En ce qui concerne le croyant, Dieu se manifeste à lui, ou, Il lui découvre ce que la nature humaine peut concevoir. Il se peut que l'intelligence ne conçoit pas beaucoup de choses, mais elle les accepte.

Il n'est pas de la nature de l'intelligence de refuser tout ce qu'elle ne conçoit pas. Plutôt même dans la sphère matérielle dans le monde où nous vivons, il se trouve par exemple plusieurs inventions que seuls les spécialistes comprennent; et malgré cela, l'intelligence ordinaire les accepte, et les emploie, sans savoir comment elles fonctionnent et comment elles se passent. L'intelligence accepte la mort, elle en parle; et malgré cela, elle ne la comprend pas et ne sait pas comment elle se passe. Puisque l'intelligence accepte beaucoup de choses dans notre monde, sans les comprendre, il est donc naturel que rien ne l'empêchera d'accepter d'autres choses qui dépassent le niveau de ce monde.

L'intelligence ne conçoit pas le miracle, comment il arrive. Mais elle l'accepte, elle le demande, et s'en réjouit. Le miracle a été nommé miracle parce que l'intelligence est incapable de le concevoir et de l'expliquer. Mais elle l'accepte par la foi la foi en une force illimitée qui est supérieure à son niveau, qui peut opérer ce que l'intelligence est incapable de concevoir. Cette puissance est celle du Dieu Tout-Puissant.

Nous respectons l'intelligence. Mais en même temps nous concevons les limites du domaine dans lequel elle opère. Nous ne sommes pas d'accord avec une intelligence vaniteuse qui veut comprendre toutes choses, en refusant tout ce qui est au-dessus du niveau de sa compréhension.

L'intelligence doit s'humilier, et connaître son niveau, et ne pas avoir "une trop haute opinion" d'elle-même (Rom. 12:3). Dans les choses qui sont au-dessus de son intelligence, elle doit céder sa gouverne à la foi. Tandis que si l'intelligence voulait briser tout ce qu'elle ne comprend pas, elle se briserait elle-même en fin de compte, et elle perdrait la foi; elle se confinerait dans un cercle très étroit qui est le cercle de sa compréhension limitée.

Ceux qui agissent ainsi, certains ont pris l'habitude de les nommer "les rationalistes", parce qu'ils comptent sur la raison seule, sans la foi et sans l'Esprit! Celui qui est raisonnable peut arriver à Dieu, tandis que le rationaliste n'arrive pas.

Les croyants sont raisonnables; ils respectent la raison, et ils l'emploient aussi dans les choses religieuses et théologiques. Il se trouve parmi les croyants: des philosophes, des sages, et des personnes ayant un niveau élevé d'intelligence et de réflexion. Mais malgré tout cela, ils ne mêlent pas la raison à la vanité, et ils ne se fient pas à la puissance de l'intelligence pour tout comprendre. Mais dans leur simplicité et dans leur humilité, ils admettent que la puissance de leur intelligence est limitée, et qu'elle est incapable de concevoir tout qui se rapporte à Dieu l'Inconcevable Par la foi, leurs cœurs et leurs intelligences acceptent ce qui est au-dessus du niveau de la raison. L'intelligence qui est simple et humble est celle qui accepte la foi et le miracle.

Nous entendons par l'expression "humble", qu'elle n'est pas fière de sa propre compréhension, et qu'elle ne brise pas tout ce qui est supérieur à son intelligence. Nous entendons par l'expression "simple", l'intelligence qui ne complique pas les choses et qui n'insiste pas pour faire tout entrer dans les limites de ses laboratoires et de ses mesures spéciales. Nous reviendrons à ce point quand nous parlerons de "la simplicité de la foi".

La foi n'est pas simplement de réciter le "credo", mais c'est une vie que nous vivons. Si tu vis dans la foi, et si la foi porte ses fruits dans ta vie pratique, tu pourras éprouver ta foi par les vertus qui apparaissent clairement dans la vie du croyant; et elles sont nombreuses Par cela tu réaliseras la parole de l'apôtre: "Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes" (2 Cor. 13:5).

UNE DEMONSTRATION DES CHOSES QU'ON NE VOIT PAS

En ce qui concerne la signification de la foi, l'apôtre dit qu'elle "est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas" (Heb. 11:1). Nous désirons connaître l'explication de cette expression: une démonstration: ou la forte assurance, la confiance, et la croyance qui ne connaît pas de doute. Il n'est pas question d'une simple idée ou d'une opinion, ou de renseignements qui résultent de la lecture ou de l'ouïe; mais il s'agit d'une conviction certaine de l'existence de ces choses qu'on ne voit pas.

C'est ici qu'apparaît la différence entre les hommes de la foi et les hommes des recherches scientifiques.

Toutes ces choses qu'on ne voit pas, n'entrent pas dans le domaine du travail des auteurs des recherches scientifiques. Ceux-ci ne sont convaincus de rien à moins qu'ils n'examinent complètement la chose, avec tous leurs appareils et toutes leurs mesures scientifiques. Tous les auteurs des théories matérialistes suivent ce programme. Mais les croyants ne sont pas ainsi. Ils suivent la parole du Seigneur: "Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru" (Jean 20:29).

Le croyant accepte, par exemple, l'idée de la création à partir du néant. Quant au rechercheur scientifique, ses recherches refusent cette question, de même qu'elles refusent que cinq mille hommes, à part les femmes et les enfants, soient rassasiés de cinq pains, et que douze paniers pleins en restent. Tandis que le croyant accepte tout cela. Le croyant accepte premièrement l'idée de Dieu Tout-Puisssant. Puis dans le cercle de sa conviction du côté de cette puissance, il accepte toute chose

Ainsi il repose son âme des doutes de l'incroyant, et de ses recherches et de ses épreuves nombreuses. Non seulement il accepte ce qu'on ne voit pas, et il est certain de l'existence des choses invisibles; mais plus que cela, il vit avec ce qu'on ne voit pas, il y concentre toutes ses pensées et toutes ses émotions, comme dit l'apôtre: "nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles" (2 Cor. 4:18).

Peut-être demanderais-tu comment regarderons-nous les choses invisibles? Je dirai, par la foi. Quelles sont donc ces choses invisibles? Au premier plan, il y a Dieu lui-même, ses attributs, son œuvre, et tout ce qui se rapporte à Lui.

1. Dieu, ses attributs et son œuvre:

Dieu est invisible. Saint Jean l'évangéliste dit: "Personne n'a jamais vu Dieu"(Jean 1:18). En vérité, qui peut voir la divinité?! Personne. Néanmoins, tu crois en lui de tout ton cœur, et en toute confiance. Cette foi ne compte nullement sur les sens. Ou bien, dis que tu le vois par ces sens spirituels exercés, (Heb. 5:14), ces sens immatériels qui ont été entraînés à voir ce qui est invisible. Nous avons des exemples de cela dans l'Ecriture Sainte:

Le prophète David dit: "J'ai avancé et j'ai vu constamment le Seigneur devant moi. Quand il est à ma droite, je ne chancelle pas" (Ps. 16:8).

Comment donc voyait-il le Seigneur devant lui et constamment à sa droite? Il n'y a pas de doute qu'il le voyait par les yeux de la foi. Dans certaines traductions, il dit: "J'ai constamment l'éternel sous mes yeux". C'est-à-dire qu'il regarde ce qui est invisible, en concentrant sa pensée et ses sentiments sur lui.

Le prophète Elie dit avec la même signification: "L'Eternel des armées, devant lequel je me tiens debout, est vivant" (1Rois 18:15).

Comment sentait-il qu'il se tenait debout devant le Seigneur? Et comment voyait-il le Seigneur constamment devant lui?....Naturellement pas par les sens corporels, parce que ce ne sont pas les sens corporels qui meuvent le cœur du croyant; mais plutôt, le Seigneur est devant lui par la foi; et c'est par la foi qu'il voit les choses invisibles.

Si tu es dans la foi, tu auras certainement confiance que Dieu est devant toi en tout temps, et tu te conduiras conformément à cette foi: qu'il te voit et qu'il t'entend.

Si tu vis dans la foi, tu auras confiance que Dieu est au milieu de son peuple, d'après sa promesse vraie: "...je suis au milieu d'eux" (Matt. 18:20). Tu ne le vois pas avec ton œil corporel, mais tu crois certainement qu'il est au milieu de nous. Tu n'as pas besoin de voir avec tes yeux pour croire. Tu crois sans voir; ou tu vois ce qui est invisible.

Qu'est-ce que notre vie spirituelle, mes frères? Elle n'est qu'une transition du domaine des choses sensibles et des choses visibles, au domaine des choses invisibles. Nous vivons dans l'invisible, en pleine confiance qu'il existe devant nous. Cest là la différence entre le croyant et l'incroyant. L'incroyant veut voir toute chose avec ses yeux, sinon il ne croira pas.

Tandis que le croyant ne pose pas ses yeux comme arbitre de tout ce qu'il croit ni tous ses sens, ni tous les renseignements apparents.

Plutôt, son cœur est sûr de l'existence de choses qu'il ne voit pas avec ses yeux Que l'homme compte sur ses yeux pour croire, est une chose pour laquelle le Seigneur blâma Thomas, en lui disant: "ne sois pas incrédule, mais crois.Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru" (Jean 20: 27,29). Nous avons dit que parmi "la démonstration des choses qu'on ne voit pas", il y a la foi en Dieu.Mais nous ne voulons pas dire par cela la simple croyance en l'existence de Dieu, mais aussi la foi en ses attributs et en son œuvre.

Tu crois, par exemple, à la bonté et à la bienveillance de Dieu; et qu'il ne fait que le bien. Tu crois qu'il domine tout et qu'il surveille toute chose et toute personne. Tu crois qu'Il est Tout-Puissant, et que "ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu" (Luc 18:27). Tu crois à l'amour de Dieu pour toi et pour les autres.. Tout ces attributs, tu ne les vois pas, mais tu crois à leur existence, et tu crois que Dieu prend soin de l'univers, et qu'Il le préserve, dans son entité, et chaque individu à part....Tu crois que Dieu agit, soit que tu vois son action et les résultats de son action, soit que tu ne vois rien

2. Parmi les choses qu'on ne voit pas, il y a aussi les promesses de Dieu.

Ceux-là ont été comptés parmi les hommes de la foi, ceux qui sont morts "sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre" (Heb.11:13). Ceux-là croyaient les promesses par la foi, car ils avaient cru ce qui leur avait été dit de la part du Seigneur.

Parmi ces promesses, il y a les "choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment", et qui sont toutes de celles qu'on ne voit pas; car l'apôtre en dit: "ce sont les choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme" (1 Cor. 2:9).

Parmi les choses qu'on ne voit pas, il y a les avertissements de Dieu.

Noé crut la parole de Dieu qu'il y aurait un déluge, malgré que ce mot "déluge" était nouveau par rapport à ce qu'il avait entendu et à ce qu'il avait connu jusqu'alors. Il n'y avait pas encore eu de déluge, ni dans son temps, ni dans le temps de ceux qui l'avaient précédé. Mais il crut à l'avènement de cette chose qu'il n'avait pas vue auparavant. Il resta des années à bâtir l'arche, en supportant les gens qui se moquaient de lui et de son arche, et les gens qui le raillaient....et ce furent des années de foi.

C'est pourquoi notre père Noé a été considéré parmi les hommes de la foi; car il crut à l'avertissement de Dieu, qu'il y aura le déluge. Par la foi, il vit ce déluge sur pied, avant qu'il n'exista. C'est pourquoi il entra dans l'arche, avec ses fils et leurs femmes. Comme dit notre saint maître l'apôtre Paul: "C'est par la foi que Noé, divinement averti des choses qu'on ne voyait pas encore, et saisi d'une crainte respectueuse, construisit une arche pour sauver sa famille..."(Heb. 7:11). Tandis que ses contemporains ne crurent pas à l'avertissement de Dieu, et ne crurent pas à la véracité des paroles de Dieu, et ils périrent.

Nous disons la même chose à propos de notre père Lot et des habitants de Sodome. Il avait cru à l'avertissement de Dieu avant sa réalisation; malgré qu c'était la première fois qu'un feu descendait du ciel, comme ce fut la première fois qu'un déluge arriva au temps de Noé.

Tandis que les habitants de Sodome qui n'avaient pas cru à l'avertissement de Dieu, périrent comme avaient péri ceux-là qui n'avaient pas cru à l'avertissement de Dieu au temps de Noé. Voici devant nous les avertissements de Dieu concernant l'éternité et le jugement; et malgré cela, les gens demeurent dans leur iniquité et leurs fautes, comme si Dieu n'avait rien dit....la crainte de Dieu n'est pas dans leurs cœurs, ni la peur de l'éternité; il n'y a ni prudence ni pénitence. Nous avons parlé de Dieu, de ses attributs et de son œuvre, de ses promesses et de ses avertissements parmi les choses qu'on ne voit pas; et nous y ajoutons:

3. L'habitation du Saint-Esprit en nous, et son action, sont parmi les choses qu'on ne voit pas:

Le prophète Samuel versa l'huile de la corne sur le garçon David, et l'Esprit du Seigneur le saisit (1 Sam. 16:13). Personne ne vit l'Esprit du Seigneur le saisissant. Mais ceci fut. C'est une chose qu'on ne voit pas.

Les apôtres imposaient leurs mains sur les gens, et ceux-ci recevaient le Saint-Esprit (Actes 8:17). Personne ne voyait le Saint-Esprit saisir les gens. Par la suite, on obtenait le Saint-Esprit par l'onction sainte (1 Jean 2: 20,27). Cette onction a été connue sous le nom de "Confirmation". Personne ne voit l'Esprit, mais ses fruits apparaissent dans la vie.

Tu sais bien qu'il y a une force cachée qui agit en toi, et qui agit avec toi, sans que tu la vois; c'est elle dont le Seigneur dit: "Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous" (Actes 1:8). Cette puissance, la puissance de l'Esprit, c'est elle qui fait tout bien en toi, et qui t'aide dans tout service, et qui te garde de tout péché....

Là, nous disons que toute notre vie devient une participation avec le Saint-Esprit (2 Cor. 13:13).

Qu'est-ce que cette participation? Comment advient-elle? Comment devenons-nous associés dans l'action avec la nature divine? Ceci est parmi les choses qu'on ne voit pas. Nous ne les voyons pas, mais nous croyons en elles. Nous croyons à l'Esprit de Dieu qui agit dans l'Eglise, et qui habite en elle. Voici l'apôtre qui dit; "Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous?" (1 Cor. 3:16); "Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu..?" (1 Cor. 6:19).

L'habitation de l'Esprit en nous est une chose que nous ne voyons pas. Nous pourrions voir ses fruits seulement. Tandis que l'habitation elle-même, nous ne la voyons pas, et nous ne voyons pas l'Esprit. Parmi l'action de d'Esprit en nous, il y a la parole du Seigneur, s'adressant à nous, en ce qui concerne notre tenue debout devant les gouverneurs et les rois: "ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même"; "car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous" (Matt. 10: 19, 20). Comment l'Esprit de Dieu parle-t-il en nous? Ceci est parmi les choses qu'on ne voit pas.

4. L'action de la grâce en nous, est parmi les choses qu'on ne voit pas:

Des visites de la grâce nous adviennent, elles nous enflamment avec l'amour de Dieu. Nous ne les voyons pas, mais nous les ressentons. Il n'y a pas de doute que l'action de la grâce en nous, est parmi les choses qu'on ne voit pas.

Saint Jean l'évangéliste dit: "la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ" (1 Jean 1:17). Quelle est donc cette grâce qui agit en nous? Quelle est cette grâce par laquelle l'apôtre saint Paul vécut et dit: " Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis et sa grâce envers moi n'a pas été vaine" (1Cor. 15:10); et il dit de nous tous: "Car le péché n'aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce" (Rom.6:10); et il dit à son disciple l'évêque Timothée: "Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ" (2 Tim. 2:1).

Nous ne voyons pas cette grâce par nos yeux corporels, car elle est parmi les choses qu'on ne voit pas. Mais nous la touchons dans notre vie. L'action de la grâce de Dieu en nous est au-dessus des sens. Nous recevons cette grâce de la part de Dieu. Nous la recevons comme une bénédiction de l'Eglise qui nous répète la parole de saint Paul: "Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous" (2 Cor. 13:13). Ceci nous fait passer à un autre point, c'est la bénédiction:

5. La bénédiction aussi est parmi les choses qu'on ne voit pas:

Qu'elle soit la bénédiction qui vient directement de Dieu lui-même, ou la bénédiction de Dieu qui vient par la voie des parents, ou de l'Eglise, du père prêtre, toutes sont des choses qu'on ne voit pas. Dieu dit à notre père Abraham, le père des pères: ".je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront....et toutes les familles de la terre seront bénies en toi" (Gen.12: 2-3). Abraham vit les fruits de cette bénédiction dans sa vie. Mais la bénédiction elle-même: qu'est-elle? Elle est parmi les choses qu'on ne voit pas. Isaac bénit son fils, et il devint béni; et Esaü pleura parce qu'il n'avait pas obtenu cette bénédiction (Gen. 27). Jacob bénit Ephraïm et Ménassé disant: " que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces enfants" (Gen.48:16); et les deux enfants devinrent bénis. Mais Ephraïm devint plus béni que son frère, parce que notre père Jacob avait mis sur lui sa main droite" (Gen. 48: 17-20).

Quelle est cette bénédiction? Et comment passa-t-elle de la main d'Isaac et de la main de Jacob? Et comment passa-t-elle des mains des pères apôtres? Et comment passe-t-elle des mains de leurs successeurs et de tous les hommes de Dieu, comme nous le raconte l'Ecriture?Ce sont toutes des choses qu'on ne voit pas. Nous croyons à la bénédiction malgré qu'elle soit invisible, et nous faisons des démarches pour la demander et pour l'acquérir. Nous la recevons des mains des pères, des mères, des pères prêtres et de tous les hommes bénis de Dieu. Nous savons qu'Abraham fut une bénédiction pour le monde, selon la parole du Seigneur; et que Joseph le juste fut une bénédiction dans la maison de Potiphar, et une bénédiction dans toute la terre d'Egypte; et qu'Elie le prophète fut une bénédiction dans la maison de la veuve de Sarepta à Sidon

Nous disons tout cela, et nous ne pouvons pas préciser une signification déterminée de la bénédiction, car est elle beaucoup plus grande que les expressions limitées. Elle est une chose invisible. Nous voyons seulement ses fruits. Mais la bénédiction elle-même, qui peut la voir et la représenter? Comment la bénédiction passa-t-elle de la main de Notre-Seigneur Jésus-Christ aux cinq pains et aux deux poissons; et cette simple nourriture devint suffisante pour plusieurs milliers de gens, et il en resta douze paniers pleins? Comment cela arriva-t-il? Quelle est exactement cette action? Quel est son genre....toutes sont des choses qu'on ne voit pas.

6. La foi à l'existence des anges et à leur action, est comprise aussi dans la croyance aux choses qu'on ne voit pas.

Nous croyons à l'existence des anges; pourtant les anges sont des esprits invisibles. Peut-être nous n'avons jamais vu un ange durant notre vie entière; et malgré cela, nous croyons qu'ils nous entourent, et que "l'ange de l'Eternel campe autour de ceux qui le craignent. Et il les arrache au danger" (Ps.34:8). Nous sommes certains que les anges remplissent l'Eglise, et nous sommes confiants qu'ils sont avec nous en tout endroit. "Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut?" (Héb. 1:14).

Plusieurs se réjouissent quand ils voient la Très-Sainte Vierge dans une vision, ou quand ils voient des saints.

Mais ce qui est plus grand que cela, c'est que tu crois que tous ceux-là sont autour de toi, sans que tu les vois. Il n'est pas nécessaire que Dieu t'envoie un pigeon blanc pendant que tu assistes aux réunions du soir dans l'EgliseMais tu crois, sans voir, que l'Eglise est pleine des esprits des anges, et qu'elle est recouverte par les âmes des saints que Dieu envoie au service des êtres humains

Guéhazi, le serviteur d'Elisée, fit effrayé quand il vit les ennemis qui entouraient l'endroit....Mais Elisée, l'homme aux yeux ouverts, voyait les anges qui défendaient la ville contre ces ennemis-là. C'est pourquoi il tranquilisa son serviteur en lui disant: "Ne crains point, car ceux qui sontavec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux." (2Rois 6:16). Il pria pour lui afin que le Seigneur ouvre ses yeux pour voir, car Guéhazi n'avait pas la certitude des choses invisibles.

La croyance à l'âme et à l'autre monde tient aussi de la certitude des choses qu'on ne voit pas: Nous ne voyons pas l'âme. Mais nous sommes certains de son existence. Quand un homme meurt, nous disons que son âme a quitté son corps; mais nous ne voyons pas l'âme quitter le corps. De même, la foi comprend aussi la destinée de cette âme: dans le paradis ou en enfer. Elle comporte aussi le retour de cette âme au corps par la résurrection, et la destinée de cet homme ressuscité d'entre les morts dans l'éternité, après le jugement général

Toutes ces choses: l'âme, la résurrection, l'éternité, le jugement, le paradis, le bonheur, l'enfer....toutes sont des choses invisibles. C'est pourquoi, la croyance à leur existence tous, entre dans la sphère de la foi. En vérité,l'autre monde avec tout ce qu'il y a en lui, personne ne peut en parler sauf par la foi. Celui qui croit à la vie après la mort possède la certitude des choses invisibles.

8. Les gens croient à l'avènement du Messie sans le voir.

Même la femme samaritaine dit au Seigneur: "Je sais que le Messie doit venir (celui qu'on appelle Christ); quand il sera venu, il nous annoncera toutes choses" (Jean 4:25). Ainsi tous étaient certains de la venue du Christ, selon la promesse du Seigneur. Ils l'attendaient en languissant grandement. Ils savaient ce que le prophète Esaïe avait dit: "Voici, la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils. Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel" (Esaïe 7:14). Il n'avaient pas vu une vierge enfanter auparavant; et cependant ils crurent à cela, dans la suite...

Ce qui ressemble à la foi par laquelle les gens de l'Ancien Testament attendaient l'avènement du Messie, c'est nous dans le Nouveau Testament, qui attendons ainsi l'avènement du Seigneur une seconde fois, sur les nuages, selon la promesse du Seigneur (Matt. 24,25), et selon l'annoncement des deux anges aux apôtres (Actes 1:11).

Nous n'avons pas vu auparavant le Seigneur sur les nuages des cieux avec les dizaines de milliers de ses saints, dans la gloire de son Père, avec ses saints anges; mais nous croyons en son avènement dans cette vision que nous n'avons pas auparavant aperçue, car la foi est une démonstration des choses qu'on ne voit pas.

9. La Rédemption aussi est parmi les choses qu'on ne voit pas:

Dans la Rédemption, en vertu de l'amour du Christ pour nous, Il a porté tous nos péchés et Il est mort pour eux. "Nous étions tous errants comme des brebis. Chacun suivait sa propre voie; et l'Eternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous" (Esaïe 53:6). Ainsi dit de Lui saint Jean-Baptiste: "Voici l'agneau de Dieu, qui ôte le péche du monde" (Jean 1:29). Sant Jean l'apôtre dit: "Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier". (1Jean 2:2). Saint Paul l'apôtre dit: "...en nous faisant grâce pour toutes nos offenses; il a effacé l'acte dont les ordonnances nous condamnaient: (Col. 2:13-14). Il dit aussi: "....en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix" (Col. 1:20).

Nous voyons la croix seulement, et certains la voient peut-être comme un opprobre! Mais ce qu'il y a dans la croix: d'amour, de rédemption, d'expiation, de pardon, d'effacement de l'acte écrit, de portement des péchés du monde, et aussi ce qu'il y a dans la croix de l'action de la réconciliationtoutes ces choses sont invisibles. Nous les voyons par la foi. L'apôtre Pierre, avant de croire à tout cela, ne voyait dans la croix que la perte et l'opprobre....! C'est pourquoi il dit: "A Dieu ne plaise, Seigneur" (Matt. 16:22). Le Seigneur le réprimanda, car il ne voyait pas les choses invisibles

La croix représente la profondeur des bienfaits du Seigneur pour nous. Mais les scribes et les pharisiens ne voyaient pas cela, parce que leurs yeux ne percevaient pas. Car "s'ils l'eussent connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire" (1 Cor. 2:8). Ceci nous conduit à un autre point:

10. Les bienfaits cachés de Dieu sont parmi les choses invisibles.

Nous remercions Dieu seulement pour les bienfaits que nous voyons ou que nous connaissons. Mais il y a d'autres bienfaits invisibles pour lesquels nous devons de même le remercier. C'est pourquoi lorsque, par la foi, nous entrons dans la vie d'abandon, nous entrons spontanément dans la vie du remerciement perpétuel. Comme dit l'apôtre: "...rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ" (Eph. 5:20).

Dans cette perpétuelle action de grâces, nous remercions aussi pour les épreuvesparce que nous sentons qu'il s'y trouve des bienfaits cachés de la part de Dieu, que nous ne voyons pas. Si nous les voyions, nous chanterions nécessairement avec le saint apôtre Jacques disant: "Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés" (Jacques. 1:2).

Par cela, nous voyons la foi donner un sens spirituel à la douleur: la douleur que Dieu permet en vue de certaines bénédictions qui y sont cachées, et qui sont parmi les choses invisibles, mais que nous acceptons par la foi, en ayant confiance dans l'amour de Dieu l'auteur des bienfaits, et dans la parole de l'Ecriture: "....toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu" (Rom. 8:28).

11. La présence de Dieu dans notre vie, et sa puissance qui agit en nous, sont parmi les choses invisibles:

Combien belle est la parole du Seigneur à notre père Jacob: "Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays" (Gen. 28:15) Le Seigneur était avec lui, et le gardait partout où il allait mais il ne voyait pas le Seigneur qui était avec lui. Tandis que sentir cela et en être certain, c'est un sujet de repos pour l'âme de l'homme, afin de vivre continuellement rassuré et joyeux Cela n'était pas un privilège pour notre père Jacob seulement, mais le Seigneur dit: "....voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde" (Matt. 28:20).

Notre sentiment de l'existence de Dieu avec nous, nous fait ressentir une puissance divine qui nous accompagne et qui nous garde.

Cette puissance est celle qui agit en toi, et avec toi, dès que tu entres dans la participation avec le Saint-Esprit. Alors le Saint-Esprit s'associe avec toi dans le travail. Ainsi dans l'Eglise primitive, nous voyons que le royaume de Dieu était venu avec puissance (Marc 9:1). "Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grande grâce reposait sur eux tous" (Actes 4:33). Il a été dit de saint Etienne, le premier diacre, qu'il était plein de grâce et de puissance" (Actes 6:8), et qu'il s'était tenu contre plusieurs assemblées, "mais ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l'Esprit par lequel il parlait: (Acts 6:10). Voilà la puissance qui est dans la foi. Tandis que celui qui croit, mais craint de révéler sa foi, est un homme faible de foi, qui ne croit pas à la puissance de Dieu qui agit avec lui. La femme atteinte d'une perte de sang sentait que si elle touchait même le bord du vêtement du Christ, une force sortirait du Christ qui la guérirait. Et cela arriva. (Luc 8:46), (Matt. 9:21).

Et toi, si tu crois à la puissance du Seigneur, et si tu t'attaches à Lui, tu l'obtiendras. Que cette foi et ce sentiment soient les tiens, dans tous les détails de ta vie: dans ton service, dans ta prière, et dans ton travail.Comme dit saint Antoine à propos de saint Macaire le Grand: "Une grande force sort de ces deux mains."

Même en cas de chute: crois qu'il existe une force qui te sauvera. Si tu es plus faible que les démons, aie la foi que Dieu qui t'aime, est plus fort qu'eux, et qu'il pourra te délivrer du péché; et dans la force de la foi, supplie Dieu de t'accorder la force avec laquelle tu triompheras dans ta vie spirituelle, et demande-lui de te conduire dans le cortège de son triomphe (2Cor. 2:14).

Même si la durée se prolonge, aie la foi que la force du Seigneur arrivera à toi, pour te délivrer, même si ce sera au dernier moment. Cette force du Seigneur est invisible, mais elle existe, et elle est prête à agir avec tous ceux qui la demandent avec foi. Tu dois apercevoir cette force qui t'accompagne, non seulement dans la vie de pénitence, mais dans tous les aspects de ta vie spirituelle...Même si tu parles, les gens ressentiront la force et l'effet de la parole....

Le croyant est un homme fort, il croit à la puissance de Dieu qui agit en lui. Voici saint Paul l'apôtre qui dit: "C'est à quoi je travaille, en combattant avec sa force, qui agit puissamment en moi" (Col. 1:29). Il dit aussi de Dieu: "Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons" (Eph. 3:20).

Grâce à cette foi dans la puissance active de Dieu, laquelle nous ne voyons pas, mais à laquelle nous croyons, saint Paul vécut dans la plénitude de la confiance, et il a pu dire: Je puis tout par celui qui me fortifie" (Philip. 4:13). Une expression qui est toute de force, toute de foi, toute de confiance en Dieu. Nous demandons: est-ce que cette expression concerne seulement un grand saint comme l'apôtre Paul? Le Seigneur lui-même nous répond: "Tout est possible à celui qui croit" (Marc 1:23). Cette force serait-elle une épreuve de notre vie spirituelle: de ce que si nous sommes dans la foi? C'est une force dont nous sommes heureux dans notre vie, et par laquelle nous vivons rassurés. Dans notre vie à l'intérieur de l'Eglise aussi, il y a beaucoup de choses invisibles qui font notre bonheur.

12. Ce qui arrive dans le baptême est parmi les choses invisibles.

Saint Paul l'apôtre dit: " vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ" (Gal. 3:27). Vraiment, quoi de plus merveilleux que ce mystère! Qui l'a vu? Il est parmi les choses invisibles. Ananias de Damas dit à Saul de Tarse: "Saul, mon frère.que tardes-tu? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés (Actes 22: 13,16). Qui a vu ces péchés pendant qu'ils étaient lavés? Ce sont des choses invisibles que nous acceptons par la foi, comme dit l'apôtre: " il nous a sauvés, selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération" (Tite 3:5). Ce salut que nous avons obtenu par le baptême de la régénération est une chose que nous n'avons pas vue, mais à laquelle nous croyons, selon la parole du Seigneur: "Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé" (Marc 16:16).

Puis, que signifie cette seconde naissance? Que signifie la naissance d'en haut, la naissance de Dieu, la naissance de l'eau et de l'Esprit?

Toutes ces choses dont le Seigneur lui-même a parlé (Jean 3: 3-6), sont des choses invisibles. L'opération de la naissance de Dieu est un mystère invisible. Nous voyons l'être humain qui est plongé dans le baptistère, mais nous ne voyons pas comment il naît de l'Esprit. Bienheureux celui qui aura cru sans voir. C'est pourquoi, il est bon que l'Eglise a appelé cela du nom de mystère. Voudriez-vous faire entrer l'intelligence ici? Elle est incapable de s'en mêler.

L'apôtre dit: "..ayant été ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui en nous faisant grâce pour toutes nos offenses" (Col. 2:12). Il parle dans le même sens dans l'épître aux Romains, et il ajoute que notre vieil homme a été crucifié avec lui, et que nous marchons "en nouveauté de vie" (Rom. 6: 3-6). Qui donc a vu cette mort, cet ensevelissement, la résurrection, le pardon des offenses, la nouvelle vie, et la crucifixion du vieil homme?ce sont toutes des choses invisibles, mais auxquelles nous croyons.

13. Le sacrement de l'Eucharistie est aussi parmi les choses invisibles.

Par la foi, tu y vois que le pain et le vin qui sont devant toi, sont devenus le corps et le sang du Seigneur (après la prière de la consécration). Là, ne laisse pas tes sens juger, car les sens corporels ne voient que les choses visibles. Tandis que les sens spirituels écoutent la parole du Christ: "ceci est mon corps ceci est mon sang" (Matt. 26: 26-28); "Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage" (Jean 6: 53:56).

Je ne discute pas avec le Seigneur de ce qu'il dit; mais je l'accepte en croyant.

Car voici la foi: une démonstration des choses qu'on ne voit pas. Tandis que celles qu'on voit sont le pain et le vin. Ainsi dit saint Paul l'apôtre: "La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas la communion au sang du Christ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion au corps du Christ?" (1 Cor. 10-16). Il dit encore: "C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneurcar celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même" (1 Cor.11: 27-29). Comment discernerons-nous que ceci est le corps du Seigneur, pour ne pas être jugés?

Là, nous nous élevons par la foi au-dessus du niveau des sens, et au-dessus du niveau de l'intelligence.

Ce sont nos facultés intellectuelles qui nous importunent quand nous recevons les sacrements de l'Eglise. Nos sens aussi nous importunent. Nous avons besoin de la simplicité de la foi. Nous croyons ce qu'a dit le Christ. Nous croyons ce qu'a dit son apôtre saint Paul; et nous ne discutons pas.

14. Par la foi en ce qui est invisible, nous recevons les sacrements qu'il y a dans le christianisme.

Nous recevons "l'imposition des mains" qu'avaient obtenue Barnabé et Saul des apôtres pour être mis à part pour le service. (Actes 13: 2-3); et l'imposition des mains qu'avait obtenue Timothée de l'apôtre saint Paul (2Tim. 1:6); et nous sommes certains qu'il y a là un sacrement. Nous recevons le pouvoir que le Seigneur a donné en disant: "Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus" (Jean20:22-23); "tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel" (Matt. 18:18).

Ce pouvoir est invisible, mais c'est un sacrement que nous percevons par la foi. Il n'est pas pour tout le monde, et "nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron" (Héb. 5:4). De même dans le reste des sacrements que nous ne voyons pas, mais auxquels nous croyons

La vision de l'invisible, est la véritable vision spirituelle:

Elle est probablement celle que le Seigneur de la gloire désignait en disant à ses saints disciples: "Mais heureux sont vos yeux, parce qu'ils voient" (Matt. 13:16). Qu'est-ce qu'ils voient? Ils voient le Christ et ses miracles. Ils voient aussi ce qui est invisible, comme saint Jean vit sa vision merveilleuse, et comme saint Paul vit le troisième ciel et plusieurs révélations (2 Cor. 12: 2,7); "des choses ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer" (2 Cor. 12:4).

Tandis que ceux-là qui n'avaient pas cette sensibilité spirituelle, le Seigneur les blâma en disant: "ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient" (Matt. 13:15). Son apôtre répéta la même expression à leur propos (Actes 28:27). L'expression: "ils ont fermé les yeux" pourrait signifier qu'ils ne se sont pas entraînés à voir les spiritualités; ou qu'ils ont refusé de voir les spiritualités, tellement ils étaient absorbés par les choses matérielles.

Guéhazi ne voyait pas ce que voyait son maître Elisée (2 Rois 6:17). De même étaient les compagnons de Saul de Tarse au moment de la vision divine, et l'Ecriture dit d'eux: Les hommes qui l'accompagnaient demeurèrent stupéfaits, ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne"

CHAPITRE III

LES DEGRES ET LES SORTES DE FOI

"selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun" (Rom. 12:3)

 

DEGRES DE LA FOI

Les gens diffèrent quant à la sorte et au degré de leur foi.

"selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun" (Rom. 12:3). D'aucun exagèrerait et, voyant un homme dont la foi est incomplète, dirait de lui qu'il n'est pas du tout croyant. Ce jugement est, comme vous le savez, contraire à l'instruction de l'Ecriture Sainte. Certains confondent entre l'expression "les croyants" et l'expression "les élus", comme si elles signifiaient la même chose.

Contemplons donc, les sortes et les degrés de foi:

1. Il y a celui "de foi récente", que l'apôtre ordonna de ne point sacrer au degré d'évêque, "de peur qu'enflé d'orgueil, il ne tombe...."(1 Tim. 3:6).

2. Il y a celui "de peu de foi' ou "le faible de foi". Nous donnerons des exemples de cette espèce, tirés de l'Evangile:

a. Ceux qui doutent de la Providence de Dieu pour eux, en ce qui concerne la nourriture et les habits. Le Seigneur a comparé ceux-là aux lys des champs que même Salomon dans toute sa gloire n'était pas vêtu comme l'un d'eux. Puis il les a blâmés disant: "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtera-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi?" (Matt. 6:28-30), (Luc:12:28).

b. Il blâma de même ses disciples lorsqu'ils pensèrent qu'ils n'avaient pas emmené du pain avec eux, Il les réprimanda disant: "gens de peu de foi" (Matt. 16:8).

c. Le Seigneur blâma saint Pierre quand il eut peur lorsqu'il commença à se noyer, après avoir marché avec Lui sur l'eau. Alors le Seigneur le saisit et lui dit: "Homme de peu de foi, pourquoi a-tu douté?" (Matt.14:31).

d. De même, Il blâma les apôtres quand ils eurent peur alors que les vagues couvraient la barque pendant qu'Il y dormait. Alors Il leur dit: "Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? " (Matt. 8:26). Donc la peur et le doute concernant le secours de Dieu, sont deux preuves du peu de foi.

e. L'apôtre donna comme exemple du peu de foi, le frère qui est scandalisé par le manger de ce qui a été immolé pour les idoles. Il ordonna qu'il n'est pas permis de juger celui qui est faible dans la foi, ou de se moquer de lui. Il dit: "S'il se tient debout, ou s'il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l'affermir" (Rom. 14:1-4). Là, je suis émerveillé par le père de l'enfant épileptique, quand le Seigneur lui demanda: "Est-ce que tu crois?" afin de le guérir. Alors il répondit: "Je crois! viens au secours de mon incrédulité" (Marc 9:24). Celui qui est faible dans la foi a besoin de quelqu'un qui prie pour lui, afin que le Seigneur vienne à son secours. Il ne faut absolunent pas le mépriser, car Dieu a le pouvoir de l'affermir.

3. Il y a une troisième sorte, c'est la foi limitée: Nous entendons par là celui qui croit au Seigneur dans des limites déterminées, et dont la foi ne dépasse pas ces limites...Un exemple de cela: Marie et Marthe qui croyaient que le Seigneur pouvait guérir leur frère de la maladie afin qu'il ne meure pas. Mais étant mort, sa résurrection d'entre les morts était une chose à laquelle leur foi n'était pas arrivée.

C'est pourquoi chacune des deux dit au Seigneur: "si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort" (Jean 11: 21,32). Et quand le Seigneur dit à Marthe: "Ton frère ressuscitera", elle lui répondit: "Je sais,....qu'il ressuscitera à la résurrection au dernier jour" (Jean 11: 23-24). Et quand le Seigneur alla au sépulcre et dit: "Otez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit: "Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là" (Jean 11:39).

Dieu ne refusa pas cette foi limitée, mais Il lui donna l'occasion de se développer.

C'est pourquoi Il dit à Marthe: "Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort". Et il la blâma devant le sépulcre, disant: "Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? " (Jean 11: 25, 40). Et Il lui donna l'occasion de voir la gloire de Dieu dans la résurrection de son frère Lazare, afin qu'elle croie, et que les juifs qui auraient vu le miracle croient eux aussi.

Là, la foi suivait le miracle, et ne le précédait pas. Peut-être que cela avait été, parce que ce miracle était le premier de son genre, c'est-à-dire la résurrection d'un mort après quatre jours depuis sa mort, après qu'il était pourri.

4. Une quatrième sorte de foi faible c'est la foi de celui dont le cœur est lent à croire.

Il se peut que cela soit à cause de la lenteur de son intelligence, ou du manque de compréhension; ce qui fait que sa foi n'advient pas rapidement. Cela était la sorte de foi des disciples d'Emmaüs quant à la résurrection du Seigneur. C'est pourquoi Il la blâma disant: "O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes" (Luc 24:2526). " Ne fallait-il pas que le Christ souffrit ces choses...." Puis il commença par leur expliquer "dans toutes les Ecritures ce qui le concernait" (Luc 24:27).afin qu'ils croient, ou afin de remédier à cette lenteur de leur foi, qui résultait d'un manque d'intelligence ou d'un manque de connaissance.

Au sujet de cet exemple, nous disons aussi: que le remède des fautes qui concernent la foi, c'est une attitude correcte. Cela est préférable à la moquerie et au mépris qui ne portent pas de résultat et qui ne font pas parvenir à la foi saine.

5. Il y a un cas grave, c'est la foi morte. Saint Jacques l'apôtre dit: "Il en est ainsi de la foi: si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même" (Jac. 2:17), "la foi sans les œuvres est inutile" (Jac. 2:20). Il dit que pareille foi ne peut pas sauver son auteur. (Jac.2:14). Il vit que la foi vivante doit avoir des œuvres qui l'indiquent, et il dit: "Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres" (Jac. 2:18).

6. Il y a aussi la foi inconstante. Un exemple de cela: Notre-Seigneur Jésus-Christ, avant son arrestation, dit à son apôtre Pierre: "Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point" (Luc 22: 31-32). En ce temps, la foi de Pierre fut ébranlée, Mais elle revint par la suite à sa force primitive.

7. Il y a des cas que l'Ecriture décrit comme étant : "une sortie hors de la foi saine"; de ces cas:

a. Saint Paul l'apôtre dit: "Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle" (1 Tim. 5:8).

b. Il dit des jeunes veuves qui reviennent sur leur vœu de virginité: "Mais refuse les jeunes veuves; car, lorsque la volupté les détache de Christ, elles veulent se marier,et se rendent coupables en ce qu'elles violent leur premier engagement" (1 Tim. 5: 11-12).

c. Il dit ausi: "Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux, et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien de tourments" (1 Tim. 6:10).

d. Et il dit: "garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont détournés de la foi" (1 Tim. 6:21). Est-ce qu'après ces exemples, nous pouvons nier la relation entre la foi et les œuvres? Car là, par suite d'une action fautive, on dit qu'une personne a renié la foi, ou a refusé la foi, ou s'est égarée, ou s'est départie de la foi Puissions-nous, nous examiner, par de pareilles mesures, en pratique de la parole de l'apôtre: "Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi" (2Cor. 13:5).

8. La plus grave condition c'est: l'apostasie de la foi. L'apôtre dit: "dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs" (1 Tim. 4:1). L'expression "abandonneront la foi" signifie qu'ils auront été d'abord dans la foi, puis ils l'abandonneront. L'apôtre parle du grand abandon qui précédera l'avènement du Messie, et il dit: "car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant" (2Thess. 2:3). Ceci concerne le côté général. Quant au point de vue individuel, il dit: "Et mon juste vivra par la foi; mais, s'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui" (Héb. 10:38). Là, il parle de l'apostasie d'une personne juste qui croyait et qui vivait par la foi. Puisque le croyant peut abandonner la foi, donc les croyants sont autres que les élus. Car les élus demeurent dans leur foi toute leur vie, jusqu'à l'encontre du Seigneur... Tout ce que nous avons mentionné dans les sortes précédentes tient du côté négatif de la foi. Nous continuerons donc notre discours, à propos du côté positif de la foi.

9. La croissance dans la foi.

Saint Paul l'apôtre dit aux Thessaloniciens: "Nous devons à votre sujet, frères, rendre continuellement grâces à Dieu,....parce que votre foi fait de grands progrès" (2 Thess. 1:3). Et il dit à propos des Corinthiens qu'ils excellent en foi (2 Cor. 8:7). Donc la foi est une vertu qui peut être développée dans l'être humain comme toutes les vertus..

10. La conservation de la foi et le raffermissement dans la foi.

L'apôtre dit de lui-même vers la fin de sa vie, tandis que le moment de son départ approchait: "...j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m'est réservée" (2 Tim. 4: 7-8). Et il dit aux Colossiens: "....pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche, si du moins vous demeurez fondés et inébranlables dans la foi."Col. 1: 22-23). Ce qui est plus fort que de demeurer fondé dans la foi, c'est une autre expression:

11. La fermeté dans la foi.

Saint Pierre l'apôtre dit à propos des combats du diable: "Résistez-lui avec une foi ferme" (1 Pierre 5:9). Il y a aussi un autre genre de foi, c'est:

12. La richesse de la foi.

Saint Jacques l'apôtre dit: "Dieu n'-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu'ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment? " (Jac. 2:5). Il y a aussi un degré supérieur à la richesse dans la foi, c'est:

13. La plénitude de foi.

Il a été dit de saint Etienne, le premier diacre: "Ils élurent Etienne, homme plein de foi et d'Esprit Saint"."Etienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple" (Actes6: 5,8). Toutes ces qualités sont dites à propos d'une condition nécessaire à la foi, qui est:

14. La foi agissante par la charité:

Saint Paul l'apôtre dit: "Car en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l'incirconcision n'a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité (Gal. 5:6). Il a mentionné l'expression "la foi agissante" parce que la foi sans les œuvres est morte (Jac. 2:20). Quant à l'rxpression "la charité", c'est parce que d'elle "dépendent toute la loi et les prophètes" (Matt. 22:40). Il y a une autre sorte de foi sublime, c'est :

15. La foi qui opère les miracles:

Le Seigneur parle des "miracles qui accompagnent ceux qui auront cru" (Marc 16:17). Et saint Jacques l'apôtre dit: "la prière de la foi sauvera le malade" (Jac. 5:15). Mais le sommet de cette question paraît dans la parole du Seigneur: "Tout est possible à celui qui croit" (Marc 9:23). Mais il y a une autre sorte qui appartient, non à celui qui opère le miracle, mais à celui qui le reçoit, c'est: "

La foi confiante et croyante:

C'est celle que demandait le Seigneur de celui avec lequel le miracle était opéré. Parfois il lui demandait: "Est-ce que tu crois?" comme il dit aux deux aveugles qui lui avaient demandé la guérison; "Croyez-vous que je puisse faire cela?" (Matt. 9:28). Le Seigneur loua cette sorte de foi, comme il dit à la femme cananéenne: "ta foi est grande" (Matt. 15:28), et comme il dit au centurion: "même en Israël, je n'ai pas trouvé une aussi grande foi" (Matt. 8:10).

17. Toute la foi:

Saint Paul l'apôtre dit: "quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes... " (1 Cor. 13:2). Il a donc considéré que cette foi qui transporte des montagnes, est toute la foi, ou le sommet de la foi, au-delà duquel il n'y a rien.

LES GENRES DE FOI

Il y a une grande différence entre deux genres de foi: la foi théorique et la foi pratique.

1. La foi théorique ou intellectuelle.

C'est une foi relative à la pensée, une foi philosophique: une simple conviction intellectuelle de l'existence de Dieu, et de l'existence des choses invisibles, sans que cela ait aucune influence sur la vie. Il y a un texte qui prouve que les démons possèdent ce genre de foi. Saint Jacques l'apôtre dit de la foi morte et dépourvue d'œuvres: "

"Tu crois qu'il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent" (Jac. 2:19).

Le livre de Job nous donne une démonstration pratique de ce point; parce que la conversation du démon avec Dieu, béni soit son Nom, prouve cette foi théorique. Le démon dit au Seigneur: "Est-ce d'une manière désintéressée que Job craint Dieu? Ne l'as-tu pas protégé, lui, sa maison, et tout ce qui est à lui? Tu as béni l'œuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends ta main, touche à tout ce qui lui appartient, et je suis sûr qu'il te maudit en face" (Job 1: 9-11).

Et quand il eut pris la permission de Dieu pour agir, il s'en alla pour travailler contre Job. Dans la seconde fois, il dit aussi au Seigneur: " Mais étends ta main, touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu'il te maudit en face" (Job 2:5). Toutes ces paroles prouvent que le démon croit intellectuellement que Celui-là est Dieu, et que c'est Lui qui a béni les œuvres de Job, et qu'Il a le pouvoir de toucher à ses biens, et de toucher à ses os et à sa chair, et que toute expression qui serait issue de Job contre Dieu, serait considérée comme blasphème contre Dieu... Cependant le démon combattait le royaume de Dieu et ses fils, et il ne cesse de faire cela.

La foi intellectuelle du démon dont a parlé notre maître saint Jacques, c'est aussi une foi morte, selon la parole du même apôtre: "la foi sans les œuvres est inutile" (morte). (Jac.2:20). Si la foi dépourvue de bonnes œuvres est une foi morte, combien plus serait la foi chargée d'œuvres mauvaises et d'une résistance à tout bien, quelqu'il soit?.

La foi intellectuelle est facile. Quoi de plus facile que de prouver l'existence de Dieu par des arguments intellectuels et par de nombreuses preuves. L'important c'est la foi pratique. Ceci nous amène au genre important de foi, qui est:

2. La foi pratique:

C'est la foi dont les signes apparaissent dans la vie pratique, la vie d'un homme qui croit que Dieu se trouve en face de lui. Il le voit et le sent et agit comme il convient à cette foi. Il aime ce Dieu à l'existence duquel il croit, à la providence, au pastorat, et à la garde duquel il croit. Il parle à ce Dieu aimé, dans ses prières et ses supplications; et il craint de faire quoique ce soit qui puisse blesser son cœur aimant et, rassuré de son œuvre, il n'a pas peur et ne se trouble pas, mais il vit dans une paix demeurante, et il remet toute sa vie à la sage pourvoyance de Dieu

Ainsi la foi le conduit à d'innombrables vertus.

Ce genre de foi sera le sujet de notre présent livre, par la grâce du Seigneur, et nous exliquerons comment la foi conduit toute notre vie pour qu'elle devienne une vie de foi. Cette conception nous transporte vers une autre qualité parmi les qualités de la foi saine, c'est:

3. La foi demeurante:

Nous entendons par cela, que Dieu ne soit pas seulement pour les convenances: que notre foi n'apparaît pas seulement quand nous sommes à l'église ou dans une réunion spirituelle, ou quand nous prions, ou quand nous lisons la Bible, ou quand nous nous présentons pour communier. Mais cette foi apparaît en tout temps, et en tout lieu, en dehors de l'église comme à l'intérieur de l'église. Dieu est continuellement devant nous, et dans notre pensée d'une façon continue avec une foi inchangeable. Il n'est pas seulement le Dieu des églises et le Dieu des Ecritures, mais Il est le Dieu du cœur et de la pensée ensemble, et le Dieu de la vie entière.

4. La foi sans voir:

Une foi qui ne compte pas sur les sens, et à laquelle s'applique la parole de l'apôtre: "Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru" (Jean20:29). Non pas comme les savants qui ne croient en quoique ce soit, à moins qu'ils ne l'emmènent dans leurs laboratoires, et qu'ils ne s'assurent de cette chose par leur vue et par leurs appareils. Non pas comme les Sadducéens qui avaient nié l'existence des anges, de la résurrection et des esprits (Actes 23:8), car ils ne voyaient rien de tout cela..

5. La foi de confiance et d'expérience:

Elle n'est pas la foi en Dieu dont nous lisons dans les livres de théologie, ou dans les instituts religieux, ou dans les églises et dans les classes d'enseignement religieux de tout genre. Mais elle est la foi en Dieu que nous avons éprouvé dans notre vie, et que nous avons fréquenté, et que nous avons ingéré dans tous les détails de notre vie; en ayant pratiquement éprouvé la parole du prophète David: "Sentez et voyez combien l'Eternel est bon" (Ps. 34:9) Nous avons trouvé que Dieu est merveilleux, merveilleux au delà de toute limite, au-dessus de ce que s'imagine l'intelligence .toute notre vie est simplement sa fréquentation dans laquelle nous sentons sa douceur, son amour, et son pastorat. Nous avons aussi vu sa force et sa majesté; et nous avons éprouvé comment Il intervient dans nos problèmes et Il les résoud par des voies qui ne nous viennent pas à l'esprit.

Comme résultat de l'expérience, nous avons une confiance qui n'est pas fondée sur les livres, mais sur ce que nous avons touché de nos mains...c'est pourquoi notre foi est une foi véritable et ancrée dans nos cœurs.

6. La foi forte:

C'est la foi qui peut tout. (Marc 9:23). Elle peut triompher de tout obstacle. Elle ne voit rien d'impossible devant elle. Mais comme dit Zorobabel: "Qui es-tu, grande montagne, devant Zorobabel? Tu seras aplanie" (Zach. 4:7). C'est la foi qui peut mettre son pied dans l'eau, pour traverser la Mer Rouge au temps du prophète Moïse (Ex. 14:22); pour traverser le fleuve du Joudain au temps de Josué (Josué 3); et qui peut marcher sans crainte à l'intérieur des ondes majestueuses, tandis que les eaux l'entourent comme une enceinte , à droite et à gauche. C'est la foi qui peut frapper le rocher pour que l'eau en jaillisse (Ex.17:8).

C'est la foi qui marche dans le désert sans provisions et sans guide, ramassant jour par jour sa nourriture de la manne descendue du ciel, (Ex.16:21); la nuée le guidant pendant le jour, et la colonne de feu pendant la nuit (Nom. 9: 15:23). C'est la foi forte qui a pu transporter la montagne du Mokattam par l'entremise de Simon le Tanneur, au temps du pape Abram Ibn Zaraa. C'est la foi forte par laquelle le prophète Elie a pu dire: "il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole" (1 Rois 17:1). Ainsi "il ne tomba point de pluie sur la terre pendant trois ans et six mois. Puis il pria de nouveau, et le ciel donna de la pluie" (Jac. 5: 17-18). Ainsi il avait pu fermer et ouvrir le ciel. Qu'ils sont nombreux les exemples de cette foi forte. Cependant il y a d'autres exemples de cette foi forte, qui paraissent dans un autre aspect, c'est:

7. La foi inébranlable:

C'est une foi ferme qui n'est pas du tout influencée par les facteurs extérieurs. Elle croit en l'amour de Dieu qui lui donne une progéniture de Sara dans des conditions qui portent au désespor, exactement comme elle croit en l'amour de Dieu quand Il lui dit: "Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai" (Gen. 22:2).

Abraham, quand il levait son couteau sur son fils Isaac, ne doutait absolument pas, ni de l'amour de Dieu, ni de la véracité de ses promesses.

Sa foi n'était absolument pas ébranlée en ce Dieu, ni en ce qu'il aura une progéniture nombreuse par Isaac, comme les étoiles du ciel et le sable de la mer La foi ferme ne change pas par suite des conditions exérieures qui l'entourent, car sa confiance est établie en Dieu, et sa paix cordiale ne provient pas des conditions extérieures, mais de Dieu lui-même, de son amour, et de la véracité de ses promesses.

8. La foi comme étant un don:

Il y a une foi ordinaire, et une foi qui est considérée comme un don du Saint-Esprit. Il n'y a pas de doute que celle-ci est de beaucoup supérieure à la foi ordinaire Saint Paul l'apôre dit dans son discours sur les dons: "Il y a diversité de dons, mais le même Esprit; diversité de ministères, mais le même Seigneur; diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tout. Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune.

En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre le don des guérisons, par le même Esprit..."(1Cor.12: 4-9). De même aussi, il plaça la foi parmi les fruits de l'Esprit (Gal. 5:22). Il paraît ici que nous ne pouvons pas séparer la foi de l'action de l'Esprit-Saint: soit parmi les fruits de l'Esprit, soit parmi les dons de l'Esprit. Chacun parmi eux a son degré.

9. La foi saine:

Quelles sont nombreuses les croyances des gens à des idées ou des doctrines politiques ou sociales! Leur foi en elles leur donne une force pour leur réalisation et pour leur communication à l'intelligence des gens. Mais nous désirons parler dans ces pages de la foi saine qui possède un caractère spirituel et une relation constante avec Dieu, "une foi sincère" (1Tim. 1:5), "la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude3) Cette foi chaste et pure quant à la pensée et quant à la conduite. Ceci nous amène à dire que la foi n'est pas simplement une croyance, mais elle est une vieou elle est une vie basée sur une croyance ou elle est une croyance expérimentale que les gens vivent, et non pas simplement des idées dans les livres. Ce dont nous voulons parler dans ce livre , c'est cette vie, la vie de foi.

CHAPITRE IV

LA RELATION ENTRE LA FOI, LA PAIX, ET L'ABSENCE DE PEUR.

 

L'une des qualités du croyant, c'est que son cœur est plein de paix et de calme. Il ne se trouble pas du tout, il ne s'inquiète pas, et il n'a pas peur, parce qu'il croit que Dieu le protège.

Il garde sa paix intérieure, quelque troublante que soient les circonstances extérieures. La personne qui sent qu'elle se tient seule, craint. Tandis que celui qui croit que Dieu est avec lui, ne craint point

1. Voici le prophète David qui dit: "Si une armée se campait autour de moi, mon cœur n'aurait aucune crainte; Si une guerre s'élevait contre moi, je serais malgré cela plein de confiance" (Ps. 27:3). Si vous lui demandiez la cause de cela, il vous répondrait dans le même psaume: "L'Eternel est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte? L'Eternel est le soutien de ma vie, de qui aurais-je peur?" (Ps. 27:1). Il a constaté l'aide et la protection du Seigneur, alors il a dit: "Quand des méchants s'avancent contre moi, pour dévorer ma chair; ce sont mes persécuteurs et mes ennemis qui chancellent et tombent" (Ps. 27:2).

Sa paix ne lui parvient pas de l'amélioration des circonstances extérieures autour de lui, mais il tient sa paix de l'action de Dieu avec lui dans les circonstances extérieures.

C'est pourquoi il dit dans le psaume du berger: Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi" (Ps.23:4). Si tu avais cette foi que Dieu est avec toi, tu n'aurais pas peur quoiqu'une armée te combattait, ou une guerre s'élevait contre toi, même si tu marchais dans la vallée de l'ombre de la mort.

2. Cette paix et ce manque de crainte, nous les voyons dans la rencontre du prophète Elie avec Achab:

Le roi cherchait partout le prophète Elie pour le tuer. Cependant Elie alla au-devant d'Achab. Et quand le prophète Abdias l'avait prévenu du danger, Elie répondit: "L"Eternel des armées, dont je suis le serviteur, est vivant! Aujourd'hui je me présenterai devant Achab" (1Rois 18:15). Il en fut ainsi. Elie rencontra le roi Achab et ne le craignit point. Plutôt il le réprimanda à cause de son adoration des idoles (1 Rois 18:18). Elie n'avait pas peur, parce qu'il avait la foi qu'il se tenait devant le Seigneur des armées.

3. Ainsi était David dans sa rencontre avec le géant Goliath.

David, le petit garçon, était rempli de paix, par la foi. Il n'avait pas peur de Goliath. Plutôt, il parlait avec confiance....et disait au roi Saül: "Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin!" (1Sam. 17:32). Quant au roi et toute son armée, ils avaient peur, ils étaient très terrifiés, parce qu'ils ne regardaient pas Dieu l'Invisible comme le regardait Davidmais ils concentraient leurs regards sur ce qu'ils voyaient devant eux: l'homme qui sortit, qui "avait une taille de six coudées et un empanLe bois de sa lance était comme une essouple de tisserand. Le poids de sa cuirasse d'airain était de cinq mille sicles" (1 Sam. 17: 4-7).

Quand David, l'homme de la foi, entra dans le champ du combat, il fit entrer Dieu avec lui, et il introduisit l'esprit de foi et de tranquilité aux cœurs des hommes de guerre, en disant: "Qui est donc ce Philistin, cet incirconcis, pour insulter l'armée du Dieu vivant?....Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin!" (1 Sam. 17: 26,32). Et il dit à ce géant: "Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot; et moi je marche contre toi au nom de l'Eternel des armées" (1 Sam. 17:45). C'est-à-dire: tu marches contre moi avec les choses que l'on voit, et moi je marche contre toi par Celui qui est invisible.

Nous remarquerons que le nom de Dieu ne quittait pas la langue de David, et lui accordait la paix. Par cette foi, avec cette paix intérieure et cette confiance, David se présenta devant ce géant terrible, et il lui dit dans l'assurance de la foi: "Aujourd'hui l'Eternel te livrera entre mes mains....Et toute la terre saura qu'Israël a un Dieu...Car la victoire appatient à l'Eternel" (1 Sam. 17: 46-47). Vraiment l'homme croyant ne connait pas la peur, quelqu'effrayantes que soient les circonstances autour de lui.il ne se départit absolument pas de son calme....plutôt, la foi lui accorde aussi du courage et de la bravoure.

4. Au milieu de l'affliction, quelle qu'elle soit, nous voyons la foi donner la paix.

Une affliction atteint deux êtres: l'un est croyant, l'autre est incroyant. L'incroyant est embarrassé, il a peur et il s'inquiète, il s'imagine les pires résultats, des idées le troublent..Quant au croyant, il accueille l'affliction en toute confiance, avec une paix cordiale merveilleuse. Si d'aucuns lui demandaient ce qu'il ressent envers l'afliction, il dirait: " Ce problème, Dieu y interviendra et le résoudra, et il en résultera du bien." Si vous lui demandiez: Comment Dieu y interviendra-t-il? Comment le résoudra-t-il?" il vous répondrait: "Moi, je ne sais pas, et cela ne m'importe pas. Mais je sais que nous ne nous préoccupons pas de nos difficultés, car Dieu s'occupe de tout...

Vraiment je ne sais pas comment le problème sera résolu. Mais je sais que Dieu le résoudra."

Ainsi la foi le conduit à la tranquilité. Ainsi les enfants de Dieu vivent toujours en paix, plutôt dans la joie, en sentant que Dieu est avec eux, que c'est Lui qui s'occupe de toutes leurs affaires. Et qu'Il fait pour eux ce qu'ils ne peuvent pas faire pour eux-mêmes.

5. Jonas, même quand il était dans le sein de la baleine, ne perdit pas sa foi et sa paix.

Plutôt il fit au Seigneur une prière toute de foi, pendant qu'il était au sein de la baleine, et il dit avec confiance: " Mais je verrai encore ton saint temple" (Jonas 2:5). Il fit au Seigneur un vœu et dit: "Pour moi, je t'offrirai des sacrifices avec un cri d'actions de grâces. J'accomplirai les vœux que j'ai faits: Le salut vient de l'Eternel" (Jonas 2:10). Même quand il était au sein de la baleine, il voyait le salut du Seigneur. Il voyait qu'il en sortira, qu'il verra le saint temple, qu'il sacrifira au Seigneur, et qu'il accomplira ses vœux. C'est la foi qui est la source de toute paix et de tout repos. En elle, il n'y a ni peur ni inquiétude.

6. Quand la foi diminue, c'est alors que l'homme a peur.

Dans sa foi, Pierre a pu marcher avec le Seigneur sur l'eau, oubliant toutes les lois de la pesanteur. Quand il se les rappela et qu'il craignit, alors il tomba. Le Seigneur le blâma disant: "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? " (Matt. 14:31). Ainsi le Seigneur relia la peur avec le doute et le peu de foi. Vraiment c'est une relation étonnante:

Le doute affiblit la foi. La faiblesse de la foi conduit à la peur. La peur cause la chute.

De le même façon, nous parlerons des apôtres lorsque les vagues s'élevèrent pendant qu'ils étaient dans la barque. Leur vue des vagues qui recouvraient la barque pendant que le Seigneur y dormait, les rendait douteux de la préoccupation du Seigneur pour eux. Le doute avait affaibli leur foi, c'est alors qu'ils eurent peur. C'est pourquoi le Seigneur les blâma en disant: "Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi?" (Matt. 8:26).

Chaque fois que tu as peur, réprimande-toi toi-même pour ton peu de foi.

Dis-toi: où est ma croyance que Dieu existe et qu'il tient tout et voit tout? Où est ma foi dans l'amour de Dieu, dans son intervention en toute puissance dans toute mes difficultés, et où est ma croyance que Dieu est l'auteur des bienfaits, et que nécessairement Il me fera du bien?! Toutes ces idées fortifieront ta foi, et t'accorderont la paix et la confiance en l'œuvre de Dieu.

La foi repose l'âme, car celui qui croit à l'existence de Dieu ne ressent pas de la solitude, mais il est confiant qu'il y a une force à son côté.

Il croit à l'existence de cette force qui peut tout, qui le soutient, et qui est toute d'amour et de justice. Elle agit pour le bien de tous, elle a pitié de toute personne en difficulté Etant assuré de cette force divine gardienne, son cœur est rempli de paix, il ne s'inquiète pas, et il n'a pas peurTandis que l'incroyant, comme il n'a pas confiance en une force cachée qui le soutient, nous le voyons fatigué, se tenant seul dans ses difficultés, manquant de paix....

7. Saint Pierre était en prison, et il dormait d'un sommeil profond.

Tandis que le roi Hérode, afin de plaire aux juifs, avait tué saint Jacques, fils de Zébédée, l'un des douze, et il avait ordonné l'arrestation de saint Pierre et l'avait jeté en prison, "il le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune" (Actes 12: 1-4), avec l'intention de le tuer après la Pâque. Malgré la prison, et la garde sévère, et l'appréhension d'être tué Pierre dormait à l'intérieur de la prison, confiant dans l'existence d'une garde divine qui le gardait, plus que la garde des soldats. Son sommeil était profond, à tel point que l'ange qui était venu pour le délivrer, le frappa au côté pour le réveiller (Actes 12:7) Quelle paix intérieure est celle-là qui fait dormir une personne dans de pareilles circonstances, en prison, et dans la même nuit qu'Hérode avait l'intention de le faire comparaître pour être tué..

C'est la foi dans la garde de Dieu, s'Il veut qu'il vive sur la terreou la foi dans l'éternité heureuse, si Dieu veut qu'il soit martyrisé.

Dans les deux cas, cela porte à la joie. C'est pourquoi la paix remplissait son cœur. Il dormait tranquillement. Les choses extérieures ne le troublaient point... Peut-être y avait-il une autre raison pour cette paix, c'est que "Pierre donc était gardé dans la prison; et l'Eglise ne cessait d'adresser pour lui des prières à Dieu" (Actes 12:5).

L'homme qui a la foi est celui qui peut dormir et se reposer au sein de Dieu.

Il remet sa vie et tous ses problèmes au Seigneur. Il dit au Seigneur: "Puisque c'est Vous-même qui avez pris en mains ces sujets, je ne m'en préoccuperai pas. Ils sont terminés par rapport à moi, ils ont été transférés à vos mains, et je suis sûr que Vous ferez tout bien. Quant à moi, j'ai confiance en Votre action, et je dormirai et me reposerai. C'est pourquoi le psaume a bien dit: "Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil" (Psaume 127:2).

8. Le prophète Daniel et les trois jeunes gens, sont un exemple de la foi remplie de paix.

Daniel s'attendait à être jeté dans la fosse aux lions, et malgré cela, il ne perdait pas sa paix, il ne perdait pas son courage non plus. Il priait à Dieu ouvertement et sans crainte. Dans la fosse aux lions, le cœur de Daniel était plus fort que les cœurs de tous les lions qui étaient avec lui....et c'est comme s'il disait: "Qu'importe si on me jette dans la fosse aux lions? Le Seigneur n'est-il pas là-bas aussi, et son ange n'est-il pas là-bas pour fermer les gueules des lions "

De même, les trois jeunes gens n'avaient pas peur de la fournaise ardente. Il n'y a pas de doute que la foi crée dans les cœurs tout courage et toute audace et qu'elle en extirpe toute peur.

9. Ainsi étaient les saints en route vers le martyre.

Ils chantaient les hymnes de la joie, et glorifiaient Dieu pendant qu'ils étaient sur leur chemin vers la mort. La mort ne les troublait pas; et non plus les souffrances. Leur foi dans l'autre vie, dans l'éternité heureuse, et dans leur fréquentation du Seigneur au paradis, les remplissait de paix, plutôt de joie. Plutôt tout ceci les faisait aussi désirer la mort, en chantant avec l'apôtre Paul: j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur" (Philip. 1:23). La mort n'effraie pas le croyant, plutôt elle le réjouit

10. Dans toute contrainte, toute difficulté, et tout obstacle, le croyant n'a pas peur, et il ne perd pas sa paix.

Le croyant triomphe des obstacles, sans les craindre. Il sent que Dieu résoudra les difficultés qu'il rencontre et qu'il ne l'y laissera pas seul. Tandis que l'incroyant serait peut-être affecté d'hésitation et de peur par les difficultés. Dans son manque de foi, il devient poltron. Son manque de foi le fait même s'imaginer des difficultés et des appréhensions qui n'existent pas, comme si: "Il y a un lion sur le chemin. Il y a un lion dans les rues!" (Prov.26:13). Tandis que le croyant n'est absolument pas effrayé; quelles que soient les difficultés et les fatigues qu'il rencontre, il les affronte toutes, tranquillement et confiant dans l'œuvre de Dieu avec lui.

11. Avec cette foi et cette confiance, saint Athanase se leva pour combattre l'arianisme, avec tout ce que l'arianisme avait de relations avec l'empereur, et d'influence sur lui et sur sa suite; même avec tout ce que l'arianisme avait de subversion du peuple, de pression sur les évêques et de conviction de quelques-uns parmi eux, et de provocation d'une atmosphère générale de doute, à tel point qu'on avait dit à ce pape croyant:

"Le monde entier est contre toi, Athanase", et il répondit: "Et moi, aussi, je suis contre le monde."

Ainsi, les décrets des empereurs pour l'exiler, ne l'effrayaient pas; non plus les décrets de certains évêques pour l'excommunier, ni les doutes répandus partout, ni les fausses accusations qu'ils portaient contre lui. Mais il continua à faire la tournée d'un pays à l'autre, en toute confiance, en instruisant, convainquant, faisant disparaître les doutes, confirmant les gens dans la foi, écrivant les répliques et les discours, confondant les arguments des ariensjusqu'à ce qu'il remporta finalement la victoire; et la foi triompha par son entremise. Saint Jérôme dit:

"Il fut un temps quand le monde était sur le point d'être tout entier arien, si Athanase n'était pas là."

Voilà la foi qui ne connaît ni la peur, ni l'agitation; la foi que les évènements n'ébranlent pas; mais qui conserve sa paix au milieu du feu ardent jusqu'à ce que Dieu l'éteigne La foi de saint Athanase dans la croyance qu'il défendait, lui avait accordé une force géante, par laquelle il se leva contre toutes les oppositions. Toute la force d'Athanase réside dans sa foi, la foi qui est capable de réaliser des merveilles.

12. Par la foi, il y eut des personnes qui prêchèrent le Seigneur dans les pays des cannibales, sans avoir peur.

Ils entrèrent dans les pays inconnus de l'Afrique, dans les forêts, dans des contrées dangereuses même du point de vue de leurs natures, de leurs climats, et des tempéraments de leurs habitants. Ils n'avaient pas peur. Leur foi en Dieu qui les garde, leur avait donné la force et le courage. De même, leur foi dans le bienfait et dans l'importance de l'œuvre qu'ils accomplissaient: l'importance de faire parvenir là-bas la parole de Dieu aux âmes afin qu'elles ne périssent pas dans un manque de foi; tout ceci leur avait donné la force, et avait extirpé la peur de leur cœur, et ils accomplirent leur tâche que n'entrava ni leur séjour comme étrangers, ni la dureté du climat, ni la sauvagerie des gens, ni les dangers de la nature....

13. Par la foi, notre père Noé prit avec lui les bêtes sauvages dans l'arche, et il n'avait pas peur.

Tant que Dieu lui avait dit de les prendre deux à deux, il les prendrait donc. Dieu qui avait prononcé l'ordre, le sauvegarderait d'elles. Elles seraient avec lui comme elles avaient été au paradis avec Adam qui vivait avec elles sans crainte, en toute paix de cœur....et il en fut ainsi. Notre père Noé croyait à la parole que Dieu lui avait adressée, c'est pourquoi il ne craignit pas.

14. Quiconque croit, même en une idée, sa foi en elle lui donne la force de la réaliser.

Ainsi étaient les réformateurs en tout temps et en tout lieu. Ils avaient cru en une idée, et ils combattaient avec toute leur force pour sa réalisation. A cause de leur foi, ils avaient supporté beucoup de contrainte, jusqu'à ce qu'ils eurent accompli leur œuvre. Ghandi par exemple, avait cru au droit de l'homme à la liberté, il avait cru à la politique de non violence. Cette foi lui avait donné une force étonnante par laquelle il put libérer les Indes, et donner aux intouchables des droits égaux à ceux de leurs frères. Il put supporter beaucoup afin que ses adeptes ne se conduisent pas avec violence et qu'ils ne rencontrent pas la violence avec la violence. Sa foi dans l'idée lui avait donné la force de la réaliser. Combien plus, au-delà de toute mesure, la foi en Dieu.

15. Plutôt, même la foi dans la science opère des merveilles; les explorateurs de l'espace en sont un exemple.

Je veux dire comme exemple, leur foi en ce qui leur avait été dit au sujet de la région du manque de pesanteur, et comment l'homme peut marcher dans l'atmosphère sans avoir crainte. Mais ce qui leur avait fait réaliser cela, c'était leur foi ferme dans les recherches des savants qui avaient dit cela. La foi donne la force er le courage. Combien plus la foi en Dieu.

La différence entre le plus courageux des gens et le plus poltron des gens, c'est la foi.

La personne courageuse, c'est celle qui a la foi qu'il ne lui arrivera pas d'endommagement; ou c'est celle qui croit à la nécessité et au besoin de son travail, quelque soit ce qui lui advient. C'est celle qui croit à la qualité du courage et du manque de peur. Tandis que le poltron est le contraire de tout ceci.

16. Aussi la foi dans l'éternité donne à l'homme le repos et la paix.

Car il est assuré que nécessairement il obtiendra ses droits, si ce n'est sur la terre, ce sera dans le ciel. Il est impossible qu'il soit victime d'injustice ici et là-bas. De même il obtiendra son bonheur complet: ce qu'il n'aura pas réalisé de bonheur ici-bas, sera assurément réalisé dans le bonheur éternel. Ainsi il vit en repos, même s'il est comme le pauvre Lazare.

17. La foi dans la puissance de la croix, et dans le signe de la croix, empêche la peur.

Celui qui croit à la croix, à la force de la croix et au signe de la croix, se sent souvent rassuré pendant qu'il se met sous la protection de cette croix. S'il est exposé à la crainte ou au danger, et qu'il se signe de la croix, son cœur se remplit de paix, et il ressent une force qui le protège, qui empêche la peur de l'atteindre; et il sent qu'une force est entrée dans son cœur, laquelle n'y était pas auparavant. Le signe de la croix lui est devenu une arme.

Quelqu'autre personne a une grande foi dans l'efficacité des psaumes.

Il les récite à tout moment, ou au temps de besoin, et alors il sent que le psaume contient une force spéciale qui rassure son cœur et qui lui accorde la paix. S'il a peur, par exemple, et qu'il récite le psaume 91 ("Celui qui demeure sous l'abri du Très-Haut"), ou le psaume 23 ("L'Eternel est mon berger", ou le psaume 27 ("L'Eternel est ma lumière et mon salut") il ressent à l'instant une paix intérieure, et que la force du psaume est venue à lui. Nous savons que les psaumes ont été dits par l'Esprit (Matt. 22: 43,44), et que, comme faisant partie de la Bible, David les a dits en étant poussé par le Saint-Esprit (2Pierre 1:21). C'est pourquoi ils ont indubitablement une force.

D'autres ont une foi dans les âmes des saints et dans leur œuvre pour eux.

C'est pourquoi ils ressentent la paix quand ils demandent la prière et le secours d'un saint qu'ils aiment. Ils ont confiance qu'il est un propitiateur devant Dieu. Je cite, à cette occaion, un moine anachorète éthiopien qui vivait dans une caverne à Wadi-el-Natroun. Une fois il s'était égaré durant la nuit, car, en ce temps, il était atteint d'une faiblesse dans sa vue. La nuit et les ténèbres étaient survenues. Il dessina un grand cercle sur le sable du désert, et il l'entoura du signe de la croix de tout côté, et il y dormit. Le matin, il vit les traces des reptiles et des animaux en dehors du cercle. Ils n'avaient pas pu y entrer pour lui nuire.

Je me rappelle, il y a longtemps, je voyageais sur un bateau. Les vagues étaient devenues très furieuses. Les voyageurs furent saisis de frayeur. Je regardai et je vis parmi les voyageurs qui étaient avec nous, un homme très bon. J'avais beaucoup confiance en sa sainteté. Alors mon cœur fut rassuré; et je me disais: "Il serait impossible que Dieu permette le naufrage du bateau, tant qu'il y avait cet homme bon qui aime Dieu." Le bateau fut de fait sauvé, et aucun dommage ne lui advint.

La simple présence de cet homme bon était une cause de paix et de fortification de la foi. Peut-être que d'autres voyageurs avaient eu le même sentiment. Les histoires éprouvées dans ce domaine, sont innombrables. Toutes fortifient la foi. Mais je ne vois pas leur circonstance maintenant.... Cette partie est suffisante. Entrons dans un autre signe parmi les signes de la foi.

CHAPITRE V

LA RELATION DE LA FOI A LA PURETE DU CŒUR

 

Indubitablement, tu as honte de pécher devant une personne juste que tu respectes.

En sa présence, tu es peut-être à la limite de la prudence, tu as honte de commettre quoique ce soit de déshonorable devant lui. Tu n'aimerais pas qu'il prenne une mauvaise idée de toi, ou que tu tombes à ses yeuxAussi, tu serais prudent de ne pas commettre de faute même devant l'un de tes serviteurs ou l'un de tes subordonnés, de crainte qu'il ne te méprise dans son intérieur, ou que son respect pour toi ne diminue

C'est pourquoi la plupart des péchés sont commis dans le secret, ou bien à cause de la crainte, ou bien à cause de la honte. Il a été ainsi dit des pécheurs: "les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises" (Jean 3:19). Le Seigneur dit de ses ennemis qui complotaient contre lui: "c'est votre heure, et la puissance des ténèbres" (Luc 22:53).

Si donc tu as honte, ou tu as peur d'une personne qui te voit, combien plus de Dieu?!

Si tu crois pleinement que Dieu existe partout où tu te trouves, qu'Il te voit, t'entend et te guette, indubitablement tu auras honte, ou tu craindras de commettre quelqu'erreur devant Dieu C'est pourquoi le juste Joseph, quand le péché lui avait été proposé, refusa le péché en disant: "

Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu?" (Gen. 39:9)

Il avait considéré comme un péché contre Dieu, comme une désobéissance à ses commandements, et comme un manque de respect pour Lui, de commettre sans honte le mal devant Lui....As-tu ce sentiment? Est-ce que tu mets Dieu devant toi chaque fois que tu es tenté de commettre un péché? Est-ce que tu te rappeles ce que le Seigneur dit à chacun des anges des sept églises dans l'Apocalypse? Il dit à chacun d'eux:

"Je connais tes œuvres" (Apoc. 2: 2,9,13,19---3: 1,18,15).

Si tu savais cela, tu aurais honte, tu craindrais, et tu te garderais de pécher, car la crainte de Dieu serait continuellement devant tes yeux chaque fois que tu essayes de pécher.

Tu sentirais de la honte, même des âmes des anges et des saints.

Si tu croyais de tout ton cœur que les anges campent autour de nous (Ps:34:8), et que "nous avons été un spectacle au monde, aux anges et aux hommes" (1 Cor. 4:9)alors, nécessairement, tu aurais honte de l'ange qui t'entoure, et qui te quitte, à cause de sa sainteté, ne supportant pas la vue de certains péchés, et de même, nécessairement, tu aurais honte des âmes des saints et des âmes de ceux avec lesquels tu avais des liens de parenté, et des âmes de tes connaissancesPar cette honte, tu t'éloignerais du péché, et tu t'approcherais de la vie de pureté.

Si tu croyais que Dieu est Saint, tu craindrais que ton impureté ne paraisse devant cette sainteté infinie. Chaque fois que tu dirais dans ta prière: "Saint, Saint, Saint", tu ressentirais dans ton intérieur une grande honte pour le passé, et tu n'oserais pas commettre le péché dans l'avenir. Le prophète Isaïe, quand il entendit des séraphins glorifier le Seigneur par cet hymne: "Saint, Saint,.", cria disant: "Malheur à moi! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures..." (Isaïe 6: 3-4).

Si tu croyais que Dieu scrute les cœurs et lit les pensées....et qu'Il connaît tout ce qui traverse ta pensée et ton cœur de sentiments, de plans, et de machinations, alors tu serais effrayé de sa connaissance de ton intérieur, tu aurais honte de Sa Sainteté, tu t'éloignerais de ces idées et de ces sentiments, et tu atteindrais la vie de pureté.

Peut-être dirais-tu: "je crois en tout cela: je crois que Dieu existe, et qu'Il voit et entend tout, qu'Il scrute les cœurs et lit les pensées ..néanmoins je demeure dans mes fautes".je te répondrais à cela, que:

Peut-être tu crois en tout cela d'une façon théorique. Mais tu ne vis pas une vie convenable à ta foi.

Celui qui vit dans cette foi, que Dieu le voit, et que les anges le voient, et que les âmes des saints le voients'il mettait pratiquement cette idée dans son cœur, il aurait honte, et son âme deviendrait petite à ses yeux, et il n'oserait pas compléter ses péchés. Mais, selon l'opinion de l'un des pères, comme il a été dit dans le "Paradis des moines" (l'Histoire Lausiaque): "tout péché est précédé par: ou bien le désir, ou bien la négligence, ou bien l'oubli."

Peut-être que durant le péché, l'homme est oublieux de Dieu et de son royaume.

Il oublie, peut-être, qu'il est l'image et la ressemblance de Dieu, si vraiment il croit à cela. Il oublie peut-être aussi, tous les commandements de Dieu, et tous ses avertissements; tandis que théoriquement, il croit à tout cela, mais il ne le vit pas. Comme nous l'avons dit: il a le nom de croyant, mais il n'a pas la vie du croyant.

C'est pourquoi, si tu crois à l'éternité, mets l'éternité devant toi, afin de ne pas pécher. Celui qui croit vraiment que la mort vient comme un voleur (1Thess.5:2),

Celui qui croit que Dieu est juste, et qu'Il a dit qu'Il viendra "pour rendre à chacun selon ce qu'est son œuvre" (Apoc. 22:12), celui qui croit à la vie après la mort, au jugement, à la récompense et au châtiment, à la tenue debout devant Dieu en ce jour terrible pendant lequel les livres seront ouverts, les intentions et les pensées seront découvertes, et toutes les œuvres des enfants des hommes seront déclarées devant tout le monde celui qui croit vraiment d'une foi pratique à cela, il lui est difficile de pécher; mais il trouve dans son intérieur un empêchement qui le dissuade, une crainte et une honteet vous le voyez toujours se préparer à la rencontre du Seigneur en ce jour.

Et pourquoi parlerai-je du jugement, je dirai d'autre part: Si tu croyais à l'amour de Dieu, tu aurais honte de blesser son amour. Souvent tu dis: "Dieu est amour" (1 Jean 4: 8,16). Mais durant le péché, tu n'es pas dans un état de foi pratique en son amour. Peut-être que cet amour n'est absolument pas du tout dans ta pensée.

Si tu croyais vraiment que l'amour et le lien sacré qui te relie à Dieu, comment serait-il possible que tu pèches?! "Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché" (1 Jean 3:9).

Même tu ne pécherais pas si tucroyais à la vertu comme programme de vie.

Beaucoup de gens parlent de la vertu, ils y invitent les autres, et ils la glorifient beaucoup. Mais ils ne la vivent pas. Dans les profondeurs de leurs âmes, ils ne croient pas effectivement que la vertu soit un programme de vie pour eux. S'ils croyaient effectivement à cela, ils vivraient la vie de pureté en se blâmant violemment pour toute faiblesse.

Aussi, celui qui croit à l'éphémérité de ce monde, il le méprise et ne pèche pas.

Comme dit le prophète David: "Je suis un étranger sur la terre: Ne me cache pas tes commandements!" (Ps. 119:19); "je suis un étranger chez toi, un habitant, comme tous mes pères" (Ps. 39:13). Ainsi vécurent les hommes de la foi en toute génération, "reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terreils en désirent une meilleure.céleste" (Hébr:11:13,16) Ils ont tout méprisé dans ce monde, ils ont obéi à la parole de l'apôtre: "N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde....car...le monde passe, et sa convoitise aussi" (1 Jean 2: 15,17).

Avec cette foi, ils avaient vécu dans le monde sans que le monde vive en eux.

Ceux-là étaient: ceux qui usent le monde comme n'en usant pas" (1Cor.7:31). Par cette foi, sur une plus grande échelle, les moines, les anachorètes, et les habitants des montagnes vécurent dévotement, rejetant le monde, "eux dont le monde n'était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terreà la foi desquels il a été rendu témoignage" (Hébr. 11: 38-39). Ainsi agit la foi dans la purification du cœur; comme dit l'apôtre:

"et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi" (1 Jean 5:4).

C'est notre croyance que nous vivons sur la terre en regardant, "non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles" (2 Cor.4:18). Oui, c'est la croyance à l'éphémérité du monde, qui nous fait triompher du monde, et qui nous purifie du monde et de ce qu'il contient.

La foi en l'éternité donne à l'homme le réveil de la conscience.

Ainsi, il aura toujours une conscience vive: qui juge chaque œuvre, non seulement du point de vue de son succès ou de son échec, ou quant à ses résultats, dans notre vie actuellemais qui juge les choses du point de vue éternel..parce que toute action qu'il entreprend, se rapporte à sa destinée éternelle, et peut-être aux destinées des gens....Tout bien qu'il fait est conservé au ciel. Il rendra compte, au jour du jugement, de toute faute qu'il commet contre les gens ou contre lui-même.

La foi dans l'existence de Dieu devant nous, accorde aussi l'humilité au cœur

Elle donne l'humilité au cœur, l'humilité dans l'action; et elle lui donne la crainte et la révérence parce qu'il se tient devant Dieu. Comme il a été dit de saint Pierre quand il pêchait (après la Résurrection) et quand il apprit que le Seigneur était arrivé, il "mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu" (Jean 21:7).

En présence du Seigneur, tout être humain se tient dans la révérence; et dans la mesure de son sentiment de l'existence de Dieu, dans cette même mesure sera sa révérence. Ainsi les gens diffèrent dans leur sentiment pendant la prière. Il y en a ceux qui se mettent à genoux, ou qui se prosternent à terre, devant la magnificence infinie de Dieu....Tandis que celui qui est assis pendant la prière, que dirai-je de lui?

Le sentiment continuel de la présence de Dieu, même en dehors du temps de la prière, rend l'homme dans un état permanent d'humilité, car la majesté est à Dieu seul. L'orgueil de l'homme est un acte contraire à la foi.

C'est pourquoi nous voyons les saints anges dans cet état de révérence continue.

La Bible dit de l'ordre des Séraphims: "ils avaient chacun six ailes: deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler" (Isaïe 6:2). Si l'ange séraphim couvre sa face et ses pieds en présence de Dieu, à cause de la splendeur de la majesté divine, que dirons-nous? Combien devons-nous être dans un état de révérence et d'humilité devant Lui.

Nous voyons jusqu'à quel point la foi purifie le cœur, et lui accorde la crainte, la descrétion et l'humilité....

Celui qui croit à l'importance de Dieu par rapport à lui, craint de commettre le péché, parce que le péché est une séparation de Dieu. Quoi de plus dangereux pour un homme que d'être séparé de Dieu.

Tandis que celui qui ne croit pas à la gravité du péché, et à la gravité de ses résultats spirituels,...celui-là est indulgent avec lui-même, et il succombe et perd sa pureté. Regardez la portée du sentiment de David de la gravité du péché, quand il dit au Seigneur: "J'ai péché contre toi seul, et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux (Ps. 51:6).

Regardez le juste Joseph, qui croit que lorsqu'il est fautif envers quelqu'un, il pèche contre Dieu (Gen. 39:9).

Tous ces sentiments de foi font que l'homme s'abstienne du péché comme Joseph, ou qu'il s'humilie après le péché, comme David. Les deux cas sont parmi les signes de la pureté du cœur.

CHAPITRE VI

LA SIMPLICITE DE LA FOI

 

Beaucoup de penseurs désirent la simplicité de la foi, et ne la trouvent pas.

Un philosophe passa chez un simple cultivateur qui priait avec beaucoup d'ardeur, en étant prosterné avec révérence, et qui parlait à Dieu avec instance et familiarité, comme s'il était tenu debout devant Lui.et le philosophe dit: "Je suis prêt à me désister de toute ma philosophie, pour acquérir un peu de la foi de cet homme simple, qui parle à Celui qu'il ne voit pas, avec toute cette confiance. Le philosophe avait ressenti que cet homme simple, possédait une chose précieuse, que lui, avec toute sa philosophie, n'avait pas pu acquérir la foi.

La simplicité de la foi "croit tout" ce qui concerne Dieu, et elle l'accepte sans examen, ni discussion.j'entends cette discussion par laquelle les théoriciens sont renommés

Cette simplicité me rappelle la foi des enfants, qui croient à toutes les vérités théologiques et spirituelles, en toute confiance, sans douter ni nier, et sans avancer aucune objection de la part de l'intelligence. Peut-être cela avait-il été parmi les raisons pour lesquelles le Seigneur Jésus-Christ dit à ses apôtres: "si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux" (Matt.18:3)...La foi d'une grande personne pourrait être plus profonde; mais la foi de l'enfant est plus innocente, plus simple et plus sincère: une foi réelle qui ne contient pas de doute. Puisse ta foi être forte, comme la foi d'un enfant.

Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que les enfants n'ont pas la foi

Voilà l'apôtre qui dit à son disciple Timothée: "dès ton enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi en Jésus-Christ" (2 Tim. 3:15). Combien grande était l'éloge du Seigneur à l'enfant qu'il avait placé au milieu de ses apôtres! (Matt. 18: 2-3).

Celui qui marche dans la simplicité de la foi, vit éloigné des complications de l'intelligence.

Il vit éloigné de ce que la raison avance de doutes et de pensées, et peut-être d'égarement. Vraiment l'intelligence est un talent de Dieu; mais souvent vous vous égarez si vous vous éloignez de la foi.

La foi est une espèce de transfiguration que Dieu offre à l'intelligence afin qu'elle soit illuminée.

Si l'intelligence se tenait seule, elle fatiguerait son auteur avec ses penséesSi le garçon David avait compté sur son intelligence et sur sa pensée, il aurait eu peur de Goliath, comme le roi Saül et toute l'armée avaient eu peur Mais il avait compté sur la foi simple, par laquelle il dit à Goliath: "Aujourd'hui l'Eternel te livrera entre mes mains" (1 Sam. 17:46). Mais comment Dieu le livrera-t-il entre ses mains? Voilà une chose à laquelle David ne pensait pas, mais il l'avait laissée à Dieu lui-même. "Car la victoire appartient à l'Eternel", comme il dit (1 Sam. 17:47)Voilà la foi. David triompha par cette foi, plus que ceux-là qui utilisaient l'intelligence comme mesure des choses....

Dans la foi simple, il n'est pas question de réflexion, mais c'est une question de confiance.

Même si la raison dit que la guerre doit nécessairement chercher jusqu'à quel point il y a un équilibre de forces dans le combat, et comment une de ces forces aura le dessus? La réponse est simple: c'est que si Dieu entre dans le combat, Il changera l'idee humaine de l'équilibre des forces, et alors le garçon David avec la force de Dieu, deviendra de beaucoup plus fort que le grand Goliath sans cette force. Là, nous voyons que la foi dans sa simplicité, n'est pas en contradiction avec la raison et ses mesures.

Celui-là qui vit avec la foi simple, vivra sans souci.

Car le souci vient souvent comme résultat de beaucoup de réflexion, à celui qui pense aux problèmes d'une manière argumentative. Mais dans la simplicité de la foi, l'homme fait ce qu'il peut, et il laisse à Dieu Lui-même l'élément le plus important, et il ne s'inquiète pas. Son assurance que Dieu agira, lui donne la paix dans le cœur, et ne permet pas au souci de maîtriser ses sentiments.

Celui-là qui a la foi simple, ne porte pas de souci, parce qu'il a abandonné la conduite de ses affaires à Dieu; et comme il a la confiance que Dieu dirige bien sa vie, il est devenu insoucieux du lendemain, car c'est le Dieu du lendemain qui s'en occupe. Il accepte tout ce qui lui arrive dans la vie avec l'expression: "tout est pour le bien", "toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu" (Rom. 8:28). Quant à celui-là qui met sa réflexion à la place de la Divine Providence, il est très fatigué, et il porte ses soucis au lieu que Dieu les porte pour lui.

De même, parmi ce qui arrache le souci, il y a la confiance de la foi simple dans l'exaucement de la prière.

Peut-être connaissez-vous tous l'histoire de cette ville que la sècheresse avait atteinte par suite du manque de pluie, et dont les habitants décrétèrent une journée de prières pour que Dieu fasse tomber la pluie sur la terre. Tout le monde alla prier. Mais une fillette alla portant un parapluie. Quand on lui demanda pourquoi cela, elle dit: "Ne prions-nous pas pour la pluie? Que ferons-nous donc, quand Dieu exaucera notre prière, et la pluie tombera, si nous n'avons pas de parapluie?! " Elle avait la foi que Dieu exaucera la prière. Et à cause de sa foi, Dieu fit tomber la pluie.

Cette foi simple a sa force en ce qui concerne les miracles et les visions.

Un miracle peut être opéré par rapport à une personne, tandis qu'il n'arrive pas par rapport à une autre personne. Car la première personne le croit et l'accepte. Quant à l'autre, les difficultés que sa raison présente, la rendent douteuse en son intérieur, de la possibilité de l'avènement du miracle. Il en est de même par rapport aux visions. Certains voient des vues célestes et des apparitions avec la simplicité de leur foi, et certains ne les voient pas à cause des complications de leur intelligence. La question est très claire, ainsi qu'il arriva dans l'apparition de la Sainte VIerge dans son église à Zeitoun au Caire.

L'intelligence essaie d'analyser toute chose d'une manière scientifique, sinon elle ne croit pas. Tandis que la foi a besoin de la croyance d'une manière simple, loin des complications de l'intelligence.

C'est pourquoi les miracles et les visions arrivent plus souvent avec les simples. Quant aux (très sages!!) qui les nient et qui se moquent de ceux qui y croient, ils ne leur arrivent que rarement, afin de les attirer vers la foi, ou bien afin qu'ils soient un témoignage contre eux. (Jean 15:22). Les juifs ne crurent pas même au miracle du don de la vue à l'aveugle-né, et ils dirent que celui qui l'avait guéri était un homme pécheur!! (Jean 9:24). L'intelligence mettait devant eux le problème de la guérison au jour du sabbat, afin de leur faire perdre la foi (Jean 9:16).

C'est pourquoi le Seigneur Jésus-Christ a bien dit de ceux-là et de leurs pareils, glorifiant les simples: "Je te loue, Père de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants" (Matt. 11:25). En vérité, Il entend par "ces enfants", les gens simples dans leur foi tandis que ces sages et ces intelligents dans ce verset, sont ceux-là qui sont fiers de leur intelligence et de leur compréhension, et ceux qui comptent seulement sur leur raison, loin de la foi..L'un des gens de spiritualité, ayant tenu sa tête entre ses mains, dit: "Voici le fruit dont mangèrent Adam et Eve.Il voulait dire la science qui est éloignée de Dieu

Avant d'entrer dans l'ordre des moines, je retournais une nuit de la visite d'un des pères dans la montagne. Les ténèbres s'étaient répandues, et l'on m'avait dit: "ne retourne pas seul au monastère, de crainte que tu ne t'égares du chemin." Je connaissais la route très bien, et je crois en la gouverne de Dieu. Malgré cela je dis: "Si je m'égare de mon chemin, je passerai la nuit au désert, jusqu'au matin. Je croyais profondément en la protection de Dieu en cela, et spécialement parce que beaucoup d'arabes passent la nuit au désert sans crainte; mais on me dit: 'Tu es plus simple qu'il ne le faut, et tu ne connais pas la montagne. Car la montagne est pleine d'insectes et de reptiles, et il y a aussi le danger des bêtes féroces, et d'autres dangers provenant du climat." La raison demeura à me parler aux oreilles, pour enlever ce qu'il y avait dans mon cœur de simplicité de la foi..et je retournai cette nuit au monastère en compagnie de l'un des pères. L'intelligence ne m'avait pas, en ce temps, donné l'occasion d'éprouver l'œuvre de Dieu avec ceux-là qui marchent la nuit dans le désert, ni même d'éprouver la foi de l'arabe qui passe chaque nuit là-bas, et la protection et la Providence de Dieu passant la nuit avec lui. Je remercie Dieu d'avoir recouvert cela, plus tard, quand j'eus habité seul dans la montagne.

L'intelligence peut imaginer du danger partout, et en même temps, elle ne donne pas l'occasion de penser à l'œuvre de Dieu..Au contraire, elle jette l'incroyant dans le complexe de la peur.

Cela ne veut pas dire que l'homme se jette dans la perdition, sans sagesse. Mais si, étant prudent autant qu'il lui est possible, il se trouve ensuite dans ce qu'on appelle danger, c'est alors qu'en toute simplicité, il se confie à la garde et à la protection de Dieu, et il chante avec le prophète David: "mille tombent à ton côté, et dix mille à ta droite, tu ne seras pas atteint (Ps.91:7).

La foi simple est confiante que la main de Dieu interviendra pour délivrer, et pour résoudre tout problème.

Elle croit pleinement que Dieu, étant Ami des hommes, et étant Le Bienfaiteur, interviendra nécessairement dans le problème, selon sa promesse à ses enfants, et sa main atteindra sa solution. Comment cela arrivera-t-il? Voilà ce que la foi simple ne questionne pas.

Elle accepte simplement l'œuvre de la grâce, sans examiner comment elle agit.

Combien de fois avions-nous essayé de résoudre nos problèmes par des moyens humains; puis tous ces moyens échouèrent, et n'eurent point de résultat. Les empreintes de Dieu étaient claires au-delà de toute pensée.

La foi simple est confiante dans l'œuvre de Dieu, du point de vue de la croyance et au moyen de l'expérience.

La foi fait entrer l'homme dans le cercle des épreuves. Les épreuves approfondissent la foi et la construisent sur des bases réalistes et non pas seulement sur des bases théoriques. La foi et l'expérience se fortifient mutuellement jusqu'à ce que l'homme arrive à l'assurance évidente qui est la simplicité de la foi.

La foi simple est confiante que tout est possible, et qu'il n'y a rien d'impossible.

Elle est pleinement certaine que Dieu peut tout, et que rien ne s'oppose à ses pensées (Job 42:2), quelque difficile qu'il soit de comprendre la chose, ou quelle que soit la difficulté de son avènement. Elle croit à la parole du Seigneur: "Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu" (Luc18:27). Je ne m'étonne pas de l'expression: "tout est possible à Dieu", mais je suis ébahi de l'expression: "Tout est possible à celui qui croit" (Marc 9:23).

Ainsi, la foi simple qui possède cette certitude, s'élève au-dessus de tous les doutes.

C'est une foi forte, plus forte que tout doute. Car les doutes sont l'œuvre de l'intelligence qui est fière de ses mesures. Mais le croyant a déjà dépassé l'étape de l'intelligence, et il vit dans un domaine plus élevé et plus profond. Car la simplicité de la foi se trouve au-dessus des doutes.

Le problème de la religion c'est que certaines gens essaient parfois de la transformer en philosophie, et de la faire sortir du cœur et de l'esprit, afin de la confiner dans le domaine de l'intelligence.

C'est là ce que l'apôtre saint Paul combattait de toute sa force et il dit que sa prédication était "sans la sagesse du language,afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine" (1 Cor. 1: 17-20). Certainement, le simple croyant garde sa foi dans les profondeurs de son être, comme un trésor, au-dessus du niveau de l'examen. Celui-là possède une foi plus forte que la foi de certains théologiens savants qui tirent leur foi des livres où ils croient qu'ils y ont vieeet peut-être c'est une foi que pourrait ébranler des idées argumentatives contraires.

Exerce-toi à la foi simple. Profite des expériences qui se sont passées dans ta vie ou dans la vie des autres; et ne laisse pas beaucoup de réflexion t'éloigner de la foi.

CHAPITRE VII

L'obéissance de la foi,

ou

LA VIE D'ABANDON.

 

Celui qui croit à l'amour de Dieu pour lui, à Sa vigilance pour son repos, et à la sagesse de Dieu, et à son bon gouvernement pour sa vie, et que Dieu est Le Bienfaiteur, qui fait pour lui tout bien..celui-là peut abandonner sa vie à Dieu, afin qu'Il la dirige comme Il veut. Par cette certitude, il vit continuellement dans l'obéissance de la foi. Il abandonne sa vie à Dieu, étant rassuré et heureux.

Celui qui ne vit pas dans la vie d'abandon, vit, au contraire, inquiet pour sa vie, et il reste à penser: qu'est-ce que je serai, comment serai-je, et quand est-ce que je serai? Est-ce que je dois changer l'état dans lequel je suis, et de quelle manière; ou bien resterai-je tel que je suis? Il est fatigué de penser, et souvent il perd sa paix, et demeure dans un état de démarche continue, discutant indéfiniment les choses avec lui-même..Il ne pense absolument pas à se reposer, et à abandonner la chose à Dieu, comme fait l'homme de foi

L'être humain croyant, quand il abandonne sa vie à Dieu, il ne lui pose pas des conditions, il ne demande pas à Dieu des garanties, et il ne surveille pas Dieu dans son œuvre avec lui

Il a toute confiance en Dieu, en son amour, en sa sagesse, et en sa puissance; il croit que Dieu sait ce qui est pour son bien plus qu'il ne le sait lui-même. C'est pourquoi il abandonne sa vie dans les mains de Dieu et il l'oublie là-bas. Ainsi nous le voyons sans souci. Tant qu'il croit en l'œuvre de Dieu pour lui, il est impossible qu'il s'inquiète et qu'il se préoccupe, et il est impossible qu'il se fatigue en réfléchissant. Le croyant vit en repos, plus que celui qui pense pour lui-même et dont la pensée le fatigue.

Plusieurs n'acceptent pas l'abandon à Dieu, à moins que leurs voies humaines n'aient échoué!

Leur programme fondamental de conduite, c'est de compter sur leur bras humain, d'une manière complète: ou bien parce qu'ils ont confiance en leur intelligence, leur capacité et leurs artifices, ou bien parce qu'ils ont l'habitude de ce style, ou bien à cause d'une erreur relative à la foi chez eux, ou bien parce qu'ils sont convaincus que l'homme ne se tourne vers Dieu, que dans le cas de l'impuissance et de l'échec complets! Alors ils se tournent vers Dieu parce qu'ayant essayé tout artifice et tout moyen, ils n'ont pas atteint leur but; et parce qu'ils se sont fatigués à penser, et qu'ils sont exténués sans résultat. Alors il ne reste plus que Dieu!!

Ceci n'est pas la foi, mais c'est la contrainte de recourir à Dieu. La foi c'est que tu recoures à Lui dans les petites choses aussi bien que dans les grandes choses.

Notre-Seigneur Jésus-Christ dit: "sans moi vous ne pouvez rien faire" (Jean 15:5). C'est parce que toute énergie que nous possédons vient de Lui.même la pensée apte, même la simple bonne intention, et même la capacité de travailler. Notre intelligence sur laquelle nous comptons, vient aussi de chez Lui. Combien vraie est la parole de l'apôtre: "car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir" (1 Philip.2:13).

Notre œuvre est, en réalité, de participer avec Dieu, dans son œuvre pour nous. C'est là notre participation avec la nature divine, notre participation avec le Saint-Esprit: nous participons avec Dieu dans l'œuvre. Comme dit l'apôtre saint Paul de lui-même et de son compagnon Apollos: "Car nous sommes ouvriers avec Dieu" (1 Cor. 3:9).

Toute œuvre dans laquelle Dieu ne participe pas avec nous, n'est ni une œuvre sainte, ni une œuvre bénie. Notre abandon à la volonté de Dieu, est un genre de participation avec Lui, dans lequel nous sommes des instruments dociles entre ses mains, qui accomplissent sa volonté: Il les fait marcher comme Il veut, et ils travaillent par sa pensée et sa volonté, ou par l'abandon de leur volonté à sa volonté, comme la participation des sens avec le cerveau

La plus dangereuse menace à la vie spirituelle, c'est l'indépendance de l'homme par rapport à Dieu.

C'était là le grand péché dans lequel le roi Saül était tombé; et Dieu le rejeta (1 Sam. 16). Il agissait selon sa pensée et selon ses arrangements, loin du conseil et de la participation de Dieu. Il ne voyait pas qu'il avait besoin de la participation de Dieu dans l'œuvre avec lui. C'était comme s'il disait: "Tant que je suis capable de faire ce travail, je le ferai, avec toute force, en toute vitesse, et même sans prièreCar c'est ma seule volonté qui l'accomplira, sans compter sur Dieu. Si j'échoue, je recourrai à Lui! Puisque Dieu m'a donné une intelligence et une volonté, pourquoi ne les utiliserai-je pas?!" Plusieurs sont comme Saül..

Dieu a donné à l'humanité l'ntelligence et la volonté; mais non pas pour qu'elle devienne indépendante de Lui! et non pas pour qu'elle s'appuie sur elle-même. L'Ecriture dit: "ne t'appuie pas sur ta sagesse" (Prov.3:5). Souvenons-nous que le péché du premier homme, était sa tentative d'obtenir la connaissance loin de Dieu (Gen. 3) Quand l'homme commence à dire: "Je sais, je peux, quel besoin y a-t-il de Dieu dans telle affaire?!" c'est alors qu'il s'éloigne de la foi en Dieu, et qu'il entre dans la foi au "moi', (au soi-même), à "l'Ego".

Tandis que le croyant ne se contente pas de s'appuyer sur Dieu, mais il Lui remet toute choseet il lui dit: "ma vie est l'œuvre de vos mains,et elle est maintenant entre vos mains, faites-en ce que vous voulez. Là où vous me ferez marcher, je marcherai, et je deviendrai comme vous me ferez devenir. Je n'ai pas de volonté propre. Mon unique volonté c'est de faire votre volonté, et de m'unir à votre volonté; alors je voudrai ce que vous voudrez, Vous, ô Bienfaiteur.

Je ne dis d'aucune chose que je la connais. "Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde?" (1 Cor. 1:20). La vraie connaissance vient de chez Vous seul, Seigneur. Vous êtes la Sagesse (1 Cor. 1:24). Vous êtes Celui "dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science" (Col. 2:3).

C'est parce que je confesse que je ne sais pas, que j'ai remis ma vie entre vos mains.

Vous connaissez le bien plus que je le connais. Vous connaissez ce qui est bien pour moi plus que je le connais pour moi-même. J'ai confiance en votre sagesse et en votre bon gouvernement de ma vie. Même si vous voulez l'épreuve ou la difficulté pour moi, je l'accepte comme étant un pur bien provenant de vos mains. S'il en était pas ainsi, Vous, l'Ami, vous ne l'auriez pas agréée pour moi." Vraiment dans beaucoup de cas, nous ne savons pas où se trouve le bien!

La vie d'abandon ne connaît ni la plainte ni le murmure, mais elle accepte toute chose avec satisfaction et joie.

Mon frère, puisque tu as confiance dans la sagesse de Dieu pour son gouvernement de ta vie, pourquoi donc te plains-tu, ou murmures-tu, ou t'ennuies-tu? Si le murmure entre dans ta vie, examine-toi bien, de crainte que ta foi ne se soit affaiblie sans que tu ne t'en aperçoive.

Celui qui vit la vie de foi et d'abandon, vit toujours dans la joie et le remerciement.

Il ne se plaint pas, mais il rend grâces; le sourire ne quitte pas ses lèvres. Son visage est toujours accueillant. La joie ne quitte pas son cœur. Il croit à la sagesse et à l'amour de Dieu. Il croit que la volonté de Dieu est toujours bonne et utile; et il se soumet avec joie à la volonté de Dieu.

Il ne se soumet pas avec contrainte à la volonté de Dieu, en étant obligé; comme si son cœur disait à Dieu: "Que ferai-je, Seigneur? Vous êtes Le Fort et je suis faible. J'accepte tout ce que vous ferez; et j'attends la fin de cette question." Sans doute, ce sont là les paroles d'une personne fatiguée intérieurement, qui parle avec des mots de murmure dans un style d'abandon. L'abandon n'est pas ainsi..

Donc, que veut dire: "Que ta volonté soit faite" dans la vie de foi et dans la vie d'abandon?

L'homme croyant dit avec une complète satisfaction cordiale: "Seigneur, je suis soumis à votre volonté, parce que j'aime votre volonté du profond de mon être; j'ai confiance en vous et en elle. Votre volonté a rectifié mes pensées. Elle a rectifié mon jugement sur certaines choses. Elle a corrigé le cours de ma marche et de mon cheminQue vos voies sont belles, ô Seigneur! "Que son jugement est insondable, et ses voies incompréhensibles!" (Rom.11:33). Votre volonté est la plus belle chanson dans ma bouche, et les plus douces nouvelles dans mes oreilles. Que votre volonté soit faite, donc, car il n'y a pas d'autre volonté meilleure, quelle qu'elle soit. A ses côtés, je sens l'ignorance de toute volonté qui la contredit, qu'elle soit la mienne, ou celle d'autrui"

La vie d'abandon n'est pas la soumission à la politique du fait accompli, sans conviction!

Elle n'est pas non plus, la soumission à l'oppression divine qui impose sa domination sur toi! Tandis que tu es obligé de te soumettre, que tu le veuilles ou que tu ne le veuilles pas!! Non, mes frères, celà n'est pas la signification de l'expression "Que Votre volonté soit faite." Car la vie d'abandon nous apprend à sentir que la volonté de Dieu est le bien complet; elle est le meilleur de ce qui est bon pour nous; elle est la raison de notre joie et de notre allégresse. C'est pourquoi le prophète David chantait les lois de Dieu, et disait au Seigneur: "Donne-moi l'intelligence, pour que j'apprenne tes commandements ta loi fait mes délicesje médite sur tes ordonnances" (Ps. 119: 73,77,78).

L'abandon à Dieu doit être un abandon réel, et non pas selon l'apparence. D'aucun penserait qu'il abandone sa vie à Dieu, tandis qu'il impose ses plans à Dieu!

Chaque fois que Dieu agit dans sa vie, il essaye d'arrêter Dieu, et de lui dire: "Attendez, Seigneur, que je vois ce que vous faites de moi. Telle affaire n'est pas bonne. Faites ceci, afin que je sois en repos." Ainsi il veut travailler chez Dieu comme ministre de la planification. Il dresse les plans, et Dieu exécute!! Non, l'abandon n'est pas ainsi. Mais c'est que tu laisses Dieu faire comme Il veut, et que tu te contentes de ce qu'Il fait, et que tu ne t'oppose pas, par tes agissements, aux desseins de Dieu. Ne t'oppose pas à sa volonté, par les actions que tu fais selon ton bon gré

Le croyant abandonne le dessein à Dieu, et n'accepte pas de disposer de sa conduite lui-même.

Quel était le péché d'Adam si ce n'était qu'il avait commencé à disposer de sa conduite: comment arriver à la connaissance? comment devenir comme Dieu? comment former et bâtir son âme?...et ainsi il succomba.

Le péché de Satan, c'était qu'il avait commencé à disposer de son âme, et à la bâtir, et à l'agrandir selon son bon gré!

"Je monterai au ciel. J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu Je monterai sur le sommet des nuées. Je serai semblable au Très-Haut" (Isaïe 14: 13-14). Ce sont des plans semblables aux rêves de l'éveil, que Satan avait dressés pour lui-même. Alors il a été jeté en enfer, vers les bas-fonds de la fosse.

De même, ceux qui avaient construit la tour de Babel: ils s'étaient assis pour dresser des plans pour eux-mêmes; et ils échouèrent.

Ils avaient dit: "Allons! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommeil touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre" (Gen. 11:4). Leur plan fut contre eux; et ils atteignirent ce qu'ils avaient appréhendé: "l'Eternel les dispersa sur la face de toute la terre" (Gen. 11:9). Quant à l'homme de spiritualité, il ne fait pas comme cela, mais il dit dans la vie d'abandon:

"Si l'Eternel ne bâtit pas la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain" (Ps. 127:1). C'est Dieu qui nous bâtit, et non pas nous. Donc, nous lui abandonnons nos âmes afin qu'Il nous bâtisse.

Ainsi nous vivons en repos, rassurés de l'œuvre de Dieu en nous, et du succès de son œuvre. Nous nous arrêtons, nous méditons, et alors nous voyons les merveilles de son arrangement, en étant confiants qu'Il fait le bien, quelqu'étrange que soit ce qui arrive devant nous, ou quelque difficile ou contraire qu'il soit à ce que nous avions espéré.

Il n'est pas important que nous comprenions ce que Dieu fait. Mais ce qui est important, c'est que nous l'acceptions avec foi et abandon.

L'Ecriture Sainte est pleine des exemples de l'abandon dans la vie des hommes de la foi:

1. Par exemple, notre père Abraham: Le commencement de son histoire avec Dieu, fut la parole que Dieu lui avait adressée: "Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai" (Gen.12:1).

Notre père Abraham ne demanda ni pourquoi ni où? Mais il obéit.

Voilà la vie d'abandon qui n'argumente pas, qui ne discute pas; mais qui accepte et obéit sans hésitation. Elle met son intelligence à part, et elle concentre sur le commandement de Dieu.

2. Ainsi, Noé était dans l'arche, Jonas etait dans le ventre de la baleine, et Moïse était dans la Mer Rouge..dans la vie d'abandon.

C'est l'obéissance de la foi. Puisque Dieu veut cela, nous ne discutons pas avec Lui. Qu'est-ce que notre intelligence limitée, pour que nous discutions avec Dieu l'Infini, parfaitement sage?! Moïse discuta avec Dieu, au commencement de sa mission, de quelle manière il entrerait chez Pharaon, (Ex:3); mais quand il grandit dans la foi et l'abandon, il ne discuta pas son entrée dans la Mer Rouge..

3. La Très-Sainte Vierge Marie vécut comme exemple de la vie d'obéissance et d'abandon.

Avec tout son amour pour la virginité, il lui a été dit qu'elle sera fiancée à un homme et qu'elle vivra avec lui dans une même maison, et elle obéit. Dieu lui envoya un ange pour lui dire qu'elle deviendra enceinte et qu'elle donnera naissance, et elle lui dit: "Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole!" (Luc 1:38)..Avec son enfantement de Dieu le Verbe, et sa vision de tous les miracles qui entourèrent cette naissance, il lui a été dit de s'enfuir avec lui dans la terre d'Egypte et d'y vivre comme étrangère; et elle accepta tout cela dans l'obéissance de la foi. Aussi dans l'abandon, elle revint de l'Egypte, et accepta de vivre à Nazareth (Matt.2:23), de laquelle il avait été dit qu'il n'en sortirait rien de bon (Jean1:46). La devise, dans cette vie d'abandon, était son expression immortelle: "qu'il me soit fait selon ta parole."

4. Dans la vie des apôtres, la foi et l'abandon apparaissent, dans leur obéissance spontanée à la parole du Seigneur: "suis-moi", ou suivez-moi.

Ainsi dit le Seigneur à Matthieu (Lévi), quand il était au bureau des péages (Marc 2:14). Il ne discuta pas, mais "laissant tout, il se leva, et le suivit" (Luc 5:28). Il ne pensa absolument pas à toutes ses responsabilités et à son travail. Pareillement, quand le Seigneur appela Pierre et André et le reste des apôtres: Saint Pierre résume toutes les histoires de ces appels en disant au Seigneur: "nous avons tout quitté, et nous t'avons suivi" (Luc 18:28). C'est l'obéissance de la foi qui suit le Seigneur là où Il va, sans questionner, sans demander des explications, sans penser à l'avenir. Comme nous l'expliquerons, chacun d'eux obéit, "sans savoir où il allait" (Hébr.11:8).

Nous sommes souvent appelés, et alors nous essayons d'abord d'assurer notre avenir.

C'est pourquoi nous posons beaucoup de questions. Nous acquérons les garanties que nous pouvons obtenir. En tout cela, nous sortons de la foi, vers ce qui est sensible..vers l'avenir que nous voyons de nos yeux et dont nous sommes rassurés; et non pas vers l'inconnu que nous voyons par la foi, et que nous acceptons par la vie d'abandon et d'obéissance.

5. Parmi les exemples de la vie de foi, d'abandon et d'obéissance: le prophète Jérémie.

Il marcha derrière Dieu par la foi, dans des voies dans lesquelles il ne pensait absolument pas qu'il y marcherait....et finalement il résuma son expérience de la vie d'abandon par une expression profonde dans laquelle il dit: "Je le sais, ô Eternel! La voie de l'homme n'est pas en son pouvoir. Ce n'est pas à l'homme, quand il marche, à diriger ses pas" (Jér. 10:23). Et pourquoi ne dirige-t-il pas ses pas? Parce que c'est Dieu qui gouverne et qui dirige ces pas....

Voici la vie d'abandon: c'est que tu suives Dieu, et non pas ta pensée.

Tu suis non pas tes passions et tes désirs, non pas la volonté des gens, ou le conseil des gens, mais tu suis Dieu lui-même qui gouverne ta vie. Il la met dans quelconque situation, et dans quelconque endroit, selon la profondeur de sa sagesse. Demande-toi donc, est-ce que c'est Dieu qui gouverne ta vie? Ou bien c'est un désir déterminé qui la gouverne, et qui limite tes agissements et la marche de tes pas?

6. Parmi les exemples étonnants dans la vie d'abandon: le juste Joseph.

Dieu lui montra, par les visions, qu'il deviendra le seigneur de ses frères, et qu'ils se prosterneront tous devant lui (Gen. 37:10). Quelle était donc, la réalisation de la promesse? Ses frères le prirent et le jetèrent dans un puits pour le tuer. Puis ils le vendirent comme esclave. Les médianites le retirèrent du puits pour le vendre aux ismaélites (Gen. 37:28). Puis il fut vendu à Potiphar pour servir dans sa maison

Dans tout cela, Joseph ne protesta pas en murmurant contre le Seigneur et contre ses songes

Mais il se tut, et s'en remit tranquillement à ce que le Seigneur avait permis. Il marcha en toute fidélité et loyauté, et il accepta de vivre comme serviteur.Mais ayant accepté les tribulations, les tribulations ne l'acceptèrent pas! Et voici qu'une fausse mauvaise accusation est forgée contre lui, et il est jeté en prison comme un malfaiteur..!

Il n'advint pas que Joseph demanda au Seigneur, pourquoi?...ou bien, où sont tes promesses?

Il se tut dans un exemple merveilleux de la vie d'abandon et d'obéissance de la foi. Il ne murmura absolument pas. L'unique fois dans laquelle il sortit très peu de la vie d'abandon, fut lorsqu'il dit au chef des échansons, après lui avoir expliqué son songe: "souviens-toi de moi, quand tu seras heureux, et montre, je te prie, de la bonté à mon égard; parle en ma faveur à Pharaon et fais-moi sortir de cette maison" (Gen. 40:14).. Quand il eut fait cela, la divine intuition lui répondit: "Le chef des échansons ne pensa plus à Joseph. Il l'oublia" (Gen. 40:23) Mais Dieu n'oublia pas Joseph qui avait demeuré dans la prison dans la vie d'abandon, jusqu'à ce que Dieu le fit sortir d'elle avec une grande gloire

7. Parmi les exemples de la vie d'abandon et d'obéissance de la foi: le prophète David.

Il faisait paître les brebis peu nombreuses dans le désert. Dieu lui envoya le prophète Samuel et l'oignit comme roi. Mais il ne lui remis rien de la royauté..et il demeura à faire paître les brebis peu nombreuses, sans murmurer. Puis il fut choisi comme serviteur du roi Saül, qui était rejeté par Dieu, et "qui fut agité par un mauvais esprit venant de l'Eternel" (1Sam.16:14)..David ne protesta pas.

Il ne dit pas: "je suis le roi choisi par Dieu. Comment donc servirai-je celui-là qui est rejeté?! "

Mais, dans la vie d'abandon, il accepta la situation. Il soulageait Saül quand les démons l'attaquaient.Saül demeura à poursuivre David de désert en désert, essayant de le tuer, par envie et par jalousie Il n'arriva absolunent pas que David discutât avec Dieu, ou qu'il lui dit: "où sont tes promesses? Où est l'onction sainte du grand prophète?" David ne Lui dit pas: "qu'ai-je fait de mal pour mériter tout cela?" Mais il attendit avec calme et abandon, le salut du Seigneur. Et ceci arriva

8. Parmi les exemples de la vie d'abandon: les apôtres du Seigneur.

Le Seigneur les appela au service, comme il dit à Pierre et à André: "Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes" (Matt. 4:19). Trois années se passèrent tandis qu'ils le suivaient sans servir; ils ne prêchaient personne. Puis le Seigneur fut crucifié. Ils eurent peur, et s'enfuirent dans le cénacle, de crainte que les juifs ne les attrappent.Avec tout cela, ils ne doutaient pas, et ils demeurèrent dans la vie de foi et d'abandon.Finalement, après la descente du Saint-Esprit, le Seigneur réalisa sa promesse. En un seul jour, Pierre put, par un seul sermon, pêcher trois mille âmes...S'il avait pêché deux âmes chaque jour, il ne serait pas arrivé à tout ce nombre; mais la vie d'abandon dit à l'apôtre:

"Espère en l'Eternel! Fortifie-toi et que ton cœur s'affermisse! Espère en l'Eternel!" (Ps. 27:14)

Oui, Seigneur, j'attendrai votre promesse de pêcher les gens. Mais, est-ce que jusqu'à plus de trois années? Oui, il en est ainsi. Mais "ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité" (Actes 1:7).

La vie d'abandon ne discute pas avec Dieu de la longue attente de ses promesses.

Elle ne lui dit pas: "Pourquoi, Seigneur, laissez-vous Pierre attendre plus de trois années pour qu'il devienne un pêcheur d'hommes? Pourquoi laissez-vous Abraham attendre vingt-cinq années pour lui réaliser votre promesse de la naissance d'Isaac? Et pourquoi laissez-vous David dans sa peine, de la part de Saül, des dizaines d'années, pour lui réaliser votre choix de lui comme roi....?

La vie d'abandon ne discute pas, et elle voit une sagesse divine dans l'attente.

David était lors de son choix un garçon. L'attente lui était utile afin qu'il eût grandi et qu'il eût mûri, et afin que l'amour des gens eût augmenté de jour en jour pour lui. De même, l'attente était utile pour Pierre afin que sa discipline comme apôtre du Seigneur soit accomplie, et afin que le moment de la descente du Saint-Esprit soit venu, pour qu'il obtienne de Lui une force, pour lui et pour tous les apôtres. De même, l'attente était utile pour la naissance d'Isaac, afin qu'il devienne l'enfant de la promesse.

9. Parmi les plus beaux exemples de la vie d'abandon: l'offrande d'Isaac en holocauste.

Abraham avait patienté pendant vingt-cinq années, jusqu'à ce qu'il eût Isaac comme enfant, son fils bien-aimé pour lequel il avait eu les promesses. Il s'en était réjoui d'une joie ineffable. Isaac avait grandi. Et voilà que le Seigneur dit à notre père Abraham: "Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaacoffre-le en holocauste sur l'une montagnes que je te dirai" (Gen. 22:2)...Quel cœur peut supporter cela?! Quelle raison entend cela et ne doute pas?!

Mais notre père Abraham dans la vie d'abandon, ne discuta pas, et n'hésita pas à exécuter, plutôt il se leva tôt le matin, et prit Isaac pour l'égorgeril ne se compta pas lui-même plus tendre que Dieu....et il ne douta pas de l'amour et de la sagesse de Dieu... L'obéissance n'est pas seulement dans les choses faciles, mais elle apparaît au sommet de sa sublimité dans les choses qui paraissent très difficile à exécuter.

La vie d'abandon apparaît dans l'entrée par la porte étroite et le chemin resserré.

Puisque, Seigneur, vous consentez à cette porte étroite, elle sera la meilleure porte pour entrer. Nous ne discutons pas avec vous mais nous nous réjouissons de cela, et nous voyons que par elle, vous éprouvez l'amour de vos enfants, et la pureté de leurs cœurs, et vous leur préparez des couronnes dans votre royaume Par cette foi, les martyrs et les confesseurs reçurent toutes sortes de souffrances, en étant joyeux. Tous vos enfants, Seigneur, regardent "comme un sujet de joie complète les diverses épreuves " auxquelles ils sont exposés (Jac. 1:2).

 

SANS SAVOIR OU IL ALLAIT

"C'est par la foi qu'Abraham, lors de sa vocation, obéit. et qu'il partit sans savoir où il allait."(Hébr. 11:8)

1. C'est ainsi que notre père Abraham marcha derrière Dieu, vers l'inconnu....il ne savait pas où conduit le chemin, mais il avait confiance que Dieu l'accompagnera dans le chemin et qu'Il guidera ses pas.

2. C'est ainsi qu'il advint à nos pères les apôtres purs, quand le Seigneur les avait appelés et qu'ils le suivirent, sans savoir où.car le Christ n'avait pas de demeure connue, Il n'avait même "pas où reposer sa tête" (Luc 9:58). Il parcourrait les villes et les villages en enseignant et en guérissant; et cependant Il n'avait pas de fonction officielle dans la société juive Il n'avait pas un revenu pécunier connu. Même quans Il appela ses disciples, Il leur dit:

"Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures." Il leur dit de ne rien prendre pour le voyage (Matt. 10:9, Marc 6:8). Si vous aviez demandé à l'un de ses disciples, en ce temps: "quel est votre travail? quel est votre avenir avec le Christ? Il se serait arrêté, et il vous aurait arrêté avec lui devant un grand point d'interrogation auquel il ne connaît pas de réponse, à part la vie d'abandonIl lui suffit qu'il marche avec le Christ, tandis qu'avec Lui et en sa présence, il ne fait rien...Le Christ fait tout, et ses apôtres sont de simples spectateurs.

3. Prenez comme exemple de cela, l'apôtre saint Marc quand il entra dans Alexandrie:

Il y entra sans savoir où il allait, car il n'y avait pas là-bas une église dans laquelle s'installer; il n'y avait là-bas ni peuple ni logis....mais au contraire, l'idôlatrie était partout, et le judaïsme combattait la foi....Mais, saint Marc vint en Egypte, par la foi, et Dieu guida ses pas vers Ananias, sans que cela lui soit venu à l'esprit Ce qui arriva à saint Marc, arriva à peu près, au reste des apôtres. Les endroits et les noms varient, mais le cœur du sujet est le même. C'est comme si chaque apôtre disait:

"Si l'apostolat était un acte humain, je me serais préoccupé de savoir le plan de ma marche. Mais, l'apostolat, étant un acte divin, je ne me préoccupe pas où je m'en vais. Je suis avec Dieu. Là où Il me conduit, je marcherai.

4. Saint Jean-Baptiste voyait que son devoir était de témoigner de la vérité. Il témoigna de la vérité et dit au roi Hérode: "Il ne t'est pas permis...", et il ne se préoccupait pas où il irait après cela: à la prison, à la mort....qu'il en soit ce qui sera. La mission de Dieu s'accomplit dans une assurance fiduciaire complète. Quant à la vie, quant à la destinée, elles sont remises à Dieu..jusqu'au bout.

Ainsi l'apôtre saint Paul rendait témoignage au Seigneur; et après cela, il ne se préoccupait pas où il irait: Sera-ce "la tribulation, ou l'angoisse, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? " Il dit en étant confiant de la vie d'abandon: "Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés" (Rom. 8: 35,37). Par ce style, tous les enfants de Dieu ont marché dans le chemin de la vie, dans la vie d'abandon.

Tout ce qui les préoccupe c'est que Dieu les conduise. Mais où? Cela ne leur importe pas

Mais ils ont confiance, par la foi, qu'Il les conduira vers les pâturages verts, et vers les sources d'eau vive. Leur expérience avec Dieu les rend heureux de son gouvernement, et rassurés de son amour.

5. Isaac, fils d'Abraham, porta le bois derrière son père, et ne savait pas où il allait.

Tout ce qu'il avait appris dans sa vie, c'était l'abandon et l'obéissance; et par eux il marcha vers l'autel. Son père Abraham le lia, "et le mit sur l'autel, par-dessus le bois" (Gen. 22), et il leva le couteau pour l'égorger. Durant tout cela, Isaac était dans un abandon complet. Il ne douta pas de l'amour de son père, et il ne douta pas de l'amour de Dieu....et il triompha sur toute la ligne. Par son abandon que voilà, il gagna l'obéissance de la foi, il gagna sa vie, et il gagna les promesses de Dieu....

6. Lazare le Damascène, quand il voyagea pour choisir une épouse pour Isaac, ne savait pas où il allait.

Mais il avait abandonné ses pas à Dieu pour qu'Il le guidât. Dieu lui avait préparé toute chose d'une manière merveilleuse devant laquelle il se tint ébahi. Tout se passa comme son maître le lui avait demandé. C'est pourquoi il dit: "l'Eternel a fait réussir mon voyage" (Gen. 24: 56). Lazare le damacène se disait peut-être: "Je ne savais pas où j'allais. Mais je savais très bien que Dieu ira avec moi." Presque la même situation advint à Jacob durant son voyage vers son oncle Laban. Quelle est belle la parole du Seigneur: "Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras" (Gen. 28:15).

7. Le peuple dans le désert, croyez-vous qu'il savait où il allait?

Il ne savait rien. Dieu le gardait jour par jour. Il partait selon une directive divine, et il s'arrêtait selon une directive divine. Cette directive était représentée par une nuée qui l'ombrageait durant le jour, et par une colonne de feu qui le conduisait la nuit....Le peuple était dans un état d'abandon complet à la conduite de Dieu, et ne lui demandait pas vers où.... Devant le prophète Moïse, il n'y avait ni un plan pour sa marche, ni une carte pour son itinéraire. C'était comme s'il disait:

"Il nous suffit, Seigneur, que votre nuée soit au-dessus de nos têtes, et que la colonne de feu soit devant nous.

Nous ne délimitons pas notre itinéraire, mais c'est votre bonne volonté qui le détermine. Quant à nous, nous sommes heureux d'être sous votre conduite. Là où votre nuée marchera, nous marcherons. Là où elle se trouvera, nous nous ombragerons sous elle.Nous sommes joyeux de voir au-dessus de l'arche d'alliance la nuée qui représente votre présence.

Que l'arche d'alliance se meuve dans le désert vers l'inconnu. Il est inconnu par rapport à nous. Mais depuis l'éternité, il est dans votre science et dans votre connaissance. Cela nous suffit pour que nous remettions nos pas à cet inconnu, en pleine confiance que nous sommes sur la voie de Canaan.

Saint Antoine, le père des moines, quand il entra dans la montagne, croyez-vous qu'il savait où il allait?! De même saint Paul, le premier anachorète.

Aussi tous les anachorètes et les ermites quand ils s'enfoncèrent dans le désert intérieur, ils n'avaient pas un endroit déterminé auquel ils voulaient arriver, comme but. Tout ce qu'ils avaient devant eux, c'était le but spirituel, qui était d'être seuls avec Dieu dans une vie de calme et de tranquilité, en lui remettant toute leur vie, "errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre..." (Hébr. 11:38).

Vous demandez à chacun de ceux qui sont errants dans les déserts: Sais-tu où tu es? Il vous répond:

Sur la carte du lieu, je ne sais pas où je suis. Mais sur la carte de l'amour, je sais que je suis dans le sein du Père.

D'aucun demanderait: Chaque homme ne doit-il pas faire le calcul de la dépense, selon le commandement du Seigneur lui-même? (Luc 14:28). La vie de foi est très éloignée de la science du calcul qu'ils entendent. Donc, que voulait dire le Seigneur par l'expression: ".s'assied d'abord pour calculer la dépense"?

Le calcul de la dépense c'est: Est-ce que tu as assez de foi?

Est-ce que tu as la foi de remettre le tout à Dieu pour qu'Il l'arrange? Tu fais ce que tu peux faire. Mais cela est le minimum de ce qui est requis. Quant au facteur essentiel, c'est la foi en ce que Dieu fait, et la remise à Lui de toute chose... Ceci était notre ligne de conduite, quand nous voulions construire une église, ou réaliser quelque projet pour le service ou pour le pastorat. La question principale n'était pas: d'où viendra le coùt? Mais la question principale était: est-ce que Dieu est d'accord pour cette construction, oui ou non? S'il est d'accord, c'est Lui qui se chargera de toutes les dépenses. Il nous suffit seulement de commencer, et la main de Dieu complètera l'œuvre avec nous. "Si l'Eternel ne bâtit pas la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain" (Ps. 127:1).

La foi c'est que tu fermes les yeux, et que tu vois Dieu.

Tant que tu ouvres les yeux, tu marches selon les sens corporels. Mais si tu fermes cet œil corporel, alors tu marcheras selon le cœur et selon l'Esprit. Si tu es rassuré par tes sens spirituels que Dieu ira avec toi dans le chemin, marches-y même si c'est dans la vallée de l'ombre de la mort. Assurément, là-bas, tu ne craindras aucun mal, car le Seigneur est avec toi (Ps. 23).

10. Voici la vie d'abandon: c'est celle dans laquelle le Seigneur choisit pour nous ce que nous voulons, sans que nous choisissions pour nous-mêmes; en prenant une leçon de l'histoire de Lot et Abraham.

Lot choisit pour lui-même d'habiter Sodome, la terre herbeuse (Gen.13:1011). Il savait où il allait. Tandis qu'Abraham ne choisit rien pour lui-même, mais Le Seigneur lui dit: "Lève les yeux, et....regarde car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi " (Gen. 13: 14-15). Quel fut le résultat? Lot fut fait prisonnier pendant qu'il était à Sodome, et Abraham le délivra (Gen.14).Puis, tous ses biens furent brûlés à Sodome, et il perdit le toutAinsi la vie d'abandon qui était celle d'Abraham, eut un meilleur résultat.

CHAPITRE VII

L'obéissance de la foi ou

LA VIE D'ABANDON.

 

Celui qui croit à l'amour de Dieu pour lui, à Sa vigilance pour son repos, et à la sagesse de Dieu, et à son bon gouvernement pour sa vie, et que Dieu est Le Bienfaiteur, qui fait pour lui tout bien..celui-là peut abandonner sa vie à Dieu, afin qu'Il la dirige comme Il veut. Par cette certitude, il vit continuellement dans l'obéissance de la foi. Il abandonne sa vie à Dieu, étant rassuré et heureux.

Celui qui ne vit pas dans la vie d'abandon, vit, au contraire, inquiet pour sa vie, et il reste à penser: qu'est-ce que je serai, comment serai-je, et quand est-ce que je serai? Est-ce que je dois changer l'état dans lequel je suis, et de quelle manière; ou bien resterai-je tel que je suis? Il est fatigué de penser, et souvent il perd sa paix, et demeure dans un état de démarche continue, discutant indéfiniment les choses avec lui-même..Il ne pense absolument pas à se reposer, et à abandonner la chose à Dieu, comme fait l'homme de foi

L'être humain croyant, quand il abandonne sa vie à Dieu, il ne lui pose pas des conditions, il ne demande pas à Dieu des garanties, et il ne surveille pas Dieu dans son œuvre avec lui

Il a toute confiance en Dieu, en son amour, en sa sagesse, et en sa puissance; il croit que Dieu sait ce qui est pour son bien plus qu'il ne le sait lui-même. C'est pourquoi il abandonne sa vie dans les mains de Dieu et il l'oublie là-bas. Ainsi nous le voyons sans souci. Tant qu'il croit en l'œuvre de Dieu pour lui, il est impossible qu'il s'inquiète et qu'il se préoccupe, et il est impossible qu'il se fatigue en réfléchissant. Le croyant vit en repos, plus que celui qui pense pour lui-même et dont la pensée le fatigue.

Plusieurs n'acceptent pas l'abandon à Dieu, à moins que leurs voies humaines n'aient échoué!

Leur programme fondamental de conduite, c'est de compter sur leur bras humain, d'une manière complète: ou bien parce qu'ils ont confiance en leur intelligence, leur capacité et leurs artifices, ou bien parce qu'ils ont l'habitude de ce style, ou bien à cause d'une erreur relative à la foi chez eux, ou bien parce qu'ils sont convaincus que l'homme ne se tourne vers Dieu, que dans le cas de l'impuissance et de l'échec complets! Alors ils se tournent vers Dieu parce qu'ayant essayé tout artifice et tout moyen, ils n'ont pas atteint leur but; et parce qu'ils se sont fatigués à penser, et qu'ils sont exténués sans résultat. Alors il ne reste plus que Dieu!!

Ceci n'est pas la foi, mais c'est la contrainte de recourir à Dieu. La foi c'est que tu recoures à Lui dans les petites choses aussi bien que dans les grandes choses.

Notre-Seigneur Jésus-Christ dit: "sans moi vous ne pouvez rien faire" (Jean 15:5). C'est parce que toute énergie que nous possédons vient de Lui.même la pensée apte, même la simple bonne intention, et même la capacité de travailler. Notre intelligence sur laquelle nous comptons, vient aussi de chez Lui. Combien vraie est la parole de l'apôtre: "car c'est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir" (1 Philip.2:13).

Notre œuvre est, en réalité, de participer avec Dieu, dans son œuvre pour nous. C'est là notre participation avec la nature divine, notre participation avec le Saint-Esprit: nous participons avec Dieu dans l'œuvre. Comme dit l'apôtre saint Paul de lui-même et de son compagnon Apollos: "Car nous sommes ouvriers avec Dieu" (1 Cor. 3:9).

Toute œuvre dans laquelle Dieu ne participe pas avec nous, n'est ni une œuvre sainte, ni une œuvre bénie. Notre abandon à la volonté de Dieu, est un genre de participation avec Lui, dans lequel nous sommes des instruments dociles entre ses mains, qui accomplissent sa volonté: Il les fait marcher comme Il veut, et ils travaillent par sa pensée et sa volonté, ou par l'abandon de leur volonté à sa volonté, comme la participation des sens avec le cerveau

La plus dangereuse menace à la vie spirituelle, c'est l'indépendance de l'homme par rapport à Dieu.

C'était là le grand péché dans lequel le roi Saül était tombé; et Dieu le rejeta (1 Sam. 16). Il agissait selon sa pensée et selon ses arrangements, loin du conseil et de la participation de Dieu. Il ne voyait pas qu'il avait besoin de la participation de Dieu dans l'œuvre avec lui. C'était comme s'il disait: "Tant que je suis capable de faire ce travail, je le ferai, avec toute force, en toute vitesse, et même sans prièreCar c'est ma seule volonté qui l'accomplira, sans compter sur Dieu. Si j'échoue, je recourrai à Lui! Puisque Dieu m'a donné une intelligence et une volonté, pourquoi ne les utiliserai-je pas?!" Plusieurs sont comme Saül..

Dieu a donné à l'humanité l'ntelligence et la volonté; mais non pas pour qu'elle devienne indépendante de Lui! et non pas pour qu'elle s'appuie sur elle-même. L'Ecriture dit: "ne t'appuie pas sur ta sagesse" (Prov.3:5). Souvenons-nous que le péché du premier homme, était sa tentative d'obtenir la connaissance loin de Dieu (Gen. 3). Quand l'homme commence à dire: "Je sais, je peux, quel besoin y a-t-il de Dieu dans telle affaire?!" c'est alors qu'il s'éloigne de la foi en Dieu, et qu'il entre dans la foi au "moi', (au soi-même), à "l'Ego".

Tandis que le croyant ne se contente pas de s'appuyer sur Dieu, mais il Lui remet toute choseet il lui dit: "ma vie est l'œuvre de vos mains,et elle est maintenant entre vos mains, faites-en ce que vous voulez. Là où vous me ferez marcher, je marcherai, et je deviendrai comme vous me ferez devenir. Je n'ai pas de volonté propre. Mon unique volonté c'est de faire votre volonté, et de m'unir à votre volonté; alors je voudrai ce que vous voudrez, Vous, ô Bienfaiteur.

Je ne dis d'aucune chose que je la connais. "Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde?" (1 Cor. 1:20). La vraie connaissance vient de chez Vous seul, Seigneur. Vous êtes la Sagesse (1 Cor. 1:24). Vous êtes Celui "dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science" (Col. 2:3).

C'est parce que je confesse que je ne sais pas, que j'ai remis ma vie entre vos mains.

Vous connaissez le bien plus que je le connais. Vous connaissez ce qui est bien pour moi plus que je le connais pour moi-même. J'ai confiance en votre sagesse et en votre bon gouvernement de ma vie. Même si vous voulez l'épreuve ou la difficulté pour moi, je l'accepte comme étant un pur bien provenant de vos mains. S'il en était pas ainsi, Vous, l'Ami, vous ne l'auriez pas agréée pour moi." Vraiment dans beaucoup de cas, nous ne savons pas où se trouve le bien!

La vie d'abandon ne connaît ni la plainte ni le murmure, mais elle accepte toute chose avec satisfaction et joie.

Mon frère, puisque tu as confiance dans la sagesse de Dieu pour son gouvernement de ta vie, pourquoi donc te plains-tu, ou murmures-tu, ou t'ennuies-tu? Si le murmure entre dans ta vie, examine-toi bien, de crainte que ta foi ne se soit affaiblie sans que tu ne t'en aperçoive.

Celui qui vit la vie de foi et d'abandon, vit toujours dans la joie et le remerciement.

Il ne se plaint pas, mais il rend grâces; le sourire ne quitte pas ses lèvres. Son visage est toujours accueillant. La joie ne quitte pas son cœur. Il croit à la sagesse et à l'amour de Dieu. Il croit que la volonté de Dieu est toujours bonne et utile; et il se soumet avec joie à la volonté de Dieu.

Il ne se soumet pas avec contrainte à la volonté de Dieu, en étant obligé; comme si son cœur disait à Dieu: "Que ferai-je, Seigneur? Vous êtes Le Fort et je suis faible. J'accepte tout ce que vous ferez; et j'attends la fin de cette question." Sans doute, ce sont là les paroles d'une personne fatiguée intérieurement, qui parle avec des mots de murmure dans un style d'abandon. L'abandon n'est pas ainsi..

Donc, que veut dire: "Que ta volonté soit faite" dans la vie de foi et dans la vie d'abandon?

L'homme croyant dit avec une complète satisfaction cordiale:

"Seigneur, je suis soumis à votre volonté, parce que j'aime votre volonté du profond de mon être; j'ai confiance en vous et en elle. Votre volonté a rectifié mes pensées. Elle a rectifié mon jugement sur certaines choses. Elle a corrigé le cours de ma marche et de mon cheminQue vos voies sont belles, ô Seigneur! "Que son jugement est insondable, et ses voies incompréhensibles!" (Rom.11:33). Votre volonté est la plus belle chanson dans ma bouche, et les plus douces nouvelles dans mes oreilles. Que votre volonté soit faite, donc, car il n'y a pas d'autre volonté meilleure, quelle qu'elle soit. A ses côtés, je sens l'ignorance de toute volonté qui la contredit, qu'elle soit la mienne, ou celle d'autrui"

La vie d'abandon n'est pas la soumission à la politique du fait accompli, sans conviction!

Elle n'est pas non plus, la soumission à l'oppression divine qui impose sa domination sur toi! Tandis que tu es obligé de te soumettre, que tu le veuilles ou que tu ne le veuilles pas ! Non, mes frères, celà n'est pas la signification de l'expression "Que Votre volonté soit faite." Car la vie d'abandon nous apprend à sentir que la volonté de Dieu est le bien complet; elle est le meilleur de ce qui est bon pour nous; elle est la raison de notre joie et de notre allégresse. C'est pourquoi le prophète David chantait les lois de Dieu, et disait au Seigneur: "Donne-moi l'intelligence, pour que j'apprenne tes commandements ta loi fait mes délicesje médite sur tes ordonnances" (Ps. 119: 73,77,78).

L'abandon à Dieu doit être un abandon réel, et non pas selon l'apparence. D'aucun penserait qu'il abandone sa vie à Dieu, tandis qu'il impose ses plans à Dieu!

Chaque fois que Dieu agit dans sa vie, il essaye d'arrêter Dieu, et de lui dire: "Attendez, Seigneur, que je vois ce que vous faites de moi. Telle affaire n'est pas bonne. Faites ceci, afin que je sois en repos." Ainsi il veut travailler chez Dieu comme ministre de la planification. Il dresse les plans, et Dieu exécute!! Non, l'abandon n'est pas ainsi. Mais c'est que tu laisses Dieu faire comme Il veut, et que tu te contentes de ce qu'Il fait, et que tu ne t'oppose pas, par tes agissements, aux desseins de Dieu. Ne t'oppose pas à sa volonté, par les actions que tu fais selon ton bon gré

Le croyant abandonne le dessein à Dieu, et n'accepte pas de disposer de sa conduite lui-même.

Quel était le péché d'Adam si ce n'était qu'il avait commencé à disposer de sa conduite: comment arriver à la connaissance? comment devenir comme Dieu? comment former et bâtir son âme?...et ainsi il succomba.

Le péché de Satan, c'était qu'il avait commencé à disposer de son âme, et à la bâtir, et à l'agrandir selon son bon gré!

"Je monterai au ciel. J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu Je monterai sur le sommet des nuées. Je serai semblable au Très-Haut" (Isaïe 14: 13-14). Ce sont des plans semblables aux rêves de l'éveil, que Satan avait dressés pour lui-même. Alors il a été jeté en enfer, vers les bas-fonds de la fosse.

De même, ceux qui avaient construit la tour de Babel: ils s'étaient assis pour dresser des plans pour eux-mêmes; et ils échouèrent.

Ils avaient dit: "Allons! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommeil touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre" (Gen. 11:4). Leur plan fut contre eux; et ils atteignirent ce qu'ils avaient appréhendé: "l'Eternel les dispersa sur la face de toute la terre" (Gen. 11:9). Quant à l'homme de spiritualité, il ne fait pas comme cela, mais il dit dans la vie d'abandon:

"Si l'Eternel ne bâtit pas la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain" (Ps. 127:1). C'est Dieu qui nous bâtit, et non pas nous. Donc, nous lui abandonnons nos âmes afin qu'Il nous bâtisse.

Ainsi nous vivons en repos, rassurés de l'œuvre de Dieu en nous, et du succès de son œuvre. Nous nous arrêtons, nous méditons, et alors nous voyons les merveilles de son arrangement, en étant confiants qu'Il fait le bien, quelqu'étrange que soit ce qui arrive devant nous, ou quelque difficile ou contraire qu'il soit à ce que nous avions espéré.

Il n'est pas important que nous comprenions ce que Dieu fait. Mais ce qui est important, c'est que nous l'acceptions avec foi et abandon.

L'Ecriture Sainte est pleine des exemples de l'abandon dans la vie des hommes de la foi:

1. Par exemple, notre père Abraham: Le commencement de son histoire avec Dieu, fut la parole que Dieu lui avait adressée: "Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai" (Gen.12:1).

Notre père Abraham ne demanda ni pourquoi ni où? Mais il obéit.

Voilà la vie d'abandon qui n'argumente pas, qui ne discute pas; mais qui accepte et obéit sans hésitation. Elle met son intelligence à part, et elle concentre sur le commandement de Dieu.

2. Ainsi, Noé était dans l'arche, Jonas etait dans le ventre de la baleine, et Moïse était dans la Mer Rouge..dans la vie d'abandon.

C'est l'obéissance de la foi. Puisque Dieu veut cela, nous ne discutons pas avec Lui. Qu'est-ce que notre intelligence limitée, pour que nous discutions avec Dieu l'Infini, parfaitement sage?! Moïse discuta avec Dieu, au commencement de sa mission, de quelle manière il entrerait chez Pharaon, (Ex:3); mais quand il grandit dans la foi et l'abandon, il ne discuta pas son entrée dans la Mer Rouge..

3. La Très-Sainte Vierge Marie vécut comme exemple de la vie d'obéissance et d'abandon.

Avec tout son amour pour la virginité, il lui a été dit qu'elle sera fiancée à un homme et qu'elle vivra avec lui dans une même maison, et elle obéit. Dieu lui envoya un ange pour lui dire qu'elle deviendra enceinte et qu'elle donnera naissance, et elle lui dit: "Je suis la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole!" (Luc 1:38)..Avec son enfantement de Dieu le Verbe, et sa vision de tous les miracles qui entourèrent cette naissance, il lui a été dit de s'enfuir avec lui dans la terre d'Egypte et d'y vivre comme étrangère; et elle accepta tout cela dans l'obéissance de la foi. Aussi dans l'abandon, elle revint de l'Egypte, et accepta de vivre à Nazareth (Matt.2:23), de laquelle il avait été dit qu'il n'en sortirait rien de bon (Jean1:46). La devise, dans cette vie d'abandon, était son expression immortelle: "qu'il me soit fait selon ta parole."

4. Dans la vie des apôtres, la foi et l'abandon apparaissent, dans leur obéissance spontanée à la parole du Seigneur: "suis-moi", ou suivez-moi.

Ainsi dit le Seigneur à Matthieu (Lévi), quand il était au bureau des péages (Marc 2:14). Il ne discuta pas, mais "laissant tout, il se leva, et le suivit" (Luc 5:28). Il ne pensa absolument pas à toutes ses responsabilités et à son travail. Pareillement, quand le Seigneur appela Pierre et André et le reste des apôtres: Saint Pierre résume toutes les histoires de ces appels en disant au Seigneur: "nous avons tout quitté, et nous t'avons suivi" (Luc 18:28). C'est l'obéissance de la foi qui suit le Seigneur là où Il va, sans questionner, sans demander des explications, sans penser à l'avenir. Comme nous l'expliquerons, chacun d'eux obéit, "sans savoir où il allait" (Hébr.11:8).

Nous sommes souvent appelés, et alors nous essayons d'abord d'assurer notre avenir.

C'est pourquoi nous posons beaucoup de questions. Nous acquérons les garanties que nous pouvons obtenir. En tout cela, nous sortons de la foi, vers ce qui est sensible..vers l'avenir que nous voyons de nos yeux et dont nous sommes rassurés; et non pas vers l'inconnu que nous voyons par la foi, et que nous acceptons par la vie d'abandon et d'obéissance.

5. Parmi les exemples de la vie de foi, d'abandon et d'obéissance: le prophète Jérémie.

Il marcha derrière Dieu par la foi, dans des voies dans lesquelles il ne pensait absolument pas qu'il y marcherait....et finalement il résuma son expérience de la vie d'abandon par une expression profonde dans laquelle il dit: "Je le sais, ô Eternel! La voie de l'homme n'est pas en son pouvoir. Ce n'est pas à l'homme, quand il marche, à diriger ses pas" (Jér. 10:23). Et pourquoi ne dirige-t-il pas ses pas? Parce que c'est Dieu qui gouverne et qui dirige ces pas...

Voici la vie d'abandon: c'est que tu suives Dieu, et non pas ta pensée.

Tu suis non pas tes passions et tes désirs, non pas la volonté des gens, ou le conseil des gens, mais tu suis Dieu lui-même qui gouverne ta vie. Il la met dans quelconque situation, et dans quelconque endroit, selon la profondeur de sa sagesse. Demande-toi donc, est-ce que c'est Dieu qui gouverne ta vie? Ou bien c'est un désir déterminé qui la gouverne, et qui limite tes agissements et la marche de tes pas?

6. Parmi les exemples étonnants dans la vie d'abandon: le juste Joseph.

Dieu lui montra, par les visions, qu'il deviendra le seigneur de ses frères, et qu'ils se prosterneront tous devant lui (Gen. 37:10). Quelle était donc, la réalisation de la promesse? Ses frères le prirent et le jetèrent dans un puits pour le tuer. Puis ils le vendirent comme esclave. Les médianites le retirèrent du puits pour le vendre aux ismaélites (Gen. 37:28). Puis il fut vendu à Potiphar pour servir dans sa maison

Dans tout cela, Joseph ne protesta pas en murmurant contre le Seigneur et contre ses songes

Mais il se tut, et s'en remit tranquillement à ce que le Seigneur avait permis. Il marcha en toute fidélité et loyauté, et il accepta de vivre comme serviteur.Mais ayant accepté les tribulations, les tribulations ne l'acceptèrent pas! Et voici qu'une fausse mauvaise accusation est forgée contre lui, et il est jeté en prison comme un malfaiteur..!

Il n'advint pas que Joseph demanda au Seigneur, pourquoi?...ou bien, où sont tes promesses?

Il se tut dans un exemple merveilleux de la vie d'abandon et d'obéissance de la foi. Il ne murmura absolument pas. L'unique fois dans laquelle il sortit très peu de la vie d'abandon, fut lorsqu'il dit au chef des échansons, après lui avoir expliqué son songe: "souviens-toi de moi, quand tu seras heureux, et montre, je te prie, de la bonté à mon égard; parle en ma faveur à Pharaon et fais-moi sortir de cette maison" (Gen. 40:14).. Quand il eut fait cela, la divine intuition lui répondit: "Le chef des échansons ne pensa plus à Joseph. Il l'oublia" (Gen. 40:23) Mais Dieu n'oublia pas Joseph qui avait demeuré dans la prison dans la vie d'abandon, jusqu'à ce que Dieu le fit sortir d'elle avec une grande gloire

7. Parmi les exemples de la vie d'abandon et d'obéissance de la foi: le prophète David.

Il faisait paître les brebis peu nombreuses dans le désert. Dieu lui envoya le prophète Samuel et l'oignit comme roi. Mais il ne lui remis rien de la royauté..et il demeura à faire paître les brebis peu nombreuses, sans murmurer. Puis il fut choisi comme serviteur du roi Saül, qui était rejeté par Dieu, et "qui fut agité par un mauvais esprit venant de l'Eternel" (1Sam.16:14)..David ne protesta pas.

Il ne dit pas: "je suis le roi choisi par Dieu. Comment donc servirai-je celui-là qui est rejeté?! "

Mais, dans la vie d'abandon, il accepta la situation. Il soulageait Saül quand les démons l'attaquaient.Saül demeura à poursuivre David de désert en désert, essayant de le tuer, par envie et par jalousie Il n'arriva absolunent pas que David discutât avec Dieu, ou qu'il lui dit: "où sont tes promesses? Où est l'onction sainte du grand prophète?" David ne Lui dit pas: "qu'ai-je fait de mal pour mériter tout cela?" Mais il attendit avec calme et abandon, le salut du Seigneur. Et ceci arriva

8. Parmi les exemples de la vie d'abandon: les apôtres du Seigneur.

Le Seigneur les appela au service, comme il dit à Pierre et à André: "Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes" (Matt. 4:19). Trois années se passèrent tandis qu'ils le suivaient sans servir; ils ne prêchaient personne. Puis le Seigneur fut crucifié. Ils eurent peur, et s'enfuirent dans le cénacle, de crainte que les juifs ne les attrappent.Avec tout cela, ils ne doutaient pas, et ils demeurèrent dans la vie de foi et d'abandon. Finalement, après la descente du Saint-Esprit, le Seigneur réalisa sa promesse. En un seul jour, Pierre put, par un seul sermon, pêcher trois mille âmes...S'il avait pêché deux âmes chaque jour, il ne serait pas arrivé à tout ce nombre; mais la vie d'abandon dit à l'apôtre:

"Espère en l'Eternel! Fortifie-toi et que ton cœur s'affermisse! Espère en l'Eternel!" (Ps. 27:14)

Oui, Seigneur, j'attendrai votre promesse de pêcher les gens. Mais, est-ce que jusqu'à plus de trois années? Oui, il en est ainsi. Mais "ce n'est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité" (Actes 1:7).

La vie d'abandon ne discute pas avec Dieu de la longue attente de ses promesses.

Elle ne lui dit pas: "Pourquoi, Seigneur, laissez-vous Pierre attendre plus de trois années pour qu'il devienne un pêcheur d'hommes? Pourquoi laissez-vous Abraham attendre vingt-cinq années pour lui réaliser votre promesse de la naissance d'Isaac? Et pourquoi laissez-vous David dans sa peine, de la part de Saül, des dizaines d'années, pour lui réaliser votre choix de lui comme roi....?

La vie d'abandon ne discute pas, et elle voit une sagesse divine dans l'attente.

David était lors de son choix un garçon. L'attente lui était utile afin qu'il eût grandi et qu'il eût mûri, et afin que l'amour des gens eût augmenté de jour en jour pour lui. De même, l'attente était utile pour Pierre afin que sa discipline comme apôtre du Seigneur soit accomplie, et afin que le moment de la descente du Saint-Esprit soit venu, pour qu'il obtienne de Lui une force, pour lui et pour tous les apôtres. De même, l'attente était utile pour la naissance d'Isaac, afin qu'il devienne l'enfant de la promesse.

9. Parmi les plus beaux exemples de la vie d'abandon: l'offrande d'Isaac en holocauste.

Abraham avait patienté pendant vingt-cinq années, jusqu'à ce qu'il eût Isaac comme enfant, son fils bien-aimé pour lequel il avait eu les promesses. Il s'en était réjoui d'une joie ineffable. Isaac avait grandi. Et voilà que le Seigneur dit à notre père Abraham: "Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaacoffre-le en holocauste sur l'une montagnes que je te dirai" (Gen. 22:2)...Quel cœur peut supporter cela?! Quelle raison entend cela et ne doute pas?!

Mais notre père Abraham dans la vie d'abandon, ne discuta pas, et n'hésita pas à exécuter, plutôt il se leva tôt le matin, et prit Isaac pour l'égorgeril ne se compta pas lui-même plus tendre que Dieu....et il ne douta pas de l'amour et de la sagesse de Dieu... L'obéissance n'est pas seulement dans les choses faciles, mais elle apparaît au sommet de sa sublimité dans les choses qui paraissent très difficile à exécuter.

La vie d'abandon apparaît dans l'entrée par la porte étroite et le chemin resserré.

Puisque, Seigneur, vous consentez à cette porte étroite, elle sera la meilleure porte pour entrer. Nous ne discutons pas avec vous mais nous nous réjouissons de cela, et nous voyons que par elle, vous éprouvez l'amour de vos enfants, et la pureté de leurs cœurs, et vous leur préparez des couronnes dans votre royaume Par cette foi, les martyrs et les confesseurs reçurent toutes sortes de souffrances, en étant joyeux. Tous vos enfants, Seigneur, regardent "comme un sujet de joie complète les diverses épreuves " auxquelles ils sont exposés (Jac. 1:2).

SANS SAVOIR OU IL ALLAIT

"C'est par la foi qu'Abraham, lors de sa vocation, obéit. et qu'il partit sans savoir où il allait." (Hébr. 11:8)

1. C'est ainsi que notre père Abraham marcha derrière Dieu, vers l'inconnu....il ne savait pas où conduit le chemin, mais il avait confiance que Dieu l'accompagnera dans le chemin et qu'Il guidera ses pas.

2. C'est ainsi qu'il advint à nos pères les apôtres purs, quand le Seigneur les avait appelés et qu'ils le suivirent, sans savoir où.car le Christ n'avait pas de demeure connue, Il n'avait même "pas où reposer sa tête" (Luc 9:58). Il parcourrait les villes et les villages en enseignant et en guérissant; et cependant Il n'avait pas de fonction officielle dans la société juive Il n'avait pas un revenu pécunier connu. Même quans Il appela ses disciples, Il leur dit: "Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie, dans vos ceintures." Il leur dit de ne rien prendre pour le voyage (Matt. 10:9, Marc 6:8).

Si vous aviez demandé à l'un de ses disciples, en ce temps: "quel est votre travail? quel est votre avenir avec le Christ? Il se serait arrêté, et il vous aurait arrêté avec lui devant un grand point d'interrogation auquel il ne connaît pas de réponse, à part la vie d'abandonIl lui suffit qu'il marche avec le Christ, tandis qu'avec Lui et en sa présence, il ne fait rien...Le Christ fait tout, et ses apôtres sont de simples spectateurs.

3. Prenez comme exemple de cela, l'apôtre saint Marc quand il entra dans Alexandrie:

Il y entra sans savoir où il allait, car il n'y avait pas là-bas une église dans laquelle s'installer; il n'y avait là-bas ni peuple ni logis....mais au contraire, l'idôlatrie était partout, et le judaïsme combattait la foi....Mais, saint Marc vint en Egypte, par la foi, et Dieu guida ses pas vers Ananias, sans que cela lui soit venu à l'esprit. Ce qui arriva à saint Marc, arriva à peu près, au reste des apôtres. Les endroits et les noms varient, mais le cœur du sujet est le même. C'est comme si chaque apôtre disait:

"Si l'apostolat était un acte humain, je me serais préoccupé de savoir le plan de ma marche. Mais, l'apostolat, étant un acte divin, je ne me préoccupe pas où je m'en vais. Je suis avec Dieu. Là où Il me conduit, je marcherai.

4. Saint Jean-Baptiste voyait que son devoir était de témoigner de la vérité. Il témoigna de la vérité et dit au roi Hérode: "Il ne t'est pas permis...", et il ne se préoccupait pas où il irait après cela: à la prison, à la mort....qu'il en soit ce qui sera. La mission de Dieu s'accomplit dans une assurance fiduciaire complète. Quant à la vie, quant à la destinée, elles sont remises à Dieu..jusqu'au bout.

Ainsi l'apôtre saint Paul rendait témoignage au Seigneur; et après cela, il ne se préoccupait pas où il irait: Sera-ce "la tribulation, ou l'angoisse, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? " Il dit en étant confiant de la vie d'abandon: "Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés" (Rom. 8: 35,37). Par ce style, tous les enfants de Dieu ont marché dans le chemin de la vie, dans la vie d'abandon.

Tout ce qui les préoccupe c'est que Dieu les conduise. Mais où? Cela ne leur importe pas

Mais ils ont confiance, par la foi, qu'Il les conduira vers les pâturages verts, et vers les sources d'eau vive. Leur expérience avec Dieu les rend heureux de son gouvernement, et rassurés de son amour.

5. Isaac, fils d'Abraham, porta le bois derrière son père, et ne savait pas où il allait.

Tout ce qu'il avait appris dans sa vie, c'était l'abandon et l'obéissance; et par eux il marcha vers l'autel. Son père Abraham le lia, "et le mit sur l'autel, par-dessus le bois" (Gen. 22), et il leva le couteau pour l'égorger. Durant tout cela, Isaac était dans un abandon complet. Il ne douta pas de l'amour de son père, et il ne douta pas de l'amour de Dieu....et il triompha sur toute la ligne. Par son abandon que voilà, il gagna l'obéissance de la foi, il gagna sa vie, et il gagna les promesses de Dieu....

6. Lazare le Damascène, quand il voyagea pour choisir une épouse pour Isaac, ne savait pas où il allait.

Mais il avait abandonné ses pas à Dieu pour qu'Il le guidât. Dieu lui avait préparé toute chose d'une manière merveilleuse devant laquelle il se tint ébahi. Tout se passa comme son maître le lui avait demandé. C'est pourquoi il dit: "l'Eternel a fait réussir mon voyage" (Gen. 24: 56). Lazare le damacène se disait peut-être: "Je ne savais pas où j'allais. Mais je savais très bien que Dieu ira avec moi." Presque la même situation advint à Jacob durant son voyage vers son oncle Laban. Quelle est belle la parole du Seigneur: "Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras" (Gen. 28:15).

7. Le peuple dans le désert, croyez-vous qu'il savait où il allait?

Il ne savait rien. Dieu le gardait jour par jour. Il partait selon une directive divine, et il s'arrêtait selon une directive divine. Cette directive était représentée par une nuée qui l'ombrageait durant le jour, et par une colonne de feu qui le conduisait la nuit....Le peuple était dans un état d'abandon complet à la conduite de Dieu, et ne lui demandait pas vers où.... Devant le prophète Moïse, il n'y avait ni un plan pour sa marche, ni une carte pour son itinéraire. C'était comme s'il disait:

"Il nous suffit, Seigneur, que votre nuée soit au-dessus de nos têtes, et que la colonne de feu soit devant nous.

Nous ne délimitons pas notre itinéraire, mais c'est votre bonne volonté qui le détermine. Quant à nous, nous sommes heureux d'être sous votre conduite. Là où votre nuée marchera, nous marcherons. Là où elle se trouvera, nous nous ombragerons sous elle.Nous sommes joyeux de voir au-dessus de l'arche d'alliance la nuée qui représente votre présence. Que l'arche d'alliance se meuve dans le désert vers l'inconnu. Il est inconnu par rapport à nous. Mais depuis l'éternité, il est dans votre science et dans votre connaissance. Cela nous suffit pour que nous remettions nos pas à cet inconnu, en pleine confiance que nous sommes sur la voie de Canaan.

Saint Antoine, le père des moines, quand il entra dans la montagne, croyez-vous qu'il savait où il allait?! De même saint Paul, le premier anachorète.

Aussi tous les anachorètes et les ermites quand ils s'enfoncèrent dans le désert intérieur, ils n'avaient pas un endroit déterminé auquel ils voulaient arriver, comme but. Tout ce qu'ils avaient devant eux, c'était le but spirituel, qui était d'être seuls avec Dieu dans une vie de calme et de tranquilité, en lui remettant toute leur vie, "errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre..." (Hébr. 11:38). Vous demandez à chacun de ceux qui sont errants dans les déserts: Sais-tu où tu es? Il vous répond:

Sur la carte du lieu, je ne sais pas où je suis. Mais sur la carte de l'amour, je sais que je suis dans le sein du Père.

D'aucun demanderait: Chaque homme ne doit-il pas faire le calcul de la dépense, selon le commandement du Seigneur lui-même? (Luc 14:28). La vie de foi est très éloignée de la science du calcul qu'ils entendent. Donc, que voulait dire le Seigneur par l'expression: ".s'assied d'abord pour calculer la dépense"?

Le calcul de la dépense c'est: Est-ce que tu as assez de foi?

Est-ce que tu as la foi de remettre le tout à Dieu pour qu'Il l'arrange? Tu fais ce que tu peux faire. Mais cela est le minimum de ce qui est requis. Quant au facteur essentiel, c'est la foi en ce que Dieu fait, et la remise à Lui de toute chose... Ceci était notre ligne de conduite, quand nous voulions construire une église, ou réaliser quelque projet pour le service ou pour le pastorat. La question principale n'était pas: d'où viendra le coùt? Mais la question principale était: est-ce que Dieu est d'accord pour cette construction, oui ou non? S'il est d'accord, c'est Lui qui se chargera de toutes les dépenses. Il nous suffit seulement de commencer, et la main de Dieu complètera l'œuvre avec nous. "Si l'Eternel ne bâtit pas la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain" (Ps. 127:1).

La foi c'est que tu fermes les yeux, et que tu vois Dieu.

Tant que tu ouvres les yeux, tu marches selon les sens corporels. Mais si tu fermes cet œil corporel, alors tu marcheras selon le cœur et selon l'Esprit. Si tu es rassuré par tes sens spirituels que Dieu ira avec toi dans le chemin, marches-y même si c'est dans la vallée de l'ombre de la mort. Assurément, là-bas, tu ne craindras aucun mal, car le Seigneur est avec toi (Ps. 23).

10. Voici la vie d'abandon: c'est celle dans laquelle le Seigneur choisit pour nous ce que nous voulons, sans que nous choisissions pour nous-mêmes; en prenant une leçon de l'histoire de Lot et Abraham.

Lot choisit pour lui-même d'habiter Sodome, la terre herbeuse (Gen.13:1011). Il savait où il allait. Tandis qu'Abraham ne choisit rien pour lui-même, mais Le Seigneur lui dit: "Lève les yeux, et....regarde car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi " (Gen. 13: 14-15). Quel fut le résultat? Lot fut fait prisonnier pendant qu'il était à Sodome, et Abraham le délivra (Gen.14).Puis, tous ses biens furent brûlés à Sodome, et il perdit le toutAinsi la vie d'abandon qui était celle d'Abraham, eut un meilleur résultat.

CHAPITRE IX : CE QUI AFFAIBLIT LA FOI.

 

Le démon travaille continuellement, de toutes ses forces, afin d'affaiblir la foi des croyants.

Il essaye avec ses aides "de séduire, s'il était possible, même les élus" (Matt. 24:24). Ceux-là ne se contentent pas simplement d'affaiblir la foi, mais ils essayent de faire atteindre leur victime, même à l'abjuration. Ainsi, "dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons" (1 Tim. 4:1). Combien grave est la parole de l'Ecriture à propos du second avènement du Christ: "Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? " (Luc 18:8) Quels sont, donc, les moyens du démon d'affaiblir la foi? Ils sont nombreux: certains d'entre eux sont très violents; et d'autres sont tellement tranquilles, que personne ne les sentirait:

1. LE SOI-MEME.

Souvent, le soi-même se lève contre Dieu, et le refuse, car Il est contre ses désirs erronés:

Le soi-même ressent que Dieu retient sa liberté qui désire des choses que Dieu n'agrée pas. Afin de jouir de cette (liberté) ou de ce déréglement, il se sépare de Dieu comme l'enfant prodigue s'était séparé de la maison de son père (Luc 15: 11-14) afin de dépenser son argent selon ses passions ou, il refuse Dieu. Les existentialistes athées sont peut-être des exemples de ceux qui refusent Dieu. La devise de ceux-ci est devenue:

"Il vaut mieux que Dieu n'existe pas, afin que moi, j'existe.."

Ceux-là ont mal compris le vrai sens de l'existence, et le vrai sens de la liberté. La liberté n'est pas que l'homme fasse ce qu'il veuille, car sa volonté pourrait être fautive. Mais la véritable liberté c'est que l'homme se libère de toute chose qui le déshonore. Il se libère des mauvaises habitudes qui l'asservissent, et des désirs impurs qui le souillent. Il se libère de la domination de la matière sur lui; celle-là qui empêche son âme de s'élancer, et de fréquenter Dieu qui est la véritable existence... Parmi les obstacles du soi-même à la foi, il y a le désir de l'homme de se sentir dans la force, la magnificence et l'orgueil Et là, il voit Dieu comme son rival.

Ainsi, Hérode trouva que le nouveau-né de Bethléem rivaliserait avec le roi, et alors il refusa de croire en lui, et il essaya de s'en débarrasser en le tuant.

Pareils à Hérode aussi, étaient les scribes et les pharisiens, qui avaient vu que le Christ avait pris leur position et leur popularité en tant qu'instructeur. Il se dirent les uns aux autres: "Vous voyez que vous ne gagnez rien; voici, le monde est allé après lui" (Jean 12:19). A cause du soi-même aussi, tous ceux-là refusèrent de croire à la résurrection du Christ, afin qu'elle ne soit pas une preuve qui ferait retomber sur eux "le sang de ce juste" (Actes5:28) Le soi-même est un des plus grands empêchements de la foi, c'est pourquoi le Seigneur dit:

"Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même." (Matt. 16:24).

Il dit aussi: "Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera" (Matt. 10:39). C'est ainsi que nous trouvons l'apôtre saint Paul dire à propos de la foi: "Mais je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m'était précieuse" (Actes20:24); "et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui" (Philippins 3: 8-9). Es- tu donc ainsi? ou bien..

est-ce que ta foi est empêchée à cause de toi-même? à cause de tes désirs, de tes instincts, de tes pensées et de tes convoitises?!

Est-ce qu'il existe une contradiction entre Dieu et toi-même? S'il en est ainsi, renie-toi toi-même. Résiste à toi-même. Triomphe de toi-même. Car "celui qui est maître de lui-même" vaut mieux "que celui qui prend des villes" (Prov. 16:32).

Les scribes, les pharisiens, les sacrificateurs et les anciens, prenaient soin d'eux-mêmes d'une manière fausse. Il existait des défauts dans le "soi-même" de chacun d'eux, et le Christ les dévoilait, même sans en parler. Ils étaient découverts par la simple comparaison. C'est pourquoi ils le haïssaient, et ne croyaient pas en lui, car Il était la lumière qui dissipait leurs ténèbres.Leur "soi-même" qui aimerait être couvert, se tint comme un obstacle sur la voie de leur foi.

N'oublie pas que la cause de la perte de la foi du démon lui-même, avait été son égoïsme.

Cela arriva lorsqu'il avait pensé comment il s'agrandirait lui-même.comment il monterait aux cieux, comment il élèverait son trône au-dessus des étoiles de Dieu, et serait semblable au Très-Haut (Isaïe 14:14)

La "magnificence" de son "soi-même" se tint contre la foi en Dieu. Tandis que les anges purs conservèrent leur position, car, dans leur foi en Dieu, ils s'étaient comptés ses serviteurs qui font sa volonté (Ps. 103:21).

Nombreux sont ceux dont leurs âmes sont belles à leurs yeux. Leur "soi-même" est leur idole.

Ce qui les empêche de vivre la vie de foi c'est: l'amour d'eux-mêmes, leur suffisance, leur désir de s'agrandir eux-mêmes, de s'exalter eux-mêmes et de réaliser leurs propres désirs; et leur fuite de quiconque les découvrirait personnellement ou ferait paraître leurs défauts.Ainsi, ils veulent que leurs "eux-mêmes" vivent dans une atmosphère de dorlotement, de complaisance et de flatterie. Il sont gênés par toute parole franche, par tout blâme et toute correction. Comment donc pourraient-ils vivre dans la foi?!

Si tu es ainsi, corrige-toi afin de t'humilier devant Dieu, pour vivre dans la foi De même, parmi les choses qui affaiblissent la foi, il y a:

2. LA DOMINATION DES SENS.

L'apôtre saint Thomas tomba dans cela quand il refusa de croire à la résurrection du Seigneur, et dit: "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas" (Jean20:25). Dieu condescendit à la faiblesse de Thomas, et lui permit de s'assurer avec ses sens en lui disant: "...et ne sois pas incrédule, mais crois" (Jean 20:27); et Il le blâma en disant: "Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru!" (Jean 20:29). Ce que l'homme veut, nous l'appelons apparition et non pas foi. Mais ceci pourrait conduire à la foi.

Est-ce là une foi faible? Il y a ce qui est plus mauvais: c'est-à-dire celui qui voit et ne croit pas.

Par exemple: Les sacrificateurs avaient vu le sépulcre vide et ne crurent pas à la résurrection. Les scribes et les pharisiens avaient vu les miracles du Christ, comme la guérison de l'aveugle-né, et la résurrection des morts, et ne crurent point. Ceux-là refusèrent la foi pour des raisons qui existaient dans leur cœur. La parole de notre père Abraham au riche de Lazare, s'applique à eux: "ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu'un des morts ressusciterait" (Luc 16:31).

3. LA SOUMISSION DE LA FOI A L'INTELLIGENCE.

Nous avons dit auparavant que l'intelligence a des limites qu'elle ne dépasse pas, et que la foi est d'un niveau supérieur à celui de l'intelligence. Mais il y a des gens qui veulent que leurs intelligences conçoivent l'infini, les miracles, et ce qui est au-dessus de leur compréhension; sinon ils refusent tout cela Ils veulent que toutes les choses divines soient soumises à l'examen scientifique....cela est logiquement impossible. Il n'est pas raisonnable que ce qui est illimité, soit soumis à l'intelligence qui est limitée!

Parmi les exemples de cela, de nos jours, on pourrait placer ce qui est connu dans certains instituts sous le nom de "Nouvelle Théologie"; dans laquelle ils veulent soumettre l'intuition divine et le miracle à la pure recherche scientifique, ou à la simple interprétation symbolique. Par cela ils nient beaucoup de miracles et d'histoires de l'Ecriture, et ils les font entrer dans la Mythologie!! En vérité, la raison s'égare, si elle essaye d'avoir d'elle-même "une trop haute opinion" (Rom. 12:3). C'est en cela que la raison dévie de la foi, et qu'elle essaye de conduire les autres dans le même égarement.

4. LA FREQUENTATION DES DOUTEURS.

De même que la fréquentation des gens de la foi fortifie la foi, ainsi la fréquentation des douteurs plante le doute dans les esprits et les cœurs, si elle est persistante, ou si elle est du genre qui influe profondément, ou si le niveau soumis aux doutes est inférieur quant à la connaissance, ou le niveau intellectuel, ou s'il n'est pas profond dans la foi.

C'est pour cela que l'Ecriture défend de se mêler à ceux qui se sont détournés de la foi, et qui ont dévié dans leurs idées.

L'apôtre saint Jean dit: "Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas: Salut!, car celui qui lui dit; Salut, participe à ses mauvaises œuvres" (2 Jean 10-11). C'est ainsi que l'Eglise a défendu de se mêler aux hérétiques et aux innovateurs de doctrines condamnées..

Combien de personnes avaient fréquenté des groupements non-chrétiens, comme les Témoins de Jéhovah, et les Sabbathiens; et le résultat fut qu'ils ont dévié et ont été emportées dans leurs courants. Combien de membres de l'Eglise avaient fréquenté des communautés étrangères ou des athées, et alors leurs croyances furent grandement influencées par eux.

Même du point de vue de la conduite et des spiritualités, la fréquentation des douteurs affaiblit la foi:

Il pourrait t'arriver une épreuve ou un problème, et tu l'acceptes avec foi, et tu remets la chose à Dieu en le remerciant pour toute situation. Puis, une personne de peu de foi te visite, et reste à t'expliquer la gravité de la question, et à t'effrayer beaucoup de ses résultats, jusqu'ce que tu perdes ta paix cordiale, et que ta foi dans la garde de Dieu s'affaiblit et que tu t'inquiètes. C'est pourquoi sois très prudent dans le choix de ceux que tu fréquentes et que tu mélanges tes idées aux leurs. Ceci nous conduit à un autre point qui affaiblit la foi, c'est:

5. DE SUIVRE, ET DE LA FAIBLESSE DU CARACTERE.

De ce genre, il y avait Marie-Madeleine: elle avait vu le sépulcre vide, et elle avait entendu l'annonciation de l'ange, elle avait même vu Notre-Seigneur le Christ lui-même après sa résurrection, et elle avait tenu ses pieds, elle avait entendu sa voix, et Il l'avait chargée d'une missionmais, avec tout cela, elle dit trois fois: "Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis" (Jean 20: 2,13,15). Il y avait en cela une négation de la résurrection. Quel est donc le secret de ce changement? Et comment sa foi s'était-elle affaiblie après qu'elle eut vu le Christ et qu'elle lui eut parlé? (Marc 16:9 , Matt. 28:9).

La Madeleine était jeune en âge. Sa personalité s'était affaiblie en face des rumeurs que les sacrificateurs des juits avaient répandues contre la résurrection. De même, elle avait faibli en face de l'incrédulité des apôtres, à premier abord, quant à la résurrection (Marc 16: 11,13,14). Les doutes et les illusions commencèrent à se jouer d'elle, et elle répéta par sa bouche les rumeurs qu'elle avait entendues.

La foi de la Madeleine n'avait pas pu résister en face des rumeurs et des paroles des gens

Elle fut ébranlée intérieurement à cause de l'influence extérieure qui la pressait, et elle suivit derrière elle...! Beaucoup de gens s'ébranlent intérieurement, et se détournent de leur foi primitive, quant à la croyance ou à la conduite, à cause de la moquerie des gens; et parce que leur caractère est plus faible qu'il le faut pour résister. Dieu veut que vos caractères soient forts, comme dit l'apôtre:

"étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous" (1Pierre3:15).

Il ne convient pas aux enfants de Dieu d'être faibles, du genre dont la foi s'ébranle, ou d'être de ceux dont la spiritualité s'ébranle, et qui sont entraînés par une pensée extérieure quelconque. Mais qu'ils agissent selon la parole de l'apôtre:"Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes,inébranlables." (1Cor. 15:58).

Aussi du genre qui se détourna de sa foi parce qu'elle avait été menée: notre mère Eve. Les paroles qu'elle avait entendues du serpent, la détournèrent de sa foi, et cela finit par son renvoi du paradis! Combien nombreux sont ceux-là qui sont entraînés derrière les rumeurs, et qui les croient. Combien nombreux sont ceux qui répètent des paroles au sujet du second avènement, et les gens les croient. Ils disent que l'Antéchrist est né, qu'il est dans un Etat d'Amérique, qu'il a maintenant 17 ans!! Et que le monde finira cette année ou telle autre!! Combien nombreuses sont les dates que les Témoins de Jéhovah et les Sabbathiens avaient fixées pour le second avènement, et aucune d'elles n'a été réalisée

La foi de certains pourrait faiblir, et ils seraient menés par celui-là qui prétend avoir des visions et des songes, et ils croiraient que tous les songes et les visions qu'il prétend, sont véritables et proviennent de Dieu! Puis ils seraient séduits par leurs paroles, même si elles sont contre leurs croyances ou leurs principes spirituels. Le Seigneur avait averti contre ceux-là, depuis le temps du prophète Moïse, et il avait dit:

"S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un prodige, et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant: Allons après d'autres dieux, des dieux que tu ne connais point, et servons-les! Tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c'est l'Eternel, votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous aimez l'Eternel, votre Dieu, de tout votre cœur et de toute votre âme" (Deut. 13: 1-3). Une des causes qui affaiblissent la foi, c'est d'être mené. Aussi, parmi ces causes, il y a:

6. LA PEUR:

La peur affaiblit la foi, et la faiblesse de la foi conduit à la peur.

Saint Pierre, le grand apôtre, nia le Messie, quand il eut peur; "il se mit à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet homme" (Matt.26:74). C'est ainsi que sa foi faiblit. Le Messie lui avait même dit auparavant: "j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point" (Luc 22:32). Plusieurs ont perdu leur foi à cause de leur peur. C'est pourquoi le livre de l'Apocalypse a placé premièrement les lâches parmi ceux qui périront; il dit: "Mais pour les lâches, les incrédules, les abominablesleur part sera dans l'étang ardent de feu et de soufre" (Apoc. 21:8). Il a placé les lâches avant les incrédules. Il entendait peut-être par cela, les lâches qui deviendraient incrédules à cause de leur peur.

Ponce Pilate croyait profondément que Jésus de Nazareth était innocent des accusations que les juifs lui avaient attribuées. Il était sûr que c'était par envie qu'ils l'avaient livré. Il avait essayé de le relâcher. Il avait dit de lui: "ce juste"Mais finalement, il se rendit à sa faiblesse, et livra le Christ pour être crucifié, car il avait eu peur que l'on dise de lui qu'il était contre César.. Quant à l'homme spirituel, il ne perd pas du tout sa foi, parce qu'il n'a pas peur. Parmi les choses qui affaiblissent la foi, il y a aussi:

7. LA CONVOITISE:

Plusieurs ont perdu leur foi à cause de la convoitise. Un exemple de ceux-là serait Démas, l'aide de l'apôtre saint Paul dans la prédication et l'évangélisation, dont l'apôtre saint Paul dit finalement: "Démas m'a abandonné, par amour pour le siècle présent" (1 Tim. 4:10). L'amour du monde affaiblit la foi, car il est "inimitié contre Dieu" (Jac. 4:4).

Un exemple de ceux qui ont perdu leur foi à cause de la convoitise: le jeune homme riche.Celui-ci abandonna le Christ et "s'en alla tout triste; car il avait de grands biens" (Matt. 19:22). Donc, la convoitise des biens peut affaibler la foi. Combien nombreux sont ceux-là qui abandonnèrent le Christ à cause d'une femme ou d'une position..

La convoitise des femmes fit perdre la foi de Salomon le sage, qui était plus sage qu'aucun homme sur la terre.

Ceci parce qu'il "aima beaucoup de femmes étrangères" (1 Rois 11:1). "A l'époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d'autres dieux; et son cœur ne fut point tout entier à l'Eternel, son Dieu, comme l'avait été le cœur de David , son père. Salomon alla après Astarté, la divinité des Sidoniens, et après Milcom, l'abomination des Ammonites. Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel..."(1 Rois 11: 4-6). Ce grand sage tomba jusqu'à cette limite; néanmoins nous croyons qu'il se repentit à la fin de ses jours. Le livre de l'Ecclésiaste est une preuve de sa repentance.

La convoitise des biens fit perdre la foi d'Ananias et de Saphira; et ils périrent.

Ils tombèrent dans le mensonge à Dieu (Actes 5:4), et aussi dans la tentation de l'Esprit du Seigneur (Actes 5:9). Les deux moururent et périrent.

La convoitise des biens fit aussi perdre la foi de Balaam. Il était prophète et avait de belles prophéties sur le Christ (Nombres 22:24). Finalement il s'égara à cause du "salaire de l'iniquité" (2 Pierre 2:15). Ainsi, il fut un scandale pour tout le peuple, et il enseigna à Balak la voie du péché (Apoc. 2:14) Et il périt et fit périr d'autres.

La convoitise de la grandeur et du devancement des autres, a fait perdre la foi de beaucoup de gens. Parmi ceux-là, il y avait Diotrèphe, qui aimait "à être le premier parmi eux." C'est pourquoi il combattit saint Jean, et il chassa plusieurs personnes de l'Eglise (3 Jean 10).

La convoitise de la divinité fit perdre la foi d'un grand chérubin, et il fut transformé en Satan, après avoir été auparavant un ange de lumière qui avait de la splendeur et de la gloire..

Les convoitises sont parmi les plus grandes choses qui affaiblissent la foi, ou la font perdre. Parmi les raisons qui affaiblissent la foi, il y a les tribulations, et la pression des circonstances extérieures:

8. LES CIRCONSTANCES EXTERIEURES:

Un exemple de ceci serait Gédéon dont la foi dans la Povidence de Dieu s'était affaiblie. L'ange lui dit: "l'Eternel est avec toi, vaillant héros! Gédéon lui dit: "Ah! mon Seigneur, si l'Eternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent...Maintenant l'Eternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian! (Juges 6: 12-13).

De même, l'affliction si elle se prolonge, ou si elle devient violente, pourrait affaiblir la foi. Quand les vagues devinrent violentes, la foi des apôtres dans la barque s'affaiblit; ils doutèrent et dirent au Seigneur: "ne t'inquiètes-tu pas de ce que nous périssons?" (Marc 4: 38-40). Quand la période de l'esclavage des fils d'Israël à Pharaon se prolongea, leurs âmes furent rapetissées, et leur foi dans le salut s'affaiblit. (Ex.4:1). Il y a un autre motif grave qui cause la faiblesse de la foi, c'est:

9. LES TROMPERIES DU DEMON:

Parmi ces tromperies, il y a les fausses visions. Car le démon, afin de séduire les êtres humains, peut se déguiser "en ange de lumière" (2Cor.11:14). Il peut même présenter de faux miracles, comme il a été dit de l'antéchrist à la fin des temps: "L'apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'iniquité pour ceux qui périssent" (2 Thess. 2: 9-10). L'apôtre dit que tout cela causera l'apostasie avant l'avènement du Christ (2 Thess. 2:3); c'est-à-dire la perte de la foi à cause de ces séductions sataniques qui tromperont les gens.

Satan pourrait séduire les gens par des songes, des prophéties mensongères, des idées trompeuses et des hérésies, afin de briser la foi dans leurs cœurs et même il leur enverrait "de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles" (Matt. 24:24). C'est pourquoi le Seigneur avait averti à l'avance disant: "Si quelqu'un vous dit alors: Le Christ est ici, ou: Il est là, ne le croyez pas" (Matt. 24:23).

Tout ceci nécessite de la distinction, comme dit l'apôtre: "n'ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde." (1 Jean 4:1). Parmi les choses fondamentales qui combattent la foi:

10. LE DOUTE:

Le doute affaiblit la foi, et la faiblesse de la foi fait naître le doute. Exactement comme nous avions dit à propos de la peur. Les deux sont cause ou effet, l'un de l'autre.

a. Le doute était l'une des luttes que le démon eut avec nos premiers parents pour leur faire perdre la foi. Il dit; "Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez.?! Vous ne mourrez point..."(Gen. 3: 1-4).

Si les doutes te combattent au sujet de l'existence de Dieu ou au sujet de certaines croyances fondamentales, n'aies pas peur. Ce sont là des luttes de la part de l'ennemi, elles ne sont pas un reniement de la foi de ta part, surtout si tu les refuse. C'est pourquoi, dans pareils cas, tu dois prier afin que Dieu enlève ces luttes de toi. Tu dois changer le cours de tes idées en transportant ta pensée vers un autre sujet par lequel tu te préoccupes.

Mais si les doutes proviennent de toi, et si tu en es convaincu, tu dois y remédier par une saine compréhension de la foi, en questionnant les spécialistes de la théologie, et par la lecture des livres utiles qui traitent de ton sujet. Néanmoins, il y a d'autres combats du doute qui sont plus légers que ceux-là; nous en mentionnerons:

b. Le doute quant au secours de Dieu, ou que Dieu t'ait abandonné.

Le Seigneur blâme pareil doute en disant: "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?" (Matt. 14:31). Là, il attache le doute au peu de foi. Car il est absolument impossible à l'homme qui a la foi forte, de douter de l'amour et de la pastorité de Dieu. Mais les afflictions nombreuses et continues pourraient parfois faire pression sur le cœur, et alors il dirait:

"Pourquoi, ô Eternel! Te tiens-tu éloigné? Pourquoi te caches-tu au temps de la détresse?" (Ps. 10:1).

C'est là un reproche, et non une faiblesse de la foi. Il semblerait au paslmiste que Dieu se tenait éloigné. Mais Il veille avec tout l'amour, et avec tous les soins pour la sécurité de ses enfants; comme l'aigle qui enseigne le vol à ses petits, et comme le père qui enseigne la nage à son fils. Il le laisse un peu pour qu'il s'entraîne et gagne de l'expérience. Il le surveille très prudemment. S'il aperçoit un danger qui l'entoure, il s'empresse de le porter et de le délivrer.

Il y a aussi l'exemple de la mère qui enseigne la marche à son enfant. Elle le laisse tomber et se relever, afin que ses os et ses muscles deviennent forts, et qu'il apprenne. Mais si chaque fois qu'il crie, elle l'emportait rapidement sur son épaule, elle lui nuirait par cela; car il n'apprendrait pas, et ses os ne deviendraient pas forts comme il le faut.

Les temps de détresse sont une école pour nous, dans laquelle nous nous entraînons à la prière et à l'attachement à Dieu. Nous y sommes exercés à la foi, et nous y voyons comment Dieu agit, et avec force

Certainement Dieu agit, quelqu'invisible ou quelqu'impalpable que soit son œuvre. L'homme pourrait douter s'il regardait seulement les peines, et non pas Dieu. Ainsi nous voyons que Pierre douta quand il regardait l'eau qui était sous ses pieds, et quand il ne regardait pas le Christ qui tenait ses mains. Quand la foi de Pierre avait baissé, il s'abaissa lui aussi dans l'eau; mais pour un instant, puis le Seigneur le délivra.

Les enfants de Dieu pourrait être "comme des agneaux parmi les loups", mais ils ne doutent pas et ils n'ont pas peur. Tant que le berger est au milieu des agneaux, ni les loups, ni même les lions, n'auront le dessus sur eux. Notre père Abraham ne douta pas de l'amour et de la Providence de Dieu, malgré la difficulté du commandement qu'il avait reçu de présenter son fils Isaac comme holocauste. C'est comme s'il disait:

"Mon cœur n'est pas plus tendre pour mon fils Isaac que le cœur de Dieu. Non plus, je ne pourrais pas, moi, disposer de l'avenir d'Isaac, comme Dieu en disposera.

Tant que le Seigneur approuve une chose, moi aussi je l'approuve, car je n'ai ni la sagesse de Dieu, ni son amour. Que sa volonté soit faite."

Celui qui ne doute pas, vit toujours reposé et en paix.

Il vit toujours tranquille; les facteurs extérieurs ne le harassent pas. Il n'impose pas à Dieu des solutions déterminées, sans la réalisation desquelles par Dieu, il serait gêné! Mais il est satisfait par toute solution qui provient de Dieu selon son infinie sagesse divine. Combien nombreuses sont les peines que les doutes font naître dans le cœur et dans la penséecomme l'inquiétude, la peur, le trouble,et le peu de charité. Le simple doute est une peine, un feu brûlant...

On remédie au doute par la confiance et par l'amour. Celui qui aime une personne ne doute pas d'elle.

Ainsi nous sommes avec Dieu, nous ne doutons pas de Lui, parce que nous l'aimons et nous avons confiance en Lui. Notre foi en Lui ne nous permet pas du tout de douter de son traitement divin, et de son traitement paternel, pour nous. Béni soit-Il dans tout ce qu'il fait.

La foi tue la peur et le doute; et la peur et le doute pourraient tuer la foi.

Attache-toi, donc, à la foi, car elle est l'élément qui triomphe toujours. Alors tu vivras joyeux, en paix, tranquille, sans peur, sans doutes, tous les jours de ta vie.

 

CHAPITRE X : L'EPREUVE DE LA FOI.

"Examinez-vous vous-mêmes pour savoir si vous êtes dans la foi" (2 Cor. 13:5)

Il y a plusieurs moyens d'examiner la foi, que l'on pourrait déduire de tout ce qui précède. Là, nous voulons dire que l'apôtre, dans la vie de foi, ne parle pas seulement de la foi, c'est-à-dire la confession du nom du Seigneur; mais il mentionne spécialement:

1. "LA FOI QUI EST AGISSANTE PAR LA CHARITE" (Galates5:6).

Examine donc ta foi par la charité, selon l'explication de l'apôtre dans (1 Cor. 13)... "La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point; elle ne s'enfle point d'orgueil; elle ne fait rien de malhonnête; elle ne cherche point son intérêt; elle ne s'irrite point; elle ne soupçonne point le mal; elle ne se réjouit point de l'injustice; mais elle se réjouit de la vérité; elle excuse tout; elle croit tout; elle espère tout; elle supporte tout" (1 Cor. 13: 4-7).

Est-ce que tu possèdes toutes ces qualités pour que ta foi soit saine? L'apôtre dit: "quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien" (1 Cor. 13:2). Par cette charité, tu peux examiner ta foi. Plutôt tu examines ta foi par les œuvres en général.

2. TU EXAMINES LA FOI PAR LES ŒUVRES EN GENERAL.

Car l'apôtre dit; "et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres" (Jac.2:18). Par les œuvres, tu examines ta foi est-ce qu'elle est une foi vivante ou une foi morte; car "la foi sans les œuvres est inutile" (Jac. 2:20). La foi morte ne peut sauver personne. (Jac. 2:14). L'apôtre saint Paul est celui qui a le plus parlé à propos de l'importance de la foi. Nous le voyons dire:

"Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renient par leurs œuvres" (Tite 1:16).

Et dans sa première épître à Timothée, il appuie beaucoup sur ce point et il dit; "Si quelqu'un n'a pas soin des siens, il a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle" (1 Tim. 5:8); et que les veuves qui rejettent le vœu de chasteté "violent leur premier engagement" (1 Tim. 5:12); et que ceux qui aiment les biens, "se sont égarés loin de la foi" (1 Tim. 6:10); et que ceux qui s'occupent de discours vains et profanes,....se sont détournés de la foi" (1Tim.6: 2021).

Donc, la conduite d'un homme peut être un examen de sa foi.

Voici l'apôtre saint Jean qui dit: "Celui qui dit: Je l'ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est point en lui" (1 Jean 2:4); "Celui qui dit qu'il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même" (1 Jean 2:6). Par cela, nous disons:

3. NOUS EXAMINONS NOTRE FOI PAR LA PURETE DU CŒUR.

Pourquoi? Parce que celui qui croit que Dieu est devant lui, et que Dieu est Saint, qu'Il déteste le péché, qu'il est Juste et rétribue chacun selon ses œuvres, celui-là craint de commettre le péché devant Dieu, et a honte de commettre le péché. De même, s'il croit à l'amour de Dieu, il aura honte de blesser le cœur aimant de Dieu.

Voici l'apôtre qui dit: "quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu" (1 Jean 3:6).

Certainement, celui qui commet le péché ne pense pas pendant le péché, que Dieu voit et entend et enregistre.et certainement, celui qui commet l'injustice ne croit pas pleinement qu'il y a un Dieu qui existe et qui "fait droit aux opprimés" (Ps. 146:7). C'est pourquoi, quand on dit à un homme injuste: "Dieu existe", il a peur et il tremble. Certainement, l'orgueilleux ou celui qui est enflé par la flatterie, ne ressent pas du tout qu'il se tient devant Dieu. Quand Hérode s'adressa au peuple, et quand on le flatta en disant: "Voix d'un dieu, et non d'un homme!"...quand il se réjouit de cette louange, il n'avait pas la foi que Dieu était devant lui. C'est pourquoi "un ange du Seigneur le frappa, parce qu'il n'avait pas donné gloire à Dieu; et il expira, rongé des vers" (Actes12:2123). Le véritable croyant peut aussi être examiné par le rejet et la non-convoitise des choses de ce monde, car les croyants sont contents de l'état où ils se trouvent.

Quant à leurs besoins, ils ne trouvent rien à redire, et ils ne manquent de rien.

Un autre point dans la vie de foi, c'est que

4. LA FOI EST EXAMINEE PAR LA FORCE QU'ELLE DONNE.

As-tu la force de la foi par laquelle tu sens que tout est possible?

Et comme dit le Seigneur: "Tout est possible à celui qui croit" (Marc9:23). Est-ce que tu sens qu'il y a quelque chose de difficile ou d'impossible, ou quelque chose que ta foi ne croit pas que Dieu puisse faire? Est-ce que tu t'arrêtes en doutant face aux choses qui nécessitent un miracle?! Est-ce que tu peux dire comme l'apôtre saint Paul dit: "Je puis tout par celui qui me fortifie" (Philip. 4:13). Est-ce que les obstacles et les difficultés t'ébranlent à tel point que tu dises: "c'est inutile"?! Est-ce que le désespoir te combat?

Le désespoir est contre la foi, et contre l'espérance, à tous les points de vue.

Sans doute, ceux-là qui se suicident ont perdu leur foi et leur espérance, et sentent qu'il n'y a plus de solution; de même qu'ils ont perdu la foi dans la réalité de la vie après la mort dans l'éternité, et dans le destin des suicidés dans cette vie. De même, ceux-là qui se sont résignés au fait accompli, ou aux pressions extérieures, et qui se sont soumis au péché, ceux-là n'ont pas du tout cru qu'il y a une force qui pourrait les soutenir et les sauver. La foi est une force pour quiconque peut l'utiliser avec confiance sans douter.

Je crains que la foi ne soit dans les mains de certaines gens comme le bâton d'Elisée dans la main de Guéhazi. (2 Rois 4:31).

Je crains que la croix ne soit dans les mains de certaines gens qui savent bien la porter et en faire le signe, mais ne savent pas croire en elle. Ils ont la croix avec eux, mais ils n'ont point avec eux sa force qui est cachée dans la foi en elle et en son œuvre Pensez-vous que c'était le bâton de Moïse qui fendit la Mer Rouge? Ou bien c'était la foi de Moïse qui portait ce bâton et qui l'employait au nom du Seigneur?

Est-ce que tu as donc, la force de la foi qu'avait Moïse quand il frappa la mer avec son bâton?

Tu pries souvent. Mais est-ce que dans ta prière, il y a la foi qui donne la force à cette prière? Combien merveilleuse est la parole de l'Ecriture quand elle dit à propos d'Elie: "il pria avec instance" (Jac.5:17). Cette prière n'était pas une prière ordinaire comme les prières du reste des gens, car elle avait pu fermer le ciel une fois, et l'ouvrir une autre fois. Examine donc ta foi, par la force que tu possèdes comme résultat de ta relation avec Dieu.

5. L'EXAMEN DE LA FOI PENDANT LA DETRESSE.

Les adversités arrivent à tout le monde. Mais il y a une grande différence entre le croyant et l'incroyant quant à l'esprit avec lequel il reçoit les adversités.

Si la détresse te fait perdre ta paix, sache que ta foi est faible.

Le croyant reçoit l'adversité en croyant qu'elle est pour le bien, et que Dieu résoudra le problème. Dans son intérieur, il n'est pas gêné et ne se trouble pas. Sa pensée ne s'en préoccupe pas, et son cœur n'est pas harassé par la peine et la douleur. Mais il affronte l'adversité avec trois versets, qui sont: "toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu" (Rom.8:28); "Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés" (Jac. 1:2); et aussi: "Tout est possible à celui qui croit" (Marc 9:23). Par cette foi, son cœur se réjouit dans l'adversité, et les gens se consolent par sa joie.

Le croyant met Dieu entre lui et l'adversité, et alors l'adversité disparaît, et Dieu apparaît.

Il se rappelle la main de Dieu qui était avec les saints dans toutes leurs détresses; "Et l'ange qui est devant sa face les a sauvés " (Isaïe 63:9). Il se rappelle ce qui arriva à Moïse, Joseph, David, Job, Daniel et les trois jeunes gens; et tous ces souvenirs augmentent sa foi en Dieu, et sa confiance dans son intervention et son œuvre. Ainsi il n'est point ébranlé dans la détresse, il ne doute pas, il ne s'attriste pas et il ne se soucie pointmais il dit avec le psalmiste:

"Notre âme s'est échappée comme l'oiseau du filet des oiseleurs; le filet s'est rompue, et nous nous sommes échappés. Notre secours est dans le nom de l'Eternel qui a fait les cieux et la terre" (Ps. 124: 7-8).

Il dit au Seigneur: "Tant que vous approuvez la détresse, je m'en réjouis.

Non seulement je l'accepte, ou j'en suis satisfait; mais je considère comme un sujet de joie complète que Dieu me donne la bénédiction de cette détresse"..Combien belle est la parole qui a été dite à propos des apôtres après qu'on les avait flagellés: "Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus" (Actes 5:41).

Quelles que fermées que semblent les portes, le croyant voit la porte de Dieu ouverte.

Il croit en Dieu qui a dans les mains les clés des cieux et de la terre, "celui qui ouvre, et personne ne fermera" (Apoc. 3:7). Ce croyant chante avec saint Jean le visionnaire, disant: "Après cela, je regardai, et voici, une porte était ouverte dans le ciel" (Apoc. 4:1). L'épreuve de la foi, c'est même que tu vois toutes les portes ouvertes devant toi. Chaque fois que tu trouves une porte fermée, tu dis: "Celle-là n'est pas la porte par laquelle Dieu veut que j'entre. Il ya beaucoup d'autres portes ouvertes chez Dieu; et il y a des portes qui sont maintenant fermées, et que Dieu ouvrira plus tard" Par cette foi tu seras reposé.

6. L'EXAMEN DE LA FOI PAR CERTAINS COMMANDEMENTS.

a. Parmi les moyens par lesquels la foi est éprouvée: les dîmes et les donations en général; surtout si le croyant est dans le besoin, ou bien s'il lui est demandé de donner de ce dont il a besoin. L'homme de peu de foi dit: "Si le salaire entier, ou si la rente entière, ne suffit pas, comment sera la situation s'il diminue encore par les dîmes?!" Tandis que le croyant dit: "Ma donation des dîmes rendra béni le reste, qui suffira, et il en restera.

Les dîmes sont une épreuve spirituelle que le Seigneur lui-même a exposé dans le livre de Malachie, disant:

"Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes. Mettez-moi de la sorte à l'épreuve, dit l'Eternel des armées; et vous verrez si je n'ouvre pas pour vous les écluses des cieux, si je ne répand pas sur vous la bénédiction en abondance." (Malachie 3:10). Si une personne ne paye pas malgré cette promesse divine, sans doute sa foi dans la promesse et dans la bénédiction de Dieu, est une foi faible; et d'abord premièrement, sa foi dans son commandement est faible.

S'il en est ainsi en ce qui concerne les dîmes, qu'en sera-t-il à propos de son commandement: "Donne à celui qui te demande" (Matt. 5:42)? Qu'en sera-t-il à propos du commandement: "Va vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres." (Matt. 19:21)? Qu'en sera-t-il à propos du commandement: "Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône" (Luc 12:33)? Par ceci la foi est éprouvée: Est-ce que Dieu peut te nourrir avec ce qui reste après avoir payé la part des pauvres? Aussi, est-Il capable de te nourrir sans que tu amasses des trésors sur la terre"? (Matt. 6:19)

b. Parmi les commandements par lesquels la foi est éprouvée, il y a aussi: "Sanctifiez le jour du Seigneur"

Est-ce que tu te réjouis du jour du Seigneur pour le passer avec le Seigneur? Ou bien est-ce que tu lui préfères les autres occupations? Est-ce que tes choses mondaines sont plus importantes à tes yeux? Est-ce que leur renvoi est une chose que tu ne peux pas arranger en organisant ton temps? C'est là une épreuve de la foi.

Aussi, parmi les épreuves importantes: l'étendue de ton amour pour la prière:

Est-ce que tu l'oublies et qu'il se passe beaucoup de temps sans prière? Quand tu te tiens debout pour prier, est-ce que tu penses à la manière d'en finir afin de t'occuper d'autres choses qui t'intéressent plus que la prière? Durant la prière, est-ce que tu penses à d'autres choses, et tu oublies que tu te tiens debout devant Dieu, et que tu lui parles. Si tu es ainsi, ta foi en Dieu, en sa fréquentation, et au plaisir de l'entretien avec Lui, est une foi faible Il en sera ainsi de même, si nous étendons l'examen de la foi de façon à comporter le reste de ce qui se rapporte à la prière et le reste des arcicles du travail spirituel.

7. EPROUVE TA FOI PAR L'ETENDUE DE TON INTERET POUR TON ETERNITE.

Est-ce que tu concentres toute ta pensée et tout ton cœur dans ce monde présent, et dans l'ampleur de ta réussite en lui, et dans l'étendue de ta jouissance de lui? Ou bien ton éternité t'intéresse, et ton esprit est captivé par ta destinée dans l'autre monde, et tu te prépares pour cette vie comme dit le Seigneur: "Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées. Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant!" 9Luc 12: 35-37).

La veille spirituelle est une épreuve profonde de la foi.

Tandis que celui qui néglige son éternité, où est donc sa foi?! Où est sa foi dans l'autre vie, et où est sa préparation pour elle par la pénitence, par les bonnes œuvres, par la fréquentation et l'amour de Dieu, et par l'huile prête dans sa lampe ?!

8. EPROUVE TA FOI PAR LA SANITE DE TA CROYANCE:

Ta foi, est-elle saine, loin des héresies et des erreurs doctrinales, loin des interprétations spéciales? Est-ce qu'elle est "la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes" (Jude 3), qui a été confiée "à des hommes fidèles, qui soient capables de l'enseigner aussi à d'autres" (2 Tim. 2:2)? Est-ce qu'elle est conforme à tout l'enseignement de l'Ecriture? Ou bien tu suis des personnes qui enseignent leurs propres idées spéciales? Examine ta foi par cela.

Je dis cela parce que les croyances ont une influence profonde sur la vie spirituelle de l'homme.

9. EPROUVE TA FOI PAR LES QUALITES DE LA FOI SAINE:

Est-ce que ta foi est une foi pratique? Est-ce qu'elle est une foi ferme que les circonstances n'ébranlent pas? Est-ce qu'elle ne faiblit pas et ne doute pas? Est-ce qu'elle est pleine de paix, et ne connais pas la peur? Est-ce que tu connais la vie d'abandon et d'obéissance à la foi? Est-ce que ta foi est une foi vive et fructueuse? Est-ce qu'elle grandit et augmente? Est-ce que...

Je ne veux pas mentionner le reste des qualités de la foi pour que tu t'examines toi-même par elles.

Mais si tu veux plus de mesures, tu peux répéter la lecture de ce livre depuis le commencement.

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Les fautes de la parole

Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands

Préoccupation de Dieu pour les petites choses

Saints Pierre et Paul : leurs différences

La montée et la descente dans la généalogie de Jésus

Créateur du bien, Créateur du mal ?

Spiritualité des Fêtes

La date de célébration de Noël

Nombre de générations

Le monde qui change et la spiritualité chrétienne

Je te Garderai partout tu iras, et je te ramenerai dans ce pays

Le Sens de la Résurrection

Déclaration commune avec l'Eglise Orthodoxe byzantine (1989)

Toutes Choses concourent au Bien

N’hésitez pas entre les deux côtés

Consolez ceux qui sont abattus, Supportez les faibles...

Une porte était ouverte dans le ciel

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos

Fils de David, Fils d’Abraham

Comment résoudre les problèmes

Dieu cherche notre Salut

Les jours de la création et l’opinion des géologues

Le lien entre les deux Testaments

Les femmes pécheresses dans la généalogie de Jésus

Une alliance entre Dieu et l’homme

Fruits de l'Esprit : La douceur, la bonté et la patience

Dieu est Compatissant et Bienveillant

Les sept paroles sur la Croix

Le Doute

Comment se comporter avec les gens

De la fidélité dans les petites choses

Soyez fermes, inébranlables

Les trois personnes qu’Abraham reçut

Les femmes célèbres dans la Bible et l’Histoire

Dieu agit avec nous

Le Christ est venu répandre la Vie Spirituelle

La Reconnaissance et la Fidélité

Sans que nous le demandions

Elisabeth ta parente

C'est Dieu qui commence

Vie de Pénitance et de Pureté

Mieux vaut la fin d'une chose que son Commencement

Tu peux tout... Rien ne s'oppose à tes pensées

Satan, son Origine, sa Chute, son Travail, sa Tromperie et sa Fin

L’iniquité des pères et leurs enfants

Notre responsabilité envers cette génération

Déclaration commune de foi christologique entre les papes Paul VI et Shénouda III (1973)

Le Jeûne et le Repentir

L'Eglise Copte est unique dans ce qui la caractérise de toutes les Eglises du monde.

Les bâtisseurs du Royaume

L'Espérance

Accord christologique avec l'Eglise Catholique (1988)

Elan de l'Ame

Le calme

La Sagesse et le Discernement

Nos Martyrs de El Kocheh

Fidélité, Sérieux et Minutie

La Famille dans la Bible