TEXTE NON RÉVISÉ, NON VALIDÉ ET NON COMMANDÉ PAR L'ÉGLISE COPTE ORTHODOXE. TRADUCTION PRIVÉE PROPOSÉE AU LECTEUR.

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STUDIA  ORIENTALIA  CHRISTIANA

d’après l’édition princeps du Caire, 1962

ALPHONSE  ʿABDALLAH

docteur en études ecclésiastiques orientales

 

 

L’ORDONNANCEMENT

LITURGIQUE

DE  GABRIEL  V

88ᵉ patriarche copte d’Alexandrie

1409-1427

at-Tartīb aṭ-ṭaqsī

 

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éclaircie de notes, selon la tradition de l’Église copte orthodoxe,

et faite sur le texte arabe et copte de l’édition critique

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Ouvrage livré par chapitres, et recueilli en un seul volume

Traduction française de Samuel Metias, éditée par Coptipedia

l’an de grâce 2026


 

AU SEUIL DE L’OUVRAGE

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,

un seul Dieu. Ainsi soit-il.

Voici, mis en notre langue, l’ordonnancement des saints rites

que dressa le saint père Gabriel, cinquième du nom,

afin que rien, dans la maison de Dieu, ne se fît au hasard,

mais que toutes choses y allassent par règle et par mesure.

« Mais que tout se fasse avec bienséance et avec ordre. »

— Première Épître aux Corinthiens, chapitre 14, verset 40


 

 


 

 

PRÉFACE

Avertissement du traducteur

Avant d’entrer en matière, il convient de prévenir le lecteur du dessein de cette traduction et des limites qu’on s’y est fixées ; car il n’est pas, en un ouvrage de cette sorte, de meilleure honnêteté que de dire d’abord ce que l’on a voulu faire, et ce dont on s’est gardé.

Le présent volume donne, en français, l’Ordonnancement liturgique que dressa, au commencement du 15e siècle, le saint père Gabriel, cinquième du nom, 88ᵉ patriarche du siège d’Alexandrie : monument vénérable que le P. Alphonse ʿAbdallah, docteur en études ecclésiastiques orientales, établit sur les manuscrits et publia au Caire, en 1962, avec une exactitude dont les érudits lui savent gré[1].

Sur un point, l’on tient à être parfaitement clair. Ce que cette version met en français, c’est le texte même qui nous est parvenu dans l’édition de ʿAbdallah, reproduit avec fidélité et sans rien en retrancher : aussi la traduction se veut-elle non seulement fidèle, mais exhaustive. Or cette édition est elle-même fidèle au manuscrit dont elle dérive — le Paris, arabe 98, rapporté d’Égypte au dix-septième siècle —, lequel se conserve aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France, et que chacun peut consulter en ligne sur Gallica. Le lecteur dispose donc d’une chaîne continue, qui va du manuscrit à la présente page, et qu’il lui est loisible de vérifier à chaque maillon.

L’on ne se flatte pas, pour autant, d’avoir fait œuvre officielle, ni d’avoir suppléé aux livres de l’Église : tant s’en faut. L’on a seulement voulu, avec tout le respect que méritent des choses si saintes, et toute la rigueur qu’exige une matière si délicate, rendre accessible au lecteur français un témoin insigne de la prière copte, demeuré jusqu’ici dans l’ombre des bibliothèques. Qu’on le tienne donc, non pour un rituel, mais pour la copie fidèle d’un rituel ancien, accompagnée des éclaircissements qui en facilitent l’intelligence.

Quant à la manière de traduire, l’on a suivi une règle constante, qu’il importe de bien comprendre. Le texte se compose, d’une part, de rubriques en langue arabe, qui décrivent les gestes, les déplacements et l’ordre des lectures ; d’autre part, des prières et des hymnes, transmises en copte et en grec. Les rubriques, qui forment la trame continue de l’ouvrage, ont été rendues tout au long, clause après clause, sans en rien retrancher ni en rien adoucir. Les prières et les hymnes, l’on a tenu à les donner telles qu’elles se lisent.

Et c’est ici que la présente version diffère de ses premiers essais. Naguère, faute de pouvoir composer le copte, l’on s’était borné à le translittérer ; mais l’on a depuis repris tout ce travail sur le fac-similé même de l’édition, et l’on reproduit désormais les pièces coptes et grecques en leurs propres caractères, lus sur l’image du manuscrit, et non sur une transcription. Chacune est donnée en deux états : le texte original en ses propres caractères — les polices nécessaires étant incorporées au présent fichier — et sa traduction française. Et lorsqu’une pièce n’a point de répondant arabe, la version française en est faite directement sur le copte ou sur le grec, et l’annotation le déclare alors expressément comme traduction du présent traducteur. Là où le copiste a écrit le grec « à l’oreille », l’on a noté la forme que l’éditeur rétablit d’après les livres imprimés de Tūki ; mais l’on s’est interdit de corriger en silence la leçon du manuscrit, que l’on a partout conservée. Les cotes des feuillets sont reportées entre crochets, afin que chacun puisse en tout temps confronter la version à l’original.

L’on a enfin tiré parti d’une collation critique de l’édition, dressée pour accompagner ce travail, qui a permis d’affermir plus d’une lecture et de préciser plus d’une note ; et l’on continuera de l’enrichir à mesure que de nouveaux secours deviendront disponibles.

L’on s’est appliqué, en somme, à servir deux maîtres qui s’accordent rarement : la fidélité et la clarté. Si l’on y a parfois failli, l’on prie le lecteur équitable de l’imputer moins au défaut de soin qu’à la difficulté de l’entreprise ; et de se souvenir que c’est déjà beaucoup, en de telles matières, que de n’avoir pas trahi.

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Chapitre premier

PROLÉGOMÈNES

Introduction du traducteur

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l’auteur et son livre · le siècle et les Coptes · le patriarche Gabriel · la méthode suivie

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

De l’auteur et de son édition

Celui à qui l’on doit la première publication de cet ordonnancement est le P. Alphonse ʿAbdallah, prêtre et docteur en études ecclésiastiques orientales, qui le fit paraître au Caire, l’an 1962, dans cette collection savante que les Pères du Centre franciscain d’études orientales chrétiennes ont consacrée aux monuments de l’Orient. L’ouvrage, conçu pour les doctes, est de ceux où trois langues se font face : l’italien de l’éditeur, et, en regard, le copte et l’arabe des manuscrits. Notre version ne retient que ce dernier fonds — le texte des rubriques et des prières —, laissant la dissertation italienne à qui la voudra consulter.

Ce fut un mérite peu commun que de tirer de l’oubli un texte que les Coptes eux-mêmes avaient laissé dormir, et de l’établir avec cette religion de l’exactitude qui ne se permet point de corriger ce qu’elle ne comprend pas, mais relègue ses doutes au bas des pages. L’on aura lieu, dans la suite, d’admirer cette retenue, qui est la vertu propre des bons éditeurs.

De l’ouvrage et de ses sources

L’éditeur a dressé son texte sur deux témoins manuscrits : l’un, rapporté d’Égypte au dix-septième siècle et déposé à la Bibliothèque du Roi, à Paris ; l’autre, conservé parmi les trésors du Vatican[2]. De la confrontation de ces deux copies est sortie l’édition que nous suivons. L’auteur ne s’en est pas tenu là : il a voulu encore mesurer l’ordonnancement de Gabriel aux deux grandes sommes liturgiques que les Coptes possédaient déjà, savoir l’ouvrage d’Ibn Sabbāʿ et celui d’Ibn Kabar[3] ; en quoi il a montré que la réforme du patriarche, loin d’être une nouveauté téméraire, recueillait et fixait un usage déjà ancien.

Du siècle, et de la condition des Coptes

Pour bien entendre cet ouvrage, il faut se représenter le temps où il fut composé. Gabriel V tint le siège d’Alexandrie sous les Mamelouks circassiens, en un âge où l’Église copte, accablée d’exactions et réduite à la pauvreté, voyait fondre le nombre de ses fidèles[4]. Les contributions extraordinaires, les destructions d’églises, les conversions arrachées par la détresse, avaient mis la nation chrétienne en un tel abaissement, que c’est merveille qu’elle ait trouvé, en ces années mêmes, le loisir et le courage de mettre ordre à sa liturgie.

Et c’est ici qu’il faut admirer un dessein qui passe les forces humaines : que, dans l’extrême misère, ce ne fût point aux biens du dehors que ce peuple songeât, mais à la décence de son culte, et au bon ordre de ses prières. Telle est la marque des Églises persécutées, de se replier sur ce qu’elles ont de plus précieux, qui est le service de Dieu.

Du patriarche Gabriel, cinquième du nom

Du patriarche lui-même, l’histoire a peu retenu. 88ᵉ successeur de saint Marc, désigné par Matthieu, premier du nom, il gouverna l’Église copte environ dix-huit années, et eut Jean, onzième du nom, pour successeur[5]. Les chroniqueurs de sa nation l’ont presque passé sous silence ; et, sans le témoignage d’un historien musulman, son contemporain, nous ne saurions presque rien de sa personne. Or ce témoignage, tout profane qu’il est, nous a conservé de lui une image touchante, qu’il convient de rapporter[6] :

« Ce furent des jours de malheur […] qui passèrent sur les chrétiens ; lui-même connut des épreuves et fut humilié ; il en vint à marcher par les rues sur ses pieds ; et lorsqu’il entrait à l’assemblée du sultan et des émirs, il se tenait debout […]. Il sortit à plusieurs fois vers les villages pour mendier auprès des chrétiens, mais n’en put rien tirer qui vaille, à cause de la pauvreté et du dénuement où ils étaient tombés […]. En somme, nous n’avons connu de patriarche de moindre crédit que lui, ni de moindre bénédiction. »

Voilà le prince de l’Église copte en ce siècle : un patriarche qui va à pied, qui se tient debout devant les puissants, et qui mendie pour son peuple. Que si l’historien, le mesurant à l’aune du monde, le trouve de peu de crédit, le chrétien y reconnaîtra une autre grandeur, et jugera que ce dénuement même fut, devant Dieu, une espèce de bénédiction.

Du genre de cet écrit

Il reste à dire de quelle espèce est l’ouvrage que l’on va lire. Ce n’est ni une histoire, ni un traité de doctrine, mais un livre de cérémonial : ce qu’on nomme un tartīb, c’est-à-dire une mise en ordre, qui règle par le menu la suite des rites, les leçons que l’on doit lire, les hymnes que l’on doit chanter, et jusqu’aux gestes du ministre[7]. Le genre n’est pas étranger à l’Occident, qui a ses Ordines et ses cérémoniaux ; ni aux Grecs, qui ont leurs typika. Mais il a ceci de propre, chez les Coptes, qu’il mêle aux prescriptions la langue même de la prière, et qu’il nous transmet ainsi, sous une forme aride en apparence, toute la substance d’un culte vivant.

L’on ne s’étonnera donc point d’y trouver le ton sec et coupé des rubriques, où tout se commande en peu de mots : « il dit », « ils chantent », « il se tourne ». C’est la manière du genre ; et sous cette sécheresse se cache, pour qui sait lire, l’ampleur d’une liturgie que la rubrique ne fait que désigner du doigt, laissant au chant et au geste le soin de la déployer.

Au reste, ce fut le dominicain Wansleb qui, ayant acheté le manuscrit de Paris en l’année 1673, fit le premier connoître que Gabriel V avait un grand mérite à l’endroit des rites coptes[8] ; et c’est de cette découverte qu’est sortie, par un long détour, l’édition d’où procède notre version. Ces choses dites, il est temps de laisser parler l’auteur, puis le texte même.

[9]

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Chapitre deuxième

INTRODUCTION DE L’AUTEUR

Le prologue d’Alphonse ʿAbdallah

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Manuscrit de Paris, arabe 98


 

Du silence des sources, et du témoignage d’al-Maqrīzī

L’Histoire des Patriarches ne fait mention, touchant l’Anba Gabriel V — le 88ᵉ dans le nombre des patriarches d’Alexandrie —, de rien qui mérite d’être retenu, sinon de l’indication de son avènement[10]. Les historiens coptes qui sont venus après ont tenu la même route : dans tous les ouvrages d’histoire et de liturgie que nous avons parcourus, nous n’avons rien trouvé qui fît mention de la vie de ce patriarche, non plus que de son activité liturgique — rien, hormis quelques expressions empruntées peut-être à des auteurs occidentaux[11].

Nous discernons néanmoins, dans les expressions concises qu’a tracées le savant al-Maqrīzī, son contemporain, une image abrégée de sa vie, lorsqu’il dit : « Ce furent des jours de malheur […] ; il en vint à marcher par les rues sur ses pieds ; il sortit vers les villages pour mendier auprès des chrétiens, mais n’en put rien tirer qui vaille […]. En somme, nous n’avons connu de patriarche de moindre crédit que lui, ni de moindre bénédiction[12]. » Ainsi la vie de l’Anba Gabriel s’est-elle repliée dans cet oubli et cette négligence.

De la découverte des manuscrits

En l’année 1673, le religieux dominicain, le Père Jean-Michel Wansleb, vint en Égypte et y acheta plusieurs manuscrits, parmi lesquels le manuscrit arabe quatre-vingt-dix-huit, conservé aujourd’hui à la Bibliothèque nationale, à Paris. Ce manuscrit découvrit pour la première fois que l’Anba Gabriel a un grand mérite à l’endroit des rites coptes, car il les mit en ordre après avoir consulté les grands des Coptes — prêtres, diacres et archontes[13]. Et durant nos recherches dans le fonds des manuscrits du Vatican, nous trouvâmes qu’une partie du manuscrit copte quatre-vingt-huit est attribuée à l’Anba Gabriel. Il y a apparence que les deux manuscrits remontent au commencement du dix-septième siècle. Telle fut la première étincelle qui nous poussa à rechercher la vie de l’Anba Gabriel et son activité liturgique.

Du plan de l’ouvrage

Nous avons divisé notre étude en trois parties. La première traite des circonstances politiques et civiles de l’Égypte durant la première moitié du 15e siècle, de l’état de l’Église copte en cette époque, puis de la vie de l’Anba Gabriel et de son activité en faveur des rites coptes, jusqu’à quel point il est légitime de la lui attribuer, et quels sont les titres qui l’appuient ; après quoi vient une étude comparée de l’ordre de la Liturgie entre l’Anba Gabriel, Ibn Sabbāʿ et Ibn Kabar.

Dans la seconde partie, nous avons publié pour la première fois le texte entier des deux manuscrits attribués à l’Anba Gabriel V. Dans la troisième et dernière, nous avons entrepris de transporter ces textes en langue italienne, par le désir de faire connoître nos beaux rites aux orientalistes et aux personnes versées dans les rites de l’Église. Nous avons publié tout cela en un seul ouvrage. Et nous donnons ici la partie arabe de cet ouvrage en un livre séparé, afin d’en faciliter l’acquisition et l’usage[14].

De la méthode de l’édition

Par le soin de l’exactitude, nous donnons ce texte conformément à son original ; qu’on ne s’étonne donc point du grand nombre de fautes d’orthographe, et surtout de grammaire, qui s’y rencontrent — nous y avons toutefois pourvu par les corrections nécessaires, que nous avons placées dans les notes au bas des pages[15]. Le manuscrit se cite par feuillet, et non par page ; chaque feuillet se distingue en recto et en verso[16].

Quant aux fautes, nous avons tâché de corriger les grammaticales dans les notes ; et, pour les orthographiques, nous avons pris la voie que voici. La hamza paroît le plus souvent sous la figure d’un alif, d’un wāw ou d’un yāʾ, et quelquefois manque tout à fait. Le thāʾ s’écrit le plus souvent tāʾ, et le dhāl, dāl : nous avons laissé ces lettres comme elles sont, hors les endroits où l’on pouvait craindre quelque équivoque dans le sens, auquel cas nous les avons redressées. Le ṭāʾ a été figuré ẓāʾ, et nous l’avons rétabli en sa forme première.

Pour ce qui regarde les mots coptes, nous avons remarqué que le manuscrit les écrit l’un après l’autre sans aucune séparation — que dis-je ? il lui arrive de couper en deux un mot unique ; pour nous, nous avons suivi, à distinguer les mots, la voie que tiennent les livres liturgiques. Et pour ce qui regarde les mots grecs, il paroît que le manuscrit s’est réglé, à les écrire, sur la seule ouïe, d’où vient qu’il est malaisé de les lire comme il faut ; c’est pourquoi nous les avons corrigés dans les notes[17].

Pour les chiffres, qui se présentent à la manière copte ancienne, il est malaisé de les rendre tels quels, et nous les avons changés en chiffres arabes[18]. Nous avons remarqué enfin que le manuscrit avait égalé les titres et les têtes de chapitres pour la grandeur de l’écriture ; nous fûmes donc contraints de les distinguer, et d’en ajouter quelques autres, pour la clarté. Voici, au reste, les signes dont nous usons[19] :

[ … ] mots ou lettres omis, ou ajoutés pour la facilité de la lecture ;

( … ) mots ou lettres répétés qu’il faut retrancher.

Voilà ; et nous avons toute espérance de contribuer, par ce nôtre travail, à l’intelligence de nos rites, à leur estime, et à leur conservation. Et Dieu est le garant du succès[20].

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Chapitre troisième

LE SAINT BAPTÊME ET L’INITIATION CHRÉTIENNE

La nouvelle naissance et les rites qui l’achèvent

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La bénédiction des fonts et la triple immersion · le sceau du Myron · le déliement de la ceinture · le poème des saints canons

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LE SAINT BAPTÊME — PREMIER MOUVEMENT

feuillets 1 verso et suivants

[ feuillet 1 recto ]

Au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit Saint, [Dieu] un.

Copie du livre de l’ordonnancement[22], [provenant] du père patriarche Anba Gabriel, le 88ᵉ dans le nombre des pères patriarches, au siège marcien[23], en présence des pères prêtres, des archontes, des diacres et du peuple orthodoxe ; et les baptêmes y [sont contenus] selon l’explication écrite. Après que le père patriarche que l’on a dit eut produit plusieurs ordonnancements, et que l’accord se fut fait sur celui-ci, il en prescrivit l’exécution, et il fut exécuté en son temps. Et cela fut le dimanche béni, le 8 du mois de Bashans de l’an 1127 des Martyrs très-purs[24] — que Dieu nous fasse la grâce de leurs bénédictions, et qu’il nous assiste à œuvrer selon leurs recommandations !

Ordonnancement du saint Baptême et de l’Absolution

[ feuillet 1 verso ] — Le premier de cela : s’il advient que la mère de l’enfant n’a point été absoute, le prêtre l’absout[25].

Premièrement, le prêtre commence, dans la maison des femmes[26], par la lecture (d’abord) du Notre-Père, la mère de l’enfant [se tenant] derrière son dos. Et il élève l’encens avec l’oraison du matin. Et après cela ils disent : Kyrie eleison, l’Alléluia « Doxa Patri », et le Notre-Père, et le Psaume cinquantième[27]. Et après lui l’épître de saint Paul, en copte, qu’il interprète en arabe d’après le Livre de l’Absolution — s’il [le baptisand] est un garçon, ce qui lui convient ; et s’il est une fille, ce qui lui convient[28]. Et après l’épître, l’Agios trois fois (le Trisagion), et l’oraison de l’Évangile. Et l’on profère le Psaume [le verset], et le prêtre lit l’Évangile en copte, et l’interprète en arabe ; et le répons de l’Évangile [est][29] :

ⲦⲰⲂⲈ ⲈϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲰⲚ · ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲐⲞ̅ · Ⲛ̀ⲆⲒⲔⲈⲞⲤ · ⲀⲂⲂⲀ ⲤⲒⲘⲈⲰⲚ ⲠⲒⲈ̀ⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ · Ⲛ̀ⲦⲈϤ …
Tôbe ehrêi edjôn · peniôt eth[ouab] · en-dikeos · abba Simeôn pi-episkopos · entef …

« Priez pour nous, notre père saint et juste, Abba Siméon l’évêque… »

Et après cela, les trois oraisons : la Paix, et les Pères, et les Assemblées ; et la Foi [le Symbole], et la Demande, et le Notre-Père, et l’absolution du Fils[30]. Et il élève la Croix, et ils disent : Kyrie eleison. Puis il l’oint d’huile au front, et aux deux paumes, et au-dessus, cependant qu’ils chantent le canon[31] :

ⲬⲈⲢⲈ ⲦϢⲈⲖⲈⲦ ⲈⲦⲈⲢⲞⲨⲰⲒⲚⲒ
Chêre ti-shelet eter-ouôini

« Réjouis-toi, ô Épouse qui resplendis. »

Puis il scelle cela par la lecture de la Bénédiction ; et il entre au lieu de l’onction des enfants.

Ordonnancement de la prière de l’onction, avant le Baptême

[ feuillet 2 recto ] — Toute église a un lieu à part pour l’onction, selon sa coutume. L’on place devant le prêtre une estrade, ou un pupitre d’évangéliaire, ou le candélabre ; et l’on dispose dessus le coffret de l’encens, et le vase du Myron, et les vases de l’huile bonne — en particulier (d’abord). Et le prêtre qui baptise commence : il revêt la tunique, et l’étole ; et de même le diacre[32]. Et il dit le Notre-Père, et élève l’encens avec l’oraison du matin, cependant qu’ils chantent Kyrie eleison ; et après elle[33], au son des cymbales :

ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ
Ten-ouôsht

« Nous t’adorons. »

et après elle :

ⲬⲈⲢⲈ ⲒⲰⲀ̅ · ⲠⲒⲚⲒϢϮ Ⲙ̀ⲠⲢⲞⲆⲢⲞⲘⲞⲤ
Chêre Iôa(nnês) · pi-nishti em-prodromos

« Salut, Jean, le grand Précurseur. »

et après elle, pour la Vierge :

ⲬⲈⲢⲈ ϮⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ … ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲒⲞⲨⲎⲂ · Ⲱ̀ Ⲛ̀ⲤⲨⲄⲄⲈⲚⲎⲤ · Ⲛ̀ⲈⲘⲘⲀⲚⲞⲨⲎⲖ
Chêre ti-ekklêsia … Chêre pi-ouêb · ô en-syngenês · en-Emmanouêl

« Salut, l’Église… Salut, ô prêtre, parent d’Emmanuel. »

Et après cela ils disent :

ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ ⲈⲢⲞⲔ
Ethren-hôs erok

« …afin que nous te louions. »

Et pendant cela, le prêtre fait le tour avec l’encens, sur les prêtres (tous), et sur les diacres et le peuple, dans le chœur en particulier. Puis après cela ils disent : Kyrie eleison, l’Alléluia « Doxa Patri », et le Notre-Père, et le Psaume 50 jusqu’à sa fin ; ils disent :

ⲀⲖ ⲀⲖ ⲀⲖ̅ · ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲞⲒ Ⲱ ⲐⲈⲞⲤ
Al, al, al · Doxa soi ô Theos

« Alléluia, alléluia, alléluia. Gloire à toi, ô Dieu. »

Et pendant la lecture du Psaume 50, le prêtre se dirige seul vers la maison des femmes, et lit sur la mère du baptisand l’oraison consignée dans le Livre du Baptême. Et il revient ; ils disent trois fois Kyrie eleison après le Psaume 50. Puis le prêtre dit les oraisons du Livre du Baptême, jusqu’à l'[endroit de l']onction de l’huile.

[ feuillet 3 recto ] — D’abord — et elle se nomme l’huile de l’exhortation et de l’attraction[34]. Lors donc que les enfants se présentent, le prêtre s’enquiert de leur état : s’il y a à leur oreille un anneau, ou à leurs mains des bagues, ou des bracelets, ou à leurs jambes des grelots. Alors il ordonne qu’on ôte le tout ; car le saint canon a prescrit que le baptiseur ne fasse point descendre [aux fonts] le baptisand avec quelque objet étranger. Et il prend le vase de l’huile, et fait six onctions — le front, le cœur, les deux paumes, et leur dessus, en tout six — et il dit :

ⲈⲖⲈⲞⲚ ⲔⲀⲐⲎⲔⲈⲤⲈⲞⲤ
elaion katêkeseos  [lire ⲈⲖⲀⲒⲞⲚ ⲔⲀⲐⲎⲬⲎⲤⲈⲞⲤ]

« huile de catéchuménat. »

et après elle :

ⲠⲀⲒⲚⲈϨ ⲠⲀⲒ̀
pai-neh pai

« Cette huile-ci… »

Puis il essuie bien sa main de l’huile, et dit les oraisons consignées dans le Livre du Baptême, jusqu’à ce qu’il leur fasse prononcer la renonciation. Il se tourne, lui et eux, vers l’Occident, et il fait dire [la renonciation] à leur parrain ; et celui qui sait bien parler [l’enfant en âge] parle pour lui-même. Et quand cela est achevé, il se tourne, lui et eux, vers l’Orient[35], et il leur fait prononcer la foi droite et orthodoxe. Et après cela, il dit à chacun d’eux : « As-tu cru ? », au nom de l’enfant ; et lui répond et dit : « J’ai cru » — pour chacun, trois fois[36]. Et après cela il dit les oraisons consignées, jusqu’à l'[endroit de l']onction du galilaion.

Et elle se nomme l’huile du rejet, je veux dire le rejet des esprits mauvais hors de l’homme[37]. Et son compte est de trente-six onctions. Il tient le vase du galilaion avec un linge blanc consacré. Et le prêtre commence d’abord, disant :

ⲤⲈⲐⲰϨⲤ ϦⲈⲚ ⲠⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ
se-thôhs khen p-ran [lire ⲪⲢⲀⲚ] em-Ephiôt

« Il est oint au nom du Père… »

et après elle :

ⲤⲈⲐⲰϨⲤ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ
se-thôhs emmok

« …tu es oint. »

Et voici l’ordre de l’onction[38] :

le sommet de la tête ; les deux narines ; la bouche ; l’oreille droite ; l’œil droit ; l’œil gauche ; l’oreille gauche ; le cœur ; le creux de la poitrine ; le dos ; l’échine ; la paume droite ; l’aisselle au-dessous ; le coude droit ; l’avant-bras ; la paume droite, au poignet ; son dessus ; l’épaule gauche ; l’aisselle au-dessous ; le coude gauche ; l’avant-bras ; la paume gauche, au poignet ; son dessus ; la hanche droite, par-dessus ; l’aine, par-dessous ; le genou ; au-dessous ; la jambe gauche ; le talon ; le dessus de la jambe ; la hanche gauche, par-dessus ; l’aine, au-dessous ; le genou ; derrière ; la jambe gauche ; son dessus — en tout, trente-six onctions.

Et l’onction de toutes se fait collées l’une à l’autre, sans séparation : c’est que, lorsqu’il fait le signe, il ne lève point sa main de dessus le corps de l’enfant, mais fait marcher son doigt sur les membres avec le galilaion ; et de même se fait l’onction du Myron, selon cela. Et quand cela est achevé, il essuie l’orifice du vase et le remet à sa place, et l’essuie bien, et essuie bien sa main avec un linge consacré ; et il dit Kyrie eleison trois fois, et dit le reste des oraisons consignées dans le livre, jusqu’à leur fin.

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LE SAINT BAPTÊME — SECOND MOUVEMENT

feuillets 4 recto à 9 verso

[ feuillet 4 recto ] — Et si c’est le patriarche qui baptise[40], alors ici ils montent le recevoir avec les cierges ; et lors de sa venue auprès du baptistère, ils l’accueillent par Ⲕ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ[41] avec sa mélodie ; et ils prennent sa coiffe dans un voile. Et il verse l’huile dans le baptistère en forme de croix, trois fois, et que ce soit chose légère ; et il dit la prière. Et après cela ils achèvent Ⲕ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ, et après lui ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ[42] pour le patriarche ; et le patriarche dit le Notre-Père. Et si c’est le prêtre qui baptise, ils disent [seulement] Ⲕ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ, et le prêtre fait ce qui a été décrit. Et quand la lecture du Notre-Père est achevée, ils chantent ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲒ[43], et il élève l’encens avec les prêtres selon sa coutume, ou le prêtre seul ; et il dit l’oraison de l’encens de l’Épître jusqu’à sa fin :

ⲪϮ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲠⲒϢⲀ ⲈⲚⲈϨ ⲠⲒⲀⲦⲀⲢⲬⲎ
Phnouti pinishti pisha eneh pi-atarchē

« Dieu, le grand, l’éternel, le sans-commencement. »

[44] Et le prêtre encense l’église, et ils chantent ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ. Et il lit l’Épître en copte ; et [ feuillet 4 verso ], si le patriarche est présent, après sa lecture il s’assied sur le siège, et ils disent ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲄⲀⲢ ⲪϮ Ⲫ̀ⲒⲰⲦ, et ils lui donnent l’encens trois fois aux mains. Et après cela ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ pour le patriarche, et après elle ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ, et après elle l’Épître en copte. Le prêtre dit ⲠⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲄⲚⲰⲤⲒⲤ[45], puis il interprète l’Épître en arabe ; et après elle le Catholicon en copte. Et le prêtre presse le serviteur de lire ⲠⲞⲤ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ, puis ils s’asseyent ; et le père patriarche, ou le prêtre serviteur, dit l’Absolution sur les serviteurs, pendant la lecture du Catholicon en arabe : ⲠⲒⲢⲈϤⲦⲀⲖϬⲞ, et après elle ⲚⲈⲔⲈⲂⲒⲀⲒⲔ. Et après cela, l’encens du Praxis avec son oraison ⲪϮ ⲠⲒ…, et ils chantent ⲬⲈⲢⲈ ⲒⲰⲀ̅, et après elle Ⲕ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ. Et il lit le Praxis en copte et en arabe, et le prêtre fait le tour avec l’encens, le chœur seulement. Et après le Praxis ils chantent ⲞⲨⲢⲀⲚ Ⲛ̀ϢⲞⲨϢⲞⲨ[46] — un quart, ou deux, ou davantage. Et si ce sont les jours de la Cinquantaine, ⲠⲬⲤ ⲀⲚⲀⲤⲦⲒ ; et après la première [strophe] Ⲱ ⲈⲔ ⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲞⲨ, et après la première, la neuvième Ⲱ ϦⲈⲚ ⲠⲒⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲒⲤ ; et après cela ⲔⲈⲚⲒⲚ ⲆⲞⲜⲀ :

ⲒⲎⲤ ⲠⲬⲤ Ⲫ̀ⲎⲈⲦⲀϤϬⲒⲰⲘⲤ · ϦⲈⲚ ⲠⲒⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲎⲤ · ⲈⲔⲈⲦⲞⲨⲂⲞ Ⲛ̀ⲚⲈⲚⲮⲨⲬⲎ · ⲈⲂⲞⲖϨⲀ Ⲛ̀ⲐⲰⲖⲈⲂ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀ⲚⲞⲂⲒ · ⲀⲖⲖⲒⲀⲖⲞⲨⲒⲀ · ⲀⲖ ⲀⲖ ⲀⲖ · ⲒⲎⲤ ⲠⲬⲤ Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ Ⲙ̀ⲪϮ · ⲠⲒⲈⲦⲀϤϬⲒⲰⲘⲤ ϦⲈⲚ ⲠⲒⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲒⲤ · ⲚⲒⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲒⲘ ⲞⲨⲤⲐⲞⲒⲚⲞⲨϤⲒ
Iēsous Pikhristos phē-etaf-tchiôms khen pi-Iordanēs, eke-touvo en-nen-psychē evol-ha en-thôleb ente ph-novi ; alliaslouia ; al, al, al. Iēsous Pikhristos en-shēri em-Phnouti, pi-etaf-tchiôms khen pi-Iordanis, ni-Cheroubim ou-sthoinoufi.

« Jésus-Christ, qui fut baptisé dans le Jourdain, purifie nos âmes de la souillure du péché. Alléluia ! al., al., al. Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui fut baptisé dans le Jourdain — les Chérubins [lui offrent] un parfum. »

[47] Et après, ce qui n’est pas blâmé [convenable], selon la coutume, jusqu’à sa fin. Le patriarche, ou le prêtre, dit l’oraison de l’Évangile, et l’on profère le Psaume, et l’on récite le verset. Et si c’est [au temps de] la Cinquantaine, ⲠⲒⲀⲄⲒⲞⲤ Ⲱ ⲠⲒⲀⲖⲖⲎⲖⲞⲨⲒⲀ. Et si le patriarche est présent, ils disent ⲘⲀⲢⲞⲨⲞⲈⲀⲤϤ, et le patriarche lit l’Évangile selon la coutume ; et sinon, ils disent ⲤⲦⲀⲐⲈⲒⲦⲈ[48], et le prêtre lit l’Évangile en copte sur le baptistère, et le diacre l’interprète en arabe.

[ feuillet 5 verso ] — Et l’on récite, sur le mode de la joie :

ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ · Ⲫ̀ⲎⲈⲦⲀϤⲒ ⲈϪⲈⲚ ⲠⲈϤϢⲎⲢⲒ · ϨⲒϪⲈⲚ ⲚⲒⲘⲰⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲎⲤ · ⲔⲀⲦⲀ Ⲛ̀ⲦⲨⲠⲞⲤ Ⲛ̀ⲚⲞϨ
Pi-Pneuma em-paraklēton, phē-etaf-i edjen pef-shēri, hidjen ni-môou ente pi-Iordanēs, kata en-typos en-Nôh.

« L’Esprit, le Paraclet, qui vint sur son Fils sur les eaux du Jourdain, selon le type de Noé. »

Et si le père patriarche est présent, ils disent après cela ⲰⲤⲀⲨⲦⲞⲤ, sinon ⲀⲢⲒⲠ̀ⲢⲈⲤⲂⲒⲚ pour la Vierge, ⲬⲈϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦpour Jean. Et pendant cela, le prêtre coadjuteur dit ⲠⲒⲢⲈϤϢⲈⲚϨⲎⲦ[49], puis il la dit en entier ; et l’on en dit jusqu’à 7, et 30, et 100. Puis ils disent les sept grandes oraisons : le patriarche la première et l’oraison des oblations, et le reste aux prêtres ses associés ; et si c’est le prêtre seul, il les dit toutes jusqu’à leur fin. Puis le patriarche, ou le prêtre, dit les oraisons consignées au livre du Baptême — ⲚⲈⲔⲈⲂⲒⲀⲒⲔ ⲠⲞⲤ — jusqu’à la fin ; ils chantent sur la mélodie, et le prêtre dit l’oraison en secret sur lui-même, prosterné sur le baptistère, jusqu’à sa fin. Il dit les trois grandes oraisons — celles des Pères, des Assemblées, et de la Paix — puis il dit la Foi [le Symbole][50].

[ feuillet 6 recto ] — Et après la récitation de la Foi, le père patriarche, ou le prêtre, verse le galilaion dans l’eau du baptistère, en forme de croix, trois fois, en disant :

ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ · ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈϤⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ · ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ
Khen p-ran em-Phiôt ef-smarôout ; ef-smarôout endje pef-Monogenēs ; ef-smarôout endje pi-Pneuma ethouab.

« Au nom du Père — il est béni ; béni est son Fils unique ; béni est l’Esprit Saint. »

— il les dit en leur entier, et il dit ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ. Et après la récitation de la Foi, il dit les oraisons consignées au livre du baptistère, jusqu’à l’endroit où vient ⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ : il la dit trois fois, et à chaque fois qu’il la dit, il signe l’eau en forme de croix — et ce, du seul revers de la croix. Que si quelque prêtre signe toute [l’eau] de la croix, il en asperge et en humecte le dessus du baptistère ; et de quelque manière qu’il signe, c’est trois fois dans l’eau, chaque signe une fois. À l’eau, en ce moment, il souffle sur l’eau trois fois, chaque signe une fois[51]. Puis il achève les oraisons jusqu’à l’endroit où il dit ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ : il signe encore l’eau, trois fois en forme de croix, à la fin. Puis ils disent le Notre-Père.

[ feuillet 6 verso ] — Et l’on récite, sur le mode de la joie, au son des cymbales :

ⲎⲠⲠⲈ ⲀϤⲈⲢⲘⲈⲐⲢⲈ Ⲛ̀ϪⲈ ⲒⲰⲀ̅ · ⲠⲒⲂⲀⲠⲦⲒⲤⲦⲎⲤ · ϪⲈ ⲀⲒϮ ⲰⲘⲤ ⲈⲠⲀⲤⲰⲢ · ϦⲈⲚ ⲚⲒⲘⲰⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲎⲤ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲒⲤⲰⲦⲈⲘ ⲈⲦ̀ⲤⲘⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲈⲤⲰϢ ⲈⲂⲞⲖ · ϪⲈ Ⲫ̀ⲀⲒ ⲠⲈ ⲠⲀϢⲎⲢⲒ ⲠⲀⲘⲈⲚⲢⲒⲦ · ⲈⲦⲀⲒϮⲘⲀϮ Ⲛ̀ϦⲎⲦϤ · ϪⲈ ⲬⲞⲨⲀⲂ ⲬⲞⲨⲀⲂ ⲬⲞⲨⲀⲂ · ϪⲀ ⲚⲈⲚⲚⲞⲂⲒ ⲚⲀⲚ ⲈⲂⲞⲖ
Ēppe af-er-methre endje Iôa(nnēs) pi-Baptistēs, dje ai-ti-ôms e-pa-sôr khen ni-môou ente pi-Iordanēs, ouoh ai-sôtem e-t-smē ente Ph-iôt es-ôsh evol : dje phai pe pa-shēri pa-menrit etai-ti-mati en-khētf : dje khouab, khouab, khouab… dja nen-novi nan evol.

« Voici, Jean-Baptiste a rendu témoignage : J’ai baptisé mon Sauveur dans les eaux du Jourdain, et j’ai entendu la voix du Père qui criait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je me suis complu. Saint, Saint, Saint… remets-nous nos péchés. »

[52] Puis ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ, ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲀ pour la Vierge et pour Jean ; puis le diacre dit le Prosphérein, et ils lui répondent ; et le prêtre dit :

ⲞⲨⲀⲄⲀⲠⲎ ⲦⲞⲨ ⲐⲈⲞⲨ ⲔⲈ ⲠⲀⲦⲢⲞⲤ · ⲔⲈ Ⲏ ⲬⲀⲢⲒⲤ ⲦⲞⲨ ⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲞⲨⲤ ⲨⲒⲞⲨ · ⲔⲨⲢⲒⲞⲨ ⲒⲎⲤ ⲬⲢⲒⲤⲦⲞⲨ · ⲔⲈ Ⲏ ⲔⲞⲒⲚⲰⲚⲒⲀ ⲦⲞⲨ ⲀⲄⲒⲞⲨ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲞⲤ
Hē agapē tou Theou ke Patros, ke hē charis tou monogenous Huiou, Kuriou Iēsou Christou, ke hē koinōnia tou Hagiou Pneumatos.

« L’amour de Dieu le Père, et la grâce du Fils unique, notre Seigneur Jésus-Christ, et la communion du Saint-Esprit. »

[53] Ils lui répondent ⲈϦⲞⲚ ⲠⲢⲞⲤⲬⲰⲘⲈⲚ ⲦⲞⲚ Ⲕ̅Ⲩ̅[ⲢⲒⲞⲚ]. Et lorsqu’il signe, il signe l’eau en forme de croix. Puis il dit, trois fois, ⲀⲜⲒⲞⲚ ⲔⲈ ⲆⲒⲔⲈⲞⲚ[54], et il dit les oraisons consignées au livre du baptistère. Puis le diacre dit ⲞⲒ ⲔⲀⲐⲎⲘⲈⲚⲞⲒ ⲒⲤ ⲀⲚⲀⲦⲞⲖⲀⲤ ; puis ils chantent, au son des cymbales, l’Aspasmos de la Théophanie[55] — [ feuillet 7 recto ] :

Ⲥ̀ⲒⲘⲈⲢⲰⲚ · ⲂⲀⲠⲦⲈⲤⲦⲎⲤ ⲰⲠⲒⲠ̀ⲢⲰⲆⲢⲞⲨⲘⲞⲤ · Ⲓ̅Ⲱ̅Ⲁ̅ · ⲤⲒⲚⲦⲞⲚ · ⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲎⲤ · Ⲕ̅Ⲉ̅ · ⲐⲞⲚ Ⲕ̅Ⲛ̅ ⲀⲠⲞⲨⲦⲎⲤ · ⲀⲢⲒ ⲘⲞⲨ ⲰⲠⲒⲠⲢⲞⲆⲢⲞⲘⲞⲤ · Ⲓ̅Ⲱ̅Ⲁ̅ · ⲀⲖ ⲐⲒⲚⲀ ⲂⲀⲠⲦⲒⲤⲦⲎⲤ · Ⲕ̅Ⲥ̅ · ⲐⲞⲚ Ⲕ̅Ⲛ̅ · Ⲓ̅Ⲱ̅Ⲁ̅ · ⲠⲒⲢⲈϤϮⲰⲘⲤ · ⲰⲠⲒⲤⲨⲚ · ⲄⲈⲚⲒⲤ · Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲀⲖ · ⲀⲖ · ⲀⲖ · Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲠⲬⲎⲢⲒ Ⲙ̀ⲪϮ · ⲤⲰϮ Ⲙ̀ⲘⲰⲚ ⲞⲨⲞϨ ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲚ
Simerōn… Baptistēs ô-pi-prodromos, Iōa(nnēs)… Iordanēs… ke thon… apoutēs ; ari mou ô-pi-prodromos, Iōa(nnēs)… Baptistēs… Iōa(nnēs) pi-ref-ti-ôms, ô-pi-syn-genis ente Pikhristos. Al, al, al. Iēsous Pikhristos pchēri em-Phnouti, sôti emmôn ouoh nai nan.

« Aujourd’hui… le Baptiste, le Précurseur… Jean… dans le Jourdain… Jean le Baptiste… Jean, le Baptiseur, le parent du Christ. al., al., al. Jésus-Christ, Fils de Dieu, sauve-nous et aie pitié de nous. »

[56] [ feuillet 7 verso ] — Puis :

Ⲁ̀ⲄⲒⲞⲤ · Ⲁ̀ⲄⲒⲞⲤ · Ⲁ̀ⲄⲒⲞⲤ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲤⲀⲂⲀⲰⲐ Ⲛ̀ⲔⲒⲢⲒⲈ · ⲖⲞⲜⲀⲠⲀⲦ · ⲐⲈⲖⲎⲖ Ⲙ̀ⲠⲢⲎϮ Ⲙ̀ⲠⲒϨⲒⲎⲂ ⲰⲠⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲒⲤ · Ⲙ̀ⲠⲈϤⲀⲢⲒⲘⲞⲤ · ⲀϤ ϢⲀⲢⲞⲚ Ⲙ̀ⲠⲒϨⲒⲎⲂ ⲠⲒⲈⲦⲰⲀⲒ Ⲙ̀ⲠⲒⲚⲞⲂⲒ Ⲙ̀ⲠⲒⲔⲞⲤⲘⲞⲤ · ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲘⲈⲐⲘⲎⲒ · ⲞⲨⲞϨ ⲀϤϬⲒⲰⲘⲤ Ⲙ̀ⲘⲞⲢϤ · ⲀⲖ · ⲀⲖ · ⲀⲖ
Hagios, hagios, hagios, Kurios Sabaôth… thelēl em-ep-rēti em-pi-hiēb ô-pi-Iordanis… af-sharon em-pi-hiēb pi-et-ôai em-pi-novi em-pi-kosmos, pi-Pneuma ente ti-methmēi, ouoh af-tchiôms emmorf. Al, al, al.

« Saint, Saint, Saint, Seigneur Sabaoth !… Réjouis-toi comme l’agneau, ô Jourdain… l’agneau qui porte le péché du monde, l’Esprit de la vérité ; et il fut baptisé en lui. al., al., al. »

et ils disent l’Hosanna jusqu’à la fin[57] ; puis l’hymne séraphique :

ⲦⲀ ⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲒⲘ ⲠⲢⲞⲤⲈ̀ⲔⲒⲚⲞⲚ · ⲦⲀ ⲤⲀⲢⲀⲪⲒⲘ ⲤⲈ ⲆⲞⲜⲀⲌⲰⲘⲈⲚ · Ⲁ̀ⲄⲒⲞⲤ · Ⲁ̀ⲄⲒⲞⲤ · Ⲁ̀ⲄⲒⲞⲤ ⲔⲨⲢⲒⲞⲤ ⲤⲀⲂⲀⲰⲐ · ⲠⲖⲎⲢⲒⲤ Ⲟ̀ⲢⲀⲚⲞⲨⲤ ⲔⲈ Ⲏ ⲄⲎ ⲦⲎⲤ Ⲁ̀ⲄⲒⲀⲤ ⲤⲞⲨ ⲆⲞⲜⲒⲤ · ⲰⲤⲀⲚⲚⲀ ⲈⲚ ⲦⲒⲤ Ⲩ̀ⲮⲒⲤⲦⲒⲤ · ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ Ⲟ̀ ⲈⲢⲬⲰⲘⲈⲚⲞⲤ ⲈⲚ ⲞⲚⲞⲘⲀⲦⲒ Ⲕ̅Ⲩ̅ · ⲰⲤⲀⲚⲚⲀ ⲈⲚ ⲦⲒⲤ Ⲩ̀ⲮⲒⲤⲦⲒⲤ
Ta Cheroubim proskunoun, ta Saraphim se doxazômen ; hagios, hagios, hagios, Kurios Sabaôth, plērēs ho ouranos ke hē gē tēs hagias sou doxēs ; ôsanna en tis hupsistis ; eulogimenos ho erchomenos en onomati Kuriou ; ôsanna en tis hupsistis.

« Les Chérubins t’adorent, les Séraphins te glorifient. Saint, Saint, Saint, Seigneur Sabaoth ; le ciel et la terre sont pleins de ta sainte gloire. Hosanna au plus haut des cieux ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ; Hosanna au plus haut des cieux ! »

[58] [ feuillet 8 recto ] — Puis le prêtre dit ⲬⲞⲨⲀⲂ trois fois, et les oraisons du livre du baptistère ; et quand il parvient à ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ jusqu’à sa fin, il signe l’eau encore trois fois, en forme de croix. Puis ils disent le Notre-Père. Et le prêtre se ceint d’un linge afin que la tunique ne [soit point mouillée] ; ou bien le patriarche — et ils revêtent le burnous par-dessus un voile blanc. Et le prêtre dit, si le père patriarche est présent, ⲤⲈ ⲠⲞⲤ · ⲠⲞⲤ · Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲠⲞⲤ, et l’Absolution du Fils jusqu’à sa fin ; et si le père patriarche n’est pas présent, le prêtre dit le tout. Et quand l’Absolution du Fils est achevée, le diacre dit ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ · ⲔⲀⲒ ⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅ⲈⲨⲘⲀⲦⲒ ⲤⲞⲨ · ⲘⲈⲦⲀ ⲪⲞⲂⲞⲨ ⲐⲈⲞⲨ Ⲡ̀ⲢⲞⲤⲬⲰⲘⲈⲚ[59].

[ feuillet 8 verso ] — Et pendant cela, le prêtre, ou le patriarche, tenant le vase du Myron, dit :

ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲦⲞⲤ ⲔⲨⲢⲒⲞⲤ · Ⲓ̅Ⲥ̅ Ⲭ̅Ⲥ̅ Ⲩ̅Ⲥ̅ Ⲑ̅Ⲩ̅ · ⲈⲚ Ⲡ̀ⲚⲈⲨⲘⲀⲦⲒ ⲀⲄⲒⲞ · ⲀⲘⲎⲚ
Eulogitos Kurios Iēsous Christos, Huios Theou, en Pneumati hagiô, amēn.

« Béni soit le Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, dans l’Esprit Saint. Amen. »

Ils lui répondent ⲒⲤ ⲠⲀⲦⲢⲀ ⲀⲄⲒⲞⲤ[60]. Puis il verse un peu du Myron dans l’eau — une faible quantité, à l’extrême, ne fût-ce qu’une seule goutte, et bien légère — en forme de croix, en disant ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ, et après elle les trois [Personnes] ; et il scelle cela par ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ. Puis il essuie l’orifice du vase de son doigt — et il prend garde de n’y point toucher [d’eau], de peur qu’elle ne se fige — et il le remet à sa place[61].

[ feuillet 9 recto ] — Puis il agite l’eau de sa main en forme de croix, et il la lâche, en disant ⲀⲖ̅ ⲪⲈⲢⲆⲞⲚ ⲀⲖ̅ sur elle, ⲀⲖ̅, à leur choix. Puis il dit, après cela, les versets selon leur ordre, tirés du livre du baptistère — ⲠⲒϦⲢⲞⲨ Ⲙ̀ⲠⲞⲤ, Ⲫ̀Ϯ ⲤⲘⲞⲨ, ⲀϤⲈⲢⲘⲈⲐⲢⲈ Ⲛ̀ϪⲈ ⲒⲰⲀ̅, et la mélodie des fêtes ⲞⲨⲢⲀⲚ Ⲛ̀ϢⲞⲨϢⲞⲨ — et son verset, tiré du livre des psalmodies. Et pendant cela, on présente les baptisands, devant le patriarche ou le prêtre ; le diacre les reçoit des parrains et les remet au prêtre, par sa gauche. Et le prêtre les prend, et plonge chacun trois immersions, si l’enfant est robuste ; et à chaque immersion il souffle sur son visage ; et à chaque immersion il dit :

ϮⲰⲘⲤ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ ⲠⲀ … ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ · [ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ] · [ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ]
Ti-ôms em-mok pa [N.] khen p-ran em-Phiôt [nem p-Shēri] [nem pi-Pneuma ethouab].

« Je te baptise, ô N., au nom du Père [première immersion], et du Fils [deuxième], et du Saint-Esprit [troisième]. »

— et pour une fille, il dit ⲘⲀⲢⲒⲀⲘ [un tel nom][62]. Et si c’est un enfant, garçon ou fille, qui est délicat, il l’immerge deux immersions jusqu’à mi-corps, et la troisième complète. Et si l’enfant est faible, [il y va] avec précaution ; puis, avec précaution, il l’immerge trois [fois], de peur que l’enfant ne suffoque dans le baptistère, et que le prêtre n’encoure par lui un jugement très grave. Mais il le pose au bord du baptistère, et mouille ses mains, et l’humecte tout entier de l’eau. Et quand leur baptême à tous est achevé, il remet chacun d’eux à son parrain, par la droite. Puis il lave ses mains dans l’eau, à l’intérieur du baptistère ; et si [de l’eau] a rejailli aux alentours du baptistère, il la lave avec l’eau ; et de même la Croix, il la lave. Et il essuie ses mains, et lit l’oraison du déliement de l’eau, jusqu’à ce qu’il parvienne à l’endroit où il dit :

ⲈⲐⲢⲈⲔϢⲞⲨⲦⲈⲂ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲘⲞⲨ Ⲫ̀ⲀⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀Ⲩ̅ⲤⲒⲤ
Ethrek-shouteb em-pai-môou phai ente ph-physis.

« …afin que tu rassembles cette eau, qui est de sa nature. »

Et alors — premièrement — il verse dans le baptistère de l’eau ordinaire, en forme de croix, afin que l’eau revienne à sa première nature ; puis il achève le reste des oraisons jusqu’à leur fin[63].

[64]

❦   ⳨   ❦

 

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LE SCEAU DU SAINT MYRON

feuillets 10 recto à 11 verso

[ feuillet 10 recto ] — L’on prie sur le Myron[65], puis l’on signe les enfants, chacun de trente-six signes, à l’exemple de ce qui a été marqué plus haut pour le signe du galilaion ; et il signe en disant ce qui est écrit au livre du Baptême[66]. Il signe d’abord : le sommet de la tête, un ; les deux narines, deux ; la bouche, un ; l’oreille droite, un ; l’œil droit, un ; l’œil gauche, un ; l’oreille gauche, un — en tout, huit — et il dit :

ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲞⲨⲐⲰϨⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒϨⲘⲞⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲀⲘⲎⲚ
Khen p-ran em-Phiôt nem p-Shēri nem pi-Pneuma ethouab · ou-thôhs ente pi-hmot ente pi-Pneuma ethouab · amēn.

« Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Une onction de la grâce du Saint-Esprit. Amen. »

Il signe le cœur, un ; le creux de la poitrine, un ; le dos, un ; l’échine, un — en tout, douze — et il dit :

ⲞⲨⲐⲰϨⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲞⲨⲀⲢⲎⲂ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲘⲈⲦⲞⲨⲢⲞ Ⲛ̀ⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ · ⲀⲘⲎⲚ
Ou-thôhs ente ou-arēb ente ti-metouro en-ni-phēoui · amēn.

« Une onction du gage du royaume des cieux. Amen. »

[ feuillet 10 verso ] — Il signe l’attache de l’épaule droite, par-dessus, un ; l’aisselle au-dessous, un ; l’attache du coude droit et son avant-bras, deux ; l’attache du poignet droit et son dessus, deux — six — en tout, dix-huit — et il dit de même :

ⲞⲨⲐⲰϨⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲞⲨⲘⲈⲦϢⲪⲎⲢ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲞⲨⲰⲚϨ Ⲛ̀ⲈⲚⲈϨ ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲀⲦⲘⲞⲨ · ⲀⲘⲎⲚ
Ou-thôhs ente ou-met-shphēr ente ou-ônh en-eneh ouoh en-atmou · amēn.

« Une onction de la communion d’une vie éternelle et immortelle. Amen. »

Il signe l’attache de l’épaule gauche, un ; l’aisselle au-dessous, un ; l’attache du coude gauche, un ; son avant-bras, un ; l’attache du poignet gauche, un ; son dessus, un — six — en tout, vingt-quatre — et il dit de même :

ⲞⲨⲐⲰϨⲤ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲬⲤ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ · ⲚⲈⲘ ϨⲒⲔⲀ ⲞⲨⲤⲪⲢⲀⲄⲒⲤ Ⲛ̀ⲀⲦⲰⲖⲈⲂ · ⲀⲘⲎⲚ
Ou-thôhs ef-ouab ente Pikhristos pennouti · nem hika ou-sphragis en-atôleb · amēn.

« Une onction sainte du Christ notre Dieu, et tel un sceau indéfectible. Amen. »

Il signe l’attache de la hanche droite, un ; l’aine droite, un ; l’attache du genou droit, un ; son dessus, un ; le jarret de la jambe droite, un ; son dessus, un — six — en tout, trente — et il dit :

Ⲡ̀ϪⲰⲔ ⲈⲂⲞⲖ Ⲙ̀ⲠⲒϨⲘⲞⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲚⲈⲘ ϨⲒⲔⲀ ϮϨⲈⲖⲠⲒⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲚⲀϨϮ Ⲙ̀ⲘⲎⲒ · ⲀⲘⲎⲚ
P-djôk evol em-pi-hmot ente pi-Pneuma ethouab · nem hika ti-helpis ente pi-nahti em-mēi · amēn.

« L’accomplissement de la grâce du Saint-Esprit, et tel un gage de la vraie foi. Amen. »

Il signe l’attache de la hanche gauche, un ; l’aine gauche, un ; l’attache de la hanche gauche, un ; son avant-bras, un ; l’attache du jarret de la jambe gauche, un ; son dessus, un — en tout, trente-six — et il dit de même :

ⲤⲈⲐⲰϨⲤ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ Ⲡ̀ⲚⲒⲘ Ⲛ̀ⲞⲨⲚⲈϨ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲀⲘⲎⲚ
Se-thôhs emmok p-nim en-ouneh ethouab · khen p-ran em-Phiôt nem p-Shēri nem pi-Pneuma ethouab · amēn.

« Tu es oint de tout chrême saint, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen. »

Et lorsque cela est achevé pour chacun d’eux, il dit sur lui cette oraison en son entier, jusqu’à l’endroit où il dit ⲞⲒ ⲚⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ[67], jusqu’à sa parole ⲈⲔⲈϢⲰⲠⲒ ⲈⲔⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ : il souffle sur son visage en forme de croix — le souffle de l’Esprit Saint[68] — et il achève les oraisons. Et il le revêt d’un vêtement blanc, lui et son écharpe[69]. Ainsi jusqu’à ce que soit achevée [l’onction de] tous les enfants. Puis il prie sur les couronnes ; puis il ceint leur taille de la ceinture, et la dispose sur leurs épaules en forme de croix, et place les couronnes sur la tête, à chacun d’eux[70], en disant :

ⲆⲞⲜⲀ ⲔⲈ ⲦⲒⲘⲒ ⲔⲈ Ⲥ̀ⲦⲀⲪⲈⲚⲎ · ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒ · Ⲟ Ⲩ̀ⲒⲞⲤ ⲤⲦⲈⲪⲒ · ⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲀⲄⲒⲞⲚ ⲀⲄⲒⲀⲌⲒ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅
Doxa ke timi ke stephanē · Patēr eulogi, ho Huios stephi, to Pneuma hagion hagiazi · axios.

« Gloire, et honneur, et couronne : le Père bénit, le Fils couronne, l’Esprit Saint sanctifie. Il en est digne. »

Puis ils chantent ⲀⲔϬⲒ Ⲧ̀ⲬⲀⲢⲒⲤ Ⲙ̀ⲘⲞⲨⲎⲤⲎⲤ. Et voici les pièces que l’on récite sur les néophytes[71] :

ⲀⲔϬⲒ Ⲧ̀ⲬⲀⲢⲒⲤ ⲔⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲐⲞⲤ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲒⲎⲤ ⲠⲬⲤ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲞⲒ ⲚⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ · Ⲱ Ⲫ̀Ⲏ ⲈⲦⲀϤϬⲒⲰⲘⲤ · ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀Ϯ
Ak-tchi t-charis ke eulogithos · hiten penchois Iēsous Pikhristos · axios · oi nou-Pneuma ef-ouab · ô phē etaf-tchiôms · oi en-ou-Pneuma ente Ephnouti.

« Tu as reçu la grâce et la bénédiction par notre Seigneur Jésus-Christ. Il en est digne. Ô Esprit saint, ô toi qui fus baptisé… ô Esprit de Dieu… »

[ feuillet 11 recto ] — Ils poursuivent :

ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̀ⲐⲈⲖⲎⲖ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ ⲈⲘⲘⲀⲚⲞⲨⲎⲖ · ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲘⲈϨ Ⲛ̀ⲰⲞⲨ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲬⲤ Ⲡ̀ⲞⲨⲢⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̀ⲰⲞⲨ · ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̀ⲢⲀϢⲒ · ϨⲒⲦⲈⲚ Ⲡ̀ⲞⲨⲢⲞ ⲠⲒⲈⲢϢⲒϢⲒ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅
Oi en-ou-Pneuma ente p-thelēl · hiten pennouti Emmanouēl · oi en-ou-Pneuma ethmeh en-ôou · hiten Pikhristos p-ouro ente p-ôou · oi en-ou-Pneuma ente p-rashi · hiten p-ouro pi-ershishi · axios.

« Ô Esprit de l’allégresse, par notre Dieu Emmanuel ; ô Esprit tout rempli de gloire, par le Christ le Roi de gloire ; ô Esprit de la joie, par le Roi très-glorieux. Il en est digne. »

ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲒⲦⲞⲤ · ⲈϤⲘⲈϨ Ⲙ̀ⲠⲒⲦⲞⲨⲂⲞ ⲔⲀⲖⲰⲤ · ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲀⲄⲄⲈⲖⲒⲔⲞⲚ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒⲔⲞⲚ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅
Oi en-ou-Pneuma em-paraklitos · ef-meh em-pi-touvo kalôs · oi en-ou-Pneuma en-angelikon · nem ou-Pneumatikon · axios.

« Ô Esprit Paraclet, tout rempli de pureté excellente ; ô Esprit angélique et spirituel. Il en est digne. »

ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲬⲖⲞⲘ ⲈⲦⲤⲈⲖⲤⲰⲖ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲤⲪⲢⲀⲄⲒⲤ Ⲛ̀ⲀⲦⲂⲰⲖ ⲈⲂⲞⲖ · ⲞⲨⲬⲖⲞⲘ Ⲛ̀ⲚⲞⲨⲂ · ⲞⲨⲬⲖⲞⲘ Ⲛ̀ϨⲎⲦ · ⲞⲨⲬⲖⲞⲘ Ⲛ̀ⲞⲨⲚⲒ Ⲙ̀ⲀⲢⲄⲀⲢⲒⲦⲎⲤ · ϪⲈ ⲀⲖⲖⲒⲀⲖⲞⲨⲀ ⲔⲈ ⲀⲖⲖⲒⲀⲖⲞⲨⲀ ⲀⲖⲖⲒⲀⲖⲞⲨⲀ · ⲠⲀⲒ Ⲱ̀ⲞⲨ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ ⲠⲈ
Oi en-ou-chlom etselsôl · nem ou-sphragis en-atvôl evol · ou-chlom en-noub · ou-chlom en-hēt · ou-chlom en-ouni em-margaritēs · dje allialoua ke allialoua allialoua · pai ôou pennouti pe.

« Ô couronne qui pare, et sceau qu’on ne saurait dénouer : couronne d’or, couronne précieuse, couronne de perles ! Car alléluia, et alléluia, alléluia : telle est la gloire de notre Dieu. »

— et c’est achevé. —

[ feuillet 11 verso ] — Et quand la pose des couronnes est achevée, le prêtre dit, parmi les pièces, celles de l’Axios, et le reste des oraisons pour le service du baptistère. Et quand tout cela est achevé, ils disent :

ϨⲀⲚⲬⲖⲞⲘ Ⲛ̀ⲀⲦⲖⲰⲘ · ⲀϤⲦⲎⲒⲦⲞⲨ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲞⲤ · ⲈϪⲈⲚ ⲠⲒⲰⲘⲤ Ⲉ̅Ⲑ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲒⲎⲤ ⲠⲬⲤ Ⲡ̀ⲞⲨⲢⲞ · ⲬⲰⲢⲈⲂⲞⲖ Ⲛ̀ⲚⲒⲬⲀ… ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ
Han-chlom en-atlôm · af-tēitou endje Pchois · edjen pi-ôms ethouab ente Iēsous Pikhristos p-ouro · chôrevol en-ni-cha… ten-ouôsht.

« Des couronnes qui ne se flétrissent point, le Seigneur les a données, sur le saint baptême de Jésus-Christ le Roi… Nous t’adorons. »

Et après cela, le prêtre lit la Recommandation[72], et après elle ils disent Kyrie eleison ; et il scelle cela par la lecture de la Bénédiction, et ils commencent le service de la Liturgie, selon la coutume.

[ feuillet 12 recto ] — Et après qu’on les a baptisés, qu’on ne les nourrisse ni ne les abreuve, jusqu’à ce que la Liturgie soit achevée. Et l’on fait communier les baptisés avant tout le peuple, au temps de la communion[73]. Et après la Liturgie, et son congé, l’on allume les cierges, et l’on porte les baptisés hors de l’église, cependant qu’ils chantent, au son des cymbales, ⲦⲀⲖⲒⲐⲈⲀ † ; et si c’est la Cinquantaine, Ⲭ̀ⲢⲒⲤⲦⲞⲤ ⲀⲚⲈⲤⲦⲒ. Et lorsqu’ils parviennent à la porte du chœur, ils chantent devant eux ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ, et après elle ils scellent par ⲈϤⲈⲤⲘⲞⲨ ⲈⲢⲞⲚ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲫ̀Ϯ. Et le prêtre lit la Bénédiction, et les renvoie à leurs demeures en paix, jusqu’au jour du déliement de la ceinture. Les prêtres et le diacre se réunissent, et délient la ceinture des néophytes, et ils s’en vont à leurs demeures en paix. Et à notre Seigneur la gloire, perpétuelle et éternelle. Amen.

[74]

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LE DÉLIEMENT DE LA CEINTURE

feuillets 12 recto

[ feuillet 12 recto ] — Au premier jour, s’il le faut, ou le troisième jour, ou le cinquième, ou le huitième, ou un autre[75]. L’on dispose un bassin, et l’on y verse un peu d’eau ; et l’on place la croix au-dessus ; et l’on dresse tout autour des cierges allumés[76]. Et le prêtre dit le Notre-Père[77] ; et il élève l’encens avec l’oraison de l’encens de l’Épître[78] ; et ils chantent Kyrie eleison ; et après cela :

ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ
Ten-ouôsht em-Phiôt.

« Nous adorons le Père… »

selon la coutume ; et après elle Kyrie eleison ; l’Alléluia[79], et le Notre-Père, et le Psaume cinquante[80] ; et après lui, si l’occasion le requiert :

ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ
Tai-shourē.

« Cet encensoir… »

et après elle :

ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ
Ten-ouôsht emmok.

« Nous t’adorons… »

et il élève[81]

 

 

— Ici le feuillet suivant fait défaut dans la reproduction qui nous a servi : la suite et la conclusion du rite n’y figurent point, et nous ne saurions les suppléer. —

 

[82]

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LE POÈME DES SAINTS CANONS

feuillets 127 recto et verso

[ feuillet 127 recto ] — Au nom de Dieu le Fort. Poème tiré des saints canons, touchant ce qui incombe au prêtre dans le Baptême[83] :

1.   Ô toi qui réponds, devant la Loi,
      des âmes des enfants de l’Église ;

2.   si l’on t’amène un enfant que menace une mort prochaine,
      et que ce jour-là tu sois engagé dans le jeûne :

3.   hâte-toi, et baptise-le, et tiens ce Baptême pour ferme ;
      et présente-toi à l’église le lendemain, offre et communie sans nulle résistance.

4.   Mais garde-toi de l’immerger par trois immersions ;
      verse-lui plutôt l’eau du Baptême par trois fois.[84]

5.   Que si l’enfant vient à mourir, après ou avant,
      ne t’en émeus point : prends-en un autre, et recommence par le premier ;

6.   et sache qu’il lui est compté pour Baptême,
      et qu’il a obtenu le salut par la fermeté de l’intention.[85]

7.   Que s’il meurt encore après l’onction du Myron, sans l’oblation,
      sache qu’il est accompli, et que la justice de la foi lui est comptée.[86]

8.   Et après cela, si tu trouves un prêtre autre que toi pour consacrer l’oblation ce jour-là,
      laisse-le faire, et qu’il communie l’enfant ; et il n’y a sur toi nul blâme.

9.   Et si l’on t’amène un enfant qu’on veut baptiser avant la purification de sa mère,
      baptise-le sans délai, fût-il né du jour.[87]

10.   Et commande qu’en ta présence sa mère ne l’allaite point,
      mais qu’une nourrice l’allaite trois jours ;

11.   et s’il ne se trouve point de nourrice pour trois jours,
      qu’on délie sa ceinture au déclin de ce jour-là,

12.   et que sa mère l’allaite à l’entrée de la nuit, et il n’y a sur elle nul blâme,
      la nécessité dispensant de quelque rigueur.

13.   Et baptise-le, fût-il sans excuse ;
      car telle est la Loi qui est commandée.

14.   Et qu’il ne s’arrête jamais à la circoncision ;
      car ce n’est point une obligation, mais une coutume reçue et approuvée.[88]

15.   Car la circoncision des enfants, chez les Coptes,
      est une coutume du pays, à laquelle ils se sont liés du plus ferme lien.

16.   Et si l’on t’amène une femme enceinte, baptise-la promptement, ô fidèle ;
      et cela lui est compté, mais non à l’enfant qu’elle porte.

17.   Et garde-toi de baptiser celle qui rit ;
      diffère-le plutôt jusqu’à ce qu’elle soit purifiée, fût-elle de royale extraction.[89]

18.   Et si l’on t’amène un esclave, ou une servante, pour les baptiser dans l’eau du Baptême,
      fais savoir en secret à leurs maîtres qu’ils sont affranchis par la naissance spirituelle.[90]

19.   Et garde-toi de tarder en rien de cela,
      de peur d’être, devant ton Créateur, perdu au jour du Jugement.

20.   Que si tu t’empresses et te hâtes, tes péchés te seront remis,
      et tu recevras de ton Seigneur les plus excellents dons.

21.   Et priez tous, pour celui qui l’a composé, le pardon,
      afin qu’il obtienne, par vos demandes, les délices du siècle à venir.[91]

❦   ⳨   ❦

Et la louange soit à Dieu, à jamais. Amen.

[92]

❦   ⳨   ❦

 

 

✦   ❖   ✦

Chapitre quatrième

LE MARIAGE

Les noces bénies et leurs degrés

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L’ekleel et l’entrée des époux · le retrait des couronnes au septième jour · l’ordre des veufs

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LE COURONNEMENT NUPTIAL

feuillets 13 verso à 15 recto

Le rite du couronnement

[ feuillet 13 verso ] — Au nom de la Trinité sainte. Nous copions l’ordre du contrat des fiançailles[93], pour le premier mariage et pour le second, lorsque l’un des [époux] est vierge.

Telle est la coutume. Après la prière de minuit, et la prière du matin, le fiancé vient de sa maison, avec sa famille, ses proches et ses compagnons ; et les prêtres de l’église vers laquelle il a voulu se diriger le reçoivent à la porte de l’église — eux et les diacres — avec les cierges et les cymbales. Et si l’un d’eux sait chanter la mélodie du fiancé, il la chante ; et c’est celle-ci :

ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ Ⲟ ⲈⲢⲬⲰⲘⲈⲚⲞⲤ ⲘⲀⲦⲀⲦⲒⲤ · ⲦⲀϪⲒⲤ ⲀⲄⲄⲈⲖⲞⲚ · ⲀⲖ ⲀⲖ ⲔⲈ ⲀⲖ
Eulogimenos ho erchomenos [kata tis] · taxis angelôn · al, al, ke al.

« Béni soit celui qui vient… selon l’ordre des anges. Alléluia, alléluia, et alléluia. »

Ils la disent, debout à la porte de l’église, jusqu’à sa fin[94]. Puis ils commencent par la lecture de ⲠⲬⲤ ⲠⲒⲖⲞⲄⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀ⲒⲰⲦ[95] (« le Christ, le Verbe du Père ») sur la mélodie de la Croix, jusqu’à ce qu’ils le conduisent au lieu du contrat des fiançailles. Et s’ils ne savent point chanter cela, ils disent :

ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲈⲐⲚⲞⲤ
Ti-galilea ente ni-ethnos.

« La Galilée des nations… »

Puis ils sortent recevoir l’épouse, elle aussi, à la porte de l’église, avec les cierges et les cymbales, par la lecture de ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ ⲘⲀⲢⲒⲀ (« Salut à toi, Marie ») tirée de la psalmodie[96], jusqu’à ce qu’elle entre dans la maison des femmes. Ils entrent au chœur ; et si l’un des prêtres est celui qui couronne, il découvre sa tête, [revêtu] de la tunique

[ feuillet 14 verso ] — et du pallium ; et le diacre de même. Et si le père patriarche est présent, c’est lui qui contracte les fiançailles ; ils vont le quérir de la cellule avec les cierges, jusqu’au chœur. Et l’on place devant lui un plateau, sur l’évangéliaire, où sont la robe du fiancé, et la ceinture, et un voile blanc, et la croix, et l’anneau, et l’encens[97]. Et le seigneur père patriarche découvre sa tête, selon la coutume. Et si l’on a fait pour le fiancé un burnous, il en change : il ôte le burnous avec lequel il est descendu de la cellule, et revêt le burnous du fiancé.

Et il commence par le Notre-Père[98], et élève l’encens avec l’oraison de l’épître ; et ils chantent le grand Kyrie eleison ; et après lui ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ; et après lui ⲬⲈⲢⲈ ϮⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ (« Salut à toi, l’Église ») au son des cymbales ; et après lui, pour la Vierge, ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ ; et après lui ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲀ pour le patriarche ; et ils achèvent ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ. Et les prêtres donnent au père patriarche l’encens, selon la coutume. Et ils disent Kyrie eleison, l’Alléluia, « Doxa Patri », et le Notre-Père, et le Psaume cinquante jusqu’à sa fin.

[ Ils disent ] ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ pour l’épître, une main [d’encens] ; et l’on lit l’épître de saint Paul en copte, et le prêtre fait le tour du chœur avec l’encens, en particulier ; puis l’épître est interprétée en arabe. Et l’on dit l’Agios[99] trois fois, et « Doxa Patri ». Et le père patriarche, ou le prêtre, dit l’oraison de l’Évangile ; puis l’on entonne le Psaume, et l’on fait le répons. Et si le père patriarche est présent, ils disent après le Psaume ⲘⲀⲢⲞⲨϢⲀⲤϤ ; et le père patriarche lit l’Évangile. Et c’est ici le Psaume[100] :

ⲞⲨⲚⲀⲒ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲘⲈⲐⲘⲎⲒ ⲀⲨⲒ ⲈⲂⲞⲖ ⲈϨⲢⲈⲚ ⲚⲞⲨⲈⲢⲎⲞⲨ · ⲞⲨⲆⲒⲔⲈⲞⲤⲨⲚⲎ ⲚⲈⲘ ⲞⲨϨⲒⲢⲎⲚⲎ ⲀⲨϢⲈⲂⲦⲰ ⲦⲞⲨ Ⲛ̀ⲚⲞⲨⲈⲢⲎⲞⲨ · ϮⲘⲈⲐⲘⲎⲒ ⲀⲤϢⲀⲒ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲔⲀϨⲒ · ϮⲆⲒⲔⲈⲞⲤⲨⲚⲎ ⲀⲤϪⲞⲨϢⲦ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ Ⲧ̀ⲪⲈ · ⲀⲖ
Ou-nai nem ou-methmēi aui ebol ehren nou-erēou · ou-dikeosunē nem ou-hirēnē au-shebtô tou en-nou-erēou · ti-methmēi as-shai ebol khen p-kahi · ti-dikeosunē as-jousht ebol khen t-phe · al.

« La miséricorde et la vérité se sont rencontrées ; la justice et la paix se sont embrassées. La vérité a germé de la terre, et la justice s’est penchée du haut du ciel. Alléluia. »

Et après le Psaume, le prêtre ancien dit l’Évangile en copte, et le diacre l’interprète en arabe ; et l’on répond à l’Évangile, sur la mélodie de la Croix, par :

ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲒⲘⲀⲚϢⲈⲖⲈⲦ ⲈⲦⲤⲈⲖⲤⲰⲖ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲐⲞ Ⲛ̀ⲢⲎϮ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲚⲈⲘⲪⲒⲞⲤ Ⲙ̀ⲘⲎⲒ
Chere pi-manshelet etselsôl khen ou-tho en-rēti ente pi-nemphios em-mēi.

« Salut à toi, ô chambre nuptiale, parée à la manière du véritable Époux, qui s’est uni à la nature humaine… »

Et si le patriarche est présent, ils disent après cela ⲀⲢⲒⲠ̀ⲢⲈⲤⲂⲈⲨⲒⲚ ⲈϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲞⲚ (« Intercède pour nous ») ; et sinon, ils disent ⲰⲤⲀⲨⲦⲞⲤ pour la Vierge. Et après cela ils disent les trois répons ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« il est béni »), les grandes oraisons, la Paix, le Pape, l’Assemblée et le Symbole de la foi ; et ils disent Kyrie eleison trois fois.

Le prêtre dit la première oraison jusqu’à sa fin en copte ; et ils lui répondent : « Ô Père, le Fils unique Dieu, donne-nous ta paix, celle qui est pleine de toute joie. » Et ils disent Kyrie eleison trois fois. Puis le prêtre dit la Paix de nouveau, et la deuxième oraison en copte ; et ils répondent comme à la première : « Comme tu l’as établi pour tes saints Apôtres, daigne nous dire de même : Ma paix, je vous la donne. » Et de nouveau Kyrie eleison trois fois ; et le prêtre dit la Paix, et la troisième oraison ; et ils répondent : « Ma paix, celle que j’ai reçue de mon Père, je vous la donne, dès maintenant et jusqu’aux siècles »[101].

Puis le prêtre dit la Paix de nouveau, la quatrième oraison, qui est une action de grâces ; et après elle ils disent le Notre-Père ; et le prêtre dit ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Oui, Seigneur »), et si le patriarche est présent, il dit Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« C’est toi, Seigneur ») ; et l’absolution du Fils ; et il élève la croix sur la tête du fiancé jusqu’à ce que l’absolution soit achevée ; et ils disent Kyrie eleison vingt-quatre fois[102].

Puis le prêtre dit la Paix de nouveau ; et le parrain déploie la robe, et le patriarche, ou le prêtre, prie sur elle son oraison jusqu’à sa fin ; il en revêt le fiancé, lui ceint les reins de la ceinture, lui couvre la tête du voile blanc, et lui met l’anneau à la main droite. Et si le père patriarche est présent, au moment de revêtir la robe, ils chantent ceci sur la mélodie de la Croix :

ϮⲤⲦⲞⲖⲎ Ⲙ̀Ⲡ̀ⲚⲈⲨⲘⲀⲦⲒⲔⲞⲚ · ⲀⲨⲦⲎ ϨⲒⲰⲦϤ · ⲦⲰⲂϨ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅
Ti-stolē em-pneumatikon · au-tē hiôtf · tôbh em-Epchois.

« La robe spirituelle… on l’en a revêtu… prie le Seigneur… »

et après cela ils disent ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ jusqu’à sa fin. Le père patriarche met sa coiffe, lit la bénédiction, bénit le fiancé, et se retire pour se reposer[103].

Et ils commencent par cette mélodie, tandis qu’ils marchent avec les cierges et les cymbales, vers la maison du couronnement. Et si le patriarche n’est point présent, l’on ne dit pas ϮⲤⲦⲞⲖⲎ, mais l’on dit seulement ⲀⲘⲞⲨ ⲦⲈⲔⲚⲀⲨ(« Viens, et vois »). Et c’est ici la mélodie que l’on chante — une louange de la véritable Épouse, la Mère de Dieu :

ⲀⲘⲞⲨ ⲦⲈⲔⲚⲀⲨ ⲈⲦⲀⲒϢⲈⲖⲈⲦ ⲈⲦⲀϤⲤⲈⲖⲤⲰⲖ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ
Amou teknau etai-shelet etaf-selsôl emmos.

« Viens, et vois cette Épouse, qu’il a parée… »

Et lorsque le prêtre entre dans la maison du couronnement, il prend le fiancé seul, et va vers le lieu où l’épouse est assise ; et il lui ordonne de lui passer, à la main droite, l’anneau d’or sur lequel le couronnement a été contracté. Et si elle tend la main et reçoit la croix du contrat, c’est là son consentement au fiancé. Puis il la remet à lui, et ordonne aux parrains de la faire avancer devant l’assemblée, et la place à la droite du fiancé ; et il couvre leurs deux têtes du voile blanc. Et cela est un témoignage, pour tous les assistants, de leur union l’un à l’autre — union manifeste, pure et chaste.

Et si le patriarche le veut, il envoie le burnous, dont se revêt le prêtre chargé du couronnement. Et il commence par le Notre-Père, élève l’encens avec l’oraison de l’encens de l’épître, lit l’épître de saint Paul en copte et l’interprète en arabe, et fait spécialement le tour de la maison du couronnement avec l’encens. Et après l’interprétation de l’épître, l’on dit l’Agios trois fois, le « Doxa Patri », l’oraison de l’Évangile, le Psaume et l’Évangile. Puis le prêtre dit les demandes vers l’Orient, jusqu’à l’endroit où il bénit ce mariage ; il se tourne alors vers l’Occident ; et chaque fois qu’il prononce le nom du fiancé et de l’épouse, il les marque du signe de la croix[104].

Puis l’on dit les trois petites oraisons : la Paix, le Pape, l’Assemblée et le Symbole ; et ils chantent Kyrie eleison trois fois ; et le prêtre dit la première oraison vers l’Orient en copte, puis la deuxième, puis la troisième vers l’Occident, en copte ou en arabe ; et il poursuit par l’oraison de l’inclination jusqu’à sa fin.

Le diacre dit Kyrie eleison ; et le prêtre prie sur le vase d’huile jusqu’à la fin de l’oraison, puis il oint le fiancé et l’épouse. Puis il prie sur les couronnes ; et au moment où il pose la couronne sur la tête du fiancé, il dit :

ⲆⲞⲜⲀ ⲔⲈ ⲦⲒⲘⲎ
Doxa ke timē.

« Gloire et honneur l’ont couronné. Le Père bénit, le Fils couronne, et le Saint-Esprit accomplit. »

Puis l’un des prêtres dit une pièce, et les assistants répondent : ⲀⳄⲒⲞⲤ (« Il en est digne »). Et viennent les bénédictions : « Ô toi qui as béni notre père Adam et Ève, Abraham, et Moïse au pays de Madian, bénis ce fiancé et son aide par ton grand Nom » ; puis : « Ô toi qui as béni Isaac le bien-aimé, Abel le juste, Salomon et David son père, bénis celui-ci par ton saint Nom » ; puis : « Ô toi qui as béni Jacob, Ésaü, et Job le juste, et qui l’as béni sept fois. »

Puis il pose la couronne sur la tête de l’épouse, et dit des pièces semblables : « Ô toi qui as béni notre père Abraham et Sara, Isaac et Rébecca, Jacob et Rachel, Joseph et Aseneth, Zacharie et Élisabeth, Joachim et Anne la bénie, bénis cette union et cette épouse par ton saint Nom. » Et les pièces se poursuivent par l’invocation de Michel, Gabriel, Raphaël et Souriel, des quatre Vivants incorporels, des vingt-quatre Vieillards, des Chérubins et des Séraphins ; puis des Apôtres, des martyrs et des saints — Pierre et Paul, saint Georges, Théodore, Mercure, Ménas, Victor, et les autres[105].

Et quand les pièces de l’Agios sont achevées, l’on chante un hymne particulier :

ϨⲀⲚⲬⲖⲞⲘ Ⲛ̀ⲀⲦⲖⲰⲘ
Hân-khlom en-at-lôm.

« Des couronnes qui ne se flétrissent point… »

qui contient une prière pour le fiancé et l’épouse, demandant pour eux la lumière et la bénédiction dans la demeure qui leur est préparée[106].

Puis l’on dit « Saint, Saint », et l’absolution du Fils ; et le signe de la croix est tracé sur la tête du fiancé et de l’épouse, et sur leurs mains — comme Jacob-Israël croisa les mains sur la tête des deux fils de Joseph[107]. Et après l’absolution du Fils, le prêtre prononce l’exhortation vers l’Orient ; puis il dit vers l’Occident : « La paix de notre Seigneur Jésus-Christ » ; et au moment de la remise, il remet l’épouse au fiancé, et l’exhorte.

Le prêtre dit : « Il t’incombe, ô frère fiancé, fils béni… » jusqu’aux mots : « … et que ta fin soit bonne en ce monde et dans l’autre » ; puis : « Et toi, ô sœur, fille bénie et bienheureuse… » jusqu’à la fin de l’exhortation ; et au moment de la prière, tous répondent : Amen.

Et lorsque l’exhortation est achevée, il élève la croix ; l’on dit Kyrie eleison, et l’on chante le canon ; et pendant ce temps le prêtre trace la croix sur les têtes des époux, comme à l’absolution du Fils. Puis il bénit l’épouse, et la laisse se retirer pour se reposer ; et il remet la croix entre les mains du fiancé. On le place vers l’Orient, les cierges en main ; puis l’on se rend vers la porte de l’église avec les cierges, jusqu’à l’entrée du sanctuaire ; et l’on commence le service de la divine Liturgie. Et si le fiancé est diacre et prêt à servir, il sert et porte le calice ; et au moment du répons de l’Évangile de la Liturgie, l’on chante le répons des noces de Cana en Galilée[108].

Et voici ce répons, que l’on chante au son des cymbales :

ⲀⲔⲞⲨⲰⲦⲈⲂ Ⲙ̀ⲘⲰⲞⲨ ⲈⲞⲨⲎⲢⲠ ⲈⲦⲤⲰⲦⲠ · ⲈⲂⲞⲖϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲈⲔⲚⲒϢϮ Ⲛ̀ⲰⲞⲨ · ϦⲈⲚ Ⲛ̀ϨⲞⲠ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲔⲀⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ
Ak-ouôteb emmôou e-ouērp etsôtp · ebol-hiten pek-nishti en-ôou · khen ni-hop ente Kana ente Ti-galilea.

« Tu as changé l’eau en vin de choix, par ta grande gloire, aux noces de Cana en Galilée. »

Et lorsque la Liturgie est achevée, l’on conduit d’abord l’épouse — au chant de ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ ⲘⲀⲢⲒⲀ (« Salut à toi, Marie ») — jusqu’à la porte de l’église ; et le fiancé, on le tient debout devant la porte du chœur, et l’on chante devant lui l’hymne ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ (« Béni soit celui qui vient »), et après elle ⲈϤⲈⲤⲘⲞⲨ ⲈⲢⲞϤ (« il sera béni ») ; et s’il reste du temps, l’on chante lentement ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ jusqu’à la porte de l’église. Et après cela ils s’en vont en paix à leurs demeures : que le Seigneur leur en fasse une heure bénie[109].

Achevé et accompli.

[110]

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LE RETRAIT DES COURONNES

feuillets 25 recto et verso

Au nom de Dieu le Fort

[ feuillet 25 recto ] — Nous copions l’ordre du retrait de la couronne de dessus la tête des époux, la nuit du septième jour[111].

Et c’est aussi l’ordre de l’absolution de l’épouse après quarante jours ; l’ordre est un seul, et les sections seules diffèrent. D’abord, le retrait de la couronne : la nuit du septième jour, les prêtres s’assemblent ; l’on fait tenir debout l’épouse et le fiancé, et l’on pose sur leurs têtes, en croix, les couronnes. Quant à l’absolution, après les quarante jours, pour l’épouse en particulier, elle se fait dans l’église, dans la maison des femmes. L’ordre, à partir d’ici, est un seul et même.

Le prêtre commence par le Notre-Père, et élève l’encens avec l’oraison de l’encens de l’épître ; et ils chantent Kyrie eleison. Et après cela ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ[112] (« Nous adorons le Père »), et ils disent Kyrie eleison, l’Alléluia du « Doxa Patri », le Notre-Père, et le Psaume cinquante jusqu’à sa fin ; puis l’Alléluia, et le prêtre dit ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ ; et après lui ils chantent ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ sur la mélodie de l’encens, tandis que le prêtre élève l’encens de l’épître et fait le tour, durant la lecture, en encensant le peuple[113].

Et après ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ, ils chantent ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ ; et l’épître de saint Paul est lue en copte et interprétée en arabe ; et l’on dit l’Agios trois fois, et le « Doxa Patri » ; et après lui ⲪⲚⲀⲨ Ⲙ̀ⲠⲒⲤⲘⲞⲨ ⲠⲈ (« c’est le temps de la bénédiction »), et l’oraison de l’Évangile ; et l’on entonne le Psaume, et l’on fait le répons — ou, si l’on est dans la sainte Cinquantaine, l’on répond le « Pi-Alléluia ». Et le prêtre lit l’Évangile en copte, et le diacre l’interprète en arabe ; et l’on répond, sur la mélodie de la Croix, ϢⲈⲢⲈ ⲠⲒⲘⲀⲚϢⲈⲖⲈⲦ (« Salut à toi, ô chambre nuptiale »). Et le prêtre dit les trois oraisons : la Paix, le Pape, l’Assemblée et le Symbole ; et après elles le Notre-Père.

Et le prêtre dit ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et après cela Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et l’absolution du Fils. S’il s’agit du retrait de la couronne, ils disent Kyrie eleison ; et s’il s’agit de l’absolution de l’épouse après quarante jours, le prêtre l’oint de l’huile, tandis qu’ils chantent ⲀⲔⲐⲰϨⲤ Ⲛ̀ⲦⲈⲔⲀⲪⲈ. Il élève la croix, et ils disent Kyrie eleison ; et après cela la Bénédiction et le Canon ⲬⲈⲢⲈ ϮϢⲈⲖⲈⲦ(« Salut à toi, ô épouse »), et après lui ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ au son de la cymbale, jusqu’à sa fin ; et il scelle par la Bénédiction, et congédie les assistants dans la paix du Seigneur. Amen[114].

Achevé et accompli, avec l’aide de Dieu.

[115]

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LE SECOND MARIAGE

feuillets 31 recto à 135 verso

[ feuillet 31 recto ] — L’ordre du second mariage — car il n’a point été écrit à sa place[116].

Si l’un d’eux est vierge, le contrat et le couronnement se font selon l’ordre du premier mariage, sans addition ni retranchement ; sauf que la couronne n’est posée que sur la tête du vierge, et non sur l’autre. Et si les deux époux sont l’un et l’autre déjà mariés, voici l’ordre :

Dès l’entrée, lorsqu’on introduit le fiancé dans le chœur, l’on chante ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ[117] ; à la fin, on le fait tenir en sa place. L’on présente au prêtre la robe avec le parrain ; le prêtre la reçoit de lui et la marque du signe de la croix, tandis qu’on chante, sur la mélodie des époux, ⲀⲘⲞⲨ ⲦⲈⲚⲚⲀⲨ (« Viens, et vois ») ; et l’on revêt le fiancé de la robe. Les cierges et les cymbales en main, ils entrent dans la maison du couronnement ; et le prêtre remet le fiancé à l’épouse, les fait tenir en leur place, et couvre leurs têtes du voile.

Et l’on commence par le Notre-Père ; le prêtre élève l’encens, comme de coutume, avec l’oraison de l’épître ; et ils chantent Kyrie eleison. Et après cela ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ ⲈⲢⲞⲔ ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ (« Nous t’adorons, afin de te louer ») au son de la cymbale, jusqu’à la fin. Puis l’on dit Ⲕ̅Ⲉ̅ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ, l’Amen, l’Alléluia, le « Doxa Patri », et ⲪϮ ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲚ (« Ô Dieu, aie pitié de nous ») jusqu’à la fin ; et l’on dit Kyrie eleison trois fois. Puis l’on chante ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ, et après lui ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ sur la mélodie de l’épître ; et l’épître de saint Paul est lue en copte, puis l’Agios trois fois, et le diacre l’interprète en arabe ; et l’on répond par ce répons, ϢⲈⲢⲈ ⲠⲒⲘⲀⲚϢⲈⲖⲈⲦ. Et le prêtre dit l’oraison qui se dit après l’Évangile dans le premier couronnement[118].

Et l’on répond sur lui, à chaque demande, Kyrie eleison ; et après cela les petites oraisons : la Paix, les Pères, l’Assemblée et le Symbole ; et après cela la prière prescrite dans la seconde absolution, jusqu’à sa fin. L’on chante ⲀⲔⲐⲰϨⲤ Ⲛ̀ⲦⲀⲀⲠⲈ (« Tu as oint ma tête »), et le prêtre les oint de l’huile ; et après cela ils disent le Notre-Père, puis l’absolution du Fils, ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅. Il lit l’exhortation sur eux ; et leur disposition est comme il est écrit au premier couronnement ; et il scelle cela à la ressemblance de ce qui y est écrit. Et à notre Seigneur la gloire, à jamais.

Achevé et accompli.

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Les leçons du second mariage, pour les veufs

[ feuillet 134 recto ] — Ordre du second mariage pour ceux qui sont veufs. L’on dit l’action de grâces, l’on élève l’encens, puis l’on lit l’épître de saint Paul, tirée de sa première lettre aux Corinthiens[119] :

L’ÉPÎTRE · PREMIÈRE AUX CORINTHIENS, CHAPITRE 7, VERSETS 7 À 9

ϮⲞⲨⲰϢ ⲆⲈ Ⲛ̀ⲦⲈϤ ⲢⲰⲘⲒ ⲚⲒⲂⲈⲚ ϢⲰⲠⲒ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲢⲎϮ · ⲀⲖⲖⲀ ⲠⲒⲞⲨⲀⲒ ⲠⲒⲞⲨⲀⲒ ⲞⲨⲞⲚⲦⲀϤ Ⲛ̀ⲞⲨϨⲘⲞⲦ Ⲙ̀ⲘⲀⲨ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲪϮ · ϮϪⲰ ⲆⲈ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ Ⲛ̀ⲚⲎ ⲈⲦ Ⲙ̀ⲠⲞⲨϬⲒ ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲬⲎⲢⲀ · ϪⲈ ⲚⲀⲚⲈⲤ ⲚⲰⲞⲨ ⲀⲨϢⲀⲚϢⲰⲠⲒ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲎϮ · ⲒⲤϪⲈ ⲆⲈ ⲤⲈⲚⲀϢⲈⲢⲈⲚⲔⲢⲀⲦⲈⲨⲤⲐⲈ ⲀⲚ ⲘⲀⲢⲞⲨϬⲒ · ⲚⲀⲚⲈ ⲄⲀⲢ ⲚⲰⲞⲨ ⲈϬⲒ ⲈϨⲞⲦⲈ Ⲛ̀ⲤⲈϬⲒ Ⲭ̀ⲢⲞⲘ
Ti-ouôsh de entef rômi niben shôpi empairēti · alla pi-ouai pi-ouai ouontaf en-ou-hmot emmau ebol hiten Phnouti · ti-jô de emmos en-nē et empoudji nem ni-khēra · je nanes nôou aushan-shôpi empa-rēti · isje de sena-sherenkrateusthe an maroudji · nane gar nôou edji ehote ensedji ekhrôm.

« Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun reçoit de Dieu son propre don, l’un d’une façon, l’autre d’une autre. Je dis à ceux qui ne sont point mariés et aux veuves : il est bon pour eux de demeurer ainsi. Mais s’ils ne peuvent se contenir, qu’ils se marient ; car mieux vaut se marier que de brûler. »

LE PSAUME · PSAUME 127, VERSET 3

ⲈⲢⲈ ⲦⲈⲔⲤϨⲒⲘⲒ ⲈⲢ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲢⲎϮ Ⲛ̀ⲞⲨⲂⲰ Ⲛ̀ⲀⲖⲞⲖⲒ · ⲈⲤⲪⲞⲢⲒ ⲈⲂⲞⲖ ⲤⲀ-Ⲡ̀ⲤⲪⲒⲢ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲎⲒ · ⲚⲈⲔϢⲎⲢⲒ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲢⲎϮ Ⲛ̀ϨⲀⲚϬⲞ Ⲙ̀ⲂⲈⲢⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ ϨⲀⲚϪⲰⲒⲦ · ⲈⲨⲔⲰϮ Ⲉ̀ⲦⲈⲔⲦ̀ⲢⲀⲠⲈⲌⲀ
Ere tek-shimi er emefrēti en-ou-bô en-aloli · esfori ebol sa-pesfir ente pek-ēi · nek-shēri emefrēti en-han-djo embe-ri ente han-jôit · eukôti etek-trapeza.

« Ton épouse sera comme une vigne féconde aux flancs de ta maison ; tes fils, comme de jeunes plants d’olivier, autour de ta table. »

L’ÉVANGILE · SELON SAINT JEAN, CHAPITRE 3, VERSETS 27 À 30

ⲀϤⲈⲢⲞⲨⲰ Ⲛ̀ϪⲈ ⲒⲰⲀⲚⲚⲎⲤ ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈϪⲀϤ ϪⲈ Ⲙ̀ⲘⲞⲚ ϢϪⲞⲘ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲞⲨⲢⲰⲘⲒ ϬⲒ Ϩ̀ⲖⲒ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲞⲦϤ Ⲙ̀ⲘⲀⲨⲀⲦϤ · ⲀⲨϢⲦⲈⲘⲦⲎⲒⲤ ⲚⲀϤ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ Ⲧ̀ⲪⲈ · Ⲛ̀ⲐⲰⲦⲈⲚ ⲦⲈⲦⲈⲚⲈⲢⲘⲈⲐⲢⲈ ⲚⲎⲒ ϪⲈ ⲀⲒϪⲞⲤ ⲚⲰⲦⲈⲚ ϪⲈ ⲀⲚⲞⲔ ⲀⲚ ⲠⲈ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲀⲖⲖⲀ ⲈⲦⲀⲨⲦⲀⲞⲨⲞⲒ ϦⲀϪⲰϤ Ⲙ̀ⲪⲎ ⲈⲦⲈ ϮϢⲈⲖⲈⲦ Ⲛ̀ⲦⲞⲦϤ · Ⲛ̀ⲐⲞϤ ⲠⲈ ⲠⲒⲠⲀⲦϢⲈⲖⲈⲦ · Ⲡ̀ϢⲪⲎⲢ ⲆⲈ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲠⲀⲦϢⲈⲖⲈⲦ ⲪⲎ ⲈⲦⲞⲨϨⲒ ⲈⲢⲀⲦϤ ⲠⲈ ⲞⲨⲞϨ ⲈϤⲤⲰⲦⲈⲘ ⲈⲢⲞϤ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲢⲀϢⲒ · ⲈϤⲢⲀϢⲒ ⲆⲈ ⲈⲐⲂⲈ Ⲧ̀Ⲥ̀ⲘⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲠⲀⲦϢⲈⲖⲈⲦ · ⲪⲀⲒ ⲞⲨⲚ ⲠⲈ ⲠⲀⲢⲀϢⲒ ⲀⲚⲞⲔ ⲀϤϪⲰⲔ ⲈⲂⲞⲖ
Af-erouô enje Iôannēs ouoh pejaf je emmon shjom ente ou-rômi dji heli ebol hitotf emmauatf · aushtemtēis naf ebol khen et-fe · enthôten teten-ermethre nēi je aijos nôten je anok an pe Pikhristos · alla etautaouoi khajôf emfē ete ti-shelet entotf · enthof pe pi-pat-shelet · pesh-fēr de ente pi-pat-shelet fē etouhi eratf pe ouoh efsôtem erof khen ou-rashi · efrashi de ethbe et-esmē ente pi-pat-shelet · fai oun pe pa-rashi anok afjôk ebol.

« Jean répondit et dit : nul ne peut rien recevoir, s’il ne lui a été donné du ciel. Vous-mêmes m’êtes témoins que j’ai dit : je ne suis point le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui qui a l’épouse est l’époux ; mais l’ami de l’époux, qui se tient là et qui l’écoute, est ravi de joie à la voix de l’époux. Telle est ma joie, et elle est accomplie. »

Et l’on dit les oraisons — la Paix, les Pères, l’Assemblée — et cette demande[120] :

« Ô Souverain Seigneur Dieu, Tout-Puissant, Père de notre Seigneur, notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ, qui as formé l’homme de la poussière, et lui as donné une aide que tu as tirée de lui, pour être son épouse, sa compagne et son soutien, afin d’enfanter des fils et des filles pour l’accroissement du genre humain ; et Paul, l’apôtre de ton Fils unique Jésus-Christ, commande à ceux qui sont veufs, disant : il leur est meilleur de demeurer comme moi ; mais s’ils ne le peuvent, qu’ils se marient, car il vaut mieux se marier que de brûler. C’est pourquoi nous demandons et implorons ta bonté, ô Ami des hommes, en faveur de ton serviteur N. et de ta servante N., qui se sont unis en cette heure, à cause de leur faiblesse et de l’amertume de la solitude de l’homme : ne leur impute point cela à péché, mais accorde-leur l’absolution et le pardon ; protège-les et délivre-les de toute envie ; garde-les dans un seul cœur ; comble-les de joie et d’allégresse, d’années nombreuses et de temps paisibles, dans la paix, l’amour et la justice. Bénis-les comme tu as béni Jacob, Léa et Rachel, Elcana et Anne ; garde-les de tout mal ; et ceux qui sont ici avec nous, hommes et femmes, bénis-les en leurs demeures. Et moi aussi, purifie-moi de toute souillure étrangère, et absous-moi de mes péchés ; car tu es compatissant et très miséricordieux envers tous ceux qui crient vers toi. »

Puis le peuple dit le Notre-Père ; et le prêtre dit l’absolution sur eux, et les oint de l’huile.

Achevé et accompli, avec l’aide de Dieu.

[121]

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Chapitre cinquième

L’ONCTION DES MALADES ET LES PRIÈRES DE CIRCONSTANCE

La visite du Seigneur aux malades et le secours des saints

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le qandil aux sept mèches · la prière de saint Abou Tarbo

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LE QANDIL AUX SEPT MÈCHES

feuillets 26 recto à 28 recto

Au nom de la Trinité sainte

[ feuillet 26 recto ] — Nous copions l’ordre de la prière du qandil[122] — l’huile des malades.

L’on garnit une lampe d’une bonne huile de Palestine, avec sept mèches ; on la place devant l’icône de notre Dame, et l’on dépose [auprès] les saints Évangiles et la croix. Sept prêtres s’assemblent, ou plus, ou moins. Et le premier des prêtres commence par la prière d’action de grâces, et élève l’encens avec l’oraison du matin, ou bien avec l’oraison de l’épître. Et après cela ils disent Kyrie eleison, l’Alléluia du « Doxa Patri », le Notre-Père, et le Psaume cinquante ; et après lui l’oraison des malades, qui est ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ[123] (« ceux qui sont malades ») ; et après elle les demandes prescrites dans le livre du qandil, jusqu’à ce qu’on parvienne à l’allumage de la première mèche. L’on signe l’huile de la croix, et l’on allume la première mèche, tandis qu’ils chantent :

ⲞⲨⲰⲒⲚⲒ ⲠⲈ ⲪϮ · ⲈϤϢⲞⲠ ϦⲈⲚ ⲠⲒⲞⲨⲰⲒⲚⲒ · ϨⲀⲚⲀⲄⲄⲈⲖⲞⲤ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲒⲚⲒ ⲈⲦⲈⲢϨⲨⲘⲚⲞⲤ ⲈⲢⲞϤ · ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ
Ouôini pe Phnouti · efshôp khen pi-ouôini · hanangelos en-ouôini eter-hymnos erof · ten-ouôsht emmok.

« Dieu est lumière, demeurant dans la lumière ; les anges de lumière le célèbrent : nous t’adorons. »

Puis le prêtre dit le reste des demandes, jusqu’à leur fin ; il lit le Catholicon[124] en arabe, et après lui ⲀⲄⲒⲞⲤ et le « Doxa Patri » et l’oraison de l’Évangile ; et l’on entonne le Psaume, et l’on fait le répons. Et le prêtre lit l’Évangile — en copte s’il le choisit, et un autre prêtre l’interprète en arabe ; ou en arabe, à son choix ; et l’on répond ⲔⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« Tu es béni »). Et le prêtre dit les trois oraisons : la Paix, le Pape, l’Assemblée et le Symbole.

[ feuillet 27 recto ] — À la fin, le deuxième prêtre commence : il signe l’huile de la croix, et allume la deuxième mèche, tandis qu’ils chantent Ⲕ̅Ⲉ̅ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲎⲘⲀⲤ Ⲟ̅ ⲐⲈⲞⲤ Ⲟ̅ ⲠⲀⲦⲎⲢ (« Seigneur, aie pitié de nous, ô Dieu le Père ») jusqu’à la fin du Notre-Père. Il dit l’oraison des voyageurs ; l’on lit l’épître de saint Paul en arabe, l’Agios trois fois, l’oraison de l’Évangile, le Psaume, l’Évangile, et le répons ⲔⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ. Ainsi s’achève la deuxième prière.

Et le troisième prêtre commence la troisième prière, dont l’ordonnance est telle qu’il a été expliqué pour la deuxième ; et ainsi de suite jusqu’à la fin des sept prières. La troisième est ⲚⲒⲀⲢ ; la quatrième, ⲠⲒⲞⲨⲢⲞ (le roi) ; la cinquième, ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ (ceux qui se sont endormis) ; la sixième, ⲚⲒⲐⲒⲤⲒⲀ (les oblations) ; la septième, ⲚⲒⲔⲀⲦⲎⲬⲞⲨⲘⲈⲚⲞⲤ (les catéchumènes).

Et lorsque l’Évangile de la septième prière est achevé, en copte et en arabe, ainsi que la demande, celui pour qui se fait le qandil — en son propre nom, ou celui qui [se présente] de la part du malade — s’avance, s’assied le visage tourné vers l’Orient ; et les prêtres posent sur sa tête le saint Évangile et la croix, et placent leurs mains sur lui. Le grand prêtre dit les demandes en leur entier, jusqu’à leur fin, tandis qu’ils lui répondent Kyrie eleison. Puis le grand prêtre dit Ⲱ̅ ⲐⲈⲞⲨⲀⲂ (« Ô Saint »), les trois sections, jusqu’à leur fin. Celui du qandil se lève et se tient debout ; et ils chantent le Notre-Père. Le prêtre prend le livre de l’Évangile et [en] signe [le malade] de la figure de la croix[125].

[ feuillet 28 recto ] — Et de même tous les prêtres ; et ils ouvrent l’Évangile, et ce qui s’y présente, ils le lisent sur le malade. Après la récitation du Symbole, le prêtre dit ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et après cela Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et l’absolution du Fils en son entier, prononcée sur la tête de celui du qandil, jusqu’à la fin de l’absolution. S’il reste du temps, ils lisent la prière de la détresse ; sinon, le prêtre élève la croix, et ils disent Kyrie eleison quarante et une fois.

Et après cela, s’ils le veulent, ils allument les cierges et font, avec la lampe, le tour de l’autel et de l’église, pour demander au Seigneur, par ses martyrs et ses saints, la guérison du malade, tandis qu’ils chantent ⲚⲀⲔ ⲚⲀⲒ Ⲱ̅ ⲠⲀⲚⲞⲨϮ (« À toi la miséricorde, ô mon Dieu ») sur la mélodie d’Adam, jusqu’à ce qu’ils reviennent au chœur. Et s’il n’en est pas ainsi, alors, après le Kyrie eleison, ils le chantent debout en leur place. Et le prêtre commence à oindre celui du qandil ; et les prêtres s’oignent les uns les autres — chacun ayant d’abord donné le baiser à son compagnon avant de l’oindre — et ils oignent le reste du peuple ; et ils scellent cela par la lecture de la Bénédiction.

Et à notre Seigneur la gloire, perpétuelle et éternelle. Amen.

[126]

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LA PRIÈRE DE SAINT ABOU TARBO

feuillets 28 recto à 30 verso

Au nom de la Trinité sainte

[ feuillet 28 recto ] — Ordre de la prière de saint Abou Tarbo, pour qui a été mordu par le chien enragé[127].

Les apprêts

Celui que le chien enragé a mordu s’assied au milieu ; l’on suspend à son cou une besace, et l’on y place du pain azyme, cuit, sans sel, du fromage sans sel, et des dattes ; l’on dispose un vase de terre neuf, rempli d’eau douce, et un vase où il y a un peu de bonne huile et un peu de vin, s’il s’en trouve. Et sept enfants, purs et bénis, se rassemblent, étant à jeun ; et le prêtre et le diacre sont à jeun. Le prêtre commence par la prière d’action de grâces, et élève l’encens avec l’oraison de l’épître.

La psalmodie

Et après cela ils disent l’Alléluia du « Doxa Patri », le Notre-Père, et le Psaume cinquante ; puis le Psaume trois (« Seigneur, que ceux qui me persécutent se sont multipliés »), le Psaume six (« Seigneur, ne me reprends pas dans ta fureur »), le Psaume douze (« Jusques à quand m’oublieras-tu ? »), le Psaume soixante-neuf (« Ô Dieu, sois mon secours »), le Psaume quatre-vingt-cinq (« Incline vers moi ton oreille, Seigneur »), le Psaume quatre-vingt-dix (« Celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut »), le Psaume cent dix-sept (« Louez le Seigneur »), et le Psaume cent dix-huit (« Heureux ceux dont la voie est sans tache ») — qu’on lit tout entier, sans en rien omettre[128]. Et ils disent l’Alléluia du « Doxa Patri », Ⲁ̅Ⲗ̅ · ⲆⲞⳞⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ[129].

Les leçons

Et après cela l’oraison des malades, qui est ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ, et après elle ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ sur la mélodie de l’épître. L’on lit l’épître de saint Paul, en copte et en arabe, tirée de l’épître aux Éphésiens ; puis l’on entonne le Psaume en copte, et l’on fait le répons ; puis l’on dit ⲤⲦⲀⲐⲒⲦⲈ (« tenez-vous debout ») ; et le prêtre lit l’Évangile en copte et en arabe, tiré de l’Évangile de saint Jean — son commencement : « Après cela, c’était une fête des Juifs », et sa fin : « mon Père agit jusqu’à présent, et moi aussi j’agis » ; et gloire à Dieu. Et l’on répond à l’Évangile par ce répons : ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ ⲘⲀⲦⲀⲖϬⲞⲚⲒ (« ceux qui sont malades, guéris-les »)[130]. Puis le prêtre dit les trois oraisons — la Paix, les Pères, l’Assemblée — puis il dit le Symbole ; et après cela il dit Kyrie eleison trois fois. Puis ils disent :

ⲈⲢⲈ ⲠⲒⲤⲘⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲀⲤⲔⲎⲦⲎⲤ ⲀⲂⲂⲀ ⲐⲀⲢⲠⲞⲨ ⲠⲒⲞⲘⲞⲖⲞⲄⲎⲦⲎⲤ · ⲈϤⲈⲒ̀ Ⲉ̀ϨⲢⲎⲒ Ⲉ̀ϪⲈⲚ ⲠⲀⲒ ⲖⲀⲞⲤ · ⲀϪⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ ⲚⲈⲘⲎⲒ ϪⲈ ⲀⲘⲎⲚ
Ere pi-smou ente pi-askētēs abba Tharpou pi-omologētēs · efe-i ehrēi ejen pai laos · ajos tērou nemēi je amēn.

« Que la bénédiction de l’ascète Abba Tharpou, le confesseur, descende sur ce peuple ; dites tous avec moi : Amen. »

La vie du saint et le dialogue des enfants

Puis le prêtre lit la vie de notre père saint Abou Tarbo, telle qu’elle est écrite dans le livre de Tarbo, jusqu’à la fin. Et après cela, le premier des enfants s’avance vers le prêtre ; et ils se tiennent tous l’un l’autre par la main ; et le premier, l’aîné des enfants, dit au prêtre : « Paix à toi, ô maître. » Et le prêtre lui répond, disant : « Et à toi la paix, ô mon fils ; sois le bienvenu. Où vas-tu, et que cherches-tu ? » Il lui dit : « Je vais vers le saint notre père Tarbo, demander la guérison pour cette personne » — ou pour l’homme, ou l’enfant, ou la femme, ou la fillette, ou la bête, par son nom — « que le chien enragé a mordue. » Le prêtre lui dit : « Va, ô mon fils ; que le Dieu du saint notre père Tarbo lui accorde la guérison et le rétablissement, par les prières de ce saint, notre père Tarbo. » Ainsi font tous les enfants, tandis qu’ils tournent autour du malade sept fois ; et après cela ils chantent ⲠⲒⲔⲈⲂⲈⲢⲚⲒⲦⲎⲤ, de cette manière[131] :

ⲦⲰⲂϨ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲒⲰⲦ Ⲛ̀ⲀⲤⲔⲎⲦⲎⲤ · ⲀⲂⲂⲀ ⲐⲀⲢⲠⲞⲨ ⲠⲒⲞⲘⲞⲖⲞⲄⲎⲦⲎⲤ · Ⲛ̀ⲦⲈϤ ⲬⲀ ⲚⲈⲚⲚⲞⲂⲒ ⲚⲀⲚ ⲈⲂⲞⲖ
Tôbh Pchois en-iôt en-askētēs · abba Tharpou pi-omologētēs · entef kha nennobi nan ebol.

« Prie le Seigneur, ô père ascète, Abba Tharpou le confesseur, qu’il nous remette nos péchés. »

L’absolution et l’onction

Puis le prêtre dit Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et après cela ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et l’absolution du Fils — la croix demeurant posée sur la tête du malade jusqu’à la fin —, l’absolution du Fils jusqu’à son terme. Il élève la croix, et l’on dit Kyrie eleison cent fois. Et après cela le prêtre signe l’huile, en disant : ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̀ⲚⲈⲨⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲞⲨⲚⲞⲨϮ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲦ(« Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, un seul Dieu »). Puis il verse le vin sur l’huile — et cela, comme il l’a dit dans le saint Évangile touchant celui qui tomba parmi les brigands, lorsqu’il versa du vin et de l’huile sur ses plaies. Puis il l’oint de l’huile et du vin, en disant :

ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ · ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲰⲞⲨ Ⲛ̀ϮⲠⲀⲚⲀⲄⲒⲀ ⲦⲢⲒⲀⲤ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̀ⲚⲈⲨⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲈⲐⲞⲨⲦⲀⲖϬⲞ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲞⲨϪⲀⲒ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲐⲈⲢⲀⲠⲒⲀ Ⲙ̀ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲂⲰⲔ · ⲪⲀⲒ ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̀ⲚⲈⲨⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ⲀⲘⲎⲚ
Ouôou nem ou-taio · ou-taio nem ou-ôou en-ti-panagia trias ethouab · Efiôt nem p-Shēri nem pi-Pneuma ethouab · ethou-talcho nem ou-oujai nem ou-therapia empi-sôma empek-bôk · fai khen p-ran em-Efiôt nem p-Shēri nem pi-Pneuma ethouab amēn.

« Gloire et honneur, honneur et gloire à la Très-Sainte Trinité, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, pour la guérison, le salut et le rétablissement du corps de ton serviteur ; cela, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen. »

Puis il signe son front, ses mains, son cœur, ses pieds, et le lieu de la morsure du chien enragé, tandis qu’ils chantent Ⲁ̅Ⲗ̅ ⲤⲘⲞⲨ ⲪϮ (« Alléluia, bénissez Dieu »). Puis le prêtre emplit une coupe d’eau, et en asperge le malade en forme de croix, disant ainsi : Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲈϤⲈ ⲈⲢⲬⲀⲢⲒⲌⲈⲤⲐⲈ ⲚⲀⲔ Ⲙ̀ⲠⲒⲦⲀⲖϬⲞⲨ ⲠⲀϢⲎⲢⲒ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒϮϨⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲀⲄⲒⲞⲤ ⲀⲠⲀ ⲐⲀⲢⲠⲞⲨ (« Que le Seigneur t’accorde la guérison, ô mon fils, par les supplications du saint Apa Tharpou ») : « Le Seigneur t’accorde la guérison, ô mon fils, par la prière du saint notre père Tarbo. Amen. »

La conclusion

Puis il lui fait boire de l’eau, et dit comme il a dit [Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲈϤⲈ ⲈⲢⲬⲀⲢⲒⲌⲈⲤⲐⲈ]. Et après cela, tu prends en ta main le pain azyme ; et chacun des enfants s’avance, hurle à la manière du chien, et mord du pain azyme avec sa bouche — jusqu’à ce qu’ils aient tous achevé, tournant autour du malade et faisant un tour de plus autour de lui. Et le malade se tient debout, les exhorte, et leur dit : « Par la prière du saint Anba Tarbo, que le Seigneur reçoive vos prières et m’accorde promptement la guérison. » Puis il dit la Bénédiction ; et il distribue à tous les enfants du pain azyme, du fromage et des dattes, et leur fait boire de l’eau, et les oint de l’huile bénite.

Et il commande au malade de demeurer sept jours, rompant le jeûne chaque jour sur le pain azyme, le fromage et les dattes bénits, et s’oignant chaque jour de l’huile bénite ; et chaque fois que l’eau bénite diminue, il y ajoute [de l’eau] jusqu’à ce qu’elle suffise ; il en boit sept jours ; et la lampe du sanctuaire est tenue allumée sept jours et sept nuits ; et il se garde dans la pureté quarante jours. Voilà ce qui a été trouvé dans un exemplaire ancien, en copte et en arabe. Que le Seigneur ait pitié de nous tous, par la prière du saint Anba Tarbo. Amen.

Achevé et accompli, avec l’aide de Dieu.

[132]

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Chapitre sixième

L’ÉLÉVATION DE L’ENCENS

L’office du soir et du matin

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Les oraisons et l’encensement de l’autel, des icônes et des prêtres · les leçons et le renvoi

Manuscrit de Paris, arabe 98 — feuillets 32 recto à 44 recto


 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, le Dieu unique

[ feuillet 32 recto ] — Ordre de ce que doit observer le prêtre dans la prière du soir, du matin, et des trois Liturgies[133].

La préparation du prêtre

Voici d’abord l’ordre de la prière du soir. Lorsque le prêtre découvre sa tête, il doit premièrement purifier ses pensées : qu’il n’ait contre aucun du peuple présent ni rancune ni querelle ni grief, et que nul d’entre eux n’ait contre lui colère ni malveillance ; et qu’il pardonne à tous ceux qui lui ont fait du tort. Car notre Sauveur, cloué sur le bois de la croix, disait : « Mon Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » Et Étienne, le chef des diacres et le premier des martyrs, on le lapidait ; et le premier de ceux qui le lapidaient fut Paul, qui devint ensuite docteur de l’Église de Dieu, lui qui gardait les vêtements des lapidateurs ; et Étienne disait : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché. » Tant que le cœur du prêtre n’est pas bienveillant envers son peuple, et le peuple bien disposé envers lui, [l’offrande] n’est reçue ni de lui pour eux, ni d’eux pour lui ; et que Dieu nous en préserve.

Et comme l’a dit le pur Apôtre à la langue parfumée, Paul : « Le médiateur entre Dieu et les hommes est un seul, Jésus-Christ le Juste », et c’est par lui qu’est le pardon de nos péchés. De même le prêtre est le médiateur entre Dieu et les hommes, demandant la stabilité de l’Église, la garde de son troupeau, et le pardon des péchés du peuple ; car le grand père Basile dit que « ceux que tu as comblés de grâces en tout temps... »

L’action de grâces et l’absolution

[ feuillet 33 recto ] — Puis il commence par la prière d’action de grâces, qui est le Notre-Père ; et lorsqu’il dit ⲀⲖⲒⲦⲞⲨ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀⲢⲞⲚ (« remets-les loin de nous »), il se tourne vers ses frères les prêtres, incline la tête vers eux, et se signe lui-même du signe de la croix ; puis il dit ⲚⲈⲘ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀ-ⲠⲈⲔⲖⲀⲞⲤ ⲦⲎⲢϤ (« et de tout ton peuple »), et, tourné vers l’occident, il signe tout le peuple de la croix ; puis il dit ⲚⲈⲘ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀ-ⲠⲀⲒⲘⲀ (« et de ce lieu »), et, tourné vers l’orient, il signe l’autel. Puis il achève le reste du Notre-Père ; et l’on chante Kyrie eleison, et après lui, sur la mélodie, ⲦⲈⲚⲞⲨⲞϢⲦ (« Nous adorons »)[134].

L’élévation trinitaire de l’encens

Et le prêtre baise de sa bouche le seuil de l’autel, monte au sanctuaire du pied droit, incline la tête sur le sanctuaire et le baise ; il se tourne à sa droite, prend l’encensoir et le tient de la main gauche ; puis, tourné vers l’orient, il prend de la main droite la cassette d’encens, se tourne vers ses frères les prêtres à la droite de l’autel, leur incline la tête, et dit ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ(« bénissez ») ; eux aussi lui inclinent la tête et disent Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ (« toi, bénis »). Puis il se tourne vers le sanctuaire, pose la cassette en sa place, la signe du signe de la croix en disant ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̀ⲚⲈⲨⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲞⲨⲚⲞⲨϮ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲦ (« Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, un seul Dieu »), et il élève l’encens, une main :

ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲪϮ Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲀⲘⲎⲚ · ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈϤⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚ Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲀⲘⲎⲚ
Efsmarôout enje Phnouti Efiôt pi-pantokratôr amēn · efsmarôout enje pef-monogenēs en-Shēri Iēsous Pikhristos Pen-Chois amēn.

« Béni soit Dieu le Père tout-puissant. Amen. Béni soit son Fils unique, Jésus-Christ notre Seigneur. Amen. »

Puis il signe la cassette une deuxième fois, élève une deuxième main, et de même une troisième, bénissant le Saint-Esprit le Paraclet, un seul Dieu. Amen[135].

L’encensement de l’autel, des icônes et des prêtres

[ feuillet 36 recto ] — Il encense l’autel et fait le tour du sanctuaire ; et devant les icônes des saints il dit ⲀⲢⲒⲠ̀ⲢⲈⲤⲂⲈⲨⲒⲚ(« intercédez ») — et tout ange, ou martyr, ou saint, il lui offre l’encens au nom du titulaire de l’icône, disant ⲦⲰⲂϨ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲉ̀ϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲰⲚ (« priez le Seigneur pour nous »). Puis il se tourne vers ses frères les prêtres et offre l’encens à chacun selon son rang ; au prêtre il dit : ⲤⲘⲞⲨ · ϮϨⲞ ⲈⲢⲞⲔ ⲠⲀⲒⲰⲦ Ⲙ̀ⲠⲒⲠ̀ⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ · ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ ϦⲈⲚ ⲚⲈⲔϢⲖⲎⲖ ϨⲒⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲬⲰ ⲚⲎⲒ Ⲛ̀ⲚⲀⲚⲞⲂⲒ ⲈⲦⲞϢ (« bénis ; je te le demande, ô mon père le prêtre, souviens-toi de moi dans tes prières, afin que le Seigneur me remette mes péchés nombreux ») ; et l’on commémore le père higoumène : ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲚⲒⲄⲞⲨⲘⲈⲚⲞⲤ ⲀⲂⲂⲀ · ⲀⲢⲈϨ ⲈⲢⲞϤ ϦⲈⲚ ⲞⲨϨⲒⲢⲎⲚⲒ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲘⲈⲐⲘⲎⲒ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲘⲈⲦϪⲰⲢⲒ (« souviens-toi, Seigneur, de notre père l’higoumène Abba N. ; garde-le dans la paix, la justice et la force »).

Et l’on répond au prêtre par cette bénédiction :

Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲈϤⲈⲀⲢⲈϨ ⲈⲦⲈⲔⲘⲈⲦⲞⲨⲎⲂ · Ⲙ̀Ⲫ̀ⲢⲎϮ Ⲛ̀ⲀⲀⲢⲰⲚ ⲚⲈⲘ ⲌⲀⲬⲀⲢⲒⲀⲤ ⲚⲈⲘ ⲤⲒⲘⲈⲰⲚ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒϮϨⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲛ̀ⲦⲀϤ
Pchois efe-areh etek-metouēb · emefrēti en-Aarôn nem Zakharias nem Simeôn · hiten ni-tiho ente ni-ethouab entaf.

« Que le Seigneur garde ton sacerdoce, comme celui d’Aaron, de Zacharie et de Siméon, par les supplications de ses saints. »

Après cela il encense toute l’église, les hommes et les femmes ; puis il revient et monte à l’autel, et offre l’encens au-dessus du sanctuaire pour la confession de tout le peuple.

Les oraisons, les leçons et le renvoi

Suivent l’oraison de l’épître et l’encens de l’épître, l’oraison propre à chaque heure — à l’office du soir celle des défunts, ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ ; à l’office du matin celle des malades, ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ, et celle des voyageurs, ⲈⲦⲀⲨϢⲈ Ⲛ̀ϢⲈ Ⲙ̀ⲘⲰⲞⲨ —, puis les lectures : l’épître de saint Paul, le Catholicon et le Praxis, le Trisagion, le psaume et l’Évangile, et les absolutions. Et si une Liturgie doit suivre l’office du matin, l’on ne dit point l’oraison des voyageurs, mais, après celle des malades, lorsqu’il dit ϦⲈⲚ ⲠⲒϨ̀ⲘⲞⲦ (« par la grâce »), l’oraison des oblations, ⲚⲒⲐⲨⲤⲒⲀ, et l’on chante l’hymne des anges, ⲘⲀⲢⲈⲚϨⲰⲤ, et « Gloire et honneur », ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ, en son entier[136].

[ feuillet 43 verso ] — En chaque prière, Kyrie eleison quarante et une fois. Après cela les prêtres baisent la croix — car ils ont baisé l’Évangile d’abord —, et pendant que le prêtre élève la croix, l’on dit Kyrie eleison. Le prêtre dit, [emprunté] à la Liturgie de saint Grégoire, ⲞⲨ ⲞⲨϪⲀⲒ Ⲛ̀ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ (« et le salut à ceux qui sont malades »). Puis le peuple baise l’Évangile et la croix — les hommes, et après eux les femmes — ; l’on chante pendant le Canon jusqu’à la fin du baiser ; l’on achève le Canon ; le prêtre lit la Bénédiction et renvoie le peuple en paix à ses demeures[137]. Et tel est l’ordre de la prière du soir tout au long de l’année ; quant à l’office du matin, il est le même, sans addition ni retranchement, sauf les oraisons que l’on a dites. Ici s’achève l’ordre de la prière du soir et du matin.

Achevé et accompli, avec l’aide de Dieu.

[138]

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Chapitre septième

LA DIVINE LITURGIE DE SAINT BASILE

Le mystère de l’autel, de l’entrée du célébrant au congé du peuple

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La préparation et l’oblation des dons · la liturgie de la Parole · l’anaphore · la fraction · la communion

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LE COMMENCEMENT DE LA LITURGIE

feuillets 45 recto à 47 verso

Au nom de Dieu, un par essence, triple par les hypostases et les attributs

[ feuillet 45 recto ] — Ordre du service de la Liturgie de saint Basile[139].

La préparation

Le prêtre doit d’abord purifier ses pensées et son état, au dedans et au dehors, comme il a été expliqué pour le service de la prière : qu’il ne soit ni courroucé ni rancunier contre personne ; et qu’il s’examine et se scrute lui-même, de peur que quelqu’un n’ait quelque chose contre lui. Car si le cœur et l’esprit du prêtre ne sont point en paix envers son peuple, ni l’esprit du peuple en paix envers lui, Dieu n’agrée point de lui sa demande pour son peuple, ni n’agrée leurs demandes en lui : que Dieu nous en préserve.

Puis le prêtre commence par le nettoiement de l’autel, et le lavement des mains et des pieds. Car Dieu dit au noble prophète Moïse[140] :

« Dis à Aaron ton frère qu’il fasse dans le tabernacle une cuve et un bassin d’airain, et qu’il les emplisse d’eau ; et quiconque, des fils de Lévi, voudra exercer le service, qu’il lave ses mains et ses pieds avant d’entrer dans le tabernacle ; et celui qui ne le fera point, cette âme périra de son peuple. »

C’est pourquoi notre Sauveur, à qui est la gloire, lorsqu’il établit pour nous le mystère du service et nous donna le pain et le vin, l’ordonna ainsi ; et les Pères apôtres l’ont transmis après lui ; et l’on a placé un bassin dans l’église, pour le lavement des mains et des pieds avant d’entrer dans le sanctuaire.

L’examen de l’oblation

Et après cela, le prêtre, lorsqu’il veut le service pur, s’avance d’abord et considère l’oblation qu’il offre, si elle est de choix ; et le vin pareillement, ainsi qu’il a été dit : qu’il soit pur, sans défaut. Et lorsque le prêtre l’a choisie, qu’il la pose sur l’aile gauche du sanctuaire, là où il se tient.

La vêture

Puis il s’avance et revêt l’habit du sacerdoce et le vêtement, ainsi que l’a dit notre bon Sauveur, à qui est la gloire ; et sa description est connue : c’est la robe de soie, le voile blanc de soie, l’étole, la ceinture, les manches, et le burnous blanc de soie.

Exhortation au frère bien-aimé

Et je t’avais fait savoir, ô frère bien-aimé — que Dieu te fortifie par son Esprit saint —, que tu vas par quelques églises, et que tu y trouves des prêtres novices qui ne connaissent ni les dispositions de l’ordre de la Liturgie, ni le nombre des croix dont on signe l’oblation et le vin ; qui ne connaissent ni l’ordre du baptême, ni l’absolution des femmes ; et que la plupart des prêtres qui n’ont point servi la Liturgie communient avant le peuple qui a servi ; et qu’ils ne connaissent ni l’ordre des icônes, ni la prière de la lampe, ni bien des choses qu’il serait trop long d’exposer. Et que la plupart des laïcs ne savent point ce qu’est l’usage des oblats et des jeûnes ; puis ils entrent aux bains en des temps qui ne conviennent pas, faute de qui les règle selon les rangs reconnus, consignés depuis les jours des patriarches d’autrefois[141].

Et que les prêtres en charge sont négligents dans leurs affaires, et ne forment point celui qui vient d’être ordonné, afin qu’il marche selon les règles ; et que la plupart des églises sont en discorde au sujet des rites, entre les diacres et les prêtres. Et tout cela est en grande difficulté et touche à la religion. Ô toi ! ce n’est pas à toi de le négliger, car tu perdrais ton âme. Et je suis allé par la plupart des églises, et je les ai trouvées pour la plupart en cet état, et j’en ai eu grande tristesse. Et l’on trouve tel prêtre qui, lorsqu’il est au service de la Liturgie, se montre négligent dans le service de Dieu, dans ses paroles, parmi les gens oisifs où il n’y a point de profit ; et ils attirent sur eux-mêmes la condamnation, à cause de cela.

Car tu vois certains hommes : lorsque l’un se tient devant un roi terrestre, d’entre les rois de la terre, tu le trouves debout, les mains et les pieds joints, tremblant, craintif, hésitant en ses paroles, de peur que l’affront ne lui advienne s’il se montrait négligent en sa charge — et ce roi n’a pouvoir que sur ce corps mortel. Comment donc ne craignez-vous, et ne vous retenez-vous, devant la majesté du Roi des rois et Seigneur des seigneurs, dans la main duquel est l’autorité de la vie et de la mort, et qui peut perdre l’âme et le corps ? Il faut donc que le prêtre, ou le diacre, lorsqu’il est au service de Dieu, ne s’en montre point négligent, de peur qu’il ne lui advienne ce qui advint à Judas, qui méprisa le service de Dieu, et sur qui Satan bondit. Il faut donc que le prêtre, lorsqu’il est au service de Dieu — fût-il blessé d’un couteau —, ne se détourne vers personne : que Dieu nous en préserve.

L’approche de l’autel

[ feuillet 47 recto ] — Il faut donc que le prêtre qui sert se purifie et examine ses affaires ; et après cela il se prépare et revêt le vêtement du sacerdoce, et salue ses frères les prêtres, et leur demande leur aide dans la prière. Puis il s’incline devant le Seigneur, face à son saint sanctuaire, et devant ses frères les prêtres et le reste du clergé ; et son ordre, pour monter à l’autel et en descendre, est tel qu’il a été expliqué dans l’ordre de la prière. Puis, lorsqu’il est monté sur l’autel, il le baise de sa bouche ; et la lampe de l’orient est allumée, et les deux cierges sont allumés. Puis il découvre la table, ôtant le voile de l’autel, et place les vases devant lui, déliés de leur enveloppe ; et le diacre monte et se tient devant lui.

Et il commence par la prière de préparation, qui est Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲪⲎ ⲈⲦⲤⲞⲨⲰⲚ Ⲛ̀ⲚⲒϨⲎⲦ (« Seigneur, toi qui connais les cœurs »), tandis qu’ils chantent l’Alléluia — Ⲫ̅ⲀⲒ ⲠⲈ, ou un autre, en tout temps selon ce qui convient : pour tous les jours où l’on rompt le jeûne, pour les fêtes, et pour la Cinquantaine ; mais pour le jeûne de la Nativité, pour les bornes du grand Carême, pour le jeûne des Apôtres et pour le jeûne de la Vierge, l’Alléluia ⲬⲈ Ⲫ̀ⲘⲈⲨⲒ ; et de même pour le mercredi et le vendredi[142].

Le pain du sacrifice attend maintenant le célébrant.

[143]

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L’OBLATION DE L’AGNEAU

feuillets 47 verso à 50 recto

Au nom de Dieu, un par essence, triple par les hypostases

[ feuillet 47 verso ] — Lorsque le prêtre a achevé la prière de préparation[144], il commence d’essuyer les vases placés devant lui, et met la patène et le calice en leur place — après avoir examiné l’intérieur du calice et nettoyé la cuiller sur son support —, et range les enveloppes en leur lieu, tout cela tandis qu’il achève la prière de préparation ; et quand il a fini tout cela, il dit l’oraison qui se dit après la préparation, Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲀⲔⲦⲤⲀⲂⲞⲚ (« Seigneur, tu nous as enseigné »), jusqu’à sa fin. Il baise le sanctuaire et se tourne vers l’occident, pour choisir l’Agneau, qui est le pain de l’offrande.

Le choix de l’Agneau

Et il l’examine bien, afin que ce soit un agneau d’un an, sans défaut[145]. Et il prend l’Agneau, après l’avoir bien examiné, et en essuie le dos avec un linge propre, et le baise, et le pose sur l’autel.

Le lavement des mains

Puis il lave ses mains, disant : « Je laverai mes mains parmi les innocents, et je ferai le tour de ton autel, Seigneur, pour entendre la voix de ta louange. » — la seconde fois : « Fais-moi entendre la joie et l’allégresse, et mes os humiliés tressailliront » ; la troisième fois : « Efface mes péchés, et je ferai le tour de ton autel, Seigneur, pour entendre la voix de ta louange. » Et s’il sait réciter le psaume jusqu’à la fin, qu’il le dise. Puis il essuie ses mains dans un petit linge de lin blanc et propre ; et il prend le pain de l’offrande entre ses deux mains, par-dessus et par-dessous, et dit :

ⲘⲎⲒⲤ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲈⲐⲢⲈⲤϢⲰⲠⲒ ⲈⲤϢⲎⲠ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲘ̀ⲐⲞ Ⲛ̀ϪⲈ ⲦⲈⲚⲐⲒⲤⲒⲀ · Ⲉ̀ϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲈⲚ ⲚⲒⲈⲦⲈⲚⲞⲨⲒ Ⲛ̀ⲚⲞⲂⲒ ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲘⲈⲦⲀⲦⲈⲘⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲖⲀⲞⲤ · ⲬⲈ ⲈⲤⲦⲞⲨⲂⲎⲞⲨⲦ ⲔⲀⲦⲀ ϮⲆⲞⲢⲈⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ϦⲈⲚ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅
Mēis Pchois ethre-s-shôpi e-s-shēp empek-mtho enje ten-thisia · ehrēi ejen ni-etenoui en-nobi nem ni-metatemi ente pek-laos · khe es-toubēout kata ti-dorea ente pek-Pneuma ethouab khen Pikhristos Iēsous Pen-Chois.

« Accorde, Seigneur, que notre sacrifice soit agréable devant toi, pour nos propres péchés et les ignorances de ton peuple ; car il est purifié selon le don de ton Esprit-Saint, en Jésus-Christ notre Seigneur. »

Les commémorations

Et si l’oblation est pour un vivant, ou un mort, ou un malade, ou un voyageur, ou quelqu’un dans la détresse, il fait aussi mémoire de son nom après cela. Pour un vivant, il dit ⲀⲢⲒⲪ̀ⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲂⲰⲔ ⲚⲒⲘ · ⲀⲢⲈϨ Ⲉ̀ⲢⲞϤ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮϨⲒⲢⲎⲚⲎ ⲞⲨⲞϨ ⲬⲰ ⲚⲀϤ Ⲛ̀ⲚⲈϤⲚⲞⲚⲀϤ ⲈⲂⲞⲖ (« Souviens-toi, Seigneur, de ton serviteur N. ; garde-le par un ange de paix, et remets-lui ses péchés »). Pour un défunt, il dit ⲞⲨⲀⲚⲀⲠⲀⲨⲤⲒⲤ Ⲛ̀ⲞⲨⲬⲂⲞⲂ Ⲛ̀ϮⲮⲨⲬⲎ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲂⲰⲔ ⲚⲒⲘ ⲘⲀⲘⲦⲞⲚ ⲚⲀⲤ ϦⲈⲚ ⲔⲈⲚϤ Ⲛ̀ⲀⲂⲢⲀⲀⲘ (« Un repos et un rafraîchissement à l’âme de ton serviteur N. ; repose-la dans le sein d’Abraham »).

Pour un malade, il dit ⲀⲢⲒⲪ̀ⲘⲎⲒⲞⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲂⲰⲔ ⲚⲒⲘ · ⲀⲢⲈϨ Ⲉ̀ⲢⲞϤ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮϨⲒⲢⲎⲚⲎ ⲞⲨⲞϨ ⲘⲀⲦⲀⲖϬⲞⲤϤ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲚⲈϤϢⲰⲚⲒ ⲦⲎⲢⲞⲨ (« Souviens-toi, Seigneur, de ton serviteur N., et guéris-le de tous ses maux ») ; pour un voyageur, par terre ou par mer, ⲀⲢⲒⲪ̀ⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲞⲨⲞϨ ⲘⲀⲦⲀⲤⲐⲞϤ ⲚⲈⲈⲦⲈ ⲚⲞⲨϤ ⲘⲀⲚϢⲰⲠⲒ ϦⲈⲚ ⲞⲨϨⲒⲢⲎⲚⲎ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲞⲨϪⲀⲒ (« Souviens-toi, Seigneur, et ramène-le aux siens ; rétablis-le en sa demeure, en paix et en santé ») ; et pour ceux qui sont dans la détresse, ou en prison, ou dans l’angoisse, ⲀⲢⲒⲪ̀ⲘⲎⲒⲞⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲞⲨⲞϨ ⲚⲀϨⲘⲞⲨ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲚⲞⲨⲐⲖⲒⲮⲒⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ (« Souviens-toi, Seigneur, et délivre-les de toutes leurs tribulations »)[146]. Et pour plusieurs, il dit chaque formule au pluriel.

L’Agneau choisi va maintenant faire le tour de l’autel.

[147]

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LA PROCESSION DES DONS

feuillets 50 verso à 53 recto

Au nom de Dieu, un par essence, triple par les hypostases

[ feuillet 50 verso ] — Et lorsque cela est achevé, il enveloppe l’Agneau dans un linge de soie, et l’élève sur sa tête ; et devant lui marche un diacre portant un cierge. De même le diacre élève le vase du vin sur sa tête, enveloppé d’un linge de soie, et devant lui un diacre portant un cierge ; et ils font un tour de l’autel[148]. Et le prêtre dit ainsi :

ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ · ⲈⲞⲨⲦⲀⲒⲞ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲰⲞⲨ Ⲛ̀ϮⲠⲀⲚⲀⲄⲒⲀ ⲦⲢⲒⲀⲤ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲞⲨϨⲒⲢⲎⲚⲎ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲔⲰⲦ Ⲉ̀ϪⲈⲚ ϮⲞⲨⲒ Ⲙ̀ⲘⲀⲨⲀⲦⲤ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · Ⲛ̀ⲔⲀⲐⲞⲖⲒⲔⲎ Ⲛ̀ⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲒⲔⲎ Ⲛ̀ⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀Ϯ ⲀⲘⲎⲚ
Ouôou nem ou-taio · e-ou-taio nem ou-ôou en-ti-Panagia Trias ethouab · Efiôt nem p-Shēri nem pi-Pneuma ethouab · ou-hirēnē nem ou-kôt ejen ti-oui em-mauats ethouab · en-katholikē en-apostolikē en-ekklēsia ente Ephnouti amēn.

« Gloire et honneur, honneur et gloire à la Très-Sainte Trinité, le Père et le Fils et le Saint-Esprit ; paix et affermissement sur l’unique Église sainte, catholique et apostolique de Dieu. Amen. »

Puis il dit ⲀⲢⲒⲪ̀ⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲚⲎ ⲈⲦⲀⲨⲒ̀ⲚⲒ ⲚⲀⲔ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ Ⲛ̀ⲚⲀⲒⲆⲰⲢⲞⲚ · ⲚⲈⲘ ⲚⲎ ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲞⲨ Ⲉ̀ϪⲰⲞⲨ · ⲚⲈⲘ ⲚⲎ ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲞⲨ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲞⲨⲦⲞⲨ · ⲘⲞⲒ ⲚⲰⲞⲨ ⲦⲎⲢⲞⲨ Ⲙ̀ⲠⲒⲂⲈⲔⲈ ⲠⲒⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ (« Souviens-toi, Seigneur, de ceux qui t’ont apporté ces dons, et de ceux pour qui ils les ont apportés, et de ceux par qui ils les ont apportés ; donne-leur à tous la récompense qui est dans les cieux »). Puis il dit ⲀⲢⲒⲪ̀ⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦⲀⲨϨⲞⲚϨⲈⲚ ⲚⲀⲚ · Ⲉ̀ⲢⲠⲞⲨⲘⲈⲨⲒ ϦⲈⲚ ⲚⲈⲚϮϨⲞ ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲦⲰⲂϨ (« Souviens-toi, Seigneur, de tous ceux qui nous ont demandé de faire mémoire d’eux en nos supplications et nos prières ; Seigneur, souviens-toi d’eux en ton royaume des cieux »).

La triple bénédiction

Et quand la procession est achevée, il se tient en sa place, face à l’orient ; et le diacre se tient en sa place, face à l’occident. Le prêtre pose l’oblation sur sa main gauche, et prend le vase du vin — en tout, trois signes. Après s’être prosterné devant ses frères les prêtres et leur avoir dit ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ, et qu’ils lui ont répondu Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ, il dit « Au nom du Père », et fait le premier signe en disant ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲫ̀Ϯ Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit Dieu le Père tout-puissant. Amen ») ; le second signe, ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈϤⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit son Fils unique, Jésus-Christ notre Seigneur. Amen ») ; le troisième signe, ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲙ̀ⲠⲒⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit le Saint-Esprit le Paraclet. Amen »)[149].

L’infusion du vin

Puis il place l’oblation dans la patène, avec un linge de soie au-dessous, disant « Gloire et honneur ». Puis le diacre verse le vin dans le calice, disant ⲀⲄⲒⲞⲤ ⲀⲘⲎⲚ ⲤⲠⲀⲦⲢⲀ ⲀⲄⲒⲞⲤ · ⲚⲎ ⲈⲐⲚⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ (« Saint. Amen. Saint : un est le Père… toutes les nations ») jusqu’à la fin. Il mêle le vin d’un peu d’eau, en une mesure connue ; et il essuie le bord du flacon avec un linge, et le descend de l’autel. Et après la lecture du « Doxa Patri », ϨⲒⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« La paix encore »), le prêtre commence le « Shemout », s’incline avec révérence devant ses frères les prêtres, puis se tourne vers l’occident et signe le peuple d’un seul signe ; et il récite le « Shemout », signant tour à tour le peuple, lui-même et l’autel[150].

La prière de l’oblation

Puis il commence la prière de l’oblation, qui est ϤⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ (« Ô Maître, Seigneur Jésus-Christ, le Fils »), c’est-à-dire « Manifeste ta face sur ce pain » — il montre de la main le pain placé devant lui dans la patène — « et sur cette coupe » — il montre de la main la coupe emplie de vin —, et à sa parole « bénis-les », il signe le Corps et le Sang d’un seul signe ; « sanctifie-les », il signe une deuxième fois ; « consacre-les », il signe une troisième fois ; « et purifie-les ». Les signes sur le pain et le vin sont six : trois d’abord, et trois ici. Puis, vers la fin de cette prière, il dit :

ϨⲒⲚⲀ ⲠⲀⲒⲰⲒⲔ ⲘⲈⲚ Ⲛ̀ⲦⲈϤϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲐⲞϤ ⲠⲈ ⲠⲈⲔⲤⲰⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲠⲒⲰⲦ ⲆⲈ ⲈⲦϦⲈⲚ ⲪⲀⲒ ⲀⲪⲞⲦ Ⲛ̀ⲐⲞϤ ⲠⲈ ⲠⲈⲔⲤⲚⲞϤ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ
Hina pai-ôik men entef-shôpi enthof pe pek-sôma ethouab · pi-ōt de et-khen fai afot enthof pe pek-snof ettaiēout.

« Afin que ce pain devienne ton saint Corps, et que le vin qui est en cette coupe soit ton Sang précieux. »

Le voilement des dons

Puis il achève le reste de la prière jusqu’à la fin. Il couvre l’oblation dans la patène d’un linge ; et de même il couvre le calice d’un linge ; et cela est une figure de l’ensevelissement du corps du Sauveur, lorsqu’on le descendit de la croix et qu’on le déposa dans un tombeau. Puis, après cela, il le couvre du grand voile, qui est une figure de la pierre qu’on roula sur le tombeau vivifiant, la source de la vie[151].

Ici commence l’élévation de l’encens sur les dons.

[152]

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LA PRIÈRE DE L’ABSOLUTION

feuillets 53 verso à 55 recto

Au nom de Dieu, un par essence, triple par les hypostases

[ feuillet 53 verso ] — Quant à la station du prêtre et du diacre devant l’autel, elle est une figure des deux anges, dont l’un était à la tête et l’autre aux pieds ; et de même les deux cierges allumés[153]. Puis, lorsque le prêtre a recouvert les dons du grand voile avec soin, il baise l’autel de sa bouche, et se tourne vers le côté méridional de l’autel, et fait une prostration vers l’orient, rendant grâces à Dieu qui l’a rendu digne de ce service très pur.

Puis il se relève et baise l’autel, et se tourne vers le côté septentrional de l’autel ; et les servants lui font une prostration ; et le prêtre étend la main, relève la tête du diacre, et le bénit. Et chacun d’eux baise l’autel, le visage vers l’orient et le dos vers l’occident ; et leur descente se fait du pied gauche, et leur montée du pied droit. Et le diacre s’assied devant l’autel, ainsi que le reste des servants ; et le prêtre se tient derrière eux et récite l’absolution.

La prière de l’absolution

Et s’il y a avec lui un prêtre concélébrant, le prêtre qui sert s’assied aussi et récite l’absolution. Si c’est la Liturgie de saint Basile, on dit l’absolution du Fils, ϤⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲚⲒⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲒⲤ Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲖⲞⲄⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀Ϯ (« Ô Maître, Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique et le Verbe de Dieu »). Et si c’est la Liturgie de saint Grégoire ou de saint Cyrille, on dit l’absolution du Père, qui est ϤⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲫ̀Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲞⲢ · ⲠⲒⲢⲈϤⲦⲀⲖϬⲞ Ⲛ̀ⲚⲈⲔⲈⲂⲒⲀⲒⲔ Ⲛ̀ⲢⲈϤϢⲈⲘϢⲒ (« Ô Maître, Seigneur Dieu tout-puissant, qui guéris tes serviteurs qui te servent »), jusqu’à la fin de la lecture de la prière d’absolution[154].

Le dénombrement des signes

Puis il dit après cela ⲠⲀⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ (« mon père le prêtre ») — si un prêtre est assis devant lui — et, après s’être tourné vers ses frères les prêtres, il signe d’une croix celui qui est assis devant lui ; et s’il y en a plus d’un, il dit ⲚⲀⲒⲞϮ Ⲛ̀ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ (« mes pères les prêtres ») et les signe tous d’un seul signe. À la parole ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲔⲖⲎⲢⲞⲤ (« et le clergé »), il se tourne et signe le reste des prêtres et ceux qui se tiennent dans le chœur, d’un seul signe ; à ⲚⲈⲘ ⲠⲀⲖⲀⲞⲤ ⲦⲎⲢϤ (« et tout ton peuple »), il se tourne vers l’occident et signe tout le peuple d’un seul signe ; à ⲚⲈⲘ ⲦⲀⲘⲈⲦϪⲰⲂ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ (« et ma faiblesse, toi »), il se signe lui-même d’un seul signe. Le total ici est de cinq signes ; et au commencement du « Shemout » un signe, et au milieu trois, comme il a été expliqué : ainsi les signes sur l’autel, le peuple, les servants et le lieu sont neuf[155]. Puis il achève le reste de la prière jusqu’à la fin ; il baise la tête du prêtre assis devant lui ; et tous regagnent leurs places ; et le prêtre baise le seuil de la porte de l’autel, et monte à l’autel et le baise.

Ici commence la lecture de l’Apôtre.

[156]

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LA LITURGIE DE LA PAROLE

feuillets 54 verso à 58 verso

L’encens de l’Apôtre

[ feuillet 54 verso ] — Puis il élève l’encens de l’Apôtre, cinq mains, selon l’ordre de l’élévation de l’encens du soir, sans y rien ajouter ni en rien retrancher ; mais il dit la prière de l’encens de l’Apôtre, Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒϢⲀⲈⲚⲈϨ (« Ô Dieu éternel »), jusqu’au mot ⲠⲒⲀⲦⲀⲢⲬⲎ (« le sans-commencement »), tout entière[157]. Et de même, lorsqu’il achève la prière de l’encens, selon l’ordre du soir, il fait sa descente, donne l’encens aux prêtres et aux autres, encense toute l’église — les hommes et les femmes — et revient à l’autel, selon l’ordre exposé plus haut.

[ feuillet 55 recto ] — Et après ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ ils chantent, sur la mélodie, ⲚⲐⲞ ⲠⲈ ϮϢⲞⲨⲢⲎ (« Tu es l’encensoir »)[158] ; ou bien ils disent ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ (« Cet encensoir ») pour la Vierge, s’il y a loisir ; et après elle ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ (« Nous adorons ») ; sinon, ils disent ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ. Et l’un des diacres psalmodie l’Apôtre en copte ; et après lui, lors de son interprétation en arabe, le prêtre concélébrant dit Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲄⲚⲰⲤⲒⲤ (« Seigneur de la science ») ; et s’il n’a point de concélébrant, le desservant la dit.

Le Catholicon et l’oblation d’Abraham

Et après la lecture du Catholicon en copte, et durant son interprétation en arabe, le prêtre desservant dit en particulier le secret du Catholicon, Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ · ⲪⲎ ⲈⲦⲈ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲈⲔⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ (« Seigneur notre Dieu, qui par tes apôtres… »)[159]. Et lorsque l’interprétation du Catholicon est achevée, ils chantent Ⲫ̅Ϯ ϢⲀⲒ, ⲬⲈⲢⲈ Ⲫ̅Ϯ Ⲙ̀ⲘⲀⲨ, et Ⲕ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ ⲀⲖⲎⲐⲰⲤ (« Béni véritablement »). Puis le prêtre desservant monte au-dessus de l’autel, élève l’encens d’une main, et dit Ⲫ̅Ϯ ⲪⲎ ⲈⲦⲀϤϢⲞⲠ ⲈⲢⲞϤ (« Ô Dieu qui as reçu en toi-même ») tout entière ; puis il dit ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ Ⲙ̀ⲠⲒⲤⲖⲀⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲀⲂⲢⲀⲀⲘ (« Gloire et honneur à l’oblation d’Abraham »)[160].

[ feuillet 55 verso ] — Et l’on s’appuie, pour son ordre, sur trois tours, selon l’ordre du soir, et de même pour le don de l’encens ; mais il n’encense point toute l’église, le chœur seulement ; et lorsqu’il achève de donner l’encens au chœur, et qu’il revient, il ne monte point à l’autel, comme à l’encens du soir et à l’encens de l’Apôtre, mais il se tient devant la porte de l’autel et donne l’encens trois mains, en disant Ⲫ̅Ϯ ⲪⲎ ⲈⲦⲀϤϢⲞⲠ ⲈⲢⲞϤ Ⲛ̀ϮϨⲞⲘⲞⲖⲞⲄⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲤⲞⲚⲒ (« Ô Dieu qui as reçu la confession du larron »), comme il la dit à l’office du soir et du matin, et ici également.

Le Praxis, le Trisagion et l’Évangile

Lorsqu’il achève cela, il suspend l’encensoir, et fait la métanie à l’autel, aux prêtres et aux diacres. Et lorsque la lecture du Praxis en copte et en arabe est achevée, ils disent l’Agios trois fois[161]. Et le prêtre dit la prière de l’Évangile jusqu’à sa fin. Puis l’on entonne le Psaume de la Liturgie, et il répond. Et le prêtre monte au-dessus de l’autel et élève l’encens d’une main, en disant ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ (« Gloire et honneur »).

[ feuillet 56 recto ] — Et l’ordre de l’encens ici, et le Psaume et la procession de l’Évangile, et le don de l’encens au commencement et à la fin, et ce que le prêtre récite en cela, et le baiser de l’Évangile par les prêtres, et tout cela, est consigné dans la récitation du Psaume et de l’Évangile à l’office du soir, et l’on s’y appuie. Mais lors de l’interprétation de l’Évangile en arabe, le prêtre desservant dit ⲠⲒⲢⲈϤⲞⲨⲰⲚϨ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ (« le Révélateur ») ; et s’il a un concélébrant, elle est à celui-ci jusqu’à sa fin.

La prière du voile

Et à son achèvement, le prêtre desservant dit en particulier la prière du voile, et elle est à lui jusqu’à [ feuillet 56 verso ] sa fin — il la dit debout, et c’est Ⲫ̅Ϯ ⲪⲎ ⲈⲐⲂⲈ ⲦⲈⲔⲘⲈⲦⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ (« Ô Dieu qui, à cause de ton amour des hommes »), faisant face au voile[162]. Et à son achèvement, il fait la métanie devant la porte de l’autel.

Les sept tours de Jéricho

Quant à la science des sept tours que le prêtre accomplit au temps de la Liturgie : ils sont le signe des sept tours que les enfants d’Israël firent autour de Jéricho, lorsque Dieu en abattit les murailles, par la main de Josué fils de Nun, le disciple de Moïse le prophète[163]. Et ce sont : trois tours à sa montée au-dessus de l’autel, au temps de l’Apôtre, quand on place l’encens ; et à sa descente et à son encensement du peuple ; et après cela il monte au sanctuaire et tourne une fois autour de l’autel, pour la confession du peuple ; et au temps du Praxis il monte au sanctuaire, et l’on place l’encens selon l’explication donnée, et il tourne trois tours — ce qui parachève les sept tours. Les Pères les ont institués pour abattre par eux la puissance de l’ennemi et la muraille du péché. Et l’encens ne monte plus au sanctuaire, car les sept tours sont accomplis.

Quant au tour de l’Évangile avec l’encens, il est pour les chantres qui se sont préparés au service, afin de faire taire le peuple pour l’écoute de la lecture du saint Évangile, et en son honneur. Car Moïse le prophète ordonna aux fils de Lévi de faire cesser le peuple, afin qu’il se disposât à l’écoute de la Loi. Et ce tour est hors des sept tours. Et quiconque y ajoute devient comme les fils de Coré, qui entrèrent au sanctuaire avec un feu étranger[164].

La révérence due à l’Évangile

[ feuillet 57 recto ] — Quant à la lecture des trois Sanctifications, après la lecture des récits des Pères, c’est pour l’achèvement de leur prédication et l’accomplissement de ce qu’ils ont institué ; et ils ont placé la lecture du saint Évangile à leur suite, pour l’achèvement de leur prédication et la perfection de la foi, car ils l’ont écrit après leur foi et leur prédication. Et quant à l’encens aux lectures du saint Évangile, il est propre au Nouveau et non à l’Ancien, car il est la perfection ; et l’adhésion à l’Évangile est comme l’on adhérait à la Torah, et par lui sont le commandement et la défense. Et quant à son tour autour de l’autel, il est comme les apôtres, les Pères, tournèrent avec lui vers les quatre coins de la terre habitée.

Et quant à sa parole « Tenez-vous avec la crainte de Dieu, et écoutez pour l’audition de l’Évangile de Dieu » : il faut que chacun se tienne debout, qu’il ne marche ni ne parle, qu’il n’occupe son esprit de rien, pour l’écoute de la parole de Dieu ; et qu’ils soient attentifs, soumis, la tête inclinée vers la terre, avec crainte et tremblement, respect et révérence, pour la récitation de l’Évangile. Et nul du peuple ne doit parler, ni s’occuper en prière, ni marcher d’un lieu à un autre ; et si quelqu’un passe par la porte de l’église durant l’audition de la lecture de l’Évangile, il s’arrête et ne marche point jusqu’à ce que celui qui lit ait achevé ; car le lecteur a commandé de se tenir debout, de se taire et d’écouter ce qui est dit.

[ feuillet 57 verso ] — En figure de ce qu’étaient les enfants d’Israël lorsqu’on leur faisait la lecture : ils inclinaient leurs têtes, de peur de regarder vers elle et vers la lumière qui était sur le visage de Moïse[165]. Car, à la lecture de la Loi, il découvrait le voile qui était sur son visage, et ils inclinaient leurs têtes, de peur de regarder son visage ; car quiconque regardait son visage mourait, à cause de la lumière du Seigneur qui reposait sur lui. Et la Loi n’était lue que par le prêtre ou le prophète. Pour cette raison nos pères ont établi que l’Évangile n’est lu que par le prêtre ; et de même, aujourd’hui encore, chez toutes les autres communautés, il n’est lu que par le prêtre. Mais, depuis qu’il a été établi que le diacre le lit, le prêtre se tient le visage tourné vers l’occident, à l’écart de tout le peuple, afin que chacun incline la tête, et que nul désormais ne regarde le prêtre [ feuillet 58 recto ] ni ne s’incline devant l’Évangile.

Aussi faut-il au prêtre de se tenir debout, de ne point marcher, de ne point parler, de ne point s’agiter ; car quiconque parle devient comme Dathan et Abiram, lorsqu’ils s’opposèrent à Moïse et convoitèrent l’œuvre du sacerdoce, et se dressèrent contre Aaron et ses fils, et se mirent à détourner l’attention du peuple, loin de l’audition de la parole de Dieu à Moïse et à Aaron ; et ils marchaient parmi le peuple, et égaraient leurs cœurs contre Moïse et Aaron, et n’avaient honte ni de Moïse, ni de Dieu, ni de la Loi qui était lue ; et Dieu commanda à la terre, et elle ouvrit sa bouche et les engloutit, eux, leurs enfants et leurs bestiaux ; ainsi Dieu les châtia. Pour cette raison nos pères nous ont commandé que nul ne parle au temps de la Liturgie ni au temps de la prière, mais que nous inclinions nos têtes vers la terre et que nous écoutions pour l’audition de l’Évangile. Et lorsque le lecteur dit « Tenez-vous debout et écoutez », il faut au prêtre de ne point parler ni marcher ; et le peuple fait de même.

[ feuillet 58 verso ] — Et après cela ils baisent l’Évangile, pour leur acceptation de la parole de Dieu. Et après l’interprétation de l’Évangile en arabe, ils le reprennent comme de coutume jusqu’à la fin, ⲬⲈ ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« Car il est béni ») ; ils disent ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ · ⲔⲈⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲰⲞⲨ (« Sagesse. Amen. Et à ton esprit »).

Viennent maintenant les demandes qui précèdent le Symbole.

[166]

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LES TROIS GRANDES PRIÈRES

feuillets 58 verso à 60 verso

La paix, les Pères et les assemblées

[ feuillet 58 verso ] — Puis le prêtre commence la lecture des trois grandes prières. La première chose qu’il dit est ⲒⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« Paix à tous »)[167] ; il se tourne vers ses frères les prêtres et incline la tête devant eux. Puis il se tourne vers l’occident et signe le peuple d’un seul signe, figure de la croix. Le total des signes jusqu’ici est de dix. Et lorsqu’il dit, dans la prière du Patriarche, ϢⲞⲨⲠⲞⲨ ⲈⲢⲞⲔ ⲈϪⲈⲚ ⲠⲈⲔⲐⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ (« qu’ils soient offerts à toi sur ton autel »)[168], [ feuillet 59 recto ] il élève l’encens d’une main, et cela suffit jusqu’à la fin de la Liturgie ; et s’il a un concélébrant, elle est à celui-ci. Et lorsqu’il dit la prière de l’Assemblée, qui est ⲚⲈⲚⲬⲒⲚ ⲐⲰⲞⲨϮ (« nos assemblées »), il signe le peuple aussi d’un seul signe, après sa soumission à ses frères les prêtres ; et le total des signes devient onze.

Et après cela il prend l’encensoir en sa main, et donne l’encens à l’autel trois fois. À son dire Ⲫ̅Ϯ ⲦⲰⲚⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Ô Dieu, lève-toi, Seigneur »), et à son dire ⲠⲈⲔⲖⲀⲞⲤ ⲆⲈ ⲘⲀⲢⲈϤ (« et que ton peuple »), il se tourne vers l’occident et donne l’encens trois mains aux prêtres, aux diacres et au peuple. Puis il revient et se tourne vers l’orient, et donne l’encens trois mains, jusqu’à la fin de ⲪⲀⲒ ⲈⲦⲈ (« celui qui ») ; il donne l’encens à son frère le prêtre et lui remet l’encensoir. Et si le concélébrant lui avait déjà remis l’encensoir le premier, il lui donne l’encens auparavant.

Le Symbole de foi

Et lorsqu’ils récitent le Symbole de foi, le prêtre lave sa main du côté de l’autel septentrional, trois fois, et se tourne vers l’occident, et secoue ses mains devant tout le peuple[169] — c’est-à-dire qu’il les avertit de se garder eux-mêmes avant la communion ; [ feuillet 59 verso ] c’est-à-dire qu’il n’y ait rien sur la conscience de celui qui ose recevoir le Corps du Christ et son Sang en étant indigne, de peur qu’il ne lui advienne ce qui advint à Judas l’Iscariote, lorsqu’il reçut le Corps du Christ et son Sang sans en être digne : Satan bondit sur lui et habita en lui, jusqu’à lui faire vendre son Maître et le livrer aux Juifs maudits, qui le crucifièrent — que Dieu nous préserve des tentations ! Puis il essuie ses mains d’un linge propre.

Et lorsque la récitation du Symbole est achevée, le prêtre dit ⲎⲢⲎⲚⲒ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« Paix à tous »), et se tourne vers l’occident et signe le peuple aussi d’un seul signe, après sa soumission aux prêtres ; et le total des signes devient douze.

Le baiser de paix

[ feuillet 60 recto ] — Puis ils récitent la prière de la réconciliation, jusqu’à sa fin. Et lorsque le diacre dit ⲀⲢⲒⲎ ⲀⲤⲠⲀⲌⲈⲤⲐⲈ (« Saluez-vous les uns les autres »)[170], les prêtres se donnent le baiser les uns aux autres, et les diacres les uns aux autres ; et ceci est une figure de la réconciliation que le Christ fit entre les célestes et les terrestres. Car l’Apôtre dit qu’il n’est venu que pour réconcilier les célestes et les terrestres. Quiconque donc a en lui-même contre son frère quelque grief, nécessaire ou non, à ce moment il le lui remet et l’accueille ; et que son accueil ne soit point avec tromperie, fraude et ruse, de peur qu’il ne devienne comme Judas, qui baisa le Maître avec tromperie, fraude et ruse. Puis, lorsqu’ils se sont pardonné et accueillis les uns les autres avec amour et intention pure, ils deviennent participants avec les anges à la Sanctification, qui est : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur des armées ; le ciel et la terre sont remplis de ta sainte gloire. »

Le dialogue de l’anaphore et le chant des séraphins

Et lorsque le chantre a fini, au temps de la réconciliation, le diacre dit l’invitation à l’offrande, ⲠⲢⲞⲤⲪⲈⲢⲒⲚ (« Offrez »). Et lorsque le prêtre dit Ⲟ Ⲕ̅Ⲥ̅ ⲘⲈⲦⲀ ⲠⲀⲚⲦⲞⲚ (« Le Seigneur soit avec vous tous »)[171], il signe le peuple en forme de croix. Et lorsqu’il dit ⲀⲚⲀⲤⲬⲰⲘⲈⲚ ⲦⲀⲤ ⲔⲀⲢⲆⲒⲀⲤ (« Élevons nos cœurs »), il se tourne vers l’orient et signe les servants d’un seul signe. Et lorsqu’il dit ⲈⲨⲬⲀⲢⲒⲤⲦⲒⲤⲰⲘⲈⲚ ⲦⲰ Ⲕ̅Ⲱ̅ (« Rendons grâces au Seigneur »), il se signe lui-même d’un seul signe. Puis il revient à l’orient et dit ⲀⲜⲒⲞⲚ ⲔⲈ ⲆⲒⲔⲈⲞⲤ (« Cela est digne et juste ») trois fois. Et lorsqu’il parvient, à leur lecture, à « Agios, Agios, Agios », il signe aussi trois signes : le premier sur lui-même, le second sur les diacres servants, et le troisième sur le peuple. Ainsi les signes sur lui-même, sur les servants et sur le peuple deviennent six ; et le total devient dix-huit[172].

[ feuillet 60 verso ] — Et ils récitent ⲔⲀⲦⲀ ⲦⲞ Ⲉ̀ⲖⲈⲞⲤ Ⲥ̅Ⲟ̅Ⲩ̅ Ⲕ̅Ⲉ̅ (« selon ta miséricorde, Seigneur »).

Ici commence le canon de l’oblation.

[173]

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L’ANAPHORE DE SAINT BASILE

feuillets 60 verso à 64 verso

Le récit de l’institution : le pain

[ feuillet 60 verso ] — Le diacre desservant présente l’encensoir vers le prêtre desservant ; puis il encense ses mains [ feuillet 61 recto ] sur l’encensoir où est l’encens, trois fois, pour sa préparation, afin de tenir ce qui est placé devant lui et de le porter sur ses mains.

Et à son dire ⲀϤⲬⲰ ⲆⲈ ⲚⲀⲚ Ⲉ̀ϦⲢⲎⲒ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲚⲒϢϮ Ⲙ̀ⲘⲨⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲘⲈⲦⲈⲨⲤⲈⲂⲎⲤ (« et il nous a livré ce grand mystère de la piété »)[174], il montre de sa main le pain et le vin, qui sont placés devant lui. Et lorsqu’il dit ⲀϤϬⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲒⲔ Ⲉ̀ϪⲈⲚ ⲦⲈϤ (« il prit du pain sur ses… »), il prend l’oblation sur ses mains, soulève le voile de soie qui est sur la patène, le baise, le pose sur ses yeux, et le laisse sur l’autel. Et lorsqu’il dit ϨⲀⲢⲞⲔ Ⲉ̀ⲠϢⲰⲒ Ⲉ̀Ⲧ̀ⲪⲈ ⲀϤϪⲰϢⲦ Ⲉ̀ⲠϢⲰⲒ (« vers toi en haut, au ciel, il leva les yeux »), il élève son regard vers le haut. Et lorsqu’il dit ⲈⲦⲀϤϢⲈⲠⲈϨⲘⲞⲦ (« ayant rendu grâces »), il signe l’oblation d’un seul signe ; puis il dit ⲀϤⲤⲘⲞⲨ Ⲉ̀ⲢⲞϤ (« il la bénit »), il signe d’un seul signe ; puis il dit ⲀϤⲈⲢ ⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲙ̀ⲘⲞϤ (« il la sanctifia »), et il signe d’un seul signe ; le total devient trois signes.

Et lorsqu’il dit ⲀϤⲪⲀϢϤ (« il la rompit »), il divise l’oblation en deux tiers et un tiers, doucement, sans en séparer les parties, et sans toucher le spadikon[175], mais en le gardant avec un soin extrême, de peur qu’il ne se fende ou que quelque chose n’en sorte. Et lorsqu’il dit ⲈⲦⲞⲨⲚⲀϤⲀϢϤ Ⲉ̀ϪⲈⲚ ⲐⲈⲚⲞⲨ (« qui est rompu… maintenant »), il dégage un peu le haut de l’oblation, doucement, sans séparer, la pose dans la patène, et essuie ses mains au-dedans de la patène, de peur que quelque chose de l’oblation n’y soit resté attaché.

Le récit de l’institution : le calice

Et lorsqu’il dit ⲠⲀⲒⲢⲎϮ ⲞⲚ ⲠⲒⲔⲈⲀ̀ⲪⲞⲦ (« de même aussi ce calice »)[176], le prêtre le tient de ses doigts, jusqu’à ce qu’il dise, comme pour le premier ; il signe le calice de trois signes : [ feuillet 61 verso ] à son dire ⲀϤⲤⲘⲞⲨ Ⲉ̀ⲢⲞϤ (« il le bénit »), un signe ; ⲀϤⲈⲢ ⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲙ̀ⲘⲞϤ (« il le sanctifia »), un signe ; en tout, trois signes.

[ feuillet 62 recto ] — Puis, après les signes, il le tient en sa main jusqu’à ce qu’il dise ⲬⲈ ϬⲒ ⲤⲰ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ Ⲛ̀ϦⲎⲦϤ ⲦⲎⲢⲞⲨ(« car, prenez, buvez-en tous ») ; il incline le calice en forme de croix, doucement, sans agitation. Et lorsqu’il dit ⲪⲀⲒ ⲄⲀⲢ ⲪⲀⲒ(« car ceci est ceci »), il montre de sa main le calice ; puis, lorsqu’il dit ⲤⲞⲠ ⲄⲀⲢ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲠⲈ ⲠⲀⲤⲚⲞϤ (« car chaque fois… est mon sang »), il montre de sa main l’oblation ; et lorsqu’il dit ⲈⲦⲈⲦⲈⲚⲚⲀⲞⲨⲰⲘ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲀⲒⲰⲒⲔ (« vous mangerez de ce pain »), il montre de sa main le pain ; ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲦⲈⲦⲈⲚⲤⲰ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲀⲒ ⲀⲪⲞⲦ ⲠⲀⲒ (« et vous boirez de ce calice »), il montre de sa main le calice[177].

L’épiclèse et la transformation

Et lorsque le diacre dit ⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀Ⲫ̅Ϯ (« adorez Dieu »), le peuple se prosterne. Puis le prêtre dit la prière du secret de la descente du Saint-Esprit, afin que le pain placé devienne le Corps du Christ, et le vin le Sang du Christ ; et c’est ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚϮϨⲞ Ⲉ̀ⲢⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ (« et nous te supplions, Seigneur notre Dieu »)[178], sa fin étant ⲚⲦⲈ ⲚⲒⲈⲐⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲀⲔ(« de tes saints ») ; le prêtre se montre lui-même, et le pain [ feuillet 62 verso ] et le vin. Car, lorsque le prêtre dit ce grand secret, le Saint-Esprit descend, purifie le prêtre et tout le peuple qui est au-dedans de l’église, de tous leurs péchés — pourvu qu’ils persévèrent après cela dans la pureté et la repentance sincère ; et le pain placé est transformé, et devient le Corps du Christ, et le vin le Sang du Christ.

Et lorsque le prêtre s’écrie, après ce grand secret, et dit ⲞⲨⲞϨ ⲠⲀⲒⲰⲒⲔ ⲘⲈⲚ (« et ce pain »), le prêtre signe à cette parole en particulier trois signes sur l’oblation, avant de dire Ⲛ̀ⲦⲈϤⲀⲒⲀ ⲚⲤⲰⲘⲀ · ϬⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲀϤ (« qu’il devienne un corps saint, le sien »). Car, dès qu’il dit Ⲛ̀ⲦⲈϤⲀⲒⲀ (« qu’il devienne saint »), le Corps du Christ est accompli — celui qu’il prit de Marie la Vierge, qu’il donna à ses purs disciples, par lequel il accepta la Passion vivifiante, fut enseveli, enterré, et ressuscité d’entre les morts, avec lequel il monta aux hauteurs des cieux, et avec lequel il reviendra encore pour juger les vivants et les morts.

L’anamnèse

Et lorsqu’il dit ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ [ feuillet 63 recto ] ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲤ̅Ⲱ̅Ⲣ̅ (« notre Seigneur et notre Dieu et notre Sauveur »), jusqu’à la fin, les mains du prêtre sont étendues devant le Corps pur, la tête inclinée avec soumission au Christ, et de même le peuple. Et lorsqu’il dit ⲪⲀⲒ ⲀⲪⲞⲦ ⲆⲈ ⲞⲚ (« et ce calice aussi »), il signe à cette parole sur le calice trois signes, avant de dire Ⲛ̀ϬⲚⲞϤ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · Ⲛ̀ⲦⲈ Ϯ ⲆⲒⲀⲐⲎⲔⲎ Ⲙ̀ⲂⲈⲢⲒ Ⲛ̀ⲦⲀⲔ (« le sang honoré de ton nouveau testament »)[179]. Car, dès qu’il dit Ⲛ̀ϬⲚⲞϤ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ (« le sang honoré »), le vin placé devant lui devient le Sang du Christ, répandu sur le bois de la croix, qu’il donna à ses purs disciples, et dont il dit : « Ceci est mon sang, répandu sur le bois de la croix pour le salut d’Adam et de sa postérité ; prenez-le pour la rémission de vos péchés. »

Et lorsqu’il dit après cela ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲤ̅Ⲱ̅Ⲣ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ · Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ (« et notre Seigneur et notre Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ »), jusqu’à la fin, les mains du prêtre sont étendues, inclinées avec soumission au Seigneur, lui et le peuple.

Le dénombrement des signes de l’anaphore

[ feuillet 63 verso ] — À partir d’ici, le prêtre n’a plus le pouvoir de signer un seul signe, ni de se tourner vers un supérieur ou un inférieur ; car le Christ est devant lui, immolé ; l’affaire est à lui, et la demande à lui, au commencement et à la fin ; bien plutôt, les signes à partir d’ici sont de lui (le prêtre) et à lui (le Christ). Et ces six signes mentionnés, achevés sur le pain et le vin, sont dix-huit signes ; et de même sur le peuple, les servants et le prêtre, comme il a été dit, dix-huit ; le total est de trente-six signes[180]. Tiens-t’en donc à cela, sans addition ni diminution ; ce qui est au-delà n’a point de règle, et procède de l’ignorance de celui qui le fait.

Et lorsque le prêtre dit ⲐⲀⲒ ⲈⲦⲀⲔϪⲀϤⲞⲤ ⲚⲀⲔ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲒϬⲚⲞϤ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲬ̅Ⲣ̅Ⲥ̅ (« celle que tu t’es acquise par le sang honoré de ton Christ »), il montre de sa main d’abord le Sang, et en second lieu le Corps. Et depuis le commencement de l’anaphore jusqu’au secret de la descente du Saint-Esprit, et au dire du diacre ⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀Ⲫ̅Ϯ, les mains du prêtre sont étendues vers le haut, et son regard élevé, demandant et implorant la descente du Saint-Esprit ; et lorsque le Saint-Esprit descend, et que les dons sont purifiés et transformés, [ feuillet 64 recto ] la demande devient à celui qui est devant lui — que le Christ est devenu immolé entre les mains du prêtre ; de sorte qu’à partir d’ici le prêtre n’a plus le pouvoir de bénir. Car lorsque le Patriarche ou l’évêque est présent, il n’est permis à personne de bénir ; et lorsque le prêtre parvient à ce point, le pain est devenu un Corps et le vin un Sang, de sorte qu’il n’est plus permis à personne de bénir.

La figure du Sinaï

En figure des enfants d’Israël, lorsqu’ils dirent à Moïse le prophète[181] : « Comment Dieu te parle-t-il, tandis qu’à nous il ne parle point, bien que tu sois des enfants d’Israël, et que nous soyons aussi ses fils ? » Et le prophète monta sur la montagne, et pria ; et le Créateur, qu’il soit loué, lui ordonna de leur dire de purifier leurs vêtements et de se laver, et qu’après trois jours ils monteraient sur la montagne, et qu’il leur parlerait. Et ils montèrent ; et la gloire de Dieu apparut sur la montagne, et le rocher fuma, et les tonnerres s’élevèrent, et les éclairs et les tremblements de terre ; le prophète se tenait debout, et se mit à leur faire signe de sa main droite, vers Dieu Très-Haut, et leur dit : « Approchez-vous pour écouter. » Et eux, lorsqu’ils virent la gloire de Dieu, furent saisis d’effroi et tous craintifs, se tinrent à terre, crièrent, et dirent à Moïse le prophète de Dieu : « Nous t’écoutons désormais ; tout ce que Dieu te dira, nous l’écouterons ; et dès maintenant nous nous sommes repentis de ce que nous avons dit. » Alors la nuée, l’obscurité et les feux furent levés. Et pour cette raison nos pères ont établi cette chose : [ feuillet 64 verso ] que le prêtre croise ses mains, et signifie que Dieu est présent parmi nous, et que les fidèles ne doivent point s’opposer aux prêtres dans leurs affaires, mais être sous leur obéissance.

Le pain consacré va maintenant être rompu.

[182]

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LA FRACTION DU CORPS

feuillets 64 verso à 67 recto

La fraction et ses figures

[ feuillet 64 verso ] — Et quant à la fraction du Corps dans la patène, elle est une figure de ce que fit notre Sauveur la nuit de la Passion, lorsqu’il rompit le pain, le leur donna, et leur dit : « Ceci est mon corps. »[183] Et c’est qu’il rompt le tiers, le pose sur les deux tiers, en le signe de la croix, et prend des deux tiers la tête et la queue, [ feuillet 65 recto ] et le pose : l’un à l’orient, l’autre à l’occident, l’autre au nord, l’autre au midi, et le reste du tiers entièrement. Car tout cela est une figure de sa descente sur la terre, et de notre transfert du nord au midi, et de l’accomplissement de la prophétie ; car il fut dit que le sceptre serait pris de la tribu de Juda — la tête et la queue — et il fait signe du nord au midi. Et le tiers signifie le Fils incarné, et les deux tiers signifient le Père et le Saint-Esprit[184].

La commémoraison des offrandes et des défunts

Et lorsque le prêtre dit ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ Ⲛ̀ⲚⲒⲈⲦⲀⲨⲒⲚⲒ ⲚⲀⲔ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ (« souviens-toi de ceux qui t’ont présenté »)[185], il montre de sa main ce qui est placé devant lui, des oblations et des offrandes. Et lorsque le diacre dit ⲚⲒⲈⲦⲰϢ (« ceux qui proclament »), le prêtre dit en secret ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ ⲆⲈ ⲞⲚ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« souviens-toi aussi, Seigneur »).

Et après cela, le prêtre prend sur sa main droite un voile de soie. Car, dès l’instant où le prêtre touche les oblations de sa main — depuis qu’il dit ⲀϤϬⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲒⲔ (« il prit du pain ») jusqu’à la fin de la Liturgie — il ne peut faire signe de sa main au peuple à mains découvertes, mais couvertes d’un voile de soie, par révérence et vénération, parce qu’il a touché les saintes choses[186]. [ feuillet 65 verso ] Lors donc qu’il achève la lecture de ce secret, il enveloppe sa main droite du voile de soie, fait signe avec elle vers l’occident, au peuple, et se tient librement ; et sa main gauche est étendue sur la patène, implorant le Christ ; et l’on récite la Bénédiction jusqu’à sa fin. Et durant cela, les diacres disent la commémoraison des pères patriarches défunts, jusqu’à sa fin : ⲈⲨⲬⲎⲤ ⲔⲈ Ⲩ̀ⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲈⲤ (« prières et intercessions »)[187].

Le prêtre se tourne vers l’autel, et élève les mains ; et de même le diacre desservant élève la croix, et s’écrie ⲀⲂⲂⲀ ⲘⲀⲔⲀⲢⲒ(« Abba Macaire ») jusqu’à sa fin. Et durant cela, le prêtre demande en secret le pardon de ses péchés et des péchés du peuple, et le repos des âmes de nos pères et de nos frères défunts. Puis le prêtre dit ⲚⲎ ⲘⲈⲚ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« ceux-là, Seigneur »), les mains étendues, jusqu’à son dire ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ (« le Corps saint ») ; il prend le Corps pur et le pose sur sa main gauche.

Le mélange du Corps et du Sang

[ feuillet 66 recto ] — Et lorsqu’il dit ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲤⲚⲞϤ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ (« et le sang honoré »), il élève son doigt de dessus le Corps, l’étend vers le calice, et trempe l’index de son doigt dans le sang précieux, sans en mouiller l’ongle. Puis, ayant trempé le bout de son doigt dans le Sang, il le relève ; puis il signe avec lui dans le Sang, en la figure de la croix ; et il relève sa main du calice après l’avoir égouttée, de peur que quelque chose n’en goutte. Et il signe avec le Sang — qui est sur son doigt — sur le Corps pur, un signe au-dessus de ce qu’il a divisé d’abord ; et il signe aussi le dos du Corps par-dessous[188]. Car les signes, comme il a été expliqué, sont de lui et à lui. Ainsi le total des signes ici devient trois ; et ces trois signes sont à l’achèvement de ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ (« le Corps »), jusqu’à ce qu’il dise ⲎⲢⲒⲚⲒ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« Paix à tous »).

Le partage dans la patène

Puis, à partir d’ici, le prêtre commence la récitation de la fraction. Et il divise le Corps pur en deux tiers et un tiers, comme il a divisé d’abord, à son dire ⲀϤⲪⲀϢϤ (« il le rompit »). Il prend le tiers, le pose sur les deux tiers d’en haut, en la figure de la sainte croix. [ feuillet 66 verso ] Il prend une parcelle du haut des deux tiers et la pose au-devant de la patène, à l’orient ; une parcelle du bas, à l’occident ; puis du côté droit du tiers une parcelle, au midi ; et il prend le tiers et le pose au côté de la patène, au nord : cela en la figure de la croix[189]. Puis il prend des deux tiers — celui qui a le spadikon — et le pose au milieu de la patène. Puis il commence la fraction du tiers qui est en sa main ; lorsqu’il achève, il prend le tiers posé d’abord et le rompt ; lorsqu’il achève sa fraction, il prend le tiers qu’il a posé au milieu, en dégage le spadikon en particulier, par le haut, et prend garde qu’il ne se fende ou ne s’émiette ; puis il le pose à sa place, pose le tiers au milieu, et rassemble dessus tout le Corps pur qu’il a divisé. Et si le prêtre est habile et ordonné, [ feuillet 67 recto ] il divise l’oblation avec ordre, jusqu’à ce qu’elle soit divisée et qu’elle demeure intacte ; car c’est là le vrai ordre. Et lorsque cela est achevé, le prêtre frotte ses mains au-dedans de la patène, de peur que quelque chose ne s’y soit attaché, ni une fine parcelle.

L’assemblée s’apprête à parler à son Père.

[190]

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L’ORAISON DOMINICALE ET L’ÉLÉVATION

feuillets 67 recto à 69 recto

Le Notre-Père

[ feuillet 67 recto ] — Et lorsque la récitation de l’oraison de la fraction est achevée, il dit ⲬⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ (« Notre Père »)[191]. Puis le prêtre dit ⲀⲨⲘⲞϨ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ (« ils sont remplis »), et après cela ⲤⲈ ⲦⲈⲚϮϨⲞ Ⲉ̀ⲢⲞⲔ ⲪⲒⲰⲦ Ⲉ̅Ⲑ̅Ⲩ̅ (« oui, nous te supplions, Père saint »). Et après cela, le prêtre dit l’absolution du Père[192], jusqu’à ⲚⲈⲘ ⲠⲈⲔⲖⲀⲞⲤ ⲦⲎⲢϤ Ⲛ̀ⲢⲈⲘϨⲒ (« et tout ton peuple, libre »). Le prêtre enveloppe aussi sa main droite d’un voile de soie, se tourne légèrement vers l’occident, et fait signe de sa main au peuple ; et sa main gauche est étendue, son regard tourné vers le Corps pur, implorant de lui en faveur du peuple ; et ici il commémore l’église, et le peuple, les vivants et les morts, jusqu’à la fin de la récitation de l’absolution.

L’élévation et les choses saintes pour les saints

[ feuillet 67 verso ] — Il se tourne vers l’orient, et le diacre s’écrie de sa plus haute voix ; et les têtes du peuple sont découvertes, et leurs mains levées ; et le diacre disant ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ · ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ · ⲘⲀⲦ · ⲪⲰⲂⲞⲨ · ⲞⲨ ⲠⲢⲞⲤⲬⲰⲘⲈⲚ (« Sagesse. Amen. Et à ton esprit. Tenons-nous avec crainte… »)[193]. Le peuple lui répond de sa plus haute voix ⲔⲨⲢⲒⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ · ⲔⲨⲢⲒⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ (« Seigneur, aie pitié »). Et il élève le Corps jusqu’en haut, au bout de la portée de ses bras, la tête inclinée. Puis le prêtre prend le spadikon, s’écriant de sa plus haute voix, disant aux saints ⲦⲀ ⲀⲄⲒⲀ ⲦⲒⲤ ⲀⲄⲒⲞⲤ (« Les choses saintes pour les saints »)[194]. Et tout le peuple incline la tête, se prosternant devant le Seigneur avec crainte et tremblement, demandant avec larmes et supplication, et battement de poitrine, le pardon de leurs péchés et leur affermissement dans la foi orthodoxe, jusqu’au dernier souffle.

Le mélange et la profession de la Trinité

Puis le prêtre prend le spadikon de sa main droite, et signe avec lui le sang précieux, dans le calice, en la figure de la croix ; et il l’élève, trempé dans le Sang, prenant garde que rien n’en tombe ; [ feuillet 68 recto ] et il signe avec lui aussi le Corps pur qui est dans la patène, tout entier, en la figure de la croix ; puis il le ramène au Sang, et signe aussi dans le Sang ; et le pose dans le Sang, dans le calice, disant ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲦⲞⲤ Ⲕ̅Ⲥ̅ · Ⲓ̅Ⲥ̅ · Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · Ⲩ̅Ⲥ̅ Ⲑ̅Ⲩ̅ · ⲀⲄⲒⲀⲤⲘⲞⲤ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲀⲄⲒⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit le Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu ; sanctification par le Saint-Esprit. Amen »). Le peuple se relève de sa prosternation, et lui répond de sa plus haute voix, disant ⲈⲒⲤ ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ · ⲈⲒⲤ Ⲩ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲀⲄⲒⲞⲤ · Ⲛ̀Ⲛ̅Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲀⲄⲒⲞⲚ ⲀⲘⲎⲚ (« Un est le Père saint ; un est le Fils saint ; un est l’Esprit saint. Amen »)[195].

La confession

Le prêtre dit ⲎⲢⲎⲚⲒ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« Paix à tous ») ; le peuple lui répond ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ (« et à ton esprit »). Puis le prêtre dit la Confession ; au commencement il dit ⲤⲰⲘⲀ ⲀⲄⲒⲞⲚ (« Corps saint »)[196]. Et lorsqu’il dit cela, il prend le tiers qui était placé au milieu de la patène, en prend le spadikon, et le divise en trois parts ; et s’il est grand, il en prend trois parts en ses mains, et divise la portion dans la patène. Et lorsqu’il achève la récitation de la Confession, jusqu’à son dire ⲦⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ · Ⲛ̀ⲚⲎⲂ ⲦⲎⲢⲈⲚ · ϮⲐⲈⲞⲦⲞⲔⲞⲤ · ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ϮⲀⲄⲒⲀ ⲘⲀⲢⲒⲀ (« notre Seigneur de nous tous, la sainte Théotokos, la sainte Marie »).

[ feuillet 68 verso ] — Puis il prend une parcelle de sa main et la pose dans la patène, et prend à sa place du Corps qui est dans la patène, et la pose dans sa main. Et lorsque la récitation de la Confession est achevée, il pose les trois parcelles qui sont en sa main sur le Corps qui est dans la patène, et les garde ; car ce sont elles dont communient lui et ses concélébrants, ou lui et le diacre desservant. Puis il couvre la patène et le calice, chacun d’un voile de soie. Et le diacre dit ⲦⲰⲂϨ Ⲉ̀ϪⲈⲚ ⲚⲒⲬⲢⲎⲤⲦⲒⲀⲚⲞⲤ ⲚⲒⲂⲈⲚ (« priez pour tous les chrétiens »).

Et après cela, le prêtre dit une prière jusqu’à sa fin, la tête inclinée, ses deux mains enveloppées d’un voile de soie. Et lorsque cela est achevé, ils lui répondent tous de leur plus haute voix, disant Ⲣ̅ Ⲛ̀ⲢⲞⲘⲠⲒ (« cent années »). Il se tourne et incline la tête à ses frères les prêtres et les diacres, à droite et à gauche ; et ils chantent ⲀⲖ̅ ⲤⲘⲞⲨ Ⲉ̀ Ⲫ̅ⲚⲞⲨϮ (« Alléluia ; bénissez Dieu ») et ce qui convient à ce moment. Et il se tourne vers la table, et découvre le côté de la patène devant lui.

Les portes du sanctuaire s’ouvrent aux fidèles.

[197]

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LA COMMUNION

feuillets 69 recto à 72 verso

L’oraison avant la communion

[ feuillet 69 recto ] — Et le prêtre demande au Christ de le rendre, lui et tous les communiants, digne de cela, et méritant le pardon de leurs péchés, par leur participation au Corps du Christ et à son Sang pur. Puis le prêtre dit, avant de communier : ⲀⲢⲒⲦⲈⲚ ⲚⲈⲘⲠ̀ϢⲀ ⲦⲎⲢⲈⲚ ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ Ⲉ̀ϬⲒ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲈⲔⲤⲰⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲚⲈⲘ ⲠⲈⲔⲤⲚⲞϤ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · Ⲉ̀ⲞⲨⲦⲞⲨⲂⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲈⲚⲮⲨⲬⲎ · ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲤⲰⲘⲀ · ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ · Ⲉ̀ⲞⲨⲬⲰ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲈⲚⲚⲞⲂⲒ · ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲀⲚⲞⲘⲒⲀ · ϨⲒⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲈⲚϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲤⲰⲘⲀ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲦ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲦ · ⲚⲀⲘⲀⲔ · ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲀⲔ · ⲚⲈⲘ ⲠⲈⲔⲒⲰⲦ Ⲛ̀ⲀⲄⲀⲐⲞⲤ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ · Ⲉ̅Ⲑ̅Ⲩ̅ ϢⲀ ⲈⲚⲈϨ ⲀⲘⲎⲚ[198].

Son interprétation en arabe : « Rends-nous tous dignes, ô notre Roi, de recevoir de ton Corps pur et de ton Sang précieux, pour la pureté de nos âmes, de nos corps et de nos esprits, et le pardon de nos péchés et de nos iniquités, afin que nous devenions un seul corps et un seul esprit avec toi ; car tu es béni, et à toi appartient la gloire, avec ton Père bon et le Saint-Esprit, jusqu’aux siècles. Amen. »

Et certains des prêtres disent : « Ô notre Seigneur Jésus-Christ, rends-nous dignes de recevoir de ton Corps pur et de ton Sang précieux, et qu’il ne nous soit point en jugement, mais comme tu l’as dit à tes purs disciples : “Prenez de mon corps et de mon sang pour le pardon de vos péchés” — qu’il y ait pour nous communion avec tes purs disciples, afin que nous recevions de tes mystères vivifiants [ feuillet 70 recto ] le pardon de nos péchés, la rémission de nos iniquités, la pureté de nos âmes, de nos corps et de nos esprits, et l’affermissement de nos intentions sur la foi sainte, jusqu’au dernier souffle — par les intercessions de la pure sainte Marie et de tous tes saints. Amen. »

La communion du prêtre

Et après cela, il baise de sa bouche le Corps pur, et en communie[199] ; et couvre la patène. Puis il étend la main, découvre le calice, prend le voile sur sa main gauche, élève le calice de dessus le trône, et en communie le Sang précieux du Christ ; et essuie sa bouche avec le voile ; et de même essuie le bord du calice, à l’endroit où il a communié.

La communion du diacre et du peuple

[ feuillet 70 verso ] — Puis le diacre desservant communie ; et s’il est ancien, il lui donne aussi le calice, et lui donne la cuillère par son extrémité. Et le diacre prend le calice, et fait le tour par le côté méridional ; et devant lui un diacre avec son cierge allumé ; tous les servants doivent se prosterner devant lui, la tête inclinée, jusqu’à ce qu’il se tienne du côté septentrional. Et le prêtre commence à communier les jeunes servants, les trempant, un à la fois, après la communion[200]. Et aux adultes il donne le Corps, et le diacre leur donne le Sang avec la cuillère.

Les formules de la communion

Et le prêtre dit, lorsqu’il donne le Corps aux servants et à tout le peuple — le Corps trempé — il dit ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲤⲚⲞϤ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲈⲘⲘⲀⲚⲞⲨⲎⲖ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ · ⲪⲀⲒ ⲠⲈ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲘⲈⲐⲘⲎⲒ · ⲀⲘⲎⲚ (« Le Corps et le Sang d’Emmanuel notre Dieu ; ceci est en vérité. Amen »). Et lorsqu’il donne le Corps pur sans le Sang, il dit ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲈⲘⲘⲀⲚⲞⲨⲎⲖ · ⲚⲈⲚⲚⲞⲨⲚⲞⲨϮ · ⲪⲀⲒ ⲠⲈ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲘⲈⲐⲘⲎⲒ ⲀⲘⲎⲚ (« Le Corps d’Emmanuel notre Dieu ; ceci est en vérité. Amen »)[201]. Et le communiant dit « Amen ».

Et si un prêtre concélébrant est avec lui, le desservant le communie ; après sa propre communion, le desservant place la parcelle dans la main du concélébrant, ou dans la cuillère ; et le concélébrant en communie de sa main. Puis le concélébrant prend le voile de dessus le calice, [ feuillet 71 recto ] le place sur la main du prêtre desservant, et lui donne aussi le calice ; le desservant en communie, et le lui donne ; il en communie, et achève avec lui.

La communion des fidèles

Et si le diacre est jeune d’âge, il n’ose rien de ce que nous avons dit. Puis chacun des servants communie ; et lorsqu’il a fini, il essuie sa bouche avec le voile qui est dans la main du diacre qui éclaire au-dessus de la patène. Et le prêtre, lorsqu’il a fini la communion des servants, porte la patène sur sa main gauche, avec un voile de soie, ses bords repliés au-dedans de la patène, à la mesure, de peur qu’il n’en laisse les bords hors de la patène — Dieu garde que quelque chose de la perle n’y demeure attaché et ne tombe à terre. Et de même le diacre prend garde, [ feuillet 71 verso ] de peur qu’il ne laisse la cuillère de sa main dans le calice et ne heurte de sa manche un autre vase, en sorte que quelque chose n’en tombe à terre, ou qu’elle ne se déplace et ne tombe ; de sorte qu’ils deviennent condamnés de Dieu et des hommes, pour leur négligence et leur défaut de soin.

Et le diacre descend avec le calice du Sang du Christ, et devant lui un diacre ancien, maître de ses sens, avec son cierge ; et sa descente est avant le prêtre. Et après lui le prêtre, portant la patène avec le Corps du Christ, se tourne vers l’occident, descend hors du sanctuaire, et bénit le peuple avec la patène, en la figure de la croix ; et ils se prosternent tous à terre, du plus grand au plus petit, et commencent à communier, l’un après l’autre, comme il a été expliqué. Et quiconque du peuple communie fait la prosternation devant l’autel ; et communie tête découverte ; et lorsqu’il a communié, il ne tourne pas le dos, mais se retire à reculons, peu à peu. Car Judas, lorsqu’il reçut le pain du Maître, tourna le dos au-dehors, troublé par la tromperie de Satan ; que Dieu nous en préserve[202]. Et lorsque la communion des hommes est achevée, il signe avec la patène aussi sur le peuple, en la figure de la croix.

La communion des femmes

[ feuillet 72 recto ] — Et ils se dirigent vers la section des femmes, le prêtre desservant, et devant lui un diacre avec son cierge allumé, pour communier les femmes. Et il appartient à tout le peuple, lorsque les prêtres passent avec le Corps du Christ se dirigeant vers la section des femmes, et au retour du prêtre aussi, que tous découvrent leurs têtes, se soumettent au Seigneur, le remercient, et le glorifient, lui qui les a rendus dignes de ce grand don, que les anges ne peuvent regarder. Et la communion des femmes se fait avec soin et grande circonspection ; car la femme est voilée, nul ne la connaissant ; il appartient donc de l’examiner, ô vous les prêtres, l’examen scrupuleux, de peur que vous ne donniez le Corps du Christ et son Sang sans dignité, et que vous ne deveniez condamnés[203].

Et lorsque le prêtre entre dans la section des femmes aussi, il signe également avec la patène sur elles ; et lorsqu’il a fini de les communier, il les signe ; et son dire, à leur communion, est comme expliqué auparavant pour la communion des hommes. Et lorsqu’il retourne à l’autel, et y monte, il se tourne aussi vers l’occident, et signe le peuple comme il a fait auparavant ; et ils s’inclinent à terre, disant : « Souviens-toi de nous, ô Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume. Saint le Père, saint le Fils, saint le Saint-Esprit, la sainte Trinité. »

Il reste à rendre grâces et à congédier l’assemblée.

[204]

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LA CONCLUSION DE LA LITURGIE

feuillets 72 verso à 74 verso

L’explication du mystère

[ feuillet 72 verso ] — Et quant à ce que nous avons expliqué touchant le Corps et le Sang : cela signifie que le Corps et le Sang sont une seule divinité ; et que sa divinité ne s’est point séparée de son humanité ; et que les trois hypostases sont une seule volonté et une seule opération ; et qu’elle ne s’est point séparée de lui dans l’état de la crucifixion, ni après la crucifixion[205] ; et que ce signe est de lui et par lui. Et que le Maître les fit lorsqu’il rompit le pain et le donna à ses disciples dans la chambre haute ; et que son nom remplit toute la terre.

Et quant à sa couverture par les linges — elle signifie que Jean vint au sépulcre et n’entra point, et que Pierre vint et entra le premier, et qu’ils ne trouvèrent point le Corps du Seigneur ; et son dévoilement signifie son apparition à Marie-Madeleine dans le jardin. Et quant au fait que le prêtre se tourne vers le peuple avec son visage — c’est une figure de notre Seigneur apparaissant à ses disciples les portes étant fermées ; et le fait que le prêtre ne donne point le Corps au peuple dans leurs mains, comme certaines communautés — c’est à cause de sa parole à Marie : « Ne me touche point, car je ne suis pas encore monté vers mon Père ; mais va vers mes frères, et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu » — cela signifie qu’ils prirent son corps et devinrent un avec lui[206].

[ feuillet 73 recto ] — Puis il pose la patène sur l’autel ; et celui qui a le calice fait le tour avec lui, jusqu’à ce qu’il se tienne du côté septentrional de l’autel. Et le prêtre desservant commence — s’il lui reste quelque chose — à le distribuer aux servants anciens.

La communion des enfants

Et quant à la communion des enfants — c’est pour celui qui ne sait pas encore bien manger, ou qui s’agite ou pleure ; sa communion n’est pas de lui donner le Corps directement, mais le prêtre trempe l’index de son doigt dans le sang précieux, et le pose sur le Corps, et pose cela au palais de sa gorge, et leur ordonne qu’ils lui donnent à boire de l’eau[207].

L’ablution

Et lorsque tout cela est achevé, il essuie la patène et le calice, et les examine de son regard ; et celui qui est à ses côtés, des prêtres et des diacres qui éclairent au-dessus de lui — car ils sont les hommes de confiance sur lui, et témoins de ce qui lui arrive — regarde ; et lorsqu’il fait cela, et qu’ils témoignent de la vérité de son affaire, il est [ feuillet 74 verso ] exempt de blâme. Et après cela, il commence par laver le calice, d’abord une fois, et une seconde, et une troisième ; il le donne au diacre desservant pour qu’il le boive du calice. Puis il lave la cuillère au-dedans de la patène ; et de même ses mains, après avoir essuyé l’extérieur de la patène avec l’eau, le second lavage de ses mains ; et il achève le lavage de ses mains une troisième fois et le boit[208]. Puis il essuie la patène avec un linge propre, verse de l’eau sur ses mains, et en asperge un peu sur la table ; puis il essuie son visage de ses mains, et se tourne vers ses frères les prêtres, en haut et en bas, et partage l’eau avec eux de ses mains ; et quiconque la partage sur ses mains essuie son visage de ses mains ; et eux aussi font de même.

La bénédiction et le renvoi

Puis il pose sa main sur les têtes du peuple et les bénit, et leur donne le renvoi, et scelle cela par la récitation de la Bénédiction. Et lorsque cela est achevé, il se tourne et baise l’autel, et fait un tour, disant ⲚⲒⲈⲐⲚⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ ⲔⲰⲖⲀϨ Ⲛ̀ⲚⲈⲦⲈⲚϪⲒϪ (« Vous tous, nations, battez des mains »)[209]. Et s’il ne le sait pas en copte, il le récite en arabe. Et il descend de l’autel, ôte les vêtements du sacerdoce, distribue l’eulogie, et prend garde de peur que quelque chose n’en tombe à terre, et que le peuple ne le foule de ses pieds. Et il renvoie le peuple par la paix du Seigneur[210].

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Et il est achevé, et accompli, avec l’aide de Dieu.

Ici prend fin la liturgie eucharistique selon saint Basile ; le manuscrit ouvre ensuite les rites propres au clergé.

[211]

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Chapitre huitième

L’INTRONISATION DES ÉVÊQUES

Du choix du candidat au siège de sa ville

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Les conditions · la procession et l’entrée · l’imposition des mains · l’intronisation sur la cathèdre

Manuscrit de Paris, arabe 98 — feuillets 75 recto à 87 recto


 

Les conditions requises du candidat

[ feuillet 75 recto ] — Au nom de la sainte Trinité. Voici ce qu’il faut observer dans l’intronisation des nouveaux évêques et métropolites. Lorsque le nouvel évêque arrive en son pays et à son siège, il doit y avoir avec lui cinq évêques, ou trois ; mais en notre temps présent, il est advenu que, s’il se trouve un seul évêque, il supplée au nombre susdit[212]. Et leur logement est en un village de la ville, ou en un monastère voisin ; et viennent à eux ceux dont la présence convient, des gens du siège, et ses prêtres ; et cela, la nuit du dimanche. Et le nouvel évêque s’assied au milieu des pères évêques, et les gens du siège lui font la prostration, chaque pays selon son rite ; et de même les pères évêques.

La première lecture et le cantique

Et l’archidiacre lit l’Évangile ; et l’on répond par le cantique ⲐⲞⲨⲒⲚⲀ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲀⲤⲒⲢⲒ ⲚⲞⲨϪⲞⲘ · ⲐⲞⲨⲒⲚⲀ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲦⲀϤⲤⲀⲦⲤ · ⲐⲞⲨⲒⲚⲀ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲀⲤⲒⲢⲒ Ⲛ̀ⲞⲨϪⲞⲘ · ⲀⲖⲖ[213] (« La droite du Seigneur a fait des prodiges ; la droite du Seigneur m’a relevé ; la droite du Seigneur a fait des prodiges. Alléluia »). Puis l’on dit le « statia » ; et les pères évêques baisent l’Évangile ; et l’archidiacre lit l’Évangile, de l’Évangile de Matthieu, son commencement ⲞⲨⲞϨ ⲈⲦⲀϤϦⲰⲚⲦ Ⲉ̀ Ⲓ̅Ⲗ̅Ⲏ̅Ⲙ̅ (« Et lorsqu’il approcha de Jérusalem »), son commencement « Et lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem », sa fin « et il passa la nuit là » (Matthieu 21, 1-17).

La procession du nouvel évêque

[ feuillet 76 recto ] — Et le second diacre l’interprète parmi les diacres ; et l’on répond par le cantique des Rameaux ⲰⲤⲀⲚⲚⲀ ϦⲈⲚ ⲚⲎⲈⲦϬⲞⲤⲒ (« Hosanna au plus haut des cieux ») ; et l’on achève le reste de la réponse. Puis, après cela, les pères évêques montent, et le nouvel évêque au milieu, sur une haute monture, et il s’y tient ; et le second diacre est auprès de lui, et avec lui le reste des prêtres et tout le peuple devant eux, avec les encensoirs et les croix élevés au-dessus des têtes, et ils chantent « Hosanna » et ce qui convient, jusqu’à ce qu’ils parviennent au milieu de la ville, si possible, ou à la porte de l’église, ou du monastère, où l’on a coutume de faire l’intronisation[214]. Ils se tiennent dehors, et l’un des diacres récite ⲌⲰⲤ Ⲉ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ϦⲈⲚ ⲞⲨϨⲰⲤ Ⲙ̀ⲂⲈⲢⲒ · ⲌⲰⲤ Ⲉ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲔⲀϨⲒ ⲦⲎⲢϤ · Ⲥ̀ⲘⲞⲨ Ⲉ̀ⲠⲈϤⲢⲀⲚ · ϨⲒϢⲈⲚⲚⲞⲨϤⲒ Ⲙ̀ⲠⲈϤⲞⲨϪⲀⲒ Ⲛ̀Ⲉ̀ϨⲞⲞⲨ ϦⲀⲦⲈⲚ Ⲛ̀Ⲉ̀ϨⲰⲞⲨ · ⲀⲖⲖ (« Chantez au Seigneur un cantique nouveau ; chantez au Seigneur, toute la terre ; bénissez son nom, annoncez son salut de jour en jour. Alléluia », Psaume 95, 1-2).

[ feuillet 76 verso ] — Puis l’on dit le « statitha » ; et le second diacre du rite lit l’Évangile, de l’Évangile de Marc, ⲞⲨⲞϨ ⲈⲦⲀϤϦⲰⲚⲦ Ⲉ̀ Ⲓ̅Ⲗ̅Ⲏ̅Ⲙ̅, son commencement « Et lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem », sa fin « avec les douze » (Marc 11, 1-11) ; et l’on répond par le cantique des Rameaux, qui est ⲪⲎⲈⲦϨⲈⲘⲤⲒ ϨⲒϪⲈⲚ ⲚⲒⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲨⲘ (« Ô toi qui sièges sur les chérubins ») ; et l’on achève comme de coutume.

L’entrée dans l’église

Puis, tandis qu’ils se tiennent en leur place, le second père évêque du rite dit les demandes, du livre de l’intronisation ; et ils disent Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲈⲦϦⲈⲚ ⲦⲠⲈ (« Seigneur Dieu tout-puissant qui es au ciel »). Et lorsque la demande parvient à la mention du nom de la ville, il mentionne le nom de la ville, l’église, ou le monastère. Et après cela ils disent « Seigneur, aie pitié » vingt-trois fois. Puis le grand évêque dit cette oraison, du livre de l’intronisation, qui est Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲞⲢ ⲪⲒⲰⲦ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ[215] (« Seigneur Dieu tout-puissant, Père de notre Seigneur et notre Dieu »). Et après cela il s’écrie et dit ⲚⲀⲒ ⲚⲎⲒ Ⲫ̅Ϯ · ⲔⲀⲦⲀ ⲠⲈⲔⲚⲒϢϮ Ⲛ̀ⲚⲀⲒ ⲞⲨⲞϨ ⲘⲀⲢⲞⲨⲈⲢϢⲞⲢⲠ · Ⲛ̀ⲦⲀϨⲰⲚ · Ⲛ̀ϪⲰⲖⲈⲘ Ⲛ̀ϪⲈ ⲚⲈⲔⲘⲈⲦϢⲈⲚϨⲎⲦ ⲈⲦⲞϢ (« Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde ; et que tes abondantes compassions nous préviennent en hâte », Psaume 50, 3 ; 78, 8).

Puis, après cela, ils lèvent les mains, et disent « Kyrie eleison » dix-huit fois. Et après cela le grand évêque dit ⲪⲀⲒ ⲈⲦⲈ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲞⲦϤ (« Celui par qui ») ; puis les prêtres chantent ⲘⲀⲢⲈⲚⲞⲨⲰⲚϨ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ (« Confessons ») tandis qu’ils entrent dans l’église, ou le monastère, jusqu’à la seconde porte. Le grand évêque découvre sa tête, dit la prière de l’action de grâces, et offre l’encens ; et ils chantent « Kyrie eleison » ; et après cela ils disent « Kyrie eleison », l'« Alléluia », le verset, l'« Notre Père », et le Psaume 50, et après lui l'« Agios » trois fois.

Puis le grand évêque dit l’oraison de l’Évangile, et récite ce Psaume ⲈϢⲰⲠ ⲚⲈⲘⲀⲔ · Ⲛ̀ϪⲈ ϮⲀⲢⲬⲎ · ϦⲈⲚ ⲠⲒⲈϨⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲦⲈⲔϪⲞⲘ · ϦⲈⲚ ⲪⲞⲨⲰⲒⲚⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲎⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲛ̀ⲦⲀⲔ · Ⲉ̀ⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ Ⲑ̀ⲚⲈϪⲒ ϦⲀϪⲰϤ Ⲙ̀ⲠⲒⲤⲒⲞⲨ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲤⲀⲞⲨⲒⲚⲀⲘ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ · ⲀⲖⲖ[216] (« À toi la principauté au jour de ta puissance, dans la splendeur de tes saints ; du sein avant l’aurore je t’ai engendré. Le Seigneur à ta droite. Alléluia », Psaume 109, 3). Puis ils chantent ⲘⲀⲢⲞⲨϬ̀ⲀⲤϤ (« Qu’ils l’exaltent »), et le grand évêque lit l’Évangile, de l’Évangile de Matthieu, ⲈⲦⲀϤⲒ ⲆⲈ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲉ̀ ⲚⲒⲤⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲔⲈⲤⲀⲢⲒⲀ (« Et lorsque Jésus vint au territoire de Césarée »), son commencement (Matthieu 16, 13-19 — la confession de Pierre)[217].

La clef de la porte du chœur

[ feuillet 77 verso ] — Et l’on récite ce morceau de la Doxologie, à la manière des Rameaux, qui est ⲀⲔϬⲒ ⲦⲬⲀⲢⲒⲤ Ⲙ̀ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ ϮⲘⲈⲦⲞⲨⲎⲂ (« Tu as reçu la grâce de Moïse le prêtre »). Ils marchent jusqu’à ce qu’ils parviennent à la porte du chœur, qui est fermée ; puis le prêtre ancien s’avance, et remet la clef au nouvel évêque ; et il ouvre la porte de sa main[218]. Et après cela, l’évêque qui récite le rite dit l’oraison de l’Évangile, et récite ce Psaume, qui est Ⲫ̅ⲀⲒ ⲠⲈ ⲠⲒⲈϨⲞⲞⲨ ⲈⲦⲀ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲐⲀⲘⲒⲞϤ · ⲘⲀⲢⲈⲚⲐⲈⲖⲎⲖ (« Voici le jour que le Seigneur a fait ; réjouissons-nous »), [ feuillet 78 recto ] Ⲛ̀ⲦⲈⲚⲞⲨⲚⲞϤ Ⲙ̀ⲘⲞⲚ Ⲛ̀ϦⲎⲦϤ Ⲱ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲈⲔⲈⲚⲀϨⲘⲈⲚ Ⲱ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲈⲔⲈⲤⲞⲨⲦⲰⲚ ⲚⲈⲚⲘⲰⲒⲦ · Ⲁ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲪⲎⲈⲐⲚⲎⲞⲨ ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅[219] (« Réjouissons-nous en lui, ô Seigneur ; sauve-nous, ô Seigneur ; redresse nos voies ; béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », Psaume 117, 24-26).

L’Évangile de l’onction

Puis ils disent ⲘⲀⲢⲞⲨϬⲀⲤϤ (« Qu’ils l’exaltent ») ; et l’évêque lit l’Évangile, de l’Évangile de Luc, ⲞⲨⲞϨ ⲀϤⲦⲀⲤⲐⲞ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ (« Et Jésus s’en retourna »), son commencement « Et Jésus s’en retourna en Galilée par la puissance de l’Esprit », sa fin « mais lui, passant au milieu d’eux, s’en alla » (Luc 4, 14-30). Et l’on répond à ce quatrième Évangile par le cantique de la joie, qui est ⲞⲨ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲈⲦⲬⲎ ϨⲒϪⲰⲒ · ⲈⲐⲂⲈ ⲪⲀⲒ ⲀϤⲐⲀϨⲤⲦ · ⲀϤⲞⲨⲰⲢⲠ Ⲙ̀ⲘⲞⲒ · Ⲉ̀ϨⲒϢⲈⲚⲚⲞⲨϤⲒ Ⲛ̀ⲚⲒϨⲎⲔⲒ · Ⲉ̀ϨⲒⲰⲒϢ Ⲛ̀Ϯ̀ⲢⲞⲘⲠⲒ ⲈⲤϢⲎⲠ Ⲉ̀ⲘⲠⲈⲘⲐⲞ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅[220] (« L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint ; il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer l’année favorable devant le Seigneur », Luc 4, 18-19). Puis on l’achève jusqu’à la fin ⲬⲈ Ⲁ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« car béni »).

Puis ils achèvent la prière par l’oraison de la paix, et le Pape, et l’assemblée, et l'« Notre Père ». Puis le prêtre dit ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Oui, Seigneur, Seigneur ») ; et l’évêque dit Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Toi, Seigneur »), et l’absolution du Fils ; et il élève la croix ; et ils disent « Kyrie eleison » vingt-six fois ; et il scelle cela par la récitation de la Bénédiction. Puis ils chantent ce chant, qui est le lobsh des psalies du mercredi, en sa manière, avec le simandre, qui est Ⲓ̅Ⲉ̅Ⲍ̅Ⲉ̅Ⲕ̅Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲗ̅ ⲠⲒⲠⲢⲞⲪⲎⲦⲎⲤ (« Ézéchiel le prophète »).

L’entrée dans le sanctuaire

[ feuillet 78 verso ] — Puis ils entrent par la porte du chœur avec crainte et révérence ; et à l’entrée du nouvel évêque par la porte du chœur, il dit ainsi ⲀⲞⲨⲞⲨⲰⲚ ⲚⲎⲒ · Ⲛ̀ⲚⲒⲠⲨⲖⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲘⲈⲐⲘⲎⲒ · ϪⲈ ⲈⲒⲈⲒ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ · Ⲛ̀ϦⲎⲦⲞⲨ · Ⲛ̀ⲦⲀⲞⲨⲰⲚϨ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲐⲀⲒ ⲦⲈ ϮⲠⲨⲖⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲈⲢⲈ ⲚⲒⲐ̀ⲘⲎⲒ · ⲚⲀϢⲀⲚϢⲞⲨ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ Ⲛ̀ϦⲎⲦⲤ · ⲀⲖⲖ · ⲆⲞⲜⲀ[221] (« Ouvrez-moi les portes de la justice, afin que j’y entre et que je rende grâce au Seigneur ; c’est la porte du Seigneur, les justes y entrent. Alléluia. Gloire », Psaume 117, 19-20).

[ feuillet 79 recto ] — Et lorsqu’ils parviennent à la porte de l’autel, le nouvel évêque se prosterne devant le Seigneur, et baise le seuil de la porte ; et de même les pères évêques le baisent, et se tiennent en leur place dans le chœur. Et après qu’ils ont chanté « Ézéchiel » jusqu’à sa fin, ils disent ⲬⲈ Ⲁ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« car béni »), et après cela l’Alléluia, « Kyrie eleison » trois fois ; et après cela ils disent ⲈⲀϨⲎⲤⲞⲚ ϨⲘⲀⲤ. Puis ils commencent à offrir l’encens de la prière du matin ; et c’est au père évêque ancien, ou au second après lui dans le rite, et le choix est à eux.

L’encens du matin

Il monte à l’autel, et les pères évêques autour de lui, et le nouvel évêque au-dessous ; et il commence par la prière de l’action de grâces, et offre l’encens comme de coutume, par l’oraison de l’encens du matin, et fait le tour de l’autel, et les prêtres avec lui, avec les cierges en leurs mains, et ils crient « Kyrie eleison » ; et après cela ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ (« nous adorons ») avec le simandre. Et lorsque l’oraison de l’encens est achevée, les prêtres lui donnent l’encens à la porte de l’autel ; et après cela ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲞⲤ (« afin que nous louions »). Puis il dit « Kyrie eleison », l’Alléluia, le verset, et l'« Notre Père », et après cela ⲀⲘⲰⲒⲚⲒ ⲘⲀⲢⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ · ⲀⲘⲰⲒⲚⲒ (« Venez, adorons ; venez ») ; et après cela ⲘⲀⲢⲈⲚϮϨⲞ · Ⲉ̀ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ(« Supplions le Christ notre Dieu »), jusqu’à sa fin ; ils disent le Psaume 50, à la fin duquel il dit ⲀⲖⲖ · ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ(« Alléluia. Gloire à toi, ô Dieu »). Il dit l’oraison des malades, qui est ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ (« ceux qui sont malades »).

L’achèvement de l’office du matin

[ feuillet 79 verso ] — Et après cela ⲠⲒⲞⲨⲰⲒⲚⲒ Ⲛ̀ⲦⲀ ⲠⲘⲎⲒ (« La vraie lumière ») jusqu’à la fin ⲚⲀⲔ ⲚⲀⲒ Ⲱ ⲠⲀⲚⲞⲨϮ ; ils disent « Kyrie eleison » trois fois, puis l’oraison des oblations. Le père évêque donne l’encens à l’autel, et à ses frères les évêques ; puis il donne l’encensoir au prêtre ancien, qui en fait le tour sur le peuple comme de coutume. Et lorsqu’ils parviennent à ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ Ⲱ ϮⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲞⲤ (« Salut à toi, ô Vierge »), ils disent la Doxologie complète, comme il est d’usage le samedi, qui est le samedi de Lumière ; après quoi ils disent ⲀⲔϬⲒ ⲦⲬⲀⲢⲒⲤ (« Tu as reçu la grâce »), et mentionnent le nom des pères évêques au lieu du nom du patriarche. Puis ils disent ⲦⲈⲚϬⲒⲤⲒ (« Nous t’exaltons ») en entier. [ feuillet 80 recto ] — Puis il monte à l’autel, dit l’oraison de l’Évangile, récite le Psaume du matin, et lit l’Évangile du matin ; et ils scellent cela par ⲀⲔϬⲒ ⲦⲬⲀⲢⲒⲤ Ⲙ̀ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ et la récitation de la Bénédiction[222].

Le commencement de la Liturgie

Et après cela ils commencent la liturgie des Mystères comme de coutume : le prêtre ancien monte, prépare le service, et apprête les vases, jusqu’à ce qu’il prenne l’Agneau et fasse le tour de l’autel, et le descende à l’endroit de la bénédiction, vers le grand évêque ; et il le signe comme de coutume. Puis le grand évêque monte à l’autel, et le reste des évêques avec lui, et le nouvel évêque ; et ils se tiennent autour de lui. Et le grand évêque commence par l’oraison de l’action de grâces, puis l’oraison de l’oblation ; et ils chantent ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ (« Sauve, Amen ») selon sa mélodie.

Le revêtement de la chape et l’encens

[ feuillet 80 verso ] — Et après cela, le grand évêque revêt la chape blanche, et de même tous les évêques ; et le nouvel évêque aussi revêt la chape blanche ; et ils chantent Ⲱ ⲚⲒⲤⲀⲂⲈⲨ (« Ô vous les sages »). Puis les évêques s’assoient au-dessus de l’autel, et les prêtres au-dessous de la porte de l’autel ; et le grand évêque dit l’absolution comme de coutume, jusqu’à la fin ⲚⲈⲔⲀⲂⲒⲀⲒⲔ (« tes serviteurs »). Et après cela ils se lèvent et chantent l’hymne de la Vierge pour l’encens, qui est ϮϢⲞⲨⲢⲎ(« l’encensoir »), et après lui ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ. Et les pères évêques offrent l’encens les uns avec les autres, et les prêtres y participent. Le grand évêque dit l’oraison de l’encens Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒϢⲀⲈⲚⲈϨ ⲠⲒⲀⲦⲀⲢⲬⲎ[223] (« Ô Dieu l’éternel, le sans-commencement ») ; et ils font le tour du sanctuaire avec les cierges, trois fois ; puis ils sortent à l’occident de l’église, et les pères évêques s’assoient sur les bancs, et le nouvel évêque au milieu.

Les lectures

Et ils commencent à lire le Prologue, qui est ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲐⲈ ⲈⲞⲨⲞⲚ Ⲛ̀ⲦⲀⲚ ; et ils ne disent point ⲘⲀⲢⲈⲚⲒ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ(« Entrons »), mais ils disent après ⲘⲀⲢⲈⲚⲒ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ : ⲠⲀⲒⲢⲎϮ ϨⲰϤ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲔⲀⲦⲀ ⲪⲢⲎϮ ⲞⲚ ⲈⲦⲈϤϪⲰ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ (« Ainsi le Christ aussi, comme il le dit lui-même »), [ feuillet 81 recto ] jusqu’à la fin ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲄⲀⲢ Ⲫ̅Ϯ (« car la grâce de Dieu ») ; ils disent ⲔⲀⲦⲀ ⲦⲀⲜⲒⲤ (« selon l’ordre »). Et pendant cela, les prêtres donnent l’encens aux pères évêques selon leur rite, trois par trois, à chacun. Et après cela ils disent, sur la mélodie de l’Apôtre, ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ (« Nous adorons ») ; et ils donnent l’encensoir au prêtre ancien, qui en fait le tour de l’église ; et les leçons sont lues en copte et en arabe, selon l’usage : l’Apôtre, le Catholicon, et le Praxis, en copte et en arabe. Et les pères évêques sont assis en leur place sur les bancs ; et pendant la lecture du Praxis en arabe, les pères évêques tiennent le nouvel évêque, et l’on allume les cierges[224].

L’investiture du nouvel évêque

[ feuillet 81 verso ] — Et ils se lèvent et entrent dans le sanctuaire ; et ils l’ont revêtu de ses insignes, à la figure de la croix ; et il tient l’acte de profession copte en sa main droite, et l’acte arabe en sa main gauche, et ils font le tour de l’autel, et de toute l’église, et ils chantent le morceau grec, qui est Ⲟ ⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ[225] (« Ô Fils unique ») jusqu’à la fin. Ils reviennent et s’assoient en leur place, à l’occident sur les bancs, et le nouvel évêque au milieu. Puis le voile est récité devant lui, en copte et en arabe. Puis ils disent ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ à la manière de l’Apôtre. Puis le grand évêque se lève, et lit l’acte copte, à la manière de l’Apôtre, jusqu’à l’endroit ⲞⲨⲞϨ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲒⲞⲨⲀⲒ ; et les prêtres l’achèvent, jusqu’à l’endroit ⲔⲀⲦⲀ Ⲛ̀ⲢⲎϮ Ⲛ̀ⲀⲀⲢⲞⲚ (« à la manière d’Aaron ») ; ils récitent ce qui est dans l’acte, jusqu’à ce qu’il finisse à sa parole ⲈⲨⲂⲎⲖ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ (« déliés dans les cieux ») ; il achève le reste de l’acte. Et il dit ⲈⲢⲈ ⲠⲒⲤ̀ⲘⲞⲨ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲈ̀ⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ · ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ · ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · ⲈϤⲈⲒ Ⲉ̀ϦⲢⲎ[226] (« Que la bénédiction de l’évêque, notre père saint, Abba un tel, descende »).

La lecture de l’acte et le livre de la Bénédiction

[ feuillet 82 recto ] — Puis, après cela, le second évêque commence à lire l’acte en arabe, à la suite ; et le troisième évêque lit le livre de la Bénédiction, qui est en sa main, venu de la cellule patriarcale. Et s’il n’y a point de troisième évêque, le premier évêque le lit, ou l’un des prêtres, ou l’un des diacres habiles. Puis, après cela, le grand évêque dit les vertus de l’Esprit Saint, telles qu’elles se trouvent dans l’Apocalypse, et elles sont celles-ci : Ⲡ̅Ⲓ̅ Ⲓ̅Ⲃ̅ Ⲛ̀ⲀⲢⲈⲦⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ · ⲈⲦⲤϦⲎⲞⲨⲦ · ϦⲈⲚ ⲚⲒⲄⲢⲀⲪⲎ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ · ⲈⲦⲈ ⲚⲀⲒ ⲚⲈ Ⲛ̀ⲞⲨⲢⲀⲚ · ⲈⲨⲈϢⲰⲠⲒ · ⲈϪⲈⲚ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ Ⲛ̀Ⲉ̀ⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ · ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅[227] (« Les douze vertus de l’Esprit Saint, écrites dans les saintes Écritures, qui sont par leur nom ; qu’elles soient sur notre père saint l’évêque, Abba un tel »).

Les douze vertus de l’Esprit Saint

[ feuillet 82 verso ] — Les douze vertus de l’Esprit Saint, qui sont écrites dans les saints livres, dont voici les noms ; qu’elles descendent sur la tête de notre père l’évêque, notre père un tel[228] : la première, l’amour (ϮⲀⲄⲀⲠⲎ) ; la deuxième, l’espérance (ϮϨⲈⲖⲠⲒⲤ) ; la troisième, la foi (ϮⲠⲒⲤⲦⲒⲤ) — qu’elles descendent (ⲈⲨⲈϢⲰⲠⲒ) — la quatrième, la pureté (ⲠⲒⲦⲞⲨⲂⲞ) ; la cinquième, la virginité (ϮⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲒⲀ) ; la sixième, la paix (ϮϨⲒⲢⲒⲚⲒ) — qu’elles descendent — la septième, la sagesse (ϮⲤⲞⲪⲒⲀ) ; la huitième, la justice (ϮⲆⲒⲔⲈⲞⲤⲨⲚⲎ) ; la neuvième, la chasteté (ϮⲀⲄⲚⲒⲀ) — qu’elles descendent — la dixième, la continence (ϮⲈⲄⲔⲢⲀⲦⲒⲀ) ; la onzième, la longanimité (ϮⲘⲈⲦⲢⲈϤϢⲞⲨⲚϨⲎⲦ) ; la douzième, l’ascèse (ⲀⲤⲔⲎⲤⲒⲤ) — qu’elles descendent.

Puis, après les avoir récitées en copte, le second évêque les interprète en arabe. Et lorsqu’ils disent « qu’elles descendent sur la tête du père évêque un tel », tout le peuple répond « Amen ». Et lorsque cela est achevé, ils chantent la doxologie Watos pour le père Marc l’Évangéliste, qui est ⲘⲀⲢⲔⲞⲤ ⲠⲒⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ[229] (« Marc l’Apôtre »).

Les prières au-dessus de l’autel

[ feuillet 83 recto ] — Puis le grand évêque monte à l’autel, et le nouvel évêque se tient devant lui, la tête inclinée, et les évêques autour de lui. Et lorsque la doxologie de Marc est achevée, ils disent « Kyrie eleison » trois fois, et le grand évêque dit le Chbahmot au-dessus de l’autel, jusqu’à sa fin. Il offre l’encens avec les évêques et les prêtres comme de coutume, et dit l’oraison de l’encens ; et ils chantent ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ (« Nous adorons le Père »), « Kyrie eleison », avec le simandre comme de coutume. Et ils font le tour du sanctuaire trois fois, et donnent l’encens aux pères évêques à la porte de l’autel. Lorsque cela s’achève, ils disent ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ ⲈⲢⲞⲔ (« afin que nous te louions »), et après cela « Kyrie eleison » trois fois. Et le second évêque dit ⲦⲞ Ⲕ̅Ⲉ̅ ⲈⲀϨⲈⲐⲰⲘⲈⲚ. Et le grand évêque dit — dirigeant cette demande vers l’orient, au-dessus de l’autel, tandis que le nouvel évêque se tient devant la porte de l’autel, la tête inclinée —, et elle est celle-ci : [ feuillet 83 verso ] Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒϪⲞⲘ (« Seigneur Dieu des puissances »). Puis ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Puis le prêtre concélébrant dit ⲞⲀⲒ ⲈⲢⲈⲦⲈⲚ ⲐⲞⲚⲞⲨ Ⲛ̀ⲔⲀⲖⲞⲤ jusqu’à sa fin. Ils disent « Kyrie eleison » trois fois.

L’imposition des mains

Puis l’évêque donne la paix, et ils lui répondent ⲈⲔⲐⲎ ⲚⲀⲐⲤ. Et le grand évêque s’écrie Ⲟ ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲒ — « Étendez vos mains, ô évêques » — ; alors les évêques étendent leurs mains sur le nouvel évêque[230]. Et le second évêque, ou l’archidiacre, dit ⲦⲰⲂϨ ⲈϪⲈⲚ ϮϨⲒⲢⲎⲚⲎ (« Priez pour la paix ») en son entier ; et à chaque demande ils lui répondent « Kyrie eleison ». À la fin de cela, tout le peuple lève les mains, et ils s’écrient « Kyrie eleison » cinquante fois. Puis le grand évêque dit cette oraison ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ[231] (« Ô Maître, Seigneur tout-puissant »), et après elle « Kyrie eleison » trois fois. Puis le second évêque dit cette oraison jusqu’à sa fin, qui est Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲠⲒϢⲀ ⲈⲚⲈϨ (« Ô Dieu le grand, l’éternel »).

Le psaume et les prophéties

Puis l’on allume les cierges, et le clergé chante ce Psaume en sa manière, avec le simandre jusqu’à sa fin, qui est ⲚⲒⲈⲐⲚⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ Ⲥ̀ⲘⲞⲨ Ⲉ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Toutes les nations, bénissez le Seigneur », Psaume 116). Et ils disent le verset, font le tour de l’autel une fois, en descendent et sortent, et les pères évêques s’assoient, soit à l’occident sur les bancs, soit à côté du chœur. Et à sa fin ils ordonnent ⲀⲖⲖ · ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ[232]. Puis l’un des diacres et des prêtres habiles lit les prophéties au-dessus de l’ambon, en copte et en arabe ; et ce sont deux prophéties tirées des livres des Rois, qui est la prière de David, et ce qui la précède. Et ils ordonnent au peuple de s’asseoir. Puis ils se lèvent et entrent dans le chœur, chantant ⲪⲚⲀⲨ Ⲙ̀ⲠⲒⲤ̀ⲘⲞⲨ · ⲠⲀ ⲠⲀⲒ jusqu’à sa fin.

Le livre des Évangiles sur la tête et l’acclamation Axios

[ feuillet 84 recto ] — Et pendant cela, le grand évêque monte à l’autel — et l’on dresse le nouvel évêque devant le sanctuaire, face à celui qui est assis sur la cathèdre —, la tête inclinée, et les évêques autour de lui. Et ils prennent le livre des saints Évangiles d’au-dessus de l’autel et le placent sur sa tête. Et le grand évêque dit ainsi :

Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ Ⲛ̀ⲞⲨⲤⲒⲞⲨⲦⲀⲦⲞⲤ · Ⲛ̀ⲦⲒⲦⲢⲒⲤ · ⲘⲀⲔⲀⲢⲒⲞⲤ · Ⲛ̀ⲀⲒⲆⲀⲤⲔⲀⲖⲞⲤ · ⲠⲒⲘⲈⲚ ⲠⲒⲘⲈⲚⲞⲤ · ⲀⲢⲬⲎⲈⲢⲈⲨⲤ · ⲀⲢⲬⲎⲈⲢⲈⲰⲚ · ⲘⲈⲄⲀ ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲨ · ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · ⲈϪⲈⲚ ⲠⲒⲐ̀ⲢⲞⲚⲞⲤ · Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲠⲞⲨⲖⲒⲤ · Ⲙ̀ⲘⲀⲒⲠ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · ⲔⲈⲦⲞ ⲚⲞⲨⲘⲒⲀ · ⲘⲀⲀⲨⲦⲎⲤ ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ · Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ · ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ · ⲀⲘⲎⲚ[233]

(« Digne, digne, digne ! Notre père saint, très digne, trois fois bienheureux, docteur, pasteur des pasteurs, grand-prêtre des grands-prêtres, grand évêque, Abba un tel, sur le trône de cette cité, l’ami du Christ, un tel, et légitimement son pasteur, au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit Saint. Amen. ») [ feuillet 84 verso ] Puis ils disent Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲁ̅Ⲝ̅Ⲓ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ Ⲟ ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ (« Digne ! un tel, l’évêque »). Puis le peuple lui répond « Axios » trois fois au-dessus du sanctuaire et trois fois au-dessous. Puis le second et le troisième évêque disent de même, et chacun lui répond « Axios », comme il a été exposé, trois fois trois.

Les prières après l’acclamation

[ feuillet 84 verso ] — Puis l’archidiacre dit, après « Kyrie eleison » trois fois, cette oraison ⲘⲀⲢⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲫ̅Ϯ ⲈⲦⲒⲈⲔⲦⲈⲚⲞⲤ (« Prions Dieu avec ferveur »), et on la récite ; et à la fin de chaque demande ils répondent « Kyrie eleison ». Puis le grand évêque dit Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ϢⲞⲠ ⲈⲢⲞⲔ Ⲙ̀ⲠⲈⲚϮϨⲞ (« Seigneur, reçois notre supplication ») jusqu’à sa fin ; ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Et le grand évêque dit ϨⲢⲒⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« Paix à tous ») ; ils lui répondent ⲪⲎⲈⲦ ϢⲞⲠ ⲪⲚⲎⲂjusqu’à sa fin. Ils étendent l’Évangile sur sa tête. Et le grand évêque dit « Axios », et ils répondent « Axios », trois fois trois ; et de même les autres évêques disent « Axios ».

Les huit louanges

[ feuillet 85 recto ] — Et après cela, les pères évêques disent huit pièces de louange, et à la fin de chacune ils disent « Axios », trois fois trois[234] ; et elles sont celles-ci : la première, ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲛ̀Ϯ̀ⲀⲄⲒⲀ ⲦⲢⲒⲀⲤ (« Au nom de la sainte Trinité ») ; la deuxième, ⲤⲈ ⲤⲈⲈⲢⲚ̀ⲐⲞⲢⲞⲚⲒⲌⲒⲚ (« Oui, qu’on l’intronise ») ; la troisième, ⲈⲢ̀Ⲛ̀ⲐⲞⲢⲞⲚⲒⲌⲒⲚ (« intronisez-le ») ; la quatrième, Ⲛ̀Ϯ̀ϢⲈⲂⲒⲰ (« la rétribution ») ; la cinquième, ⲈⲚⲈⲠⲢ̀Ⲛ̀ⲐⲞⲢⲞⲚⲒⲌⲒⲚ (« nous l’intronisons ») ; la sixième, ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲈⲦⲀϪⲈⲔ Ⲉ̀ⲂⲞⲖ (« la grâce qui rend parfait ») ; la septième, ϦⲈⲚ Ⲡ̀Ϯ̀ⲘⲀϮ (« dans le consentement ») ; la huitième, ⲈⲚϪⲰⲘⲈⲚ ϪⲒϪ (« nous imposons les mains »).

L’intronisation sur la cathèdre

Puis après cela, l’on place la cathèdre nouvelle devant la porte de l’autel, et l’on y assoit le nouvel évêque, le visage vers l’orient, et les évêques debout autour de lui, et le grand évêque au-dessus de l’autel. Il dit cette oraison, et celle qui la suit ; et à chacune d’elles, les évêques saisissent le nouvel évêque, et l’élèvent, et le placent sur la cathèdre, trois fois, à la manière du baptême[235] ; après chaque oraison, « Axios », trois fois trois. La première oraison ⲈⲚⲈⲠⲢ̀Ⲛ̀ⲐⲞⲢⲞⲚⲒⲌⲒⲚ, la deuxième, la troisième ⲪⲎⲈⲦⲀϤⲈⲢⲞⲨⲰ Ⲛ̀ⲚⲒ ⲤⲒⲦⲈⲚ ⲠⲒϨⲘⲞⲦ (« celui qui a répondu… par la grâce »).

Le baiser de paix

Puis l’on assoit le père évêque sur la cathèdre nouvelle, de nouveau le visage vers l’occident, et les évêques lui font la métanie selon leur rite, un à un, et il les baise sur la bouche et sur le visage, à droite et à gauche. Et tout le peuple chante « Axios » selon la mélodie. Et après les pères évêques, les prêtres le baisent, puis les diacres, puis tout le peuple lui font la métanie et reçoivent sa bénédiction, tandis qu’ils chantent « Axios » selon la mélodie, jusqu’à ce que tous aient achevé[236].

Le synthronon et le psaume du trône

[ feuillet 85 verso ] — Et lorsque tout cela est complet, ils chantent « Agios » trois fois, et le verset. Et pendant cela, les pères évêques montent au sommet du synthronon, et le nouvel évêque se tient au milieu, le visage vers l’occident, et les évêques autour de lui, et les prêtres devant eux, les cierges en main[237]. Et après « Agios », ils chantent ainsi selon la mélodie ⲪⲚⲀⲨ Ⲙ̀ⲠⲒⲤ̀ⲘⲞⲨ jusqu’à sa fin, ⲚⲒⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲒⲘ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲘⲈⲐⲘⲈⲐⲢⲈ (« les Chérubins du témoignage »), ϮⲤ̀ⲔⲨⲚⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲘⲈⲐⲘⲈⲐⲢⲈ (« le tabernacle du témoignage ») jusqu’à sa fin.

[ feuillet 86 recto ] — Puis le nouvel évêque se tourne vers l’orient, en sa place, et dit l’oraison de l’Évangile ; et après elle il intone ce Psaume ⲠⲈⲔⲐⲢⲞⲚⲞⲤ Ⲫ̅Ϯ ϢⲀ ⲈⲚⲈϨ (« Ton trône, ô Dieu, est éternel »), ⲠⲒⲈϨⲂⲰⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲦⲈⲔⲘⲈⲦⲞⲨⲢⲞ (« le sceptre de ton royaume »), ⲀⲖ̅Ⲗ̅ · ϪⲈ ⲀⲔⲘⲈⲚⲢⲈ ⲐⲘⲎⲒ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲔⲘⲈⲤⲦⲈ ϮⲀⲚⲞⲘⲒⲀ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ · ⲈⲐⲂⲈ ⲪⲀⲒ ⲀϤⲐⲀϨⲤⲔ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲈⲔⲚⲞⲨϮ Ⲛ̀ⲞⲨⲚⲈϨ Ⲛ̀ⲐⲈⲖⲎⲖ ⲀⲖ̅Ⲗ̅[238] (« Alléluia, car tu as aimé la justice et haï l’iniquité, Alléluia ; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile d’allégresse, Alléluia », Psaume 44, 7-8).

L’Évangile du bon Pasteur

Puis ils disent ⲘⲀⲢⲞⲨϬⲀⲤϤ. Et le nouvel évêque père lit l’Évangile en copte, se tenant à l’orient, au sommet du synthronon, le visage vers l’occident. Son commencement est de l’Évangile de Jean ⲀⲘⲎⲚ ⲀⲘⲎⲚ ϮϪ̀Ⲱ Ⲙ̀ⲘⲰⲤ ⲚⲰⲦⲈⲚ ϪⲈ (« En vérité, en vérité, je vous le dis »), jusqu’à ce qu’il finisse à sa parole ⲪⲎⲈⲦⲈ ⲚⲀϤⲚⲎⲞⲨ ⲀⲚ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ [ feuillet 86 verso ] ⲀⲚⲞⲔ ⲠⲈ (« celui qui n’entre point… c’est moi », Jean 10, 1-16). Puis les évêques tiennent le livre de l’Évangile et l’étendent sur sa tête, et ils disent « Axios » avec son nom et le nom des sièges, comme il a été écrit auparavant ; puis ils répondent « Axios », trois fois trois. Et lorsque la lecture de l’Évangile est achevée, ils y répondent par ce répons Ⲙ̀ⲪⲢⲎϮ Ⲛ̀ⲞⲨⲘⲀⲚⲈⲤⲰⲞⲨ · ⲀϤⲀⲘⲞⲚⲒ Ⲙ̀ⲠⲈϤⲞϨⲒ[239] (« Comme un pasteur, il paît son troupeau ; en son bras élevé il rassemble les agneaux », Isaïe 40, 11). Puis ils disent ⲰⲤⲀⲨⲦⲞⲤ (« pareillement »). Puis le nouvel évêque père achève la Liturgie, selon l’usage, et les évêques autour de lui, à sa droite et à sa gauche.

L’achèvement de la Liturgie

[ feuillet 86 verso ] — Et au temps du Prosphorin, ils disent ⲀⲨⲈⲚ ⲠⲒⲈⲢ̀ⲬⲎⲈⲢⲈⲨⲤ (« pour le grand-prêtre ») ; et au temps de l’oblation, ils disent ⲀⲨⲈⲚ Ϯ̀Ⲧ̀ⲢⲀⲠⲀⲌⲀ [ feuillet 87 recto ] Ⲛ̀ⲚⲞⲨⲂ[240] (« pour la table d’or »). Puis ils disent l’hymne de l’Esprit Saint ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ[241] (« l’Esprit Paraclet »). Et c’est lui — le nouvel évêque — qui donne le renvoi, et distribue l’eulogie ; et après cela ils disent devant lui ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ (« béni »), à la manière alexandrine.

Le banquet et le renvoi

Puis ils se dirigent vers la maison du banquet, et l’y assoient au milieu, et c’est lui qui bénit ; et lorsque le banquet est achevé, il dit la Bénédiction, et renvoie le peuple à ses demeures dans la paix du Seigneur[242].

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Ainsi est achevée l’intronisation des nouveaux évêques pères, dans la paix du Seigneur. Puis ils célèbrent trois jours de fête, à cause de Celui qui est ressuscité d’entre les morts le troisième jour, dans la paix du Seigneur — que sa miséricorde soit sur nous.

Et grâce soit rendue à Dieu, toujours.[243]

[244]

❦   ⳨   ❦

 

 

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Chapitre neuvième

L’ORDINATION DES PRÊTRES ET DES DIACRES

L’imposition des mains aux trois degrés du service de l’autel

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L’ordination des prêtres · l’achèvement et la première Liturgie · l’ordination et la procession des diacres

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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L’ORDINATION DES PRÊTRES

feuillets 87 verso à 88 verso

Au nom de la sainte Trinité.

Le médecin des âmes

[ feuillet 87 verso ] — L’ordre de la consécration des pères higoumènes et des prêtres, selon ce qui a été exposé. Les prêtres présentent celui qu’ils ont choisi, après l’avoir examiné ; car il devient un médecin des âmes spirituelles, et le médecin doit être exempt de défauts. Nous demandons à Dieu le secours et le bon ordre des affaires pour ses serviteurs. Amen[245].

L’imposition de la main

Et après cela, les prêtres présentent celui qu’ils ont choisi, devant l’autel de Dieu, après la lecture de l’oraison de la réconciliation. Et ils font la métanie pour lui, devant le chef des prêtres ; puis lui aussi fait la métanie, et reçoit la croix du patriarche. Puis le chef des prêtres signe son front trois fois, en disant ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ · ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ · ⲞⲨⲚⲞⲨϮ ⲈⲚⲞⲨⲰⲦ (« Au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit Saint, un seul Dieu »). Puis il dit ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ ⲞⲨⲚⲞⲨϮ ⲈⲚⲞⲨⲰⲦ (« l’Esprit Saint, un seul Dieu ») ; puis ils lui répondent « Kyrie eleison » trois fois. Puis le patriarche dit ϨⲢⲒⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« Paix à tous ») ; le peuple lui répond ⲔⲀⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ (« et avec ton esprit »). Puis le patriarche se tourne vers l’orient, et dit la prière de l’action de grâces. Le candidat se tient debout devant l’autel, la tête inclinée vers le Seigneur, un linge blanc étendu sur lui.

L’encens et les acclamations

Et lorsque le Chbahmot est achevé, il offre l’encens, avec l’oraison de l’encens de l’Apôtre comme de coutume, et ils chantent « Kyrie eleison » ; et après cela, avec le simandre, ⲬⲈⲢⲈ ϮⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ (« Salut à l’Église »), et après cela ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲀ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ (« Nous adorons le Père, par les intercessions, par les prières »). Et si celui que l’on consacre est un prêtre, ils disent ⲬⲈⲢⲈ ϮⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ après Ⲛ̀ϨⲰⲞⲨ Ⲛ̀ⲀⲤⲰⲘⲀⲦⲞⲤ (« les armées incorporelles »), ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲒⲔⲀ̅ Ⲙ̀ⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ (« Salut à l’ordre du presbytre »). Et si celui que l’on consacre est un higoumène, ils disent ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲘⲀⲢⲔⲞⲤ[246] (« Salut à notre père Marc ») en entier, et ils complètent comme il a été exposé.

Les pétitions et le revêtement

Après cela ils disent « Kyrie eleison » trois fois ; puis le patriarche dit Ⲛ̀ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ ; ils lui répondent ⲔⲀⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ. Puis le patriarche père récite les pétitions consignées dans le livre de la consécration, jusqu’à la fin de l’oraison du classement. Il le revêt de l’instrument du sacerdoce[247]. Et si celui que l’on consacre est un higoumène, ils disent à la manière de ⲠⲒⲔⲈⲂⲈⲢⲚⲒⲦⲎⲤ (« le gouvernail ») [ feuillet 88 recto ] Ⲛ̀ⲐⲞ ⲔⲞⲨϪⲒ ⲀⲚ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲘⲈⲦϨⲨⲄⲈⲘⲰⲚ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲒⲞⲨⲆⲀ · ⲈϤⲈⲒ ⲄⲀⲢ ⲈⲂⲞⲖ Ⲛ̀ϪⲈ ⲞⲨϨⲨⲄⲞⲨⲘⲈⲚⲞⲤ · ⲪⲎⲈⲐⲚⲀⲀⲘⲞⲚⲒ[248] (« Tu n’es pas la moindre parmi les chefs de Juda, car de toi sortira un guide, qui gouvernera », Matthieu 2, 6) ⲦⲰⲂϨ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ Ⲙ̀ⲠⲈⲖⲖⲀⲞⲤ Ⲙ̀ⲠⲒⲤⲀ̅ (« Prie, notre père un tel, pour le peuple du premier rang »).

Le revêtement du prêtre et l’exhortation

[ feuillet 88 recto ] — Et si celui que l’on consacre est un prêtre, lorsqu’il le revêt de l’instrument du sacerdoce, ils chantent avec l’hymne de l’Esprit Saint ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ (« l’Esprit Paraclet »), et après lui ⲦⲰⲂϨ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Priez le Seigneur ») pour le patriarche. Puis ils disent « Kyrie eleison » trois fois ; le patriarche dit ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ ; le peuple répond ⲔⲀⲦⲀ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒⲤⲞⲨ. Puis le patriarche dit l’oraison de l’action de grâces, vers l’orient ; et après cela « Kyrie eleison » trois fois. Puis le patriarche descend de l’autel, et récite sur le consacré l’exhortation. Et après cela, le candidat se soumet de nouveau au Seigneur, devant l’autel, et reçoit la croix de la main du patriarche, et monte à l’autel, et le baise. Et il le place à sa droite, et ils chantent pour la réconciliation, avec le simandre, ⲀⲘⲞⲨ ⲰⲀⲢⲞⲚ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ[249] (« Viens à nous aujourd’hui »).

La communion du nouveau prêtre

[ feuillet 88 verso ] — Et lorsque le service de la Liturgie est achevé, jusqu’à la fin de ce qu’ils disent Ⲣ̅ Ⲛ̀ⲢⲞⲘⲠⲒ (« cent années »), ils ne disent point ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲤⲘⲞⲨ Ⲉ Ⲫ̅Ϯ (« Alléluia, bénissez Dieu ») ; mais ils gardent le silence, jusqu’à ce que le patriarche père communie, et le prêtre concélébrant, et tous les prêtres, la tête découverte. Puis le nouvel higoumène consacré, ou le prêtre, s’avance vers le patriarche père, et communie avec lui, et participe avec lui à la fraction du Corps pur. Et lorsqu’ils ont participé à la fraction, chacun divise ce qu’il a en trois parts, et le place dans la paume de sa main droite, et place sa paume droite au-dessus de sa paume gauche. Et le seigneur patriarche père lui enseigne la confession, depuis ϪⲈ ⲐⲀⲒ ⲦⲈ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲘⲈⲐⲘⲎⲒ · ⲤⲰⲘⲀ ⲀⲄⲒⲞⲚ[250] (« Ceci est, en vérité, le Corps saint ») jusqu’à ⲀⲘⲎⲚ (« Amen »). Le patriarche père prend le Corps, qui est dans la main du nouveau prêtre.

La suite mène le nouveau prêtre au terme de son investiture.

[251]

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L’ACHÈVEMENT DE L’ORDINATION

feuillets 89 recto à 90 recto

L’acclamation et le souffle de l’Esprit

[ feuillet 89 recto ] — Et il place le Corps dans sa main, sur ce qu’il a déjà ; et il prend de lui sa part, et la place dans la main du nouveau prêtre, qui la reçoit pour lui-même. Puis le patriarche place ce qui est dans sa main à l’intérieur de la patène, et la couvre. Puis le consacré communie de nouveau au Sang précieux, et enveloppe ses mains d’un linge de soie. Et il revient vers le patriarche père, le visage vers l’orient. Puis le patriarche père place sa main sur sa tête, avec un linge de soie, et dit ⲀⲜⲒⲞⲤ(« Digne »), et le classe ; et ils lui répondent « Axios » selon la mélodie, trois fois, en disant ⲀⲜⲒⲞⲤ · ⲀⲜⲒⲞⲤ · ⲀⲜⲒⲞⲤ · Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ ⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ (« Digne, digne, digne ! un tel, le presbytre »).

Et pendant cela, il ouvre sa bouche, et le patriarche père souffle en lui le souffle de l’Esprit Saint, à la figure de la croix, en disant ϬⲒ ⲚⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ[252] (« Reçois un Esprit Saint »). Alors le consacré dit de nouveau, du Psaume 118 : ⲀⲞⲨⲰⲚ Ⲛ̀ⲢⲰⲒ · ⲀⲒⲤⲰⲔ ⲚⲎⲒ · Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ · ϪⲈ ⲀⲒⲤⲒϢⲰϢⲞⲨ Ⲛ̀ⲚⲈⲔⲈⲚⲦⲞⲖⲎ[253] (« J’ai ouvert ma bouche et aspiré un esprit, car j’ai aimé tes commandements »). Son interprétation : « J’ai ouvert ma bouche, et aspiré un esprit, car j’ai aimé tes commandements. »

La conclusion du rite

Et après cela il se rend à sa place, ses mains enveloppées, de peur que rien ne les touche, à cause de ce qu’elles ont touché — le Corps pur. Et tel est l’ordre de la consécration des pères, des higoumènes et des prêtres.

Et lorsque la distribution des Mystères divins est achevée, le patriarche père lave ses mains, et de même le prêtre concélébrant. Le nouveau prêtre lave ses mains à l’intérieur de la patène, et boit l’eau, et reçoit le renvoi et la bénédiction du patriarche père, et se retire en paix vers sa demeure, et s’applique à ce qui lui a été confié et remis par le Seigneur Dieu ; car à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera ôté[254]. Nous demandons et implorons de Dieu qu’il nous aide à agir selon ses commandements et ses préceptes, et qu’il nous inspire ce qui fait le salut de nos âmes, par les prières de ceux dont il a agréé les demandes. Amen.

Le cortège du nouveau prêtre

[ feuillet 90 recto ] — L’office du soir comme de coutume, jusqu’au moment où l’on élève l’encens, comme de coutume[255]. On revêt le nouveau prêtre des ornements, et les prêtres découvrent leurs têtes — eux tous — avec lui. Et il dit le Chbahmot, et ils montent avec lui, partageant avec lui l’élévation de l’encens, les cierges en main, et ils font le tour de l’autel avec lui trois fois, et ils chantent « Kyrie eleison » ; et après cela ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ (« Nous adorons ») avec le simandre. Et lorsque les trois tours sont achevés, ils descendent de l’autel, et tous se dirigent vers l’occident de l’église, les cierges en main, et l’on place le nouveau prêtre à l’occident, le visage vers l’orient[256]. Et l’un des prêtres s’avance vers lui, donne l’encens à l’autel, puis donne l’encens au nouveau, qui est le prêtre, jusqu’à ce que tous les prêtres aient achevé. Puis ils entrent dans le chœur, et achèvent ce qu’ils sont en train de faire, jusqu’à la fin. Ils disent ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ ⲈⲢⲞⲔ (« afin que nous te louions »), et achèvent leur prière, selon l’usage, jusqu’à la fin de l’interprétation de l’Évangile en arabe. On allume les cierges, et ils montent à l’autel, en chantant ⲚⲒⲈⲐⲚⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ ⲤⲘⲞⲨ (« Toutes les nations, bénissez », Psaume 116) avec le simandre.

La suite le conduit de la procession à l’autel.

[257]

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LA PREMIÈRE LITURGIE DU PRÊTRE

feuillets 90 verso à 92 verso

La procession et la bénédiction

[ feuillet 90 verso ] — Et ils font le tour de l’autel trois fois, et descendent de nouveau vers l’occident de l’église. Et lorsque la récitation de ⲚⲒⲈⲐⲚⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ (« Toutes les nations ») est achevée, ils disent ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲒ ⲞⲐⲈⲞⲤ (« Alléluia, gloire à toi, ô Dieu »), puis ⲢⲰⲞⲨⲦ ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲒⲀ̅ Ⲛ̀ϪⲰⲞⲨ · Ⲛ̀ⲚⲀⲤⲰⲘⲀⲦⲞⲤ (« Salut au premier rang des armées incorporelles ») avec sa mélodie, et après elle ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲒⲔⲀ̅ Ⲙ̀ⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ[258] (« Salut à l’ordre du presbytre »), puis ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲀⲢⲒϨⲘⲞⲦ ⲚⲀⲚ Ⲙ̀ⲠⲒϪⲰ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲈⲚⲚⲞⲂⲒ (« Par les prières de notre père le presbytre un tel, ô Seigneur, accorde-nous la rémission de nos péchés »).

Le répons en l’honneur du nouveau prêtre

Et lorsque cela est achevé, il intone ce répons, avec la mélodie de la croix : ⲘⲀϢⲞⲨ ⲘⲈⲦⲚⲒϢϮ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲚⲈⲘⲎⲒ (« Magnifiez le Seigneur avec moi »), ⲘⲀⲢⲈⲚϬⲒⲤⲒ Ⲙ̀ⲠⲈϤⲢⲀⲚ ⲈⲨⲤⲞⲠ (« exaltons son nom ensemble »), ⲔⲀⲦⲀ ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲈⲦⲀϤϢⲞⲠϤ ⲈⲢⲞϤ (« selon la grâce qu’il a reçue »), ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ (« notre père saint Abba un tel ») [ feuillet 91 recto ] ϤⲰⲒⲤ ⲈⲢⲰⲚ ϦⲈⲚ ⲚⲈϤϦ̀ⲖⲎⲖ[259] (« qu’il veille sur nous dans ses prières ») ; Ⲱ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲈⲘⲘⲀⲚⲞⲨⲎⲖ (« ô Christ Emmanuel »), ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲒϪⲀϪⲒ ⲤⲀⲐⲀⲚⲀⲖⲀ (« de l’ennemi Satan »), ⲘⲎⲒⲤ ⲚⲈⲘⲀⲚ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲐⲈⲖⲎⲖ (« donne-le-nous avec allégresse ») ; ⲔⲀⲖⲞⲤ ⲀⲔⲒ ϢⲀⲢⲞⲚ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ (« heureusement es-tu venu à nous aujourd’hui »), ⲠⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ (« ô presbytre Abba un tel »), ⲞⲨⲞϨ ⲀⲔϮ ⲚⲞⲘϮ ⲚⲀⲚ · ϦⲈⲚ ⲚⲈⲔⲤⲀϪⲒ ⲈⲐⲘⲈϨ Ⲛ̀ⲰⲚϦ (« et tu nous as donné la force, par tes paroles pleines de vie ») ; ⲦⲰⲂϨ Ⲱ ⲠⲒⲞⲨⲎⲂ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲈⲦϬⲞⲤⲒ ⲠⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · Ⲛ̀ⲦⲈϤⲬⲀ ⲚⲈⲚⲚⲞⲂⲒ ⲚⲀⲚ (« prie, ô prêtre du Dieu Très-Haut, presbytre Abba un tel, afin qu’il nous remette nos péchés »).

L’interprétation du répons

Rassemblez-vous tous ensemble, ô peuples orthodoxes, pour glorifier la sainte Trinité, le Père, le Fils et l’Esprit Saint, qui nous a favorisés de ce père honoré, le prêtre du Dieu Très-Haut, le prêtre un tel. C’est lui que Dieu a choisi, et qu’il a établi maître et guide, et à qui Dieu a donné le grand sacerdoce, pour servir les Mystères divins, et rassembler le peuple sur la parole de l’enseignement, [ feuillet 92 recto ] comme une mère qui élève ses enfants[260].

En vérité, ô notre père honoré, pontife de Dieu le grand ! Tu as obtenu cette grâce sublime et le rang élevé, de la part du chef des pontifes, et le maître du troupeau qui est à Jésus-Christ — les paroles de la vie —, à l’instar de nos pères les Apôtres très purs ; car tu as reçu le souffle saint, et tu es devenu maître et guide pour le salut des âmes. Tu as obtenu, ô notre père honoré, le rang d’Aaron, de Zacharie et de Siméon, les prêtres de l’Ancienne Alliance. En vérité, ce sacerdoce élevé est plus excellent ; car ces pères prêtres avaient des sacrifices de chair, qui ne profitent qu’à la vie du temps présent ; mais ton sacerdoce restitue l’éternité dans la vie sans fin, et le royaume céleste. Car ce qui t’a été confié, à toi et à tes pareils — les prêtres —, les anges ne peuvent le contempler, comme l’a dit le Seigneur dans son saint Évangile : « Beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont point vu ; et entendre ce que vous avez entendu, et ne l’ont point entendu ; mais vous, maintenant, heureux vos yeux, car ils ont vu, et vos oreilles, car elles ont entendu. »[261]

Une grande joie est venue aujourd’hui à cette assemblée, rassemblée par ton sacerdoce pur, et ta sanctification des Mystères divins, et l’offrande des prières au Maître de l’univers pour la rémission des péchés. En vérité, grand est ton rang, sublime devant le Christ. Nous te louons avec l’Apôtre pur, en disant : ⲀⲜⲒⲞⲤ (« Digne »). Nul ne prend pour lui-même cet honneur, sinon celui que Dieu a appelé, comme Aaron. Tu es devenu associé du chef des Apôtres, Pierre ; car il a dit dans son épître : « Quant aux prêtres qui sont parmi vous, moi, l’ancien, leur associé, le témoin des souffrances du Christ, je les exhorte : paissez le troupeau de Dieu qui vous a été confié, et veillez sur lui, non par contrainte, mais selon la volonté du cœur de Dieu, et son édification ; non en seigneurs sur le peuple, mais soyez des modèles pour le troupeau, afin que vous entendiez la voix glorifiée : Heureux es-tu, ô serviteur fidèle ; tu as été trouvé fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. »[262]

[ feuillet 92 verso ] Et que Dieu, le Dieu de gloire, te soutienne et t’élève, et nous garde par tes prières, par l’intercession de la Vierge Marie la pure, et des vingt-quatre prêtres lumineux, et de tous les saints. Les œuvres agréables. Amen[263].

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Ainsi est achevée la première Liturgie du nouveau prêtre.

[264]

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L’ORDINATION DES DIACRES

feuillets 92 verso à 96 recto

Appendice à la première Liturgie du prêtre

[ feuillet 92 verso ] — Et après l’interprétation du répons, ils disent ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ (« béni »), et après cela ils entrent dans le chœur, et répondent le répons de l’Évangile, et achèvent la prière comme de coutume, dans la paix du Seigneur.

[ feuillet 93 recto — « La procession de la Liturgie pour le nouveau prêtre » ] — Après que l’Évangile de la Liturgie est achevé, en copte et en arabe, ils font selon l’ordre exposé, surtout après l’Évangile, jusqu’à la fin de ce qui a été écrit. Mais en place du répons Watos, qui s’intone le soir, l’on intone ce répons Adam, si l’on veut, à la manière de ϬⲒ ⲞⲨⲰⲒⲚⲒ[265](« Reçois la lumière ») ; et la première interprétation se dit ici aussi. Et voici le répons Adam : ⲀⲖⲎⲐⲰⲤ ⲀⲔⲈⲘⲠ̀ϢⲀ (« En vérité, tu es digne »), Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲚⲒϢϮ Ⲛ̀ϨⲘⲞⲦ · ⲚⲈⲘ ⲠⲀⲒ ⲦⲰⲦⲈⲢ ⲈⲦϬⲞⲤⲒ · ϨⲒⲦⲈⲚ Ⲫ̅Ϯ ⲪⲒⲰⲦ (« de cette grande grâce, et de ce rang élevé, de la part de Dieu le Père ») ; ⲘⲀⲤⲂⲰ Ⲛ̀ⲚⲒⲞϨⲒ · Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · Ⲛ̀ⲚⲒⲤⲀϪⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̀ⲰⲚϦ · ⲔⲀⲦⲀ ⲚⲒⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ (« enseigne les troupeaux de Jésus-Christ, les paroles de la vie, selon les Apôtres ») ; ⲢⲀϢⲒ Ⲱ ⲠⲒⲞⲨⲎⲂ · Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲐⲈⲞⲤ · ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · ⲠⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ (« réjouis-toi, ô prêtre du Christ Dieu, notre père honoré, le presbytre un tel »). Et l’ordre s’achève comme le premier. Et gloire à notre Seigneur et notre Dieu. Ainsi est-il achevé, par le secours de Dieu.

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Au nom de la sainte Trinité.

Le premier degré : le lecteur

[ feuillet 93 verso ] — Lorsque la prière de la réconciliation est achevée jusqu’à sa fin, le diacre dit ⲀⲤⲠⲀⲌⲀⲤⲐⲈ(« Saluez-vous »). Le chef des prêtres se tourne vers l’occident, étant à l’autel, et l’on présente devant lui les élus, et ceux qui les ont choisis font la métanie pour eux. Et le chef des prêtres leur enjoint d’être diligents à les enseigner et à les élever d’une bonne éducation, et à semer en eux les belles qualités[266]. Et lorsqu’ils ont accepté cela de lui, le nouvel appelé fait la métanie, et s’avance vers le chef des prêtres, et baise sa main. Alors le chef des prêtres le signe, en disant ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ(« Au nom du Père »). Puis il trace sur sa tête cinq croix, et dit, comme à l’élévation de l’encens — [première] croix : ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲪⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲀⲘⲎⲚ[267] (« Béni soit Dieu le Père tout-puissant, Amen ») ; [ feuillet 94 recto ] [deuxième] croix : ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈϤⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲒⲤ Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit son Fils unique-engendré, Jésus-Christ notre Seigneur, Amen ») ; [troisième] croix : ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit l’Esprit Saint, le Paraclet, Amen ») ; puis ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ (« Gloire et honneur ») jusqu’à sa fin, deux croix, complétant cinq croix. Et ainsi fait-il pour tous, jusqu’au dernier.

L’achèvement du degré de lecteur

Ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Le patriarche dit ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ ; ils répondent ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒⲤⲞⲨ. Il se tourne vers l’orient et dit le Chbahmot jusqu’à sa fin. Le patriarche père élève l’encens, avec l’oraison de l’élévation de l’encens Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲠⲒϢⲀⲈⲚⲈϨ (« ô Dieu le grand, l’éternel »), et ils chantent avec le simandre ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ (« par les intercessions… nous adorons le Père ») pour la Vierge, ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ (« par les prières ») pour le patriarche. Et on les tient doucement, jusqu’à ce que l’élévation de l’encens soit achevée. Et ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Puis le patriarche père dit ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ ; ils répondent ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲠⲤⲞⲨ[268]. Puis il dit les oraisons consignées dans le livre de la consécration, jusqu’à leur fin ; ils disent « Kyrie eleison » trois fois[269]. [ feuillet 94 verso ] Le degré de lecteur est achevé. Et à notre Seigneur la gloire.

Le second degré : le sous-diacre

[ feuillet 94 verso ] — Le patriarche père commence avec le Chbahmot jusqu’à sa fin. Il élève l’encens comme de coutume, avec l’oraison de la Pauline aussi, Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒϢⲀⲈⲚⲈϨ (« ô Dieu l’éternel »), et ils chantent avec le simandre « Kyrie eleison » : ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲀ (« par les prières, par les intercessions ») pour la Vierge, ⲬⲈⲢⲈ ϮⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ (« Salut à l’Église ») pour le patriarche. Jusqu’à ce que l’élévation de l’encens soit achevée. Ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Le patriarche père dit ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ ; ils répondent ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒⲤⲞⲨ[270]. Puis il dit les oraisons consignées dans le livre de la consécration, et la seconde oraison pour le prêtre concélébrant, [ feuillet 95 recto ] pour le patriarche. Ainsi jusqu’à la fin du service. Le patriarche prend le cordon de chacun d’eux, et le place replié sur le cou de celui que l’on consacre, et le signe de son doigt, jusqu’à ce que cela soit achevé[271]. Et gloire à notre Seigneur et notre Dieu. Le sous-diaconat est achevé. Et à notre Seigneur la gloire, à jamais, éternellement, perpétuellement.

Le troisième degré : le diacre

[ feuillet 95 recto ] — Ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Le patriarche père dit ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ ; ils répondent ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ. Il dit la prière de l’action de grâces jusqu’à sa fin. Il élève l’encens comme de coutume, et dit l’oraison de l’encens de la Pauline Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒϢⲀⲈⲚⲈϨ ⲠⲒⲀⲦⲀⲢⲬⲎ (« ô Dieu l’éternel, le sans-commencement »), et ils chantent « Kyrie eleison » avec le simandre, et après cela ⲬⲈⲢⲈ ⲤⲦⲈⲪⲀⲚⲞⲤ · ⲠⲒⲀⲢⲬⲎⲆⲒⲀⲔⲰⲚ[272] (« Salut à Étienne, l’archidiacre »), ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ pour la Vierge Ϯ̀ⲠⲞⲖⲒⲤ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ (« la cité de notre Dieu »), ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦpour le patriarche ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ ⲈⲢⲞⲔ jusqu’à sa fin. Ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Puis après cela le patriarche dit ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ, et les oraisons consignées dans le livre de la consécration, et la seconde oraison pour le prêtre concélébrant.

Le revêtement de l’étole

[ feuillet 95 verso ] — Et lorsque cela est achevé, il lie les cordons sous leur aisselle droite, en écharpe, non au milieu. Et il dit à chacun, tandis qu’il le ceint en écharpe sous l’aisselle droite, ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ[273] (« gloire et honneur »). Et lorsque cela est achevé, le prêtre concélébrant descend au bas du seuil de l’autel, et lit sur eux l’exhortation. Et après cela, ils font la métanie, et baisent [ feuillet 96 recto ] le seuil de l’autel, et reçoivent la croix de la main du patriarche. On les fait monter à l’autel, et ils le baisent, et se tiennent jusqu’à la fin de la Liturgie.

La communion et le souffle de l’Esprit

[ feuillet 96 recto ] — Et ils disent, au temps de la réconciliation, ⲀⲘⲞⲨ ϢⲀⲢⲞⲚ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ Ⲱ ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ (« Viens à nous aujourd’hui, ô notre Seigneur Christ »), et ils récitent la Liturgie comme de coutume, jusqu’à ce qu’ils disent Ⲣ̅ Ⲛ̀ⲢⲞⲘⲠⲒ(« cent années »). Ils ne disent point ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲤⲘⲞⲨ ⲈⲪ̅Ϯ (« Alléluia, bénissez Dieu »), mais ils gardent le silence. Et le patriarche père communie, et tous les prêtres, et le diacre servant en particulier. Et les diacres lui sont présentés selon leur rite, un à un ; les consacrés leur administrent — le père — du Corps pur et du Sang précieux. Et après cela, le patriarche père place sa main sur sa tête, avec un linge consacré, et dit Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ Ⲟ ⲆⲒⲀⲔⲰⲚⲞⲤ (« un tel, le diacre »), trois fois ⲀⲜⲒⲞⲤ · ⲀⲜⲒⲞⲤ · ⲀⲜⲒⲞⲤ · ⲈϪⲈⲚ Ϯ̀ⲀⲄⲒⲀ · Ⲛ̀ⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ · Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲀⲘⲎⲚ (« Digne, digne, digne ! sur la sainte Église de Dieu, Amen »). Et il souffle en son visage le souffle de l’Esprit Saint, à la figure de la croix, en disant ϬⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ[274] (« Reçois un Esprit Saint ») ; ils lui répondent Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ (« un Esprit Saint »), le clergé disant ⲀⲘⲎⲚ (« Amen »).

Et lorsque cela est achevé, ils disent ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲤⲘⲞⲨ ⲈⲪ̅Ϯ (« Alléluia, bénissez Dieu ») jusqu’à la fin du service ; ils reçoivent le renvoi et la bénédiction du patriarche père, et il les renvoie à leurs demeures en paix. Le Seigneur — et sur nous sa miséricorde à jamais. Amen.

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Ainsi est achevé le rang du diacre.

La suite montre les nouveaux ministres au milieu de l’assemblée.

[275]

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LA PROCESSION DES DIACRES

feuillets 96 verso à 97 verso

La procession du nouveau diacre

[ feuillet 96 verso ] — Après l’Évangile, on allume les cierges, et on lui donne le livre de l’Évangile, et la croix en son sein, et ils montent à l’autel, et font le tour de l’autel et de l’église, tandis qu’ils chantent, à la manière de ⲬⲈⲢⲈ ⲤⲦⲈⲪⲀⲚⲞⲤ ⲠⲒϢⲞⲢⲠ ⲔⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« Salut à Étienne, le premier béni ») avec le simandre, et ils le disent ; et après cela Ϯ̀ⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ (« la Galiléenne »). Et si c’est aux jours de la Pentecôte, ils disent à la place de cela Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲀⲚⲀⲤⲦⲒ (« le Christ est ressuscité »), jusqu’à ce qu’ils atteignent l’occident de l’église. On place l’enfant sur une estrade, ou l’un des hommes le porte[276], et l’on intone devant lui ce répons, à la manière de ϬⲒ ⲞⲨⲰⲒⲚⲒ (« Reçois la lumière ») ; et le voici :

Le répons en l’honneur du nouveau diacre

Ⲱ ⲚⲒⲀⲦⲔ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ (« Oh, bienheureux es-tu »), Ⲱ ⲠⲒⲤⲞⲚ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · ⲠⲒⲆⲒⲀⲔⲰⲚ ⲈⲦⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ · ⲪⲎ ⲈⲐⲞⲨ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ (« ô frère honoré, le diacre béni, le saint un tel ») ; ⲀⲔϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲢⲈϤϢⲈⲘϢⲒ Ⲛ̀ⲒⲎ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ (« tu es devenu un serviteur de Jésus-Christ ») ; ⲀⲔⲈⲢ Ϣ̀ⲪⲎⲢⲒ Ⲛ̀ϢⲈⲘϢⲒ · Ⲙ̀ⲪⲎ ⲈⲐⲞⲨ ⲤⲦⲈⲪⲀⲚⲞⲤ (« tu as accompli un service admirable, celui du saint Étienne ») ; ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲀⲔ Ⲱ ⲠⲒⲤⲰⲚ ⲈⲐⲞⲨ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲞⲪⲞⲢⲞⲤ ⲠⲒⲆⲒⲀⲔⲰⲚ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅[277] (« Salut à toi, ô frère saint et honoré, le porteur de l’Esprit, le diacre un tel ») ; ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲀⲔ ⲠⲒⲤⲞⲚ Ⲛ̀ⲞⲨⲆⲒⲀⲔⲰⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ Ⲙ̀Ⲫ̅Ϯ ⲈⲦⲰⲚϦ (« Salut à toi, le frère, un diacre de Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant ») ; ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲆⲒⲀⲔⲰⲚ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲀⲢⲒϨⲘⲞⲦ ⲚⲀⲚ Ⲙ̀ⲠⲒⲬⲰ (« Par les prières du diacre honoré un tel, ô Seigneur, accorde-nous la rémission »).

L’interprétation du répons

Bienheureux es-tu, ô frère béni, le diacre honoré un tel. Tu es devenu un serviteur de Jésus-Christ, et tu as partagé le service du saint Étienne. Paix à toi, ô frère bien-aimé, que Dieu a élu pour le service de son sanctuaire pur. Le Seigneur t’a donné ce rang élevé, qui fut celui d’Étienne, le chef des diacres, pour la cité du grand Roi, Jérusalem[278]. Accomplis ton service en pureté, afin que tu entendes la voix qui vivifie, celle qui dit : « [ feuillet 97 verso ] Là où je suis, là sera aussi mon serviteur ; et celui qui me sert, le Père l’honorera. »

Le Seigneur te préserve, et te soutienne, et t’élève, afin que tu croisses dans l’accomplissement de ce qui t’a été confié du service du Seigneur et du service de son peuple — les orphelins et les veuves —, et que tu les aides et les soulages par ta peine. Le Seigneur rende ton service toujours agréable devant lui, dans la pureté et la chasteté, et te préserve de tous les coups de l’ennemi, par l’intercession de la Dame, la Vierge pure, et du témoin Étienne, maître de ce service radieux, et de tous ceux qui ont plu au Seigneur par leurs œuvres agréables. Amen.

La conclusion

Et lorsque cela est achevé, ils disent ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ[279] (« béni ») à la manière alexandrine, et après cela ils entrent dans le chœur, et disent le répons de l’Évangile, et achèvent le service comme de coutume. Et à notre Seigneur la gloire, à jamais.

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Ainsi est achevé l’ordre des diacres.

[280]

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Chapitre dixième

LA PROFESSION DES MOINES

Du renoncement au siècle à la milice du désert

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La coupe des cheveux · la bénédiction et le revêtement de l’habit · le grand schème (eskim)

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LA PRISE D’HABIT

feuillets 98 recto à 100 verso

Les trois années et la coupe des cheveux

[ feuillet 98 recto ] — L’ordre du rang des moines, les hommes. Ô bonheur de celui qui agit selon le bon plaisir de Dieu ! D’abord, il demeure au monastère trois années. Il apprend les bornes de la vie monastique, et il est instruit du Paradis qui appartient à nos saints pères, et du vêtement de la croix[281]. Et lorsqu’ils ont accompli cela, leurs têtes sont rasées. Puis il les amène devant l’autel, et l’élu se prosterne devant le Seigneur, et baise le seuil de l’autel, et s’assied le visage vers l’orient, la tête inclinée vers l’orient. Puis l’abbé du monastère dit la prière de l’action de grâces, et élève l’encens avec l’oraison de l’encens du Praxis. Et ensuite il dit l’oraison de l’encens du matin. Et après cela ils disent « Kyrie eleison », le verset, et le Psaume 50 en entier.

L’Apôtre : l’armure de Dieu

Puis le prêtre dit la prière des malades, qui est ⲚⲎⲈⲦϢⲰⲚⲒ (« ceux qui sont malades »), et après elle l’Alléluia avec la mélodie des funérailles. Et s’ils le veulent, ils disent d’abord les tropaires des funérailles. Et la Pauline est lue avec la mélodie des funérailles. Et si c’est aux jours de la Pentecôte, la mélodie est joyeuse et mêlée. De l’Épître aux Éphésiens 6 ⲠⲤⲈⲠⲒ ⲆⲈ Ⲛ̀ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲤⲚⲎⲞⲨ[282] (« Au reste, mes frères »), son commencement en arabe : « Et maintenant, ô mes frères, fortifiez-vous dans notre Seigneur… » (Éphésiens 6, 10-18).

Le psaume et l’Évangile de Nicodème

[ feuillet 98 verso ] — ⲈⲢⲈ ⲦⲈⲚ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ ⲈϤϢⲰⲠⲦ Ⲫ̅Ϯ (« que notre Jésus, Dieu, nous reçoive »), sa fin en copte ; « et qu’ils se hâtent de s’approcher de Dieu », la fin en arabe. Puis l’on dit « Agios » trois fois, et le verset, et l’oraison de l’Évangile. Et il intone le Psaume avec la mélodie des funérailles. Et voici le Psaume 31 : ⲰⲞⲨⲚⲒⲀⲦⲞⲨ Ⲛ̀ⲚⲎⲈⲦⲀⲨⲬⲰ Ⲛ̀ⲚⲞⲨⲀⲚⲞⲘⲒⲀ ⲚⲰⲞⲨ ⲈⲂⲞⲖ · ⲚⲈⲘ ⲚⲎⲈⲦⲀⲨϨⲰⲂⲤ ⲈⲂⲞⲖ ⲈϪⲈⲚ ⲚⲞⲨⲚⲞⲂⲒ · ⲰⲚⲒⲀⲦϤ Ⲙ̀ⲪⲎⲈⲦⲀⲔⲤⲞⲦⲠϤ ⲀⲔϢⲞⲠϤ ⲈⲢⲞⲔ · ⲈϤⲈϢⲰⲠⲒ ϦⲈⲚ ⲚⲈⲔⲀⲨⲖⲎⲞⲨ ϢⲀ ⲈⲚⲈϨ ⲀⲖ̅Ⲗ̅[283] (« Heureux ceux dont les iniquités sont remises, et dont les péchés sont couverts ; heureux celui que tu as choisi et reçu auprès de toi ; il habitera dans tes parvis à jamais, Alléluia », Psaume 31, 1 ; 64, 5).

Puis l’on dit ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢⲦⲞⲨ, et l’on lit l’Évangile ⲚⲈ ⲞⲨⲞⲚ ⲞⲨⲢⲰⲘⲒ ⲆⲈ ⲠⲈ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲪⲀⲢⲒⲤⲈⲞⲤ[284] (« Il y avait un homme d’entre les pharisiens »), son commencement en arabe : « Il y avait un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème », sa fin en copte Ⲫ̅Ϯ ϪⲈ ⲈⲦⲀϤⲀⲒⲦⲞⲨ ϦⲈⲚ Ⲫ̅Ϯ (« …en Dieu, qu’elles sont faites en Dieu »), sa fin en arabe : « et que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu » (Jean 3, 1-21). Et il répond l’Évangile avec la mélodie des funérailles.

Les intercessions des Pères du désert

[ feuillet 99 recto ] — Et il dit après, pour la Vierge, ϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲞⲚ (« sur nous ») : ⲦⲰⲂϨ Ⲙ̀ ⲚⲀ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲒⲞϮ Ⲙ̀ⲘⲀⲒⲚⲞⲨϢⲎⲢⲒ ⲀⲚⲦⲰⲚⲒⲞⲤ ⲚⲈⲘ ⲀⲂⲂⲀ ⲠⲀⲨⲖⲞⲤ[285] (« Priez, nos seigneurs les pères, amis de leurs enfants, Antoine et Abba Paul ») ; ⲦⲰⲂϨ Ⲱ ⲠⲒ Ⲅ̅ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ ⲀⲂⲂⲀ ⲘⲀⲔⲀⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲚⲞⲨϢⲪⲎⲢⲒ Ⲛ̀ⲤⲦⲀⲨⲢⲞⲪⲞⲢⲞⲤ (« Priez, ô les trois saints Abba Macaire, et leurs compagnons les porte-croix »). Puis après cela le prêtre dit les trois litanies — la paix, le Pape, et l’assemblée — et le Symbole. Puis ils disent « Kyrie eleison » trois fois.

La coupe des cheveux

[ feuillet 99 recto ] — Le prêtre dit Ⲛ̀ϨⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« Paix à tous »). Puis il dit cette prière ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ (« ô Maître, Seigneur Dieu tout-puissant »), ⲪⲎⲈⲦϢⲞⲠ ϦⲈⲚ ⲠⲈⲦϬⲞⲤⲒ (« qui demeures au plus haut ») jusqu’à sa fin. Le prêtre prend des ciseaux, et coupe les cheveux du frère que l’on fait moine, en cinq croix, en disant ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ (« Au nom du Père ») en entier, et après cela les trois bénédictions ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ[286] : [la première] ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲪⲒⲰⲦ (« Béni soit le Seigneur Dieu le Père ») ; [la deuxième] ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈϤ ⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ (« Béni soit son Fils unique-engendré ») ; [la troisième] ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ (« Béni soit l’Esprit Saint ») ; puis ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ (« gloire et honneur »). Puis il le signe sur le front, et ils disent « Kyrie eleison » trois fois.

La bénédiction de l’habit

[ feuillet 99 verso ] — Puis il prie sur la coule son oraison, et après elle l’oraison de l’action de grâces sur elle, et après elle encore une autre oraison ; et chaque oraison qu’il achève, il la dit. Ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Puis le prêtre prend tous les vêtements, et les signe à la figure de la sainte croix, en disant ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ (« Au nom du Père et du Fils ») en entier, et après cela ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ trois fois, et après cela ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ.

Le revêtement de l’habit : l’hymne d’Antoine

Puis il les revêt des vêtements, tandis qu’ils chantent cette pièce dans la mélodie Adam[287], et la voici : Ⲁ ⲠⲈⲔⲢⲀⲚ ⲈⲦⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ · ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̀ⲦⲰⲚⲒ · ϢⲰⲠⲒ ⲀϤⲈⲢⲞⲨⲰⲒⲚⲒ · ϦⲈⲚ Ϯ̀ⲬⲰⲢⲀ ⲦⲎⲢⲤ Ⲛ̀ⲬⲎⲘⲒ (« Ton nom béni, ô grand Abba Antoine, a resplendi dans toute la terre d’Égypte ») ; ⲀϤϮ ⲂⲢⲎϪ ⲈⲂⲞⲖ · ϦⲈⲚ Ⲡ̀ϨⲎⲦ Ⲛ̀ⲚⲒⲠⲒⲤⲦⲞⲤ · Ⲙ̀ⲪⲢⲎϮ Ⲛ̀ⲚⲒⲀⲔⲦⲒⲚ · ⲈⲦⲈⲢⲞⲨⲰⲒⲚⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀ⲢⲎ (« Il a semé dans le cœur des fidèles, comme les rayons qui brillent du soleil ») ; [ feuillet 100 recto ] Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲠⲈ ⲠⲒϢ̀ϢⲎⲚ · ⲈⲦⲞⲨⲦ Ⲛ̀ⲔⲀⲢⲠⲞⲤ · Ⲛ̀ϨⲢⲎⲒ ϨⲒ Ⲡ̀ϢⲀϤⲈ · ⲔⲀⲦⲀ Ⲡ̀ⲤⲀϪⲒ Ⲙ̀ⲠⲒⲠⲢⲞⲪⲎⲦⲎⲤ(« Tu es l’arbre qui porte du fruit dans le désert, selon la parole du prophète ») ; ⲀⲔϨⲒϢⲈⲚⲚⲞⲨϤⲒ ⲚⲀⲚ Ⲙ̀ⲠⲒⲰⲚϦ ⲈⲚⲈϨ · ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲀⲄⲀⲐⲞⲚ · ⲚⲎⲈⲦⲈ Ⲙ̀ⲠⲈ ⲂⲀⲖ ⲚⲀⲨ ⲈⲢⲰⲞⲨ (« Tu nous as annoncé la vie éternelle et les biens que l’œil n’a point vus ») ; ⲘⲀⲢⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲉ̀ⲪⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲔⲀⲦⲀ ⲚⲒⲠⲀⲢⲀⲆⲞⲤⲒⲤ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲀⲂⲂⲀ ⲀⲚⲦⲰⲚⲒ (« Prions au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, selon les traditions du grand Abba Antoine ») ; ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲦⲈⲚⲈⲢⲈⲦⲈⲚ Ⲛ̀Ϯ̀ⲘⲈⲦⲀⲄⲀⲐⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲪⲒⲰⲦ · Ⲛ̀ⲦⲈϤⲞⲨⲞⲢⲠ ⲚⲀⲚ Ⲙ̀ⲠⲒⲬⲢⲞⲘ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ[288] (« et que nous obtenions la bonté du Père, et qu’il nous envoie le feu de l’Esprit Saint ») ; Ⲛ̀ⲦⲈϤⲢⲰⲔϨ Ⲛ̀Ϯ̀ⲘⲈⲦϪⲀϪⲒ ⲈⲤⲂⲰⲦⲤ Ⲛ̀ⲚⲈⲚⲮⲨⲬⲎ · Ⲛ̀ⲦⲈϤⲦⲞⲨⲂⲞ Ⲛ̀ⲞⲨⲈⲢⲪⲈⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ (« et qu’il consume l’inimitié dressée contre nos âmes, et purifie un temple de l’Esprit Saint ») ; ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲀⲞ̅Ⲥ̅ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲀⲂⲂⲀ ⲀⲚⲦⲰⲚⲒ · ⲪⲒⲰⲦ Ⲛ̀ⲚⲒⲘⲞⲚⲀⲬⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲀⲢⲒϨⲘⲞⲦ (« Par les prières de mon seigneur le grand Abba Antoine, père de tous les moines, ô Seigneur, accorde la grâce »).

Le revêtement et la prosternation

[ feuillet 100 recto ] — Et durant cela, il les revêt des vêtements, et il dit ce qui est écrit dans le livre — et les coules aussi, et les ceintures de cuir. Et si les frères ne revêtent point l’eskim — le grand schème —, ils disent « Notre Père », et après celaⲚ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅[289] (« Toi, ô Seigneur ; oui, ô Seigneur ; ô Seigneur »), et l’absolution du Fils, et l’exhortation qui s’y rapporte. Et ils le revêtent de la coule, et après elle « Seigneur, aie pitié » quarante et une fois. Et après cela ils disent ⲀⲘⲞⲨ ϢⲀⲢⲞⲚ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ Ⲱ ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ (« Viens à nous aujourd’hui, ô notre Seigneur Christ »), [ feuillet 100 verso ] la psalie du jour du mardi, jusqu’à sa fin[290]. Et tout le peuple baise sa tête, et la croix en sa main, tandis qu’il est assis, le visage vers l’occident ; et lui baise leurs pieds. Et après cela ils disent la Doxa. Et le prêtre dit la Bénédiction, et ils commencent la Liturgie des saints Mystères. Et si celui qui a revêtu la coule est un prêtre, il célèbre la Liturgie ; et s’il est un diacre…

La suite élève le moine au degré le plus haut.

[291]

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LE GRAND SCHÈME

feuillets 100 verso à 102 verso

L’achèvement de la profession des moines

[ feuillet 100 verso ] — …et s’il est diacre, il sert aussi le service du diacre à la Liturgie. Et s’ils doivent revêtir l’eskim, alors à la fin de tout cela, jusqu’à la fin des prières de l’eskim. Ainsi est achevé le rang du moine. Et à notre Seigneur la gloire, à jamais, éternellement.

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Le service du saint eskim.

L’ouverture du service

[ feuillet 101 recto ] — Après l’achèvement de la doxologie Adam ⲀⲠⲈⲔⲢⲀⲚ ⲈⲦⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« Ton nom béni »), ils disent ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲨⲤⲞⲚ, puis après cela ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲎⲘⲀⲤ (« aie pitié de nous »), jusqu’à la fin, et la lecture du « Notre Père ». Le prêtre dit le Chbahmot, et élève l’encens avec l’oraison de l’encens de la Pauline. Et après cela ils disent « Kyrie eleison », le verset, et le « Notre Père », et le Psaume 50. Et après cela l’oraison des défunts, qui est ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲆⲞⳫⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ[292] (« ceux qui se sont endormis, Alléluia, gloire à toi, ô Dieu »).

L’Apôtre, le psaume et l’Évangile

Puis la Pauline est dite avec la mélodie des funérailles. Et si c’est la Pentecôte, joyeuse et mêlée. Son commencement en copte, des Hébreux : ⲠⲒϨⲘⲞⲦ … ⲀⲢⲒⲠⲘⲎⲨⲒ Ⲛ̀ⲚⲈⲦⲈⲚϨⲒⲄⲞⲨⲘⲈⲚⲞⲤ[293] (« …la grâce… Souvenez-vous de vos conducteurs »), sa fin ⲚⲈⲘⲰⲦⲈⲚ (« avec vous ») ; son commencement en arabe : « Souvenez-vous de vos conducteurs », sa fin : « la grâce de Dieu soit avec vous tous. Amen » (Hébreux 13, 7-26). Ils disent « Agios » trois fois, et la Doxa, et l’oraison de l’Évangile. Et il intone ce Psaume avec la mélodie des funérailles : ⲠⲒⲐⲘⲎⲒ ⲈϤⲈⲪⲒⲢⲒ Ⲙ̀ⲪⲢⲎϮ Ⲙ̀ⲠⲒⲂⲈⲚⲒ · ⲈϤⲈϢⲀⲒ Ⲙ̀ⲪⲢⲎϮ Ⲙ̀ⲠⲒϢⲈⲚⲤⲒϤⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲖⲒⲂⲀⲚⲞⲤ · ⲚⲎⲈⲦⲢⲎⲦ ϦⲈⲚ ⲠⲎⲒ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲈⲨⲪⲞⲨⲢⲒ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲀⲨⲖⲎⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲎⲒ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ (« Le juste fleurira comme le palmier, et se multipliera comme le cèdre du Liban ; ceux qui sont plantés dans la maison du Seigneur fleuriront dans les parvis de la maison de notre Dieu, Alléluia », Psaume 91, 13-14).

Puis ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲨ. Et le prêtre lit l’Évangile, de Luc : Ⲙ̀ⲠⲈⲢⲈⲢϨⲞϮ ⲠⲒⲔⲞⲨϪⲒ Ⲛ̀ⲞϨⲒ (« Ne crains point, petit troupeau »), sa fin Ⲛ̀ⲀⲢⲬⲰⲚⲦⲀ ⲦⲎⲢⲞⲨ ; son commencement en arabe : « Ne crains point, petit troupeau », sa fin : « il l’établira sur tous ses biens » (Luc 12, 32-44). Et il répond l’Évangile avec la mélodie des funérailles.

L’intercession d’Antoine et le revêtement de l’eskim

Et il dit l’intercession : ⲘⲀⲢⲈⲚⲦⲀⲬⲢⲞⲚ ϦⲈⲚ ⲠⲒⲚⲀϨϮ · ⲈⲦⲤⲞⲨⲦⲰⲚ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲘⲈⲐⲘⲎⲒ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲀⲚⲦⲰⲚⲒⲞⲤ · ⲈⲚϢⲰ ⲈⲂⲞⲖ ⲈⲚϪⲰ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ · ϪⲈ ⲀⲒⲔⲰϮ ⲞⲨⲞϨ ⲀⲒϪⲒⲘⲒ · ⲀⲒⲈⲢⲈⲦⲒⲚ ⲞⲨⲞϨ ⲀⲒϬⲒ · ⲀⲒⲔⲰⲖϨ ⲞⲨⲞϨ Ϯ̀ⲚⲀϨϮ ϪⲈ ⲤⲈⲚⲀⲞⲨⲰⲚ ⲚⲎⲒ[294] (« Soyons affermis dans la foi droite, en vraie rectitude, du grand Antoine, criant et disant : J’ai cherché et j’ai trouvé, j’ai demandé et j’ai reçu, j’ai frappé, et j’ai la foi qu’il me sera ouvert »). Et il achève le répons de l’Évangile, l’oraison de la coule, jusqu’à sa fin. Le prêtre dit les trois litanies — la paix, le Pape, l’assemblée — et le Symbole. Et après cela les prières consignées pour le service de l’eskim. Il signe l’eskim à la figure de la croix, en disant ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ(« béni soit »), les formules écrites dans le livre. Et après cela il le revêt de l’eskim, tandis qu’il se tient debout, et il dit ⲘⲰⲒ ϨⲒⲰⲦⲔ (« Ceins-toi »). Et les prêtres et les diacres chantent sur la mélodie de l’Esprit Saint, qui est ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ(« l’Esprit Paraclet »), [ feuillet 102 recto ] jusqu’à l’achèvement du revêtement de l’eskim — et les ceintures, et le burnous. Et il donne en sa main droite une croix. Et après cela ils disent « Kyrie eleison » trois fois, et le prêtre dit la prière de l’action de grâces après l’eskim. Et après cela le diacre dit ⲦⲀⲤ ⲔⲈⲪⲀⲖⲀⲤ (« Inclinez vos têtes »), et il place sa main sur lui, et dit la prière qui est après l’action de grâces, jusqu’à sa fin.

L’exhortation et la prosternation

[ feuillet 102 verso ] — Le prêtre dit « Notre Père ». Ils disent Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Toi, ô Seigneur »), et après cela ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅[295], et l’absolution du Fils. Et après cela ils disent « Kyrie eleison » trois fois, et le prêtre lit l’exhortation, et la voici : « L’exhortation qui se lit sur ceux qui revêtent l’eskim : Sachez, ô frères bénis, le prix de cet état sublime auquel vous êtes parvenus, et le don noble et la grâce divine que vous avez reçus ; car vous, en cette heure bénie… » (consigné dans le livre de la vie monastique).

Et lorsque sa lecture est achevée, le prêtre élève la croix, et ils disent « Seigneur, aie pitié » quarante et une fois. Et après elle, celui qui a revêtu l’habit angélique[296] s’assied, et tous les frères viennent à lui, baisant sa tête, tandis qu’il baise leurs pieds de sa main, jusqu’à ce que tous aient achevé ; et cela tandis que les cierges sont en leurs mains, et qu’ils chantent au simandre la psalie du jour du mardi, qui est ⲀⲘⲞⲨ ϢⲀⲢⲞⲚ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ (« Viens à nous aujourd’hui »), à la manière de la réconciliation. Et s’ils le veulent, ils font avec lui le tour de l’église, et le choix leur appartient.

Et lorsque cela est achevé, le prêtre dit la Bénédiction, et ils commencent la Liturgie des saints Mystères. Et si le moine est un prêtre ou un diacre, il célèbre la Liturgie comme de coutume. Et gloire à notre Seigneur, et notre Dieu, et notre Sauveur Jésus-Christ.

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Ainsi est achevé le service du saint eskim.

La suite passe du monastère des hommes à celui des vierges.

[297]

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Chapitre onzième

LA PROFESSION DES MONIALES

Les vierges prudentes et l’époux qui vient

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L’Apôtre de la virginité et les dix vierges · le vêtement céleste · le grand schème

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LA VÊTURE DES VIERGES

feuillets 103 recto à 104 verso

L’ordre du rang des moniales, les femmes et les jeunes filles.

L’accueil à la porte de l’église

[ feuillet 103 recto ] — Il est de coutume, dans les monastères d’Égypte et leurs églises, qu’on les accueille à la porte de l’église avec les cierges et les simandres, et l’on chante ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ ⲘⲀⲢⲒⲀ[298] (« Salut à toi, Marie »), jusqu’à ce qu’elles entrent avec elle dans la maison des femmes. Et les vêtements sont placés sur l’autel, avant l’office de minuit jusqu’à la fin de l’office du matin. Puis, lorsqu’elles s’avancent par leur entrée dans la maison des femmes, le père — le prêtre-moine qui revêt (l’habit), des fils de notre grand père Antoine —, portant les vêtements sur ses mains depuis l’autel jusqu’au moment de son entrée, les place devant lui sur le pupitre de l’Évangile.

Et ils commencent ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲎⲘⲀⲤ (« aie pitié de nous ») et le « Notre Père ». Et si les vêtements n’ont pas été présentés sur l’autel à l’office de minuit, ils disent, après le Psaume 50, le Psaume 118 en entier. Et celle qui est appelée au Christ[299]est assise, le visage incliné vers l’orient ; et l’on étend sur elle un voile, sur elle et sur l’higoumène qui appartient à cette communauté.

L’Apôtre de la virginité

Puis il commence avec le Chbahmot, et élève l’encens avec l’oraison de l’office du matin. Et après cela « Kyrie eleison », l’Alléluia, le verset, « Notre Père », et le Psaume 50, jusqu’à sa fin. Le prêtre dit l’oraison des malades, et l’Alléluia funèbre. Et s’ils le veulent, ils disent les tropaires des funérailles. Et après eux la Pauline avec la mélodie des funérailles. Son commencement en copte ⲈⲐⲂⲈ ⲚⲒⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲞⲤ (« Au sujet des vierges »), sa fin ⲠⲈⲤⲰⲘⲀ ⲚⲈⲘ ⲠⲈⲤⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ (« son corps et son esprit ») ; sa fin en arabe : « afin qu’elle soit sainte en son corps et en son esprit » (1 Corinthiens 7, 15-34). On dit « Agios » trois fois, et l’oraison de l’Évangile, et l’on intone le Psaume, et il le répond avec la mélodie des funérailles.

Le psaume des noces et les dix vierges

Et voici le Psaume 44 : ⲈⲨⲈⲈⲚⲒ ⲈϦⲞⲨⲚ … ⲞⲨⲢⲞ Ⲛ̀ϨⲀⲚⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲞⲤ ϨⲒⲪⲀϨⲞⲨ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ · ⲈⲨⲈⲈⲚⲒ ⲈϦⲞⲨⲚ ⲚⲈⲤⲔⲈϢⲪⲎⲢⲒ ⲦⲎⲢⲞⲨ · ⲈⲨⲈⲈⲚⲞⲨ ⲈϦⲞⲨⲚ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲞⲨⲚⲞϤ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲐⲈⲖⲎⲖ · ⲈⲨⲈⲈⲚⲞⲨ ⲈϦⲞⲨⲚ Ⲉ Ⲡ̀ⲈⲢⲪⲈⲒ Ⲙ̀ⲠⲞⲨⲢⲞ ⲀⲖ̅Ⲗ̅[300] (« Des vierges seront amenées à sa suite ; toutes ses compagnes seront amenées ; elles seront amenées dans la joie et l’allégresse, elles seront introduites dans le temple du Roi, Alléluia », Psaume 44, 15-16).

On dit ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢⲦⲞⲨ. Puis le prêtre lit l’Évangile en copte avec la mélodie des funérailles, de l’Évangile de Matthieu : son commencement ⲦⲞⲦⲈ ⲤⲞⲚⲒ Ⲛ̀ϪⲈ Ϯ̀ⲘⲈⲦⲞⲨⲢⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̅Ϯ (« Alors le royaume de Dieu sera semblable »), son commencement en arabe : « Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges », sa fin : « ce jour-là ni cette heure ». Il répond ⲞⲘⲎⲒ ⲚⲒⲂⲈⲚ (« tous les justes ») avec la mélodie des funérailles, comme il est écrit dans la profession des hommes (Matthieu 25, 1-13).

La coupe des cheveux et le vêtement céleste

Et après cela le prêtre dit les trois litanies — la paix, le Pape, l’assemblée — et le Symbole, et les litanies contenues dans le livre de la vie monastique. Et après la première oraison, il coupe les cheveux de sa tête[301], comme il a été exposé d’abord pour les hommes, jusqu’à la fin de l’oraison de l’action de grâces. Il signe les vêtements et la coule à la figure de la croix, et dit ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ (« Au nom »), et après cela les trois ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« béni soit »). Et il achève de même.

Et ils chantent ceci, à sa manière : ⲀⲢⲈϮ ϨⲒⲰϮ Ⲙ̀ⲪⲢⲀϢⲒ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ⲐⲈⲖⲎⲖ · ⲈⲢⲈⲘⲞⲢϮ Ⲛ̀ⲞⲨϪⲞⲘ Ⲱ Ϯ̀ϢⲈⲢⲒ Ⲛ̀ⲤⲒⲰⲚ(« Tu as revêtu la joie et l’allégresse, ceinte de force, ô fille de Sion ») ; [ feuillet 104 verso ] Ⲱ ⲐⲎⲈⲦⲀⲤϮ ϨⲒⲰⲦⲤ Ⲛ̀Ϯ̀ϨⲈⲂⲤⲰ Ⲛ̀ⲚⲀⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ · ϢⲀⲚⲦⲈⲤϨⲰⲂⲤ Ⲛ̀ⲀⲆⲀⲘ Ⲛ̀Ϯ̀ϨⲈⲂⲤⲰ Ⲙ̀ⲠⲒϨⲘⲞⲦ (« Ô toi qui as revêtu le vêtement des cieux, jusqu’à ce qu’elle revête Adam du vêtement de la grâce ») ; ⲀⲢⲈⲦⲀⲤⲐⲞϤ Ⲛ̀ⲔⲈⲤⲞⲠ · ⲈⲠⲒⲠⲀⲢⲀⲆⲒⲤⲞⲤ · Ⲛ̀ⲦⲞⲠⲞⲤ Ⲙ̀ⲠⲞⲨⲚⲞϤ · ⲪⲘⲀ Ⲛ̀ϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲚⲒⲆⲒⲔⲈⲞⲤ (« Te ramenant de nouveau au Paradis, le lieu de la joie, la demeure des justes ») ; ⲀⲚⲞⲚ ϨⲰⲚ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲘⲀⲢⲒⲀ[302] (« Nous aussi, nous prions par Marie »), avec sa mélodie connue, en entier.

Et durant cela, il la revêt de la robe, et de la coule, et de la ceinture de cuir. Et si elle ne doit point revêtir l’eskim, ils disent « Notre Père » et l’absolution du Fils, comme il est écrit dans la profession des hommes. Et si elle doit revêtir l’eskim, ils commencent après la lecture de « Nous aussi, nous prions par Marie ».

La suite conduit la moniale au sommet de la vie monastique.

[303]

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LE GRAND SCHÈME DES MONIALES

feuillets 104 verso à 106 recto

L’ouverture et l’Apôtre

[ feuillet 104 verso ] — Et si elle doit revêtir l’eskim, ils commencent : ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲎⲘⲀⲤ (« aie pitié de nous ») et le « Notre Père ». Le prêtre dit le Chbahmot, et élève l’encens avec l’oraison de la Pauline. Et après cela « Kyrie eleison », l’Alléluia, la Doxa, « Notre Père », le Psaume 50, l’Alléluia, le chant funèbre et les tropaires. Et s’ils n’ont pas lu d’abord, ils lisent ici. Et après eux la Pauline avec la mélodie des funérailles. De son second contexte, son commencement ⲀⲚⲞⲔ ⲆⲈ ⲠⲀⲨⲖⲞⲤ Ϯ̀ϨⲞ ⲈⲢⲰⲦⲈⲚ[304] (« Or moi Paul je vous prie »), le commencement de la Pauline en arabe : « Moi Paul je vous exhorte par la douceur et la mansuétude du Christ », sa fin Ⲉ̅Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲚⲀⲦⲀϨⲞϤ (« le Seigneur l’établira ») (2 Corinthiens 10, 1-18).

Le psaume du rocher et l’Évangile de la croix

Puis on dit « Agios » trois fois, et l’oraison de l’Évangile, et le Psaume est intoné avec la mélodie des funérailles. Et voici, du Psaume 60 : ⲀⲔϬⲀⲦⲤ ϨⲒϪⲈⲚ ⲞⲨⲠⲈⲦⲢⲀ · ⲀⲔϬⲒⲘⲰⲒⲦ ⲚⲎⲒ Ⲛ̀ⲞⲨϨⲈⲖⲠⲒⲤ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲠⲨⲢⲄⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲞⲨϪⲞⲘ · Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲫ̅Ϯ ⲀⲔⲤⲰⲦⲈⲘ ⲈⲚⲀⲈⲨⲬⲎ · ⲀⲔϮ Ⲛ̀ⲞⲨⲔⲖⲎⲢⲞⲚⲞⲘⲒⲀ Ⲛ̀ⲚⲎⲈⲦⲈⲢϨⲞϮ ϦⲀⲦϨⲎ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲢⲀⲚ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ (« Tu m’as conduite sur un rocher, tu m’as guidée, espérance et tour de force ; toi, ô Dieu, tu as exaucé mes prières, tu as donné un héritage à ceux qui craignent ton nom, Alléluia », Psaume 60, 3-6).

On dit ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢⲦⲞⲨ. Puis le prêtre lit l’Évangile en copte, de l’Évangile de Luc : son commencement ⲚⲀⲨⲘⲞϢⲒ ⲆⲈ ⲚⲈⲘⲀϤ Ⲛ̀ϪⲈ ϨⲀⲚⲚⲒϢϮ[305] (« De grandes foules marchaient avec lui »), son commencement en arabe : « Et une grande foule allait avec lui », sa fin ⲤⲰⲦⲈⲘ ⲘⲀⲢⲈϤⲤⲰⲦⲈⲘ (« qu’il entende »), sa fin : « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende » (Luc 14, 25-35).

L’onction et le revêtement de l’eskim

[ feuillet 105 verso ] — Et il répond l’Évangile avec ϦⲈⲚ ⲘⲀⲢⲀⲚⲦⲀⲬⲢⲞⲚ (« Soyons affermis »), comme il est écrit dans l’eskim des hommes. Et après cela le prêtre dit les trois grandes litanies — la paix, le Pape, l’assemblée — et le Symbole, et l’oraison des défunts. Puis « Kyrie eleison » trois fois. Et il dit les prières consignées dans le livre de la vie monastique, jusqu’à la fin de l’oraison de l’imposition de la main. Il oint d’huile le front de la sœur professée[306], et prie sur elle jusqu’à la fin de l’oraison. Il signe l’eskim et dit ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ (« Béni soit, au nom du Père et du Fils »). Puis il dit les formules du livre de la vie monastique.

Après cela ils chantent la mélodie de l’Esprit Saint, qui est ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ (« l’Esprit Paraclet »). Et durant cela il la revêt de l’eskim et de la ceinture, et dit ce qui est écrit. Et après cela ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ [ feuillet 106 recto ] Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅(« Oui, ô Seigneur, ô Seigneur ; Toi, ô Seigneur »), et l’absolution du Fils. Et après elle l’exhortation. Et après l’exhortation « Kyrie eleison » quarante et une fois, la croix étant élevée. Puis le prêtre dit la Bénédiction, après le canon ⲬⲈⲢⲈ Ϯ̀ϢⲈⲖⲈⲦ ⲈⲦⲈⲢⲞⲨⲰⲒⲚⲒ[307] (« Salut à l’épouse rayonnante »).

La Liturgie et le retour à la communauté

[ feuillet 106 recto ] — Et ils commencent le service de la Liturgie comme de coutume. Et lorsqu’ils montent à sa communauté, ils lisent devant elle aussi ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ ⲘⲀⲢⲒⲀ (« Salut à toi, Marie ») au simandre, les cierges en leurs mains, jusqu’à la porte de la communauté dans laquelle est sa congrégation, qui est l’église. Et à notre Seigneur la gloire, à jamais, éternellement. Amen.

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Ainsi est achevé, par le secours de Dieu, le rang des moniales, dans la paix du Seigneur. Amen.

La suite accompagne les fidèles jusqu’au dernier repos.

[308]

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Chapitre douzième

LES RITES FUNÉRAIRES

Les funérailles selon la dignité du défunt

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Les patriarches et les évêques · les prêtres · le patriarche officiant · la levée de la natte

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LES FUNÉRAILLES DES PATRIARCHES ET DES ÉVÊQUES

feuillets 106 verso à 114 verso

Au nom du Dieu unique, un en son essence, trine en ses hypostases et ses attributs.

L’approche de la mort et l’adieu

[ feuillet 106 verso ] — Nous copions les funérailles des pères. Le patriarche père et l’évêque père, lorsqu’ils reposent en leurs pays, l’on s’appuie sur cet ordre. Lorsque le patriarche père est malade, ou l’évêque père en son pays, et que la mort approche l’un d’eux, les prêtres se rassemblent auprès de lui, et tout le peuple, et les orphelins, et les veuves[309] ; et ils le saluent, et reçoivent sa bénédiction, et lui demandent de les absoudre d’abord. Puis ils se hâtent et envoient quérir les évêques pères, et les prêtres, et les chefs des monastères, et le peuple, des pays voisins, afin qu’ils viennent pour l’adieu de leur père, et reçoivent sa bénédiction.

Le grand deuil et le revêtement

Et lorsque survient son repos, ils font un grand deuil, comme firent les fils d’Israël pour leur père Jacob. Puis ils commencent avec la prière — le Psaume 151. Puis, si c’est le matin, ils portent son corps au milieu de l’église, et lavent ses mains et ses pieds, et le revêtent des robes du service, et le ceignent de deux eskims, et le revêtent de deux coules, et d’un burnous aussi, sans ornement[310]. Et ils lient la petite croix sur sa main droite, avec son mandil.

La Liturgie funèbre et le siège vacant

[ feuillet 107 recto ] — Et ils commencent avec l’office du matin comme de coutume. Et après lui s’avance le chef des évêques présent — ou l’higoumène, ou le prêtre ancien —, et il baise la croix de la main du patriarche père. Puis il commence avec la lecture de l’Évangile de Jean, jusqu’à sa fin. Puis ils commencent le service de la Liturgie, comme il est de coutume. Et il lit ces leçons : la Pauline de Timothée, la seconde épître, son commencement : « Mais toi, tu as suivi de près mon enseignement et ma conduite » (2 Timothée 3, 10), sa fin : « et ceux aussi qui auront aimé son avènement »[311] (2 Timothée 4, 8).

Puis ils disent la fin de la Pauline. En la vacance du siège : ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲬⲀⲤⲐⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲚ · ⲀⲚⲀⲠⲀⲨⲤⲞⲚ Ⲯ̀ⲨⲬⲎ ⲚⲘⲰⲚ · ⲠⲀⲦⲢⲒⲀⲢⲬⲞⲨ · ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅[312] (« Priez pour le repos de l’âme de notre père le patriarche Abba un tel »), ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲄⲀⲢ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲈϤⲈϮ Ⲙ̀ⲦⲞⲚ Ⲛ̀Ϯ̀Ⲯ̀ⲨⲬⲎ · Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · Ⲙ̀ⲠⲀⲦⲢⲒⲀⲢⲬⲎⲤ · ⲠⲀⲠⲀ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · ⲘⲀⲢⲈ ⲠⲒⲔⲖⲎⲢⲞⲤ (« car la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ donnera le repos à l’âme de notre père honoré le patriarche, le Pape Abba un tel ; que le clergé… »).

Et il achève comme de coutume. Le Catholicon, de Pierre, la première épître : « Frères bien-aimés, je vous exhorte comme des étrangers et des voyageurs » (1 Pierre 2, 11), sa fin : « et honorez le roi » (1 Pierre 2, 17). Le Praxis des Actes : « Et de Milet » lui-même, sa fin : « et ils l’accompagnèrent jusqu’au navire »[313] (Actes 20, 17-38).

Puis il intone ce Psaume : ⲘⲀⲢⲞⲨϨⲈⲘⲤϤ ϦⲈⲚ ⲦⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈϤⲖⲀⲞⲤ · ⲘⲀⲢⲞⲨⲤⲘⲞⲨ ⲈⲢⲞϤ ϨⲒ Ⲧ̀ⲔⲀⲐⲈⲆⲢⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ · ⲀϤⲬⲰ Ⲛ̀ⲞⲨⲘⲈⲦⲒⲰⲦ Ⲙ̀ⲪⲢⲎϮ Ⲛ̀ϨⲀⲚⲈⲤⲰⲞⲨ · ⲈⲨⲈⲚⲀⲨ Ⲛ̀ϪⲈ ⲚⲎⲈⲦ ⲤⲞⲨⲦⲰⲚ ⲈⲨⲈⲞⲨⲚⲞϤ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ (« Qu’ils l’exaltent dans l’assemblée de son peuple, et le louent dans le siège des anciens ; il a établi une paternité comme des troupeaux ; les hommes droits le verront et se réjouiront, Alléluia », Psaume 106, 32. 41-42).

On lit l’Évangile de Jean : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre point par la porte dans la bergerie » (Jean 10, 1), sa fin : « car tel est le commandement que j’ai reçu de mon Père » (Jean 10, 18). Et il achève la Liturgie comme de coutume.

Le psaume et l’Évangile du pain de vie

[ feuillet 107 verso ] — Et après cela il intone ce Psaume, du Psaume 72 : « Tu as tenu ma main droite ; tu m’as guidé par ton conseil, et tu m’as accueilli dans la gloire. Il m’est bon de m’approcher de Dieu ; et de Dieu je m’approche. J’ai mis ma confiance dans le Seigneur, Alléluia » (Psaume 72, 23-28).

[ feuillet 108 recto ] — Puis on dit ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲨ, et l’on lit l’Évangile de Jean : son commencement : « Alors Jésus leur dit : Je suis le pain de la vie ; et celui qui vient à moi n’aura jamais faim », sa fin : « celui-là a vu le Père »[314] (Jean 6, 35-46).

Le répons et l’adieu

Et après cela, il intone le ṭarḥ avec la mélodie des funérailles. Et voici l’interprétation : « Tu es devenu pour nous un chef et un apôtre, ô grand parmi les patriarches, Anba un tel. » Sa fin : « demande au Seigneur pour nous, qu’il nous pardonne nos péchés »[315].

Puis après cela tous les prêtres découvrent leurs têtes, et s’avance l’évêque présent — ou l’higoumène, ou le prêtre ancien —, et il baise la croix de la main du père le patriarche. Et s’ils le veulent, ils découvrent son visage, et le choix leur appartient.

Le service de l’ensevelissement

Puis ils commencent l’accomplissement des funérailles. Et tout le peuple, hommes et femmes, se tient en silence et en quiétude, suppliant Dieu pour le repos de l’âme de leur père, et qu’il leur suscite un bon pasteur, qui les paisse en place de celui qu’ils ont perdu. Puis le prêtre ancien dit, comme le Chbahmot fut exposé, et il y a avec lui aussi un second dans le rite, des prêtres, comme un diacre.

L’encensement par la main du défunt

[ feuillet 108 verso ] — Et lorsque la prière de l’action de grâces est achevée, ils disent « Kyrie eleison » seulement. Et le prêtre ancien s’avance, et signe la cassette à encens de la croix, avec la main du père le patriarche, qui tient la croix. Et il prend l’encens, et le place dans la paume droite du patriarche ; puis il le prend de sa main, et le place dans l’encensoir. Puis il place une seconde portion de l’encens dans sa main aussi, et la verse dans la main du second prêtre, et celui-ci la place dans l’encensoir. Et de même font tous les prêtres pour l’élévation de l’encens, jusqu’au dernier d’entre eux[316].

Et le premier prêtre dit ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲪⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit Dieu le Père tout-puissant, Amen »). Et tous les prêtres disent ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈϤⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ (« Béni soit son Fils unique-engendré »). Le troisième : ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ (« Béni soit l’Esprit »). Et il achève les cinq signations connues, et dit ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ (« Gloire et honneur ») en entier. Et il dit l’oraison de l’encens de la Pauline Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲠⲒϢⲀ ⲈⲚⲈϨ (« ô Dieu le grand, l’éternel »), et après elle Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ; ils disent : [ feuillet 109 recto ] ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ · ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲔⲈ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲆⲞⳫⲀ · ⲀⲢⲒⲦⲈⲚ ϪⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ[317] (« Seigneur aie pitié, Seigneur aie pitié, Seigneur bénis, Amen, Alléluia, gloire, fais-nous, ô notre Père »). Et le Psaume 50 en entier, jusqu’à sa fin, ils disent trois fois ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲆⲞⳫⲀ ⲤⲒ Ⲟ Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Alléluia, gloire à toi, ô Seigneur »). Et durant cela, lorsqu’ils disent le Psaume 50, tous les prêtres lui donnent l’encens, selon leur rite, et baisent la croix.

Les douze prophéties

[ feuillet 109 recto ] — Et après cela ils disent ces prophéties, consignées dans le livre des funérailles[318] ; et les voici :

[1] Du Pentateuque de Moïse le prophète, du second cantique : « Voyez, voyez que c’est moi, moi qui suis, et qu’il n’y a point d’autre dieu que moi. C’est moi qui fais mourir et qui fais vivre ; je frappe et je guéris, et nul ne délivre de ma main. » Sa fin : « et il rétribuera ceux qui le haïssent, et purifiera la terre de son peuple. » Et gloire à Dieu (Deutéronome 32, 39-43).

[2] Et aussi du Pentateuque de Moïse le prophète : « Voici les années que vécut Abraham. » Sa fin : « Dieu bénit Isaac son fils, et Isaac habita près du puits du Vivant-qui-me-voit. » Et gloire à Dieu. (Cela se dit aux funérailles des higoumènes et des prêtres.)(Genèse 25, 7-11).

[3] De Josué fils de Noun : « Et Josué était devenu vieux, avancé en âge. » Sa fin : « et toute chose pour notre bien s’est accomplie. » (Josué 23, 1-15).

[4] Du Pentateuque de Moïse le prophète : « Et le Seigneur dit à Moïse : Voici, les jours de ta mort se sont approchés. » Sa fin : « car tu verras devant toi le pays, mais tu n’y entreras point. » Et gloire à Dieu (Deutéronome 31, 14 – 32, 52).

[5] De Job le juste : « Il y a de l’espérance pour l’arbre, s’il est coupé : il reverdira encore, et ses rejetons ne cesseront point ; quand sa racine aurait vieilli dans la terre. » Sa fin : « et son âme s’afflige sur lui. » (Job 14, 7-22).

[6] Des livres des Rois : « Et David fit cette lamentation sur Saül et sur Jonathan son fils. » Sa fin : « Comment sont tombés les vaillants, et comment ont péri les armes de guerre ! » (2 Samuel 1, 17-27).

[7] Des livres des Rois : « Et lorsque les jours de David approchèrent où il devait mourir, il commanda à Salomon son fils, disant : Voici, je m’en vais par le chemin de toute la terre. » Sa fin : « et David s’endormit avec ses pères, et fut enseveli dans la cité de David. » Et gloire à Dieu (1 Rois 2, 1-10).

[8] Des Proverbes de Salomon : « La crainte du Seigneur hait l’iniquité. » Sa fin : « je les comble de biens. » (Proverbes 8, 13-21).

[9] De Jonas le prophète : « Et Jonas demeura dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. Et Jonas pria le Seigneur son Dieu du ventre du poisson, et dit : J’ai crié dans ma détresse vers le Seigneur mon Dieu, et il a entendu ma voix. » Sa fin : « et le Seigneur commanda au poisson, et il rejeta Jonas sur la terre sèche. » Et gloire à Dieu[319] (Jonas 2, 1-11).

[10] De la vision de Daniel le prophète : « Et en ce temps-là se lèvera Michel, le grand prince. » Sa fin : « tu reposeras, et tu te tiendras dans ton lot à la fin des jours. » Et gloire à Dieu. (Cela se dit aux funérailles des higoumènes et des prêtres.) (Daniel 12, 1-13).

[11] D’Ézéchiel le prophète : « Et la parole du Seigneur vint sur moi, et l’Esprit du Seigneur me fit sortir et me déposa au milieu d’une plaine, et elle était pleine d’ossements humains, et il me fit passer tout autour d’eux. » [ feuillet 110 recto ] Sa fin : « et je mettrai mon Esprit en vous, et vous vivrez, et je vous établirai sur votre terre ; et vous saurez que moi, le Seigneur, j’ai parlé et j’ai agi, dit le Seigneur. » Et gloire à Dieu (Ézéchiel 37, 1-14).

[12] D’Isaïe le prophète : « En ce temps-là Ézéchias fut malade, et il était près de mourir ; et Isaïe fils d’Amos le prophète vint à lui. » Sa fin : « et le soleil recula des dix degrés qu’il avait descendus. » Et gloire à Dieu (Isaïe 38, 1-8).

L’achèvement et la procession des psaumes

Puis après cela l’évêque dit — ou le prêtre — l’oraison des malades, jusqu’à sa fin, qui est ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ (« ceux qui sont malades »). Puis ils disent ⲘⲀⲢⲈⲚϨⲰⲤ (« Louons »), le cantique des anges. Puis le prêtre fait le tour de l’église avec l’encens, jusqu’à ce qu’ils achèvent, à la fin de ⲀⲄⲒⲀ ⲦⲢⲒⲀⲤ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲎⲘⲀⲤ (« Sainte Trinité, aie pitié de nous »). Puis ils disent « Notre Père ». Et après elle ils disent ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ[320] (« l’Ami des hommes ») avec la mélodie du Grand Carême, jusqu’à sa fin, quart par quart. Puis l’un des prêtres dit l’Alléluia avec la mélodie des funérailles, et ils répondent ⲀⲖ̅Ⲗ̅. Et après cela ils disent ce chant, de David le prophète — ses bénédictions soient sur nous, Amen :

[ feuillet 110 verso ] — Du Psaume 117 : ⲞⲨⲰⲚϨ ⲈⲂⲞⲖ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ϪⲈ[321] (« Rendez grâce au Seigneur »), Psaume 117, dit jusqu’à sa fin. Puis le Psaume 118 est dit : ⲞⲨⲀⲄⲀⲐⲞⲤ ⲠⲈ ⲠⲈϤⲚⲀⲒ (« Bonne est sa miséricorde »), le commencement du Psaume, dit jusqu’à sa fin : ⲤⲈⲘⲚⲈ ⲚⲞⲘⲞⲤ ⲚⲎⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Établis pour moi une loi, ô Seigneur »). Puis le Psaume 138 est dit : ⲠⲈϪⲎⲒ ϪⲈ ϨⲀⲢⲀ ⲈⲢⲈ ⲞⲨⲔⲀⲔⲒ (« J’ai dit : Peut-être les ténèbres me couvriront »), Psaume 138, jusqu’à sa fin. Puis on les interprète en arabe, du chant de David le prophète : « Rendez grâce au Seigneur, car il est bon, et sa miséricorde dure à jamais »… et du Psaume 118 : « ô Dieu, enseigne-moi les voies de ta justice, afin que je les suive en tout temps. »

La seconde Liturgie de la Parole

[ feuillet 110 verso ] — Puis le Psaume 138 est dit, et après cela l’encens est élevé. Puis la Pauline est lue en copte, avec la mélodie des funérailles, de l’Épître aux Hébreux, son commencement : « Souvenez-vous de vos conducteurs, qui vous ont annoncé la parole de Dieu » ; sa fin : « pour les siècles. Amen »[322] (Hébreux 13, 7-21).

[ feuillet 111 recto ] — Puis elle est interprétée en arabe. Puis après elle ⲀⲄⲒⲞⲤ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ (« Dieu saint ») est dit trois fois. Puis l’oraison de l’Évangile est dite. Et il intone ce Psaume avec la mélodie des funérailles, le Psaume 90, son commencement Ⲡ̅ⲈⲦϢⲞⲠ ϦⲈⲚ Ϯ̀ⲂⲞⲎⲐⲒⲀ (« Celui qui demeure sous la protection »), dit jusqu’à sa fin. Puis l’Évangile est lu de Luc, son commencement : « Et il y eut entre eux une contestation, lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand. » Sa fin : « les douze tribus d’Israël » (Luc 22, 24-30).

L’exhortation d’adieu du patriarche

Puis il intone ce ṭarḥ, dans le mode ⲀⲚⲞⲔ ⲠⲈ ⲠⲈⲦⲈⲚⲒⲰⲦ[323] (« Je suis votre père »), et le voici, jusqu’à sa fin. Puis le chef des prêtres interprète le ṭarḥ, et le voici :

« Je vous en supplie, moi le pauvre pécheur, je répands ces paroles à votre amour par la voix de l’état où je suis, au nom du seigneur père le patriarche Anba un tel, qui gît devant vous, disant :

Je suis votre père et votre maître ; écoutez tous mes recommandations, ô mes enfants bien-aimés.

Je suis votre père, gisant prostré devant vous ; je vous adresse la parole par la voix de mon état, disant :

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : gardez la foi en la Trinité sainte.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : aimez-vous les uns les autres d’un amour véritable.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : faites du bien à tous les hommes qui viennent à vous.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : ne laissez point le monde vous égarer.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : ne soyez point paresseux dans le service de Dieu.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : peinez dans la prière.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : gardez vos langues de la médisance.

[ feuillet 111 verso ]

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : gardez le baptême qui vous a été donné.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : gardez vos corps purs pour le Seigneur.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : ne laissez jamais vos lampes s’éteindre.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : gardez la loi qui vous a été donnée.

Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : placez la crainte de Dieu au-dedans de vous.

Dieu m’est témoin, ô mes enfants bien-aimés, que je ne vous ai rien caché de la parole de Dieu, et que je n’ai point sommeillé, et que je n’ai nul grief contre aucun de vous. Si vous gardez ce que je vous ai dit, les rois de la terre se soumettront à vous. Si vous gardez ce que je vous ai dit, vous foulerez la tête du dragon. Si vous gardez ce que je vous ai dit, vous mangerez des biens de la terre. Si vous gardez ce que je vous ai dit, les Chérubins lumineux brilleront pour vous. Si vous gardez ce que je vous ai dit, vous ne manquerez de rien des biens célestes.

[ feuillet 112 recto ] Je vous en supplie, ô mes enfants bien-aimés : demandez le Christ pour mon âme, qu’il lui donne le repos devant lui, et qu’il ne me tienne point compte de ce qui s’est passé de moi, des manquements et des fautes. Je prie votre amour, et j’implore votre sainteté, que vous m’absolviez, chacun et chacun d’entre vous. Et voici, maintenant je me suis éloigné de vous, et je m’en suis allé de vous, et je ne verrai plus vos visages désormais. Et je vous en supplie, peinez dans la prière pour moi, et la mémoire dans les Liturgies, afin que mon Seigneur me reçoive à lui, et pardonne tout ce qui est venu de moi. Je demande au Christ, le grand Pasteur des pasteurs, qu’il vous suscite un bon pasteur, qui vous paisse selon son bon plaisir, et gouverne vos affaires, et veille sur le salut de vos âmes. »

La réponse du peuple

« Et nous te supplions, ô notre père, le saint père, que tu te souviennes de nous, nous tes enfants, les orphelins de ta paternité, devant le Christ ; et nous lui demandons qu’il nous garde des coups de l’ennemi malin, et qu’il nous donne [ feuillet 112 verso ] un esprit vigilant, afin que nous gardions tes paroles et tes recommandations. Et qu’il te récompense la récompense de ta peine avec nous, par le meilleur salaire, et l’éternité dans la Jérusalem céleste, avec nos pères les patriarches qui ont précédé[324], par l’intercession de la Dame, la pure Vierge, et de saint Marc l’évangéliste, l’apôtre, le prédicateur des contrées d’Égypte, et de tous les martyrs et les saints, et de ceux qui ont plu au Seigneur par leurs bonnes œuvres. Amen. »

Les diptyques

[ feuillet 112 verso ] — Puis ils répondent le répons de l’Évangile, avec la mélodie des funérailles comme de coutume. Et le prêtre dit les trois litanies — la paix, et le Pape. Puis le prêtre dit ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀Ϯ̀Ⲯ̀ⲨⲬⲎ[325] (« Souviens-toi, Seigneur, de l’âme »). Le diacre dit : Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ Ⲙ̀ⲠⲀⲦⲢⲒⲀⲢⲬⲎⲤ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲬⲀⲤⲐⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲚ ⲀⲚⲀⲠⲀⲨⲤⲒ Ⲛ̀Ⲯ̀ⲨⲬⲎ ⲚⲘⲰⲚ ⲠⲀⲦⲢⲒⲀⲢⲬⲞⲨ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ — « priez pour le repos de l’âme de notre père le patriarche Anba un tel ». Le prêtre dit ⲘⲀⲘⲦⲞⲚ ⲚⲀⲤ ϦⲈⲚ ⲔⲈⲚϤ Ⲛ̀ⲚⲈⲚⲒⲞϮ ⲈⲐⲨ Ⲙ̀ⲠⲀⲦⲢⲒⲀⲢⲬⲎⲤ (« Donne-lui le repos dans le sein de nos pères saints les patriarches »).

La procession autour de l’autel

Puis il dit l’absolution. Et après cela il dit la litanie de l’assemblée, et après elle le Symbole. Et après cela le prêtre dit cette demande, du livre des funérailles, et la voici : « ô Seigneur Jésus-Christ, Créateur des créatures, qui par l’abondance de sa miséricorde et de sa bonté… » Puis après cela les prêtres s’avancent et portent le patriarche père sur leurs épaules, et montent avec lui à l’autel, et font autour de lui sept circuits ; et s’ils le veulent, ils font avec lui le tour comme de coutume, et cela est préférable. Et ils chantent ce ṭarḥ, dans le mode ⲀⲄⲀⲰ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ (« Ô bon, notre Sauveur »).

Le brancard et la doxologie de Moïse

[ feuillet 113 recto ] — Puis lorsque les circuits sont achevés, ils le déposent sur le brancard, et lui donnent l’encens, et baisent sa main. Et lorsque la psalie est achevée, ils chantent devant lui le prologue, en son entier, en ordre, avec la mélodie de ⲠⲒϨⲘⲞⲦ (« la grâce »). Et ils le déposent au lieu des funérailles. Et tous les prêtres élèvent l’encens de sa main, comme il a été exposé d’abord. Et ils chantent avec la mélodie de la doxologie, qui est ⲀⲔϬⲒⲦ ⲬⲀⲢⲒⲤ Ⲙ̀ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ · Ϯ̀ⲘⲈⲦⲞⲨⲎⲂ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲀⲀⲢⲰⲚ[326] (« Tu as reçu la grâce, ô Moïse, le sacerdoce d’Aaron »), jusqu’à sa fin.

Il lit cette leçon, de la Pauline, de l’épître aux Romains, avec la mélodie des funérailles, son commencement : « Et si le Christ, à cause de notre faiblesse, est mort. » Sa fin : « ils régneront dans la vie éternelle, par le seul Jésus-Christ » (Romains 5, 6-17). Puis ils disent « Agios » trois fois, et l’oraison de l’Évangile aussi. Et il intone ce Psaume avec la mélodie des funérailles, qui est ⲀϤϢⲰⲠⲔ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Le Seigneur est devenu ton refuge »), en entier. Puis ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲨ est dit, et l’Évangile est lu de Jean l’évangéliste : son commencement : « Alors Jésus leur dit : Je suis le pain de la vie ; et celui qui vient à moi n’aura jamais faim. » Sa fin : « celui-là a vu le Père » (Jean 6, 35-46). Puis il intone ce ṭarḥ, dans le mode ⲀⲄⲀⲰ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ. Après l’Évangile : ⲐⲰⲞⲨϮ ⲦⲎⲢⲞⲨ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ · ϦⲀ ⲚⲒⲬⲢⲒⲤⲦⲒⲀⲚⲞⲤ[327] (« Rassemblez-vous tous aujourd’hui, ô chrétiens »). Puis le chef des prêtres l’interprète : « Rassemblez-vous, vous tous ensemble, ô chrétiens, qui êtes aujourd’hui devenus orphelins. » Jusqu’à sa fin. Puis ils répondent le répons de l’Évangile comme de coutume. Et le prêtre dit les trois litanies — la paix, le Pape, l’assemblée — et le Symbole.

L’ensevelissement et la complainte

[ feuillet 113 verso ] — Puis le prêtre ancien célébrant dit l’oraison des défunts, et tous les prêtres la disent avec lui à voix haute, jusqu’à sa fin. Et il élève l’encens, et après cela il dit cette demande, son commencement : « ô Dieu des esprits et Seigneur de toute chair, qui… » jusqu’à sa fin. [ feuillet 114 recto ] — Puis ils disent « Notre Père ». Et le prêtre dit Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et après cela ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et l’absolution du Fils. Puis la complainte est lue sur la cathèdre. Et après elle il élève la croix, et ils disent « Seigneur, aie pitié » cent fois, avec une grande lamentation, et des larmes sur leur état d’orphelins, et la séparation d’avec leur père et leur pasteur. Et après cela les prêtres le baisent, et tout le clergé, et tous les hommes et les femmes, et les vierges et les moines ; et ils le portent, avec pleurs et lamentation de tous, au lieu de son tombeau.

La mise au tombeau

Il élève l’encens, et lit ce Psaume, son commencement ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲆⲀⲨⲒⲆ (« Souviens-toi, Seigneur, de David »), dit avec la mélodie des funérailles. Puis ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲨ est dit, et cet Évangile est lu avec la mélodie des funérailles, son commencement de Luc : « Et comme ils écoutaient ces choses, il se mit à leur dire une parabole. » Sa fin : « et toi, sur cinq cités » (Luc 19, 11-19). Et après cela ils chantent cette psalie avec la mélodie ⲀⲄⲀⲰ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ, tandis qu’ils l’ensevelissent au cœur de la terre, son commencement ⲀⲠ̀ⲔⲀϨⲒ ⲔⲞⲦϤ[328] (« ô terre, reçois-le »), jusqu’à sa fin. Ils disent ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲪⲢⲈⲤⲂⲒⲀ (« par les intercessions ») des vierges, et de l’ange Michel, et de Marc l’évangéliste. Et après cela ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ (« Nous t’adorons »). Et il intone ceci aux funérailles des higoumènes et des prêtres, après la lecture de la complainte. Et il interprète. Et ils disent après, « Kyrie eleison »[329].

La suite descend d’un degré dans les honneurs du deuil.

[330]

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LES FUNÉRAILLES DES PRÊTRES

feuillets 115 recto à 118 recto

L’achèvement du rite patriarcal

[ feuillet 115 recto ] — Puis ils disent « Notre Père », et le prêtre ancien dit ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, puis Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, puis l’absolution du Fils, jusqu’à sa fin. Puis ils disent « Seigneur, aie pitié » quarante et une fois. Et après cela le prêtre dit la Bénédiction. Et tous ceux qui sont présents reçoivent la bénédiction au tombeau, et s’en vont à leurs demeures dans la paix du Seigneur, et sa miséricorde soit sur nous à jamais. Amen. Ceci est achevé par le secours de Dieu, et grâces à Dieu toujours.

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LES FUNÉRAILLES DES HIGOUMÈNES ET DES PRÊTRES

et de même l’ordre de toutes les funérailles

L’accueil et la procession

[ feuillet 115 verso ] — Les cierges sont allumés par la main des prêtres et du clergé, et ils se tiennent à la porte de l’église. Et si le défunt est un prêtre, les prêtres se chargent de sa préparation en sa maison, et les diacres le portent à la porte de l’église. Les prêtres s’avancent et le portent, et chantent devant lui dans le mode du Grand Carême : ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ Ⲛ̀ⲀⲄⲀⲐⲞⲤ[331](« le bon Ami des hommes »). Et si c’est aux jours de la Pentecôte, ou le dimanche tout au long de l’année, ils disent Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲒⲖⲞⲄⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̅ⲒⲰⲦ (« Christ le Verbe du Père »), le pikébernitis (« le pilote »). Et ils entrent devant lui avec les cierges jusqu’à devant la porte du sanctuaire. S’il est prêtre, et qu’ils jugent bon de découvrir son visage, le choix leur appartient, car c’est la coutume.

La Liturgie de la Parole et les prophéties

Et les prêtres découvrent leurs têtes. Et le prêtre ancien s’avance, et un des prêtres avec lui comme diacre. Et ils commencent après cela avec la lecture du Chbahmot, et l’élévation de l’encens, avec l’oraison de la Pauline. Et ils chantent « Kyrie eleison » seulement. Et après l’oraison de l’élévation de l’encens, ils disent : [ feuillet 116 recto ] ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ · ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ · ⲔⲈ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲆⲞⳫⲀ ⲔⲀⲚⲒⲚ · ⲀⲢⲒⲦⲈⲚ ϪⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ · ⲚⲀⲒ ⲚⲎⲒ Ⲫ̅Ϯ[332] (« Seigneur aie pitié, Seigneur aie pitié, Seigneur bénis, Amen, Alléluia, gloire, et maintenant ; fais-nous, ô notre Père ; aie pitié de moi, ô Dieu ») en entier. Puis il dit ⲀⲖ̅Ⲗ̅ ⲆⲞⳫⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ trois fois.

Puis ici il lit les prophéties, du rite des funérailles des patriarches[333].

Et le prêtre dit après cela l’oraison des malades, jusqu’à sa fin. Et s’il y a du temps, ils disent les sept grandes litanies. Et si c’est le matin du jour, ils disent ⲘⲀⲢⲈⲚϨⲰⲤ (« Louons »). Et si c’est de la troisième heure jusqu’à la fin du jour, ils disent ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⳫⲒⲞⲚ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Rends-nous dignes, ô Seigneur »), jusqu’à sa fin ; ils disent Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ (« Christ notre Père »), jusqu’à sa fin ; ils disent ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ (« l’Ami des hommes »), ou ⲚⲀⲔⲚⲀⲒ Ⲡ̅Ⲁ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Tes miséricordes, ô mon Seigneur »). Et s’il y a du temps, ils chantent ⲀⲒⲈⲢⲠⲚⲞⲂⲒ · ⲀⲒⲈⲢⲠⲚⲞⲂⲒ Ϯ̀ⲚⲀϨⲞⲤ (« J’ai péché, j’ai péché, je le dirai »). Et si c’est en abrégé, ils disent ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ ⲘⲀⲦⲀⲖϬ (« les malades, guéris-les »). Un des prêtres dit l’Alléluia avec la mélodie des funérailles, et ils le répondent, et après lui les tropaires, la litanie pour le sujet des funérailles, du livre des funérailles, et ils interprètent en arabe. Et après eux le prêtre élève l’encens au nom du reposé, et lit la Pauline en copte, avec la mélodie de la tristesse. Et durant sa lecture, le prêtre fait le tour avec l’encens sur le clergé en particulier. Et il interprète la Pauline en arabe.

L’Évangile et les variations festives

[ feuillet 116 verso ] — Et après elle ils disent « Agios » trois fois, et après eux l’oraison de l’Évangile. Puis le Psaume est intoné avec la mélodie des funérailles. Et ⲔⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲨ est dit. Et le prêtre ancien lit l’Évangile en copte, avec la mélodie de la Pâque[334]. Et le diacre l’interprète. Et si c’est dimanche, ou aux jours de la Pentecôte, ils disent l’Alléluia qui lui est propre, et de même les jours de fête tout au long de l’année. Et aux jours de la Pentecôte, la Pauline aussi, et le Psaume, et l’Évangile sont festifs.

Le répons selon la qualité du défunt

Et après l’Évangile, s’il est prêtre, ce ṭarḥ est intoné avec la mélodie ⲀⲄⲀⲰ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ[335] (« Ô bon, notre Sauveur »). Puis le prêtre célébrant l’interprète en arabe : ⲐⲰⲞⲨϮ ⲦⲎⲢⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲎⲒ · Ⲱ ⲚⲒⲢⲈⲘⲚ̀ⲦⲀⲤⲠⲈ (« Rassemblez-vous tous avec moi, ô peuples des langues »), son commencement : « Rassemblez-vous, vous tous ensemble avec moi, ô peuples de toutes les langues, pour mener tous une grande lamentation sur notre père et notre maître, et le guide de nos âmes, le père honoré N. »

Et si le reposé est un diacre, ce ṭarḥ est intoné dans le mode ⲀⲄⲀⲰ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ. [ feuillet 117 recto ] Son commencement est le premier quart qui se lit au funéraille du prêtre, et le second quart est celui-ci : ⲈϪⲈⲚ ⲠⲀⲤⲞⲚ Ⲛ̀ⲤⲰⲦⲠ · Ⲛ̀ⲆⲒⲀⲔⲞⲚ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · ⲠⲒⲢⲈϤϢⲈⲘϢⲒ Ⲛ̀ⲔⲀⲖⲞⲤ · ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ (« Sur mon frère élu, le diacre honoré, le bon serviteur, Abba un tel »).

Et si le reposé est un laïc, ou une femme, ce ṭarḥ est intoné pour lui dans le mode ⲦⲀⲒ Ⲯ̀ⲨⲬⲎ ⲐⲀⲒ · ⲈⲦⲀⲚⲐⲰⲞⲨϮ (« Cette âme, pour laquelle nous nous sommes assemblés »). Et son commencement est ⲀⲄⲀⲰ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ ⲈⲐⲂⲎⲦⲤ · Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲘⲀⲘⲦⲞⲚ ⲚⲀⲤ · ϦⲈⲚ ⲐⲘⲈⲦⲞⲨⲢⲞ Ⲛ̀ⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ (« Ô bon, notre Sauveur, pour elle, ô Seigneur, donne-lui le repos dans le royaume des cieux »), son commencement en arabe : « Cette âme, pour laquelle nous nous sommes assemblés : ô Seigneur, donne-lui le repos dans le royaume des cieux. »

Et si le reposé est un petit enfant, fille ou garçon, on dit, à partir de « ô Connaisseur » : « Nous te supplions, ô Christ notre Dieu, compte-la — l’âme — avec les âmes des enfants, les purs, qui ont lavé leurs vêtements. »

Les diptyques et l’onction

[ feuillet 117 verso ] — Puis il dit les trois petites litanies — la paix, le Pape, l’assemblée — et le Symbole. Et après elles l’oraison des défunts ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ (« ceux qui se sont endormis »), jusqu’à sa fin ; ils disent « Kyrie eleison » trois fois. Puis le diacre dit ⲦⲰ ⲔⲈ ⲀⲄⲈⲐⲞⲞⲘⲈⲚ[336]. Puis ils disent la demande convenant à chaque reposé. Et après elle ils disent « Notre Père ». Puis le prêtre dit Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et après cela ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et l’absolution du Fils, jusqu’à sa fin. Ils disent la complainte convenant à chaque reposé, s’il y a du temps ; et s’il n’y a pas de temps, le prêtre élève la croix, et ils disent « Kyrie eleison » quarante et une fois.

Et après cela ils chantent l’Alléluia, si c’est la Pentecôte ou le dimanche s’y rapportant ; et si c’est tout au long de l’année, avec la mélodie des funérailles. Et le prêtre verse l’huile bénite sur le reposé, trois croix de haut en bas[337]. Et tout le peuple commence à prendre la bénédiction de cette huile, et son adieu, et l’absolution sur lui, et la consolation de sa famille.

L’ensevelissement

Et le prêtre lit la Bénédiction, et ils le portent au lieu de son tombeau, et l’ensevelissent. Et tous les prêtres prient sur le tombeau [ feuillet 118 recto ] l’oraison des défunts, et après elle le Symbole, et la demande, et « Notre Père », et l’absolution du Fils, et « Kyrie eleison »[338] quarante et une fois. Et il scelle cela par la lecture de la Bénédiction. Et ils retournent en paix à leurs demeures. Et à notre Seigneur la gloire, à jamais, éternellement. Amen.

La suite considère le cas où le premier des pasteurs conduit lui-même le deuil.

[339]

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LES DERNIERS OFFICES DU DEUIL

feuillets 118 verso à 119 verso

Le patriarche officiant

[ feuillet 118 verso ] — Et si le patriarche père prie sur le reposé, ils suivent cet ordre[340] : on prend son turban dans un voile. Et il dit le Chbahmot, et les prêtres partagent l’élévation de l’encens, et ils disent l’oraison de l’encens. Et après cela, au Psaume 50, on lui donne l’encens. Après la complainte, il intone en copte et en arabe, et ils disent après « Kyrie eleison ». Et il retourne se tenir à sa place. Et le prêtre associé dit l’oraison des malades. Et lorsque vient le temps de la lecture de l’oraison de l’Évangile, le patriarche père s’avance de sa place vers le reposé, et dit l’oraison de l’Évangile, et élève l’encens, et intone le Psaume. Et le patriarche père dit l’Évangile en copte, avec la mélodie de la tristesse. Et un des prêtres intone le ṭarḥ, et le patriarche père l’interprète, et il répond l’Évangile comme de coutume.

Et le prêtre associé dit les trois litanies — la paix, le Pape, l’assemblée — et ils disent le Symbole. Et le patriarche père dit l’oraison des défunts, et lit la demande, et après elle « Notre Père ». Et il achève la prière comme de coutume. Et le patriarche père verse l’huile bénite sur le reposé, et lit la Bénédiction, et gloire à Dieu toujours. Et c’est le diacre qui lit l’Évangile en copte ; le patriarche père interprète le ṭarḥ, lit la demande, lit l’absolution du Fils, et c’est lui qui verse l’huile sur le mort et lit la Bénédiction. Ceci est achevé par le secours de Dieu le Très-Haut.

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L’ORDRE DE LA PRIÈRE DU TOMBEAU

qui est la levée de la natte

La levée de la natte au troisième jour

[ feuillet 119 recto ] — Si c’est la levée de la natte, au troisième jour, on place un vase au milieu de la maison, dans lequel il y a un peu d’eau, et un peu de sel, et un bouquet de basilic[341]. Et si la prière est sur le tombeau, en l’une des commémorations, alors la prière est autrement que ce qui a été exposé.

Le prêtre commence le Chbahmot, et élève l’encens, avec l’oraison de la Pauline. Et ils chantent « Kyrie eleison » seulement. Et lorsque l’oraison de l’encens est achevée, ils disent ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ · ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ · ⲔⲈ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ ⲀⲖ̅Ⲗ̅ · ⲆⲞⳫⲀ ⲠⲀⲦⲢⲒ ⲀⲢⲒⲦⲈⲚ · ϪⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ (« Seigneur aie pitié, Seigneur aie pitié, Seigneur bénis, Amen, Alléluia, gloire au Père, fais-nous, ô notre Père ») et le Psaume 50.

Le prêtre dit l’oraison des malades. Et après elle ils disent ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⳫⲒⲞⲒⲚ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Rends-nous dignes, ô Seigneur »), jusqu’à la fin de ⲀⲄⲒⲀ ⲦⲢⲒⲀⲤ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲎⲘⲀⲤ (« Sainte Trinité, aie pitié de nous »). Ils disent « Notre Père ». Et après cela l’oraison des malades ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ, si c’est dimanche ou la Pentecôte, dans le mode du pikébernitis ; et si c’est tout au long de l’année, dans le mode de la tristesse, jusqu’à la fin de ϪⲈ ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ. Ils disent l’Alléluia, et les tropaires, et après eux la Pauline. Et après eux « Agios » trois fois, et l’oraison de l’Évangile, et le Psaume est intoné. Et le prêtre lit l’Évangile en copte, et le diacre l’interprète. Et il répond l’Évangile avec le répons des funérailles.

L’aspersion de la maison

[ feuillet 119 verso ] — Et le prêtre dit les trois petites litanies — la paix, le Pape, l’assemblée — et le Symbole, et l’oraison des défunts, et la demande, et « Notre Père ». Puis il dit ⲤⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, puis Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅, et l’absolution du Fils, jusqu’à sa fin. Ils élèvent la croix, et disent « Kyrie eleison » quarante et une fois, et après elle l’Alléluia avec la mélodie des funérailles. Et le prêtre asperge les quatre côtés du lieu avec le bouquet de basilic trempé dans l’eau, en la figure de la croix[342] ; et de même le lit du reposé, et ses vêtements. Et il scelle cela par la lecture de la Bénédiction. Et ils s’en vont dans la paix du Seigneur, et sa miséricorde soit sur nous. Amen.

L’absolution à l’église pour les commémorations

Et voici l’absolution à l’église, au troisième jour et aux autres commémorations. Elle se fait à l’église, jusqu’à la fin de ce qu’il dit Ⲫ̅Ϯ ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲚ (« ô Dieu, aie pitié de nous ») dans la prière de l’élévation de l’encens du matin. Et ils disent « Kyrie eleison », et après elle ils disent ⲀⲖ̅Ⲗ̅ avec la mélodie des funérailles, et les tropaires, et la Pauline avec la mélodie des funérailles, et ils interprètent. Et après eux « Agios » trois fois, et l’oraison de l’Évangile, et le Psaume et l’Évangile pour la prière du matin. Et la prière est achevée comme de coutume, jusqu’à la fin de Ϯ̀ⲚⲈⲚϪⲒⲚⲐⲰⲞⲨϮ[343] (« notre assemblée »). Ils disent le Symbole, et après lui l’oraison des défunts, et la demande, et « Notre Père ». Et ils achèvent la prière, et la Liturgie comme de coutume, comme il a été exposé. Et à notre Seigneur la gloire, à jamais.

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Ceci est achevé par le secours de Dieu.

La suite quitte les hommes pour les choses du sanctuaire.

[344]

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Chapitre treizième

LA CONSÉCRATION DES OBJETS SACRÉS

Réparer, instituer et garder les choses du sanctuaire

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La reconsécration du calice · les vases de l’autel · l’icône du saint ou du martyr · les corps des saints martyrs · la planche destinée à l’autel · la table profanée · le calice et la boîte à encens · la pièce dite avant l’Évangile

Manuscrit de Paris, arabe 98


 

 

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LA RECONSÉCRATION DU CALICE

feuillets 120 recto à 126 verso

Au nom de la sainte Trinité.

Le cas et les précautions

[ feuillet 120 recto ] — L’ordre de la restauration du calice, lorsqu’un accident lui est advenu par les négligents[345]. Et voici ce que nous avons trouvé, sa copie, dans la trésorerie de l’église du saint père l’abba Macaire.

Et il advient, lorsque le calice se trouve, au temps de l’Offrande, vide — ou qu’il y reste quelque chose, ou qu’il est vide, ou qu’il y a de l’huile, ou quelque chose des onguents. Alors cela est vidé en un lieu pur. Et l’on place la patène avec le saint Corps qui est en elle sur le côté droit de l’autel, et elle est couverte, et un diacre de bon sens la garde, tenant en sa main un cierge allumé ; ou un prêtre se charge de sa garde[346]. Et l’on place un calice consacré vide, si l’on en trouve. Et l’on apporte au prêtre ancien un vase dans lequel est le vin. Et il enveloppe ses mains d’un linge consacré, et tient le vase en sa main, et le signe, disant. D’abord cela, il dit le premier signe : ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ ⲠⲒϢⲎⲢⲒ (« Au nom du Père et du Fils ») en entier.

La triple bénédiction trinitaire

Le premier signe : ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲪⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit Dieu le Père tout-puissant, Amen »). Le deuxième signe : ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈϤⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ · Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ · Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit son Fils unique-engendré, Jésus-Christ notre Seigneur, Amen »). [ feuillet 120 verso ] Le troisième signe : ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ · ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ (« Béni soit l’Esprit ; gloire et honneur à l’Esprit Saint Paraclet »). Et il achève comme de coutume.

Le mélange et l’Apôtre de l’institution

Puis le diacre verse le vin dans le calice, et le mêle d’eau comme de coutume, et dit ⲀⲘⲎⲚ ⲈⲒⲤ (« Amen, un »), et ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ (« Père saint »), et après cela ⲚⲒⲈⲐⲚⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ (« toutes les nations »), et ils répondent le verset. Puis il dit le Chbahmot comme de coutume, jusqu’à sa fin. Ils chantent ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ (« Cet encensoir »), et après lui ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ (« Nous adorons ») avec la mélodie de la Pauline. Et le prêtre élève l’encens avec la cuiller, cinq fois, comme de coutume, et dit l’oraison de l’encens de la Pauline, et ne sort pas de l’autel. Et un des diacres lit cette leçon, de la Première aux Corinthiens, chapitre 11[347] :

ⲀⲚⲞⲔ ⲆⲈ ⲀⲒϬⲒ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ⲪⲎ ⲈⲦⲀⲒⲦⲎⲒϤ ⲈⲦⲈⲚ ⲐⲎⲚⲞⲨ · ϪⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ ϦⲈⲚ ⲠⲒⲈϪⲰⲢϨ ⲈⲦⲞⲨⲚⲀⲦⲎⲒϤ Ⲛ̀ϦⲎⲦϤ · ⲀϤϬⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲒⲔ · ⲞⲨⲞϨ ⲀϤϢⲈⲠϨⲘⲞⲦ ⲀϤⲪⲀϢϤ ⲞⲨⲞϨ ⲀϤϪⲞⲤ · ϪⲈ ⲪⲀⲒ ⲠⲈ ⲠⲀⲤⲰⲘⲀ ⲈⲦⲞⲨⲚⲀⲦⲎⲒϤ ⲈϪⲈⲚ ⲐⲎⲚⲞⲨ · ⲪⲀⲒ ⲀⲢⲒⲦϤ Ⲉ̀Ⲡ̀ϪⲒⲚⲈⲢⲠⲀⲘⲈⲨⲒ · ⲠⲀⲒ ⲢⲎϮ ⲞⲚ ⲠⲒⲔⲈⲀⲪⲞⲦ ⲘⲈⲚⲈⲚⲤⲀ ⲠⲒⲆⲒⲠⲚⲞⲚ ⲈϤϪⲰ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ · ϪⲈ ⲠⲀⲒ ⲀⲪⲞⲦ Ϯ̀ⲆⲒⲀⲐⲎⲔⲎ Ⲙ̀ⲂⲈⲢⲒ ⲦⲈ ϦⲈⲚ ⲠⲀⲤⲚⲞϤ · ⲪⲀⲒ ⲀⲢⲒⲦϤ Ⲛ̀ⲤⲞⲠ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦⲈⲦⲈⲚⲤⲰ Ⲙ̀ⲘⲞϤ · ⲈⲢⲈⲦⲈⲚⲒⲢⲒ Ⲙ̀ⲠⲀⲘⲈⲨⲒ · ⲤⲞⲠ ⲄⲀⲢ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦⲈⲦⲈⲚⲚⲀⲞⲨⲰⲘ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲰⲒⲔ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲦⲈⲚⲤⲰ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲀⲪⲞⲦ · ⲈⲢⲈⲦⲈⲚϨⲒⲰⲒϢ Ⲙ̀ⲪⲘⲞⲨ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ϢⲀⲦⲈϤⲒ · ϨⲰⲤⲦⲈ ⲪⲎ ⲈⲐⲚⲀⲞⲨⲰⲘ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲀⲒⲰⲒⲔ · ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲦⲈϤⲤⲰ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲀⲒⲀⲪⲞⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲘⲈⲦⲀⲦⲘ̀Ⲡ̀ϢⲀ · ⲈϤⲈϢⲰⲠⲒ ⲠⲒⲈϬⲞⲒ Ⲛ̀ⲈⲚⲞⲬⲞⲤ Ⲙ̀ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲤ̀ⲚⲞϤ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Pour moi, j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai aussi transmis : que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et ayant rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même aussi, après le souper, il prit la coupe, disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. En sorte que quiconque mange de ce pain et boit de cette coupe du Seigneur indignement, deviendra coupable du corps et du sang du Seigneur », 1 Corinthiens 11, 23-27).

Le Psaume de la coupe

Puis le prêtre ancien — ou le prêtre associé — dit Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ Ϯ̀ⲄⲚⲰⲤⲒⲤ (« le Seigneur de la connaissance »). La Pauline est interprétée en arabe. Et après « Agios » trois fois, et le verset, le prêtre dit l’oraison de l’Évangile, et intone ce Psaume : ⲀⲔⲤⲞⲂϮ Ⲛ̀ⲞⲨϮⲢⲀⲠⲀⲌⲀ Ⲙ̀ⲠⲀⲘⲐⲞ ⲈⲂⲞⲖ · Ⲙ̀ⲠⲈⲘⲐⲞ Ⲛ̀ⲚⲎⲈⲦϨⲞϪϨⲈϪ Ⲙ̀ⲘⲞⲒ · ⲀⲔⲐⲰϨⲤ Ⲛ̀ⲦⲀⲀⲪⲈ Ⲛ̀ⲞⲨⲚⲈϨ · ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲔⲀⲪⲞⲦ ⲈⲦⲐⲀϦⲒ Ⲙ̀ⲪⲢⲎϮ Ⲛ̀ⲞⲨⲀⲘⲀϨⲒ[348] (« Tu as dressé devant moi une table, en face de ceux qui m’affligent ; tu as oint ma tête d’huile, et ta coupe qui enivre, comme le plus fort des vins », Psaume 22, 5).

L’Évangile de la Cène

Puis ⲤⲦⲀⲐⲎⲦⲈ (« Tenez-vous debout ») est dit. Et le prêtre lit l’Évangile selon Matthieu[349] : [ feuillet 122 verso ] ⲈⲨⲞⲨⲰⲘ ⲆⲈ ⲀϤϬⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲒⲔ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ ⲞⲨⲞϨ ⲈⲦⲀϤⲤⲘⲞⲨ ⲈⲢⲞϤ · ⲀϤⲪⲀϢϤ ⲞⲨⲞϨ ⲀϤⲦⲎⲒϤ Ⲛ̀ⲚⲈϤⲘⲀⲐⲎⲦⲎⲤ · ⲠⲈϪⲀϤ ϪⲈ ϬⲒ ⲞⲨⲰⲘ ⲪⲀⲒ ⲄⲀⲢ ⲠⲈ ⲠⲀⲤⲰⲘⲀ · ⲞⲨⲞϨ ⲈⲦⲀϤϬⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲀⲪⲞⲦ · ⲞⲨⲞϨ ⲈⲦⲀϤϢⲈⲠϨⲘⲞⲦ ⲀϤⲦⲎⲒϤ ⲚⲰⲞⲨ ⲈϤϪⲰ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ · ϪⲈ ⲤⲰ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲀⲒ ⲀⲪⲞⲦ ⲦⲎⲢⲞⲨ · ⲪⲀⲒ ⲄⲀⲢ ⲠⲈ ⲠⲀⲤ̀ⲚⲞϤ Ⲛ̀ⲦⲈ Ϯ̀ⲆⲒⲀⲐⲎⲔⲎ Ⲙ̀ⲂⲈⲢⲒ ⲈⲦⲞⲨⲚⲀⲪⲞⲚϤ ⲈⲂⲞⲖ ⲈϪⲈⲚ ⲐⲎⲚⲞⲨ ⲚⲈⲘ ϨⲀⲚⲔⲈⲘⲎϢ · Ⲉ̀Ⲡ̀ϪⲒⲚⲬⲀ ⲚⲞⲨⲚⲞⲂⲒ ⲈⲂⲞⲖ · Ϯ̀ϪⲰ ⲆⲈ Ⲙ̀ⲘⲞⲤ ⲚⲰⲦⲈⲚ · ϪⲈ Ⲛ̀ⲚⲀⲤⲰ ⲒⲤϪⲈⲚ Ϯ̀ⲚⲞⲨ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲞⲨⲦⲀϨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲦⲀⲒⲂⲰ Ⲛ̀ⲀⲖⲞⲖⲒ ϢⲀ ⲠⲒⲈϨⲞⲞⲨ ⲈⲦⲎ · ϨⲞⲦⲀⲚ ⲀⲒϢⲀⲚⲤⲰϤ ⲚⲈⲘⲰⲦⲈⲚ ⲈϤⲞⲒ Ⲙ̀ⲂⲈⲢⲒ ϦⲈⲚ Ϯ̀ⲘⲈⲦⲞⲨⲢⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲀⲒⲰⲦ (« Et comme ils mangeaient, Jésus prit du pain, et l’ayant béni, il le rompit, et le donna à ses disciples, disant : Prenez, mangez ; ceci est mon corps. Et il prit une coupe, et ayant rendu grâces, il la leur donna, disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang de la nouvelle alliance, qui est répandu pour vous et pour la multitude, pour la rémission des péchés. Et je vous le dis : Je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père », Matthieu 26, 26-29). Et gloire à Dieu, toujours.

La Prière de la réconciliation

[ feuillet 123 verso ] — Puis le diacre interprète l’Évangile, tandis que le prêtre dit l’oraison ⲠⲒⲢⲈϤⲞⲨⲰⲚϨⲚ̀ϨⲎⲦ (« le Révélateur du cœur »). Puis il achève comme de coutume, dit les trois grandes litanies — la paix, le Pape, l’assemblée —, et le Symbole. Et après cela le prêtre dit cette prière de la réconciliation[350] : Ⲫ̅Ϯ ⲞⲨⲞϨ ⲪⲚⲎⲂ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲀⲢⲒⲦⲈⲚ Ⲛ̀ⲈⲘⲠ̀ϢⲀ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲞⲨϪⲀⲒ · ⲪⲀⲒ ⲀⲚⲞⲚ ϦⲀ ⲚⲒⲀⲦⲈⲘⲠ̀ϢⲀ ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ · ⲘⲀⲦⲞⲨⲂⲞⲚ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀ ⲐⲰⲖⲈⲂ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲚⲈⲘ Ⲭ̀ⲢⲞϤ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲚⲈⲘ ⲠⲀⲚⲞⲨⲢⲄⲒⲀ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲚⲈⲘ Ϯ̀ⲘⲈⲦⲢⲈϤⲈⲢⲪⲘⲈⲨⲒ Ⲛ̀Ϯ̀ⲔⲀⲔⲒⲀ ⲈⲨⲈⲢⲪⲞⲢⲒⲚ Ⲙ̀ⲪⲘⲞⲨ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲢⲒⲦⲈⲚ Ⲛ̀ⲈⲘⲠ̀ϢⲀ ⲦⲎⲢⲈⲚ · ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ · ⲈⲐⲢⲈⲚⲈⲢⲀⲤⲠⲀⲌⲈⲤⲐⲈ Ⲛ̀ⲚⲈⲚⲈⲢⲎⲞⲨ · ϦⲈⲚ ⲞⲨⲪⲒ ⲈⲤⲞⲨⲀⲂ · [ feuillet 124 recto ] Ⲉ̀Ⲡ̀ϪⲒⲚⲦⲈⲚϢⲰⲠⲒ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲤⲰⲘⲀ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲦ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲞⲨⲰⲦ · ϦⲈⲚ ⲠⲒⲘⲞⲨⲢ ⲈⲦϪⲎⲔ ⲈⲂⲞⲖ · Ⲛ̀ⲦⲈ Ϯ̀ⲀⲄⲀⲠⲎ ⲚⲈⲘ Ϯ̀ϨⲒⲢⲎⲚⲎ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ · Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ (« ô Dieu, et Maître de tous, rends-nous dignes de ce salut, nous les indignes, ô Ami des hommes ; purifie-nous de toute souillure, et de toute fourberie, et de toute malice, et de la mémoire du mal qui revêt la mort ; et rends-nous tous dignes, ô notre Maître, de nous saluer les uns les autres d’un saint baiser, afin que nous devenions un seul corps et un seul esprit, dans le lien parfait de l’amour et de la paix de ton Fils unique-engendré, Jésus-Christ notre Seigneur »).

Le baiser de paix

[ feuillet 124 verso ] — Le diacre dit ⲀⲤⲠⲀⲌⲈⲤⲐⲈ (« Saluez-vous »). Puis ils chantent, avec la sonnette, ⲀⲢⲈⲘⲀⲤⲀ ⲀϬⲚⲈ ⲀⲐⲰⲖⲈⲂ (« Elle t’a enfanté sans souillure »), jusqu’à ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ (« Nous t’adorons »). Le diacre dit l’offrande comme de coutume. Puis le prêtre dit cette oraison sur le calice, dans le mode de la fraction.

La fraction et l’épiclèse sur le calice

[ Rubrique marginale : il pose son doigt sur le calice. ]

ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲠⲒⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲖⲞⲄⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲪⲒⲰⲦ · ⲪⲎ ⲈⲦⲀϤϬⲒ ⲤⲀⲢⳄ ⲈⲐⲂⲈⲦⲈⲚ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲘⲈⲦⲀⲦϢⲒⲂϮ · ⲈⲦⲀϤϬⲒⲈⲘⲔⲀϨ ϦⲈⲚ ⲠⲈϤⲞⲨⲰϢ ϦⲈⲚ Ϯ̀ⲤⲀⲢⳄ · ⲈϤⲞⲒ Ⲛ̀ⲀⲦⲘ̀ⲔⲀϨ ϨⲰⲤ ⲚⲞⲨϮ · ⲪⲎ ⲈⲦⲀϤϮ ⲚⲀⲚ ϦⲈⲚ ⲠⲈϤϢⲪⲒⲢ · Ⲛ̀ⲀⲦⲐⲰⲖⲈⲂ Ⲛ̀ⲞⲨⲘⲞⲨⲘⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲰⲚϦ · ⲦⲈⲚϮϨⲞ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ[351] — « ô Maître, Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique-engendré et le Verbe de Dieu le Père, qui a pris chair pour nous sans changement, qui a souffert en sa volonté dans la chair, étant impassible comme Dieu ; qui nous a donné, de son côté, une source intarissable de vie. [ feuillet 125 recto ] Nous demandons et nous supplions ta bonté, ô Ami des hommes, sur le vin qui est dans cette coupe : [ feuillet 125 verso ] ⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲙ̀ⲘⲞϤ · ⲞⲨⲞⲚϨϤ ⲈⲂⲞⲖ Ⲛ̀ⲞⲨⲤ̀ⲚⲞϤ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ Ⲛ̀ⲦⲀⲔ · ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲈⲔⲤⲰⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲛ̀ⲢⲈϤⲦⲀⲚϦⲞ bénis-le, sanctifie-le, manifeste-le comme un sang saint pour toi, par ton corps saint et vivifiant, lequel a d’abord purifié, et achève-le, en sorte qu’il devienne un avec lui ; afin que tous ceux qui en recevront soient purifiés en leur âme, et leur corps, [ feuillet 126 recto ] et leur esprit, et soient dignes de la rémission de leurs péchés. Rendant gloire à ton saint nom, avec ton bon Père, et l’Esprit Saint, le Vivifiant. » Et il dit l’introduction au Notre Père, « … pour oser, sans crainte, prier Dieu le Père tout-puissant, et dire : Notre Père qui es aux cieux… » jusqu’à sa fin.

La réunion du Corps et du Sang

[ feuillet 126 verso ] — Puis le prêtre prend la patène avec le pur saint Corps, et la replace en son lieu. Et il commence par ⲤⲈ ⲦⲈⲚϮϨⲞ ⲈⲢⲞⲔ (« Oui, nous te prions »), puis ⲀⲨⲘⲞϨ ⲈⲂⲞⲖ, puis l’absolution du Père. Le diacre crie ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ(« Sauve, Amen »). Et le prêtre élève la cuiller, signe le Sang et le Corps, puis en met une parcelle dans le calice[352]. Et ils lui répondent ⲒⲤ ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ (« Un est le Père saint »). Il dit la Confession comme de coutume.

La communion et le renvoi au patriarche

Et il commence à communier, et à distribuer le pur Corps aux servants et au peuple, jusqu’à ce que la distribution soit achevée, et le lavage des vases. Il dit la Bénédiction, et renvoie le peuple en paix. Et le jugement de cette affaire est référé au patriarche ; à lui appartient l’examen, et la correction, et la pénitence canonique pour les négligents. Que le Seigneur Dieu nous donne sa paix, par les prières des saints. Amen. Et à notre Seigneur la gloire, toujours.

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Ainsi s’achève la reconsécration du calice.

[353][354]

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LA CONSÉCRATION DES VASES D’AUTEL

feuillets 156 verso à 149 verso

La prière commune et l’aspersion de Moïse

[ feuillet 156 verso ] — Prière pour la consécration de tous les vases de l’autel. L’évêque dit : « ô Dieu, le Bon, le Saint, et qui reposes dans les saints, qui, par ta bonté et ton saint commandement, ton serviteur Moïse prit du sang, et en aspergea tous les vases du service[355], [ feuillet 155 verso ] le Donateur de la vie, qui est le corps et le sang précieux de ton Christ ; car ton saint nom est saint et plein de gloire en toutes choses, ô Père, et Fils, et Esprit Saint, maintenant. » Il les signe, et dit : « Béni soit le Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, et l’Esprit Saint. Amen. »

La patène et son voile

[ feuillet 155 recto ] — Prière pour la patène (ⲆⲒⲤⲔⲞⲤ) et son voile. L’évêque dit : « ô Maître, Seigneur Dieu, le Roi, le Bon, qui a étendu son bras saint… et sanctifie la patène, pleine des biens qu’il a préparés pour les amants de son saint nom, ceux qui festoieront au banquet des mille ans[356]. [ feuillet 154 recto ] Et maintenant aussi, ô notre Maître, l’Ami des hommes, étends ta main divine sur cette patène bénie, que l’on remplira du pain de ton corps saint ; celle sur laquelle on offrira l’oblation, sur l’autel du sanctuaire de la sainte Église de la cité de N. Gloire à toi, avec ton bon Père, et l’Esprit Saint, maintenant. »

Le calice et son onction

[ feuillet 153 verso ] — Prière pour le calice (ⲠⲞⲦⲎⲢⲒⲞⲚ) et son voile. L’évêque dit : ⲪⲚⲎⲠ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ · Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲒⲀⲖⲎⲐⲒⲚⲞⲤ · Ⲛ̀ⲀⲦϢⲒⲂϮ · Ⲫ̅Ϯ ⲞⲨⲞϨ Ⲫ̀ⲢⲰⲘⲒ ⲈⲨⲤⲞⲠ · ⲪⲎ ⲈⲦⲈ ⲦⲈϤⲘⲈⲐⲚⲞⲨϮ ⲞⲨⲀⲦⲪⲰⲢϪ ⲦⲈ ⲈⲦⲈϤⲘⲈⲦⲢⲰⲘⲒ · ⲪⲎ ⲈⲦⲀϤⲪⲞⲚ Ⲙ̀ⲠⲈϤⲤⲚⲞϤ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲈϤⲞⲨⲰϢ Ⲙ̀ⲘⲒⲚ Ⲙ̀ⲘⲞϤ · ⲈϪⲈⲚ ⲠⲈϤⲠⲖⲀⲤⲘⲀ · ⲬⲰ Ⲛ̀ⲦⲈⲔϪⲒϪ Ⲛ̀ⲚⲞⲨϮ ⲈϪⲈⲚ ⲠⲀⲒⲀⲪⲞⲦ · ⲪⲀⲒ Ϯ̀ⲚⲞⲨ ⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲙ̀ⲘⲞϤ · ⲞⲨⲞϨ ⲘⲀⲦⲞⲨⲂⲞϤ ϨⲒⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲞⲨϤⲀⲒ Ⲛ̀ϦⲎⲦϤ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲤ̀ⲚⲞϤ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ[357] (« ô Maître, Seigneur Jésus-Christ, le Véritable, l’Immuable, Dieu et homme tout ensemble, dont la divinité est inséparable de l’humanité, qui a répandu son sang de sa propre volonté pour sa créature : pose ta main divine sur cette coupe, et maintenant sanctifie-la, et purifie-la, afin que l’on porte en elle ton sang honoré »).

[ feuillet 152 verso ] — Prends le saint Chrême — le ⲘⲈⲢⲞⲚ[358] —, oins-le au-dedans et au-dehors, puis dis : « Purification, et pureté, et bénédiction, et douceur, pour tous ceux qui boiront de ton sang honoré et véritable. Amen. »

La cuiller

[ feuillet 152 recto ] — Prière pour la cuiller (ⲘⲨⲤⲦⲎⲢ). L’évêque dit : Ⲫ̅Ϯ ⲪⲎ ⲈⲦⲀϤⲐⲢⲈ ⲠⲈϤⲂⲰⲔ ⲎⲤⲀⲎⲀⲤ ⲠⲒⲠⲢⲞⲪⲎⲦⲎⲤ · ⲈⲢⲠⲈⲘⲠϢⲀ Ⲙ̀ⲠⲒϪⲒⲚⲚⲀⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲤⲈⲢⲀⲪⲒⲘ · ⲈⲢⲈ Ϯ̀ⲈⲂⲞ ϦⲈⲚ ⲦⲈϤϪⲒϪ · ⲀϤϬⲒ Ⲙ̀ⲠⲒϪⲈⲂⲤ ⲈⲂⲞⲖ Ⲛ̀ϦⲎⲦⲤ ϨⲒϪⲈⲚ ⲠⲒⲘⲀⲚⲈⲢϢⲰⲞⲨϢⲒ · ⲀϤϮⲦⲤ ⲈϦⲞⲨⲚ ⲈⲢⲞϤ · Ϯ̀ⲚⲞⲨ ⲞⲚ Ⲫ̅Ϯ ⲪⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲞⲢ · ⲤⲞⲨⲦⲈⲚ ⲦⲈⲔϪⲒϪ ⲈⲂⲞⲖ · ⲈϪⲈⲚ ⲦⲀⲒⲘⲨⲤⲦⲎⲢ ⲐⲀⲒ · ⲈⲦⲞⲨⲈⲢⲦⲞⲨⲬⲒⲚ Ⲛ̀ϦⲎⲦⲤ Ⲛ̀ⲚⲒⲀⲨⲘⲮⲀⲚⲞⲚ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ[359] (« ô Dieu, qui a rendu ton serviteur Isaïe le prophète digne de la vision des Séraphins, les pincettes en sa main, prenant d’elles le charbon ardent de dessus l’autel, et le lui mettant sur les lèvres ; maintenant aussi, ô Dieu le Père tout-puissant, étends ta main sur cette cuiller, avec laquelle on administre les saints mystères du corps de ton Fils unique-engendré »). Il la signe et dit : « Force, et gloire, et sanctification de la sainte Trinité, dans la sainte Église de la cité de N. Amen. »

Les voiles

[ feuillet 150 verso ] — Prière pour les voiles — les linges noirs — qui couvrent le lieu du service. L’évêque dit : « ô Maître, Seigneur Jésus-Christ, le Maître des trésors de la miséricorde (ⲪⲀⲚⲒⲀϨⲰⲢ Ⲙ̀ⲘⲈⲦϢⲈⲚϨⲎⲦ)[360], le Donateur des biens à tous ceux qui se confient en lui, qui a déployé le ciel avec bonté, et l’a paré de couleurs variées. [ feuillet 150 recto ] Et maintenant aussi, ô Maître, l’Ami des hommes, que ta puissance divine vienne sur ces vases et ces linges, dont on enveloppe les saints mystères de ton corps pur ; envoie sur eux la force des linges qui enveloppèrent ton corps pur dans le sépulcre, [ feuillet 149 verso ] afin qu’ils deviennent semblables aux choses célestes ; car à toi sont la force et la domination, avec ton bon Père, et l’Esprit Saint, maintenant. » Il signe avec le saint Chrême et dit : « Un est le Père saint, un est le Fils saint et l’Esprit Saint. Amen. Force, et gloire, et puissance de Dieu. Amen. »

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La suite se tourne vers les figures peintes des saints.

[361][362]

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LA CONSÉCRATION DE L’ICÔNE

feuillets 148 verso à 147 recto

Du tabernacle du témoignage à l’image du martyr

[ feuillet 148 verso ] — Prière pour l’icône. L’évêque dit : Ⲫ̀ⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ · ⲪⲒⲰⲦ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ · ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · Ⲫ̀Ⲏ ⲈⲦⲈ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲦⲈⲔⲂⲰⲔ ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ · ⲀϤϮ ⲚⲞⲘⲞⲤ Ⲛ̀ⲀϤ ⲒⲤϪⲈⲚ ϨⲎ · ⲈⲐⲢⲈϤϢⲰⲠⲒ ϦⲈⲚ Ϯ̀ⲤⲔⲨⲚⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ Ϯ̀ⲘⲈⲦⲘⲈⲐⲢⲈ · Ⲙ̀ⲠⲒⲦⲨⲠⲞⲤ Ⲛ̀ⲚⲒⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲒⲘ ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲤⲈⲢⲀⲪⲒⲘ · ⲚⲀⲒ ⲈⲦⲞⲨϨⲰⲂⲤ Ⲛ̀ⲚⲞⲨⲦⲈⲚϨ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲒⲐⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲔϮ ⲤⲞⲪⲒⲀ Ⲛ̀ⲤⲞⲖⲞⲘⲰⲚ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲒⲎⲒ ⲈⲦⲀϤⲔⲞⲦϤ ⲚⲀⲔ ϦⲈⲚ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲗ̅Ⲙ̅ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲔⲞⲨⲞⲚϨⲔ Ⲛ̀ⲚⲈⲔⲤⲰⲦⲠ Ⲛ̀ⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲒϪⲒⲚϬⲒⲤⲀⲢⲜ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ · Ⲙ̀ⲠϢⲎⲢⲒ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ · ⲈⲐⲢⲞⲨⲔⲰⲦ ⲚⲀⲔ Ⲛ̀ϨⲀⲚⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ · ⲚⲈⲘ ϨⲀⲚⲘⲞⲚⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ · ϦⲈⲚ Ⲫ̀ⲢⲀⲚ Ⲛ̀ⲚⲎ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲛ̀ⲦⲀⲔ Ⲙ̀ⲘⲀⲢⲦⲨⲢⲞⲤ · ⲈⲐⲂⲈ ⲪⲀⲒ ⲦⲈⲚϮϨⲞ · ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ · ⲞⲨⲰⲢⲠ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲈϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲈⲚ ⲠⲀⲒⲀⲨⲘⲎⲚ Ⲫ̀ⲀⲒ · Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̀Ⲏ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ Ⲙ̀ⲘⲀⲢⲦⲨⲢⲞⲤ ⲠⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · ϨⲒⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲈϤϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲀⲨⲘⲎⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲞⲨϪⲀⲒ ⲞⲨⲀⲨⲘⲎⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲞⲨⲦⲀϪⲢⲞ · ϨⲞⲠⲰⲤ Ⲛ̀ⲚⲎ ⲈⲐⲚⲀϮ Ⲙ̀ⲠⲞⲨⲞⲨⲞⲒ ⲈⲢⲞϤ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲚⲀϨϮ · Ⲛ̀ⲦⲈϤϬⲒⲤⲘⲞⲨⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̅Ϯ ⲈϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲰⲞⲨ · Ⲙ̀ⲠⲒⲬⲰ ⲈⲂⲞⲖ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲞⲨⲚⲞⲂⲒ · ϪⲈ ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ ⲞⲨⲞϨ ϤⲘⲈϨ Ⲛ̀ⲰⲞⲨ Ⲛ̀ϪⲈ ⲠⲈⲔⲢⲀⲚ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ · Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ ⲠϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · Ⲫ̀ⲢⲈϤⲦⲀⲚϦⲞ Ⲛ̀ⲞⲘⲞⲞⲨⲤⲒⲞⲤ ⲚⲈⲘⲀⲔ Ϯ̀ⲚⲞⲨ (« ô Maître, Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, Père de notre Seigneur, et notre Dieu, et notre Sauveur Jésus-Christ, — toi qui, [ feuillet 148 recto ] dès le commencement, ordonnas qu’habitât dans le tabernacle du témoignage la figure des Chérubins et des Séraphins, ceux qui couvrent de leurs ailes le lieu de l’oblation ; et toi qui accordas la sagesse à Salomon, en faveur de la maison qu’il te bâtit à Jérusalem ; [ feuillet 147 verso ] et tu manifestas tes apôtres, par l’incarnation de ton Fils unique-engendré Jésus-Christ notre Seigneur, afin qu’ils te bâtissent des églises et des monastères au nom de tes saints martyrs. C’est pourquoi nous te prions et te supplions, ô Ami des hommes : envoie ton Esprit Saint [ feuillet 147 recto ] sur cette icône, qui est du saint ou du martyr N., afin qu’elle devienne une icône de salut, une icône d’affermissement ; en sorte que quiconque s’en approche avec foi ait un intercesseur auprès de Dieu pour la rémission de ses péchés. Car béni et plein de gloire est ton saint nom, ô Père, et Fils, et Esprit Saint, le Vivifiant qui t’est coessentiel, maintenant [et toujours]. »).

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La suite honore les corps que la terre a gardés.

[363][364]

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LA PRIÈRE SUR LES CORPS DES SAINTS MARTYRS

feuillets 146 verso à 144 verso

L’oraison sur les saintes reliques

[ feuillet 146 verso ] — Prière sur les corps des martyrs. L’évêque dit : ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ Ⲡ̀ⲞⲨⲢⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲈⲚⲈϨ · ⲪⲎⲈⲦⲀϤⲈⲢⲬⲀⲢⲒⲌⲈⲤⲐⲈ ⲚⲀⲚ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲚⲒϢϮ Ⲛ̀Ϩ̀ⲘⲞⲦ ⲈⲐⲞⲒ Ⲛ̀Ϣ̀ⲪⲎⲢⲒ · ⲞⲨⲞϨ ⲈⲐⲘⲈϨ Ⲛ̀ⲰⲞⲨ · ⲈⲦⲈ ⲚⲒⲖⲨⲘⲮⲀⲚⲞⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲀⲄⲒⲞⲤ Ⲙ̀ⲘⲀⲢⲦⲨⲢⲞⲤ ⲈⲨϢⲞⲠ · ⲒⲈ ⲈⲦⲈ ⲖⲨⲘⲮⲀⲚⲞⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲀⲄⲒⲞⲤ Ⲙ̀ⲘⲀⲢⲦⲨⲢⲞⲤ ⲚⲒⲘ · ⲚⲀⲒ ⲈⲦⲀⲨⲈⲢⲀⲄⲰⲚⲒⲌⲈⲤⲐⲈ Ⲛ̀ⲔⲀⲖⲰⲤ · Ⲉ̀ϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲈⲚ ⲠⲈⲔⲢⲀⲚ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ⲈⲦⲤ̀ⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ · ⲈⲀⲨϬⲞϪⲒ Ⲛ̀ⲤⲀ ϪⲞⲘ ⲦⲎⲢⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒϪⲀϪⲒ · ⲀⲨϤⲀⲒ Ⲙ̀ⲠⲞⲨⲬ̀ⲖⲞⲘ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲠⲞⲨⲢⲀⲚⲒⲞⲚ · Ⲛ̀Ϧ̀ⲢⲎⲒ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲦⲨⲠⲞⲤ Ⲛ̀ⲢⲈϤϮⲰⲚϦ · ⲞⲨⲞϨ Ⲁ̀ ⲚⲞⲨⲤⲰⲘⲀ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ ϢⲰⲠⲒ ϨⲒϪⲈⲚ ⲠⲒⲔⲀϨⲒ · ϦⲈⲚ ⲞⲨⲰⲞⲨ ϦⲈⲚ ⲠⲀⲒⲘⲀⲚϢⲰⲠⲒ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · ⲚⲀⲒ ⲈⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲰⲞⲨ · ⲀⲔⲈⲢϨ̀ⲘⲞⲦ ⲚⲰⲞⲨ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ϨⲀⲚⲘⲞⲨⲘⲒ Ⲛ̀ⲦⲀⲖϬⲞ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲞⲦⲔ · ⲈⲐⲢⲞⲨⲢⲀϦⲪⲒ ⲈⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦϦⲈⲚ ⲠⲒⲖⲀⲞⲤ · ⲚⲈⲘ ⲈϬⲞϪⲒ Ⲛ̀ⲤⲀ ⲚⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲛ̀ⲀⲔⲀⲐⲀⲢⲦⲞⲚ · ϮⲚⲞⲨ ⲞⲚ ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ Ⲛ̀ⲀⲄⲀⲐⲞⲤ · ⲦⲈⲚϮϨⲞ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ · ⲈⲂⲞⲖ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲘ̀ⲔⲀⲨϨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲀⲄⲒⲞⲤ Ⲙ̀ⲘⲀⲢⲦⲨⲢⲞⲤ · ⲈⲦⲀⲨⲘⲞⲚⲞⲨ ⲈⲢⲰⲞⲨ · ⲈⲐⲂⲈ ⲠⲈⲔⲢⲀⲚ ⲈⲦⲤ̀ⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ · ⲀⲔⲐ̀ⲢⲈ ϮϨⲨⲠⲞⲐⲈⲤⲒⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲞⲨⲖⲨⲘⲮⲀⲚⲞⲚ ⲈⲦⲤ̀ⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ · ⲀⲢⲒϨ̀ⲘⲞⲦ ⲚⲀⲚ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲘⲰⲞⲨ Ⲙ̀ⲠⲞⲨϪⲀⲒ · ⲘⲞⲒ ⲚⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘⲀⲚ · Ⲛ̀ⲚⲒⲈⲦⲎⲘⲀ ⲈⲐⲚⲀⲚⲈⲨ · ⲀⲢⲒⲬⲀⲢⲒⲌⲈⲤⲐⲈ ⲚⲀⲚ Ⲙ̀ⲠⲒⲬⲰ ⲈⲂⲞⲖ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲈⲚⲠⲀⲢⲀⲠⲦⲰⲘⲀ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲖϬⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲈⲚⲮⲨⲬⲎ ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲤⲰⲘⲀ ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ · ⲘⲞⲒ ⲚⲀⲚ Ⲛ̀ⲞⲨⲤⲰⲦⲎⲢⲒⲀ · ⲈⲚϮⲰⲞⲨ ⲚⲀⲔ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ · ⲚⲈⲘ ⲠⲈⲔⲒⲰⲦ Ⲛ̀ⲀⲄⲀⲐⲞⲤ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · Ⲛ̀ⲢⲈϤⲦⲀⲚϦⲞ ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲞⲘⲞⲞⲨⲤⲒⲞⲤ ⲚⲀⲘⲀⲔ ϮⲚⲞⲨ (« Ô notre Dieu, Roi des siècles, toi qui nous as donné en grâce ce don grand, admirable et plein de gloire — eux qui sont les lipsanes des saints martyrs justes ; et s’il n’en est qu’un seul, celui qui est le corps du saint martyr N. : [ feuillet 146 recto ] ceux-là qui ont combattu le bon combat pour ton nom béni, et ont chassé toutes les puissances de l’ennemi, [ feuillet 145 verso ] et ont porté leur couronne pure dans les cieux, dans les demeures qui donnent la vie ; et leurs corps sacrés, eux, sont demeurés sur la terre, glorifiés en cette demeure honorée [ feuillet 145 recto ] — eux devant qui nous nous prosternons. Et tu leur as accordé, Seigneur, des sources de guérison venant de toi, qui guérissent toute maladie dans le peuple et chassent les esprits impurs. Et maintenant, ô notre Maître, l’Ami des hommes, le Bon, nous te prions et te supplions : par les douleurs des saints et des martyrs, qu’ils ont endurées pour ton nom béni, place en leurs corps sacrés la cause [du salut] : que tu nous accordes, ô notre Sauveur, et à quiconque se prosterne devant eux, le salut ; [ feuillet 144 verso ] et donne-leur, et à nous avec eux, tout ce que nous demandons de bien. Accorde-nous le pardon de nos fautes, et la guérison de nos âmes, de nos corps et de nos esprits ; et donne-nous le salut. Nous te glorifions, ô Christ notre Dieu, avec ton Père le Bon et l’Esprit Saint vivifiant, consubstantiel à toi, maintenant [et toujours]. »).

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La suite fait d’un simple bois le trône du sacrifice.

[365][366]

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LA CONSÉCRATION DE LA PLANCHE D’AUTEL

feuillets 144 recto à 142 recto

L’invocation et la signation du Myron

[ feuillet 144 recto ] — Prière sur la planche de bois, afin qu’elle devienne un sanctuaire. L’évêque dit, la face tournée vers l’orient : Ⲫ̀ⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ · ⲪⲎⲈⲦⲀϤⲐⲀⲘⲒⲞ Ⲛ̀Ⲧ̀ⲪⲈ ⲚⲈⲘ ⲠⲔⲀϨⲒ ϦⲈⲚ ⲠⲈⲔϨⲞⲚϨⲈⲚ · ⲚⲈⲘ ⲠⲈⲔⲖⲞⲄⲞⲤ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲔⲘⲀϨⲞⲨ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲠⲈⲔⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲔⲤⲰⲚⲦ Ⲛ̀ⲚⲒⲀⲄⲄⲈⲖⲞⲤ · ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲀⲢⲬⲎⲀⲄⲄⲈⲖⲞⲤ · ⲚⲒⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲒⲘ · ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲤⲀⲢⲀⲪⲒⲘ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲘⲎϢ ⲦⲎⲢϤ Ⲛ̀ⲈⲠⲞⲨⲢⲀⲚⲒⲞⲚ · ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲦⲞⲨϨⲞ ⲚⲈⲘ ⲪⲒⲞⲘ · ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲈⲦⲈ Ⲛ̀ϦⲎⲦⲞⲨ ⲦⲎⲢⲞⲨ · ⲦⲈⲚϮϨⲞ ⲈⲢⲞⲔ · ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲛ̀ⲦⲈⲔⲘⲈⲦⲀⲄⲀⲐⲞⲤ ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ · ⲤⲰⲦⲈⲘ ⲈⲢⲞⲚ · ⲞⲨⲞϨ ⲤⲰⲦⲞⲚ Ⲛ̀ⲦⲈⲔϪⲒϪ Ⲛ̀ⲀⲦⲚⲀⲨ ⲈⲢⲞⲤ · ⲞⲨⲞϨ Ⲥ̀ⲘⲞⲨ ⲈⲠⲒⲠⲀⲄⲒⲤ ⲪⲀⲒ · ϨⲒⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲈϤϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲈⲢⲪⲈⲒ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲢⲀⲠⲈⲌⲀ Ⲛ̀ⲀⲄⲒⲀⲤⲘⲞⲤ · Ⲛ̀ⲦϢⲈⲂⲒⲰ Ⲛ̀ⲞⲨⲈⲢⲪⲈⲒ ⲈϤϬⲞⲤⲒ · ⲈϤⲈⲚⲔⲞⲦ ϦⲈⲚ ⲞⲨⲰⲚⲒ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲰⲂⲒ · ϪⲈ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲀⲔⲞⲨⲀϨⲤⲀϨⲚⲒ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲂⲰⲔ ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ ⲠⲒⲀⲢⲬⲎⲠ̀ⲢⲞⲪⲎⲦⲎⲤ · Ⲛ̀ⲦⲈϤⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲛ̀ϮⲤ̀ⲔⲨⲚⲎ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦⲈ Ⲛ̀ϦⲎⲦⲤ · ⲚⲐⲞϤ ⲆⲈ ⲀϤⲤ̀ⲘⲞⲨ ⲈⲢⲞⲔ ⲔⲀⲦⲀ ⲠⲈⲔϨⲞⲚϨⲀⲚ ⲚⲀϤ · ⲀⲚⲞⲔ ⲠⲈⲔⲂⲰⲔ ⲪⲎⲈⲦⲞϨⲒ ⲈⲢⲀⲦϤ ⲚⲀϨⲢⲀⲔ · ϮϨⲞ ⲈⲢⲞⲔ ⲤⲰⲦⲈⲘ ⲈⲢⲞⲒ · ⲠⲒⲀⲬⲀⲬⲒⲤⲦⲞⲤ · ⲠⲒⲈⲂⲒⲎⲚ · ⲠⲒϨⲎⲔⲒ · ⲠⲒⲀⲦⲈⲘⲠ̀ϢⲀ · Ⲱ ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ Ⲛ̀ⲀⲄⲀⲐⲞⲤ · ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲈⲚ⳪ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲛ̀ⲦⲀⲒⲘ̀ⲠⲀⲚⲈⲌⲀ · ⲞⲨⲞϨ ϨⲀⲚⲀⲚⲦⲰⲞⲨ ⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲛ̀ϦⲎⲦⲤ Ⲛ̀ⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲐⲢⲞⲨⲬⲰ ⲈϦⲢⲎⲒ ⲈϪⲰⲤ · Ⲙ̀ⲠⲒⲤⲔⲈⲨⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲈⲢⲪⲈⲒ · ϦⲈⲚ ⲠⲒϨ̀ⲘⲞⲦ (« Ô Maître, Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre par ton ordre et ta parole ; et tu les as remplis de ton Esprit Saint ; et tu as créé les anges et les archanges, les Chérubins et les Séraphins, [ feuillet 143 verso ] et toutes les armées célestes, et les montagnes et les mers, et tout ce qui est en elles. Nous te demandons, ô Ami des hommes : écoute-nous ; étends ta main haute et invisible, et bénis cette planche, afin qu’elle devienne un sanctuaire sacré et une table sanctifiée, au lieu d’un sanctuaire élevé, bâti de briques et de pierres. [ feuillet 143 recto ] Car c’est toi qui as ordonné à ton serviteur Moïse, le chef des prophètes, de sanctifier la tente sacrée et tout ce qui est en elle ; et lui, il les bénit, selon tes commandements à lui donnés. [ feuillet 142 verso ] Et moi, ton serviteur, qui me tiens debout devant toi, je te demande de m’écouter, moi le vil, le pauvre, le misérable, l’indigne, ô Ami des hommes, le Bon : par notre Seigneur Jésus-Christ et l’Esprit Saint, bénis cette table et tout ce qui sera posé sur elle, et tous les vases du sanctuaire, par la grâce et les compassions… »). [ feuillet 142 recto ] Puis il prend le saint Myron, et il signe la planche du signe de la croix sur ses quatre côtés, en disant : ⲬⲢⲒⲤⲦⲞⲤ ⲨⲒⲞⲤ ⲐⲈⲞⲨ ⲀⲄⲒⲀⲤⲀⲤ ⲀⲨⲦⲎⲚ ⲦⲰ Ⲡ̀ⲚⲈⲨⲘⲀⲦⲒ ⲀⲄⲒⲰ ⲀⲨⲦⲞⲨ · ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit le Seigneur Jésus le Christ, le Fils de Dieu, le Saint, et l’Esprit Saint. Amen. »).

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La suite pourvoit au cas où la sainteté est blessée.

[367][368]

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L’OUCHIA DE LA TABLE PROFANÉE

feuillets 141 verso à 140 recto

Le lavage, l’encens et l’épiclèse

[ feuillet 141 verso ] — Et encore : ouchia propre à la table, si l’un des dissidents, de quelque secte que ce soit, l’a touchée, ou si une fiente de souris, ou autre chose, l’a atteinte. On la lave d’abord avec de l’eau ; le diacre dit [les prières], l’évêque élève l’encens, et il dit cette prière : Ⲫ̀ⲚⲎⲂ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲪⲨⲤⲒⲤ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲞⲨⲞϨ ⲠⲒϬⲀⲨⲘⲰⲒⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲈⲚⲬⲀⲒ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲞⲨⲞϨ ⲠⲒⲘⲒⲞⲨⲢⲄⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲔ̀ⲦⲎⲤⲒⲤ ⲦⲎⲢⲤ · ⲪⲎⲈⲦⲒ̀ Ⲛ̀ⲞⲨⲈ̀ⲘⲞⲨ Ⲛ̀ⲤⲎⲞⲨ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲈⲐⲂⲈ ⲠⲈⲚⲞⲨϪⲀⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲢⲈϤⲈⲢⲠⲈⲐⲚⲀⲚⲀϤ · ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ⲄⲈⲚⲞⲤ ⲚⲒⲂⲈⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲢⲰⲘⲒ · ⲪⲎⲈⲦⲀϤϨⲒⲤⲈⲚϮ Ⲙ̀ⲠⲒⲔⲀϨⲒ ϨⲒϪⲈⲚ ⲠⲈϤⲦⲀϪⲢⲞ · ⲪⲎⲈⲦⲒⲢⲒ Ⲛ̀ϨⲀⲚϢ̀ⲪⲎⲢⲒ Ⲙ̀ⲘⲀⲨⲀⲦϤ · Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲞⲚ ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ ⲚⲒⲂⲈⲚ ϦⲈⲚ ⲘⲀⲒ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲚⲈⲘ ⲔⲀⲦⲀ ⲠⲞⲖⲒⲤ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲚⲈⲘ ⲔⲀⲦⲀ ⲬⲰⲢⲀ ⲚⲒⲂⲈⲚ · ⲈⲔⲤⲈⲘⲚⲒ Ⲛ̀ⲚⲒⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ ⲀⲔⲦⲀϪⲢⲞ Ⲛ̀ϦⲎⲦⲞⲨ Ⲛ̀ϨⲀⲚⲘⲀⲚⲈⲢϢⲰⲞⲨϢⲒ · ⲀⲔⲞⲨⲀϨⲤⲀϨⲚⲒ Ⲛ̀ⲒⲚⲒ ⲈϦⲞⲨⲚ Ⲉ̀ⲠⲈⲔⲢⲀⲚ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · Ⲛ̀ϨⲀⲚⲐⲨⲤⲒⲀ ⲚⲈⲘ ϨⲀⲚⲠ̀ⲢⲞⲤⲪⲞⲢⲀ · Ⲛ̀ⲖⲞⲄⲒⲔⲎ · ⲞⲨⲞϨ Ⲛ̀ⲀⲦⲤ̀ⲚⲞϤ ⲈⲨⲤⲰⲦⲎⲢⲒⲀ Ⲛ̀ϮⲮⲨⲬⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲢⲰⲘⲒ (« Ô Maître de toutes les natures, et guide de toutes les choses, et créateur de toute la création ; toi qui fais [toute forme] en tout temps ; pour notre salut, le bienfaisant envers tout le genre des hommes ; [ feuillet 141 recto ] toi qui as fondé la terre sur sa fermeté ; toi qui fais seul les merveilles. Et toi, ô Maître, en tout lieu, et en toute ville, et en toute contrée, tu as établi des églises, et tu as affermi en elles des autels ; et tu as ordonné que l’on présente à ton nom pur des oblations raisonnables et des sacrifices non sanglants, pour le salut des âmes des hommes. »).

[ feuillet 140 verso ] Le diacre dit : ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲬⲈⲤⲐⲈ (« Priez »). Puis l’évêque dit, la face tournée vers l’orient : Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲞⲚ ϮⲚⲞⲨ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ · ϦⲈⲚ ⲦⲈⲔⲘⲈⲦⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ · ϮⲚⲞⲨ ⲞⲚ ⲞⲨⲰⲢⲠ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲞⲨⲞϨ ⲘⲀⲦⲞⲨⲂⲞ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲐⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀ ⲚⲀϨϮ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦϨⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒϨⲀⲢⲀⲦⲒⲔⲞⲤ · ⲚⲈⲘ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀ ⲐⲰⲖⲈⲂ ⲚⲒⲂⲈⲚ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲤⲀⲢⲜ · ⲚⲈⲘ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀ Ⲛ̀ⲀⲢⲄⲎⲀ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲈⲦⲈ ϢⲀⲨ Ⲛ̀ϬⲞϤ ⲒⲈ ⲤⲈⲐⲘⲈⲞⲨ · ϨⲞⲠⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈϤϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲞⲨϨⲈⲖⲠⲒⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲚⲀϨϮ ⲞⲨⲤⲰⲦⲎⲢⲒⲀ · Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲈⲐⲚⲀϨϮ · Ⲙ̀ⲠⲰⲞⲨ Ⲉ̀ⲦⲈⲔⲘⲈⲐⲚⲞⲨϮ · ⲞⲨⲘⲈⲦⲂⲈⲢⲒ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲮⲨⲬⲎ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲤⲰⲘⲀ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲬⲰ ⲈⲂⲞⲖ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲈⲚⲚⲞⲂⲒ · ϪⲈ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ Ⲙ̀ⲘⲀⲨⲀⲦⲔ ⲠⲈ ⲠⲒϢⲀⲚⲐⲘⲀϦⲦ · Ⲛ̀ⲢⲈϤⲰⲞⲨⲚ̀ϨⲎⲦ · ⲚⲀϢⲀ ⲠⲈⲔⲚⲀⲒ · ⲈⲢⲈ ⲠⲒⲰⲞ ⲈⲢⲠ̀ⲢⲈⲠⲒ ⲚⲀⲔ · ⲪⲒⲰⲦ · ⲚⲈⲘ ⲠϢⲎⲢⲒ · ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐ̅Ⲩ̅ · ϮⲚⲞⲨ ⲚⲈⲘ Ⲛ̀ⲤⲎⲞⲨ ⲚⲒⲂⲈⲚ(« Toi maintenant aussi, ô Seigneur, dans ton amour des hommes, envoie ton Esprit Saint, et purifie cet autel de toute la foi mauvaise qui est celle des hérétiques, et de toutes les souillures de la chair, et de toutes les œuvres impures que l’on dit ou que l’on fait ; afin qu’il soit une espérance de la foi et un salut pour ceux qui croient, [qui s’avancent] vers ta divinité ; un renouvellement de l’âme, et du corps, et de l’esprit ; et un pardon des péchés ; car c’est toi seul, le Compatissant, le Longanime, dont la miséricorde est abondante ; [ feuillet 140 recto ] et la gloire te convient : le Père, et le Fils, et l’Esprit Saint, maintenant, et en tout temps. »).

Puis il signe la table de cinq signations, et pareillement les quatre côtés, en haut. Puis il achève la consécration de la table, en paix.

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La suite pourvoira aux vases qui restent à bénir.

[369][370]

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L’OFFRANDE DU CALICE ET DE LA BOÎTE À ENCENS

feuillets 139 recto à 138 verso

L’offrande du calice et de la boîte à encens

[ feuillet 139 recto ] — Prière sur [ le calice ] et la boîte à encens : ⲦⲈⲚϮϨⲞ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲛ̀ⲦⲈⲔⲘⲈⲦⲀⲄⲀⲐⲞⲤ Ⲡ̀ⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ · ϢⲞⲠ ⲈⲢⲞⲔ Ⲙ̀ⲠⲀⲒⲈⲨⲬⲀⲢⲒⲤⲦⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈⲔⲂⲞⲔ ⲚⲒⲘ · ⲪⲎⲈⲦⲀϤⲒⲚⲒ Ⲙ̀ⲘⲞϤ ⲚⲀⲔ ⲈϦⲞⲨⲚ · ⲞⲨⲞϨ ⲘⲞⲒ ⲚⲀϤ Ⲛ̀ⲚⲎⲈⲐⲚⲀ ⲘⲞⲨⲚ ⲈⲂⲞⲖ ⲚⲀⲦⲦⲀⲔⲞ · Ⲛ̀ⲦϢⲈⲂⲒⲰ Ⲙ̀ⲠⲈⲦⲦⲀⲔⲞ · Ⲛ̀ⲀⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ Ⲛ̀ⲦϢⲈⲂⲒⲰ Ⲙ̀ⲠⲒⲔⲀϨⲒ : (« Nous te demandons et nous supplions ta bonté, ô ami des hommes : reçois auprès de toi le vœu de ton serviteur un tel ; [ et accorde-lui ] ce qui demeure et ne se corrompt point, pour ce qui se corrompt, et les choses célestes en échange des terrestres. »).

ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⲜⲒⲞⲨⲒⲚ Ⲉ̀ϮⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲛ̀ⲦⲀⲒⲈ̀ⲦⲞⲖⲎ ⲐⲀⲒ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲒϨ̀ⲘⲞⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ⲚⲈⲘ ⲪⲀⲒ ⲞⲚ ⲠⲒⲤ̀ⲔⲈⲨⲞⲤ (« Daigne sanctifier cette stolê par la grâce de ton Esprit-Saint, et ce vase-ci pareillement. » — traduction du présent traducteur, faite sur le copte ; voir la note).

[ feuillet 138 verso ] ⲞⲨⲞϨ ⲘⲀⲦⲞⲨⲂⲞ ϨⲒⲦⲈⲚ ⲠⲒⲈ̀ϨⲘⲞⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ · ϨⲒⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲈϤϢⲰⲠⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲤ̀ⲔⲈⲞⲤ ⲈϤⲦⲞⲨⲂⲎⲞⲨⲦ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲤ̀ⲘⲞⲨ · ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲤ̀ⲔⲈⲞⲤ Ⲛ̀ⲞⲨϪⲀⲒ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲠ̀ⲚⲀⲦⲒⲔⲒ · ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⲜⲒⲞⲒⲚ ⲚⲀⲚ [Ⲛ̀ⲦⲈⲔⲦⲞⲨⲂⲞ Ⲙ̀ⲠⲈⲚ]ⲮⲨⲬⲎ ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲤⲰⲘⲀ · ⲚⲈⲘ ⲚⲈⲚⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ · ⲞⲨⲞϨ ⲀⲢⲒⲬⲀⲢⲒⲌⲈⲤⲐⲈ ⲚⲀⲚ Ⲛ̀ⲚⲈⲔⲆⲰⲢⲈⲀ Ⲛ̀ⲈⲠⲞⲨⲢⲀⲚⲒⲞⲚ : ⲚⲈⲘ [ⲚⲀⲦⲘⲞⲨⲚⲔ ϨⲒⲦⲈⲚ] ⲠⲈⲔⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ Ⲛ̀ϢⲎⲢⲒ ⲠⲈⲚⲞ̅Ⲥ̅ · ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ ⲞⲨⲞϨ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ ⲒⲎ̅Ⲥ̅ ⲠⲬ̅Ⲥ̅ · ⲪⲀⲒ ⲈⲦⲈ — (« Purifie-les par ton Esprit-Saint, afin qu’ils deviennent des vases honorés et sanctifiés, des vases de salut. [ Daigne ] purifier nos âmes, et nos esprits, et nos corps ; et fais-nous la grâce de tes dons célestes, par ton Fils unique, notre Seigneur, et notre Dieu, et notre Sauveur Jésus le Christ. »).

Les vases du service de l’autel. Amen.

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La suite expose la pièce qui se lit devant les pères, avant la lecture de l’Évangile.

[371][372]

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LA PIÈCE DITE AVANT L’ÉVANGILE

feuillets 138 recto à 137 verso

Le proème diaconal en présence du patriarche

[ feuillet 138 recto ] — Rubrique : « Cette pièce se lit en présence des pères, avant la lecture de l’Évangile. »

ⲤⲐⲀⲦⲒⲦⲈ · ⲘⲈⲦⲀ ⲪⲞⲠⲞⲨ ⲐⲈⲞⲨ ⲀⲔⲞⲤⲰⲘⲈⲚ · ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ ⲢⲰϤ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ ⲈⲦⲦⲀⲒⲎⲞⲨⲦ · Ⲙ̀ⲠⲢⲞⲎⲦⲞⲤ Ⲛ̀ⲞⲨⲤⲒⲞⲨⲦⲀⲦⲞⲤ Ⲙ̀ⲠⲒⲐ̀ⲢⲒⲤⲘⲀⲔⲀⲢⲒⲞⲤ · ⲠⲈⲦⲢⲞⲤ ⲨⲘⲰⲚ · ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲠⲀⲦⲎⲢⲞⲚ · ⲠⲒⲘⲈⲚ ⲠⲒⲘⲈⲚⲞⲚ · ⲀⲢⲬⲎⲈⲢⲈⲨⲤ ⲀⲢⲬⲎⲈⲢⲈⲨⲤ ⲨⲘⲰⲚ · (« Tenez-vous debout avec crainte de Dieu : écoutons, de la bouche de notre père honoré, [ prélat ], très pieux, trois fois bienheureux, notre père — père des pères, pasteur des pasteurs, grand-prêtre de nos grands-prêtres. »).

ⲪⲀ ϮⲤⲞⲪⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲤⲰⲖⲞⲘⲰⲚ · ⲪⲀ ϮⲤⲘⲎ ⲈⲦϨⲞⲖϪ Ⲙ̀ⲪⲒⲖⲒⲘⲰⲚ · ⲪⲀ ϮⲤ̀ⲦⲞⲖⲎ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒⲔⲞⲚ · ⲪⲀ ϮⲤ̀ⲬⲒⲘⲀ Ⲛ̀ⲈⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲒⲔⲞⲚ · Ⲓ̀ⲈⲢⲈⲘⲒⲀⲤ ϦⲈⲚ ⲦⲈϤϨⲒⲔⲞⲚ · ⲠⲒⲘⲀⲚⲈⲤⲰⲞⲨ Ⲛ̀ⲀⲖⲎⲐⲎⲚⲞⲚ · ⲠⲒⲘⲀϨⲒ̅Ⲅ̅ Ⲛ̀ⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖ(ⲒⲔ)ⲞⲚ · ⲠⲒⲘⲀϨⲈ̅ Ⲛ̀ⲈⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲒⲞⲚ · (« À lui la sagesse de Salomon ; à lui la voix douce de Philémon ; à lui la stolê spirituelle ; à lui l’habit évangélique ; Jérémie en sa figure ; le pasteur véritable ; le treizième des apôtres ; le cinquième évangile. »).

[ feuillet 137 verso ] ⲪⲀ ϮⲘⲈⲦⲞⲨⲎⲂ Ⲙ̀ⲘⲈⲖⲬⲒⲤⲈⲆⲈⲔ ⲚⲈⲘ ⲀⲀⲢⲰⲚ · ⲠⲀⲒⲀⲦⲦⲞⲨϪⲞⲤ Ⲙ̀ⲘⲀⲢⲔⲞⲤ ⲠⲒⲈⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲤⲦⲎⲤ ⲠⲒⲘⲈⲚⲢⲒⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲬ̅Ⲥ̅ · ⲠⲒⲚⲒϢϮ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲠⲀⲦⲢⲒⲀⲢⲬⲎⲤ · ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ Ⲉ̅Ⲑ̅ ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ · ⲦⲞⲨ ⲠⲀⲦⲢⲞⲨ ⲀⲢⲬⲰⲚ ⲦⲈⲘⲀⲄⲀⲖⲞⲨⲠⲞⲨⲖⲎⲞⲨ ⲈⲖⲌⲀⲚⲆⲢⲒⲀ · ⲚⲈⲘ Ⲧ̀ⲬⲰⲢⲀ ⲦⲎⲢⲤ Ⲛ̀ⲬⲎⲘⲎ · ⲚⲈⲘ Ⲧ̀ⲠⲞⲖⲒⲤ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ Ⲓ̅Ⲗ̅Ⲏ̅Ⲙ̅ · ⲚⲈⲘ ⲚⲒⲈⲐⲀⲨϢ · ⲚⲈⲘ ⲀⲢⲒⲔⲒⲀ · (« À lui le sacerdoce de Melchisédech et d’Aaron ; le successeur de Marc l’évangéliste, le bien-aimé du Christ, le grand parmi les patriarches : notre saint père abba Un tel, patriarche de la grande cité d’Alexandrie, et de tout le pays d’Égypte, et de Jérusalem la cité de notre Dieu, et des Éthiopiens, et de l’Afrique. »).

Ⲫ̀Ϯ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲧ̀ⲪⲈ ⲦⲀϪⲢⲞϤ ϨⲒϪⲈⲚ ⲠⲈϤⲐⲢⲞⲚⲞⲤ · Ⲛ̀ϨⲀⲚⲘⲎϢ Ⲛ̀ⲢⲞⲘⲠⲒ ⲚⲈⲘ ϨⲀⲚⲤⲎⲞⲨ Ⲛ̀ⲎⲢⲒⲚⲒⲔⲞⲚ · [Ⲛ̀]ⲦⲈϤⲐⲈⲂⲒⲞ Ⲛ̀ⲚⲈⲚϪⲀϪⲒ ⲦⲎⲢⲞⲨ ⲤⲀⲠⲈⲤⲎⲦ Ⲛ̀ⲚⲈⲚϢⲀⲖⲀⲨϪ Ⲛ̀ⲬⲰⲖⲈⲘ · ⲦⲰⲂϨ ⲈⲠⲬ̅Ⲥ̅ · (« Que le Dieu du ciel l’affermisse sur son trône de longues années et des temps paisibles, et qu’il abaisse promptement tous nos ennemis sous nos pieds. Priez le Christ. »).

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Ici s’achève le corps de l’Ordonnancement ; la suite donne, en appendice, la consécration des autels neufs d’après le manuscrit Vatican copte 46.

[373][374]

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Appendice

LA CONSÉCRATION DES AUTELS NEUFS

L’ordre suivi par le patriarche Gabriel en l’église de Saint-Mercure, l’an 1127 des Martyrs

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La veille et l’apprêt de l’église · la psalmodie et les vingt prophéties · l’Apocalypse et la Cité-Épouse · les lectures de la Liturgie · le lavement des tables · l’onction du Myron · le tarh et la grande intercession

Manuscrit Vatican copte 46 — feuillets 136 recto à 143 recto (copie du Borgia copte 77)


 

Le titre et la mémoire du témoin

[ feuillet 136 recto ] — « Au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit-Saint, le Dieu un. Ordre de la consécration des autels neufs. Et cela, le dimanche béni, huitième du mois de bachons, l’an mille cent vingt-sept des purs Martyrs, par la main du seigneur et père, le patriarche honoré abba Gabriel, 88ᵉ des pères patriarches sur le siège de Marc, en l’église du grand martyr Mercure, à Darb al-Bahr du Caire la bien-gardée, en présence des pères prêtres, des archontes, des diacres et du peuple orthodoxe. Il y fut procédé selon l’exposé écrit ci-après : le père patriarche susdit ayant fait venir plusieurs ordonnances, l’accord se fit sur le présent ordre ; il prescrivit d’y procéder, et il fut exécuté en son temps. Gloire au Donateur de l’intelligence ; que sa miséricorde nous assiste à jamais. Amen. »

« Et cet ordre fut transcrit d’une copie qu’avait transcrite [ un tel ] de cahiers dont il est rapporté qu’ils étaient de la main de Jérémie, fils de l’higoumène, serviteur de la vénérable Résurrection, pour son fils, l’enfant bien-aimé, le diacre honoré Sarkis : il les lui écrivit afin qu’il y recourût au temps du besoin. À Dieu la gloire et la révérence. »

La veille et l’apprêt de l’église

Que cela se fasse le dimanche seulement, à l’exclusion des autres jours de la semaine : car c’est le jour du Seigneur et de sa pure résurrection, et c’est en lui qu’il convient d’y procéder. On commence par l’office du soir, la veille du dimanche, avant le coucher du soleil, d’une traite et sans délai ; le père patriarche demeure à la cellule pour se reposer. Après l’office, les prêtres reposent un peu, pour le soulagement de leurs corps. On pare l’église en sa plus grande pompe, comme il se fait à la fête de la Pâque, et le sanctuaire, après l’office du soir, [ est apprêté ] : on pose l’icône de la Résurrection à l’orient, un cierge allumé devant elle ; et l’on place devant elle sept chandeliers de terre cuite portant sept lampes garnies d’huile excellente, pure, de première qualité, et de mèches de coton, leur flamme tournée vers l’orient.

Au troisième degré depuis l’orient, sept supports de terre cuite où sont posées sept jarres amples, qu’on emplit d’eau douce ; on y met des feuilles vertes de [ palmier ], des feuilles de cédrat, d’oranger, de bigaradier, de citronnier, des feuilles de la vigne et [ des rameaux ] de l’arbre de Marie, les feuilles paraissant hors des jarres ; autour des jarres, des branches d’olivier, des palmes du dattier, du basilic et des côtes de bette verte ; et si la rose se trouve, on en met, de la fleur ou de la feuille ; et que le compte des arbres soit de douze. On dispose autour des jarres une éponge — ou deux peaux, corrige l’éditeur. On apprête un grand bassin de cuivre blanchi à l’étain, porté sur un plateau de bois ; on apprête aussi trois plateaux de bois, et encore de petits vases pour distribuer l’eau consacrée en bénédiction au peuple assemblé, aux malades et aux infirmes. Les tables neuves auront été lavées dès le samedi à l’eau chaude, puis essuyées.

Alors on revêt le sanctuaire de la parure du dimanche des Rameaux ; on range les tables sur l’autel, par-dessus la parure, et, une fois rangées, on étend sur elles le dessus de la parure. On pose l’étui du calice et, dessus, les saints Évangiles en copte, et le couple des chérubins et des séraphins, leurs ailes se touchant l’une l’autre, comme le Seigneur l’ordonna à Moïse et à Salomon quand ils firent la Tente et la Maison ; et tout autour, les cierges. On lit devant la porte du sanctuaire les psaumes, du premier au cent-vingtième ; et l’on donne le livre de l’Évangile de Jean, en copte, à l’un des prêtres habiles, qui le lit au-dessus de l’autel, sur les tables rangées, jusqu’à la fin.

La psalmodie de la nuit et l’office du matin

Puis, après qu’ils ont reposé un peu, ils commencent la prière de minuit selon la coutume, sans ajout ni retranchement, d’une traite ; à son achèvement, ils commencent la prière du matin selon la coutume. À l’hymne des anges, on fait le tour avec l’encens, et le peuple chante la doxologie watos entière. Quand s’achève la lecture en copte et en arabe, les prêtres s’avancent, cierges, branches d’olivier et palmes aux mains, et les diacres de même ; ils vont au-devant du père patriarche en chantant devant lui, sur le ton des Rameaux, ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ (« Béni celui qui vient »), — hosanna, — jusqu’à parvenir à la porte du chœur, en achevant par l’alléluia. Le père patriarche entre au chœur et se tient à sa place, et l’office s’achève à l’ordinaire.

Le seigneur et père patriarche lit l’absolution du Fils ; on élève la croix, on dit Kyrie eleison ; il donne la croix et l’Évangile à baiser au peuple, assis sur la cathèdre, et l’on lit le canon du dimanche. Cela fini, on scelle l’office, et le père patriarche lit la bénédiction. Cependant les prêtres se découvrent la tête, et pareillement les archidiacres ; puis on chante ⲔⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ ⲀⲖⲎⲐⲰⲤ (« Tu es béni en vérité ») sur le ton pascal, et le doyen des prêtres s’avance et prend la coiffe du père patriarche dans un voile de soie. Après quoi le père patriarche monte au sanctuaire, les prêtres devant lui et les diacres, cierges aux mains ; cela fait, on dit pour le père patriarche ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ (« Par les prières »), puis l’acclamation grecque au Pantocrator, que le copiste estropie. Puis le père patriarche dit la prière d’action de grâces sur l’autel, le diacre lui faisant face, comme il se tient dans la Liturgie.

Cela achevé, le doyen des prêtres prend l’encensoir et se tient devant les autels, les prêtres assemblés à part ; le père patriarche élève l’encens et donne l’encens à tous les prêtres, qui le déposent dans l’encensoir, tandis qu’on chante au naqûs ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ (« Nous adorons »). Puis le père patriarche dit l’oraison de l’encens comme à l’office du matin, en tournant au-dessus de l’autel trois tours selon la coutume ; puis on sort hors de la porte du sanctuaire, le patriarche s’assied sur l’estrade, les prêtres lui présentent l’encens selon leurs rangs, et les diacres chantent ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ (« Nous adorons le Père »), ⲬⲈⲢⲈ ϮⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ (« Salut à l’Église »), ⲬⲈⲢⲈ ϮⲀⲚⲀⲤⲦⲀⲤⲒⲤ (« Salut à la Résurrection »), quatrain après quatrain, jusqu’à l’achèvement de la présentation de l’encens — tout cela sur le ton de joie : car du commencement de la consécration jusqu’à la fin de la Liturgie des mystères, on n’emploie que le ton de la Résurrection, la consécration tombât-elle hors des jours de la Cinquantaine.

Après cela, le patriarche entre au sanctuaire, et les clercs chantres — ceux qui n’avaient point la tête découverte — se tiennent en bas, à la porte du sanctuaire, et scellent par le chant ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ ⲈⲢⲞⲔ (« … que nous te chantions »). Le patriarche dit ⲎⲢⲒⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ (« La paix à tous ») et commence les prières consignées au livre du sacre, Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ Ⲫ̀Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ (« Seigneur Dieu tout-puissant ») ; à leur terme on dit Ⲕ̅Ⲉ̅ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ (« Seigneur, bénis »), amen, alléluia, ⲆⲞⲜⲀ ⲠⲀⲦⲢⲒ, ⲔⲈ ⲚⲒⲚ (« et maintenant »), ϪⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ (« Notre Père »), ⲚⲀⲒ ⲚⲎⲒ Ⲫ̀Ϯ (« Aie pitié de moi, ô Dieu », le psaume cinquantième), le ⲆⲞⲜⲀ.

[ feuillet 137 recto ] Puis le chef des prêtres dit le psaume « Je me suis réjoui de ce qu’on m’a dit » ; et les prêtres, selon leurs rangs, récitent un à un les psaumes marqués — le copiste en note les cotes en chiffres coptes à la marge —, puis les archidiacres, l’un après l’autre, la suite des psaumes des degrés et des psaumes de louange, chaque pièce reprise un quatrain en haut, un quatrain en bas, entre les deux chœurs, et chantée au naqûs avec ⲘⲀⲢⲈⲚⲞⲨⲰⲚϨ ⲈⲂⲞⲖ (« Confessons le Seigneur ») ; et ici, après la fin de chaque quatrain, on dit ce répons : ⲤⲘⲞⲨ ⲈⲠ̅Ϭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ · ϪⲈ ⲚⲀⲚⲈ ⲞⲨⲮⲀⲖⲘⲞⲤ · ⲈϤⲈⲢⲀⲚⲀϤ Ⲙ̀ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ · ⲠⲒⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲤⲘⲞⲨ (« Bénissez le Seigneur notre Dieu, car le psaume est bon ; qu’il plaise à notre Dieu : la gloire et la bénédiction »).

Le père patriarche commence l’alléluia propre à l’aube du Samedi de la joie, sur son ton connu, les chœurs le reprenant après lui ; il dit ensuite, à sa manière connue, le psaume « Moi, je suis le petit » — ⲀⲚⲞⲔ ⲠⲈ ⲠⲒⲔⲞⲨϪⲒ, le psaume cent-cinquante-et-unième —, chaque stique répondu ; à son terme en copte, l’un des grands diacres l’interprète en arabe. Cependant on apprête à la porte du sanctuaire un siège élevé pour le patriarche ; on y étend un tapis, un voile de soie derrière son dos ; on place devant la porte du sanctuaire le lutrin qui sert à la Pâque ; on allume les lampes ; on pose le livre des Prophéties, copte et arabe ; et les cierges s’allument aux mains des prêtres et des diacres.

Quand s’achève l’interprétation du psaume, on fait au-dessus de l’autel un seul tour, en disant le psaume cent-cinquantième, « Que tout ce qui respire loue le Seigneur » ; on descend de l’autel et l’on se dirige hors de la porte du chœur en achevant le psaume ; à sa fin on dit le ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲒ Ⲟ Ⲑ̅Ⲥ̅ (« Gloire à toi, ô Dieu ») jusqu’au bout, sur le même ton.

Les vingt prophéties

Après cela, le patriarche commence la lecture de la première prophétie en copte, les cierges autour de lui, sur le lutrin ; c’est le début de la Torah de Moïse — sur lui la paix — : ϦⲈⲚ ⲞⲨⲀⲢⲬⲎ Ⲁ Ⲫ̀Ϯ (« Au commencement Dieu créa le ciel et la terre ») ; le grand des diacres la lui interprète. À son terme, il va s’asseoir au lieu qui lui est préparé ; alors s’assoient tous les prêtres, et tout le peuple, pour se reposer ; et les prophéties se lisent une à une, en copte et en arabe : les prêtres les lisent selon leurs rangs, et après eux les grands diacres. Et voici le compte des prophéties, dont le copiste porte les numéros, en chiffres coptes, à la marge.

La deuxième, de la Torah : « Et Jacob partit vers le puits du serment » ; elle s’achève : « je te rendrai la dîme ». — La troisième, [ de l’Exode ], touchant la Tente : « Et Dieu parla à Moïse et lui dit » ; elle s’achève : « selon ce que tu as vu sur la montagne ». — La quatrième, du livre de l’Exode, touchant la Tente encore : « Et le Seigneur parla à Moïse » ; elle s’achève : « tout ce qu’il ordonna de faire ». — La cinquième, du livre de l’Exode, touchant la Tente encore : « Et Moïse vit tous les ouvrages » ; elle s’achève : « tous leurs instruments ». — La sixième, du livre des Nombres, touchant la Tente encore : « Et Moïse acheva tous les ouvrages » ; elle s’achève : « elle et l’autre, une seule ». — La septième, du livre des Nombres, à Moïse le prophète encore : « Et le Seigneur parla à Moïse et à Aaron son frère » ; elle s’achève : « et la maison sainte et tous ses ouvrages ». — La huitième, du livre des Nombres, à Moïse le prophète : « Et le Seigneur parla à Moïse et à Aaron » ; elle s’achève : « les instruments, et ce qui se porte avec eux ». — La neuvième, du livre de Josué fils de Nûn : « Et le Seigneur dit à Josué en ce jour-là ». — La dixième, du deuxième livre des Règnes : « Et David rassembla tous les jeunes gens d’Israël » ; elle s’achève : « et David s’en retourna pour bénir sa maison ».

La onzième, du deuxième livre [ des Restes ] : « Alors David dit : il n’est permis de porter l’arche… » ; elle s’achève : « chaque jour, chaque jour » — la répétition est du copiste. — La douzième, des Restes des Rois : « Et David se tint au milieu » ; elle s’achève : « devant le Seigneur, en grande joie ». — La treizième, des Restes des Rois : « Et Salomon commença de bâtir la maison du Seigneur ». — La quatorzième, du troisième livre des Règnes : « Et il advint, quand Salomon eut achevé de bâtir la maison » ; elle s’achève : « leur sortie de la terre d’Égypte ». — La quinzième, du livre que le copiste nomme « de Beryamin » — il y faut reconnaître les Paralipomènes, note l’éditeur — : « Et il se tint devant l’autel du Seigneur » ; elle s’achève : « là, tous les jours » ; celle-ci, le patriarche l’interprète à la porte du chœur, le visage vers l’occident. — La seizième, du troisième livre des Rois : « Et Salomon se tint devant l’autel du Seigneur » ; elle s’achève : « et mon cœur, là, tous les jours » ; celle-ci encore, le patriarche l’interprète — et s’il se trouve avec lui un évêque, que celui-ci l’interprète. — La dix-septième, de la prophétie d’Isaïe le prophète : « Et il sortira de Sion… » ; elle s’achève : « et ils hériteront la terre à jamais ». — La dix-huitième, de la prophétie d’Ézéchiel le prophète : « Et la main du Seigneur fut sur moi » ; elle s’achève : « telle est cette vision ». — La dix-neuvième, d’Ézéchiel le prophète encore, le bâtiment de la Maison : « en l’an vingt-cinquième de notre captivité » ; elle s’achève : « à l’orient, cent mesures ». — La vingtième, de la prophétie d’Ézéchiel le prophète encore : « Et fut achevée la mesure de la maison intérieure » ; elle s’achève : « les ordonnances de la maison du Seigneur et toutes ses lois ».

[ feuillet 137 verso ] Pendant que se lit cette prophétie en arabe, on suspend à la porte du chœur sept encensoirs, qu’on emplit de charbon et de feu ; on apprête sept chandeliers portant sept cierges, la croix au milieu. Quand s’achève l’interprétation arabe de cette dernière prophétie, le père patriarche se lève de sa place et se tient debout, le dos appuyé au lutrin ; il prend avec lui la boîte à encens et dépose l’encens dans tous les encensoirs, les prêtres y prenant part ; il prend lui-même un encensoir, et l’on donne les autres aux chefs des prêtres ; les clercs tiennent les cierges allumés. Tout cela pendant qu’on chante, à la manière des psalies, l’hymne que voici.

L’Apocalypse et l’hymne de la Cité-Épouse

« Venez, voyez cette Épouse — qui fut parée pour l’Agneau, elle qui est [ pure ] — [ Jérusalem ] descendant du ciel — d’auprès de Dieu (ⲈⲤⲚⲎⲞⲨ ⲈⲠⲈⲤⲎⲦ ⲈⲂⲞⲖ ϦⲈⲚ Ⲧ̀ⲪⲈ ϦⲀⲦⲈⲚ Ⲫ̀Ϯ) ; — et celui qui siège sur le trône me parla encore, disant : Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et l’achèvement ; — et le mur de la cité a douze assises, et les assises des murs sont parées de toute pierre honorée ; — et la cité n’a besoin ni de soleil ni de lune : car la gloire du Seigneur l’illumine, et son flambeau, c’est l’Agneau. — Ô toi qui as vu ces choses, théologien et évangéliste, Jean l’apôtre véridique : qu’il nous pardonne nos péchés ; demande au Seigneur pour nous, ô mon seigneur le patriarche. — Que la bénédiction de la Trinité sainte, Père, Fils et Esprit-Saint, descende sur ce peuple ; dites tous : Amen, ainsi soit-il. »

L’encensement achevé comme il a été exposé, le patriarche se tourne et se tient au lutrin, la croix au milieu et les chandeliers autour ; la psalie finie, le patriarche lit en copte le livre de l’Apocalypse — ⲞⲨⲞϨ ⲀⲚⲞⲔ ⲀⲒⲚⲀⲨ (« Et moi, [ Jean, ] je vis ») —, à sa manière connue, les prêtres autour de lui avec les cierges. Parvenu aux pierres, il dit, sur le ton accoutumé : « Moi, je vis la cité, riche d’or pur, de pierres vraies et de perles, en sa beauté », et on lui répond ce quatrain, sur le même ton : « le Seigneur est au milieu d’elle, qui couronne et honore ceux qui lui sont fidèles ». Cela accompli, il poursuit, le chœur lui répondant comme il a été exposé. Parvenu à la lecture des pierres, le patriarche lit les douze assises, et à chaque trois pierres on lui répond le quatrain susdit ; la lecture des douze assises finie, il achève le reste du livre jusqu’à son terme : « … et ils régneront aux siècles des siècles. Amen. »

Les clercs disent alors, tournés vers l’occident, sur le ton de joie : ⲈⲢⲈ ⲠⲒⲤⲘⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲐⲈⲞⲖⲞⲄⲞⲤ ⲒⲰⲀⲚⲚⲎⲤ ⲠⲒⲈⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲒⲤⲦⲎⲤ ⲈϤⲈⲒ̀ ⲈϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲈⲚ ⲠⲀⲒⲖⲀⲞⲤ · ⲀϪⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ ϪⲈ ⲀⲘⲎⲚ ⲈⲤⲈϢⲰⲠⲒ (« Que la bénédiction du théologien Jean l’évangéliste vienne sur ce peuple ; dites tous : Amen, ainsi soit-il » — traduction du présent traducteur, sur le copte). Puis le patriarche interprète en arabe, du commencement à la fin du livre, tourné vers l’occident. Après quoi l’on allume les cierges, le doyen des prêtres porte l’Évangile, et l’on chante, sur le ton de la Vierge, ϮϢⲞⲨⲢⲎ Ⲛ̀ⲚⲞⲨⲂ (« L’encensoir d’or ») ; on entre au chœur, le père patriarche remonte au sanctuaire, élève l’encens à l’ordinaire avec le reste des prêtres, et dit l’oraison de l’encens du Paul, à l’ordinaire.

Les lectures de la Liturgie et l’hymne de la Tente du témoignage

On fait le tour de l’autel trois tours ; on descend du sanctuaire, on se dirige vers l’occident, on donne l’encens au patriarche à l’ordinaire en disant ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲄⲀⲢ (« Car la grâce… »)… Ⲫ̀Ϯ Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ (« Dieu le Père tout-puissant ») ; puis on rentre au chœur, le patriarche s’assied à sa place connue dans le chœur et donne l’encensoir au doyen des prêtres, qui fait le tour avec lui, tandis qu’on chante sur le ton du Paul ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ — ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ. Après cela, l’un des diacres lit le Paul en copte du haut de l’ambon ; c’est celui-ci, des Hébreux : « Quant à la première tente, qui fut dressée, en elle étaient le chandelier et la table… » ; il s’achève : « … jusqu’au temps du redressement ».

Après la lecture arabe du Paul, l’un des prêtres dit l’oraison Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ϮⲄⲚⲰⲤⲒⲤ (« Seigneur de la connaissance ») ; on lit le catholicon, de l’épître de Jacques : « Quelle utilité, mes frères, si quelqu’un dit qu’il a la foi… » ; il s’achève : « … et il fut appelé ami de Dieu ». Après lui, pareillement, le prêtre dit sa prière Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ (« Seigneur notre Dieu ») ; pendant son interprétation arabe, les prêtres et les servants s’assoient devant le père patriarche, le visage vers l’orient, et il lit sur eux l’absolution des serviteurs ; après quoi ils disent ⲚⲈⲔⲈⲂⲒⲀⲒⲔ (« Tes serviteurs… »)… Ⲛ̀ⲦⲈϤⲘⲈⲦⲞⲨⲢⲞ (« … de son royaume »), puis, à la manière de la Praxis : ⲪⲀⲒ ⲈⲦⲀϤⲈⲚϤ Ⲉ̀Ⲡ̀ϢⲰⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲐⲨⲤⲒⲀ — ⲔⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ ⲀⲖⲎⲐⲰⲤ (« Lui qui s’est offert en sacrifice… Tu es béni en vérité »). Le prêtre associé monte alors au sanctuaire, prend la boîte à encens et la présente au père patriarche ; celui-ci élève l’encens de la Praxis, le prêtre associé dit l’oraison de l’encens de la Praxis, Ⲫ̀Ϯ ⲪⲎⲈⲦⲀϤϢⲰⲠ ⲈⲢⲞϤ (« Dieu, qui as agréé… »), et il encense le chœur seulement, à l’ordinaire. On lit la péricope de la Praxis : « La tente du témoignage était avec nos pères au désert… » ; elle s’achève : « … et Jésus, à la droite de Dieu ».

[ feuillet 139 verso ] Puis le patriarche monte au sanctuaire, et l’on chante l’hymne de l’Esprit-Saint, ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅(« L’Esprit… »), de la psalie, strophe après strophe ; puis le triple Agios et le ⲆⲞⲜⲀ ⲠⲀⲦⲢⲒ ; et après lui, ces quatrains, sur le même ton : « La Tente du témoignage — la parole du Seigneur l’a affermie ; — Aaron le prêtre se tenait en son milieu, — faisant monter l’encens. — Il donna l’intelligence à David — et la sagesse à Salomon ; — il donna la corne à Samuel : — c’est lui qui oignit les rois. — Il donna les clefs à notre père Pierre, — la virginité à Jean ; — il donna la prédication à notre père Paul — et à Marc l’évangéliste. — Un parfum d’encens s’exhale — de Marie la Vierge : — car le maître de tous les aromates — s’est incarné d’elle ; — les chérubins l’adorent. » — Et l’on achève à l’ordinaire.

Les Évangiles de la Dédicace et les grandes oraisons

Le père patriarche lit l’oraison de l’Évangile, et le diacre jette le proème ⲤⲦⲀⲐⲎⲦⲈ (« Tenez-vous debout ») et ce qui le suit. Le patriarche lit le premier Évangile, de l’annonce de Matthieu : « Six jours après, Jésus prit Pierre, Jacques et Jean son frère… » ; il s’achève : « … mon Fils bien-aimé, en qui je me suis complu ». Puis on dit ⲀⲄⲒⲀ ⲤⲞⲪⲒⲀ (« Sainte Sagesse ») et le Ⲕ̅Ⲉ̅ ; et le second Évangile — celui du patriarche —, de l’annonce de Jean : « Or l’on faisait à Jérusalem la Dédicace… » ; il s’achève : « … et là, beaucoup crurent en lui ». Après son interprétation arabe, le patriarche se tourne vers l’orient ; cependant le prêtre dit l’oraison, et le peuple répond Ⲫ̀Ϯ ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲚ (« Dieu, aie pitié de nous ») au grand ton, au naqûs, dix fois.

Après cela, il signe les tables du signe de la croix, et de même les servants et le peuple ; et l’on répond ces deux quatrains à la manière de la sainte Résurrection, les voici : « Disons-le d’abord de notre cœur, — puis encore de notre langue, — criant et disant : — ô notre Seigneur Jésus le Christ, — fais-toi en nous — un temple de ton Esprit — Saint : — doxologie à toi. » — ⲰⲤⲀⲨⲦⲞⲤ · ⲦⲈⲚϬⲒⲤⲒ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ · ⲀⲢⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲈⲨⲒⲚ — ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ ⲔⲈ ⲦⲞⲨ ⲠⲚ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ (« De même nous t’exaltons… intercède… … amen, et à ton esprit » — traduction du présent traducteur, sur le copte et le grec).

Puis le père patriarche dit l’oraison des malades, et les prêtres, selon leurs rangs : l’oraison des voyageurs, ⲚⲎⲈⲦⲀⲨϢⲈ Ⲉ̀Ⲡ̀ϢⲈⲘⲘⲞ (« ceux qui sont partis à l’étranger ») ; du roi de la terre, ⲠⲒⲞⲨⲢⲞ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲡ̀ⲔⲀϨⲒ ; des airs du ciel, ⲚⲒⲀⲎⲢ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲧ̀ⲪⲈ ; des sacrifices, ⲚⲒⲐⲨⲤⲒⲀ ; de ceux qui se sont endormis, ⲚⲎⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ ; du salut de la demeure, ϮⲤⲰⲦⲎⲢⲒⲀ ; « garde toute personne », Ⲛ̀ⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ ; de ceux qui se tiennent avec nous, ⲈⲦⲞϨⲒ ⲈⲢⲀⲦⲞⲨ ; des ordres du sacerdoce ; des catéchumènes, ⲚⲒⲔⲀⲦⲎⲬⲞⲨⲘⲈⲚⲞⲤ ; puis on scelle cela par le Ⲕ̅Ⲉ̅, trois fois. Le diacre dit « Du Seigneur nous demandons », et le doyen des prêtres lit ces demandes du livre du sacre — ⲘⲀⲢⲈⲚϪⲞⲤ ⲦⲎⲢⲈⲚ (« Disons tous ») : « nous t’en prions, écoute-nous » —, le chœur répondant Ⲕ̅Ⲉ̅ à chacune, puis Kyrie eleison trois fois.

Le doyen des prêtres dit ⲚⲞϨⲈⲘ Ⲙ̀ⲠⲈⲔⲖⲀⲞⲤ ⲤⲘⲞⲨ ⲈⲦⲈⲔⲔⲖⲎⲢⲞⲚⲞⲘⲒⲀ (« Sauve ton peuple, bénis ton héritage ») ; parvenu à la grande demande, c’est le prêtre associé qui la dit lui-même ; à son terme, on élève la croix et l’on dit Kyrie eleison, avec une forte clameur, cent fois, au grand ton. Puis il signe de la croix les tables, puis les servants et le peuple ; et l’on dit les grandes oraisons — la paix, les pères, les assemblées —, puis ϮⲘⲈⲦϢⲈⲘϢⲈ (« Le service… »), et le symbole de la foi, puis Ⲕ̅Ⲉ̅ trois fois. On dit l’oraison dont la fin est Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ Ⲫ̀Ϯ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒϪⲞⲘ (« Seigneur, Dieu des puissances »), avec ⲎⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ et Ⲕ̅Ⲉ̅ trois fois ; puis l’oraison dont la fin est Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ Ⲫ̀Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲞⲨⲞϨ Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲚⲦⲎⲢϤ(« Seigneur Dieu tout-puissant, et Seigneur de tout ce qui est nôtre ») ; après elle, il signe les tables trois fois du signe de la croix, disant ⲎⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ et Ⲕ̅Ⲉ̅ trois fois, et cette oraison-ci : Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ Ⲫ̀Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ ⲠⲒⲀⲖⲎⲐⲒⲚⲞⲤ (« Seigneur Dieu tout-puissant, le véritable… »). Après quoi l’on élève les voix : ⲔⲀⲦⲀ ⲦⲞ ⲈⲖⲈⲞⲤ ⲤⲞⲨ Ⲕ̅Ⲉ̅ — ⲔⲈ ⲘⲎ ⲔⲀⲦⲀ ⲦⲀⲤ ⲀⲘⲀⲢⲦⲒⲀⲤ ⲎⲘⲰⲚ (« Selon ta miséricorde, Seigneur, et non selon nos péchés » — traduction du présent traducteur, sur le grec) ; puis Ⲕ̅Ⲉ̅ trois fois, puis [ ⲈⲜⲀⲠⲞⲤⲦⲒⲖⲞⲚ ] — « envoie sur nous » —, et le diacre dit ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲜⲀⲤⲐⲈ (« Priez »).

Puis il dit cette oraison : ⲦⲈⲚϮϨⲞ ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ (« Nous te prions et te supplions, ô ami des hommes ») ; après elle, le diacre dit « … le Verbe de Dieu », et le peuple se prosterne. Alors le doyen des prêtres dit la demande, en secret — l’invocation de l’Esprit-Saint — puis, au ton grave, trois fois : ⲤⲰⲦⲈⲘ ⲈⲢⲞⲚ… ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲎⲘⲀⲤ Ⲟ Ⲑ̅Ⲥ̅ Ⲟ ⲤⲰⲦⲎⲢ ⲎⲘⲰⲚ (« Écoute-nous… aie pitié de nous, ô Dieu notre Sauveur » — traduction du présent traducteur, sur le grec) ; et le doyen des prêtres dit ⲠⲈⲔⲖⲀⲞⲤ ⲄⲀⲢ ⲚⲈⲘ ⲦⲈⲔⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ ⲤⲈϮϨⲞ ⲈⲢⲞⲔ (« Car ton peuple et ton Église te supplient ») — « … vers le Père, avec toi, disant : aie pitié de nous, ô Dieu » —, trois fois, le chœur répondant Ⲕ̅Ⲉ̅ à chaque fois ; puis les [ invocations ] suivantes, le chœur répondant amen à chacune, jusqu’à la fin, puis Ⲕ̅Ⲉ̅ trois fois. Le peuple dit ⲰⲤⲠⲈⲢ ⲒⲚ (« Comme il était… »), et le doyen des prêtres dit cette prière : « … toute délivrance », jusqu’à sa fin ; on dit le Notre Père qui es aux cieux ; le prêtre associé dit l’[ inclination ] au Seigneur ; puis le patriarche dit l’inclination au Fils, élevant la voix à la fin, et il dit ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ (« … amen »)… ⲘⲈⲦⲀ ⲪⲞⲂⲞⲨ Ⲑ̅Ⲩ̅ ⲠⲢⲞⲤⲬⲰⲘⲈⲚ (« Avec crainte de Dieu, soyons attentifs »). Et le peuple répond : Ⲉ̅Ⲓ̅Ⲥ̅ ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ · ⲨⲒⲞⲤ ⲀⲄⲒⲞⲤ · ⲠⲚ̅Ⲁ̅ ⲀⲄⲒⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ (« Un le Père saint, un le Fils saint, un l’Esprit saint. Amen » — traduction du présent traducteur, sur le grec).

Le sacre de l’eau et le lavement des tables

[ feuillet 140 recto ] Le doyen des prêtres dit les petites oraisons attachées au baptême — celles qui se lisent sur la cuve —, le chœur lui répondant. Cependant le patriarche se rend auprès des jarres et signe l’eau de chacune du signe de la croix, trois fois, en disant : ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲦⲞⲤ Ⲕ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲭ̅Ⲥ̅ · Ⲩ̅Ⲥ̅ Ⲑ̅Ⲥ̅ · ⲀⲄⲒⲀⲤⲘⲞⲤ ⲠⲚ̅Ⲁ̅ ⲦⲞⲨ ⲀⲄⲒⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ (« Béni soit le Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu ; sanctification de l’Esprit-Saint. Amen » — traduction du présent traducteur, sur le grec) ; et on lui répond : Ⲉ̅Ⲓ̅Ⲥ̅ ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ… (« Un le Père saint… »).

Puis on ceint la taille du père patriarche d’un linge blanc de fil, par-dessus ses vêtements, et ses [ manches ] de même ; il s’assied au flanc de l’autel, sur un siège modeste, le visage vers [ les jarres ], et l’on pose devant lui le bassin blanchi apprêté auparavant, sur le plateau de bois ; l’Évangile est aux mains d’un des prêtres, qui se tient debout, le portant au chevet du doyen des prêtres. Les prêtres lui apportent les jarres où est l’eau, qu’on verse dans le bassin — l’eau seule — ; et chaque jarre, une fois vidée, il la brise, afin qu’elle ne serve plus à rien des usages communs. Puis il prend les bottes d’herbes et de bette, et il en signe l’eau consacrée du signe de la croix. Alors les prêtres tournent les tables et les présentent au patriarche une à une, et il les lave dans l’eau consacrée ; les prêtres les reçoivent de lui, les épongent avec l’éponge, puis les essuient avec des voiles de lin et les posent sur les tréteaux, avec une extrême précaution qu’il ne tombe pas à terre une seule goutte de l’eau consacrée ; et l’on fait ainsi jusqu’à ce que toutes les tables y aient passé. [ feuillet 140 verso ] Le patriarche se lave les mains, et de même le prêtre qui recevait de lui l’eau consacrée, et on les essuie d’un voile de lin ; et il se tient de nouveau à l’autel — tout cela dans les chants, comme il a été exposé ; et les tables qui n’auraient pas été lavées à la première fois, on les rapporte jusqu’à l’achèvement du lavage.

Après cela, le patriarche dit les versets des psaumes, du livre du sacre, à la manière des versets du baptême, chaque verset répondu par [ l’alléluia ] au petit ton. À la fin, il dit ⲆⲞⲜⲀ ⲠⲀⲦⲢⲒ trois fois, et l’on chante pareillement : « Béni soit le Seigneur, qui illumine tout homme venant au monde, maintenant et en tout temps et dans les siècles de tous les siècles. Amen. » Puis on dit ⲤⲘⲞⲨ ⲈⲪ̀Ϯ (« Bénissez Dieu »), puis les quatrains de la Résurrection, ϪⲈ ⲀϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« Car il est béni »), puis le répons propre à la Résurrection, depuis ⲔⲀⲦⲀ ⲠⲒⲬⲞⲢⲞⲤ (« selon le chœur ») jusqu’à sa fin, et ⲀϪⲈⲚ ⲦⲈⲔϪⲒϪ… ⲤⲰⲦⲈⲘ (« Par ta main… écoute ») jusqu’à la fin ; et s’il en est besoin, on reprend l’hymne de l’Esprit-Saint et la psalie. Et s’il ne se trouve personne qui sache bien chanter cela, qu’on dise, de la théotokie du dimanche : ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ ⲘⲀⲢⲒⲀ ϮϬⲢⲞⲘⲠⲒ ⲈⲐⲚⲈⲤⲰⲤ (« Salut à toi, Marie, la belle colombe ») et ⲚⲒⲘ ⲄⲀⲢ ϦⲈⲚ ⲚⲒⲚⲞⲨϮ (« Qui donc, parmi les dieux, est semblable au Seigneur ? »).

L’onction du Myron et le revêtement de l’autel

Et durant tout ce chant, le patriarche prend le vase du Myron, le tenant dans une [ étoffe ] blanche consacrée, et se rend là où sont les tables, sur les tréteaux ; il les signe du signe de la croix avec le vase du Myron en disant : ϮⲚⲈⲢⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ Ⲛ̀ⲚⲀⲒⲞⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ · ⲚⲀⲒ ⲈⲦⲀⲚⲈⲢϢⲞⲢⲠ Ⲛ̀ⲬⲀⲨ ⲈϦⲢⲎⲒ · ϦⲈⲚ Ⲫ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ ⲚⲈⲘ Ⲡ̀ϢⲎⲢⲒ ⲚⲈⲘ ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲉ̅Ⲑ̅Ⲩ̅ ⲀⲘⲎⲚ — et l’arabe porte en regard : « Nous signons ces autels, que nous avons posés auparavant, au nom du Père, et du Fils, et de l’Esprit-Saint. Amen. »

[ feuillet 141 recto ] Puis il revient à sa place et se tient, le visage à l’orient, à l’autel ; les prêtres lui présentent les tables une à une, et il signe chacune d’elles du saint Myron en disant : ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲦⲞⲤ Ⲕ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲩ̅ Ⲭ̅Ⲥ̅ · Ⲩ̅Ⲥ̅ Ⲑ̅Ⲥ̅ · ⲀⲄⲒⲀⲤⲘⲞⲤ ⲠⲚ̅Ⲁ̅ ⲦⲞ ⲀⲄⲒⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ, les prêtres lui répondant à voix contenue : Ⲉ̅Ⲓ̅Ⲥ̅ ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ · ⲠⲚ̅Ⲁ̅ ⲀⲄⲒⲞⲚ · ⲀⲘⲎⲚ — l’éditeur observe que cette rubrique, avec sa réponse, se lit de droite à gauche, contrairement à l’ordinaire du témoin. Le signe de chacune achevé, une à une, les prêtres les rangent, la première sur le vieil autel, en ordre, en sorte qu’aucune d’elles ne tombe, jusqu’à la dernière. Le doyen des prêtres se lave la main du Myron [ et l’essuie ] dans un linge consacré ; on serre le vase du Myron en son lieu. Et s’il se trouve des vases, des parures ou des icônes sans consécration, il les consacre alors, après le signe des tables, lisant sur eux les oraisons de consécration qui leur appartiennent et les signant — tout cela pendant que se poursuit le chant exposé auparavant.

Quand tout cela est achevé, le patriarche délie sa taille du linge dont il était ceint, et ses [ manches ] aussi ; on revêt le sanctuaire d’une parure blanche, à la semblance des fêtes glorieuses ; on pose dessus les vases et les calices consacrés — l’appareil du service — ; on replace les chérubins et les séraphins-éventails comme ils étaient d’abord, leurs ailes se touchant l’une l’autre ; et de même on pose les saints Évangiles sur les autels, en copte, [ durant ] trois jours [ et leurs nuits ].

Puis le patriarche dit l’action de grâces du livre du sacre, avec ses deux prières, dont l’une est ϮⲚⲞⲨ ⲞⲚ ⲦⲈⲚϮϨⲞ ⲈⲢⲞⲔ(« Maintenant encore nous te prions ») ; après elle, il dit ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ϭ̅Ⲥ̅ Ⲫ̀Ϯ Ⲛ̀ⲞⲨⲞⲚ ⲚⲒⲂⲈⲚ (« Souviens-toi, Seigneur Dieu, de tous ») ; puis le diacre dit — le grec et l’arabe formant deux colonnes, dont l’éditeur relève que la seconde traduit mal la première — : ⲦⲀⲤ ⲔⲈⲪⲀⲖⲀⲤ ⲎⲘⲰⲚ ⲈⲚ ⲪⲞⲂⲞⲨ ⲔⲀⲒ ⲦⲢⲞⲘⲰ ⲦⲰ Ⲕ̅Ⲱ̅ ⲦⲰ Ⲑ̅Ⲱ̅ ⲎⲘⲰⲚ ⲔⲖⲒⲚⲀⲦⲈ (« Inclinez vos têtes, avec crainte et tremblement, devant le Seigneur notre Dieu » — traduction du présent traducteur, sur le grec) ; et quand le diacre dit cela, tout le peuple se prosterne. Le père patriarche dit alors l’oraison ⲠⲒⲞⲨⲢⲞ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ (« Roi tout-puissant »), et au Ⲕ̅Ⲉ̅, le peuple agenouillé lui répond Ⲕ̅Ⲉ̅ [ cent fois ]. Puis le patriarche se relève de la prosternation et bénit le peuple aux quatre directions ; il interprète cette demande en arabe, et on lui répond amen à chaque demande. Après quoi on place pour lui le siège neuf devant la porte du sanctuaire, on l’y fait asseoir, on se tient devant lui avec les cierges, et l’on jette devant lui ce tarh, sur le ton de la fête de la Croix ; à sa fin en copte, on l’interprète en arabe, le père patriarche demeurant assis sur le siège jusqu’à la fin.

Le tarh de la Trinité et l’acclamation du patriarche

[ feuillet 141 verso ] ⲘⲀⲢⲈⲚϨⲰⲤ Ⲙ̀ϮⲦⲢⲒⲀⲤ · Ⲙ̀ⲢⲈϤⲦⲀⲚϦⲞ Ⲛ̀ⲞⲘⲞⲞⲨⲤⲒⲞⲤ — et voici l’interprétation que le témoin en donne : « Chantons la Trinité sainte, vivifiante et consubstantielle, nous les chrétiens ; et louons le trois-fois-bienheureux, chef des chefs des prêtres, le grand parmi les patriarches, le chef des évêques, notre saint père abba Un tel. Garde-le-nous, Emmanuel ; garde-nous par ses prières, et donne-nous la joie, ô gloire d’Israël. Grand Pasteur, garde-nous la vie de notre pasteur, que tu as choisi et établi sur ton peuple et sur ton Église, à qui tu as donné le pouvoir de délier et de lier, pour qu’il paisse tes peuples dans le pré fertile, les nourrisse de ses enseignements de vie, console les affligés, les garde des loups ravisseurs, et donne sa vie pour eux — comme toi, qui livras ta vie en agneau sans tache et acceptas la croix, la mort et les souffrances pour Adam et sa postérité, afin qu’il se tienne à ta droite au jour du jugement et dise : me voici, moi et les fils que tu m’as donnés, sans qu’un seul d’entre eux se soit perdu. »

« Ainsi, ô grand Pasteur, Jésus le Christ, Agneau de Dieu qui portes les péchés du monde : nous, les pauvres pécheurs, nous demandons à ta bonté et à ta miséricorde de nous conserver la vie de notre [ pontife ] et son gouvernement, de soumettre ses ennemis sous la plante de ses pieds, et de nous faire miséricorde par l’accueil de ses demandes et de ses prières, qu’il fait pour nous en tout temps. Par les demandes de Notre-Dame, la Dame toute-pure, Marie l’immaculée ; de Mar Marc, l’annonciateur des paroles divines ; de nos pères saints Sévère et Dioscore, les lutteurs pour la foi orthodoxe ; et de tous ceux qui ont plu au Seigneur Dieu par leurs œuvres agréables. Amen » — en disant Kyrie eleison trois fois.

La grande intercession

Puis, le père patriarche debout et bénissant le peuple aux quatre directions, il dit cette demande : « Seigneur, Seigneur Jésus le Christ, Verbe du Père, Seigneur de l’univers, Dieu de toute consolation : à toi le troupeau, et tu es son pasteur ; tu es la cause, tu es la force secourable, tu es l’auxiliaire et le sauveur, le médecin et le rempart fort, l’espérance de ceux qui se réfugient en toi ; tu es la grâce et l’élévation, l’espérance, la vie et la résurrection ; c’est vers toi que nous levons tous les yeux. Tu es le chef, le Seigneur des seigneurs, le maître des dominations et le Roi des rois ; c’est toi qui donnes le pouvoir à ceux que ta grâce a d’avance établis sur ton peuple, pour délier et pour lier par ton Esprit-Saint que tu as répandu sur eux — comme tu fis à tes purs disciples, quand tu vins au milieu d’eux, au soir du premier jour de la semaine, les portes étant closes : tu leur donnas la paix, tu soufflas sur leurs visages et tu leur fis grâce en disant : Recevez l’Esprit-Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, et à qui vous les retiendrez, ils seront retenus. Et ce pouvoir a passé à leurs successeurs, après eux, jusqu’à la fin des âges et des temps.

« Ainsi, ô mon Maître, reçois de moi, le pauvre, ma demande en cette heure, pour ton peuple assemblé dans cette pure église, et pour tout ton peuple orthodoxe, du levant du soleil à son couchant, et du midi jusqu’au nord — eux qui ont été jugés dignes de la descente de ton Esprit-Saint sur eux : délie-les tous des liens de leurs péchés, selon ta parole ancienne : ceux à qui vous remettrez leurs péchés, ils seront remis. Que tout ton peuple assemblé avec nous, tous ceux que nous avons nommés et ceux qui nous ont commandé de les nommer, tout ton troupeau par toute la terre habitée, et ceux qui sont dans la pensée de chacun de nous — que leurs péchés à tous leur soient remis, ceux qu’ils connaissent et ceux qu’ils ignorent ; et qu’ils soient bénis, déliés de tous les liens, des interdits et des obligations de la Loi : de ta bouche sainte ; de la bouche de ton unique Église, une, sainte et apostolique ; de la bouche de nos pères les douze apôtres purs ; de la bouche du contemplateur de Dieu, Marc l’évangéliste ; du père et patriarche Sévère, et du véridique Dioscore ; de la bouche des trois cent dix-huit Pères assemblés à Nicée, des cent cinquante de Constantinople et des deux cents d’Éphèse ; de la bouche de mon indignité, moi le pauvre, leur serviteur ; et de la bouche de tous les pères patriarches et évêques, depuis Marc l’évangéliste jusqu’à maintenant. Car c’est toi qui nous as rendus dignes, par ta tendresse, de solliciter ton amour des hommes pour le pardon des chutes de ton peuple, et de te les approcher, ô bon Pasteur.

« Accueille notre supplique vers toi, nous les humbles, la nuque courbée devant toi : pour ton unique Église, une, sainte, catholique et apostolique, que tu as acquise par ton sang pur — affermis son fondement sur le roc, garde-la en paix par toute la terre habitée, tiens sa porte ouverte devant nous au long des temps ; confonds ses ennemis et tous ses adversaires, et ceux qui lui cherchent les maux, détourne-les par ta clémence, et disperse leurs conseils comme tu dispersas le conseil d’Achitophel. — Les malades de ton peuple, en tout lieu, de toutes les sortes de maladies : visite-les par la miséricorde, et guéris-les ; éloigne d’eux et de nous toute maladie, toute langueur et toute infirmité de l’âme et du corps ; ceux qui ont tardé dans les maladies, relève-les et console-les ; ceux que tourmentent les esprits impurs, délivre-les ; ceux qui sont dans la captivité, l’exil et l’amère servitude, délivre-les et fais-leur miséricorde ; et ôte de dessus la face de la terre la cherté, la peste, [ la mortalité ] et l’épée des ennemis, par ta miséricorde et ta tendresse. — Nos pères et nos frères qui voyagent, en tout lieu, de toute manière : garde-les en paix, et ramène-les sains et saufs à leurs demeures.

« Les pluies, les airs, les rosées, les fruits de la terre, toutes les semences, les arbres et les vignes : fais-les monter, croître et multiplier, pour nous et pour les pauvres de ton peuple, et bénis-les d’une paix sans défaut. — Le fleuve d’Égypte : emplis-le de l’eau de ta bénédiction, et fais-le monter selon sa mesure ; réjouis la face de la terre et renouvelle-la encore une fois, que ses sillons soient abreuvés et ses fruits multipliés. — Le roi de la terre : garde-le dans ta paix, et qu’il exerce parmi nous la justice ; mets en son cœur la paix pour ton Église catholique et apostolique ; accorde-lui de penser la paix pour nous et pour tout ton peuple ; garde ses soldats et ses armées, donne-lui la victoire sur les ennemis ; et toutes ses villes, ses contrées et ses villages, emplis-les de tes bénédictions et de ta paix. — [ feuillet 142 verso ] Nos pères et nos frères qui se sont endormis et reposés dans la foi droite : donne le repos à leurs âmes, à tous, dans le sein de nos pères saints Abraham, Isaac et Jacob, dans le paradis de la félicité ; et si négligence ou paresse leur est échue — car ils furent des hommes, revêtus de chair —, Seigneur, passe-leur cela et remets-le-leur, et noie la multitude de leurs iniquités dans l’abîme de ta miséricorde et de ta tendresse.

« Tes serviteurs qui ont pris soin de ce bon mémorial en ce jour ; tous ceux qui ont eu peine pour ces autels, qui parent tes temples saints et qui sanctifient tout ce qui se pose sur eux ; ceux qui prennent soin de cette sainte église et de son gouvernement ; tous ceux qui t’ont offert les oblations en ce jour, et ceux qui ont apporté les vœux — le vin, l’huile et les prémices, les vases de l’autel et les livres de lecture — ; et ceux qui ont eu dessein de t’offrir et n’ont pu : reçois-les, comme tu reçus, selon ta parole, l’offrande d’Abel, le sacrifice d’Abraham, l’encens de Zacharie et les aumônes de Corneille ; inscris leurs noms au livre de la vie, efface toutes leurs fautes, et donne-leur ce qui ne périt point en échange de ce qui périt : les célestes pour les terrestres, les éternels pour les temporels ; leurs maisons et leurs greniers, emplis-les de tous les biens ; et ne les rejette pas loin de toi, mais regarde-les du visage de ta tendresse. — Toute demeure et tout monastère de nos pères saints, toute ville et tout village des orthodoxes dans le monde entier : garde-les en paix, et sauve-les de la mort, de la noyade, du feu, de la captivité des Barbares, de l’épée des étrangers et du soulèvement des ennemis.

« Souviens-toi, Seigneur, de notre père, notre tête et notre chef, notre pasteur qui veille sur nos âmes, qui nous conduit au port du salut et nous écarte du chemin tortueux : le treizième des apôtres et le cinquième des évangélistes, le grand parmi les patriarches, le seigneur, le père et patriarche abba Un tel — affermis-le sur son siège des années nombreuses et des temps prolongés et continus ; purifie ses jours des troubles ; délivre-nous des embûches de Satan et de ses armées ; donne-lui grâce et miséricorde devant les puissants et les gouvernants ; et mets dans les cœurs la compassion et la tendresse pour lui et envers lui. — Tous les pères métropolites et évêques orthodoxes : garde-les-nous, Seigneur, en paix, et affermis-les, pour qu’ils paissent ton peuple et le gardent des loups ravisseurs ; et sois leur auxiliaire, comme tu le fus à tes purs disciples. — Tous les ordres du sacerdoce, les higoumènes, les prêtres et les diacres, et tous les rangs de l’Église : garde leur sacerdoce dans la justice et la pureté, et que leurs offrandes soient reçues devant toi en tout temps, [ feuillet 143 recto ] entrant jusqu’à la maison de ta grandeur ; efface, Seigneur, tous leurs péchés, déchire toutes leurs cédules, et que ta clémence les atteigne.

« Un seul cœur, ô Dieu un, plante-le dans les fils de ton Église, par le lien de la paix parfaite ; [ donne-nous ] la vérité de la foi, aplanis-nous le chemin de la piété ; les pasteurs, tiens-les, et le troupeau, affermis-le ; donne la [ splendeur ] aux prêtres et l’ascèse aux moines, la pureté à ceux qui sont dans la virginité, une vie bonne aux gens mariés, la miséricorde à ceux qui sont dans la pénitence, la bonté aux riches, la mansuétude aux humbles, le secours aux pauvres ; les vieillards, [ soutiens-les ] ; les jeunes, dirige-les ; les incroyants, ramène-les ; le repos aux impuissants, la délivrance à ceux qui sont dans [ les liens ], l’accueil aux orphelins et l’assistance aux veuves ; retiens ceux [ que pressent les épreuves ], relève les tombés, affermis ceux qui sont debout, et ceux qui se confessent à toi, reçois[-les]… » — Ici s’interrompt le texte imprimé de l’édition, au feuillet 143 recto du témoin.

✦   ✦   ✦

Ici s’achève la version française intégrale de l’Ordonnancement liturgique de Gabriel V et de son appendice.

[375][376]

❦   ⳨   ❦

 

 

AU TERME DE L’OUVRAGE

COLOPHON

Ici se reposent la plume et le lecteur

au terme des prolégomènes et de l’introduction de l’auteur,

du saint Baptême et de l’initiation chrétienne,

du mariage et de ses degrés,

de l’onction des malades et des prières de circonstance,

de l’élévation de l’encens à l’office du soir et du matin,

de la Divine Liturgie de saint Basile,

de l’intronisation des évêques,

de l’ordination des prêtres et des diacres,

de la profession des moines et de celle des moniales,

des rites funéraires selon la dignité du défunt,

de la consécration des objets sacrés du sanctuaire

jusqu’au proème diaconal dit devant les pères,

et, en appendice, de la consécration des autels neufs

que fit le patriarche Gabriel lui-même, l’an 1127 des Martyrs.

Ici s’achève, par la grâce de Dieu, la version française intégrale

de tout ce que l’édition du Caire a conservé de l’Ordonnancement ;

ce qui reste à parfaire n’est plus que collation sur le fac-similé,

et l’on prie Dieu d’en bénir l’achèvement pour sa seule gloire.

Traduction de Samuel Metias, pour Coptipedia.

Écrit l’an de grâce 2026.

« La sainteté convient à ta maison, Seigneur, »

« pour la longueur des jours. »

— Psaume 92, verset 5



[1]L’édition princeps est celle d’Alphonse (Alfonso) ʿAbdallah, L’ordinamento liturgico di Gabriele V, 88° patriarca copto (1409-1427), Le Caire, Edizioni del Centro Francescano di Studi Orientali Cristiani, 1962 (collection Studia Orientalia Christiana, sous-série Aegyptiaca), volume trilingue d’italien, de copte et d’arabe. L’autorisation d’imprimer en fut donnée par le P. Giuseppe Giamberardini.

[2]L’éditeur s’est fondé sur deux témoins : le manuscrit Paris, arabe 98, rapporté d’Égypte en 1673 et conservé à la Bibliothèque nationale de France, et le manuscrit Vatican, copte 88, dont une partie est pareillement attribuée à Gabriel V.

[3]Yūḥannā ibn Sabbāʿ, al-Jawhara al-nafīsa (« La Perle précieuse »), et Abū al-Barakāt ibn Kabar, Miṣbāḥ al-ẓulma (« Le Flambeau des ténèbres »), les deux grandes sommes liturgiques copto-arabes des treizième et quatorzième siècles, auxquelles l’éditeur compare l’ordre de la Liturgie selon Gabriel V.

[4]Ce sont les Mamelouks dits circassiens ou burjites (de la tour, burj, de la citadelle du Caire), qui régnèrent de 1382 à 1517. Sous eux, les chrétiens d’Égypte connurent des vexations, des contributions extraordinaires et des destructions d’églises qui les réduisirent à une grande misère.

[5]Gabriel V occupa le siège de saint Marc de 1409 à 1427 de notre ère, soit de 1125 à 1143 de l’ère des Martyrs. Il fut désigné par son prédécesseur Matthieu premier, et eut pour successeur Jean onzième. Les chiffres, dans notre copie, étant brouillés par la reconnaissance optique, l’on donne ici les dates établies.

[6]Taqī al-Dīn al-Maqrīzī (1364-1442), Kitāb al-sulūk li-maʿrifat duwal al-mulūk, d’après le manuscrit arabe 1727 de la Bibliothèque nationale, à Paris, folio 382 verso. Cet historien musulman, contemporain du patriarche, en a tracé le seul portrait un peu vivant qui nous soit demeuré.

[7]Le mot arabe tartīb (« mise en ordre, ordonnancement ») désigne un livre de cérémonial, qui règle la suite des rites, des lectures et des gestes ; le genre répond, en Occident, aux Ordines romani et aux cérémoniaux, et, chez les Grecs, aux typika.

[8]Johann Michael Wansleben (Vansleb, 1635-1679), religieux dominicain envoyé en Orient au service de Colbert ; son voyage de 1672-1673 enrichit la Bibliothèque du Roi de force manuscrits coptes et arabes, parmi lesquels le Paris, arabe 98.

[9]Note du traducteur. — L’Ordonnancement de Gabriel V, patriarche du XVe siècle, est l’un des plus précieux témoins de la liturgie copte à la veille de l’époque ottomane. Le manuscrit de Paris en conserve la voix dans son arabe et son copte mêlés. Le traduire, c’est rendre accessible au lecteur francophone un monument de la mémoire chrétienne d’Égypte, trop longtemps réservé aux seuls spécialistes.

[10]L’Histoire des Patriarches d’Alexandrie (arabe Taʾrīkh al-baṭārika), grande chronique du siège marcien, ne consacre au 88ᵉ patriarche que la mention de ses dates.

[11]Manassā al-Qummuṣ, Histoire de l’Église copte, et Kāmil Ṣāliḥ Nakhla, Histoire des Papes, patriarches du siège d’Alexandrie : historiens coptes modernes chez qui le peu que l’on trouve touchant Gabriel V dépend déjà, observe l’auteur, de sources occidentales.

[12]La sentence arabe — « nous n’avons connu de patriarche de moindre ḥaraka (mouvement, crédit) ni de moindre baraka (bénédiction) » — marque, sous une plume musulmane, l’extrême dénuement du prélat. Aux oreilles chrétiennes, le mot baraka prend un sens plus haut : cette pauvreté même fut une bénédiction cachée, selon la béatitude des pauvres (saint Matthieu 5, 3).

[13]Ce trait est de conséquence : Gabriel V n’agit point d’une autorité solitaire, mais « après avoir consulté les grands des Coptes, prêtres, diacres et archontes ». Le colophon daté du rite baptismal en garde la mémoire : ce fut un véritable synode liturgique. Les archontes (arabe arākhina) sont les notables laïques de la nation copte.

[14]Précision décisive pour l’établissement du texte : l’auteur a tiré à part la portion arabe de son grand ouvrage trilingue, en un livret séparé. C’est de cette section — l’édition diplomatique du texte, avec l’apparat italien au bas des pages — que procède la copie dont l’on dispose.

[15]L’auteur énonce son parti d’éditeur : une édition diplomatique, fidèle au manuscrit jusque dans ses fautes, les corrections étant reléguées dans l’apparat. De là vient l’abondance des incorrections qu’il signale, et que le lecteur rencontrera, par voie de suite, jusque dans notre version des rubriques.

[16]Le manuscrit est cité par feuillet, et non par page : recto (r.) et verso (v.). L’on reporte ces cotes en marge de la version, entre crochets, comme autant de jalons.

[17]Ce passage explique à lui seul l’état de la source. L’auteur observe que le copiste écrit le copte d’un seul tenant, sans séparer les mots, et transcrit le grec « sur l’ouïe », d’où une orthographe fautive. À cette difficulté propre au manuscrit s’ajoute, pour nous, la ruine de la reconnaissance optique sur l’écriture copte : c’est pourquoi l’euchologie — prières et hymnes — est, dans la copie, presque toute illisible, et que l’on se borne à reconnaître les pièces dont l’incipit demeure assuré.

[18]Les Coptes notaient les nombres par les lettres de l’alphabet, à la manière des anciens Grecs. L’éditeur les a partout convertis en chiffres arabes.

[19]Signes de l’éditeur : [ … ] enferme des mots ou lettres omis, ou suppléés pour la facilité de la lecture ; ( … ) enferme des mots ou lettres répétés par mégarde, qu’il faut retrancher. La note sic, legg. (sic, lege, « ainsi [au manuscrit] ; lisez… ») introduit une correction.

[20]La clausule arabe wa-Llāhu walī al-tawfīq (« et Dieu est le garant du succès ») est une formule pieuse commune aux doctes de l’Orient, chrétiens comme musulmans, par où l’auteur remet son travail à la grâce d’en haut.

[21]Note du traducteur. — La modestie de l’auteur, qui se dit indigne de la tâche qu’il entreprend, n’est pas une formule vide : elle exprime une disposition spirituelle encore vivante dans la tradition copte, où le service de l’autel se reçoit comme une grâce redoutable plutôt que comme un droit. Le lecteur d’aujourd’hui y reconnaîtra une humilité qui traverse les siècles.

[22]Le rite du Baptême ouvre le premier des recueils édités, celui du Paris, arabe 98 (feuillets 1 verso et suivants). La présente version a été refaite sur le fac-similé même de l’édition : les pièces coptes et grecques y sont reproduites telles qu’elles se lisent au manuscrit — lequel écrit souvent le grec « sur l’ouïe », en lettres coptes —, accompagnées de leur translittération et de leur sens. Les formes que l’éditeur, le P. ʿAbdallah, rétablit d’après les livres imprimés de Raphaël Tūki sont indiquées en leur lieu. Les cotes de feuillets sont reportées entre crochets.

[23]Le « siège marcien » est le patriarcat d’Alexandrie, qui se réclame de saint Marc l’Évangéliste. Gabriel V (1409-1427) y fut le 88ᵉ successeur.

[24]La date inscrite au texte — le dimanche 8 du mois de Bashans de l’an 1127 des Martyrs — répond environ à mai 1411 de l’ère commune. La clausule « selon leurs recommandations » (arabe bi-waṣāyā-hum) implore l’assistance des Martyrs pour observer fidèlement leurs prescriptions.

[25]Littéralement : « si la mère de l’enfant n’a pas été absoute, le prêtre l’absout ». Il s’agit de la bénédiction des relevailles, par laquelle l’accouchée est réintégrée à la prière commune avant le baptême de son enfant.

[26]La « maison des femmes » (bayt al-nisāʾ) désigne la partie de l’église réservée aux femmes, où se tient d’abord la mère avec l’enfant.

[27]Le terme al-Shahmūt, par lequel s’ouvre l’office, est rendu « le Notre-Père » par déduction : voir la note afférente au chapitre du déliement de la ceinture. Quant au Jabniyūt (que le manuscrit écrit aussi Jagāniyūt), il transcrit le copte ϪⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ « Je Peniôt », le Notre-Père même, repris après le « Doxa Patri ». L’oraison de Bākir est celle de l’aube ; le Psaume 50 (le Miserere) est le psaume pénitentiel par excellence.

[28]L’Épître (le Boulos) est lue en copte puis interprétée en arabe ; le manuscrit prescrit une péricope selon le sexe de l’enfant, tirée du Livre de l’Absolution (kitāb al-taḥlīl).

[29]Ce répons, que l’on lit maintenant au fac-similé, est une commémoraison de saints : ⲦⲰⲂⲈ ⲈϨⲢⲎⲒ ⲈϪⲰⲚ … ⲀⲂⲂⲀ ⲤⲒⲘⲈⲰⲚ ⲠⲒⲈ̀ⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ, « Priez pour nous … Abba Siméon l’évêque ». Le copiste écrit ⲦⲰⲂⲈ pour ⲦⲰⲂϨ, et abrège ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ (« saint ») en ⲈⲐⲞ̅ surligné. La formule, abrégée, se poursuit ; l’identité de cet évêque Siméon demeure incertaine.

[30]Les « trois oraisons » sont celles de la Paix, des Pères et des Assemblées ; suivent le Symbole (la Foi), la Demande (al-ṭalba), le Notre-Père, et l’absolution adressée au Fils (ⲠⲒⲂⲰⲖ ⲈⲂⲞⲖ).

[31]Hymne mariale. Le manuscrit écrit ⲦϢⲈⲖⲈⲦ ; l’éditeur note qu’il faut lire ϮϢⲈⲖⲈⲦ (« l’Épouse »). En entier : « Réjouis-toi, ô Épouse qui resplendis ».

[32]Pour la consécration, l’on dresse un pupitre (ou le candélabre), l’on y dispose le coffret de l’encens, le vase du saint Myron et les vases d’huile. Le prêtre revêt la tunique (al-tūniya, le sticharion) et l’étole (al-balīn) ; le diacre de même.

[33]Les pièces chantées, données par leur seul début : ⲦⲈⲚⲞⲨⲰϢⲦ (« Nous t’adorons », au son des cymbales) ; deux salutations au Précurseur — ⲬⲈⲢⲈ ⲒⲰⲀ̅ ⲠⲒⲚⲒϢϮ Ⲙ̀ⲠⲢⲞⲆⲢⲞⲘⲞⲤ (« Salut, Jean, le grand Précurseur ») et ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲒⲞⲨⲎⲂ Ⲱ̀ Ⲛ̀ⲤⲨⲄⲄⲈⲚⲎⲤ Ⲛ̀ⲈⲘⲘⲀⲚⲞⲨⲎⲖ (« Salut, ô prêtre, parent d’Emmanuel », Jean étant cousin du Seigneur selon Luc 1, 36) — puis ⲬⲈⲢⲈ ϮⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ (« Salut, l’Église ») et ⲈⲐⲢⲈⲚϨⲰⲤ ⲈⲢⲞⲔ (« afin que nous te louions ») ; enfin, après le Psaume 50, la doxologie ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲞⲒ Ⲱ ⲐⲈⲞⲤ (grec Δόξα σοι ὁ Θεός, « Gloire à toi, ô Dieu »).

[34]L’huile « de l’exhortation et de l’attraction » (dahn al-waʿẓ wa-l-istijlāb) est l’huile des catéchumènes ; sa formule grecque, défigurée par le copiste en ⲈⲖⲈⲞⲚ ⲔⲀⲐⲎⲔⲈⲤⲈⲞⲤ, doit se lire, d’après Tūki, ⲈⲖⲀⲒⲞⲚ ⲔⲀⲐⲎⲬⲎⲤⲈⲞⲤ, soit ἔλαιον κατηχήσεως (« huile de catéchuménat »). Le canon défend de baptiser quiconque porte sur soi un objet étranger ; d’où l’examen préalable — anneaux, bagues, bracelets, grelots.

[35]Selon l’antique usage, le baptisand renonce à Satan le visage tourné vers l’Occident, région des ténèbres, puis professe la foi tourné vers l’Orient, région de la lumière ; cf. saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses mystagogiques, 1.

[36]Le parrain (al-ishbīn) répond au nom de l’enfant ; à la question « As-tu cru ? » il répond « J’ai cru », trois fois, selon les trois Personnes de la sainte Trinité.

[37]Le galilaion (du grec ἔλαιον γαλιλαῖον, « huile galiléenne », dite huile d’allégresse) est ici nommé « huile du rejet » (al-nafy), c’est-à-dire l’expulsion des esprits mauvais. La formule, ⲤⲈⲐⲰϨⲤ ϦⲈⲚ ⲪⲢⲀⲚ Ⲙ̀ⲪⲒⲰⲦ (le manuscrit écrit ⲠⲢⲀⲚ pour Ⲫ̀ⲢⲀⲚ), signifie « Il est oint au nom du Père … ».

[38]Le manuscrit énumère trente-six onctions, du sommet de la tête à la plante des pieds, et le doigt ne se lève pas du corps entre elles — image antique du baptisé oint en tout son être, comme un athlète du Christ. À la vingt-huitième station, le copiste écrit « la jambe gauche » là où la symétrie demande « la droite » ; l’éditeur le corrige, mais nous reproduisons la leçon telle qu’elle se lit. La même série d’onctions vaudra pour le saint Myron.

[39]Note du traducteur. — Le Baptême décrit ici demeure, dans sa structure essentielle, celui que célèbre l’Église copte orthodoxe aujourd’hui : les renonciations, les onctions, la triple immersion. Cinq siècles n’en ont pas altéré le cœur. Le lecteur tient le plan d’un sacrement toujours administré, du Caire aux diasporas.

[40]Ici commence le second mouvement du rite. Le manuscrit envisage d’abord le cas où le patriarche baptise en personne, avec le cérémonial qui lui est propre (la réception aux cierges, la coiffe déposée dans un voile) ; les rubriques distinguent partout ce qui revient au patriarche de ce que fait le simple prêtre. Ⲕ̀ⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« Tu es béni ») est l’hymne d’accueil.

[41]Le copte du corps reproduit la graphie du copiste. L’éditeur en restitue les formes normalisées dans son apparat : ainsi l’acclamation pascale ⲀⲚⲀⲤⲦⲒ(« il est ressuscité »), que l’éditeur lit ⲀⲚⲈⲤⲦⲒ ; et le dialogue de l’anaphore — ⲀⲚⲰ ⲤⲬⲰⲘⲈⲚ ⲦⲀⲤ ⲔⲀⲢⲆⲒⲀⲤ (« Élevons nos cœurs »), ⲈⲬⲰⲘⲈⲚ ⲠⲢⲞⲤ ⲦⲞⲚ ⲔⲨⲢⲒⲞⲚ, ⲀⲜⲒⲞⲚ ⲔⲀⲒ ⲆⲒⲔⲈⲞⲚ — restitué d’après l’Euchologe de Tuki. Le grec y est souvent transcrit d’oreille.

[42]Le manuscrit écrit ⲚⲈⲈⲨⲬⲎ ; il faut lire ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ, ϨⲒⲦⲈⲚ ⲚⲒⲈⲨⲬⲎ (« Par les prières… »), répons d’intercession.

[43]Le manuscrit écrit ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲎ ; il faut lire ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲒ, ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ (« Cet encensoir »), l’hymne de l’encens.

[44]Oraison de l’encensement avant l’Épître. Le manuscrit écrit ⲪϮ ⲠⲒϢⲀ ⲈⲚⲈϨ ⲠⲒⲞⲦⲀⲢⲬⲎ ; l’éditeur rétablit, d’après Tūki (Euchologe, p. 34), Ⲫ̀Ϯ ⲠⲒⲚⲒϢϮ ⲠⲒϢⲀ ⲈⲚⲈϨ ⲠⲒⲀⲦⲀⲢⲬⲎ (« Dieu, le grand, l’éternel, le sans-commencement »).

[45]Pièces de l’Épître et du Catholicon, données par leur début : ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲄⲀⲢ ⲪϮ Ⲫ̀ⲒⲰⲦ (« La grâce, ô Dieu le Père… ») ; ⲠⲞⲤ Ⲛ̀ⲦⲈ ϮⲄⲚⲰⲤⲒⲤ (« Le Seigneur de la connaissance », cf. 1 Samuel 2, 3) ; ⲠⲒⲢⲈϤⲦⲀⲖϬⲞ (« Celui qui guérit ») ; ⲚⲈⲔⲈⲂⲒⲀⲒⲔ (« Tes serviteurs »). Le « serviteur » désigne le diacre lecteur.

[46]ⲞⲨⲢⲀⲚ Ⲛ̀ϢⲞⲨϢⲞⲨ (« Un nom de gloire »), doxologie de saison. Suivent les pièces propres au temps pascal et à la Cinquantaine : ⲠⲬⲤ ⲀⲚⲀⲤⲦⲒ, Χριστὸς ἀνέστη (« Le Christ est ressuscité ») ; puis les strophes du Trisagion baptismal, dont le manuscrit altère le grec — ⲞⲨⲈⲔ ⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲞⲨ pour Ⲱ ⲈⲔ ⲠⲀⲢⲐⲈⲚⲞⲨ, et ⲞⲂⲈⲚ ⲠⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲒⲤ pour Ⲱ ϦⲈⲚ ⲠⲒⲒⲞⲢⲆⲀⲚⲒⲤ (« Ô, dans le Jourdain… »).

[47]Le grand répons baptismal, propre à la Théophanie : le Christ baptisé au Jourdain purifie les âmes, et les Chérubins lui offrent l’encens. La traduction restitue le sens ; le copiste a écrit le grec et le copte « à l’ouïe », et l’éditeur renvoie, pour la forme correcte, à Tūki et à Burmester.

[48]ⲘⲀⲢⲞⲨⲞⲈⲀⲤϤ (« Qu’ils l’exaltent »), chanté avant l’Évangile lorsque le patriarche officie ; ⲤⲦⲀⲐⲈⲒⲦⲈ, Στάθητε (« Tenez-vous debout »), appel du diacre avant l’Évangile.

[49]Pièces de la consécration : ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ (l’Esprit Paraclet venu sur le Christ aux eaux du Jourdain, « selon le type de Noé » — le déluge figure le baptême, cf. 1 Pierre 3, 20-21) ; ⲰⲤⲀⲨⲦⲞⲤ, Ὡσαύτως (« Pareillement ») ; ⲀⲢⲒⲠ̀ⲢⲈⲤⲂⲒⲚ (« Intercède »). Le manuscrit écrit ⲠⲒⲢⲈϤϢⲞⲨⲚϨⲎⲦ pour ⲠⲒⲢⲈϤϢⲈⲚϨⲎⲦ (« Le Miséricordieux »).

[50]Les « sept grandes oraisons » et les « trois grandes oraisons » (Pères, Assemblées, Paix) sont celles de l’office ; la consécration de l’eau baptismale en reprend le tissu. ⲚⲈⲔⲈⲂⲒⲀⲒⲔ ⲠⲞⲤ : « Tes serviteurs, ô Seigneur ».

[51]Le cœur de la consécration : la bénédiction trinitaire versée sur l’eau avec le galilaion, puis l’épiclèse ⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ, ἁγίαζε (« Sanctifie ! »), répétée trois fois avec le signe de croix et l’insufflation sur l’eau — gestes par lesquels l’Esprit est appelé sur les fonts.

[52]Grande action de grâce calquée sur l’anaphore : le témoignage du Baptiste (cf. Jean 1, 32-34 ; Matthieu 3, 17) débouche sur l’hymne séraphique(« Saint, Saint, Saint ») et la demande de rémission.

[53]Bénédiction apostolique de 2 Corinthiens 13, 14, qui ouvre l’anaphore copte. Le copiste a transcrit le grec « à l’ouïe » ; l’éditeur renvoie à Tūki, Sacramentario, p. 90.

[54]Le dialogue de l’élévation des cœurs : au « Ἄνω σχῶμεν τὰς καρδίας » (Élevons nos cœurs) répond ⲈϦⲞⲚ ⲠⲢⲞⲤⲬⲰⲘⲈⲚ ⲦⲞⲚ Ⲕ̅Ⲩ̅, Ἔχομεν πρὸς τὸν Κύριον (« Nous les avons vers le Seigneur ») ; puis ⲀⲜⲒⲞⲚ ⲔⲈ ⲆⲒⲔⲈⲞⲚ, Ἄξιον καὶ δίκαιον (« Il est digne et juste »). Tūki, Sacramentario, p. 90-91.

[55]ⲞⲒ ⲔⲀⲐⲎⲘⲈⲚⲞⲒ ⲒⲤ ⲀⲚⲀⲦⲞⲖⲀⲤ, Οἱ καθήμενοι, εἰς ἀνατολὰς βλέψατε (« Vous qui êtes assis, regardez vers l’Orient »), appel du diacre ; l’Aspasmos (le « baiser de paix ») est ici celui de la fête de la Théophanie (l’Épiphanie copte, ʿīd al-ghiṭās).

[56]L’Aspasmos propre de la Théophanie : hymne macaronique gréco-copte que la copie a fortement altéré. On y reconnaît le Précurseur — le Baptiste — qui baptise au Jourdain, et l’acclamation finale au Christ, Fils de Dieu : « sauve-nous et aie pitié de nous ». Nous le donnons tel qu’il se lit.

[57]Hymne de la Théophanie dont l’éditeur, n’en ayant pu retrouver la source, a « laissé le texte tel quel » : il invite le Jourdain à se réjouir devant l’Agneau qui porte le péché du monde, et célèbre le baptême du Christ dans ses eaux.

[58]Le chant des séraphins d’Isaïe (6, 3), suivi de l’Hosanna (« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », Matthieu 21, 9). Le grec, défiguré dans la copie, est rétabli d’après Tūki (Euchologe, liturgies de S. Basile et de S. Grégoire) et Burmester.

[59]Le burnous est la chape qu’on revêt par-dessus un voile blanc. ⲤⲈ ⲠⲞⲤ ⲠⲞⲤ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲠⲞⲤ (« Oui, Seigneur, Seigneur ; tu es le Seigneur ») précède l’Absolution du Fils. ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ : le manuscrit abrège ; il faut lire ⲤⲰⲐⲒⲤ ⲀⲘⲎⲚ ⲔⲀⲒ ⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅ⲈⲨⲘⲀⲦⲒ ⲤⲞⲨ ⲘⲈⲦⲀ ⲪⲞⲂⲞⲨ ⲐⲈⲞⲨ Ⲡ̀ⲢⲞⲤⲬⲰⲘⲈⲚ (« Sauve, amen. Et avec ton esprit. Tenons-nous avec la crainte de Dieu »), appel du diacre. Tūki, Sacramentario, p. 103.

[60]Bénédiction sur le saint Myron. Le manuscrit écrit Ⲑ̅Ⲉ̅ ⲀⲄⲒⲀⲤⲘⲞⲤ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲞⲢ ⲀⲄⲒⲞⲚ ; il faut lire Ⲑ̅Ⲩ̅ ⲈⲚ Ⲡ̀ⲚⲈⲨⲘⲀⲦⲒ ⲀⲄⲒⲞ, ἐν Πνεύματι ἁγίῳ. La réponse ⲒⲤ ⲠⲀⲦⲢⲀ ⲀⲄⲒⲞⲤ, Εἷς Πατὴρ ἅγιος, est l’acclamation « Un seul est le Père saint, un seul le Fils saint, un seul l’Esprit saint ».

[61]L’addition d’une goutte de Myron à l’eau parachève la consécration des fonts : à l’eau du baptême se mêle ainsi le chrême, signe de l’Esprit. La même formule trinitaire (ϦⲈⲚ Ⲡ̀ⲢⲀⲚ Ⲙ̀Ⲫ̀ⲒⲰⲦ …) accompagne le geste.

[62]La formule baptismale, prononcée à chacune des trois immersions : ϮⲰⲘⲤ Ⲙ̀ⲘⲞⲔ (« Je te baptise »). Le célébrant insère le nom de baptême ; pour une fille, le manuscrit donne l’exemple ⲘⲀⲢⲒⲀⲘ (« Marie, une telle »). Suivent les précautions pour l’enfant délicat ou faible — preuve du soin pastoral, et du sérieux que le copiste attache à la validité du rite.

[63]L’oraison du déliement (taḥlīl al-māʾ) rend à l’eau consacrée son usage ordinaire : on y verse de l’eau commune « afin qu’elle revienne à sa première nature ». Ainsi s’achève le second mouvement. Le manuscrit ouvre aussitôt un nouveau titre, al-rashm bi-l-mīrūn (« Le sceau du Myron »), c’est-à-dire la chrismation du baptisé — objet du chapitre suivant.

[64]Note du traducteur. — Le rattachement du Baptême à la fête de la Théophanie — l’Épiphanie copte, ʿīd al-ghiṭās — éclaire une intuition profonde de la tradition : le chrétien descend dans l’eau comme le Christ au Jourdain. Cette fête reste l’une des plus aimées du calendrier copte, célébrée chaque 11 ṭūba avec la bénédiction des eaux.

[65]Le Myron (du grec μύρον, « parfum, onguent ») est le saint chrême : une huile précieuse, composée de nombreux aromates et consacrée par le patriarche d’Alexandrie lui-même, qu’aucun simple prêtre ne saurait confectionner. Dans la tradition copte orthodoxe, l’onction du Myron qui suit aussitôt le bain baptismal confère le don du Saint-Esprit — ce que l’Occident appelle « confirmation », mais que l’Orient n’a jamais séparé du Baptême : un seul mouvement fait le chrétien, l’eau et le chrême. Aussi le rite se nomme-t-il, dans le manuscrit, al-rashm bi-l-mīrūn, « le sceau par le Myron ».

[66]Comme pour l’onction du galilaion au premier mouvement, ce sont trente-six signes qui couvrent le corps tout entier, du sommet de la tête à la plante des pieds : rien de l’homme n’échappe au sceau de l’Esprit. Le manuscrit groupe les stations par séries (huit, puis douze, dix-huit, vingt-quatre, trente, trente-six), et à chaque série répond une formule propre, qui en dévoile le sens — grâce, gage du Royaume, communion de vie, sceau indéfectible, accomplissement, et enfin l’onction de « tout chrême saint ». La répétition n’est pas redite : elle scelle, membre après membre, l’homme nouveau.

[67]Le copte de cet office du saint Myron reproduit la graphie littérale du copiste ; l’éditeur en restitue les formes normalisées dans son apparat (Le Caire, 1962).

[68]Le souffle sur le visage rappelle le geste du Ressuscité au soir de Pâques : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20, 22). ⲞⲒ ⲚⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈⲐⲞⲨⲀⲂ (« Ô Esprit saint ») et ⲈⲔⲈϢⲰⲠⲒ ⲈⲔⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ (« puisses-tu être béni ») encadrent ce moment où le don de l’Esprit est imprimé comme un sceau que rien ne saurait effacer.

[69]Le vêtement blanc est le « vêtement de lumière » : le baptisé, ayant dépouillé l’homme ancien, a revêtu le Christ (Galates 3, 27). L’écharpe (la pièce de tissu blanc ajoutée) fait partie de ce même habit de fête, que le néophyte gardera quelques jours, jusqu’au déliement de la ceinture.

[70]Les couronnes (en arabe al-akālīl) et le zonnar (la ceinture) couronnent le néophyte comme un vainqueur et l’introduisent dans le sacerdoce royal du peuple de Dieu — le même verbe, et la même couronne, servent au couronnement des époux. La formule ὁ Πατὴρ εὐλογεῖ, ὁ Υἱὸς στέφει, τὸ Πνεῦμα ἅγιον ἁγιάζει (« le Père bénit, le Fils couronne, l’Esprit sanctifie ») rapporte tout le geste aux trois Personnes ; le copiste l’a transcrite « à l’ouïe », et l’éditeur la rétablit d’après Tūki (op. cit., p. 119).

[71]Les « néophytes » traduisent l’arabe al-munaṣṣarīn, littéralement « ceux que l’on a faits chrétiens », mais dont la racine évoque aussi l’illumination : l’Orient nomme volontiers le Baptême « la sainte Illumination ». La longue litanie ⲞⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ (« Ô Esprit… ») égrène les dons de l’Esprit reçus au chrême — allégresse, gloire, joie, pureté — et chaque strophe se scelle de l’acclamation ἄξιος (« il en est digne »), la même qui salue, dans l’Église, l’ordination d’un prêtre.

[72]La « Recommandation » (en arabe al-waṣiyya) est l’exhortation finale adressée aux parrains et aux nouveaux baptisés, sur les devoirs de la vie chrétienne. Le rite du sceau s’achève ainsi, et l’on passe sans rupture à la Liturgie, où le néophyte recevra pour la première fois le Corps et le Sang.

[73]L’ordre des choses est tout entier oriental : le baptisé, encore à jeun, communie avant le reste du peuple, car il vient de naître à la vie nouvelle ; puis on le porte en procession, aux cierges et aux cymbales, comme on porte un roi. Le néophyte gardera la ceinture jusqu’au huitième jour — image de la huitaine pascale et du jour sans déclin — où l’on procédera au « déliement du zonnar », tartīb ḥall al-zonnar : c’est le rite qui ouvre le chapitre suivant.

[74]Note du traducteur. — Le saint Myron, le chrême parfumé, est encore aujourd’hui consacré par le patriarche copte au cours d’une cérémonie solennelle et rare, dont chaque édition fait événement dans toute l’Église. Recevoir « le sceau du don du Saint-Esprit » au sortir des fonts demeure le geste qui fait du baptisé un chrétien accompli. La continuité de cette onction depuis l’Antiquité est l’un des trésors de la chrétienté d’Égypte.

[75]Le déliement de la ceinture (en arabe ḥall al-zonnar) clôt le cycle de l’initiation. Le néophyte avait porté, depuis sa chrismation, le zonnar et le vêtement blanc, signes du sceau reçu ; on les lui ôte au terme d’un délai — le huitième jour de préférence, mais aussi le premier, le troisième ou le cinquième, selon les nécessités. Le huitième jour est tout un symbole : il est le « jour sans déclin », l’octave qui passe la semaine du temps et figure la vie nouvelle ; c’est pourquoi les baptistères anciens étaient souvent octogonaux.

[76]Le bassin où l’on verse un peu d’eau, surmonté de la croix et entouré de cierges, sert à l’ablution finale : on lavera le chrême et l’on dénouera la ceinture. L’eau, la croix et la lumière — les trois mêmes signes qui ont présidé au Baptême — reparaissent ici pour en sceller la clôture.

[77]Le manuscrit ouvre ici l’office par un terme que nous lisons al-Shahmūt (الشهموت ; le copiste écrit aussi الشيموت). Nous le rendons par « le Notre-Père », tenant qu’il désigne la prière dominicale en copte, ϪⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ (« Je Peniôt », Notre Père qui es aux cieux). C’est là une identification que nous proposons par déduction, le manuscrit ne la portant pas en propres termes : aussi bien l’office nomme-t-il ailleurs la prière dominicale sous d’autres formes — Jabniyūt (le copte Je Peniôt) après le « Doxa Patri », et Abana (l’arabe « notre Père ») après l’invocation au nom du Père. Le al-Shahmūt paraît donc nommer proprement la récitation par où s’ouvre chaque office.

[78]L'« encens de l’Épître » désigne l’oraison d’encensement qui, dans la Liturgie copte, accompagne la lecture de l’Apôtre (l’Épître de Paul) ; l’office du déliement emprunte ainsi à l’office de l’encens du matin sa structure : encensement, psalmodie, et hymnes d’adoration.

[79]Le manuscrit ajoute après « l’Alléluia » un mot (dakṣābtrī) que la copie a défiguré et que nous ne hasardons pas à rétablir.

[80]Le Psaume cinquante (« Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde ») est le grand psaume de la pénitence ; sa présence rappelle que le baptisé, lavé de tout péché, demeure appelé à la conversion. Dans la Liturgie copte, ce psaume revient à maint office, et notamment avant la lecture de l’Évangile.

[81]Le texte s’interrompt ici : le feuillet qui portait la fin du rite — l’ablution du chrême, le dénouement de la ceinture et l’oraison du renvoi — manque dans la reproduction que nous avons pu consulter (la page imprimée fait défaut entre les feuillets). Pour le déroulement complet de ce rite, on se reportera à Tūki, op. cit., p. 126-135.

[82]Note du traducteur. — Ce rite du dénouement de la ceinture, au septième jour, prolonge le Baptême comme une octave domestique. S’il a perdu de sa visibilité dans la pratique contemporaine, il témoigne d’une époque où la vie sacramentelle débordait l’église dans le foyer et le quotidien. Le lecteur y mesurera la densité rituelle d’une chrétienté qui sanctifiait le temps.

[83]L’arjūza (الأرجوزة) est un poème didactique en mètre rajaz, forme que la littérature arabe réservait volontiers à l’enseignement et aux préceptes, aisés à retenir ; celle-ci résume les canons du Baptême à l’usage du prêtre. L’éditeur note que le manuscrit la donne d’un seul tenant, qu’il en a rétabli l’ordre primitif en distinguant chaque distique par un chiffre, et qu’un témoin parallèle — le Vatican copte 48 (an 1640), au feuillet 69 — en porte des variantes. Le poème est placé, dans le manuscrit, après le rite de la consécration du calice.

[84]Le précepte est celui du Baptême en péril de mort : à l’enfant que menace le trépas, on ne fait point subir la triple immersion, qui demande temps et apprêt, mais on verse sur lui l’eau par trois fois (le Baptême par infusion), au nom des trois Personnes. La validité du sacrement n’en est en rien diminuée : le mode de l’application importe moins que la matière (l’eau), la forme (l’invocation trinitaire) et l’intention.

[85]Doctrine de la grâce baptismale : l’enfant mort aussitôt après avoir reçu l’eau est tenu pour pleinement baptisé, le salut lui étant compté par la fermeté de l’intention. L’Église regarde le Baptême comme la nouvelle naissance qui ouvre le Royaume (Jean 3, 5) ; donné validement, il opère son fruit, quand même la mort surviendrait avant tout autre rite.

[86]L’onction du saint Myron (la chrismation) parachève l’initiation et confère le sceau du don de l’Esprit. Le poème enseigne que l’enfant oint du Myron, mort avant d’avoir communié, est néanmoins accompli, la justice de la foi lui étant comptée (cf. Romains 4) ; l’Eucharistie, troisième sacrement de l’initiation, n’était pas requise à la validité de ce qui précède.

[87]Plusieurs préceptes de discipline : l’enfant peut être baptisé avant même la purification (les relevailles) de sa mère, et fût-il né du jour ; on prescrit ensuite, pour des raisons de pureté rituelle, qu’une nourrice et non la mère l’allaite durant trois jours — règle qu’assouplit aussitôt la nécessité. Le déliement de la ceinture dont il est ici question est le même rite que celui du chapitre précédent, anticipé au besoin.

[88]Sur la circoncision chez les Coptes : le poème énonce nettement la position de l’Église — elle n’est point une obligation (sunna) ni une condition du Baptême, mais une coutume locale et ancienne, héritée du milieu égyptien et tenue pour licite, sans valeur sacramentelle. Le prêtre ne doit jamais en faire dépendre ni en retarder le Baptême.

[89]Le distique vise la femme qu’on ne baptise pas en certain état : on en diffère le Baptême jusqu’à ce qu’elle soit purifiée, fût-elle de haute naissance. Le terme du manuscrit, al-ḍāḥik (« celle qui rit »), paraît altéré ; le motif de l’ajournement — la purification — invite à y reconnaître al-ḥāʾiḍ, « celle qui a ses règles », les deux mots offrant les mêmes consonnes en désordre. Quant à la femme enceinte, son Baptême vaut pour elle seule, et non pour l’enfant qu’elle porte, qui recevra le sien après sa naissance.

[90]Coutume remarquable : l’esclave ou la servante que l’on baptise est, par le fait même de la naissance spirituelle, tenu pour affranchi, et le prêtre en avertit secrètement les maîtres. L’idée — que la régénération baptismale fait du baptisé un homme libre dans le Christ (cf. Galates 3, 28 ; 1 Corinthiens 12, 13) — traverse toute la tradition chrétienne touchant la condition servile.

[91]Envoi du poète, selon l’usage : il demande au lecteur de prier pour lui — celui qui l’a composé — afin d’obtenir le pardon et la béatitude. Le poème s’achève sur la doxologie « Et la louange soit à Dieu, à jamais. Amen », qui scelle l’ouvrage.

[92]Note du traducteur. — Ce poème mnémotechnique, qui versifie les canons liturgiques, appartient à un genre pédagogique cher à l’Orient chrétien : on apprenait la règle en la chantant. Il témoigne d’une culture où la mémoire, plus que le livre, transmettait le savoir sacré. Le patrimoine copte conserve nombre de ces pièces, autrefois récitées dans les écoles cléricales.

[93]L'« ordre du contrat des fiançailles » (en arabe ʿaqd al-amlāk, ou al-imlāk) est le rite des épousailles, qui précède et accompagne le couronnement (l’ekleel). L’éditeur renvoie, pour le détail, à Tūki (op. cit., p. 236-249 pour les épousailles, p. 250-290 pour le mariage). La rubrique pourvoit au premier mariage comme au second, et règle le cas où l’un des époux est vierge — distinction qui touche aux empêchements et à la solennité du rite.

[94]La mélodie du fiancé est l’hymne grec Eulogimenos ho erchomenos, « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Psaume 117 ; Matthieu 21, 9) — l’acclamation des Rameaux, appliquée ici à l’entrée de l’époux comme à celle d’un roi. Le manuscrit écrit ⲘⲀⲦⲀⲦⲒⲤ, que l’éditeur corrige en ⲔⲀⲦⲀ ⲦⲒⲤ. Les pièces Pi-Christos pi-Logos (« le Christ, le Verbe du Père ») et la Théotokie Ti-galilea accompagnent la marche vers le lieu des fiançailles.

[95]Le copte du couronnement reproduit la graphie du copiste, avec ses particularités — ainsi ⲀⳄⲒⲞⲤ (« saint »), où le copiste trace une forme propre du gamma, que l’éditeur normalise en ⲀⲄⲒⲞⲤ. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[96]L’épouse est reçue à son tour par la salutation mariale Chere ne Maria, « Salut à toi, Marie » : l’Église honore en l’épouse l’image de la Vierge, et de l’Église elle-même, épouse du Christ. Elle est conduite jusqu’à la « maison des femmes » (bayt al-nisāʾ), partie de l’église réservée aux femmes, dont il a déjà été parlé au rite du Baptême.

[97]Le plateau des fiançailles porte les signes du nouvel état : la robe et le burnous du fiancé, la ceinture (le zonnar, comme au Baptême), le voile blanc, la croix, l’anneau et l’encens. L’anneau et la ceinture sont les gages anciens de l’alliance conjugale ; le voile blanc et le burnus revêtent les époux d’un habit de fête, à l’imitation du vêtement de lumière reçu au Baptême.

[98]L’office des fiançailles emprunte sa structure à l’office de l’encens du matin : il s’ouvre par le Notre-Père (le terme al-Shahmūt, sur lequel voir la note du chapitre du déliement de la ceinture), l’oraison de l’Apôtre, le grand Kyrie, puis les hymnes propres — Ten-ouôsht, la Théotokie Chere ti-ekklesia(« Salut à toi, l’Église »), et les répons d’intercession hiten ni-euchē (pour la Vierge) et hiten ni-presbia (pour le patriarche). Le « Notre-Père » nommé ensuite, après le « Doxa Patri », est la prière dominicale elle-même (l’arabe Abana).

[99]Suit la liturgie de la Parole, comme à la Liturgie : l’encensement, la lecture de l’Apôtre (le Boulos) en copte puis en arabe, le Trisagion (l’Agios, dit trois fois), l’oraison et la lecture de l’Évangile. Le Marou-shasf (« qu’ils l’exaltent ») est le verset d’acclamation chanté en présence du patriarche.

[100]Le Psaume est celui des noces : Psaume 84 (85 de l’hébreu), versets 11-12 — « La miséricorde et la vérité se sont rencontrées ; la justice et la paix se sont embrassées. » L’Église y lit l’union du Ciel et de la terre dans l’Incarnation, et, par figure, l’union des époux dans le Christ : « la vérité a germé de la terre » s’entend du Verbe né de la Vierge.

[101]Les trois oraisons de la paix, chacune suivie d’un répons sur le thème de la paix donnée par le Christ — « Ma paix, je vous la donne » (Jean 14, 27). L’Église demande sur les époux cette paix d’en haut, gage de leur concorde.

[102]L’office reprend ici la structure de la Liturgie : action de grâces, Notre-Père, et l’absolution du Fils, durant laquelle le prêtre tient la croix élevée sur la tête du fiancé. Le Kyrie eleison répété vingt-quatre fois rappelle les vingt-quatre Vieillards de l’Apocalypse (Apocalypse 4, 4 et 10).

[103]La robe (la stolē, « robe spirituelle ») et l’anneau passé à la main droite figurent le revêtement du nouvel état, à l’image du vêtement de salut dont parle Isaïe (61, 10). L’hymne du revêtement n’est chanté qu’en présence du patriarche, l’hymne Amou teknau (« Viens, et vois ») — louange de la Mère de Dieu, Épouse véritable — le remplaçant à la procession vers la maison du couronnement.

[104]Le prêtre fait deux fois les demandes, tourné d’abord vers l’Orient, puis vers l’Occident ; et chaque fois qu’il nomme les époux, il les signe de la croix. L’orientation vers l’Orient — vers le Paradis et le Christ, Soleil levant — est constante dans la prière copte.

[105]Le couronnement proprement dit : après l’onction d’huile, le prêtre pose les couronnes en disant « Gloire et honneur l’ont couronné » (cf. Psaume 8, 6 ; Hébreux 2, 7), et confesse l’œuvre des trois Personnes — « le Père bénit, le Fils couronne, le Saint-Esprit accomplit ». Les acclamations Axios (« il en est digne ») et les longues bénédictions invoquent les saintes unions de l’Écriture — Adam et Ève, Abraham et Sara, Isaac et Rébecca, Jacob et Rachel, Joseph et Aseneth, Joachim et Anne — pour appeler sur les époux la même bénédiction féconde, et associent à la prière les Archanges et toute l’Église du Ciel.

[106]L’hymne Hân-khlom en-at-lôm, « des couronnes qui ne se flétrissent point », transpose la couronne nuptiale en couronne de gloire incorruptible : l’image est celle de la couronne immarcescible promise aux fidèles (1 Pierre 5, 4 ; cf. 1 Corinthiens 9, 25). La couronne des époux est le signe de leur dignité royale et de leur victoire dans la chasteté.

[107]Le signe de la croix tracé sur les têtes et les mains des époux, les bras entrecroisés, reproduit le geste de Jacob bénissant Éphraïm et Manassé, les mains croisées sur la tête des deux fils de Joseph (Genèse 48, 13-14) — geste que la tradition lit comme une figure de la Croix.

[108]Le rite s’achève par la procession vers le sanctuaire et l’entrée dans la divine Liturgie, où les époux communient : le couronnement trouve son achèvement dans l’Eucharistie. Si le fiancé est diacre, il sert à l’autel et porte le calice. Au répons de l’Évangile, l’on chante celui des noces de Cana en Galilée (Jean 2, 1-11), où le Seigneur sanctifia le mariage par son premier miracle.

[109]La Liturgie achevée, la procession reconduit les époux : l’épouse d’abord, au chant marial ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ ⲘⲀⲢⲒⲀ (« Salut à toi, Marie ») ; le fiancé est salué de l’ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ — « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Psaume 117, 26), l’acclamation des Rameaux et de l’entrée du Seigneur —, puis du ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ, répons des noces de Cana. Ainsi le premier mariage se clôt sur l’Eucharistie et le renvoi en paix.

[110]Note du traducteur. — Le couronnement des époux, l’ekleel, demeure le cœur du mariage copte orthodoxe aujourd’hui : on ceint encore la tête des fiancés de couronnes, on les revêt, on les bénit comme rois d’un jour. La théologie est inchangée : le mariage est une royauté et un don d’amour. Le lecteur assiste à un rite toujours célébré, dans une continuité ininterrompue.

[111]Le rite ôte, la nuit du septième jour — l’octave des noces —, les couronnes posées au couronnement. Le même office sert à l’absolution, ou relevailles, de l’épouse au quarantième jour : c’est la purification de l’accouchée selon la Loi (Lévitique 12), que la Vierge elle-même accomplit au Temple (Luc 2, 22-24). Les couronnes sont disposées en croix sur les têtes avant d’être retirées.

[112]Le copte de l’office du dénouement des couronnes reproduit la graphie littérale du copiste ; l’éditeur en restitue les formes normalisées dans son apparat (Le Caire, 1962).

[113]L’office reprend la liturgie de la Parole du mariage : l’encens (l’hymne ⲦⲀⲒϢⲞⲨⲢⲎ, « cet encensoir »), la lecture de l’épître de saint Paul, l’Évangile, et le même répons nuptial ϢⲈⲢⲈ ⲠⲒⲘⲀⲚϢⲈⲖⲈⲦ. Le « Pi-Alléluia » remplace le répons ordinaire durant la sainte Cinquantaine, le temps pascal qui s’étend de Pâques à la Pentecôte.

[114]Dans le cas de l’absolution au quarantième jour, le prêtre oint l’épouse de l’huile de bénédiction (l’hymne ⲀⲔⲐⲰϨⲤ Ⲛ̀ⲦⲈⲔⲀⲪⲈ, « tu as oint ta tête »), tandis que le simple retrait des couronnes s’en tient au Kyrie eleison. Le rite s’achève par le canon ⲬⲈⲢⲈ ϮϢⲈⲖⲈⲦ (« Salut à toi, ô épouse ») et le ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ des noces de Cana, puis le renvoi des assistants en paix.

[115]Note du traducteur. — Le dépôt des couronnes, au terme des sept jours, clôt la noce comme on referme une fête sacrée. Le geste subsiste, abrégé, dans la pratique contemporaine. Il rappelle que, pour la tradition copte, le temps liturgique a son ouverture et sa clôture, et que la joie elle-même se reçoit dans un ordre.

[116]Le manuscrit avertit que ce rite « n’a point été écrit à sa place » : l’éditeur le rétablit ici selon son ordre logique. La règle est constante dans la discipline copte : aux secondes noces, lorsqu’un seul des époux n’a jamais été marié, la couronne — signe de la gloire et de la victoire virginales — n’est posée que sur la tête du vierge ; et lorsque les deux sont veufs ou déjà mariés, l’office prend un tour plus sobre, sans le couronnement plénier.

[117]Le copte de l’office des secondes noces reproduit la graphie littérale du copiste ; l’éditeur en restitue les formes normalisées dans son apparat (Le Caire, 1962).

[118]L’office des remariés reprend, en abrégé, la liturgie de la Parole du premier mariage : l’entrée au ϮⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ, le revêtement de la robe au ⲀⲘⲞⲨ ⲦⲈⲚⲚⲀⲨ, l’encens, les acclamations (Kyrie eleison, ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ « bénis », et ⲪϮ ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲚ « ô Dieu, aie pitié de nous »), la lecture de l’épître et le répons nuptial ϢⲈⲢⲈ ⲠⲒⲘⲀⲚϢⲈⲖⲈⲦ. L’onction d’huile y tient la place du couronnement.

[119]Pour les veufs, le manuscrit donne trois leçons propres : l’épître (1 Corinthiens 7, 7-9), où l’Apôtre, après avoir loué la continence, concède le mariage — « mieux vaut se marier que de brûler » ; le psaume (127, 3, soit 128, 3 dans la numérotation hébraïque), image de l’épouse-vigne et des fils, jeunes plants d’olivier autour de la table ; et l’évangile (Jean 3, 27-30), où Jean-Baptiste se nomme « l’ami de l’époux », ravi de joie à la voix de l’Époux — figure du Christ et de son Église. La version arabe de ces leçons, que le manuscrit place au feuillet 133 verso, est ici rendue d’après le copte.

[120]Le manuscrit donne ici, en toutes lettres, la grande oraison nuptiale du second mariage. Elle rappelle la formation de l’homme « de la poussière » et le don d’une aide tirée de son côté (Genèse 2), cite la concession de saint Paul aux veufs, puis appelle sur les nouveaux époux les bénédictions des justes de l’Ancien Testament — Jacob, Léa et Rachel, Elcana et Anne. Le prêtre la scelle par le Notre-Père, l’absolution du Fils et l’onction d’huile.

[121]Note du traducteur. — La sobriété prescrite pour les secondes noces, sans la pleine solennité des couronnes, reflète la délicatesse pastorale de l’Église à l’égard du veuvage et du remariage. Cette gradation existe encore dans la pratique copte, qui distingue le premier mariage, sacrement de plénitude, des unions ultérieures, accueillies avec mesure et miséricorde.

[122]Le qandil — « la lampe » — est, dans l’Église copte, le sacrement de l’onction des malades. On garnit une lampe d’huile et de sept mèches, devant l’icône de la Vierge, avec l’évangéliaire et la croix ; sept prêtres (ou moins) y président, et chacun dit l’une des sept prières, allumant à son tour l’une des sept mèches — d’où le nom du rite. Voir l’épître de saint Jacques 5, 14-15 : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? qu’il appelle les prêtres de l’Église, et qu’ils prient sur lui, l’oignant d’huile au nom du Seigneur. »

[123]Le copte de l’office de la lampe reproduit la graphie du copiste, avec ses particularités — ainsi ⲚⲒⲐⲒⲤⲒⲀ (« les sacrifices »), iotacisme pour ⲚⲒⲐⲨⲤⲒⲀ. Les formes normalisées sont celles de l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[124]Les sept prières reprennent les sept grandes intercessions de la liturgie copte, chacune désignée par son incipit : la première pour les malades (ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ), la deuxième pour les voyageurs, puis ⲚⲒⲀⲢ, le roi (ⲠⲒⲞⲨⲢⲞ), les défunts (ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ, « ceux qui se sont endormis »), les oblations (ⲚⲒⲐⲒⲤⲒⲀ) et les catéchumènes (ⲚⲒⲔⲀⲦⲎⲬⲞⲨⲘⲈⲚⲞⲤ). À chacune, on signe l’huile et l’on allume une mèche, au chant « ⲞⲨⲰⲒⲚⲒ ⲠⲈ ⲪϮ », « Dieu est lumière ».

[125]Au terme des sept prières, le malade s’assied tourné vers l’Orient ; les prêtres posent sur sa tête l’évangéliaire et la croix, lui imposent les mains, et disent sur lui l’absolution du Fils. L’on dit le Kyrie eleison quarante et une fois ; et, si l’on veut, l’on porte la lampe en procession autour de l’autel, implorant la santé du malade par les saints, au chant « ⲚⲀⲔ ⲚⲀⲒ Ⲱ̅ ⲠⲀⲚⲞⲨϮ » (« À toi la miséricorde, ô mon Dieu »). Enfin le prêtre oint le malade ; puis les prêtres s’oignent les uns les autres, après s’être donné le baiser de paix, et oignent tout le peuple ; et l’on scelle par la Bénédiction.

[126]Note du traducteur. — L’office de la lampe, le qandil, est le sacrement copte de l’Onction des malades, encore célébré aujourd’hui — notamment lors de la grande cérémonie collective du mercredi de la Semaine sainte, où toute l’assemblée reçoit l’onction. Le lecteur tient là un rite de guérison toujours vivant, où l’huile bénie porte la prière de l’Église pour les corps et les âmes.

[127]Saint Abou Tarbo — en copte ⲀⲂⲂⲀ ⲐⲀⲢⲠⲞⲨ (Abba Tharpou), « l’ascète et le confesseur » — est invoqué dans la tradition copte contre la rage et la morsure des chiens enragés. Le rite, que l’éditeur dit tiré « d’un exemplaire ancien », tient de l’office de guérison populaire : le mordu s’assied au milieu, une besace au cou où l’on a mis du pain azyme sans sel, du fromage sans sel et des dattes ; on dispose un vase neuf rempli d’eau, un peu de bonne huile et de vin ; et sept enfants purs et à jeun assistent, avec le prêtre et le diacre eux-mêmes à jeun.

[128]La longue psalmodie rassemble des psaumes de détresse, de supplication et de protection : le Psaume 3, le 6, le 12 (13), le 69 (70), le 85 (86), le 90 (91) — le grand psaume de la garde, « celui qui demeure sous l’abri du Très-Haut » —, et le Psaume 118 (119) tout entier. L’éditeur relève des variantes dans la numérotation et dans le témoin parallèle de Tuki.

[129]Le copte reproduit la graphie du copiste : ainsi ⲆⲞⳞⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ (avec une forme propre du xi et un omicron ; l’éditeur lit ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲒ Ⲱ ⲐⲈⲞⲤ), ⲤⲦⲀⲐⲒⲦⲈ (legg. ⲤⲦⲀⲐⲎⲦⲈ), et ⲘⲀⲦⲀⲖϬⲞⲚⲒ (« guéris-moi », legg. ⲘⲀⲦⲀⲖϬⲞⲞⲨ « guéris-les »). L’éditeur note que l’arabe « sois le bienvenu » traduit littéralement le copte ⲔⲀⲖⲰⲤ ⲀⲔⲒ.

[130]Les leçons sont choisies pour leur sens de combat spirituel et de guérison : l’épître aux Éphésiens (6, 10-18), « revêtez l’armure de Dieu », et l’évangile de la guérison à la piscine de Béthesda (Jean 5, 1-17). Le répons ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ ⲘⲀⲦⲀⲖϬⲞⲚⲒ signifie « ceux qui sont malades, guéris-les ». Suivent la lecture de la vie du saint, puis un dialogue : l’aîné des enfants salue le prêtre et déclare aller quérir auprès de saint Tarbo la guérison du mordu — homme, femme, enfant ou bête —, tandis que les enfants tournent sept fois autour du malade.

[131]L’onction d’huile et de vin reproduit le geste du bon Samaritain (Luc 10, 34, qui « versa de l’huile et du vin » sur les plaies) : le prêtre oint le front, les mains, le cœur, les pieds et la morsure même ; il asperge d’eau bénite et en fait boire au malade, invoquant Apa Tharpou. Enfin chaque enfant, hurlant à la manière du chien, mord dans le pain azyme — rite de sympathie qui chasse le mal. Le mordu garde ensuite sept jours de régime (le pain, le fromage, les dattes et l’huile bénits, l’eau à boire), la lampe du sanctuaire allumée sept jours, et quarante jours de pureté.

[132]Note du traducteur. — Ce rite contre la rage appartient au monde médical et dévotionnel du XVe siècle, où la prière, le jeûne et l’onction suppléaient une médecine impuissante. Le lecteur d’aujourd’hui le recevra comme un document de patrimoine, non comme une prescription : la rage demeure mortelle sans la vaccination moderne, et l’Église copte oriente désormais les fidèles vers les soins médicaux. Le geste des enfants qui imitent le chien, étrange à nos yeux, relève de la pensée analogique ancienne, qui chassait le mal en le mimant. Ce que cet office garde de précieux et de toujours vivant, c’est la sollicitude de l’Église pour le corps souffrant, et la conviction que la guérison vient de Dieu.

[133]L'« élévation de l’encens » (en arabe rafʿ al-bakhūr) est l’office quotidien du soir (ʿashiyya) et du matin (bākir), que l’éditeur rapproche de l’Euchologe de Tuki (encens du soir, 1-84 ; encens du matin, 85-157). Le prologue rappelle que le prêtre, avant d’offrir, doit purifier son cœur et se réconcilier avec tous : car il est le médiateur entre Dieu et les hommes — à l’image du seul Médiateur, le Christ (1 Timothée 2, 5) —, et il invoque l’exemple du Sauveur en croix (« Père, pardonne-leur ») et d’Étienne, premier des martyrs (« ne leur impute pas ce péché »), que lapidait Saul, depuis devenu docteur de l’Église.

[134]Le copiste écrit ici ⲦⲈⲚⲞⲨⲞϢⲦ (avec omicron). Tout au long de cet office, sa graphie présente de nombreuses formes que l’éditeur normalise dans son apparat : ainsi ϮⲘⲈⲦⲀⲚⲞⲒⲀ (la prosternation), Ⲉ ⲠⲒⲠ̀ⲢⲞⲤⲈⲨⲬⲎ ⲤⲦⲀⲐⲎⲦⲈ (« levez-vous pour la prière »), ⲠⲢⲞⲤⲬⲰⲘⲈⲚ (« soyons attentifs »), ⲈⲚⲰⲠⲒⲞⲚ ⲤⲞⲨ Ⲕ̅Ⲉ̅ (« devant toi, Seigneur »), ⲦⲀⲤ ⲔⲈⲪⲀⲖⲀⲤ, ⲘⲀⲢⲈⲚϨⲰⲤ (« chantons ») et ⲦⲰ Ⲕ̅Ⲩ̅ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲘⲈⲚ. Le corps reproduit la forme manuscrite ; ces lectures restituées sont celles de l’édition du Caire (1962).

[135]L’absolution d’action de grâces est triple : à « remets-nous nos péchés », le prêtre se signe lui-même ; à « et à tout ton peuple », il signe les fidèles ; à « et en ce lieu », il signe l’autel. Puis vient l’élévation trinitaire de l’encens : par trois fois il signe la cassette et élève une « main » d’encens, bénissant tour à tour le Père tout-puissant, le Fils unique Jésus-Christ, et le Saint-Esprit Paraclet.

[136]Le tour de l’encensement mène du sanctuaire aux icônes (où l’on dit ⲀⲢⲒⲠ̀ⲢⲈⲤⲂⲈⲨⲒⲚ, « intercédez », pour chaque ange et saint), puis aux prêtres — chacun encensé selon son rang, avec l’échange « souviens-toi de moi dans tes prières » et la bénédiction « que le Seigneur garde ton sacerdoce, comme celui d’Aaron, de Zacharie et de Siméon » —, puis à toute l’église, hommes et femmes. Les oraisons varient selon l’office : à l’office du soir, l’oraison des défunts (ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ) ; à l’office du matin, celle des malades (ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ) et des voyageurs ; et, si une Liturgie suit, celle des oblations (ⲚⲒⲐⲨⲤⲒⲀ).

[137]L’office s’achève par le Kyrie eleison dit quarante et une fois, le baiser de la croix et de l’Évangile (les hommes d’abord, puis les femmes), un verset emprunté à la Liturgie de saint Grégoire, la Bénédiction et le renvoi en paix. Lorsqu’une Liturgie suit l’office du matin, on ajoute l’hymne des anges (ⲘⲀⲢⲈⲚϨⲰⲤ, « Louons ») et « Gloire et honneur » (ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ). Le copiste demande enfin qu’on se souvienne de lui « avec miséricorde et pardon ».

[138]Note du traducteur. — L’office de l’encens du soir et du matin, décrit ici au XVe siècle, se célèbre encore aujourd’hui, presque inchangé, dans les églises coptes orthodoxes du monde entier — du Caire à Sydney, de Paris à Los Angeles. Le lecteur tient là, non une curiosité d’archive, mais le plan d’une prière vivante : mêmes encensements, mêmes formules trinitaires, même méditation sur le pardon avant l’autel. Cette continuité de cinq siècles — et bien davantage si l’on remonte aux Pères — est l’un des trésors de la chrétienté copte : une mémoire liturgique ininterrompue, transmise comme la flamme du sanctuaire.

[139]La Liturgie de saint Basile est l’anaphore ordinaire de l’Église copte. L’éditeur note qu’à partir d’ici la pagination du manuscrit change et que le texte liturgique devient copte seul, le présent ordre demeurant en arabe. L’invocation « un par essence, triple par les hypostases et les attributs » est une formule trinitaire classique. La préparation du prêtre reprend celle de l’office du soir : pureté du cœur et paix mutuelle avec le peuple.

[140]Le lavement des mains et des pieds avant l’autel se fonde sur l’Exode (30, 18-21) : la cuve d’airain du tabernacle, dont Moïse et Aaron et ses fils devaient se laver, « celui qui ne le fera point, cette âme périra ». La tradition apostolique a placé un bassin (laqan) à l’entrée de l’église. La vêture — la robe de soie, le voile blanc (l’amict), l’étole (l’épitrachélion), la ceinture, les manches et le burnous — est le vêtement sacerdotal copte complet. L’éditeur observe que madhbaḥ et haykal, « l’autel » et « le sanctuaire », sont employés indistinctement.

[141]Cette exhortation « au frère bien-aimé » est un rare passage personnel de l’auteur : Gabriel V déplore l’ignorance et la négligence des prêtres novices — qui ne connaissent ni les rubriques de la Liturgie, ni le nombre des signes de croix sur l’oblation, ni l’ordre du baptême, ni l’absolution des femmes, ni la prière de la lampe, ni les jeûnes — et appelle à la révérence. La comparaison de celui qui se tient tremblant devant un roi terrestre, qui n’a pouvoir que sur le corps mortel, et du Roi des rois, qui peut perdre l’âme et le corps, couronne l’avertissement de Judas, « qui méprisa le service de Dieu, et Satan bondit sur lui » (cf. Jean 13, 27).

[142]La prière de préparation, Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲪⲎ ⲈⲦⲤⲞⲨⲰⲚ Ⲛ̀ⲚⲒϨⲎⲦ (« Seigneur, toi qui connais les cœurs »), ouvre l’oblation. Le corps suit la forme du copiste : au feuillet 47v il écrit ⲪⲎ ⲈⲦⲤⲞⲨⲰⲚ (legg. Ⲫ̅ⲎⲈⲦⲤⲰⲞⲨⲚ) ; le copiste répète l’incipit au feuillet 47r sous la forme Ⲛ̀ⲚⲎϨⲈⲦ (legg.Ⲛ̀ⲚⲒϨⲎⲦ). L’Alléluia se chante selon des variantes saisonnières : « Phai pe » pour les fêtes et le temps ordinaire, « Khe p-meui » pour les jeûnes (Nativité, grand Carême, jeûne des Apôtres, jeûne de la Vierge, et les mercredis et vendredis).

[143]Note du traducteur. — La Liturgie de saint Basile demeure aujourd’hui encore l’anaphore ordinaire du dimanche dans l’Église copte orthodoxe. L’exhortation de Gabriel V à son « frère bien-aimé » garde toute son actualité pour les prêtres d’aujourd’hui. On notera toutefois que la sévérité du ton, et l’image du fidèle tremblant devant un roi terrestre, appartiennent à une sensibilité médiévale de la majesté divine ; la théologie copte contemporaine, sans renier la révérence, insiste davantage sur l’amour filial et la joie de la rencontre eucharistique. Lire ces pages, c’est mesurer à la fois la permanence du rite et le chemin parcouru par la piété.

[144]L’oblation (la prothèse) est la préparation des dons qui ouvre la Liturgie. Le prêtre se lave les mains en récitant le psaume de l’innocence — « Je laverai mes mains parmi les innocents, et je ferai le tour de ton autel, Seigneur, pour entendre la voix de ta louange » (Psaume 25, 6-7) —, geste antique de pureté avant de toucher aux choses saintes.

[145]L’Agneau — le pain de l’offrande — doit être « un agneau d’un an, sans défaut », à la ressemblance de l’agneau pascal (Exode 12, 5) et de l’Agneau de Dieu (Jean 1, 29). Le prêtre l’examine, l’essuie, le baise, et dit la prière ⲘⲎⲒⲤ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲈⲐⲢⲈϤϢⲰⲠⲒ : « Accorde, Seigneur, que notre sacrifice soit agréable devant toi. »

[146]Les commémorations rassemblent les vivants, les défunts (ⲞⲨⲀⲚⲀⲠⲀⲨⲤⲒⲤ, « un repos et un rafraîchissement… dans le sein d’Abraham »), les malades (« guéris-le de tous ses maux »), le voyageur (« ramène-le à sa demeure en paix ») et ceux qui sont dans la détresse ou en prison (« délivre-les de toutes leurs tribulations ») — chacun par sa formule propre, au singulier et au pluriel. L’éditeur signale une correction marginale du copiste, qui avait omis la traduction arabe et l’a portée dans la marge droite. Le corps suit la forme du copiste, que l’éditeur corrige : ⲦⲈⲚⲐⲒⲤⲒⲀ (legg. ⲦⲈⲚⲐⲨⲤⲒⲀ), Ⲛ̀ⲚⲈϤⲚⲞⲚⲀϤ (legg. Ⲛ̀ⲚⲈϤⲚⲞⲂⲒ), ⲘⲀⲦⲀⲖϬⲞⲤϤ (legg. ⲘⲀⲦⲀⲖϬⲞϤ).

[147]Note du traducteur. — Le choix de l’Agneau — un pain « d’un an, sans défaut » — et sa préparation se font encore aujourd’hui, à chaque liturgie copte, selon les gestes décrits ici : l’examen des pains, le tri, le voile de soie. Cette prothèse minutieuse, héritée de l’Antiquité, manifeste le soin extrême dont l’Église entoure ce qui deviendra le Corps du Seigneur.

[148]La procession des dons — l’Agneau et le vin, chacun enveloppé de soie et élevé sur la tête, précédé d’un diacre portant un cierge, faisant un tour de l’autel — est l’entrée solennelle des offrandes. La doxologie ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ glorifie la Trinité et appelle « la paix et l’affermissement sur l’unique Église sainte, catholique et apostolique ».

[149]La commémoration des offrants (ⲀⲢⲒⲪ̀ⲘⲈⲨⲒ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲛ̀ⲚⲎ ⲈⲦⲀⲨⲒ̀ⲚⲒ, « Souviens-toi, Seigneur, de ceux qui t’ont offert ces oblations… donne-leur la récompense céleste ») et la triple bénédiction (ϤⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ Ⲛ̀ϪⲈ Ⲫ̀Ϯ, « Béni soit Dieu le Père… le Fils unique… le Saint-Esprit le Paraclet ») accompagnent la pose des dons.

[150]Le diacre verse le vin, mêlé d’un peu d’eau — l’eau et le sang du côté du Sauveur (Jean 19, 34) —, en disant ⲀⲄⲒⲞⲤ (« Saint »). La prière de l’oblation, ϤⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« Ô Maître, Seigneur Jésus-Christ »), implore : « Manifeste ta face sur ce pain et sur cette coupe… afin que ce pain devienne ton saint Corps, et le vin ton précieux Sang » — scellée de six signes de croix. Le corps suit la forme du copiste, que l’éditeur corrige : il écrit Ⲙ̀ⲠⲒⲂⲈⲔⲈ(legg. Ⲙ̀ⲠⲒⲂⲈⲬⲈ) et ⲤⲠⲀⲦⲢⲀ (legg. ⲈⲒⲤ ⲠⲀⲦⲎⲢ).

[151]Le voilement couronne l’oblation d’une typologie funéraire : les linges sur la patène et le calice figurent « l’ensevelissement du corps du Sauveur, descendu de la croix et déposé au tombeau », et le grand voile figure « la pierre roulée sur le tombeau vivifiant, la source de la vie ». Toute l’oblation est ainsi une image anticipée de la Passion et de la Résurrection.

[152]Note du traducteur. — La procession de l’Agneau autour de l’autel, et la typologie funéraire qui l’accompagne, demeurent au cœur de la liturgie copte d’aujourd’hui. Le voile qui couvre les dons figure toujours le linceul, et le grand voile la pierre du tombeau. Le lecteur y reconnaîtra l’art proprement copte de faire de chaque geste une méditation sur la Pâque du Christ.

[153]La typologie des deux anges : le prêtre et le diacre, debout devant l’autel, figurent « les deux anges au tombeau, l’un à la tête et l’autre aux pieds » (Jean 20, 12) ; les deux cierges allumés achèvent l’image. Tout le sanctuaire devient ainsi le tombeau vide de la Résurrection, où les dons reposent comme le corps du Sauveur.

[154]La bénédiction mutuelle des clercs et le baiser de l’autel — l’on descend du pied gauche et l’on monte du pied droit — expriment l’ordre et la révérence de la concélébration. La prière de l’absolution revêt deux formes : l’absolution du Fils (ϤⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲓ̅Ⲏ̅Ⲥ̅ Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅, « Ô Maître, Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique et le Verbe de Dieu »), pour la Liturgie de saint Basile ; et l’absolution du Père (ϤⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̀Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲞⲢ, « Ô Maître, Seigneur Dieu tout-puissant »), pour les Liturgies de saint Grégoire et de saint Cyrille. Le corps reproduit la forme du copiste : au feuillet 54, il écrit ⲚⲒⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲒⲤ, que l’éditeur corrige (legg. ⲠⲒⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ).

[155]Les signes de croix de l’absolution et du « Shemout » sont comptés avec soin : cinq dans l’absolution — sur le prêtre, le clergé, le peuple — et quatre dans le « Shemout » (un au commencement, trois au milieu), soit neuf en tout, sur l’autel, le peuple, les servants et le lieu. Ce dénombrement scrupuleux est l’une des rubriques que Gabriel V reprochait aux prêtres novices d’ignorer.

[156]Note du traducteur. — La typologie des deux anges au tombeau, et la double forme de l’absolution selon les anaphores, appartiennent toujours à l’office copte. Le souci du dénombrement exact des signes de croix, qui peut surprendre, n’est pas un formalisme : il exprime la conviction que la prière du corps, jusque dans le détail du geste, fait partie de l’adoration. Le lecteur d’aujourd’hui y verra le génie copte d’une liturgie incarnée.

[157]L’encens de l’Apôtre (en arabe bakhūr al-Būlus) précède la lecture de l’épître paulinienne. La prière Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒϢⲀⲈⲚⲈϨ (« Ô Dieu éternel ») est l’oraison de l’encens du matin ; l’éditeur la rapproche de l’Euchologe de Tuki.

[158]Hymnes adressées à la Vierge, l’encensoir d’or qui porta le charbon ardent de la divinité. Le corps reproduit la graphie du copiste, dont l’éditeur restitue les formes normalisées : ⲚⲐⲞ ⲠⲈ ϮϢⲞⲨⲢⲎ (le copiste écrit ⲠⲈ au masculin, là où l’éditeur attend ⲦⲈ, s’accordant avec ϮϢⲞⲨⲢⲎ) ; Ⲫ̅Ϯ ϢⲀⲒ(legg. ϢⲀⲢⲈ) ; et, à la clôture de l’Évangile, ⲔⲈⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲰⲞⲨ (legg. ⲔⲀⲒ ⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ, « et à ton esprit »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[159]Le Catholicon (en arabe al-qaṭāliqūn, la lecture des épîtres catholiques) suit l’épître paulinienne. Le secret Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ est l’oraison que le prêtre récite à voix basse pendant la lecture.

[160]L’oblation d’Abraham (ⲠⲒⲤⲖⲀⲒⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲀⲂⲢⲀⲀⲘ) évoque le bélier offert en place d’Isaac (Genèse 22) — figure du sacrifice eucharistique, où la victime est à la fois offerte et épargnée.

[161]Le Praxis (en arabe al-abraksīs) est la lecture des Actes des Apôtres ; le Trisagion (« Agios o Theos », « Saint Dieu ») est chanté trois fois avant la prière de l’Évangile.

[162]La prière du voile (en arabe ūshiyat al-ḥijāb), Ⲫ̅Ϯ ⲪⲎ ⲈⲐⲂⲈ ⲦⲈⲔⲘⲈⲦⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ, est dite face au voile du sanctuaire, au seuil de l’anaphore. L’éditeur la rapproche de l’Euchologe de Tuki.

[163]Les sept tours autour de l’autel figurent les sept circuits d’Israël autour de Jéricho sous Josué fils de Nun (Josué 6), dont les murailles s’écroulèrent au septième jour — type de l’abattement de la « muraille du péché ».

[164]L’avertissement vise les fils de Coré, et Dathan et Abiram (Nombres 16), engloutis par la terre pour avoir convoité le sacerdoce et troublé l’assemblée — d’où la défense d’ajouter aux tours ou de troubler l’office.

[165]La révérence due à l’Évangile est rapprochée du voile de Moïse (Exode 34, 29-35 ; cf. 2 Corinthiens 3, 13-16) : Israël n’osait fixer le visage rayonnant du prophète. De même le prêtre se tourne vers l’occident pendant la lecture, et le peuple incline la tête.

[166]Note du traducteur. — La liturgie de la Parole décrite ici demeure, dans ses grandes lignes, celle que célèbre aujourd’hui l’Église copte orthodoxe : encens, épître, Catholicon, Praxis, Synaxaire, Trisagion, Évangile. La typologie déployée par Gabriel V — Jéricho, le voile de Moïse, les fils de Coré — relève d’une exégèse médiévale qui lit chaque geste comme un signe ; le fidèle d’aujourd’hui, sans renier cette richesse symbolique, y verra surtout l’invitation au recueillement devant la Parole. La sévérité de l’avertissement (« devenir comme les fils de Coré ») traduit le sérieux que la tradition attache au silence liturgique, plus qu’une menace à prendre à la lettre.

[167]Les trois grandes prières — pour la Paix, pour les Pères (le Patriarche et l’évêque), et pour l’Assemblée — concluent la liturgie de la Parole et préparent l’anaphore. Le copiste écrit aussi cette acclamation ⲎⲢⲎⲚⲒ ⲠⲀⲤⲒⲚ (avec êta initial).

[168]La prière du Patriarche ϢⲞⲨⲠⲞⲨ ⲈⲢⲞⲔ ⲈϪⲈⲚ ⲠⲈⲔⲐⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ demande que les offrandes et les supplications de l’Église soient agréées sur l’autel céleste.

[169]Le lavement des mains, puis leur secouement devant le peuple pendant le Symbole, signifient l’exigence de pureté avant la communion ; le contre-exemple est Judas, en qui Satan entra après la bouchée (Jean 13, 27).

[170]ⲀⲢⲒⲎ ⲀⲤⲠⲀⲌⲈⲤⲐⲈ (« Saluez-vous »), forme du copiste pour ⲀⲢⲒⲀⲤⲠⲀⲌⲈⲤⲐⲈ. Le baiser de paix figure la réconciliation du ciel et de la terre (cf. Éphésiens 2, 14-16) ; le baiser trompeur est celui de Judas.

[171]Le dialogue de l’anaphore (« Le Seigneur avec vous » / « Élevons nos cœurs » / « Rendons grâces ») ouvre la prière eucharistique. Le corps reproduit la graphie du copiste, dont l’éditeur restitue les formes normalisées : Ⲟ Ⲕ̅Ⲥ̅ ⲘⲈⲦⲀ ⲠⲀⲚⲦⲞⲚ (legg. ⲠⲀⲚⲦⲰⲚ) ; ⲀⲜⲒⲞⲚ ⲔⲈ ⲆⲒⲔⲈⲞⲤ (legg. ⲔⲀⲒ ⲆⲒⲔⲈⲞⲚ). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[172]L’hymne séraphique « Saint, Saint, Saint, le Seigneur Sabaoth » (Isaïe 6, 3), unit l’assemblée terrestre au chœur céleste au seuil de la prière eucharistique.

[173]Note du traducteur. — Les trois grandes prières, le Symbole de foi et le baiser de paix demeurent au cœur de la liturgie copte orthodoxe actuelle. Le rite du baiser de paix, encore vivant, exprime la réconciliation fraternelle exigée avant la communion. La sévérité de l’avertissement contre la communion indigne — l’exemple de Judas — traduit le sérieux que la tradition attache à l’Eucharistie ; le fidèle d’aujourd’hui y entendra surtout l’appel à la sincérité du cœur, plus qu’une menace. L’élévation des cœurs et le chant des séraphins, où l’assemblée s’unit au chant des anges, restent le seuil solennel de la prière eucharistique.

[174]Le récit de l’institution reproduit en copte les paroles du Christ à la Cène (cf. Matthieu 26, 26-28 ; 1 Corinthiens 11, 23-25). Le prêtre accompagne chaque verbe — « il prit, il leva les yeux, il rendit grâces, il bénit, il sanctifia, il rompit » — d’un geste sur les dons.

[175]Le spadikon (de l’arabe isbādiqūn, du grec) désigne la part consacrée centrale du pain ; le prêtre la rompt sans la séparer entièrement, figure de l’unité du Corps.

[176]ⲠⲀⲒⲢⲎϮ ⲞⲚ ⲠⲒⲔⲈⲀ̀ⲪⲞⲦ (« de même aussi ce calice ») : les paroles sur le calice suivent celles sur le pain. Leur quasi-identité égara le copiste (voir la note sur le copte, plus bas).

[177]Note sur le copte. — Le copiste, troublé par la quasi-identité des formules sur le pain et sur le calice, transcrivit par mégarde toutes les cérémonies du pain une seconde fois (onze lignes), puis, s’avisant de l’erreur, les biffa de deux traits diagonaux et inscrivit aux marges, tout au long de la page, le mot سهو (« inadvertance »). Une autre ligne, répétée, fut pareillement biffée. Le corps suit la teneur correcte, abstraction faite de ces lapsus ; les formes normalisées sont celles de l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[178]L’épiclèse ⲞⲨⲞϨ ⲦⲈⲚϮϨⲞ Ⲉ̀ⲢⲞⲔ (« et nous te supplions ») invoque la descente du Saint-Esprit pour la transformation des dons : c’est, dans la tradition orientale, le sommet de l’anaphore.

[179]L’anamnèse rappelle l’économie du salut : le Corps pris de la Vierge, la Passion, l’ensevelissement, la résurrection, l’ascension et le second avènement pour le jugement des vivants et des morts.

[180]Le dénombrement des signes — trente-six au total — clôt la part gestuelle de l’office. Le Christ étant désormais immolé sur l’autel, le prêtre ne signe ni ne bénit plus, marque de la révérence due au mystère accompli.

[181]La figure du Sinaï (Exode 19, 10-19 ; 20, 18-21) éclaire le geste du prêtre : comme Moïse fit signe au peuple terrifié de s’approcher pour entendre Dieu, le prêtre, mains étendues, signifie la présence divine au-dessus de l’autel.

[182]Note du traducteur. — L’anaphore de saint Basile est, aujourd’hui encore, la prière eucharistique la plus employée dans l’Église copte orthodoxe. Le commentaire de Gabriel V en éclaire la théologie : l’épiclèse — l’invocation du Saint-Esprit — y est tenue pour le moment de la consécration, conformément à la tradition orientale. La description minutieuse des gestes témoigne du soin extrême attaché au mystère eucharistique ; le lecteur du XXIe siècle gardera à l’esprit que ces rubriques visent à honorer la présence réelle, non à multiplier les prescriptions pour elles-mêmes.

[183]La fraction (en arabe qisma) — le partage du Corps consacré — figure le geste du Christ à la Cène (« il rompit le pain »). Le pain est divisé en deux tiers et un tiers, disposés en croix.

[184]Le tiers figure le Fils incarné, les deux tiers le Père et l’Esprit. L’allusion au sceptre « pris de la tribu de Juda » renvoie à la bénédiction de Jacob (Genèse 49, 10).

[185]ⲀⲢⲒⲪⲘⲈⲨⲒ Ⲛ̀ⲚⲒⲈⲦⲀⲨⲒⲚⲒ ⲚⲀⲔ Ⲉ̀ϦⲞⲨⲚ (« souviens-toi de ceux qui t’ont présenté ») : ce sont les diptyques des offrandes, où l’on commémore les donateurs vivants.

[186]Le voile de soie sur la main du prêtre marque la révérence due aux saintes espèces : ayant touché le Corps, il ne montre plus la main nue au peuple jusqu’à la fin de l’office.

[187]Les diptyques des défunts (l’acclamation ⲀⲂⲂⲀ ⲘⲀⲔⲀⲢⲒ) commémorent les pères patriarches. Le corps reproduit la graphie du copiste, dont l’éditeur restitue les formes normalisées : ⲈⲨⲬⲎⲤ ⲔⲈ Ⲩ̀ⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲈⲤ (legg. ⲈⲨⲬⲈⲤ ⲔⲀⲒ Ⲛ̀ⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲈⲤ) ; ⲚⲈ ⲘⲈⲚ (legg. ⲚⲎ). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[188]Le mélange (l’immixtion) du Sang sur le Corps — le doigt trempé dans le calice signant le Corps — unit sacramentellement les deux espèces consacrées avant la communion.

[189]Le partage minutieux du Corps en parcelles disposées aux quatre points — orient, occident, midi, nord — reproduit la figure de la croix ; le spadikon, part centrale, est réservé et déposé au milieu de la patène.

[190]Note du traducteur. — La fraction, telle que la décrit Gabriel V, demeure l’un des moments les plus solennels de la liturgie copte orthodoxe. Le partage du Corps en parcelles disposées en croix, le mélange du Sang sur le Corps, les diptyques des vivants et des défunts : tout y exprime à la fois la mémoire du sacrifice et la communion des saints. La minutie des gestes — ne rien laisser tomber, garder le spadikon intact — traduit le respect absolu dû au Corps eucharistique, que le fidèle d’aujourd’hui reconnaît dans le soin que met l’Église à honorer le mystère qu’elle célèbre.

[191]ⲬⲈ ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ (« Notre Père ») : l’oraison dominicale (Matthieu 6, 9-13), récitée par toute l’assemblée après la fraction, prépare immédiatement la communion.

[192]L’absolution du Père est l’oraison où le prêtre demande le pardon pour lui-même et pour le peuple, vivants et défunts, avant l’élévation.

[193]Acclamation diaconale de l’élévation. Le corps reproduit la graphie du copiste, dont l’éditeur restitue les formes normalisées : Ⲛ̀ⲢⲈⲘϨⲒ (legg. ⲚⲢⲈⲘϨⲈ) ; ⲔⲀⲦⲞ (legg. ⲔⲀⲒ ⲦⲰ) ; ⲘⲀⲦ (legg. ⲘⲈⲦⲀ) ; ⲦⲒⲤ ⲀⲄⲒⲞⲤ (legg. ⲦⲒⲤ ⲀⲄⲒⲒⲤ). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[194]ⲦⲀ ⲀⲄⲒⲀ ⲦⲒⲤ ⲀⲄⲒⲞⲤ (« Les choses saintes pour les saints ») : l’acclamation de l’élévation (« le saint aux saints »), où le prêtre montre le Corps consacré au peuple prosterné — sommet visible du sacrifice.

[195]La réponse du peuple ⲈⲒⲤ ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ (« Un est le Père saint ») — où ⲈⲒⲤ rend le grec εἷς (« un »), abrégé ⲒⲤ par le copiste — proclame la foi trinitaire au seuil de la communion.

[196]La Confession (en arabe al-iʿtirāf), ⲤⲰⲘⲀ ⲀⲄⲒⲞⲚ (« Corps saint »), professe la foi au Corps et au Sang véritables avant que le clergé ne communie ; elle s’achève par la commémoraison de la Théotokos.

[197]Note du traducteur. — Les rites qui précèdent immédiatement la communion — l’oraison dominicale, l’élévation du Corps avec l’acclamation « Les choses saintes pour les saints », la profession « Un est le Père saint, un est le Fils saint, un est l’Esprit saint » — demeurent au cœur de la liturgie copte orthodoxe actuelle. L’élévation, où le prêtre montre le Corps consacré au peuple prosterné, est le sommet visible du sacrifice ; la profession trinitaire, au seuil de la communion, rappelle que l’Eucharistie est tout entière l’œuvre du Dieu un en trois personnes. Le fidèle d’aujourd’hui retrouve dans ces acclamations l’adoration tremblante que décrit Gabriel V.

[198]L’oraison ⲀⲢⲒⲦⲈⲚ ⲚⲈⲘⲠ̀ϢⲀ ⲦⲎⲢⲈⲚ (« Rends-nous tous dignes ») est la prière que le prêtre dit avant de communier, demandant que le Corps et le Sang ne soient pas reçus en jugement mais en vie. Le copiste écrit ⲚⲀⲘⲀⲔ (legg. ⲚⲈⲘⲀⲔ, « avec toi »).

[199]Le prêtre communie le premier : il baise le Corps, en reçoit, puis reçoit le Sang du calice, essuyant ensuite sa bouche et le bord du calice — usage encore observé aujourd’hui.

[200]Les jeunes enfants reçoivent le Corps trempé dans le Sang ; les adultes reçoivent le Corps de la main du prêtre, puis le Sang à la cuillère que tient le diacre — distinction toujours en vigueur dans l’Église copte.

[201]Note sur le copte. — Les deux formules de la communion — pour le Corps trempé et pour le Corps seul. Le corps reproduit la graphie du copiste, qui écrit ⲚⲈⲚⲚⲞⲨⲚⲞⲨϮ par dittographie (legg. ⲠⲈⲚⲚⲞⲨϮ, « notre Dieu »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[202]L’avertissement de ne pas tourner le dos à l’autel après la communion — à l’exemple de Judas qui sortit du Cénacle (Jean 13, 27-30) — figure le respect dû au Corps reçu : le communiant se retire à reculons.

[203]La communion des femmes, dans la section qui leur est réservée, requiert un examen attentif : le voile rendant la communiante méconnaissable, le prêtre doit s’assurer qu’elle est en état de communier dignement.

[204]Note du traducteur. — La communion, sommet de la liturgie, est décrite par Gabriel V avec un réalisme saisissant : le prêtre communie le premier, puis le clergé, puis le peuple, hommes puis femmes, chacun recevant le Corps et le Sang « d’Emmanuel notre Dieu ». L’avertissement de ne pas tourner le dos après la communion et le soin extrême contre la moindre parcelle perdue témoignent du respect absolu dû aux saintes espèces. Dans l’Église copte orthodoxe d’aujourd’hui, la communion se reçoit encore directement dans la bouche, le Corps trempé dans le Sang, selon l’usage même que décrit ce texte : le lecteur y mesure la continuité ininterrompue d’une tradition six fois centenaire.

[205]L’explication condense la christologie copte orthodoxe : l’union indissoluble de la divinité et de l’humanité du Christ, qui ne se séparent ni dans la mort ni après — une seule volonté, une seule opération dans les trois hypostases de la Trinité.

[206]Lecture typologique des gestes liturgiques à la lumière de la Résurrection : Jean et Pierre au tombeau (Jean 20, 3-8), l’apparition à Marie-Madeleine au jardin et le « Ne me touche point » (Jean 20, 11-17), l’apparition aux disciples les portes closes (Jean 20, 19).

[207]Les nourrissons et les très jeunes enfants communient sous une seule espèce : le prêtre dépose au palais de l’enfant une parcelle du Corps trempée dans le Sang, puis on lui fait boire de l’eau. L’usage subsiste dans l’Église copte.

[208]L’ablution (en arabe al-ġasla) : le calice, la cuillère et les mains sont lavés à trois reprises, et l’eau de l’ablution est consommée, afin qu’aucune parcelle du Corps ni goutte du Sang ne se perde — soin caractéristique de la révérence eucharistique copte.

[209]Note sur le copte. — Le psaume final ⲚⲒⲈⲐⲚⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ ⲔⲰⲖⲀϨ Ⲛ̀ⲚⲈⲦⲈⲚϪⲒϪ (« Vous tous, nations, battez des mains ») est le psaume 46, verset 1 (47 selon le comput hébreu), ici correctement transcrit. Le manuscrit laisse en blanc les feuillets 73 verso et 74 recto, le texte reprenant au feuillet 74 verso ; cette lacune matérielle est signalée dans l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[210]L’eulogie (en arabe al-ūlūǧiyya, du grec εὐλογία) est le pain béni, non consacré, distribué à la fin de l’office — notamment à ceux qui n’ont pas communié. La formule arabe تمّ وكمل بعون الله (« il est achevé et accompli, avec l’aide de Dieu ») clôt la liturgie eucharistique.

[211]Note du traducteur. — Ainsi s’achève la liturgie eucharistique selon saint Basile, telle que la transmet Gabriel V. Sa conclusion en condense la théologie : l’union indissoluble de la divinité et de l’humanité du Christ — pierre angulaire de la foi copte orthodoxe —, la lecture des gestes liturgiques à la lumière des récits de la Résurrection, et le soin extrême de l’ablution. Le renvoi du peuple « par la paix du Seigneur » et la distribution de l’eulogie closent l’office sur un geste de communion fraternelle. Le manuscrit ouvre ensuite une tout autre matière : les rites propres au clergé, l’intronisation des évêques et les ordinations, que les chapitres suivants exposeront.

[212]Le droit canonique copte exige plusieurs évêques consécrateurs (au moins trois). Gabriel V note avec franchise qu’au XIVe siècle, l’Église réduite se contentait parfois d’un seul — précieux témoignage des épreuves de la communauté copte sous les Mamelouks.

[213]Le cantique reprend le Psaume 117 (118), 15-16. Le copiste écrit ⲐⲞⲨⲒⲚⲀ (legg. ⲐⲞⲨⲒⲚⲀⲘ, « la droite »). L’entrée du nouvel évêque, monté et acclamé, reproduit l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem (Matthieu 21 ; Marc 11) : c’est la typologie des Rameaux appliquée au sacre épiscopal.

[214]Le verset chanté à la porte est le Psaume 95 (96), 1-2 ; le cantique ⲪⲎⲈⲦϨⲈⲘⲤⲒ ϨⲒϪⲈⲚ ⲚⲒⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲨⲘ (« Ô toi qui sièges sur les chérubins ») est l’hymne propre du dimanche des Rameaux dans la tradition bohaïrique.

[215]L’oraison Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲞⲢ (« Seigneur Dieu tout-puissant ») est tirée du livre de l’intronisation ; le célébrant y insère le nom de la ville, de l’église ou du monastère du nouvel évêque.

[216]Note sur le copte. — Les versets cités jalonnent l’entrée : Psaume 50 (51), 3 et 78 (79), 8 pour ⲚⲀⲒ ⲚⲎⲒ Ⲫ̅Ϯ ; Psaume 109 (110), 3 pour ⲈϢⲰⲠ ⲚⲈⲘⲀⲔ. Le corps reproduit la graphie du copiste : ⲠⲒⲈϨⲞⲨ (legg. ⲠⲒⲈϨⲞⲞⲨ, « le jour »). Le mot grec statia / statitha (pour στατή) désigne le verset psalmique chanté debout. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[217]L’Évangile de la confession de Pierre (Matthieu 16, 13-19 : « Tu es Pierre, et sur cette pierre… ») fonde l’autorité épiscopale sur la succession apostolique : le nouvel évêque reçoit la charge des clefs transmise depuis les Apôtres.

[218]La remise de la clef du chœur au nouvel évêque figure la transmission des « clefs du royaume » promises à Pierre (Matthieu 16, 19). Le cantique ⲀⲔϬⲒ ⲦⲬⲀⲢⲒⲤ Ⲙ̀ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ appartient à la Doxologie des Rameaux.

[219]Versets du Psaume 117 (118), 24-26 (« Voici le jour… Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »), chantés aux Rameaux et appliqués ici à l’entrée triomphale du nouvel évêque.

[220]L’Évangile de la prédication de Nazareth (Luc 4, 16-21), où le Christ s’applique la prophétie de l’onction (Isaïe 61, 1-2 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint »), annonce l’onction épiscopale : l’évêque est, à l’image du Christ, oint pour annoncer l’Évangile.

[221]Note sur le copte. — L’entrée au sanctuaire reprend le Psaume 117 (118), 19-20 (« Ouvrez-moi les portes de la justice »). Le corps reproduit la graphie du copiste : ⲈⲔⲈⲤⲞⲨⲦⲰⲚ (legg. ⲈⲔⲈⲤⲞⲨⲦⲈⲚ) ; ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ (legg. ⲤⲞⲒ Ⲱ ⲐⲈⲞⲤ, grec σοί, ὦ Θεός, « à toi, ô Dieu »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[222]La consécration épiscopale s’insère dans la liturgie eucharistique : l’office du matin (prière et encens) achevé, le grand évêque célèbre la Liturgie, et l’ordination prend place entre les lectures et l’anaphore — usage immémorial de l’Église.

[223]Les évêques revêtent la chape blanche (burnus) ; l’oraison Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒϢⲀⲈⲚⲈϨ ⲠⲒⲀⲦⲀⲢⲬⲎ (« Ô Dieu éternel et sans commencement ») accompagne l’encens, et l’hymne mariale ϮϢⲞⲨⲢⲎ (« l’encensoir ») célèbre la Vierge comme l’encensoir d’or portant le feu divin.

[224]L’ordination suit le déroulement ordinaire de la liturgie des catéchumènes : Prologue, Épître de Paul, Catholicon (épître catholique), Praxis (Actes), lus en copte puis en arabe. C’est durant le Praxis que les évêques imposent les mains sur le candidat.

[225]Le nouvel évêque tient l’acte de profession de foi en ses deux mains — la rédaction copte à droite, l’arabe à gauche —, témoignage du bilinguisme liturgique de l’Église copte médiévale. Le cantique Ⲟ ⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ (« Ô Fils unique », hymne de Justinien) confesse la divinité du Christ.

[226]La formule ⲈⲢⲈ ⲠⲒⲤ̀ⲘⲞⲨ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲒⲈ̀ⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ (« Que la bénédiction de l’évêque descende ») marque la descente de la grâce sur le consacré ; ⲀⲂⲂⲀ Ⲛ̅Ⲓ̅Ⲙ̅ (« Abba un tel ») est le blanc rituel où s’insère le nom de l’évêque.

[227]Note sur le copte. — L’invocation des « douze vertus de l’Esprit Saint » (ⲠⲒⲒⲂ Ⲛ̀ⲀⲢⲈⲦⲎ) sur le nouvel évêque constitue le cœur épiclétique du sacre : c’est l’Esprit qui fait l’évêque. Le copiste écrit Ⲛ̀ⲞⲨⲢⲀⲚ (legg. ⲚⲞⲨⲢⲀⲚ, « par leur nom »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[228]Les douze vertus de l’Esprit Saint, énumérées en grec liturgique : ⲀⲄⲀⲠⲎ (charité), ϨⲈⲖⲠⲒⲤ (espérance), ⲠⲒⲤⲦⲒⲤ (foi) — les trois vertus théologales (1 Corinthiens 13, 13) —, puis pureté, virginité, paix, sagesse, justice, chasteté, continence (ⲈⲄⲔⲢⲀⲦⲒⲀ), longanimité et ascèse, proches des fruits de l’Esprit (Galates 5, 22-23). Le refrain ⲈⲨⲈϢⲰⲠⲒ (« qu’elles soient/descendent ») ponctue chaque triade.

[229]La doxologie Watos en l’honneur de saint Marc, fondateur et premier patriarche de l’Église d’Alexandrie. L’éditeur note qu’au lieu de cette psalie de saint Marc, l’Euchologe de Tuki porte l’hymne grecque au Fils Ⲱ ⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ (« Ô Fils unique »).

[230]L’imposition des mains par le collège épiscopal constitue le cœur sacramentel du sacre. L’éditeur restitue, d’après l’Euchologe de Tuki, la formule grecque ⲈⲔⲦⲈⲒⲚⲀⲦⲈ ⲦⲀⲤ ⲬⲈⲒⲢⲀⲤ Ⲱ ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲒ (« Étendez les mains, ô évêques »). Cette imposition réalise la succession apostolique (Actes 6, 6 ; 1 Timothée 4, 14).

[231]L’oraison ⲪⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ (« Ô Maître, Seigneur tout-puissant ») est la prière de consécration proprement dite, dite par le célébrant principal pendant que les évêques tiennent les mains étendues sur le candidat, et tandis que le peuple acclame cinquante fois le Kyrie eleison.

[232]Le Psaume 116 (117) « Toutes les nations, louez le Seigneur » et deux lectures prophétiques tirées des livres des Rois encadrent la suite du rite. Le verset ⲀⲖⲖ · ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ (legg. ⲤⲞⲒ Ⲱ ⲐⲈⲞⲤ, grec σοί, ὦ Θεός) se chante à la fin.

[233]Note sur le copte. — L’acclamation ἄξιος (« digne ») est commune à tout l’Orient chrétien. Le copiste écrit ⲔⲈⲦⲞ ⲚⲞⲨⲘⲒⲀ (legg. ⲔⲀⲒ ⲦⲰ ⲚⲞⲘⲒⲀ, grec καὶ τῷ νομίμως, « et légitimement ») ; plus haut ⲞⲀⲒ ⲈⲢⲈⲦⲈⲚ ⲐⲞⲚⲞⲨ (legg. ⲈⲢⲀⲦⲈⲚ ⲐⲎⲚⲞⲨ). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[234]Les huit louanges de l’intronisation sont scandées par le verbe grec ⲐⲞⲢⲞⲚⲒⲌⲒⲚ (de θρόνος, « trône » : introniser), décliné à plusieurs formes — « qu’on l’intronise », « intronisez-le », « nous l’intronisons ». La dernière, ⲈⲚϪⲰⲘⲈⲚ ϪⲒϪ (« nous imposons les mains »), rappelle le geste consécratoire.

[235]Le nouvel évêque est élevé trois fois sur la cathèdre, « à la manière du baptême » (c’est-à-dire en trois temps, comme la triple immersion baptismale) : l’épiscopat est conçu comme une nouvelle naissance dans le service ecclésial.

[236]Le baiser de paix, échangé successivement par les évêques, les prêtres, les diacres et tout le peuple, avec la métanie (prostration), manifeste la communion de l’Église entière autour de son nouveau pasteur et la réception de sa bénédiction.

[237]Le synthronon (arabe al-sutrūnus, du grec σύνθρονον) est le siège surélevé du sanctuaire où prennent place l’évêque et les concélébrants. Le Psaume 44 (45), 7-8, psaume royal et messianique (« Ton trône, ô Dieu, est éternel… Dieu t’a oint d’une huile d’allégresse »), est appliqué au Christ-Roi et, par participation, à l’évêque intronisé.

[238]Versets du Psaume 44 (45), chantés pour l’intronisation. Le verbe « oindre » (ⲀϤⲐⲀϨⲤⲔ) relie ce psaume à l’onction épiscopale et à la figure du Christ, l’Oint par excellence.

[239]Note sur le copte. — Premier acte épiscopal du consacré : assis au sommet du synthronon, il proclame lui-même l’Évangile du bon Pasteur (Jean 10, 1-16). Le répons reprend Isaïe 40, 11 (le pasteur qui rassemble les agneaux). Le copiste écrit ⲰⲤⲀⲨⲦⲞⲤ (grec ὡσαύτως, « pareillement »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[240]Durant la première Liturgie du nouvel évêque, des commémoraisons propres honorent le hiérarque : au moment de l’oblation (le Prosphorin), l’on acclame le grand-prêtre (ⲠⲒⲀⲢⲬⲎⲈⲢⲈⲨⲤ) et la sainte table d’or (Ϯ̀Ⲧ̀ⲢⲀⲠⲈⲌⲀ, du grec τράπεζα).

[241]L’hymne ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ (« l’Esprit Paraclet ») célèbre l’Esprit Saint qui vient de descendre sur le consacré. C’est désormais le nouvel évêque lui-même qui donne le renvoi et distribue l’eulogie (le pain bénit), selon l’usage alexandrin (ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ, « béni »).

[242]Le banquet (arabe al-walīma), présidé et béni par le nouvel évêque, prolonge la joie de la consécration dans la communion fraternelle.

[243]Note sur le copte. — Les trois jours de fête sont explicitement rapportés à la Résurrection du Christ « le troisième jour » (1 Corinthiens 15, 4) : le sacre épiscopal est inscrit dans le mystère pascal. La formule finale « Et grâce soit rendue à Dieu, toujours » (arabe wa-l-shukr li-llāh dā’iman) ponctue, comme un refrain, la clôture des rites dans tout le manuscrit.

[244]Note du traducteur. — Ce long rite — le plus développé de tout l’ouvrage — accomplit le sacre et l’intronisation d’un évêque, du seuil de la ville jusqu’à la cathèdre. Il s’ouvre par une procession solennelle : le nouvel évêque, monté sur une haute monture et acclamé par les Hosanna des Rameaux, entre dans sa ville à l’image du Christ entrant à Jérusalem — il reçoit son siège comme le Seigneur reçut sa royauté. Vient ensuite un office complet du matin : la remise de la clef du chœur, l’entrée par les « portes de la justice », la montée au sanctuaire, et une riche moisson de lectures évangéliques — l’entrée à Jérusalem, la confession de Pierre, la prédication de Nazareth — qui dessinent une christologie de l’autorité pastorale. La consécration proprement dite s’accomplit alors au cœur de la Liturgie eucharistique, entre les lectures et l’anaphore : le nouvel évêque est revêtu de ses insignes et tient en ses deux mains, en copte et en arabe, l’acte de profession de foi — témoin du bilinguisme liturgique de l’Église copte médiévale. Le cœur du sacre est l’imposition des mains, le livre des Évangiles ouvert sur la tête de l’élu, et l’acclamation « Axios » — « Digne ! » — reprise trois fois par tout le peuple. Les douze vertus de l’Esprit Saint — charité, espérance, foi, pureté, virginité, paix, sagesse, justice, chasteté, continence, longanimité, ascèse — dressent le portrait spirituel de l’évêque idéal, fondé sur les vertus théologales (1 Corinthiens 13) et les fruits de l’Esprit (Galates 5). L’intronisation couronne le tout : le nouvel évêque est élevé trois fois sur la cathèdre, « à la manière du baptême », tandis que résonnent les huit louanges de l’intronisation (du grec θρόνος, « trône ») ; le baiser de paix, échangé avec évêques, prêtres, diacres et fidèles, manifeste la communion de toute l’Église autour de son nouveau pasteur. Enfin, à peine consacré, le nouvel évêque célèbre lui-même sa première Liturgie, entouré de ses pairs : il exerce aussitôt la plénitude du sacerdoce reçu. Le renvoi, l’eulogie distribuée de sa main, et le banquet festif des trois jours scellent son entrée dans la charge pastorale. L’Église copte orthodoxe perpétue aujourd’hui ce rite majestueux, où le sacre d’un évêque récapitule toute l’économie du salut — l’entrée du Christ, sa Pâque et l’effusion de l’Esprit.

[245]Le candidat au sacerdoce est présenté comme « médecin des âmes spirituelles » : sa charge est de guérison, et il doit lui-même être « exempt de défauts ». L’examen préalable par le presbyterium et la présentation devant l’autel relèvent de la tradition ecclésiale la plus ancienne.

[246]Le rite distingue le prêtre (qass) de l’higoumène (qummuṣ, archiprêtre) par des acclamations propres : pour le prêtre, « Salut à l’ordre du presbytre » (ⲠⲒⲦⲀⲄⲘⲀ Ⲙ̀ⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ) ; pour l’higoumène, la doxologie de saint Marc.

[247]Le patriarche lit les pétitions du livre de consécration (l’Euchologe) et revêt l’ordinand des ornements sacerdotaux — « l’instrument du sacerdoce » —, signe visible de la grâce conférée.

[248]Pour l’higoumène, la prophétie de Bethléem (Michée 5, 1 ; Matthieu 2, 6 : « Et toi, Bethléem… tu n’es pas la moindre parmi les chefs de Juda, car de toi sortira un guide ») applique au pasteur la figure du Christ-Berger, conducteur de son peuple.

[249]Le revêtement du prêtre est accompagné de l’hymne ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ Ⲙ̀ⲠⲀⲢⲀⲔⲖⲎⲦⲞⲚ (« l’Esprit Paraclet »), invocation de l’Esprit consécrateur. Le chant de réconciliation ⲀⲘⲞⲨ ⲰⲀⲢⲞⲚ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ (« Viens à nous aujourd’hui ») accompagne l’admission du nouveau prêtre au service de l’autel.

[250]Note sur le copte. — Au sommet du rite, le nouveau prêtre concélèbre : il partage de ses mains la fraction du Corps et prononce la confession ⲤⲰⲘⲀ ⲀⲄⲒⲞⲚ (« le Corps saint »), exerçant aussitôt le pouvoir reçu. Le copiste écrit ⲔⲀⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ (legg. ⲔⲀⲒ ⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ, grec καὶ τῷ πνεύματί σου, « et avec ton esprit »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[251]Note du traducteur. — Le sacerdoce copte distingue le prêtre (qass) et l’higoumène (qummuṣ), dignité d’archiprêtre conférée par le même rite, avec des chants propres. Le prêtre est présenté comme « médecin des âmes » : sa charge est de guérison spirituelle, et il doit être lui-même exempt de défauts. L’imposition de la main du patriarche, avec la prière au Saint-Esprit, confère le sacerdoce ; le revêtement des ornements et la remise de la croix en manifestent la dignité. Le sommet du rite est la concélébration : le nouveau prêtre partage de ses propres mains la fraction du Corps du Seigneur, exerçant aussitôt le pouvoir reçu. L’Église copte orthodoxe ordonne aujourd’hui ses prêtres selon ce rite.

[252]Le sommet de l’ordination : le patriarche souffle sur la bouche de l’ordinand en disant ϬⲒ ⲚⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ (« Reçois un Esprit Saint ») — les paroles mêmes du Christ ressuscité insufflant l’Esprit à ses Apôtres (Jean 20, 22). Ce souffle confère sacramentellement la grâce sacerdotale.

[253]Le nouveau prêtre répond par le verset du Psaume 118 (119), 131 : « J’ai ouvert ma bouche et aspiré un esprit, car j’ai aimé tes commandements » — faisant sienne la grâce reçue, dans le désir de la Loi divine.

[254]L’exhortation finale reprend la parabole des talents (Matthieu 25, 29 ; cf. Luc 19, 26) : le don du sacerdoce engage à le faire fructifier. Les mains du nouveau prêtre, qui ont touché le Corps du Seigneur, demeurent enveloppées par révérence.

[255]Le rite de la « procession du prêtre à sa première Liturgie » est, selon l’éditeur, absent de l’Euchologe de Tuki : il appartient en propre à la tradition consignée par Gabriel V, et célèbre solennellement la première célébration eucharistique du nouvel ordonné.

[256]Note sur le copte. — Le nouveau prêtre, conduit en procession à travers l’église avec l’encens et les cierges, reçoit l’encens de chacun de ses confrères. Le copiste rend littéralement le copte ⲠⲒⲞⲨⲀⲒ ⲠⲒⲞⲨⲀⲒ (« chacun ») ; il écrit ⲀⲞⲨⲰⲚ (legg. ⲀⲒⲞⲨⲰⲚ, « j’ai ouvert »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[257]Note du traducteur. — Le sommet de l’ordination sacerdotale est le souffle de l’Esprit : le patriarche souffle sur la bouche de l’ordinand en disant « Reçois un Esprit Saint » — les paroles mêmes du Christ ressuscité à ses Apôtres (Jean 20, 22). Le nouveau prêtre répond par le verset « J’ai ouvert ma bouche et aspiré un esprit » (Psaume 118), faisant sienne la grâce reçue. Ses mains, qui ont touché le Corps du Seigneur, sont désormais enveloppées par révérence. Le rite de la « procession du prêtre à sa première Liturgie » — absent de l’Euchologe de Tuki, et donc propre à la tradition de Gabriel V — conduit solennellement le nouvel ordonné à travers l’église pour sa première célébration. L’Église copte orthodoxe perpétue aujourd’hui ce souffle de l’Esprit au cœur de l’ordination.

[258]La procession achevée, l’on chante les acclamations propres au nouveau prêtre — « Salut à l’ordre du presbytre » (ⲬⲈⲢⲈ ⲠⲒⲦⲀⲄⲘⲀ Ⲙ̀ⲠⲢⲈⲤⲂⲨⲦⲈⲢⲞⲤ) — puis la bénédiction qui invoque ses prières pour la rémission des péchés du peuple.

[259]Le répons (ṭarḥ) s’ouvre sur le Psaume 33 (34), 4 : « Magnifiez le Seigneur avec moi, et exaltons son nom ensemble. » Le nom du nouveau prêtre (Abba un tel) y est inséré à plusieurs reprises. C’est un chant d’accueil et de louange de la communauté pour son pasteur.

[260]L’interprétation du répons, en arabe, est une véritable homélie d’ordination, adressée à l’assemblée puis au nouveau prêtre lui-même. L’image de la « mère qui élève ses enfants » dit la sollicitude pastorale.

[261]Le nouveau prêtre est comparé aux figures sacerdotales de l’Ancienne Alliance — Aaron, Zacharie (père du Baptiste), Siméon —, mais son sacerdoce les surpasse : il n’offre plus des victimes charnelles, mais les Mystères qui donnent la vie éternelle. La citation est Luc 10, 24 (cf. Matthieu 13, 16-17) : la béatitude des témoins du salut accompli.

[262]L’appel divin au sacerdoce est rappelé par Hébreux 5, 4 (« nul ne s’attribue cet honneur, sinon celui qui est appelé de Dieu, comme Aaron »). Suit la grande exhortation de saint Pierre aux anciens — 1 Pierre 5, 1-4 : « paissez le troupeau de Dieu… non en dominateurs, mais en modèles » —, couronnée par la parole du Maître au serviteur fidèle : « Entre dans la joie de ton seigneur » (Matthieu 25, 21).

[263]Note sur le copte. — L’invocation finale unit la Vierge Marie et les vingt-quatre presbytres lumineux de l’Apocalypse (Ap 4, 4), figures du sacerdoce céleste. Dans le répons, le copiste écrit ⲤⲀⲐⲀⲚⲀⲖⲀ (legg. ⲤⲀⲦⲀⲚⲀⲤ, « Satan ») ; et ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲒ ⲞⲐⲈⲞⲤ (legg. ⲆⲞⲜⲀ ⲤⲞⲒ Ⲱ ⲐⲈⲞⲤ, grec δόξα σοι ὁ θεός, « gloire à toi, ô Dieu »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[264]Note du traducteur. — La première Liturgie du nouveau prêtre s’achève par un répons (ṭarḥ) chanté en son honneur, son nom inséré, suivi d’une longue interprétation en arabe — véritable homélie d’ordination. Le nouveau prêtre y est comparé aux figures sacerdotales de l’Ancienne Alliance (Aaron, Zacharie, Siméon), mais son sacerdoce les surpasse : il n’offre plus des victimes charnelles, mais les Mystères qui donnent la vie éternelle. L’exhortation tisse les grands textes du sacerdoce néotestamentaire : la béatitude des témoins (Luc 10, 24), l’appel divin (Hébreux 5, 4), et surtout la charge de Pierre aux anciens — « paissez le troupeau de Dieu… non en dominateurs, mais en modèles » (1 Pierre 5, 1-4) —, couronnée par « Entre dans la joie de ton seigneur » (Matthieu 25, 21). L’invocation finale unit la Vierge Marie et les vingt-quatre presbytres de l’Apocalypse. Cette page exprime avec ferveur la haute conception copte du sacerdoce, que l’Église copte orthodoxe perpétue aujourd’hui.

[265]Les hymnes coptes se chantent selon deux modes : « Adam » (du dimanche au mardi) et « Watos » (du mercredi au samedi), d’après les premiers mots des théotokies respectives. Le manuscrit fournit ici le répons Adam comme variante pour la Liturgie du jour, à côté du répons Watos donné au chapitre précédent. ϬⲒ ⲞⲨⲰⲒⲚⲒ (« Reçois la lumière ») désigne la mélodie sur laquelle il se chante.

[266]Le diaconat copte comprend plusieurs degrés gravis successivement : le lecteur (anagnoste), le sous-diacre (hypodiacre), le diacre, et l’archidiacre. Le manuscrit les traite l’un après l’autre, ouvrant par le lecteur — celui qui proclame les Écritures. Les répondants (ceux qui présentent les candidats) s’engagent à les bien former. Cf. l’Euchologe de Tuki.

[267]La signation de cinq croix sur la tête de l’ordinand est scandée par la bénédiction trinitaire : « Béni soit Dieu le Père tout-puissant… son Fils unique-engendré… l’Esprit Saint Paraclet », couronnée par « Gloire et honneur ». À la différence du sacerdoce, ce degré inférieur ne comporte pas d’insufflation de l’Esprit, mais une bénédiction et une institution.

[268]Note sur le copte. — Le copiste écrit régulièrement ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒⲤⲞⲨ (legg. ⲔⲀⲒ ⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ, grec καὶ τῷ πνεύματί σου, « et avec ton esprit »). L’éditeur note qu’au mot ⲀⲖⲎⲐⲰⲤ, le copiste avait d’abord écrit ⲀⲖⲎⲐⲞⲤ, puis ajouté Ⲱ au-dessus du Ⲟ sans rien effacer. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[269]Le rite du lecteur se clôt par l’élévation de l’encens et les oraisons de l’Euchologe, sur le schéma habituel (paix, Trisagion implicite, prières de consécration). Chaque degré du diaconat reprendra cette structure.

[270]Note sur le copte. — Le copiste écrit constamment ⲔⲀⲦⲞ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒⲤⲞⲨ (legg. ⲔⲀⲒ ⲦⲰ Ⲡ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲒ ⲤⲞⲨ, grec καὶ τῷ πνεύματί σου, « et avec ton esprit ») ; et ⲠⲒⲀⲦⲀⲢⲬⲎ pour ἄναρχος (« sans commencement »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[271]Le sous-diacre (du grec ὑποδιάκονος) est ceint du cordon (arabe zunnār) replié et posé sur la nuque, signe distinctif de son degré. Le sous-diaconat demeure un ordre mineur, conféré par bénédiction et imposition du cordon.

[272]L’hymne d’acclamation du diacre invoque saint Étienne (ⲤⲦⲈⲪⲀⲚⲞⲤ), le protomartyr et premier des sept diacres institués par les Apôtres (Actes 6, 5 ; 7, 59), modèle et patron de l’ordre diaconal. Le titre ⲠⲒⲀⲢⲬⲎⲆⲒⲀⲔⲰⲚ (« l’archidiacre ») lui est traditionnellement donné.

[273]Le diacre est revêtu de l’étole (orarion) portée en écharpe sous le bras droit, et non au milieu comme le prêtre : c’est le signe visible et distinctif de l’ordre diaconal, que le diacre déploie pour diriger les litanies. Le revêtement est scandé par ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ (« gloire et honneur »).

[274]À la différence du lecteur et du sous-diacre, le diacre reçoit, comme le prêtre, le souffle de l’Esprit Saint — ϬⲒ Ⲛ̀ⲞⲨⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ (« Reçois un Esprit Saint », Jean 20, 22) — et communie au Corps et au Sang du Seigneur. Le diaconat est donc un ordre majeur, conféré sacramentellement par l’insufflation.

[275]Note du traducteur. — L’ordre du diaconat, dans la tradition copte, comprend plusieurs degrés gravis successivement, et notre manuscrit les confère l’un après l’autre en un seul rite continu. Il s’ouvre par le lecteur — l’anagnoste, celui qui proclame les Écritures à l’assemblée —, dont l’institution est sobre : présentation, signation des cinq croix et bénédiction trinitaire, puis l’achèvement du lectorat. Viennent ensuite les deux degrés supérieurs : le sous-diacre, ceint du cordon (le zunnār) replié sur la nuque, et le diacre proprement dit. Le diacre est, dans l’Église copte, le degré majeur du diaconat : à la différence du lecteur et du sous-diacre, il reçoit, comme le prêtre, le souffle de l’Esprit et le salut à saint Étienne, premier des diacres et premier des martyrs, ainsi que le revêtement de l’étole portée sur l’épaule gauche. L’Église copte orthodoxe maintient vivante cette hiérarchie des ministères, où chaque degré prépare et sert la célébration des saints Mystères.

[276]Le nouveau diacre, portant l’Évangile et la croix, est conduit en procession autour de l’autel et de l’église. On chante le doxastikon de saint Étienne, suivi de la « Galiléenne » (la théotokie Ϯ̀ⲄⲀⲖⲒⲖⲈⲀ) — remplacée durant le temps pascal par Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲀⲚⲀⲤⲦⲒ (« le Christ est ressuscité »). L’éditeur note que ces diacres sont souvent de jeunes enfants, parfois portés par un homme durant la procession.

[277]Le diacre y est nommé ⲠⲒⲠ̅Ⲛ̅Ⲁ̅ⲦⲞⲪⲞⲢⲞⲤ (du grec πνευματοφόρος, « porteur de l’Esprit ») — car il a reçu, au degré diaconal majeur, le souffle de l’Esprit Saint. Le répons (ṭarḥ) l’associe constamment à saint Étienne, premier des diacres.

[278]L’interprétation arabe rappelle la double mission du diacre : le service de l’autel et le service des pauvres — les orphelins et les veuves —, à l’image des sept premiers diacres institués par les Apôtres (Actes 6, 1-6). La parole du Christ « là où je suis, là sera aussi mon serviteur ; et celui qui me sert, le Père l’honorera » (Jean 12, 26) couronne cette vocation.

[279]Note sur le copte. — Le répons s’ouvre sur Ⲱ ⲚⲒⲀⲦⲔ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ (legg. ⲰⲞⲨⲚⲒⲀⲦⲔ Ⲛ̀ⲐⲞⲔ, « bienheureux es-tu »), formule de béatitude fréquente dans l’hymnographie copte. La doxologie alexandrine finale ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲘⲈⲚⲞⲤ (grec εὐλογημένος, « béni ») clôt la procession. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[280]Note du traducteur. — La procession du nouveau diacre clôt l’ordre du diaconat, comme la première Liturgie clôt celui du prêtre. Le diacre, portant l’Évangile et la croix, est conduit en procession à travers l’église, puis honoré d’un répons où il est nommé « porteur de l’Esprit » — car il a reçu le souffle de l’Esprit Saint. L’interprétation arabe rappelle la double mission du diacre : le service de l’autel et le service des pauvres — les orphelins et les veuves —, à l’image des sept premiers diacres (Actes 6). Le modèle constant est saint Étienne, « chef des diacres » et protomartyr. La parole du Christ « là où je suis, là sera aussi mon serviteur » (Jean 12, 26) couronne cette vocation de service. L’éditeur note que ces diacres sont souvent de jeunes enfants, parfois portés durant la procession — usage ancien de l’Église copte, qui ordonne tôt ses servants d’autel. L’Église copte orthodoxe perpétue aujourd’hui ce ministère diaconal.

[281]La profession monastique copte est conçue comme une mort au monde : le rite emprunte la mélodie des funérailles (laḥn al-tajnīz). Trois années de probation précèdent l’engagement, durant lesquelles le candidat apprend la discipline monastique et « le vêtement de la croix » (l’habit). La coupe des cheveux marque le renoncement au siècle.

[282]L’Apôtre est tiré d’Éphésiens 6, 10-18 : « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur… revêtez l’armure de Dieu. » Le moine, entrant au combat spirituel, revêt cette armure — image que prolonge le « vêtement de la croix » dont il sera revêtu.

[283]Versets composés du Psaume 31 (32), 1 et du Psaume 64 (65), 5 : la béatitude du pardon et du choix divin (« heureux celui que tu as reçu… il habitera dans tes parvis »). Chantés sur la mélodie funèbre, ils disent la mort au péché et l’entrée dans la demeure de Dieu.

[284]L’Évangile est l’entretien de Jésus avec Nicodème (Jean 3, 1-21), sur la nécessité de « naître de nouveau, d’eau et d’Esprit » : la profession monastique est une seconde naissance, un nouveau baptême spirituel. Nicodème, « homme d’entre les pharisiens », vient à Jésus de nuit, cherchant la vie nouvelle.

[285]Note sur le copte. — Les intercessions invoquent les pères du monachisme égyptien : Antoine le Grand (ⲀⲚⲦⲰⲚⲒⲞⲤ), père des moines, Paul de Thèbes le premier ermite, et les trois Macaire de Scété avec leurs compagnons « porte-croix » (Ⲛ̀ⲤⲦⲀⲨⲢⲞⲪⲞⲢⲞⲤ, du grec σταυροφόρος). Le copiste écrit ⲘⲘⲀⲒⲚⲞⲨϢⲎⲢⲒ (« amis de leurs enfants »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[286]La coupe des cheveux : le prêtre tranche la chevelure du candidat en cinq croix — renoncement au monde et consécration totale —, scandée par la bénédiction trinitaire (« Béni soit le Père… son Fils unique… l’Esprit Saint »), couronnée par « gloire et honneur ». La même formule scande le rite du lecteur (chapitre XXXIV) ; ici elle marque la mort monastique au siècle.

[287]L’hymne du revêtement magnifie Antoine le Grand (251-356), « père de tous les moines », dont le nom « a resplendi dans toute la terre d’Égypte ». L’image de « l’arbre qui porte du fruit dans le désert » reprend le Psaume 1, 3. Le moine, en revêtant l’habit, s’agrège à la lignée des Pères du désert.

[288]L’habit monastique copte comprend la coule (qalansuwa, capuchon brodé de croix), la tunique et la ceinture de cuir, signes du combat ascétique. Le degré le plus élevé est l’eskim (le grand schème, du grec σχῆμα), que ne portent pas tous les moines. L’hymne demande « le feu de l’Esprit Saint » et que le corps devienne « un temple de l’Esprit » (1 Corinthiens 6, 19).

[289]Les quarante et une invocations « Kyrie eleison » (yā rabb irḥam) sont un usage copte commémorant les souffrances du Christ. Le rite culmine dans un geste d’humilité : le nouveau moine, assis, baise les pieds de toute l’assemblée tandis qu’on baise sa tête et la croix qu’il tient — l’abaissement comme voie de l’exaltation.

[290]Note sur le copte. — La « psalie » (absāliya, du grec ψαλία) du mardi est une hymne strophique propre au jour. Le copiste écrit Ⲙ̀ⲠⲈ ⲂⲀⲖ (legg. Ⲙ̀ⲠⲈ ⲂⲀⲖ ⲚⲀⲨ, « l’œil n’a pas vu », 1 Corinthiens 2, 9) ; et ⲚⲒⲠⲀⲢⲀⲆⲞⲤⲒⲤ (grec παράδοσις, « traditions »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[291]Note du traducteur. — La profession monastique copte est conçue comme une mort au monde et une nouvelle naissance : le rite emprunte la mélodie des funérailles, car le moine meurt au siècle pour renaître en Christ. Trois années de probation précèdent l’engagement. Le cœur du rite est la coupe des cheveux et le revêtement de l’habit : le prêtre coupe les cheveux du candidat en cinq croix — renoncement au monde —, scandé par la bénédiction trinitaire ; puis il bénit et impose l’habit monastique — la coule (le capuchon), la tunique et la ceinture de cuir, signes du combat spirituel. L’hymne d’Antoine le Grand, père des moines, accompagne le revêtement, rattachant le nouveau profès à la lignée ininterrompue du monachisme égyptien, dont l’Égypte fut le berceau au IVᵉ siècle. La prosternation finale scelle l’oblation de toute une vie. L’Église copte orthodoxe perpétue aujourd’hui cette tradition monastique, l’une des plus anciennes et des plus vivantes de la chrétienté.

[292]L’eskim — du grec σχῆμα, le « grand schème » — est le degré monastique suprême, distinct de la simple profession (chapitres XXXVII-XXXVIII). Son service redouble le thème de la mort au monde : oraison des défunts (ⲈⲦⲀⲨⲈⲚⲔⲞⲦ, « ceux qui se sont endormis ») et mélodie funèbre, le candidat mourant plus radicalement encore au siècle.

[293]L’Apôtre est d’Hébreux 13, 7-26 (« Souvenez-vous de vos conducteurs… Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement »), et l’Évangile de Luc 12, 32-44 (« Ne crains point, petit troupeau… vendez vos biens et faites l’aumône »). Le Psaume 91 (92), 13-14 (« le juste fleurira comme le palmier ») célèbre la fécondité spirituelle du moine accompli.

[294]L’intercession invoque de nouveau Antoine le Grand, par la prière confiante tirée de l’Évangile : « J’ai cherché et j’ai trouvé, j’ai demandé et j’ai reçu, j’ai frappé et il me sera ouvert » (Matthieu 7, 7-8 ; Luc 11, 9-10). À la différence de la première profession, le revêtement de l’eskim se fait debout (ⲘⲰⲒ ϨⲒⲰⲦⲔ, « ceins-toi »), signe de la stature spirituelle atteinte, et l’on remet au schémarque une croix.

[295]Note sur le copte. — Le diacre proclame ⲦⲀⲤ ⲔⲈⲪⲀⲖⲀⲤ (du grec τὰς κεφαλὰς ὑμῶν τῷ κυρίῳ κλίνατε, « inclinez vos têtes devant le Seigneur »). Le copiste écrit ⲆⲞⳫⲀ ⲤⲒ Ⲟ ⲐⲈⲞⲤ (legg. ⲆⲞⳫⲀ ⲤⲞⲒ Ⲱ ⲐⲈⲞⲤ, grec δόξα σοι ὁ θεός). L’éditeur signale plusieurs incertitudes de lecture sur ce feuillet ; voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[296]L’eskim est appelé « l’habit angélique » (al-shakl al-malā’ikī) : la tradition compare le grand schème à l’état des anges. Le rite culmine, comme la profession simple, dans l’humilité — le porteur du grand schème baise les pieds de toute l’assemblée. L’habit comprend, outre l’eskim proprement dit, les ceintures et le burnous (burnus, capuchon-manteau).

[297]Note du traducteur. — L’eskim — du grec « schèma », le « grand schème » ou « habit angélique » — est le degré monastique suprême, distinct de la simple profession. Son service redouble le thème de la mort au monde : oraison des défunts, mélodie funèbre, lectures du renoncement (Hébreux 13 sur les conducteurs disparus, Luc 12 « vendez vos biens et faites l’aumône »). Le candidat, déjà moine, accède à un état que la tradition compare à celui des anges. Le grand Antoine demeure le modèle, par sa prière confiante « j’ai cherché et j’ai trouvé » (Matthieu 7). À la différence de la première profession, le revêtement de l’eskim se fait debout, signe de la stature spirituelle atteinte, et l’on remet au schémarque une croix. Le rite culmine, comme la profession simple, dans l’humilité : le porteur du grand schème baise les pieds de toute l’assemblée. L’Église copte orthodoxe réserve aujourd’hui encore le grand schème aux moines les plus avancés dans la vie contemplative.

[298]La candidate est accueillie à la porte de l’église au chant ⲬⲈⲢⲈ ⲚⲈ ⲘⲀⲢⲒⲀ (« Salut à toi, Marie ») : la Vierge est le modèle de la vie consacrée féminine. Le prêtre qui revêt l’habit doit être un moine, « fils » spirituel d’Antoine le Grand. Cf. l’Euchologe de Tuki, et l’étude de Giamberardini sur les moniales coptes (1955).

[299]La moniale est « appelée au Christ » — épouse du Christ. Le voile étendu sur elle et sur l’higoumène (l’abbesse, al-ra’īsa) marque son entrée dans la communauté féminine. Le Psaume 118 (119), « Heureux ceux dont la voie est intègre », accompagne l’attente.

[300]Les lectures déploient le thème nuptial : l’Apôtre sur la virginité (1 Corinthiens 7, « la vierge se soucie des choses du Seigneur, pour être sainte de corps et d’esprit »), le psaume des noces royales (Psaume 44/45, 15-16 : « les vierges amenées au Roi, introduites dans son temple »), et la parabole des dix vierges attendant l’Époux (Matthieu 25, 1-13 : « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure »).

[301]Comme pour les moines, la moniale reçoit la coupe des cheveux et le revêtement de l’habit. Le rite emprunte la mélodie funèbre — mort au monde —, mais l’habit est ici célébré comme un vêtement céleste de gloire, et la moniale appelée « fille de Sion » (Psaume 9, 15 ; Sophonie 3, 14).

[302]Note sur le copte. — L’hymne du revêtement est tissé de réminiscences scripturaires : ⲀⲢⲈϮ ϨⲒⲰϮ Ⲙ̀ⲪⲢⲀϢⲒ (« tu as revêtu la joie », cf. Psaume 29, 12) ; Ϯ̀ϢⲈⲢⲒ Ⲛ̀ⲤⲒⲰⲚ (« la fille de Sion ») ; Ϯ̀ϨⲈⲂⲤⲰ Ⲛ̀ⲚⲀⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ (« le vêtement des cieux »). Il s’achève sur l’intercession mariale ⲀⲚⲞⲚ ϨⲰⲚ ⲦⲈⲚⲦⲰⲂϨ. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[303]Note du traducteur. — La profession des moniales suit de près celle des moines, avec une coloration nuptiale propre. La candidate, « appelée au Christ », est accueillie à la porte de l’église au chant « Salut à toi, Marie » : la Vierge est le modèle de la vie consacrée féminine. Les lectures déploient le thème de l’épouse du Christ : l’Apôtre sur la virginité (1 Corinthiens 7), le psaume des noces royales (Psaume 44, « les vierges amenées au Roi »), et la parabole des dix vierges qui attendent l’Époux (Matthieu 25). Comme pour les moines, le rite emprunte la mélodie funèbre — mort au monde — et comporte la coupe des cheveux et le revêtement de l’habit, ici célébré comme un vêtement céleste de gloire ; la moniale est appelée « fille de Sion ». L’Église copte orthodoxe maintient une vie monastique féminine florissante, héritière des vierges et des ascètes des premiers siècles.

[304]Le grand schème des moniales suit le rite des hommes (renvoyant explicitement à « l’eskim des hommes »), mais en intensifie l’exigence. L’Apôtre est de 2 Corinthiens 10, 1-18 (« je vous exhorte par la douceur et la mansuétude du Christ »), où Paul oppose la faiblesse apparente et la force spirituelle — paradoxe de la vie consacrée.

[305]Le Psaume 60 (61), 3-6 (« tu m’as conduite sur un rocher… une tour de force ») chante la protection divine. L’Évangile de Luc 14, 25-35 pose l’exigence radicale du grand schème : « quiconque ne porte pas sa croix et ne vient après moi ne peut être mon disciple… renoncer à tout ce qu’il possède. »

[306]Une particularité distingue la consécration de la moniale au grand schème : l’onction du front à l’huile, accompagnant l’imposition de la main — signe du sceau de l’Esprit sur l’épouse du Christ. Le rite des moines ne mentionnait pas cette onction.

[307]Note sur le copte. — Le rite culmine dans le canon ⲬⲈⲢⲈ Ϯ̀ϢⲈⲖⲈⲦ ⲈⲦⲈⲢⲞⲨⲰⲒⲚⲒ (« Salut à l’épouse — Ϯ̀ϢⲈⲖⲈⲦ, la fiancée — rayonnante ») : la moniale est l’épouse du Christ. Le copiste écrit ⲀⲔϬⲀⲦⲤ et ⲀⲔϬⲒⲘⲰⲒⲦ au féminin (la moniale parlant). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[308]Note du traducteur. — Le grand schème des moniales achève la section monastique. Il suit le rite des moines, renvoyant explicitement à « l’eskim des hommes », mais conserve sa coloration nuptiale. Les lectures intensifient l’exigence : l’Apôtre (2 Corinthiens 10, « par la douceur et la mansuétude du Christ ») et surtout l’Évangile de Luc 14 — « quiconque ne porte pas sa croix… ne peut être mon disciple ». Une particularité distingue la consécration de la moniale au grand schème : l’onction du front à l’huile, signe du sceau de l’Esprit. Le rite culmine dans le canon « Salut à l’épouse rayonnante » : la moniale est l’épouse du Christ, et la procession qui la ramène à sa communauté reprend le chant marial « Salut à toi, Marie ». L’Église copte orthodoxe perpétue cette vie monastique féminine, dont les grandes figures remontent aux ascètes des premiers siècles.

[309]Les funérailles des patriarches et des évêques ouvrent la dernière grande section du manuscrit. À l’approche de la mort, le clergé et le peuple — y compris les orphelins et les veuves, dont l’évêque était le protecteur — se rassemblent pour le baiser d’adieu et l’absolution. Cf. le Sacramentaire de Tuki, p. 309-377.

[310]La mort est saluée par un grand deuil, « comme les fils d’Israël pour Jacob » (Genèse 50, 1-3). Le corps, lavé, est revêtu de la plénitude des ornements : vêtements liturgiques, deux grands schèmes (eskims), deux coules, le burnous, et la croix liée à la main droite avec le mandīl (linge liturgique) — l’évêque demeure, jusque dans la mort, prêtre et moine.

[311]La Liturgie funèbre rassemble des lectures de circonstance : l’adieu de Paul mourant (2 Timothée 3, 10 – 4, 8 : « j’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course… la couronne de justice »), son adieu aux anciens d’Éphèse à Milet (Actes 20, 17-38), et l’Évangile du bon Pasteur (Jean 10, 1-18) — car l’évêque fut le pasteur du troupeau.

[312]La conclusion de la Pauline prend ici sa forme propre au « siège vacant » (sede vacante) : ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲬⲀⲤⲐⲈ ⲨⲠⲈⲢ ⲦⲞⲚ ⲀⲚⲀⲠⲀⲨⲤⲞⲚ (du grec προσεύχασθε ὑπὲρ τῆς ἀναπαύσεως, « priez pour le repos »), où l’on insère le nom du patriarche défunt et l’on implore le repos de son âme.

[313]Note sur le copte. — Le Psaume processionnel est composé du Psaume 106 (107), 32 et 41-42 : ⲘⲀⲢⲞⲨϨⲈⲘⲤϤ ϦⲈⲚ ⲦⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ (« qu’ils l’exaltent dans l’assemblée »). Le copiste écrit ⲚⲎⲈⲦ ⲤⲞⲨⲦⲰⲚ (legg. ⲚⲎ ⲈⲦⲤⲞⲨⲦⲰⲚ, « les hommes droits »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[314]Le Psaume 72 (73), 23-28 (« tu m’as accueilli dans la gloire ») et l’Évangile du pain de vie (Jean 6, 35-46 : « celui qui vient à moi n’aura jamais faim ») orientent le deuil vers l’espérance de la vie éternelle. Le Psaume 72 est ici donné en arabe seul, la colonne copte du manuscrit étant restée blanche.

[315]Le répons (ṭarḥ) s’adresse directement au défunt comme à un intercesseur — « ô grand parmi les patriarches… demande au Seigneur qu’il nous pardonne » —, témoignant de la communion des saints. Le peuple prie pour le repos de l’âme et pour que Dieu suscite « un bon pasteur » à sa place.

[316]Un geste émouvant marque l’encensement : on dépose l’encens dans la main même du patriarche défunt, puis on le porte à l’encensoir — comme si le pasteur offrait l’encens une dernière fois —, et chaque prêtre fait de même. Le défunt, tenant la croix, demeure jusqu’au bout le célébrant de son propre office.

[317]Note sur le copte. — La triple acclamation grecque ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ · ⲔⲈ ⲈⲖⲈⲎⲤⲞⲚ ⲔⲈ ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲤⲞⲚ (κύριε ἐλέησον… κύριε εὐλόγησον, « Seigneur aie pitié… Seigneur bénis ») ouvre la doxologie funèbre. Le copiste écrit ⲆⲞⳫⲀ ⲤⲒ Ⲟ Ⲟ̅Ⲥ̅ (legg. ⲆⲞⳫⲀ ⲤⲞⲒ Ⲟ Ⲟ̅Ⲥ̅, grec δόξα σοι). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[318]Les douze prophéties forment un véritable lectionnaire de la résurrection, déployé sur tout l’Ancien Testament. Deux d’entre elles (Genèse 25 et Daniel 12) portent dans le manuscrit la rubrique « se dit aux funérailles des higoumènes et des prêtres » — précieux indice sur le rite abrégé du clergé inférieur, qui réutilise une partie de l’office épiscopal.

[319]Trois lectures portent l’annonce explicite de la résurrection : Jonas dans le ventre du poisson (type des trois jours du Christ au tombeau, cf. Matthieu 12, 40), Daniel 12 (« ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront ») et surtout la vision d’Ézéchiel sur la vallée des ossements desséchés. La guérison d’Ézéchias, avec le recul du soleil de dix degrés (Isaïe 38), figure la vie rendue.

[320]L’hymne ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ (« l’Ami des hommes », φιλάνθρωπος) est chanté sur la mélodie pénitentielle du Grand Carême, « quart par quart » (selon les quatre sections du mode). Les psaumes processionnels qui suivent (117, 118, 138) accompagnent le transport du corps vers la sépulture.

[321]Note sur le copte. — Les psaumes sont désignés par leur incipit copte : ⲞⲨⲰⲚϨ ⲈⲂⲞⲖ Ⲙ̀Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (Psaume 117/118, « rendez grâce au Seigneur ») ; ⲞⲨⲀⲄⲀⲐⲞⲤ ⲠⲈ ⲠⲈϤⲚⲀⲒ (Psaume 118/119) ; ⲠⲈϪⲎⲒ ϪⲈ ϨⲀⲢⲀ ⲈⲢⲈ ⲞⲨⲔⲀⲔⲒ (Psaume 138/139, 11). Le copiste écrit ⲈⲢⲈ ⲞⲨⲔⲀⲔⲒ (legg. ⲈⲢⲈϢ ⲞⲨⲬⲀⲔⲒ). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[322]La seconde Liturgie de la Parole reprend l’Apôtre d’Hébreux 13, 7-21 (« souvenez-vous de vos conducteurs… Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement »), le Psaume 90 (91), « celui qui demeure sous la protection du Très-Haut », et l’Évangile de Luc 22, 24-30, où le Christ enseigne que le plus grand doit se faire serviteur, et promet aux Douze de siéger sur des trônes.

[323]Le sommet de l’office est l’exhortation d’adieu du patriarche, prononcée en son nom par le célébrant tandis que son corps gît devant l’assemblée. Le ṭarḥ s’ouvre sur ⲀⲚⲞⲔ ⲠⲈ ⲠⲈⲦⲈⲚⲒⲰⲦ (« Je suis votre père »). Ce testament spirituel se déploie en une litanie d’admonitions, suivie de promesses et d’une humble demande de pardon et de prières pour le repos de l’âme du défunt.

[324]Le peuple supplie le défunt — désormais intercesseur auprès du Christ — de se souvenir de ses « orphelins ». La mention de la « Jérusalem céleste » et du « sein des patriarches » (le manuscrit ajoute par erreur « Abba un tel », là où il faut lire « Abraham, Isaac et Jacob ») inscrit le défunt dans la lignée des justes. Saint Marc l’évangéliste, premier patriarche d’Alexandrie, demeure le modèle.

[325]Les diptyques (commémoration des défunts) inscrivent le patriarche dans la grande lignée : ⲘⲀⲘⲦⲞⲚ ⲚⲀⲤ ϦⲈⲚ ⲔⲈⲚϤ Ⲛ̀ⲚⲈⲚⲒⲞϮ ⲈⲐⲨ(« donne-lui le repos dans le sein de nos pères saints »). Le diacre proclame le προσεύχασθε ὑπὲρ τῆς ἀναπαύσεως (« priez pour le repos »).

[326]Le corps, porté en procession sept fois autour de l’autel, est déposé sur le brancard, et l’on chante une doxologie qui compare le patriarche à Moïse recevant le sacerdoce d’Aaron (ⲀⲔϬⲒⲦ ⲬⲀⲢⲒⲤ Ⲙ̀ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ). Une troisième Liturgie de la Parole suit : l’Apôtre de Romains 5, 6-17 (« le Christ est mort pour les impies… ils régneront dans la vie ») et de nouveau l’Évangile du pain de vie (Jean 6).

[327]Le ṭarḥ ⲐⲰⲞⲨϮ ⲦⲎⲢⲞⲨ Ⲙ̀ⲪⲞⲞⲨ ϦⲀ ⲚⲒⲬⲢⲒⲤⲦⲒⲀⲚⲞⲤ (« Rassemblez-vous tous aujourd’hui, ô chrétiens ») s’adresse au peuple « devenu aujourd’hui orphelin » par la mort de son père. Le thème de l’orphelinat spirituel parcourt tout l’office épiscopal.

[328]Au moment où l’on dépose le défunt « au cœur de la terre », on chante la psalie ⲀⲠ̀ⲔⲀϨⲒ ⲔⲞⲦϤ (« ô terre, reçois-le »), sur l’évangile des mines (Luc 19, 11-19), qui promet au bon serviteur l’autorité sur cinq cités. L’inhumation est ainsi placée sous le signe de la fidélité récompensée et de l’espérance de la résurrection.

[329]Note sur le copte. — La psalie d’inhumation ⲀⲠ̀ⲔⲀϨⲒ ⲔⲞⲦϤ (« la terre, qu’elle le reçoive ») et la doxologie ⲀⲔϬⲒⲦ ⲬⲀⲢⲒⲤ Ⲙ̀ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ sont propres au rite funéraire copte. Le copiste écrit Ⲛ̀ⲆⲀⲨⲒⲆ (legg. Ⲛ̀ⲆⲀⲨⲒⲆ, Psaume 131/132, 1) ; ⲚⲒⲪⲢⲈⲤⲂⲒⲀ pour ⲚⲒⲠⲢⲈⲤⲂⲒⲀ (« les intercessions »). Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[330]Note du traducteur. — Les funérailles des patriarches et des évêques ouvrent la dernière grande section du manuscrit, et déploient, en un seul long office, une théologie de l’espérance pascale autant qu’un grand cérémonial. À l’approche de la mort, le clergé et le peuple — jusqu’aux orphelins et aux veuves — se rassemblent pour le baiser d’adieu. L’office conjugue sans cesse le deuil et l’espérance : les lectures montent vers la résurrection — le psaume « tu m’as accueilli dans la gloire » (Psaume 72), et surtout l’Évangile du pain de vie (Jean 6, « celui qui vient à moi n’aura jamais faim »). Au cœur du rite, les douze prophéties forment un véritable lectionnaire de la résurrection : parcourant tout l’Ancien Testament — Abraham, Moïse, David —, elles culminent dans les annonces explicites du relèvement, Jonas dans le ventre du poisson (figure des trois jours au tombeau) et les ossements desséchés d’Ézéchiel rendus à la vie. Vient ensuite une page d’une rare émotion : l’exhortation d’adieu du défunt, prononcée en son nom par le célébrant tandis que son corps gît devant l’assemblée — testament spirituel où se pressent les admonitions : « gardez la foi en la Trinité sainte, aimez-vous d’un amour véritable ». Enfin l’ensevelissement, où le faste cède à la déchirure du deuil : après les diptyques — qui inscrivent le défunt « dans le sein de nos pères saints » —, le corps est porté en procession autour de l’autel, encensé une dernière fois par sa propre main, et déposé au tombeau au chant de la doxologie de Moïse. L’Église copte orthodoxe entoure ainsi le passage de ses pasteurs d’une liturgie où le deuil se change en confession de la vie éternelle.

[331]Les funérailles des prêtres et des higoumènes suivent le modèle épiscopal sous une forme abrégée. Le corps du prêtre, lavé et revêtu chez lui, est porté à l’église au chant ⲠⲒⲘⲀⲒⲢⲰⲘⲒ Ⲛ̀ⲀⲄⲀⲐⲞⲤ (« le bon Ami des hommes ») sur la mélodie du Grand Carême, ou, aux jours de réjouissance (Pentecôte, dimanches), au chant Ⲡ̅Ⲭ̅Ⲥ̅ ⲠⲒⲖⲞⲄⲞⲤ (« Christ le Verbe »). Cf. le Sacramentaire de Tuki, p. 377-397.

[332]La tonalité de l’office des prêtres est plus pénitentielle que celle des évêques : on chante ⲀⲒⲈⲢⲠⲚⲞⲂⲒ (« j’ai péché, j’ai péché »), reconnaissant l’humble condition du défunt devant Dieu, et ⲚⲒⲈⲦϢⲰⲚⲒ ⲘⲀⲦⲀⲖϬ (« les malades, guéris-les »). Plusieurs hymnes sont prévus selon l’heure et le temps liturgique.

[333]Note sur le copte. — Le manuscrit renvoie explicitement aux prophéties du rite patriarcal (chapitre XLIV), reprises telles quelles : le copiste a laissé un blanc pour le numéro du feuillet. Le rite des prêtres réutilise ainsi le lectionnaire de la résurrection. La rubrique « et de même toutes les funérailles » indique que cet office sert de cadre général, décliné selon la qualité du défunt (diacres, laïcs, femmes, enfants ; cf. Tuki, p. 397-490).

[334]L’Évangile est chanté sur la mélodie de la Pâque (al-basḫa) : la mort du chrétien est un passage pascal. Aux jours de réjouissance — Pentecôte, dimanches, fêtes —, le deuil cède la place à l’allégresse, et les lectures (Apôtre, psaume, Évangile) prennent leur forme festive.

[335]Le génie pastoral du rite copte apparaît ici : un même office adapte son répons (ṭarḥ) à chaque état de vie. Pour un prêtre, ⲐⲰⲞⲨϮ ⲦⲎⲢⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲎⲒ (« rassemblez-vous, ô peuples des langues ») ; pour un diacre, ⲈϪⲈⲚ ⲠⲀⲤⲞⲚ Ⲛ̀ⲤⲰⲦⲠ (« sur mon frère élu, le diacre ») ; pour un laïc ou une femme, ⲦⲀⲒ Ⲯ̀ⲨⲬⲎ ⲐⲀⲒ (« cette âme, pour laquelle nous sommes assemblés ») ; pour un enfant, la prière qui le compte « parmi les âmes des enfants purs ».

[336]Note sur le copte. — Le diacre proclame ⲦⲰ ⲔⲈ ⲀⲄⲈⲐⲞⲞⲘⲈⲚ, forme corrompue du grec τὸ καθεξῆς (« la suite »), rubrique annonçant la commémoration. Les divers répons gardent le mode ⲀⲄⲀⲰ ⲠⲈⲚⲤⲰⲦⲎⲢ (« ô bon, notre Sauveur »), dont seul le second « quart » varie selon le défunt. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[337]L’onction du défunt avec l’huile bénite, en trois croix de haut en bas, est une particularité de cet office : c’est la première mention, dans le manuscrit, de l’onction des morts (l’éditeur le souligne). Le peuple reçoit ensuite la bénédiction de cette huile, avant la consolation de la famille endeuillée.

[338]Le « Kyrie eleison » répété quarante et une fois revient à chaque étape de l’office funéraire (devant le corps, puis sur le tombeau). Ce nombre, traditionnel dans la piété copte, évoque les quarante jours du Christ au désert et au tombeau-Résurrection, et structure la prière d’intercession pour le défunt.

[339]Note du traducteur. — Les funérailles des prêtres et des higoumènes suivent le modèle épiscopal, mais sous une forme abrégée et plus pénitentielle. Le manuscrit renvoie explicitement aux prophéties du rite patriarcal, reprises telles quelles. Le corps du prêtre, lavé et revêtu chez lui, est porté à l’église par les diacres. Mais ce rite révèle surtout le génie pastoral de la liturgie funéraire copte : un même office s’adapte à chaque état de vie. Après l’Évangile — chanté sur la mélodie de la Pâque, signe que la mort est un passage —, le célébrant choisit le répons selon la qualité du défunt, appelant tour à tour « les peuples des langues » à se rassembler ; puis viennent les diptyques, l’onction, et l’ensevelissement. Ainsi l’Église copte orthodoxe honore-t-elle chacun de ses ministres selon sa mesure, dans une même et unique espérance de résurrection.

[340]Lorsque le patriarche lui-même préside les obsèques d’un prêtre, il s’en réserve les parties essentielles — l’Évangile, l’oraison des défunts, l’onction et la Bénédiction —, tandis qu’un prêtre associé assure le reste. S’il ne découvre pas sa tête (ne célèbre pas pleinement), un prêtre choisi officie, mais le patriarche dit lui-même la parole décisive.

[341]« La levée de la natte » (rafʿ al-ḥaṣīr) est l’office de commémoration célébré le troisième jour après la mort — la natte des pleureurs étant alors retirée —, puis renouvelé au septième jour, au quarantième, aux six mois et à l’anniversaire. Ce rythme du deuil oriental est calqué sur les jours de la Résurrection et de l’Ascension. Cf. le Sacramentaire de Tuki, p. 502-524.

[342]Un vase d’eau, de sel et de basilic est placé au milieu de la maison endeuillée ; à la fin de l’office, le prêtre en asperge les quatre côtés de la demeure, le lit et les vêtements du défunt — purification et bénédiction du foyer que la mort a visité. Le basilic (rayḥān), plante associée à la Résurrection dans la piété copte, et l’eau salée signifient la vie qui renaît.

[343]Note sur le copte. — L’office repère ses moments par des incipit coptes : ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⳫⲒⲞⲒⲚ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ (« rends-nous dignes, ô Seigneur ») ; Ⲫ̅Ϯ ⲚⲀⲒ ⲚⲀⲚ (« ô Dieu, aie pitié de nous ») ; Ϯ̀ⲚⲈⲚϪⲒⲚⲐⲰⲞⲨϮ (« notre rassemblement »). Le copiste écrit ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⳫⲒⲞⲒⲚ pour ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⳫⲒⲞⲚ. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[344]Note du traducteur. — Ce chapitre clôt les rites funéraires par deux compléments. D’abord le cas où le patriarche lui-même préside les obsèques d’un prêtre : il en réserve les parties essentielles — l’Évangile, l’oraison des défunts, l’onction —, tandis qu’un prêtre associé assure le reste. Puis vient « la levée de la natte », l’office de commémoration célébré le troisième jour, puis au septième, au quarantième, aux six mois et à l’anniversaire — rythme du deuil chrétien oriental, calqué sur les jours de la Résurrection et de l’Ascension. Un vase d’eau, de sel et de basilic est placé au milieu de la maison endeuillée ; à la fin, le prêtre asperge de cette eau bénite les quatre côtés de la demeure, le lit et les vêtements du défunt — purification et bénédiction du foyer que la mort a visité. Le basilic, plante de la Résurrection dans la piété copte, signifie la vie qui renaît. L’Église copte orthodoxe perpétue ces commémorations, où la prière pour les morts unit l’Église militante et l’Église triomphante.

[345]Ce rite délicat règle le cas où le calice, par négligence, a subi un accident — les saintes espèces renversées, le vase brisé ou souillé. Le copiste note avoir trouvé ce formulaire dans la trésorerie de l’église de saint Macaire, au désert de Scété, l’un des hauts lieux du monachisme copte. Cf. l’Euchologe de Tuki, p. 352-361.

[346]La précaution est extrême, témoignant du respect absolu pour les saints Mystères : le saint Corps, demeuré sur la patène, est mis à part, couvert et veillé par un diacre ou un prêtre tenant un cierge allumé, tandis qu’on restaure le précieux Sang. Le prêtre, les mains enveloppées d’un linge consacré, ne touche jamais directement les espèces.

[347]L’Apôtre est le récit de l’institution (1 Corinthiens 11, 23-27), où Paul transmet les paroles mêmes du Christ à la Cène, et conclut par le grave avertissement sur la communion indigne — « quiconque mange ce pain et boit cette coupe indignement sera coupable du corps et du sang du Seigneur » —, gravité qui éclaire la nécessité même de ce rite réparateur.

[348]Le Psaume choisi est le verset 5 du Psaume 22 (grec ; 23 hébreu) — « tu as dressé une table devant moi… ta coupe qui enivre » —, où la tradition chrétienne a toujours lu une préfiguration de la coupe eucharistique. Le choix est admirablement adapté à la reconsécration du calice.

[349]L’Évangile (Matthieu 26, 26-29) rapporte l’institution même de l’Eucharistie à la Cène, avec la promesse du Christ de boire le fruit nouveau de la vigne dans le Royaume. Ainsi la restauration du calice profané se fait-elle en répétant, mot pour mot, les gestes et les paroles fondateurs du Seigneur.

[350]La Prière de la réconciliation (le ṣulḥ) précède le baiser de paix : l’assemblée demande à devenir « un seul corps et un seul esprit, dans le lien parfait de l’amour et de la paix ». C’est l’une des grandes prières de l’anaphore copte, ici reprise pour la reconsécration.

[351]Le rite s’écarte ici du formulaire ordinaire : le célébrant prononce sur le calice la prière de la fraction puis l’épiclèse, qui contemplent le Christ « donnant de son côté ouvert une source intarissable de vie » — allusion au sang et à l’eau jaillis du flanc transpercé (Jean 19, 34) —, et supplient Dieu de manifester le vin comme un sang saint, « afin qu’il devienne un » avec le saint Corps. Une rubrique marginale précise le geste décisif : « il pose son doigt sur le calice ».

[352]Le saint Corps, gardé à part durant tout le rite, est rapporté à sa place, et une parcelle en est unie au Sang reconsacré, selon la commixtion habituelle de la Liturgie (ⲒⲤ ⲠⲀⲦⲎⲢ ⲀⲄⲒⲞⲤ, « Un est le Père saint »). C’est l’union du Corps et du Sang qui scelle la reconsécration ; la communion peut alors être distribuée.

[353]Note sur le copte. — Le texte suit la version bohaïrique reçue : ⲪⲀⲒ ⲠⲈ ⲠⲀⲤⲰⲘⲀ (« ceci est mon corps ») ; ⲠⲀⲒ ⲀⲪⲞⲦ Ϯ̀ⲆⲒⲀⲐⲎⲔⲎ Ⲙ̀ⲂⲈⲢⲒ(« cette coupe est la nouvelle alliance », du grec διαθήκη). La prière de la fraction est celle dite « du Vendredi saint ». L’initiale Ⲧ de ⲦⲈⲚϮϨⲞ est agrandie, et le copiste a porté en marge la rubrique « il pose son doigt sur le calice ». Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[354]Note du traducteur. — Ce rite délicat règle le cas où le calice, par négligence, a subi un accident — les saintes espèces renversées, le vase brisé, ou souillé. Il témoigne du respect absolu de l’Église copte orthodoxe pour les saints Mystères. La précaution est extrême : le saint Corps, demeuré sur la patène, est mis à part, couvert et veillé, tandis qu’on restaure le précieux Sang ; le prêtre, les mains enveloppées d’un linge consacré, ne touche jamais directement les espèces. La reconsécration reprend alors le déroulement entier de l’anaphore eucharistique, car c’est par une véritable consécration que le Sang est rétabli : la triple bénédiction trinitaire, le mélange du vin et de l’eau, puis les trois lectures de l’institution — l’Apôtre (1 Corinthiens 11), le Psaume de la coupe (Psaume 22) et l’Évangile de la Cène (Matthieu 26) —, la Prière de la réconciliation, le baiser de paix, et enfin la fraction et l’épiclèse, où le célébrant, posant son doigt sur le calice, supplie Dieu de manifester le vin comme un sang saint, « afin qu’il devienne un » avec le saint Corps mis à part. Une parcelle du Corps est alors unie au Sang reconsacré, et la communion distribuée. Le formulaire se clôt sur une disposition canonique : le cas de la négligence est déféré au patriarche, à qui revient l’examen et la pénitence — souci d’ordre et de réparation qui couronne ce rite tout entier voué à la révérence des saints Mystères. Le copiste note l’avoir trouvé dans la trésorerie de l’église de saint Macaire, au désert de Scété.

[355]La prière d’ouverture remonte au geste de Moïse aspergeant de sang « tous les vases du service » (cf. Exode 24, 6-8 et Lévitique 8, 15), inscrivant la consécration chrétienne dans la continuité du culte mosaïque, désormais accompli dans le sang du Christ.

[356]La patène, destinée à porter le saint Corps, est bénie sous l’image du « banquet des mille ans » (cf. Apocalypse 20, 4-6), figure du festin eucharistique et eschatologique où les justes règnent avec le Christ.

[357]La prière du calice porte une admirable confession christologique : le Christ est « Dieu et homme tout ensemble, dont la divinité est inséparable de l’humanité » (Ⲫ̅Ϯ ⲞⲨⲞϨ Ⲫ̀ⲢⲰⲘⲒ ⲈⲨⲤⲞⲠ), formule de l’union sans confusion ni séparation, chère à la christologie copte. Il « a répandu son sang de sa propre volonté pour sa créature ».

[358]Chaque vase est oint du saint Chrême — ⲠⲒⲘⲈⲢⲞⲚ, du grec μύρον —, au-dedans et au-dehors, comme les fidèles le sont au baptême : ces objets, voués au contact des saints Mystères, sont eux-mêmes sanctifiés.

[359]La cuiller (ⲘⲨⲤⲦⲎⲢ, du grec μυστήρ) — par laquelle le prêtre administre la communion — est rapprochée des pincettes du Séraphin qui, dans la vision d’Isaïe (Isaïe 6, 6-7), prit le charbon ardent de l’autel céleste pour purifier les lèvres du prophète : le charbon ardent est l’Eucharistie, la cuiller les pincettes, et la communion une purification brûlante.

[360]La prière des voiles déploie deux typologies. Les linges qui couvrent l’autel évoquent d’abord le ciel « paré de couleurs variées » ; puis, plus profondément, les linceuls qui enveloppèrent le corps du Christ au tombeau — « envoie sur eux la force des linges qui enveloppèrent ton corps pur dans le sépulcre » —, en sorte que ces étoffes participent au mystère de l’ensevelissement et de la Résurrection.

[361]Note sur le copte. — Les vases sont désignés par leurs noms grecs : ⲆⲒⲤⲔⲞⲤ (la patène, δίσκος), ⲠⲞⲦⲎⲢⲒⲞⲚ (le calice, ποτήριον), ⲘⲨⲤⲦⲎⲢ (la cuiller, μυστήρ), ⲘⲀⲠⲠⲀ (le voile). La grande initiale Ⲫ̅Ϯ du début de chaque prière est tracée sur plusieurs lignes de hauteur, à la manière des manuscrits enluminés. Voir l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[362]Note du traducteur. — Cette section consacre, par une prière propre à chacun, les vases sacrés de l’autel ; et chaque prière développe une typologie biblique en rapport avec l’objet. La prière générale remonte au geste de Moïse aspergeant de sang « tous les vases du service », inscrivant la consécration chrétienne dans la continuité du culte mosaïque, accompli dans le sang du Christ. La patène — destinée à porter le saint Corps — est bénie sous l’image du « banquet des mille ans », figure du festin eucharistique et eschatologique. Le calice — destiné au précieux Sang — appelle une admirable confession christologique : le Christ est « Dieu et homme tout ensemble, dont la divinité est inséparable de l’humanité, qui a répandu son sang pour sa créature ». La cuiller — par laquelle on administre la communion — est rapprochée des pincettes du Séraphin qui, dans la vision d’Isaïe, prit le charbon ardent de l’autel céleste pour purifier les lèvres du prophète : le charbon est l’Eucharistie, la cuiller les pincettes, la communion une purification brûlante. Enfin les voiles évoquent à la fois le ciel paré de couleurs et les linceuls du tombeau du Christ. Chaque vase reçoit l’onction du saint Chrême, comme les fidèles au baptême. Cette poésie liturgique, qui voit dans chaque objet du sanctuaire un reflet du ciel et un mémorial du salut, est l’un des trésors de la spiritualité copte.

[363]Note sur le copte. — Le corps de la prière est en bohaïrique et reproduit à la lettre la leçon du manuscrit ; les divergences avec la version arabe — que suit la traduction française —, lorsque l’éditeur ne les a pas relevées, sont expliquées ici. L’initiale, le Ⲫ de ⲪⲚⲎⲂ (« ô Maître »), est, selon l’apparat de l’édition du Caire (1962), sensiblement plus grande que les autres et se prolonge sur quatre lignes environ. Le vocabulaire est fortement hellénisé : ⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ (παντοκράτωρ), ⲬⲈⲢⲞⲨⲂⲒⲘ et ⲤⲈⲢⲀⲪⲒⲘ, ⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ (ἀπόστολος), ⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ (ἐκκλησία), ⲘⲞⲚⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ(μοναστήριον). L’image y est désignée par le mot ⲀⲨⲘⲎⲚ. Trois endroits séparent le copte de l’arabe : le copte nomme Moïse et ajoute « toi qui, par ton serviteur Moïse, lui donnas une loi » (ⲦⲈⲔⲂⲰⲔ ⲘⲰⲨⲤⲎⲤ ⲀϤϮ ⲚⲞⲘⲞⲤ Ⲛ̀ⲀϤ), là où l’arabe ne porte que « dès le commencement » ; le copte lit « tes apôtres élus » (Ⲛ̀ⲈⲔⲤⲰⲦⲠ Ⲛ̀ⲀⲠⲞⲤⲦⲞⲖⲞⲤ), l’arabe seulement « tes apôtres » ; et, à la clause finale, le copte demande que « la bénédiction de Dieu vienne sur eux » (Ⲛ̀ⲦⲈϤϬⲒⲤⲘⲞⲨⲦ Ⲛ̀ⲦⲈ Ⲫ̅Ϯ), quand l’arabe dit « qu’il ait un intercesseur auprès de Dieu ». Deux fautes du copiste, signalées par l’éditeur : ⲞⲨ ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ (legg. Ⲟ ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ, « l’évêque »), et, pour « au-dessus de l’autel », la forme Ⲛ̀ϪⲈ (legg. ⲀϪⲈⲚ) rétablie d’après Tūki. Toutes ces leçons du manuscrit ont été conservées, les corrections étant renvoyées à l’apparat de l’édition du Caire (1962).

[364]Note du traducteur. — Cette prière consacre l’icône par une théologie de l’image d’une grande profondeur. Elle ne fonde pas la vénération des images sur une simple coutume, mais la rattache à trois moments de l’économie du salut : le tabernacle de Moïse, où Dieu commanda de figurer les Chérubins au-dessus de l’arche (Exode 25, 18-22) ; le Temple bâti par Salomon « en faveur » de la Présence à Jérusalem ; et, par-dessus tout, l’Incarnation — « par l’incarnation de ton Fils unique-engendré » —, qui rend l’image possible, puisque le Dieu invisible s’est rendu visible dans la chair. C’est l’argument même que développera saint Jean Damascène contre les iconoclastes, et que le second concile de Nicée (787) érigera en dogme : l’icône n’est point une idole, et l’honneur qu’on lui rend remonte à celui qu’elle représente. La prière demande enfin que quiconque s’approche de l’image « avec foi » y trouve un intercesseur : l’icône n’est pas adorée, mais vénérée comme une fenêtre ouverte sur le ciel et sur le saint qu’elle figure. L’Église copte orthodoxe, qui n’a jamais traversé de crise iconoclaste, a gardé cet attachement intact : ses icônes — de l’école ancienne aux maîtres d’aujourd’hui — demeurent, dans chaque sanctuaire et chaque foyer, le lieu d’une présence et le mémorial d’une communion des saints toujours vivante. On gardera toutefois, à la lecture, la juste distance : la prière prête à l’image un rôle d’intercession dont la théologie orthodoxe elle-même précise aussitôt les bornes — l’honneur rendu à l’icône « remonte à son modèle » et ne se confond jamais avec l’adoration due à Dieu seul ; et l’attribution de la fondation des églises aux apôtres relève de la mémoire pieuse plutôt que de l’histoire. Ces réserves n’ôtent rien à la profondeur du texte : elles en éclairent la juste réception.

[365]Note sur le copte. — Le titre copte du rite porte ⲞⲨⲈⲨⲬⲎ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲤⲰⲘⲀ Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲘ̅Ⲣ̅Ⲧ̅ (« une prière sur les corps des martyrs »), avec l’abréviation suslinéaire Ⲙ̅Ⲣ̅Ⲧ̅ pour ⲘⲀⲢⲦⲨⲢⲞⲤ ; dans la rubrique, après ⲠⲒⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ, l’édition porte un mot entre crochets que nous n’avons pu élucider — lecture à confirmer sur le fac-similé. Le mot clef de la prière est ⲖⲨⲘⲮⲀⲚⲞⲚ (grec λείψανον, « reste, relique »), passé tel quel dans l’arabe الليمشانون — que suit notre « lipsanes » — et que Tuki glose « أي بقايا », « c’est-à-dire : les restes ». Leçons du manuscrit conservées : ⲚⲒⲦⲨⲠⲞⲤ, legg. avec T ⲚⲒⲦⲞⲠⲞⲤ (« les lieux », τόπος, et non « les figures », τύπος ; l’arabe traduit المساكن, « les demeures ») ; ⲈⲐⲢⲞⲨⲢⲀϦⲪⲒ, graphie fautive par métathèse, legg. avec T ⲈⲐⲢⲞⲨⲈⲢⲪⲀϦⲢⲒ (« afin qu’ils portent remède », de ⲪⲀϦⲢⲒ, « le remède ») ; et, dans la doxologie, ⲚⲀⲘⲀⲔ, legg. ⲚⲈⲘⲀⲔ. Du côté arabe : la leçon وإن كان هو شيد est fautive, legg. وإن كان هو واحداً (éd.) ; احتملوها, legg. avec T قبلوها (« qu’ils ont accueillies ») ; et T lit إذ جعلت السبب, « puisque tu as placé la cause », là où le manuscrit porte l’impératif اجعل السبب, que suit notre traduction. Restent à confirmer sur le fac-similé les lectures ⲈⲨϢⲞⲠ, ⲀⲨϤⲀⲒ Ⲙ̀ⲠⲞⲨⲬ̀ⲖⲞⲘ, ϮϨⲨⲠⲞⲐⲈⲤⲒⲤ et Ⲙ̀ⲠⲞⲨϪⲀⲒ. L’apparat renvoie à l’Euchologe de Tuki, p. 53-56.

[366]Note du traducteur. — L’Église copte orthodoxe se nomme elle-même l’Église des martyrs : son calendrier compte les années depuis l’avènement de Dioclétien — l’ère des Martyrs, qui commence en l’an 284 de notre ère —, mémorial perpétuel de la grande persécution qui ensanglanta l’Égypte. Cette prière est le plus ancien témoin, dans notre ordonnancement, d’une véritable théologie des reliques : les martyrs ont « combattu le bon combat » — l’écho de la seconde épître à Timothée (4, 7) est manifeste — ; leurs couronnes sont déjà aux cieux, dans « les demeures qui donnent la vie », mais leurs corps demeurent sur la terre, « glorifiés », et Dieu lui-même y a placé « des sources de guérison ». Le mot grec conservé jusque dans l’arabe — les lipsanes, λείψανα — dit assez la continuité de cette piété avec l’Église des premiers siècles, celle du martyre de saint Polycarpe, où les fidèles recueillaient déjà les ossements « plus précieux que les pierres de grand prix ». La tradition demeure pleinement vivante : chaque église copte consacrée abrite des reliques, enveloppées dans leurs étuis cylindriques que l’on porte en procession aux jours de fête ; les pèlerinages de saint Mènas, de saint Georges ou de sainte Damienne rassemblent les foules ; et l’inscription au synaxaire des Vingt et un martyrs de Libye, mis à mort en 2015, atteste que l’ère des martyrs n’est point close pour cette Église. Le lecteur du vingt-et-unième siècle gardera toutefois la juste mesure que le texte lui-même enseigne : les sources de guérison viennent « de toi » — de Dieu seul, à qui toute demande est adressée par le Sauveur —, en sorte que la vénération des corps saints se comprend comme le sacrement de la communion des saints, et non comme une vertu thaumaturgique qui résiderait dans la matière ; et l’on distinguera, comme la prière le fait elle-même, la prosternation rendue aux martyrs de l’adoration due à Dieu seul. Ces précisions, loin d’affaiblir le texte, en dégagent la doctrine véritable : Dieu honore ceux qui l’ont honoré jusqu’au sang.

[367]Note sur le copte. — La prière s’ouvre sur l’invocation Ⲫ̀ⲚⲎⲂ Ⲡ̅Ⲟ̅Ⲥ̅ Ⲫ̅Ϯ ⲠⲒⲠⲀⲚⲦⲞⲔⲢⲀⲦⲰⲢ (« ô Maître, Seigneur Dieu, le Tout-Puissant »), que l’arabe suit mot à mot. Le mot qui désigne la planche fait difficulté : le manuscrit porte Ⲥ̀ⲘⲞⲨ ⲈⲠⲒⲠⲀⲄⲒⲤ ⲪⲀⲒ, et l’apparat corrige, legg. avec T, en un mot que nous lisons ⲠⲒⲤⲀⲚⲒⲤ (?) (grec σανίς, « la planche ») — la graphie du manuscrit comme celle de l’apparat restent à confirmer sur le fac-similé. Leçons du manuscrit conservées : ⲚⲒⲤⲀⲢⲀⲪⲒⲘ, legg. ⲚⲒⲤⲈⲢⲀⲪⲒⲘ ; ⲚⲒⲦⲞⲨϨⲞ (?), legg. avec T ⲚⲒⲦⲰⲞⲨ (« les montagnes ») ; ⲤⲰⲦⲞⲚ (?), legg. avec T ⲤⲰⲞⲨⲦⲈⲚ (« étends ») ; ⲞⲨⲢⲀⲠⲈⲌⲀ, legg. ⲞⲨⲦ̀ⲢⲀⲠⲈⲌⲀ, et plus loin Ⲛ̀ⲦⲀⲒⲘ̀ⲠⲀⲚⲈⲌⲀ (?), legg. avec T ϮⲦⲢⲀⲠⲈⲌⲀ (grec τράπεζα, « la table ») ; ⲈϤⲈⲚⲔⲞⲦ (« qui dort »), T ⲈϤⲔⲎⲦ (« qui est bâti »), que suit l’arabe مبني et notre traduction ; ⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ, legg. avec T ⲈⲢⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ ; ⲀϤⲤ̀ⲘⲞⲨ ⲈⲢⲞⲔ, legg. avec T ⲈⲢⲰⲞⲨ (« il les bénit », que suit l’arabe باركهم) ; ⲠⲈⲔϨⲞⲚϨⲀⲚ, legg. avec T ⲠⲈⲔϨⲞⲚϨⲈⲚ ; ⲠⲒⲀⲬⲀⲬⲒⲤⲦⲞⲤ (?), legg. avec T ⲠⲒⲈⲖⲀⲬⲒⲤⲦⲞⲤ (grec ἐλάχιστος, « le moindre »). Dans la clausule, l’apparat de T porte ϪⲈ ⲈⲚⲬⲀⲒ ⲚⲒⲂⲈⲚ, ϦⲈⲚ ⲚⲒⲤⲔⲈⲨⲞⲤ ⲦⲎⲢⲞⲨ, ⲈⲐⲢⲞⲨⲬⲰ Ⲙ̀ⲘⲰⲞⲨ, et ϨⲒⲚⲀ Ⲛ̀ⲦⲞⲨⲈⲢⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ là où le manuscrit semble porter ϨⲀⲚⲀⲚⲦⲰⲞⲨ ⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ (?) — passage à vérifier sur le fac-similé, comme la lecture ⲤⲰⲦⲈⲘ ⲈⲢⲞⲒ, pour laquelle l’apparat donne une variante. La formule de signation est grecque : ⲬⲢⲒⲤⲦⲞⲤ ⲨⲒⲞⲤ ⲐⲈⲞⲨ ⲀⲄⲒⲀⲤⲀⲤ ⲀⲨⲦⲎⲚ ⲦⲰ Ⲡ̀ⲚⲈⲨⲘⲀⲦⲒ ⲀⲄⲒⲰ ⲀⲨⲦⲞⲨ (Χριστὸς Υἱὸς Θεοῦ, ἁγιάσας αὐτὴν τῷ Πνεύματι ἁγίῳ αὐτοῦ, « le Christ, Fils de Dieu, l’a sanctifiée par son Esprit Saint ») ; l’arabe rend librement par une bénédiction — « Béni soit le Seigneur Jésus le Christ… » —, que suit notre traduction ; l’apparat signale un mot répété dans la formule (nous lisons ⲀⲄⲒⲀⲤⲀⲤ (?)) et donne la leçon de T : ⲈⲨⲖⲞⲄⲒⲦⲞⲤ Ⲕ̅Ⲥ̅… Du côté arabe : T = الذي صنع ; T = ومليتهما من روح قدسك ; T = والبحر ; T = بالحجارة والطوب ; T = أطلب إليك فاستمع لي ; T = كل شيء يوضع عليها ; T = من كل أواني الهيكل ; et pour la bénédiction, T = يسوع المسيح ابن الله الذي قدسها بروح قدسه. L’apparat renvoie à l’Euchologe de Tuki, p. 56-58.

[368]Note du traducteur. — La planche que consacre cette prière est demeurée, jusqu’à ce jour, au cœur de chaque autel copte : c’est la tablette de bois (اللوح, al-lawḥ) que l’évêque consacre du saint Myron et qui repose sur la table de l’autel — souvent gravée de la croix et de lettres saintes —, en sorte qu’aucune Liturgie ne se célèbre sans elle. Elle répond au même besoin que l’antimension des Grecs : aux siècles des persécutions et des destructions d’églises, la planche consacrée permettait d’offrir les saints Mystères en tout lieu, « au lieu d’un sanctuaire élevé, bâti de briques et de pierres », comme le dit admirablement la prière elle-même. La théologie du rite est d’une grande élévation : son typos est le tabernacle de Moïse — la tente sacrée que le chef des prophètes sanctifia au désert, elle aussi démontable et voyageuse —, et la signation du Myron sur les quatre côtés inscrit la croix aux quatre dimensions du monde. La formule grecque conservée dans le rite — « le Christ, Fils de Dieu, l’a sanctifiée par son Esprit Saint » — dit la doctrine entière : ce n’est point la matière du bois qui sanctifie, mais l’Esprit du Christ qui la consacre en vue de l’Eucharistie. Le lecteur du vingt-et-unième siècle se gardera donc d’attribuer à l’objet même quelque vertu qui lui serait propre : la planche est sainte comme est saint l’autel — par destination et par grâce — ; et l’humilité du bois, préférée à la hauteur des pierres, enseigne que Dieu agrée l’offrande des pauvres et des Églises dépouillées : leçon que l’Église copte, si souvent privée de ses sanctuaires au long de son histoire, a méditée mieux qu’aucune autre.

[369]Note sur le copte. — Le copte reproduit la lettre du manuscrit ; l’apparat de l’édition princeps, qui le collationne avec l’Euchologe de Tuki (cfr. p. 184 et 113 ss.), relève les leçons suivantes. À l’ouverture, ⲠⲒⲘⲒⲞⲨⲢⲄⲞⲤ est fautif : legg. avec T ⲠⲒⲆⲒⲘⲒⲞⲨⲢⲄⲞⲤ (« le démiurge »). Le membre « qui fais… en tout temps » est d’une lecture malaisée dans le manuscrit (ⲪⲎⲈⲦⲒ̀ Ⲛ̀ⲞⲨⲈ̀ⲘⲞⲨ ?) ; T porte « qui fais toute forme (Ⲥ̀ⲘⲞⲦ) et toute bénédiction » et ajoute « avec tout homme » — lecture à confirmer sur le fac-similé. T lit encore ⲠⲒⲢⲈϤⲈⲢⲠⲈⲐⲚⲀⲚⲈϤ pour -ⲚⲀϤ, « tout le genre » (ⲦⲎⲢϤ) pour « tout genre », et simplement « Toi, notre Maître » là où le copiste écrit Ⲛ̀ⲐⲞⲔ ⲞⲚ ⲠⲈⲚⲚⲎⲂ ⲚⲒⲂⲈⲚ (sic). Pour « tu as établi des églises », le manuscrit donne ⲈⲔⲤⲈⲘⲚⲒ Ⲛ̀ⲚⲒⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ contre T ⲀⲔⲤⲈⲘⲚⲒ Ⲛ̀ϨⲀⲚⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ. La rubrique diaconale est écrite ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲬⲈⲤⲐⲈ : legg. ⲠⲢⲞⲤⲈⲨⲜⲀⲤⲐⲈ ; l’éditeur note que le copiste l’avait anticipée, avec la mention « l’évêque dit, la face vers l’orient », dans un petit blanc de la ligne, et qu’il la restitue à sa place logique. Dans l’épiclèse, ⲈⲦϨⲞ (?) se corrige avec T en ⲈⲦϨⲰⲞⲨ (« mauvaise »), ⲚⲒϨⲀⲢⲀⲦⲒⲔⲞⲤ en ⲚⲒϨⲈⲢⲈⲦⲒⲔⲞⲤ (« hérétiques »), et la forme fautive du mot « œuvres » (Ⲛ̀ⲀⲢⲄⲎⲀ ?) se lit avec T ⲈⲚⲈⲢⲄⲒⲀ ; la leçon de T sur le membre suivant, « que l’on dit ou que l’on fait » (ⲤⲈⲐⲀⲘⲒⲞ Ⲛ̀ϪⲈ ⲚⲒ— ?), reste à confirmer. Deux mots sont répétés par le copiste après « ceux qui croient » (Ⲙ̀ⲠⲰⲞⲨ bis) : legg. avec T ⲚⲎⲈⲐⲚⲀϮ Ⲙ̀ⲠⲞⲨⲞⲨⲞⲒ(« ceux qui s’avancent »). Enfin T lit « les péchés » (Ⲛ̀ⲦⲈ ⲚⲒⲚⲞⲂⲒ) là où le manuscrit porte « nos péchés », « sa miséricorde » (ⲚⲀϢ ⲠⲈϤⲚⲀⲒ) pour « ta miséricorde », et la doxologie corrige ⲠⲒⲰⲞ (?) en ⲠⲒⲰⲞⲨ (« la gloire »). L’éditeur signale en outre, au début de la prière, une grande initiale de la hauteur de quatre lignes, commune à un second mot. Dans l’arabe, il corrige « al-junūs » en « al-ajnās » (« de toutes les sectes »).

[370]Note du traducteur. — Cette ouchia — le mot copte-arabe désigne une prière d’intercession insérée dans l’office — n’est pas une consécration nouvelle, mais un relèvement : la table profanée n’est point détruite ni remplacée ; elle est lavée d’eau, enveloppée d’encens, et l’évêque appelle sur elle l’Esprit Saint, comme au jour de sa première consécration. L’Église copte orthodoxe garde jusqu’à ce jour cette économie du relèvement : l’autel touché par l’impureté est purifié et rendu au service, car la grâce de Dieu n’est pas vaincue par la souillure. On admirera le réalisme du cas prévu — la fiente de souris —, qui dit mieux qu’aucun traité la matérialité du culte : le sanctuaire copte est un lieu véritable, exposé aux bêtes et à la poussière, et la sainteté s’y défend avec de l’eau, de l’encens et une prière. Quant au « toucher des dissidents de toutes les sectes », le lecteur du vingt-et-unième siècle le replacera dans l’Égypte mamelouke du quinzième siècle, où la communauté copte, assiégée et diminuée, défendait l’intégrité de ses autels comme le dernier bien qui lui restât : cette clôture rituelle protégeait le mystère, elle ne jugeait pas les personnes ; et l’œcuménisme de notre temps, sans renier la discipline de l’autel, lira dans la même prière que Dieu est « le bienfaisant envers tout le genre des hommes ».

[371]Note sur le copte. — Le copte reproduit la lettre du manuscrit ; les crochets [ ] de l’édition princeps suppléent d’après l’Euchologe de Tuki (cfr. op. cit., 50-54, sous le titre « bénédiction des vêtements sacerdotaux, des vases, du socle du calice et de la boîte à encens ») ce qui manque au codex. L’apparat relève : Ⲛ̀ⲦⲈⲔⲂⲞⲔ, legg. avec T Ⲛ̀ⲦⲈ ⲠⲈⲔⲂⲰⲔ (« de ton serviteur ») ; Ⲛ̀ⲚⲎⲈⲐⲚⲀ ⲘⲞⲨⲚ, legg. Ⲛ̀ⲚⲎⲈⲐⲚⲀⲘⲞⲨⲚ ; Ⲙ̀ⲠⲈⲦⲦⲀⲔⲞ, T Ⲛ̀ⲚⲎⲈⲦⲦⲀⲔⲞ ; ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⲜⲒⲞⲨⲒⲚ, legg. ⲀⲢⲒⲔⲀⲦⲀⲜⲒⲞⲒⲚ ; ⲤⲔⲈⲞⲤ (deux fois), legg. Ⲥ̀ⲔⲈⲨⲞⲤ (σκεῦος, le vase) ; ⲞⲨⲠ̀ⲚⲀⲦⲒⲔⲒ, T Ⲡ̀ⲚⲀⲦⲒⲔⲞⲚ(πνευματικόν). La clause « daigne sanctifier cette stolê (Ⲛ̀ⲦⲀⲒⲈ̀ⲦⲞⲖⲎ, legg. Ⲥ̀ⲦⲞⲖⲎ, στολή : le vêtement liturgique)… et ce vase aussi » n’a de répondant ni dans l’arabe du codex ni dans celui de Tuki, ainsi que l’éditeur le signale expressément ; la version française de cette clause est donc du présent traducteur, faite directement sur le copte. La doxologie s’interrompt sur l’incipit ⲪⲀⲒ ⲈⲦⲈ, selon l’usage des abréviations liturgiques ; l’arabe de T supplée de même « celui-ci qui… ». Lectures à confirmer sur le fac-similé : Ⲉ̀ϮⲀⲢⲒⲀⲄⲒⲀⲌⲒⲚ (le Ϯ paraît pléonastique), ⲚⲈⲘ ⲪⲀⲒ ⲞⲚ ⲠⲒⲤ̀ⲔⲈⲨⲞⲤ, ⲠⲒⲈ̀ϨⲘⲞⲦ (legg. avec T ⲠⲒϨ̀ⲘⲞⲦ), Ⲛ̀ⲚⲈⲔⲆⲰⲢⲈⲀ (le manuscrit paraît porter Ⲛ̀ⲚⲈⲔⲦⲞⲨⲢⲈⲀ, δωρεά estropié), Ⲛ̀ⲀⲚⲒⲪⲎⲞⲨⲒ.

[372]Note du traducteur. — Cette courte prière clôt le grand dossier des vases ouvert à la page 268 de l’édition : la ligne finale, « Les vases du service de l’autel. Amen. », en est l’explicit, et l’on saura gré au copiste d’avoir ainsi refermé son coffre. Le calice (al-kaʾs) et la boîte à encens (ḥuqq al-bakhūr) demeurent, dans l’Église copte orthodoxe d’aujourd’hui, ce qu’ils étaient sous Gabriel V : le diacre présente encore la boîte au célébrant, qui y prend les grains d’encens pour l’encensoir, à l’office du soir comme à celui du matin et dans la Liturgie ; et le copte nomme l’offrande euxaristia — l’action de grâces —, là où l’arabe dit le vœu (nadhr) : c’est qu’à ce jour les familles coptes offrent aux églises calices, patènes et voiles en acquit d’un vœu, souvent gravés d’un « Souviens-toi, Seigneur, de ton serviteur » ; le « un tel » du formulaire attend, depuis cinq siècles, chacun de ces noms. La théologie de l’échange — les choses célestes pour les terrestres, l’incorruptible pour le corruptible — est celle du trésor dans le ciel (Matthieu 6, 19-20), appliquée avec une belle simplicité à l’orfèvrerie du sanctuaire. Le lecteur du vingt-et-unième siècle gardera cependant en mémoire que le texte imprimé est ici une collation : les crochets marquent ce que l’éditeur a emprunté à Tuki pour combler le codex, et la prière, telle qu’on la lit, n’existe en son entier dans aucun des deux témoins — réserve critique qui n’ôte rien à la continuité vivante du geste : bénir l’objet, c’est consacrer la main qui le donne.

[373]Note sur le copte. — Le copte reproduit la lettre du codex, dont le grec, écrit à l’oreille, est corrigé par l’apparat de l’éditeur (rubrique renvoyée à Tuki, Euchologe, 176-177, sous le titre arabe « service de la Liturgie en présence des pères » ; Diaconale, 480-481 ; O. H. E. Burmester, The Greek Kîrugmata, p. 385-386) : ⲤⲐⲀⲦⲒⲦⲈ, legg. ⲤⲦⲀⲐⲎⲦⲈ (στάθητε) ; ⲪⲞⲠⲞⲨ, legg. ⲪⲞⲂⲞⲨ (φόβου) ; ⲀⲔⲞⲤⲰⲘⲈⲚ, legg. ⲀⲔⲞⲨⲤⲰⲘⲈⲚ(ἀκούσωμεν) ; Ⲛ̀ⲞⲨⲤⲒⲞⲨⲦⲀⲦⲞⲤ, legg. ⲚⲞⲤⲒⲰⲦⲀⲦⲞⲤ (ὁσιώτατος) ; ⲠⲈⲦⲢⲞⲤ, legg. ⲠⲀⲦⲢⲞⲤ (πατρός : le copiste a fait du « père » un Pierre) ; ⲠⲒⲘⲈⲚ ⲠⲒⲘⲈⲚⲞⲚ, legg. ⲠⲞⲒⲘⲈⲚⲞⲤ ⲠⲞⲒⲘⲈⲚⲰⲚ (ποιμὴν ποιμένων) ; le second ⲀⲢⲬⲎⲈⲢⲈⲨⲤ, legg. ⲀⲢⲬⲎⲈⲢⲈⲰⲚ (ἀρχιερέων) ;ⲠⲀⲒⲀⲦⲦⲞⲨϪⲞⲤ, legg. avec les autres témoins ⲠⲒⲆⲒⲀⲆⲞⲬⲞⲤ (διάδοχος, le successeur) ; ⲠⲒⲈⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲤⲦⲎⲤ, legg. ⲠⲒⲈⲨⲀⲄⲄⲈⲖⲒⲤⲦⲎⲤ ; ⲀⲢⲬⲰⲚ, legg. avec le Diaconale ⲦⲞⲨ ⲠⲀⲦⲢⲒⲀⲢⲬⲞⲨ ; ⲦⲈⲘⲀⲄⲀⲖⲞⲨⲠⲞⲨⲖⲎⲞⲨ, legg. ⲦⲎⲤ ⲘⲈⲄⲀⲖⲞⲠⲞⲖⲈⲰⲤ ; ⲈⲖⲌⲀⲚⲆⲢⲒⲀ, legg. avec le Diaconale ⲀⲖⲈⲜⲀⲚⲆⲢⲒⲀⲤ ; sur Ⲓ̅Ⲗ̅Ⲏ̅Ⲙ̅ (Jérusalem, « la cité de notre Dieu »), l’éditeur remarque expressément qu’aucun proème connu ne donne cet appellatif au patriarche alexandrin ; ⲚⲒⲈⲐⲀⲨϢ (les Éthiopiens), legg. avec Tuki ⲀⲐⲀⲨϢ ; Ⲛ̀ⲚⲈⲚϪⲀϪⲒ et Ⲛ̀ⲚⲈⲚϢⲀⲖⲀⲨϪ, legg. avec les autres témoins Ⲛ̀ⲚⲈϤϪⲀϪⲒ… Ⲛ̀ⲚⲈϤϬⲀⲖⲀⲨϪ (« ses ennemis… sous ses pieds ») : le copiste a tiré à soi, et aux siens, l’abaissement des ennemis du pontife, et notre version le suit à la lettre. La pièce se clôt sur le cri ⲦⲰⲂϨ ⲈⲠⲬ̅Ⲥ̅ (« Priez le Christ »). Lectures à confirmer sur le fac-similé : Ⲙ̀ⲠⲢⲞⲎⲦⲞⲤ (πρόεδρος, le prélat, estropié ?), Ⲙ̀ⲪⲒⲖⲒⲘⲰⲚ, ⲦⲈϤϨⲒⲔⲞⲚ, les numéraux ⲠⲒⲘⲀϨⲒ̅Ⲅ̅ et ⲠⲒⲘⲀϨⲈ̅, la graphie de Ⲓ̅Ⲗ̅Ⲏ̅Ⲙ̅, ⲀⲢⲒⲔⲒⲀ (ⲀⲪⲢⲒⲔⲒⲀ, l’Afrique ?), l’abréviation Ⲉ̅Ⲑ̅ après ⲠⲈⲚⲒⲰⲦ.

[374]Note du traducteur. — La version française de cette pièce est du présent traducteur, établie directement sur le copte-grec du codex et contrôlée sur les parallèles de Tuki, du Diaconale et de Burmester : l’arabe, qui règle partout ailleurs notre traduction, fait ici entièrement défaut, la rubrique seule étant arabe ; les mots d’intelligence incertaine sont rendus sous réserve et discutés dans la note sur le copte. C’est le proème que le diacre proclame avant l’Évangile lorsque le patriarche préside — et rien n’en est mort. Le « Tenez-vous debout avec crainte de Dieu » (ⲤⲦⲀⲐⲎⲦⲈ ⲘⲈⲦⲀ ⲪⲞⲂⲞⲨ ⲐⲈⲞⲨ) s’entend encore, en grec, avant l’Évangile de chaque Liturgie copte orthodoxe. La titulature — père des pères, pasteur des pasteurs, successeur de saint Marc, patriarche de la grande cité d’Alexandrie, de toute l’Égypte, de l’Éthiopie et de l’Afrique — est demeurée, presque mot pour mot, le protocole du pape d’Alexandrie, dont le siège étend aujourd’hui encore sa sollicitude sur toute l’Afrique. L’éloge du « treizième des apôtres » et du « cinquième évangile » est un topos d’acclamation que l’Égypte chrétienne décerna d’abord à ses grands docteurs, et qu’elle applique ici au successeur de Marc. Et le souhait des « longues années et des temps paisibles » vit toujours dans les acclamations hiérarchiques. Que le grec en soit écrit à l’oreille, au point que « père » devienne « Pierre », n’est pas une honte du copiste, mais un témoignage : au quinzième siècle, ces formules se transmettaient de bouche à bouche, comme un chant, dans une langue que l’Égypte ne parlait plus mais qu’elle refusait de taire. Le lecteur du vingt-et-unième siècle fera deux réserves : l’extension de la titulature à Jérusalem, que l’éditeur relève comme insolite, appelle la prudence critique, non l’édification ; et l’abaissement des ennemis « sous les pieds » — que le copiste, d’instinct, a fait passer du pontife à son peuple — est une courtoisie de cour héritée du Psaume cent-neuvième, qu’il faut lire comme une prière pour la paix de l’Église, non comme un programme temporel.

[375]Note sur le texte. — Le témoin de cet appendice n’est plus le manuscrit de Paris : c’est le Vatican copte 46, que l’éditeur donne d’après la transcription qu’en fit Tuki dans le Borgia copte 77, feuillets 296 recto à 321 verso (cfr. Codices Coptici, I, p. 289 ; II, 1, p. 340) ; les crochets de l’édition désignent le copiste de la copie. La date porte le dimanche 8 bachons de l’an 1127 des Martyrs, soit le 3 mai 1411, sous Gabriel, 88ᵉ patriarche — notre Gabriel V lui-même. L’apparat relève entre autres : šrkīs, legg. Sarkīs ; l’emploi promiscue de haykal et de madhbah (« sanctuaire » et « autel »), que l’éditeur rapproche de sa note à la page 54 ; le passif arabe rendu à l’ordinaire par la troisième personne active, à la manière du copte ; la correction marginale du copiste « on couvre » là où le passif eût été plus juste ; ⲞⲨⲤⲒⲀ-ⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ coupé fautivement, et ϨⲀⲚⲞⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ pour le pluriel ; la rubrique de l’onction, avec sa réponse, écrite de droite à gauche contre l’usage du témoin ; et l’arabe traduisant inexactement le grec de l’admonition ⲦⲀⲤ ⲔⲈⲪⲀⲖⲀⲤ ⲎⲘⲰⲚ. La foliation marginale court de 136 recto à 143 recto, mais le feuillet 143 recto y paraît avant le feuillet 142 verso : les cahiers du témoin sont donc inversés, comme ceux de la fin du Paris arabe 98. La présente section a été établie sur le compagnon OCR de l’édition, le budget d’images de l’atelier étant épuisé : les cotes des psaumes et des prophéties (portées en chiffres coptes à la marge, dit l’éditeur), les acclamations grecques — fort estropiées — et les pièces strophiques coptes des pages 299-300, 302, 304 et 310, dont nous ne citons que les incipit, restent à collationner sur le fac-similé avant impression in extenso. Le texte imprimé s’interrompt à la page 315, au milieu de la litanie du cœur unique, sur le feuillet 143 recto : la suite de l’ordo demeure dans le témoin, hors de l’édition.

[376]Note du traducteur. — La version française de cet appendice suit l’arabe du témoin, qui en est la langue propre ; les incipit coptes et grecs qui n’ont point de répondant arabe sont rendus, là où ils le sont, par le présent traducteur, et chacun de ces endroits le déclare expressément. Ce document est un trésor : on y voit Gabriel V en personne, le 3 mai 1411, consacrer des tables d’autel en l’église du grand martyr Mercure, au Caire, devant ses prêtres, ses archontes et son peuple — l’Ordonnancement cesse d’être un livre et devient une journée. Et cette journée n’a pas fini de se lever : l’Église copte orthodoxe consacre toujours ses autels le jour de la Résurrection ou en temps pascal, au ton de joie ; elle lave toujours la table à l’eau consacrée avant de la signer du saint Myron au nom de la Trinité ; elle brise ou réserve toujours ce qui a touché l’eau du sacre, pour que rien du consacré ne retourne à l’usage commun ; elle chante toujours, à la dédicace, la Tente du témoignage — l’intelligence à David, la sagesse à Salomon, la corne à Samuel, les clefs à Pierre, la virginité à Jean, la prédication à Paul et à Marc — et l’encensoir d’or de la Vierge ; et le « treizième des apôtres et cinquième des évangélistes » de la grande intercession répond, à un siècle de distance, au proème diaconal qui clôt le corps de notre recueil. Les vingt prophéties — de la Tente de Moïse au Temple de Salomon et à la Maison d’Ézéchiel — déploient la théologie copte de la consécration : l’église de pierre est l’héritière de la Tente et la figure de la Cité-Épouse de l’Apocalypse, que le patriarche lit pierre à pierre sur les douze assises. Le lecteur du vingt-et-unième siècle fera trois réserves : la prière pour « le roi de la terre » et ses armées s’adresse, en 1411, au sultan mamelouk — loyalisme de protection qu’il faut lire dans son siècle, non comme une doctrine politique ; le témoin est une copie privée, écrite par Jérémie pour son fils le diacre Sarkis « pour y recourir au temps du besoin », non un registre officiel de la chancellerie patriarcale — sa lettre vaut donc témoignage d’usage, non loi ; et l’absolution universelle que le patriarche y prononce « de sa bouche » s’enracine dans Jean vingt, 22-23, que le texte cite en toutes lettres — l’Église copte y lit un ministère de miséricorde confié aux successeurs des apôtres, jamais un pouvoir personnel : le célébrant s’y nomme lui-même « le pauvre, leur serviteur ».