LA LAMPE DANS LES TÉNÈBRES
pour éclairer le Service liturgique
Encyclopédie liturgique de l’Église copte
par le prêtre
Abū l-Barakāt
connu sous le nom d’Ibn Kabar
(mort en 1324)
La Lampe dans les Ténèbres
pour éclairer le Service liturgique
Encyclopédie liturgique de l’Église copte
Volume I — Chapitres 1 à 12
Auteur : Abū l-Barakāt Ibn Kabar (mort en 1324)
Surnommé Shams al-Riʾāsa
Édition et traduction française par
Coptipedia.com
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ISBN : 9798197756275
Éditeur : Coptipedia.com
Première édition — 2026
Préface du traducteur
La lampe dans les Ténèbres
Traduire La lampe dans les Ténèbres n’est pas seulement faire passer un texte arabe copte du XIVe siècle dans une langue contemporaine. C’est approcher une œuvre de mémoire, de fidélité et de résistance. C’est entrer dans la conscience d’une Église qui, au fil des siècles, a souvent perdu le pouvoir, parfois la sécurité, quelquefois la langue de ses origines, mais jamais la certitude de garder la tradition reçue des apôtres, des martyrs, des Pères et des moines. Ce livre d’Ibn Kabar n’est pas seulement un manuel liturgique. Il est une lampe posée au cœur d’une histoire bénie par le sang des saints.
Son auteur, Abū al-Barakāt Ibn Kabar, que la tradition connaît aussi sous le nom de Shams al-Riʾāsa, appartient à cette grande lignée de savants coptes arabophones qui ont porté la mémoire de l’Église d’Alexandrie à un moment décisif de son histoire. Il fut homme de culture, homme d’administration, homme de parole et homme d’Église. Issu d’une famille copte notable du Caire, il connut les milieux du pouvoir et servit comme secrétaire auprès de l’émir Baybars al-Manṣūrī. Il participa ainsi, directement ou indirectement, à l’écriture de l’histoire politique de son temps. Mais lorsqu’un décret imposa aux chrétiens de quitter l’administration ou d’abandonner leur foi, il choisit la foi. Ce choix donne à toute son œuvre sa gravité spirituelle : Ibn Kabar n’écrit pas depuis le confort d’un érudit dans sa demeure à l’écart du monde, mais depuis la conscience d’un homme qui a connu le prix concret de l’appartenance au Christ.
Il y a dans cette trajectoire quelque chose de profondément évangélique. L’homme qui avait accès aux charges, à la langue de l’État, aux cercles du pouvoir, renonce à ce qui pouvait lui assurer prestige et protection pour se consacrer au service de son Église. Ce renoncement ne l’a pas conduit au silence. Il l’a conduit à une parole plus estimable que les charges publiques : une parole de transmission. Ses sermons, son grand dictionnaire copto-arabe, ses écrits liturgiques et ecclésiastiques témoignent d’une même urgence : sauver ce qui pouvait être oublié, expliquer ce qui risquait d’être répété sans être compris, transmettre ce qui avait été reçu avant lui.
La lampe dans les Ténèbres est donc une œuvre de témoignage et un manuel de la foi. Elle se situe à l’intersection de plusieurs mondes : le monde copte ancien, dont la langue liturgique et la mémoire patristique demeurent vivantes ; le monde arabe médiéval, devenu le cadre intellectuel, social et administratif de l’Égypte chrétienne ; le monde liturgique de l’Église, où la foi n’est pas seulement formulée, mais chantée, célébrée, accomplie ; enfin le monde de la rupture ecclésiale, né des blessures ouvertes par les controverses christologiques et par le concile de Chalcédoine. Ces mondes ne sont pas juxtaposés dans l’œuvre d’Ibn Kabar : ils s’y rencontrent, parfois avec tension, mais toujours sous le signe d’une fidélité obstinée.
Ce qui frappe le lecteur copte contemporain, c’est aussi la continuité. En lisant Ibn Kabar, on reconnaît des gestes, des mots, des structures, des intuitions liturgiques et spirituelles qui demeurent familières jusqu’à aujourd’hui. Le livre ne donne pas seulement accès à un passé disparu ; il révèle que ce passé n’a pas complètement disparu. La tradition copte, malgré les invasions, l’arabisation, les changements politiques, les persécutions, la diaspora et les ruptures historiques, a conservé une stabilité remarquable. Ce constat doit être formulé avec rigueur : il ne signifie pas que tout soit resté matériellement identique depuis les premiers siècles. Aucune tradition vivante ne traverse quinze siècles sans adaptations, traductions, recompositions et accentuations nouvelles. Mais il signifie que l’architecture profonde de la tradition copte — sa piété eucharistique, son attachement au jeûne, sa théologie de l’Incarnation, sa vénération des martyrs, son enracinement monastique, son sens du rite comme mémoire vivante — manifeste une continuité exceptionnellement forte.
Cette continuité est théologiquement importante. Si la tradition copte visible aujourd’hui conserve encore tant de proximités avec ce qu’Ibn Kabar décrit au XIVe siècle, alors le témoignage d’Ibn Kabar devient plus qu’un document médiéval : il devient un indice puissant de stabilité. Il rend plausible que, de Chalcédoine jusqu’à lui, la tradition copte n’ait pas subi une transformation doctrinale radicale, mais ait plutôt conservé, dans la durée, une même orientation fondamentale : défendre l’unité du Christ, garder la foi de saint Cyrille d’Alexandrie, vivre la liturgie comme confession de foi, et transmettre la tradition reçue non comme une théorie abstraite, mais comme une vie ecclésiale. Cette stabilité ne dispense pas du travail critique ; elle l’appelle. Mais elle oblige aussi à respecter la tradition copte comme un témoin ancien, cohérent et vivant de la foi apostolique.
C’est ici que ce livre rejoint une question plus vaste, qui dépasse le seul cadre liturgique. Depuis le Ve siècle, les Églises issues de la tradition copte, syriaque, arménienne et éthiopienne ont souvent été comprises à travers des catégories imposées par leurs adversaires. Le mot « monophysite », encore trop souvent répété, a longtemps enfermé ces Églises dans une accusation qu’elles ne reconnaissent pas comme leur foi. Les Coptes n’ont jamais voulu confesser un Christ dont l’humanité serait absorbée par la divinité. Ils n’ont jamais voulu nier la réalité de l’Incarnation. Ils ont voulu protéger l’unité du Verbe incarné, selon l’héritage de saint Cyrille : un seul Christ, un seul Seigneur, un seul Fils, vrai Dieu et vrai homme, sans séparation de l’humanité et de la divinité après l’union.
Inversement, il serait injuste de réduire les Églises chalcédoniennes à une volonté de diviser le Christ. La formule de Chalcédoine voulait préserver la pleine divinité et la pleine humanité du Seigneur, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation. Mais l’histoire n’est pas seulement faite de formules. Elle est faite de langues, de pouvoirs, de blessures, de mémoires, de soupçons, de mots reçus comme des menaces, et parfois de décisions imposées dans des contextes où la théologie ne pouvait plus être séparée de l’autorité impériale. Les Coptes ont entendu Chalcédoine comme un risque de retour du nestorianisme ; les Chalcédoniens ont entendu la fidélité copte à Cyrille comme un risque d’eutychianisme. Chacun a souvent répondu à la peur qu’il avait de l’autre, plus qu’à la foi réelle de l’autre.
La lecture d’Ibn Kabar permet de toucher cette incompréhension dans son épaisseur historique. Son œuvre ne doit pas être lue comme un traité œcuménique moderne. Elle appartient à une Église qui se sait séparée, contestée, minoritaire, et qui cherche d’abord à préserver son propre héritage. Mais c’est précisément pour cela qu’elle est précieuse. Elle ne parle pas depuis une neutralité artificielle ; elle parle depuis l’intérieur d’une tradition. Elle nous montre comment l’Église copte s’est comprise elle-même, comment elle a organisé son service, comment elle a gardé ses usages, comment elle a relié la liturgie, la discipline et la foi. Elle ne cherche pas à plaire à tous ; elle cherche à être fidèle. Et c’est cette fidélité qui, aujourd’hui, peut devenir un lieu de dialogue.
L’hommage que je souhaite rendre par cette traduction est donc double. Il s’adresse d’abord à Ibn Kabar lui-même : au savant, au prédicateur, au serviteur de l’Église, à l’homme qui a préféré la fidélité au confort, à celui qui a voulu éclairer le service liturgique pour que la tradition ne soit pas seulement conservée extérieurement, mais comprise intérieurement. Il s’adresse ensuite à l’Église copte tout entière, à cette Église qui a traversé les siècles sans perdre son âme, qui a porté dans sa chair les marques de l’histoire, et qui continue de prier aujourd’hui avec une profondeur qui vient de loin.
Cette traduction veut aussi être un acte de gratitude. Gratitude envers les générations de prêtres, de diacres, de moines, de scribes, de chantres et de fidèles qui ont transmis ce qu’ils avaient reçu. Gratitude envers ceux qui ont copié les manuscrits, conservé les livres, récité les offices, expliqué les rites, maintenu les jeûnes, célébré les fêtes, porté les processions, enseigné les enfants, et parfois donné leur sang. Une tradition ne survit pas par les livres seuls. Elle survit parce qu’un peuple prie, répète, apprend, transmet et aime ce qu’il a reçu. Ibn Kabar a écrit une lampe ; mais cette lampe n’aurait jamais brûlé sans l’huile silencieuse de tout un peuple croyant.
Pour le lecteur contemporain, cette œuvre demande cependant une attention particulière. Elle ne doit pas être lue comme si le XIVe siècle était le nôtre. Certaines formulations, certaines préoccupations, certains classements, certaines références appartiennent à leur temps. Le travail du traducteur n’est pas d’effacer cette distance, mais de la rendre intelligible. Il ne s’agit ni de moderniser Ibn Kabar au point de le dénaturer, ni de le laisser enfermé dans une obscurité savante. Traduire, ici, signifie servir : servir le texte, servir la tradition, servir le lecteur, et, plus profondément, servir l’Église dans sa mémoire.
Cette mémoire peut aujourd’hui contribuer à un discernement plus large entre les Églises apostoliques. Le chemin vers une compréhension commune ne passera pas par l’oubli des différences, ni par l’effacement des blessures. Il passera par une hiérarchie juste des vérités : reconnaître ce qui appartient au cœur de la foi apostolique, ce qui relève des formulations théologiques propres à une tradition, ce qui vient des circonstances historiques, et ce qui a été durci par la polémique. La tradition copte, précisément parce qu’elle a peu bougé dans ses structures profondes, peut apporter à ce discernement un témoignage essentiel : celui d’une Église qui a conservé une christologie vécue, priée, liturgiquement incorporée, et non seulement discutée dans les écoles.
Ainsi, La lampe dans les Ténèbres n’est pas seulement un livre tourné vers le passé. Elle peut éclairer notre présent. Elle nous rappelle que la fidélité n’est pas l’immobilité, mais la continuité vivante d’une source. Elle nous rappelle que la liturgie n’est pas un décor, mais une théologie en acte. Elle nous rappelle que les divisions chrétiennes ne se guérissent pas par des slogans, mais par un retour patient aux mots, aux gestes, aux textes, aux Pères, aux conciles, et à la prière. Elle nous rappelle enfin que ce qui a été gardé dans les ténèbres de l’histoire peut devenir lumière pour ceux qui cherchent aujourd’hui la vérité dans la charité.
Je propose donc cette traduction comme un hommage, mais aussi comme une invitation. Hommage à Ibn Kabar, témoin lumineux d’une Église éprouvée. Hommage à la tradition copte, dont la stabilité n’est pas pauvreté de mouvement, mais profondeur d’enracinement. Invitation à relire l’histoire des séparations avec plus de justice, plus de précision et plus d’humilité. Invitation à reconnaître que, sous des langages parfois opposés, les Églises apostoliques ont souvent voulu protéger le même mystère : le Christ unique, Verbe incarné, lumière véritable venue dans le monde, que les ténèbres n’ont pas saisie.
Note sur cette traduction
Ce document est une traduction française fidèle de La Lampe des ténèbres pour éclairer le Service, grande encyclopédie de la liturgie copte rédigée au Caire au début du XIVe siècle par le prêtre Abū l-Barakāt ibn Kabar (mort en 1324).
Le texte d’origine est écrit dans une prose savante et rythmée, riche en phrases très longues. La traduction respecte tout le contenu, sans rien en retrancher ni résumer ; mais les longues phrases ont été découpées en phrases plus courtes, et le vocabulaire a été rendu en français moderne, afin que la lecture soit claire et accessible.
Les mots entre crochets [ ] ont été ajoutés par le traducteur pour rendre le sens complet. Les notes de bas de page signalent les références bibliques et expliquent quelques termes techniques. La traduction de l’ouvrage est livrée chapitre par chapitre : ce premier fascicule contient la préface de l’auteur, qui présente le projet du livre et la liste de ses vingt-quatre chapitres.
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Préface de l’auteur
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, un seul Dieu.
Ici commence, avec l’aide de Dieu et la grâce de son assistance, la rédaction du livre intitulé La Lampe des ténèbres pour éclairer le Service liturgique, composé par le révérend Père, le prêtre Shams al-Riʾāsa Abū l-Barakāt, connu sous le nom d’Ibn Kabar — que Dieu donne le repos à son âme.[1] Il a dit :
Louange à Dieu, qui éclaire les intelligences en les guidant, qui dirige les âmes en les conduisant, qui affine les esprits par l’enseignement de son Église et cultive les cœurs par la science de sa Loi. Il a fait des croyants, par son Fils unique, une élite parmi ceux qu’il aime ; il les a rendus dignes d’accomplir les fonctions de son service, selon les degrés qu’il leur a attribués et les dons qu’il a répandus sur eux ; il leur a accordé la diversité des rangs et a comblé chacun d’eux, par l’unique Esprit de sainteté, d’une part des différents dons. Nous le louons pour les grâces qui nous ont élevés aux degrés du sacerdoce, qui nous ont rendus dignes des délices du Royaume et nous ont accordé la vie éternelle auprès du Vivant qui ne meurt pas — une louange par laquelle nous nous unissons aux anges spirituels, aux légions de lumière et aux puissances qui chantent ses louanges, maintenant, en tout temps et dans les siècles des siècles. Amen.
Nous lui demandons de nous aider à mener à bien les efforts qui lui plaisent, et à remplir les devoirs du service qui méritent et appellent son pardon ; afin que nous ayons la grâce de nous présenter devant lui sans que notre service comporte à ses yeux le moindre défaut ; que nous ne soyons pas trouvés parmi ceux qui s’écartent du droit chemin, ni parmi ceux qui se laissent emporter par les rênes de leurs passions, mais [parmi ceux] qui agissent avec amour et piété, comptant sur sa miséricorde et sa tendresse, sur sa providence, sa sollicitude et sa direction. Car sans lui nous ne pouvons accomplir aucune œuvre ni obtenir aucun des biens espérés ; c’est en l’invoquant que les bonnes œuvres s’accomplissent et que les grâces et les bénédictions se multiplient.
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Cela dit : les saints Pères, les apôtres, les disciples revêtus [de force][2], qui furent les témoins directs du Seigneur et les serviteurs du Verbe, établirent des principes fondamentaux dans les règles de l’Église chrétienne et l’enseignement de l’Église universelle et apostolique. Ils le firent par la grâce qu’ils avaient reçue de la plénitude du Fils incarné et du Saint-Esprit, qui remplit chacun d’eux et le sanctifie. Ces principes furent un bon fondement pour qui voulut bâtir dessus, et un beau modèle pour qui voulut les suivre.
Ils confièrent à leurs disciples et à leurs successeurs le soin de développer ce qui découlait de ces principes, d’en détailler toute l’ordonnance et d’examiner ce qu’ils avaient mis en place. Ceux qui vinrent après eux poursuivirent leur œuvre : ils parcoururent les pays et gagnèrent les âmes, accomplirent des signes et manifestèrent des miracles ; ils conduisirent [à la foi] des peuples de contrées lointaines, aux religions et aux croyances diverses ; ils domptèrent les nations rétives, promptes à l’hostilité et obstinées dans les voies de l’incroyance ; ils amenèrent les peuples à se soumettre [à la foi] et à accueillir la grâce de la foi. Ainsi leur prédication couvrit l’horizon et leur annonce s’étendit à toutes les régions, selon la parole du bienheureux prophète David : « Leur voix s’est répandue par toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux extrémités du monde. »[3]
L’effort de ces nobles entreprises ne les empêcha pas de répandre la bonne nouvelle de l’Évangile et de parcourir le monde pour le salut de l’humanité, en examinant le détail de toutes les règles et de toutes les fonctions des prêtres et des serviteurs, génération après génération et siècle après siècle. Ils n’inventèrent rien de nouveau, mais suivirent la tradition et bâtirent sur le fondement des apôtres. C’est ainsi que, avec l’aide du Seigneur, l’organisation de l’Église fut mise en place, que les dispositions de la Loi furent mises en ordre, que les fonctions du service furent achevées, et que tout fut accompli par l’appui de l’Esprit et de la grâce. Tout l’ordre et toute la sagesse furent ainsi menés à leur perfection : on régla les rites liturgiques et leurs formes, leurs genres et leurs espèces, et la place fixe de chacun — dans les jours et les jeûnes, les dimanches et les fêtes, les prières et les liturgies, les veillées et les commémoraisons, les réjouissances et les deuils, les temps et les saisons.
Cet usage s’établit dans l’Église copte du pays d’Égypte selon une voie sûre et une règle heureuse, fixée de telle manière que celui qui voudrait y ajouter quelque chose ne le pourrait pas. Et nous, nous avons trouvé ces excellentes choses déjà rendues faciles, déjà préparées et achevées, comme l’a dit notre Seigneur — à lui la gloire — : « D’autres ont travaillé, et vous, vous êtes entrés dans leur travail. »[4]
Mais nous nous sommes laissé détourner de l’acquisition de ces richesses ; nous avons négligé ces trésors, absorbés par les métiers et les soucis de la subsistance. De là est venu le délaissement de l’étude des devoirs et des règles de la religion : tout notre temps a été pris par la recherche du pain quotidien, sans qu’on se consacrât aux sciences de l’Église ni à la maîtrise de ses fonctions essentielles. Nous avons donc eu soif, privés de la douceur de ces sources, et nous avons été empêchés de bien comprendre ces matières.
Au point que la plupart de ceux qui portent le titre de diacre et qui sont chargés des fonctions de leur service se trompent parfois, à cause des rites et des mélodies : l’erreur entraîne alors une distraction qui ruine la concorde spirituelle, et une agitation qui fait naître la rivalité et la recherche des avantages personnels. On aboutit ainsi à la perte au lieu du profit, et à l’hostilité au lieu de la réconciliation — alors que ce n’est pas là ce que nous ordonne le Seigneur de gloire : il nous ordonne le contraire. Souvent cette divergence vient surtout du manque de connaissance ; parfois aussi d’un penchant qui trouble la charité et éloigne de l’union fraternelle.
Or le devoir de quiconque porte le titre de diacre et est chargé du service de l’Église est d’avoir l’intelligence des fonctions de l’Église, la science des buts de la Loi, l’expérience des usages et la connaissance des règles. Car le diaconat a, dans chaque service du sacerdoce, une part attestée par les livres des consécrations, des baptêmes et autres. Pourtant, une partie de ces services est sortie des mains des diacres, faute pour eux d’en avoir la connaissance : les évêques et les prêtres se les sont attribués, et les diacres ne les reçoivent plus.
Lorsque mon humble personne — incapable de [maîtriser] ces matières et trop faible pour atteindre la vérité exacte — vit que la maîtrise de ces fonctions et de ces savoirs dépend de l’étude des livres qui les exposent, des ouvrages qui y conduisent et des recueils qui les contiennent, et que ces livres sont parfois difficiles à obtenir ou pénibles à rassembler pour celui qui les cherche, l’idée me vint de réunir un guide qui soit utile au débutant, qui rende service à l’Église et qui oriente celui qui commence dans le service. Un guide qui rassemble l’ensemble des livres consacrés au service de l’Église, issus des maîtres de la Loi ; un guide qui soit comme une échelle pour s’élever vers cette tâche, et comme la porte par laquelle celui qui chemine accède à ces voies — un ouvrage qui ne nuit à personne, et dont profitent aussi ses semblables.
J’ai donc demandé à Dieu de me guider, j’ai mis en lui ma confiance, et j’ai réuni le présent recueil. J’y ai indiqué ses chapitres et ses sections, ses ramifications et ses fondements. J’y ai inséré un bref exposé des principes de la foi, des attributs de la Trinité et de l’Union [des deux natures dans le Christ] ; j’y ai exposé ce sur quoi les confessions chrétiennes s’accordent, et ce qui a fait naître entre elles la division et le désaccord — le tout en peu de mots, faciles à comprendre.
Car c’est là ce qu’il faut comprendre en premier, et ce qu’il convient le mieux d’apprendre, afin que s’établisse dans l’esprit la vérité de la religion et le contenu de la foi, et que l’on connaisse les erreurs nouvelles pour s’en garder, et les sectes condamnables pour s’en écarter. Il ne convient pas, en effet, que ceux qui portent les rangs du sacerdoce ignorent ces notions difficiles, ni qu’ils restent sans information sur les opinions — celles qui s’accordent avec la foi comme celles qui la contredisent. J’y ai encore ajouté des sections qui ne sont pas dénuées d’utilité, et qui font grandir la connaissance de la religion.
Je l’ai intitulé :
La Lampe dans les ténèbres pour éclairer le Service
Je l’ai divisé en deux volumes, comprenant les vingt-quatre chapitres suivants :
Les vingt-quatre chapitres de l’ouvrage
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Chap. |
Contenu du chapitre |
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1 |
Sur la foi et ses fondements, avec l’énoncé de l’ensemble de ses sections. |
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2 |
Exposé de la foi orthodoxe et son explication. |
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3 |
Le récit de l’Incarnation du Seigneur et la détermination de son année. |
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4 |
Le récit des apôtres et un aperçu de leur vie. |
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5 |
Index des canons reçus et des conciles transmis. |
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6 |
Les livres de l’Église qu’il est prescrit de recevoir. |
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7 |
Les hommes éminents du christianisme et leurs écrits. |
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8 |
La construction de l’église, sa consécration et la consécration des autels. |
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9 |
La préparation du saint chrême (l’huile sainte appelée myron), sa composition et sa consécration. |
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10 |
L’ordre de la présentation du patriarche, de son élection et de sa consécration. |
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11 |
La présentation des évêques, leur consécration et leur intronisation. |
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12 |
La présentation des prêtres, leur consécration et les exhortations qu’on leur adresse. |
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13 |
La consécration des diacres, des sous-diacres et de ceux qui viennent après eux. |
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14 |
La vie monastique, la consécration des moines et les exhortations qu’on leur adresse. |
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15 |
Le baptême, la consécration des fonts baptismaux et son déroulement. |
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16 |
L’ordre des prières du jour et de la nuit. |
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17 |
L’ordre des liturgies eucharistiques (la célébration des saints mystères). |
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18 |
L’ordre du jeûne de la sainte Quarantaine (le Carême) et de la semaine de la Pâque (la Semaine sainte). |
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19 |
L’ordre des jours de la Pentecôte et des fêtes du Seigneur. |
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20 |
L’ordre des fiançailles, du couronnement et du lien du mariage. |
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21 |
Les funérailles, on y trouve aussi la prière de l’huile des malades. |
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22 |
L’indication des lectures (péricopes) faites aux jours de l’année et aux fêtes. |
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23 |
La connaissance du calcul de la Pâques (donnée du calendrier servant à fixer la date de Pâques) et de ses cycles. |
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24 |
Diverses sections, un parcours de la chronologie du monde, et un abrégé de l’histoire des patriarches du siège de saint Marc. |
Je ne suis pourtant pas de ceux qui connaissent bien cette fonction, ni de ceux qui en remplissent les nobles devoirs. Mais j’ai réuni cela à partir des livres reçus, des usages transmis, de la coutume en vigueur de notre temps et de la pratique suivie dans notre pays [l’Égypte], dans la mesure de mes capacités et de ma réflexion, avec l’aide du Père des lumières, qui éclaire les intelligences et les regards.
Je supplie quiconque examinera cet ouvrage d’en combler les lacunes, d’en corriger les fautes, et de réparer ce où se seraient glissés l’inadvertance et l’insuffisance, ou ce qui aurait été placé avant ou après ce qui convenait. Car de telles fautes n’épargnent même pas l’homme habile et compétent, le savant qui met en pratique son savoir, celui qui possède pleinement son sujet ; à plus forte raison n’épargnent-elles pas celui qui est dépourvu de science et d’action, rempli d’erreurs et de fautes, qui gaspille son temps de la pire manière et néglige tout à fait le soin de son âme. Si donc quelqu’un veut bien améliorer cet ouvrage et y apporter plus de clarté, le Seigneur — qu’il soit béni — le récompensera par les grâces sublimes et les biens éternels, et l’élèvera par la sagesse spirituelle.
Et pourquoi est-ce que j’insiste tant dans cette demande, et que j’encourage à consolider ce fondement ? Parce qu’il est à craindre que celui qui possède une connaissance utile la refuse à ses semblables et ne soit pas généreux envers ceux de son espèce. Il serait alors blâmable d’avoir gardé pour lui seul son savoir, et coupable de désobéir à l’ordre de notre Seigneur, qui a dit à ses apôtres : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »[5] Il serait comparable à celui qui, par paresse, enfouit son talent dans la terre,[6] et il lui ressemblerait dans sa conduite.
Communiquer la science vaut récompense de Dieu et reconnaissance des hommes ; la transmettre multiplie le bien pour celui qui l’acquiert et désire s’en instruire ; la divulguer à ceux qui en sont dignes ôte le vêtement de la confusion. La science, à la différence des richesses, ne s’épuise pas quand on la dépense, et l’on n’a pas à craindre pour elle l’appauvrissement. Elle est le fondement de l’action et la sauvegarde contre l’erreur. Elle est comme une source : son examen en fait jaillir les ruisseaux, son usage en rend les eaux douces, son exploration en multiplie les bienfaits pour ceux qui en ont besoin, et ses chemins deviennent faciles pour ceux qui les empruntent.
Que Dieu nous inspire ce qui nous rapproche de ce qui lui plaît, et qu’il nous aide à mettre en pratique le bon savoir que nous acquérons et que nous gardons — par l’intercession de Celle qui est toute intercession, source de pureté, de générosité et de bénédictions, la Mère de Dieu le Verbe ; et par l’intercession des saints apôtres, qui ont posé le fondement de ce service, et de tous ceux qui ont plu à Dieu par la foi, la sainteté et la sagesse. Amen.
— Fin de la préface —
Chapitre 1
Sur la foi et ses fondements, avec l’énoncé de l’ensemble de ses sections
Introduction
Il n’est pas douteux que la religion chrétienne et la foi orthodoxe n’ont été reçues par ceux qui ont embrassé le christianisme qu’en raison des signes manifestes, des miracles éclatants et des prodiges extraordinaires qui dépassent le cours ordinaire des choses — prodiges qui s’imposèrent aux rois, aux grands, aux philosophes et aux sages. Ce sont les prodiges que le Seigneur Jésus-Christ — à lui la gloire et la louange — accomplit par les mains de ses purs apôtres et de ses justes disciples, qu’il fortifia par son Esprit Saint et auxquels il donna le pouvoir qui était le sien, pour qu’ils annoncent sa prédication, témoignent de son incarnation, de sa mort et de sa résurrection, et proclament son baptême. Ainsi conduisirent-ils les nations par les prodiges et par la piété, et les détournèrent-ils des voies de la passion. Cela ne se fit pas par une philosophie humaine ni par des raisonnements de sages, mais par ce qui fut tiré de la Bonne Nouvelle — comme l’a dit saint Paul, le héraut du Verbe et de la Sagesse de Dieu : les hommes n’ont pas connu Dieu par leur seule sagesse.
[7] La foi suffit à celui qui s’attache à ses moyens et y entre par ses portes : le baptême ; la confession que l’essence de Dieu est une ; que ses hypostases[8] sont trois — c’est la Trinité ; que son Fils Jésus-Christ est Fils de toute éternité ; que son Esprit Saint procède [du Père], qu’il est Seigneur et égal à Dieu dans la substance ; et la ferme conviction que le baptême a été institué pour la nature humaine, et qu’il y a une vie éternelle dans les siècles à venir.
Note marginale — Saint Basile dit dans sa liturgie : « la foi des mystères », c’est-à-dire une foi sans examen scrutateur. Il veut montrer que l’examen [de la raison] est une occupation inquiète de l’esprit, et que les vérités de la sainte Incarnation et de l’Union ineffable ne se laissent saisir que par des images ; et que la foi, lorsqu’elle s’accompagne de ses conditions et qu’elle est rendue parfaite par ses règles, devient une cause de pureté pour les intelligences et les âmes : par elle se saisit tout sens que les sens du corps sont incapables d’atteindre.
L’apôtre Paul a consacré à la foi un développement et l’a clairement expliquée — nous le rapportons ici — dans son épître aux Hébreux : « La foi est la certitude des biens qu’on espère, comme s’ils s’étaient déjà réalisés. »[9] Il a montré que la foi a été accordée aux croyants et leur servira de passage au jour du Jugement ; qu’il n’est pas venu avec la pompe du discours, et qu’il avait résolu de ne rien connaître sinon Jésus, et lui crucifié.[10]
Cependant, lorsque des savants venus des [diverses] nations et des sages instruits entrèrent dans cette prédication, ils ne se contentèrent pas de recevoir la foi par simple tradition : ils se tournèrent vers la recherche réfléchie, afin de confirmer et d’affermir la foi, de dévoiler ce que les fondements de cette noble religion gardent caché à certaines intelligences, de faire correspondre la démonstration rationnelle au sens du texte révélé, de répondre aux doutes que soulèvent l’ignorant et l’homme obstiné, et d’établir la vérité de la doctrine chrétienne, exempte de toute corruption. Ils se mirent donc à examiner les principes, à établir la justesse des croyances, à appuyer ce qui est révélé par ce qui est démontré, à ramener les conséquences à leurs principes et à tirer des principes leurs conséquences — afin que le savant qui adhère à cette doctrine voie sa foi droite confortée par la démonstration claire qui lui est devenue manifeste.
J’ai voulu rapporter un échantillon de leurs paroles et en retenir l’essentiel, pour en faire l’ouverture de ce chapitre et l’introduction de ce livre. Celui qui les étudiera devra s’y appliquer avec effort, y entrer par leurs portes, et s’exercer par la discussion et l’échange avec les hommes instruits. On a dit en effet que le discours sur la science divine — surtout dans ses points les plus subtils — est difficile, et plus encore pour qui ne s’est pas formé aux disciplines dont dépend sa compréhension, comme les livres religieux et philosophiques. La science divine consiste à faire naître les plus nobles vérités dans l’esprit humain ; et les plus nobles vérités ne se forment que dans les esprits les plus nobles, car la communication d’une vérité se réalise par la ressemblance et se trouve empêchée par la disparité. L’homme ne purifie donc pas son intelligence tant qu’il reste mêlé aux plaisirs du corps et absorbé par les affaires matérielles : il lui sera alors d’autant plus difficile d’atteindre ce qu’il cherche de cette noble science. Demandons à Dieu de nous guider vers la science et l’action, et de nous aider à atteindre ce but.
A. — L’essence divine et le sens des attributs
L’essence de Dieu — qu’il soit exalté — est une substance unique, décrite par trois hypostases : celles que les chrétiens désignent par le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Père est la substance avec l’attribut de la paternité ; le Fils est la substance avec l’attribut de la filiation ; le Saint-Esprit est la substance unique avec l’attribut de la procession. Le sujet — j’entends l’essence — est donc un ; et ce qui est attribué à ce sujet, c’est-à-dire les attributs désignés par les hypostases, est triple. La substance subsiste par elle-même, et les hypostases subsistent par la substance.
B. — Le sens du mot « substance »
Le mot « substance » se dit, au sens propre, de ce qui n’est pas présent dans un sujet autre que soi : c’est en ce sens qu’il désigne le nom de Dieu — qu’il soit exalté. Au sens général, il se dit de toute essence. La substance est ce qui, pour exister, n’a pas besoin de l’existence d’une autre chose dans laquelle elle se trouverait — comme le corps, qui n’a besoin d’aucune autre chose pour exister, alors que les états du corps, qui sont les accidents, ont besoin de lui. Ce qu’on entend donc par le mot « substance », c’est ce qui subsiste par soi-même, et non par autre chose.
L’accident, lui, est ce qui subsiste par autre chose et a besoin, pour exister, de ce en quoi il se trouve — comme le blanc et le noir, qui n’existent que dans un corps. On appelle parfois l’accident, au sens large, « substance », par métaphore, parce que les accidents sont des réalités intelligibles, mais non au sens propre. Car la substance véritable est ce qui se dit de toute réalité qui, pour exister, n’a pas besoin d’une autre chose en laquelle elle serait. Et l’accident se dit aussi de ce qui existe dans une chose sans en être une partie, et dont la subsistance ne peut être séparée de ce en quoi il se trouve.
C. — Le sens du mot « hypostase »
(les attributs sont distincts de l’essence, tout en lui étant liés)
L’hypostase est l’ensemble formé par la substance unique avec un attribut déterminé. C’est un nom commun, car il désigne tantôt le Père, tantôt le Fils, tantôt le Saint-Esprit. Les Syriaques l’appliquent aussi à toute chose individuelle, une par le nombre, et nous sommes d’accord avec eux sur ce point. Le mot « hypostase » s’applique en propre aux attributs essentiels de Dieu. Or les attributs de l’essence divine, selon ce qu’exige la doctrine chrétienne, sont de quatre sortes : négatifs, relatifs, composés des deux, et positifs.
Les attributs négatifs sont du type : « il n’est pas un corps, ni un nombre ». Les attributs relatifs : « il est le principe de ses créatures ». Les attributs composés des deux : ainsi quand nous disons « il est le Premier » — car « Premier » signifie qu’il n’y a rien avant lui, ce qui est négatif, et qu’il est avant tout le reste, ce qui est relatif. Les attributs positifs : ainsi quand nous disons « il est puissant, il veut » — c’est-à-dire que la puissance et la volonté résident dans son essence et se rapportent à ce qui est connu : en tant qu’elles résident dans son essence, elles sont positives ; en tant qu’elles se rapportent à autre chose, elles sont relatives.
L’essence de Dieu est donc une, et ses attributs renvoient à ses états ; chacun de ces attributs est distinct des autres, et ses attributs sont distincts de son essence. Les trois hypostases sont les attributs prescrits que le Législateur nous a ordonné de croire, lorsqu’il a dit à ses apôtres affermis par l’Esprit : « Enseignez les nations et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »[11]
D. — Pourquoi les hypostases divines sont au nombre de trois
Que les hypostases soient trois — ni plus, ni moins — s’établit de trois manières.
Première voie : les Écritures dont la véracité est certaine. Car, pour ce dont la raison humaine ne peut atteindre le « comment » ni faire le tour, on s’appuie sur la parole de celui dont la véracité est établie. Ainsi cette parole du prophète David : « Par la parole de Dieu les cieux ont été affermis, et par son Esprit toute leur armée. »[12] Par « Dieu », il désigne le Père ; par « sa parole », le Fils ; par « son Esprit », le Saint-Esprit. Ainsi encore cette parole de notre Seigneur le Christ dans le saint Évangile : « Enseignez les nations et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Et ce que dit Paul dans ses épîtres : « Dieu m’en est témoin, lui que je sers, par l’assistance de l’Esprit, dans l’annonce de son Fils. »[13]
Deuxième voie : les paroles des sages. Ils ont montré que Dieu — qu’il soit exalté — se décrit comme intelligence, intelligent et intelligible, et qu’il n’est possible ni de retrancher l’un de ces trois attributs ni d’y ajouter, comme nous l’expliquerons.
Troisième voie : les paroles des théologiens. Ils ont montré que Dieu — qu’il soit exalté — se décrit comme vivant, puissant et savant ; que retrancher l’un de ces trois attributs serait une atteinte à sa majesté ; et que tout autre attribut dérive de ceux-là et n’a donc pas à être posé séparément.
Grégoire le Théologien — Toutes les choses créées se conçoivent de trois façons. Ou bien comme une chose une, tel le soleil. Ou bien comme une réalité dont les exemplaires se ressemblent, telles la matière et l’espèce. Ou bien comme des hypostases multiples et innombrables, tels les astres et les hommes. Si l’on disait que Dieu est une seule hypostase, on dirait que le soleil lui est semblable ; si l’on disait qu’il est deux hypostases, on dirait que la matière et l’espèce lui sont semblables. Mais le mystère de la Trinité n’a aucun semblable.
E. — Le sens de l’intelligence, de l’intelligent et de l’intelligible
L’intelligence a trois états. En elle-même, on l’appelle « intelligence ». En tant qu’elle perçoit, on l’appelle « intelligente » : c’est le sujet qui comprend. En tant qu’elle est parfaitement saisie par sa propre activité de penser, on l’appelle « intelligible » : c’est l’objet compris. Par le premier état, les chrétiens l’appellent « Père » ; par le deuxième, ils l’appellent « Fils », parce que l’intelligent procède de l’intelligence ; par le troisième, en tant qu’elle est intelligible, ils l’appellent « Esprit ». Et parce que ces propriétés sont la perfection même, le monde a pu venir d’elle à l’existence : elle est ainsi devenue un Esprit qui répand ses dons. Notre Seigneur — à lui la gloire — a d’ailleurs dit : « Dieu est esprit. »[15]
Il est clair que le sens du mot « intelligence » n’inclut pas le sens d’» intelligent », ni le sens d’» intelligible » ; et que le sens de chacun de ces trois mots — intelligence, intelligent, intelligible — diffère du sens des autres. Or, puisque Dieu se comprend lui-même et qu’il est intelligible à lui-même, il possède trois attributs, chacun distinct des autres. En tant qu’il est une essence pure, sans qu’on lui ajoute rien d’autre, il est cause des deux autres réalités par lesquelles l’essence est décrite : car si l’on supposait qu’il disparaisse, disparaîtraient aussi les deux réalités qui existent par son existence. Sur ce modèle, il ne peut exister d’autre correspondance que ces trois-là : il n’y a pas de quatrième, et il ne peut y en avoir moins de trois.
Ainsi est établie la correspondance de l’intelligence, de l’intelligent et de l’intelligible avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit : le Père, qui est l’intelligence, est cause du Fils ; le Fils est l’intelligent ; et le Saint-Esprit est l’intelligible qui procède du Père. L’essence divine du Père, qui est une, se décrit donc par ces trois attributs : identiques par la substance, distincts par les hypostases. On appelle aussi parfois les hypostases « propriétés » ou « personnes » ; et celui qui les appelle « personnes » veut désigner les réalités qui, en chaque hypostase, se sont individualisées.
F. — Les divers sens du mot « un »
Le mot « un » est un terme commun, doté de nombreux sens. On dit en effet : « un » selon le genre ; « un » selon l’espèce ; « un » selon la différence ; « un » selon la définition ; « un » selon le rapport ; et « un » au sens simple, c’est-à-dire indivisible. Le mot « un » renvoie à l’un de ces modes de division.
« Un » selon le genre : ainsi « l’animal », qui est une réalité une bien qu’il se divise en de nombreuses espèces — l’homme, le cheval, l’âne, et le reste.
« Un » selon le rapport : c’est l’unité d’un rapport existant entre deux choses. Tantôt ce rapport est numérique, comme le rapport du double ; tantôt il existe entre deux choses selon un autre sens, comme le rapport de la source aux fleuves qu’elle alimente, ou le rapport du souffle [vital] qui est dans le cœur au souffle qui est dans les artères.
« Un » selon le nombre : ce sens se divise en trois. Le premier est l’« un » qui n’a pas de partie : ce qui ne se divise pas comme se divisent les quantités, telles l’unité [du nombre], le point, et le commencement du mouvement, c’est-à-dire l’instant, qui est la limite du temps. Le deuxième est l’« un » continu : le corps un, la ligne une, la surface une, le lieu un, le temps un — en somme, toute grandeur continue qui possède une limite, ou plusieurs. Le troisième est l’« un » selon la définition : ce qui, dans ces cas, est désigné par une seule définition.
On emploie encore le mot « un » d’une autre façon : « un » selon le sujet. On peut dire que « l’homme » et « le rieur » sont une seule et même chose, en ce sens que le sujet décrit comme « homme » et le sujet décrit comme « rieur » sont un — bien que ces deux mots aient des sens différents, et que la définition de l’un soit distincte de celle de l’autre. De même pour l’« un » selon la définition, même si les sujets auxquels elle s’applique sont multiples : ce sont les sujets dont on peut dire avec vérité qu’ils répondent à cette définition — comme la définition de l’homme, qui est une, alors que les sujets qui y répondent sont nombreux.
L’« un » se divise encore d’une autre manière : en « un simple », qui ne se résout pas en plusieurs réalités — comme la matière première — et en « un » dont l’essence est constituée de plusieurs choses. Ce dernier se divise à son tour en deux. Le premier : celui dont les choses qui constituent l’essence étaient d’abord séparées les unes des autres, puis se sont réunies ; ce cas reçoit, selon les situations, le nom d’assemblage, de composition, de mélange ou de fusion. Le second : celui dont les choses qui constituent l’essence n’étaient pas séparées puis réunies, mais seulement distinguées les unes des autres par la raison — car, dans l’existence, elles n’ont jamais été autrement qu’elles ne sont.
C’est de cette dernière manière qu’est « un » l’être à qui appartiennent les perfections par lesquelles on décrit Dieu — qu’il soit puissant et glorieux. On le décrit comme substance, en ce sens qu’il n’est pas dans un sujet autre que soi comme une partie de ce sujet, et que sa subsistance ne peut en être séparée. On le décrit comme généreux, comme sage et comme puissant. Et ces réalités n’ont jamais été, à aucun moment, séparées les unes des autres puis réunies. Lorsque nous disons que Dieu est « un », c’est au sens où il est un par le nombre ; et, parmi les sens selon lesquels l’« un » est dit « un » par le nombre, il y a celui-ci : que la description qu’on en donne est une, et qu’il est un quant au sujet — même si l’on peut affirmer de lui, avec vérité, des attributs de sens différents.
G. — Que Dieu doit être décrit par l’unité et par la Trinité, comme le font les chrétiens
La description par l’unité. Il est établi par la raison, et démontré par la recherche, que le monde n’a pas deux créateurs, ni trois, ni davantage, et qu’il est exclu qu’il y ait en lui deux états contraires. Il est donc prouvé que son Créateur est unique. Mais son unité n’est pas une unité de nombre : car l’« un » — considéré en tant qu’il est un — ne s’ajoute pas à autre chose ; il n’est donc pas un nombre, puisque le nombre, par définition, est une quantité composée d’unités.
La description par la Trinité. Ce qui en a déjà été dit suffit ; ajoutons-y cette explication. Cette substance unique ne peut être que de deux façons : ou bien elle subsiste par elle-même, ou bien elle existe dans autre chose. Or ce qui existe dans autre chose dépend de ce qui lui est extérieur ; et il est exclu que le Créateur de toute chose dépende d’autre chose. Il subsiste donc par lui-même. Et ce qui subsiste par soi-même est nécessairement, ou bien vivant, ou bien non vivant. Le non-vivant est une chose inerte et morte ; et il est exclu que le Créateur de la vie, qui donne l’existence à tout vivant, soit lui-même mort et non vivant. Il est donc vivant. De même, le Créateur de ce vivant est nécessairement, ou bien sage, ou bien non sage. Le non-sage est ignorant ; et il est impossible que le Créateur de la sagesse, qui donne l’existence à tout sage, soit lui-même ignorant. Il est donc sage.
Il est ainsi montré que le Créateur — qu’il soit béni — subsiste par lui-même, qu’il est vivant et sage ; qu’il n’y a pas de vivant sans vie, ni de sage sans sagesse ; que son essence n’est pas composée et n’est pas susceptible d’accidents. Il est donc exclu que sa vie et sa sagesse soient deux puissances composées — comme la chaleur dans le feu ou la froideur dans la poix — ou deux accidents, comme le blanc et le noir dans la neige. Or tout être qui n’est ni une puissance composée ni un accident se divise en deux : ou bien un « étant » général, ou bien une hypostase particulière. (Le mot « étant », les Syriaques l’appliquent à tout être qui subsiste par lui-même, qu’il occupe un lieu ou non, qu’il soit susceptible d’accident ou non ; car « l’étant » est pour eux ce qui subsiste par soi-même.) Et puisqu’il est établi que Dieu est une substance unique, il est exclu que son essence, sa parole et sa vie soient trois « étants », ou trois puissances composées, ou trois accidents : il est établi qu’elles sont trois hypostases. Et puisque sa sagesse et sa vie sont essentielles — non séparées de son essence ni détachées de son être — il est établi que ses trois attributs sont essentiels.
H. — La définition de l’Union selon les théologiens, et la sorte d’union que professent les chrétiens
L’union se définit ainsi : deux choses, ou plusieurs, se réunissent et deviennent une. Or, pour ceux qui réfléchissent, la réunion de deux choses — ou de plusieurs — ne peut se faire que de six façons. Ou bien par mélange intime, comme l’eau et le vin. Ou bien par mixtion, comme le blé et l’orge. Ou bien par contact, comme deux objets qui se touchent par un point de leur surface. Ou bien par cohabitation, comme l’eau et ce qui se trouve avec elle dans une cruche. Ou bien par voisinage, comme la présence du feu pour ceux qui se chauffent à sa chaleur. Ou bien, enfin, comme l’union du feu et du fer, ou de l’âme et du corps.
Les cinq premières façons sont à exclure de l’union du Christ — à lui la gloire. Son union ne fut pas comme le mélange de l’eau et du vin, où sa divinité se transformerait pour devenir humanité, ou son humanité pour devenir divinité. Elle ne fut pas non plus à la manière de la mixtion du blé et de l’orge. Ni à la manière de l’inhabitation et de la cohabitation, car ce dans quoi une chose habite la contient et l’enveloppe. Ni par contact. Ni par voisinage. Il ne reste donc qu’à la comparer à la sixième façon : une union semblable à celle du feu et du fer — sans que le feu se change en fer ni le fer en feu — et aussi à l’union de l’âme et du corps.
Par cette comparaison, l’union de l’Éternel avec ce qui a été créé dans le temps se laisse concevoir sans transformation — mais par voie de comparaison, que les intelligences peuvent saisir, et non par voie de connaissance exacte, que les esprits ne peuvent posséder. Car le mystère de l’union chrétienne dépasse les intelligences et les éblouit, échappe aux esprits et les domine, réduit les raisons à l’impuissance : un tel mystère n’a jamais eu de précédent, et n’aura jamais de pareil dans le monde. Et si l’union de l’âme de l’homme avec son corps est déjà une chose dont la compréhension nous résiste, que dire de cette union-là, dont la connaissance demeure insaisissable ?
I. — Le sens de l’Union telle que la professe la foi
C’est que le Fils éternel, le Verbe de Dieu, s’est uni à un homme complet, et que de ces deux est apparu un seul Christ, un seul Fils, une seule hypostase composée de deux hypostases, une seule réalité composée de deux réalités. La première est la réalité du Fils éternel, engendré du Père avant tous les siècles. La seconde est la réalité de l’homme appartenant au temps, ayant un corps reçu de la Vierge Marie sans semence humaine, et né d’elle d’une naissance temporelle. Il est donc un seul Fils, un seul Christ, une seule nature, une seule volonté — après l’union qui s’est réalisée dès l’instant où, à l’Annonciation, il a commencé d’être un embryon dans le sein de sa mère, sans aucune séparation : pendant la conception, la naissance, la croissance, la crucifixion, la mort, la résurrection et l’ascension au ciel. C’est une union qui dépasse la capacité de l’esprit humain d’en saisir le « comment » et d’en faire le tour.
J. — Le sens de l’Incarnation
Quand nous disons que le Fils « s’est fait homme », cela signifie qu’il s’est uni à un homme complet, dont l’existence — dès le commencement même de cette existence — fut un être [conçu] dans le sein de Marie au moment de l’Annonciation. Et si j’ai parlé de la conception comme du moment d’une union continue, qui ne cessa jamais, c’est qu’elle dura aussi bien tant que l’âme du Christ et sa divinité étaient jointes à son corps, que lorsque son âme se sépara du corps, à la mort. Car sa divinité demeura unie à son âme quand celle-ci se sépara du corps, et unie aussi à son corps tandis qu’il était dans le tombeau. C’est pourquoi il n’a pas connu la corruption, comme l’a dit le prophète David.[16]
Quand nous disons que Dieu le Verbe s’est fait homme, nous nous appuyons sur la parole de l’Évangile, dont la véracité est certaine : « Le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous. »[17] Mais par « le Verbe s’est fait chair », on n’entend ni transformation ni changement de sa divinité. Car la transformation n’affecte que les qualités : un corps devient chaud après avoir été froid, humide après avoir été sec, noir après avoir été blanc. Or la substance divine est au-dessus de la transformation des qualités, du mélange des composés et de la corruption des choses de la nature. On dit bien d’un homme qu’il « est devenu » écrivain, ou médecin, ou converti, ou débutant, sans que cela entraîne une transformation de son essence, ni un trouble de celle-ci.
Nous rapportons le Seigneur Christ — à lui la gloire — à la divinité plutôt qu’à l’humanité, même si on peut le décrire avec vérité par l’humanité ; car l’humanité est l’une de ses deux parties, et il s’est lui-même décrit par elle. Mais notre devoir, à nous croyants, est de le qualifier par la plus parfaite de ses deux parties et par sa réalité la plus noble : la divinité.
Nous disons donc qu’il est le Créateur et celui qui pourvoit à toute chose, et qu’il est aussi celui qui est né de la Vierge, le crucifié, celui qui est mort : mais les premières propriétés lui reviennent par sa divinité, et les secondes par son humanité. On dit d’un homme qu’il pense et qu’il est grand : or il pense par son âme et non par son corps, et il est grand par son corps et non par son âme. De même, quand nous disons « Dieu a été crucifié », cela ne vaut proprement que du corps. Car lorsqu’une chose composée subit quelque chose en l’une de ses parties, on la décrit tout entière par ce qu’a subi cette partie. Ainsi nous disons : « l’homme est blessé » — or ce n’est pas l’homme tout entier qui est blessé, mais le membre que la blessure a atteint ; et c’est parce que l’homme est composé d’une âme et du membre blessé qu’on peut décrire l’homme entier par l’atteinte subie par la partie blessée, sans que cela implique que l’âme soit elle-même atteinte, ni que la blessure l’ait touchée.
Notre façon de le décrire par la crucifixion est donc juste, et juste aussi notre façon de dire qu’il est Dieu, comme nous l’avons établi. Ajoutons-y une autre comparaison. Nous disons : « l’homme est raisonnable » — et ce nom lui est tiré de la propriété de la raison. Or, puisqu’il est permis de tirer de la raison un nom dont on décrit l’homme, il nous est de même permis de tirer pour le Seigneur Christ un nom de la divinité, qui est l’une de ses deux parties. De même pour le nom « le Fils » : puisque le Fils est l’une des deux substances dont le Christ est constitué, ce nom peut lui être appliqué. — « Le Fils » et « le Verbe », dans notre religion, sont deux mots synonymes désignant une seule et même réalité. — Aussi, quand nous disons que Dieu est né, a mangé, a bu, a été crucifié, est mort et a été enseveli, ce n’est là que décrire le tout par ce qui se dit de la partie. Ce qui est interdit, c’est seulement de décrire l’une des deux parties par ce que nous attribuons à l’autre. Ainsi se montre clairement que nous sommes exempts de l’idée selon laquelle les souffrances auraient atteint l’essence même du Fils éternel — qu’il soit exalté au-dessus de cela !
K. — L’Union est l’œuvre des trois hypostases, mais seule hypostase du Verbe s’est fait Homme
L’union est en effet de l’ordre des choses qui sont opérées et qui sont reçues. Celui qui opère l’union, c’est la substance — la substance des trois hypostases, dont nous avons dit que chacune procède d’elle avec une réalité qui lui est propre. En tant que l’union est une chose opérée, les trois hypostases concourent ensemble à son opération ; mais en tant qu’elle est une chose reçue, elle appartient au seul Fils, à l’exclusion du Père et de l’Esprit — car ce qui est reçu l’est selon l’hypostase propre.
Voilà une approche qui permet d’entrevoir une trace par laquelle l’esprit du lecteur peut s’élever, bien que le « comment » en demeure insaisissable. Le rapport, quant au raisonnement, entre le Père et l’Esprit d’un côté et le Fils de l’autre — l’union étant impossible dans leur hypostase, mais non impossible dans celle du Fils — est semblable au rapport entre l’intelligence pure et l’intelligible pur d’un côté, et l’intelligent pur de l’autre.[18] Car il n’est pas possible que l’homme soit une intelligence pure, ni un intelligible pur ; mais il peut être un intelligent pur — en ce qu’il pense Dieu, qu’il soit puissant et glorieux. C’est pourquoi il a été possible que le Fils, dont le rang correspond à celui de l’intelligent pur, s’unît à l’homme ; mais il n’a pas été possible que s’unît à lui le Père, dont le rang correspond à celui de l’intelligence pure, ni l’Esprit, dont le rang correspond à celui de l’intelligible pur — j’entends une union selon l’hypostase. Et bien que les trois soient unis par la substance, chacune des trois hypostases, en tant que cette substance existe en elle, est ce qui opère l’union ; mais ce qui reçoit l’union, c’est l’hypostase du Verbe en tant que telle.
On illustre cela, pour qui a la vue et le discernement faibles, par le soleil — qui est astre, rayon et chaleur : lorsqu’il brille sur la terre, seule sa chaleur atteint les corps, sans que son astre s’en sépare. Et par le feu, qui est un, et qui a une forme effilée, une lumière et une braise : lorsqu’on chauffe de l’eau sur lui, seule la braise l’atteint — et pourtant c’est bien l’œuvre de la substance entière du soleil et du feu.
Deux brèves anecdotes
Première anecdote. Un mu‘tazilite demanda au Père Abū Rāʾiṭa al-Takrītī (Ḥabīb ibn Khidma), de l’Église syriaque orthodoxe, évêque de Takrīt, de lui expliquer la religion chrétienne en tant que la raison peut l’admettre. Il lui répondit :[19] [20] [21]
« La religion chrétienne est nécessairement, ou bien vraie, ou bien fausse ; et ceux qui l’ont reçue sont nécessairement, ou bien des gens de raison, ou bien des ignorants. Or les gens de raison n’acceptent ce qui ne se justifie pas par le raisonnement que sous la contrainte ; et les ignorants ne renoncent à se plonger dans les pratiques d’une religion que sous la contrainte. La contrainte est de deux sortes : la contrainte par la force et la contrainte par l’épée. Or nous n’avons jamais vu un seul homme de raison contraint par l’épée à embrasser la religion chrétienne au point d’accepter ce qui ne se justifie pas par le raisonnement, ni des ignorants contraints par l’épée à en abandonner les pratiques. Les gens de raison et les ignorants sont entrés dans la religion chrétienne — tous — en étant contraints : non par l’épée, mais par les signes sublimes. Et c’est là la plus forte preuve de la vérité : la vraie religion est celle qu’on reçoit par les signes de Dieu. À Dieu appartient l’assistance. »
Seconde anecdote. On rapporte qu’un homme de Rome vint au pays d’Irak, cherchant à rencontrer les hommes de science. L’un de ceux qui ne partageaient pas sa foi l’interrogea sur ce qu’est le christianisme. Il lui répondit :
— C’est une adhésion sans examen, qui surpasse l’adhésion fondée sur l’examen.
— Et qu’est-ce encore ?
— Une foi en ce qui échappe à la connaissance, comme la foi en ce que les voies de la connaissance ont pu cerner.
— Et qu’est-ce encore ?
— Une adhésion à laquelle invite l’évidence des signes divins, accomplis par les mains de ceux qui les ont apportés.
— Et qu’est-ce encore ?
— Une chose qui a dépassé la capacité humaine, et à laquelle l’homme s’est soumis pour y entrer par désir, et non par crainte.
— Et qu’est-ce encore ?
— Une vérité connue avec certitude, sans examen ; une vérité dont la connaissance fut appelée par ce qui a réduit à l’impuissance l’examen des sages et des philosophes — alors même que ceux qui y appelaient avaient, eux, sagesse et philosophie.
Cette réponse rejoint la parole de l’Apôtre : « Ce qui, dans la sagesse de Dieu, paraît folie surpasse la sagesse de ce monde. »[22]
L. — Les causes et les raisons de l’Union
Les savants ont assigné à l’Union de nombreuses causes, qui se ramènent à deux groupes : le premier du côté de Dieu — il comporte deux arguments — et le second de notre côté.
Du côté de Dieu, premier argument. Ce pour quoi il nous a fait exister, c’est lui-même : nous existons à cause de lui. Et celui qui a voulu parfaire notre existence en l’unissant à notre nature est le meilleur des généreux. Or le meilleur des généreux est celui qui donne par le plus excellent des biens ; et le plus excellent des biens, c’est son essence même — qu’il soit béni. Le don de sa générosité, c’est donc le don qu’il nous fait de son essence : voilà la cause de son union avec nous.
Deuxième argument. Son union avec nous est possible. Car ce qui empêche une chose possible, c’est l’opposition des contraires ; or le Créateur — qu’il soit exalté — n’est pas le contraire de sa créature, puisque le contraire ne fait pas exister son contraire, mais le détruit. Il est d’ailleurs dit dans la Torah qu’il a créé l’homme à sa ressemblance et à son image ;[23] et la ressemblance rapproche en vue de l’union. Donc, puisque son union avec nous est possible, qu’elle comporte pour nous le comble de l’honneur et pour lui la perfection et la générosité, et que rien ne pourrait l’en empêcher sinon l’impuissance ou l’avarice — qui sont des marques d’imperfection, dont Dieu, qu’il soit glorieux et puissant, est élevé et exempt — il s’ensuit que son union avec nous devait avoir lieu.
De notre côté. Nous avions pour but d’atteindre la perfection humaine qui nous est accessible, et les prophètes envoyés avaient pour but d’amener un petit nombre d’hommes aux premiers degrés de cette perfection. Alors Dieu s’est fait homme, s’est uni à notre nature, s’est joint à nous, est apparu parmi nous dans la chair, et nous a montré le chemin de la perfection par les paroles et les actes qu’il a manifestés, et par la loi de grâce et de bienfait qu’il a instituée pour nous. Ainsi a-t-il conduit le plus grand nombre des hommes au plus haut degré de la perfection humaine, au-delà duquel il n’y a rien ; et il nous a fait parvenir à un bonheur auquel les prophètes n’avaient pas été capables de nous conduire.
Cela est manifeste si l’on compare l’état des chrétiens à celui des peuples qui les ont précédés : ils ont délaissé le culte des dieux étrangers pour le culte de Dieu ; ils sont passés du comble de la débauche et de l’orgueil à la sobriété et à l’ascèse ; ils ont quitté l’inobservance de la loi de la justice pour l’attachement à la loi de la grâce et de la générosité. De cela on a le témoignage de Dieu lui-même, et bien des écrits et des traditions en font foi. Telles sont les fins les plus hautes de la perfection de l’homme — celles qu’il atteint par l’union de Dieu avec sa nature, à la fin des temps.
M. — Ce sur quoi s’accordent les trois grandes familles chrétiennes
Le principe sur lequel elles s’accordent est que ces trois communautés croient que Dieu est une substance, qu’il est un, et qu’il a trois attributs — qu’elles appellent « propriétés » : la paternité, la filiation et la procession. Chacun de ces attributs, pris avec la substance, constitue une hypostase. Si l’on prend la paternité avec la substance, on dit « l’hypostase du Père » ; si l’on prend la filiation avec la substance, on dit « l’hypostase du Fils » ; si l’on prend la procession avec la substance, on dit « l’hypostase de l’Esprit ». Chacune des hypostases est Dieu ; et elles ne disent pas qu’il y a trois dieux, mais qu’il y a un seul Dieu.
Lorsqu’elles disent que chaque hypostase est considérée avec l’un des attributs mentionnés, c’est pour elles une manière de désigner la substance ; et elles tiennent que l’action procède de la substance, et non de l’une des hypostases prise à part ; que cette action se fait par volonté et par dessein, et non par contrainte, ni par nécessité, ni par assujettissement, ni par nature — comme le feu, qui brûle sans le vouloir. Elles tiennent encore que la réception de l’Union appartient à la seule hypostase du Fils ; que l’Union eut lieu au moment où l’ange porta l’annonce à la Vierge Marie, ce moment étant le commencement de la formation de l’homme né de Marie ; que, dans le Christ né de Marie, la naissance n’a affecté que son humanité unie à lui, et non l’hypostase du Fils ; qu’il ne souffre ni ne change en aucune façon du côté de sa divinité ; et que les souffrances et la passion n’ont en aucune manière atteint la divinité. Elles tiennent enfin qu’il est impossible qu’une telle Union se réalise avec un autre homme, avant le Christ ou après lui. Tels sont les principes sur lesquels elles sont d’accord.
Note — Quand elles disent que la naissance a affecté son humanité et non sa divinité, cela signifie ceci : bien qu’il fût uni à sa divinité, la divinité ne se sépara jamais de lui depuis la première union, et elle ne fut affectée ni par la naissance ni par rien d’autre du côté de la divinité — mais seulement du côté de l’humanité sensible, à laquelle il s’unit et par laquelle il voulut se manifester selon ce dessein admirable.
Ce sur quoi les trois familles diffèrent
La position de l’Église copte orthodoxe
Les orthodoxes disent que la substance du Verbe s’est unie à la substance de l’homme reçu de la Vierge Marie, et que les deux sont devenues une seule substance, une seule nature, une seule volonté et une seule hypostase. Il est donc le Dieu qu’on adore et le Christ qui est né ; il est celui qui manifeste la faiblesse humaine et celui qui opère le miracle.
Note — L’affirmation des orthodoxes — une seule nature unie — vise à réfuter l’argument de ceux qui parlent de deux natures et de deux volontés.
On a déjà résolu plus haut les objections qu’on élève contre cela, ainsi que les interprétations des contradicteurs et les doutes des adversaires.
La position des nestoriens
Les nestoriens disent que l’Union ne fut que l’union de l’Éternel avec ce qui est créé dans le temps, à la manière d’une appropriation par la volonté et par le savoir, et d’une dénomination particulière par la filiation : car la filiation véritable, ils l’attribuent au Verbe, et à celui qui lui est uni seulement par mode d’honneur. Parfois ils disent que l’Union consiste en ceci : que la volonté de l’hypostase du Fils et la volonté de l’hypostase de l’homme sont devenues une seule volonté, attachées toutes deux à un même objet de connaissance, tel qu’il est. Ils tiennent l’Union elle-même pour une réalité constitutive du Christ, et non pour quelque chose qui en résulterait. Pour eux, le Christ est donc deux substances et deux hypostases.
Voici ce qu’en rapporte l’éminent maître, le philosophe Yaḥyā ibn ʿAdī, de l’Église syriaque orthodoxe — que Dieu sanctifie son âme. Les nestoriens croient que Dieu le Verbe, qui est le Fils éternel, a pris un « temple » — un homme entier et complet, fait d’une âme et d’un corps, semblable à tout être humain dans son humanité, hormis le péché. Le Verbe lui fut joint et habita en lui dès le premier instant de l’existence de cet homme, et ne s’en sépara à aucun moment : ni à la conception, ni à la naissance, ni à l’allaitement, ni à la crucifixion, ni à la mort, ni à l’ensevelissement, ni à la souffrance, ni en aucun autre état. Ils appellent « union » cette prise du temple.[24][25]
Ils appliquent le nom de « Christ » au Verbe de Dieu et au temple auquel il s’est uni, pris ensemble, et ne permettent pas qu’on l’applique au Verbe sans l’homme, ni à l’homme sans le Verbe. Ils confessent que le Christ, en ses deux substances ensemble, est un seul Fils de Dieu, et non deux fils ; et ils disent qu’il est un seul Christ. Pour eux, le Christ est donc deux substances et deux hypostases — ou, si l’on veut, deux personnes : l’une est la substance de Dieu le Verbe, l’autre la substance de l’homme qui est le temple auquel il s’est uni. Ils attribuent les qualités qui conviennent à Dieu — que son nom soit glorieux et puissant — à la substance qui est le Verbe, à l’exclusion de l’homme ; et ils rapportent les qualités propres aux corps et aux choses créées à l’homme, à l’exclusion du Verbe. Ils disent que l’union de ces deux substances se fait dans ce qu’ils appellent le « prosôpon »[26] — c’est-à-dire le « visage » — ainsi que dans la volonté, le libre choix et la filiation.
La plus grande différence entre eux et les orthodoxes est celle-ci : les orthodoxes croient que la substance du Christ est une. Pour le reste, les orthodoxes décrivent le Christ comme Dieu, et disent que Dieu est né, a été crucifié, est mort et a été enseveli, et d’autres choses semblables — tandis que les nestoriens, eux, ne peuvent dire cela que par métaphore tirée de l’union, et non au sens propre.
D’autres rapportent à leur sujet qu’ils se sont refusés à dire que le Verbe de Dieu se serait trouvé dans le sein d’une femme, ou que le sein l’aurait contenu. Ils ont donc forgé pour cela une interprétation : le Verbe n’aurait habité en elle qu’à la manière dont une parole habite — comme une parole habite dans les hommes — et le Christ serait né dans cet état comme un simple homme, jusqu’au jour de son élection. Puis, lorsque le Saint-Esprit descendit sur lui au Jourdain et que la voix cria du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma faveur »,[27] il serait devenu Dieu à ce moment-là. Et ils disent que c’est le fils corporel, celui qui est né, qui a supporté en propre l’humiliation, les souffrances et la mort, par séparation et par jonction. Ce qu’on rapporte de Nestorius,[28] c’est que, devenu patriarche de Constantinople, il interdit aux chrétiens de dire que la Vierge Marie avait contenu Dieu, et leur enjoignit de ne reconnaître en celui qui était né d’elle qu’un homme semblable à nous. Lorsque cette doctrine se répandit, son auteur fut retranché et condamné, et sa doctrine disparut.
La position des byzantins
Les byzantins disent du Christ qu’il est deux substances et deux natures, et qu’il a deux opérations, deux vouloirs et deux volontés. L’une d’elles — la nature divine — a manifesté les signes, accompli les miracles et fait tout ce qui relève du divin ; l’autre — l’humaine — a souffert les souffrances, la crucifixion et la mort, et a fait tout ce qui relève des actes humains. Ils disent pourtant qu’il est une seule hypostase, entendant par là une seule personne. S’ils tiennent à cette dualité autant qu’ils le peuvent, c’est par crainte de l’idée d’un mélange, d’une confusion ou d’une transformation des natures, et par crainte d’attribuer les souffrances à l’essence éternelle. On dit qu’une partie d’entre eux a soutenu que l’Union se fit de l’hypostase éternelle avec l’homme — tous entendant par là le Fils éternel. On rapporte aussi à leur sujet qu’ils ne professaient pas d’abord l’hypostase unique, mais qu’ils s’en tinrent à cela au sixième concile.[29]
N. — La confirmation de la doctrine orthodoxe par l’Écriture et par les Pères
On a déjà démontré plus haut l’union du Christ-Dieu — à lui la gloire — par ce que la raison admet et par ce qu’exige le raisonnement. Cette doctrine se trouve aussi confirmée, et apparaît clairement, dans la Tradition et dans ce que contiennent les Livres reçus, dont la véracité est certaine — Livres qui établissent que le Verbe éternel, engendré du Père selon sa divinité, est le Christ-Dieu, né de la Vierge selon son humanité.
Les annonces des prophètes
Ainsi cette parole du prophète David : « Du sein, avant l’étoile du matin, je t’ai engendré. »[30] Salomon dit dans ses sentences de sagesse : « Avant les siècles il m’a fondé ; au commencement, avant que la terre fût créée, avant que jaillissent les sources des eaux, avant que les montagnes fussent affermies, avant toutes les collines, il m’a engendré. » Il dit encore : « Lorsqu’il créa le ciel, j’étais avec lui. » Et David dit : « Il a envoyé sa parole, et il les a guéris et délivrés de la corruption. »
Le prophète Isaïe dit : « Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on l’appellera du nom d’Emmanuel » — ce qui se traduit : « Dieu avec nous. »[31] Il dit aussi : « Il viendra à la ressemblance des hommes, il naîtra de la Vierge pure, et il annoncera aux hommes l’espérance et le bien. » Il dit encore : « J’ai vu le Seigneur dans Sion, incarné dans un corps de chair issu de lui » ; et : « Voici ton frère, de la descendance de David, vêtu du vêtement des rois » — voulant dire : « et je relèverai ceux qui avaient péri parmi les nations. »
David dit : « Il est descendu du ciel ; la nuée sous ses pieds, il est monté sur les chérubins et a volé sur les ailes des vents. » Il dit aussi : « Tu es mon Fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »[32] Isaïe dit : « Écoutez, ô nations ; que la terre se taise, et tout ce qu’elle contient. Le Seigneur des seigneurs vous prend à témoin depuis sa sainte demeure : voici que notre Seigneur sort de son pays, il descend et foule la terre ; que les montagnes s’effondrent sous lui, et que les vallées se fendent. » Zacharie dit : « Fille de Sion, voici que je viens vers toi, et l’on me verra au milieu de toi. » Joël dit : « La parole du Seigneur crie depuis Sion, et fait entendre sa voix depuis Jérusalem. » Sophonie dit : « Réjouis-toi, fille de Sion, et sois dans l’allégresse, fille de Jérusalem ; car le Seigneur a écarté ce qui t’opprimait, il t’a délivrée de la main de tes ennemis, et il sera roi au milieu de toi. »
Le prophète Michée dit : « Le Seigneur vient à Sion, revêtu de mon discours. » Il dit aussi : « Il a posé un lien sur la mer, et les vents se prosternent devant lui : c’est lui, Dieu, qui a écrit de son doigt les tables pour Moïse. » Il dit encore : « Le Seigneur sera au milieu de vous ; il sortira de la maison sainte et de sa demeure, il descendra et marchera sur la terre. » David dit : « Le Dieu des dieux se manifestera dans Sion » ; « Notre Dieu vient, manifesté » ; « Dieu est apparu dans l’assemblée des dieux » ; et : « Il sera dit de Sion : ô mère de l’homme, un homme est né en elle, et c’est le Très-Haut lui-même qui l’a fondée. » Zacharie dit : « Réjouis-toi, Sion ; voici que je viens et que j’habiterai au milieu de toi, dit le Seigneur. » Malachie dit : « Encore un peu, et le Seigneur viendra de son temple, celui d’entre les hommes que vous cherchez » ; et : « Son nom est Soleil de vérité. »
Isaïe dit : « Le Seigneur vient pour juger les anciens du peuple. » Il dit aussi : « Une voix crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers ; voici que le Juge vient avec la force de son bras, dans sa souveraineté, sa récompense avec lui et son ouvrage devant lui. » Osée dit : « Le Seigneur vient du ciel, et il marche dans les places des fils d’Israël » ; et : « Notre Dieu se manifestera dans Sion ; saint est celui qui vient au nom du Seigneur. » Salomon dit : « Il est vrai que Dieu habitera avec les hommes sur la terre. » Jérémie dit : « Celui-ci est notre Dieu, nous n’en adorerons pas d’autre avec lui ; il a trouvé toute la voie de la justice et l’a donnée à Jacob son serviteur et à Israël qu’il a aimé ; et après cela il est apparu sur la terre et a vécu parmi les hommes. » Osée dit : « Ma chair est d’eux : comment serais-je un secours pour Éphraïm et un Dieu pour Israël, et non un homme ? » Jérémie dit : « J’ai vu le Seigneur entrer en Égypte sur une nuée légère. »
Et il y a beaucoup d’autres paroles des prophètes montrant que Dieu se manifesterait incarné, et que son Verbe apparaîtrait fait homme.
Un seul Christ : ses actes divins et ses actes humains
Puisque les actes divins et les actes humains se trouvent dans le Christ d’un seul coup, en un seul et même temps, il ne nous est pas permis de le diviser, ni de faire de lui, après son union, deux natures. Voyons-le :
Lorsqu’il naquit, qu’il fut emmailloté et déposé dans une mangeoire, dans une étable, comme les étrangers sans ressources, l’ange du Seigneur apparut aux bergers et leur annonça sa naissance, leur déclarant qu’il était Sauveur, Seigneur et Christ ; et de nombreuses armées célestes apparurent, louant et disant : « Gloire au plus haut des cieux ! »[33] Puis les mages vinrent d’Orient, conduits par la puissance divine qui leur était apparue dans le ciel sous la forme d’une étoile brillante, les guidant vers le lieu où il était ; et ils lui présentèrent des offrandes. Lorsqu’il fut emporté par Joseph, fuyant en Égypte, les idoles furent réduites à néant à cause de lui.
Lorsqu’il fut baptisé comme l’un des hommes qui se faisaient baptiser, les portes du ciel s’ouvrirent, le Saint-Esprit descendit sur lui, et l’on entendit la voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma faveur. »[34] Lorsqu’il accomplit le prodige à Cana de Galilée, il changea en vin, pour les convives attablés, l’eau — sans feu ni contact : il voulut qu’il en fût ainsi, et il en fut ainsi. Lorsque l’Esprit le conduisit au désert et que Satan le tenta, l’éprouvant comme il éprouve tous les hommes, [Satan] ne put tenir devant lui, et des troupes d’anges le servaient. Lorsqu’il vint au tombeau de Lazare, il pleura comme pleurent les cœurs sensibles ; puis il appela Lazare, et celui-ci sortit du tombeau vivant, encore enveloppé et lié comme on l’avait enseveli, sans avoir changé ; et il vécut encore neuf ans après cela, mangeant, buvant et vaquant à ses affaires. Lorsqu’il fut crucifié sur le bois comme les malfaiteurs, il pardonna ses péchés au larron crucifié à sa droite et le fit entrer au Paradis avant les justes. Lorsqu’il mourut et qu’on le vit mort de ses propres yeux, et qu’on lui transperça le côté, il en sortit de l’eau et du sang.
Ainsi, puisque ses actes divins et ses actes humains se correspondent tous, et que les deux actes correspondants se produisent en une seule fois, procédant d’un seul agent en un seul temps, il ne nous est pas permis de le diviser, ni d’appliquer à son sujet le mot « deux ». Les Pères, chefs et docteurs de l’Église, l’ont interdit ; ils ont tenu à ce sujet de nombreux discours, et ont défendu à quiconque de le dire.
Les témoignages des Pères de l’Église
Nous disons donc qu’il est le Créateur, celui qui pourvoit à tout, et qu’il est aussi celui qui est né de la Vierge, le crucifié, celui qui est mort — mais non comme un serviteur, ni comme un être ajouté, ni par sa seule divinité sans son humanité. Bien plutôt : le Verbe s’est fait chair, et la chair est le Verbe ; il n’est pas l’un des hommes ordinaires, mais Dieu en vérité s’est fait homme. Un Père a dit : « Il est engendré du Père sans mère, et de la mère sans père ; il est Fils de Dieu et fils de Marie. »
Cyrille le Grand[35] a dit, dans le livre des patriarches : « Quiconque ne croit pas que le Verbe de Dieu le Père s’est uni à la chair en une seule hypostase, et qu’avec sa chair il est un seul Christ, un seul Dieu fait homme — qu’il soit anathème. »
Grégoire a dit : « Quiconque dit autre chose que ceci — à savoir que le Fils éternel de Dieu est celui qui s’est incarné de la Vierge — qu’il soit anathème. »
Grégoire le Thaumaturge[36] a dit : « Nous ne séparons pas la divinité et l’humanité ; lui est un et le même, et j’anathématise ceux qui adorent le Verbe de Dieu sans son humanité. » Il a dit aussi : « Dieu en vérité, le non-incarné, est apparu dans la chair, parfait par sa divinité — non en deux visages, ni en deux natures ; et nous n’adorons pas quatre : le Père, le Fils, le Saint-Esprit et la chair. C’est pourquoi nous anathématisons quiconque parle de deux hypostases et de deux natures — l’une pour la divinité, l’autre pour l’humanité — après l’union. » Il a dit encore, dans le septième anathème : « Quiconque dit que celui qui souffre est autre que celui qui ne souffre pas, qu’il soit anathème ; et quiconque ne reconnaît pas que Dieu le Verbe, l’impassible, a souffert dans la chair — comme il est écrit — qu’il soit anathème. »
Jean Chrysostome[37] a dit, dans une homélie sur la Nativité : « Aujourd’hui, l’Éternel est né ; il s’est fait homme parmi les hommes, sans rien quitter de sa divinité. »[38]
Le patriarche Théophile,[39] l’un des patriarches d’Alexandrie, a dit dans une homélie sur la Nativité : « Le Fils est dans le sein de son Père et dans le sein de la Vierge Marie ; adoré par les anges, il est porté sur les bras de la Vierge ; celui que les séraphins ne peuvent regarder s’est tenu debout devant Pilate ; celui qui est porté sur le trône a été cloué sur la croix. »
S. — Les objections soulevées contre la position des byzantins
Un seul Christ : celui qui est né est celui qui a été crucifié
Si l’on interroge cette communauté et qu’on lui demande : « Celui que Marie a enfanté, qui est-il ? », elle ne peut faire autrement que de reconnaître qu’il est le Christ ; et elle ne peut éviter de dire que le Christ est Dieu le Verbe. Il est donc établi que celui qui est né de Marie est Dieu.
Si on lui dit alors : « Et celui qui a été crucifié sur la croix, est-ce le même que celui qui est né, ou un autre ? », elle ne peut faire autrement que de répondre que c’est exactement le même. Et si on lui dit : « Donc Dieu est mort sur la croix » — si elle le nie, elle contredit ce qu’elle a affirmé en premier et en second lieu ; et si celui qui est né est bien le crucifié, et le crucifié celui qui est né, alors c’est un seul Christ, et non deux.
Comment, dès lors, peuvent-ils trouver choquant d’admettre la mort de Dieu — selon leur propre raisonnement —, alors qu’ils ne trouvent pas choquant de dire que le Christ est né et a été déposé dans une mangeoire ? L’ange l’a d’ailleurs annoncé aux femmes venues au tombeau, qui cherchaient Jésus de Nazareth le crucifié : « Il n’est pas ici ; il est ressuscité, comme il l’a dit ; il vous précède en Galilée. »[40] Or, si celui qu’on dit ressuscité est le Christ, c’est lui qui a été crucifié ; et si celui qui a été crucifié n’était qu’un homme, c’est cet homme qui est ressuscité — et alors notre salut et notre résurrection viendraient d’un homme, et non de Dieu : à Dieu ne plaise !
« Deux natures » conduirait à une quatrième hypostase
Leur affirmation — « deux natures, une seule hypostase » — ne tient pas. Car il n’existe pas de nature subsistant par elle-même sinon par une hypostase. Chacune des deux natures aurait donc son hypostase ; les hypostases seraient alors quatre, et une quatrième hypostase s’ajouterait à la Trinité — ce qu’ils ne disent pourtant pas.
L’union dans le sein de la Vierge
Si l’on demande aux partisans du Verbe : « La chair a-t-elle habité dans le sein de Marie séparée du Verbe ? », ils répondent : « Non, mais le Verbe s’est fait corps. » On leur dit alors : « Le Verbe est donc l’hypostase, et il est la nature. » S’ils répondent : « Non — le Verbe est une nature et le corps une autre nature, car le Verbe a pris de la Vierge Marie un corps », on leur répond :
« Oui, le Verbe a bien pris de Marie un corps ; mais le corps n’a pas précédé le Verbe, ni le Verbe le corps, au moment où il habita en lui et s’unit à lui. On ne peut donc pas dire que l’un est une nature séparée de l’autre, puisque, depuis l’union, ils n’ont jamais existé que tous deux ensemble. Aucun corps n’a habité dans la Vierge pure sans l’homme complet, de telle sorte qu’il y aurait là une nature d’homme et une hypostase d’homme séparées. Et de même que, lors de la formation de l’homme issu d’une semence, l’âme ne précède pas le corps, de même le Verbe de Dieu, l’insaisissable, a habité dans la Vierge pure : il a pris d’elle un corps doté d’une âme raisonnable, s’est uni à lui d’une union insaisissable, et est né d’elle d’une naissance que les intelligences ne peuvent atteindre. On l’appelle Dieu fait homme ; il ne se laisse pas saisir comme un corps charnel ; il naît, et on l’appelle un seul homme, complet, son existence venant d’elle tout entière en même temps. »
On ne dit pas de l’homme qu’il est un corps sans l’âme qui lui est unie, ni une âme sans le corps qui lui est uni. Et lorsque cet homme souffre, on ne dit pas que c’est l’un des deux qui souffre en dehors de leur réunion. De même, s’il est blessé et qu’il en sort du sang, on ne dit pas que ce sang vient de l’un des deux en dehors de leur réunion et de leur union. Car l’âme sans le corps ne perçoit rien et n’est pas atteinte par la douleur ; et le corps sans l’âme n’agit pas et n’est pas atteint par la douleur ; mais lorsqu’ils sont réunis, ils forment ensemble un seul homme qui perçoit. Il en va de même pour celui qui est né de la pure Vierge : on ne dit pas qu’il est un corps sans le Verbe, ni un Verbe sans le corps ; on dit qu’il est Dieu fait homme.
Conclusion : ne pas diviser le Christ
Quiconque, après cela, parle de deux natures avance deux choses contraires à la foi. D’une part, il ajoute une nature à la nature de la Trinité. D’autre part, il introduit séparation et division, et défait ce que le Christ a commandé à ses apôtres lorsqu’il a dit : « Enseignez les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »[41]
Cette communauté, pourtant, s’accorde sur le texte du Symbole de foi qu’ont établi nos saints Pères, où il est dit : « Il est descendu des cieux, s’est incarné de la Vierge Marie et s’est fait homme ; il a été crucifié, a souffert, a été enseveli, et est ressuscité le troisième jour. »[42] Les Pères n’ont pas dit que la descente et la montée appartiennent au seul Fils, ni que les souffrances, la crucifixion et l’ensevelissement appartiennent au seul corps : s’ils ont parlé ainsi, c’est pour maintenir l’union — cela est clair. Tout ce qui s’écarte de cela est une erreur ; et ce que l’on ajoute à cette parole introduit la division.
T. — Les objections soulevées contre la position des nestoriens
Cette communauté est, de toutes, la plus divisée dans ses affirmations et la moins unie dans ses opinions. Certains d’entre eux professent l’Union, et [disent] qu’elle eut lieu dès l’Annonciation, au commencement de la formation du Christ comme embryon dans le sein de Marie. Mais ils disent ensuite que celui qui est né d’elle est un homme simple, que l’Union s’est faite avec lui par la volonté, et qu’il fut appelé « Fils » par amour.
« Fils par amour » : un seul Christ, ou deux ?
Si on les interroge sur celui dont l’Évangile nous a parlé — « qui est-il ? » — et qu’ils répondent : « C’est le Fils de Dieu par amour », nous leur disons : alors Dieu a deux fils et deux Christs — l’un éternel et substantiel, l’autre temporel et fils par amour. S’ils répliquent : « Non, nous ne disons pas qu’il y a deux Christs, ni deux fils, mais il est établi qu’il est un seul Christ, un seul Fils », alors il est juste de dire que c’est l’Éternel qui a été crucifié et nous a sauvés — j’entends : par son corps. Et s’ils n’accordent pas cela, le crucifié est donc, selon leur prétention, le fils temporel ; il leur faut alors parler de deux fils et de deux Christs — l’un le crucifié, l’autre le Fils qui est avec le Père et le Saint-Esprit — ce qui est absurde.
Les paroles de l’Évangile : qui les prononce ?
Si on les interroge sur ce que rapporte le saint Évangile — dont la véracité est certaine — parmi les paroles de notre Seigneur qui attestent à la fois sa divinité et la faiblesse de son humanité : ainsi « Avant qu’Abraham fût, je suis » ;[43] « Comment donc, lorsque vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était d’abord ? », et « Nul ne monte au ciel sinon celui qui en est descendu, le Fils de l’homme qui est au ciel » ;[44] et de même « Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi » ;[45] et « Entre tes mains je remets mon esprit » —[46] celui qui prononce ces paroles est-il le Fils éternel, ou le fils temporel ? Je ne pense pas qu’ils trouvent là le moindre espace pour faire une distinction, ni d’autre échappatoire que de dire que c’est un seul Fils, uni. Ainsi cette discussion les ramène, par la raison comme par l’Écriture, à l’opinion vraie, qui s’impose à nous.
Une union « par la volonté seule » ?
On les interroge encore : si le Verbe de Dieu n’a habité dans le « temple » humain que par la volonté seule — l’accompagnant par la grâce, un avec sa divinité — alors le corps qu’il a pris l’aurait été comme une chose empruntée pour un certain usage ; et il faudrait que, l’usage accompli, il n’en eût plus besoin : ce corps s’effacerait, se dissoudrait, deviendrait poussière jetée à terre. Or il ne s’est pas dissous et n’a pas connu la corruption : il est monté au ciel. De deux choses l’une, donc : ou bien il est uni au Fils substantiel, au Père et au Saint-Esprit — et alors leur thèse est ruinée, et ils sont revenus à la nôtre — ou bien il est séparé, et il leur faut alors croire en quatre hypostases : le Père, le Fils, le Saint-Esprit, et le fils né par amour — ce qui est absurde.
La réfutation philosophique : l’union ne peut être une simple unité de volonté
Quelqu’un qui les a réfutés sur le plan philosophique a dit : leur affirmation selon laquelle l’Union consiste en ce que les deux volontés — celle du Fils et celle de l’homme — deviennent une seule volonté entraîne nécessairement l’une de deux conséquences. Ou bien elle supprime le fait que l’Union soit propre à la seule hypostase du Fils, et rend l’acte commun à toutes les hypostases ; ou bien elle ruine un principe rationnel.
En voici la preuve. Les deux autres hypostases — celle du Père et celle de l’Esprit — ou bien ont une volonté, ou bien n’en ont pas. Si elles n’en ont pas, elles n’ont pas non plus d’acte libre, car l’acte libre ne procède qu’après la volonté : celui qui agit librement ne fait que ce qu’il veut — d’abord la volonté, ensuite l’acte. Cela est une vérité rationnelle, et le contraire contredit l’un des principes admis [par les deux communautés]. Or nous avons dit que l’acte de l’Union procède de toutes les hypostases ensemble, et non de l’une d’elles seulement. Si nous disions que le Père et l’Esprit agissent sans volonté, leur acte serait de l’ordre de la nature et de la contrainte — ce qui, là encore, contredit le principe admis. Chacune des deux hypostases a donc une volonté.
Dès lors, ou bien la volonté de l’hypostase du Père est exactement la même que celle du Fils et que celle de l’Esprit, ou bien elle ne l’est pas. Si elle l’est, alors l’Union appartient à toutes les hypostases. Si elle ne l’est pas, ou bien elle s’oppose aux autres, ou bien elle s’accorde avec elles. Si la volonté de l’hypostase du Fils s’accorde avec celle des deux autres, alors les volontés des trois hypostases s’accordent — ainsi que la volonté de l’hypostase de l’homme — et l’Union appartient encore à toutes. Si elle s’y oppose, alors ce que veut l’hypostase du Fils n’est pas ce que veut l’hypostase du Père, ni ce que veut l’hypostase de l’Esprit.
Et s’il en est ainsi, ou bien les volontés des hypostases se rejoignent en une même chose, ou bien elles ne s’y rejoignent pas. Si elles s’y rejoignent : supposons une même chose précise, dont l’hypostase du Fils voudrait qu’elle fût noire, l’hypostase du Père qu’elle fût blanche, et l’hypostase de l’Esprit qu’elle fût rouge. Ou bien les volontés de toutes s’exécutent, et les contraires se trouvent réunis dans la même chose — ce qui contredit l’un des principes, à savoir la raison. Ou bien la volonté de certaines s’exécute et celle des autres reste sans effet : alors la substance, dont on dit qu’elle est Dieu et qu’elle agit, se trouverait impuissante dès qu’on lui adjoint l’un de ses attributs propres, incapable de faire passer sa volonté à l’acte ; et l’acte de l’Union appartiendrait à certaines hypostases et non aux autres — ce qui contredit l’autre principe, à savoir que l’acte procède de toutes et ne s’attribue pas à une hypostase à l’exclusion d’une autre. Et si les volontés des hypostases ne se rejoignent pas en une même chose, alors chaque hypostase se rapporterait à certaines choses et non à d’autres. Or il est absurde que la volonté reste sans effet, et qu’une partie de l’acte soit attribuée à certaines hypostases et une autre partie à d’autres : cela contredit le principe.
Autres difficultés
De même : leur affirmation selon laquelle l’Union consiste en ce que le savoir du Fils et le savoir de l’homme deviennent un seul savoir — un savoir portant sur l’essence même de la substance décrite par les hypostases — supprime le fait que l’Union soit propre au Fils, puisqu’elle ne concernerait que les deux savoirs ; et cette « union » entre les deux savoirs ne serait qu’un rapport à leur objet de connaissance.
De même : si les deux savoirs se rapportent à un même objet par un simple rapport — comme la connaissance que « quatre est le double de deux » — alors, en supposant deux personnes dont le savoir de cet objet est un et entre lesquelles ce rapport est identique, cela ne serait pas impossible, et l’on pourrait l’admettre. On pourrait dès lors supposer une telle « union » entre deux êtres créés — à plus forte raison entre un créé et l’Éternel —, et chacun des deux créés posséderait l’union qui fut celle du Christ. Or cela contredit le principe établi.
De même : leur affirmation selon laquelle le Christ consiste en deux substances — l’une éternelle, l’autre créée — unies par le savoir et la volonté, jointe à leur affirmation que Marie a enfanté le Christ, entraînerait que Marie a enfanté deux substances unies par le savoir : et cette affirmation est fausse.
De même : leur affirmation selon laquelle les actes divins appartiennent à la divinité seule interdit qu’on décrive le Christ par aucun d’eux, puisque celui qui a rendu la vie et guéri serait la substance éternelle — or l’Éternel, pris à part, n’est pas le Christ.
Note sur les Arméniens
Quant à la communauté des Arméniens,[47] on rapporte qu’ils disent que le corps du Christ est subtil, plus subtil que les autres corps humains. Lorsqu’on leur opposa ce que contiennent les Livres saints — à savoir que son corps est semblable en tout aux corps humains, hormis le péché — ils répondirent qu’ils n’avaient dit cela que parce qu’il ne fut pas formé d’une semence. Pour le reste, ils s’accordent avec les orthodoxes pour professer l’unique nature et l’unique volonté ; ils ont seulement quelques usages particuliers qu’ils ont eux-mêmes introduits, et les orthodoxes ne leur refusent pas pour autant la communion.
F. — Les communautés dissidentes, et ce qu’a soutenu chaque groupe
Il s’agit de ceux dont les opinions se sont divisées, dont les penchants ont divergé, et que Satan a engloutis par la discorde et le défaut d’entente, jusqu’à les précipiter dans les vallées des illusions qui mènent à la perdition. Leurs affirmations ne remontent à aucun principe solide, ne reposent sur aucune raison, ne sont appuyées par aucune transmission sûre ; rien de leurs croyances corrompues n’a de fondement stable. Les Pères n’ont cessé de lutter contre elles, jusqu’à effacer les traces de leur corruption et réfuter leur croyance mauvaise. Voici ce qu’en rapporte le témoignage rassemblé à leur sujet.
1. Les sabbatiens
Ce sont les restes des juifs entrés dans le christianisme avec un cœur qui n’était pas pur. Ils tenaient que le jour du sabbat est plus digne de vénération, et plus digne qu’on y présente les offrandes, que le dimanche ; et ils disaient que la Torah mérite d’être lue à l’assemblée, après tous les autres livres, plus que l’Évangile. Ils disaient qu’on ne doit pas abolir la circoncision, ni laisser de côté les prescriptions de la Torah ni aucun de ses commandements. Ils argumentaient que les livres nouveaux ne sont pas contraires aux anciens ; et, malgré leur attachement au judaïsme, ils prétendaient être des chrétiens sensés. Ce sont eux que visait l’apôtre Paul lorsqu’il disait : « Prenez garde aux loups ravisseurs ; prenez garde à la circoncision ; prenez garde aux mauvais chiens. »[48]
2. Les simoniens
C’est le parti de Simon le Magicien,[49] qui voulut acheter avec de l’argent la grâce du Saint-Esprit. Ils l’appelaient du nom de Simon l’apôtre, disaient qu’il était le Fils de Dieu et sa puissance cachée, et qu’il avait entendu de Dieu, qui l’avait envoyé pour leur salut. Puis les apôtres l’appelèrent « Simon le Magicien ». Il accomplit, dit-on, de nombreux prodiges par sa magie. Ces égarés se forgèrent un évangile qu’ils inventèrent, le divisèrent en quatre parties et l’appelèrent « le Livre des quatre coins du monde ». Ils sont tous magiciens, pratiquent la sorcellerie, et suspendent à leur cou des colliers de fils rouges, en signe de pacte entre eux et Satan le séducteur ; et ils tressent leurs cheveux à la manière des anciens docteurs juifs.
3. Les marcionites
Ce sont ceux qui croient en trois dieux : un bon, un mauvais, et un juste entre les deux. Pour cette raison, ils ont altéré les Livres saints : ils ont ajouté à l’Évangile et aux épîtres de l’apôtre Paul, et en ont retranché ; ils ont supprimé entièrement le livre des Actes des Apôtres et ont écrit un autre livre à sa place, conforme à leur opinion, qu’ils ont appelé « le Livre de la fin et du terme ». Ils ont prétendu que Marcion,[50] leur maître, était le chef des apôtres, et ils ont renié Simon Pierre. Ils en sont venus à célébrer leurs prières avec d’autres psaumes qu’ils s’étaient inventés, à la place des psaumes de David. Ils disent que les hommes n’ont pas de résurrection, et que celui d’entre eux qui meurt, sa résurrection a déjà eu lieu.
4. Les safsataniens
Ce sont ceux qui professent la transmigration des âmes — leur passage dans les bêtes et dans les hommes. Ils disent que les hommes, dans le monde, sont comme les herbes des champs, qu’on moissonne et qui repoussent pour être moissonnées de nouveau ; qu’il n’y a pour les hommes ni résurrection après la mort, ni jugement ; et qu’ils reçoivent le salaire et la récompense de leurs actes dans ce monde seulement.
5. Les manichéens
Ce sont les disciples de Mani,[51] surnommé « le Fou ». Ils croient en deux dieux, un bon et un mauvais : le bon, selon eux, est le créateur de la lumière et du bien, le mauvais le créateur des ténèbres et du mal. Ils disent que les hommes n’ont ni résurrection, ni relèvement, ni jugement. Ils se prosternent devant le soleil, la lune et les sept planètes ; ils s’appuient sur le calcul des douze signes du zodiaque, tiennent pour permanents les décrets des astres, interdisent absolument le mariage, professent un jeûne perpétuel, déclarent les aliments impurs, et disent que toute chose en ce monde a une âme — les légumes, les cultures, les fruits, et le reste. Ils calomnient Dieu le Tout-Puissant. Ils croient aux destins et au calcul des horoscopes, et font une religion de la sorcellerie, des incantations et de l’astrologie.
L’histoire de ce Mani — son départ pour la Perse, sa fuite, et sa mise à mort par le roi — est consignée dans le livre que possédait saint Cyrille. Le Livre de la Tour rapporte qu’ils affirmaient deux dieux, l’un bon et l’autre mauvais ; qu’ils se prosternaient devant le soleil, la lune et les autres planètes ; qu’ils magnifiaient les douze signes du zodiaque et les astres ; et qu’ils tenaient l’eau, le feu et les arbres pour des substances ayant une âme — de sorte que celui qui répand de l’eau en pure perte, ou éteint un feu allumé, ou arrache un arbre, a tué une âme innocente. Ils interdisaient de prendre des femmes, épouses ou servantes, et déclaraient impures les bêtes immolées.
6. Les pauliniens
Leur fondateur est Paul de Samosate, évêque d’Antioche.[52] Ils croient que Dieu est un Dieu unique, une seule substance, une seule hypostase, et l’appellent par trois noms. Ils ne croient pas que le Verbe soit distinct du Père, ni qu’il soit de la substance du Père ; et ils ne croient pas au Saint-Esprit qui donne la vie. Ils disent que le Christ est un homme, créé à partir de la divinité comme Adam fut créé, et semblable à chacun de nous dans sa substance ; que le commencement du Fils vient de Marie ; qu’il fut choisi par un don ; que son origine est, quant à la substance, la même que la nôtre, et que la grâce divine l’accompagna ensuite, habitant en lui par amour et par volonté — c’est pourquoi il fut appelé « Fils de Dieu ». Ils ont examiné chaque passage des Écritures où sont mentionnées l’éternité du Fils, sa divinité et les hypostases [de la Trinité], et les ont altérés : ils les ont changés et ont écrit à leur place ce qu’ils voulaient, conforme à leur religion ; mais ils n’ont changé ni les titres des livres, ni les noms des apôtres, ni leurs récits.
7. Les ʿawdaniens
Ce sont ceux qui disent que les trois hypostases sont composées, et qu’elles ne se rassemblent que par composition. Parmi eux, les uns prient, les autres jeûnent ; ils accueillent les étrangers et les hébergent ; ils s’adonnent aux pleurs nuit et jour, et s’habillent de noir. Celui qui s’écarte d’eux sur ce point et qui rit, ils l’expulsent de leur groupe.
8. Les barbaraniens
Ibn Kabar les décrit en termes très durs comme un groupe impur, débauché, aux usages mauvais et à la conduite honteuse, et il leur impute jusqu’à des crimes de sang commis sur des enfants. Il ajoute lui-même : « Il ne convient pas que nous expliquions leurs affaires plus que cela. » La traduction s’en tient, comme l’original, à cette brève mention.[53]
9. Les qouqaniens
Ils ressemblent aux Samaritains dans leurs pratiques. Ils déclarent toutes choses impures, et déclarent les morts impurs : lorsqu’un des leurs meurt, ils s’en détournent et louent un homme à gages pour se charger de l’ensevelir. Ils ne croient ni à la résurrection, ni au relèvement, ni au jugement. Ils repoussent les galeux, les lépreux et les malades semblables ; et celui qui, parmi eux, a une infirmité — boiteux, paralysé d’un membre, sourd, aveugle, ou faible de vue — ils l’expulsent de leur groupe. Ils ont, pour cela, altéré les livres récents et se sont écrit un évangile sous les noms des douze apôtres ; dans leurs lieux de prière n’entre que celui qui est pur et sans défaut. Ils n’ont rapporté sur les apôtres rien d’autre que cela.
10. Les bardésanites
Ils croient en deux dieux, un bon et un mauvais,[54] et professent la doctrine des manichéens : ils croient aux destins et au calcul des horoscopes, aux astres et aux sept planètes, aux douze signes du zodiaque, et tiennent que ceux-ci gouvernent le monde. Ils attribuent la souveraineté du monde et son gouvernement à un autre que le Créateur. Ils prétendent que l’homme n’a aucun mérite à obéir et n’encourt aucun mal à désobéir, puisqu’il n’y a pour lui ni résurrection ni relèvement. Ils s’habillent constamment de blanc, et disent que celui qui porte toujours le blanc appartient à la part du Dieu lumineux et bon, et celui qui porte toujours le noir à la part du Dieu ténébreux et mauvais.
11 à 14. Les ariens, les ayoumbousiens, les boulianiens et les macédoniens
Ces quatre groupes s’accordent sur certains points et diffèrent sur d’autres. Ils aiment la parole d’Arius,[55] qui disait que le Fils est une créature ; Awmiyous partage son opinion et tient un discours semblable au sien. Ils n’ont rien changé aux Livres saints. Macédonius,[56]lui, tient un autre discours : le Fils est de la substance du Père, mais le Saint-Esprit est créé et fait. Il a altéré ce qui se trouve dans les livres récents, changeant ce qui concerne le Saint-Esprit. Le Livre de la Tour rapporte que les ariens croient que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois substances et disent que le Fils est créé ; que les partisans d’Awmiyous les ont suivis ; et que Macédonius a dit que le Fils est de la substance du Père et que l’Esprit est créé.
15. Les montanistes (les « mariamites »)
Ce groupe, issu de Montanus,[57] fait partie de ceux qu’on appelle « les mariamites », parce que, dans leur excès de dévotion à Marie, ils en font une divinité. Ils mêlent à leurs récits des affirmations très étranges et choquantes. Parmi leurs pratiques, ils observent quatre carêmes dans l’année, chacun de quarante jours. Ils ont eux aussi altéré les Livres, les ont corrompus et changés.
16. Les tatianiens
Ceux-là s’accordent avec les croyants en tout : ils ne contredisent pas la foi et n’altèrent pas les Livres. Ils ont cependant un trait particulier : ils tiennent les riches et les possédants en mépris, s’appuyant sur la parole de l’Évangile — « Soyez comme les oiseaux du ciel, qui ne sèment ni ne moissonnent », et ce qui suit — et sur la parole adressée aux disciples : « Ne vous procurez pas de possessions. » Chez eux, quiconque tire orgueil de sa richesse et la garde pour lui ne peut diriger ses compagnons. Ils disent que les moines sont supérieurs aux laïcs, et que celui qui n’est pas moine n’a aucune part avec le Christ, s’appuyant sur la parole de notre Seigneur : « Quiconque ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. »[58]
17. Les ʿabadiens
Ce sont les « pieux » — et « pieux » signifie ici « les purs » —, ceux qui pratiquent abondamment le jeûne et les ablutions ; ils n’ont changé ni la foi ni les Livres. Mais ils tiennent les pécheurs en mépris et disent qu’il n’y a pas de repentir pour un pécheur : ils n’acceptent le repentir de personne, pour une faute petite ou grande, mais l’expulsent de chez eux sur-le-champ, sans qu’il puisse demeurer parmi eux. Le Livre de la Tour rapporte qu’ils disaient que les hypostases de la divinité sont composées ; qu’ils prient et font l’aumône abondamment, hébergent les étrangers et s’adonnent aux pleurs ; et qu’ils sont semblables aux croyants quant à la lecture des Livres, sauf qu’ils méprisent les pécheurs, désespèrent du repentir, n’admettent aucun faux pas et ne pardonnent aucune faute.
18. Les mariamites et les opinions apparentées
Un groupe appelé al-Barbarâniyya, qu’on nomme aussi « les mariamites » : ils croient que le Christ et Marie sa mère sont deux dieux à côté de Dieu. Parmi les opinions apparentées :
— certains disent que le Christ vient du Père comme une flamme allumée à une autre flamme : la première ne diminue pas du fait que la seconde s’en détache (c’est la doctrine de Basilios et de ses partisans) ;
— certains disent que Marie ne l’a pas porté neuf mois, mais qu’il a traversé son sein comme l’eau traverse une gouttière, parce que le Verbe entra par son oreille et fit sortir l’enfant à l’instant même (c’est la doctrine de Qiyân et de ses partisans) ;
— certains parlent de trois dieux — un bon, un mauvais, et un juste entre les deux (c’est la doctrine de Marcion et de ses partisans, qui prétendaient qu’il était le chef des apôtres et reniaient Pierre l’apôtre).[59]
Un témoignage rassemblé sur ce sujet rapporte qu’il existe encore bien d’autres groupes que ceux-ci : ils sont mentionnés dans la seconde lettre du livre de Clément,[60] au nombre de soixante-dix sectes. Le livre de Clément appelé « le Livre des mystères » rapporte que le Seigneur Christ annonça à l’apôtre Pierre que les doctrines des croyants se diviseraient en soixante-quatorze sectes, chacune se distinguant par une opinion qu’elle introduirait ; que le premier à s’opposer à l’Église serait un homme nommé Simon le Magicien, avec ses partisans, puis Mani — et le livre énumère ensuite secte après secte, jusqu’au nombre complet de soixante-dix.
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Fin du premier chapitre
Chapitre 2
L’exposé de la foi orthodoxe
Ce chapitre présente le texte du Symbole de la foi orthodoxe — celui qu’ont établi les trois cent dix-huit Pères réunis à Nicée, et qu’ont complété les Pères réunis à Constantinople — avec les témoignages de ses formules tirés des Livres divins.
Comment le Symbole a été établi
Lorsque Arius renia la divinité du Fils éternel et le tint pour une créature, le concile de Nicée se réunit[61] et établit le Symbole de la foi en ce texte ; il se terminait alors par les mots : « et nous croyons au Saint-Esprit ». Puis, lorsque parut l’erreur de Macédonius, qui disait que le Saint-Esprit est une créature, le concile de Constantinople se réunit, le condamna, et condamna quiconque ne professe pas que le Saint-Esprit est égal au Père et au Fils dans leur substance ; les Pères ajoutèrent alors au Symbole les mots : « le Seigneur qui donne la vie, qui procède du Père ».
Le Symbole, article par article, et ses témoignages
Article 1
« Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant »
Le témoignage en est, dans l’Évangile selon saint Jean, cette parole de notre Seigneur le Christ :[62] « Vous cherchez la gloire les uns des autres, et vous ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique » ; et : « Toi seul es le vrai Dieu. » Dans l’Évangile selon saint Matthieu, sa réponse au tentateur : « C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et lui seul tu serviras » ; et sa parole à celui qui l’avait appelé « bon maître » : « Nul n’est bon, sinon le Dieu unique » ; et à ses disciples : « Votre Père est unique dans les cieux. » Dans les épîtres de Paul : aux Romains, « Dieu est un » ; dans la seconde aux Corinthiens, « il n’y a de Dieu que le Dieu unique » ; encore : « nous n’avons qu’un seul Dieu, le Père, qui tient tout en sa main » ; encore : « il y a diversité de dons, mais le Seigneur est un » ; aux Galates, « le médiateur n’est pas d’un seul ; or Dieu est un » ; aux Éphésiens, « il y a un seul Seigneur, une seule foi » ; dans la première à Timothée, « tous les hommes inclinent vers la connaissance de la vérité et du Dieu unique » ; et encore : « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, le seul qui possède l’immortalité ».
Article 2
« Créateur du ciel et de la terre, des choses visibles et invisibles »
Le témoignage en est, dans le prologue de l’Évangile selon saint Jean :[63] « Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut de ce qui fut » ; et : « le monde fut par lui ». Les puissances célestes — les anges et les autres — font partie de ce qui ne se voit pas. Les épîtres de Paul le confirment : dans l’épître aux Colossiens, après avoir parlé du Christ, il dit : « il est l’image du Dieu invisible ; par lui tout a été créé, au ciel et sur la terre, le visible et l’invisible, les rangs célestes, les seigneuries, les principautés et les puissances » ; et dans l’épître aux Hébreux : « Toi, Seigneur, dès le commencement tu as posé les fondations de la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains. »
Article 3
« Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu »
Le témoignage en est, dans le prologue de l’Évangile selon saint Jean : « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui l’a fait connaître » ; et la voix qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma faveur », entendue par Pierre et Jean lors de la Transfiguration ; et l’ouverture de l’Évangile selon saint Marc : « Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » ; et cette parole de notre Seigneur dans l’Évangile selon saint Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ne périsse pas quiconque croit en lui, mais qu’il obtienne la vie éternelle ; car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »
Article 4
« Né du Père avant tous les siècles »
Le témoignage en est, dans le prologue de l’Évangile selon saint Jean : « nous avons vu sa gloire, gloire comme celle du Fils unique du Père » ; et : « le Fils unique, qui est dans le sein de son Père » ; et la parole de Jean le Baptiste : « celui qui vient après moi était avant moi, car il me précède » ; et la parole du Seigneur sur lui-même : « avant qu’Abraham fût, je suis. »
Article 5
« Lumière de Lumière »
Le témoignage en est, dans le prologue de l’Évangile selon saint Jean : « il vint rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui ; il n’était pas la Lumière, mais [il vint] rendre témoignage à la Lumière — la vraie Lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde » ; la parole du Seigneur à ses disciples : « je suis la lumière du monde » ; et : « la lumière est avec vous encore un peu de temps ; croyez en la lumière, afin de devenir des fils de la lumière » ; et la parole de Siméon le prêtre : « une lumière révélée aux nations ».
Article 6
« Vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père »
Le témoignage en est, dans les paroles du Seigneur rapportées par l’Évangile selon saint Jean : « moi et le Père, nous sommes un » ; « je suis sorti de Dieu et je suis venu » ; « le Père est en moi, et moi dans le Père » ; « qui m’a vu a vu le Père » ; « qui m’a vu a vu celui qui m’a envoyé » ; sa parole à Philippe : « qui m’a vu a vu le Père » ; « croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi » ; et : « tout ce qui est au Père est à moi ». Et dans l’épître de Paul aux Hébreux : « il est le rayonnement de sa gloire et l’empreinte de sa substance. »
Article 7
« Par qui tout a été fait »
Cette formule ne figure pas dans certains exemplaires, mais elle est attestée dans le texte copte. Son témoignage a déjà été cité d’après le prologue de l’Évangile selon saint Jean : « tout fut par lui, et sans lui rien ne fut de ce qui fut » ; et : « le monde fut par lui ».
Article 8
« Qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux »
Le témoignage en est, dans les paroles du Seigneur — à lui la gloire — rapportées par l’Évangile selon saint Jean : « nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est au ciel » ; et : « je suis venu afin que vous ayez la vie éternelle ». Dans l’Évangile selon saint Matthieu, la parole de l’ange à Joseph : « il sauvera son peuple de ses péchés ». Dans l’Évangile selon saint Jean : « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui » ; et sa parole aux disciples : « afin que par moi vous ayez le salut ». Et dans les épîtres de Paul, qui dit que Dieu a envoyé le Fils pour le salut, et avertit, dans l’épître aux Hébreux : « combien plus [seront châtiés] ceux qui détournent leur visage de celui qui est venu des cieux ».
Article 9
« Et s’est incarné du Saint-Esprit et de la Vierge Marie »
Le témoignage en est, dans l’Évangile, la parole de l’ange lorsqu’il annonça [à Marie] la conception divine : « le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi le saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu » ; et : « elle se trouva enceinte par le Saint-Esprit » ; et la parole de l’ange à Joseph, son fiancé, en songe : « ne crains pas de prendre Marie, car ce qui est engendré en elle vient du Saint-Esprit » ; et la parole de Paul, dans l’épître aux Romains : « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme ».
Article 10
« Et s’est fait homme ; il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate ; il a souffert, a été enseveli, et est ressuscité des morts le troisième jour, selon les Écritures »
Les quatre Évangiles attestent la crucifixion sous Ponce Pilate, la souffrance, l’ensevelissement et la résurrection d’entre les morts le troisième jour : ces témoignages sont clairs, leurs termes n’ont pas besoin d’être rapportés ici, et il n’y a là-dessus aucun désaccord parmi les chrétiens. Quant au fait qu’il s’est fait homme, le témoignage en est dans plusieurs paroles des saints Évangiles : « lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire » ; le nom de « Fils de l’homme » qu’il se donne ; sa parole aux disciples après sa sainte résurrection : « regardez : un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai ». Et dans les épîtres de Paul : aux Romains, « né selon la chair de la descendance de David, et établi Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts » ; « nous qui avons cru en celui qui a ressuscité notre Seigneur Jésus-Christ, livré pour nos péchés et ressuscité pour notre justification » ; « celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts fera vivre aussi vos corps mortels » ; « le Christ Jésus est mort et ressuscité d’entre les morts ; il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ». Aux Colossiens : « il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenu semblable aux hommes ; il s’est abaissé, obéissant jusqu’à la mort, et sa mort fut celle de la croix ». Et dans l’épître aux Hébreux : « la purification de nos péchés » ; « parce qu’il a lui-même souffert et été éprouvé, il peut secourir ceux qui sont éprouvés » ; « fixons les yeux sur Jésus-Christ, qui est le chef et le couronnement de notre foi, lui qui a enduré la croix ». Et dans le livre des Actes : « le chef de la vie, vous l’avez tué, et Dieu l’a ressuscité d’entre les morts » ; « celui que vous avez tué en le pendant au bois, Dieu l’a ressuscité le troisième jour ».
Article 11
« Et il est monté aux cieux, et s’est assis à la droite du Père »
Le témoignage en est, dans les saints Évangiles : Marc dit : « après avoir parlé aux disciples, il monta au ciel et s’assit à la droite de Dieu » ; Luc dit : « pendant qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel » ; et sa parole dans l’Évangile selon saint Jean : « quoi donc, si vous voyez le Fils de l’homme monter là où il était d’abord ». Paul dit, dans l’épître aux Hébreux : « il s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauteurs, devenu supérieur aux anges » ; puis : « il s’est assis pour toujours à la droite de Dieu ». Et dans les Actes, la parole d’Étienne : « je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ».
Article 12
« Et il viendra de nouveau dans sa gloire pour juger les vivants et les morts »
Le témoignage en est, sa parole dans le saint Évangile : « lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous ses saints anges avec lui, alors il siégera sur le trône de sa gloire ; les nations seront rassemblées devant lui, et il les séparera les unes des autres comme le berger sépare les brebis des boucs ». Et : « le Père ne juge personne, mais il a remis tout le jugement au Fils ». Paul dit, dans la seconde épître à Timothée : « le Christ Jésus, qui jugera les vivants et les morts ». Et dans les Actes : « c’est lui que Dieu a établi pour juger les vivants et les morts ».
Article 13
« Et son règne n’aura pas de fin »
Le témoignage en est, dans le saint Évangile, la parole de l’ange Gabriel à la Vierge : « voici que tu concevras et enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; il sera grand, et il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour toujours, et son règne n’aura pas de fin ».
Article 14
« Et [nous croyons] au Saint-Esprit, le Seigneur qui donne la vie, qui procède du Père »
Le témoignage en est, dans l’Évangile selon saint Jean, la parole du Seigneur Christ : « lorsque viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès de mon Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père ».
Article 15
« Qui, avec le Père et le Fils, reçoit adoration et gloire »
Le témoignage de l’ordre d’adorer se trouve dans la parole du Seigneur au tentateur, rapportée par l’Évangile selon saint Matthieu : « c’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et lui seul tu serviras » ; et sa parole à la Samaritaine : « les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car le Père cherche de tels adorateurs ; Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité ».
Article 16
« Qui a parlé par les prophètes »
Cette parole signifie que le Saint-Esprit est celui qui a parlé dans les prophètes lorsqu’ils ont annoncé, par inspiration et par prophétie, la venue du Seigneur Christ — l’Emmanuel, le Dieu éternel, le fils de Marie dans le temps, le berger éternel d’Israël. En disant « qui a parlé par les prophètes », le Symbole montre que l’Esprit est l’une des trois hypostases, égal au Père et au Fils dans la substance divine, et qu’il est celui qui a accordé aux prophètes la sagesse prophétique.
Article 17
« Et [nous croyons] en une seule Église sainte, universelle et apostolique »
L’Église, c’est l’assemblée ; et l’assemblée du Christ est son bercail, et sa maison est son troupeau. Il a dit : « il y aura un seul troupeau et un seul berger ». Il dit aussi, dans l’Évangile selon saint Jean : « pour ceux qui croient en moi, afin qu’ils soient tous un » ; « afin qu’eux aussi soient un en nous » ; « je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un — moi en eux et toi en moi — afin qu’ils soient parfaits dans l’unité ». Et c’est une Église apostolique, parce qu’elle est bâtie sur le fondement de l’annonce évangélique par la prédication des apôtres ; ainsi la parole de notre Seigneur à Pierre : « tu es le Roc, et sur ce Roc je bâtirai mon Église ».
Article 18
« Et nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés »
Confesser le baptême, c’est embrasser toute la foi chrétienne. Par lui, l’homme devient chrétien et naît du Saint-Esprit, qui l’enveloppe ; et sans lui, nul n’entre dans le Royaume de Dieu — comme l’a dit le Seigneur dans son saint Évangile : « nul, s’il ne naît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ». Il a ordonné à ses disciples de faire de toutes les nations des disciples et de les baptiser. Paul, dans l’épître aux Éphésiens, dit : « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ».
Article 19
« Et nous attendons la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. Amen »
La résurrection générale des morts n’est tenue pour certaine que parce que le Seigneur Christ en a parlé ; et sa mention dans le saint Évangile réfute les négateurs qui disent qu’il n’y a pas de résurrection. Ainsi sa parole : « n’avez-vous pas lu ce que Dieu vous a dit : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ? Or il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ». Il l’a confirmée par ses actes, lorsqu’il a ressuscité Lazare, le fils de la veuve et la fille du chef de la synagogue ; et enfin lorsqu’il s’est ressuscité lui-même d’entre les morts. Quant à la vie du siècle à venir, le témoignage en est dans la parole de l’Évangile : « afin que tout homme qui croit en lui ait la vie éternelle » ; « afin de donner la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés » ; « celui qui croit en moi a la vie éternelle » ; « ceux-ci iront au châtiment, et les justes à la vie éternelle » ; et la parole de Paul, qui décrit ceux qui ont cru comme aspirant à la vie éternelle.
Commentaire abrégé du Symbole, par l’évêque Sévère ibn al-Muqaffaʿ
Sévère ibn al-Muqaffaʿ[64] a dit :
« Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant »
La foi est l’assentiment ; et l’assentiment, c’est la confession unie à une intention ferme et à la certitude. Le croyant ne doit donc énoncer que ce qu’il a cru, tenu pour vrai, dont il s’est rendu certain. Si nous disons « un seul » Dieu, c’est pour écarter la parole de ceux qui disent que Dieu est plus qu’un, parmi les groupes dissidents à la croyance corrompue : car des dieux multiples, leur gouvernement ne serait pas ordonné, et il y aurait nécessairement entre eux contradiction et désaccord — tous défauts qui impliquent un commencement, une imperfection, une corruption. Le croyant écarte donc ces propos et confesse que Dieu est un dans sa substance, distinct de tous les êtres, sans rien qui lui ressemble dans le monde, et sans associé dans son œuvre créatrice.
Nous l’avons nommé « Père » comme une bénédiction, suivant la parole d’Isaïe et celle de l’Évangile, où il nous est ordonné, quand nous nous tournons vers Dieu et le supplions, de dire : « Notre Père qui es aux cieux » — c’est-à-dire qu’il est tendre envers nous comme un père envers son enfant, ainsi que l’atteste David : « Dieu prend en pitié ceux qui le craignent, comme un père est tendre envers son enfant. » Et « tout-puissant »[65] — en grec « Pantocrator » — parce que toutes choses sont tenues dans sa main et gardées par lui. Certains ont prétendu qu’il ne gouverne que les universaux et non les particuliers — c’est-à-dire les genres et les espèces, mais non les individus : c’est la thèse de Platon et de ses partisans, et elle est écartée.
« Créateur du ciel et de la terre, du visible et de l’invisible »
Puisqu’il a été confessé que Dieu est un et qu’il tient toutes choses, il fallait montrer qu’il est le créateur du ciel et de la terre. Cela écarte la parole d’Anaxagoras le philosophe, qui prétendait que le monde est composé d’éléments mus par un moteur ; cela écarte aussi ceux qui disent que les mondes sont infinis. Et c’est une réponse à Mani, à Bardaisan, à Marcion et à leurs semblables, qui prétendaient que les ténèbres créent certaines choses et la lumière d’autres : il n’existe pas deux principes créateurs, et le mal n’a aucune part dans la création. Tout cela est l’œuvre du Dieu unique et généreux ; rien de ce qui se voit ou ne se voit pas — anges, puissances spirituelles, et le reste — n’a d’autre auteur que lui.
« Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu »
C’est une réponse à ceux qui parlent de plusieurs seigneurs. Car bien des êtres — les anges, et beaucoup d’hommes — sont parfois appelés « seigneurs » par manière d’honneur ; mais les Pères ont dit « un seul Seigneur, Jésus-Christ », et ont fait savoir que ceux qu’on nomme ainsi ne le sont qu’à titre d’honneur, tandis que le Seigneur véritable, le Dieu adoré, est un.
« Né du Père avant tous les siècles »
Cela signifie que ce Fils est proprement né du Père, et que ceux qu’on appelle [fils] par ailleurs ne le sont pas ainsi. La naissance de Jésus le Christ est avant les temps, les siècles et les mondes ; comme l’a dit David le prophète : « du sein, avant l’étoile du matin, je t’ai engendré » ; et les Pères ont confirmé qu’il est né du Père de toute éternité, sans que nous puissions en saisir le « comment » — de même que nous ne savons pas comment Dieu a créé le monde.
« Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu »
Les Pères ont voulu nous montrer la manière de sa naissance du Père avant les siècles : ils ont comparé sa génération à la naissance de la lumière à partir de la lumière. Ils voulaient dire que ce rayon que tu vois procède de la lumière sans temps et sans séparation, et que jamais la lumière ne se trouve sans lui ; de même, le rayon du soleil procède de la substance du soleil, et la clarté du feu, du feu. Telle est la naissance du Fils à partir du Père — non comme les naissances des créatures. Ils ont aussi comparé cette naissance à la procession de la parole à partir de l’intelligence et de l’âme.
Et « vrai Dieu de vrai Dieu » signifie qu’il n’est pas Dieu par honneur et par grâce — comme Moïse fut appelé « dieu » pour Pharaon, et comme les Israélites furent appelés « dieux ». « Vrai Dieu de vrai Dieu » est un attribut que nul ne partage avec lui et où nul ne l’égale. Les Pères entendaient par là le Verbe-Fils, engendré de la substance et de l’essence du Père, et qu’il est hypostatique : c’est pourquoi ils l’ont appelé « Dieu » et l’ont décrit par les attributs de Dieu.
« Engendré, non créé, consubstantiel au Père »
Ici, les Pères ont montré l’erreur d’Arius, qui prétendait que la manière de la naissance du Verbe à partir du Père ne peut être saisie, et tenait le Fils pour une créature. En disant « engendré, non créé, consubstantiel au Père », ils ont écarté cette erreur et affirmé que le Fils est de la substance même du Père. — L’auteur de cet abrégé ajoute : sur les fondements de la croyance, et sur la Trinité et l’Union, il a déjà été dit, dans les chapitres précédents, ce qui suffit à qui veut y réfléchir.
« Qui, pour nous les hommes et pour notre salut, est descendu des cieux »
Il convenait que notre salut vînt de Dieu lui-même, et non par l’intermédiaire d’un ange ni d’une créature ; car les hommes vertueux n’avaient pas le pouvoir d’élever les hommes au salut, et les prophètes véridiques n’avaient pu accomplir pleinement notre salut. C’est pourquoi Dieu lui-même est descendu pour nous sauver.
« Et a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate ; il a souffert, a été enseveli, et est ressuscité le troisième jour selon les Écritures »
Le sens du salut a déjà été expliqué : ce salut s’est accompli par la crucifixion que le Christ a portée pour nous. Il s’est fait pour nous l’auteur de notre salut, de la manière qui convenait à sa sagesse et à sa puissance ; et le démon n’a pu, par toute sa ruse et sa force, empêcher le salut et la délivrance du monde par la croix. Si les Pères ont nommé Pilate, en indiquant le temps, c’est pour que cela demeurât conservé, dans les régions du monde, comme un repère certain. Et ils ont dit « il a souffert, a été enseveli » pour réfuter la parole de quiconque prétend qu’il n’a pas réellement souffert — c’est-à-dire les partisans de Mani, de Bardaisan et de leurs semblables, qui disaient que son corps était subtil et qu’il n’a souffert qu’en apparence. Sa crucifixion et sa souffrance furent réelles.
« Et il est monté au ciel, et s’est assis à la droite de son Père »
Ici encore, les Pères suivent l’Évangile : « nul n’est monté au ciel sinon celui qui en est descendu ». Sa montée fut sans cessation, et sa descente comme sa montée sans déplacement local : car Dieu — qu’il soit béni — n’a pas besoin, en descendant ou en montant, de parcourir des distances ni de remplir des lieux. Et par « la droite du Père », ils entendent la puissance, la force et l’honneur — comme dit David : « assieds-toi à ma droite » — et non un côté droit par opposition à un côté gauche.
« Et il viendra de nouveau dans sa gloire pour juger les vivants et les morts ; et son règne n’aura pas de fin »
Le Christ a deux venues : l’une, celle où il est venu sauver les hommes de la main de l’ennemi ; l’autre, celle où il viendra juger les vivants et les morts, à la fin du monde et à l’arrêt de son mouvement. Le prophète Daniel a annoncé cette seconde venue.
« Et [nous croyons] au Saint-Esprit, le Seigneur qui donne la vie, qui procède du Père ; qui, avec le Père et le Fils, reçoit adoration et gloire ; qui a parlé par les prophètes »
Après que les Pères nous eurent instruits au sujet du Père et du Fils, et eurent fixé pour nous comment notre foi devait être, ils ont professé le Saint-Esprit. Il est l’unique Esprit, le Seigneur qui donne la vie, qui procède du Père, égal au Père et au Fils dans la substance — contre l’erreur de Macédonius, qui le tenait pour une créature. Il reçoit adoration et gloire avec le Père et le Fils ; et il est celui qui a parlé dans les prophètes, leur accordant la sagesse prophétique par laquelle ils ont annoncé la venue du Christ.
« Et en une seule Église catholique apostolique ; et nous confessons un seul baptême »
L’Église est l’assemblée des croyants ; elle est apostolique parce qu’elle est bâtie sur le fondement de la prédication des apôtres, et sur le roc dont parla le Seigneur à Pierre. Quant au baptême, les anciens ont compté plusieurs baptêmes : le baptême par la nuée ; le baptême par l’eau, celui de Jean ; le baptême des apôtres, par le Saint-Esprit ; le baptême des martyrs, par leur sang ; et le baptême des larmes, pour les pécheurs. Le baptême de Jean ne donnait pas le Saint-Esprit : il appelait seulement les hommes au repentir et à la foi au Christ. Mais après la résurrection, lorsque le Christ envoya le Saint-Esprit, le Défenseur, [commença] le baptême de l’Esprit. Ce baptême-là, accompli après la résurrection, est celui qu’a annoncé Ézéchiel : « je répandrai sur vous une eau pure, et je remplacerai le cœur de pierre par un cœur vivant ». C’est l’unique baptême qui remet les péchés : il est comme une mort, puis une vie nouvelle ; car nous étions morts par le péché d’Adam, et nous sommes rendus à la vie et enfantés de nouveau — un baptême de vie nouvelle. C’est celui dont le Christ parla à Nicodème : « nul, s’il ne naît de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ».
« Et nous attendons la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. Amen »
Les croyants qui ont cru en Dieu et en son Christ, qui ont marché dans les vertus et rejeté les vices, qui ont dépouillé l’homme ancien et revêtu l’homme nouveau, attendent la résurrection : ils seront rendus à la vie pour l’éternité, ils entreront dans le Royaume, et jouiront de biens que l’œil n’a pas vus, que l’oreille n’a pas entendus, qui ne sont pas montés au cœur de l’homme — selon la parole du Seigneur : « là où je suis, là sera aussi mon serviteur. » Que Dieu nous aide, par sa miséricorde et sa compassion, à accomplir les œuvres qui y conduisent. Amen. Et gloire au Donateur de l’intelligence.
L’origine du schisme survenu dans l’Église
L’Église ne cessa de demeurer unie et d’un même accord. Chaque fois que paraissait une erreur contre la foi droite et la croyance ferme, les Pères patriarches et les évêques se réunissaient, dissipaient les doutes et abolissaient les erreurs, aidés en cela par les empereurs croyants — et il en fut ainsi durant cent vingt ans à compter de la glorieuse Ascension.
Une controverse s’était élevée, à Constantinople, entre un moine-prêtre nommé Eutychès et Eusèbe, évêque de Dorylée, au sujet de la foi ; l’évêque réfuta la doctrine d’Eutychès. Car Eutychès disait que le corps de notre Seigneur est subtil, qu’il n’est pas semblable à nos corps, et que le Fils n’a rien pris de Marie. Flavien, évêque de Constantinople, condamna Eutychès et l’anathématisa. Eutychès en appela à l’empereur Théodose et se plaignit d’avoir été anathématisé injustement ; il demanda à l’empereur d’écrire à tous les patriarches pour qu’ils s’assemblent et examinent son cas. L’empereur écrivit à Dioscore, patriarche d’Alexandrie, à l’évêque d’Antioche, à Léon, patriarche de Rome, et au patriarche de Jérusalem, pour qu’ils viennent avec leurs évêques. Ils se réunirent dans la ville d’Éphèse — c’est le deuxième concile —, et celui qui le présidait était Dioscore, déjà nommé. Il y confirma la foi droite et retrancha quiconque s’y opposait.
Lorsque l’empereur Théodose le Jeune mourut, le pouvoir échut à Marcien, qui avait épousé Pulchérie, sœur de Théodose. Les évêques vinrent le saluer et l’informèrent de ce qui s’était passé au deuxième concile et de ce qu’avait fait le patriarche Dioscore. Marcien ordonna alors d’écrire aux patriarches et aux évêques pour qu’ils s’assemblent tous dans la ville de Chalcédoine,[66] afin d’examiner la doctrine de Dioscore. Car Dioscore disait que le Christ est une seule substance issue de deux substances, une seule hypostase issue de deux hypostases, une seule nature issue de deux natures, une seule volonté issue de deux volontés ; tandis que Marcien et les gens de son empire disaient qu’il est deux substances, deux natures, deux volontés, et une seule hypostase.
Lorsque ce concile se réunit — et le nombre de ses évêques était de six cent trente —, ils jugèrent bon de se ranger à l’avis de l’empereur, par crainte d’être déposés de leurs rangs : ils acceptèrent sa doctrine et adoptèrent sa croyance. Seuls Dioscore, patriarche d’Alexandrie, et six autres évêques avec lui ne s’écartèrent pas de l’opinion juste et refusèrent.[67] Lorsque les évêques du concile rédigèrent un document de ce dont ils étaient convenus, Dioscore le réclama pour y inscrire [sa réponse], et on le lui envoya. Ayant vu leur doctrine, il écrivit sa profession de foi et anathématisa ces évêques et quiconque suivrait leur doctrine. Marcien voulut le mettre à mort ; puis il le fit comparaître devant les évêques, qui le pressèrent de se rallier à eux. Comme il refusait, le concile l’anathématisa et le déposa de son siège, puis l’exila — et cela eut lieu en l’an 393 de Dioclétien.[68].
Dioscore envoya à Alexandrie les poils arrachés de sa barbe, en disant aux fidèles : « Voilà le fruit de ma peine pour la foi. » Dès lors, l’ennemi sema l’ivraie de la division entre ceux qui demeurèrent fermes avec Dioscore dans sa foi et ceux qui suivirent l’empereur dans sa doctrine. Sur le chemin de son exil, Dioscore passa par Jérusalem et la terre de Palestine, où l’on connut sa doctrine et où on le suivit. Son exil dura sept ans et demi, et il mourut dans l’exil, en l’île de Gangra, le septième jour du mois de Tout.
Plus tard, Sévère fut établi patriarche d’Antioche ; il proclama la foi orthodoxe et écrivit en tout lieu pour affermir l’Église. L’empereur — qui était chalcédonien — l’apprit et s’efforça de ramener tous les hommes à sa doctrine : il fit venir Sévère, patriarche d’Antioche, et les évêques d’Orient, et voulut qu’ils se rangent à son avis. Aucun d’eux ne le suivit ; il ordonna donc de les arrêter, et Sévère fut détenu deux ans, jusqu’à ce que l’impératrice Théodora intercédât pour lui et le fît libérer. Il revint à son siège. L’empereur se rendit en Égypte, fit venir les évêques disposés à le suivre, et contraignit les fidèles à se rallier à lui et à accepter sa foi.
Or il y avait un fidèle nommé Jacques Baradée, que le patriarche Sévère avait ordonné évêque alors qu’il était lui-même en prison. Jacques parcourut les pays et sillonna les contrées, affermissant les croyants dans la foi droite — et c’est à lui que se rattache l’ancien nom par lequel on désignait les orthodoxes.[69] Sévère, lui, fut encore convoqué à Constantinople par un empereur qui lui témoigna des honneurs et voulut le rallier à sa doctrine ; il refusa, subit de dures épreuves, et l’épouse de l’empereur intercéda enfin pour lui. Il ne cessa d’affermir les croyants dans la foi, et mourut en paix. Il occupa le siège d’Antioche six ans, et demeura dans le combat [pour la foi] de longues années.
Ces deux Pères — Sévère et Jacques — ont, eux aussi, édifié la foi et préservé les fondements de la religion. Que leurs prières soient avec nous. Amen.
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Fin du second chapitre
Chapitre 3
Les récits de l’Incarnation du Seigneur et la chronologie de ses années
Ce chapitre contient le récit de la glorieuse Nativité et de l’économie de l’Incarnation de notre Seigneur — à lui la gloire —, son choix des apôtres pour annoncer la Nouvelle Alliance, et la mention des années où s’accomplit son économie de salut.
La chronologie depuis la création
La glorieuse Nativité eut lieu à l’accomplissement de cinq mille ans pour le monde.[70] De Cléopâtre à l’Incarnation, il y a trente ans ; d’Alexandre le Macédonien,[71] trois cent dix-neuf ans ; de la captivité de Babylone, cinq cent trente-deux ans ; du règne de David sur Israël, mille cinquante ans ; de la sortie des fils d’Israël hors d’Égypte, mille sept cent soixante-cinq ans ; d’Abraham, deux mille cent soixante-douze ans ; de Péleg, deux mille sept cent treize ans ; du Déluge, trois mille deux cent quarante et un ans ; et d’Adam, cinq mille ans.
On a déjà exposé, au premier chapitre, l’Union et ses raisons — et que l’une des plus fortes est la générosité de Dieu, qui appelait son union à notre genre. Lorsqu’il voulut, qu’il soit béni, porter cette générosité à son comble et la faire passer de la puissance à l’acte dans l’existence, il envoya son Verbe éternel — l’hypostase qui lui est égale en essence — à la Vierge Marie, fille de Joachim, de la tribu de Juda, comme il l’avait promis d’avance ; et il s’incarna d’elle.
En marge du texte. Joachim, le père de Marie, était de la tribu de Juda ; Anne, sa mère, était des filles d’Aaron, de la tribu de Lévi. Marie réunissait ainsi les deux tribus, celle de la royauté et celle du sacerdoce ; et c’est d’elle qu’est apparu le Roi des rois éternel et le Grand Prêtre perpétuel.
La Nativité à Bethléem
Il naquit d’une naissance dans le temps, à Bethléem, au pays d’Éphrata — le village de David —, le mardi vingt-cinq décembre, qui est le vingt-neuf du mois de Kihak,[72] la quarante-deuxième année du règne d’Auguste César, empereur des Romains, sous le gouvernement d’Hérode Antipas sur le quart de la Judée.
En marge du texte. Le saint Épiphane, évêque de Chypre, a rapporté que la Nativité eut lieu un lundi ; c’est pourquoi la fête est gardée sur les deux jours. Les apôtres ont prescrit de la célébrer le vingt-neuf [Kihak], car la nuit qui précède, le soir du lundi joint au jour du mardi, forment un seul jour, selon la parole de Dieu dans la Torah.
Les bergers et les mages
L’ange du Seigneur annonça aux bergers de cette contrée sa naissance, et ils vinrent à lui ; on rapporte qu’ils lui offrirent un agneau et du lait. Puis vinrent à lui les mages d’Orient, guidés par la puissance qui leur était apparue dans le ciel sous la forme d’une étoile, leur servant de guide ; et ils lui présentèrent en offrande de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
En marge du texte. On dit que les bergers étaient six, et voici leurs noms : Athir, Zabulon, Nostos, Niphalios, Joseph, et Sana (ou Rabbâ). — Les mages venus à Jérusalem étaient trois ; voici leurs noms : le premier, Banthourâwâm, qui offrit l’or ; le deuxième, Malîkhiyâ, qui offrit l’encens ; le troisième, Malîsâ, qui offrit la myrrhe. À leur sortie de Bethléem, ils logèrent dans la maison d’un homme, en Perse.
La fuite en Égypte et l’enfance
L’économie humaine se poursuivit dans la croissance et le développement. Joseph le charpentier l’emmena en Égypte avec Marie sa mère, et les idoles [du pays] s’effondrèrent ; il parvint jusqu’à la Haute-Égypte, en revint après deux ans, et habita Nazareth de Galilée, afin que s’accomplît tout ce qui était écrit à son sujet.
Le baptême dans le Jourdain
Lorsqu’il eut atteint l’âge naturel de trente ans, il fut baptisé par Jean, fils de Zacharie, dans le fleuve du Jourdain, le mardi six janvier, qui est le onze du mois de Toubah. Le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme d’une colombe et demeura sur lui ; et la voix du Père retentit du ciel, disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis ma faveur. » Alors il commença à manifester la Loi de la grâce et de la perfection.
En marge du texte. L’évêque Anba Jacques de Saroug a rapporté que le baptême eut lieu à la onzième heure de la nuit du mardi ; c’est pourquoi on lui consacre une veille, comme pour la Nativité.
Le ministère, et le choix des apôtres
Il exhorta les hommes par ses paroles et par ses actes, montrant qu’il est le Christ, Fils de Dieu, venu dans le monde pour le salut de la postérité d’Adam. Il adressait la plus grande part de ses avertissements aux juifs ; mais ceux-ci ne faisaient que croître en obstination, en reniement et en incrédulité — hormis celui dont le voile du cœur était levé, à qui une porte était ouverte, et qui était guidé vers la foi en son Seigneur.
Parmi ceux qui crurent à ses signes et tinrent pour vrai ce qu’ils voyaient de ses miracles, il choisit douze hommes, qu’il appela « apôtres » ; puis soixante-dix autres. Il les établit pour accomplir des signes en son nom, et les envoya prêcher parmi les fils d’Israël la bonne nouvelle de l’Évangile, et [annoncer] leur délivrance de la servitude de Satan. Il demeura sur la terre, depuis sa naissance de la Vierge jusqu’au jour de son Ascension, trente-trois ans, quatre mois et dix jours — dont trente ans et douze jours avant le baptême ; et il accomplit les signes pendant trois ans, deux mois et dix-huit jours.
La passion et la crucifixion
Puis [les juifs] se tournèrent contre lui et le condamnèrent à mort ; il se livra pour être crucifié, de sa propre volonté, et mourut pour nous selon la chair, par son propre vouloir. Sa crucifixion eut lieu à la sixième heure.[73] Ce fut le vendredi vingt-trois du mois d’Adhar, qui est le vingt-sept de Baramhat, sous Ponce Pilate, en l’an trois cent dix-neuf d’Alexandre, la dix-huitième année du règne de Tibère César, fils d’Auguste César, hors de la ville de Jérusalem, en un lieu nommé Golgotha — ce qui se traduit, en hébreu, par « le crâne ».
En marge du texte. Saint Jean situe la crucifixion à la sixième heure, et Marc à la troisième : les deux affirmations sont justes. Notre Seigneur — à lui la gloire — fut condamné trois heures avant l’aube, et crucifié à la troisième heure du jour : cela fait six heures, comme l’indique Jean, et trois heures de jour, comme l’indique Marc.
En marge du texte. On rapporte que ce lieu est celui où se sont accomplis les mystères de la croix. C’est là que poussa l’arbre dont fut tiré le bois de la croix ; là qu’Abraham offrit son sacrifice ; là que Melchisédech exerça son sacerdoce ; là que David offrit l’offrande, et que se dressa le Temple de Salomon. La tradition rapporte qu’à l’approche de la mort de Yared — sixième dans la descendance d’Adam — celui-ci appela ses fils et leur confia le corps d’Adam ainsi que les trois offrandes : l’or, la myrrhe et l’encens. Il recommanda que le corps d’Adam fût placé, après sa mort, au centre de la terre, et qu’un homme de sa descendance y servît, vivant en ascète : qu’il ne se marie pas, ne verse pas le sang, n’offre ni oiseau ni aucun animal, mais seulement du pain et du vin — car c’est de là que viendrait le salut d’Adam. Noé prit le corps d’Adam ; Sem et Melchisédech le portèrent ; un ange du Seigneur les guida jusqu’au centre de la terre, et là Melchisédech demeura pour servir en ce lieu.
La mort, l’ensevelissement et la résurrection
Il remit l’esprit à la neuvième heure du jour, et fut enseveli dans un tombeau, comme l’atteste l’Évangile. À sa droite et à sa gauche furent crucifiés deux malfaiteurs : l’un crut en lui et fut sauvé ; l’autre le renia. Et il ressuscita d’entre les morts le troisième jour, sortant du tombeau scellé sans le rompre — de même qu’il était né de la Vierge sans rompre sa virginité —, afin que les juifs ne pussent mettre en doute sa résurrection.
Les apparitions du Ressuscité
Après sa résurrection, il apparut plusieurs fois. Marie de Magdala et l’autre Marie virent l’ange qui leur annonça sa résurrection ; puis elles le virent lui-même, et il les envoya l’annoncer aux disciples. Il apparut aux disciples le soir du dimanche, dans la chambre haute, alors que les portes étaient fermées ; il se tint au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous », et il leur montra ses mains et ses pieds. Huit jours plus tard, il leur apparut de nouveau dans la chambre haute. Il leur apparut encore au bord du lac de Tibériade, et en d’autres occasions, mangeant et buvant avec eux, afin d’affermir leur connaissance et de leur faire constater la vérité de sa résurrection ; et ils se prosternèrent devant lui.
L’Ascension
Puis, comme l’atteste Luc, lors de l’apparition où il se montra aux onze, il se tint au milieu d’eux, leur dit « La paix soit avec vous », prit une part de poisson grillé et de miel, et mangea devant eux. Ensuite il les conduisit dehors, vers Béthanie ; il leva les mains, les bénit, et monta devant eux au ciel, depuis la montagne qui domine Jérusalem. Son Ascension eut lieu un jeudi.
Les disciples affermirent leur connaissance de lui, eurent la certitude de sa résurrection, et se prosternèrent devant lui. Il leur ouvrit l’intelligence des Écritures, et leur ordonna de demeurer à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils fussent revêtus de la force d’en haut ; puis ils iraient faire de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur enseignant à garder ce qu’il leur avait commandé.
La Pentecôte
Lorsqu’il leur envoya le Saint-Esprit, le Défenseur, accomplissant ainsi ses promesses, les disciples étaient réunis dans la chambre haute, les portes fermées. Soudain, du ciel, vint le bruit d’un grand vent ; il emplit la chambre haute de feu et de lumière ; des langues de feu apparurent et se posèrent sur la tête de chacun d’eux. Ils furent remplis du Saint-Esprit, et chacun se mit à parler dans la langue de ceux vers qui il serait envoyé. Ils comprirent et parlèrent les langues diverses, et furent émerveillés. Puis [le Christ] posa la main sur leurs têtes et les bénit — comme le rapporte Luc — et les établit prêtres, à la place des prêtres rejetés des fils d’Israël ; car Dieu avait parlé ainsi par la bouche de Malachie.
L’organisation de l’Église et la rédaction des Évangiles
Les apôtres, remplis du Saint-Esprit, furent inspirés pour écrire l’Évangile, et pour fixer ce que devraient accomplir les chrétiens qui viendraient à la foi par leurs mains : la prière, le culte, et les règles à observer. Ils s’accordèrent tous pour le choix de ceux qui écriraient l’Évangile, et désignèrent quatre d’entre eux : deux d’entre les Douze — Jean, fils de Zébédée, et Matthieu le publicain — et deux d’entre les Soixante-dix — Luc et Marc. Ils écrivirent les quatre Évangiles, et les autres en firent des copies.
Ils posèrent les fondements des préceptes, des règles et des lois ; chacun d’eux reçut un exemplaire de l’Évangile, un exemplaire de ces canons, une part du saint chrême du baptême, et une part de l’oblation eucharistique. Et l’on rapporte que les disciples reçurent ce bien par une inspiration de Dieu, et qu’ils gardèrent l’offrande que notre Seigneur le Christ avait sanctifiée le jeudi de la Pâque.
Et voici que nous allons rapporter un résumé des récits des apôtres et des disciples choisis, avec une concise éloquence, pour conclure cette section conformément au but de ce sujet — avec l’aide du Donateur de la clairvoyance et de l’illumination des cœurs ; à lui la gloire, toujours et à jamais.
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Fin du troisième chapitre
Chapitre 4
Les récits des apôtres et des disciples
Ce chapitre rassemble les récits des apôtres — les compagnons de notre Sauveur Jésus-Christ — et des disciples choisis.[74]
Les douze apôtres
1. Pierre
C’est Simon, appelé Pierre, qui est aussi Kîfâ — et « Pierre (Képhas) » se traduit par « le Roc ». Son père se nommait Jonas, sa mère Joanna ; il était de la tribu de Nephtali, de Bethsaïde, du district de Tibériade. Lui, son père et son frère étaient pêcheurs. Il prêcha, trente-cinq ans après l’Ascension, à Jérusalem et aux alentours, à Antioche, et à Rome — où il se rendit à cause de Simon le Magicien, que Dieu fit périr par ses mains. Il accomplit des prodiges et des miracles, et beaucoup crurent par lui. Il a laissé deux épîtres dans le Catholicon.[75]Il subit le martyre à Rome, sous Néron : Agrippa, le gouverneur de la ville, le fit saisir et crucifier la tête en bas, le cinquième jour d’Abib, qui correspond au vingt-neuf juin, un peu plus de trente ans après l’Ascension. Son corps est à Rome. Le mot « Pierre (Képhas) » se trouve dans l’Évangile selon saint Jean et dans l’épître aux Galates.
En marge du texte. D’après le Livre de la Tour :[76] Pierre rendit la vie à un mort, fit marcher un paralysé, abolit la sorcellerie et accomplit tant de miracles que les malades étaient guéris par son ombre. Son lot, tiré au sort, fut Rome, Antioche et les côtes. Il avait épousé la fille d’Aristobule, le père de Marc l’Évangéliste.
2. André
Sa prédication eut lieu dans un pays du Nord et ses environs, avec son disciple Philémon, dont la voix mélodieuse et les chants entraînants amenèrent une foule nombreuse à la foi. André prêcha à Nicée, à Nîghous, en Achaïe, à Byzance, dans la ville de Skètè, dans la ville d’Argélaüs, et au pays des cannibales. Il accomplit des prodiges, et beaucoup crurent par lui. Sa prédication dura trente-trois ans, et il mourut martyr. Son nom signifie « le courageux » ; il était de la tribu de Nephtali. Sa fête est célébrée le quatrième jour de Kihak, qui correspond au trente novembre.
En marge du texte. Selon les exemplaires, on dit aussi qu’il gagna les îles de la mer et le pays des Berbères ; qu’il fut martyrisé dans la ville de Nîghous, ou bien dans une ville de Chypre. D’après le Livre de la Tour, il fut tué et crucifié à Patras, la dernière des villes échues à son lot ; il fut enseveli à Byzance.
3. Jacques, fils de Zébédée
Son père, et son frère Jean, étaient pêcheurs ; sa mère se nommait Salomé. Le Seigneur Christ — à lui la gloire — leur donna, à lui et à son frère, le nom de « Boanergès », qui se traduit par « fils du tonnerre ».[77] Il était de la tribu de Zabulon, de Bethsaïde. Lorsque les apôtres se partagèrent [les régions], une terre lointaine échut à son lot ; il y prêcha et amena une foule nombreuse à la foi. Il subit le martyre sous Hérode Agrippa, à Jérusalem, le dix-septième jour de Barmouda.
4. Jean
Fils de Zébédée, frère de Jacques, il était l’un des grands disciples ; notre Seigneur l’aimait. C’est à lui que le Seigneur confia, du haut de la croix, sa mère la Vierge, lui disant : « Voici ta mère », et à elle : « Voici ton fils » ; et il la prit chez lui. Son lot fut l’Asie, Éphèse et ses régions ; il y prêcha, et écrivit son Évangile en grec, la deuxième année après l’Ascension. Il écrivit aussi des épîtres dans le Catholicon. Il mourut d’une mort naturelle, très âgé ; on dit que ce fut à Éphèse, ou dans l’île de Patmos — où il reçut l’Apocalypse —, le quatrième jour de Toubah. Son nom signifie « grâce ».
En marge du texte. Athanase a rapporté que Jean fut appelé « le Théologien » et « fils du tonnerre » à cause de la hauteur de ses sujets et de l’élévation de ses paroles. — C’est de lui que le Seigneur dit à Pierre : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »
5. Philippe
Son nom est grec et signifie « ami des chevaux ». Son père se nommait Julien ; son métier était le dressage des chevaux. Il était de la tribu d’Aser, de Bethsaïde de Galilée — la ville d’André et de Pierre. Il prêcha à Césarée, mourut le huitième jour de Hatour, et y fut enseveli.
6. Barthélemy
On dit que son nom était Yashouʿ ; son père, originaire d’Hébron ; sa famille était de jardiniers. Il prêcha trois ans dans la région des Oasis. Il gagna ensuite la ville d’André et prêcha sur la côte, où beaucoup crurent par ses mains. Il fut enseveli dans une église arménienne ; son martyre eut lieu le premier jour de Tout (selon un autre exemplaire, le quinze).
En marge du texte. Le Livre de la Tour rapporte que son nom était Nathanaël, fils de Tolmaï, de la tribu d’Issachar ; qu’il gagna l’Assyrie, Babylone, les mers et les îles de la Chine la plus lointaine ; et qu’il fut tué et crucifié dans une ville du pays d’Arménie.
7. Thomas, le Jumeau
Son nom est grec et signifie « le jumeau ». Il était de la tribu de Juda, de Jérusalem. Il prêcha en Inde et au Sind ; il se vendit lui-même à un roi de l’Inde, comme médecin et artisan. On le maltraita ; on lui arracha la peau, et il la porta lui-même. Il ressuscita des morts, accomplit des signes, guérit les malades et amena beaucoup d’hommes à la foi ; sa prédication atteignit les régions au-delà de la mer Rouge. Il gagna la Macédoine et y prêcha ; il fut martyrisé sur une route de l’Inde, transpercé de lances.
8. Matthieu l’Évangéliste
C’est le publicain ; il était aussi appelé Lévi. Il était de la tribu d’Issachar, de Nazareth. Il prêcha en Palestine — à Hébron, Tyr, Sidon et Bostra — et entra dans des contrées lointaines. Il écrivit l’Évangile après l’Ascension, la huitième année, en langue hébraïque. Il subit le martyre à Carthage ; on dit aussi qu’il fut tué à Bostra par le roi du lieu — lapidé, puis frappé du glaive — le douzième jour de son mois, et enseveli à Carthage de Césarée.
9. Jacques, fils d’Alphée
Il était de la tribu de Manassé, de Sébaste, près de Naplouse ; son métier était la charpenterie. Il prêcha dans les pays de l’Inde, puis revint à Jérusalem, où il accomplit des miracles. Il subit le martyre — lapidé — le dixième jour d’Amchir, et fut enseveli près du Temple, à Jérusalem.
En marge du texte. Le Livre de la Tour rapporte qu’il prêcha parmi les habitants de la Palestine, et qu’il y fut tué par le glaive.
10. Jude, fils de Jacques — appelé aussi Lebbée ou Thaddée
Il était de la ville d’Antioche, de la tribu de Siméon. Il prêcha en Syrie et dans la Djézireh, et mourut à Beyrouth, le second jour d’Abib (selon un autre exemplaire, le sixième de Barmouda).
En marge du texte. Selon un autre exemplaire, son lot fut le pays du Daylam, Mossoul et l’Irak ; il fut tué dans les terres des Arméniens. — Le Livre de la Tour distingue les noms : Luc l’appelle d’un nom dans l’Évangile et les Actes, tandis que Marc et Matthieu l’appellent Thaddée et Lebbée.
11. Simon le Cananéen, dit le Zélote
Il était proche parent de Nathanaël. Le texte le rattache à l’épisode de l’Évangile où Philippe trouve Nathanaël en disant : « Nous avons trouvé celui dont Moïse et les prophètes ont écrit » ; le Seigneur lui dit alors : « Avant que Philippe t’appelât, lorsque tu étais sous le figuier, je t’ai vu » ; et Nathanaël répondit : « Tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. » On rapporte qu’il était l’époux des noces de Cana, où le Seigneur changea l’eau en vin. Il prêcha à Alep, à Manbij, à Byzance et en Samarie ; il vécut, dit-on, cent vingt ans, devint évêque de Jérusalem, et fut livré par les juifs au roi, qui le fit crucifier. Son martyre est commémoré le neuvième jour d’Abib.
En marge du texte. Le texte mêle ici plusieurs traditions ; selon un autre exemplaire, Nathanaël est « fils de Tolmaï » — en hébreu « Bar-Tolmaï » —, ce qui le rapproche de Barthélemy. Les anciens ne s’accordaient pas sur l’identification de ces apôtres.
12. Matthias
Il fut choisi parmi les soixante-dix disciples pour compléter le nombre des apôtres, lorsque le sort tomba sur son nom : les disciples le mirent à la place de Judas l’Iscariote.[78] Il était de la tribu de Ruben. Il prêcha en Sicile, ainsi qu’en d’autres pays et à Damas. On rapporte que ses gens le jetèrent au feu sans qu’il mourût, et que, pour cela, ils crurent par ses mains ; qu’il alla ensuite chez les cannibales, qui l’aveuglèrent, et que le Seigneur lui rendit la vue. Il subit le martyre dans une ville du pays des juifs, le huitième jour de son mois ; selon un autre exemplaire, ce fut à Damas.
Paul l’élu
Paul était de la tribu de Benjamin, originaire de Tarse, en Cilicie, l’un des notables et des savants d’Israël, au temps de Gamaliel, chef des prêtres juifs à Jérusalem. Il crut au Seigneur Jésus la deuxième année après l’Ascension — la quatrième année de Tibère César, empereur de Rome —, l’année même où fut tué Étienne. Il annonça le nom du Seigneur en de nombreux pays et de grandes villes, de Jérusalem jusqu’à l’Afrique, à l’extrémité du Maghreb. Il endura des épreuves pénibles — l’humiliation, les coups, l’outrage, les liens et la prison — pour le Christ. Les apôtres convinrent que la prédication aux nations et à tous les peuples reviendrait à Paul, et la prédication aux fils d’Israël à Pierre et aux autres apôtres.
Paul prêcha vingt-quatre ans durant, parcourant les pays. Il se rendit à Alexandrie, mais on ne le reçut pas. Il subit le martyre à Rome, mis à mort par Néron la treizième année de son règne ; Pierre l’apôtre fut crucifié avec lui, la tête en bas. Ce fut le cinquième jour d’Abib, trente-cinq ans après l’Ascension de notre Seigneur le Christu.
Lorsqu’on les mena à la mort, Pierre établit Marc pour lui succéder dans la prédication de l’Évangile, et Paul établit Luc l’Évangéliste pour lui succéder ; et beaucoup de croyants furent tués avec eux. Marc et Luc sortirent de nuit et prirent les corps de Pierre et de Paul ; mais ils ne purent reconnaître la tête de Paul, car elle s’était mêlée aux têtes des autres suppliciés.
Longtemps après, un berger passa par ce lieu ; il trouva la tête de Paul jetée parmi les autres et la prit, sans la connaître, par jeu. La nuit venue, il la posa au bout de son bâton et la dressa au-dessus de son troupeau, en guise de repère, puis s’endormit. À son réveil, il vit au-dessus de la tête un feu ardent qui flamboyait violemment. Il se leva aussitôt, entra dans la ville et se rendit auprès de saint Xyste, évêque de Rome, à qui il raconta la chose. L’évêque réunit les responsables de l’Église et leur dit : « Écoutez les paroles de cet homme. » À ce récit, tous dirent d’une seule voix : « C’est, sans aucun doute, la tête de saint Paul. » L’évêque dit : « Il nous faut une preuve qui l’établisse avec certitude. » Ils demandèrent : « Comment t’en assurer ? » Il répondit : « Nous prendrons cette tête, nous veillerons sur elle cette nuit, et nous prierons jusqu’au matin, suppliant le Seigneur de manifester la vérité à son sujet : s’il envoie son ange et fait que le corps se tourne vers la tête et s’y joigne, nous saurons que c’est la tête de l’apôtre Paul ; sinon, ce n’est pas elle. » Ils éprouvèrent sa parole et firent ce qu’il avait dit : ils sortirent le corps de saint Paul et placèrent la tête près des pieds ; ils passèrent la nuit entière en prière et en supplication. Au matin, ils tournèrent le corps vers la tête, et elle s’y joignit, comme si elle n’en avait jamais été séparée. Ils rendirent grâce au Seigneur d’avoir manifesté ce prodige devant tous les croyants, et le doute fit place à la certitude. Et ces deux corps insignes — celui de l’apôtre Pierre et celui de l’apôtre Paul — sont à Rome jusqu’à ce jour, entourés d’honneur et de gloire.
Les soixante-dix disciples
Parmi eux : deux Évangélistes ; sept diacres et serviteurs ; sept que Paul mentionne dans ses épîtres ; six qui furent avec Pierre ; et quarante-huit autres. En voici les notices :
1. Addaï fils de Qays — il prêcha à Édesse, à Nisibe et en Mésopotamie ; on dit qu’il guérit le roi Abgar de sa lèpre, et qu’il fut tué par le fils d’Abgar après la mort de celui-ci.
2. Ananie le diacre — il résidait à Damas, dans la rue dite « la Droite ». Le Seigneur l’envoya à Paul, lui ouvrit les yeux et le baptisa. Il prêcha à Damas et à Arbèles, et fut tué ; il est enseveli à Damas. Sa fête est le vingt-sept de Ba’ouna.
3. Milyânou — appelé « la Lumière ». Il prêcha à Rhodes et se noya en mer ; selon d’autres, il fut établi évêque d’Alexandrie — le troisième après Marc — et y fut lapidé.
4. Sosthène — que Paul mentionne dans l’épître aux Corinthiens ; on dit qu’il fut jeté à la mer.
5. Barnabé — parent de Marc l’Évangéliste, il accompagnait Paul et est mentionné dans les Actes. On l’appelait aussi Justus, et Joseph ; son nom signifie « fils de la consolation ». De la tribu de Lévi, il subit le martyre le vingt et un de Kihak et fut enseveli à Chypre.
6. Phrygnous — il prêcha en Pentapole, puis à Alexandrie, où il fut emprisonné et mourut.
7. Thomas le Maltais — il prêcha dans les pays byzantins, où beaucoup crurent ; emprisonné, il mourut à Jérusalem et y fut enseveli.
8. Nicodème le Pharisien — pharisien, il était croyant en secret ; après l’Ascension, il professa sa foi ouvertement. Il mourut à Jérusalem et y fut enseveli.
9. Joseph d’Arimathie — « le célèbre » ; c’est lui qui demanda le corps du Seigneur et le déposa dans le tombeau qu’il s’était fait. Il prêcha en Galilée, et mourut en Arimathie, où il fut enseveli.
10. Zachée — il rassembla les gens de sa ville, dans les pays byzantins, et y mourut.
11. Justus — que Paul mentionne ; son nom est « Yashouʿ ». Il prêcha à Césarée et à Tibériade, où il mourut.
12. Jacques fils de Joseph le charpentier — appelé « le frère du Seigneur selon la chair ». Premier évêque de Jérusalem, il prêcha trente ans ; le roi Agrippa, irrité contre lui, le fit lapider. C’est lui le destinataire — et l’auteur — de l’épître [de Jacques] du Catholicon.
13. Jude — frère de celui qui a la septième épître du Catholicon. Il prêcha à Bostra, à Édesse et dans le Hauran, et subit le martyre le vingt-cinq de Ba’ouna, à Bostra.
14. Yôsâ fils de Joseph le charpentier — il prêcha à Tarse, où il fut tué et enseveli.
15. Simon fils de Joseph — il prêcha à Chypre et dans les îles de la mer, où il accomplit de grands miracles ; beaucoup crurent, et il y mourut.
16. Silas — il prêcha en Sicile et gagna les îles du Maghreb. Il accompagnait Paul, qui le mentionne dans ses épîtres ; les Actes le citent lors de l’ouverture des portes de la prison. On dit qu’il mourut en Sicile.
17. Jude Barsabbas — il prêcha chez les Perses et au Tabaristan, où beaucoup crurent ; il fut scié sur un bois. Il est mentionné dans les Actes.
18. Marc l’Évangéliste — d’abord nommé Jean ; premier des patriarches d’Alexandrie. Son père, Aristobule, était des Cinq-Villes de l’Ouest ; sa mère, Marie, était sœur de Barnabé, et il crut au Christ avant son père. Il écrivit l’Évangile douze ans après l’Ascension ; vingt-cinq ans après l’Ascension, il vint à Alexandrie et prêcha en Égypte, en Libye et en Pentapole. Il établit Anianus le savetier comme évêque, et baptisa les coptes d’Égypte, de Nubie et d’Éthiopie. Les païens le traînèrent sur le visage le second jour de Pâque ; son corps fut déchiré, et il mourut. Son martyre est commémoré le trente de Barmouda.
En marge du texte. Plus tard, son corps fut transporté à Venise, où il se trouve aujourd’hui ; sa tête fut conservée à Alexandrie.
19. Luc l’Évangéliste — « le médecin », compagnon de Paul. Il écrivit l’Évangile en grec, à Alexandrie, vingt ans après l’Ascension, et rédigea aussi le livre des Actes. Après le martyre des deux apôtres à Rome, il se cacha de Néron ; mais Néron le fit venir et le mit à mort avec cent soixante-neuf croyants, le vingt-deux de Babah.
20-21. Jean et Manson — ils prêchèrent à Baalbek, furent jetés aux fauves, et accomplirent ainsi leur martyre.
22-23. Sakhî et Hérode — ils parcouraient les villes côtières d’Acre en prêchant ; ils y furent tués et ensevelis.
24. Jason — il prêcha et parcourut les pays, et fut enseveli là où il mourut.
25. Hâmil fils de Démétrios — il prêchait en Pentapole ; venu à Acre, il y prêcha et y fut brûlé.
26. Alexandre fils de Simon de Cyrène — fils de celui qui porta la croix du Seigneur ; il prêcha au pays du Daylam et à Banyas, où il fut tué et enseveli.
27. Rufus fils de Simon de Cyrène — il prêcha, amena son peuple à la foi, et fut jeté dans un puits sans eau.
28. Simon de Cyrène — c’est lui qui fut requis de porter la croix du Seigneur ; il prêcha dans une île, amena son peuple à la foi, et fut tué.
29. Boulnâs le Cyrénéen — il prêcha en Perse, où il amena son peuple à la foi ; les Perses le mirent en pièces, et il mourut.
30. Cléopas — frère de Joseph le charpentier ; c’est lui qui, avec Luc, vit le Christ après la résurrection, sur la route d’Emmaüs. Il prêcha en Palestine, où il mourut et fut enseveli en sa maison.
31. Siméon fils de Cléopas — il fut établi évêque de Jérusalem après Jacques, son cousin. Les juifs le suspendirent à un bois ; son martyre eut lieu le neuf d’Abib, la cinquième année du règne de Trajan.
32. Jacques le Grand — il prêcha en une ville, amena son peuple à la foi, et y mourut, où il fut enseveli.
33. Jude, appelé Siméon — il prêcha à Ramla et aux pays alentour ; les juifs le tuèrent. On dit que c’est le Siméon mentionné dans l’Évangile.
34. Boudas — il prêcha en une ville, amena son peuple à la foi ; les mécréants se réunirent contre lui et le brûlèrent.
35. Phystaliyous — il prêcha au Maghreb, amena son peuple à la foi, et y fut enseveli.
36. Étienne — le premier des diacres et le premier des martyrs ; l’un des sept serviteurs de la Table. De la tribu de Benjamin, proche parent de l’apôtre Paul, il fut lapidé par les juifs à Jérusalem, la quinzième année de Tibère César ; son tombeau y demeura caché.
37. Prochore — il devint évêque de la ville de Nicomédie ; compagnon de Jean fils de Zébédée, il était l’un des sept diacres.
38. Nicanor — il devint évêque de la ville de Bostra et des pays alentour ; l’un des sept diacres, serviteurs de la Table.
39-40. Parménas et Phermouna — ils moururent du vivant des apôtres, sans subir le martyre ; l’un des sept diacres.
41. Philippe — l’un des sept diacres ; c’est lui qui baptisa l’eunuque de Candace.
42. Nicolas — mentionné dans les Actes, diacre d’Antioche ; on dit qu’il s’écarta des apôtres vers la croyance des Nicolaïtes. L’un des sept diacres.
43. Andronicus — il devint évêque de Sûsâs ; l’un de ceux que Paul mentionne dans ses épîtres.
44. Timothée — il prêcha à Éphèse et en devint évêque ; disciple de Paul, il est mentionné dans l’épître aux Éphésiens.
45. Tite — il prêcha en Pentapole, où il mourut ; mentionné par Paul, c’est le destinataire de la première épître [à Tite].
46. Philémon — l’un des sept mentionnés [par Paul] ; il prêcha, amena son peuple à la foi, et y mourut.
47. Patrobas — l’un des sept que Paul mentionne dans une épître ; il prêcha en Macédoine, où il amena son peuple à la foi et mourut.
48. Sosipater — l’un des sept mentionnés ; il entra au pays d’al-Ahwâz, y prêcha, mourut et fut enseveli.
49. Hermas — l’un des sept que Paul mentionne ; il prêcha à Antioche et à Césarée, où il mourut ; on l’appelle « le pasteur ».
50. Quartus — l’un des six qui furent avec Pierre à Césarée ; il prêcha dans les îles de la mer, où il mourut et fut enseveli.
51. Quartus le second — il prêcha à la ville des Berbères et en Afrique, où il amena son peuple à la foi et fut tué ; l’un des soixante-dix.
52-53. Berlatôn et Simon le Tanneur — ils prêchèrent en une ville, amenèrent son peuple à la foi, et y furent tués ; tous deux des soixante-dix.
54. ʿÂthous — l’un des soixante-dix ; il prêcha à Antioche et dans ses pays, et subit le martyre le quatre d’Amchir.
55. Apphias — il prêcha en une ville, où il fut tué et brûlé au feu ; l’un des soixante-dix.
56. Nâwour — appelé aussi Lounyâ ; il prêcha au Maghreb, y amena son peuple à la foi, et y subit le martyre.
57-58. Stachys et Diodius — ils entrèrent au pays de Nubie, prêchèrent au Soudan, y amenèrent le peuple à la foi, et y moururent.
59-61. Aristarque, Apoumiyâ et Stéphanas — ils prêchèrent dans les pays byzantins ; emprisonnés par Antonin, ils moururent en prison et y furent ensevelis.
62. Marfînous — il prêcha en deux villes, y amena le peuple à la foi, et mourut, enseveli en une église.
63. Rufus — appelé aussi Ifrâm ; il prêcha en Chine intérieure et aux alentours, où il mourut et fut enseveli.
64. Jason — il prêcha en une ville, où il mourut.
65. Simon fils de la veuve — celui que le Seigneur ressuscita à Naïn ; il prêcha en al-Sawâd, dans la Batanée et le Hauran, avec son frère Jude fils de Joseph, et y fut tué.
66. Agabus — il prêcha à Jérusalem avec les apôtres ; il fut tué par Caïphe, le chef des prêtres, dans le Temple, et y fut enseveli.
67. Mazoulâ — appelé aussi Tâwfanâ ; il prêcha en une ville, y amena le peuple à la foi, et y mourut.
68. Hermanus — il prêcha à Iconium, où il amena le peuple à la foi et mourut.
69. Gaïus — appelé aussi Kîfânâ ; il prêcha à Homs, à Baalbek et dans leurs environs, où il amena le peuple à la foi, mourut et fut enseveli.
70. Lévi — il prêcha dans la ville d’Atnâs — la ville des philosophes — ; ses habitants se réunirent contre lui, le tuèrent et l’ensevelirent là.
— Fin des récits des soixante-dix disciples —
Les tribus dont ils étaient issus
Ibn Kabar indique enfin la tribu d’Israël dont, selon sa source, chacun des soixante-dix était issu, en donnant six noms par tribu.[79]
Tribu de Ruben — Élisée, Wâsfous, Ézéchias, Zacharie, Jean, Ézéchiel.
Tribu de Siméon — Jude, Siméon, Awâ, Samuel, Mattia, Saltâ.
Tribu de Lévi — Daphnous, Hôrnâbâ, Nâsous, Nâoudous, Joseph, Néhémie.
Tribu de Juda — Jonas, Ahrabrî, Élisée, Khînyâ, Zacharie, Helcias.
Tribu de Issachar — Lévi, Siméon, Samṭ, Ayshouʿ, Jacob, Isaac.
Tribu de Zabulon — Jude, Joseph, Siméon, Zacharie, Samuel, Saltâ.
Tribu de Gad — Sabâṭâ, Sédécias, Jacob, Isaac, Asa, Sâ.
Tribu de Aser — Théodore, Alsoun, Ayshouʿ, Nâdouṭs, Jean, Jonathan.
Tribu de Dan — Arsâ, Tâwflâ, Awsmous, Abram, Asîn, Daniel.
Tribu de Nephtali — Jérémie, Éléazar, Zacharie, Nâjâ, Élisée, Wâtn.
Tribu de Benjamin — Aslâous, Jean, Fârous, Aws, Abîsṭous, Ézéchiel.
Tribu de Joseph — Caleb, Samuel, Joseph, Jude, Jonathan, Dôsî.
Les noms des douze apôtres
Voici les noms des douze apôtres, disciples de notre Sauveur Jésus-Christ — à lui la gloire — d’après le grec :
1. Simon, appelé Pierre — qui est Pierre (Képhas) ; son nom figure dans l’Évangile selon saint Jean et dans l’épître aux Galates.
2. André — appelé le premier au discipulat, avant son frère Pierre.
3. Jacques, fils de Zébédée — frère de Jean.
4. Jean, fils de Zébédée — frère de Jacques.
5. Philippe — de Bethsaïde, ville de Galilée — la ville d’André et de Pierre.
6. Barthélemy — .
7. Matthieu — qui est Lévi, frère de Jacques fils d’Alphée.
8. Thomas — appelé le Jumeau — Didyme.
9. Jacques, fils d’Alphée — frère de Matthieu, car Alphée était le père de tous deux.
10. Jude, frère du Seigneur — ainsi nommé par Luc dans l’Évangile et les Actes ; Matthieu et Marc l’appellent Thaddée et Lebbée.
11. Simon le Zélote — qui est Nathanaël dans l’Évangile selon saint Jean.
12. Matthias — le sort fut tiré entre lui et son compagnon Joseph, appelé Barsabbas — dit aussi Justus ; le sort tomba sur Matthias, qui prit place parmi les disciples à la place de Judas le traître.
À ceux-là s’ajoute Paul, d’abord appelé Saul.[80]
Les noms des soixante-dix disciples
Voici les noms des soixante-dix disciples, d’après le grec :
1. Barnabé — qui est Joses ; il devint le chef des soixante-dix, et évêque de Mâdiyôlâna ; il prêcha avec Paul, puis avec Jean appelé Marc ; les Grecs le lapidèrent et le brûlèrent à Chypre.
2. Jacques, fils de Joseph le charpentier — frère du Seigneur ; premier évêque de Jérusalem, vingt-huit ans durant ; les juifs le martyrisèrent en le précipitant du haut du Temple.
3. Silas — serviteur de la Parole avec Paul ; il devint évêque.
4. Matthias — il gagna l’Éthiopie intérieure, y prêcha, y endura de grands supplices, et y livra sa vie à Dieu.
5. Luc — — qui n’est pas l’Évangéliste — ; martyrisé sous Néron, après les apôtres Pierre et Paul ; on le trouva prêchant aux environs de Rome ; mentionné dans l’épître à Philémon et dans les Actes.
6. Ananie — qui baptisa l’apôtre Paul ; il devint évêque de Damas, et fut martyrisé.
7. Étienne — le premier des martyrs et l’un des premiers diacres établis par les apôtres ; les juifs le lapidèrent à Jérusalem.
8. Philippe — il baptisa l’eunuque de Candace ; il prêcha en Samarie, où beaucoup crurent ; il devint évêque de Tralles, en Asie.
9. Nicanor — martyrisé, lapidé, avec deux mille autres le même jour ; le 2 Toubah.
10. Apellès — compagnon de Paul dans le service ; il prêcha d’abord à Rome, puis devint évêque de Milan ; il endura supplices et épreuves, et des signes parurent par ses mains.
11. Timon — évêque de Bostra, en Arabie, au pays de Job ; il fut supplicié et brûlé.
12. Phlégon — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Marathon.
13. Parménas — évêque de Soloi ; il servit les disciples et mourut à leur service.
14. Prochore — évêque, d’abord de Nicomédie, puis de Bithynie.
15. Marc — fils de la sœur de Barnabé, mentionné dans l’épître aux Colossiens ; évêque d’Apollonias.
16. Silvain — il servit aussi la Parole avec Paul ; évêque de Thessalonique.
17. Crescens — mentionné dans la seconde épître à Timothée ; évêque de Carthage ; supplicié au temps de Trajan, martyrisé et enseveli là.
18. Tychique — mentionné dans l’épître aux Éphésiens ; évêque de Colophon.
19. Carpus — évêque de Bérée.
20. Amplias — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque d’Odyssos.
21. Urbain — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque, martyrisé à Rome le 6 Abib.
22. Stachys — mentionné dans l’épître aux Romains ; André l’apôtre l’établit premier évêque de Byzance.
23. Agabus — mentionné dans les Actes ; du sacerdoce, il avait la grâce de prophétie.
24. Narcisse — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque d’Athènes.
25. Rufus — évêque de Thèbes ; il prêcha, beaucoup crurent, et il détruisit les idoles ; fils de Simon de Cyrène et frère d’Alexandre ; mentionné dans la première épître à Timothée.
26. Linus — mentionné dans la seconde épître à Timothée ; évêque de Rome après Pierre.
27. Asyncrite — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque d’Hyrcanie.
28. Gaïus — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque d’Éphèse, le second après Timothée.
29. Jean, appelé Marc — évêque de Pentapole.
30. Hérodion — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Patras.
31. Rhodion — il instruisit beaucoup d’hommes et les éclaira de la lumière de la foi ; martyrisé par le glaive sous Néron, avec Apellès, le 6 Abib.
32. Tertius — il servit l’apôtre Paul et écrivit sous sa dictée l’épître aux Romains ; évêque d’Iconium.
33. Épaphrodite — mentionné dans l’épître aux Philippiens ; évêque d’Andriake.
34. Joseph, appelé Barsabbas — dit Justus — compagnon de Matthias lors du tirage au sort ; évêque d’Éleuthéropolis.
35. Carpus — il servit les apôtres, et surtout Paul ; évêque de Bérée, près d’Alep ; il instruisit beaucoup d’hommes.
36. Clément — mentionné dans l’épître aux Philippiens ; évêque de Rome après Linus.
37. Tychique — mentionné dans l’épître aux Colossiens ; de l’île de Rhodes ; évêque de Chalcédoine.
38. Zénas — « le scribe », mentionné dans l’épître à Tite ; évêque de Diospolis — Lydda.
39. Évode — mentionné dans la seconde épître à Timothée ; évêque d’Antioche de Pisidie.
40. Aristarque — mentionné dans l’épître aux Colossiens ; évêque d’Apamée ; il prêcha avec les disciples, endura bien des épreuves, et mourut en paix.
41. Philémon — celui à qui Paul l’apôtre écrivit son épître ; évêque, d’abord de Gaza.
42. Aristobule — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Bretagne.
43. Céphas — homonyme de Pierre ; évêque d’Iconium.
44. Sosthène — mentionné dans la première épître aux Corinthiens ; évêque de Colophon.
45. Marc l’Évangéliste, l’apôtre — mentionné par Pierre dans son épître.
46. Hermès — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Dalmatie.
47. Quartus — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Beyrouth.
48. Éraste — mentionné dans l’épître aux Romains et la seconde à Timothée ; d’abord à l’église de Jérusalem, puis évêque de Panéas ; il endura beaucoup, et mourut en paix.
49. Patrobas — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Pouzzoles.
50. Hermas — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Philippopolis.
51. Apellès — mentionné dans la première épître aux Corinthiens ; évêque de Césarée.
52. Jason — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Tarse, la ville de Paul ; il endura beaucoup et mourut en paix.
53. Sosipater — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque d’Iconium.
54. Pudens — mentionné dans la seconde épître à Timothée ; évêque d’Antioche.
55. Philologue — mentionné dans l’épître aux Romains ; André l’apôtre l’établit évêque de Sinope.
56. Apellès (un autre) — évêque d’Héraclée ; il prêcha et éclaira ses habitants.
57. Tychique (un autre) — mentionné dans l’épître à Tite ; évêque de Colophon.
58. Artémas — mentionné dans l’épître à Tite ; évêque de Lystres.
59. Urbain — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Macédoine ; il prêcha, et beaucoup crurent.
60. César — mentionné dans l’épître aux Romains et aux Philippiens ; évêque de Dyrrachium.
61. Luc — le médecin d’Antioche ; il endura beaucoup avec Paul et voyagea avec lui ; il écrivit l’Évangile et le livre des Actes ; mentionné dans l’épître aux Colossiens ; après la mort de Paul, il prêcha et mourut en paix, au temps de Trajan.
62. Cléopas — Siméon — fils de Joseph et frère de Jacques ; second évêque de Jérusalem ; il vécut cent vingt ans ; c’est lui qui, avec Luc, vit le Christ sur la route d’Emmaüs ; il endura des épreuves sous Trajan.
63. Andronicus — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Pannonie.
64. Thaddée — envoyé par Barthélemy l’apôtre ; il guérit le roi Abgar ; il prêcha dans les pays de Syrie, vint à Beyrouth, où beaucoup crurent ; mort et enseveli là, le 2 Abib.
65. Aquila — mentionné dans l’épître aux Romains, avec Prisca son épouse ; il devint évêque.
66. Fortunat — mentionné dans la seconde épître aux Corinthiens.
67. Lucius — mentionné dans l’épître aux Romains ; évêque de Laodicée, en Syrie.
68. Achaïque — mentionné dans la seconde épître aux Corinthiens.
69. Nicolas — l’un des sept diacres — l’Antiochien — ; évêque de Samarie ; il renia ensuite la foi et suivit Simon le Magicien : de lui vint l’hérésie nicolaïte que mentionne l’Apocalypse.
70. Démas — évêque de Diospolis, en Syrie ; il renia ensuite la foi et devint prêtre des idoles. Paul le mentionne dans la seconde épître à Timothée : « Démas a aimé ce monde. »
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Fin du quatrième chapitre
La vie de l’apôtre Paul
Son nom
Paul, l’apôtre élu. Ce nom est hébreu et signifie « l’obéissant » — parce qu’il entendit et obéit à la voix de Celui qui l’appela ; on dit aussi « le bien guidé ». Certains savants d’Orient lui donnent le sens de « le calme, la quiétude », d’autres celui de « le reconnaissant ». Du temps où il appartenait au judaïsme, son nom était Saul — nom hébreu qui signifie « le donné ».[81] Il était juif de religion, de la postérité d’Abraham, de la tribu de Benjamin, originaire de la ville de Tarse, où il grandit ; son métier était la confection des tentes.
Sa conversion et ses voyages
Lorsque le Seigneur Christ lui apparut sur le chemin de Damas, et qu’il recouvra la vue, il fut baptisé par les mains d’Ananie, sur l’ordre du Seigneur. Il se mit aussitôt à prêcher dans les assemblées des juifs et à appeler à l’adoration du Christ, et demeura quelques jours auprès des disciples qui étaient à Damas. Les juifs complotèrent de le mettre à mort et firent surveiller les portes de la ville ; les disciples le descendirent de nuit le long du rempart. Il gagna Jérusalem et y prêcha ; là encore, les juifs voulurent le tuer, et les disciples le firent descendre vers Césarée.
Il vint ensuite à Tarse, et parcourut de nombreuses régions : il prêcha à Chypre et à Salamine, en Afrique, au pays de Galatie, à Troas et à Thessalonique ; il gagna Athènes, Corinthe, le pays de la Grèce, et Éphèse — et d’autres contrées encore.
Les lettres des apôtres
Lorsque Paul eut été choisi et appelé à l’annonce de l’Évangile, et que la nouvelle en parvint aux apôtres dispersés à travers les pays, chacun écrivit depuis le lieu de sa prédication : Jacques depuis Jérusalem, Pierre depuis Rome, Jean depuis Éphèse, Marc depuis Alexandrie, André depuis l’Afrique, Luc depuis la Macédoine, Jude et Thomas depuis les pays de l’Inde. Ils adressaient ainsi des lettres aux chefs des croyants dans le monde entier, et l’on y répondait par d’autres lettres ; et elles se lisent dans toutes les églises de Dieu, comme on y lit le récit des Actes des apôtres composé par Luc.
Son martyre
Paul prêcha depuis Jérusalem jusqu’à Rome durant trente-cinq ans : quatorze sous le règne de Tibère César, quatre sous Caïus, quatorze sous Claude, et trois sous Néron. Il subit le martyre le jeudi cinq d’Abib — le vingt-sept de juin —, la trente-sixième année après l’Ascension du Seigneur, à lui la gloire.
Les cinq miracles rapportés par les Actes
Parmi les signes et les miracles que Dieu accomplit par ses mains, et par lesquels il amena de nombreuses nations à la foi, le livre des Actes en rapporte cinq :[82]
Le premier : la résurrection du jeune homme assis dans la chambre haute où l’apôtre enseignait le peuple. Le sommeil le vainquit ; il tomba et fut emporté mort. L’apôtre lui rendit son âme, et la vie revint en lui.
Le deuxième : lors de son transfert par mer vers César. Plusieurs signes s’y produisirent. Il annonça leur salut à ceux qui étaient dans le navire, au milieu des terreurs de la mer, et les fit manger après quatorze jours sans nourriture. La vipère, sortie du bois qu’il avait jeté au feu, le mordit sans lui causer aucun mal. Et il guérit le chef de l’île de sa maladie, ainsi que de nombreux malades.
Le troisième : à Philippes, en Macédoine, il chassa l’esprit de divination qui les suivait en criant : « Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut. » Emprisonné pour ce motif, lui et Silas, survint un tremblement de terre qui ouvrit les portes de la prison et délia les liens des prisonniers ; et le geôlier crut, avec toute sa maison.
Le quatrième : la guérison, à Lystres, d’un homme paralysé des deux jambes, infirme depuis le sein de sa mère. Quand il se leva et marcha, la foule voulut offrir un sacrifice à Paul et à Barnabé ; et les apôtres retinrent la foule.
Le cinquième : lorsque le juge de la ville de Paphos, homme avisé, le fit venir pour entendre de lui la parole de Dieu. Il y avait auprès de ce juge un juif sorcier, l’un des faux prophètes, qui voulut le détourner de la foi ; l’apôtre le réprimanda, et il fut aussitôt frappé de cécité — et le juge crut.
Les trois témoignages de l’Écriture
Quant aux témoignages que l’Écriture rapporte à son sujet, ils sont trois :[83]
Le premier : l’épître aux Corinthiens atteste qu’il fut élevé jusqu’au troisième ciel, et qu’il y entendit des paroles ineffables que nul ne peut redire ; les interprètes et les théologiens s’accordent à dire qu’il parlait de lui-même.
Le deuxième : la première épître aux Corinthiens atteste qu’il fut exposé aux bêtes sauvages à Éphèse, et qu’elles ne lui firent aucun mal.
Le troisième : la seconde épître aux Corinthiens atteste l’écharde dont il fut frappé en sa chair par l’ange de Satan. Il demanda trois fois au Seigneur qu’elle s’éloignât de lui, et le Seigneur lui dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. »
Les interprètes rapportent — et les Actes le mentionnent — que les linges dont il pansait les endroits de sa souffrance étaient pris par les malades et les infirmes, qui les appliquaient sur leur corps et guérissaient de leurs maux ; et que quiconque était touché par l’ombre des apôtres était guéri de sa maladie.
Denys l’Aréopagite et la vision des deux apôtres
Denys le Grand, disciple de Paul[84] — qui était juge de l’Aréopage et qui crut par les mains de l’apôtre Paul — a rapporté qu’il vit les deux apôtres Pierre et Paul, après leur mise à mort, entrer devant lui par une même porte, se tenant l’un l’autre par la main, vêtus à la manière des rois, deux couronnes posées sur leurs têtes.
Il rapporta aussi le récit d’une jeune femme de l’entourage de Néron, que Paul avait baptisée : lorsqu’on mena l’apôtre à la mort, elle lui donna un voile dont il s’enveloppa le visage au moment où on lui trancha le cou ; après sa mort, il le lui rendit, et le remit aux soldats qui l’avaient exécuté. À cette vue, ceux-ci crurent au Seigneur et, à cause de ce signe, devinrent chrétiens.
Que leurs prières soient avec nous tous. Amen.
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Fin de « La vie de l’apôtre Paul »
Chapitre 5
Les canons des saints apôtres, des patriarches et des évêques qui les suivirent dans les conciles reçus
Ce chapitre rassemble les canons que fixèrent les saints Pères, les apôtres bénis, ainsi que les patriarches et les évêques qui leur succédèrent, lors des conciles reçus par l’Église : c’est en eux qu’elle prend sa règle, et c’est sur eux qu’elle s’appuie.
Sommaire des canons selon Abū l-Faraj ʿAbd Allāh ibn al-Ṭayyib[85]
Les usages des apôtres — qu’ils établirent, réunis dans la chambre haute du mont Sion après l’Ascension du Seigneur — sont au nombre de trente. Telle est la version reçue dans l’Église byzantine ; ce sont les livres de Clément,[86] appelés par les Syriens « les Préceptes des Apôtres ». Voici la liste de leurs sujets, telle qu’Ibn al-Ṭayyib la transmet :[87] [88]
1. La prière vers l’Orient, car c’est de là que vient le Seigneur.
2. Le rassemblement du dimanche.
3. La prière du mercredi.
4. La prière du vendredi.
5. Les chefs — patriarches, évêques, et autres.
6. Le second ordre.
7. Le troisième ordre.
8. La fête de la glorieuse Nativité.
9. La fête du Saint Levain.
10. Le jeûne et la sainte Pâque.
11. La fête de la Pentecôte des Quarante [Jours] ; l’administration de l’Église, qui rassemble les canons.
12. La lecture des Livres anciens et nouveaux ; celui qui sert et qui use des astres.
13. La primauté et son canon ; la croyance.
14. (Sur les mêmes sujets.) Celui qui pratique l’usure et trompe dans son commerce.
15. (De même.) Celui qui aime les juifs et les païens.
16. (De même.) Celui qui croit, étant venu d’entre les païens.
17. (De même.) L’assemblée — que le supérieur ne fasse rien des affaires de l’Église sans concertation, et la commémoration des martyrs.
18. (De même.)
19. Sur qui désire la foi ; et ce que l’on doit lire.
20. Le renoncement ; et la qualité de celui qu’on choisit pour la primauté de l’Église.
21. Les diacres ; et l’excommunication des prêtres sans motif.
22. L’ordre de la prière, et que la plus grande part soit tirée des psaumes du prophète David.
23. Le nombre des ordres — les sept ordres ; et la qualité des serviteurs de l’Église.
24. Les règles du service et l’usage à y observer ; les paroisses.
25. L’humilité du chef ; l’entrée des rois dans l’église.
26. Les chefs des paroisses ; ce que l’homme doit faire dans l’autorité du sacerdoce.
27. Le pain de l’offrande : qu’il soit offert dès la sortie de sa cuisson.
28. Sur le même sujet.
29. Sur l’éducation des prêtres et des chefs.
30. Le pain de l’offrande qui élève les saints mystères.
Telle est, selon ce qu’Ibn al-Ṭayyib en a transmis, la fin du sommaire.
Livre I — soixante et onze canons[89]
Ibn Kabar donne ensuite, en propre, la version copte des canons. Elle comprend cent vingt-sept canons répartis en deux livres : le premier en compte soixante et onze, le second cinquante-six. Voici le premier livre, transmis par Clément, où chaque canon est attribué nommément à l’un des saints apôtres :
(1) Préambule des canons des douze saints apôtres, un par un.
(2) Jean — blâme de qui dit ce qu’il ne convient pas — ni envers Dieu, ni envers le prochain.
(3) Matthieu — ce que tu détestes, ne le fais à personne.
(4) Pierre — sur les saints commandements.
(5) André — exhortation, et défense de la colère, de l’envie et de la tristesse.
(6) Philippe — défense du mauvais désir.
(7) Simon — défense au croyant d’être colporteur de mal.
(8) Jacques — défense au croyant de pencher vers l’astrologie, les présages et les conjurations.
(9) Nathanaël — ne sois ni menteur, ni amant de l’or, ni de la gloire vaine.
(10) Thomas — celui qui te dit la parole de Dieu et est cause de ta vie, prélève sur ta peine pour le récompenser.
(11) Pierre (Képhas) — ne mets pas de division ; au contraire, réconcilie ceux qui sont brouillés, par le bien.
(12) Barthélemy — exhortation à l’aumône.
(13) Pierre — sur l’ordre de l’ordination de l’évêque.[90]
(14) Jacques — sur l’ordination de l’ « agnostos » — c’est-à-dire le lecteur.[91]
(15) Matthieu — sur le service du diacre — c’est-à-dire du serviteur.[92]
(16) Pierre (Képhas) — sur les veuves — c’est-à-dire les moniales.[93]
(17) André — sur les diaconesses, qu’elles accomplissent les bonnes œuvres.
(18) Philippe — recommandation au peuple laïc.
(19) André — sur l’Offrande — le corps et le sang du Christ — et ce qui s’ensuit.[94]
(20) Pierre (Képhas) — sur le fait que les femmes ne doivent pas prier debout, et ce qui s’ensuit.
(21) sur l’ordination des évêques également, et sur le commencement de la liturgie.
(22) sur l’ordination de la Cène.
(23) sur l’ordination des diaconesses.
(24) sur les confesseurs demeurés fermes au nom du Seigneur Jésus : qu’ils aient le rang de diacre et de prêtre, sans qu’on leur impose les mains.[95]
(25) sur l’établissement des veuves — c’est-à-dire des moniales.
(26) sur le lecteur, les vierges et le sous-diacre ; et sur le don de guérison.
(27) sur les nouveaux convertis à la foi, et les œuvres dont ils doivent s’abstenir.
(28) sur les vêtements de l’autre [vie] ; et que quiconque, d’entre les croyants, se fait soldat, astrologue ou sorcier est exclu de l’Église.[96]
(29) sur la confidentialité ; et si nous avons différé quelque chose, jugez-en selon ce qu’il faut.
(30) sur le temps où les catéchumènes doivent écouter la parole, après les œuvres.
(31) sur les catéchumènes : qu’ils prient à l’écart, et qu’ils ne partagent pas avec les croyants le baiser de paix.[97]
(32) sur la prière sur les fidèles instruits, sans imposition des mains.
(33) sur la vérification de l’état de qui vient à la fête, et la recherche sur sa conduite.
(34) sur l’ordre du baptême et le temps où il doit se faire, l’instruction du baptisé dans la foi, et le reste.[98]
(35) sur les veuves et les vierges, et le temps où l’évêque jeûne à leur sujet.
(36) sur le temps où il faut manger, comment cela se fait au domicile des croyants, et qu’il n’est pas permis aux catéchumènes d’y manger.
(37) si l’évêque parle, que tous se taisent ; et s’il est absent, qu’on prenne la bénédiction du prêtre ou du diacre.
(38) sur qui veut faire un festin pour les veuves, et ce qu’il convient d’y observer.
(39) sur les prémices des fruits qu’on doit apporter à l’évêque : ce sont le raisin, la figue, la grenade, l’olive, la pomme, la pêche et la prune ; on ne bénit pas sur le pain, l’oignon, l’ail, le concombre, ni aucun légume. — On y joint la rose, à l’exclusion des autres fleurs, et le laurier, sur quoi l’on prononce les paroles dues.
(40) qu’aucun fidèle ne goûte à rien durant les jours du Carême avant l’heure fixée où l’on rompt le jeûne.[99]
(41) que les diacres doivent obéir aux ordres de l’évêque.
(42) sur les heures de la prière.
(43) que les croyants doivent recevoir l’Eucharistie — c’est-à-dire l’Offrande — en premier, au moment où elle est célébrée, avant d’avoir rien goûté.[100]
(44) qu’il faut prendre garde aux saints mystères et au calice du sang saint, qu’il n’en soit rien répandu.[101]
(45) sur le rassemblement quotidien des prêtres et des diacres au lieu où se trouve l’évêque.
(46) sur ce qu’il faut observer dans la sépulture des morts, sur les fossoyeurs et les gardiens [du cimetière].[102]
(47) sur les heures de la prière, l’écoute du sermon, et le signe de la croix. — À la fin, exhortation des apôtres à se prémunir contre les fausses philosophies, et déclaration que ces canons sont catholiques.
En marge du texte. Selon un exemplaire, ce canon est le commencement du quatrième des « livres seconds » transmis par Clément.
(48) sur les supérieurs des monastères : que celui qui le devient ne doit pas s’en enorgueillir.
(49) ils prescrivent que les chefs ne méprisent pas ceux qui sont au-dessous d’eux.
(50) que nul d’entre nous n’est un fils, mais seulement le serviteur de Dieu.
(51) sur l’évêque qui se contente de peu de savoir, et sur la grossièreté et la rancune.
Voici, à la fin de ce rite, la parole des apôtres : « Maintenant que vous avez connu ce rite de notre part et que vous accomplissez toute chose selon les commandements du Christ — tels que nous vous les avons transmis —, sachez que celui qui reçoit du Christ reçoit aussi de Dieu le Père : à lui la gloire pour les siècles. Amen. »
En marge du texte. Jean ibn Mawhoub, mentionné plus haut, indique que ce qui suit est le commencement du cinquième des livres transmis par Clément.
(52) sur l’ordination de l’évêque et l’ordre de la liturgie.
(53) sur l’ordination des prêtres, des diacres, et des diaconesses ; et, à leur suite, des sous-diacres et des lecteurs.
(54) sur les confesseurs demeurés fidèles au nom du Christ notre Seigneur.
(55) sur les vierges, les veuves, et les ascètes.
(56) sur le nombre d’évêques qui doivent assister à l’ordination d’un évêque.
(57) Simon le Cananéen — que l’évêque doit bénir, et qu’il ne bénisse pas de haut ; et ce qui s’ensuit. Quiconque mérite l’excommunication ne peut l’être par l’évêque seul.
(58) Simon (suite) — qu’aucun des clercs au-dessous du diacre ne tient le rang du diacre ; et sur les diaconesses.
(59) Matthieu — sur les prémices et les dîmes qu’on apporte à l’évêque et aux prêtres.
(60) Matthieu — sur ce qui reste des offrandes apportées à l’autel : on l’élève sur l’autel après qu’on en a prélevé ce dont on a besoin.
(61) Paul — sur ceux qui veulent recevoir des saints mystères.
(62) Paul — sur l’enquête à mener concernant les artisans et ouvriers entrant dans la foi, et l’examen de leur conduite.
(63) Paul — sur la femme libre croyante mariée à un non-croyant, et ce qui s’ensuit.
(64) Paul — sur le lavage des mains des croyants — avec aspersion d’eau, prière et instruction.
(65) Pierre et Paul — ordre aux croyants d’être bons envers leurs esclaves et de les dispenser, le samedi et le dimanche, des travaux.
(66) Pierre et Paul — ordre du repos pendant la Semaine Sainte de la Pâque et durant les fêtes saintes.
(67) Paul — sur les heures de la prière, la nuit et le jour.
(68) Paul — sur le cas où l’évêque ne peut se rendre à l’église à cause de la persécution : il peut alors célébrer la liturgie chez lui.
(69) Paul et Jacques — sur les jours où l’on doit faire mémoire des fidèles défunts.
(70) Pierre et Paul — sur l’aide à apporter à ceux qui sont persécutés pour la foi et qui fuient de cité en cité.
(71) Pierre et Paul (suite) — sur les degrés du sacerdoce et leurs limites.
Livre II — cinquante-six canons, transmis par Clément[103]
Voici le second livre des canons des apôtres selon la recension copte — cinquante-six canons. Le nombre de la version grecque (parfois quatre-vingt-un) est ici indiqué entre crochets pour chaque entrée.[104]
(1) Sur le nombre des évêques qui doivent assister à l’ordination d’un évêque. — [Grec : 1-2]
(2) Qu’il ne convient pas d’élever sur le saint autel autre chose que le pain et le vin seulement ; et — en leur saison — l’épi vert et la grappe. — [Grec : 3][105]
(3) Sur le fait qu’il n’est pas permis à l’évêque, au prêtre ni au diacre, de répudier son épouse à cause du service de Dieu. — [Grec : 4][106]
(4) Sur le temps où l’on doit célébrer la sainte Pâque. — [Grec : 5][107]
(5) Que le prêtre ne doit point se mêler aux affaires du monde. — [Grec : 6][108]
(6) Sur celui qui se prive de la communion en alléguant son excuse. — [Grec : 7]
(7) Ils prescrivent à tout fidèle qui entre à l’église et entend les prières de recevoir des saints mystères. — [Grec : 8]
(8) Ils prescrivent qu’un fidèle ne prie pas avec un non-fidèle qui ne reçoit pas les mystères. — [Grec : 9]
(9) Qu’il n’est permis à personne de prier avec les prêtres en présence d’un prêtre excommunié. — [Grec : 10]
(10) Qu’il n’est pas permis de recevoir un prêtre ni un laïc hors de sa ville sans une lettre de son évêque. — [Grec : 11]
(11) Qu’il n’est pas permis à un évêque de quitter son siège et de passer à un autre, sinon par une nécessité contraignante dont jugent les évêques. — [Grec : 12]
(12) Sur l’évêque ou tout autre clerc qui se rend hors de son siège et prolonge son absence : qu’il soit excommunié. — [Grec : 13]
(13) Sur celui qui se remarie après son baptême, ou qui épouse une veuve, ou une fornicatrice. — [Grec : 14, 15, 16]
(14) Sur le fait qu’aucun des prêtres ne doit se porter caution. — [Grec : 17]
(15) Sur les eunuques. — [Grec : 18, 19, 20, 21]
(16) Sur celui qui forniquait, qui jurait faussement, et qui volait. — [Grec : 22]
(17) Sur le mariage des lecteurs et des chantres. — [Grec : 23]
(18) Sur le prêtre qui frappe ou qui maudit. — [Grec : 24]
(19) Sur le prêtre excommunié à bon droit qui s’expose à reprendre son service. — [Grec : 25]
(20) Sur celui qui obtient l’ordination sacerdotale par la corruption. — [Grec : 26]
(21) Sur celui qui se sert des grands de ce monde pour s’assurer la possession d’une église. — [Grec : 27]
(22) Sur celui qui dresse un autel en dehors de l’Église, pour lui-même, par mépris de son évêque. — [Grec : 28]
(23) Sur le prêtre ou le diacre que son évêque chasse. — [Grec : 29]
(24) Qu’on ne reçoit pas un prêtre étranger sans lettre. — [Grec : 30]
(25) Il convient aux évêques de chaque région de connaître celui qui est le premier et le primat parmi eux : qu’ils ne fassent rien sans son avis, et que lui-même ne fasse rien sans le leur. — [Grec : 31]
(26) Un évêque qui ordonne des clercs hors de son siège est excommunié. — [Grec : 32]
(27) Le prêtre qui ne prêche pas et qui ne s’accomplit pas avec le peuple. — [Grec : 33]
(28) Sur le rassemblement des évêques deux fois l’an. — [Grec : 34]
(29) Il appartient à l’évêque de pourvoir aux affaires de l’Église et de la diriger. — [Grec : 35]
(30) Que nul ne fasse rien des affaires de l’Église qu’avec le conseil de son évêque. — [Grec : 36]
(31) Il convient de distinguer les biens propres de l’évêque des biens de l’Église. — [Grec : 37]
(32) L’évêque doit être un fidèle dépositaire des biens de l’Église et de leur administration. — [Grec : 38]
(33) Sur ceux qui fréquentent les lieux de divertissement et s’adonnent à l’ivrognerie — qu’ils soient prêtres ou laïcs. — [Grec : 39, 40, 41]
(34) Sur ceux des prêtres qui se rendent au baptême des hérétiques et à leur offrande. — [Grec : 42, 43]
(35) Excommunication de qui répudie sa femme et en épouse une autre, ou une divorcée. — [Grec : 44, 45]
(36) Excommunication du prêtre qui refuse d’accueillir les pénitents. — [Grec : 46]
(37) Le prêtre qui, aux jours des fêtes du Seigneur, ne goûte pas un peu de viande et un peu de vin est excommunié. — [Grec : 47]
(38) Sur celui des prêtres qui mange et boit aux noces, et ce qui s’ensuit. — [Grec : 48-49-50-51]
(39) L’évêque ou le prêtre qui n’assiste pas les nécessiteux d’entre les prêtres et le clergé : qu’ils soient excommuniés. — [Grec : 52]
(40) L’évêque ou le prêtre qui n’enseigne pas au peuple le service de Dieu : qu’ils soient excommuniés. — [Grec : 53]
(41) Sur celui qui produit les livres mensongers des hérétiques dans l’église. — [Grec : 54]
(42) Sur le prêtre qu’on reprend pour fornication ou autre chose qui ne convient pas. — [Grec : 55]
(43) Sur celui qui renie le Christ ou renie le sacerdoce. — [Grec : 56]
(44) Sur celui qui mange la viande d’une bête non égorgée ou déchirée par les fauves. — [Grec : 57]
(45) Sur celui qui jeûne le dimanche ou le samedi. — [Grec : 58]
(46) Sur celui qui se rend aux assemblées des juifs et des païens. — [Grec : 59]
(47) Sur celui qui frappe quelqu’un, et que la mort s’ensuive ; et sur qui prive une vierge. — [Grec : 60-61]
(48) Sur le prêtre qui se fait ordonner deux fois ; et sur qui a reçu le sacerdoce et le baptême des hérétiques. — [Grec : 62]
(49) Sur ceux qui ne jeûnent pas le saint Carême, le mercredi et le vendredi. — [Grec : 63, 54, 55]
(50) Sur celui qui dérobe un cierge, de l’huile, ou un objet des vases de l’Église. — [Grec : 56, 57]
(51) Sur l’évêque mis en cause par des hommes croyants, sûrs et dignes de foi. — [Grec : 58]
(52) Qu’on ne reçoit pas le témoignage d’un hérétique, ni celui d’un évêque seul contre un évêque. — [Grec : 59, 60, 61, 62]
(53) Ne devient pas évêque celui qui vient d’être baptisé ou dont la vie a été mauvaise, et ce qui s’ensuit. — [Grec : 63]
(54) Qu’un prêtre ne soit pas soldat, et que nul ne méprise le roi ni le chef. — [Grec : 64-65-66]
(55) Sur ce qu’il faut recevoir dans l’Église, ancienne et nouvelle. — [Grec : 67-68]
(56) Recommandation des saints apôtres aux évêques, et leur bénédiction sur vous. — [Grec : 69-70-71-72]
Note de collation manuscrite
[Le texte porte ici la note suivante, copiée d’un manuscrit en main du patriarche :]
« Ce qui précède a été collationné sur un exemplaire copié d’un exemplaire de la main du patriarche Anbâ Marqos ibn Zorʿa, lequel a noté de sa propre main : ‹ Ces cinquante-six canons sont appelés en grec Tnloûsât — les « Titres » —, et leur nombre dans la version grecque est de quatre-vingt-un Tnloûsâ. › Le chiffre indiqué a été rayé en regard du chiffre [grec] pour qu’on le sache. Il a dit aussi, à la fin de son exemplaire, qu’il l’avait copié d’un exemplaire de la main de Jean ibn Sâʿid al-Qulzî, où il était rapporté d’après Jean ibn Mawhoubque, dans un exemplaire de sa main, quatre Tnloûsât étaient absents de la version copte et de la version syriaque — à savoir les canons 47, 49, 50 et 51. »
On dit aussi que les canons dont le nombre est de quatre-vingt-un sont autres que ceux-ci, qu’ils ont leur propre exemplaire, leur propre index, distinct de celui-ci, et qu’il en a été donné une nouvelle version.
Et gloire à Dieu, à toujours, à jamais, dans les siècles des siècles.
La Didascalie des Apôtres[109]
Les enseignements des douze apôtres, de Paul l’apôtre, et de Jacques évêque de Jérusalem[110] — leur nombre… — les préceptes qui figurent en tête sont au nombre de trente-neuf chapitres. Voici la table :
1. Sur le devoir des riches de prendre garde [à leur âme] et de lire les saintes Écritures.
2. Que les femmes doivent obéir à leur mari et vivre dans la chasteté.
3. Les évêques, les prêtres et les diacres.
4. Que les évêques doivent accueillir avec bienveillance les pénitents.
5. Qu’on ne rejette pas celui qu’on accuse de péché sans que le témoignage en soit établi.
6. Que les laïcs apportent à l’église leurs offrandes selon leurs moyens.
7. Que l’évêque réfléchisse à ce qu’on lui dit, l’examine, et ne se hâte pas.
8. Que les diacres prennent l’avis de leur évêque en tout ce qu’ils entreprennent.
9. Que les chrétiens doivent toujours se pardonner mutuellement leurs offenses.
10. Que les évêques soient pacifiques et qu’ils accueillent les pénitents.
11. Qu’il n’est pas permis aux chrétiens d’aller aux assemblées des nations ni à leurs jeux.
12. Les veuves et la justice. — [Grec : 32]
13. Qu’il n’est pas permis aux femmes de baptiser quiconque. — [Grec : 32, 33]
14. Qu’il n’est pas permis au sous-diacre d’accomplir quoi que ce soit des actes sacerdotaux. — [Grec : 34]
15. Les veuves et les femmes fidèles. — [Grec : 35]
16. Les évêques. — [Grec : 36]
17. Il convient que les veuves et les orphelins reçoivent ce qu’on leur donne avec action de grâces. — [Grec : 37, 33]
18. Qu’il n’est pas permis aux pères de négliger leurs enfants. — [Grec : 17, 38]
19. Les vierges : qu’il ne convient pas qu’elles fassent vœu avant leur maturité. — [Grec : (34, en concordance)]
20. Sur les martyrs, les fêtes et la Pâque. — [Grec : 12, 35]
21. Les martyrs. — [Grec : 14, 18]
22. Qu’il faut fuir les actes répugnants et les paroles laides. — [Grec : 15, 26, 36]
23. Qu’il ne convient pas de jurer par les noms des idoles. — [Grec : 16, 19, 28]
24. La fête de Pâque : qu’on ne la célèbre qu’en la semaine où tombe le quatorzième du croissant lunaire. — [Grec : 17, 21]
25. Les groupes [séparés] et les hérésies. — [Grec : 18, 37]
26. Les veuves fidèles. — [Grec : 19, 21]
27. La construction de l’église et le lieu saint. — [Grec : 20, 22]
28. L’établissement de l’évêque. — [Grec : 21, 23]
29. La prière de l’évêque avec les prêtres. — [Grec : 22, 38]
30. Le jeûne de l’évêque. — [Grec : 23, 24]
31. Les « ṭûghoughiyât » qui sont la foi que les apôtres ont posée. — [Grec : 24, 25]
32. (Suite du précédent.) — [Grec : 25, 39]
33. Que les évêques doivent prendre soin des orphelins. — [Grec : 28, 39]
34. Qu’il convient aux évêques de connaître qui aime apprendre les canons et qui ne les aime pas. — [Grec : 26, 28]
35. Qu’il faut que les fidèles reçoivent ce qui vient soutenir les nécessiteux ; — sur les heures de la prière. — [Grec : 27]
36. Que les esclaves doivent obéir à leurs maîtres, même si ces derniers ne sont pas croyants. — [Grec : 30 (après le chapitre 28 des Maṭûʿghoughiyât)]
37. Que tout le genre humain — les justes comme les autres — ressuscitera. — [Grec : 29]
38. Qu’il faut observer et accomplir les jours des fêtes par un calendrier spirituel. — [Grec : 30]
39. Qu’il convient que… [le texte traite] des chrétiens : quand ils meurent, on leur apporte au-dessus le trentième des « Maṭûʿghoughiyât ».
Note de l’auteur sur les variantes de la Didascalie
[Ici, Ibn Kabar ajoute lui-même cette précision sur son travail de collation :]
« Dit le Père, le Prêtre, le Shams, l’auteur — la demeure du serviteur indigne — : J’ai collationné la table des chapitres de la Didascalie avec deux exemplaires autres que celui dont est tiré le présent index, et j’ai trouvé que les trois exemplaires divergent dans leur table ; je les ai donc barrés. J’ai trouvé également (et la part en demeure ouverte) ; et l’on trouve dans un exemplaire qu’il existe, après les Maṭûʿghoughiyât, d’autres chapitres encore. »
Canons du concile d’Ancyre[111]
« ANKURA » — le premier des conciles secondaires, avant Nicée
Ce fut le premier concile qui se tint après les apôtres.[112] Le nombre de ses canons est attesté de manière concordante par la plupart des exemplaires. Le nombre des évêques, transcrit d’après les noms, est de trente-trois selon un exemplaire ; selon un autre, ils étaient au nombre de douze, et leurs canons au nombre de vingt-quatre. Dans un exemplaire encore, le nombre d’évêques est de vingt-neuf — bien qu’ils ne s’étaient pas limités aux principaux d’entre eux, qui se réunirent à Ancyre, dans les pays de Galatie. Cela eut lieu sous Maximianus et Maximus César, avant que Constantin ne régnât, à cause de prêtres et de laïcs qui étaient tombés, au temps de la crainte, dans le blasphème.
Voici les noms des évêques [qui prirent part au concile] : Boṭâlîs (d’Antioche) ; Marqoulâ (d’Ancyre) ; Arkâlîs (de Césarée de Cappadoce) ; Basileios (de Homs) ; Phlâdolfous (de la ville d’al-Niyû) ; Lebs ; Arzsîs ; Arṭos ; Iqônîn ; Bousâkhis (de Laodicée) ; Serkyânous (d’Antioche) ; Andormos ; Berkos ; Brôdîs (titulaire de Césarée de Syrie) ; Daksos ; Bermâs ; Stéphanos ; Lawendîs ; Grégorios ; Loṭâlîs ; Loufs ; Basileios ; Amntîn ; Arios ; Lwlîdos ; Sâ-Âḥî ; Selbîn ; Berkos ; Admonous ; Kbarondos ; Théodoros Salâmîs.
Et voici leurs canons :
(1) Sur les prêtres qui avaient sacrifié aux idoles et qui s’étaient repentis et étaient revenus. — Et il s’y trouve une recommandation de Paul sur ceux qui veulent connaître nos mystères et avoir part avec nos bien-aimés.
(2) Sur les diacres qui avaient sacrifié aux idoles et qui s’étaient repentis.
(3) Sur celui qui s’est enfui, ou qui a livré [d’autres] ; — sur celui qui s’est irrité contre sa religion et a fui son pays pour échapper à la mécréance, mais ne l’a pas évitée et a renié en secret.
(4) Sur celui qui a été contraint et a sacrifié aux idoles, s’il s’est repenti et est revenu. — Sur celui qui a accompli certains usages des païens et des Grecs.
(5) Sur celui qui a mangé dans un lieu d’idolâtrie.
(6) Sur ceux qu’on a effrayés — sur celui qui est devenu païen par crainte et menace —, sur celui qui a renié par peur, sur celui qui a mangé des sacrifices des idoles dans leurs maisons.
(7) Sur celui qui mange avec les nations dans leurs fêtes ; sur celui qui a sacrifié plusieurs fois aux idoles ; et sur ceux qu’on a persécutés à deux ou trois reprises pour le sacrifice païen : qu’il demeure quatre ans en pénitence, et soixante [jours] participe sans communion.
(8) Sur ceux qui ont sacrifié aux idoles à deux reprises ; sur celui qui a sacrifié et a contraint un autre à sacrifier.
(9) Sur ceux qui se sont dressés contre leurs frères ; sur les diacres qui, voulant être ordonnés, stipulent de se marier d’abord.
(10) Sur les diacres qui stipulent le mariage au moment de leur ordination ; — sur les femmes qui ont corrompu hors des fiançailles.
(11) Sur celui qui demande une vierge en mariage et qu’elle est ensuite ravie de force ; et sur les catéchumènes qui ont sacrifié aux idoles avant leur baptême.
(12) Sur celui qui a sacrifié aux idoles avant son baptême ; et sur les prêtres : qu’il n’est permis à aucun d’entre eux d’être prêtre sans le savoir et l’assentiment de son évêque.
(13) Qu’il ne convient pas qu’il y ait de successeur à l’évêque sinon par son ordre ; et sur ceux des servants de l’Église qui se sont enfuis à cause de la consommation de viande (selon Ibn al-Ṭayyib).
(14) Sur la consommation de viande (variant) ; — sur les biens de l’Église qui sont vendus et dépensés pour ses besoins.
(15) Sur ce qui est vendu des biens de l’Église en l’absence de l’évêque, qu’il faut le restituer ; et sur celui qui fornique avec des animaux — jeune homme, homme mûr, célibataire ou marié.
(16) Sur la bestialité et le reste ; sur celui qui a eu commerce avec une bête ou avec un jeune garçon (Ibn al-Ṭayyib, canon 18) ; sur celui qui a fait vœu à Dieu de ne pas se marier, puis est revenu.
(17) Sur celui qui s’adonne au péché jusqu’à ce que cela soit notoire ; et sur celui qui a été établi évêque mais que les gens de sa ville n’ont pas accueilli.
(18) Sur un évêque qu’on ordonne et que les gens de ce siège n’acceptent pas ; et sur la femme qui a embrassé la vie monastique puis est revenue au monde.
(19) Sur celui qui a fait vœu de virginité et qui rompt sa volonté ; et sur celui qui avait une femme adultère, lui-même étant adultère aussi.
(20) Sur l’homme qui s’abandonne à la luxure avec sa propre femme ; et sur ceux qui tuent leurs enfants nés de la fornication (selon l’exemplaire d’Ibn al-Ṭayyib : sur la femme qui fornique et tue son enfant, et celle qui pratique l’avortement délibéré).
(21) Sur les femmes qui forniquent et tuent leurs enfants ; et sur celui qui tue par accident.
(22) Sur la pénitence de celui qui tue par accident ou par volonté.
(23) Sur celui qui tue sans en avoir l’intention ; et sur ceux qui consultent dans la recherche — c’est-à-dire l’astrologie — et la sorcellerie et la fornication (variante d’Ibn al-Ṭayyib : sur les diseurs de bonne aventure, ceux qui pratiquent les coutumes païennes, les sorciers et ceux qui les consultent).
(24) Sur les astrologues, et sur celui qui les introduit chez lui pour qu’ils accomplissent un travail secret ; et sur celui qui a corrompu des vierges.
(25) Sur celui qui demande une femme en mariage, la souille et souille aussi sa sœur.
En marge du texte. Ce vingt-cinquième canon ne figurait pas dans l’exemplaire collationné ; il est dans l’exemplaire d’Ibn al-Ṭayyib.
Telle est la fin de ces canons — ce qui a été expliqué, en nombre de vingt-quatre.
Le concile de Néocésarée — deuxième des conciles secondaires
C’est celui qui s’assembla à Néocésarée[113] — « la Nouvelle Césarée », au pays du Pont. (Selon une autre tradition, on l’appelle aussi le concile de Carthage, dans les terres de l’Occident.) Les évêques rassemblés à ce concile étaient au nombre de cinquante, en présence du Père saint Anbâ Cyprien. Ils se réunirent pour anathématiser Novatus le blasphémateur. Ce concile précède celui de Nicée ; il compte quinze canons :
(1) Sur le prêtre qui se marie ou qui fornique.
(2) Sur la femme qui s’assied entre deux frères ; et sur celui qui épouse deux sœurs.
(3) Sur celui qui épouse plusieurs femmes — c’est-à-dire qui les rassemble en sa maison.
(4) Sur celui qui songe à la fornication et à ce qu’il fait.
(5) Sur le catéchumène qui écoute ; et sur les enseignants qui commettent erreur.
(6) Sur la femme enceinte qui veut être baptisée ; et sur les femmes enceintes qui allaitent.
(7) Le prêtre n’assistera pas au festin de noces de celui qui épouse deux sœurs — car il n’est pas permis aux prêtres de prier sur ceux qui se sont mariés à deux femmes, ni d’être à leur invitation.
(8) Sur celui qui épouse des femmes débauchées — c’est-à-dire des fornicatrices.
(9) Sur le prêtre qui avoue un péché qu’il a commis avant de recevoir l’ordination (selon un autre exemplaire : sur celui qui fut prêtre à gages et avait péché).
(10) Sur les diacres, sur ce même point.
(11) Sur le fait qu’aucun prêtre ne sera ordonné avant trente ans — fût-il digne ; — et sur le sacerdoce : comment et quand il convient de le conférer.
(12) Sur le nouveau baptisé : il ne convient pas qu’il devienne prêtre aussitôt ; — et sur celui qui a reçu le baptême étant malade et au seuil de la mort.
(13) Sur les prêtres de la campagne : qu’ils n’offrent pas les oblations (en accord avec un autre exemplaire ; selon Ibn al-Ṭayyib : s’ils viennent à la ville, où sont son évêque et ses prêtres, il ne leur est pas permis de consacrer ni d’offrir).
(14) Sur le chorévêque (c’est-à-dire le vicaire de l’évêque). — Selon un autre exemplaire : sur le nombre des diacres, qu’ils soient sept.
(15) Sur les diacres, qu’ils soient sept.
En marge du texte. Ce dernier canon ne figurait pas dans l’exemplaire collationné ; il est dans la version d’Ibn al-Ṭayyib (où il porte le numéro 14). C’est le dernier de ces canons.
Le concile de Nicée — premier des conciles œcuméniques
« Les canons du troisième concile, qui est le premier des grands conciles »
À la ville de Nicée, en l’an 325 de l’Incarnation — la dix-neuvième année du règne de Constantin le Pieux, premier des rois chrétiens — ; et le nombre de ses évêques fut de deux cent dix-huit.[114]
Ils se rassemblèrent à cause de l’impiété d’Arius l’Alexandrin[115], lorsqu’il avait dit : « Le Fils est une créature ; le corps du Christ n’a point d’âme ; et le Verbe — créé lui aussi — a tenu, dans le Christ, la place de l’âme rationnelle : ils sont donc l’un et l’autre des créatures. » Alexandre, patriarche d’Alexandrie, le contredit ; et le concile s’accorda avec lui pour le retrancher et l’exiler.
La cause profonde de la convocation
Ce qui poussa à ce concile, ce fut que la reine Hélène, lorsqu’elle eut manifesté le bois de la Croix,[116] envoya Alexandre — évêque de Jérusalem — à son fils pour lui annoncer la nouvelle. C’était un saint, homme de vertus. Au commencement, il avait été évêque d’Alexandrie ; quand les Perses envahirent l’Égypte, il s’enfuit à Jérusalem et y demeura. Lorsque l’évêque du lieu fut mort en paix, on l’établit évêque de Jérusalem. Tandis qu’il était en chemin [vers Constantin], il vit dans son sommeil un homme qui lui disait : « Tu ne verras pas le roi terrestre, à cause de ta proximité avec la vision du Roi céleste. »
Il écrivit alors à Constantin une lettre où il lui exposait la foi droite que les apôtres, disciples de notre Seigneur Christ — à lui la gloire —, avaient apportée, et lui faisait connaître la religion et l’erreur des hérétiques. Il l’envoya par un prêtre nommé Macaire ; et ils partirent par mer. Mais les hérétiques ariens l’apprirent, et envoyèrent des émissaires à leur poursuite : ils les saisirent en chemin, les battirent et les torturèrent pour qu’ils se rallient à leur doctrine et acceptent leur foi ; comme [Alexandre] ne céda pas, ils le mirent à mort.
Lorsque la nouvelle parvint à Constantin et que la lettre lui arriva, il en fut vivement affecté ; il en supporta mal la douleur et fut rempli de colère. Le zèle pour la religion s’intensifia en lui ; — il s’était fait chrétien la seconde année de son règne, à la ville de Nicomédie, lorsque le signe de la Croix lui était apparu et qu’il avait vaincu son ennemi par lui un mercredi. Il envoya sa mère Hélène à Jérusalem pour faire manifester le bois saint.
En marge du texte. Hélène — selon ce qu’on rapporte — était une femme de la Djézireh, du district d’Édesse, d’un village nommé Kafr Bnâ. Elle avait été convertie au christianisme par les mains de Brokana, évêque d’Édesse, dans le district d’Édesse, avant son mariage avec le père [de Constantin] — Constance, fils d’Arsisis, fils de Naroun, fils de Claude, César. Son règne sur les Byzantins eut lieu du temps du règne de Sapor sur les Perses ; c’est lui que Maximien fit arrêter, puis qu’il relâcha.
En marge du texte. Variante du texte : Constance, fils de Constance, fils d’Aresis, fils de Daphos, fils de Claude — qui fut roi des Byzantins du temps des apôtres.
La convocation et le rassemblement
[Constantin] aussitôt écrivit à toute la terre habitée — à tous les Pères patriarches, métropolites et évêques — pour qu’ils se rendent à Nicée, ville du pays de Syrie, afin d’examiner l’établissement de la religion sur la voie de la vérité et du droit chemin de la justice — chemin que tous les fidèles chrétiens doivent embrasser et observer où qu’ils se trouvent sur la terre — afin qu’il n’y demeurât aucune discorde, aucun désaccord, aucune division ; et qu’ils choisissent parmi eux quelques-uns pour [transmettre] le saint livre. Il leur fixa pour terme, à compter du jour où il leur envoya sa lettre, vingt jours pour arriver à cette ville.
Y arrivèrent en peu de temps deux mille quarante-huit évêques. Ce fut en l’an six cent trente-six de l’ère d’Alexandre, qui est l’an trois cent soixante-treize de l’ère d’Antioche, en neuf jours du mois de juin. Il commanda la lecture du Symbole de foi qu’Alexandre, évêque de Jérusalem, avait composé ; on le lut et il fut accepté.
Les Pères présidant le concile
Ceux qui présidèrent étaient :
• Alexandre (ΑΛΕΞΑΝΔΡΟΣ), patriarche d’Alexandrie ;
• Eustathe (ΕΥΣΤΑΘΙΟΣ), patriarche d’Antioche ;
• Macaire (ΜΑΚΑΡΙΟΣ), évêque de Jérusalem ;
• et deux prêtres délégués par Sylvestre (ΣΙΛΒΕΣΤΡΟΣ), pape de Rome — celui-ci n’ayant pu se présenter du fait de sa faiblesse et de son grand âge.
Les Pères et leurs épreuves
Sur les trois cent dix-huit Pères, il ne se trouva personne — sinon onze hommes — qui n’eût subi de tortures pour la foi sans qu’il en demeurât sur lui des traces visibles. Les autres comptaient parmi eux celui à qui on avait arraché les deux yeux — ou un seul —, ou bien coupé les mains et les pieds, ou seulement les pieds ; à qui l’on avait arraché les dents et les molaires, ou ôté les ongles, ou brisé les côtes.
Il y avait parmi eux un évêque de Mar‘ach, du nom de Thomas, que la foi avait fait jeter en prison pendant vingt-deux ans : on le torturait sans miséricorde, et chaque année on lui retranchait un membre. Il avait ainsi les oreilles, les lèvres, les mains et les pieds coupés, les molaires et les dents arrachées ; ce qui restait de son corps était comme un tronc d’arbre brûlé au feu, noir et desséché.
Constantin reçoit les Pères
L’empereur prit place auprès d’eux après s’être prosterné devant eux et avoir reçu leur bénédiction ; il baisa les membres mutilés et coupés de l’évêque de Mar‘ach. Il leur remit son épée, son sceptre et son anneau, et leur dit : « J’ai mis aujourd’hui votre autorité au-dessus du sacerdoce et de la royauté, pour que vous fassiez de notre part ce qu’exigent la fermeté de la religion et le bien des croyants. » Ils le bénirent, prièrent pour lui, et entreprirent l’examen de ceux qui s’étaient introduits parmi eux d’entre les hérétiques. Ils restèrent ainsi trois ans, jusqu’à ce que ces hommes confessent la vérité de leur propre langue.
On consigna par écrit ce qui avait été disputé contre les Marcionites et les autres, et ce qu’ils s’étaient répondu mutuellement, en quarante livres ; et ce que les saints Pères prononcèrent de leurs paroles fut consigné en quinze livres — connus sous le nom d’Astoulkiyât— placés dans les trésors des Églises, en plus des canons et des règles qu’ils établirent, lesquels sont écrits en trois livres. Et c’est de là que les chrétiens d’Orient transcrivirent le présent livre — dont voici l’ordre détaillé de ses sections, pour notre usage :
• le premier livre est celui attribué à leur réunion en concile ;
• le second est de vingt canons, suivis de paroles sans numéro ;
• le troisième, attribué aux rois, parce qu’il contient ce dont ont besoin les rois et leurs semblables.
En marge du texte. Dit le Père, le Prêtre, le Shams, l’auteur : J’ai trouvé dans la Somme de la jurisprudence chrétienned’Abou al-Faraj Ibn al-Ṭayyib, recueil des canons, que les canons issus du concile de Nicée sont au nombre de soixante-treize ; et il dit que ce n’est pas que les autres ne soient pas reçus — au contraire, ils sont reçus dans toutes les régions ; — mais on n’en a pas besoin dans les terres de Perse ; en revanche, dans les pays des Byzantins, ils sont nécessaires, du fait que les rois sont chrétiens, et l’on s’est accordé sur l’anathème d’Arius et son exil.[117]
L’enseignement d’Arius et sa réfutation
Cet Arius était un prêtre d’Alexandrie. Son enseignement était que le Père fut seul, sans qu’il y eût un Fils ; puis qu’il fit advenir le Fils, qui fut une parole pour lui — sauf que cette parole est créée, advenue, contingente. Puis il remit ensuite l’ouvrage à ce Fils, appelé sa parole, par don ; et c’est lui qui devint le créateur du ciel et de la terre, et de ce qui est entre eux — selon ce qu’il dit dans son saint Évangile : « Toute puissance m’a été donnée aujourd’hui au ciel et sur la terre. » C’était lui le créateur, en vertu du don reçu. Puis cette parole s’incarna ensuite de l’Esprit-Saint et de Marie la Vierge, et devint ainsi un seul Christ. Le Christ est donc, maintenant, double : parole et chair — l’un et l’autre étant créés.
Alexandre, patriarche d’Alexandrie, lui répondit : « Qui donc nous oblige à adorer celui qui n’est pas notre créateur — ou celui qui nous a créés ? » Et il lui dit encore : « Si le Fils, créé selon ta prétention, est le créateur de nous-mêmes, des cieux et de la terre, et qu’il est en même temps créé de toutes parts à tes yeux, alors l’adoration du Fils créé est plus due que l’adoration du Père qui n’est pas créé ; au contraire, l’adoration du Père créateur devient une mécréance, et l’adoration du Fils, la foi : — voilà la plus monstrueuse des affirmations ! »
L’assemblée approuva cette parole et détesta la doctrine d’Arius ; ils s’accordèrent unanimement sur son anathème, son retranchement et son exil — car ils avaient décidé, pour les dissidents qui contestent dans la religion, l’exil et non la mort. Arius demeura en exil jusqu’à ce qu’il pérît : sa fin fut la chute de ses entrailles hors de son corps, peu de temps après son anathème.
En marge du texte. Sur ses « entrailles » : c’est-à-dire ses viscères et son ventre.
Et sur-le-champ, les Pères mentionnés proclamèrent la foi droite que nous avons commencé à exposer au second chapitre de ce livre ; — et voici les sections de leurs canons.
Premier livre des canons de Nicée — vingt canons (selon la recension copte)
C’est, selon la numérotation des Byzantins, le second [recueil d’un même concile, mais en réalité le premier de cette série] ; il est présenté en premier parce qu’il est le premier des [grands] conciles. Son nombre, comme on l’a dit, est de vingt canons, suivis de paroles sans numéro ; et le contenu en est concordant entre les copies. Voici la table de ces canons :
(1) Sur la Foi.
(2) Sur celui qu’on ordonne tout récemment baptisé — « un jeune plant ».
(3) Que nul des clercs ne cohabite avec des femmes.
(4) L’évêque qui assiste à l’ordination d’un évêque.
(5) Le rassemblement des évêques deux fois par année.
(6) Le primat des évêques.
(7) L’accueil du pénitent ; et sur les clercs tombés [dans l’apostasie] au temps de la persécution.
(8) L’honneur dû à Jérusalem.
(9) Celui qu’on ordonne et qui, après cela, avoue avoir une faute.
(10) Sur ceux qui sont tombés (selon un autre exemplaire : sur l’admission de ceux qui sont tombés).
(11) Celui qui retrouve [la foi].
(12) Ceux qui ont renié sans nécessité.
(13) Le pénitent dont la mort approche avant l’accomplissement de son temps de pénitence.
(14) Sur les catéchumènes tombés au temps de la persécution.
(15) L’évêque ou le prêtre qui se déplace d’une ville à une autre.
(16) Le prêtre ou le diacre qui passe d’une église à une autre.
(17) L’amour du gain et la prise de l’usure.
(18) Sur les diacres qui approchent les femmes, ou qui passent devant les évêques.
(19) Les eunuques et ceux qui se sont mutilés eux-mêmes.
(20) Ceux qui sont dans la croyance de Paul de Samosate. — Suit le Symbole de la foi, et ce qu’ils prescrivirent pour l’ordonnance de la sainte Pâque, et l’accord sur ce point.
(21) Sur ceux qui se prosternent les dimanches et les jeudis.
Autre table de ces vingt canons
En marge du texte. Pour ces vingt canons figurant dans ce livre, on a trouvé un autre index, différent de celui-ci ; je l’ai placé à cet endroit pour l’établir :
(1) Sur le recensement et la circoncision.
(2) Sur celui qui s’est fait chrétien tout récemment et qu’on fait prêtre.
(3) Sur les femmes habitant [avec des clercs].
(4) Sur celui qui veut devenir évêque.
(5) Sur ceux qui s’abstiennent d’entrer à l’église.
(6) Sur l’ordonnance des villes et la prééminence de certaines sur d’autres.
(7) Sur l’honneur dû à l’évêque de Jérusalem.
(8) Sur les retranchés — qui sont les hérétiques.
(9) Sur celui qu’on a fait prêtre sans examen.
(10) Sur le clerc qui a renié [la foi] par crainte, puis est revenu.
(11) Sur celui qui a renié, étant du rang des laïcs.
(12) Sur celui qui a renoncé au monde, puis y est retourné.
(13) Sur tout fidèle endetté qui tombe en maladie mortelle.
(14) Sur le clerc qui a renié : qu’il soit mis à part et retranché.
(15) Que le clerc ne passe pas d’une église à une autre.
(16) Sur celui qu’on a fait clerc d’une église et qu’on a transféré.
(17) Sur les clercs qui se laissent malades de l’ambition de la primauté.
(18) Sur la précellence d’un prêtre sur un autre.
(19) Sur celui qui entre dans le rassemblement des partisans de Paul de Samosate, l’hérétique, puis revient.
(20) Sur la prostration, également.
Canons du concile de Nicée et autres sections du canon ecclésial — trente canons[118]
Établis par les évêques par leur accord unanime :
(1) Sur la Foi.
(2) Tu aimeras le Seigneur ton Dieu.
(3) Ne laisse personne te détourner de cette Foi.
(4) Que les justes et les moines se tiennent éloignés des femmes.
(5) Que ta parole ne soit pas double, et ne sois pas de deux opinions ; ne prononce pas de serment, et ne sois pas hésitant devant quiconque.
(6) Ne te précipite pas dans la colère contre quiconque.
(7) Ne prie pas [seul, mais avec l’assemblée].
(8) Si un frère vient te visiter pendant ton jeûne — celui que tu accomplis dans ta cellule, seul, qui n’est pas un jeûne obligatoire —, romps ton jeûne avec lui par amour.
(9) Quand vient le jour du dimanche, mets-toi en route pour la sainte Église dès l’aurore, avant le lever du soleil — à cause du jeûne du mercredi et du vendredi [qui se prolonge] jusqu’à la neuvième heure ; et demeure à l’église jusqu’à ce que soit dite la dernière prière.
(10) Sur la préparation pour être digne des saints mystères, afin que tu ne les reçoives pas sans en être digne — auquel cas leur réception serait un jugement contre toi.
(11) Ne sois pas amant de l’argent et des biens, et ne prends point d’usure.
(12) Que les moines et les diacres ne commercent point — sinon par nécessité, pour le laïc qui se trouve en un lieu sans culture et sans métier.
(13) Sur l’amour et le respect envers tous les hommes.
(14) Exhortation à prêter à celui qui te demande, si tu le peux.
(15) Exhortation à l’humilité et à la crainte de la parole de Dieu.
(16) Défense de la moquerie et du mépris.
(17) Défense de paraître la tête découverte [pour les cheveux].
(18) Ordre de s’abstenir de la viande — non parce qu’elle est impure, mais pour priver le corps de son désir.
(19) Sur la continuelle louange — ce qui concerne brièvement le moine.
(20) Précepte adressé au moine.
(21) Sur le même sujet.
(22) De même.
(23) De même.
(24) Sur le même point encore.
(25) De même.
(26) Ce qui les concerne également.
(27) Précepte adressé au prêtre, avec l’indication que ces canons valent pour toutes les Églises, en raison des oblations et des recommandations faites aux prêtres.
(28) Ce qui concerne également les prêtres.
(29) (Sur le même sujet, dans la suite.)
(30) Ce qui concerne également les prêtres.
Second Livre — quatre-vingt-cinq canons
Ce livre a été transmis par les byzantins et les nestoriens ; il est aussi reçu chez les orthodoxes et les syriaques. Son nombre, dans les copies byzantines, est de quatre-vingt-quatre canons, suivis de paroles sans numéro ; et l’on y trouve, dans les anciennes copies en arabe, des additions qui leur sont propres. Le Cheikh al-Ṣafî rapporte que le grand livre attribué à leur concile contient de nombreux canons.
(1) Un homme aliéné ne peut être prêtre.
(2) Sur les esclaves qui ont circoncis leurs maîtres.
(3) Sur le nouveau baptisé : qu’il ne soit pas aussitôt ordonné.
(4) Sur la cohabitation des évêques avec des femmes.
(5) Sur celui à qui il est permis de vouloir devenir évêque.
(6) L’évêque ne s’établit qu’avec l’assentiment des évêques de sa province.
(7) L’évêque ne reçoit pas un homme qui a été anathématisé.
(8) Sur le rassemblement des évêques, auprès de leur métropolite, deux fois par an.
(9) Sur les prérogatives du patriarche d’Alexandrie et des autres chefs des grandes cités.
(10) Le redressement d’un évêque doit se faire avec l’accord de son métropolite.
(11) Sur l’honneur dû à l’évêque de Jérusalem.
(12) Sur le choix des prêtres dans l’Église.
(13) On n’admet aucun infidèle dans l’Église de Dieu.
(14) Aucun clerc ne se transfère d’une église à une autre.
(15) Sur le même point — interdiction de transfert d’une église à une autre, dans une autre formulation.
(16) Celui qui prête à intérêt ne sera pas promu aux degrés du sacerdoce.
(17) Le diacre ne s’approche pas [du sanctuaire] avant le prêtre.
(18) On ne baptise pas une seconde fois quiconque revient à l’Église de Dieu.
(19) Sur celui qui se fait baptiser à nouveau — au sujet des religieuses [revenues d’une communauté hérétique].
En marge du texte. Le baptême ne se répète pas : on parle ici d’un « second baptême » en pensant aux hérétiques, dont la première immersion est tenue pour nulle.
(20) Sur celui qui revient à la foi en quittant la communauté dite « ‘ibâdiyya ».
(21) Sur l’accueil de quiconque revient de son incrédulité pour demander la foi.
(22) Les fidèles ne peuvent épouser leurs mères spirituelles.
(23) Les hommes ne peuvent recevoir au baptême des jeunes filles.
(24) Les fidèles ne fréquentent pas les sorciers et les devins.
(25) On n’épouse pas la fille d’une servante qui est sœur d’une autre femme par le baptême.
(26) Un homme ne peut épouser deux femmes et les réunir.
(27) Le prêtre ne refuse pas l’oblation à celui contre qui il est en colère.
(28) Il n’est pas permis aux femmes d’entrer en caution, ni dans des choses semblables.
(29) La femme qui a ses règles ne peut entrer dans l’église ni s’approcher [des saints mystères] avant de s’être purifiée.
(30) Nul ne peut recevoir l’Oblation pour acquitter une obligation au nom d’une autre personne, quelle qu’elle soit.
(31) Aucun clerc ne contracte d’engagement, et n’agit pas sous l’effet de la colère.
(32) Il n’est pas permis de se prosterner les veilles de dimanche, et les jours semblables.
(33) Il n’est pas permis de mêler les noms chrétiens aux noms païens.
(34) Sur celui qui revient à la foi en quittant les Ariens [Ariens].
(35) Sur celui qui revient à la foi en quittant les autres communautés.
(36) Sur ce qu’il faut faire avec les dissidents qui n’ont pas reçu les saintes Écritures.
(37) Il ne convient pas de transférer le patriarche d’Éphèse [hors de son siège] ; et les patriarcats du monde ne doivent être que quatre, pas davantage.
(38) Sur le fait qu’il convient de transférer le patriarcat d’Éphèse à la ville du roi — c’est-à-dire à Ctésiphon.
(39) Sur l’honneur dû au titulaire de Séleucie — c’est-à-dire Ctésiphon.
(40) Le synode ne se réunit pas en pays de Perse — sauf si l’on s’y présente.
(41) Sur les rangs des patriarches, selon leurs degrés et leurs sièges.
(42) Sur le pays d’Éthiopie : il relève du patriarche d’Alexandrie.
(43) Sur le métropolite de l’île de Chypre et son redressement.
(44) Que chaque patriarche fasse la visite de ses métropolites et de ses évêques.
(45) Sur le rassemblement des évêques auprès de leur patriarche, deux fois par an.
(46) Sur le rassemblement des métropolites auprès de leur patriarche, une fois par an.
(47) Sur l’examen, par l’assemblée, du cas de celui qu’on a séparé de l’Église pour une faute, et des autres.
(48) Le jugement de l’évêque qui a mal agi envers quelqu’un appartient au patriarche.
(49) Il convient que le métropolite — et non le patriarche — exerce le jugement sur les évêques.
(50) Il convient que le jugement du métropolite revienne au patriarche.
(51) Il n’est pas permis à un évêque de délier celui qu’un autre évêque a lié.
(52) Sur le fait que l’épiscopat ne se transmet pas par héritage, à personne.
(53) Il n’est pas permis que le sacerdoce s’obtienne par corruption.
(54) Il n’est pas permis qu’il y ait deux évêques dans une même ville.
(55) Sur ce qu’il convient de faire avec la femme qui se soustrait à son mari.
(56) Sur le mari [dans le même cas].
(57) Il n’est pas permis au prêtre de spéculer avec son argent ni de pratiquer l’usure.
(58) Sur le mariage hors de sa propre communauté, et les conditions à y poser.
(59) Sur le choix du chorévêque — c’est-à-dire l’évêque des campagnes.
(60) Sur les églises et autres lieux qui relèvent de lui : qu’il vienne, avec ses prêtres, auprès de l’évêque, deux fois par an.
(61) Sur la venue du supérieur du monastère auprès de l’évêque pour le saluer.
(62) Il convient que l’évêque dise la prière à l’intérieur de l’autel.
(63) Sur la préséance du chorévêque et de l’archidiacre sur les autres [clercs].
(64) Que l’on écrive [pour chacun] le degré du sacerdoce qui lui est conféré.
(65) Sur le choix du chorévêque et de l’archidiacre, parmi ceux qui deviennent prêtres.
(66) Les diacres ne portent pas la ceinture pendant la prière.
(67) Sur l’accroissement et la diminution du nombre des églises [et de leur personnel].
(68) Il convient que l’église ait un économe et des intendants.
(69) Sur la mention de l’évêque dans toutes les prières.
(70) Le chorévêque et l’archidiacre marchent en tête du cortège funèbre de l’évêque.
(71) Les gens d’Église ne renvoient pas leurs femmes, sinon pour une cause qui l’exige.
(72) Sur celui qui réunit deux femmes en un même mariage.
(73) Aucun des fidèles ne marie sa fille ou sa sœur sans son consentement et sa connaissance.
(74) Sur le mariage d’un fidèle avec une non-croyante, et d’une croyante avec un non-croyant ; — et sur les Harqoûmiyât.
(75) Sur les xénodochies — c’est-à-dire les maisons pour les malades, réservées à eux, aux étrangers et aux pauvres.
(76) Sur la consécration des évêques et leur ordre.
(77) Sur le transfert des évêques et des autres clercs.
(78) Sur le choix des prêtres et des évêques.
(79) Sur les diaconesses — c’est-à-dire les femmes diacres — et sur leur choix.
(80) Sur les femmes vivant dans le voisinage des églises.
(81) Sur l’économe de la maison des malades, sur la tenue des prêtres et des moines, et leur vêtement.
(82) Sur l’économe des malades.
(83) Sur la faute des évêques.
(84) Sur la fornication du prêtre et du diacre.
(85) Sur l’économe des malades et des indigents.
Les Quatre Livres — vue d’ensemble[119]
Ils sont attribués aux canons des rois écrits en présence du grand concile des 318 — celui de Nicée — auquel assistait Constantin, roi croyant. La tradition rapporte que leurs canons ont été consignés en trois livres ; le présent ouvrage en est le troisième, lui-même divisé en quatre parties, totalisant 180 canons répartis selon ce qui figure dans les avertissements (Tanbîhât) :
• la première partie — les Tanbîhât — comprend 40 titres ;
• la deuxième : 130 chapitres ;
• la troisième : 17 chapitres ;
• la quatrième : un nombre déterminé.
Le total général des chapitres de la première partie atteint 577.
Premier Livre — Les Avertissements (Tanbîhât)
Il compte quarante titres, totalisant cinq cent soixante-dix-sept chapitres. Voici la table de ses titres et de leurs subdivisions :
1. Sur le mariage (al-mâlâk) — 24 chapitres : conditions et conduite
2. Sur les dotes promises au mariage — 10 chapitres
3. Sur la condition et l’état du mariage — 27 chapitres
4. Sur les précautions à observer dans le mariage — 6 chapitres
5. Sur les présents qui précèdent la noce — 4 chapitres
6. Sur le mariage interdit — 28 chapitres
7. Sur l’obligation du trousseau — 9 chapitres
8. Sur la défense du trousseau — 21 chapitres
9. Sur les dons qui s’échangent entre l’homme et la femme — 11 chapitres
10. Sur les causes qui rompent le mariage — 18 chapitres
11. Sur la rétractation des dons — 6 chapitres
12. Sur les Miyât (les défunts) — 6 chapitres
13. Sur la vente et l’achat — 11 chapitres
14. Sur le hukur et le métayage (mughârasa) — 6 chapitres
15. Sur le prêt et le gage — 11 chapitres
16. Sur les locations (al-ijârât) — 28 chapitres
17. Sur le dépôt (al-wadîʿa) — 15 chapitres
18. Sur la constitution de la société (al-shirka) — 18 chapitres
19. Sur les associations et les revendications — 18 chapitres
20. Sur l’annulation de la société et les réclamations — 18 chapitres
21. Sur le testament de ceux qui ne sont pas sous interdiction — 4 chapitres
22. Sur le testament de ceux qui sont sous interdiction — 16 chapitres
23. Sur le testament des défunts — 8 chapitres
24. Sur le testament des évêques et des moines — 4 chapitres
25. Sur l’annulation du testament — 3 chapitres — quatre portes, 8 chapitres au total : 139 chapitres
26. Sur la levée de l’interdiction — 8 chapitres
27. Sur les témoins — 36 chapitres
28. Sur les Shraṭûniyât (ordonnances) — 36 chapitres
29. Sur le Fûdûklis (additions au testament et aux actes établies en présence des témoins) — 4 chapitres
30. Sur la Falâṭâ (l’acte écrit) — 20 chapitres
31. Sur le rachat (al-irtijâʿ) — 6 chapitres
32. Sur la Falkiyya — 4 chapitres
En marge du texte. La Falkiyya : c’est ce qui reste, après le legs, des biens meubles libres.
33. Sur celui qui est écarté de l’héritage — 19 chapitres
34. Sur la capitation seule — 15 chapitres
35. Sur la Jizya, seule (variante : la Falâṭâ) — 1 chapitre
36. Sur les exécuteurs et les garants — 9 chapitres
37. Sur le délai où il faut établir la revendication de la succession — 4 chapitres
38. Sur la détermination de la preuve et d’autres questions — 4 chapitres
39. Sur les peines pour les crimes — 64 chapitres
40. Sur le partage des butins et la procédure (al-uslûb) — 87 chapitres
Second Livre — Les cas de Constantin le Grand
Le deuxième livre des canons attribués aux rois — Constantin, Théodose et Léon, — est traduit du grec à l’arabe. Il rassemble les cas (qadâyâ) de Constantin, le roi fondateur. Voici la table de ses chapitres :
(1) Sur l’héritage et ses rangs.
(2) Sur les femmes : peuvent-elles rédiger un testament ?
(3) Sur la femme dont le mari est mort en laissant des enfants — qui les prend en charge ?
(4) Sur le discernement des enfants — peut-on retenir de l’héritage pour leur compte ?
(5) Sur l’enfant né d’une servante, et ce qui est dû après la mort du père.
(6) Sur la rédaction du testament et sur ce qu’on peut léguer.
(7) Sur l’exécuteur testamentaire contraint, par nécessité, de vendre quelque bien des orphelins.
(8) Sur celui qui a fait don d’une partie de ses biens et veut le reprendre.
(9) Sur celui qui veut consacrer en pieuse fondation l’ensemble de ses biens.
(10) Sur ce dont un homme peut disposer et qu’il peut consacrer au moment de sa mort : la moitié et le quart.
(11) Sur ce qu’il est permis de léguer au notaire qui rédige le testament.
(12) Sur celui qui institue son esclave pour exécuteur testamentaire.
(13) Sur le testament du père au profit de son fils, et l’engagement de gage par son père.
(14) Sur celui qui refuse d’être exécuteur testamentaire.
(15) Sur le testament de la veuve en faveur de ses proches.
(16) Sur le testament au bénéfice des affranchis.
(17) Sur l’enfant né d’une femme sans dot.
(18) Sur le legs en faveur du conjoint.
(19) Sur la cas où un homme avait laissé des enfants et qu’il ne lui en survit que des filles.
(20) Sur la vente et l’achat ; et ce qu’il faut prescrire à leur sujet.
(21) Sur l’affranchissement des esclaves auxquels on dit : « Tu es libre » : nul affranchissement n’est valide qu’avec témoins.
(22) Sur celui qui affranchit son esclave et l’institue son exécuteur testamentaire.
(23) Sur celui qui peut affranchir son esclave de sa propre main.
(24) Sur les cas où un esclave est libre — la diversité des situations.
(25) Sur la possibilité, après affranchissement, de le rendre à l’esclavage.
(26) Sur celui qui s’oblige à affranchir son esclave dans certaines circonstances.
(27) Sur la vente d’un esclave et la condition d’affranchissement.
(28) Sur celui qui acquiert son esclave et le retient, ne tenant pas pour lui-même son rachat — il dit qu’il s’est fait esclave par contrat.
(29) Sur l’interdiction qu’un esclave témoigne contre son maître ou contre les hommes libres.
(30) Sur celui qui revient à la condition d’esclave qu’il avait fui — il n’est pas tenu obligatoirement pour esclave, car il refuse cette condition.
(31) Sur les arrhes : le vendeur les ayant prises, et la condition de restitution.
(32) Sur celui qui acquiert et se trompe — c’est-à-dire qu’il prend une chose qu’il croit lui appartenir.
(33) Sur celui qui se vend lui-même — c’est-à-dire l’esclave qui se vend ; et qui est licite de l’acheter, et que le maître ne se réjouisse pas.
(34) Sur celui qui tue un esclave de la main d’autrui sans droit du souverain.
(35) Sur celui qui a affranchi son esclave et stipule sur lui que l’esclave servira son fils avec d’autres pendant une période déterminée.
(36) Sur celui qui affranchit son esclave et le reconnaît comme à lui.
(37) Sur celui qui s’est reconnu esclave et veut le laisser dans la vente et la jouissance, en stipulant qu’il ne le vendra qu’à qui le maintient en sa condition.
(38) Sur la femme qui chuchote à son esclave qu’elle veut qu’il soit livré aux ventes ; et celle qui le perd dans le vol et sa restitution avec quatre fois la valeur.
(39) Sur celui qui vend un esclave dans lequel il y a un défaut.
(40) Sur le défaut d’un esclave après six mois : si la restitution est possible ou non.
(41) Sur celui qui a vendu un esclave et stipule qu’il est ferme dans ses mauvais usages : il n’est pas permis de le restituer ; et l’esclave divorcé.
(42) Sur l’esclave divorcé.
(43) Comment un homme se marie et meurt en laissant des enfants : son patrimoine n’est plus hérité, mais ses propres frères doivent affranchir son esclave et l’affranchir comme témoignage.
(44) Sur celui qui veut se séparer des époux pour méfaits, et ce qu’il convient à chacun après la séparation.
En marge du texte. Marge : à partir de ce chapitre commence la législation de Léon. Et la glose d’Ibn Zorʿa, écrite de sa main, précise : « À partir d’ici commencent les lois établies par Théodose le Grand et Léon, les rois chrétiens — jusqu’à la fin des 130, soit 86 chapitres. »
(45) Sur le droit dont la revendication est retardée de trente ans — règle attribuée à Théodose.
(46) Sur celui à qui un délai a été accordé, qui s’appauvrit ensuite, et qu’on n’attend plus.
(47) Sur les délais stipulés sur les parties par leur convention et l’ordre du juge.
(48) Sur celui qui a acquis un bien et y a vécu dix ou vingt ans, et qu’on lui dispute ensuite.
(49) À quel point Constantin a honoré le sacerdoce : la levée du tribut et de la capitation.
(50) L’interdiction de plaider le dimanche, et la convocation devant le juge.
(51) Sur le mariage attribué à Léon : il s’est conformé à celui-ci dans le contrat, et les conditions du mariage.
(52) Sur le mariage selon Léon : le mariage par écrit, et sans écrit ; avec dot ; et sans dot.
(53) Sur le mariage avec la sœur du frère, ou la sœur de la femme — chose interdite par la loi.
(54) Sur la condition de l’enfant né d’une union mauvaise ; et la mort de l’esclave.
(55) Sur le paiement du dommage à des esclaves accidentés ; et qui paie en cas de mort sur le coup à autrui par accident.
(56) Sur celui qui paie la dette d’un voyageur en mer.
(57) Sur celui qui pose comme condition à sa fille qu’elle ne lui donne rien lors de sa noce ; et la permission qu’il prête à son fondé de pouvoir.
(58) Sur la jeune fille orpheline qui se marie de son plein gré, sans la permission de sa mère ou de son frère, si elle n’a pas de tuteur.
(59) Sur celui qui épouse une veuve et acquiert quelque chose en son nom, et lui en donne un écrit.
(60) Sur celui qui achète au nom d’une femme : si c’est de son argent à lui, elle n’y a aucun droit ; si c’est de son argent à elle, il lui revient.
(61) Sur celui qui prend par force une veuve sur elle-même : qu’il soit mis à mort ; — et si c’était une vierge, quel châtiment.
(62) Quand la femme a-t-elle droit à prendre, de l’héritage des enfants, ce qui revient en droit aux enfants.
(63) Que la femme peut augmenter sa dot après son trousseau.
(64) Que l’homme ou la femme, après le mariage, ne peuvent attribuer l’un à l’autre quelque chose des biens, après le décès, sinon par acte écrit.
(65) Sur la question : peut-il être permis ?
Note de transition
Ainsi s’achèvent les cas de Constantin le Grand — ce qui est attribué à Léon [commençant à un autre point]. Selon la marge : « jusqu’à cet endroit s’étend ce 43e chapitre dans la copie de la main du patriarche Anbâ Marqos ibn Zorʿa. »
Troisième Livre — Les lois attribuées à Théodose et à Léon
Ce livre se compose de vingt-sept canons (selon ce que rapporte le Cheikh al-Ṣafî, qui le situe comme la troisième partie des « livres des rois »). Voici la table de ses chapitres, depuis le 66e jusqu’au 121e — chapitres comptés en continuité de la suite générale :
(66) Sur l’homme qui répudie sa femme pour adultère, alors qu’elle est mariée, dans des affaires qu’elle a commises ; et sur la diffamation de la femme épousée avant dix mois après la mort du mari.
(67) Sur les dignités : leurs interdits — un eunuque ne peut être ni cadi ni envoyé du roi ; il ne peut être ni prêtre, ni vizir, et ainsi de suite.
(68) Il n’est pas permis qu’une femme oblige son fiancé à augmenter la dot tant que son père est vivant, qu’elle l’ait trouvé ou non.
(69) Quand un mari meurt — ce qu’il faut faire.
(70) Il n’est pas permis à une femme d’accuser son mari de quoi que ce soit ; ni à un frère vis-à-vis de leurs pères.
(71) Sur la femme libre, ses enfants et son mari : qu’ils héritent.
(72-73) Sur l’homme qui épouse deux femmes en même temps.
(73-74) Sur la femme libre qui s’est mariée loin et habite ensuite chez ses parents — elle est dispensée.
(74-75) Sur celui qui n’a pas d’enfant ni de paroisse, et qui veut consigner ses biens : il peut le faire.
(75-76) Sur l’interdiction de châtier des femmes ou de leur garantie : il est permis aux femmes que leurs maris pourvoient à l’exigence de leur droit.
(77-78) Combien il convient à une femme libre qu’elle dispose lors de son mariage, après le décès de son mari.
(78-79) Sur la femme libre qui se prétend âgée de vingt ans.
(80-81) Sur la femme qui rédige un testament au profit de son fils — sa mère, et s’il avait un père — sur ce qu’un homme peut faire des biens de sa femme, de ses esclaves, de ses servantes, dans la séparation.
(82) Quand une vierge est ravie et veut son mariage après la séparation : la conduite à tenir.
(83-85) Sur les motifs de la séparation, et sur la situation des enfants à l’égard de la femme dans le jugement après la séparation.
(84) Sur la femme qui chuchote à elle-même — cela est-il une cause ?
(85-86) L’homme peut-il restreindre la femme à quoi que ce soit, après son divorce, sans motif ?
(86-87) Il n’est pas permis à un homme de répudier sa femme sans cause, ni à une femme de chuchoter, sauf cause établie.
(87-88) Sur l’héritage des filles, de la part de leur père, et de la quote-part avec leur fraternité.
(89) Sur l’héritage des fils dans l’héritage de la mère défunte.
(89-90) Sur l’héritage de la femme avec son mari ; et s’il n’a pas eu d’enfant avec elle.
(90-91) Il n’est pas permis aux soldats d’être exécuteurs testamentaires ni tuteurs des orphelins.
(91-92) Le père n’a pas droit sur le fils qu’il a affranchi de ses enfants et de son ouvrage.
(92-93) Si le père aime un homme qui répudie son enfant — l’obéissance et la maturité — ce qu’il convient. (Marge : je pense que la « maturité » indique ici à la rectitude.)
(93-94) Est-il dans la coutume qu’un homme abandonne et que ses enfants soient pris en charge ? Et qu’il n’abandonne pas ses filles.
(94-95) Sur celui qui veut rédiger un testament sans qu’il soit nommé un témoin.
(95-96) Sur celui qui veut consacrer ses biens à des étrangers, et la quotité de l’héritage.
(96-97) Sur les transactions, l’association et le contrat par écrit : ils ne se rompent pas, sauf cause.
(97-98) Sur celui qui a donné des arrhes pour la vente : le ratifier ou non — sur celui qui se déterminait à une vente.
(98-99) Sur celui qui voulait demeurer en mariage avec un homme étranger ; sur celui qui veut tester à son propre maître son héritage.
(99-100) Sur le testament en faveur de sa femme.
(100-101) Sur les exécuteurs testamentaires des orphelins, si l’héritage ne leur convient pas.
(101-102) Sur celui qui voudrait éloigner ses enfants — un médecin, ou un exécuteur testamentaire — du fils.
(102-103) Le père n’est pas obligé envers son fils, ni envers la dette d’une personne qui n’a pas réparé son tort.
(103-104) L’exécuteur des orphelins peut chercher leur recours en cas de réclamation auprès du juge.
(104-105) Il n’est pas permis à un homme de tuer un meurtrier sans intervention du souverain.
(105-106) Et pas non plus le tuteur ou le proche du meurtrier ; il est nécessaire qu’il le porte au souverain.
(106-107) Sur la sanction de celui qui maltraite son prochain : il lui restitue ce qu’il a, par enlèvement.
(107-108) Sur celui qui porte plainte contre son prochain qu’il ne lui paie pas, et la sanction.
(108-109) Sur celui qui achète un village, un esclave ou autre au nom d’un autre, dans la confiance d’une affaire — et il n’est pas permis.
(110-111) Sur celui qui possède un objet et en a une grande utilité — il en a droit.
(111-112) Sur celui qui injurie un homme, son enfant ou ses enfants — il est puni.
(112-113) Sur celui qui veut écrire un esclave de ses biens à un autre, ou un village, ou un esclave, ou autre.
(113-114) Sur la possibilité du partage de la quotité entre frères en société, sans acte écrit.
(114-115) Si quelqu’un veut élever un homme qui poursuivait sa cause — sinon n’accepte pas. Et il est permis.
(115-116) Sur celui qui empêche le fils, qui suit à ce sujet, de ce qu’il veut.
(116-117) Sur celui qui plaide auprès du sultan contre un homme, soit en cas suivant, soit en gagnant sur lui.
(117-118) Sur celui qui contredit, ou qui résiste à autrui — si une preuve s’y joint.
(118-119) Sur ceux trouvés associés avec lui au prix, qu’il a partagé avec lui dans la nuit ; et sur les enlèvements et les fâcheries et autres.
(119) Sur ce qu’un évêque tire des enchères contre les criminels et les blessures, à hauteur de ce que mérite chacun, ce dont il a pâti.
(120) Ce qui ne figure pas dans la copie comparée — sur la sanction des criminels.
(121) Sur celui qui se distingue de la maison par un mérite, qu’il a obtenu d’une femme ; et qui en a usé brutalement.
En marge du texte. À cet endroit se trouvent le 87e et le 121e canon. Le Cheikh al-Ṣafî indique que c’est ici le Quatrième Livre des canons des rois.
Quatrième Livre — les vingt-six canons du grand concile
« Tirés des livres des rois écrits par le grand concile » — le concile œcuménique des 312 [ou 318] évêques en présence de Constantin. Il compte vingt-six canons, selon ce qu’on dit, ce dictum étant tiré [du concile] des 318.
En marge du texte. Le présent livre ne porte pas, pour ses sections, d’en-têtes comme les autres ; ce sont ses chapitres mêmes qui en contiennent l’explication.
(1) Comprend la louange à Dieu, et la confession de la Foi au Père, au Fils et à l’Esprit-Saint.
(2) Comprend les droits de Dieu qui s’imposent à tous les chrétiens croyants, et ses lois.
(3) Connaissance des limites des unions interdites : on n’en approche pas, et on n’y contracte pas mariage.
(4) Sur les unions interdites — que nul chrétien ne peut contracter — sinon il est anathématisé et excommunié.
(5) Il ne convient pas qu’on prenne pour soi un esclave — c’est-à-dire une servante — sinon affranchie, avec dot et bride-price.
(6) Il ne convient pas qu’un homme épouse deux femmes et les réunisse, ni trois, ni quatre.
(7) Sur le rappel de la Loi de la droiture pour tous les croyants, hommes et femmes, et ce qui leur incombe.
(8) Sur les prières des noces, et comment il convient d’user des contrats de mariage et autres.
(9) Sur les limites du mariage des veuves.
(10) Sur les limites de la purification du sang menstruel et du sang de l’accouchement.
(11) Sur les limites de l’abstinence concernant le sang de l’accouchement, dans la propreté, et ce qu’il faut observer.
(12) Sur les limites de la conservation des enfants — fils et filles — avant leur entrée à l’Église, et aussi dans le baptême.
(13) Sur les limites des moines et des moniales.
(14) Sur les limites du sacerdoce, ce que les prêtres doivent observer, ce qui leur incombe, et ce qui leur est dû.
(15) Sur le droit de Dieu sur le mort. Et que celui qui a quelque crainte en doit prélever une part.
(16) Sur les limites concernant les aînés des enfants mâles — c’est-à-dire les garçons.
(17) Sur les limites des prières, leur connaissance, ce qui incombe à leur sujet aux fidèles, et un chapitre sur les vertus des prières.
(18) Sur les limites du jeûne et ses vertus.
(19) Sur les limites des interdits durant les jeûnes — comme les noces et autres.
(20) Sur l’ordonnance des règles des louanges et leurs limites.
(21) Sur les limites du divorce, et la séparation des époux. Et que les fidèles ne se marient pas à ceux qui leur sont dissidents dans la foi.
(22) Sur les limites du divorce et ses motifs.
(23) Sur la connaissance de la Foi, son maintien, et l’intelligence de la religion.
(24) Sur les limites de la félicité et des querelles, des uns à l’égard des autres.
(25) Sur les limites des règles qui se rapportent aux sanctuaires et aux villes.
(26) Sur les limites des interdits et leur ordonnance ; ce qu’il incombe aux évêques d’enseigner ; — et l’instruction concernant la foi et la religion à celui qui ne la comprend pas.
À la suite de ces 26 canons viennent encore des paroles relatives aux canons des trois cent dix-huit docteurs et des Pères — c’est-à-dire les préceptes et les exhortations. Ce sont des sentences qui se succèdent, sans détail, et dont une commence par l’adresse : « Ô fils de l’Église de Dieu. » Il est dit aussi qu’il s’agit là du vingt-septième canon, qui compte dix-huit sections.
Troisième Partie des canons des rois croyants
« De Lawi, Constantin et Justinien — traduit du grec en arabe. »
En marge du texte. Cette troisième partie n’a pas, dans le manuscrit, de numérotation continue à partir de son début, contrairement aux autres : c’est seulement à partir du quatrième chapitre qu’elle est numérotée, tel que cela est écrit en elle. — Les divisions de ses chapitres et de ceux des règles anciennes qui s’y rattachent sont indiquées au fil du texte, après le reste des parties.
(1) Ce qui est écrit dans le contrat de mariage.
(2) Ce qui est dû à une servante mariée avant sa puberté, et qui — devenue majeure — récuse le mariage.
(3) Sur un homme qui fornique avec une femme, puis veut l’épouser.
(4) Le jugement quand un homme épouse une femme et trouve la nature de son sexe inconvenante.
(5) Le jugement quand un homme révise [sa décision] et trouve [sa femme] sujette à crises ou à épilepsie par démence.
(6) Ce qui empêche le mariage à cause du baptême.
(7) Ce qui est interdit, en matière de parenté, pour le mariage.
(8) Sur l’héritage.
(9) Le chapitre sur la dissolution du mariage.
(10) Le propos sur la dot consignée par écrit qui n’est pas versée à la femme ; et le propos sur le bride-price obligatoire.
Le Quatrième Chapitre
En marge du texte. J’ai trouvé cette section ainsi écrite dans la copie que j’ai transcrite ; les chapitres qui suivent n’ont pas de numéros qui les précèdent.
(11) Sur ce qui est donné en meubles, et ce qui est utilisé à la maison en ustensiles. Et n’est valide que [pour qui] comprend la foi et la religion.
Ce qui est établi des règles anciennes
Une longue table commentée des règles de jugement issues de l’Ancien Testament, suivie de chapitres tirés du livre de la Répétition (Deutéronome). Voici l’ensemble de leurs intitulés, dans l’ordre du texte arabe :
(1) Un canon sur les esclaves.
(2) Sur les fils et les filles.
(3) Sur le meurtre.
(4) Quatrième cas sur le meurtre. — Quatrième sur les coups.
(5) Sur deux hommes qui se battent, l’un frappant son adversaire.
(6) Sur le vol.
(7) Sur celui qui frappa son esclave qui mourut sous les coups.
(8) Sur deux hommes qui se battent et heurtent une femme enceinte : si elle perd son enfant mort, ou vivant.
(9) Sur un taureau qui encorne un homme ou une femme, et la mort s’ensuit.
(10) Sur celui qui creusa un puits ou une fosse et ne la couvrit point, dans laquelle tombèrent deux taureaux.
(11) Si deux taureaux s’encornent et que l’un tue l’autre.
(12) Sur celui qui vola un taureau ou une brebis, et en disposa par vente ou autrement.
(13) Sur celui qui mit le feu à un terrain de ronces, et le feu gagna un champ ou une treille ou une vigne.
(14) Sur le dépôt.
(15) Sur celui qui trompa une servante vierge ou la déshonora.
(16) Sur les défauts d’une servante vierge — ou de ce qui la déshonore.
(17) Sur le talion du sorcier et de celui qui sacrifie aux idoles.
(18) Sur le prêt — qu’il soit sans intérêt — et également sur la purification de la femme après le sang de l’accouchement.
(19) Sur le vêtement du pauvre — c’est-à-dire l’imposition de la main.
(20) Comprend le voisinage des chefs de la tribu de Manassé auprès de Moïse, à cause de l’héritage du Liban. Ils craignent que les filles, si elles se marient à un étranger, ne transmettent l’héritage [hors de la tribu]. Moïse ordonna alors, et règle fut faite, qu’un homme n’épouse une femme sinon de sa tribu, afin que l’héritage ne passe d’une tribu à une autre. — Achevé.
(21) Comprend la reprise, par Moïse, de tout ce qui précède, en abrégé, à titre de rappel adressé au peuple. C’est pourquoi ce livre est appelé
(22) Comprend ses interdits qui leur sont faits du culte des idoles et des astres, et leur prescrit d’en mettre à part [certains] : des villes d’asile, situées au-delà du Jourdain.
(23) Comprend son encouragement à la guerre.
(24) Leur interdit, lorsqu’ils vainquent leurs ennemis, d’attribuer leur victoire à leur propre force, mais à la grâce de Dieu sur eux.
(25) Comprend sa parole, à savoir que Dieu est un feu sur son règne qui détruit ; — et que ce n’est pas à cause de leur justice qu’il a livré les peuples entre leurs mains, mais à cause de la débauche des nations. Et il rappelle leurs péchés et l’adoration du veau.
(26) Leur dit en lui : « Circoncisez la dureté de vos cœurs, et ne soyez plus à la nuque raide. »
(27) Loue en lui la terre promise et la décrit comme grasse.
En marge du texte. Le mot que la transmission donne ici comme « les rises » se dit aussi « de la fertilité » — le sens en serait : la fertilité de la terre.
(28) Comprend la promesse en cas d’obéissance, et la menace en cas de désobéissance ; et ordonne que celui qui les appelle [à l’apostasie] soit mis à mort sur le mont Garizim, et la malédiction sur le mont Ébal.
(29) Leur ordonne de détruire les idoles, d’en effacer les traces, et leur interdit le sacrifice en tout lieu : qu’il soit seulement au lieu que Dieu choisit.
(30) Sur le décès de l’homme, l’héritage et ce qui suit.
À la suite de ces sections, le texte du livre signale d’autres chapitres relatifs aux canons, aux paroles et aux ordres de Dieu, dans leurs grandes lignes : il y est question des péchés et des crimes, des dues à acquitter, de la caution, des meurtriers, des rangs des crimes — c’est-à-dire des soldats et des armées —, et d’autres encore.
En marge du texte. J’ai trouvé dans la copie d’où j’ai transcrit cet index, dans la copie qu’a transcrite le patriarche Anbâ Marqos ibn Zorʿa, écrit de sa main : « À partir d’ici se déroule ce qui est désigné dans le Second Livre — les cent trente chapitres — au nombre de quatre-vingt-six sections. »
(88) Sur la pollution nocturne et l’impureté majeure (al-janâba).
(89) Sur l’héritage des filles à l’égard du père et de la mère, en présence de frères.
(89) Sur l’héritage des oncles paternels, en présence de la mère du défunt.
(89-90) Sur l’héritage de l’épouse à l’égard de son mari quand il meurt sans qu’il y ait eu d’enfant d’elle.
(90-91) Les soldats ne peuvent être exécuteurs testamentaires ni tuteurs d’orphelins.
(91-92) Le père n’a pas d’autorité sur l’enfant qu’il a affranchi parmi ses enfants et ses petits-enfants.
(92-93) Si un homme veut affranchir son enfant de son obéissance, cela lui est permis, et il est permis aussi à son grand-père paternel.
En marge du texte. Je pense que l’» affranchissement » mentionné ici renvoie à l’émancipation [du mineur].
(93-94) Est-il dans la règle qu’un homme méprise le fils de son fils, et qu’il ne ferme pas la porte à ses filles ?
(94-95) Sur celui qui veut écrire un testament et n’y nommer aucun témoin.
(95-96) Sur celui qui veut consacrer ses biens à des gens étrangers, et le règlement à l’égard des héritiers.
(96-97) Sur la transaction, l’association, et l’engagement par écrit : qu’ils ne se rompent pas ; et si une partie se rétracte, elle est tenue à un dédommagement.
(97-98) Sur celui qui a donné des arrhes pour une vente, puis a changé d’avis — ou que le vendeur a changé d’avis.
(98-99) Sur celui qui veut rester [au service] d’un homme étranger, ou changer son maître.
(99-100) Sur celui qui légua à un homme étranger à sa tribu : il lui donna des biens et constitua sur lui une fondation.
(100-101) Sur l’exécuteur des orphelins : s’il a accepté la charge, il ne peut s’en désengager.
(101-102) Sur celui qui veut désavouer son enfant.
(102-103) Le père n’est pas obligé de payer la dette de son fils, ni la dette de celui dont il n’est pas garant.
(103-104) Il est permis à l’exécuteur des orphelins de charger un autre, sur ordre du juge, du recouvrement d’une créance.
(104-105) Il n’est pas permis à un homme de tuer un meurtrier sans le présenter au souverain.
(105-106) Ni au fils du tué, ni à son proche, de tuer le meurtrier : il faut le présenter au souverain.
(106-107) Sur le châtiment de qui a opprimé son prochain : qu’il lui rende l’équivalent de ce qu’il lui a usurpé.
(107-108) Sur celui qui dénonce son prochain comme meurtrier sans en apporter la preuve : qu’il soit châtié ; s’il en apporte la preuve, qu’il soit puni [le coupable].
(108-109) Sur celui qui achète un village ou un esclave au nom d’un autre : et qu’il n’est pas permis.
(109-110) Sur celui qui vend quelque chose et exige un prix excessif, jusqu’à ce qu’il en perçoive la valeur.
(110-111) Sur celui qui maudit son fils ou le fils de son fils.
(111-112) Sur celui qui veut écrire un bien de sa propriété à un autre — village, esclave, ou ce qu’il voudra.
(112-113) Sur la permission de partager les biens des frères co-héritiers sans acte écrit.
(113-114) Si quelqu’un veut intenter procès à un autre, qu’il fournisse un garant solvable, faute de quoi sa demande n’est pas reçue.
(114-115) Il est permis à l’homme d’écarter de son héritage le fils dont il en a fini avec lui — s’il le veut.
(115-116) Ce qui incombe à celui qui porte plainte devant le souverain, dans la confrontation avec sa partie, ou sa pénalité, et le jugement le concernant si l’on porte plainte aussi contre lui.
(116-117) Sur celui qui s’est reconnu esclave étant libre, et que son acquéreur a partagé son prix.
(117-118) Sur celui qui n’est pas du nombre des voleurs de nuit, et ce qui leur incombe — eux, et les fainéants, et les rôdeurs, et les fraudeurs, et autres.
(118-119) Ce qui est dû à celui qui rassemble les hommes.
(119) Ce qu’une assistance d’évêque tire des criminels et des blessures, à hauteur de ce que mérite chacun pour ce dont il est l’auteur.
(120) Ce qui ne figurait pas dans l’exemplaire collationné : sur la sanction des criminels et des blessures, selon le degré de chaque faute, et ses quatre suppléments.
(121) Sur celui qui se distingue par mérite chez un homme — qu’il en a obtenu d’une femme — et qui en a usé brutalement.
Canons et règles d’Anbâ Athanase, patriarche de Constantinople, pour le roi Nestian[120]
Établis par Anbâ Athanase, patriarche de Constantinople[121], pour le roi Nestian — au nombre de trente sections :
(1) Sur ce qui est requis pour celui qu’on fait évêque.
(2) Sur celui qui prend une rétribution pour conférer le sacerdoce.
(3) Sur celui qui est devenu évêque, puis qu’on s’efforce de [destituer].
(4) Qu’il n’est pas permis à l’évêque de s’absenter de son siège, sinon pour nécessité, et à condition que l’absence ne dépasse pas une année.
(5) Qu’il ne lui est pas permis de quitter son siège pour aller en une autre ville.
(6) Qu’il convient à l’évêque d’être savant et éprouvé, et que sa main ne soit en rien dans les affaires du pouvoir.
(7) Sur tout prêtre qui s’est pris une concubine : qu’il soit déposé.
(8) Sur le fait qu’il est permis au lecteur de se remarier, mais qu’il ne s’élèvera pas à un autre rang.
(9) Tout patriarche, évêque, ou autre clerc qui aurait corrompu une femme : il est déposé sans appel.
(10) Il n’est pas permis à l’évêque d’assister [à des assemblées proscrites].
(11) [Ce qui regarde les « malakâ’ib »]. Tout homme qu’on a châtré contre son gré, s’il est digne de l’épiscopat, qu’il soit fait évêque.
(12) Il n’est pas permis à un évêque de tenir près de lui un calomniateur ni un mouchard.
(13) Tout évêque qui a pris l’épiscopat par le pouvoir séculier : qu’il soit déposé.
(14) Tout évêque qui a fait une ordonnance par le pouvoir, pour des mariages illicites [doit être sanctionné].
(15) Tout prêtre ou clerc qui meurt loin du lien — [son successeur].
(16) Il n’est pas permis au mariage de tromper la prêtrise — s’il est circoncis [a contracté après] son ordination, qu’il soit coupé.
(17) Tout clerc circoncis après son ordination : qu’il soit coupé.
(18) Sur celui qui a corrompu une vierge non fiancée.
(19) Sur le laïc s’il est circoncis après son baptême.
(20) Sur le prêtre qui se marie après son ordination.
(21) Sur le prêtre qui confesse une faute qu’il a commise auparavant — devant un homme.
(22) Sur les défauts corporels qui empêchent l’épiscopat, et ceux qui ne l’empêchent pas.
(23) Sur celui qu’on a présenté pour être fait diacre, et qui s’en est excusé.
(24) Si, au moment de son ordination, il a dit qu’il était marié, cela lui est permis après son ordination ; mais s’il s’est tu, il ne lui est plus permis, et il ne sera pas étalé.
(25) Sur toute vierge qui s’est imposée à elle-même une pénitence et la vie monastique, puis s’est mariée.
(26) Sur celui qui pratique [— l’adversaire au bon ordre].
(27) Sur celui qui a aidé [un évêque] à corrompre l’ordre de l’Église.
(28) Sur toute vierge qui a fait sur elle-même profession monastique, puis s’est mariée.
(29) [Elle ne peut être reçue] sinon par baptême et seconde naissance, après une telle fornication.
(30) Sur l’homme qui a une épouse : s’il [pèche] avec une femme mariée et qu’elle commette l’inconduite.
Ordres des Pères, des Imams, des Chefs
Un recueil disciplinaire de seize canons sur la prière, la communion, le jeûne, les empêchements et la conduite des clercs :
(1) Que la qibla des chrétiens — la direction vers laquelle ils prient — soit l’Orient.
(2) Sur le rassemblement du dimanche, de l’aurore jusqu’à la fin de trois heures, et la réception de l’oblation.
(3) Sur le jeûne du mercredi et la prière en ce jour ; et de même le vendredi.
(4) Interdiction d’établir comme chef-prêtre quelqu’un qui ne connaît pas l’Église chrétienne.
(5) Sur celui qui ne fait pas les Quarante [jours du jeûne pascal].
(6) Sur celui qui jeûne avec les dissidents, ou fête avec eux.
(7) Qu’on ne fasse pas évêque un aveugle ni un muet ; et que celui à qui survient l’un de ces deux états soit remplacé.
(8) Interdiction du mariage entre ceux qui sont [ainsi liés] par le baptême — c’est-à-dire les compères et marraines.
(9) Sur le mariage entre les enfants des compères.
(10) Interdiction faite aux prêtres d’entrer dans le cautionnement ou la garantie.
(11) Sur les affaires dont le patriarche doit s’occuper en personne.
(12) Sur celui qui se livre au désespoir à cause d’un mort, en sorte qu’il n’a plus ni raison ni foi — particulièrement les femmes.
(13) Interdiction faite aux chrétiens d’enseigner à leurs filles le chant et les divertissements.
(14) Interdiction d’utiliser à quelque autre usage que ce soit l’huile préparée pour le baptême ; et défense d’employer les vases de l’oblation et de la liturgie [à d’autres usages].
(15) Interdiction de sortir l’oblation du sanctuaire — sauf pour le malade ou celui qui, par nécessité, ne peut se présenter à l’Église.
(16) Sur le prêtre qui s’adonne au jeu d’échecs et à la boisson : qu’on l’en avertisse ; s’il ne s’en abstient pas, qu’il soit destitué de son rang.
Canons du Concile de Sardique[122]
« Le troisième concile, à Sardique — l’un des conciles secondaires »
Ce concile fut convoqué à cause des Ariens[123], qui s’étaient soulevés contre Anbâ Athanase, patriarche d’Alexandrie ; Mélèce (ΜΕΛΕΤΙΟC), patriarche d’Antioche ; Paul, patriarche de Constantinople ; et d’autres. Ce saint concile les rétablit sur leurs sièges.
Le nombre des évêques qui s’y rassemblèrent fut de cent quarante, venus de régions diverses — à savoir de Rome, d’Espagne, d’Italie, de Gaule, de Tibériade, d’Afrique et de toutes les terres byzantines, de Palestine, et de toutes les régions lointaines. Ils établirent vingt-et-un canons. Ces canons n’avaient pas, dans les livres, d’index consigné — et voici leur détail.
En marge du texte. L’île de Chypre relevait autrefois du siège d’Alexandrie.
(1) Arsanios, évêque de Khrodris, dit : « Il n’est pas permis à un évêque de se transférer d’une petite ville à une grande ville, à cause du pouvoir et de l’amour de la primauté. »
(2) Eusane, l’évêque, dit : « On ne peut accomplir cela par ruse, ni par corruption, ni par faveur. »
(3) Belatâf — ou Eusèbe — l’évêque, dit : « Si entre deux évêques s’est produit quelque différend, il n’est permis à aucun des deux d’appeler à l’examiner des évêques venus d’une autre province. »
(4) Gorinatos, l’évêque, prit la parole sur le cas de l’évêque de Chypre, qui est errant. — [Le canon décide] : qu’en effet, si un jugement injuste est rendu contre lui par les évêques [qui l’avaient jugé], les évêques qui l’ont jugé doivent écrire au patriarche pour qu’il examine sa cause ; et aucun autre [évêque] ne doit occuper sa place en son absence.
(5) Eusèbe, l’évêque, dit : « Si un évêque a commis une faute, et que les évêques de sa province ont jugé contre lui — sauf que parfois, par tendance à l’iniquité contre l’un d’entre eux, ils n’ont pas mis en avant un examen droit. » — Comme — un évêque s’il prend tort de qui est de sa province, ne lui laisse de partir à sa cause.
(6) Sur ce que disent les sept [évêques] qu’il a, et les sept de ceux qui viennent après lui.
(7) Sur celui qui a aidé un évêque à corrompre l’ordre de l’Église.
(8) Sur celui qui prend le fruit de l’Église sans l’avis de l’évêque — c’est-à-dire les vœux et les dîmes.
(9) Sur celui qui prend et donne du fruit de l’Église — sans l’avis de l’évêque — des dîmes destinées aux pauvres.
(10) Sur celui qui — célibataire — s’est élevé orgueilleusement au-dessus du marié.
(11) Sur celui qui se prend pour libre à l’égard de l’invitation fraternelle à l’amour et à la confiance ; et sur celui qui se moque des invitations adressées aux pauvres.
(12) Sur un homme qui porte des vêtements d’ascétique et qui méprise autrui ; et sur celui qui se fait gloire de porter la laine sur ceux qui ne s’abstiennent pas.
(13) Sur la femme qui change son habit pour l’ascèse, et sur celle qui porte des habits d’homme et leur apparence.
(14) Sur la femme qui se sépare de son mari sous prétexte d’ascèse, et tient leur union pour impure.
(15) Sur celui qui fuit le mariage pour échapper au péché.
(16) Sur celui qui refuse d’entretenir ses enfants ; et sur celui qui a perdu son enfant à cause de la religion.
(17) Sur les enfants négligents envers leurs parents à cause du christianisme.
(18) Sur la femme qui coupe sa chevelure pour l’ascèse.
(19) Sur celui qui ne jeûne pas le dimanche et qui n’a pas distingué entre le samedi et lui.
(20) Sur celui qui s’enorgueillit et rompt le jeûne sans nécessité ; et sur celui qui n’observe pas les jeûnes de l’Église.
(21) Sur celui que sa morgue conduit à mépriser ceux qui se présentent aux fêtes des martyrs.
Canons du cinquième concile — deuxième des grands conciles[124]
Il est l’œcuménique réuni des cent cinquante Pères qui se rassemblèrent à la ville de Constantinople à cause de Macédonius[125], ennemi du Saint-Esprit, lequel avait été patriarche de cette ville — c’est-à-dire de Constantinople ; et à cause d’Apollinaire (ΑΠΟΛΙΝΑΡΙΟC)[126] qui croyait que le Seigneur Christ n’avait pas pris d’intellect humain.
En marge du texte. Apollinaire enseignait, dans le détail, que le corps du Christ était animal, privé de l’âme rationnelle pensante, et que la divinité tenait en lui la place de l’intellect.[127]
Et à cause de Sabellius[128] (CABAΛIOC), qui disait : « Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont une seule personne, un seul hypostase » ; — et d’autres dissidents en dehors de ceux-là.
Les Pères qui présidèrent au concile
Le présidant en ce concile fut le Père Timothée, patriarche de la ville d’Alexandrie ;
• Mélèce (MEΛITIOC), patriarche d’Antioche ;
• Cyrille, évêque de Jérusalem ;
• Nectarios (NEKΘAPIOC), patriarche de Constantinople ;
• Damase (ΔAMACOC), patriarche de Rome — qui envoya ses deux délégués pour le suppléer, n’ayant pu accomplir le voyage ;
• et Grégoire le Théologien.
Ils établirent sept canons et vingt-et-un anathèmes, en la première année du règne de Théodose le Grand — et jusqu’à Arcadius et Honorius.
La controverse avec Macédonius
Or ce Macédonius avait poussé sa croyance à l’extrême, comme Arius l’avait fait : il blasphémait contre l’Esprit-Saint, comme Arius avait blasphémé contre le Fils. Il disait : « L’Esprit-Saint n’appartient pas à Dieu ; c’est une créature, une chose faite. »
Quand ce concile fut rassemblé, ils lui dirent : « Homme ! Voici que l’Esprit-Saint, pour nous, n’est rien d’autre que l’Esprit de Dieu ; et l’Esprit de Dieu n’est rien d’autre que sa vie. Si nous disons que l’Esprit-Saint est créé, nous disons que l’Esprit de Dieu est créé. Si nous disons que l’Esprit de Dieu est créé, nous disons que sa vie est créée. Si nous disons que sa vie est créée, nous disons qu’il n’est pas vivant — et nous tombons dans le pire des blasphèmes ! Renonce donc à cette opinion ; sinon nous t’anathématisons, te coupons. »
Mais il refusa d’y renoncer. Ils l’anathématisèrent, le déposèrent, le retranchèrent du patriarcat ; et ils mirent à sa place Boktorios.
Le complément du Symbole de la foi
Puis ils établirent la fin du Symbole de la foi qu’on récite aujourd’hui dans toute la chrétienté — en ajoutant au premier [Symbole] son complément.
En effet, les trois cent dix-huit Pères [de Nicée] n’avaient prononcé, dans le Symbole, que depuis son début — « Nous croyons en un seul Dieu… » — jusqu’à : « … le Seigneur conjointement au Père non créé… » ; ce furent les dernières paroles qu’ils dirent.
Et les présents Pères ajoutèrent :
« le Seigneur, le Vivificateur, qui procède du Père ; nous l’adorons et le glorifions avec le Père et le Fils ; qui a parlé par les prophètes. — Et en une Église, sainte, catholique et apostolique. Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie éternelle à venir. Amen. »
(C’est-à-dire jusqu’à sa fin.) Et ces Pères établirent que l’Esprit-Saint est vrai Dieu, de la nature du Père et du Fils.
L’Église reçut ces deux conciles — ceux qui établirent le Symbole — et proclama la glorification de la Trinité, d’une seule nature, d’une seule essence, d’une seule seigneurie, d’une seule puissance : Trinité dans l’unité, unité dans la Trinité.
Les autres condamnations
Ils anathématisèrent encore, en ce concile, d’autres groupes — parmi lesquels :
• Sabellius, titulaire du siège [auparavant mentionné], qui disait : « Une seule personne pour le Père, le Fils et l’Esprit-Saint » ;
• Apollinaire et tous ceux qui parlent comme lui ;
• et d’autres gens qui avaient tenu des propos hideux. Ils disaient : « Le Seigneur a pris l’humanité sans intellect » et « la divinité a tenu en lui la place de l’intellect » — comme il a été dit dans la note.
Il n’y avait pas, entre les présents Pères et leurs prédécesseurs, d’autre différend que celui-ci. Car les Ariens, eux, avaient dit que le corps du Seigneur ne respirait pas, et que la divinité tenait en lui la place de l’âme ; quant aux partisans d’Apollinaire, ils prétendaient qu’il avait pris une âme, mais sans intellect. L’Église rejeta la hideur de leurs propos et crut que l’un de la Trinité, qui est le Verbe de Dieu, a pris un corps doué d’une âme rationnelle et intelligente — et le confirma.
L’ordre des sièges patriarcaux
L’honneur et la primauté furent reconnus, en ce concile, aux titulaires des sièges d’Alexandrie, de Constantinople, de Rome et d’Antioche ; et l’on érigea Jérusalem en cinquième siège, à raison de son lieu.
Les sept canons
(1) Sur les limites que le concile établit entre les anathèmes des hérétiques ; — sur la 18ᵉ et la 12ᵉ règle.
(2) Sur la bonne administration de l’Église et le rang de primauté que méritent les titulaires d’Égypte, d’Antioche, et d’autres.
(3) Sur l’ordonnance qu’établit Maximin le Cynique de Constantinople d’une manière injuste.
(4) Qu’on n’accepte pas le témoignage d’un inconnu contre un évêque.
(5) Sur l’honneur dû également à l’évêque de Constantinople.
(6) Que nous recevons l’ordonnance qui nous est venue de nos Pères et de nos frères d’Antioche, et ce qu’ils croient touchant le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.
(7) Sur ceux qui viennent à l’Orthodoxie en quittant les autres hérésies, qu’il convient de les recevoir selon la coutume antérieurement établie — à savoir les Ariens, les Macédoniens, les Sabbatiens, ceux qui gardent les usages juifs, les Apollinariens qui prétendent que leurs âmes sont pures, les Khâliyîn, les Quartodécimans qui célèbrent la Pâque le 14 du mois lunaire[129], et les Eunomiens et ceux qui marchent dans leurs voies, s’ils renoncent à la faction qu’ils ont quittée, et anathématisent et maudissent toutes les hérésies.
En marge du texte. Selon Ibn al-Ṭayyib, dans son livre de jurisprudence chrétienne, ces sept canons sont au nombre de quatre.
Les vingt-trois anathèmes[130]
« Canons du concile rassemblé à Constantinople — le deuxième du Livre. »
Le nombre de ses évêques fut de cent cinquante, rassemblés pour anathématiser Macédonius, le mécréant à l’égard de l’Esprit-Saint, qui disait qu’il est créé. Ce concile suit celui de Nicée — c’est par ordre et succession, en l’année 117 des martyrs, le huitième [dans la suite générale]. Il fait immédiatement suite au concile précédent qui contenait les sept canons. C’est sous le règne de Théodose le Grand — le craignant-Dieu — qu’il se tint. Ils anathématisèrent le roi opposant à la foi, et établirent vingt-trois anathèmes :
En marge du texte. Le premier concile, qui contenait sept canons, et celui-ci sont un seul et même concile, tenu en un même temps — comme cela a été établi précédemment.
(1) Anathème à qui ne croit pas que l’Esprit-Saint est égal au Père et au Fils dans leur essence.
(2) Anathème à Sabellius, qui dit que le Père, le Fils et l’Esprit-Saint sont une seule hypostase.
(3) Anathème à Arius et à Anesios qui dirent que le Fils et l’Esprit-Saint sont créés.
(4) Anathème aux Macédoniens.
(5) Anathème à qui parle comme Photin qui limita [le Verbe] en disant : « Le commencement du Christ est de Marie. »
(6) Anathème à qui dit que le Verbe éternel tenait, dans le corps, la place de l’âme rationnelle intelligente.
(7) Anathème à ceux qui disent que Dieu le Verbe s’est séparé du Père et s’est branché de lui ; qu’il est sans hypostase ; et que la mort lui a été exposée.
(8) Anathème à qui dit que le Fils n’est pas vrai Dieu, ou qu’il n’est pas égal à son Père.
(9) Anathème à qui dit que le Fils n’est pas vrai Dieu, ou qu’il n’est pas égal en essence à son Père.
(10) Anathème à qui dit que le Fils de Dieu, lorsqu’il était sur la terre incarné, n’était pas avec son Père au ciel.
(11) Anathème à qui dit que ce n’est pas dans cette humanité qu’il s’est assis à la droite de son Père dans les hauteurs, et que ce n’est pas avec elle qu’il viendra.
(12) Anathème à qui dit que Dieu le Verbe, le Fils de Dieu, a souffert dans la crucifixion.
(13) Anathème à qui dit que l’Esprit-Saint n’est pas de la substance du Père, et qu’il n’est pas Dieu de Dieu.
(14) Anathème à qui dit que l’Esprit-Saint ne peut toutes choses, et qu’il n’est pas, comme le Père et le Fils, en tout lieu.
(15) Anathème à qui dit que l’Esprit-Saint est créé — créé par le Père et le Fils.
(16) Anathème à qui dit que toutes les créatures n’ont pas été créées par le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.
(17) Anathème à qui dit que la divinité du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint ne sont pas une.
(18) Anathème à qui dit que les trois hypostases ne sont pas égales en toute chose.
(19) Anathème à qui dit que l’Esprit-Saint n’est pas adoré ni vénéré.
(20) Anathème à qui croit au Père et au Fils, et doute de l’Esprit-Saint.
(21) Anathème à qui divise la divinité et croit qu’elle est trois dieux, et qu’ils ne sont pas un seul Dieu.
(22) Anathème à qui divise la divinité et croit qu’elle est trois dieux.
(23) Sur celui qui dit que le Père seul est celui en qui il faut croire — alors que la vraie foi est dans le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.
Le sixième concile — concile de Gangres[131]
« Troisième des conciles secondaires, à la ville de Gangres (ΓΑΓΓΡΑC) »
Le nombre des évêques qui s’y rassemblèrent fut de quinze, et ils établirent vingt canons à cause d’Eustathe[132], qui interdisait la viande et le mariage et entraînait derrière lui les habitants d’Arménie à cette doctrine.
Les noms des évêques rassemblés
Voici la liste des évêques transmise par le texte arabe en lettres coptes-grecques :
Eusèbe (ETECBIOC) ; Élien (EΛIANOC) ; Olomakès (OΛOMAKHC) ; Eugénios (EYΓENEIOC) ; Pathinos (ΠΑΘINOC) ; Grégoire (ΓPIΓOPIOC) ; Philatos (ΦIΛATOC) ; Eugénios (EYΓENOC) ; Phakon (ΦAKΩN) ; Kasos (KACOC) ; Ouphatès (OYΦATHC) ; Eugénios (EYΓENEIOC) ; Krômaches (KPOMACHC) ; Basile (BACIΛEIOC) ; Oukalatès (OYKAΛATHC).
La salutation initiale de leur lettre
« À nos seigneurs honorés, et à nos frères dans le service du Christ, qui sont en Arménie : nous qui nous sommes rassemblés au saint concile qui s’est tenu à Gangres — voici la table de leurs canons selon ce qui en est mentionné. »
(1) Sur celui qui qualifie le mariage d’impur.
(2) Sur celui qui condamne quiconque mange de la viande.
(3) Sur celui qui enseigne aux esclaves à mépriser leurs maîtres.
(4) Sur celui qui blâme le prêtre vivant avec sa femme.
(5) Sur celui qui évite la maison de Dieu ou tient pour rien le rassemblement de l’Église.
(6) Sur celui qui enseigne hors de l’Église.
(7) Sur celui qui prend le fruit de l’Église sans l’avis de l’évêque — il s’agit des vœux et des dîmes.
(8) Sur celui qui prend et donne du fruit de l’Église — sans l’avis de l’évêque — des dîmes destinées aux pauvres.
(9) Sur le célibataire qui s’est élevé orgueilleusement au-dessus du marié.
(10) Sur celui qui se détache de l’invitation fraternelle à l’amour et à la confiance ; et sur celui qui se moque des invitations adressées aux pauvres.
(11) Sur un homme qui porte des vêtements d’ascétique et qui méprise autrui ; et sur celui qui se fait gloire de porter la laine sur ceux qui ne s’abstiennent pas.
(12) Sur la femme qui change son habit pour l’ascèse ; et sur celle qui porte des habits d’homme et leur apparence.
(13) Sur la femme qui se sépare de son mari sous prétexte d’ascèse, et qui tient leur union pour impure.
(14) Sur celui qui fuit le mariage pour échapper au péché.
(15) Sur celui qui refuse d’entretenir ses enfants ; et sur celui qui a perdu son enfant à cause de la religion.
(16) Sur les enfants négligents envers leurs parents à cause du christianisme.
(17) Sur la femme qui coupe sa chevelure pour l’ascèse.
(18) Sur celui qui ne jeûne pas le dimanche et qui n’a pas distingué entre le samedi et lui.
(19) Sur celui qui s’enorgueillit et rompt le jeûne sans nécessité, et sur celui qui n’observe pas les jeûnes de l’Église.
(20) Sur celui que sa morgue conduit à mépriser ceux qui se présentent aux fêtes des martyrs.
Le septième concile — concile d’Antioche[133]
« Quatrième des conciles secondaires »
On trouve dans certaines copies que le nombre des évêques qui s’y rassemblèrent fut de treize, et que leur réunion eut lieu à cause de Paul al-Mâṣî — c’est-à-dire Paul de Samosate, qui disait que le Christ est un homme simple — et ce, avant le concile de Nicée. Le nombre de ses canons serait de trente-cinq.
Mais ce qui a été établi avec certitude, c’est que ce concile a été convoqué par Mélèce[134], qui a excommunié Kalous et Foitos — et Apollinaire ; et que ce concile n’est pas à cause de Paul de Samosate, car le concile qui s’est tenu contre Paul était antérieur au concile de Nicée et n’avait pas laissé de canons écrits ; il s’est aussi tenu à Antioche, parce que Paul en était le patriarche.
En marge du texte. Dit le Père, le Prêtre, le Shams (l’auteur lui-même) : « J’ai collationné ces canons avec ce qui se trouve dans le livre d’Ibn al-Ṭayyib attribué au concile d’Antioche, et je les ai trouvés au nombre de vingt-cinq, conformes à ce nombre — à l’exception de quelques-uns conformes à un autre arrangement. »
(1) Sur celui qui transgresse une des limites posées par le concile des trois cent dix-huit.
(2) Sur celui qui entre à l’église, écoute les Écritures, et ne reçoit pas les saints mystères.
(3) Sur l’évêque, le prêtre ou le diacre qui abandonne son siège pour aller à un autre.
(4) Sur celui qui est retranché et qui pourtant continue d’accomplir quelque chose de son rang.
(5) Sur le prêtre ou le diacre qui méprise son évêque, se sépare de l’Église, et célèbre la prière en compagnie de partisans, loin de son évêque.
(6) Sur le prêtre retranché par son évêque : aucun autre évêque ne doit le recevoir sans lettre.
(7) On ne reçoit pas un étranger sans une lettre de son évêque. — Sur la lettre de communion des étrangers.
(8) Il incombe aux évêques de chaque région de connaître qui est leur métropolite.
En marge du texte. Ibn al-Ṭayyib indique : il leur incombait non seulement de connaître leur métropolite, mais de réserver les lettres [de communion] aux étrangers et non à d’autres.
(9) Sur les délégués des évêques — sur les métropolites des grandes villes.
En marge du texte. Selon Ibn al-Ṭayyib : les évêques qui se trouvent dans chaque province doivent agir avec l’accord de leur métropolite.
(10) Nul n’a le droit d’aller [se plaindre] auprès du roi sans l’avis de son évêque. — Sur l’interdiction faite aux évêques d’aller eux-mêmes au roi, sans nécessité urgente.
(11) Sur un évêque ou un prêtre qui se trouve excommunié et qui pèse à l’audience du roi — et de même sur les prêtres et les diacres.
(12) Sur les évêques et les prêtres qui veulent se présenter eux-mêmes au roi.
(13) Sur l’évêque qui sort de son siège pour ordonner des hommes dans des églises [non siennes].
(14) Sur les retranchés — d’entre les évêques et les autres clercs — qui viennent au roi.
(15) Sur l’évêque jugé selon ce qu’il mérite. — Sur celui qui était de l’Égypte des grandes villes et a passé ailleurs.
(16) Sur l’évêque contre qui l’on porte plainte ; et sur l’accord donné à celui qui juge un évêque parmi les évêques de sa ville.
(17) Sur l’évêque qui n’a pas de siège, qui a transgressé et a usurpé un siège.
(18) Sur les évêques qui n’ont pas de siège.
(19) Sur l’évêque ordonné qui refuse d’aller au siège pour lequel il fut ordonné.
(20) L’ordination d’un évêque ne se fait qu’en présence de tous les évêques [de la province], avec leur approbation. — Sur le devoir des évêques de connaître les gens et les œuvres [de leur région].
(21) Il convient que [les évêques] se rassemblent chaque année. — Sur le devoir des évêques d’observer leur troupeau.
(22) Il n’est pas permis à un évêque d’aller dans un siège qui n’est pas le sien. — Sur le rassemblement des évêques aux dates fixées.
(23) Il n’est pas permis à un évêque d’aller dans une ville étrangère. — Un évêque ne peut ordonner d’avance celui qui lui succédera ; il n’est pas permis à un évêque de poser une ordonnance hors de son ressort.
(24) Il n’est pas permis à un évêque de désigner à sa place un autre évêque dans son siège. — Sur la conservation des biens de l’Église, qui doivent demeurer dans la possession de l’évêque, ainsi que la répartition entre les prêtres et les diacres.
(25) L’évêque doit avoir autorité sur les biens de l’Église, pour les dispenser aux nécessiteux. — Sur les biens de l’Église et les biens propres de l’évêque.
(26) Sur le mariage qui doit être libre. — Sur le fait que l’évêque est seul à avoir autorité sur la répartition des biens de l’Église.
(27) L’évêque est seul à avoir autorité sur la répartition des biens de l’Église — fin. Et c’est ici le dernier des canons du concile d’Antioche ; suivront les noms de ses évêques. — Viennent ensuite les canons du concile de Laodicée.
En marge du texte. Selon une variante : « Et c’est le 59ᵉ canon — peut-être tiré des canons du concile de Laodicée, qui suit le concile d’Antioche. Dans la grande copie transcrite depuis le copte, il est attribué au concile d’Antioche, suivant cet arrangement. Mais dans la version grecque, il est attribué à deux conciles distincts — l’un d’Antioche, l’autre de Laodicée — et il se trouve répété dans ce recueil seul. Nous l’avons réinséré, avec la collation sur ses sections, à partir d’un exemplaire qui le contenait. Le 26ᵉ canon serait alors le premier du concile de Laodicée — sauf que les copies ne s’accordent pas à reconnaître à coup sûr s’il y a là antériorité ou postériorité. »
Le huitième concile — concile de Laodicée[135]
« Sixième des conciles secondaires, à Laodicée »
Le nombre des évêques qui s’y rassemblèrent fut de dix-neuf, et ils se réunirent à cause de Mani[136] et d’autres dissidents.[137] Ils établirent cinquante-neuf canons — selon le décompte initial — et leur rassemblement eut lieu à partir d’Afrojiyeh de la Djézireh, l’île d’Antioche, et de divers pays de la région d’Asie, des terres de Cilicie et de Laodicée, du ressort d’Afrojiyeh. Voici leurs canons — et Dieu accorde le succès :
(1) Sur celui qui a épousé deux femmes.
(2) Sur les pénitents, selon ce qui leur est propre.
(3) Que celui qui est de fraîche date baptisé ne soit pas fait prêtre.
(4) Sur le temps de l’ordination et de son annonce.
(5) Qu’il n’est pas permis aux prêtres de pratiquer l’usure.
(6) Sur les hérétiques qui entrent dans les églises et les maisons des martyrs.
(7) Sur les enfants de l’Église qui passent à la croyance des hérétiques.
(8) Sur celui qui était de la secte des Phrygiens.
(9) Qu’il ne nous est pas permis d’entrer ni de prier dans les lieux des hérétiques.
(10) Sur les alliances matrimoniales des évêques.
(11) Qu’il ne convient pas que les femmes deviennent prêtresses.
(12) Sur l’ordination de l’évêque.
(13) Qu’il ne convient pas que l’ordination se fasse par le choix du peuple, ni par leur avis, et qu’aucun d’entre eux ne soit appelé à cet effet.
(14) Que les oblations ne soient pas portées d’une ville à une autre.
(15) Qu’il ne convient pas de jouer de la musique aux veillées funèbres.
(16) Sur la lecture qui se fait aux jours des sabbats.
(17) Qu’il convient, aux jours des grandes fêtes, de lire quelques livres des prophètes.
(18) Sur les prières que l’on dit à la neuvième heure.
(19) Sur les prières qui se disent après l’homélie de la fête.
(20) Sur l’honneur dû au prêtre par rapport au diacre, et au diacre par rapport à ses inférieurs.
(21) Qu’il n’est pas permis à celui qui est en dessous du diacre de toucher les vases sacrés.
(22) Sur l’ordination des sous-diacres.
(23) Sur l’ordination des lecteurs et des chantres.
(24) Qu’il n’est pas permis aux clercs de manger dans les boutiques.
(25) Qu’il n’est pas permis aux sous-diacres de bénir ni de donner la bénédiction à quiconque.
(26) Sur celui qui pèche en des jours différents.
(27) Sur ceux qui sont nouvellement baptisés : qu’ils ne soient pas élevés à des fonctions trop élevées.
(28) Le prêtre ne doit pas se parer, et il ne doit pas faire commerce du blé.
(29) Qu’il n’est pas permis qu’on ordonne quelqu’un sans qu’un témoin soit présent.
(30) Sur celui qui est défunt : qu’il ne franchisse pas l’entrée de l’église.
(31) Sur ceux qui sont dans les Marsisites.
(32) Sur ceux qui sont les Marsis et les Apoukess (deux groupes hérétiques).
(33) Qu’il n’est pas permis aux enfants de l’Église de marier leurs enfants à des hérétiques.
(34) Sur les femmes âgées : qu’elles ne demeurent pas dans l’église.
(35) Sur les évêques qui dirigent l’Église.
(36) Qu’on ne confie pas la charge à un grand de la ville et qu’on ne fabrique pas un prêtre [par patronage].
(37) Que les saints ne prennent pas des Eulogiæ et ne les envoient pas à d’autres lieux.
(38) Qu’on ne récite point de psaumes en dehors de ce que chantent les chantres.
(39) Il convient de lire les Écritures et les Évangiles le samedi.
(40) Il n’est pas permis de lire les Psaumes pendant la liturgie, sinon par sections.
(41) Sur les heures des prières : à la neuvième heure et aux vêpres.
(42) Il n’est pas permis de se rendre aux lieux des martyrs des dissidents.
(43) Sur l’achèvement de la prière pour les catéchumènes.
(44) Il ne convient pas que les diacres s’asseyent avant les vêpres, sinon par leur ordre.
(45) Il ne convient pas que les acolytes prennent la place des diacres.
(46) Il incombe aux sous-diacres de se tenir aux portes ; et nul d’entre eux ne portera l’omophorion, appelé bilâriya.[138]
(47) Le lecteur ne portera pas l’omophorion (bilâriya).
(48) Aucun des rangs de l’Église n’entrera dans les tavernes.
(49) Il n’est pas permis aux acolytes de prendre le calice.
(50) L’évêque n’ordonnera personne dans sa propre maison.
(51) Il n’est pas permis au prêtre ni au clerc de prendre des aumônes [pour soi].
(52) Sur les dissidents que l’évêque désigne dans ce dessein.
(53) Qu’il n’est pas permis de tirer des invitations à banquet quelque chose qu’on mange et qu’on emporte avec soi.
(54) Qu’il n’est pas permis d’organiser des banquets dans les églises.
(55) Sur les chrétiens qui observent le samedi.
(56) Sur celui qui se baigne avec des femmes au bain.
(57) Sur celui qui s’unit en mariage à des hérétiques et autres.
(58) Sur les voyageurs.
(59) Sur celui qui se fie à l’Église — c’est-à-dire qui s’en sépare.
(60) Sur celui qui est honoré comme martyr d’entre les dissidents.
(61) Sur celui qui sert les anges, dans le royaume — il rassemble et isole les anges et l’ange.
(62) Sur celui qui se sert du zaqadoma et de choses semblables.
(63) Sur les chrétiens qui mangent du pain azyme.
(64) Sur l’envoi par les hérétiques et les juifs — la bénédiction aux églises n’est pas permise.
(65) Sur les chrétiens qui s’éloignent des païens.
(66) Sur les évêques qui demandent à être dispensés de la présence aux assemblées d’évêques — c’est-à-dire de leur présence avec eux lorsqu’ils se réunissent.
(67) Sur les clercs qui veulent voyager sans la connaissance de leur évêque.
(68) Qu’il n’est permis à aucun clerc de voyager sans la connaissance de son évêque.
(69) Sur la diligence des sous-diacres aux portes.
(70) Qu’il n’est pas permis aux femmes d’entrer dans le sanctuaire.
(71) Sur celui qui se prépare au baptême : qu’il écrive son nom au vendredi du milieu [du Carême].
(72) Sur le devoir que ceux qui veulent recevoir le christianisme apprennent la foi.
(73) Sur celui qu’on baptise lorsqu’il est malade.
(74) Sur l’onction avec l’huile qui se fait après le baptême.
(75) Qu’il ne convient pas, durant le Grand Carême, de recevoir la communion avant la neuvième heure.
(76) Qu’il ne convient pas de rompre le jeûne le jeudi du Grand Vendredi.
(77) Qu’il n’est pas permis d’organiser un banquet durant le Grand Carême.
(78) Qu’il n’est pas permis de célébrer les commémoraisons des martyrs durant le Grand Carême, sinon le jour des Quarante Martyrs ou de l’Annonciation.
(79) Qu’il n’est pas permis à un chrétien de jouer de la musique ni de danser aux banquets.
(80) Qu’on ne mange pas les aumônes du Seigneur dans les maisons.
(81) Qu’il n’est pas permis aux chrétiens d’abolir le samedi à la manière des juifs.
(82) Que nul ne se baigne avec les femmes au bain.
(83) Qu’il ne convient pas que nous donnions nos filles aux dissidents ni que nous en prenions d’eux.
(84) Qu’il ne convient pas de recevoir la communion chez les dissidents.
(85) Que les chrétiens ne quittent pas les martyrs du Christ pour aller vers les lieux des autres.
(86) Qu’il ne convient pas que les chrétiens quittent l’église et célèbrent à l’extérieur.
(87) Sur celui qui vend des idoles en secret.
(88) Qu’aucun prêtre ni laïc ne soit sorcier, ni devin, ni augure.
(89) Qu’il ne convient pas de recevoir quoi que ce soit des fêtes des juifs, ni de fêter avec eux.
(90) Qu’il ne convient pas d’accepter le levain des juifs.
(91) Qu’un évêque convoqué à un concile ne se mette pas en retard.
(92) Qu’il ne convient pas à un père de fêter avec les païens et les fidèles.
(93) Qu’il n’est pas permis de voyager sans lettre [de communion].
(94) Qu’aucun prêtre ni clerc ne voyage sans la permission de son évêque.
(95) Les acolytes se tiennent aux portes.
(96) Que les femmes n’entrent pas dans le sanctuaire.
(97) Que nul ne reçoive le baptême après les deux semaines [terminales] du Carême.
(98) Que celui qui se prépare au baptême connaisse la foi.
(99) Que celui qui se présente — pour le baptême — connaisse la foi.
(100) Que le baptisé soit oint d’huile.
(101) Qu’on ne célèbre pas [la liturgie] durant le saint Carême sinon le samedi et le dimanche, à l’exclusion d’autres jours.
En marge du texte. « Ainsi dans l’original. »
(102) Qu’on ne rompe pas le jeûne durant la cinquième semaine du Carême.
(103) Qu’on ne célèbre les martyrs durant le saint Carême que le samedi et le dimanche.
(104) Qu’il ne convient pas de tenir une noce ni un banquet de noces durant le saint Carême.
(105) Qu’un chrétien ne se rende pas à une noce où l’on bat des mains ou l’on danse.
(106) Qu’il n’est pas permis à un clerc d’assister à des réunions de conciliation ou à des jeux.
(107) Qu’il n’est pas permis — et il ne sied pas — aux fidèles de boire en compagnie des dissidents lors des banquets appelés ṭâwûriʿ.
(108) Qu’il n’est pas permis aux femmes d’entrer dans le sanctuaire avant l’évêque.
(109) Sur celui qui accepte l’ordination dans les villages et les hameaux.
(110) Qu’il n’est pas permis de présenter l’oblation dans les maisons.
(111) Sur ce qu’il convient de lire dans l’église ; et qu’on ne lise pas, dans le lectionnaire, des livres étrangers composés par les hommes.
(112) Qu’aucun prêtre ni clerc ne paraisse comme spectateur aux noces et aux banquets.
(113) Qu’aucun clerc ne se rende dans un débit de boissons.
(114) Que les femmes ne paraissent point devant l’évêque, sinon qu’il soit malade ou en voyage.
(115) Qu’il ne convient pas d’établir un évêque des villages et des chaires à demeurer au siège diocésain.
(116) Qu’il ne convient pas de fêter les oblations et le repas pascal dans la maison de l’un des évêques.
(117) Qu’on ne récite pas les psaumes de l’Église en dehors de l’apsalmodia ; — et mention des livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau [Testament].
En marge du texte. « Achevé ce qui se trouve dans le concile de Laodicée. »
Contenu détaillé du dix-neuvième canon
Que les clercs récitent chaque jour, parmi les prières, l’un des cantiques des prophètes :
Le lundi : « le cantique de Moïse et de sa sœur », par lequel ils ont prié lorsque le peuple fut sauvé de la mer qui engloutit ses ennemis.
Le mardi : « le second cantique tiré de la Loi », par lequel il ordonne l’observance des commandements, l’abandon de la négligence, et la connaissance des droits de Dieu obligatoires pour les croyants.
Le mercredi : « le cantique d’Anne la prophétesse — mère de Samuel », par lequel elle pria, et Dieu lui accorda ce qu’elle demandait, et lui donna le prophète juste avec ses lois et son sanctuaire.
Le jeudi : « le cantique du prophète Habacuc », dans lequel il a expliqué la venue du Seigneur depuis Bethléem et sa naissance de la Vierge.
Le vendredi : « la prière du prophète Isaïe », par laquelle il pria — délivré du dessous de la scie.
Le samedi : « le cantique du prophète Jonas », par lequel il pria dans le ventre de la baleine ; Dieu le délivra des profondeurs et le rendit comme un signe de la crucifixion du Seigneur Christ.
Et qu’il prie aussi, chaque jour, par la prière des trois saints jeunes gens — toujours — et par la prière de la Dame Vierge.
Quant au dimanche : c’est le jour de la lumière, de la joie et de la résurrection d’entre les morts — pour hériter du royaume éternel avec ses anges ; alors prions, en ce jour, par tous ces cantiques, car il est le jour de l’allégresse et du bonheur.
Les noms des évêques du concile de Laodicée
Ils étaient au nombre de dix-neuf : Inès, Pierre, Macédonios, Théoth(o)tos, Berksaus, Paul, Moukânès, Agabos, Pierre, Théodoros, Mounkélis, Asmis, Bilidès, Jacques, Mâlês, Tâdolès, Théodoros, Kyriacos, Salmès.
Le neuvième concile — concile de Carthage[139]
« Septième des conciles secondaires »
Le contexte
Il se tint à la ville de Carthage ; c’est un concile secondaire, comptant cent vingt-trois canons selon le décompte initial. Il eut lieu sous le règne du roi Honorius à Rome ; et le roi à Constantinople, à cette époque, était Théodose le Jeune, fils de Théodose le Grand. Ce concile eut donc lieu la troisième année du règne de Théodose.
Le nombre des Pères qui y prirent part fut de deux cent dix-sept. Leur rassemblement eut lieu à la ville de Carthage, qui est du ressort de l’Afrique. Présidaient : Foksis, évêque de Ninafu, et Nigtus, titulaire de l’église du Talûn ; Selbs et Letâlous, délégués de l’Église de Rome ; et d’autres délégués de l’Église d’Afrique — car ils se trouvaient en des lieux difficiles d’accès et n’avaient pu se présenter à ce concile, et ils avaient envoyé leurs délégués pour les remplacer.
Cela se passait pendant le patriarcat du Père Cyrille sur Alexandrie, et de Nestorius sur Constantinople ; et c’était en l’an 725 du monde, soit l’an 150 des martyrs.
L’initiateur de ce concile et son présidant étaient : Aurélius (Abryliyous), évêque de l’Église de Karsdouli — qu’on appelle Pape de nom seulement — et Babsus (Vapesus), titulaire des terres de Komodbikus, qui était aussi titulaire de la Première [Église] ; et deux autres évêques, avec le reste des évêques.
En marge du texte. Ce concile n’a été mentionné par aucun des collecteurs antérieurs des canons — ni Anbâ Michaël, métropolite de Damiette, ni l’éminent Abou al-Faḍâ’il Ibn al-ʿAssâl, ni le Prêtre Abou al-Faraj Ibn al-Ṭayyib dans son livre Jurisprudence du christianisme, où il a rassemblé les canons. — Seul Anbâ Marqos ibn Zorʿa en parle.[140]
En marge du texte. La copie que j’ai trouvée et d’où j’ai transcrit cet index est une copie déficiente et incomplète : plusieurs sections en sont absentes. Je l’ai néanmoins incluse ici afin que son cas soit clarifié, que son époque soit établie, et que sa mémoire soit conservée.
En marge du texte. Une variante manuscrite indique : « Ce qui s’est tenu dans le concile de Carthage — dont j’ai déjà parlé de ce que j’en ai copié — sont les canons du saint concile qui s’est rassemblé à Naoukasariya (Néocésarée), aussi appelé concile de Carthage, du ressort d’Afrojiyeh. Le nombre des évêques rassemblés y fut de 50 ; ils établirent 15 canons sur le mariage et le clergé. Ce concile est le deuxième des conciles secondaires, avant le grand concile de Nicée. — Je pense qu’il s’agit de deux conciles à un même moment, à Naoukasariya et à Carthage. »
Les cent vingt-deux canons
(1) Sur l’observance de ce qui fut établi par le concile de Nicée.
(2) Sur la confession de la foi et la préservation des rangs de l’Église.
(3) Sur la préservation des rangs du sacerdoce, par la garde et la pureté.
(4) Que le prêtre, le diacre et l’évêque préservent la pureté.
(5) Sur l’interdiction de l’usure.
(6) Sur la confection du saint Myrôn.
(7) Ce que l’évêque interdit, aucun prêtre ne peut le délier, fût-ce sur son lit de mort.
(8) Celui qui auparavant était interdit demeure interdit, comme l’autre.
(9) Sur le prêtre qui se retire et se met à célébrer à un autel.
(10) Sur ceux qui ne sont pas les annonciateurs.
(11) Sur le prêtre qui meurt et sur ce qu’il convient de faire ; — sur l’évêque qui confesse sa faute.
(12) Sur la procédure pour l’ordination de l’évêque.
(13) Sur le jugement du prêtre et du diacre.
(14) Sur ce qui est interdit aux clercs.
(15) Sur la demande que le métropolite Inomikos exerce la surveillance des ordinations.
(16) Sur les recommandations à faire à celui qu’on ordonne.
(17) Il convient d’instruire le candidat avant son ordination.
(18) Qu’on ne dépose pas l’oblation entre les mains des morts.
(19) Sur le jugement du prêtre lorsqu’il a différend avec un confrère.
(20) Sur l’interdiction du mariage avec les hérétiques.
(21) Sur l’évitement des hérétiques et de leurs présents.
(22) Qu’un évêque ne voyage pas sans lettre de son métropolite.
(23) Sur la liste des livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau [Testament].
(24) Sur le délai à accorder à celui qui se plaint d’un étranger.
(25) Sur l’interdiction de vendre les biens de l’Église, sauf en cas de nécessité.
(26) Sur la situation du prêtre lorsqu’on l’a empêché par jugement.
(27) Sur la pollution nocturne lorsqu’elle survient à l’homme.
(28) Sur celui qui craint de se présenter au lieu du jugement.
(29) Sur celui qui n’obéit pas à son évêque et s’en va vers un autre.
(30) Sur celui à qui la fortune est venue après son épiscopat.
(31) Sur le rassemblement des évêques pour la gestion du peuple.
(32) Que l’examen, en ce concile, soit continu — répété plusieurs fois.
(33) Sur le devoir des parents d’instruire leurs enfants.
(34) Sur le devoir des clercs d’instruire leur famille.
(35) Que le prêtre célibataire n’entre pas chez une femme.
(36) Sur le rang de l’évêque.
(37) Sur l’interdiction faite aux clercs de manger dans les festins [profanes].
(38) Sur le prêtre — qu’il ne célèbre que s’il est à jeun.
(39) Sur l’interdiction d’organiser des banquets dans les églises, ce qui n’est pas permis.
(40) Sur l’enseignement des catéchumènes et ce qu’on retient — qui est bien connu.
(41) Sur les vierges.
(42) Sur le voyant en songe lorsqu’il confesse.
(43) Sur le baptême des malades.
(44) Sur la lecture des vies des martyrs.
(45) Sur le repentir des dissidents et des transgresseurs.
(46) Sur ceux qui tombent dans le doute.
(47) Sur celui qui célèbre tout en n’étant pas à jeun.
(48) Sur la procédure d’ordination de l’évêque.
(49) Sur l’ordination de l’évêque, derechef.
(50) Si un évêque n’assiste pas à un synode, qu’il envoie sa lettre.
(51) Que les clercs se séparent de leurs épouses durant le temps de leur service.
(52) Sur le clerc qui craint d’être jugé par son évêque : qu’il fasse venir des évêques pour le juger avec son adversaire.
(53) Que rien des biens de l’Église ne soit vendu sinon par décision conciliaire.
(54) Qu’on ne porte sur l’autel que le pain et le vin — Lui en soit la gloire.
(55) Sur celui qui s’abstient du concile en prenant prétexte des notables.
(56) Sur celui qu’on dénonce à l’évêque.
(57) Sur l’ordre du conseil de bonne foi et de son exécution.
(58) Sur ce qui est versé à cet effet — un acte écrit sur lequel on s’appuie.
(59) Que nul n’étende la main à un autre diocèse.
(60) Qu’aucun évêque n’accepte un prêtre sinon par lettre.
(61) Sur celui qui accepte un prêtre étranger sans lettre : qu’il soit isolé.
(62) Que nul ne soit baptisé deux fois, ni ordonné deux fois.
(63) Si l’on a besoin d’un prêtre d’un autre diocèse, on en demande la permission à son évêque.
(64) Qu’on ne devienne évêque que par écrit de la part de ceux sur qui l’on est établi, et par leur recommandation.
(65) Sur le baptême des dissidents.
(66) Sur celui qui vient à l’église un jour de fête ou un jour ordinaire — que nul ne s’oppose à lui.
(67) Sur la destruction des temples des idoles.
(68) Qu’on ne pratique pas de plaisanterie aux fêtes ; sur les spectacles d’imagerie et de plaisanterie pendant les fêtes du Seigneur.
(69) Sur celui qui abandonne le jugement de l’Église et s’en va aux étrangers.
(70) Sur le repentir de ceux qui ont fréquenté les spectacles et transgressé.
(71) Que les églises ne soient asservies à personne.
(72) Sur celui qui abandonne le jugement de l’Église et s’en va au roi.
(73) Sur des hommes dissidents qu’ils accueillent.
(74) Sur les hérétiques (al-arâsîs) : qu’ils ne soient pas reçus.
(75) Sur les groupes précédents et le délégué du Pape.
(76) Que les clercs préservent leur conduite durant les jours de leur service.
(77) Sur l’évêque qui se rend à un siège qui n’est pas le sien et y procède à des ordinations.
(78) Sur un cas semblable au précédent.
(79) Sur le même également.
(80) Sur le baptême des enfants.
(81) Les contrées dont l’évêque meurt : qu’un délégué soit établi sur elles.
(82) Qu’on demande au roi d’établir, pour ces contrées, un délégué officiel.
(83) Sur ceux qui s’abstiennent du concile et envoient une lettre d’excuses.
(84) Sur celui qui s’abstient du concile.
(85) Sur celui qui se sert de proches influents auprès des supérieurs contre les clercs.
(86) Le moine qui s’enfuit de son monastère : qu’il ne soit pas reçu.
(87) Que les évêques ne lèguent pas leurs biens aux dissidents.
(88) Sur les esclaves qui se réfugient dans l’Église : qu’ils soient affranchis aux frais de l’Église.
(89) Sur les églises où il n’y a pas de relique de saint.
(90) Sur la destruction des vestiges des païens et des arbres dédiés [aux idoles].
(91) Sur l’évêque qui a promis de comparaître avec son adversaire au jugement et n’est pas venu.
(92) Sur la conduite ajoutée.
(93) Sur la manière de rédiger l’institution des évêques.
(94) Les clercs, lorsqu’ils ont lu dans une église, ne lisent pas dans une autre.
(95) Sur les hérétiques d’avec lesquels on doit se séparer.
(96) Sur celui à qui un délai est accordé pour vaincre son adversaire.
(97) Sur le commandement adressé au plaignant — qui choisira de qui il accepte la justice.
(98) Si une affaire opposait l’Église romaine et l’Église égyptienne.
(99) Sur ceux qui éclaircissent par le monachisme puis reviennent au mariage : qu’on leur fasse place.
(100) La Foi — on ne lui ajoute rien et on n’en retranche rien.
(101) Sur l’évêque qui sollicite, avec ses créanciers, une indemnité auprès du roi.
(102) Sur celui qui s’abstient de la communion à cause de son prêtre.
(103) Sur les évêques qui se rendent auprès du roi.
(104) Qu’aucun évêque ne reçoit d’indemnité d’un autre évêque.
(105) Que ceux qui sont entrés dans la religion par contrainte ne sont pas chrétiens.
(106) Sur celui qui dit qu’Adam fut créé mortel — qu’il soit maudit.[141]
(107) Sur celui qui pense que le baptême des enfants n’est pas pour la rémission des péchés.
(108) Sur celui qui dit que la grâce du baptême ne nous préserve pas du péché.
(109) Sur celui qui dit que la grâce du baptême ne nous enseigne pas à accomplir le devoir.
(110) Sur celui qui dit que nous pouvons accomplir les commandements sans le baptême.
(111) Sur celui qui dit que nous n’avons pas de péché : c’est par humilité [qu’il faut le dire].
(112) Sur celui qui dit : parmi les saints, certains sont sans péché.
(113) Sur le fait que les saints, lorsqu’ils disent « pardonne-nous nos péchés », le disent par humilité.
(114) Si un homme accepte de bon gré le jugement d’un juge, cela est permis.
(115) Sur l’évêque de Barkia et de Tâmârât avec la Quarantaine.
(116) Sur celui dont le témoignage est accepté.
(117) Sur le clerc qu’on interdit d’un songe trouble dont il est convaincu.
(118) Sur celui dont le témoignage n’est pas accepté également.
(119) Sur l’évêque s’il a confessé puis a nié.
(120) Si un évêque est interdit injustement, que son interdicteur soit interdit.
(121) Sur un cas semblable à ce qui précède, également.
(122) Achevé.
En marge du texte. Voici la fin de ce que j’ai trouvé dans l’index ; et le livre n’était pas complet — comme il l’indiquait à son commencement — mais abrégé à sa fin, manquant du texte indexé… Cette indication concerne la première copie.
Le dixième concile — concile d’Éphèse[142]
« Troisième des grands conciles, à Éphèse »
Le contexte
Ce concile fut convoqué à cause de Nestorius le dissident[143], que Théodose le Jeune — fils d’Arcadius, fils de Théodose le Grand — avait fait venir de la ville d’Antioche, ayant entendu parler de sa vertu ; il l’installa comme patriarche sur Constantinople — après Jean Chrysostome, le patriarche de Constantinople. (Avant Chrysostome, on n’établissait pas de patriarche sur Constantinople ; mais on y plaçait des évêques pour juger entre les hommes.)
Sa croyance était mauvaise ; mais il ne l’affichait pas. Au contraire, il agissait avec douceur, observance et honneur de chacun — jusqu’à ce qu’il fût assuré du roi et des notables. Alors il rassembla les gens en certaines églises, en un jour de grande fête, et il commanda à deux disciples qu’il avait d’Antioche — l’un évêque nommé Dionas, l’autre prêtre nommé Yastous — de monter en chaire et de prêcher devant le peuple. Ils dirent :
En marge du texte. « Ô gens ! Que nul d’entre vous ne croie, et que nul ne dise, à partir d’aujourd’hui, que Marie a enfanté un Dieu ; et que nul ne reconnaisse que ce qui a été enfanté d’elle est autre chose qu’un être humain comme nous. »
Puis lui-même écrivit à tout le royaume — et il s’éleva contre lui pour réfuter cette doctrine saint Cyrille (sa réponse à ce propos figure dans la première partie de l’ouvrage, dans l’histoire des rois).
Nestorius fut exilé en Égypte, à la ville d’Akhmim, où il demeura plusieurs années et plusieurs mois — et il y fut enseveli.
Sa doctrine apparut sur la terre d’Orient, dans les pays de Perse, en Iraq, à Mossoul, dans la Djézireh, jusqu’aux rivages de l’Euphrate ; on l’y manifesta, et l’on en fit, en quelque sorte, l’évêque des Nestoriens.
Le saint concile mentionné — c’est-à-dire saint Cyrille le Grand, pape d’Alexandrie, avec deux cents évêques avec lui — établit un unique canon, qui contient l’anathème contre quiconque croit autre chose que la foi que les trois cent dix-huit Pères ont ordonnée à Nicée.[144]
En marge du texte. Note de l’auteur dans la marge du document original : « Ce Nestorius nia que la sainte Marie soit la Mère de Dieu, … et il crut que le Christ, après l’union, est en deux hypostases, deux essences, deux natures — et une seule volonté. »
Récapitulatif des dix conciles
« Achevés les dix conciles — trois grands et sept secondaires — selon le tracé du pauvre serviteur de Dieu, qui en a parlé dans son abrégé. »[145]
Anbâ Marqos ibn Zorʿa, patriarche, dans son sommaire, énumère :
• les canons des apôtres ;
• les canons issus de la main de Clément ;
• la Didascalie ;
• l’épître de Clément ;
• le Premier Concile, à Ancyre ;
• le Second, à Carthage ;
• le Troisième, à Najra ;
• le Quatrième, à Antioche ;
• le Cinquième, à Nicée ;
• le Sixième, à Laodicée ;
• le Septième, à Sardique ;
• le Huitième : les canons d’Hippolyte de Rome ;
• le Neuvième : les canons de Basile le Grand ;
• les canons des quatre rois (qui sont en réalité trois) ;
— et il n’a pas mentionné : le concile des cent cinquante évêques à Constantinople ; — le concile des deux cents à Éphèse ; — le Second concile de Constantinople (les cent cinquante évêques contre Apollinaire) ; — les canons du Septième concile à Carthage (autre que le « petit » concile), dont les évêques sont au nombre de 217 et les canons de 123 ; — les canons du concile d’Antioche, qui en compte 30 + 83 (ceux-ci étant en réalité une reprise du concile de Laodicée à Sardique) ; — les canons d’Athanase, patriarche d’Alexandrie (107 sections) ; — les règles des apôtres ; — les Tantliyât qui lui sont attribuées (qu’il n’a pas mentionnées) ; — l’Alliance Seigneuriale et les livres transmis par la main de Clément (qu’il n’a pas inclus).
Il apparaît que les Premier et Second Livres des canons des apôtres — par lesquels la présente compilation a commencé — en sont l’extrait.
Les canons d’Hippolyte de Rome[146]
« Par l’ordre des apôtres reçu de notre Seigneur Jésus-Christ — au nombre de 38 canons selon la première recension »
Voici les chapitres, dans la table que la source transmet[147] — l’ensemble dépasse largement le décompte initial dans les copies postérieures (jusqu’à 58 ou 99 selon les recensions) :
(1) Sur la sainte Foi.
(2) Sur les évêques.
(3) La prière pour celui qu’on ordonne évêque, et l’ordonnance de la liturgie.
(4) Sur l’ordination du prêtre.
(5) Sur l’ordination du diacre.
(6) Sur ceux qui souffrent pour la Foi.
(7) Sur le choix du lecteur et du sous-diacre.
(8) Sur les dons de guérison.
(9) Sur le prêtre qui demeure en un lieu qui n’est pas sien, et sur l’honneur dû aux veuves.
(10) Sur ceux qui deviennent chrétiens.
(11) Sur celui qui fabrique des idoles ou des images — qu’il soit artisan ou peintre.
(12) Interdiction de plusieurs actes : qu’on n’accepte celui qui les commet qu’après pénitence.
(13) Sur les hommes de pouvoir et les soldats : qu’ils ne soient pas reçus en bloc, fût-ce sur ordre.
(14) Qu’un chrétien ne devienne soldat.
(15) Sur plusieurs actes qu’il ne convient pas de faire.
(16) Sur le chrétien qui a une concubine et qui se marie par-dessus elle.
(17) Sur la femme libre et ce qu’elle fait.
(18) Sur les sages-femmes ; et sur la séparation des hommes et des femmes pendant la prière.
(19) Sur le catéchumène qui se présente au martyre avant le baptême.
(20) Sur le jeûne du mercredi, du vendredi et des quarante jours saints.
(21) Sur le rassemblement de tout le peuple et des clercs à l’église chaque jour.
(22) Sur la semaine de la Pâque juive ; et sur celui qui ne connaît pas la Pâque.
(23) Sur l’enseignement : qu’il est plus grand que la mer, et qu’il faut s’y appliquer pour le rechercher.
(24) Sur la visite par l’évêque des malades — tout malade dans l’église ayant maison où l’évêque se rend.
(25) Sur l’établissement d’un intendant des malades par l’évêque ; et sur les heures de la prière.
(26) Sur le rassemblement pour entendre la parole à l’église et y prier.
(27) Sur celui qui va à l’église pour lire les écritures et ce qui s’ensuit.
(28) Que nul fidèle ne goûte quoi que ce soit avant d’avoir reçu les mystères — surtout les ferventes durant les jours du saint Carême.
(29) Sur la garde des saints mystères posés sur l’autel — qu’il n’y tombe rien dans le calice.
(30) Et que rien ne tombe ; et ce qui s’ensuit.
(31) Sur la prise par l’évêque et le lecteur lorsque le diacre est chargé d’approcher [la communion] au peuple — qu’il communie en leur nom.
(32) Sur les vierges et les veuves : qu’elles jeûnent et prient à l’église.
La suite des canons (33-99)
Le texte arabe poursuit la liste avec une numérotation qui varie selon les copies. Voici les thèmes des chapitres suivants, dans l’ordre où ils figurent :
(33) Sur les vierges et les veuves qui [accomplissent leurs services] ; (34) sur les vierges et les chastes ; (35) sur les dons de l’instruction ; (36) sur celui qui rejette des démons ; (37) sur la fornication et l’ivresse, et ce qui s’ensuit ; (38) sur qui enseigne aux enfants une science profitable ; (39) sur les recommandations et les instructions à donner à qui se prépare à servir comme soldat dans le royaume ; — sur la fornication et le débordement, et celui qui sert ; (40) sur le retentissement du baptême ; (41) sur la diaconesse et les Maguses ; (42) sur le débauché et ce qu’il convient de faire à son égard ; (43) sur la beauté des femmes des clercs ; (44) interdiction du divorce, sauf en cas d’adultère du clerc, ou si sa femme adultère épouse un autre, en sa vie hors d’elle, après six mois ; (45) sur celui qui entre et sort, et qui reste dans le rang ; et sur les femmes au moment de la communion — celles qui sont en cours d’anniversaire, et le partage du sanctuaire en sections distinctes ; (46) interdiction de la visite aux malades et au pénitent ; (47) sur l’évitement de l’entrée des couvents des vierges ; (48) interdiction faite à un clerc d’exercer une transaction ou un trafic — ni de prendre en cabaret, ni du métier, qu’on s’abstient ; (49) interdiction au clerc de fonder une industrie, une boucherie, etc. ; (50) sur le serviteur dans le service — celui des clercs qui s’en éloigne et y revient depuis l’extérieur ; (51) interdiction au clerc dans la communauté d’aller donner [les mystères] hors de l’église, et d’aller chercher la grâce du Seigneur ; (52) sur le clerc qui s’élève contre la révélation de Dieu ; (53) interdiction des paroles attribuées au sacerdoce — sauf en présence de témoins ; (54) sur l’évêque qui n’éduque pas — sur celui qui ne sait pas la Foi : « ne croyez pas en deux divinités » ; (55) interdiction des testaments différents ; (56) sur l’évêque qui doit se faire représenter par un autre [absent] ; (57) sur le rythme de la sainte messe et l’avenir des écritures qui s’y rapportent ; (58) sur l’enseignement des deux jours de jeûne, et au jour du Quarantaine et de la fête ; (59) sur l’enseignement des chantres qui chantent (60) sur l’assemblée de la Pâque (61) sur l’intendant de l’église ; sur les ordres ; et sur ce qui vient et ce qui est dépensé ; (62) sur les promus dans l’Église et les vases liturgiques ; (63) sur le devoir de remettre la première offrande aux animaux et au feu nouvellement allumés ; (64) interdiction d’élever l’oblation avec une coupe fendue ; (65) — Ordre à l’évêque, lorsqu’il vient pour mander l’oblation et le clergé, d’aider d’abord ce qu’ils ont besoin, puis du peuple ; — Ordre à l’évêque qui assigne les rangs des clercs, et de laver les pieds des faibles parmi eux — et cela trois fois. (66) sur la consécration : sur celui qui retarde son entrée à l’église ; (67) sur la femme si elle se réunit ; (68) interdiction au sous-diacre d’imposer la ceinture ; (69) sur ce qu’il faut quand le diacre est convoqué — celui qui se tient à ses côtés ; (70) sur l’organisation des femmes, et leur réunion ; (71) sur la nomination des vierges et leur retenue ; (72) sur la nomination des sous-diacres ; (73) interdiction de la consécration des oblations dans une caisse fendue ; (74) sur les dons de guérison ; (75) sur celui qui voit les démons (76) sur les fornications et les sodomies, et autres ; (77) sur celui qui éduque les enfants une instruction profitable ; (78) sur la fornication, le mariage légitime ou en sultanat ; — sur celui qui se montre prêt pour le martyre, et sur les promesses ; (79) sur la fornication et la sodomie — qui choisit ce mariage ; (80) sur la nourrice ; (81) sur la femme du clerc ; (82) sur la captivité et l’apaisement, l’huile bénie ; (83) sur l’extrémité de la beauté des femmes ; — interdiction des coiffures différentes ; (84) sur la teinture des cheveux, le maquillage, et autres ; (85) sur les fêtes ; (86) sur la beauté ; — sur la sortie de la vue des femmes au regard de la sortie en privé ; (87-99) Suit ce qui concerne le service liturgique, l’aide aux malades, l’ordre de prière, la place des veuves et des vierges dans l’assemblée, et les recommandations finales aux fidèles.
Canons des douze apôtres disciples — par la main de Clément[148]
« Le Premier — qui est le Second — par la main de Clément »
Chaque canon est attribué à l’un des apôtres qui s’exprime à la première personne.
(1) « Réjouissez-vous, ô fils et filles ! »
(2) Dit Jean : « Ô hommes ! »
(3) Dit Jean : « Il y a deux voies : l’une à la vie, l’autre à la mort. »
(4) Dit Matthieu : « Ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, ne le fais pas à autrui. »
(5) Dit Pierre : « Tu ne tueras pas — et ce qui s’ensuit. »
(6) Dit André : « Ô fils, fuis tout mal. »
(7) Dit Philippe : « Ô fils, ne demeure pas dans la convoitise. »
(8) Dit Simon : « Ô fils, ne demeure pas avec [les paroles mauvaises]. »
(9) Dit Jacques : « Ô fils, ne sois pas chercheur de présages. »
(10) Dit Nathaniel : « Ô fils, ne sois pas menteur. »
(11) Dit Jacques : « Ô fils, aime celui qui te parle par la parole de Dieu. »
(12) Dit Pierre : « Juge avec justice. »
(13) Dit Barthélemy : « Ne te lasse pas de donner. »
(14) Dit Pierre : « Et nous t’exhortons pour ce qui reste. »
(15) Dit Pierre : « Que l’évêque soit examiné par douze hommes. »
(16) Dit Jean : « L’évêque qu’on établit enseigne et est ordonné. »
(17) Dit Jean : « Ceux qui, de deux, ont reçu l’obéissance de la part des chefs des prêtres. »
(18) Dit Jacques : « Que le lecteur soit éprouvé. »
(19) Dit Matthieu : « Que le diacre soit établi comme il est écrit — de trois est confirmée chaque parole. »
(20) Dit Céphas : « Que les veuves se tiennent deux ou trois. »
(21) Dit André : « Le diacre les compose en règle. »
(22) Dit Philippe : « Que les laïcs suivent les ordres prescrits. »
(23) Dit André : « Il est bon que des femmes soient établies servantes. »
(24) Dit Jean : « Ô Onésime, lorsque le Seigneur a touché le pain et la coupe… »
(25) Marthe et Marie ont dit ; Il a dit : « Le faible est fortifié par le fort. »
(26) Dit Céphas : « Il ne convient pas que les femmes président. »
(27) Dit Jacques : « Les femmes ne trouvent point de service. »
(28) Dit Philippe : « Cela [est dit] pour la répartition. »
(29) Dit Pierre : « Cela, frères, n’est pas une autorité de quelqu’un par nécessité ; c’est plutôt un ordre que nous tenons du Seigneur ; nous vous demandons de garder les commandements, sans rien retrancher ni ajouter, au nom de notre Seigneur, à qui soit la gloire dans tous les siècles des siècles. Amen. »
Les canons de Christodoulos d’Alexandrie, 66ᵉ patriarche d’Alexandrie[149]
Daté du dimanche, huitième jour du mois de Mesory en l’an 764 des Martyrs — après la consécration de l’église de Doqâʾîl à Alexandrie, dans laquelle l’oblation fut offerte.[150]
« Son début » : le premier canon, sur le baptême.
« Sa fin » : la permission de préparer les offrandes (al-qarâbîn) dans les maisons et de les apporter à l’église.
Le nombre de ses chapitres est de trente-et-un.
Canons attribués aux maîtres de la sainte Église universelle
« Au début », le copiste mentionne — dans la copie d’où cet index est tiré — qu’il s’agit d’un commentaire sur le texte copte des canons des trois cent dix-huit Pères.
En marge du texte. Dans certains chapitres, une citation est faite de saint Basile de Césarée : « L’achèvement de la liturgie, à chaque fois que l’oblation est élevée, doit se faire à la troisième heure du jour — sauf durant les jours de jeûne uniquement. »
« À la fin », l’ordre est donné de cesser tout travail séculier durant les jours de fête, à savoir :
le jour de la Nativité ; le jour de l’Épiphanie ; le vendredi de la Pâque ; le vendredi après la Résurrection ; tous les dimanches ; la fête des Quarante jours (qui est le jour de l’achèvement de l’économie de notre salut, c’est-à-dire l’Ascension) ; la fête des Cinquante (Pentecôte) ; la fête de la Dame Marie (qui est le jour de sa dormition et de son ascension — célébrée chaque mois) ; la fête des Douze Disciples ; la fête du premier des martyrs, Étienne ; la fête de la Croix ; les fêtes des saints martyrs ; les fêtes des saints Pères (c’est-à-dire les prophètes), les Pères des peuples (les patriarches), les maîtres de l’Église de Dieu, et les fêtes du grand Ange (premier des armées des cieux).
Le nombre de ses chapitres, selon ses prescriptions, est de soixante-deux.
Autres canons, non attribués à un auteur particulier
« Préface » : « Ce sont là les canons du temps, établis par nos saints Pères qui nous ont précédés. Ils les ont prescrits à cause de la difficulté du temps et du désir des pénitents au cœur joyeux. »
En marge du texte. Dans certains chapitres, une citation est faite des paroles d’Anbâ Sawirus (Sévère), patriarche [d’Antioche]. La plupart — ou même la totalité — concerne le clergé, de l’évêque jusqu’aux rangs inférieurs.
« Son début » : « Si une accusation est portée contre un évêque pour fornication, ou pour quelque chose de semblable. »
« Sa fin » : « Sur un prêtre pour qui l’on a fait les prières du mariage, et dont l’épouse s’est rétractée avant la consommation. »
Le nombre de ses commandements et de ses interdictions est de vingt-six.
Les canons propres au clergé et aux églises d’Alexandrie, par Gabriel II ibn Turaik[151]
Établis par le patriarche Gabriel II ibn Turaik, 70ᵉ des papes et patriarches d’Alexandrie, au mois de Baouna de l’an 790 des Martyrs. Ils sont propres au clergé et aux églises de la côte d’Alexandrie.[152]
« Son début » : l’ordre adressé à toute l’Église, dans chaque église, de garder ses rites, et que chacun y serve selon le tour qui lui revient.
« Sa fin » : qu’aucune liturgie ne soit célébrée qu’avec deux cierges autour de l’autel — et ce qui s’ensuit.
C’est un recueil concis, de huit chapitres.
Le grand recueil de canons compilé par Gabriel II ibn Turaik[153]
Compilé par le Père patriarche Gabriel II ibn Turaik — que Dieu accorde le repos à son âme. Le nombre de ses chapitres est de soixante-quatorze :
(1) Sur l’ordonnance de l’Église, ses cierges et ses rideaux.
(2) Sur les évêques, leur confirmation, leurs cas et leurs différends.
(3) Sur les bons pasteurs.
(4) Sur les prêtres et les mauvais pasteurs.
(5) Sur le diaconat.
(6) Sur les vierges, les veuves, et leurs règles.
(7) Sur les femmes qui sont sages-femmes.
(8) Sur les rites des prêtres, l’imposition des mains, et le baptême.
(9) Sur ce que les clercs doivent fuir, et sur ce qui leur incombe.
(10) Comprend plusieurs canons divins.
(11) Sur les offrandes et les dîmes ; sur celui à qui il faut faire payer l’aumône, et celui à qui il ne le faut pas.
(12) Sur celui qui dénonce l’évêque, ou qui le dépouille, ou prononce contre lui une parole mauvaise.
(13) Sur le sens des offrandes — qu’elles ne soient pas doublées.
(14) Sur l’un des clercs.
(15) Sur les heures de la prière, et sur le lavement des mains à toute heure si l’on s’est livré au rire pendant les mystères.
(16) Sur la Foi — qui sont ses parties — et l’abandon de la colère.
(17) Sur le sens de celui qui vient d’un pays étranger.
(18) Sur les livres que l’on doit lire et étudier.
(19) Sur le jeûne, la Pâque, le mercredi et le vendredi.
(20) Que nul n’aille au baptême d’un hérétique ni à son oblation.
(21) Sur les jours où il ne convient de faire ni jeûne ni génuflexion.
(22) Sur les fêtes et les jours où la cessation du travail est obligatoire.
(23) Qu’il n’est pas permis à un fidèle de fréquenter les assemblées des peuples [païens].
(24) Sur le serment au nom des idoles ou la mention de leurs noms.
(25) Sur ceux qui font l’aumône, et sur l’exhortation à l’aumône.
(26) Sur les serviteurs de l’Église et leur ordonnance.
(27) Sur les patrons et les esclaves.
(28) Sur le mariage et le testament de l’homme et de la femme.
(29) Sur le divorce.
(30) Sur les jours où il faut s’abstenir d’approcher son épouse.
(31) Sur les bonnes manières des clercs qui servent à l’autel — qu’ils ne boivent point d’alcool tant qu’une heure ne s’est pas écoulée.
(32) Sur la coupe des cheveux à la tête et à la barbe.
(33) Sur le sens de l’ivresse.
(34) Sur le sens du marquage à l’aiguille [tatouage].
(35) Sur le sens des vêtements précieux.
(36) Sur le sens de la bague.
(37) Sur le sens du chaussage.
(38) Sur la parure des femmes.
(39) Sur la question des riches.
(40) Sur le sens des eunuques et des circoncis.
(41) Sur le bain et l’usage du bain.
(42) Sur la fornication.
(43) Sur la nudité.
(44) Sur les droits royaux et l’obéissance au souverain et aux chefs.
(45) Sur celui qui commet une faute à l’égard d’un esclave.
(46) Sur celui contre qui l’on juge le mal — pour meurtre ou inconduite.
(47) Sur les jugements ecclésiastiques et le témoignage contre les pécheurs.
(48) Sur ce qu’il convient de faire à propos de ceux qui sont admonestés mais ne quittent pas leurs habitudes.
(49) Sur la lune.
(50) Sur les païens qui fabriquent les idoles, font partie de leurs maisons d’idoles, présentent leurs lots — et les enfants qui apprennent l’instruction profitable près des images des idoles.
(51) Sur ceux qui assistent à la sieste de midi.
(52) Sur le maître des petits enfants.
(53) Sur le marquage du front au signe de la Croix.
(54) Que le sacerdoce est plus excellent que la royauté.
(55) Sur les martyrs et la solennité de leurs testaments, et l’aller à eux — c’est-à-dire les prisons — et leur délivrance.
(56) Sur l’instruction des pères à leurs enfants ; et qu’ils les marient en temps d’âge propre au mariage.
(57) Sur le baptême.
(58) Sur ceux qui renient le Christ et le sacerdoce, et ceux qui sacrifient aux idoles.
(59) Sur les paroles vaines, la prose rimée et le mal.
(60) Sur les cimetières.
(61) Sur le sens des Maritsiyât.
(62) Sur le rassemblement au lieu de l’évêque chaque jour, et la visite des malades.
(63) Sur le sens des nouveaux baptisés qui viennent à la Foi — c’est-à-dire les catéchumènes.
(64) Sur le sens de la bénédiction et de l’
(64bis) (suite) Eulogie.
(65) Sur le sens des banquets, de la nourriture et de la boisson.
(66) Que les supérieurs ne soient pas pris parmi ceux qui sont d’un rang inférieur.
(67) Que le prêtre ne soit pas ordonné en deux fois.
(68) Qu’un embryon dans le ventre de sa mère ne soit pas reçu [au baptême] tant qu’il n’est pas né.
(69) Sur les types de fornication et ce qui leur ressemble.
(70) Sur celui qui terrasse par sorcellerie ; et sur celui en qui se trouve un démon.
(71) Sur le vol, les œuvres méprisables, les diverses sortes de jeux, et celui qui souffre — qu’il aille à un voyant l’assister, fût-il aveugle ou boiteux, et qu’il en fasse résulter quelque chose.
(72) Sur la viande morte, ce que la bête sauvage déchire, et ce qui n’est pas égorgé selon le rite.
(73) Qu’on n’excommunie pas un clerc dans lequel se trouve un défaut corporel ; et sur ce qui lui incombe pour la garde des préceptes.
(74) Sur le clerc qui se rend auprès des rois et des gouverneurs ; et sur celui qui assiste à la liturgie sans communier — et ce qui s’ensuit.
En marge du texte. « Fin des canons du patriarche Gabriel II ibn Turaik. »
Les canons des rois (annexés aux canons précédents)
Ils sont au nombre de plusieurs chapitres :
(1) Sur le mariage des compères de baptême (al-ashâtîn).
(2) Sur l’affranchissement des esclaves.
(3) Sur la vente des esclaves.
(4) Sur le repos dû aux esclaves.
(5) Sur la vente et l’achat.
(6) Sur les héritages.
(7) Sur le délai de pureté de la veuve avant qu’elle ne se remarie.
(8) Sur les maladies survenues après le mariage.
(9) Sur le délai accordé pour la revendication des droits.
(10) Que le prêtre ne sépare pas du mort dans l’héritage.
(11) Sur l’héritage — et ce qui s’ensuit.
Les canons compilés par Cyrille III ibn Laqlaq — 75ᵉ patriarche d’Alexandrie[154]
Compilés par accord des évêques et des notables, et anathématisés contre quiconque s’en écarterait.[155] Ils sont en cinq livres, comprenant dix-neuf chapitres. Date : seizième jour de Tût en l’an 952 (ou 905) des Martyrs. La première rédaction fut de la main d’al-Ṣafî ibn al-ʿAssâl ; nous (le patriarche) l’avons revue. Le patriarche y apposa sa signature, ainsi que celle des évêques, et ils l’envoyèrent au siège [d’Alexandrie] comme copie d’autorité.
Voici la table
Livre I — Le Baptême
(1) Sur le baptême — un seul chapitre.
Livre II — Le Mariage — sept chapitres
(1) Sur les fiançailles.
(2) Sur les contrats de mariage et leurs accompagnements.
(3) Sur les liens entre les futurs époux.
(4) Sur le mariage lui-même.
(5) Sur les conséquences du mariage.
(6) Sur ce qui annule le mariage.
(7) Sur le mariage des esclaves.
Livre III — Le Testament
(1) Sur le testament — un seul chapitre.
Livre IV — L’Héritage — huit chapitres
(1) Sur ce qui se présente dans la communauté.
(2) Sur l’épouse avec les héritiers de son mari.
(3) Sur les rangs des héritiers.
(4) Sur les héritages des évêques, des moines et des moniales.
(5) Sur les héritages des défunts.
(6) Sur ceux qui sont morts sans testament et n’ont pas d’héritiers — en deux parties : (a) sur celui qui ne laisse pas de testament ; (b) sur le cas du doute.
Livre V — Le Sacerdoce — deux chapitres
(1) Sur l’ordonnance des liturgies des prêtres et des diacres ; et sur l’âge requis pour ordonner du fils.
(2) Sur ce qu’il faut prendre en compte en matière de dons et d’aumônes — divisé en deux parties et six conditions. Date de cet arrangement : Bermouda 956 des Martyrs.
Compléments aux canons de Cyrille III ibn Laqlaq
Suit un chapitre sur l’ordonnance des rites dans l’Église (daté du 24 du mois mentionné de la même année), puis les chapitres du synode tenu (daté du samedi 11 Tut 957), au nombre de vingt-et-un chapitres ; et un grand livre sur la Foi droite, avec les ordres et les interdictions, de cinquante-trois chapitres.
Cela parce que les patriarches précédents avaient coutume d’écrire au peuple des terres égyptiennes à titre de rappel et d’assignation.
En marge du texte. « Voici ce que nous a transmis des canons des saints apôtres confirmés, des Pères doctes et lumineux, et des saints patriarches précédents. Je les ai inclus non en ordre — l’accès à leurs textes ayant été difficile au moment où je les ai consignés. Que celui qui voudra les recopier pour son usage et saura les agencer dans un ordre cohérent — son zèle lui en sera tenu pour récompense. »
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Fin du cinquième chapitre
Chapitre 6
Sur les livres reconnus comme autorité dans l’Église
« Il contient les livres qui figurent au registre de l’Église, et dont les chefs de la religion et les maîtres de la Loi ont ordonné l’acceptation. Que Dieu nous accorde leur bénédiction et nous guide par leurs prières. »
Les livres de l’Ancien Testament — le codex de l’Hexabiblos[156]
Ils sont au nombre de quarante-six livres ou chapitres. Voici leurs noms et leurs résumés, en six [groupes] :[157]
En marge du texte. « Hexabiblos » (ΕΞΗΑΝΤΑΒΙΒΛΟΝ) signifie « les soixante » — ou littéralement, en grec, « les six livres ». La règle des apôtres mentionnée parle de quatre-vingt-un livres : c’est ainsi qu’ils interprètent l’ensemble, prenant l’Ancien et le Nouveau Testaments réunis. Et le mot s’accorde avec ce sens. — Cependant, ce qui est reçu, c’est l’ensemble, et non l’Ancien Testament seul ; et l’on dit que ce qui suit ces paroles est le codex des canons que le Père a confié à Clément.
En marge du texte. Autre note marginale : « Les livres de l’Ancien Testament : leurs résumés sont en six [groupes], leurs livres au nombre de 46. — Le compendium : la Torah, les Prophètes, les Juges, les Rois, les Sages, les Justes (al-Ṣiddîqîn). »
Les Livres en six groupes
(1) La Torah — cinq livres.
(2) Les Prophètes — qui sortent de ce qui vient — dix-huit livres.
(3) Les Juges — un seul livre.
(4) Les Rois, et les Restes des Rois (Chroniques) — six livres.
(5) Les Sages — sept livres : Salomon 5 ; Jésus fils de Sirach 1 ; Job 1.
(6) Les Justes (al-Ṣiddîqîn) — cinq livres : 2 Maccabées ; 2 Esdras ; 1 Ruth ; 1 Esther ; 1 Tobit ; 2 Judith.[158]
La liste des livres avec leurs noms coptes
(1) Le livre de la Création — ΓΕΝΕCΙC (Genèse).
(2) Le livre de la Sortie des fils d’Israël — ΕΞΟΔΟC ΤΩΝ ΥΩΝ ΙCΡΑΗΛ (Exode).
(3) Le livre des Lévites — ΛΕΥΙΤΙΚΟC (Lévitique).
(4) Le livre du Nombre — ΑΡΙΘΜΟC (Nombres).
(5) Le livre de la Répétition — ΔΕΥΤΕΡΟΝΟΜΙΟΝ (Deutéronome).
(6) Le livre de Josué fils de Noun (un livre) — ΙΗCΟΥ ΤΟΥ ΝΑΥΙ.
(7) Le livre des Juges (un livre) — ΚΡΙΤΑΙ.
(8) Le livre de Ruth (un livre) — ΡΟΥΘ.
(9) Le livre de Judith (un livre) — ΙΟΥΔΗΘ.
(13) Les livres des Rois (quatre livres) — ΤΕΤΑ ΒΑCΙΛΕΙΩΝ.
(15) Le livre des Restes des Rois (Chroniques, deux livres) — ΠΑΡΛΕ ΙΟΠΟΜΕΝΩΝ (Paralipomena).
(17) Le livre d’Esdras (deux livres) — ΕCΔΡΑC.
(18) Le livre d’Esther (un livre) — ΕCΘΗΡ.
(19) Le livre de Tobit (un livre) — ΤΟΥΒΗΘ.
(22) Les Maccabées (trois livres) — ΜΑΚΚΑΒΕΩΝ.
(28) Les six livres de la Sagesse : 1) Job — ΙΩΒ ; 2) Proverbes de Salomon — ΠΑΡΟΙΜΙΑ CΟΛΟΜΩΝΟC ; 3) Sagesse de Salomon — CΟΦΙΑ CΟΛΟΜΩΝ ; 4) Ecclésiaste — ΕΚΚΛΗCΙΑCΤΗC ; 5) Qohélet (« la voix du fils de Bakko ») — ΦΑΘΩΡ ΥΙΟC ΒΑΚΚΟ ; 6) Cantique des Cantiques — ACΜΑ ACΜΑΤΩΝ.
(29) Les Psaumes de David (un livre) — ΨΑΛΜΟ ΤΩΝ ΔΑΔ.
(41) Les douze petits prophètes (ΠΑ ΠΡΟΦΗΤΙΑ) :
1) Osée — ΩCΙΑ ; 2) Joël — ΙΩΗΛ ; 3) Amos — ΑΜΩC ; 4) Abdias — ΑΒΔΙΑC ; 5) Jonas — ΙΩΝΑC ; 6) Michée — ΜΙΧΕΑC ; 7) Nahum — ΝΑΟΥΜ ; 8) Habacuc — ΑΜΒΑΚΟΥΜ ; 9) Sophonie — CΟΦΟΝΙΑC ; 10) Aggée — ΑΓΓΕΟC ; 11) Zacharie — ΖΑΧΑΡΙΑC ; 12) Malachie — ΜΑΛΑΧΙΑC.
(45) Les quatre grands prophètes :
1) Isaïe — ΗCΑΙΑC ; 2) Jérémie — ΙΕΡΕΜΙΑC ; 3) Ézéchiel — ΙΕΖΕΚΙΗΛ ; 4) Daniel — ΔΑΝΙΗΛ.
(46) Jésus fils de Sirach — ΙΗCΟΥ ΤΟΥ CΙΧΑΡ (Ecclésiastique).
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Le livre de la Torah
Révélé à Moïse fils d’Amram le Lévite — chef des prophètes des fils d’Israël. Le total des résumés de ses livres est de cent trois chapitres.
Premier livre — Résumés de la création des créatures (Genèse) — 25 chapitres
(1) Sur la création des créatures et la formation d’Adam à l’image de Dieu.
(2) Sur ce qui s’est passé pour Adam, à propos de l’ordre et de la défense ; la formation de la femme à partir de sa côte ; l’ordre qui lui fut donné, et son expulsion du paradis.
(3) Sur le meurtre d’Abel par Caïn, et ce qui lui arriva jusqu’à la naissance de Seth.
(4) Sur la nouvelle des fils d’Adam, de Seth à Noé.
(5) Sur ce qui a concerné Noé jusqu’au retour de la colombe vers lui, et au retrait des eaux.
(6) Noé reçoit l’ordre de sortir de l’arche et de présenter une oblation à Dieu ; jusqu’à la mention de ce qui survint à son fils Cham.
(7) Sur le nombre des fils de Noé selon leurs lignées, jusqu’à la construction de la tour de Babel, la confusion des langues, la séparation des Pères, et la permanence de la langue hébraïque chez lui et sa descendance.
(8) Sur la migration d’Abraham vers son fils Aram et Nahor, et Lot fils de son frère ; sur leur destination de Cham ; sur la mort de Haran ; sur la marche d’Abraham vers Sajîm de Cham ; sur ce qui lui arriva de la promesse, sa marche vers l’Égypte, et ce qui se passa avec Sarah et Pharaon.
(9) Sur la division des terres de Sodome entre Abraham et Lot fils de son frère, et le renouvellement de la promesse à Abraham.
(10) Comprend la captivité de Lot, le sauvetage par Abraham, et la rencontre d’Abraham avec Melchisédech le prêtre, qui lui offre l’aumône — il lui présente du pain et du vin et le bénit.
(11) Sur Abraham, lorsqu’il prit Hagar pour épouse, et la naissance d’Ismaël.
(12) Sur la nouvelle de la naissance d’Isaac mentionné, et le changement du nom de son père d’Abram en Abraham.
(13) Sur la nouvelle des trois anges qui lurent à Abraham, et leur annonce de la conception de Sarah, de la naissance d’Isaac, du renversement de Sodome et de Gomorrhe, et de la délivrance de Lot et de ses filles : l’une à Sîgar, et l’autre montant à la montagne ; et la vie de Lot avec elles deux.
(14) Sur la résidence d’Abraham à Gerar, et ce qui se passa avec Abimélek, son achat du puits, et le serment selon la mort du chevreau.
(15) Sur la naissance d’Isaac, et l’ordre de Dieu à son père de l’offrir en sacrifice ; sa rançon par le bélier ; et la mort de Sarah ; jusqu’au mariage d’Isaac avec Rébecca fille de Béthuel fils de Nahor son cousin.
(16) Sur le second mariage d’Abraham avec Qétura après Sarah, et les enfants qu’il en eut, qu’il sortit du voisinage d’Isaac ; il en fit un héritier de son maison jusqu’à la mention de sa mort, entre Hawila et la Syrie ; et le rang de la naissance de Jacob et d’Ésaü, deux jumeaux.
(17) Sur ce qui se passa pour Élihéer (Éliézer) avec Rébecca, sa venue chez Isaac, son hospitalité, et le mariage d’Ésaü avec des femmes des gens du Cham.
(18) Sur la vieillesse d’Isaac et l’affaire d’Ésaü et de Jacob, et la précédence de Jacob à prendre la bénédiction de son père.
(19) Sur ce qui se passa avec Jacob de la nouvelle de son songe, et sa vision de l’échelle dressée entre le ciel et la terre, et son mariage chez son oncle Laban, qui sont Léa et Rachel, et le mariage des deux femmes esclaves ; et leur sortie de chez son oncle.
(20) Sur la nouvelle de Jacob avec Ésaü, son cadeau, sa rencontre avec lui, et son arrivée à Salima ; ce qui se passa à propos de Sichem fils d’Hamor avec Dina fille de notre seigneur Jacob ; et la trahison de ses frères en les tuant ; et les gens de la ville la malédiction de la circoncision ; et la mort d’Isaac ; et Ésaü et Jacob furent ensevelis.
(21) Comprend le dénombrement des fils d’Ésaü et que Job le Trésorier est de ses fils.
(22) Sur Joseph — du commencement à sa vente par ses frères pour vingt madianites.
(23) Sur Joseph en Égypte, depuis qu’il fut acheté par Putiphar, jusqu’à la présence de son père et de sa famille.
(24) Sur l’arrivée d’Israël et de ceux qui sont avec lui en Égypte, et ce qui s’est passé jusqu’au moment de sa mort.
(25) Comprend l’invocation de Jacob et sa bénédiction sur chacun de ses fils ; et sa mort, et son transport jusqu’aux sépultures de ses pères — lorsqu’il les sortit de Dieu d’Égypte.
Deuxième livre — Résumés de la Sortie des fils d’Israël (Exode) — 10 chapitres
(1) Comprend la nouvelle de l’oppression de Pharaon imposée aux fils d’Israël, la naissance de Moïse fils d’Amram le Lévite, et ce qu’il avait fait jusqu’à sa fuite d’Égypte vers Madian.
(2) Comprend la nouvelle de sa parole avec son fils Jéthron Sippora, et qu’elle lui donna Gershom et Lazar ; et la mission de Dieu vers l’Égypte, et son entrée auprès de Pharaon ; et ce qui s’est passé avec lui de l’ordre des trois signes — devenir le bâton serpent, puis sa main dans son giron blanche, et le changement de l’eau du fleuve en sang.
(3) Comprend ce qui s’est passé pour Moïse à son arrivée en Égypte, son entrée et celle de son frère Aaron auprès de Pharaon, et ce qui s’est passé en discours et discussions ; et les dix signes que Dieu manifesta par la main de Moïse : (1) le changement du bâton en serpent ; (2) le changement de l’eau du fleuve en sang ; (3) les grenouilles ; (4) les poux ; (5) les mouches du chien ; (6) la mort du bétail ; (7) les ulcères ; (8) la grêle et le feu ; (9) les sauterelles ; (10) les ténèbres ; et l’ordre de la Pâque, et la sortie des fils d’Israël d’Égypte, et la noyade de Pharaon lorsqu’il les suivit dans la mer Rouge.
(4) Comprend la descente de Moïse à Marah, la transformation de l’eau en eau douce, et la lutte qu’il y livra ; et la nouvelle de la descente de la manne et des cailles pour eux, jusqu’au moment de leur lutte avec Amaleq à Rephidim.
(5) Comprend la visite de Jéthron aux pieds de Moïse, son épouse et ses fils près de lui, et la prescription de l’établissement des dix commandements légaux :
(1) Tu n’auras pas d’autre Dieu que Moi. (2) Tu ne te feras point d’idole ni d’image. (3) Tu ne jureras pas faussement par le nom du Roi. (4) Souviens-toi du jour du Sabbat pour le sanctifier. (5) Honore ton père et ta mère. (6) Tu ne tueras pas. (7) Tu ne commettras pas l’adultère. (8) Tu ne voleras pas. (9) Tu ne porteras pas de faux témoignage. (10) Tu ne convoiteras pas ce qui est à ton prochain — et le reste des commandements.
(6) Comprend les promesses et l’oblation du congrès.
(7) Comprend ce qui fut commandé à Moïse dans l’ascension à la montagne pour recevoir les tables de la Loi, son séjour, son jeûne, son don de la part des anges, ce qu’il fit de la tente du temps, et le reste.
(8) Comprend la prise par les fils d’Israël du veau d’or et leur adoration de l’idole ; Moïse cassa le bâton d’Aaron, et présenta aux fils de Lévi de tuer ceux d’entre eux qui avaient désobéi, et 3000 d’entre eux tombèrent ; puis il leur demanda pardon pour eux.
(9) Annonce que Dieu parla à Moïse face à face, et un autre jeûne, et il écrivit ce qui leur fut prescrit ; et il leur ordonna la Pâque, l’observance du Sabbat, et l’extermination des peuples, et la consécration des aînés à Dieu.
(10) Annonce que Moïse plaça le voile sur son visage, sa diligence dans l’œuvre des ustensiles du temple, et le choix de Bésaléel fils d’Ouri, et de qui qu’il en sera, pour qu’il l’aide à le fabriquer.
Troisième livre — Résumés du Lévitique — 13 chapitres
(1) Comprend l’appel de Dieu à Moïse, l’ordre du sacrifice, la mode des offrandes, et la salaison de l’oblation par le sel toujours.
(2) Comprend les modes des sacrifices du salut, et l’interdiction de manger la graisse.
(3) Sur le sacrifice du combustible plein, le vêtement de l’encens, et la permanence du feu sur l’autel toujours, et ce que le prêtre offre le jour de son onction et de ce qui s’ensuit des préceptes les plus pertinents.
(4) Comprend l’ordre de Moïse à Aaron, ses fils, et leur purification ; l’oblation de l’encens à la tente ; il informe de la sortie du feu de devant le Seigneur, et qu’elle consuma les sacrifices qui étaient sur l’autel ; Nadab et Abihu offrirent un feu étranger après cela et furent brûlés ; Dieu commanda à Aaron qu’ils ne boivent pas de vin ni de boissons fortes le jour de leur entrée à la tente.
(5) Sur les six [choses] qui se mangent du pur des bestiaux et des animaux : terre, mer et oiseaux, et ce qui n’est pas mangé de ce qui n’est pas pur.
(6) Annonce les promesses et l’oblation pour la santé des âmes.
(7) Sur ce qu’a ordonné Moïse pour la montée à la montagne afin de prendre les tables de la Loi ; sa résidence et son jeûne, et ce qu’il reçut des anges en temps de la tente du temps, et autres.
(8) Annonce la prise par les fils d’Israël du veau, et Moïse cassa les tables ; il présenta aux fils de Lévi à tuer ceux d’entre eux qui avaient mal fait, et 3000 d’entre eux tombèrent ; puis il leur demanda pardon.
(9) Mentionne ce que Dieu parla à Moïse, c’est-à-dire que Moïse a écrit le second jeûne, et qu’il a écrit ce qui leur a été prescrit ; et il leur a ordonné la Pâque et la conservation du Sabbat, et la suppression des peuples, et la consécration des aînés à Dieu.
(10) Annonce que Moïse plaça le voile sur sa face, et son zèle dans la fabrication des ustensiles du Sanctuaire, et le choix de Bésaléel et son aide-fabricant.
(11) Sur le statut de pureté du sang permise dans la naissance, dans la propreté.
(12) Sur les limites de la nourriture des viandes égorgées en chaque lieu, et leurs accompagnements.
(13) Sur l’interdiction de ce qui est étouffé et égorgé hors de la loi.
Quatrième livre — Résumés des Nombres — 21 chapitres
Avec, entre autres : le recensement des Israélites au Sinaï, la distribution des charges des Lévites, l’ordre des tribus autour du tabernacle, la consécration des premiers-nés, le serment de la jalousie (la femme suspecte d’adultère), le don du nazir, l’oblation des chefs des douze tribus, la confection des lampes du chandelier, le départ du peuple du Sinaï, la nuée et le feu sur le tabernacle, les murmures et les cailles, Miryam la lépreuse, l’envoi des explorateurs, la rébellion de Coré, la verge d’Aaron qui fleurit, la révolte d’Achân, l’histoire de Balaam et Balaq, la guerre contre les Madianites, et le partage des terres au-delà du Jourdain.
Cinquième livre — Résumés de la Répétition (Deutéronome) — 32 chapitres
Reprise par Moïse, à la fin de sa vie, de tout ce qui précède en abrégé — d’où le nom de « livre de la Répétition » (al-mathnâ). Au menu : encouragement à la guerre, attribution de la victoire à la grâce de Dieu, rappel des péchés du peuple et de l’adoration du veau, l’ordre de « circoncire la dureté du cœur », l’éloge de la terre promise, la promesse en cas d’obéissance et la menace en cas de désobéissance, l’ordre d’égorger le séducteur sur le mont Garizim, l’interdiction des idoles, l’ordre du lieu unique du sacrifice (celui que Dieu choisira), les villes de refuge au-delà du Jourdain — et le récit de la mort de Moïse sur le mont Nébo.
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Les livres historiques
Sixième — Le livre de Josué fils de Noun (un livre)
Comprend la traversée du Jourdain à pied sec, la prise de Jéricho au son du chofar, la chute des murs, la conquête des nations cananéennes, le partage des terres entre les tribus, et le testament de Josué au peuple avant sa mort.
Septième — Le livre des Juges (un livre)
Sur la conduite des fils d’Israël après Josué — les juges Othniel, Ehud, Shamgar, Déborah avec Baraq, Gédéon, Abimélek, Tola, Yaïr, Jephté, Ibsân, Élôn, Abdôn, Samson — et comment ils déchaînaient contre eux les ennemis lorsqu’ils péchaient, et leur sauvèrent par les juges quand ils se repentirent.
Huitième — Les livres des Rois (quatre livres)
Ils traitent de la conduite des fils d’Israël et des fils de Juda :
• Premier livre : Samuel fils d’Helqana fils de Yerhom fils de Yâhâm fils de Yashor — du clan de Souph fils de Berkel, de la montagne d’Éphraïm, de la famille d’Arimathie ; son père : sa mère Anne ; et sa biographie. Comprend la royauté de Saül fils de Qis, premier de leurs rois, et ses nouvelles.
• Deuxième livre : mention du prophète Nathan et de Gad ; comprend la royauté de David fils de Jessé jusqu’à sa mort.
• Troisième livre : la royauté de Salomon fils de David, la construction du Temple à Jérusalem, jusqu’à sa mort ; la transition du royaume à son fils Roboam, et la division du royaume en deux parties : une partie pour les fils d’Israël ; et un découpage entre Salomon et Juda.
• Quatrième livre : comprend les nouvelles de leurs rois en abrégé, de Roboam jusqu’à la captivité à Babylone, et la dévastation des deux temples — celui de Jérusalem.
Treizième — Le livre des Restes des Rois — Paralipomena (Chroniques, deux livres)
Composé par Benjamin le scribe, en deux livres :
• Premier livre : conçu comme une histoire depuis la création du monde — comporte la mention d’Adam et de ses descendants, la dispersion des langues, l’apparition des peuples et des langues, et ceux des rois qui surgirent groupe après groupe, conduisant jusqu’à Salomon fils de David.
• Deuxième livre : contient la mention de la construction du Temple par Salomon, et les nouvelles des rois de Juda et d’Israël qui n’étaient pas incluses dans les livres des Rois, jusqu’au retour des Israélites de Babylone à Jérusalem pour bâtir le Second Temple.
Quatorzième — Le livre d’Esdras fils de Salathiel le scribe
Comprend le retour, avec le peuple d’Israël, de Babylone — dans la première année du règne d’Assuérus, qui est Cyrus le Perse, le messie que Dieu désigna sur lui dans le royaume. Et il rappelle la manière dont fut bâti le Second Temple — celui que les fils d’Israël bâtirent à Jérusalem, à hauteur de la Torah, après l’avoir étudiée par leur enseignement par la Loi (al-Nâmûs). Sa prophétie, dit-on, fut en l’an 1375 du monde.
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Les livres des Justes (al-Ṣiddîqîn)
Quinzième — Le livre de Tobit
On l’appelle aussi Tûbya, des fils de Nephtali, du haut pays de Galilée. Sa ville se trouve au-dessus de Maḥsoûqa, au nord, près de Sphat ; il est de l’époque du roi Salmanasar en syriaque (variante : Sarasar). Il ne sort pas de sa religion ; mais quel que soit le mode de bienfaisance qu’il pouvait faire, il l’accomplissait. Il enterrait les morts du peuple ; il fit beaucoup la nuit ; à la fin de sa vie il devint aveugle ; — puis, par l’apparition de l’ange Raphaël à son fils, et l’aventure que Dieu accomplit pour lui par la main de l’ange : il battit le poisson, sortit le foie et le cœur, et fut guéri de plusieurs maux. Comme l’ange Raphaël lui apparut — par lui fut connu le nom de cet ange, et l’Église en a fondé la fête.
Seizième — Le livre de Ruth la Moabite
Composé par Samuel le prophète ; il comprend la mention des généalogies des tribus, depuis Juda jusqu’à David.
Dix-septième — Le livre d’Esther
Celle dont s’est marié Assuérus, le sixième roi des Perses après Nabuchodonosor. Il est appelé aussi Dareh (Darius). Il y avait près d’elle un proche nommé Mordekhaï parmi les Hébreux. Il avait aussi un vizir nommé Haman (que ce soit Haman du peuple des Philistins, de l’hostilité entre eux et les Juifs anciennement). Mardrkhaï, à cause de sa proximité avec la femme du roi, gérait pour le royaume affaires sur affaires, en sorte que ses ennemis se mirent à comploter contre lui. Mardrkhaï avait, par le passé, conseillé le roi à un certain moment ; il l’avait amené à conseiller un groupe parmi ses serviteurs qui souhaitait l’assassiner. Et il avait écrit le conseil dans la conduite du roi. — Quand le vizir Haman fixa son dessein de tuer une partie des Juifs, il demanda à Esther : si elle pouvait s’adresser au roi avec courtoisie pour la libération des Juifs. Elle dit cela. — Et alors le sort tomba contre Haman ; il fut crucifié, et le mal ne s’abattit pas sur les Juifs.
Dix-huitième — Le livre de Judith, épouse de Manassé
Comprend l’assaut d’Alfaranas (commandant de l’armée d’Holopherne — abrégé), [qui marcha] vers Jérusalem et la conquête des fils d’Israël ; et que cette femme se cura sur lui, se para, et lui dépêcha [un message] pour le solliciter à se coucher avec elle — afin qu’ainsi elle puisse le prendre, dans sa couche, à l’occasion de son endormissement avec elle. Et elle put le tuer dans son lit, et ses partisans s’éparpillèrent : alors triomphèrent les fils d’Israël.
Dix-neuvième — Le livre de Joseph fils de Karyon (Josephus)
Comprend la reprise de la biographie depuis Adam et son fils ; en menant à la mention des prophètes des fils d’Israël et de la construction du Second Temple ; et la mention des rois et des événements qui survinrent à leur époque, jusqu’à ce que le Second Temple fût dévasté. C’est en huit parties dans un seul volume :
• Première partie : comprend les nouvelles d’Adam et de ceux qui l’ont accompagné, jusqu’à l’époque de Talmâs (Ptolémée), qui régna sur Alexandrie — surnommé Batalmious ; il est celui qui convoqua soixante-douze anciens des fils d’Israël pour traduire les livres de la Torah, et la transposa de la langue hébraïque en la langue grecque.[159]
• Deuxième partie : comprend le roi Antakos al-Mâkadônî (Antiochus le Macédonien) et ce qui s’ensuit jusqu’au règne d’Alexandrie par Hyrkân des fils des Hasmonéens, qui adopta le judaïsme et fut nommé par le nom du roi.
• Troisième partie : comprend les événements survenus entre les Juifs et les Mardrhim mentionnés, et leurs divergences entre Sadducéens et Pharisiens (al-Muʿtazilites) ; et la confrontation d’Alexandrie fils d’Hyrkân avec les Sadducéens contre la royauté d’Antônîous de Rome.
• Quatrième partie : comprend les nouvelles des rois de Rome, d’Antônîous, et la suite ; les nouvelles des fils des Hasmonéens — la conduite des Juifs vers Hérode. Et celui-ci est l’Hérode du temps de Notre Seigneur le Christ.
Le livre de Job
Comprend les épreuves qui frappèrent Job le juste — la perte de ses biens, la maladie qui le couvrit du sommet au pied — comment sa femme se moqua de lui, comment elle se réjouit, en sorte qu’il y eut entre elle [et lui] des querelles. On dit aussi qu’elle [parlait] en syriaque ; ou plutôt en arabe ; puis vint l’Hébreu en Barkîl al-Bouzânî, de la tribu de Rumon, le rabroua et le pria longuement. Puis Dieu lui répondit, et un de ses amis vint le visiter, qui lui présenta un sacrifice agréable de leur part. Lorsqu’il pria pour eux, Dieu écarta de lui l’affliction ; il rendit grâce et fut soulagé, et il rendit grâce et fut guéri.
Les Psaumes de David le prophète
Un seul livre. Le nombre des Psaumes consignés est de 151 selon la tradition copte, et de 150 selon la tradition romaine.
(1) Attribution des Psaumes
(1) Ceux qui sont attribués à David (selon la tradition copte) : 89 Psaumes — à savoir :
• du premier au quarantième : 40 Psaumes ;
• le 41ᵉ et 42ᵉ : 2 ;
• du 50ᵉ au 70ᵉ : 21 ;
• du 85ᵉ : 1 ;
• du 90ᵉ au 103ᵉ : 14 ;
— puis douze Psaumes dispersés : 107, 108, 109, 119, 136, 139, 140, 141, 142, 143, 144, 151.
(2) Les onze Psaumes attribués aux fils de Coré : 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 83, 84, 86, 87.
(3) Les douze Psaumes d’Asaph : 49, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82.
(4) Les deux Psaumes de Zacharie : 137, 138.
(5) Les quatre Psaumes d’Aggée le prophète — l’un des petits prophètes : 145, 146, 147, 148.
(6) Salomon fils de David — un seul Psaume, où il a demandé la sagesse : le 71ᵉ.
(7) Nathan le prophète — un seul Psaume : le 88ᵉ.
(8) Les Psaumes que le codex n’attribue à aucune personne connue : 30 Psaumes — peut-être à David ; Dieu seul le sait.
(9) Parmi ces Psaumes : les Cantiques des Degrés — 14 Psaumes consécutifs, du 120 au 133 ; et les Cantiques d’Alléluia — 14 Psaumes dispersés : 104, 105, 106, 110, 111, 112, 113, 114, 115, 116, 118, 134, 135.
(10) Ceux qui ne sont attribués à personne — au nombre de deux : 149 et 150.
Quant au dernier Psaume — le 151ᵉ — on rapporte qu’il fut récité par David en peu de mots, lorsque le prophète Samuel l’oignit d’huile, par ordre de Dieu, pour être roi sur Israël ; et il se trouve en dehors du nombre [officiel] des Psaumes.
(2) Division des Psaumes
Il y a trois divisions :
• la division hébraïque ;
• la division syriaque ;
• la division romaine (grecque).
(3) Nombre des noms et des stikhê
Voici ce que le livre contient comme noms, et combien de fois chaque nom y est répété :
• Nom du Seigneur : 6580 fois ;
• Nom de Dieu : 371 fois ;
• Nom du Très-Haut : 16 ;
• Nom de son Messie : 9 ;
• Abraham : 4 ; Isaac : 4 ; Jacob : 36 ; Israël : 63 ; Juda : 7 ; Joseph : 5 ; Benjamin : 4 ; Nephtali : 1 ; Zabulon : 1 ; Manassé : 1 ; Éphraïm : 5 ; Lévi : 1 ; Cham : 1 ; Lot : 1 ; Melchisédek : 1 ; Moïse : 1 ; Aaron : 7 ; David : 9 ; Samuel : 12 ; Phinées : 1 ;
• Soleil : 1 ; Lune : 12 ; Jérusalem : 7 ; Sion : 16 ; nom de « vente » (yabîʿ) : 23 ; Sanctuaires : 8 ; Temples (hayâkil) : 14.
Le nombre total des stikhê des Psaumes — c’est-à-dire de leurs paroles complètes — est de 4837 en copte. Le détail en a été transmis, selon ce qui fut copié sur un manuscrit des Psaumes de la main du Cheikh al-Asʿad al-Faraj ibn al-ʿAssâl en arabe.
En marge du texte. « Selon moi, ceux qui sont véritablement de David parmi les Psaumes ne sont que 62, et pas plus. »
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Les livres de Sagesse de Salomon (quatre livres)
1. Mathla (de l’hébreu : mâshâl, proverbe) — c’est le livre des Proverbes et de la Sagesse.
2. Qohelet (de l’hébreu signifiant le Prêcheur) — c’est sur l’ascèse. Il est aussi appelé « Vanité des vanités, et tout est vanité », et « Futilité dans la futilité ». Cette dénomination est tirée de son début, du milieu et de la fin. (Voir Ecclésiaste 1:2 ; et 12:8.)
3. Shofat hashfâṭîm (de l’hébreu, signifiant « les jugements des juges » — c’est-à-dire le décret des décrets) — c’est le livre de l’Ecclésiastique — autre nom de l’Ecclésiaste / la Jami‘a.
4. Shîr hashîrîm (de l’hébreu, signifiant « le Cantique des Cantiques ») — c’est aussi appelé « la louange des louanges ». En copte : ϫIX NTE NIϪΩ.
En marge du texte. Les livres de Salomon furent traduits entre Sinân ibn Sannân ibn Sanbat al-Ḥirâqî [le traducteur].
Le livre de Jésus fils de Sirach, scribe de Salomon fils du prophète David
Sa filiation : il est Ibn Sira fils de Siméon. Le livre est utile pour l’enseignement des bonnes manières (al-ʾâdâb). Le nombre de ses chapitres est de dix-huit. Il fut traduit par Phineas fils de Job, le traducteur, à Sham (Damas).
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Les histoires des prophètes
Les quatre grands prophètes : Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel
À côté de ceux mentionnés dans les livres des Rois, qui n’ont pas de livre [propre].[160]
Les douze petits prophètes
Nous en allons mentionner un résumé bref tiré de leurs histoires — sans suivre l’ordre de leurs époques.
En marge du texte. Le nombre des prophètes est de vingt-quatre : (1) Moïse, (2) Josué, (3) David, (4) Isaïe, (5) Jérémie, (6) Ézéchiel, (7) Daniel, (8) Osée, (9) Joël, (10) Amos, (11) Abdias, (12) Jonas, (13) Michée, (14) Nahum, (15) Habacuc, (16) Sophonie, (17) Aggée, (18) Malachie, (19) Zacharie, (20) Élie, (21) Élisée, (22) Nathan, (23) Samuel, (24) Gad.
En marge du texte. Sur la nature de la prophétie : Le prophète est celui à qui descend la révélation, c’est-à-dire les choses spirituelles. La révélation parvient parfois par une voix que le prophète entend en lui-même ; parfois par la langue d’un ange qui se manifeste à lui pour lui parler face à face ; parfois par des visions qu’il voit dans son sommeil ; parfois par un mouvement sanctifié qui se produit dans son être, et par une illumination divine déposée sur lui par l’Esprit-Saint, par laquelle il parle des commandements et des prohibitions, des menaces et des promesses ; et parfois on lui ordonne de poser un acte par lequel il sera communiqué aux hommes, pour qu’ils se conforment à ses actions et l’imitent. — Les prophètes sont infaillibles à l’égard de l’incrédulité, de l’hérésie, du blasphème, de la trahison dans la transmission du message — et à l’égard du péché en état de révélation.
Isaïe fils d’Amoṣ
Il prophétisa aux jours d’Ozias, Yotham, Achaz, Ézéchias et Manassé, rois de Juda. C’est lui qui fit savoir à Ézéchias que Dieu avait ajouté à sa vie quinze années. Dieu fit jaillir pour lui la source de Siloé (al-mu‘awwadha — « celle qui s’est sanctifiée ») à Jérusalem. Manassé le scia en deux lorsque le prophète lui reprochait son culte des idoles. Sa prophétie dura environ 60 ans. Il fut enseveli auprès de Siloé. Voici qu’d’étranges miracles Dieu a accomplis par son intermédiaire : à la source de Siloé.
Jérémie fils de Hilqiyâ le prêtre
Parmi les prêtres des fils de Benjamin ; ses contemporains : Yûshîya, Yoaqîm fils de Yoaqîm, Soyqaya, Manak — qui s’est trouvé être Achaz — et Ṣadqayâ, les rois de Juda. Lorsque Nabuchodonosor envahit Israël et détruisit Jérusalem, Manassé l’emmena en captivité à Babylone — mais il ne se rendit pas avec lui à Babylone ; il préféra rester parmi les restes du peuple des Juifs en Égypte, et en Pelouse, à laquelle vinrent ceux des dévôts juifs après la mort de Nabuchodonosor. Sophonie le tua, et la sépulture d’Élie le prophète Élija s’ensuit. Le détail des chapitres de sa prophétie est de 34.
En marge du texte. Variante : Jérémie est celui qui ordonna le cachet de l’Arche. Et dans une copie : à côté du tombeau du Pharaon — celui qui a sorti de la mer ; ce que Dieu lui a accompli, comme l’avait dit le miel, le tuant à Pelouse ; et voici que les enfants des juifs vinrent voir la dépouille ils retournèrent à Jérusalem. Et à la fin de son tracé, qu’il se l’est dit dans l’apostasie de 25 ans ; on le trouve dans plusieurs années.
Ézéchiel fils de Yûrî le prêtre
Il fut en captivité, et prophétisa en terre des Chaldéens contre le peuple et les nations. Le nombre des chapitres de sa prophétie est de 28. Il mourut dans la cinquième année de sa mission, et il était d’entre les gens des juifs ; un des chefs des juifs à Babylone l’avait défendu du culte des idoles, et il fut enseveli en Sidre (Sodome ?) ; et il tua quelqu’un des chefs des juifs à Babylone qui interdisait l’idolâtrie. Et il fut enseveli auprès de Qatâl fils de Bêr fils de Nâḥor.
Daniel fils de Matia
Il est fils de la fille de Yunâ Yûr. Il était dans la cour de la Chaldée, l’une des trois élus parmi les fils d’Israël — qui sont les trois qu’on jeta dans le feu : Hanania, Azaria et Mishaël. Il était surnommé Belteshatzar. Ḥanania, Sedrak ; Azaria, ʿAbdneghouw ; et Mishaël, Mîshakh. Daniel interpréta les songes pour les rois ; et il fut un grand parmi le peuple — connu sous le nom d’Iskandar le persan — et l’apparition d’un dragon devant lui dont il se débarrassa et que la mort lui infligea trois fois en plein jour. Il mourut, et la couronne lui fut rendue par royale dignité, en sorte que tout ce qui devait être lui fut concédé. — Sa biographie : il s’y trouve l’épisode, célèbre, des trois jeunes gens dans la fournaise, à laquelle Dieu envoya son ange de soixante-dix ans pour les délivrer ; et fait connaître que Babylone, ses enfants et l’aîné du peuple les avaient interdits d’adorer les idoles, etc. — Il fut enterré dans sa demeure.
Hosée fils de Beerî
De la tribu d’Issakhar — un des petits prophètes. Il prophétisa aux jours d’Ozias, Yotham, Akhaz, rois de Juda, et Yarboʿâm fils de Yoaḥaš, roi d’Israël. Mourut le 26ᵉ jour de son temps, et fut enseveli dans son pays. Il fut le contemporain d’Isaïe le prophète.
Joël fils de Pethouel
Variante : Bitouâl. Une copie indique qu’il prophétisa dans la royauté de Yotham, roi de Juda, et de la lignée de Roboam au temps d’Aṣâʾ — fils de Saliman fils de David. Il mourut dans le 23ᵉ jour de Tût, et fut enseveli dans son pays.
Amos le berger fils de Sâd
Et il fut de l’invocation Toq‘ūʿ. Il prophétisa aux jours d’Ozias fils d’Amoṣ, roi de Juda, et de Boryem fils de Joaš, roi d’Israël. Le nombre des chapitres de sa prophétie est de quatre, et il mourut dans le 21ᵉ jour, et dans le 8ᵉ de Bouna, et il est le père d’Isaïe le prophète.
Abdias fils de Hannaniyah
De gens de Sajîm. Il fut chef sur cinquante chevaux d’Akhab. Et lorsqu’il commanda à Élie, le servant comme serviteur d’Akhab, il s’interrogea s’il pouvait répondre — et le servit — il pria pour lui, et le souvenir le servit, et il s’ouvrit à la prophétie. Et il fut enseveli sur son lit dans la vingtième année de son père.
Jonas fils d’Amittaï
De gens de Galaad. Il est le fils de la veuve de Sarepta de Sidon — celle qu’a fait revivre le prophète Élie son frère. Et Dieu l’envoya au peuple de Ninive pour les avertir. Il monta dans une barque qui se dirigeait vers Tarsis, fuyant la face du Seigneur. Il fut jeté à la mer, l’engloutit la baleine, et après trois jours rendu près de Ninive. Il prophétisa dans les jours d’Amasias et d’Ouzia, qui régna sur lui après. Il vécut soixante-dix ans. Il mourut le 27 de Misri, dans sa terre. Sept martyrs furent ses témoins. Et le livre des Juges et l’histoire de Ruth la Moabite furent consignés.
Michée fils de Mourânî d’al-Marshânî
L’interprétation : Hébreu des villages. De la tribu d’Éphraïm. Il prophétisa aux jours de Yotham, Akhâz et Ḥazqya, rois de Juda. Sa prophétie dura jusqu’à Samarie à Jérusalem. Il mourut le 21 de Misri.
Nahum d’Aqshânî (variante : Toushânî) fils de Kâfia
De la tribu de Siméon. Il prophétisa sur la chute de Ninive. Il mourut au 5 du mois de Kahk (variante : au 9 du mois de Kahk).
Habacuc fils de Nahum
Des gens de la petite ville de Zoʿar, dans la terre des Chaldéens, et il fut enseveli là. C’est celui qui se présenta à Dieu avec Daniel : il était dans la fosse aux lions, avec un pain et des lentilles, l’ange le porta jusqu’à lui. Et il mourut dans le 24 de Bouna par le tracé qu’il prophétisa aux jours de Manak — fils de Joachim — roi de Juda. Il mourut en Bouna par tracé.
Sophonie fils de Kushi fils de Gedaliah fils d’Amriya fils de Helqia
Il prophétisa au temps de Yûshiya fils d’Amôn, roi de Juda. Et il est de la tribu de Siméon. Et il mourut le 21 de Touba.[161]
Aggée le prophète
Il était à Babylone, et de là il est venu à Jérusalem ; il était ferme dans le ressort de Babel. Il y a un signe pour lui : il est l’un de ceux qui ont aidé à la construction du Second Temple à Jérusalem, à un certain temps. Il vécut bien, et mourut âgé. Il fut enseveli avec les prêtres.
Zacharie fils d’Ido (= Yâdo)
Il prophétisa en compagnie d’Aggée. Il vint de Babylone, étant jeune, à Jérusalem. Il vécut soixante-seize ans. Mourut et fut enseveli auprès de [la sépulture] d’Aggée.
Malachie le prophète
Surnommé l’Ange. De la tribu de Zabulon. Il prophétisa après le retour des fils d’Israël à Jérusalem, et fut enseveli là.
Élie le prophète
Des fils de Lévi, et de la maison d’Aaron, des gens de Tashbî. Lorsqu’il fut enfanté, son père vit en songe que des hommes resplendissants vinrent le saluer, le pénétrer de lumière, et lui donner une nourriture de feu. Quand il alla voir le Sanctuaire, il rappela son songe ; et l’on dit qu’il serait un homme dont le verbe serait à la lumière de Dieu — sa demeure serait dans la lumière — son habit, le poil ; il sera fervent en jugeant les Israélites en l’épée et en feu. Il fit beaucoup de miracles ; il fut élevé au ciel dans un char de feu, et ne mourut pas — il viendra à la fin des temps avant la seconde venue du Messie, prêcher la Foi pour la confirmer, parmi les hommes ; et il prendra la couronne du martyre par la main de l’Antichrist (al-Dajjâl).
Élisée fils de Shafat
Il fut originaire de Roubîl, du pays de Galilée. Au moment de sa naissance, le veau d’or de Jeroboam fit entendre un grand mugissement, en sorte que le bruit en parvint au sanctuaire de Jérusalem. La prêtresse du Sanctuaire dit avec hauteur : « Voici qu’un enfant est né en cette heure » ; et elle pria pour qu’il fût un guide à Élie. Élie eut à craindre que la chose ne se réalisât. Au terme de son temps, mais après l’apparition des anges, qui s’étaient adressés à lui et lui ; — devant lui, le Jourdain fut traversé. Et un signe vint à lui : voici qu’un char de feu, dans le tonnerre, le fit monter en haut, à son fils. Il pria pour lui ; il l’élargit. Et l’étrange — par lesquels Dieu fit accomplir l’ange merveilleux à Élie, qui le confirma et établit son Église.
Trois grands miracles d’Élisée :
(1) Le partage du Jourdain entre deux [hommes].
(2) La guérison des eaux qui étaient mortes.
(3) Il tua les enfants qui se moquaient de lui, lorsque les ours dressés se précipitèrent sur eux ; ils étaient 42 enfants.
(4) Il fit jaillir d’un coup de bâton une rivière en un lieu sans eau. Et le mot mentionné fut empli des bidons.
(5) Il bénit le peu d’huile de la veuve, qui en abonda et acquitta sa dette.
(6) Il a guéri la femme âgée et stérile de Sîlûmiyya, qui était en âge sans enfanter, lui faisant procréer.
(7) Il ressuscita son fils mentionné, après sa mort.
(8) Sa louange d’un homme affamé, dans vingt galettes d’orge — ses partisans en mangèrent en grand nombre.
(9) La purification de Naaman le Syrien de la lèpre, lorsqu’il vint à lui.
(10) Le passage de la lèpre de Naaman sur Géhazi son disciple, lorsqu’il prit de lui le bien.
(11) Il sortit la hache de fer du Jourdain, lorsqu’elle s’y était enfoncée.
(12) Il jeta sur les ennemis du martyre, leur faisant ne voir rien.
(13) Il ressuscita le mort qu’on lui plaça sur le corps. — Et il vivait soixante-sept ans ; il mourut au vingtième mois de Boône, dans le pays de Samarie.
David fils d’Isaï
De la tribu de Juda. Il fut roi sur les fils d’Israël après Saül fils de Qis, premier roi d’Israël ; et David après lui. Il fut de la tribu de Lévi, des fils d’Aaron ; et le nom de sa mère était Anne. La durée de sa vie : 87 années. Il mourut le 27 de Misri, dans son pays, des gens de l’hiérarchie qui sont la chaire des avant-postes. Et le livre des Juges fut consigné, et l’histoire de Ruth la Moabite.
Nathan le prophète
Des gens de Gibeon. Il est celui qui reprocha à David la faute qu’il avait commise avec Urias le Hittite. Il mourut âgé, et fut enseveli dans son pays.
Gad et Ahijah
De Shiloh. Ils prophétisèrent aux jours de David. Ils moururent et furent ensevelis à Shiloh, près d’un chêne.
Ainsi est établi le nombre des grands et petits prophètes : vingt-quatre prophètes — à savoir : Moïse ; Josué ; ce qui figure dans le livre des Prophètes (16) ; et ce qui figure dans les livres des Rois (6). Et louange à Dieu, toujours et à jamais.
Les femmes qui ont prophétisé dans l’Ancien [Testament]
Tirées du onzième et cinquante-troisième des canons des apôtres :
• Marie, sœur de Moïse et d’Aaron ;
• Déborah ; et après elle Dora ; et après elle Oulâd Rûdît ; l’une au temps de Yûsîs, et l’autre au temps de Darius. Et dans le récit : « Mère du Seigneur, et la chargée de Sîtâ, et Anne, fille de Phânûyel, et les filles de Philippe ».
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Les Livres du Nouveau Testament — depuis la Bonne Nouvelle vivifiante chrétienne
Le nombre, avec ce qui y figure de la Praxis (les Actes) :
D’abord — le Saint Évangile
Quatre Bonnes Nouvelles en un seul livre. « Évangile » (al-Injîl) est un mot dérivé de Euangelion — un mot grec dont l’interprétation est la Bonne Nouvelle. Le nombre total de ses mots est de 9550, et le total de ses chapitres est de 219.
En marge du texte. Nombre des livres du Nouveau [Testament], selon ce qui figure au canon 81 des Tnloûsât[162] : (1) l’Évangile : 4 ; (2) les Actes des Apôtres : 1 ; (3) leurs Épîtres : 7 ; (4) les Épîtres de Paul : 14 ; (5) la Révélation de Jean l’Évangéliste : 1 ; (6) les deux Épîtres de Clément en un volume : 2. Total : 28, hors la Praxis.
(1) But du Livre de la Vie — qui est la Bonne Nouvelle
De nous enseigner la fin des deux philosophies — la spéculative et la pratique — en nous l’expliquant par la voie la plus simple et avec l’effort le plus léger. Et cela parce qu’elle nous a enseigné sur le monothéisme et la Trinité ; sur l’Union ; sur la résurrection des corps et le retour des âmes en eux ; sur le Royaume ; et sur les voies à suivre pour hériter par elles de la vie éternelle, avec maintes preuves.
La première finalité est de guider l’homme vers une méthode qui l’éveille, l’avertit et l’alerte — pour qu’il ne quitte pas le bien pour le mal, ni ce qui le réforme pour ce qui le corrompt.
Car il est de sa nature de savoir, et il a le pouvoir, la force et la capacité de faire le bien et le mal. Mais son inclination au mal est très forte, parce que la puissance de l’intelligence en lui est une, alors que les attractions corporelles sont nombreuses.
Préambule sur les quatre Évangiles
Il fallait que le Logos joue le rôle du sauveur ; et que le Verbe, en Dieu, ne mette pas en repos cela ; ils n’ont pas demandé d’écrire en cela un parallèle ; ils ont préféré écrire la Bonne Nouvelle qui inclut le discours sur le Verbe et la finalité — et Jean est en réalité de ces achèvements pour l’Évangile.[163]
La cause pour laquelle les Évangélistes sont au nombre de quatre : « Parce que sur la bouche de deux ou trois témoins tout sujet est établi (Mt 18,16) — alors le témoignage est devenu d’autant plus solide, avec quatre [témoins], soit deux du Douze (Matthieu et Jean), et deux des Soixante-dix (Marc et Luc) ; afin qu’ils témoignent de la véracité de ce qu’ils transmettent — car le témoignage est établi par deux hommes justes et véridiques. »
Quant à l’enseignement qu’il nous donne — il s’y trouve la vérité, la limite, le schème, la division et la démonstration —, parce qu’il accomplit la prescription de la prière, la prescription du jeûne et la vertu, et accomplit la vertu. Il dit que l’amour de Dieu très-haut est en vérité, sa vérité étant fils du genre, sa lumière, son explication et son éclaircissement. Il prive que la garde de la cause n’est pas l’abstention du faire — au contraire, sur l’extension de cela jusqu’à l’extension des hommes ; et que le royaume des cieux n’est pas pour les femmes ni les femmes pour les hommes, et le reste.
Et la raison pour laquelle a fallu écrire la Bonne Nouvelle en plusieurs langues : à cause de la diversité des langues des nations, afin que toute nation soit consolée par sa propre langue.
On rapporte que certains des Soixante-douze disciples avaient écrit, eux aussi, l’Évangile ; mais les Pères se rassemblèrent et apprirent que cette quantité n’était pas nécessaire — et ils choisirent, parmi les Douze : deux ; parmi les Soixante-dix : deux. Ils consignèrent ce qu’ils dirent, parce que le témoignage est établi par deux hommes justes et véridiques.
Quant à notre voie d’enseignement que nous suivons en cela — la définition, la déduction, la démonstration et la preuve —, parce que [l’Évangile] accomplit la disposition de la prière et le schème du jeûne et de la vertu, et explique la vertu ; il dit que Dieu très-haut le veut, et il distingue, et il distingue, et clairement il distingue que retenir la cause n’est pas l’abstention de faire — au contraire l’extension du fait jusqu’au délaissement chez les hommes ; le royaume du ciel : il n’y a pas de mariage pour les hommes et pas de mariage pour les femmes ; et autres choses.
En marge du texte. Cette partie est seulement un résumé tiré de la fin de l’introduction d’Ibn al-Ṭayyib sur les quatre Évangiles. Ibn Kabar y reprend l’essentiel.
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La Bonne Nouvelle de Matthieu — dont l’interprétation est « le Choisi » (al-Muṣṭafâ) ; c’est Lévi[164]
Lui qui, après la collecte d’impôts, devint disciple et apôtre. Sa généalogie a été mentionnée plus haut.
Il écrivit cette Bonne Nouvelle en langue hébraïque ; il en commença la rédaction en Palestine et l’acheva en terre de l’Inde. Sa rédaction eut lieu en la première année du règne de Phlothius (Claude) — la neuvième année après l’Ascension sainte.
Elle fut traduite de l’hébreu au spirituel (rûḥiyya — l’araméen ?) par Jean fils de Zébédée l’Évangéliste, à la ville d’Alasn.
• Nombre de ses sections en copte : 93 ; nombre de ses chapitres : 68 ; ses petites sections : 350 — dont 293 concordent avec d’autres Évangiles, et 62 sont propres ; nombre de ses paroles : 2650 ; total de ses péricopes ou « significations » (maʿânî) : 68.
Les 68 péricopes de Matthieu
(1) L’annonce concernant les Mages.
(2) Le massacre des enfants.
(3) La prédication de Jean.
(4) L’enseignement du Maître.
(5) Les Béatitudes.
(6) La guérison du lépreux.
(7) Le centurion.
(8) La belle-mère de Pierre.
(9) La guérison des malades.
(10) Ceux qui voulurent le suivre.
(11) L’apaisement du vent.
(12) La guérison du démoniaque.
(13) Le paralytique.
(14) L’appel de Matthieu le publicain.
(15) La résurrection de la fille de Jaïre.
(16) La femme qui perdait du sang.
(17) La vue donnée aux aveugles.
(18) Le sourd-muet libéré.
(19) L’organisation des disciples.
(20) Les deux envoyés de Jean.
(21) L’étendue de la main du desséché.
(22) La délivrance du démoniaque aveugle et muet.
(23) Les scribes et docteurs demandent un signe du ciel.
(24) Les paraboles.
(25) La décollation de Jean.
(26) Les cinq pains et les deux poissons.
(27) La marche du Seigneur sur les eaux.
(28) La transgression du commandement de Dieu par les scribes.
(29) La Cananéenne.
(30) Les guérisons des aveugles et autres.
(31) Les sept pains.
(32) L’avertissement contre le levain des Pharisiens.
(33) Césarée de Philippe.
(34) La Transfiguration sur le mont Thabor.
(35) L’expulsion des démons aux nouvelles lunes.
(36) Le paiement du tribut et le statère.
(37) La question des disciples : qui est le plus grand ?
(38) Les cent brebis.
(39) Le maître des talents.
(40) Le divorce.
(41) Le riche éprouvé.
(42) Les ouvriers de la onzième heure.
(43) Les fils de Zébédée.
(44) Les notables.
(45) L’ânesse et l’ânon amenés.
(46) La guérison des muets, des aveugles et des paralytiques.
(47) Le figuier desséché.
(48) La question des éprouveurs au Seigneur.
(49) La parabole des deux fils.
(50) La parabole de la vigne et de la tour.
(51) Les invités aux noces.
(52) Le paiement du tribut à César.
(53) Les sadducéens (al-Zanâdîqa) et les épreuveurs.
(54) Le légiste qui s’informe.
(55) Le Maître interrogé.
(56) L’adresse aux scribes et aux Pharisiens.
(57) La fin du monde (l’Apocalypse).
(58) Le jour et l’heure.
(59) Les dix vierges.
(60) Les serviteurs en charge des talents.
(61) La venue du Seigneur.
(62) Celle qui l’oignit de parfum.
(63) La Pâque.
(64) La Cène mystique.
(65) La livraison du Maître par Judas.
(66) Le reniement de Pierre.
(67) Le remords de Judas.
(68) Joseph d’Arimathie demande le corps du Seigneur ; puis la Résurrection.
La Bonne Nouvelle de Marc l’Évangéliste, premier patriarche, l’un des Soixante-dix
Il l’écrivit dans la ville de Rome, en langue romaine franque (le latin), dans la quatrième année de Claude César — douze ans après l’Ascension de notre Seigneur.
• Nombre de ses sections en copte : 54 ; chapitres : 48 ; petites sections : 235 — dont 215 concordent ; nombre de ses paroles : 1800 ; total de ses péricopes : 48.
Les 48 péricopes de Marc
(1) La délivrance des démoniaques.
(2) La belle-mère de Pierre.
(3) Ceux qui furent guéris de maladies.
(4) Le lépreux.
(5) Le paralytique.
(6) Lévi le publicain.
(7) La main desséchée.
(8) Le choix des apôtres.
(9) La parabole du semeur.
(10) L’apaisement des eaux.
(11) Légion (Lâjâwn).
(12) La fille du chef.
(13) La femme qui perdait du sang.
(14) L’envoi des disciples.
(15) Jean et Hérode.
(16) Les cinq pains et les poissons.
(17) La marche du Maître sur la mer.
(18) Leur transgression du commandement de Dieu.
(19) La Cananéenne.
(20) Le muet.
(21) Les sept pains et les poissons.
(22) Le levain des Pharisiens.
(23) L’aveugle.
(24) Césarée de Philippe.
(25) La Transfiguration du Maître.
(26) Les souffrants aux nouvelles lunes.
(27) La question des disciples sur qui est le plus grand.
(28) L’interrogation du Seigneur aux disciples.
(29) Le riche éprouvé.
(30) Les fils de Zébédée.
(31) Bartimée (Ṭabâ fils de Ṭabâ).
(32) L’ânesse et l’ânon.
(33) Le dessèchement du figuier.
(34) L’interdit de la rancune.
(35) Les chefs des prêtres qui l’interrogèrent.
(36) La vigne.
(37) Le tribut à César.
(38) Les sadducéens.
(39) La question du Seigneur.
(40) Le scribe.
(41) La veuve aux deux deniers (al-Filsayn).
(42) La question des disciples sur la fin.
(43) Le jour et l’heure.
(44) Celle qui oignit les pieds du Seigneur de parfum.
(45) La Pâque.
(46) La livraison de Judas au Maître.
(47) Le reniement de Pierre.
(48) Joseph d’Arimathie demande le corps du Seigneur ; et la Résurrection.
La Bonne Nouvelle de Luc le Sage, l’Évangéliste, l’un des Soixante-dix
Il l’écrivit en langue grecque, en la douzième année de Claude César — vingt ans après l’Ascension de Notre Seigneur le Christ — à la ville d’Antioche, et l’adressa à un homme noble parmi les Romains éminents nommé Théophile.
• Sections en copte : 85 ; chapitres : 83 ; petites sections : 342 — dont 270 concordent et 72 propres ; nombre de ses paroles : 3000 ; total de ses péricopes : 83.
Les 83 péricopes de Luc
(1) Le recensement.
(2) Les bergers.
(3) Les jours de purification, et Siméon.
(4) Anne la prophétesse.
(5) La révélation à Jean.
(6) Ceux qui interrogèrent Jean.
(7) La Tentation.
(8) Ceux qui furent guéris de folie.
(9) La belle-mère de Pierre.
(10) Les diverses maladies.
(11) La pêche des poissons.
(12) Le lépreux.
(13) Le paralytique.
(14) Lévi le publicain.
(15) L’homme à la main desséchée.
(16) Le choix des apôtres.
(17) Les Béatitudes.
(18) Le centurion.
(19) La résurrection du fils de la veuve.
(20) Les envoyés de Jean.
(21) Celle qui oignit le Seigneur de parfum.
(22) La parabole du semeur.
(23) L’apaisement des eaux.
(24) Légion.
(25) La fille du chef de la synagogue.
(26) La femme qui perdait du sang.
(27) La mission des Douze.
(28) Les cinq pains et les deux poissons.
(29) La question des disciples : ce qu’on dit de lui.
(30) La Transfiguration.
(31) Le démoniaque épileptique des nouvelles lunes.
(32) La pensée des apôtres : qui est le plus grand.
(33) Celui que le Seigneur empêcha de le suivre.
(34) L’envoi des Soixante-dix.
(35) Le scribe de la Loi.
(36) Marthe et Marie.
(37) Le démoniaque muet.
(38) Ceux qui demandèrent un signe du ciel.
(39) Les scribes de la Loi.
(40) Celui qui demande le partage de l’héritage.
(41) La femme qui éleva la voix.
(42) Le docteur qui invita le Seigneur.
(43) L’interdit du levain des Pharisiens.
(44) L’avertissement du Seigneur à ses partisans.
(45) Le scribe de la Loi (variante).
(46) Le riche dont la terre fut fertile.
(47) Les Galiléens et la Tour.
(48) L’enseignement du Sabbat et la femme courbée du dos.
(49) Les paraboles.
(50) La porte étroite.
(51) Ceux qui dirent que Hérode veut le tuer.
(52) L’hydropique.
(53) L’interdit des premières places.
(54) Le banquet.
(55) La construction de la tour.
(56) Les cent brebis.
(57) Celui qui s’en alla dans un pays lointain.
(58) L’intendant injuste.
(59) Le riche et le pauvre (Lazare).
(60) Les dix lépreux.
(61) Le juge inique.
(62) Le Pharisien et le publicain.
(63) Le riche qui questionna le Seigneur.
(64) L’aveugle.
(65) Zachée.
(66) Celui qui partit recevoir la royauté.
(67) Les paraboles.
(68) Le pardon.
(69) Les chefs des prêtres.
(70) La vigne.
(71) Le tribut à César.
(72) Les sadducéens.
(73) L’interrogation des docteurs.
(74) La veuve aux deux deniers.
(75) L’Apocalypse.
(76) La Pâque.
(77) La dispute des disciples : qui est le plus grand.
(78) « Simon, Simon. »
(79) Le récit d’Hérode.
(80) Les femmes en pleurs.
(81) Le bon larron.
(82) Joseph demande le corps du Seigneur.
(83) Le voyage des deux disciples vers Emmaüs.
La Bonne Nouvelle de Jean, fils de Zébédée, le Théologien, l’Évangéliste, le Fils du Tonnerre
Il l’écrivit à Éphèse en langue grecque, en la sixième année du règne de Tibère César — trente ans après l’Ascension du Maître (à qui soit la gloire).
• Sections en copte : 46 ; chapitres : 20 ; petites sections : 232 — dont 133 concordent et 99 propres ; nombre de ses paroles : 2400 ; total de ses péricopes : 20.
Les 20 péricopes de Jean
(1) Le signe à Cana de Galilée.
(2) Les expulsés du Temple.
(3) Nicodème.
(4) Le commerce dans la Purification.
(5) La Samaritaine.
(6) Les serviteurs du roi.
(7) La piscine probatique (Pool of Bethesda) et le paralytique.
(8) Les cinq pains et les deux poissons.
(9) La marche sur les eaux.
(10) L’aveugle-né.
(11) Lazare.
(12) Celle qui oignit le Maître de parfum.
(13) Ce que dit Judas.
(14) La monture sur le poulain.
(15) Les païens qui adoraient à la fête.
(16) Le lavement des pieds des disciples.
(17) Les chapitres du Paraclet.
(18) Joseph demande le corps du Seigneur.
(19) L’annonce de l’ange aux femmes pour la Résurrection.
(20) L’entrée du Seigneur auprès des disciples, portes closes.
Note critique sur la péricope de la femme adultère (Jean 7,53 – 8,11)
Ces Bonnes Nouvelles contiennent un chapitre dit « de l’adultère », dont le numéro est dans les versions arabes le 86e — et qui ne se trouve pas en copte. Son début est : « Puis ils se retirèrent un à un, chacun chez lui, et Jésus alla au mont des Oliviers. » Sa fin : « Et désormais ne retourne plus au péché. » Je l’ai trouvée dans une copie tirée de la version traduite par le Cheikh al-Asʿad Abou al-Faraj ibn al-ʿAssâl.[165]
En marge du texte. Le texte, du début de ce chapitre jusqu’ici, ne se trouve pas dans la version copte ; il est présent dans les copies arabes. Toutefois, dans certaines, il n’est écrit qu’en lignes différentes des lignes originales, avec en marge l’indication qu’il n’est pas en copte. Je l’ai trouvé dans une seule copie copte ; et on dit qu’il y a été transposé de l’arabe. — La version romaine (grecque) qui m’a été présentée — en deux colonnes, l’une romaine, l’autre arabe — ne le contient pas non plus ; c’est la traduction d’Ibn Tufayl, évêque d’Égypte. — L’autre version arabe (celle du susdit traducteur) ne le portait pas non plus dans son original, mais sur un feuillet ajouté. — Ce chapitre était absent de la copie d’où j’ai copié, qui est une vieille copie corrigée ; je l’ai donc transcrit d’une autre copie.
En marge du texte. J’ai trouvé une note marginale dans la traduction syriaque, qui dit : « Ce chapitre n’est pas dans le syriaque, ni dans le romain ; mais il a été trouvé dans la traduction copte. Je l’ai inscrit pour que la copie n’en soit pas privée. » — Cette note figure dans certains Évangiles syriaques et pas dans d’autres. Je l’ai aussi trouvée dans un Évangile syriaque copié de la main d’Anbâ Yunus, métropolite de Damas.
• • •
Les tables canoniques arrangées par les Pères vénérables Ammonius et Eusèbe
Sur ce que les écrivains des Bonnes Nouvelles évangéliques se sont accordés en termes de péricopes, et sur ce que chacun d’eux a en propre — sans le mentionner par les autres. — Ce sont dix canons, comprenant l’ensemble des chapitres des petites sections, au nombre de 655.
Leur détail : les neuf tables totalisent 409, et la dixième 254. Dans la version d’Ibn al-ʿAssâl, le détail est : les neuf tables 406, et la dixième 245 sections.
Tableau résumé des dix canons
• Le Premier Canon : ce que les quatre — Matthieu, Marc, Luc et Jean — ont en commun. 73 sections.
• Le Deuxième Canon (parfois 111 et 115) : ce que Matthieu, Marc et Luc ont en commun. 110 sections.
• Le Troisième Canon : ce que Matthieu, Luc et Jean ont en commun. 21 sections.
• Le Quatrième Canon : ce que Matthieu, Marc et Jean ont en commun. 23 sections.
• Le Cinquième Canon : ce que Matthieu et Luc ont en commun, en deux témoignages. 82 sections.
• Le Sixième Canon : ce que Matthieu et Marc ont en commun. 48 sections.
• Le Septième Canon : ce que Matthieu et Jean ont en commun. 7 sections.
• Le Huitième Canon : ce que Marc et Luc ont en commun. 14 sections.
• Le Neuvième Canon : ce que Luc et Jean ont en commun. 20 sections.
• Le Dixième Canon : ce que chacun d’eux a en propre — au total 245 sections.
Note sur Abū l-Faḍl al-Malakî
En marge du texte. Abū l-Faḍl ʿAbd Allâh fils d’al-Faḍl fils d’ʿAbd Allâh fils d’al-Maṭrân al-Anṭâkî vécut au milieu du XIᵉ siècle. Il est connu pour ses traductions très nombreuses des livres grecs en langue arabe, en particulier les Discours de Jean Chrysostome. (Voir Georges Graf, Histoire de la littérature arabe chrétienne, t. 2 (Rome 1947), p. 52-64.)
• • •
Les autres livres du Nouveau Testament
Selon le canon 81 des Tnloûsât, le Nouveau Testament inclut aussi :
• Le Praxis (les Actes des Apôtres) — 1 livre : composé par Luc l’Évangéliste à la suite de son Bonne Nouvelle ; il rapporte les actes des apôtres depuis l’Ascension du Seigneur jusqu’à l’arrivée de Paul à Rome.
• Les sept Épîtres catholiques : l’épître de Jacques ; les deux épîtres de Pierre ; les trois épîtres de Jean l’Évangéliste ; et l’épître de Jude.
• Les quatorze Épîtres de Paul : Romains, deux aux Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, deux aux Thessaloniciens, Hébreux, deux à Timothée, Tite, Philémon.
• La Révélation (Apocalypse) de Jean l’Évangéliste — 1 livre, dans l’île de Patmos.
• Les deux Épîtres de Clément en un volume — 2 en un.
Total : vingt-huit livres, à l’exclusion du Praxis (qui s’ajoute, ou est compté avec). Telle est la liste reçue dans la tradition copte, comme il a été rappelé.
✦
Fin du sixième chapitre
Chapitre 7
Sur les écrits des Pères et les œuvres des sages
« Sur la mention des écrits des Pères et des œuvres des sages — qui furent avant la division et après — et des savants qui ont chacun donné en religion tout leur effort, qui ont fait leur recherche et leur lecture et leur peine. Et de ce qu’ils ont composé d’articles utiles, de commentaires nobles, et des sentences héritées de la vertu, et des prédications qui dissuadent de tout vice. — Par souci d’augmenter la clarté, de profiter aux fidèles, et d’éclaircir les sens difficiles aux esprits — tout cela pour la construction, et par recherche d’une guidance lumineuse. »
Ibn Kabar y inclut aussi des auteurs plus récents — ceux des groupes qui rejoignent les Coptes par la communauté/confession, mais s’en distinguent par l’école doctrinale. Il précise :[166]
En marge du texte. « Je n’ai cité les œuvres de cette catégorie — bien qu’elles puissent contenir des choses contraires aux vues orthodoxes, et opposées aux intentions des Coptes orthodoxes — que pour qu’on les connaisse, et qu’on s’y instruise. Car les hommes éminents ramassent les perles et ne s’encombrent pas des coquilles ; ils choisissent ce qui s’accorde et ne se détournent pas vers le désaccord. »
Voici ce qui a été dit à l’oreille pour mémoire, et est venu à l’esprit comme matière — de leurs écrits et de leurs noms. Et le voici :
• • •
D’abord — Les Orthodoxes[167]
(1) Clément, disciple de Pierre — c’est le Pape de Rome
(a) Il a deux lettres, mentionnées par les 318 [Pères de Nicée]. Elles forment un livre unique parmi la collection des livres canoniques du Nouveau [Testament] reconnus par l’Église.
(b) Un livre dit « Le livre des Mystères ». Il contient : le commencement de la création ; la formation du monde ; la création d’Adam ; les histoires de ses descendances (d’abord un à un jusqu’à Noé, puis jusqu’à Abraham et ceux qui le suivirent, jusqu’à la venue du Seigneur Christ et son ascension) ; les nouvelles des apôtres et des rois qui se sont précédés et qui se succéderont ; et autres.
(c) Des canons qui lui sont attribués, comprenant divers commandements.
(d) D’autres écrits.
(2) Hippolyte de Rome[168]
Il a trente-huit canons (déjà traités dans la douzième partie du chapitre cinquième).
(3) Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople[169]
(a) Un canon de petit format, comprenant des testaments.
(b) Un commentaire sur la Bonne Nouvelle de Matthieu, et sur celle de Jean l’Évangéliste.
(c) Un commentaire sur les épîtres de Paul l’apôtre.
(d) Un commentaire sur le livre de la Création (Genèse).
(e) Une trentaine de mîmars sur les fêtes du Seigneur et les Passions salutaires, ainsi que des homélies.
(4) Grégoire le Théologien — qui fut évêque de Zibzo, puis transféré à Constantinople, à laquelle on offrit le patriarcat après des écrits
Il a 30 mîmars, une homélie, et autres écrits.
En marge du texte. Inventaire de ce que contient le livre de saint Grégoire Théologos des mîmars. — Trouvé écrit dans la copie d’où est tiré cet index (une copie de la main d’Anbâ Yûsâb, évêque de Furrah, par collation et correction). Voici ce qu’il contient, après son titre « Théologos » : « Telle est la version qui était dans la copie d’origine, d’où fut tirée cette version dans la région d’Égypte, en différence à cette circonstance — à ce qu’il a mentionné, à savoir qu’il s’est fondé sur la présentation des mîmars dans l’ordre roulant urgent, puis a transcrit le reste ensuite. »
(Mîmar 1) Sur l’encens (al-Lubân) — comportant la mention de la Nativité.
(Mîmar 2) Sur la Nativité du Seigneur.
(Mîmar 3) Sur al-Daḫî (la Manifestation — c’est-à-dire l’Apparition du Mystère du Christ).
(Mîmar 4) Exhortation au baptême.
(Mîmar 5) Sur l’amour des pauvres.
(Mîmar 6) Sur Grégoire évêque de Nyssa.
(Mîmar 7) Sur la glorieuse Pâque (Pâque).
(Mîmar 8) Sur la Pâque, également.
(Mîmar 9) Sur le Nouveau Dimanche (le premier dimanche après la Résurrection).
(Mîmar 10) Sur la Pentecôte (al-Bandiqustâ) — où l’on rend l’adoration à la Trinité.
(Mîmar 11) Sur la Divinité (al-Lâhût).
(Mîmar 12) Sur le Fils — citation d’Abraham par Jean.
(Mîmar 13) Sur le Fils, également.
(Mîmar 14) Sur le Saint-Esprit.
(Mîmar 15) Sur la beauté des moines dans les conférences.
(Mîmar 16) Une lettre de lui à Clémendianos.
(Mîmar 17) Une autre lettre à lui également.
(Mîmar 18) Sur le commencement d’un chapitre de la Bonne Nouvelle de Matthieu.
(Mîmar 19) Une homélie adressée à Olaḷius l’évêque.
(Mîmar 20) Un mîmar par lequel il fut emporté à al-Quaysiyya, sans venir — et après lequel il vint.
(Mîmar 21) Son éloge des grands saints compagnons.
(5) Grégoire, frère de Basile de Césarée — Grégoire de Nysse
Il a parmi les œuvres :
(a) Liturgie des mystères pour le Fils.
(b) La continuation de l’Hexaméron, commenté par saint Basile son frère.
(c) Une lettre qu’il envoya à son frère le père Pierre, avec son apologie à lui en commentaire — ajoutant des éléments au commentaire de la Création.
(d) Commentaire spirituel sur le Cantique de Salomon, fils de David.
(e) Le livre des Chapitres sur la description de la nature humaine — traduit du grec à l’arabe par Ḥunayn ibn Isḥâq, le médecin — en 23 chapitres.
(f) Le sixième : le livre de
l’Isagoge — qui est l’introduction à Aristote ; bien qu’il soit d’un caractère scientifique, il est utile pour diviser les concepts et préciser les notions de la doctrine sur lesquelles s’érigent les édifices [théologiques].
(6) Grégoire, évêque de Dar Sa, connu comme « le Faiseur de Merveilles » (Thaumaturge)
Il a ses sections ; incluses dans sa réfutation contre les Marathoniens, au nombre de 12 sections.
(7) Saint Basile, évêque de Césarée
(a) La liturgie des mystères.
(b) Le livre des mariages.
(c) Des réponses à des questions échangées entre lui et son frère Grégoire — 158 questions.
(d) Des canons pour les rites de l’Église — 106.
(e) L’Hexaméron — comprenant le commentaire sur la Création. Mais le cinquième jour, le décès le saisit ; sa continuation fut faite — et le commentaire du sixième jour, par saint Grégoire son frère, avec la question de son frère Saint Pierre le martyr, en 31 chapitres.
(f) Dix articles comprenant 152 chapitres :
(1) Sur ses paroles « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre » : 24 chapitres.
(2) Sur « Et la terre était sans forme et vide » : 9 chapitres.
(3) Sur ses paroles « Il établit la voûte au milieu des eaux » : 11 chapitres.
(4) Sur le rassemblement des eaux : 10 chapitres.
(5) Sur « Que la terre fasse sortir des herbes et des arbres portant semence » : 17 chapitres.
(6) Sur « Il y eut des luminaires dans le firmament des cieux » : 20 chapitres.
(7) Sur « Que les eaux fassent sortir des créatures à souffle de vie, et des oiseaux ailés au-dessus » : 8 chapitres.
(8) Sur « Que la terre fasse sortir des âmes vivantes » : 15 chapitres.
(9) Sur « Que la terre fasse sortir une âme vivante, des bêtes et des lions » : 17 chapitres.
(10) Un autre par son commentateur sur Basile.
(8) La sainte Demetrina (Macrina), sa sœur
Sa mort fut célébrée — et saint Grégoire son frère y assista. Une conférence se tint entre eux sur le mouvement de l’âme parlante, vivifiante au corps. On en a rapporté la nouvelle dans son contact avec lui et son détachement ; et c’est une discussion charmante, dans des preuves rationnelles convaincantes.
(9) Saint Athanase l’Apostolique — patriarche d’Alexandrie
Il a :[170]
(a) Un commentaire sur les Psaumes — dont il tira son « Istanbutāt » (introduction qui contient la division détaillée des Psaumes, leurs attributions et leurs finalités).
(b) Des questions et réponses échangées entre lui et Antiochus l’étranger — 45 questions sur la Trinité, le monothéisme, la Foi, etc.
(c) Des canons qu’il a établis sur le sacerdoce et autres — 106 canons ; dont une table figure au chapitre des canons.
(d) Une lettre envoyée au roi Constantin, après son retour de l’exil à son siège.
(e) Articles sur les Pères, avec l’avertissement de l’établissement dans la Foi.
(10) Saint Cyrille le Grand — patriarche d’Alexandrie
Il a :[171]
(a) La liturgie des mystères (al-qaddâs) — qui, dit-on, lui vient de saint Marc l’Apôtre. C’est toute la liturgie eucharistique avec les réponses des diacres et la prière du patriarche.
En marge du texte. Compléter la liturgie avec la réponse des diacres et la prière du Patriarche.
(b) Plusieurs Synodicons (Sounodiqât).
(c) Des articles sur l’établissement de la Foi et la formulation de la confession.
(d) Les sections qu’il a établies au concile d’Éphèse, en 12 chapitres.
(e) Le livre des
Trésors (al-Kanouz).
(f) Un livre appelé Hermès (Hirmis).
(11) Sévère, patriarche d’Antioche
(a) Sections sur l’établissement de la foi orthodoxe — qu’on trouve dans le contenu de sa biographie.
(b) Des paroles en commentaire de certaines paroles des saintes Bonnes Nouvelles.
(12) Denys (Dionysius) le Paulinite l’Athaninite (= l’Aréopagite)
(a) Un livre comprenant la mention des hiérarchies célestes, des ordres angéliques, et des degrés sacerdotaux.
(b) Une lettre envoyée à Timothée disciple de Paul, le consolant à la mort du martyre du véritable maître Paul et de Pierre le Compagnon (Apo-stol).
En marge du texte. « Aréopagite » est un mot grec — qu’on appelle al-Arîbâgîdas (ΑΡΕΟΠΑΓΙΤΗΣ) — et son sens est « membre du conseil du jugement ».[172]
(13) Mar Éphrem le Syrien le Moine
Il a le célèbre livre des Mîmars et des Prédications, dans lequel les Pères, les moines unis, ont appris ; et de lui les ascètes vertueux ont glané. Le nombre [des mîmars] est de 75. Son dernier — magnifique — fut une élégie composée pour lui par saint Grégoire, frère de Basile — où il rappela ce qu’il faisait de débats et l’honneur de sa science.
En marge du texte. Saint Abukhrys et Ibérus — et l’on dit qu’il est le diacre de Grégoire le Théologien. Et on dit : il a assisté au second concile à Constantinople. Il a trois livres : (1) Le premier pour les moines et des réponses sur la construction des pensées. (b) Le deuxième sur le monothéisme. (c) Le troisième sur le sacerdoce.
(14) Mar Isaac le Syrien — son disciple
Il a le célèbre livre des Mîmars, dont les moines se sont étayés sur ses arguments, et duquel ils s’élèvent par ses actes. Il y a beaucoup d’arts divins et des enseignements spirituels — ses sections : 49 mîmars, 151 chapitres courts variés. Traduit en arabe par le diacre ʿAbd Allâh ibn al-Faḍl.
(15) Saint Antoine, Père des moines
On dit qu’il a vingt-deux lettres. Son monastère se trouve au désert copte. Il ne pratiqua pas l’égoïsme. Il a des vertus élevées, et des testaments magnifiques. Il a un conseil en matière de canons du monachisme et d’administration des moines.[173]
(16) Saint Snephnius (Shenoute) le Saʿīdī
Il a beaucoup d’enseignements brillants, comprenant des avis lumineux, et une riche philosophie spirituelle. La plupart en sont en Saʿīd en copte ; et certains ont été transmis au Bahari (delta) ; et certains ont été arabisés.
(17) Le Shaykh spirituel (al-Shaykh al-Rûḥânî)
(Son nom écrit a été couvert, mais on a vu sur lui.) Il a un livre glorieux comprenant 25 mîmars, 48 lettres, 3 articles, 5 questions, finissant par 2 lettres.[174]
En marge du texte. C’est saint Jean Saba, qui s’est consacré aux montagnes de Beit Dilyâtâ, au VIIIᵉ siècle. (Voir Graf, t. 1, p. 434-436.)
(18) Mar Symeon le Stylite
Il a des articles, au nombre de 26 ; et une réponse à des questions qui lui furent posées — 41 questions et 15 articles.[175]
(19) Épiphane, évêque de Chypre
Il a un livre appelé « al-Mawjal » — on dit que c’est juste le nom — son sens est en copte ΕΥΧΑΛ, et il signifie « le parcours / le voyage ». Il contient « … » (lacune dans le manuscrit). — Et un Hexaméron en commentaire des six [jours], le premier livre.
(20) Sévérien, évêque de Gabala
Il a un Hexaméron également.
(21) Eusèbe de Césarée
Il a un commentaire sur des sections des saintes Bonnes Nouvelles, et des articles religieux variés.[176]
• • •
Deuxième — Les Orthodoxes syriaques et iraquiens[177]
En marge du texte. Précision importante : Ibn Kabar utilise ici « Yaʿqūbiyya » au sens étroit — c’est-à-dire l’école orthodoxe syriaque/iraquienne médiévale (Bagdad, Antioche). Les Coptes orthodoxes — eux aussi anti-chalcédoniens — sont rangés plus loin sous la cinquième catégorie : « les récents et contemporains des Yaʿqūbîs ». La distinction est géographique et culturelle, non doctrinale.
(1) Le Shaykh Abū Zakariyyā Yahya ibn ʿAdī
Ses écrits :[178]
(1) Livre de la réfutation d’Abou ʿIsa al-Warrâq, sur les fondements de la religion — la Trinité, le monothéisme, la divinité et le Christ et l’union.
(2) Lettre en réfutation du Nestorianisme, comportant 11 questions ; et un ajout dans lequel il a éclairci ces questions par la lettre d’Abou al-Qâsim ibn Habîb.
(3) Article sur l’établissement de la fausseté de l’hérésie nestorienne, par les paroles d’Abou al-Husayn, connu sous le nom de « Burmaq » — celui qui a parlé en faveur du nestorianisme.
(4) Article sur l’établissement de la véracité de la Bonne Nouvelle, par la démonstration et la preuve.
(5) Article sur la mention de la Trinité avec la mention du monothéisme — sans propre réflexion.
(6) Article sur l’indignation des Orthodoxes concernant la souffrance du Fils éternel (Ibn al-Azal).
(7) Article sur les quatre recherches sur l’union, dont parlent les chrétiens.
(8) Sa réponse au livre d’Abou al-Qâsim al-Balkhi al-Masmî, et le début de la démonstration, par lequel il a réfuté les chrétiens.
(9) Article attribué à Ibn Zakaria son aîné, lui transmettant la vision dans le sens de l’intellect et qu’il est composé.
(10) Réponses à des questions posées par Abou Hilm al-Buhayrî, des gens de Mayfâriqîn.
(2) L’éminent Hermès le Sage
Il a une lettre adressée à l’âme, comprenant des sagesses philosophiques, des sermons spirituels, et des analogies rationnelles. Elle se divise en 14 chapitres, comprenant une lettre — et le reste des significations.
(3) Le Shaykh Abou Isḥâq Ibrâhîm ibn Zurʿa, son disciple
Ses écrits :[179]
(1) Lettre sur la véracité de la religion chrétienne et la corruption de la religion des Juifs.
(2) Lettre sur la mention de la Trinité — n’ayant pas transmis le monothéisme — vide d’elle.
(3) Article sur ce que la Orthodoxe vise par cette parole de la souffrance de la Bouclon (= la divinité), à propos de la souffrance du Fils éternel.
(4) Article sur les quatre recherches sur l’union — qu’on dit des chrétiens.
(5) Sa réponse au livre d’Abou al-Qâsim al-Balkhi al-Masmî — début de la preuve, dans lequel il a réfuté les chrétiens.
(6) Article attribué à Ibn Zakaria son aîné, voyant en lui dans le sens de l’intellect — qu’il est composé.
(7) Réponses à questions posées par Abou Hilm al-Buhayrî, gens de Mayfâriqîn.
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Troisième — Les Nestoriens de l’Orient et autres[180]
(1) ʿAmmâr al-Baṣrî
(1) Le livre de la Démonstration de la religion sur le déroulement de l’économie divine.
(2) Le livre des Questions et Réponses — 4 articles + 100 + 2 questions, soit : (a) 28 questions ; (b) 14 ; (c) 9 ; (d) 51.
(2) ʿAmr ibn Mattai al-Ṭayrahānī
Il a le livre dit « al-Mujadal » (pour l’inquérence et le débat) — son sens : « la Tour bridée » — en deux parties, comprenant 30 sections en 7 chapitres :
(Livre I) Fondement (al-Bunyân) — un seul chapitre.
(Livre II) Clarification (al-Bayân) — trois chapitres : (1) Monothéisme du Dieu Très-Haut ; (2) Conviction de l’union de la Parole avec l’Humain et l’apparition du Christ comme Né ; (3) Foi en Dieu et la Trinité de ses hypostases.
(Livre III) Piliers (al-Arkân) — 4 chapitres : (1) Honneur du baptême ; (2) Sur la gloire de l’oblation, par le pain et le vin ; (3) Démonstrations de la Bonne Nouvelle sur la divinité et l’humain ; (4) Sur l’hommage de la Croix.
(Livre IV) Lumières (al-Maṣâbîḥ) — 7 chapitres : (1) Principes de la piété ; (2) Bénédictions de l’amour ; (3) Vertus de la prière ; (4) Mérites du jeûne ; (5) Bienfaits de la prière ; (6) Beautés de l’humilité ; (7) Convenances de la pureté.
(Livre V) Pilier (al-ʿAmd) — 7 chapitres : (1) Nouveauté du monde ; (2) Foi en la résurrection, le compte, le châtiment et la récompense — c’est la fin de la première partie.
(3) Mar Iliya métropolite de Nisibe
(a) Une lettre sur la dureté, envoyée à son frère Abou Saʿid Manṣour, comprenant des nouvelles rares — d’entre les news des philosophes, des moines et des saints. Éloquent en composition et beau en classification.
(b) Une lettre sur la Trinité et le monothéisme.
(c) Plusieurs autres lettres.
Il est compté parmi les gens de vertu.
(4) Le sage Ḥunayn ibn Isḥâq, le médecin
Il a un article sur la manière d’appréhender la vérité de la religion.[181]
(5) Israël, évêque de Kashkar
Il a un livre sur les fondements de la religion.
(6) Tâdâwus al-Dahâwī
Il vécut sur l’île de Bakrīn, des îles de la mer Rouge. Il a un livre « le Maître et le Disciple », comprenant 3 chapitres et 40 articles.
(7) Paul al-Baṣrî, métropolite de Nisibe
Il a une lettre, comprenant ce qu’il a accordé du dialogue sur les fondements de la religion avec le roi Yastanyānous (Justinien), roi des Romains, lorsqu’il s’y est présenté. Il l’a écrite en sa Foi — il était médecin du roi.
(8) Iliya évêque d’Édesse (al-Rahā)
Il a un article sur le commencement de la Bonne Nouvelle de Matthieu.
(9) Qoryâqos le Grand
Il a des paroles dans lesquelles il commente certaines sections des épîtres de Paul et d’autres.
(10) Théodore le Mufashqân (al-Mufashqān), des milāfana des Syriens
Il a un commentaire sur quelques épîtres de Paul et les Histoires des Apôtres. Cité, dans le sentiment de ses gens, comme un grand savant.
En marge du texte. « Le Mufashqân » = en syriaque, l’expositor / le commentateur. Il s’agit de Théodore de Mopsueste (vers 350-428), évêque de Mopsueste près de Tarse en Cilicie, ami intime de Jean Chrysostome — d’où son surnom de « Commentateur ». Il fut anathématisé au second concile de Constantinople en 553 pour son nestorianisme (Nestorius fut son disciple). La plupart de ses œuvres grecques sont perdues ; il ne nous reste que quelques traductions en latin, syriaque et arabe. Voir Graf, t. 1, p. 255.
(11) Le prêtre Abū l-Faraj ʿAbd Allāh ibn al-Ṭayyib, scribe de Ṭabaytaous
(1) Il a la compilation des commentaires des saintes Bonnes Nouvelles. La collection a été nuancée dans certaines des paroles qui s’accordent à la vue nestorienne. Mais j’ai copié plusieurs copies de lui ensuite, à cause des vertus et des sens dans lesquels son rassembleur s’est fatigué pour les amener.
(2) Le livre
« Jurisprudence de la religion chrétienne, compendium des canons ecclésiastiques, et des synodes occidentaux et orientaux ». — Son index a déjà été mentionné après l’index des canons.
(3) Un article sur le repentir et l’apprentissage de son sens et ses divisions — en 44 chapitres.
(4) Un livre nommé
« le Paradis de l’Église » (Firdaws al-Bīʿa) — et d’autres écrits.
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Quatrième — Les Melkites byzantins[182]
(1) Antiochus le Moine
De Mar Sabbas à Jérusalem. Il a le livre « al-Ḥāwī » (le Compendium), aussi appelé « al-Bandiqtos » (Pandektes — ΠΑΝΔΕΚΤΗΣ, « universel »). Il contient 130 articles sur les fondements et les ramifications de la religion. Les Orthodoxes l’ont abrégé en ce qui n’est pas problématique pour eux.
(2) Jean, higoumène du mont Sinaï (Jean Climaque)
Il a le livre « Échelle (ΚΛΙΜΑΞ) des Vertus » qu’il a composé et envoyé à Jean higoumène du monastère de Raython. Ses degrés sont au nombre de trente ; la plupart concernent le monachisme et les moines. On l’appelle « le Maître de l’Échelle ».[183]
(3) Le prêtre Abū ʿAlī ibn al-Mutbib
Il a un article utile sur l’essence de la croyance des chrétiens.
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Cinquième — Les Coptes orthodoxes récents et contemporains[184]
En marge du texte. Cette cinquième section concerne explicitement les Coptes orthodoxes — qu’Ibn Kabar appelle ici « Yaʿqūbiyya » au sens élargi qui les inclut. C’est la riche tradition des écrivains coptes en langue arabe, à partir du Xᵉ siècle.
(1) Sévère ibn al-Muqaffaʿ, évêque d’al-Ushmūnayn — le scribe égyptien
Ses écrits sont au nombre de vingt-six :[185]
(1) Sur le monothéisme.
(2) Sur l’union (al-Ittiḥād).
(3) Al-Bāhir (le Brillant) — sur la réponse aux Juifs et aux Muʿtazilites.
(4) Al-Balīgh (l’Éloquent) — dans le même sens.
(5) Sur la réponse à Saʿīd ibn al-Baṭrīq al-Malakī (le byzantin), patriarche, connu sous le nom d’Ibn al-Farāsh, auteur de « l’Histoire ».
(6) L’explication et le détail dans la réponse à Nestorius et sa secte.
(7) Lettre sur la religion, écrite à Abou ibn Qazmān le scribe.
(8) L’assemblage des « Pearls et des Pearls » (al-Jawhar wa-l-Durar) — en réponse à la doctrine du décret et du destin.
(9) Les Sessions (al-Majālis).
(10) Médecine du chagrin, guérison de la tristesse, et purification des mœurs.
(11) Les Conciles (al-Majāmiʿ).
(12) Commentaire de la Foi orthodoxe.
(13) Lettre sur l’état des enfants — croyants et incroyants — et comment se tient l’âme dans le jugement.
(14) Sur l’observance (al-Istibṣâr) — qui est
« la Lampe de l’intelligence » (Miṣbāḥ al-ʿAql).
(15) « La Marche » (al-Sayr).
(16) « La Victoire » (al-Intiṣâr).
(17) Ordonnance du sacerdoce — et l’annonce de la prophétie sur les rites de l’Église.
(18) Sur les différences des sectes (al-Firaq).
(19) Sur les statuts (al-Aḥkām).
(20) Clarification de l’union, et la parole de l’incarnation du Seigneur — à lui la gloire.
(21) Commentaire des saintes Bonnes Nouvelles.
(22) Réponses aux questions d’Ibn Jârūd.
(23) Commentaire des fondements de la religion ; et arrangement du service, de l’encens, du signe de la Croix, de la généalogie de la Dame.
(24) Le livre de la Brève Clarification sur la Foi.
(25) Le livre des paraboles et des symboles (al-Amthāl wa-l-Rumūz).
(26) Le livre des Enseignements sur la confession des péchés.
(2) Anbâ Michel (Mikhâ’îl), métropolite de Damiette
Il a le livre « le Ciel et le Désir de qui cherche le salut pour lui-même, et la délivrance au jour de la Vengeance ».[186]
(3) Anbâ Petros (Buṭrus), évêque de Malîj
Il a un livre nommé « la Nouveauté des Communautés », aussi appelé « les Groupes » (al-Firaq). Il contient la mention des innovations des Nestoriens, des Byzantins, des Syriens, et la réponse à ces gens-là.
Ce livre est en cinq chapitres, contenant 24 sections :
Livre I — Sur l’incarnation du Dieu-Logos, qu’il est une seule hypostase et une seule nature — 4 sections
(1) Sur l’établissement de l’unicité de l’hypostase (qanūm).
(2) Sur l’établissement de l’unicité de la nature — qui est la substance.
(3) Sur l’unicité de la volonté et de la volonté propre (al-Mashī'a).
(4) Sur la distinction entre la filiation propre et autres.
Livre II — Sur le renouvellement du Corps par lequel s’est incarnée l’hypostase de la Parole de Dieu — 4 sections
(1) Sur le fait que ce Corps est une hypostase ayant nature.
(2) Sur le fait que le Corps vient de l’Esprit Saint.
(3) Sur le fait que celui [qui vient] de la Vierge Marie est divin.
(4) Sur le fait de la vue de ce Corps, et qu’il est de l’Esprit Saint.
Livre III — Sur le fait que le Corps est le Corps du Logos — 2 sections
(1) Sur la confirmation du Corps, selon ce qu’il a expliqué.
(2) Sur l’anathème de celui qui blasphème contre le saint Esprit qui est le Corps de Dieu — de Lui.
Livre IV — Sur ce que Jésus-Christ est le fils de Dieu, et qu’il ne convient pas d’appeler deux humains — mais qu’il est humanisé. 4 sections
(1) Sur l’établissement de la devenue de la Parole un Corps, et que le Corps est la Parole.
(2) Sur le fait que Jésus est le Fils de Dieu.
(3) Sur le fait que celui qui a opéré le miracle est aussi celui qui a opéré le geste.
(4) Sur le fait que ses paroles et ses actes émanent d’une seule hypostase indivisible — issue de plusieurs canons, justifiée d’abord.
Réfutation contre les Byzantins
(1) Première réfutation : Sur leur prise pour incrédule de notre parole d’une nature, une substance, un acte, une volonté unique.
(2) Deuxième réfutation : Sur leur s’approcher de nous par la Croix avec un doigt — et leur tracé en deux doigts.
(3) Troisième réfutation : Sur leur parole : « Si nous disons les trois consécrations (taqdīsāt), nous attribuons la naissance, la crucifixion et la résurrection à la Trinité. »
(4) Quatrième réfutation : Sur leur reproche envers nous d’avoir placé le Myrôn dans l’eau du baptême.
(5) Cinquième réfutation : Sur leur parole nous interdisant de prendre la communion chaque jour.
Note préliminaire — Les innovations des Latins, Nestoriens et Syriens
Le livre d’Anbâ Petros de Malîj contenait, après les réfutations contre les Byzantins, des sections sur :
• Les innovations des Francs (Latins) — leur foi en deux natures, deux substances, deux actes et deux volontés comme les Byzantins ; leur ajout au Credo (procession « du Père et du Fils ») ; leur jeûne particulier ; leur célébration de Noël à l’Épiphanie ; les cheveux longs des prêtres ; etc.
• Les innovations des Nestoriens — leur dissension doctrinale ; leur célébration de l’oblation dans les mains des fidèles ; leur baptême sans Myrôn ; leur refus d’appeler la Vierge « Mère de Dieu » (Theotokos) ; le remariage des prêtres en plusieurs noces ; etc.
• Les innovations des Syriens (Syriaques anti-chalcédoniens autres que les Coptes) — l’huile dans l’oblation ; l’ordination d’évêques de moins de 25 ans ; leur opinion que la nuit précède le jour ; le passage des évêques d’un siège à un autre.
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(4) Anbâ Aghathy, métropolite de Homs
Il a un livre de clarification de la foi et du mystère du sacerdoce. Il l’a composé en apologie de ce qu’on lui reprochait : la négation du chef des prêtres, du sacerdoce des prêtres, et qu’aucun reproche ne pouvait peser sur lui de son chef des prêtres.
En marge du texte. Anbâ Aghathy : byzantin ou orthodoxe, du XIIᵉ siècle. Composa ce livre en 1128.
(5) Le patriarche Cyrille III ibn Laqlaq (75ᵉ patriarche)
Il a une dispute avec un groupe d’éminents musulmans au conseil du roi al-Kâmil ibn al-Malik al-ʿÂdil ibn Ayyûb, en présence du prêtre Bûlus al-Bûshī.
En marge du texte. Anbâ Cyrille III ibn Laqlaq (1235-1243), savant, encourageant la connaissance et la composition. Plusieurs écrits, dont le célèbre « Livre de la Confession » (Kitâb al-Iʿtirâf). Voir Graf, t. 2, p. 360-361.
(6) Bûlus al-Bûshī
Évêque d’Égypte. Il a sept mîmars magnifiques sur les fêtes du Seigneur.
En marge du texte. Contemporain du patriarche Cyrille III ibn Laqlaq, ordonné évêque le 8 septembre 1240. Connu pour son commentaire de l’Apocalypse. Voir Graf, t. 2, p. 256-260.
(7) Yūnus, évêque de Sanud
Il a une introduction et un « Échelle » (Salm) — c’est-à-dire un dictionnaire — du commentaire copte et autres.
En marge du texte. Yūnus al-Dîmīrī, ordonné par Cyrille III ibn Laqlaq le 29 juillet 1235. Mort après 1257. Maître de la langue copte. Voir Graf, t. 2, p. 271-275.
(8) Al-Muʾtaman Abou Isḥâq ibn al-ʿAssâl
Il a :[187]
(1) « Le Compendium des fondements de la religion » (Majmuʿ Usûl al-Dîn) — et « le Compendium de l’acquisition de la certitude » (Majmuʿ Maḥṣūl al-Yaqīn) — 70 chapitres en deux parties.
(2) « La Concise étude » (al-Tabṣira al-Mukhtaṣara) — 16 chapitres en deux sections.
(3) « Les bonnes mœurs de l’Église » (Âdâb al-Kanīsa) — 6 chapitres.
(4) Plusieurs sermons pour les fêtes du Seigneur et autres.
(5) L’» Échelle » correcte (al-Salm al-Munaqqaḥ) — et la conclusion des paroles du compilateur, sur le commentaire copte en arabe.
(9) Al-Ṣafī Abou al-Faḍāʾil — son frère
Il a :[188]
(1) Le livre des
« Lumières dans la réponse aux Conseillers » (al-Ṣaḥâʾiḥ fī al-Radd ʿalâ al-Naṣâʾih), appelé aussi « la Méthode de la Voie » (Nahj al-Sabīl), dans la méthode de la Bonne Nouvelle et ses trésors. En deux parties :
Première partie — quinze chapitres
(1) Sur l’introduction du livre et son objet.
(2) Sur les fondements utiles à ces réponses : 10.
(3) Sur les fruits des fondements mentionnés.
(4) Sur la réponse à l’avant-propos de la réponse.
(5) Sur la réponse aux sept questions.
(6) Réponse à qui parle de la « machine » (al-Makīnah) et autres.
(7) Réponse sur la Trinité par la Foi unifiée et autres.
(8) Réponse en quatre voies.
(9) Sur l’appellation du Christ comme Seigneur.
(10) Sur l’être spirituel simple — qu’on dise qu’il entre dans le corps, sa sortie n’étant pas selon la règle corporelle, mais selon la loi de la similitude — et autres.
(11) Sur l’annulation du péché et de la mort — et autres.
(12) Sur l’interrogation du roi — et autres.
(13) Réponse à ce qu’on prétend de contradictions dans la Bonne Nouvelle.
(14) Ordonnance de la Croix — et ce qui s’ensuit.
(15) Que l’adversaire passe à l’une des causes du faux — et autres.
Deuxième partie — cinq lectures
(1) Sur l’union (al-Ittiḥād).
(2) Sur la filiation (al-Bunuwwa).
(3) Sur le christianisme général (ʿUmûm al-Masīḥiyya).
(4) Sur l’addition, la conversation avec l’âme, et autres.
(5) Sur la similitude de la crucifixion, les doutes de Pierre — et autres.
(2) « L’Abrégé des canons » (Ikhtiṣâr al-Qawânîn).
(3) Un abrégé de cet abrégé, intitulé « la Suffisance des débutants en science des canons » (Kifâyat al-Mubtadi’în fī ʿIlm al-Qawânîn).
(4) Une réponse aux propos d’ʿAbd Allâh al-Nâshī, dans les articles du « Livre du milieu ». Al-Ṣafī a abrégé une partie de ses paroles et y a répondu par des réponses utiles, dignes d’étude.
(10) Jean ibn Sâwirus le Scribe
Il a le livre « Connaissance et Action » (al-ʿIlm wa-l-ʿAmal) — un article comprenant 10 chapitres.
(11) Simʿân ibn Muqâra, le moine, connu comme Ibn Kalīl
Il a les livres :[189]
(1) « Le Jardin Pur » (Rawḍat al-Farīd).
(2) « La Consolation de l’Unique » (Sulwat al-Waḥīd).
(3) Vingt articles. Premier ouvrage.
En marge du texte. Le Père Prêtre Shams al-Riʾâsa a dit : « Je me suis arrêté sur une copie comme la nôtre du huitième — les Bonnes Mœurs Béates par les paraboles spirituelles (al-Âdâb al-Ṭûbâniyya bi-l-Amthâl al-Rūḥâniyya) — extraits du livre « le Jardin Pur et la Consolation de l’Unique ». Ses sections sont 20, le nom de son auteur n’étant pas spécifié. »
(12) Buṭros l’Arménien, prêtre de Sadmantī
Il a le livre : « Correction de la croyance dans les souffrances du Christ, et clarification du droit chemin sur la face correcte. »[190]
(13) Le prêtre al-Rashîd Abou al-Khayr le médecin
Il a des sermons (mawâʿiẓ) et un livre sur les fondements de la religion. — Il est dit aussi qu’il a composé un livre destiné à réfuter l’un des dissidents ; mais il échoua dans cette tâche, tomba dans le blâme et le reproche, et fut accusé de corruption du jugement dans sa croyance.
(14) Le Maître Ibn Kâtib Qayṣar
Il a une introduction (Muqaddima) à la grammaire copte (al-Naḥw al-Qibṭī).[191]
En marge du texte. Il a aussi d’autres compositions, parmi lesquelles : un Commentaire de l’Apocalypse, des commentaires sur les épîtres de Paul, les Actes des Apôtres, les épîtres catholiques.
(15) Al-Thiqa Ibn al-Dahīrī, le scribe
Il a une bonne introduction aussi.
(16) Abou Shâkir al-Sanâ, le moine, fils de la Cheffe (Ibn al-Raʾīsa) — disciple de Cyrille III ibn Laqlaq, métropolite de Damiette
Il a composé un livre nommé « al-Shifâʾ », sur le dévoilement de ce qui est voilé de la divinité du Christ et de sa cachette. Il dit qu’il contient trois fondements et deux sceaux (khâtma). De chaque fondement se ramifient un sceau, des prolégomènes et une conclusion.
Il a aussi compilé une histoire considérable, en réunissant les opinions de nombreux historiens, et un recueil de beurre — c’est-à-dire un florilège — dans lequel il a excellé dans les sciences religieuses. Il a remarqué que personne avant lui, des compositeurs et des maîtres dans la doctrine noble, n’avait fait pareil.
(17) Le moine Eustathius (Asṭâṭ)
Il a le livre de la Clarification (al-Bayân), réponse adressée à ʿAlī par certains philosophes au sujet d’une lettre qu’il leur avait envoyée. Il y privilégie l’opinion des monothéistes (les musulmans), comme les juifs et ceux à qui leur opinion a été mal attribuée — de ceux qui ne reprochent rien aux croyances des chrétiens — et leur supériorité sur eux.
En marge du texte. Il était moine orthodoxe syrien, non copte ; vécut au IXᵉ siècle. Mentionné par Sévère ibn al-Muqaffaʿ dans son livre « Clarification de la Brève Foi » et par ʿAmr ibn Mattai dans « al-Mujadal ». Voir Graf, t. 2, p. 256-257.
(18) Livre de Barlaam l’Ascète et de Wâṣif
Il a de nombreuses questions et réponses entre lui (Wâṣif) et son père. Il contient ce qu’il fut de la conduite de Wâṣif vers la religion chrétienne, puis la conversion de son père à elle — après qu’il avait été ennemi de l’amitié des chrétiens et adorateur des idoles des gens de son royaume en al-Hind (Inde).[192]
(19) Les questions d’al-Mahdī au Catholicos (al-Jâthālīq)
Leur nombre : 12 questions avec leurs réponses, sur la croyance et ce qui en découle.[193]
(20) Écrits d’un converti, nommé après son baptême Jean, connu sous le nom d’Ibn Rajâʾ
Sa biographie raconte que le patriarche Marquriūs le conduisit de l’aune de la Mecque à l’église d’Égypte. Il composa quatre livres :[194]
(1) Sur la confession et la voie claire (al-Salm al-Wâḍiḥ).
(2) Sur les pépites rares des commentateurs et la distorsion des dissidents.
(3) Sur la déchirure du voilé (Hatk al-Maḥjūb).
(4) Sa biographie (Sīratuhu).
(21) Sections attribuées aux Pères moines de Deir Macarius
Ils répondirent à une lettre envoyée par une personne nommée Isḥâq ibn Bakam de la famille de Nūra, qui leur demandait une réponse. Ils répondirent avec clarté : la corruption de la croyance chalcédonienne et nestorienne, et la justesse de la vue orthodoxe (copte orthodoxe). Ils composèrent cela en cent chapitres.
En marge du texte. « Ce Bakam Abou l’avait envoyé à Anbâ Jean, 48ᵉ des patriarches, en l’an 500 des Martyrs. Il n’y répondit pas lui-même ; cela parvint aux moines 55 ans plus tard, et la réponse en fut faite en ce temps, durant le patriarcat d’Anbâ Yawsâb, 52ᵉ des patriarches coptes d’Alexandrie. »
(22) Le Livre de la Confession des Pères (Kitâb Iʿtirâf al-Âbâʾ)
Aussi appelé : « Les Foi des saints Pères, rassemblées des mîmars et des lettres de la Communauté universelle apostolique, avec un commentaire sur la croyance par chacun d’eux ». Sont rassemblées les paroles des Douze Apôtres, de Paul le Choisi, de Jacques frère du Seigneur selon la chair, des sept fils [Pères des sept synodes], du reste des Deux, des soixante-dix disciples, des Pères, et de leurs successeurs génération après génération, jusqu’au temps d’Anbâ Khrastawdolous, 66ᵉ des patriarches d’Alexandrie. Le nombre des intervenants est de 66.
• Leurs paroles sur la Foi : 57 ;
• Leurs paroles excommuniant ceux qui s’en écartent : 9 ;
• Le dernier mentionné est le dernier patriarche d’Alexandrie, Théodose.
Voici les noms et le compte de leurs paroles — total 243 :
La Didascalie chevronnée, Gorgia : 2 ; Burṭâus disciple, évêque d’ʿAden : 2 ; Aṭâqūs disciple, patriarche de Bretagne : 1 ; Aklâūs disciple, évêque de Lod : 1 ; Denys évêque d’Athènes : 1 ; Ignatius le disciple, patriarche d’Antioche : 1 ; Grégoire le Thaumaturge, évêque de Césarée : 2 ; Grégoire évêque d’Arménie : 3 ; Alexandre patriarche d’Alexandrie : 2 ; Les 318 [Pères] de Nicée : 2 ; Athanase l’Apostolique : 17 paroles ; Basile évêque de Césarée : 5 ; Grégoire son frère : 4 ; Félix le martyr patriarche de Rome : 3 ; Hippolyte de Rome patriarche de Rome : 8 ; Mathallis patriarche : 1 ; Sulûsus patriarche : 4 ; Naṭâlous patriarche : 1 ; Mar Éphrem le Syrien le Milāfan, évêque de Tikrit : 5 ; Aprolos évêque de Kashkar, devenu patriarche de Constantinople après l’excommunication de Nestorius : 11 ; Sawiriyānus évêque de ʿÂmila : 1 ; Aphrumsius évêque d’Arménie : 2 ; Jean évêque de Jérusalem : 1 ; Tatūṭos évêque d’Ankra : 8 ; Épiphane évêque de Chypre, du livre d’al-Mursâ : 16 ; Grégoire le Théologos, transféré d’Aznazu au patriarcat de Constantinople après l’excommunication de Macédonius : 5 ; Jean Bouche-d’Or [Chrysostome] : 30 ; Théophile patriarche d’Alexandrie : 2 ; Cyrille patriarche : 52 ; Théodose patriarche : 3 ; Sévère patriarche d’Antioche : 9 ; Jacques évêque de Saroug : 4 ; Benjamin patriarche d’Alexandrie : 1 ; Jean patriarche : 1 ; Qoryâqūs patriarche d’Antioche : 1 ; Théodose patriarche : 1 ; Denys patriarche : 1 ; Ghibrayal patriarche d’Alexandrie : 1 ; Quzmân patriarche : 1 ; Basilios patriarche d’Antioche : 1 ; Maqâra patriarche d’Alexandrie : 1 ; Denys patriarche d’Antioche : 1 ; Mina patriarche d’Alexandrie : 1 ; Jean patriarche : 2 ; Filātāous d’Alexandrie : 2 ; Athanase d’Antioche : 1 ; Jean patriarche : 1 ; Zakhâriyâs d’Alexandrie : 1 ; Snutius patriarche : 1 ; Denys d’Antioche : 1 ; Khrastawdolous d’Alexandrie : 5 ; Habîb, connu sous le nom d’Abou Râbiṭa, évêque de Tikrīt : 3 ; Abū Zakariyyā Yahya ibn ʿAdī, de sa lettre à Abu al-Husayn al-Qism, en réponse au nestorien : 1.
Total recensé : 243.
Les excommuniés : Grégoire le Thaumaturge : 12 ; Hippolyte de Rome : 6 ; Botâlîs patriarche : 5 ; Grégoire le Théologos : 12 ; Cyrille le Sage patriarche d’Alexandrie : 12 ; Théodose patriarche : 5 ; Jean évêque de Burulus : 13. Total des excommuniés : 65.
(23) Le livre d’al-Brâdîsos (le Paradis)
« Brâdîsos » est un mot grec qui signifie « Paradis » (Firdaws). Il contient les nouvelles des moines, les récits des ascètes pieux, les traces des serviteurs, les conduites et les efforts, et « al-Bustân » (le Jardin) — questions et réponses sur les significations de la croyance — par le Serviteur du Christ, connu sous le nom d’Ibn Nūḥ.
• • •
« Voici achevé ce qui est connu des écrits de la communauté chrétienne. »
Ainsi se ferme le septième chapitre de La Lampe des ténèbres — « Sur les écrits des Pères et les œuvres des sages ».
Il a parcouru, en trois parties :
• la préface — méthode et principes d’inclusion d’Ibn Kabar ;
• la première section : les Orthodoxes — 21 auteurs, depuis Clément de Rome jusqu’à Eusèbe de Césarée, en passant par Chrysostome, les trois Grégoires (Nazianze, Nysse, Thaumaturge), Basile, Athanase, Cyrille, Sévère d’Antioche, Denys l’Aréopagite, Éphrem, Isaac, Antoine, Shenoute, le Shaykh spirituel, Symeon le Stylite, Épiphane de Chypre, Sévérien de Gabala ;
• la deuxième section : les Orthodoxes syriaques et iraquiens — Yaḥyā ibn ʿAdī, Hermès, Ibn Zurʿa ;
• la troisième section : les Nestoriens d’Orient — ʿAmmâr al-Baṣrî, ʿAmr ibn Mattai, Mar Iliya de Nisibe, Ḥunayn ibn Isḥâq, Israël de Kashkar, Tâdâwus, Paul de Basra, Iliya d’Édesse, Qoryâqos, Théodore de Mopsueste, Ibn al-Ṭayyib ;
• la quatrième section : les Byzantins (Melkites) — Antiochus le Moine, Jean Climaque, Ibn al-Mutbib ;
• la cinquième section : les Coptes orthodoxes récents — Sévère ibn al-Muqaffaʿ (26 œuvres), Michel de Damiette, Pierre de Malij (avec ses controverses contre Byzantins, Latins, Nestoriens et Syriens), Agathon de Homs, Cyrille III ibn Laqlaq, Paul al-Būshī, Yūnus de Sanud, les deux frères ʿAssāl (al-Muʾtaman et al-Ṣafī), Jean ibn Sāwirus, Simʿān ibn Kalīl, Buṭros l’Arménien, al-Rashīd Abū l-Khayr, Ibn Kātib Qayṣar, Ibn al-Dahīrī, Abū Shākir al-Sanāʾ, Eustathius, Barlaam l’ascète et Wāṣif, al-Mahdī et le Catholicos, Jean ibn Rajāʾ (le converti), les Pères de Deir Macarius, le grand recueil Iʿtirāf al-Ābāʾ (avec ses 243 témoignages des Pères orthodoxes et 65 des excommuniés), et le Brādīsos.
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Fin du septième chapitre
Chapitre 8
Sur la construction de l’Église
« Sur la construction de l’Église, l’établissement de son ordonnance, et ce qui dépend de sa consécration. »
L’architecture selon le 35ᵉ chapitre de la Didascalie
« Que l’Église soit ainsi : elle aura trois portes, à l’image de la Sainte Trinité — une au sud, une à l’ouest, et une au nord. »[195]
La salle du service (bayt al-khidma) sera située à droite de la porte méridionale, afin que les fidèles ne voient pas les offrandes confiées aux ministres. À l’ouest de cette porte se trouvera le wandestrin, c’est-à-dire le vestiaire ou local de service, long de 24 coudées — à l’image d’un édifice composé de plusieurs demeures, à la manière des 24 prêtres — et large de 12 coudées, à l’image de ceux qui sont établis pour la prédication de l’Évangile. Au nord du wandestrin sera placé l’emplacement du baptême pour les catéchumènes (al-dawʿūṭīn). De même, la salle dite ekkesryneen sera séparée de l’église, afin que ceux qui s’y tiennent puissent entendre les lectures, les chants spirituels et les Psaumes de David récités dans l’église. Puis viendra le kondesterīn, du côté de l’Orient, où se tiendront les vierges — à droite et à gauche.[196]
L’autel sera au milieu de tout cela, entouré d’un voile. À l’est de l’autel se trouvera un synthronon (siège épiscopal surélevé), avec des marches proportionnées à sa hauteur. Dans l’église il y aura des colonnes — à droite et à gauche — toutes étincelantes, dignes du lieu saint, abondamment éclairées, surtout au moment de la lecture des saints livres. Autour de l’autel, des rideaux de tissus purifiés, car il est pur.[197]
De même, le wandestrin sera la maison du proestos (le président ou responsable du clergé local), au-dessus de l’église, du côté nord. La diaconesse y posera les offrandes des fidèles — vivants et défunts — qu’on apporte chaque jour, afin que, lorsque le prêtre prie, il les lise et fasse mémoire de chacun ; que le diacre, durant la semaine, apporte leur commémoration, et que tous les habitants du voile et tout le peuple prient pour eux. C’est l’image de ce qui se passe dans les cieux.[198]
Le lieu où l’on lit les péricopes sera légèrement au nord, hors de l’autel. Les prêtres, les diacres et le reste du clergé se tiendront, si possible, dans l’église. Quant aux diaconesses, elles seront du côté nord de l’église, afin que toutes trouvent à accomplir le service qui revient à chacune avec aisance. Près de l’église il y aura un lieu d’asile pour les étrangers, et l’évêque pourvoira à leurs besoins. Quiconque agit contrairement à cela sera excommunié — lui et tous ceux qui consacrent en ce lieu.
De son chapitre dixième : sur l’ordre de l’assemblée
Il est ordonné que l’assemblée se tienne dans le calme et dans toute la foi. Les diaconesses (al-Kanawātina) s’avancent pour disposer les frères dans le lieu de leur station avec soin.
D’abord, que la maison qui est l’Église soit orientée vers l’Orient dans sa longueur. Les portiques seront de ses deux côtés, du côté oriental. Le siège de l’évêque sera fixé au centre. Les prêtres s’assoiront autour de lui des deux côtés, les diacres se tiendront debout à son service, et les laïcs s’assoiront sur le côté, en bon ordre et calme.
Les femmes s’assoiront aussi, isolées, à part, dans le silence. Le lecteur se tiendra en un lieu élevé et lira :
• un passage des livres de Moïse, de Josué fils de Noun, des Juges, des Rois, du reste des Rois (Chroniques) ;
• les livres du retour de la captivité, Job, Salomon, et les seize Prophètes ;
— deux chapitres de chaque livre. — Puis d’autres chanteront les louanges de David, et le peuple les suivra par les commentaires. Ensuite seront lues les épîtres de Paul, notre compagnon dans l’œuvre, qu’il a écrites aux Églises avec le secours du Saint-Esprit.
Après cela, un prêtre ou diacre lira l’Évangile — « ce que nous, moi Matthieu et Jean — et ce que nous avons reçu, Luc et Marc, nos compagnons dans l’œuvre avec Paul — avons fixé pour vous. » Quand ils se présenteront pour la lecture de l’Évangile, les prêtres, diacres et tout le peuple se tiendront debout en silence, comme il est écrit : « Tais-toi et écoute, ô Israël », et aussi « Tiens-toi debout et écoute ».
L’un des prêtres dira au peuple : « Inclinez-vous tous. » Et l’évêque affermira le peuple par la parole de l’enseignement, comme un guide paisible.
Les portiers se tiendront aussi aux entrées des hommes et les garderont ; de même, les femmes servantes se tiendront du côté des femmes. — Que cette unique image soit dans la coupole du témoignage, car l’Église est comme un troupeau de brebis. Et comme le pasteur sépare les brebis des chèvres et place chacun dans son genre et son rang, et chacun se réjouit d’aller à son semblable, ainsi en sera-t-il dans l’Église.
Les jeunes hommes s’assoiront en un lieu à part, s’il y a place pour eux ; sinon, ils se tiendront debout. Les hommes mûrs s’assoiront en ordre. Les enfants seront pris par leurs parents auprès d’eux ; les femmes mettront les enfants dans leur propre lieu si l’espace le permet — sinon, ils se tiendront debout derrière les vierges.
Les veuves qui ont la préséance — qu’on prie pour elles à tout moment dans leurs stations et prières. Les femmes mariées qui ont enfanté se tiendront de côté. Le diacre fera lever chacune des servantes assises au lieu établi, et veillera à ce que nul ne dorme, ne rie, ni ne se moque de son prochain.
Il convient que vous teniez l’assemblée dans le calme, la modestie, la vigilance pour écouter la parole de Dieu — avec une grande tenue. — Et après la prière, une partie des diaconesses préparera l’offrande d’action de grâce (l’Eucharistie). Les fidèles recevront le Corps du Seigneur avec crainte et tremblement. Le diacre portant les clés, avec le chef des prêtres, dira au peuple :
« Que nul ne soit en différend avec son frère ou son prochain — dans la haine, la trahison ou le doute. »
Et que les hommes embrassent les hommes et les femmes les femmes — d’un baiser pur, sans désordre ni orgueil, comme le baiser de Judas — non.
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Des Paralipomènes (Chroniques)[199]
Et David, le roi, montra à Salomon la disposition du Temple :[200]
« Les limites de la maison, la mesure des portiques d’en haut et des magasins d’en bas, la maison du pardon, et la maison où sera déposée l’Arche — voici la maison du Seigneur — ainsi que tous les corridors entourant les magasins de l’encens, les hymnes des rites des prêtres et des Lévites dans toutes les actions de la maison du Seigneur. Il [lui donna] un trésorier d’or et d’argent, des chandeliers et des lampes — donnant à chacun sa mesure. Il donna la mesure des tables d’oblation, chacune en or et en argent, et des bols et des coupes et des passoires et des plateaux d’or ; le maître d’or et d’argent et des coupes, et la mesure de chacun ; et l’autel d’or du parfum ; et la forme des Chérubins dont les ailes sont étendues, couvrant la coupole du Pacte de Dieu, écrit de la main du Seigneur. — Et David fit connaître à son fils Salomon la forme de l’ouvrage, telle que l’intelligence lui en était venue. »
D’Ézéchiel le prophète, sur le renouvellement du Temple
« Et voici un mur entourant la maison ; dans la main de l’homme une mesure, longue de sept coudées et demie… »[201] [202]
Suit la longue description d’Ézéchiel sur les mesures du Temple : le mur extérieur (largeur égale à hauteur), l’entrée de la porte orientale (7 coudées), le linteau de la porte (6 coudées), la position centrale (6 coudées), le couloir (5 coudées), le seuil (3 coudées), le linteau intérieur (8 coudées), le seuil de la porte (2 coudées), à l’intérieur de la porte orientale trois portes, et la mesure entre elles ; la largeur de la porte (13 coudées), la limite avant le linteau (un coude de chaque côté). Six coudées à l’intérieur, le mur en hauteur (5 coudées) — chaque détail étant mesuré minutieusement. Six entrées portent un linteau ; les fenêtres entourant la porte donnent vue au-dehors.
Devant les colonnes et les portiques, derrière les portes, la longueur étant égale à la mesure ; la largeur de la cour (100 coudées) ; l’autre cour à l’est ; un grand bâtiment ; la mesure des huit (5 et 8) en cinq coudées et son retour à l’est. La forme de l’édifice est décrite en termes difficiles : comme l’abondance d’eaux nombreuses, avec un éclat semblable à la gloire environnante.
De la Vision (Apocalypse) de Jean l’Évangéliste
« Et je vis un ciel nouveau », puis la cité sainte, dont les fondements de la muraille sont ornés de pierres précieuses et dont les portes sont décrites dans la vision de Jean :[203] [204]
• Béryl (ⲂⲎⲢⲒⲖⲖⲞⲤ) ;
• Chrysolithe (ⲬⲢⲨⲤⲞⲖⲒⲐⲞⲤ) ;
• Saphir (ⲨⲀⲔⲎⲘⲠⲞⲤ) ;
• Topaze (ⲦⲞⲠⲀⲌⲒⲞⲚ) ;
• Améthyste (ⲀⲘⲈⲐⲨⲤⲦⲞⲤ) ;
• Chrysoprase (ⲬⲢⲨⲤⲞⲚⲀⲤⲞⲤ) ;
• Lapis-lazuli (ⲤⲀⲢⲆⲒⲞⲚ).
Les fondements sont ornés de pierres précieuses ; le pavé de la cité est d’or pur, comme du verre lumineux. « Je n’ai vu en elle aucun temple, car le Seigneur Dieu Pantokrator est son temple — Lui et l’Agneau. La cité n’a besoin ni de soleil ni de lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu y resplendit, et l’Agneau est son flambeau. Les nations marcheront à sa lumière ; les rois de la terre y apporteront leur gloire. Ses portes ne se fermeront pas le jour, car il n’y aura pas de nuit. Les nations apporteront leur gloire et leur honneur ; n’y entrera rien d’impur, mais seulement ceux dont les noms sont écrits dans le livre de vie de l’Agneau. »
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Des saints canons sur la dignité de l’église
Aucune invitation ni banquet ne sera tenu dans les églises de Dieu, ni aucun repas. Il n’est pas permis aux fidèles d’entrer dans le sanctuaire, ni d’y prier ; les marchands et les changeurs ne peuvent pas faire affaire dans l’église. Les portes de l’église seront gardées, afin que n’y entrent ni des incroyants ni quiconque est interdit de participation aux mystères.
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Sur la consécration de l’Église et son ordonnance
Des saints canons[205]
« L’évêque consacre les sanctuaires, et avec lui sept prêtres ; il les asperge du Saint-Myrôn, qui est l’huile d’allégresse, car il est le sceau du Seigneur. — Si l’autel se brise ou est déplacé, on consacre à nouveau ; et l’on confectionne un autel en planche consacré, transférable d’un lieu à un autre — à l’image de la pierre des fils d’Israël, qui était transportée d’un lieu à un autre dans le désert. — Nul ne balaie l’autel sinon le diacre, et la poussière qui en est balayée est jetée dans la mer où il y a un courant. — Tout ce qui appartient à l’église, comme bien sacré et ustensiles, ne peut servir à un homme en sa maison ; et celui qui agit ainsi sera retranché de l’église, après avoir été châtié. »
L’usage en terre d’Égypte pour la consécration de l’Église
Les évêques, les prêtres et les notables se réunissent dans l’église. Ils se tiennent à l’extérieur de l’abside (al-iksinâ, c’est-à-dire la coupole). Sept jarres d’argile sont remplies d’eau, garnies de basilic et de feuilles d’arbres, placées sur sept rangées droites — en face d’eux du côté de l’Orient. Sept lampes neuves sont allumées sur sept porte-cierges en une rangée ; sept encensoirs sont allumés.
Le patriarche et les évêques récitent ces trente-et-un Psaumes : du 121ᵉ au 151ᵉ — en chant[206] — et il est dit alors :
« Sois venu, ô Seigneur, dans l’héritage de ta sainteté pour la durée des jours. — Dis parmi les nations : Le Seigneur règne. — Resplendis, resplendis, ô Église ! »
Puis sept passages des Écritures sont lus — d’Isaïe, des Chroniques sur Salomon, d’Ézéchiel sur le renouvellement du Temple, de l’Apocalypse, et autres — chacun avec sa partie en copte et en arabe.
L’aspersion d’eau et l’onction du Myrôn
Le peuple dit « Notre Père qui es aux cieux », jusqu’à la fin, et la doxologie. L’évêque consacre l’eau et dit : « Un seul est l’Esprit Saint. » On dit le Psaume 150. Les porteurs d’eau sainte se lèvent. L’évêque marche en tête, les prêtres portant les encensoirs et les croix, les cierges et l’Évangile orné, chantant devant lui comme il convient :
« ⲔⲞⲨⲒ ⲔⲞⲨⲒ ⲀϤⲘⲞϢⲒ ϦⲈⲚ ϮⲤⲔⲨⲚⲎ ⲤⲰⲞⲒⲤ ⲘⲘⲈⲚ » — au pas, au pas, il marche dans le tabernacle ; le Seigneur est avec nous.
Il avance vers l’arche au centre du mur oriental de l’autel et l’asperge d’eau. Il fait le tour de chacune des parois de l’église et l’asperge, en disant : « ⲞⲨⲀⲄⲒⲀⲤⲘⲞⲤ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ ⲚⲦⲈ ⲠⲎⲒ ⲪϮ » — « Consécration sainte de la maison de Dieu ! »
Quand il finit, il prend le vase de Myrôn et signe avec — au milieu de l’arche du mur oriental devant l’autel — l’image de la Croix. Il dit :
« Cette demeure est consacrée comme église universelle, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
Si c’est une église de martyr ou de juste, il dit : « Cette demeure est consacrée comme témoignage sacré pour saint N., au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. »
Puis il signe à droite d’abord, puis de chaque côté, et marche dans l’église en signant les murs, les colonnes, les linteaux, les portes et les arches, en disant à chaque fois : « Béni soit le Seigneur, dès maintenant et pour toujours. Amen. » Les autres prêtres marchent devant lui, chantant selon l’ordre mentionné, jusqu’à ce qu’ils encerclent l’autel et disent les premières psalies — sur le ton Adam ou Batos selon le temps de l’année.[207]
Et la consécration de l’Église est accomplie dans la paix du Seigneur. Amen.
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La consécration de l’autel
À la fin de la consécration de toute l’église, l’évêque se tient devant l’autel, les prêtres autour de lui. L’encens est élevé, et il dit la prière de l’encens, puis lit le Psaume 92 et le Psaume 26. L’archidiacre dit : « Tenez-vous bien ! » en arabe, jusqu’à la fin.
Sont alors récitées onze pétitions, chacune suivie de plusieurs Kyrie eleison. Puis cinq autres pétitions sont récitées, chacune se terminant par Kyrie eleison. À la fin de la dernière, il lit ces passages, et le peuple répond « Amen » après chacun :
« ⲞⲨⲐⲨⲤⲒⲀⲤⲦⲎⲢⲒⲞⲚ ⲈϤⲞⲨⲀⲂ » — Un autel saint. « ⲞⲨⲖⲨⲘⲎⲚ ⲚⲦⲈ ⲚⲒⲮⲨⲬⲎ ⲈⲤϢⲦⲈⲢⲐⲰⲞⲨ » — Un havre pour les âmes en détresse. « ⲞⲨⲘⲀⲚⲈⲢϨⲈⲘⲒ ⲚⲦⲈ ⲚⲒⲖⲞⲄⲒⲤⲘⲞⲤ ⲚⲒⲂⲈⲚ ⲚⲦⲈ ⲚⲒϨⲂⲎⲞⲨⲒ » — Maître de toutes les pensées de nos actes.« ⲞⲨⲘⲀⲚⲪⲰⲦ ⲈⲂⲞⲖ ϨⲀ ⲚⲒⲚⲞⲂⲒ ϦⲈⲚ ⲠⲈⲚⲞⲨⲰϢ » — Refuge pour les péchés commis volontairement. « ⲞⲨⲘⲈⲦⲢⲈⲘϨⲈ ⲚⲦⲈ ⲚⲒⲤⲨⲚⲎ ⲀⲎⲤⲒⲤ ⲚⲦⲈ ⲚⲒⲀⲦⲈⲘⲒ » — Liberté des intentions ignorantes ; engagement aux biens citadins. « ⲞⲨⲘⲞϨ ⲈⲂⲞⲖ ⲘⲘⲈⲐⲘⲎⲒ ⲚⲒⲂⲈⲚ ϪⲈ ⲚⲐⲞⲔ ⲈⲦϢⲞⲠ Ⲫ︦Ϯ︦ ⲈⲦⲤⲘⲀⲢⲰⲞⲨⲦ ⲚⲈⲘ ⲠⲈⲔⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ ⲚϢⲎⲢⲒ » — Plénitude de toute justice — car Tu es l’existant, ô Dieu béni, et ton Fils unique, et l’Esprit.
Le patriarche encense ensuite l’autel, lit l’Évangile selon Marc (ch. 14, vv. 3-9 — la femme qui oint le Seigneur de parfum à Béthanie). Puis il oint l’autel du Myrôn — quatre signes de croix : au centre, à l’est, à l’ouest, au nord et au sud — disant à chaque fois : « Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »
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Fin du chapitre 8
Chapitre 9
Le Saint-Myrôn — sa composition et son rite
Le patriarche d’Alexandrie prépare le Saint-Myrôn — l’huile sainte par laquelle le saint chrême est confectionné — au monastère de Saint-Macaire au désert.[208]
Les composants aromatiques du Myrôn — d’après deux recensions[209]
Selon la première recension (texte d’Anbâ Petros, évêque de Malîj) :
• Roseau aromatique (Qaṣab al-Dhariʿa) : 24 onces ;
• Lis maritime (Sûsan ismânjun) — sa racine : 6 onces ;
• Qasab al-Mar (cannelle de cuivre) : 20 ;
• Iraq mazrūʿ (rhubarbe cultivée) : ses tiges : 20 ;
• Santal blanc finement moulu : 20 ;
• Menthe : 23 ;
• Zarna (gomme/résine) : 20 ;
• Écorces de feuille rouge : 23 ;
• Noix muscade : 3 grains numérotés ;
• Épi de nard (Sunbul al-Ṭīb) : 10 — son bois 6 ;
• Mastic (Iṣṭruk) : 6, blanc également ;
• Safran (zaʿfarân) : 20 — en filaments ;
• Cire et résine, et la chaux et l’huile ne s’y mettent pas ;
• Curcuma (Zarnbâd) : 20 ;
• Bois d’oud (ʿOud) : 20 ;
• Ambre gris (ʿAnbar) : 20 ;
• Lichen (Shīh) — Aspetūsīn : 20 ;
• Aloès indien (ʿOud hindī) : 6 — mais peu se trouvent ;
• Verveine syrienne ;
• Encens (Lubân) : selon ce qui peut être obtenu ;
— et de l’huile selon la suffisance.
En marge du texte. « J’ai vu que ces compositions ne concordent pas quant à leurs poids — ni pour la composition du Myrôn ni pour la répartition de chaque préparation. J’ai jugé bon de mentionner ce qui est établi à ce sujet à notre époque, et qui est ceci : le patriarche Anbâ Théodose III, le 79e des patriarches, ordonna la préparation du Myrôn dans le sanctuaire copte de saint Mar Quryâqos à Misr, lors du voyage vers le monastère de saint Macaire au désert. Cela eut lieu à la Pâque sainte, au mois de Baramouda, en l’an 1015 des Martyrs (1299 apr. J.-C.). Que Dieu nous accorde leurs prières. Amen. »
La préparation et la cuisson
On commence le lundi (18 du mois mentionné, premier jour de la Pâque sainte). Tous les saints aromates broyés sont distribués dans les diverses cuissons aromatiques (al-ṭabīkhāt). On les fait cuire dans des marmites de cuivre — chacune contenant l’huile d’olive selon le besoin — sur sept foyers alimentés au bois d’oud, avec des feuilles de basilic, etc.
L’Anbâ patriarche prie l’office du matin et la prière du premier jour de la Pâque, puis il part pour l’église de Mar Jirjis à Saint-Quryâqos. Il s’assoit avec les Pères évêques autour de lui, et ils commencent à répartir les éléments aromatiques du Myrôn. Ils décident d’en faire deux cuissons. Le saint patriarche apporte les éléments aromatiques. — C’est la tradition copte.
On allume le feu, on prend le Saint-Myrôn déjà existant, on en verse quelques gouttes dans le nouveau, on dit la prière. L’évêque oint avec une plume blanche en récitant des prières adaptées.
Les canons attribués à Clément sur l’usage du Myrôn[210]
« Des canons attribués à Clément le disciple : celui qui endommage, profane ou détourne quelque chose du Myrôn — qu’il soit conservé dans un récipient de verre ou dans un récipient de bois convenable — encourt les sanctions énumérées ci-dessous :
• Quiconque se signe lui-même de cette huile sainte — que moi, Pierre, le plus petit des disciples, je t’ai donnée — sans être oint par le prêtre approuvé pour la conserver, commet une transgression grave.[211]
• Quiconque en boit comme traitement — qu’il soit exilé d’où il ne reviendra.
• Celui qui en répand parmi les gens sans connaissance — qu’il soit exilé de l’Église de Dieu durant sept ans ; et s’il en répand en connaissance, qu’il soit frappé de 152 coups et se tienne hors de la sainte Église de Dieu durant douze ans.
• Tout prêtre qui oint avec cette huile sans baptiser — qu’il soit déposé de son rang.
• Tout chef de ton rang, ô Clément, qui en confie le maniement à un non-prêtre — qu’il soit déposé.
• Tout prêtre qui en détourne l’usage doit lire les Psaumes du prophète David où il est question de cette huile, jusqu’à ce qu’il ait cessé de la tenir en sa main.
• Tout homme qui revendique le sacerdoce sans en avoir reçu l’imposition — qu’il soit exilé de l’Église de Dieu. »
En marge du texte. Sa parole « celui qui en répand parmi les gens » ne vise pas ici le diacre. Les canons mentionnés distinguent la diaconesse comme rang de service et la fonction sacerdotale proprement dite. Ce qui confirme la permission donnée au diacre de le distribuer, c’est cette précision : « Tout prêtre qui oint avec cette huile sans baptiser ». L’usage du Myrôn est donc admis pour la communion des malades et pour les cas assimilés, selon la nécessité.
• • •
Les douze Mages
Ceux qui vinrent pour l’adoration de notre Seigneur le Christ — à lui la gloire — depuis les pays de Sabaʾ jusqu’à la terre de Judée — aux jours du roi Hérode (qui prétendait être de la lignée d’Abraham) ; et cela en l’an 307 de l’ère d’Alexandre fils de Philippe — la 43ᵉ année du règne d’Auguste César, et la 35ᵉ année du règne d’Hérode.[212]
La Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ eut lieu au mois de Kānūn al-Awwal (décembre), le 5 du mois, un mercredi, durant la nuit avant le chant du coq. Voici leurs noms :[213]
(1) Zîrūnadâd fils d’Arṭibân.
(2) Hormizd fils de Santarûq.
(3) Ujunshâshif fils de Ḥundafar.
(4) Arsace fils de Mahrūq.
(5) Zamrūnadâd fils de Wardūd.
(6) Irbahû fils de Khosroès.
(7) Arṭakhshat fils de Ḥulīt.
(8) Asūbaʿmurân fils de Sîshrūn.
(9) Mahrūq fils de Jūhâm.
(10) Ḥashîrish fils de Ṣaḥbân.
(11) Ṣardaj fils de Baʿldân.
(12) Marduk fils de Bayl.
Variante trouvée dans une autre copie
Une autre version rapporte que les rois qui s’étaient chargés d’apporter les offrandes à Notre Seigneur — ces Mages présents à sa Nativité — étaient au nombre de trois, à part leurs serviteurs :
(1) Hormizd-Maskī, roi des pays connus comme le « bas-pays » de l’Orient.
(2) Wārūḥa, roi des pays de Sabaʾ.
(3) Qīrwân, roi de Bisā.
Ces trois-là étaient des rois.
« Cela est achevé. Et louange à Dieu, toujours et à jamais. »
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Fin du neuvième chapitre
Chapitre 10
Sur l’ordination des patriarches
Le patriarche est le successeur du Maître, le Christ, et de ses apôtres : celui qui établit la décision dans l’ordre de sa Loi, son application et son interprétation. Son nom signifie : « le premier père ».
Les conditions retenues dans son ordination — celles qui rassemblent sa qualification — figurent dans les saints canons apostoliques, et dans les canons des conciles reçus par l’Église, et chez les Pères, les savants et les chefs de la Loi. Ce n’est pas ici le lieu de les exposer en entier ni de les rapporter à la lettre.
Mais j’ai cité un bref aperçu suffisant pour orienter sur quelques-uns des éléments visés chez ceux qui assument cette charge. Voici :
Sur l’examen et le choix du candidat
• Son examen doit se faire d’un commun accord, par les hommes de jugement parmi les notables et les principaux des archontes éminents.
• Ce sont eux les docteurs de la Loi (al-aḥbār) chevronnés : parfaits dans leurs réflexions et dans leur foi, connus pour la rectitude de leur esprit, l’absence d’égarement chez eux, la bonne qualité de leur examen, et la confiance que la majorité place en eux dans les responsabilités qu’ils portent.
• On considère également la croyance commune sur l’élu : ce que la communauté pense de celui à qui on confie la garde de leur religion ferme et de leur connaissance assurée.
• La bonne critique en lui — qui ne contredit pas le jugement — et l’épreuve qui le confirme. L’élu doit être celui qui satisfait la plus grande partie de ses adhérents.
• Les électeurs choisissent ensuite l’élévation de son chef après avoir vérifié qu’il réunit en lui les éléments de la capacité — ceux qui sont énoncés dans :
— sa famille et son ascendance ;
— son ascèse (al-nusk) et son célibat ;
— sa religion et sa croyance ;
— ses sens et son intelligence ;
— son âme et son corps ;
— sa science, son œuvre, sa sagesse ;
— son expérience, son mérite, et son discernement politique ;
— l’affirmation de sa plénitude de vertus, et son élévation au-dessus des vices ;
— auprès des savants par la science, auprès du commun par la transmission, auprès des lettrés par la renommée de la vertu, et auprès des dissidents par la diffusion du témoignage.
Le tirage au sort entre candidats équivalents
Si un groupe entier répond à ce critère, on examine attentivement, et l’on choisit parmi eux dans la mise en évidence d’une distinction claire — d’entre ceux qui sont égaux en état et semblables en œuvre.
On fait pour eux un tirage au sort avec leurs noms : les billets sont placés sur l’autel du Seigneur dès le début de la liturgie. À sa fin, on enlève l’un des billets — par la main d’un jeune garçon pur, ou d’une personne sainte et qualifiée — qui ne devait pas être présente au moment de la préparation.[214]
Et celui que le Seigneur choisit parmi les nommés — sur lesquels l’accord et la confiance se sont posés — c’est lui qui sera intronisé.
Sur l’imposition des mains et la consécration
Selon l’usage et la coutume, l’ordination du patriarche s’opère en présence des évêques compétents de la province — au nombre de douze ou plus. Le moindre nombre admis est de deux évêques, s’il y a empêchement à un plus grand rassemblement pour des causes graves ou des circonstances impérieuses. L’imposition des mains n’est pas le fait d’un seul évêque sur le patriarche ; de même, pour les évêques eux-mêmes, une seule personne ne suffit pas à l’imposition.[215]
Quant à la nomination, les archontes désignés — gens pieux de la province — doivent honorer celui qui intercède et préside pour leur communauté. Dieu les regarde et les voit dans leur seconde naissance, d’eau et d’Esprit. Il les nourrit du lait spirituel de la Parole et les guide dans les rangs de la prêtrise. Ils doivent donc craindre Dieu, l’honorer comme un père, le respecter comme un pasteur et le considérer comme un seigneur dans l’ordre ecclésial.
Il est dit aussi : il convient d’honorer le Seigneur pour nous, et de réfléchir au fait que dans les évêques se trouvent les pères, les mères, et la voix de la Parole — comme Aaron fut le porte-parole de Moïse — appelé « prophète », et Moïse appelé « Dieu pour Pharaon ».
Réfléchissons donc à nos pasteurs dans la Parole : quiconque parle mal de son évêque pèche contre Dieu, car l’insulte adressée au pasteur atteint l’ordre confié par Dieu. Les canons rappellent que les prêtres et les évêques ont charge de veiller sur l’état du peuple : sur leurs âmes et leurs corps, leurs fils et leurs filles, leurs vieillards, leurs femmes et leurs pauvres.
Le patriarche dépense tous ses efforts pour le bien de chaque classe du peuple selon son rang, et pour repousser de lui ce qui le blesse en toutes ses occupations : guérir des fractures, ouvrir des chemins de douceur, secourir le pauvre et accorder la consolation à proportion de sa puissance et de la mesure de sa force. Ce qui figure dans les saints canons est ce qui montre cela et le constitue. On y revient avec révérence et soumission. — C’est ainsi qu’il a dit, à sa manière : « Moi — moi je suis le bon Pasteur, le bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis », et : « Aimez-vous les uns les autres ; et quel plus grand amour que cela : qu’un homme donne sa vie pour ses amis ? »
Sur le veilleur — selon Ézéchiel
Le Dieu Très-Haut dit à Ézéchiel le prophète : « Ô fils de l’homme, je t’ai établi veilleur sur ce peuple. Tu écoutes une parole de moi, tu la gardes et tu la leur transmets : “Quand je dis au pécheur : il est mort de mort”, et que tu ne lui parles pas pour qu’il se garde de ce qu’il fait — ce pécheur mourra dans son péché ; mais son sang sera réclamé de ta main. Si tu commences, et que tu fais connaître la situation du pécheur — qu’il se garde de son chemin et qu’il s’en détourne, sans s’écarter — qu’il meure de son péché, et qu’il sauve ton âme. ». — De tels commandements à l’égard de l’Église sont nombreux, mais peu en sont rapportés ici.[216]
Sur les patriarches du monde — leur nombre, leurs sièges, leur rang
« Les patriarches dans le monde entier sont quatre — pas davantage — comme les Évangélistes, les fleuves, les vents et les éléments du monde. »
(Premier) Le maître d’Alexandrie, siège de Marc, l’un des Soixante-dix.
(Deuxième) Le maître de Rome, siège de Pierre, chef des Apôtres.
(Troisième) Le maître d’Éphèse, siège de Jean l’Évangéliste — transféré à la ville impériale, c’est-à-dire Constantinople.
(Quatrième) Le maître du siège d’Antioche, qui est également le siège de Pierre.
Les sièges honorés
Aucun d’eux n’est un simple évêque par rapport au patriarche. — Le maître du siège de Thessalonique est honoré.
L’évêque du siège de Jérusalem ne se soumet à aucun autre évêque ; il est plutôt honoré et vénéré — car il est dans la ville sainte, et dans sa main est la croix de Jésus-Christ notre Seigneur, et le lieu de sa Sainte Résurrection.
Le maître de Séleucie-Ctésiphon (al-Madāʾin), en Orient, est honoré ; il porte le titre de « Catholicos ».[217] [218]
Il a le droit d’ordonner des métropolites, comme le font les patriarches. Dans l’ordre honorifique transmis ici, il siège au septième rang après l’évêque de Jérusalem. Son siège est actuellement à Bagdad. Le texte ajoute, dans une tradition manuscrite difficile, que le métropolite d’Abyssinie relève du patriarche d’Alexandrie et ne doit pas être soumis à un autre patriarche.[219]
Sur la mission du patriarche
Le patriarche bénit et délie ; il assume la mission de délier le lien des métropolites et des évêques, lorsqu’il le voit conforme à la Loi. Placé comme maître de maison, il garde la religion sur ses fondements, retranche l’innovation, dissipe les ambiguïtés, applique les jugements avec justice, règle les dotations pour ceux qui les méritent — sans prodigalité ni avarice —, ordonne les préséances et surveille les responsables. Il administre les affaires par délégation et par conseil des hommes de science et de jugement, afin de maintenir le peuple dans l’ordre et de le préserver du trouble. Il veille aussi à la continuité de l’enseignement, de l’avertissement, des sermons et de l’éducation morale.
Sur l’interdiction de la nouveauté contraire
Il est aussi dit dans les saints canons : « Quiconque dit : “Je suis le canon de mon temps, et j’ai le droit de lier et de délier !” n’a pas ce droit ; il n’est qu’un transgresseur qui s’écarte de ce qui a été reçu. Il doit suivre l’usage du saint Évangile et des purs Apôtres, comme l’ont fait les justes l’un après l’autre. »
Ordre du rite de consécration du patriarche
La revêture monastique
S’il porte déjà l’habit monastique, on prie sur lui d’abord avec toutes les prières du schéma, et on le revêt de toute la « tenue angélique » :
• le bandage (al-burâj) ;
• la qalansuwa (le capuchon) ;
• le schéma de cuir ;
• la ceinture de cuir sur ses reins ;
• puis le manteau (al-mizra).
On le laisse alors jusqu’au dimanche. On le relève le dimanche. S’il doit recevoir l’engagement monastique, on lui impose le lien. On porte l’Évangile à l’église très tôt. Tous se rassemblent là, et on récite le canon de l’Apsalmôdia, de la Theotokia, l’Évangile et la Paix. Puis on commence la liturgie eucharistique à l’heure, et on enlève les liens de ses pieds après la lecture des chapitres obligatoires ; tous les évêques et tous les prêtres changent alors de place selon l’ordre du rite. Quand le Praxis est fini, l’archidiacre s’écrie :
« Ⲱ ⲠⲒ ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ » — Ô évêques !
Les évêques sortent du lieu de service et marchent en procession dans l’église vers l’autel — d’abord le chef des évêques, puis tous les évêques après lui dans leur ordre.
L’élu vient ensuite, vêtu seulement de l’étole monastique et d’un mouchoir sur le cou, tenu par deux prêtres — l’un de chaque côté — la tête baissée. Tous les prêtres marchent en ordre. L’archidiacre est devant le chef des évêques, portant l’Évangile devant lui ; un autre prêtre porte l’encens devant lui, et tous les diacres marchent devant lui, portant les croix, chantant devant le saint Évangile selon leur ordre.
Ils disent :
« ⲘⲞⲚⲞⲄⲈⲚⲎⲤ » — Ô Fils unique, Verbe !
Puis ils s’inclinent devant l’autel saint. Le chef des évêques dit la prière de l’Évangile, s’incline devant l’autel et s’assoit sur le synthronon (trône épiscopal). Tous les évêques s’assoient — de part et d’autre — selon leur ordre. Les prêtres et les diacres se tiennent debout en dessous ; tout le peuple se tient debout en silence. L’élu se tient en dessous, la face vers l’Orient, la tête inclinée vers le bas, soutenu par deux prêtres.
Le chef des évêques donne ensuite sa tazkiya (sa lettre de recommandation) à l’un des diacres, qui monte et la lit depuis l’ambon. Elle a été préalablement écrite sur parchemin par le scribe du synode, avant son arrivée à l’église.[220]
• • •
La Tazkiya — copie de la lettre de recommandation
« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, la Trinité sainte, indivisible en une seule Divinité. »
C’est notre Dieu, à nous chrétiens, en qui nous nous confions jusqu’au dernier souffle. Nous envoyons vers Lui, dans les hauteurs de la gloire en haut, toute la plénitude de l’Église universelle, apostolique de Dieu, et tous les orthodoxes assemblés — les évêques, les prêtres et les diacres et tout le peuple aimant le Christ, qui sont de la ville d’Alexandrie et de toute la province d’Égypte —
« — lorsque la peine de l’orphelinat et la douleur du cœur nous saisirent : à la fin de toute sa marche — je veux dire notre Père le chef des évêques, le bienheureux et noble Anbâ N., ceint de vertus, qui atteignit toutes les saintes promesses, de bon souvenir, et s’en alla vers Dieu qu’il aimait. Il entendit de Dieu cette voix royale avec joie :
« C’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître. »[221]
« Quand nous fûmes orphelins de sa paternité, et que les Églises de Dieu devinrent veuves — celles qu’il faisait paître par ses bontés — alors nous tombâmes dans une grande peine et une grande ardeur. Nous demandâmes à Dieu de nous manifester celui qui est digne de cette grande présidence, qui nous paîtrait dans la voie du Seigneur, et nous guiderait vers le port de la paix.
« Comme nous connaissons l’amour des Alexandrins pour leurs pères, la bonté de leur cœur — et qu’ils ne veulent pas rester orphelins pour longtemps — nous nous sommes vus contraints de confier l’œuvre à Dieu. Nous avons supplié la Sainte Trinité d’un cœur pur et d’une foi droite, qu’Elle nous révèle qui est digne de cette médiation, pour le présenter à ce degré de cette présidence, par un don céleste et l’action de l’Esprit-Saint.
« D’un commun accord, avec une bonne intention et un consensus dans le jugement de l’assemblée, nous avons choisi N., serviteur de Dieu, prêtre-moine du monastère splendide d’al-Flâtî, comme chef des évêques sur la chaire apostolique de saint Marc — le voyant divin et évangéliste — pour la grande ville d’Alexandrie, et toute la province d’Égypte et ses environs. Car il est un homme adorateur de Dieu, orné d’intelligence, ami des étrangers, enseignant saint, qui s’efforce à la véracité de l’Évangile. Nous l’avons fait chef des pasteurs et chef des évêques pour les communautés, et juge équitable de la sainte Église de Dieu. C’est pour le salut de nos âmes, afin qu’il nous paisse en toute mansuétude et douceur. »
Sur la vocation et le mérite
« Tel Élisée avec Élie le Tishbite — par le schéma angélique — comme il est écrit dans les paroles apostoliques : et nous savons « que ceux qui aiment Dieu, Il les aide en tout ce qui est œuvre bonne — eux qui sont les appelés selon Son dessein prévenant ; car ceux qu’Il a connus d’avance, Il les a choisis ; et ceux qu’Il a choisis, Il les a appelés ; et ceux qu’Il a appelés, Il les a justifiés ; ceux-là, Il les a glorifiés », et encore : « Nul ne reçoit cet honneur seul, sinon celui que Dieu appelle comme Aaron le prêtre. »[222][223]
« Il a été formé dans al-Iskīt, c’est-à-dire la Skète, où il fut élevé depuis sa jeunesse sous les pieds de Pères saints, dont il a reçu la grâce. »
• • •
Le revêtement des habits patriarcaux
Quand la tazkiya est lue, le chef des évêques se lève, dépose son sceptre et ses ornements, et commence à revêtir le patriarche élu :
Sur l’autel saint sont déposés :
• la tunique blanche (al-shâshîya) ;
• le couvre-chef ;
• la cape (al-burnus) ;
• la croix patriarcale ;
• le bâton pastoral (al-ʿakkâz) ;
• le manteau noir patriarcal.
Le chef des évêques étend les mains sur sa tête, les bénit, et il dit les prières d’imposition de la main. Le peuple répond Kyrie eleison. La grande prière d’imposition est ensuite récitée, comprenant :
(1) Première prière de consécration : « Ô Toi qui es, Dieu Pantokrator, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ… »
(2) Deuxième prière : « Ô Seigneur, remplis-le des dons des trois guérisons. Ô Seigneur, regarde vers nous et sur notre service. »
Puis le chef des évêques tourne sa face vers l’ouest et signe sa tête de nouveau, avec son pouce, trois fois, en disant :
« Nous appelons N. patriarche sur la ville N. et ses environs. »
Après cela, il le revêt de tous les ornements sacerdotaux : les habits blancs et la qalansuwa blanche et la ceinture blanche. Et il dit :
« ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ » — Gloire et honneur à la Trinité sainte du Père, du Fils et du Saint-Esprit, paix et édification à l’unique sainte Église apostolique du Seigneur Dieu, bénie pour les âges des âges. Amen.
Puis il tourne vers l’ouest, signe sa tête avec son pouce trois fois en disant :
« Nous appelons N. notre patriarche dans l’Église sainte. »
Le peuple répond : « Digne, digne, digne ! » (Axios)
• • •
La procession du nouveau patriarche dans la ville
Après avoir donné la paix, le patriarche revient avec les évêques à la résidence patriarcale, avec chants et louanges. Ils sortent de la sainte église vers le couvent patriarcal de saint Marc — le patriarche montant sur une bête, les évêques et tout le peuple le suivant, et les représentants du pouvoir chevauchant devant lui, avec trois croix devant lui ; tous les prêtres marchent devant lui en chantant avec grande révérence.
Ils marchent au milieu de la ville. Quand ils atteignent le milieu, ils s’arrêtent, et l’un des diacres lit ces pétitions :
« ⲒⲠⲞⲘⲈⲚ ⲠⲀⲚⲦⲎⲤ ⲚⲒⲀⲦⲈⲘⲞⲤ ΔⲈⲞⲘⲈⲐⲀ ⲔⲈ » — « Pour nous tous, nous demandons, Kyrie eleison. »
Le peuple dit après chaque pétition : Kyrie eleison — trente fois. Puis le diacre dit :
« ⲈⲦⲒⲦⲞⲨ ⲔⲈ ΔⲈⲞⲘⲈⲐⲀ » — « Demandons encore au Seigneur. »
Le chef des évêques (c’est-à-dire le patriarche) dit la prière que le Seigneur Dieu Pantokrator donne sa paix complète. Il dit :
« ⲈⲒⲢⲎⲚⲎ ⲠⲀⲤⲒⲚ » — Paix à tous.
Puis on dit : « Laisse-nous, ô Seigneur, te suivre rapidement ; ta face nous a vus, nous reconnaissons sa douceur. »
Le peuple répond : Kyrie eleison. Le patriarche dit ensuite : « Paix à tous, dans le saint Père, le Fils et l’Esprit-Saint », et il achève par la paix de toutes choses.
Le patriarche et les évêques retournent à la résidence patriarcale avec chant et louanges. Ils célèbrent ainsi pendant trois jours — c’est-à-dire trois jours de fête spirituelle, à l’image de Celui qui est ressuscité d’entre les morts le troisième jour :
• Le premier jour, à l’Église des Évangélistes ;
• Le deuxième jour, à l’église du chef des anges Michel ;
• Le troisième jour, à l’église de Mar Marc avec toute la liturgie. Et il prend dans son sein la tête apostolique du voyant de Dieu, Marc, car il en devint successeur, et est prêt à suivre ses traces.
« À notre Seigneur la gloire et l’adoration aux siècles des siècles. Amen. »
• • •
Le Sîstâtîqa — la lettre synodale officielle
En marge du texte. Le « Sîstâtîqa » (du grec συστατική « lettre recommandée ») est la lettre synodale annonçant aux Églises l’ordination du nouveau patriarche. Elle est rédigée en double exemplaire — copte et arabe — et signée par tous les évêques participants. Ibn Kabar en donne ici la formule type.[224]
« Cette grande lettre synodale, appelée sîstâtîqa, est adressée aux gens d’Égypte : nous, les évêques rassemblés par la miséricorde de Dieu, écrivons aux amis de Dieu — prêtres, diacres, sous-diacres, lecteurs (al-Aghnistêns = ἀναγνῶσται), chantres, pères, moines, archontes, vierges en tout temps, tous les croyants orthodoxes et le peuple résidant dans la grande ville d’Alexandrie, l’amante du Christ, ainsi qu’à Fusṭâṭ-Misr, à toute la province d’Égypte et à toutes ses frontières — al-Uqṣur (Louxor), la Nubie, le Maqurra, les terres d’ʿAlûwa, les pays d’Abyssinie et tous leurs territoires, ainsi qu’à nos amis et frères. »
« Cette lettre synodale est pour le Père N., chef des évêques pour la grande ville d’Alexandrie, et Fusṭâṭ d’Égypte, et le Saʿīd, et les cinq villes d’Afrique, et les terres d’Abyssinie, et Louxor et Manṭīn, et la Nubie et le Maqurra, et les pays d’ʿAlûwa : et nous, les évêques rassemblés, l’incluons. »
« Nous avons accompli sa désignation bénie et sa consécration ensemble sur la chaire du voyant de Dieu, Marc, dans l’Église universelle apostolique de Dieu, selon la coutume canonique. Nous l’avons confirmé par l’écriture de nos mains sur ce qu’elle contient. Et la gloire à Dieu, toujours et à jamais. »[225]
En marge du texte. Deux copies sont rédigées, l’une en copte et l’autre en arabe. Les évêques inscrivent leurs signatures au bas de chacune, sur cet exemple :
« Moi, le pauvre N., évêque de la ville N., j’ai assisté à l’ordination de l’honoré Père, le Seigneur Anbâ N., comme patriarche sur la grande ville d’Alexandrie, les pays d’Égypte, l’Abyssinie, la Nubie et les cinq villes d’Occident, en présence des Pères évêques, dans l’église de saint Marc l’apôtre, dans la ville d’Alexandrie, le dimanche N. du mois N. de l’année N. »
• • •
Les causes qui requièrent la déposition du patriarche ou de l’évêque[226]
(Ces causes sont rapportées des saints canons. Quiconque tombe dans l’une d’elles, et la chose est prouvée, sera déposé.)
(1) Quiconque obtient l’épiscopat par corruption, ruse ou complot — ou le fait conférer par corruption, en sollicitant des notables (al-aʿyān) ou des puissants du siècle pour l’aider à gouverner l’Église — afin d’humilier le peuple de Dieu et de s’élever contre la Loi, doit être déposé.
(2) Quiconque donne ou reçoit un pot-de-vin pour une consécration, ou exige un salaire pour conférer ou recevoir l’ordination, encourt la déposition. La règle vise aussi ceux qui promettent des gratifications aux autorités civiles, aux prêtres ou aux diacres.
(3) Quiconque abandonne son siège après avoir été consacré — fût-ce un seul jour ou une seule heure — et fuit ce siège, doit être soumis au jugement canonique ; si la majorité de la province ne revient pas à son élection, son ordination ne peut être maintenue.
(4) S’il a abandonné sa province et s’est rendu dans une autre sans nécessité, et s’il y est resté plus de six mois sans la permission de son patriarche, il doit être sanctionné, sauf si sa ville, son devoir pastoral et son peuple reconnaissent que ce séjour est meilleur pour l’Église, et si nul ne le réclame de sa province.
(5) Si un patriarche transgresse les canons, ou si un évêque s’arroge le pouvoir d’absoudre ou d’imposer les mains contre la décision commune de l’assemblée, il tombe sous la sanction canonique.
(6) Tout évêque qui a reçu le sceau de l’Église de manière irrégulière — c’est-à-dire s’il n’a pas été consacré par des évêques canoniques, ou s’il a été ordonné par un évêque tombé sous l’excommunication — ne peut être reconnu comme régulièrement consacré.
Sur les actes répréhensibles
« Tout évêque qui rend un jugement injuste, ou qui se montre lui-même injuste ; s’il néglige l’instruction de son peuple, qu’il soit déposé. S’il néglige les pauvres de l’Église ou ne les nourrit pas de leur bien propre, qu’il soit déposé. S’il persiste continuellement dans la négligence, qu’il soit déposé. Tout évêque qui refuse d’accueillir le pécheur lorsqu’il se repent, ou qui est plongé dans l’ivresse et ne veille plus sur la direction du christianisme ni sur la connaissance de ses lois et coutumes, doit être écarté de son ministère. »
Le texte répète ensuite la même règle en l’appliquant à celui qui s’oppose à la discipline de l’Église, néglige l’enseignement de son peuple, délaisse les pauvres ou persiste dans la négligence : dans chacun de ces cas, la sanction indiquée est la déposition.
L’évêque qui prononce un jugement injuste contre quelqu’un, si cela est prouvé par témoignage, doit être déposé. S’il néglige l’enseignement de son peuple, qu’il soit déposé ; s’il néglige les pauvres de l’Église, qu’il soit déposé ; s’il continue dans cette négligence, qu’il soit déposé. Tout évêque qui n’accueille pas le pécheur repentant, ou qui est adonné à l’ivresse au point de ne plus s’occuper du sacerdoce ni d’en connaître les lois et coutumes, doit être empêché d’exercer les bénédictions sacerdotales et écarté du ministère.[227]
L’évêque qui boit en compagnie le soir du dimanche, des fêtes ou des consécrations, après le coucher du soleil, ne doit pas célébrer la liturgie ce jour-là ni présenter l’offrande.
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Fin du dixième chapitre
Chapitre 11
Sur les évêques
La désignation et la lettre synodale
Quand notre Père le bienheureux évêque Anbâ N. — dont la réputation s’est répandue, dont les pensées droites, les œuvres et les saintes dispositions qui attirent à Dieu sont apparues — s’endormit dans les lieux de la paix, auprès de Celui qui lui dit : « C’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître », l’Église resta sans pasteur.
Notre communauté entière se réunit et parla longuement de cette affaire. Nous demandâmes à la Sainte Trinité parfaite, d’un cœur pur et d’une foi droite. Voici qu’elle nous a révélé que N., serviteur de Dieu, prêtre-moine du monastère N., est apte à être évêque sur la ville N. — car sa vie est remplie de vertu : c’est un homme adorateur de Dieu, détaché de ce monde, prompt à propager la bonne nouvelle de la vérité.
Et qui est ainsi : nous nous prosternons sous tes pieds, te demandant de le faire évêque pour nous et pasteur sur nous, afin que ce qui est tordu dans la sainte Église soit redressé par lui. Qu’il soit un sauveur des âmes, et qu’il nous paisse avec miséricorde et tendresse.
Et nous aussi, par l’effort et les pures prières saintes, demandons à notre Seigneur Jésus-Christ notre Sauveur de te garder dans notre Église sainte pendant de longues années, ô notre Père saint Patriarche, le parfait adorateur de Dieu. Nous nous réjouirons avec toi en toutes tes œuvres par notre dire en commun. Tout le peuple dira : « Seigneur, prends pitié ! »
L’archidiacre dit ensuite en copte : « ⲠⲞⲖⲒⲤ ⲈⲦⲀⲤⲘⲈⲢⲈ ⲠⲬⲤ » — La ville qui aime le Christ.
Suit la formule : « La ville aimée du Christ, celle qui aime son père, n’a pu se résoudre à rester orpheline. Elle s’est réunie en synode et a délibéré pour se chercher un père. Ses habitants se sont hâtés avec zèle, ils ont réfléchi, et ont demandé qu’on leur trouvât un pasteur pour les paître en une bonne conduite. Ils ont prié Dieu avec sagesse. Et Il leur a fait paraître le parfait adorateur N., le prêtre-moine du monastère N. Nous l’avons envoyé avec les prêtres et les diacres aimant le Christ, et avec lui le livre de sa consécration, comme vous nous l’avez demandé — afin qu’il soit pour vous évêque et pasteur, et administrateur des saintes Églises. Les prêtres et le peuple ont attesté qu’ils le présentent en remplacement de N. et le commémorent dans leurs prières. Et voici, nous avons reçu votre demande. Comme nous avons vu votre présentation, nous n’avons pas voulu vous abandonner, ô peuple aimant le Christ. Il vous incombe, bien-aimés, de demander avec nous que la grâce de l’Esprit-Saint et la sainte grâce céleste descendent sur lui — en disant tous avec le peuple : “Seigneur, prends pitié !” »
Le rite de consécration de l’évêque
Après cela, le patriarche descend du synthronon ou du siège. Tous les évêques se tiennent à l’autel et présentent celui qui sera consacré. Il fléchit les genoux devant l’autel, devant le patriarche (chef des évêques) et devant tous les évêques. Tout le peuple se tient debout dans la crainte et le silence, demandant d’un cœur droit.
Le patriarche élève l’encens, dit la prière de l’encens, et avec elle cette prière, sa face tournée à l’Orient. Le consacré, nouvel élu, est à genoux sur les marches. On dit la prière dont le début est :
« ⲠϬⲞⲒⲤ ⲚⲦⲈ ⲚⲒⲬⲞⲘ » — Le Seigneur des puissances.
Puis les évêques qui s’associent à la consécration se rassemblent. L’archidiacre énonce les pétitions, le consacré étant debout :
(1) Que nous tous disions avec connaissance : « Seigneur, prends pitié. »
(2) Pour qu’il nous écoute.
(3) Pour la paix.
(4) Pour les Pères, les prêtres et le peuple.
(5) Pour les péchés et les douleurs.
(6) « Seigneur, sauve ton peuple. »
(7) Pour les péchés et les fautes.
(8) « Pour ton serviteur que voici, que tu envoies sur lui ton Esprit-Saint. »
L’archidiacre dit : « Élevez vos mains vers le haut, ô évêques ! » Les évêques élèvent leurs mains et touchent le nouvel élu — les uns d’un côté, les autres de l’autre.
Puis ils étendent les mains sur ses épaules ; le patriarche prie et dit, et l’archidiacre dit la première pétition : « ⲠⲒϨⲘⲞⲦ ⲈⲦ ϮⲘⲠⲞⲨⲬⲀⲒ » — Cette grâce qui n’a pas de fin.
Le patriarche tourne sa face vers l’autel et dit une seconde prière, puis tourne vers l’Ouest. Il pose sa main droite sur la tête du nouvel élu et dit l’archidiacre : « ⲞϨⲒ ⲈⲢⲀⲦⲈⲚⲐⲎⲚⲞⲨ ⲔⲀⲖⲰⲤ » — Tenez-vous bien.
Les évêques étendent leurs mains ; l’archidiacre dit l’oushiya (prière litanique). Après chaque demande, le peuple répond selon l’usage.
Le signe de croix sur la tête, les onctions et le revêtement
Le patriarche se tourne vers l’ouest et signe la tête de celui qui est consacré — nouvelle fois avec son pouce — trois fois, en disant :
« Nous appelons N. évêque sur la ville N. et ses environs. »
Et après cela, il le revêt du reste des ornements du sacerdoce — les habits blancs et la qalansuwa blanche et la ceinture blanche — en disant :
« ⲞⲨⲰⲞⲨ ⲚⲈⲘ ⲞⲨⲦⲀⲒⲞ » — Gloire et honneur à la Trinité sainte du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint ; paix et édification à l’unique Église sainte, apostolique, à Dieu — bénie soit-elle pour les siècles des siècles. Amen.
Il tourne à l’ouest et signe sa tête avec son pouce trois fois en disant : « Nous appelons N. évêque dans la sainte Église. »
Le peuple dit : « Digne, digne, digne ! » (Axios)
L’archidiacre dit cinq autres pétitions. À la fin de chacune, le peuple dit :
(1) Pour l’Église.
(2) Pour la miséricorde et la paix.
(3) Pour les Pères.
(4) Pour la venue du Saint-Esprit sur l’évêque honoré.
(5) Pour l’assemblée.
Puis le patriarche dit : « Paix à tous », et il prie une prière, sa face tournée vers l’Orient. Puis il dit : « Paix à vous. »
L’intronisation
Le nouvel évêque est placé à la droite de l’autel avec l’Évangile dans son sein. Le patriarche s’assoit sur son siège au synthronon, lit le prologue, le Psaume et l’Évangile selon l’usage. Puis il descend et commence la liturgie eucharistique ; il reçoit les saints mystères, donne la communion aux évêques.
Après cela, il présente le Corps avec le nouvel évêque, et lui donne communion des saints mystères et également de la coupe. Il lui donne le souffle. Il élève sa main sur sa tête. Le peuple s’écrie trois fois : « Digne ! »
On dit en copte :
« ⲀⲜⲒⲞⲤ ⲀⲜⲒⲞⲤ ⲀⲜⲒⲞⲤ » — Digne, digne, digne. « ⲈⲠⲒⲤⲔⲞⲠⲞⲤ ⲚⲒⲘ » — L’évêque Anbâ N. « ⲠⲞⲖⲈⲞⲤ ⲚⲒⲘ ⲚⲦⲞⲚⲞⲘⲞ ⲀⲨⲦⲎⲤ » — N. évêque sur la ville N.
Quand il reçoit le congé et donne la paix, le patriarche se lève, le dépouille des habits blancs et le revêt de la robe noire. Pendant qu’on le revêt, les prêtres chantent ce qu’il convient. Quand ils ont fini, ils s’assoient en ordre selon leur entrée dans l’assemblée. On dit les hymnes et les louanges ; on dit le second congé. Le patriarche lui donne la paix. Les évêques et les prêtres rendent gloire au Seigneur.
Ils fêtent ensuite trois jours — une fête spirituelle — à l’image de Celui qui ressuscita d’entre les morts le troisième jour, comme il est dit dans la Didascalie au chapitre 27.
Le testament de l’évêque
Le patriarche lit pour lui à la fin de la consécration le testament dont la copie est :
« Ô bien-aimé frère, ce degré que tu as obtenu, auquel tu es parvenu — qui est l’épiscopat — est un degré grand, important et redoutable en rang. C’est le pâturage du peuple de Dieu, son troupeau qu’il a racheté de son sang.
« Comme nous t’avons dit, sois plein d’attention et d’examen avec patience. Que tu sois pour eux un médecin, leur prêtre, leur père et leur ami. Que ta porte ne soit point fermée à ceux qui te désirent. Ne te lasse pas et ne tarde pas à examiner leurs demandes, car le serviteur fidèle est celui qui se hâte aux affaires des autres comme à ses propres affaires.
« Comme le bon pasteur que tu dois être, qui donne sa vie pour ses brebis — c’est ce que dit notre Maître. Et celui qui aime tellement ses frères qu’il leur donne sa vie. »
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Fin du onzième chapitre
Chapitre 12
Sur les prêtres
Le calendrier de la liturgie des prêtres
Le prêtre ne s’avance pas pour porter la coupe dans l’assemblée. Il revient au saint diacre, en présence du prêtre, de l’élever. Le prêtre tient la coupe avec les sous-diacres qui s’en approchent ; le diacre qui sert avec lui l’élève sans la toucher directement. Tous deux servent ainsi selon leur ordre.
Les rites majeurs avec les grands prêtres[228]
• Fête de l’Annonciation : le 29 de Birmahât ;
• Fête de la Nativité glorieuse : le 29 de Kihak ;
• Fête de la Théophanie : le 11 de Tūba ;
• Fête des Rameaux : liturgie de l’Eau au Jeudi saint ;
• Prière du Samedi de la Joie — fête de la Résurrection glorieuse (Pâque) ;
• Fête de l’Ascension — fête de la Pentecôte, fin de la Cinquantaine ;
• Fête de la Transfiguration : le 13 de Misra ;
• Fête de l’Entrée de Notre Seigneur au Temple (et fête de saint Syméon le prêtre) : le 8 d’Amshîr ;
• Fête de la Circoncision : le 6 de Tūba ;
• Fête de l’Apparition de la Croix : le 17 de Tout ;
Ce qui concerne le second rang du rite : la nuit de la Nativité, c’est-à-dire la nuit de Paramoun, en alternance deux par deux.[229]
• La Vigile : la nuit de la fête, le jour du Samedi de Lazare ;
• Liturgie du Grand Jeudi sur les mystères ;
• L’octave de Pâque, c’est-à-dire le huitième jour de la Résurrection — le dimanche de Thomas, appelé aussi fête du Disciple ;[230]
Ce qui concerne le troisième en rite :
• Liturgie du Samedi de la Joie, la deuxième fête de la Nativité ;
• Le deuxième jour des fêtes, le deuxième jour de la Pâque ;
Quant aux prières dans les nuits des fêtes : celui à qui revient le service de la liturgie, et toute la prière, c’est à lui qu’il revient.
Quant au reste des fêtes — la série commence avec le grand jeûne, puis se poursuit l’une après l’autre, de même pour les fêtes de l’année. Si l’on tombe d’accord sur la fête, on l’assigne à celui à qui elle revient selon l’ordre de service. Si le titulaire du septième rang n’atteint pas les fêtes des fêtes, c’est parce que toutes les sept fêtes ne sont pas comptées parmi les grandes fêtes, à l’exception du dimanche des Rameaux et de sa nuit.
• Pour le prêtre principal (al-arshī, probablement l’archiprêtre) : l’élévation du Saint-Myrôn ; la première et la dernière prière des candélabres ; la liturgie du Baptême ; la prière des Funérailles ; celle des Couronnements (Mariages) ; et la grandeur du premier contrat.
La direction des diacres
Quant à la direction des diacres : tout se fait comme pour la direction des grands prêtres avec le doyen, chacun suivant celui qui le précède selon le contexte.
L’ordre de la consécration des prêtres selon le livre établi dans l’Église copte orthodoxe
Si l’on désire présenter un prêtre, qu’on cherche d’abord parmi les prêtres : qu’on rende témoignage à ses bonnes œuvres ; qu’il soit connu pour d’excellentes paroles d’enseignement — doux, sain, paisible et compatissant — et qu’il ait une épouse contractée selon la Loi, comme le canon le requiert.
S’il était diacre ou sous-diacre, qu’il reste dans son état un autre jour, vêtu de l’étole monastique. Qu’il s’avance et reçoive la bénédiction. Le lendemain, il avance et il est revêtu, comme le diacre, de l’écharpe et de l’orarion sur son épaule gauche devant l’autel. Un prêtre se tient avec l’évêque qui l’ordonne, tandis que le candidat fait la prosternation des deux genoux devant le patriarche.
Puis on dit l’action de grâces et la prière de l’encens, et après cela une prière qui se termine par :
« ⲠϨⲘⲞⲦ ⲘⲠⲈⲚⲞⲤ Ⲓ︦Ⲏ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲥ︦ » — La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Et le grand diacre dit cinq pétitions des grandes pétitions de ce qui est utile à ce sujet ; et à la fin de chacune le peuple dit : « Seigneur, prends pitié, en vérité, dignement. »
Puis l’archidiacre dit en copte : « ⲠⲞⲖⲒⲤ ⲈⲦⲀⲤⲘⲈⲢⲈ ⲠⲬⲤ » — « La ville aimée du Christ ».
La consécration
L’évêque dit la première prière, et l’archidiacre dit les pétitions qui le concernent. La première :
« ⲠϨⲘⲞⲦ ⲘⲠⲈⲚⲞⲤ Ⲓ︦Ⲏ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲥ︦ » — La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Le peuple dit : « Seigneur, prends pitié » trois fois.
L’évêque dit la deuxième prière, sa face tournée à l’Orient. Puis il se tourne à l’Ouest, pose ses mains sur la tête du prêtre, dit son Ushiya (prière) secrètement, puis une autre Ushiya sur l’autel, sa face tournée à l’Orient :
« ⲤⲰⲘⲈ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲈϦⲢⲎⲒ ⲈϪⲰⲚ » — Regarde, Seigneur, sur nous.
Il se tourne vers l’Ouest, signe son front avec son pouce et dit :
« ⲦⲈⲚⲐⲞⲨϨⲈⲘ ⲘⲘⲞⲔ ⲚⲒⲘ » — Nous appelons N. — administrateur de l’Église sainte, « ⲚϨⲨⲄⲞⲨⲘⲈⲚⲞⲤ ⲚϮⲀⲄⲒⲀ ⲚⲈⲔⲔⲖⲎⲤⲒⲀ » « ⲚⲦⲈ Ⲫ︦Ϯ︦ ⲀⲘⲎⲚ » — qui est à Dieu. Amen.
L’archidiacre s’écrie ensuite : « Ô N., administrateur saint, à l’autel saint de l’Église universelle apostolique, l’Église aimante du Christ qui est de la ville N. »
L’évêque s’écrie : « Ô N. l’hégoumène ! »
Il se tourne vers l’Orient et dit cette prière. Puis il embrasse l’autel, l’évêque et les assistants, et reçoit des saints mystères. L’évêque pose la main sur lui trois fois, et s’écrie pour chacun trois fois : « Digne ! Digne ! Digne est N., prêtre sur l’Église universelle apostolique qui est de la ville aimante du Christ N., dans la paix du Seigneur. »
Le testament du prêtre
L’évêque lit ensuite sur lui ce testament :
« Sache, ô bien-aimé frère, la valeur de ce don que tu as mérité, et le rang que tu as atteint — qui est la prêtrise et l’imitation des grands mystères du Nouveau Testament, qui est le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ et son Sang, qui les a donnés pour nous et les a faits pour nous un pardon de nos péchés et une communion avec lui. »
« Tu es monté au rang des enseignants. Tu dois donc travailler et enseigner par la bonne conduite — mieux que par les paroles. »
« Rappelle-toi les paroles de notre Maître Pierre, qui dit : ‘Les prêtres qui sont parmi vous, je vous prie — moi qui suis leur partenaire dans la prêtrise et témoin des souffrances du Christ et partenaire de la gloire qui se manifestera : paissez le troupeau de Dieu qui vous a été confié ; veillez sur eux, non par contrainte mais d’un cœur empressé en Dieu et patient, non en seigneurs sur le peuple mais soyez un modèle pour le troupeau, afin que, lorsque le Chef des pasteurs paraîtra, vous receviez la couronne de gloire qui ne se ternit pas’. »[231]
« Sois engagé du poids qui t’a été confié, pour le rendre doublé, et recevoir le salaire du serviteur fidèle et sage. Rassemble tout le peuple sur l’enseignement — comme une mère qui élève ses enfants — afin que tu sauves toi-même et ceux qui t’écouteront. Va en paix, le Seigneur soit avec toi. Amen. »
Et un acte d’investiture lui est écrit qui lui convient. Le sceau patriarcal y figure. Le chef lui prescrit jeûne, oblations et semblables — autant qu’il voit selon sa puissance.
« Achevée la consécration du prêtre, dans la paix. »
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La consécration de l’Archiprêtre (al-Qummus, l’Hégoumène)
Si l’on appelle l’un d’eux à être hégoumène (al-Aighoumânis), qu’on en choisisse parmi les prêtres — qu’il vienne, vêtu comme un prêtre — et qu’il s’agenouille avec ses genoux, ainsi que ceux qui l’ont présenté, devant l’évêque qui se tient devant l’autel.[232]
Puis l’évêque dit l’action de grâce, élève l’encens. Le peuple dit trois fois : « Seigneur, prends pitié. » L’évêque dit la première prière, et l’archidiacre dit les pétitions qui le concernent. La première :
« ⲠϨⲘⲞⲦ ⲘⲠⲈⲚⲞⲤ Ⲓ︦Ⲏ︦Ⲥ︦ Ⲡ︦Ⲭ︦Ⲥ︦ »
Le peuple dit : « Seigneur, prends pitié » trois fois.
L’évêque dit une seconde prière, tourné à l’Orient. Puis il se tourne à l’Ouest, pose la main sur la tête du prêtre, dit son Ushiya en secret, puis une autre Ushiya sur l’autel — face à l’Orient :
« ⲤⲰⲘⲈ Ⲡ︦Ⲟ︦Ⲥ︦ ⲈϦⲢⲎⲒ ⲈϪⲰⲚ » — Regarde, Seigneur, sur nous.
Il se tourne à l’Ouest, signe son front avec son pouce, dit : « Nous t’appelons, N., administrateur de la sainte Église qui est à Dieu. Amen. »
L’archidiacre s’écrie : « Ô N. l’administrateur saint vers l’autel saint de l’Église universelle apostolique, l’Église aimante du Christ qui est à la ville N. »
L’évêque s’écrie : « Ô N. l’Hégoumène ! »
Il se tourne à l’Orient, dit cette prière. Puis il embrasse l’autel, l’évêque et les assistants, et reçoit des saints mystères. L’évêque pose la main sur lui trois fois, s’écrie chaque fois trois fois : « Digne ! Digne ! Digne est N., hégoumène sur l’Église universelle apostolique qui est à la ville aimante du Christ N. — dans la paix du Seigneur. »
Le testament de l’hégoumène
On lui lit cet abrégé :
« Sache, ô bien-aimé frère, la valeur de ce rang qui t’a été confié par le Seigneur — qui est l’hégoumenat, dont le sens est ‘administrateur.’ »
« Que ce soit pour toi un surcroît d’attention à la parole de l’enseignement. Montre d’abord les bonnes œuvres et la connaissance pour ton peuple. C’est toi qui donneras réponse pour eux à Dieu. »
« Comme le commande le Maître Paul l’apôtre, sois vigilant sur leurs âmes ; relâche les obstacles vers les bonnes œuvres pour qu’ils les pratiquent ; reprends les pécheurs et gouverne-les selon la loi apostolique avec toute douceur et compassion. Fais effort sur eux — ils sont tes membres. »
« Tu es devenu pour eux un administrateur. Garde avec tout effort, afin que le loup n’approche pas du troupeau. Distingue la parole de vérité, vers l’enseignement, la reproche, le blâme, et toute parole écrite. Il nous incombe — à nous qui sommes forts — de porter la faiblesse des faibles. Ne nous plaisons pas à nous-mêmes, afin que tu entendes toi aussi : ‘Oui, bon et fidèle serviteur. Comme tu as été fidèle pour peu, je t’établirai sur beaucoup. Entre dans la joie de ton Maître.’[233] »
« À notre Seigneur la gloire toujours et à jamais. Amen. »
« Achevée la consécration de l’Hégoumène. »
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« Fin du premier volume ; lui succède le second volume — qui est le dernier — si Dieu le veut. » « La Lampe dans les ténèbres pour éclairer le Service » — Dépôt légal à la Bibliothèque : no 6345/1970.
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Fin du Premier Volume
À notre Seigneur la gloire et la louange éternelle.
[1] Traduction française réalisée d’après le texte arabe de l’édition du Caire (Maktabat al-Kârûz, 1971). L’ouvrage a été composé au Caire au début du XIVesiècle ; son auteur est mort en 1324.
[2] Allusion à la parole du Christ : « Restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la force d’en haut » (Évangile selon saint Luc 24, 49).
[3] Psaume 18 (19), verset 5.
[4] Évangile selon saint Jean 4, 38.
[5] Évangile selon saint Matthieu 10, 8.
[6] Allusion à la parabole des talents, où le serviteur paresseux enfouit dans la terre la somme (le « talent ») que son maître lui avait confiée (Évangile selon saint Matthieu 25, 14-30).
[7] Allusion à la première épître de saint Paul aux Corinthiens 1, 21.
[8] Une « hypostase » (en arabe uqnûm, du grec hypóstasis) est une réalité subsistante et personnelle. La foi chrétienne affirme en Dieu une seule essence et trois hypostases : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
[9] Épître aux Hébreux 11, 1.
[10] Première épître aux Corinthiens 2, 2.
[11] Évangile selon saint Matthieu 28, 19.
[12] Psaume 32 (33), 6.
[13] Épître aux Romains 1, 9.
[14] Grégoire de Nazianze (vers 330-390), Père de l’Église, surnommé « le Théologien ».
[15] Évangile selon saint Jean 4, 24.
[16] Allusion au Psaume 15 (16), 10 : « Tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption. »
[17] Évangile selon saint Jean 1, 14.
[18] Sur ce triple sens — l’intelligence, l’intelligent, l’intelligible — voir le chapitre premier, première partie, section E.
[19] Les mu‘tazilites étaient une école de théologiens musulmans qui accordaient une grande place au raisonnement.
[20] Habîb ibn Khidma, dit Abû Râ’ita al-Takrîtî, théologien de l’Église syriaque orthodoxe, originaire de la région de Takrît, actif au début du IXe siècle.
[21] Abū Rāʾiṭa al-Takrītī (début du IXe siècle) est le nom usuel du théologien syriaque orthodoxe Ḥabīb ibn Khidma. La forme française retient le nom savant le plus courant et garde le nom arabe entre parenthèses pour l’identification.
[22] Première épître aux Corinthiens 1, 25.
[23] Livre de la Genèse 1, 26. Ibn Kabar appelle « la Torah » les cinq premiers livres de la Bible.
[24] Yahyâ ibn ‘Adî (893-974), philosophe et théologien chrétien de Bagdad, de l’Église syriaque orthodoxe.
[25] Yaḥyā ibn ʿAdī (893-974) est un philosophe et théologien syriaque orthodoxe de Bagdad, disciple d’al-Fārābī. La graphie a été normalisée selon l’usage académique courant.
[26] Prosôpon : mot grec signifiant « visage », et par extension « personne ».
[27] Évangile selon saint Matthieu 3, 17 — paroles entendues lors du baptême du Christ dans le Jourdain.
[28] Nestorius, patriarche de Constantinople de 428 à 431, condamné au concile d’Éphèse en 431.
[29] Le sixième concile œcuménique (Constantinople III, 680-681), qui affirma deux volontés dans le Christ.
[30] Ibn Kabar cite les prophètes d’après la tradition biblique copte et arabe ancienne ; la formulation s’écarte donc parfois des Bibles modernes. Les citations sont rendues ici telles qu’il les transmet.
[31] Livre d’Isaïe 7, 14.
[32] Psaume 2, 7.
[33] Évangile selon saint Luc 2, 14 — chant des anges aux bergers.
[34] Évangile selon saint Matthieu 3, 17 — paroles entendues au baptême du Christ.
[35] Saint Cyrille d’Alexandrie (patriarche, mort en 444), figure majeure de la doctrine sur le Christ.
[36] Grégoire le Thaumaturge — c’est-à-dire « celui qui fait des prodiges » —, évêque du IIIe siècle. Ibn Kabar rapporte ici une série traditionnelle d’anathèmes attribués aux Pères.
[37] Saint Jean Chrysostome — « Bouche d’or » —, archevêque de Constantinople (mort en 407), célèbre prédicateur.
[38] « Jean Bouche d’Or » a été remplacé par la forme française établie « Jean Chrysostome » ; l’expression grecque Chrysostomos signifie précisément « Bouche d’or ».
[39] Théophile, patriarche d’Alexandrie de 385 à 412.
[40] Paroles de l’ange aux femmes venues au tombeau — Évangile selon saint Matthieu 28, 5-7.
[41] Évangile selon saint Matthieu 28, 19.
[42] Le Symbole (ou Credo) de Nicée-Constantinople, profession de foi commune établie par les conciles du IVe siècle.
[43] Évangile selon saint Jean 8, 58.
[44] Évangile selon saint Jean 6, 62 et 3, 13.
[45] Évangile selon saint Matthieu 26, 39 — prière du Christ au jardin de Gethsémani.
[46] Évangile selon saint Luc 23, 46 — dernières paroles du Christ en croix.
[47] L’Église apostolique arménienne, en communion avec l’Église copte orthodoxe : toutes deux appartiennent à la famille des Églises orthodoxes orientales.
[48] Ibn Kabar rassemble ici plusieurs mises en garde de l’apôtre Paul ; comparer Philippiens 3, 2 et Actes des Apôtres 20, 29.
[49] Simon le Magicien, personnage des Actes des Apôtres (chapitre 8), qui voulut acheter le pouvoir de l’Esprit Saint — d’où le mot « simonie ».
[50] Marcion (IIe siècle), qui opposait le Dieu de l’Ancien Testament au Dieu du Nouveau.
[51] Mani (IIIe siècle), fondateur du manichéisme, religion dualiste née en Perse.
[52] Paul de Samosate, évêque d’Antioche au IIIe siècle, condamné pour sa doctrine sur le Christ.
[53] Ces descriptions très hostiles relèvent du genre polémique de l’hérésiographie ancienne : les accusations infamantes y étaient un procédé courant et ne constituent pas un témoignage historique fiable.
[54] Le groupe tient son nom de Bardesane (Bardaïsan), penseur syrien du IIe siècle.
[55] Arius, prêtre d’Alexandrie au IVe siècle ; il enseignait que le Fils est une créature. Sa doctrine fut condamnée au concile de Nicée (325).
[56] Macédonius, évêque de Constantinople au IVe siècle ; on lui attribuait la négation de la divinité du Saint-Esprit.
[57] Montanus, à l’origine au IIe siècle d’un mouvement prophétique rigoriste.
[58] Ces trois paroles renvoient à l’Évangile selon saint Matthieu : 6, 26 ; 10, 9 ; et 10, 38.
[59] « Basilios » désigne probablement Basilide, maître gnostique du IIe siècle.
[60] Écrits anciennement attribués à Clément, présenté comme disciple de l’apôtre Pierre : il s’agit d’une littérature apocryphe.
[61] Le concile de Nicée (325), réuni selon la tradition par 318 Pères, condamna Arius, qui tenait le Fils pour une créature. Le concile de Constantinople (381) compléta le Symbole en y ajoutant la profession sur le Saint-Esprit, contre Macédonius.
[62] « Tout-puissant » rend un terme qui signifie littéralement « celui qui tient et gouverne toutes choses » (en grec, Pantocrator).
[63] Comme dans les chapitres précédents, Ibn Kabar cite l’Écriture d’après la tradition biblique copte et arabe ancienne ; la formulation des citations s’écarte parfois des Bibles d’aujourd’hui. Il indique lui-même, pour chaque citation, le livre dont elle provient.
[64] Sawirus ibn al-Muqaffaʿ, évêque copte d’Achmounaïn (Hermopolis) au Xe siècle, théologien et historien réputé de l’Église copte.
[65] « Pantocrator », mot grec : « celui qui tient et gouverne toutes choses ». Anaxagoras et Platon sont des philosophes grecs de l’Antiquité, dont l’auteur écarte ici certaines idées sur l’origine du monde.
[66] Le concile de Chalcédoine (451). L’Église copte orthodoxe ne le reçoit pas ; Ibn Kabar en rend compte du point de vue de sa propre Église.
[67] Léon de Rome se fit représenter au concile par deux prêtres ; Dioscore, qui le présidait, lui écrivit pour l’informer, mais Léon n’y assista pas — et c’est de là, note le texte, que commença la séparation entre l’Église de Rome et les autres Églises.
[68] Date donnée selon l’ère de Dioclétien (l’» ère des Martyrs », comptée à partir de 284). Le chiffre transmis par le manuscrit paraît altéré : le concile de Chalcédoine eut lieu en 451.
[69] Le texte explique ici l’origine de l’ancien nom « jacobite », formé sur celui de Jacques Baradée. Conformément à l’usage d’aujourd’hui, cette traduction dit « orthodoxes » (voir la note du fascicule 4).
[70] Ces chiffres suivent une chronologie biblique ancienne ; ils sont donnés tels qu’Ibn Kabar les transmet et ne correspondent pas aux datations de l’histoire moderne.
[71] « Dhû al-Qarnayn » — « celui aux deux cornes » — est un nom traditionnel d’Alexandre le Grand ; l’ère « d’Alexandre » se compte à partir de lui.
[72] Kihak (ou Kiahk), Toubah et Baramhat sont des mois du calendrier copte. Le 29 Kihak et le 11 Toubah demeurent les dates de Noël et de la Théophanie dans l’Église copte.
[73] Le texte donne ces dates selon plusieurs comptes (années d’Alexandre, règnes des empereurs romains). Les noms propres sont rendus tels que l’auteur les transmet.
[74] Ibn Kabar donne pour chaque apôtre son nom grec et en propose une étymologie, parfois conjecturale. Les noms de lieux et de personnes sont rendus tels qu’il les transmet ; plusieurs ne sont pas identifiables avec certitude.
[75] Le « Catholicon » désigne l’ensemble des épîtres dites catholiques (de Jacques, Pierre, Jean et Jude). Abib, Kihak, Toubah, Hatour, Amchir et Barmouda sont des mois du calendrier copte.
[76] « Le Livre de la Tour » (Kitâb al-Majdal) : ouvrage chrétien d’Orient qu’Ibn Kabar cite à plusieurs reprises comme source.
[77] « Boanergès » : « fils du tonnerre » — surnom donné par le Christ à Jacques et Jean (Évangile selon saint Marc 3, 17).
[78] Matthias fut choisi pour remplacer Judas l’Iscariote parmi les Douze (Actes des Apôtres, chapitre 1).
[79] Les noms des disciples sont ici donnés par tribu d’Israël, selon la source ; la plupart de ces noms sont transmis sous une forme très altérée.
[80] L’Église, rapporte le texte, compte Paul comme le treizième des apôtres, en raison du choix que le Seigneur fit de lui après l’Ascension et de son grand combat pour la foi.
[81]Le texte propose plusieurs étymologies du nom. « Saul » était le nom de l’apôtre avant sa conversion ; les sources s’accordent à le faire de la tribu de Benjamin et originaire de Tarse, en Cilicie.
[82]Ces cinq épisodes correspondent au livre des Actes des Apôtres : la résurrection d’Eutychus (ch. 20), le naufrage et la vipère (ch. 27-28), la servante de Philippes et le geôlier (ch. 16), le paralytique de Lystres (ch. 14), le magicien de Paphos (ch. 13).
[83] Ces passages se lisent dans les épîtres de Paul aux Corinthiens — en particulier la seconde épître, chapitre 12, sur le ravissement au troisième ciel et sur l’écharde dans la chair. Ibn Kabar renvoie aux « chapitres » selon le découpage de son temps.
[84] Denys l’Aréopagite : converti par Paul lors de son discours à l’Aréopage d’Athènes (Actes 17). La tradition lui attribue d’importants écrits théologiques.
[85] Abū l-Faraj ʿAbd Allāh ibn al-Ṭayyib (m. 1043), médecin, philosophe et théologien de l’Église de l’Orient à Bagdad, est souvent cité par Ibn Kabar pour les listes bibliques, canoniques et exégétiques. Son nom est conservé dans la forme savante normalisée.
[86] Clément de Rome : disciple de Pierre, la tradition lui attribue la transmission des canons des apôtres. Le texte rapporte qu’il fut « parmi les grands de Rome », devint disciple de Pierre lors de la prédication de celui-ci dans cette ville, qui l’y établit patriarche, et fut martyrisé à Alexandrie sous le règne [d’un empereur], le 19 Hatour.
[87] Abou al-Faraj Ibn al-Tayyib : auteur chrétien arabe du XIe siècle, source citée par Ibn Kabar. La table qui suit donne la liste des sujets traités par les canons selon sa recension.
[88] Ces trente « usages des apôtres » ne correspondent pas à une simple liste moderne des canons apostoliques grecs. Ils relèvent de la tradition des ordonnances ecclésiastiques pseudo-clémentines et de leur réception syriaque et copte : prière, fêtes, hiérarchie, lecture des livres, discipline du clergé et discipline des fidèles.
[89] La recension copte des canons apostoliques transmise ici ne doit pas être confondue mécaniquement avec les 85 canons apostoliques grecs. Elle combine des matériaux d’ordres ecclésiastiques anciens : ordinations, catéchuménat, eucharistie, veuves, diaconesses, jeûnes, heures de prière et discipline communautaire.
[90] Canon sur l’ordination de l’évêque : il vise l’élection et la consécration régulières de l’évêque par imposition des mains, prière liturgique et reconnaissance ecclésiale, afin d’éviter une succession arbitraire ou privée.
[91] Le lecteur, appelé ici « agnostos » par transcription du grec anagnostēs, est l’ordre chargé de la proclamation publique des lectures. La note française clarifie le terme sans supprimer le témoin lexical du manuscrit.
[92] Canon sur le diacre : le diacre est présenté comme serviteur de l’évêque et de l’autel ; son rôle concerne l’ordre liturgique, l’assistance aux ministres supérieurs et le service discipliné de l’assemblée.
[93] Dans cette collection, les « veuves » ne désignent pas seulement un état civil : elles renvoient à un ordre ecclésial féminin ancien, lié à l’ascèse, à la prière et au service de l’Église ; la tradition copte les rapproche parfois des moniales.
[94] Canon eucharistique : la mention de l’Offrande renvoie à la discipline du Corps et du Sang du Christ, à la préparation de la liturgie et au respect dû aux saints mystères.
[95] Les confesseurs sont les fidèles ayant souffert pour le nom du Christ sans renier la foi. Le canon leur reconnaît un honneur ecclésial particulier ; selon cette recension, ils peuvent être assimilés au rang diaconal ou presbytéral sans nouvelle imposition des mains, ce qui explique leur mention dans l’index.
[96] Canon disciplinaire : les métiers ou pratiques mentionnés — service militaire païen, astrologie, magie, divination — sont incompatibles avec la profession chrétienne tant qu’ils impliquent idolâtrie, violence injuste ou recours aux puissances occultes.
[97] Les catéchumènes participent à l’écoute et à la prière préparatoire, mais non à la pleine communion eucharistique ni au baiser de paix des fidèles. La règle marque la frontière liturgique entre préparation baptismale et appartenance sacramentelle complète.
[98] Canon baptismal : il suppose l’instruction préalable du catéchumène, l’examen de la foi, la renonciation aux œuvres incompatibles avec la vie chrétienne et l’intégration sacramentelle dans l’Église.
[99] Canon de jeûne : la règle impose de ne pas rompre le jeûne du Carême avant l’heure prescrite. Elle vise l’unité disciplinaire de la communauté et la maîtrise ascétique du corps.
[100] Canon eucharistique : recevoir les saints mystères avant toute nourriture exprime la priorité sacramentelle de l’Eucharistie et fonde la discipline du jeûne eucharistique avant la communion.
[101] Canon sur les saints mystères : il commande de veiller à ce que rien du calice ni des espèces consacrées ne soit répandu. La règle protège la foi réelle dans le Corps et le Sang du Christ et l’ordre matériel de la liturgie.
[102] Canon funéraire : il encadre les sépultures, les fossoyeurs et les gardiens du cimetière ; il s’agit d’une discipline ecclésiale des morts, non d’une simple coutume sociale.
[103] Le « Livre II » transmet cinquante-six canons avec renvois à la numérotation grecque. La discordance des nombres reflète la différence entre la tradition copte-arabe et les collections grecques des canons apostoliques.
[104] La numérotation grecque (« العدد اليوناني » dans le texte arabe) est conservée car elle figure en colonne dans la source : elle permet de retrouver chaque canon dans les recueils grecs, qui en comptent davantage que la recension copte. Les notes manuscrites sur ces écarts sont reproduites dans le texte.
[105] Le canon grec correspondant interdit d’apporter à l’autel autre chose que les éléments eucharistiques et certaines prémices admises en leur temps. Le résumé explique donc la limitation liturgique des offrandes déposées sur l’autel.
[106] Le canon interdit aux ministres ordonnés de renvoyer leur épouse sous prétexte de piété ou de service liturgique. Il protège le mariage légitime contre une ascèse faussement spirituelle.
[107] Le canon pascal traite de la date de Pâques et interdit de célébrer la Pâque chrétienne selon une dépendance judaïsante du calendrier, afin de maintenir l’unité ecclésiale de la fête.
[108] Le canon défend au clerc de s’engager dans des affaires séculières incompatibles avec son ministère. Il vise moins tout travail matériel que l’absorption du ministre par des charges étrangères au service de l’Église.
[109] La Didascalie des Apôtres est un ordre ecclésiastique ancien transmis en plusieurs langues orientales. Elle traite notamment de l’évêque, des diacres, des veuves, de la pénitence, de la prière, de la discipline communautaire et de la vie liturgique.
[110]« La Didascalie des Apôtres » (al-Disqûliyya) est également un recueil de préceptes ecclésiastiques anciens, distinct des canons proprement dits. Sa table connaît, comme l’indique Ibn Kabar lui-même, plusieurs variantes selon les manuscrits.
[111] Le concile d’Ancyre est surtout connu pour ses canons pénitentiels : lapsi revenus de l’apostasie, clercs défaillants, fautes sexuelles, violence involontaire, divination et discipline de réintégration.
[112] Le concile d’Ancyre se tint en l’an 314 de notre ère — donc avant Nicée (325) — ; il traita surtout du sort des chrétiens qui avaient « cédé » durant la persécution de Dioclétien et de Maximin Daïa. Ibn Kabar le situe comme « le premier des conciles secondaires ».
[113] Le concile de Néocésarée (vers 315) — situé à Néocésarée du Pont — fut consacré principalement aux questions disciplinaires concernant le clergé, de mariage, d’ordination et de conduite des prêtres. Ibn Kabar le situe immédiatement après celui d’Ancyre, parmi « les conciles secondaires ». La tradition manuscrite copte lui rattache parfois des notices ou variantes qui ne coïncident pas exactement avec les collections grecques.
[114] Le concile de Nicée (325) : premier concile œcuménique, convoqué par Constantin pour résoudre la crise née de l’enseignement d’Arius. La tradition retient le nombre de 318 Pères ; Ibn Kabar donne ce chiffre en écho à la tradition. Il condamna l’arianisme et fixa le symbole de foi nicéen. Ses vingt canons grecs portent notamment sur les ordinations, les lapsi, les juridictions d’Alexandrie, Rome et Antioche, les clercs, l’usure et la discipline synodale
[115] Sur Arius : prêtre d’Alexandrie, il enseigna que le Fils n’était pas éternel mais une créature, et que le Verbe — créé — avait pris dans le Christ la place de l’âme rationnelle. Le concile de Nicée fixa, en réponse, la foi « consubstantielle au Père », exposée dans le Symbole.
[116] La découverte du bois de la Croix par Hélène, mère de Constantin, est rapportée par plusieurs sources anciennes ; Ibn Kabar y rattache l’origine immédiate de la convocation du concile de Nicée.
[117] Sur le nombre des canons : Ibn Kabar lui-même rapporte ici qu’Ibn al-Tayyib, dans son ouvrage sur les canons, fait état de soixante-treize canons issus de Nicée. La recension orientale n’en retient qu’une partie ; ce qui suit donne les vingt canons reçus en copte, puis les trente canons de morale ecclésiale. Les vingt canons de Nicée dans la tradition grecque comprennent notamment : interdiction de l’auto-castration cléricale, règles d’ordination, discipline des lapsi, reconnaissance des anciens usages d’Alexandrie, de Rome et d’Antioche, et interdiction de l’usure cléricale.
[118] La tradition copte-arabe élargit ici la matière nicéenne par des sections annexes. Il faut distinguer les vingt canons grecs de Nicée des développements postérieurs reçus dans les collections orientales.
[119] Les « Quatre Livres » appartiennent à un ensemble canonico-narratif attribué à l’autorité des empereurs chrétiens. Ils mêlent avertissements, cas judiciaires, lois impériales et règles ecclésiastiques ; il ne s’agit pas d’un concile œcuménique au sens strict.
[120] L’identification d’» Athanase, patriarche de Constantinople » et du roi « Nestian » demeure délicate dans la tradition transmise. La note a été conservée sans correction dogmatique, mais le titre signale qu’il s’agit d’un dossier canonique reçu par la compilation, non d’une attribution critique sûre.
[121]Athanase de Constantinople — patriarche distinct du grand Athanase d’Alexandrie, dont les canons portent ici son nom. Le destinataire, « le roi Nestian », est de même obscurité dans la transmission ; le texte présente l’ensemble sans plus de précision sur la date.
[122] Le concile de Sardique (343) est surtout connu pour les canons relatifs aux appels épiscopaux, aux déplacements d’évêques, aux relations entre évêques voisins et à la réhabilitation de prélats déposés dans les controverses ariennes.
[123] Le concile de Sardique (Serdica, aujourd’hui Sofia) fut convoqué pour rétablir Athanase d’Alexandrie, Marcellin d’Ancyre, Asclepas de Gaza, et d’autres évêques persécutés par les ariens. La tradition occidentale le tint pour œcuménique ; la tradition orientale le compte parmi les « conciles secondaires », comme l’indique Ibn Kabar.
[124] Dans l’ordre d’Ibn Kabar, ce concile est appelé « cinquième » tout en étant le deuxième des grands conciles. Il correspond à Constantinople I (381), concile dirigé contre les pneumatomaques et confirmant la foi nicéenne au sujet du Saint-Esprit.
[125] Macédonius (mort vers 364), patriarche de Constantinople, est l’auteur de l’hérésie qui porte son nom : il refusait à l’Esprit-Saint la pleine divinité, le tenant pour créature. Ses partisans étaient appelés « Pneumatomaques » (« combattants contre l’Esprit »).
[126] Apollinaire de Laodicée (mort vers 390) soutenait que le Verbe avait pris dans le Christ la place de l’âme rationnelle humaine, en sorte que le Christ aurait été un homme « sans intellect humain ». Le concile rejette cette doctrine et confesse que le Verbe a pris « un corps avec une âme rationnelle et intelligente ».
[127] Le concile de Constantinople, premier de ce nom, se tint en 381 sous l’empereur Théodose Iᵉʳ. Il complète le Symbole de Nicée en ajoutant l’article relatif au Saint-Esprit et clarifie la foi face à plusieurs hérésies. La tradition orientale le compte au cinquième rang dans la suite générale des conciles, et au deuxième parmi les conciles œcuméniques (les « grands conciles »).
[128] Sabellius (IIIᵉ siècle), prêtre africain : niait la distinction des personnes en disant que Père, Fils et Esprit-Saint sont une seule personne (« face ») et une seule hypostase, simples manières d’apparaître du Dieu unique.
[129] Le « Quartodéciman » (« quatorzième ») : celui qui célèbre la Pâque le 14 du mois lunaire, à la date juive, indépendamment du dimanche. — Les autres groupes mentionnés (Sabbatiens, gardiens des usages juifs, partisans « les âmes pures », Eunomiens, etc.) sont autant de courants dissidents que les conciles ont voulu réintégrer dans l’Orthodoxie selon une procédure spécifique.
[130] Les anathèmes mentionnés condensent les condamnations doctrinales contre les positions jugées contraires à la foi nicéenne : négation de la divinité du Saint-Esprit, altération de la Trinité ou séparation erronée du Christ.
[131] Le concile de Gangres condamne les excès ascétiques attribués aux milieux eustathiens : mépris du mariage, rejet des assemblées paroissiales, condamnation de la propriété, rupture familiale sous prétexte d’ascèse et refus de l’autorité ecclésiale.
[132] Le concile de Gangres (vers 340) eut lieu en Paphlagonie (Asie Mineure). Il fut convoqué pour condamner les excès d’Eustathe de Sébaste, qui prêchait un ascétisme rigoriste interdisant la viande, le mariage et certaines libertés ecclésiales — entraînant à sa suite les chrétiens d’Arménie.
[133] Le concile d’Antioche contient des règles disciplinaires sur les évêques, les métropolites, les synodes provinciaux, les ordinations irrégulières, les appels et les clercs qui agissent hors de leur juridiction.
[134] Le concile d’Antioche dont il est question ici est celui de 341 (« in encaeniis », pour la dédicace de la grande église dorée d’Antioche). Ibn Kabar le distingue très soigneusement du concile précédent contre Paul de Samosate, lequel s’était tenu à Antioche avant Nicée et n’avait pas laissé de canons écrits.
[135] Le concile de Laodicée (IVe siècle) réglemente la discipline liturgique et ecclésiale : lectures, clergé, chrétiens judaïsants, observance du dimanche, jeûnes, livres reçus dans l’Église et comportement des fidèles.
[136] Mani (Manichée, IIIᵉ siècle) — fondateur du manichéisme, doctrine dualiste qui faisait du Christ une simple émanation du Royaume de lumière. Le concile de Laodicée s’oppose à cette doctrine et à d’autres dérives sectaires de son temps.
[137] Le concile de Laodicée se tint vraisemblablement vers 363-364 en Phrygie (Asie Mineure). Ibn Kabar le situe au sixième rang des conciles secondaires. Le nombre des canons varie selon les recensions : la source ici en énumère cent dix-sept ; la mention initiale de « 59 canons » reflète la recension la plus brève reçue ailleurs.
[138] L’omophorion (rendu ici par bilâriya) est l’étoffe portée par l’évêque autour des épaules ; le canon interdit à des clercs de rang inférieur d’en revêtir l’aspect, ce qui dénaturerait l’ordre hiérarchique.
[139] Les canons de Carthage appartiennent à la tradition africaine. Ils portent sur la discipline des évêques et des clercs, les appels, la réconciliation des pénitents, les rapports avec Rome et la liste des livres reçus dans l’Église africaine.
[140] Ibn Kabar note que ce concile n’est mentionné par aucun des collecteurs antérieurs (ni Anbâ Michaël métropolite de Damiette, ni Ibn al-ʿAssâl, ni Ibn al-Tayyib), à l’exception d’Anbâ Marqos ibn Zorʿa. Cela explique la nature parfois incomplète de l’index transmis.
[141] Les canons 107 à 114 reflètent les débats antipélagiens : ils condamnent l’opinion qu’Adam aurait été créé mortel, que le baptême des enfants n’est pas nécessaire à la rémission des péchés, et celle qui dit que les saints n’ont pas de péché. Ces positions sont précisément celles que Carthage 418-419 rejeta contre Pélage.
[142] Le concile d’Éphèse (431) condamna Nestorius et confirma l’usage du titre Theotokos pour la Vierge Marie. Le canon central dans ce contexte interdit d’introduire une foi différente de celle définie à Nicée.
[143] Nestorius, patriarche de Constantinople (428-431) : il refusait d’appeler Marie Theotokos (« Mère de Dieu »), arguant qu’elle n’est mère que de l’humanité du Christ, et tenait que le Christ — après l’union — est en deux personnes (qanoumayn), deux essences, deux natures, avec une seule volonté.
[144] Le concile d’Éphèse (431) — troisième concile œcuménique, convoqué par Théodose II contre Nestorius. Il proclame la maternité divine de Marie (Theotokos, « Mère de Dieu ») et rejette la doctrine selon laquelle le Christ serait deux personnes (deux hypostases). Pour la tradition copte orthodoxe, c’est avec Nicée et Constantinople l’un des trois grands conciles reçus.
[145] Le récapitulatif des dix conciles est attribué par Ibn Kabar à Anbâ Marqos ibn Zorʿa, patriarche copte (1167-1189), qui en avait dressé un sommaire de sa main. Ibn Kabar rappelle aussi quelles collections il a, lui-même, jugé bon d’inclure dans cette compilation, et celles qu’il a passées sous silence — notamment certaines attribuées à Clément.
[146] « Apolides » est la forme arabe médiévale d’Hippolyte. Les Canons d’Hippolyte sont conservés en arabe à partir d’une tradition copte ; ils règlent surtout ordinations, eucharistie, catéchuménat, veuves, jeûnes et discipline liturgique.
[147] Les « canons d’Apolides » (ainsi nommés dans la version arabe, peut-être pour Aurélius ou Anaclet — l’identification reste incertaine) sont attribués à un prêtre que l’on pensait à l’époque patriarche de Rome présenté comme successeur des apôtres. Le texte est une compilation pseudo-épigraphique d’origine grecque ; les numérotations varient selon les copies (entre 38, 58 et près de 100 selon les recensions).
[148] Les canons attribués à Clément relèvent de la tradition pseudo-clémentine : l’autorité apostolique de Clément sert de cadre littéraire à des règles de discipline ecclésiastique, plus qu’à des décrets historiques directement rédigés par Clément de Rome.
[149] Christodoulos d’Alexandrie fut le 66e patriarche copte d’Alexandrie (XIe siècle). Les canons placés sous son nom concernent la discipline interne de l’Église copte médiévale, notamment le clergé, les églises et les usages communautaires.
[150] Anbâ Christodoulos d’Alexandrie (vers 1046-1077). Ses canons, promulgués le 8 Mesory 764 des Martyrs (1048 ap. J.-C.) après la consécration de l’église Doqâʾîl, traitent en 31 chapitres de discipline ecclésiale, depuis les sacrements jusqu’à la liturgie célébrée à domicile.
[151] Gabriel II ibn Turaik fut le 70e patriarche copte d’Alexandrie (1131-1145). La mention « 71e » du document a été corrigée en « 70e », conformément aux listes patriarcales usuelles.
[152] Anbâ Ghibrayal (Gabriel) ibn Turayk d’Alexandrie (1131-1146). Auteur de deux ensembles canoniques : un recueil de 8 chapitres pour le clergé d’Alexandrie (mois de Baouna 790 des Martyrs, soit 1074 ap. J.-C.), et un grand recueil de 74 chapitres compilant les canons des apôtres, des Pères et des patriarches.
[153] Le grand recueil attribué à Gabriel II ibn Turaik est une compilation canonique copte médiévale. Il rassemble des règles de gouvernement ecclésial, de discipline cléricale, d’églises locales et d’administration patriarcale.
[154] Cyrille III ibn Laqlaq fut le 75e patriarche copte d’Alexandrie (1235-1243), et non le 74e. La correction harmonise ce titre avec la notice du chapitre septième, qui l’identifie déjà comme 75e patriarche.
[155] Anbâ Cyrille III ibn Laqlaq d’Alexandrie (1235-1243). Son recueil, daté du 16 Tut 952 (variante 905) des Martyrs, fut établi en accord avec les évêques et les notables, anathèmes à l’appui contre quiconque s’en départirait. La première rédaction est l’œuvre d’al-Ṣafî ibn al-ʿAssâl.
[156] Le terme transmis comme « Eksantâbîlîn » a été clarifié par « Hexabiblos ». La forme grecque signifie littéralement « six livres » ; dans ce contexte, Ibn Kabar l’emploie pour introduire une organisation en six groupes des livres de l’Ancien Testament.
[157] Le mot copte ΕΞΗΑΝΤΑΒΙΒΛΟΝ (« Hexabiblion ») évoque les six grands ensembles dans lesquels Ibn Kabar regroupe les livres de l’Ancien Testament : la Torah, les Prophètes, les Juges, les Rois, les Sages et les Justes.
[158] L’expression arabe al-Ṣiddīqīn a été traduite par « les Justes » dans le corps du texte afin d’éviter une translittération opaque. Elle désigne ici un groupe de livres reçus dans la liste ecclésiale transmise par Ibn Kabar.
[159] Le « Bartolomée » que mentionne ici Ibn Kabar correspond à Ptolémée II Philadelphe (vers 285-246 av. J.-C.), commanditaire de la traduction grecque des Soixante-douze, dite Septante.
[160] Selon la tradition copte transmise par Ibn Kabar : « Moïse — Josué — ce qui figure dans le livre des Prophètes : 16 — ce qui figure dans les livres des Rois : 6 ». Total : 24 prophètes. Cette liste inclut donc à la fois les prophètes auteurs de livres et les prophètes des livres historiques (Élie, Élisée, Nathan, Samuel, Gad, Ahiya).
[161]« Tnloûsât » : terme technique copte désignant la collection des Constitutions apostoliques. Le huitième livre des Constitutions contient le canon 81 qui énumère les livres du Nouveau Testament.
[162] Le canon 81 des Tnloûsât recense les vingt-huit livres du Nouveau Testament reçus comme Écriture sainte dans la tradition copte ancienne. L’originalité de cette liste, par rapport au canon occidental, tient à l’inclusion des deux épîtres attribuées à Clément de Rome — considérées par certaines Églises orientales comme apostoliques. La mention finale « hors la Praxis » (littéralement « les Actes » en grec) signale que le compte de 28 livres n’inclut pas une seconde fois les Actes des Apôtres déjà cités.
[163] Selon la tradition copte transmise par Ibn Kabar : Matthieu (originellement publicain, surnommé « Le Choisi » / le Sélectionné / al-Muṣṭafâ), Marc (premier patriarche d’Alexandrie, l’un des Soixante-dix), Luc (le Sage, l’un des Soixante-dix) et Jean (l’Évangéliste, fils de Zébédée, « le Théologien » et « le Fils du Tonnerre »).
[164] La mention arabe al-Muṣṭafā a été rendue simplement par « le Choisi ». Le mot fonctionne ici comme interprétation du nom Matthieu dans la tradition reçue, non comme un nom propre à conserver en translittération.
[165] La péricope de la femme adultère (Jean 7,53 – 8,11) est l’un des passages les plus discutés du Nouveau Testament. Ibn Kabar en livre ici une remarquable analyse critique, recensant les témoins manuscrits coptes, syriaques, grecs et arabes — un exemple précoce de critique textuelle.
[166] Les termes arabes al-milla et al-niḥla ont été remplacés par leurs équivalents français : communauté/confession et école doctrinale. Ibn Kabar distingue ainsi l’appartenance confessionnelle générale et l’école théologique ou ecclésiale particulière.
[167] La translittération arabe des « orthodoxes » a été supprimée du titre, car le terme français existe et suffit. Les précisions confessionnelles restent indiquées dans les notes lorsque la terminologie médiévale peut prêter à confusion.
[168] La forme « Apolides » a été remplacée par « Hippolyte de Rome », identification usuelle de la tradition canonique arabe et copte des Canons d’Hippolyte.
[169] Le titre a été harmonisé en « Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople ». Il n’était pas patriarche d’Antioche ; son surnom grec Chrysostome signifie « Bouche d’or ».
[170] Saint Athanase l’Apostolique — 20ᵉ patriarche d’Alexandrie (328-373) — figure majeure du concile de Nicée et défenseur intrépide de l’orthodoxie contre l’arianisme.
[171] Saint Cyrille le Grand — 24ᵉ patriarche d’Alexandrie (412-444), présidant du concile d’Éphèse (431) contre Nestorius, et proclamateur du titre Theotokos pour la Vierge Marie.
[172] « Aréopagite » (en grec ΑΡΕΟΠΑΓΙΤΗΣ — Areopagites) signifie « membre du conseil de l’Aréopage ». Il s’agit de Denys l’Aréopagite, premier évêque d’Athènes, mentionné dans les Actes 17,34 ; auteur du corpus dit « Pseudo-Dionysien ».
[173] Saint Antoine le Grand (vers 251-356), « père des moines », fondateur de l’érémitisme. Ibn Kabar mentionne ses 22 lettres, sa retraite au monastère copte (Dayr al-Anbâ Antûniyûs), ses testaments, et son rôle dans les canons monastiques.
[174] « Le Shaykh spirituel » (al-Shaykh al-Rûḥânî) est un titre traditionnel donné à Saint Jean Saba, ascète de Beit Dilyâtâ (VIIIᵉ siècle), connu pour ses écrits mystiques. Voir Graf, Histoire de la littérature arabe chrétienne, t. 1, p. 434-436.
[175] Saint Symeon le Stylite (vers 389-459) : célèbre ascète syrien qui vécut 37 ans sur une colonne près d’Alep. Les articles et réponses ici cités seraient en réalité de saint Macarius, mais traditionnellement attribués à Symeon le Stylite. Voir Graf, t. 1, p. 389-395.
[176] Eusèbe de Césarée (vers 265-339/340) : grand évêque du IVᵉ siècle, ami de Pamphile le martyr ; ordonné évêque en 313, prit part au concile de Nicée en 325. Auteur de la fameuse Histoire ecclésiastique — bien que les Arabes anciens, comme le note Ibn Kabar, n’aient pas connu ce livre. Voir Graf, t. 1, p. 318.
[177] Le mot « Jacobites » est un terme médiéval externe, souvent employé pour les non-chalcédoniens syro-coptes. Il a été évité dans le titre principal au profit de la désignation plus claire « Orthodoxes syriaques et iraquiens ».
[178] Yahya ibn ʿAdī (893-974) : célèbre philosophe et théologien syriaque orthodoxe de Bagdad, disciple d’al-Fârâbî. Considéré comme l’un des plus grands logiciens chrétiens médiévaux.
[179] Abou Ali ʿIsa ibn Ishaq ibn Zurʿa (943-1008) : philosophe orthodoxe, élève de Yahya ibn ʿAdī. Né et mort à Bagdad. Voir Graf, t. 2 (Rome 1947), p. 252-256.
[180] Le terme arabe al-Nasāṭira a été rendu par « Nestoriens ». Dans le vocabulaire médiéval copte, il désigne surtout l’Église de l’Orient et les auteurs rattachés à sa tradition théologique.
[181] Hunayn ibn Ishaq (808-873) : célèbre nestorien d’al-Ḥīra, illustre médecin et traducteur, qui rendit en arabe nombre d’œuvres grecques. Voir Graf, t. 2, p. 122-129.
[182] Le terme arabe al-Malakiyya correspond aux Melkites, c’est-à-dire les chrétiens byzantins ou chalcédoniens rattachés à l’Empire. Le titre français a donc été harmonisé en « Melkites byzantins ».
[183] Saint Jean Climaque (vers 579-649), higoumène du monastère du mont Sinaï, auteur de L’Échelle [du paradis] (Κλίμαξ), traduit en arabe au IXᵉ siècle. Son ouvrage en 30 degrés est l’un des classiques de la spiritualité monastique orthodoxe. Voir Graf, t. 1, p. 409-410.
[184] La longue translittération arabe du titre a été supprimée : elle désignait simplement les auteurs coptes orthodoxes récents ou contemporains d’Ibn Kabar.
[185] Anbâ Sawirus ibn al-Muqaffaʿ al-Malîjī, évêque d’al-Ushmûnîn (vers 905/910 – après 987) : le premier Copte à écrire en arabe. Défenseur intrépide de l’Église copte face aux musulmans, aux juifs, aux nestoriens et aux byzantins. Voir Graf, t. 2, p. 300-318 ; Samir Khalil Samir, « Sawirus ibn al-Muqaffaʿ, sa vie », dans La revue de l’Église de Minia, 2ᵉ année (1970), p. 109-115 et 155-164.
[186] Anbâ Michel, métropolite de Damiette : nommé sous le patriarche Marqos III ibn Zurʿa (1166-1189), continua sous Yûhannâ VI ibn Abi Ghâlib (1189-1216). Engagé dans des controverses théologiques fameuses avec le juge aveugle Marqos ibn Qunīrî.
[187] Al-Muʾtaman Abou Ishâq Ibrâhîm ibn al-ʿAssâl, le plus jeune des trois frères ʿAssâl. Florissait dans le deuxième tiers du XIIIᵉ siècle. L’un des plus grands penseurs de l’Église copte. Voir Graf, t. 2, p. 407-414.
[188] Al-Ṣafī Abou al-Faḍāʾil (Ibn al-ʿAssâl), grand canoniste de l’Église copte, contemporain d’al-Muʾtaman. Auteur du célèbre Majmuʿ al-Ṣufuwī (recueil canonique). Mort avant 1260. Voir Graf, t. 2, p. 388-403.
[189] Simʿân ibn Kalīl ibn Muqâra : scribe de Saladin (al-Ṣalâh al-Dîn al-Ayyûbî) en 1173, parti combattre avec lui à Hijroun. Il quitta le vizirat en 1176 pour se faire moine à Dayr Yûhannâ al-Qaṣîr, où il vécut plus de 30 ans. Mort après 1206. Voir Graf, t. 2, p. 336-338.
[190] Buṭros al-Armanī, prêtre de Sadmantī : moine au monastère de Mar Jirjis à Sidmint près du Fayoum, milieu du XIIIᵉ siècle. Voir Graf, t. 2, p. 351-356.
[191] Ibn Kâtib Qayṣar : Abou Isḥâq ibn al-Riʾâsa Ibrahim, du début du XIIIᵉ siècle. Auteur du célèbre commentaire de l’Apocalypse. Voir Graf, t. 2, p. 379-387.
[192] Le récit de Barlaam et Josaphat — l’une des plus célèbres « légendes dorées » du Moyen Âge, racontant la conversion d’un prince indien (Wâṣif / Josaphat) par un ermite chrétien (Barlaam). Sa trame originelle remonte à un récit bouddhique (la vie de Bouddha), christianisé en Géorgie au IXᵉ siècle, traduit en grec au Xᵉ et de là dans toutes les langues européennes. Voir Graf, t. 1, p. 546-548.
[193] La fameuse controverse de 781-782 entre le calife abbasside al-Mahdī (775-785) et le catholicos nestorien Timothée Iᵉʳ (780-823) — l’un des rares textes survivants d’un véritable dialogue islamo-chrétien de cette période. Publiée par le P. Louis Cheikho dans la revue al-Machriq de Beyrouth, t. 19 (1921), p. 359-374 et 408-418.
[194] Al-Wâḍiḥ ibn Rajâʾ — converti de l’islam au christianisme à la fin du Xᵉ siècle, mort vers 1002, sous le règne du calife al-Ḥâkim bi-amri’llâh. Ami intime de saint Sawirus ibn al-Muqaffaʿ.
[195] La Didascalie (Διδασκαλία τῶν Ἀποστόλων) est un recueil canonique syriaque dont le texte original remonte au IIIᵉ siècle. Son chapitre 35 décrit en détail l’architecture et la disposition de l’église primitive — orientation, portes, sièges, séparation des hommes et des femmes, place des diacres et des lecteurs.
[196] Les termes wandestrin, ekkesryneen et kondesterīn sont des translittérations gréco-coptes ou arabes conservées par la tradition manuscrite. Leur équivalent exact n’est pas toujours certain ; le contexte montre qu’il s’agit de locaux ou d’espaces liturgiques distincts, liés au service, aux catéchumènes, aux personnes tenues à part et aux vierges.
[197] Le « synthronon » (grec σύνθρονον) désigne le siège épiscopal ou banc surélevé associé au clergé dans l’abside ou à proximité du sanctuaire. La forme transmise dans le texte arabe/copte est translittérée ; l’expression « siège de l’évêque » en donne le sens liturgique.
[198] Proestos vient du grec προεστώς : celui qui préside. Dans le vocabulaire ecclésiastique oriental, le terme peut désigner le prêtre ou responsable qui préside localement au service et à l’organisation du clergé.
[199] Les « Paralipomènes » sont l’ancien nom grec des livres des Chroniques. Le titre signifie littéralement « choses omises » ou « compléments », d’où certaines traductions anciennes comme « restes des Rois ». La forme française retenue ici évite le contresens.
[200] Cf. 1 Chroniques 28:11-21.
[201] Dans Ézéchiel 40-42, l’unité de mesure attendue est la coudée ou le roseau de mesure selon les passages. « Arpent » était donc une traduction inadaptée dans ce contexte architectural et biblique.
[202] Cf. Ézéchiel 40:5 et suiv., jusqu’à la fin du ch. 41 et au ch. 42 — en abrégé.
[203] Apocalypse 21 distingue les fondements de la muraille, ornés de pierres précieuses (Ap 21,19-20), et les douze portes, qui sont des perles (Ap 21,21). Le passage d’Ibn Kabar abrège et transmet la vision sous une forme liturgique ; la traduction a été corrigée pour éviter de confondre portes et fondements.
[204] La vision de la Jérusalem céleste se trouve en Apocalypse 21. Les fondements de la muraille sont ornés de douze pierres précieuses (Ap 21,19-20), tandis que les douze portes sont douze perles (Ap 21,21).
[205] Ces prescriptions reprennent des règles canoniques courantes sur la sainteté de l’église : interdiction d’y tenir des repas profanes, interdiction du commerce dans l’église, accès réservé au sanctuaire et garde des portes contre ceux qui ne peuvent participer aux mystères.
[206] Les Psaumes 121 à 151 (selon la numérotation copte qui inclut le Ps 151) sont récités lors du rite de consécration — soit 31 Psaumes au total. Ils correspondent aux Cantiques des Degrés (120-133) et aux dernières louanges du Psautier.
[207] Les psalies sont des hymnes coptes. Les tons Adam et Batos sont deux grands modes hymnographiques de l’année liturgique copte : Adam est utilisé pour certains jours et fêtes ; Batos pour d’autres jours selon le calendrier.
[208] Cette dernière section, sur les composants du Saint-Myrôn (le chrême sacré), reflète une tradition très ancienne. La préparation du Myrôn est l’une des prérogatives exclusives du patriarche copte d’Alexandrie, accomplie au monastère copte de Saint-Macaire au Wadi al-Natrun.
[209] Les noms des aromates du Myrôn sont difficiles à fixer : certains sont des noms arabes de plantes ou de résines, d’autres des translittérations coptes, grecques ou syriaques. Lorsqu’une identification française sûre existe, elle a été donnée ; lorsqu’elle reste incertaine, la translittération a été conservée.
[210] Ces « canons de Clément » appartiennent à la littérature canonique pseudo-clémentine et apostolique reçue dans plusieurs traditions orientales. Ils ne sont pas des canons historiques directement rédigés par Clément de Rome, mais des textes disciplinaires transmis sous son autorité.
[211] La formulation transmise ici est obscure dans le texte arabe et ne permet pas de restituer avec certitude la sanction exacte. L’ancienne traduction « son décès est délié » était incompréhensible en français ; le sens certain est celui d’une profanation grave du Myrôn par auto-onction non autorisée.
[212] Selon la tradition copte transmise par Ibn Kabar, la Nativité du Seigneur eut lieu en l’an 307 de la dynastie d’Alexandre fils de Philippe (ère séleucide), 43ᵉ année du règne de l’empereur Auguste, et 35ᵉ année du règne d’Hérode le roi de Judée.
[213] La tradition occidentale retient surtout trois Mages : Melchior, Gaspard et Balthazar. Ibn Kabar transmet ici une tradition orientale différente, avec douze noms puis une variante à trois rois. Seuls les noms ayant une forme française ou occidentale identifiable avec prudence ont été normalisés.
[214] Le tirage au sort patriarcal renvoie à une pratique ancienne destinée à manifester le choix divin lorsque plusieurs candidats ont été jugés recevables. Le procédé rappelle Actes 1,23-26, où Matthias est choisi par tirage au sort pour remplacer Judas.
[215] La règle vise à empêcher une consécration patriarcale ou épiscopale isolée. L’imposition des mains doit être synodale : plusieurs évêques attestent ensemble la continuité apostolique et la validité de l’ordination.
[216] Ézéchiel 3:17-20. Cf. la grande responsabilité du « veilleur » (raqîb) sur le peuple : si le pécheur meurt sans avoir été averti, son sang sera réclamé de la main du veilleur.
[217] Référence implicite à la séparation théologique des trois grandes traditions chrétiennes — orthodoxes coptes, byzantins (chalcédoniens), et nestoriens — chacune ayant son propre catholicat ou patriarcat.
[218] Le titre « Catholicos » (qâthûlîqûs) — du grec καθολικός (« universel ») — désigne dans la tradition chrétienne orientale le chef de l’Église dont le siège est en Mésopotamie (Bagdad pour les nestoriens). Ce titre se distingue de celui de Patriarche.
[219] Le passage sur Séleucie-Ctésiphon, Bagdad et l’Abyssinie est textuellement difficile. Le sens ecclésiologique général est clair : Ibn Kabar distingue les juridictions honorifiques orientales tout en rattachant l’ordination du métropolite d’Abyssinie à Alexandrie.
[220] « Tazkiya » (تزكية) : recommandation officielle attestant des vertus et de la dignité du candidat. La formule type est lue à voix haute par un diacre depuis l’ambon, avant que ne commence l’imposition des mains.
[221] Référence à la parabole du serviteur fidèle (Matthieu 25,21 et 23) : « C’est bien, bon et fidèle serviteur — entre dans la joie de ton maître. »
[222] Romains 8,28-30 — la chaîne d’or de la prédestination, du choix divin, de l’appel, de la justification, et de la glorification.
[223] Hébreux 5,4 — « Et nul ne s’arroge à soi-même cette dignité ; il faut y être appelé de Dieu, comme Aaron. »
[224] Le « Sîstâtîqa » (السيستاتيكا) — du grec συστατική (« lettre recommandée ») — désigne la lettre synodale officielle, en double exemplaire copte et arabe, signée par tous les évêques participants, annonçant aux Églises l’ordination du nouveau patriarche.
[225] Le mot arabe, parfois traduit par « division », correspond ici à une désignation ou mise à part liturgique, non à une division au sens français. Dans le contexte d’une consécration, il faut comprendre l’acte canonique par lequel le candidat est séparé pour une charge : nomination, désignation ou ordination.
[226] Cette section résume des causes canoniques classiques de déposition : simonie ou corruption dans l’accès à l’épiscopat, intervention abusive du pouvoir séculier, abandon injustifié du siège, ordination irrégulière, usurpation du pouvoir d’absoudre ou d’imposer les mains, négligence pastorale grave, injustice et ivrognerie.
[227] Le texte arabe emploie ici une idée de retranchement, de coupure ou de déposition. La traduction littérale « qu’il soit divisé » est fautive en français : la sanction visée est la déposition ou l’exclusion de l’exercice du ministère.
[228] La liste concerne les grandes fêtes coptes et la répartition des services liturgiques entre les prêtres de rang supérieur. Les dates sont données selon les mois coptes : Tout, Bâbah, Hâtour, Kiahk, Tûbah, Amshîr, Baramhât, Baramouda, Bashans, Baounah, Abib, Misra.
[229] Paramoun désigne le jour ou la période préparatoire qui précède immédiatement certaines grandes fêtes, notamment la Nativité et la Théophanie, avec jeûne et dispositions liturgiques propres.
[230] Le huitième jour après Pâques est traditionnellement associé à l’apparition du Christ à Thomas (Jn 20,26-29). Dans plusieurs traditions orientales, il est appelé dimanche de Thomas ou fête du Disciple.
[231] 1 Pierre 5,1-4 — le célèbre passage où Pierre exhorte les anciens (πρεσβύτεροι) à paître le troupeau de Dieu non par contrainte mais de bon cœur, non pour un gain honteux mais d’une âme empressée, non en seigneurs de ceux qui sont leur lot mais en devenant les modèles du troupeau.
[232] « Hégoumène » (ἡγούμενος, hagoumenos en copte) signifie littéralement « celui qui guide / qui administre ». Dans la tradition copte, c’est le titre donné à un prêtre principal — souvent traduit en arabe par « Qummus » — qui dirige une église ou un monastère.
[233] Référence à la parabole des talents (Matthieu 25,21) : « Sois ! bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. »


